Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-09-24
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Description : 24 septembre 1878 24 septembre 1878
Description : 1878/09/24. 1878/09/24.
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Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ËDITÏON DE PARIS.
.-MMMSEPTEmE~
~?8. r:
~N S'ABONNE `
asBelgique.onjLtaiie.
dans t& Luxembourg, en Turquie,
rë~eacea du Maroc et de~ta Tunisi?
en Ohine et.aN Japon
!&a moyen d'âne vaieur payable à Paris oa de'!
(itMtdats-poste, soit. mtemahonaux, soit fraus~
em AJlema.gne, an Autricho, en Russie,
etdana tous tes pays du Nord
chez toust tes directeurs de postes;
et dans tous tes autres pays,
pM i'enTo! d'ttRe v&)en.T payable & pMie.
Les &&noncBS sont reco<
S,placad9t&Boajse.
M a~ bureau du JWCMMJM
NAM! 24 SEPTEMBRE
ism
ONS'ABMNBnE
fao P~M MB tL.'AËS~SNftHMfSVP
TMi&mot* SixmoM. Un an.
.Paris. i8~. 36 fr. -~&.
Dëpartemens. 20 &. 40 ?. 80 ff.
Union postale
curopëennf. 2)fr. 42 fr. 84 fr.
–d'out,re-mer. 24 fr. 48 fr. 96 fr.
t~
chacfue tnOts.
~'a<~&, M~ m'att!!me9'e. 98 eet)t<<
S@pa)!'teEB)e!)B. !E!a EtBtBt~C' S& Nein )Lond<9B<, appty ro Cewie and c*, toretea
aewspaDers office, n, Gresham street, G. P. 6
E. C. London, 'Nm. '6V.-N. SmKJh et S~86.St!'and.W.C..London.
t Bf~xeUes. & ro~M ,)tt&tM<«. <6, r. de tt Made-
leine, dans les kiosques et gares de chem. de fer.
JMJMAL DES DEBATS
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
M6iM~
Les souscripteurs dont l'abonnement (
expire le 30 septembre sont priés de le
renouveter s'ils ne veulent pas éprouver
de ret&rd dans l'envoi du Journal.
PAMS
` MJNM 25 SEPTEMBRE
L'agence Havas nous communique au-
jourd'hui le résumé succinct » du projet
de traité définitif présenté à la Porte par
l'ambassadeur de Russie. Ce pr"jet de
traité n'est autre chose que le résidu du
traité de San-Stefano, c'est-à-dire la partie
de ce traité sortie à peu près intacte de l'é-
laboration diplomatique qui s'est produite
à Berlin. Le traité de San-Stefano avait 1
été conclu directement, on s'en souvient,
entre la Russie et la Porte; l'Europe est
intervenue pour le remanier au point de
vue de l'intérêt général, mais el!c n'a pas
touché à certaines dispositions qui lui ont
paru concerner exclusivement la Porte et
la Russie, et que cette dernière puissance
s'est empressée de ramasser comme des
miettes tombées sous la table du Congrès.
Cn lira plus loin ceprojet de traité, dont les
articles les plus intéressans, et nous dirons
presque les seuls intéressans, se rappor-
tent à l'indemnité de guerre que la Russie
avait imposée à la Porte. Cette indemnité
s'élève à un chiSre si considérable, que
la Porte est certainement dans l'impossi-
bilité absolue de ta payer. Faut-il rap-
peler l'histoire de cette question d'in-
demnité ? Personne n'a oublié le dis-
cours si important que M. le prince de
Bismarck a prononcé au mois de février
dernier, et dans lequel il passait en re-
vue, sans les bien connaître encore, les
stipulations du traité de San-Stefano.
A chacune de ces stipulations, le chance-
lier allemand, qui semblait parler au nom
de l'Europe, a imposé une sorte de veto
suspensif. H n'a fait qu'une exception, en
faveur des articles qui se rapportai eut à t'in-
dëmnité de guerre. Sur ce point, M. de Bis-
marck n'a trouvérien à dire, et ilarespecté
la liberté qu'a iaPorte de s'endetter. Tout le
monde l'aurait respectée comme lui si la
Porte avait été en présence d'un créancier
ordinaire, d'un oéancier nouveau assez
simple peur faire fond sur sa solvabilité.
Mais la Russie n'était pas ce créancier
merveilleux, introuvable et, qu'on nous
pardonne le mot, impayable. La créance
russe menaçait de devenir la plus sérieuse
dé toutes. Les créanciers antérieurs l'ont
compris et se sont émus. L'Angleterre, la
France, d'autres puissances encore ont
montré plus de susceptibilités sur ce point
délicat que n'en avait montré l'AUemagne;
et, lorsque le Congrès s'est réuni, ta ques-
tion d'indemnité, sans être passée au pre-
mier rang, n'était déjà plus au dernier
dans les préoccupations des plénipoten-
tiaires. Elle fait l'objet du onzième pro-
tocole du Congrès, qui n'est pas un des
moins intérei-sans. Il fallait éviter deux
périls l'un de voir une dette pécuniaire
soldée par la cession de nouveaux terri-
toires, et l'autre de )ais-er prendre à cette
dette nouvelle le pas sur les dettes anté-
rieures.
Les plénipotentiaires russes ont déclaré
'formellement à Berlin qu'en aucun cas l'in-
demnité ne serait convertie en accroisse-
ment territorial le danger politique était
donc écarté. Restait à traiter la question au
point de vue financier. L'indemnité était
si considérable, qu'elle dépassait évidem- J
ment les ressources du débiteur. Dès
lors, le marquis de Salisbury s'est de-
mandé si une condition qui ne pouvait
pas être remplie amèneraitautre chose que
des complications eu Europe. Et, d'aUleurs,
a-t-il dit,Mparquels moyens laRussieespère
t-elie obtenir l'exécution d'une clause à
première vue irréalisable? n Le prince
Gortchakofï' a répondu qu' « on pourrait
FmLEmM JO~RML DES DEBATS
DU 24 SEPTEMBRE 1878
REVUE MUSICALE.
Le Théâ)re-Lyr!que. La. démission du
directeur. Les trois théâtres de mu-
sique subventionnes. –Les Concerts
russes du Trocadéro. Les séances
d'orgue M. et M~ Lemmens.
