Titre : La Marseillaise : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1886-12-07
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328118460
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 décembre 1886 07 décembre 1886
Description : 1886/12/07 (A9,N341). 1886/12/07 (A9,N341).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t511446336
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-154
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/01/2023
a ABONNEMENTS 1
Trois mois, (•««••••• s trancs
Six mois . «I*
18
E7 Adresser Lettres» Communications et[Mandats aujDirsctur de la Société Bormiere
de Journaux quotidiens, 8, rue Drouot
REDACTION ET AD MI VIST ITIM
8, Rue Drouot
Les Annonces sontreçuesà Paris chez M. GODM
r. Grange-B atelière et à l’Administration duJe
•isussisisssmcieiniis
BULLETIN
Donc, voilà les sous-préfets supprimés !
Le beau coup, vraiment, et que nous avons
sujet d’être fiers ! Il y a à la Chambre des
hommes d’Etat dont la prudence, la ma
turité et la pondération garantissent une
gestion sage et ferme des affaires publi-
Sues. Nous pouvons comptersurM.de
ouville-Maillefeu. Ah ! messieurs, tout
est sauvé !
Les sous-préfets ? La question n’est pas
neuve. N'en déplaise à M Colfavru et à
l’honorable M. de • Douville - Maillefeu,
nous avons été nombreux, idepuis long
temps, à réclamer la réforme de no
tre organisation administrative. Il nous
paraissait évident que la représenta
tion du pouvoir central dans les chefs-
lieux de départements était devenue
suffisante, en raison des changements
survenus dans la vie de la nation. Les
distances singulièrement rapprochées, le
besoin d’une simplification reconnue pos
sible. et aussi, l’intérêt d’une économie
appréciable, autant de raisons qui justi
fient pour nombre d’esprits des plus mo
dérés, sinon la suppression totale, du
moins, la suppression partielle des sous-
préfets.
C’est bien. On en peut discuter. Mais
à qui serait venue l’idée qu’une telle ré-
forme touchant à l’organisation tout en
tière de notre système administratif, serait
le fait d’un vote financier! Une telle sur
prise, une telle désagrégation! Et à
l’heure où la vigilance du gouvernement
républicain est plus que jamais nécessaire
pour déjouer les menées de nos ennemis!
Plus de sous-préfets ! Que va-t-on faire des
conseils d’arrondissements qui subsistent
et ont des rapports légaux avec les sous-
préfets? Et les dossiers d’enquêtes, de
renseignements en instance dans les sous-
préfectures? En vérité, la Chambre n’y a
donc pas songé?
On dit M. de Freycinet fort découragé
et résolu à maintenir sa démission. Les
ministres, également. Une crise minis
térielle, à la veille de janvier ! Et le bud
get n’est pas voté ! Est-ce donc que la
Chambre entend désormais en abandon
ner la confection au Sénat? C’est de l'afto-
lement.
Nous parlions, ces temps derniers, de
la dissolution. Qui oserait dire mainte
nant que c’étaient propos en l’air, et que
cette mesure extrême ne s’imposera pas
un jour, si la Chambre ne veut pas se
ressaisir ? — A. P.
« M. Poidebard de Labruyère, par
nombre de ses actes, surtout par la situa
tion louche qu’il occupe dans le journa"
de Mme Séverine et de M. Guébhard,
s’est rendu indigne. Cet homme a donc
raison de croire que je ne puis avoir avec
lui une affaire d’honneur.
» Mais, si je refuse d'avoir une affaire
d'honneur avec ce souteneur, je consens
à me battre avec M. le docteur Guébhard,
professeur à la Faculté de médecine de
Paris, directeur réel, bailleur de fonds
du Cri du Peuple, et, jusqu’à nouvel or
dre, seul responsable des faits et gestes
de Madame Séverine, sa femme, ayant
seul autorité pour la défendre.
