Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-12-08
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Description : 08 décembre 1878 08 décembre 1878
Description : 1878/12/08. 1878/12/08.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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xJMJTIQlIES ET ilTTERAIuES
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"wmaa i décembre
1878
ON 'S'ABONNE
rue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerrois, 17.
PRIX DE I/ABO.WEiSflEJïT
Trois mois. Six mois. Un an.
Paris.. 18 fr. 36 fr. 72 fr.
Départeméns 20 fr. 40 fr.. 80 fr.
Union postale 1
européenne. 21 fr. 42 fr. 84 fr.
̃–d'outre-mer. 24 fr. 48 fr. 96 fr.
Les abonnemens partent des l" et 16 de
chaque mois,
Paris, nn numéro. 80 cent.
Départements, un numéro. 95 cent.
1 1n liondon, apply to Cowie and C°, foreign
newspapers office. 17, Gresham street, G. P. 0.;
MM. Delizy, Bavtes et C«, 1, Finch lane Cornhili,
E. C. London: MM. W.-H. Smith et Son,
186, Strand, W. C. London.
& Bruxelles, èLY0fflcedepubUcité.i6,r\xedela.Uade~
leine, dans les kiosques et dans les bibliothè-
gués de gares de chemins de fer belges.
DIMANCHE 8 DÉCEMBRE
T o 1878
ON S'ABONNE
en Belgique', en Italie,
dans le Luxembourg; en Turquie,
en Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon,
au moyen d'une valeur payable à Paris ou de
mandats-poste, soit internationaux, soit français,
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
'̃- et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
par renvoi d'une valeur payable à Paris,
Les annonces sont reçues
chez MM. Fauclicy, Laffite et C«,
8. place de la Bourse,
et au bureau du JOURNAL;
^çlles doivent toujours être agréées par larédaction*
PARIS fi h
• SAMEDI 7 DÉCEMBRE
Les journaux anglais nous apportent le
texte complet du discours prononcé par
lord Beaconsfield dans la Chambre des
Lords. On y retrouve les qualités ordi-
naires de l'orateur de l'esprit, de la verve,
une sorte d'abandon à l'inspiration du
moment, des traits heureux et en même
temps une argumentation vigoureuse et
puissante. Lord Beaconsfield est passé
maître dans l'art de l'ironie; il en a usé
et abusé; il aime à se moquer de ses
adversaires, et il excelle dans ce genre où
il a donné à l'humour anglais une légè-
reté d'allures qui n'enlève rien à ce qu'il
a d'incisif et parfois d'amer. La première
partie de son discours a pour objet de
mettre lord Granville en contradiction avec
lui-même. Le chef de l'Opposition avait
déclaré que, la guerre étant engagée, il ne
repousserait pas les propositions du
gouvernement pour la soutenir. Bien
plus il ne lui convenait pas d'entrer
dans la question au point de vue politi-
que, et d'exprimer un jugement dont la
sévérité serait peut-être intempestive. Ces
réservesune foisfaites, lord Granville avait
déclaré que la guerre de l'Afghanistan était
profondément impolitique et injuste. Après
quoi, il avait invité de nouveau la Cham-
bre à ne pas entrer dans une discussion
périlleuse et à enregistrer l'opinion qu'il
venait d'émettre, sans faire connaître
la sienne. C'est contre ce système que
lord Beaconsfield a vivement protesté. Il
a invité et lord Granville et la Chambre
à une discussion contradictoire. La guerre,
suivant lord Granville, est injuste et
ïmpolitique. « Prouvez-le i s'est écrié
» lord Beaconsfield. Donnez vos raisons.
>> Attaquez notre conduite, mais dites-
» nous les motifs sur lesquels votre
» opinion est fondée. Nous vous répon-
» drons et la Chambre jugera. »
Le premier lord de la Trésorerie n'a pas
hésité pour son compte à entrer dans le vif
du débat, et aux doutes exprimés par lord
Granville il a répondu par des affirma-
tions absolues. Le traité de Berlin,
a-t-il dit, a été jusqu'à ce jour exécuté
fidèlement, et il le sera jusqu'au bout.
On se rappelle que lord Beaconsfield
avait émis une opinion semblable il y a
déjà quelques jours, à un moment où le
traité paraissait être l'objet d'un respect
plus que médiocre de la part du général
Dondoukoff Korsakofî. Mais, depuis, le
général russe a été faire à Livadia un
voyage réfrigérant, et il faut reconnaî-
tre que son ton et ses allures ont été
changés au retour. Le discours récent
prononcé par le czar a contribué encore
à produire dans la situation une détente
salutaire. Le gouvernement russe a senti
que le moment était mal choisi pour
livrer sa diplomatie au caprice aven-
tureux de l'imagination et de l'impa-
tience de ses généraux. L'Europe -aussi
s'est montrée impatiente, mais impatiente
de voir le traité respecté et appliqué. Ce
sentiment ne s'est pas manifesté seulement
à Saint-Pétersbourg, mais aussi à Cons-
tantiBople et à Vienne, et nous sommes
depuis quelques jours dans une période
de bonne volonté apparente. Puisse-t-elle
durer 1
La confiance de lord Beaconsfield dans
l'exécution du traité de Berlin a donc en ce
momentun air plus naturel etpour ainsi dire
moins paradoxal. Au reste, comme l'a judi-
cieusement remarqué l'orateur, il faut un
certain tempspour qu'un traité quelconque
soit appliqué dans toutes ses clauses, et,
à son avis, la moitié du temps nécessaire
pour l'exécution du traité de Berlin n'est
pas encore passée. Attendons patiemment j
les échéances fixées par le traité lui-
même. En attendant, lord Beaconsfield
profite de toutes les occasions qui lui sont
offertes de faire de petites ascensions au
Capitule. Lord Granville s'était plaint que j
le discours passage relatif à la convention de Chypre
lord 'Beaconsfield a réparé largement
cette omission. Le silence du discours
royal s'explique par un désir modeste <
de ne pas abuser de ses avantages J
mais puisque le ministère est provoqué J
à parler, il parlera'! Lord Beaconsfield n'a
pas hésité à déclarer que la convention
de Chypre était, à son avis, excessive-
ment importante non seulement pour
l'Angleterre, mais pour le monde entier.
« Je crois, a-t-il dit, à la régénération
» de -l' Asie-Mineure. Quand le noble lord
» tourne en ridicule l'occupation de
i> Chypre dans les circonstances où elle (
» a eu lieu et le but pour lequel elle a `
» été entreprise, je lui réponds qu'il est!
» difficile de décrire en paroles les avan- 1 1
x. Inges de cette position. Et quand le
» noble lord avance que cette île ne (
« tient pas toutes les promesses que <
l'on avait faites sur elle, je puis lui as- <
» surer que les avantages qu'elle ol-
» fre dépassent tout ce que nous
» avions espéré et que notre espoir
» d'atteindre, grâce à elle, le grand but 1
» proposé, la régénération de l'Âsie-Mi- <
» neure. semble devoir se réaliser
» largement. Je parle eans la moindre j i
» hésitation. » On le voit bien Rien n'est ]
plus formel que ce langage. Nous n'igno-
rons pas que le? idées de lord Beaconsfield
sur l'Asie-Miaeure sont anciennes et se- 1
.,`
pieuses. 'j faut ajouter que ses projets
éonjt' généraux, et certainement le concours
dé la France ne saurait lui faire défaut dans
l'œuvre çm'il a entreprise. On sait, pour em-
•plôyeiXies termes de lord Beaconsfield
lui-même, que si nos intérêts en Asie-Mi-
neure ne sont que sentimentaux, notre
influence y est encore assez substan-
tielle pour ne pas être négligée. Il ne
faut pas oublier non plus, et lord Bea-
consfield a un peu négligé ce côté de la
question, que la convention de Chypre n'a
pas eu seulement pour objet de régénérer
l'Asie-Mineure. Non! nous voulons bien
que ce soit là le « grand but a, le but huma-
nitaire et élevé; mais il y en a un autre
dans le contrat passé entre l'Angleterre et
la Turquie, et la première de ces puis-
sances a garanti à l'autre l'intégrité des
territoires qui lui restent en Asie. Tel
est le but vraiment politique de la con-
vention, et son caractère principal. Si
l'Angleterre s'est établie à Chypre du
consentement de la Porte, ce n'est pas
seulement pour surveiller l'exécution des
réformes dans l'Asie-Mineure, mais aussi
pour y constituer une station maritime
et militaire, munie de magasins d'armes,
de munitions, d'habillemens enfin de
touteequiest nécessaire à l'entretien d'une
armée. Lord Beaconsfield a glissé sur
ce point mais il ne l'a pas tout à fait omis,
puisqu'il a affirmé d'après ses collègues
qui reviennent de Chypre et qu'il a soi-
gneusement interrogés, que cette île se-
rait une admirable place d'armes plus
encore un port excellent pour la marine
anglaise.