Le Théâtre-Lyrique traverse une nou-
velle crise, moins aiguë que la dernière
cependant. Le directeur qui s'était chargé
de la fortune de ce théâtre privilégié vient
de donner sa démission. Un autre lui suc-
cède, majs qui ne veut tenter l'aventure
que temporairement. M. E~cudier se re-
tire M. Capoul. CapouI-Roméo, comme
l'appeUcnt les feuilles qui s'expriment
avec élégance, se décide à le remplacer.
Il prend sous son patronage les .~MM;~
F~KC, dans lesquels il a un rôle à sa
convenance, et n'ira pas plus loin que
le succès de cet ouvrage, un puccès Ct r-
tain & ce que l'on dit et & ce que
je crois. Cela donnera le temps d'aviser.
Parmi Isa conseillera dont s'entoure le
se poser la même question pour tous les
autres créanciers de la Turquie. Etait-ce
résoudre la difficulté? N'était-ce pas plu-
tôt la montrer tout entière ? Etie était te)le.
que le comte Schouvaton', malgré la
finesse de son esprit et les circon-
locutions de sa paro)e, n'est pas venu
à bout de la faire disparaître. Le mar-
q'us de SaUsbury a déclaré, « 'au nom
de son gouvernement, ne pas admettre
que la Russie, ne trouvant créancière en
vertu du traité de San-Stefano, puisse
prendre un rang de préférence à aucu
des créanciers de la Turquie dont les ti-
tres ont une date antérieure, a Lf prince
GortchakofT a répliqué alors qu'il avait
« seulement entendu parler d'une situa-
tion analogue, o L'expression n'était pas
encore assez précise. La discussion a con-
tinué le plénipotentiaire français y a pris
une grande part; le plénipotentiaire ita-
lien n'y a pas mis moins d'insistance;
enfin le comte Schouvaloff a affirmé
« d'une manière générale que, dans la
question financière, la Russie comptait
respecter la légalité, c'est-à-dire toute hy-
pothèque antérieure. a Dès lors, la ques-
tion a été tranchée, et l'on peut compren-
dre le sens du paragraphe du projet de traité, paragraphe qui est
renouvelé du traité de San-Stefano, et
qui est ainsi conçu « Indemnité de
guerre de 330 millions de roubles, défal-
cation faite de la valeur des territoires
cédés; le règlement en sera fait par en-
tente entre la Russie et la Turquie, sauf
les réserves contenues au protocole XI
du traité de Berlin. H Ces réserves sont
connues.
Telle qu'elle subsiste, cette stipulation
est encore assez enrayante. H faut d'ail-
leurs joindre à ce chiffre de 300 millions
de roubles celui de 10 millions de roubtcs
prescrit par le paragraphe b pour indem-
nité au commerce, aux sujets et aux in-
stitutions russes de la Turquie, et celui
de 500,000 fr. prévu par le paragraphe c,
pour le rétablissement de la navigabi-
lité du Danube. Si les Russes, après
avoir pris rang après les créanciers
antérieurs de la Porte, parviennent à
se faire payer toutes ces sommes, nous
n'aurons plus qu'à nous incliner devant
leur supériorité et à les prier humb)e-
ment de nous fournir un mini-tre des fi-
nances. Il est vrai qu'il faut défalquer
sur les 300 millions de roubles la valeur
des territoires cédés. Mais les territoires
cédés directement à ia Russie parla Porte
sont tous en Asie, et nous ne voyons
pas trop sur quelle base on en calculera
la valeur. N'importe, cette valeur est con-
sidérable. De plus, à côté des territoires cé-
dés directement, il y a les territoires cédés
indirectement. La Roumanie était sous la
suzeraineté de la Porte donc la Porte a
perdu, par le traité de Berlin, ses droits de
suzeraineté sur la Bessarabie. La Porte a
cédé en toute souveraineté la Dobruts-
cha à la Roumanie nouvelle perte qu'il
faut porter en ligne de compte. La Porte
peutdonc, en somme, présenter une « addi-
tion B considérable en appréciant en ar-
gent les territoires qu'elle a cédés. Mais
qui déterminera la valeur de ces territoi-
res ? Qui dira si la Bessarabie et la Do-
brutscha doivent entrer dans la défalca-
tion à faire de la valeur des territoires
cédés ? Au fond, et pour conclure, nous
en revenons à ce que nous avons déjà dit
bien souvent, à savoir que cette question
laissée onvertederindemnité seratoujours
à l'état de conflit latent entre la Russie et
la Porte,~t mettra le débiteur sous la dou-
ble dépendance du créancier d'abord
parce qu'it ne connaîtra jamais le véri-
table chiSfre de sa dette, et ensuite parce
que, le connût-il, il ne pourra pas l'ac-
quitter.. »
Est-ce là l'unique difficulté que révèle
ou que rappeHe le projet de traité turco-
russe ? Non; sur presque chaque article
du traité, Turcs et Russes pourront élever
ministre, il y en a assurément plusieurs
qui, lorsqu'on leur parle d'une quest'on
d'art, savent de quoi il s'agit. Le moment
va donc venir, le moment est donc venu
pour eux de donner leur avis, afin qu'on
puisse prendre une résolution qui mette
le Théâtre-Lyrique à l'abri des caprices
du sort et des hasards de la fortune. Un
théâtre, même un théâtre de musique.
sombrant en pleine Exposition, cela n'est
pas possible. Il faut que le Théâtre-Lyri-
que vive, et je suis persuadé qu'il vivra,
mais à la condition de l'asseoir sur des
bases solides et de le remettre en d'habi-
les mains. Sans cela, mieux vaut y re-
noncer et faire de la salte Veutadour,
ainsi que le demandait tout récemment un
de nos confrères, une succursale du
Théâtre-Français.
Si l'on réfléchit aux expériences passées
et aux résultats qu'elles ontdonnés.onar-
rive à cette conclusion que le meilleur
moyen d'assurer l'existence du Théâtre-
Lyrique serait de le mettre en ré~e ou,
si l'on ne veut pas en faire un théâtre na-
tional, d'en faire au moins un théâtre mu
nicipal. La ville de Paris, aidée d'ailleurs
d'une subvention de 200.000 fr., ferait
bien de se donner le luxe d'avoir un théâtre
à elle, un théâtre qui ne ruinera ptns
personne, qui ne trompera plus les espé-
rances des jeunes musiciens, où ils geront
chez eux,<*t où l'on pourra cependant faire
une large place au répertoire classique,
absolument abandons~ aujourd'hui.