» Le cas échéant, j’accepterais une ren
contre avec l’un quelconque des rédac
teurs du Cri du Peuple, autre que M
Poidebard de Labruyère. »
Ces lignes que j’ai écrites avant-hier,
je n’ai pu que les répéter àMM.Massard
et Goullé, quise sont présentés à moi au
nom de M. Poidebard de Labruyère.
Ces messieurs, sous prétexte de rendre
compte de leur mandat, publient dans
le Cri du Peuple une lettre dont je ne
puis accepter les termes. Je leur envoie
mes témoins.
J’espère que MM. Massard et Goullé
ne feront point à mes amis l’insulte de
les mettre en rapport avec M. Poidebard
de Labruyère.
INFORMATIONS
On sait qu’aux termes de l’article 18 de la
loi du30 octobre 1886, « aucune nomination
nouvelle, soit d’instituteur, soit d’institutrice
congréganiste ne sera faite dans les départe
ments où fonctionnera, depuis quatre ans,
une école normale soit d'instituteurs, soit
d’institutrices, en conformité avec l’article
1 er de la loi du 9 août 1879 ».
Le Journal officiel publie ce matin un ar
rêté d’après lequel aucune nomination d’ins
tituteurs publics congréganistes ne sera faite
dans 82 départements sur 90. Les 8 départe
ments qui ne sont pas compris dans cette
liste, sont :
Deux départements (Morbihan et Pas-de-
Calais) qui auront atteint le délai légal de
quatre ans depuis l’ouverture de leur école
normale, le l° r octobre 1887.
Un département (Oise), le ior octobre 1888.
Trois départements (Charente, Côtes-du-
Nord, Lot), le ior octobre 1889. *
Deux départements (Haute-Savoie, Oran),
qui envoient leurs élèves dans l’école nor
male du departement voisin.
D’après l’arrêté, il ne sera fait aucune no
mination d’institutrices publiques congréga
nistes dans les départements désignés ci-
après :
Ain, Aisne, Allier, Alpes-Maritimes, Ardè
che, Ardennes, Ariège, Aube, Aude, Belfort,
Bouches-du-Rhône, Cantal, Corse, Côte-d’Or,
Dordogne, Doubs, Drôme, Eure-et-Loire, Hé
rault. (Indre et-Loire, Isère, Jura, Loir-et
Cher, Loire, Loire (Haute-), Loiret, Marne,
Meurthe-et-Moselle, Orne, Puy-de-Dôme, Py
rénées-Orientales, Rhône, Saône-et-Loire,
Saône (Haute-),Sarthe,Savoie,Savoie (Haute-),
Seine, Seine-et Marne, Seine-et-Oise, Seine-
Inférieure, Sèvres 'Deux-), Somme, Var, Vau
cluse, Vosges, Yonne, Alger.
Le Journal officiel publie les nominations
suivantes :
Au grade de contre-amiral, M. le capitaine
de vaisseau Régnault de Prémesnil (Char-
les).
M. le contre-amiral Devarennes a été
nommé à un commandement en sous-ordre
dans l’escadre d’évolutions.
Le Temps change
Je fais amende honorable au journal
le Temps : sa direction a compris le pré
judice moral que lui causait l’angloma
nie de M. Scherer, et hier soir, au lieu
de la prose attendue, c’est avec le plus
vif plaisir que j’ai lu un article où l’on
approuve le langage de M. de Freyci-
net.
La France, avait dit l’ancien président
du conseil, ne saurait accepter l’idée de
voir passer le Delta aux mains d’une
grande puissance européenne et le gou
vernement français insistera pour qu’une
solution intervienne et intervienne promp-
tement.
Le Temps est satisfait, j’en suis en
chanté, et nous nous félicitons à YEcho
de Paris d’avoir contribué, pour notre
part, à faire comprendre tout ce qu’a
vaient de singulièrement étrange et re
grettable les précédents articles publiés
sur la question d’Egypte.