Lord Beaconsfield a tiré gloire de tous
ces avantages que sa politique a assurés
à son pays. Cette politique, a-t-il dit,
n'estpas timide, mais elle est sage. Nous
sommes tout à fait de ce sentiment, et
nous ne sommes pas surpris de l'adhésion
réfléchie que le gouvernement trouve dans
les Chambres, et de l'adhésion plus vive
encore qu'il rencontre dans l'opinion
générale. Lord Beaconsfield à la fin
de son discours, a. pu annoncer une
victoire importante. Les dépêches d'au-
jourd'hui sont encore plus optimistes
s'il est vrai, comme le dit le Daily
Neios, que l'émir de Caboul demande
déjà à faire sa soumission. Mais n'est-
il pas singulier de voir toutes ces
nouvelles favorables publiées d'abord par
le Daily News, journal de l'Opposition rus-
sophile ? « Nous autres ministres, nous
» avons une autre bataille à livrer »,:
dit lord Beacon^field en terminant. Dans
cette bataille parlementaire, la victoire ne
sera pas un moment incertaine.
BOURSE DE PARIS
CtOture le 6 te 7 Mann»»». Bgalane.
5 O.'O "•
Comptant. "7 15 77 3B ./• 20
Fin COUT. 77 20 77 35 ./• 18 •/ /̃
3 O/O
Amortissable.
Comptant. 79 70 :9 15 8
Fin cour. 79 72 1/2 79 82 1/2 10
4 fi/» O/«
Comptant il7 D0 107 25 25
6 O/O °
Coraptantm 80 112 60 10
Fin ermr 112 65 112 75 10
PKTITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt B 0/0 112 fr. 72 1/2, 71 1/4.
3 0/0 77 fr. 30.
5 0/0 turc. 11 fr. 90.
Banque ottomane.. 480 fr., 479 fr.
Hongrois 6 0/0 74 9/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 253 fr., 254 fr.
Russe. 857/16.
Nous recevons de noire correspondant
le télégramme suivant
« Londres, le 7 décembre, raidi.
» Des renseignement puisés à bonne source
ôtent tout fondement aux rumeurs recueil-
lies dans quelques journaux russes d'après
lesquels la Russie aurait signifié à l'Angle-
terre sou intention d'occuper M«rv dans le
cas où cette dernière puissance annexerait
une partie de l'Afghanistan.
» C'est d'assez mauvaise gràc« que le gou-
vernement a accepté hier dans la Chambre
des Communes la fixation à lundi de la. dis-
cussion de la proposition de censure émanée
de lOpposition. Quoi qu'il en soit, le débat
n'offrira qu'un intérêt parlementaire et les
questions de pei sonnes y tiendront la plus
grande place. »
Télégrapïile privée*
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
Laliore, le 7 décembre.
Une réponse de l'émir à l'ultimatum qui lui
avait été adressé par le vice-roi vient d'arriver.
Cette réponse paraît écrite après la prise d'Ali-
Musjid. Elle accuse réception de l'ultimatum et
raille les prétendus sentimens d'amitié du gou-
vernement anglais.
L'emir fait en effet remarquer que les démar-
ches antérieures de ce dernier, et principalement
son intervention en faveur de Yakoub Khan sont
contradictoires avec ces sentimens.
S'il a refusé d'abord de recevoir une mission
anglaise, c'est qu'il avait peur de perdre son in-
dépendance.
Il aflirme toutefois,qu'aucune cause d'inimitié
n'existe entre l'Afghanistan et l'Angleterre, et
qu'il désire renouer les bonnes relations d'autre-
fois.
Il termine en déclarant qu'il ne s'opposera pas
à ce qu'une mission provisoire, composée d'un
petit nombre de personnes, lui soit envoyée.
Bude-Pesth> le v décembre.
On a lu à la Chambre des Députés et à la Cham-
bre des Magnats le manu pr<%riâ de l'empereur
et roi annonçant que le cabinet actuel reste en
fonctions, sauf que le comte de Szapary est nommé
ministre des linances et le baron Kemeny mi-
nistre du commerce.
M. Tisza a déclaré que son programme consistait
dans le rétablissement de l'équilibre du budget,
des ré ortnes dans l'administration de la justice,
et l'accord avec l'Autriche au sujet de l'occupa-
tion de la Bosrve.
Les déclarations de M. Tisza ont été accueillies
favorablement par le Parlement hongrois.
Bucharest, le 7 décembre, soir.
Le ministère est reconstitué de la manière
suivante
MM. Bratiano, président du conseil, ministre
de l'iniérieur.
Demetre Stourza, ministre des finances
Statescu, ministre de la justice;
Campineano, ministre des affaires étrangères
Ferechide, ministre des travaux publics
Conlilli, ministre de l'instruction publique et
des cultes.
Le colonel Dabija prendra probablement le por-
tefeuille de la guerre.
MM. Bozianu et Demetre Ghika ont été nom-
més vice-présidens du Sénat.
Gonstantinople, le 7 décembre, 6 h. 'S m. soir.
Répondant aux féli citations du patriarche ar-
ménien-grégorien, Khérédine Pacha a dit que,
conformément aux ordres du Sultan, tous les Ot-
tomans, sans acception de religion, sont abso-
lument égaux devant la loi et la justice, et que
tous les emplois seront indistinctement donnés
au plus digne et au plus capable.
Gonstantinople, le 7 décembre,
6 h. 15 m. soir.
Les chefs rebelles de la Mésopotamie ont fait
leur soumission. La Porte exige une soumission
écrite.
Khérédine Pacha, avant d'entreprendre les ré-
formes, élaborera la loi relative à la responsabi-
lité ministérielle.
Rome, le 7 décembre, 8 h. soir.
A la suite des déclarations échangées à Rome
le K décembre, le traité de commerce et de navi-
gation conclu en 1863 entre l'Italie et l'Angle-
terre est prorogé jusqu'au 31 décembre 1879.
Rome, le 7 décembre.
On assure que le Pape a envoyé à l'empereur
Guillaume, par l'intermédiaire du nonce de Mu-
nich, une lettre dans laquelle il félicite l'empe-
reur d'Ail magne d'avoir repris la direction des
affaires et exprime le désir que les négociations
entamées aboutiront à un bon résultat.
Il est probable que les rapports du Vatican
avec le Chili vont etro bientôt rétablis, quelques
Eersonnagcs éminens du Chili ayant offert leurs
bons offices. Le Vatican serait disposé à faire
des concessions pour écarter les difficultés.
Rome, le 7 décembre.
M. Crispi considère les explications des mi-
nistres comme n'étant pas satisfaisantes. Il pré-
sente une motion invitant le cabinet à appliquer
les lois en vigueur afin de maintenir la tran-
quillité publique.
La discussion des motions proposées est ren-
voyée à lundi.
Londres, le 7 décembre.
D'après le Daily News, le bruit court que. dans
une lettre au major Cavagnari, l'émit1 exprime le
désir de faire sa soumission.
A la séance de lundi. sir Un. Dilke demandera
au gouvernement si cette nouvelle est exacte.
Le Times publie les nouvelles suivantes de
Lahore
« Le défilé de Shalurgardan sera. pour le mo-
ment, la limite de la campagne dans la vallée du
Kurum.
» II est probable que \e général Roberts pas-
sera l'hiver dans des cantonnemens qui seront
établis sur les montagnes à l'est du défilé de
Peiwar.
» Le résultat politique immédiat de la victoire
remportée par le général Roberts sera de déta-
cher 30,(t00 schiahs de l'autorité de l'émir et de
mettre la meilleure partie du territoire fertile ar-
rosé par le Kurum sous l'influence directe de
l'Angleterre.
» On assure que deux Européens se trouvaient
parmi les troupes afghanes qui défendaient le dé-
filé de Peiwar. Les tribus des Turis. des Mangals
et des Bangashes envoient des levées de troupes
au camp anglais.
» Un général afghan s'est présenté aujourd'hui
à Peiwar.
> On assure que l'émir sera obligé d'employer
la force militaire pour empêcher la désertion des
tribus kurdes de Caboul. »
Londres, le 7 décembre.
On télégraphie de Berlin au Times
« Les journaux russes annoncent que le gou-
vernement russe a informé l'Angleterre qu'il
avait l'intention d'occuper Mërv, dans le cas où
elle annexerait un territoire quelconque de l'Af-
ghanistan. »
Berlin, le 6 décembre, soir.
Le prince Gortchakqtî est arrivé ce soir à
Berlin. Il est descendu à l'ambassade russe.
L'empereur a visité ce soir l'Opéra il a été
accueilli par des acclamations enthousiastes.
Tout le public s'est levé et a chanté l'hymne na-
tional qui a été suivi par de chaleureux vivats.
La même ovation a eu lieu quand S. M. a paru
plus tard à la Comédie.
Bude-Pesth. le 7 décembre.
La Délégation autrichienne, dans sa séance
d'hier après midi, a terminé la discussion géné-
rale du budget des affaires étrangères. Pendant
la séance du soir, le comte Andrassy et les mi-
nistres Hoffmann et Bylandt ont de nouveau dé-
fendu longuement la politique du gouvernement:
après quoi les dilîérens chapitres du budget des
affaires étrangères ont été adoptés dans la forme
et teneur proposée par la commission.
Bude-Pesth, le 7 décembre.
La commission de la Délégation autrichienne
propose d'accorder un crédit partiel de 15 mil-
lions de florins sur l'exercice de 18 9 pour les
frais de l'occupation. M. Widmann propose d'é-
lever ce crédit à 29 millions. Le ministre de la
guerre se prononce pour le chiffre de 20 millions,
qui est adopté.