également des chicanes sans fin. Croit-
on, par exempte, que la question de
l'occupation temporaire de la Ro)imélie
orientale et des provinces asiatiques par
les Russes soit facile à ré~oudr~ ? Le para-
graphe de l'article 4 du projet. de traité
déctare qu'il y a là l'objet d'une en-
tfnte définitive entre la Russie et la
Turquie « suivant le traité de Ber-
lin. » Le traité a une netteté suffisante.
L'article 22 semb'e avoir réglé tons
tes détails de l'occupation puis de
l'évacuation, le nombre des troupes d~pc-
cupation et la durée de leur séjour dans
chaque province. Mais, nous le disions
hier encore, Ie5 Russes ne se gênent guère
pour annoncer que les 50,000 hommes
fixés par le traité ne sont pas as-
s~z nombreux, et peut-être un jour
élèveront-ils des objections nouvelles sur
la durée de l'occupation. Tout cela sera
réglé entre les Turcs et les Russes, et
voilà précisément ce qui nous rassure
peu. La Turquie sera prise de bien
des manières financièrement, politique-
ment, militairement comment se dé-
battra-t-elle sous une étreinte aussi
compliquée? Où trouvera-t-elle un ap-
pui lorsqu'elle aura raison ? Le Congrès de
Berlin n'a rien prévu de tout cela. Aucune
de ces difficultés ne menace d'ailleurs,
il faut le dire, la paix si chèrement réta-
blie mais elles sont propres à maintenir
un état de malaise qui, sans faire naître
des incidens importons, ne manquerait
pas d'empirer ceux qui pourraient se
produire.
BOURSE DE PARIS
CtRture te 21 le 23 HfUMoe. B~tx*e.
xeo
Comptant. 76 32 12 76 M./ 712 2
Fin cour 7630.. 76 171/2 .1212 2
a Â.mdrtissaNe. '~f
Comptant. 79 7S. 80.2X.
Fin cour. 79 HO 80.7..10.
~t/we/o
Compt!tntl0660 .106 2!Y..M
500
Comptanti~ «! 113 6S.M.
Fmcoir.ll39212lt375.171/2
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 500. ti3fr. 721/2.75, 70, 661/4.
30/0. 76fr.lS, 121/2.
3 0/0 amortissable. 80 fr. 02 )/2, 79 fr. 971/2, 80 fr.
5 0/Oturc. 12fr.SO,-471/2~
Banque ottomane.. S0tfr.,)50ifr.871/2.
Ottomane 1873. 70fr-
Flormx (or). 621S/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 281 fr., 282 ir. SO. 281 fr. 25.
a,
Notre correspondant de Londres nous
adresse la dépêche suivante
a Londres, le 23 septembre, 2 h.
<) Les nouvelles de l'Inde qui signaient
le refus caégorique d~ l'émir de Caboul
de recevoif la mishion Ch&mt'erlain causent
io une impression pénibte. On prévoit ou on
redoute dex complications sérieuses. Les dis-
positions connues du cabinet ne permettent t
pas de croire qu'il subira tranquilement un
auront. Les fonds anglais et étrangers sont
tombes aujourd'hui; la Bourse est faible.
Le T'ïMM publie la dépêche suivante
Calcutta, le 22 septembre.
Nos relations avec l'émir ont pris une tournure
très critique. Le souverain de Caboul a enun jeté
le masque et a pris une attitude d'hostilité fran-
che et ouverte. Votre correspondant spécial au-
près de la mission fUigtaise envoyée à Caboul par
le vice-roi de FInde sous les ordres du général
Chamberlain télégraphie qu'elle a quitté Pesha-
wer hier et a avance jusqu'à Tamrood. ville si
tuée à la frontière, sur le territoire anglais. Elie
a été rappeiée de )a par un télégramme du vice-
roi et est retoum
Ce matin. des nouvelles parfaitement sûres de
Simla anroncent quela mission ayantreçu l'ordre
d'aHer a Tamrood. le mnjor Cavagnat'i a pris les
devansct s'estrendu à Atly-Musdschid avec une
escorte de Khaibcnens pour demander un xau)-
copduit, mais l'oHIcier de l'émir a catégo-
riquement refusé a la mission t'autorisauon
d'avancer. Il a menacé de résister et a placé
des hommes armés sur les hauteurs avoisinan-
Le ministre des beaux-arts, répondant
dernièrement aux plaintes, fort légitimes
pour la plupart, que lui adressaient des
directeurs de province, a déclaré que la
liberté des théâtres avait fait tout le mal.
On peut donc espé'er de s'entendre sur la
question des privilèges avec un ministre
qui se déclare l'enufmi de la liberté des
théâtres. Mais si les privilèges ne doivent
aboutir qu'à favoriser des eutreprises par-
ticulières saus pro6t pour l'art, et ne
peuvent éviter des catastrophes périodi-
ques, mieux vaut encore la liberté
avec toute-' ses f&cheuses conséquences,
avec tous :-es excès. La libre concurrence
peut, à la rigueur, produire quelque chose,
tandis que d'une protection mal pondérée.
accordant beaucoup trop d'un côté et pas
assez de l'autre, il ne peut rien sortir de
bon. Et puis, toutes les fois que l'Etat
s'associera par un concours efficace à une
entreprise quelconque, on le rendra mora-
lement responsable de la bonne comme de
la mauvaise fortune de l'entrepreneur. On
se croira fondé à lui demander pourquoi il
laisse celui-ci s'enrichir, et tel autre
marcher à sa ruine. La décontiture de
M. Viz~ntini était prévue, et l'Etat conti-
nuait à lui payer des subsides inutiles.
Les droits que se réserve, l'administration
supérieure vis-à-vis des théâtres subven-
tionnés sont faits de vaines prérogatives et
d'exigences dont elle ne vient presque ja-
mais à bout son influence est presque illu-
soire. L'Etat, avec ses privilèges octroyés
tes qui commandent la route, pour défendre le
passage.
L'entrevue entre le chef et le major Cavagnari
a dur~ trois heures. et. bien que ce dernier ait
prévenu son interlocuteur que i'émir serait con-
sidère comme responsable de sa conduite, il ~'est
montra parfaitement déterminé à s'opposer do
vive force au passage de la mission.
On n'a pa< le moindre doute que cet officier n'ait
agi d'ap) es les ordres précis de f'émir, car, il y a
quelques jours. Mufti Shah et Akhar, deux oui
cters responsables de t'émir. ont été expédiés de
Caboul à AUy-Musdschid.