C’est égal, M. Hébrard fera bien de
surveiller son inamovible s’il veut éviter
des rechutes dont on ne se relève jamais
complètement dans l’esprit de ceux qui
savent, dans un journal, lire à travers les
lignes et discerner d’où partent les coups.
La Crise 'ministérielle
La Chambre ayant voté, hier, par 262 voix
contre 249 un amendement de MM. Colfavru
et Raoul Duval, tendant à la suppression des
sous-préfectures, ce vote a amené la démis
sion du cabinet et, par suite, la levée de la
séance.
Pendant le pointage
Pendant le pointage qui a eu lieu sur le
scrutin, les ministres se sont réunis dans la
salle qui leur est réservée au Palais-Bourbon
afin de délibérer.
L’intention du cabinet paraissait être de
considérer le vote de la Chambre comme un
vote de défiance; M. de Freycinet s serait
même exprimé à ce sujet en termes for
mels.
La fraction républicaine d’extrême-gauche
qui, avec l’appoint de la droite, a déterminé
la majorité, ne voulait pas, disait-elle, pro-
voquer une crise ministérielle. Au cours du
pointage, alors qu’on pressentait déjà le ré
sultat, plusieurs députés républicains radi
caux ont formellement dit à M. de Freycinet
qu’ils n’entendaient pas voter contre le ca
binet en votant pour l’amendement.
Mais dans la réunion des ministres on avait
discuté sur la décomposition du vote et l’on
avait reconnu que la majorité des voix d’ex-
trême-gauche et de gauche radicale jointes
aux voix de la droite rendait intenable la
position du cabinet.
C’est pourquoi le président du conseil ets
rentré'en séance en annonçant qu’il ne pou
vait plus gouverner contre une pareille coa
lition.
A ce moment, dans la Chambre comme
dans les couloirs, on croyait encore à un ar
rangement.
Après la proclamation du vote, cet espoir
IM H MAZAS
Connaissez-vous Mazas?... Oh! ne
froncez pas le sourcil, il y a des gens
aussi honnêtes que vous qu’on y a four
rés. Croyez-vous donc qu’il n’y ait que
des banquiers et des notaires dans ce
sombre caravansérail? Il a reçu des
hôtes célèbres. Le vice-président de l’As
semblée nationale y a couché, avec
nombre de ses collègues, il y a juste
aujourd’hui trente-six ans. Delescluze,
Quentin, d’autres encore, vers la fin du
régime impérial, ont honoré de leur
présence ces blanches cellules placées
sous l’invocation du colonel Mazas.
Je suppose donc que, sans avoir ja-
..2 ‘ ’
mais été homme politique ou financier,
vous savez ce que c’est que Mazas, —
ne fût-ce que comme voyageur de la li
gne de Vincennes. Vous devez vous
rendre compte alors que de cet édi
fice rébarbatif, où l’on entre sans trop
de difficultés, malaisément on sort. Les
précautions les plus ingénieuses ont
été prises par les architectes pour faire
de cette prison la geôle modèle. Bâtie sur
le modèle d’une roue, chaque rayon,
où sont percées les cellules, aboutit à
une coupole centrale d’où un seul gar
dien peut surveiller toute la ruche pé
nitentiaire. Les murs sont très élevés,
le mobilier sommaire. En outre, on reste
peu de temps à Mazas, prison de pré
venus, et l’on n’aurait jamais le temps de
s’y fabriquer les instruments libératoires
de Latude, la batterie de cuisine pé
nitentiaire de l'abbé Faria.
Mazas donc jouissait dans ses grilles
d’une réputation qu’aucun ressort de
montre n’avait pu entamer. On ne s’é
vade pas de Mazas, était un dicton pro
verbial dans le monde de la détention.
Il faut en rabattre aujourd’hui. On
sort de Mazas encore plus facilement
qu’on n’y peut entrer. Altmayer, l’évadé
d’hier, doit prendre en pitié le baron de
Trenck, Jack Sheppard et Edmond Dan-
tès, célèbres porteurs de clefs des
champs.