Bucharest, le 0 décembre, soir.
La prise de possession de la Dobrutscha est
complètement terminée. Les autorités russes ont
entierement remis entre les mains de ta Rou-
manie les diverses administrations de cette t
province.
Constantinople, le 6 décembre, soir.
Le bruit court dans les cercles diplomatiques I
que la Russie s'oppose à la conclusion d'un em-
prunt garanti par l'Angleterre, parce que le Con-
grès ayant constaté que les emprunts existans
priment seuls l'indemnité de guerre, celle-ci de- 1
viendrait illusoire si les dernières ressources se l
trouvaient engagées dans un nouvel emprunt.
Constantinopîe, le 6 décembre. t
Un Américain a été arrêté à Constantinople. Il
est instamment réclamé par la légation améri- t
caine. i
On l'accuse d'avoir conspiré contre le Sultan.
Des charges graves assure-t-on auraient été a
recueillies contre lui, et il est probable que la lé- i
gation américaine insiste inutilement pour le faire ]
relâcher. 1
Berne, le 6 décembre, soir. I
Le Conseil national s'est ajourné à lundi pro- t
chain, veille de l'élection du pouvoir exécutif fé- 1
déral et du tribunal fédéral.
On assure que le Conseil fédéral sera réélu.
Le Conseil des Etats a repoussé par '22 voix
contre 13 la proposition de porter à ^8 centimè-
tres la taille du soldat. Il a terminé le budget t
pour 1 879 et a nommé une commission de ges- 1
tion de sept membres pour l'exercice de 1878.
Madrid, le 6 décembre, soir.
Le conseil des ministres s'est occupé d'un pro-
jet relatif à l'établissement d'un câbla sous-ma-
rin entre Hong-Kong et Manille. t
Nouvelle-Orléans, le 7 décembre.
La Convention commerciale du Sud-Ouest qui
siège ici a adopté une Résolution dans laquelle
elle recommande au gouvernement la conclusion
d'un traité de commerce avec la France.
Nous croyons savoir que le remplacement
à Lyon de M. le rectsur Dareste de la Gha-
vaune, mis en disponibilité, a donné lieu à
un mouvement qui a été arrêté aujourd'hui
et paraîtra demain dans le Journal officiel.
M. Fournier, ambassadeurdeFrance à Cons-
tantinople, a eu le projet de se rendre Frauce où il est candidat ajx élections sé-
natoriales Mais, retenu à Constantinople par
les affaires multiples qui sollicitent actuelle-
ment l'attention des représ^ntans des gran-
des puissances, il a dû différer son voyage.
Il est, rionc inexact que M. Tissot ait été
chargé de gérer en son absence l'ambassade
de France.
Il est également inexact que des pnste3
nouveaux de consuls aient été créés àMetz et
à Mulhouse.
D'S postes consulaires nouveaux doivent
en effet être créés, mais ce sont seulement
ceux que M. le ministre des affaires étran-
gères a fait connaître dans le budget qu'on a
soumis aux Chambres. (Savas.)
-:̃ ̃•V3<. ̃
Nous avons rarement l'occasion de nous
occuper des finances et de l'administra-
tion de la ville de Paris, cependant le
sujet en vaut la peine. Pans a, comme
ville, une importance plus grande encore
que la France comme Etat. C'est l'agglo-
mération communale la plus vaste du
monde, celle qui manie le plus gros bud-
get, celle qui fait les plus grandes choses,
celle qui demande à ses habitans les sa-
crifices les plus étendus. Londres, malgré
la supériorité de sa population, est bien
loin de Paris sous tous ces rapports; la
capitale anglaise n'a pas et c'est à la
fois pour elle un inconvénient et un avan-
tage l'unité administrative de Paris
elle ne prétend pas à être une cité uni-
verselle, la' Wellstadt, comme disent les
Allemands. Enfin, elle dépense infiniment
moins.
D'où vient que Paris ayant une si ex-
ceptionnelle importance, étant un phéno-
mène aussi extraordinaire dans la vie de
toutes les nations, ce qui concerne ses
finances, son administration pa=se pres-
que inaperçu? Les conseillers munici-
paux, avec un zèle infatigable qu'on ne
saurait trop louer, dnt beau multiplier
leurs séances, leurs rapports, les Mémoi-
res de toutes sortes, c'est à peine si le
public distrait s'en aperçoit. Leurs dis-
cussions ne sont publiées que dans des
résumés tronqués et souvent inintelligi-
bles leurs documens ne pénètrent pas
même parmi les hommes d'étude qui ont
les plus grandes difficultés à se les pro-
curer. Le Journal officiel, le Bulletin de
statistique et de législation comparée du
ministère des finances ne contiennent que
peu de renseignemens sur Paris.
Si nous écrivons ces lignes, ce n'est pas
par un goût stérile pour la critique, c'est
par le regret que nous éprouvons de ne
pas obtenir promptement sur la ville de
Paris toutes les informations que nous dé-
sirerions avoir. Ce qui précède, d'ailleurs,
n'est qu'un préambule ce sont des ques-
tions de fond, non des questions de forme
que nous voulons traiter.
Chacun sait que les finances de la ville
de Paris sont très prospères. Les années
qui ont suivi la guerre furent des années
d'épreuves, de malaise, de déficits. Les
exercices 1872, 1873, 1874 furent mauvais
ou médiocres pour Paris comme pour la
France. Avec l'année 1875, le budget mu-
nicipal de même que le budget national
entre dans la voie des excédans de re-
cettes, et il s'y maintient. Dès lors se
pose pour Paris comme pour la France
cette grande question ce retour si prornpt
de la prospérité, ces plus-values d'impôts,
ces excédans de recettes doivent-ils pro-
fiter aux contribuables, ou bien au con-
traire pousser à l'accroissement indéfini
des dépenses? Notons ici, en passant, que
les choses ne sont pas absolument égales
pour Paris et pour la France. Un grand
budget national doit toujours pourvoir à
une foule de services de première nécessité
et d'une extension presque indéfinie la dé-
fense et l'armement du pays, les travaux
publics productifs, l'éducation non seule-
ment sous la forme la plus rudimentaire,
mais à tous les degrés. Un grand budget na-
tional a en outre à subvenir aux besoins
d'un personnel d'employés presque illi-
mité, médiocrement, rémunéré, et dont les
membres, quand ils prennent leur re-
traite, sont insuffisamment pensionnés;
on ne voit guère de bornes à l'action de
l'Etat on trouve mille raisons plus ou
moins bonnes d'ailleurs, mais toutes spé-
cieuses pour étendre ses attributions.
Il n'en est pas exactement de même
d'un budget municipal, fût-il le budget
parisien. Il y a des bornes très nettes à
l'action, aux attributions d'une munici-
palité. L'ensemble des services munici-
paux, sauf peut-être celui de l'instruc-
tion, était, avant 1870, beaucoup mieux
doté que l'ensemble des services natio-
naux. Quant aux travaux publics pari-
siens, ils ne sont pas comparables aux
travaux publics entrepris par l'Etat ils
ont un autre caractère au lieu d'être des
travaux d'utilité générale qui augmen-
tent les facilités de production, au lieu
d'être, comme nous disons dans notre
jargon économique qui ne manque pas
d'exactitude, des travaux reproductifs, des
additions ou des améliorations à l'outil-
lage national, ce sont presque tous des
travaux d'embellissement, de luxe, de
décoration. Certes, parmi les entreprises
de voirie municipale il y en a qui se re-
commandent au point de vue de la salu-
brité, de la commodité des habitans; mais
il y en a beaucoup aussi c'est le plus
grand nombre qui sont des œuvres
faites pour flatter les yeux. Nous en con-
cluons qu'il y a moins de raisons pour
augmenter le budget parisien que pour
accroître le budget national, que l'on est
beaucoup plus fort encore quand on ré-
clame des dégrèvemens à la Ville que
lorsqu'on en sollicite de l'Etat.
Le budget de prévision de 1878 montait
en dépenses ordinaires à 217 millions de
francs en dépense* extraordinaires sur
fonds généraux à 4 millions, en dépenses
extraordinaires sur fonds spéciaux à
32 millions 1/2, soit un ensemble de
254 millions. Ne retenons ici que le bud-
get ordinaire; Ja charge en représente à
peu près 110 fr. par habitant 440 fr. en
moyenne par famille. Si l'on réfléchit en
outre que chaque Français paie en
moyenne plus de 75 fr. à l'Etat, et si l'on
y joint les contributions pour le dé-
partement, on arrive à une somme ronde
de 200 fr. environ pour les impôts que
chaque Parisien paie en moyenne à ces
trois entités fort respectables mais très exi-
geantes la ville de Paris, le département
de la Seine et la république française;
cela fait à peu près 800 fr. par an pour
chaque famille composée d'un père, d'une
mère et seulement de deux en fans. Voilà
des chiffres qui donnent le vertige. Comme
dirait Voltaire dans son charmant conte
de l'Homme aux quarante écus, « l'énor-
» mité de l'estomac de la puissance légis-
» lative et executive me fit faire un grand
» signe de croix. »
Pense-t-on au moin? à décharger un
peu ces familles parisiennes si endurantes
qui paient en moyenne 800 fr. chacune
au fisc, ce cerbère qui, avec ses trois têtes
d'Etat, de département et de commune,
engloutit une si grosse part de notre sub-
sistance ? Pas le moins du monde; nous pas-
sons ici sous silence quelques très légers
dégrèvemens, comme celui sur la glace à
rafraîchir, qui ont été votés l'an der-
nier par la muuicipaiité. On les avait
accueillis comme des présens un peu
insignifians en eux-mêmes mais qui
indiquaient de la part de nos adminis-
trateurs un commencement d'humeur
compatissante pour le contribuable. On
pensait que ce n'était là que ce premier
pas qui coûte tant, selon le proverbe, et
que l'on marcherait désormais beaucoup
plus vite et surtout avec constance dans
la voie de la diminution des impôts muni-
cipaux. Il paraîtrait qu'on s'est trompé.