Des correspondances de Caboul annoncent que
ces deux officiers sont en communication régu-
lière avec l'ambassade. anglaise.
H est à noter que cet insoient refus a eu pour
témoins les deux princes indiens attachés à la
mission qui assistaient à l'entrevue du major
Cavagnari avec l'officier de l'émir, et que l'en-
voyé' russe est toujours à Caboul. La mis-
s'oi anglaise sera rappelée; il ne faut plus
songer à aucun résultat amiable avec le souve-
rain actuel de l'Afghanistan, a moins de faire des
sacrifices qui diminueraient singulièrement le
prestige de l'Angleterre aux yeux 'de ses sujets
indiens et des princes feudataires.
La question est maintenant déptacée, car
on voit parfaitement que l'émir n'est qu'un
pantin que fait mouvoir la Russie. Il appartient
donc au cabinet anglais de prendre en main
cette question. En attendant, le vice-roi cherche
à fdire comprendre que le gouvernement de
t'Inde n'a aucun grief contre la population de
l'Afghanistan, et s'efforce de se concilier les tri-
bus iimitrophes. Les Khaïbériens se sont très bien
montrés dans cette occasion et t)e semblent pas
disposés à prendre une attitude hostile.
Le Times consacre son ~Ma{M~ a la nouvelle
importante contenue dans la dépêche ci-dessus.
Il dit que le rappel de la mission de sir Nevilie
Chamberlain au moment même de son départ
équivaut à un affront infligé à l'Angleterre, affront
dont t'efïet se fera sentir d'autant plus v'vement
dans la péninsule que deux princes indigènes ont
assisté à l'entrevue du major Cavagnari avec
l'officier de l'émir.
<: Tout semble indiquer, continue le Times,
que l'on n'a pas seulement affaire à un subor-
donné trop zélé; mais, en tout cas. si le refus in-
solent qu'a rencontré le major Cavagnari n'est
pas promptement effacé par un désaveu complet
de t'émir lui-même, les conséquences qui résulte-
ront de ce qui vient de se pisser à Ally-Musds-
chid pourront être des plus graves.
La misi-ion de sir Nevide Chamberlain était
toute pacifique l'Ang'eterre voulait simplement
savoir si l'émir désirait continuer à entretenir
avec elle des rotations amicales. Or. si la conduire e
de son offloer n'est pas désavouée, on peut con-
sidérer la question comme définitivement, ré-
solue.
H serait sage cependant de ne pas trop se
Mter de se prononcer; toutefois, on ne peut
s'empêcher de rapprocher l'échec du major
Cavagnari de l'envoi d'un courrier de l'émir à
Constantinopte pour conseiller au Sultan de con-
clure une alliance avec la Russie.
s- Ces deux faits ne laissent guère de doute sur
les intentions de Sheere-Ai; ainsi, une question
qui n'avait jusque-là qu'un intérêt loca) et indien
prend tout & coup un caractere métropolitain.
n Nous comptions sur l'amitié de Sheer~-AIi
ou au moins sur sa neutralité. Il était déjà très
peu rassurant de savoir qu'un envoyé russe
était à Caboul, et nous avions au moins le
droit d'attfndre la même faveur de l'émir mais
un prince qui accueille nos envoyés d'une façon
aussi peu amicale et qui reçoit ceux d'un voisin
puissant et rival doit être considéré comme
ayant fait son choix et comme l'ayant fait con-
naître.
L'Angleterre ne désire nullement chercher
querelle à la Russie; mais quelque pacifiques que
soient nos intentions, il nous est impossible de ne
pas reconnaître que les affaires prennent une
tournure sérieuse dans l'Inde au moment où
Sheere-Ali repousse nos avances avec une hosti-
lité qu'il ne cherche même pas a déguiser, et alors
qu'une ambassade russe est accueillie à Caboul
avec une déférence signalée. &
T6Mg<*apMe pfivée.
(SetTioo t6MgNphi Rome, le 23 septembre.
Le Vatican a proposé à l'Allemagne d'adopter
envers les curés et les prêtres destitués ou em-
prisonnés pour contravention aux lois de mai les
mêmes mesures qui ont été adoptées en Suisse
par le canton de Berne, c'ust-à-dire de permettre
leur retour pur t't simple à ieurs sièges.
Si le prince de Bismarck accepte cette proposi-
tion, une dos pius graves questions qui s'opposent
au prompt rétab'issement des r.'pports entre
l'Allemagne et le Vatican serait résolue.
Le baron d'Anethan. ministre de Be)gique au-
près du Vatican, est attendu à Rome cette se-
maine.
Rome, le 22 septembre.
M. de Keudel), ambassadeur d'Allemagne pi es
le roi d'Itaiie, est arrivé à Rome aujourd'hui.
Berlin, le ï3 septembre.
Le prince de Bismarck est parti aujourd'hui
pour Varzin, où il passera quetques jours avec
ses deux fl~s. Le chancelier de l'empire reviendra
ensuite à Berlin.
parfois fort inconsidérément et la surveil-
lance qu'il est c~nsé exercer sur la mar-
che de l'entreprise, est donc placé vis-à-
vis des théâtres lyriques subventionnés
dans une situation fausse, anormale.
pleine d'inconvéuiens et de péril'. Eu se-
rait-il ainsi si l'Etat faisait gérer ces théâ-
tres par des directeurs appointés comme
des fonctionnaires, ayant une part dans
les bénéSces et révocables à volonté ? Ot)
a déjà usé de ce système pour l'Opéra;
a-t-il donc si mal réussi qu'on ne puisse
y revenir?
Comment! vous donnez 800.000 fr. de
subvention à un théâtre qui parvient à
grand'peine à monter chaque année un
ouvrage nouveau, et qui n'a pu encore,
depuis bientôt dix ans, nous rendre un
seul chet-d'œuvre classique, quelque obs-
tination qu'on ait mise à le fui demander!
Mais comparez donc cette pénurie, cette
disette à la variété, a la richesse qu'of-
frent les répfr~oires des grands théâtres
étrangers. Il nous vient des gens de tou-
pays, et de pays fort civilisés, qui ne
manquent certes pas d'aller visiter l'O-
péra. Et cela fait une grande affluence et
de grosses recettes. La plupart db ces
gens-là sortent émerveillés –Ah le b~l
escalier et les belles peintures! Quant au
reste, ils trouvent que c'est beaucoup
mipux chez eux, et, en somme, ils n'ont
pas tout à fait tort. Voilà donc, se disent-
i !s, ce qu'on a tait de ce théâtre que les
Pariaieas appelaient autretois, avea ua
Berlin, le 23 septembre.