On a lu les détails miraculeux de son
évasion. Pas un barreau brisé, pas un
carreau cassé. C’est une évasion pro
pre. Altmayer est tout bonnement dans
sa partie un homme de génie. Il a
rompu avec l’évasion classique. Il n’a
pas perdu son temps à effilocher ses
draps de lit, ni à mettre de côté les
cartilages de sa portion de viande,
pour en faire des aiguilles. Il a com
pris que, comme dans l’art du siège
qui suit les perfectionnements de la
balistique et de la stratégie, il fallait
tenir les procédés évasifs au courant
des découvertes modernes. Il a accom
pli une évasion psychologique. Alt
mayer est dans le mouvement.
Si cet évadé, par les moyens moraux,
semble un homme de progrès et d’ini
tiative, les gaillards chargés de le gar
der paraissent, par contre, terriblemen
vieux jeu.
Qu’est-ce que c’est que ce juge d’in
struction, véritable Benoîton du Palais,
qui sort à chaque instant de son cabi
net pendant que le prévenu butine ses
paperasses? Avait-il donc pris médecine
ce Brid’oison digne du théâtre de la foire ?
Et le greffier? A quoi occupait-il ses loi
sirs, pendant que son juge se répandait
dans le corridor, et que le prévenu far
fouillait dans les tiroirs de la justice?
Il y avait aussi le gendarme qui ne
quitte pas les prévenus à l’instruction :
celui-là pionçait ou contemplait avec
amour ses bottes..
Il faut avouer que ces agents dé la
loi ressemblent furieusement à des
personnages de comédie, et que si Alt
mayer les a daubés, c’est qu’il avait le
physique et l’intelligence de l’emploi.
J’ai gardé pour la bonne bouche le
directeur de la prison. Celui-là semble
emprunté au répertoire du Palais-
Royal. On lui présente un papier dont
l'irrégularité sautait aux yeux. Il y
avait bien le cachet. Mais quelle pro-
Trois mois, (•««••••• s trancs
Six mois . «I*
18
E7 Adresser Lettres» Communications et[Mandats aujDirsctur de la Société Bormiere
de Journaux quotidiens, 8, rue Drouot
REDACTION ET AD MI VIST ITIM
8, Rue Drouot
Les Annonces sontreçuesà Paris chez M. GODM
r. Grange-B atelière et à l’Administration duJe
•isussisisssmcieiniis
BULLETIN
Donc, voilà les sous-préfets supprimés !
Le beau coup, vraiment, et que nous avons
sujet d’être fiers ! Il y a à la Chambre des
hommes d’Etat dont la prudence, la ma
turité et la pondération garantissent une
gestion sage et ferme des affaires publi-
Sues. Nous pouvons comptersurM.de
ouville-Maillefeu. Ah ! messieurs, tout
est sauvé !
Les sous-préfets ? La question n’est pas
neuve. N'en déplaise à M Colfavru et à
l’honorable M. de • Douville - Maillefeu,
nous avons été nombreux, idepuis long
temps, à réclamer la réforme de no
tre organisation administrative. Il nous
paraissait évident que la représenta
tion du pouvoir central dans les chefs-
lieux de départements était devenue
suffisante, en raison des changements
survenus dans la vie de la nation. Les
distances singulièrement rapprochées, le
besoin d’une simplification reconnue pos
sible. et aussi, l’intérêt d’une économie
appréciable, autant de raisons qui justi
fient pour nombre d’esprits des plus mo
dérés, sinon la suppression totale, du
moins, la suppression partielle des sous-
préfets.
C’est bien. On en peut discuter. Mais
à qui serait venue l’idée qu’une telle ré-
forme touchant à l’organisation tout en
tière de notre système administratif, serait
le fait d’un vote financier! Une telle sur
prise, une telle désagrégation! Et à
l’heure où la vigilance du gouvernement
républicain est plus que jamais nécessaire
pour déjouer les menées de nos ennemis!