Un honorable conseiller municipal, M. Eu-
gène Rigaut, nous propose d'achever. Paris
moyennant un emprunt de 680 millions de
francs que l'on dépenseraiten dix ans. Les
lauriers de M. de Freycinet trouble-
raient donc le sommeil de nos magistrats
municipaux. Rappelons-nous cependant
cette différence, c'est que les travaux pro-
jetés par M. de Freycinet seront produc-
tifs ou que du moins ils ont la préten-
tion de l'être; les travaux publics munici-
paux seront, au contraire, en grande par-
tie des travaux faits pour réjouir la vue.
M. Rigaut a d'ailleurs une franchise à
laquelle on doit rendre hommage; s'il a
une facilité athénienne, pour la dépense,
il a un rigorisme spartiate pour imposer
aux contribuables des sacrifices. Il déclare
qu'avec son système il n'y a pas de dé-
grèvemens possibles pour la Ville avant
dix-huit ans.
Les habitans de Paris n'ont qu'à se ré-
jouir ils seront assurés de ne profiter
d'aucun dégrèvement jusqu'à l'an de
grâce 1896; mais, par contre, ils sont me-
nacés d'avoir à subir dans les prochaines
années le doublement ou le triplement
même de l'impôt mobilier. Dans notre
Numéro du 28 novembre nous avons pu-
blié une Note à ce oujet. La municipalité
parisienne s'est avisée qu'une taxe de
11.64 0/0 sur les loyers était trop faible,
que le contribuable avait trop de facilité à
la payer et qu'on pourrait sans inconvé-
nient l'élever pour certains loyers jus-
qu'à 30 0/0. Vous voyez que nos conseil-
lers municipaux ont de la hardiesse dans
les vues et qu'ils ne se laissent pas ar-
rêter par de mesquins calculs.
Pour justifier cette taxe graduée qui
irait jusqu'à 30 0/0 pour les loyers les plus
importans, nos conseillers qui ont de l'é-
rudition font appel à l'exemple de la
Révolution française. Chacun sait que la
Révolution est un fort bon guide en ma-
tière de finances la preuve en est dans
les assignats, dans la banqueroute des
deux tiers, dans le maximum, etc. Ce qu'il
y a cependant de curieux dans cette ému-
lation qu'éprouvent subitement nos con-
seillers municipaux pour les finances de
la première Révolution, c'est qu'en vou-
lant appliquer la lettre d'une de ses lois
ils e.i violent complètement l'esprit.
La Révolution avait commis l'énorme
imprudence qu'elle paya cher de suppri-
mer tous les impôts indirects, sauf les
droits de douane et les droits d'enregis-
trement. Elle voulut édifier son système
fiscal en le faisant reposer principalement
sur deux grands impôts directs l'impôt
foncier et l'impôt mobilier, ou plus exac-
tement l'im-pôt Sur tes revenus fcfacisrs
et l'impôt sur les revenus mobiliers, ces
derniers étant évalués d'après l'importance
du loyer des contribuables. Le législateur
de la Révolution, dans le dessein très loua-
ble d'éviter toute inquisition, avait dressé
une sorte d'échelle de correspondance des
loyers et des revenus. Il supposait ce
qui pouvait être vrai autrefois et ce qui est
très souvent faux aujourd'hui que plus
une personne a de fortune, plus faible est
la quote-part de son revenu qu'elle con-
sacre à son loyer. Tout homme ayant
quelque esprit d'observation et quelque
connaissance des mœurs parisiennes sait
qu'actuellement le loyer devient la plus
grande dépense des personnes riches,
grâce au goût général et très moral aui se
répand de plus en plus d'avoir une liai-
son à soi et que l'on habite seul.
Quoi qu'il en soit, -le législateur de la
Constituante avait établi que « la contri-
bution mobilière serait du vingtième du
revenu évalué d'après les valeurs lo-
catives d'habitation »; puis, dans l'échelle;
de correspondance qu'il avait dressée en-
tre les loyers et les revenus, il supposait
qu'un loyer de 100 fr. indiquait chez le
locataire un revenu double de cette
somme; qu'un loyer de 101 fr. à 500 fr.
indiquait un revenu triple du montant du
loyer; un loyer de 501 fr. à 1,000 fr. cor-
respondait, suivant lui, à un revenu qua-
druple par divers échelons où le chiffre
du revenu était présumé de plus en plus
considérable, relativement au chiffre du
loyer, on arrivait au chiffre le plus élevé,
celui des loyers de 12,000 fr. ou davan-
tage pour ces gros loyer*, le revenu
était censé douze lois plus élevé que le
loyer lui-même. La taxe sur les revenues
ainsi présumés était de 5 0/0; mais rela-
tivement au loyer elle variait de 1 à 30 0/0.
Le contribuable pouvait toujours, d'ail-
leurs, retrancher de sa taxe mobilière
les sommes qu'il avait payées pour l'im-
pôt foncier dans quelque localité que ce
fût.
On voit combien ce système de taxe
mobilière était compliqué; aussi il ne
dura guère. Du moins il avait une pré-
tention à la stricte équité. Il est étonuant
que nos conseillers municipaux l'aient
copié assez maladroitement, sans se ren-
dre compte des raisons qui l'avaient fait
établir et qui le firent aussi abandonner.
Tous les bons observateurs savent qu'a-
vec les habitudes actuelles, les clas-
ses aisées et riches mettent facilement
à leur loyer le cinquième ou le sixième
de leur revenu. Un homme a un hôlel de
400,000 fr. cela ne veut pas dire, comme
le supposait la première Révolution, qu'il
ait un revenu de 240,000 fr. de rentes. La
progression que veut établir le conseil
muuicipal représenterait dans la plupart
des cas un impôt de 10 à 12 0/0 sur le
revenu réel, et sans qu'on prît soin, comme
sous la première Révolution, de déduire
de cette cote mobilière le montant des
différentes cotes foncières que le contri-
buable aurait pu acquitter sur tout le
territoire de la république.
Peut-on permettre à une commune de
lever un impôt progressif sur le revenu,
dont le taux irait pour certains contri-
buables jusqu'à 10 ou 12 0/0 de ce revenu?
Il est déjà extraordinaire qu'on puisse
poser une pareille question, surtout quand
la commune qui émet cette prétention
exorbitante a des revenus énormes, qu'elle
jouit de magnifiques plus-values d'im-
pôts, de spleudides excédans de recettes.
Tout au plus la commune de Florence
dont on connaît la triste situation pour-
rait-elle faire des plans de taxation aussi
draconnienne.
Nous ne doutons pas que jamais le gou-
vernement n'autorise une pareille dé-
baucHe d'impositions. Mais il est bon
de saisir cette occasion de rappeler à la
ville de Paris qu'elle a des devoirs envers
les contribuables, qu'elle a aussi des
obligations envers la Providence ou la
fortune dont les faveurs sont sujettes à
une grande inconstance. Nos administra-
teurs supputent que la population de la
Ville s'accroît de 30,000 âmes par an, quele
produit des impôts augmente également de
0 ou G millions en moyenne par exercice
cela semble ies griser et leur tourner la
tête. L'Etat dépensant 4 ou 500 millions
par année en travaux publics extraordi-
naires, la Ville pourrait bien aussi, penser
t-on, dépenser 70 ou 80 millions de francs
pour le même objet, et l'on fait un ta-
bleau très séduisant de tout le mou-
vement de vie que ces dépenses pro-
duiraient dans notre Paris, de toug
les ouvriers qui y accourraient du
fond du Limousin, de l'Auvergne, de la
Normandie et de la Picardie. On nous ap-
prend que les Parisiens seraient enchantés
de toutes ces dépenses et qu'ils les préfé-r
reraient à des dégrèvemens. Cela est pos-
sible quoique ce soit contestable mais si
nos administrateurs n'ont pas plus de
sens rassis, de prudence et de prévoyance
que la grande masse des électeurs, s'ils ne
savent pas mieux résister aux entraîne-
mens et ménager l'avenir, alors à quoi
donc servent-ils et à quoi sert le gou-
vernement représentatif? Pourquoi ne
pas inaugurer immédiatement le gouver-
nement direct, au moyen de pléoiscites
fréquens sur toutes les questions de quel-
que importance. Le gouvernement repré-
sentatif ne se justifie que ei les élus ont
plus de sagesse, plus de capacité que les J
électeurs,
MtJMAL DES DEBATS
eÏ .6 < 'M i'.f' .7~ ~f.