Les récens articles des journaux français ont
déterminé la CM<«revenir sur la correspondance de M. de Blowitz.
de reporter, a le droit et le devoir df rapporter ce
qu'il a réeUfment entendu; mais si. dans son
refit, il se glisse des erreurs, probablement parce
qu'il puise a différentes sources, il faut rectiQer
ce qu'il a dit. &
D'après la feuille officieuse, M. do Bl~witz n'a
puisé que dans des sources françaises l'idée qu'il
existe en AHemagne un parti militaire ayant, la
vo!onté et le pouvf'if d'entraîner l'empire dans
une guerre. Un chancelier allemand ne peut
traitfr de pareil es invent.ions gué d'une façon
ironique, comme d'aiiieurs M. de Bismarck l'a
fait au sein du Reiehstag. Il est possible que cer-
tains personnages, militaires ou non, aient
manifesté l'opinion qu'une guerre avec la
France serait d'autant plus dangereuse qu'elle
serait ajournée plus longtemps De parei)l''s ob-
servations ont pu être faites a l'occasion de dis-
cours tenus'par des généraux soit français, soit
anglais, soit russes; mais de ia à l'éclipsé de l'in-
fluence du chancelier par l'influence des cercles
militaires, au point que le chancelier responsa-
ble n'aurait pu faire prévaloir son veto qu'au
moyen de la mission évidemment imaginaire de
M. de Radowitz. il y a un abîme. M de Blowitz
se rappellera sans doute que. dans l'entretien dont
il a rendu compte, il n'a été question ni de M. de
Radowitz, ni ~n général du parti militaire dans
le sens que semble attacher à ce mot le corres-
pondant du .7'MKM.
Londres, le 23 septembre.
Le Times publie les nouvelles suivantes
Belgrade, le 22. Une députation composée de
begs bosniaques est arrivée ici, venant de Zwor-
nik, de Touzla et de Bielina, pour demander l'u-
nion avec la Serbie.
Il est douteux que le prince Milan accorde
même une audience à cette députation.
Constantiaopie, le 22. Le général Totleben
et le prince Labanotf sont sur If point de partir
pour aller faire une visite au czar.
Ou dit que la France va abandonner complè-
tement le protectorat des catholiques en Orient.
En conséquence, le Pape, pense-t-on, enverra un
nonce a Constantinople.
Le projet de convention présenté par l'Autri-
che a été de nouveau soumis aux ministres au-
jourd'hui pour étudier quelques modifications à
y apporter.
Vienne. le 22. Des avis privés annoncent que
le général Szapary a soutenu un engagement très
sérieux, prés de Touzla, avec les insurgés bos-
niaques. On espère que ce combat aura pour ré-
sultat l'expulsion comptéte des insurgés de toute
la partie nord-est de la Bosnie.
On t')égr.tphie deConstah'inopleau .Dque, d'après d''s informations données par le gé-
nérai Skobelefi, pas ~un soldat russe ne restera
mercredi entre tchorto~ et Constantinople.
On tétégraphie de la m6me vi.lo au Daily
?MM')'rendra ~D A'banie pour y remotir la mission dans
laquelle Mehemet-Ali a trouve la mort.
Constantinople, le 22 septembre, soir.
Le général Khérédine a été comblé d'honneurs;
il a dîne hier au Palais.
Constantinople, le 23 septembre.
M. de Labanoff, ambassadeur de Russie à Coi-
stantinopie, le générai Totleben, et M. Sabouroff.
ministre de Hussie à Athènes, partent aujour-
d'hui pour Livadia où se trouve le czar. Us re-
viendront dan-! une huitaine de jours.
Les Turcs ont occupé aujourd'hui San-Stefano
que les Russes ont compietement évacué.
La fofteresse de Widdin a été remise aux
Russes.
Raguse, le 22 septembre.
Hier, dans l'après-midi, le gêner d lovanovitoh
a occup'' Eorjebt'i.où il a fait. prisonniers cinq in-
surgés. Les autres se sont enfuis sur le mont Bie-
!agora. Quelques uns sont allés s'enfermer à
Ktobuk.
L'évêque d'Angers, Mgr Freppel, vient
de répondre au discours de Romans par
une lettre que tous les journaux de la
droite reproduisent et commentent avec
enthousiasme. Nous avous déjà dit ce que
nous pensions de ce discours, dont le re-
tentissement ne nous a pas surpris. Nous
avons distingué le fond et la forme nous
avons été frappés surtout du fond, qui est,
selon nous, la chose essentielle, et nous
n'avons pas hésité à reconnaître que
M. Gambetta avait posé avec une grande
netteté les questions qui s'agitent en ce
moment dans tous les esprits et que per-
sonne ne peut refuser d'examiner, car il
e"t indispensable qu'eHes soient résolues,
d'une manière ou d'une autre, dans un
avenir prochain. Quant à la forme, nous
ne nous y sommes point arrêtés, trouvant
inutile de passer au crible les expressions
d'un orateur habitué à se laisser entraî-
ner par l'ardeur vigoureuse de sa pa-
role. M. Gambetta s'adressait a des
méridionaux, et son discours s'est em-
preint naturellement des vives couleurs
du milieu dans leque! il a été prononcé.
juste orgueil, le premier théâtre du
monde!
Cela se dit au dehors au dedans, on se
frotte les mains et on s'applaudit du suc-
cès d~ l'en'rfprise.
Ain~i, hait c~nt mille francs et trois
cent. soixante mille francs auxquels il faut
ajouter les deux cent mille francs votés
pour le Théâtre-Lyrique, cela fait bien
près de quatorze cent mille francs, un
million quatre cent mille francs dépensés
chaque année pour subvenir aux besoins
de trois théâtres, pour -encourager la
musique dramatique, pour la faire pro-
spérer, se dévetopper, et aussi pour
mettre de bons exemples sous les. yeux
des jeunes musiciens. Ils sont enfermés
le jour au Conservatoire dans leurs
.~ailes d'études, avec un piano qui suf-
fit à peine à leur faire comprendre
les beautés d'une partition mais, le soir,
Us sont libres d'aMer entendre le chef-
d'œuvre ici ou là, car leur place est
marquée dans chacun des théâtres
que le gouvernement protège et, qu'il
soutient de ses deniers. De même, les
jeunes chanteurs élevés par d'anciens
professeurs qui ne peuvent pas toujours
prêcher d'exemple s'en vont-ils chaque
soir se pénétrer, s'imprégner, dans ces
mêmes théâtres subventionnés, du grand
-style, de la grande manière de nos plus
grands artistes.