Plus de sous-préfets ! Que va-t-on faire des
conseils d’arrondissements qui subsistent
et ont des rapports légaux avec les sous-
préfets? Et les dossiers d’enquêtes, de
renseignements en instance dans les sous-
préfectures? En vérité, la Chambre n’y a
donc pas songé?
On dit M. de Freycinet fort découragé
et résolu à maintenir sa démission. Les
ministres, également. Une crise minis
térielle, à la veille de janvier ! Et le bud
get n’est pas voté ! Est-ce donc que la
Chambre entend désormais en abandon
ner la confection au Sénat? C’est de l'afto-
lement.
Nous parlions, ces temps derniers, de
la dissolution. Qui oserait dire mainte
nant que c’étaient propos en l’air, et que
cette mesure extrême ne s’imposera pas
un jour, si la Chambre ne veut pas se
ressaisir ? — A. P.
« M. Poidebard de Labruyère, par
nombre de ses actes, surtout par la situa
tion louche qu’il occupe dans le journa"
de Mme Séverine et de M. Guébhard,
s’est rendu indigne. Cet homme a donc
raison de croire que je ne puis avoir avec
lui une affaire d’honneur.
» Mais, si je refuse d'avoir une affaire
d'honneur avec ce souteneur, je consens
à me battre avec M. le docteur Guébhard,
professeur à la Faculté de médecine de
Paris, directeur réel, bailleur de fonds
du Cri du Peuple, et, jusqu’à nouvel or
dre, seul responsable des faits et gestes
de Madame Séverine, sa femme, ayant
seul autorité pour la défendre.
» Le cas échéant, j’accepterais une ren
contre avec l’un quelconque des rédac
teurs du Cri du Peuple, autre que M
Poidebard de Labruyère. »
Ces lignes que j’ai écrites avant-hier,
je n’ai pu que les répéter àMM.Massard
et Goullé, quise sont présentés à moi au
nom de M. Poidebard de Labruyère.
Ces messieurs, sous prétexte de rendre
compte de leur mandat, publient dans
le Cri du Peuple une lettre dont je ne
puis accepter les termes. Je leur envoie
mes témoins.
J’espère que MM. Massard et Goullé
ne feront point à mes amis l’insulte de
les mettre en rapport avec M. Poidebard
de Labruyère.
INFORMATIONS
On sait qu’aux termes de l’article 18 de la
loi du30 octobre 1886, « aucune nomination
nouvelle, soit d’instituteur, soit d’institutrice
congréganiste ne sera faite dans les départe
ments où fonctionnera, depuis quatre ans,
une école normale soit d'instituteurs, soit
d’institutrices, en conformité avec l’article
1 er de la loi du 9 août 1879 ».
Le Journal officiel publie ce matin un ar
rêté d’après lequel aucune nomination d’ins
tituteurs publics congréganistes ne sera faite
dans 82 départements sur 90. Les 8 départe
ments qui ne sont pas compris dans cette
liste, sont :
Deux départements (Morbihan et Pas-de-
Calais) qui auront atteint le délai légal de
quatre ans depuis l’ouverture de leur école
normale, le l° r octobre 1887.
Un département (Oise), le ior octobre 1888.
Trois départements (Charente, Côtes-du-
Nord, Lot), le ior octobre 1889. *
Deux départements (Haute-Savoie, Oran),
qui envoient leurs élèves dans l’école nor
male du departement voisin.