'-?.'
xJMJTIQlIES ET ilTTERAIuES
1 ̃̃.̃̃ ç ').' •
Ii:
"wmaa i décembre
1878
ON 'S'ABONNE
rue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerrois, 17.
PRIX DE I/ABO.WEiSflEJïT
Trois mois. Six mois. Un an.
Paris.. 18 fr. 36 fr. 72 fr.
Départeméns 20 fr. 40 fr.. 80 fr.
Union postale 1
européenne. 21 fr. 42 fr. 84 fr.
̃–d'outre-mer. 24 fr. 48 fr. 96 fr.
Les abonnemens partent des l" et 16 de
chaque mois,
Paris, nn numéro. 80 cent.
Départements, un numéro. 95 cent.
1 1n liondon, apply to Cowie and C°, foreign
newspapers office. 17, Gresham street, G. P. 0.;
MM. Delizy, Bavtes et C«, 1, Finch lane Cornhili,
E. C. London: MM. W.-H. Smith et Son,
186, Strand, W. C. London.
& Bruxelles, èLY0fflcedepubUcité.i6,r\xedela.Uade~
leine, dans les kiosques et dans les bibliothè-
gués de gares de chemins de fer belges.
DIMANCHE 8 DÉCEMBRE
T o 1878
ON S'ABONNE
en Belgique', en Italie,
dans le Luxembourg; en Turquie,
en Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon,
au moyen d'une valeur payable à Paris ou de
mandats-poste, soit internationaux, soit français,
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
'̃- et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
par renvoi d'une valeur payable à Paris,
Les annonces sont reçues
chez MM. Fauclicy, Laffite et C«,
8. place de la Bourse,
et au bureau du JOURNAL;
^çlles doivent toujours être agréées par larédaction*
PARIS fi h
• SAMEDI 7 DÉCEMBRE
Les journaux anglais nous apportent le
texte complet du discours prononcé par
lord Beaconsfield dans la Chambre des
Lords. On y retrouve les qualités ordi-
naires de l'orateur de l'esprit, de la verve,
une sorte d'abandon à l'inspiration du
moment, des traits heureux et en même
temps une argumentation vigoureuse et
puissante. Lord Beaconsfield est passé
maître dans l'art de l'ironie; il en a usé
et abusé; il aime à se moquer de ses
adversaires, et il excelle dans ce genre où
il a donné à l'humour anglais une légè-
reté d'allures qui n'enlève rien à ce qu'il
a d'incisif et parfois d'amer. La première
partie de son discours a pour objet de
mettre lord Granville en contradiction avec
lui-même. Le chef de l'Opposition avait
déclaré que, la guerre étant engagée, il ne
repousserait pas les propositions du
gouvernement pour la soutenir. Bien
plus il ne lui convenait pas d'entrer
dans la question au point de vue politi-
que, et d'exprimer un jugement dont la
sévérité serait peut-être intempestive. Ces
réservesune foisfaites, lord Granville avait
déclaré que la guerre de l'Afghanistan était
profondément impolitique et injuste. Après
quoi, il avait invité de nouveau la Cham-
bre à ne pas entrer dans une discussion
périlleuse et à enregistrer l'opinion qu'il
venait d'émettre, sans faire connaître
la sienne. C'est contre ce système que
lord Beaconsfield a vivement protesté. Il
a invité et lord Granville et la Chambre
à une discussion contradictoire. La guerre,
suivant lord Granville, est injuste et
ïmpolitique. « Prouvez-le i s'est écrié
» lord Beaconsfield. Donnez vos raisons.
>> Attaquez notre conduite, mais dites-
» nous les motifs sur lesquels votre
» opinion est fondée. Nous vous répon-
» drons et la Chambre jugera. »
Le premier lord de la Trésorerie n'a pas
hésité pour son compte à entrer dans le vif
du débat, et aux doutes exprimés par lord
Granville il a répondu par des affirma-
tions absolues. Le traité de Berlin,
a-t-il dit, a été jusqu'à ce jour exécuté
fidèlement, et il le sera jusqu'au bout.
On se rappelle que lord Beaconsfield
avait émis une opinion semblable il y a
déjà quelques jours, à un moment où le
traité paraissait être l'objet d'un respect
plus que médiocre de la part du général
Dondoukoff Korsakofî. Mais, depuis, le
général russe a été faire à Livadia un
voyage réfrigérant, et il faut reconnaî-
tre que son ton et ses allures ont été
changés au retour. Le discours récent
prononcé par le czar a contribué encore
à produire dans la situation une détente
salutaire. Le gouvernement russe a senti
que le moment était mal choisi pour
livrer sa diplomatie au caprice aven-
tureux de l'imagination et de l'impa-
tience de ses généraux. L'Europe -aussi
s'est montrée impatiente, mais impatiente
de voir le traité respecté et appliqué. Ce
sentiment ne s'est pas manifesté seulement
à Saint-Pétersbourg, mais aussi à Cons-
tantiBople et à Vienne, et nous sommes
depuis quelques jours dans une période
de bonne volonté apparente. Puisse-t-elle
durer 1
La confiance de lord Beaconsfield dans
l'exécution du traité de Berlin a donc en ce
momentun air plus naturel etpour ainsi dire
moins paradoxal. Au reste, comme l'a judi-
cieusement remarqué l'orateur, il faut un
certain tempspour qu'un traité quelconque
soit appliqué dans toutes ses clauses, et,
à son avis, la moitié du temps nécessaire
pour l'exécution du traité de Berlin n'est
pas encore passée. Attendons patiemment j
les échéances fixées par le traité lui-
même. En attendant, lord Beaconsfield
profite de toutes les occasions qui lui sont
offertes de faire de petites ascensions au
Capitule. Lord Granville s'était plaint que j
le discours
lord 'Beaconsfield a réparé largement
cette omission. Le silence du discours
royal s'explique par un désir modeste <
de ne pas abuser de ses avantages J
mais puisque le ministère est provoqué J
à parler, il parlera'! Lord Beaconsfield n'a
pas hésité à déclarer que la convention
de Chypre était, à son avis, excessive-
ment importante non seulement pour
l'Angleterre, mais pour le monde entier.
« Je crois, a-t-il dit, à la régénération
» de -l' Asie-Mineure. Quand le noble lord
» tourne en ridicule l'occupation de
i> Chypre dans les circonstances où elle (
» a eu lieu et le but pour lequel elle a `
» été entreprise, je lui réponds qu'il est!
» difficile de décrire en paroles les avan- 1 1
x. Inges de cette position. Et quand le
» noble lord avance que cette île ne (
« tient pas toutes les promesses que <
l'on avait faites sur elle, je puis lui as- <
» surer que les avantages qu'elle ol-
» fre dépassent tout ce que nous
» avions espéré et que notre espoir
» d'atteindre, grâce à elle, le grand but 1
» proposé, la régénération de l'Âsie-Mi- <
» neure. semble devoir se réaliser
» largement. Je parle eans la moindre j i
» hésitation. » On le voit bien Rien n'est ]
plus formel que ce langage. Nous n'igno-
rons pas que le? idées de lord Beaconsfield
sur l'Asie-Miaeure sont anciennes et se- 1
.,`
pieuses. 'j faut ajouter que ses projets
éonjt' généraux, et certainement le concours
dé la France ne saurait lui faire défaut dans
l'œuvre çm'il a entreprise. On sait, pour em-
•plôyeiXies termes de lord Beaconsfield
lui-même, que si nos intérêts en Asie-Mi-
neure ne sont que sentimentaux, notre
influence y est encore assez substan-
tielle pour ne pas être négligée. Il ne
faut pas oublier non plus, et lord Bea-
consfield a un peu négligé ce côté de la
question, que la convention de Chypre n'a
pas eu seulement pour objet de régénérer
l'Asie-Mineure. Non! nous voulons bien
que ce soit là le « grand but a, le but huma-
nitaire et élevé; mais il y en a un autre
dans le contrat passé entre l'Angleterre et
la Turquie, et la première de ces puis-
sances a garanti à l'autre l'intégrité des
territoires qui lui restent en Asie. Tel
est le but vraiment politique de la con-
vention, et son caractère principal. Si
l'Angleterre s'est établie à Chypre du
consentement de la Porte, ce n'est pas
seulement pour surveiller l'exécution des
réformes dans l'Asie-Mineure, mais aussi
pour y constituer une station maritime
et militaire, munie de magasins d'armes,
de munitions, d'habillemens enfin de
touteequiest nécessaire à l'entretien d'une
armée. Lord Beaconsfield a glissé sur
ce point mais il ne l'a pas tout à fait omis,
puisqu'il a affirmé d'après ses collègues
qui reviennent de Chypre et qu'il a soi-
gneusement interrogés, que cette île se-
rait une admirable place d'armes plus
encore un port excellent pour la marine
anglaise.