Mais non, il n'en est pas ainsi: les élè-
ves du Conservatoire, élève? do composa
C'est une des meilleures qualités de
M. Gambetta de savoir se plier aux cir-
constances et donner à son langage, sui-
vant l'occasion, I'a)lure froide et mesurée
qui convient à un homme d'Etat, ou la
fougue éclatante sans laquetle un tribun
populaire ne saurait exercer une forte ac-
tion sur les niasses.
Mgr Freppel n'a pas cette variété de
talent. Homme de lutte avant tout, polé-
miste invétéré, chaque fois qu'il preud la
parole ou la plume, c'est pour écraser un
ennemi sous le poids d'attaques passion-
nées. Il possède à un ire)? haut degré l'art
de l'invective; il n'a pas celui de la dis-
cussion calme, modérée et féconde. En s'a-
dressant à M. Gambetta, il dira sans sour-
ciller, avec l'accent d'un vulgaire rédacteur
de la 7~/eM.M « II paraît que c'est dans
o vos paroles qu'il faut chercher le pro-
gramme de l'avenir. Quelque hutni-
D liante que puisse être une.pareille pen-
sée pour tout Français qui a souci de
a l'honneur de son. pays, il faut bien se
H résigner à vous lire pour se préparer &
vous combattre, » Toute la lettre de
l'évêque d'Angers est écrite de ce style
violent et méprisant. Mgr Freppel est bien
délicat Nous n'aurions jamais cru que la
fréquentation des écrivains et des ora-
teurs ultramontains eûtpu développer chez
lui une finesse de goût telle, qu'elle lui
rendît intolérable la lecture des vigou-
reux discours de M. Gambetta. Mais soit
nous n'avons pas la moindre envie de
traiter Mgr Freppel comme il traite lui-
même ses adversaires. Dans les polémi-
ques sur le discours de Romans, dont
nous ne sommes jusqu'ici que les spec-
tateurs attentifs, nous ne nous soucions
pas des mots, qui sont très gros, nous al-
lons directement aux choses, qui sont
assez importantes pour absorber toute
notre attention.
Mgr Freppel reproche à M. Gambetta
d'avoir soulevé ta lutte rel gieu-e. H pa-
raît qu'avant le discours de Romans tout
était au calme, à l'union et à la paix. Les
ultramontains n'avaient pris sans doute
aucune part à la campagne du 6 mai, et
c'est à tort que nous avtons cru les voir,
à Chartres et ailleurs, engager contre les
lois etles principes de la société française
une guerre d'extermination. « C'est de
» vous, dit Mgr Freppel à M. Gambetta,
que nous apprenons « qu'il existe une
» question cléri''ale, c'est-à-dire la ques-
« tion des rapports de l'Eglise et de l'E-
H tat. H Ne vous en déplaise, Monsieur,
a cette question n'existe pas; elle a été
M MMPC~Me~te?~ tranchée au commence-
n ment de ce siècle, par un concordat
o que tous les gouvernemens ont res-
H pecté et qui est parmi nous la base de
? la paix publique. Le jour où vous ron<-
D prez ce pacte fondamental, vous remet-
D trez toutes choses en question et vous
a déchaînerez contre votre pays des mal-
B heurs dont, peut-être, ni vous ni moi
a ne verrons la un. M Nous serions fien-
tés d'applaudir de toutes nos forces à ces
paroles. Oui, il y a un traité, un concor-
dat qui a réglé .MM~'aM~M~ chez nous
les rapports de l'Eglise et de l'Etat, et ce
concordat nous a préservés jusqu'ici, à trà-
vers de bien cruelles épreuves, de la
plus dangereuse de toutes la guerre reli-
gieuse. Mais est-il bien vrai que ce soit
M. Gambetta qui songe à rompre ce pacte
fondamental? Lisezie discoursdeRomans,
et vous verrez que l'orateur de la gauche
se borne à en réclamer, avec une sévérité
peut-être excessive, l'application im-
médiate et complète. Consultez au
contraire, les écrivains, les docteurs
de l'ultramontanisme; ils vous diront
tous, ils nous répètent sans cesse
depuis bien des années que le concordat
n'est pas un engagement synallagmatique;
qu'il lie l'Etat, mais qu'ii ne lie pas l'E-
glise, laquelle est, par son institution di-
vine, au-dessus des lois, des conven-
tions et des gouvernemens passa-
tion et de chant, ne disposent que d'un
très petit nombre d'entrées de faveur, et
voilà longtemps, très longtemps qu'on
attend la résurrection du chef-d'œuvre
classique qui sera confié non pas à des
virtuoses, mais à des artistes capables
de le comprendre et de le bien inter-
préter.
Un budget de quatorze cent mille francs,
mais c'est énorme et que d'excellentes
choses on pourrait faire avec une pareille
somme !-agement répartie et bien em-
ployée Je voudrais qu'une voix plus au-
torisée que la mienne, la voix de quelque
membre de la commission du budget de-
mandât à quoi et à qui cette somme
énorme profite annuellement à l'art? aux
artistes? au public? Nous saurions alors
si les libéralités du gouvernfment sunt
seulement de'tinées à permettre à tel di-
recteur de donner de gros dividendes à ses
actionnaires, à tel autre d' « arrondir f?on
sac a à celui-ci de faire fortune,
à celui-là de faire faillite. Et peut-être
alors chercherait-on le moyen d'améliorer,
de modiSer un régime qui, par les incon-
véniena qu'il présente, ne peut durer
éternellement. Si les trois théâtres lyriques
étaient régis par l'Etat, ils s'aideraient
l'un l'autre, se prêteraient à l'occasion un
concours efficace, et il n'y aurait plus
entre eux ni mesquines jafoupies ni le
moindre semblant de rivalité. Ah! vous
vous allez jouer les .~ Men moi fe vais reprendre ~oM~o <~ t/M"
.-MMMSEPTEmE~
~?8. r:
~N S'ABONNE `
asBelgique.onjLtaiie.
dans t& Luxembourg, en Turquie,
en Ohine et.aN Japon
!&a moyen d'âne vaieur payable à Paris oa de'!