D’après l’arrêté, il ne sera fait aucune no
mination d’institutrices publiques congréga
nistes dans les départements désignés ci-
après :
Ain, Aisne, Allier, Alpes-Maritimes, Ardè
che, Ardennes, Ariège, Aube, Aude, Belfort,
Bouches-du-Rhône, Cantal, Corse, Côte-d’Or,
Dordogne, Doubs, Drôme, Eure-et-Loire, Hé
rault. (Indre et-Loire, Isère, Jura, Loir-et
Cher, Loire, Loire (Haute-), Loiret, Marne,
Meurthe-et-Moselle, Orne, Puy-de-Dôme, Py
rénées-Orientales, Rhône, Saône-et-Loire,
Saône (Haute-),Sarthe,Savoie,Savoie (Haute-),
Seine, Seine-et Marne, Seine-et-Oise, Seine-
Inférieure, Sèvres 'Deux-), Somme, Var, Vau
cluse, Vosges, Yonne, Alger.
Le Journal officiel publie les nominations
suivantes :
Au grade de contre-amiral, M. le capitaine
de vaisseau Régnault de Prémesnil (Char-
les).
M. le contre-amiral Devarennes a été
nommé à un commandement en sous-ordre
dans l’escadre d’évolutions.
Le Temps change
Je fais amende honorable au journal
le Temps : sa direction a compris le pré
judice moral que lui causait l’angloma
nie de M. Scherer, et hier soir, au lieu
de la prose attendue, c’est avec le plus
vif plaisir que j’ai lu un article où l’on
approuve le langage de M. de Freyci-
net.
La France, avait dit l’ancien président
du conseil, ne saurait accepter l’idée de
voir passer le Delta aux mains d’une
grande puissance européenne et le gou
vernement français insistera pour qu’une
solution intervienne et intervienne promp-
tement.
Le Temps est satisfait, j’en suis en
chanté, et nous nous félicitons à YEcho
de Paris d’avoir contribué, pour notre
part, à faire comprendre tout ce qu’a
vaient de singulièrement étrange et re
grettable les précédents articles publiés
sur la question d’Egypte.
C’est égal, M. Hébrard fera bien de
surveiller son inamovible s’il veut éviter
des rechutes dont on ne se relève jamais
complètement dans l’esprit de ceux qui
savent, dans un journal, lire à travers les
lignes et discerner d’où partent les coups.
La Crise 'ministérielle
La Chambre ayant voté, hier, par 262 voix
contre 249 un amendement de MM. Colfavru
et Raoul Duval, tendant à la suppression des
sous-préfectures, ce vote a amené la démis
sion du cabinet et, par suite, la levée de la
séance.
Pendant le pointage
Pendant le pointage qui a eu lieu sur le
scrutin, les ministres se sont réunis dans la
salle qui leur est réservée au Palais-Bourbon
afin de délibérer.
L’intention du cabinet paraissait être de
considérer le vote de la Chambre comme un
vote de défiance; M. de Freycinet s serait
même exprimé à ce sujet en termes for
mels.
La fraction républicaine d’extrême-gauche
qui, avec l’appoint de la droite, a déterminé
la majorité, ne voulait pas, disait-elle, pro-
voquer une crise ministérielle. Au cours du
pointage, alors qu’on pressentait déjà le ré
sultat, plusieurs députés républicains radi
caux ont formellement dit à M. de Freycinet
qu’ils n’entendaient pas voter contre le ca
binet en votant pour l’amendement.
Mais dans la réunion des ministres on avait
discuté sur la décomposition du vote et l’on
avait reconnu que la majorité des voix d’ex-
trême-gauche et de gauche radicale jointes
aux voix de la droite rendait intenable la
position du cabinet.
C’est pourquoi le président du conseil ets
rentré'en séance en annonçant qu’il ne pou
vait plus gouverner contre une pareille coa
lition.
A ce moment, dans la Chambre comme
dans les couloirs, on croyait encore à un ar
rangement.