Lord Beaconsfield a tiré gloire de tous
ces avantages que sa politique a assurés
à son pays. Cette politique, a-t-il dit,
n'estpas timide, mais elle est sage. Nous
sommes tout à fait de ce sentiment, et
nous ne sommes pas surpris de l'adhésion
réfléchie que le gouvernement trouve dans
les Chambres, et de l'adhésion plus vive
encore qu'il rencontre dans l'opinion
générale. Lord Beaconsfield à la fin
de son discours, a. pu annoncer une
victoire importante. Les dépêches d'au-
jourd'hui sont encore plus optimistes
s'il est vrai, comme le dit le Daily
Neios, que l'émir de Caboul demande
déjà à faire sa soumission. Mais n'est-
il pas singulier de voir toutes ces
nouvelles favorables publiées d'abord par
le Daily News, journal de l'Opposition rus-
sophile ? « Nous autres ministres, nous
» avons une autre bataille à livrer »,:
dit lord Beacon^field en terminant. Dans
cette bataille parlementaire, la victoire ne
sera pas un moment incertaine.
BOURSE DE PARIS
CtOture le 6 te 7 Mann»»». Bgalane.
5 O.'O "•
Comptant. "7 15 77 3B ./• 20
Fin COUT. 77 20 77 35 ./• 18 •/ /̃
3 O/O
Amortissable.
Comptant. 79 70 :9 15 8
Fin cour. 79 72 1/2 79 82 1/2 10
4 fi/» O/«
Comptant il7 D0 107 25 25
6 O/O °
Coraptantm 80 112 60 10
Fin ermr 112 65 112 75 10
PKTITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt B 0/0 112 fr. 72 1/2, 71 1/4.
3 0/0 77 fr. 30.
5 0/0 turc. 11 fr. 90.
Banque ottomane.. 480 fr., 479 fr.
Hongrois 6 0/0 74 9/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 253 fr., 254 fr.
Russe. 857/16.
Nous recevons de noire correspondant
le télégramme suivant
« Londres, le 7 décembre, raidi.
» Des renseignement puisés à bonne source
ôtent tout fondement aux rumeurs recueil-
lies dans quelques journaux russes d'après
lesquels la Russie aurait signifié à l'Angle-
terre sou intention d'occuper M«rv dans le
cas où cette dernière puissance annexerait
une partie de l'Afghanistan.
» C'est d'assez mauvaise gràc« que le gou-
vernement a accepté hier dans la Chambre
des Communes la fixation à lundi de la. dis-
cussion de la proposition de censure émanée
de lOpposition. Quoi qu'il en soit, le débat
n'offrira qu'un intérêt parlementaire et les
questions de pei sonnes y tiendront la plus
grande place. »
Télégrapïile privée*
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
Laliore, le 7 décembre.
Une réponse de l'émir à l'ultimatum qui lui
avait été adressé par le vice-roi vient d'arriver.
Cette réponse paraît écrite après la prise d'Ali-
Musjid. Elle accuse réception de l'ultimatum et
raille les prétendus sentimens d'amitié du gou-
vernement anglais.
L'emir fait en effet remarquer que les démar-
ches antérieures de ce dernier, et principalement
son intervention en faveur de Yakoub Khan sont
contradictoires avec ces sentimens.
S'il a refusé d'abord de recevoir une mission
anglaise, c'est qu'il avait peur de perdre son in-
dépendance.
Il aflirme toutefois,qu'aucune cause d'inimitié
n'existe entre l'Afghanistan et l'Angleterre, et
qu'il désire renouer les bonnes relations d'autre-
fois.
Il termine en déclarant qu'il ne s'opposera pas
à ce qu'une mission provisoire, composée d'un
petit nombre de personnes, lui soit envoyée.
Bude-Pesth> le v décembre.
On a lu à la Chambre des Députés et à la Cham-
bre des Magnats le manu pr<%riâ de l'empereur
et roi annonçant que le cabinet actuel reste en
fonctions, sauf que le comte de Szapary est nommé
ministre des linances et le baron Kemeny mi-
nistre du commerce.
M. Tisza a déclaré que son programme consistait
dans le rétablissement de l'équilibre du budget,
des ré ortnes dans l'administration de la justice,
et l'accord avec l'Autriche au sujet de l'occupa-
tion de la Bosrve.
Les déclarations de M. Tisza ont été accueillies
favorablement par le Parlement hongrois.
Bucharest, le 7 décembre, soir.
Le ministère est reconstitué de la manière
suivante
MM. Bratiano, président du conseil, ministre
de l'iniérieur.
Demetre Stourza, ministre des finances
Statescu, ministre de la justice;
Campineano, ministre des affaires étrangères
Ferechide, ministre des travaux publics
Conlilli, ministre de l'instruction publique et
des cultes.
Le colonel Dabija prendra probablement le por-
tefeuille de la guerre.
MM. Bozianu et Demetre Ghika ont été nom-
més vice-présidens du Sénat.
Gonstantinople, le 7 décembre, 6 h. 'S m. soir.
Répondant aux féli citations du patriarche ar-
ménien-grégorien, Khérédine Pacha a dit que,
conformément aux ordres du Sultan, tous les Ot-
tomans, sans acception de religion, sont abso-
lument égaux devant la loi et la justice, et que
tous les emplois seront indistinctement donnés
au plus digne et au plus capable.
Gonstantinople, le 7 décembre,
6 h. 15 m. soir.
Les chefs rebelles de la Mésopotamie ont fait
leur soumission. La Porte exige une soumission
écrite.
Khérédine Pacha, avant d'entreprendre les ré-
formes, élaborera la loi relative à la responsabi-
lité ministérielle.
Rome, le 7 décembre, 8 h. soir.
A la suite des déclarations échangées à Rome
le K décembre, le traité de commerce et de navi-
gation conclu en 1863 entre l'Italie et l'Angle-
terre est prorogé jusqu'au 31 décembre 1879.
Rome, le 7 décembre.
On assure que le Pape a envoyé à l'empereur
Guillaume, par l'intermédiaire du nonce de Mu-
nich, une lettre dans laquelle il félicite l'empe-
reur d'Ail magne d'avoir repris la direction des
affaires et exprime le désir que les négociations
entamées aboutiront à un bon résultat.
Il est probable que les rapports du Vatican
avec le Chili vont etro bientôt rétablis, quelques
Eersonnagcs éminens du Chili ayant offert leurs
bons offices. Le Vatican serait disposé à faire
des concessions pour écarter les difficultés.
Rome, le 7 décembre.
M. Crispi considère les explications des mi-
nistres comme n'étant pas satisfaisantes. Il pré-
sente une motion invitant le cabinet à appliquer
les lois en vigueur afin de maintenir la tran-
quillité publique.
La discussion des motions proposées est ren-
voyée à lundi.
Londres, le 7 décembre.
D'après le Daily News, le bruit court que. dans
une lettre au major Cavagnari, l'émit1 exprime le
désir de faire sa soumission.
A la séance de lundi. sir Un. Dilke demandera
au gouvernement si cette nouvelle est exacte.
Le Times publie les nouvelles suivantes de
Lahore
« Le défilé de Shalurgardan sera. pour le mo-
ment, la limite de la campagne dans la vallée du
Kurum.
» II est probable que \e général Roberts pas-
sera l'hiver dans des cantonnemens qui seront
établis sur les montagnes à l'est du défilé de
Peiwar.
» Le résultat politique immédiat de la victoire
remportée par le général Roberts sera de déta-
cher 30,(t00 schiahs de l'autorité de l'émir et de
mettre la meilleure partie du territoire fertile ar-
rosé par le Kurum sous l'influence directe de
l'Angleterre.
» On assure que deux Européens se trouvaient
parmi les troupes afghanes qui défendaient le dé-
filé de Peiwar. Les tribus des Turis. des Mangals
et des Bangashes envoient des levées de troupes
au camp anglais.
» Un général afghan s'est présenté aujourd'hui
à Peiwar.
> On assure que l'émir sera obligé d'employer
la force militaire pour empêcher la désertion des
tribus kurdes de Caboul. »
Londres, le 7 décembre.
On télégraphie de Berlin au Times
« Les journaux russes annoncent que le gou-
vernement russe a informé l'Angleterre qu'il
avait l'intention d'occuper Mërv, dans le cas où
elle annexerait un territoire quelconque de l'Af-
ghanistan. »
Berlin, le 6 décembre, soir.
Le prince Gortchakqtî est arrivé ce soir à
Berlin. Il est descendu à l'ambassade russe.
L'empereur a visité ce soir l'Opéra il a été
accueilli par des acclamations enthousiastes.
Tout le public s'est levé et a chanté l'hymne na-
tional qui a été suivi par de chaleureux vivats.
La même ovation a eu lieu quand S. M. a paru
plus tard à la Comédie.
Bude-Pesth. le 7 décembre.
La Délégation autrichienne, dans sa séance
d'hier après midi, a terminé la discussion géné-
rale du budget des affaires étrangères. Pendant
la séance du soir, le comte Andrassy et les mi-
nistres Hoffmann et Bylandt ont de nouveau dé-
fendu longuement la politique du gouvernement:
après quoi les dilîérens chapitres du budget des
affaires étrangères ont été adoptés dans la forme
et teneur proposée par la commission.
Bude-Pesth, le 7 décembre.
La commission de la Délégation autrichienne
propose d'accorder un crédit partiel de 15 mil-
lions de florins sur l'exercice de 18 9 pour les
frais de l'occupation. M. Widmann propose d'é-
lever ce crédit à 29 millions. Le ministre de la
guerre se prononce pour le chiffre de 20 millions,
qui est adopté.