(itMtdats-poste, soit. mtemahonaux, soit fraus~
em AJlema.gne, an Autricho, en Russie,
etdana tous tes pays du Nord
chez toust tes directeurs de postes;
et dans tous tes autres pays,
pM i'enTo! d'ttRe v&)en.T payable & pMie.
Les &&noncBS sont reco<
S,placad9t&Boajse.
M a~ bureau du JWCMMJM
NAM! 24 SEPTEMBRE
ism
ONS'ABMNBnE
fao
TMi&mot* SixmoM. Un an.
.Paris. i8~. 36 fr. -~&.
Dëpartemens. 20 &. 40 ?. 80 ff.
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t Bf~xeUes. & ro~M ,)tt&tM<«. <6, r. de tt Made-
leine, dans les kiosques et gares de chem. de fer.
JMJMAL DES DEBATS
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
M6iM~
Les souscripteurs dont l'abonnement (
expire le 30 septembre sont priés de le
renouveter s'ils ne veulent pas éprouver
de ret&rd dans l'envoi du Journal.
PAMS
` MJNM 25 SEPTEMBRE
L'agence Havas nous communique au-
jourd'hui le résumé succinct » du projet
de traité définitif présenté à la Porte par
l'ambassadeur de Russie. Ce pr"jet de
traité n'est autre chose que le résidu du
traité de San-Stefano, c'est-à-dire la partie
de ce traité sortie à peu près intacte de l'é-
laboration diplomatique qui s'est produite
à Berlin. Le traité de San-Stefano avait 1
été conclu directement, on s'en souvient,
entre la Russie et la Porte; l'Europe est
intervenue pour le remanier au point de
vue de l'intérêt général, mais el!c n'a pas
touché à certaines dispositions qui lui ont
paru concerner exclusivement la Porte et
la Russie, et que cette dernière puissance
s'est empressée de ramasser comme des
miettes tombées sous la table du Congrès.
Cn lira plus loin ceprojet de traité, dont les
articles les plus intéressans, et nous dirons
presque les seuls intéressans, se rappor-
tent à l'indemnité de guerre que la Russie
avait imposée à la Porte. Cette indemnité
s'élève à un chiSre si considérable, que
la Porte est certainement dans l'impossi-
bilité absolue de ta payer. Faut-il rap-
peler l'histoire de cette question d'in-
demnité ? Personne n'a oublié le dis-
cours si important que M. le prince de
Bismarck a prononcé au mois de février
dernier, et dans lequel il passait en re-
vue, sans les bien connaître encore, les
stipulations du traité de San-Stefano.
A chacune de ces stipulations, le chance-
lier allemand, qui semblait parler au nom
de l'Europe, a imposé une sorte de veto
suspensif. H n'a fait qu'une exception, en
faveur des articles qui se rapportai eut à t'in-
dëmnité de guerre. Sur ce point, M. de Bis-
marck n'a trouvérien à dire, et ilarespecté
la liberté qu'a iaPorte de s'endetter. Tout le
monde l'aurait respectée comme lui si la
Porte avait été en présence d'un créancier
ordinaire, d'un oéancier nouveau assez
simple peur faire fond sur sa solvabilité.
Mais la Russie n'était pas ce créancier
merveilleux, introuvable et, qu'on nous
pardonne le mot, impayable. La créance
russe menaçait de devenir la plus sérieuse
dé toutes. Les créanciers antérieurs l'ont
compris et se sont émus. L'Angleterre, la
France, d'autres puissances encore ont
montré plus de susceptibilités sur ce point
délicat que n'en avait montré l'AUemagne;
et, lorsque le Congrès s'est réuni, ta ques-
tion d'indemnité, sans être passée au pre-
mier rang, n'était déjà plus au dernier
dans les préoccupations des plénipoten-
tiaires. Elle fait l'objet du onzième pro-
tocole du Congrès, qui n'est pas un des
moins intérei-sans. Il fallait éviter deux
périls l'un de voir une dette pécuniaire
soldée par la cession de nouveaux terri-
toires, et l'autre de )ais-er prendre à cette
dette nouvelle le pas sur les dettes anté-
rieures.
Les plénipotentiaires russes ont déclaré
'formellement à Berlin qu'en aucun cas l'in-
demnité ne serait convertie en accroisse-
ment territorial le danger politique était
donc écarté. Restait à traiter la question au
point de vue financier. L'indemnité était
si considérable, qu'elle dépassait évidem- J
ment les ressources du débiteur. Dès
lors, le marquis de Salisbury s'est de-
mandé si une condition qui ne pouvait
pas être remplie amèneraitautre chose que
des complications eu Europe. Et, d'aUleurs,
a-t-il dit,Mparquels moyens laRussieespère
t-elie obtenir l'exécution d'une clause à
première vue irréalisable? n Le prince
Gortchakofï' a répondu qu' « on pourrait
FmLEmM JO~RML DES DEBATS
DU 24 SEPTEMBRE 1878
REVUE MUSICALE.
Le Théâ)re-Lyr!que. La. démission du
directeur. Les trois théâtres de mu-
sique subventionnes. –Les Concerts
russes du Trocadéro. Les séances
d'orgue M. et M~ Lemmens.
Le Théâtre-Lyrique traverse une nou-
velle crise, moins aiguë que la dernière
cependant. Le directeur qui s'était chargé
de la fortune de ce théâtre privilégié vient
de donner sa démission. Un autre lui suc-
cède, majs qui ne veut tenter l'aventure
que temporairement. M. E~cudier se re-
tire M. Capoul. CapouI-Roméo, comme
l'appeUcnt les feuilles qui s'expriment
avec élégance, se décide à le remplacer.
Il prend sous son patronage les .~MM;~
F~KC, dans lesquels il a un rôle à sa
convenance, et n'ira pas plus loin que
le succès de cet ouvrage, un puccès Ct r-
tain & ce que l'on dit et & ce que
je crois. Cela donnera le temps d'aviser.