Après la proclamation du vote, cet espoir
IM H MAZAS
Connaissez-vous Mazas?... Oh! ne
froncez pas le sourcil, il y a des gens
aussi honnêtes que vous qu’on y a four
rés. Croyez-vous donc qu’il n’y ait que
des banquiers et des notaires dans ce
sombre caravansérail? Il a reçu des
hôtes célèbres. Le vice-président de l’As
semblée nationale y a couché, avec
nombre de ses collègues, il y a juste
aujourd’hui trente-six ans. Delescluze,
Quentin, d’autres encore, vers la fin du
régime impérial, ont honoré de leur
présence ces blanches cellules placées
sous l’invocation du colonel Mazas.
Je suppose donc que, sans avoir ja-
..2 ‘ ’
mais été homme politique ou financier,
vous savez ce que c’est que Mazas, —
ne fût-ce que comme voyageur de la li
gne de Vincennes. Vous devez vous
rendre compte alors que de cet édi
fice rébarbatif, où l’on entre sans trop
de difficultés, malaisément on sort. Les
précautions les plus ingénieuses ont
été prises par les architectes pour faire
de cette prison la geôle modèle. Bâtie sur
le modèle d’une roue, chaque rayon,
où sont percées les cellules, aboutit à
une coupole centrale d’où un seul gar
dien peut surveiller toute la ruche pé
nitentiaire. Les murs sont très élevés,
le mobilier sommaire. En outre, on reste
peu de temps à Mazas, prison de pré
venus, et l’on n’aurait jamais le temps de
s’y fabriquer les instruments libératoires
de Latude, la batterie de cuisine pé
nitentiaire de l'abbé Faria.
Mazas donc jouissait dans ses grilles
d’une réputation qu’aucun ressort de
montre n’avait pu entamer. On ne s’é
vade pas de Mazas, était un dicton pro
verbial dans le monde de la détention.
Il faut en rabattre aujourd’hui. On
sort de Mazas encore plus facilement
qu’on n’y peut entrer. Altmayer, l’évadé
d’hier, doit prendre en pitié le baron de
Trenck, Jack Sheppard et Edmond Dan-
tès, célèbres porteurs de clefs des
champs.
On a lu les détails miraculeux de son
évasion. Pas un barreau brisé, pas un
carreau cassé. C’est une évasion pro
pre. Altmayer est tout bonnement dans
sa partie un homme de génie. Il a
rompu avec l’évasion classique. Il n’a
pas perdu son temps à effilocher ses
draps de lit, ni à mettre de côté les
cartilages de sa portion de viande,
pour en faire des aiguilles. Il a com
pris que, comme dans l’art du siège
qui suit les perfectionnements de la
balistique et de la stratégie, il fallait
tenir les procédés évasifs au courant
des découvertes modernes. Il a accom
pli une évasion psychologique. Alt
mayer est dans le mouvement.
Si cet évadé, par les moyens moraux,
semble un homme de progrès et d’ini
tiative, les gaillards chargés de le gar
der paraissent, par contre, terriblemen
vieux jeu.
Qu’est-ce que c’est que ce juge d’in
struction, véritable Benoîton du Palais,
qui sort à chaque instant de son cabi
net pendant que le prévenu butine ses
paperasses? Avait-il donc pris médecine
ce Brid’oison digne du théâtre de la foire ?
Et le greffier? A quoi occupait-il ses loi
sirs, pendant que son juge se répandait
dans le corridor, et que le prévenu far
fouillait dans les tiroirs de la justice?
Il y avait aussi le gendarme qui ne
quitte pas les prévenus à l’instruction :
celui-là pionçait ou contemplait avec
amour ses bottes..
Il faut avouer que ces agents dé la
loi ressemblent furieusement à des
personnages de comédie, et que si Alt
mayer les a daubés, c’est qu’il avait le
physique et l’intelligence de l’emploi.
J’ai gardé pour la bonne bouche le
directeur de la prison. Celui-là semble
emprunté au répertoire du Palais-
Royal. On lui présente un papier dont
l'irrégularité sautait aux yeux. Il y
avait bien le cachet. Mais quelle pro-
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