Bucharest, le 0 décembre, soir.
La prise de possession de la Dobrutscha est
complètement terminée. Les autorités russes ont
entierement remis entre les mains de ta Rou-
manie les diverses administrations de cette t
province.
Constantinople, le 6 décembre, soir.
Le bruit court dans les cercles diplomatiques I
que la Russie s'oppose à la conclusion d'un em-
prunt garanti par l'Angleterre, parce que le Con-
grès ayant constaté que les emprunts existans
priment seuls l'indemnité de guerre, celle-ci de- 1
viendrait illusoire si les dernières ressources se l
trouvaient engagées dans un nouvel emprunt.
Constantinopîe, le 6 décembre. t
Un Américain a été arrêté à Constantinople. Il
est instamment réclamé par la légation améri- t
caine. i
On l'accuse d'avoir conspiré contre le Sultan.
Des charges graves assure-t-on auraient été a
recueillies contre lui, et il est probable que la lé- i
gation américaine insiste inutilement pour le faire ]
relâcher. 1
Berne, le 6 décembre, soir. I
Le Conseil national s'est ajourné à lundi pro- t
chain, veille de l'élection du pouvoir exécutif fé- 1
déral et du tribunal fédéral.
On assure que le Conseil fédéral sera réélu.
Le Conseil des Etats a repoussé par '22 voix
contre 13 la proposition de porter à ^8 centimè-
tres la taille du soldat. Il a terminé le budget t
pour 1 879 et a nommé une commission de ges- 1
tion de sept membres pour l'exercice de 1878.
Madrid, le 6 décembre, soir.
Le conseil des ministres s'est occupé d'un pro-
jet relatif à l'établissement d'un câbla sous-ma-
rin entre Hong-Kong et Manille. t
Nouvelle-Orléans, le 7 décembre.
La Convention commerciale du Sud-Ouest qui
siège ici a adopté une Résolution dans laquelle
elle recommande au gouvernement la conclusion
d'un traité de commerce avec la France.
Nous croyons savoir que le remplacement
à Lyon de M. le rectsur Dareste de la Gha-
vaune, mis en disponibilité, a donné lieu à
un mouvement qui a été arrêté aujourd'hui
et paraîtra demain dans le Journal officiel.
M. Fournier, ambassadeurdeFrance à Cons-
tantinople, a eu le projet de se rendre
natoriales Mais, retenu à Constantinople par
les affaires multiples qui sollicitent actuelle-
ment l'attention des représ^ntans des gran-
des puissances, il a dû différer son voyage.
Il est, rionc inexact que M. Tissot ait été
chargé de gérer en son absence l'ambassade
de France.
Il est également inexact que des pnste3
nouveaux de consuls aient été créés àMetz et
à Mulhouse.
D'S postes consulaires nouveaux doivent
en effet être créés, mais ce sont seulement
ceux que M. le ministre des affaires étran-
gères a fait connaître dans le budget qu'on a
soumis aux Chambres. (Savas.)
-:̃ ̃•V3<. ̃
Nous avons rarement l'occasion de nous
occuper des finances et de l'administra-
tion de la ville de Paris, cependant le
sujet en vaut la peine. Pans a, comme
ville, une importance plus grande encore
que la France comme Etat. C'est l'agglo-
mération communale la plus vaste du
monde, celle qui manie le plus gros bud-
get, celle qui fait les plus grandes choses,
celle qui demande à ses habitans les sa-
crifices les plus étendus. Londres, malgré
la supériorité de sa population, est bien
loin de Paris sous tous ces rapports; la
capitale anglaise n'a pas et c'est à la
fois pour elle un inconvénient et un avan-
tage l'unité administrative de Paris
elle ne prétend pas à être une cité uni-
verselle, la' Wellstadt, comme disent les
Allemands. Enfin, elle dépense infiniment
moins.
D'où vient que Paris ayant une si ex-
ceptionnelle importance, étant un phéno-
mène aussi extraordinaire dans la vie de
toutes les nations, ce qui concerne ses
finances, son administration pa=se pres-
que inaperçu? Les conseillers munici-
paux, avec un zèle infatigable qu'on ne
saurait trop louer, dnt beau multiplier
leurs séances, leurs rapports, les Mémoi-
res de toutes sortes, c'est à peine si le
public distrait s'en aperçoit. Leurs dis-
cussions ne sont publiées que dans des
résumés tronqués et souvent inintelligi-
bles leurs documens ne pénètrent pas
même parmi les hommes d'étude qui ont
les plus grandes difficultés à se les pro-
curer. Le Journal officiel, le Bulletin de
statistique et de législation comparée du
ministère des finances ne contiennent que
peu de renseignemens sur Paris.
Si nous écrivons ces lignes, ce n'est pas
par un goût stérile pour la critique, c'est
par le regret que nous éprouvons de ne
pas obtenir promptement sur la ville de
Paris toutes les informations que nous dé-
sirerions avoir. Ce qui précède, d'ailleurs,
n'est qu'un préambule ce sont des ques-
tions de fond, non des questions de forme
que nous voulons traiter.
Chacun sait que les finances de la ville
de Paris sont très prospères. Les années
qui ont suivi la guerre furent des années
d'épreuves, de malaise, de déficits. Les
exercices 1872, 1873, 1874 furent mauvais
ou médiocres pour Paris comme pour la
France. Avec l'année 1875, le budget mu-
nicipal de même que le budget national
entre dans la voie des excédans de re-
cettes, et il s'y maintient. Dès lors se
pose pour Paris comme pour la France
cette grande question ce retour si prornpt
de la prospérité, ces plus-values d'impôts,
ces excédans de recettes doivent-ils pro-
fiter aux contribuables, ou bien au con-
traire pousser à l'accroissement indéfini
des dépenses? Notons ici, en passant, que
les choses ne sont pas absolument égales
pour Paris et pour la France. Un grand
budget national doit toujours pourvoir à
une foule de services de première nécessité
et d'une extension presque indéfinie la dé-
fense et l'armement du pays, les travaux
publics productifs, l'éducation non seule-
ment sous la forme la plus rudimentaire,
mais à tous les degrés. Un grand budget na-
tional a en outre à subvenir aux besoins
d'un personnel d'employés presque illi-
mité, médiocrement, rémunéré, et dont les
membres, quand ils prennent leur re-
traite, sont insuffisamment pensionnés;
on ne voit guère de bornes à l'action de
l'Etat on trouve mille raisons plus ou
moins bonnes d'ailleurs, mais toutes spé-
cieuses pour étendre ses attributions.
Il n'en est pas exactement de même
d'un budget municipal, fût-il le budget
parisien. Il y a des bornes très nettes à
l'action, aux attributions d'une munici-
palité. L'ensemble des services munici-
paux, sauf peut-être celui de l'instruc-
tion, était, avant 1870, beaucoup mieux
doté que l'ensemble des services natio-
naux. Quant aux travaux publics pari-
siens, ils ne sont pas comparables aux
travaux publics entrepris par l'Etat ils
ont un autre caractère au lieu d'être des
travaux d'utilité générale qui augmen-
tent les facilités de production, au lieu
d'être, comme nous disons dans notre
jargon économique qui ne manque pas
d'exactitude, des travaux reproductifs, des
additions ou des améliorations à l'outil-
lage national, ce sont presque tous des
travaux d'embellissement, de luxe, de
décoration. Certes, parmi les entreprises
de voirie municipale il y en a qui se re-
commandent au point de vue de la salu-
brité, de la commodité des habitans; mais
il y en a beaucoup aussi c'est le plus
grand nombre qui sont des œuvres
faites pour flatter les yeux. Nous en con-
cluons qu'il y a moins de raisons pour
augmenter le budget parisien que pour
accroître le budget national, que l'on est
beaucoup plus fort encore quand on ré-
clame des dégrèvemens à la Ville que
lorsqu'on en sollicite de l'Etat.
Le budget de prévision de 1878 montait
en dépenses ordinaires à 217 millions de
francs en dépense* extraordinaires sur
fonds généraux à 4 millions, en dépenses
extraordinaires sur fonds spéciaux à
32 millions 1/2, soit un ensemble de
254 millions. Ne retenons ici que le bud-
get ordinaire; Ja charge en représente à
peu près 110 fr. par habitant 440 fr. en
moyenne par famille. Si l'on réfléchit en
outre que chaque Français paie en
moyenne plus de 75 fr. à l'Etat, et si l'on
y joint les contributions pour le dé-
partement, on arrive à une somme ronde
de 200 fr. environ pour les impôts que
chaque Parisien paie en moyenne à ces
trois entités fort respectables mais très exi-
geantes la ville de Paris, le département
de la Seine et la république française;
cela fait à peu près 800 fr. par an pour
chaque famille composée d'un père, d'une
mère et seulement de deux en fans. Voilà
des chiffres qui donnent le vertige. Comme
dirait Voltaire dans son charmant conte
de l'Homme aux quarante écus, « l'énor-
» mité de l'estomac de la puissance légis-
» lative et executive me fit faire un grand
» signe de croix. »
Pense-t-on au moin? à décharger un
peu ces familles parisiennes si endurantes
qui paient en moyenne 800 fr. chacune
au fisc, ce cerbère qui, avec ses trois têtes
d'Etat, de département et de commune,
engloutit une si grosse part de notre sub-
sistance ? Pas le moins du monde; nous pas-
sons ici sous silence quelques très légers
dégrèvemens, comme celui sur la glace à
rafraîchir, qui ont été votés l'an der-
nier par la muuicipaiité. On les avait
accueillis comme des présens un peu
insignifians en eux-mêmes mais qui
indiquaient de la part de nos adminis-
trateurs un commencement d'humeur
compatissante pour le contribuable. On
pensait que ce n'était là que ce premier
pas qui coûte tant, selon le proverbe, et
que l'on marcherait désormais beaucoup
plus vite et surtout avec constance dans
la voie de la diminution des impôts muni-
cipaux. Il paraîtrait qu'on s'est trompé.
Un honorable conseiller municipal, M. Eu-
gène Rigaut, nous propose d'achever. Paris
moyennant un emprunt de 680 millions de
francs que l'on dépenseraiten dix ans. Les
lauriers de M. de Freycinet trouble-
raient donc le sommeil de nos magistrats
municipaux. Rappelons-nous cependant
cette différence, c'est que les travaux pro-
jetés par M. de Freycinet seront produc-
tifs ou que du moins ils ont la préten-
tion de l'être; les travaux publics munici-
paux seront, au contraire, en grande par-
tie des travaux faits pour réjouir la vue.
M. Rigaut a d'ailleurs une franchise à
laquelle on doit rendre hommage; s'il a
une facilité athénienne, pour la dépense,
il a un rigorisme spartiate pour imposer
aux contribuables des sacrifices. Il déclare
qu'avec son système il n'y a pas de dé-
grèvemens possibles pour la Ville avant
dix-huit ans.
Les habitans de Paris n'ont qu'à se ré-
jouir ils seront assurés de ne profiter
d'aucun dégrèvement jusqu'à l'an de
grâce 1896; mais, par contre, ils sont me-
nacés d'avoir à subir dans les prochaines
années le doublement ou le triplement
même de l'impôt mobilier. Dans notre
Numéro du 28 novembre nous avons pu-
blié une Note à ce oujet. La municipalité
parisienne s'est avisée qu'une taxe de
11.64 0/0 sur les loyers était trop faible,
que le contribuable avait trop de facilité à
la payer et qu'on pourrait sans inconvé-
nient l'élever pour certains loyers jus-
qu'à 30 0/0. Vous voyez que nos conseil-
lers municipaux ont de la hardiesse dans
les vues et qu'ils ne se laissent pas ar-
rêter par de mesquins calculs.
Pour justifier cette taxe graduée qui
irait jusqu'à 30 0/0 pour les loyers les plus
importans, nos conseillers qui ont de l'é-
rudition font appel à l'exemple de la
Révolution française. Chacun sait que la
Révolution est un fort bon guide en ma-
tière de finances la preuve en est dans
les assignats, dans la banqueroute des
deux tiers, dans le maximum, etc. Ce qu'il
y a cependant de curieux dans cette ému-
lation qu'éprouvent subitement nos con-
seillers municipaux pour les finances de
la première Révolution, c'est qu'en vou-
lant appliquer la lettre d'une de ses lois
ils e.i violent complètement l'esprit.
La Révolution avait commis l'énorme
imprudence qu'elle paya cher de suppri-
mer tous les impôts indirects, sauf les
droits de douane et les droits d'enregis-
trement. Elle voulut édifier son système
fiscal en le faisant reposer principalement
sur deux grands impôts directs l'impôt
foncier et l'impôt mobilier, ou plus exac-
tement l'im-pôt Sur tes revenus fcfacisrs
et l'impôt sur les revenus mobiliers, ces
derniers étant évalués d'après l'importance
du loyer des contribuables. Le législateur
de la Révolution, dans le dessein très loua-
ble d'éviter toute inquisition, avait dressé
une sorte d'échelle de correspondance des
loyers et des revenus. Il supposait ce
qui pouvait être vrai autrefois et ce qui est
très souvent faux aujourd'hui que plus
une personne a de fortune, plus faible est
la quote-part de son revenu qu'elle con-
sacre à son loyer. Tout homme ayant
quelque esprit d'observation et quelque
connaissance des mœurs parisiennes sait
qu'actuellement le loyer devient la plus
grande dépense des personnes riches,
grâce au goût général et très moral aui se
répand de plus en plus d'avoir une liai-
son à soi et que l'on habite seul.
Quoi qu'il en soit, -le législateur de la
Constituante avait établi que « la contri-
bution mobilière serait du vingtième du
revenu évalué d'après les valeurs lo-
catives d'habitation »; puis, dans l'échelle;
de correspondance qu'il avait dressée en-
tre les loyers et les revenus, il supposait
qu'un loyer de 100 fr. indiquait chez le
locataire un revenu double de cette
somme; qu'un loyer de 101 fr. à 500 fr.
indiquait un revenu triple du montant du
loyer; un loyer de 501 fr. à 1,000 fr. cor-
respondait, suivant lui, à un revenu qua-
druple par divers échelons où le chiffre
du revenu était présumé de plus en plus
considérable, relativement au chiffre du
loyer, on arrivait au chiffre le plus élevé,
celui des loyers de 12,000 fr. ou davan-
tage pour ces gros loyer*, le revenu
était censé douze lois plus élevé que le
loyer lui-même. La taxe sur les revenues
ainsi présumés était de 5 0/0; mais rela-
tivement au loyer elle variait de 1 à 30 0/0.
Le contribuable pouvait toujours, d'ail-
leurs, retrancher de sa taxe mobilière
les sommes qu'il avait payées pour l'im-
pôt foncier dans quelque localité que ce
fût.
On voit combien ce système de taxe
mobilière était compliqué; aussi il ne
dura guère. Du moins il avait une pré-
tention à la stricte équité. Il est étonuant
que nos conseillers municipaux l'aient
copié assez maladroitement, sans se ren-
dre compte des raisons qui l'avaient fait
établir et qui le firent aussi abandonner.
Tous les bons observateurs savent qu'a-
vec les habitudes actuelles, les clas-
ses aisées et riches mettent facilement
à leur loyer le cinquième ou le sixième
de leur revenu. Un homme a un hôlel de
400,000 fr. cela ne veut pas dire, comme
le supposait la première Révolution, qu'il
ait un revenu de 240,000 fr. de rentes. La
progression que veut établir le conseil
muuicipal représenterait dans la plupart
des cas un impôt de 10 à 12 0/0 sur le
revenu réel, et sans qu'on prît soin, comme
sous la première Révolution, de déduire
de cette cote mobilière le montant des
différentes cotes foncières que le contri-
buable aurait pu acquitter sur tout le
territoire de la république.
Peut-on permettre à une commune de
lever un impôt progressif sur le revenu,
dont le taux irait pour certains contri-
buables jusqu'à 10 ou 12 0/0 de ce revenu?
Il est déjà extraordinaire qu'on puisse
poser une pareille question, surtout quand
la commune qui émet cette prétention
exorbitante a des revenus énormes, qu'elle
jouit de magnifiques plus-values d'im-
pôts, de spleudides excédans de recettes.
Tout au plus la commune de Florence
dont on connaît la triste situation pour-
rait-elle faire des plans de taxation aussi
draconnienne.
Nous ne doutons pas que jamais le gou-
vernement n'autorise une pareille dé-
baucHe d'impositions. Mais il est bon
de saisir cette occasion de rappeler à la
ville de Paris qu'elle a des devoirs envers
les contribuables, qu'elle a aussi des
obligations envers la Providence ou la
fortune dont les faveurs sont sujettes à
une grande inconstance. Nos administra-
teurs supputent que la population de la
Ville s'accroît de 30,000 âmes par an, quele
produit des impôts augmente également de
0 ou G millions en moyenne par exercice
cela semble ies griser et leur tourner la
tête. L'Etat dépensant 4 ou 500 millions
par année en travaux publics extraordi-
naires, la Ville pourrait bien aussi, penser
t-on, dépenser 70 ou 80 millions de francs
pour le même objet, et l'on fait un ta-
bleau très séduisant de tout le mou-
vement de vie que ces dépenses pro-
duiraient dans notre Paris, de toug
les ouvriers qui y accourraient du
fond du Limousin, de l'Auvergne, de la
Normandie et de la Picardie. On nous ap-
prend que les Parisiens seraient enchantés
de toutes ces dépenses et qu'ils les préfé-r
reraient à des dégrèvemens. Cela est pos-
sible quoique ce soit contestable mais si
nos administrateurs n'ont pas plus de
sens rassis, de prudence et de prévoyance
que la grande masse des électeurs, s'ils ne
savent pas mieux résister aux entraîne-
mens et ménager l'avenir, alors à quoi
donc servent-ils et à quoi sert le gou-
vernement représentatif? Pourquoi ne
pas inaugurer immédiatement le gouver-
nement direct, au moyen de pléoiscites
fréquens sur toutes les questions de quel-
que importance. Le gouvernement repré-
sentatif ne se justifie que ei les élus ont
plus de sagesse, plus de capacité que les J
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