Parmi Isa conseillera dont s'entoure le
se poser la même question pour tous les
autres créanciers de la Turquie. Etait-ce
résoudre la difficulté? N'était-ce pas plu-
tôt la montrer tout entière ? Etie était te)le.
que le comte Schouvaton', malgré la
finesse de son esprit et les circon-
locutions de sa paro)e, n'est pas venu
à bout de la faire disparaître. Le mar-
q'us de SaUsbury a déclaré, « 'au nom
de son gouvernement, ne pas admettre
que la Russie, ne trouvant créancière en
vertu du traité de San-Stefano, puisse
prendre un rang de préférence à aucu
des créanciers de la Turquie dont les ti-
tres ont une date antérieure, a Lf prince
GortchakofT a répliqué alors qu'il avait
« seulement entendu parler d'une situa-
tion analogue, o L'expression n'était pas
encore assez précise. La discussion a con-
tinué le plénipotentiaire français y a pris
une grande part; le plénipotentiaire ita-
lien n'y a pas mis moins d'insistance;
enfin le comte Schouvaloff a affirmé
« d'une manière générale que, dans la
question financière, la Russie comptait
respecter la légalité, c'est-à-dire toute hy-
pothèque antérieure. a Dès lors, la ques-
tion a été tranchée, et l'on peut compren-
dre le sens du paragraphe du projet de traité, paragraphe qui est
renouvelé du traité de San-Stefano, et
qui est ainsi conçu « Indemnité de
guerre de 330 millions de roubles, défal-
cation faite de la valeur des territoires
cédés; le règlement en sera fait par en-
tente entre la Russie et la Turquie, sauf
les réserves contenues au protocole XI
du traité de Berlin. H Ces réserves sont
connues.
Telle qu'elle subsiste, cette stipulation
est encore assez enrayante. H faut d'ail-
leurs joindre à ce chiffre de 300 millions
de roubles celui de 10 millions de roubtcs
prescrit par le paragraphe b pour indem-
nité au commerce, aux sujets et aux in-
stitutions russes de la Turquie, et celui
de 500,000 fr. prévu par le paragraphe c,
pour le rétablissement de la navigabi-
lité du Danube. Si les Russes, après
avoir pris rang après les créanciers
antérieurs de la Porte, parviennent à
se faire payer toutes ces sommes, nous
n'aurons plus qu'à nous incliner devant
leur supériorité et à les prier humb)e-
ment de nous fournir un mini-tre des fi-
nances. Il est vrai qu'il faut défalquer
sur les 300 millions de roubles la valeur
des territoires cédés. Mais les territoires
cédés directement à ia Russie parla Porte
sont tous en Asie, et nous ne voyons
pas trop sur quelle base on en calculera
la valeur. N'importe, cette valeur est con-
sidérable. De plus, à côté des territoires cé-
dés directement, il y a les territoires cédés
indirectement. La Roumanie était sous la
suzeraineté de la Porte donc la Porte a
perdu, par le traité de Berlin, ses droits de
suzeraineté sur la Bessarabie. La Porte a
cédé en toute souveraineté la Dobruts-
cha à la Roumanie nouvelle perte qu'il
faut porter en ligne de compte. La Porte
peutdonc, en somme, présenter une « addi-
tion B considérable en appréciant en ar-
gent les territoires qu'elle a cédés. Mais
qui déterminera la valeur de ces territoi-
res ? Qui dira si la Bessarabie et la Do-
brutscha doivent entrer dans la défalca-
tion à faire de la valeur des territoires
cédés ? Au fond, et pour conclure, nous
en revenons à ce que nous avons déjà dit
bien souvent, à savoir que cette question
laissée onvertederindemnité seratoujours
à l'état de conflit latent entre la Russie et
la Porte,~t mettra le débiteur sous la dou-
ble dépendance du créancier d'abord
parce qu'it ne connaîtra jamais le véri-
table chiSfre de sa dette, et ensuite parce
que, le connût-il, il ne pourra pas l'ac-
quitter.. »
Est-ce là l'unique difficulté que révèle
ou que rappeHe le projet de traité turco-
russe ? Non; sur presque chaque article
du traité, Turcs et Russes pourront élever
ministre, il y en a assurément plusieurs
qui, lorsqu'on leur parle d'une quest'on
d'art, savent de quoi il s'agit. Le moment
va donc venir, le moment est donc venu
pour eux de donner leur avis, afin qu'on
puisse prendre une résolution qui mette
le Théâtre-Lyrique à l'abri des caprices
du sort et des hasards de la fortune. Un
théâtre, même un théâtre de musique.
sombrant en pleine Exposition, cela n'est
pas possible. Il faut que le Théâtre-Lyri-
que vive, et je suis persuadé qu'il vivra,
mais à la condition de l'asseoir sur des
bases solides et de le remettre en d'habi-
les mains. Sans cela, mieux vaut y re-
noncer et faire de la salte Veutadour,
ainsi que le demandait tout récemment un
de nos confrères, une succursale du
Théâtre-Français.
Si l'on réfléchit aux expériences passées
et aux résultats qu'elles ontdonnés.onar-
rive à cette conclusion que le meilleur
moyen d'assurer l'existence du Théâtre-
Lyrique serait de le mettre en ré~e ou,
si l'on ne veut pas en faire un théâtre na-
tional, d'en faire au moins un théâtre mu
nicipal. La ville de Paris, aidée d'ailleurs
d'une subvention de 200.000 fr., ferait
bien de se donner le luxe d'avoir un théâtre
à elle, un théâtre qui ne ruinera ptns
personne, qui ne trompera plus les espé-
rances des jeunes musiciens, où ils geront
chez eux,<*t où l'on pourra cependant faire
une large place au répertoire classique,
absolument abandons~ aujourd'hui.
également des chicanes sans fin. Croit-
on, par exempte, que la question de
l'occupation temporaire de la Ro)imélie
orientale et des provinces asiatiques par
les Russes soit facile à ré~oudr~ ? Le para-
graphe de l'article 4 du projet. de traité
déctare qu'il y a là l'objet d'une en-
tfnte définitive entre la Russie et la
Turquie « suivant le traité de Ber-
lin. » Le traité a une netteté suffisante.
L'article 22 semb'e avoir réglé tons
tes détails de l'occupation puis de
l'évacuation, le nombre des troupes d~pc-
cupation et la durée de leur séjour dans
chaque province. Mais, nous le disions
hier encore, Ie5 Russes ne se gênent guère
pour annoncer que les 50,000 hommes
fixés par le traité ne sont pas as-
s~z nombreux, et peut-être un jour
élèveront-ils des objections nouvelles sur
la durée de l'occupation. Tout cela sera
réglé entre les Turcs et les Russes, et
voilà précisément ce qui nous rassure
peu. La Turquie sera prise de bien
des manières financièrement, politique-
ment, militairement comment se dé-
battra-t-elle sous une étreinte aussi
compliquée? Où trouvera-t-elle un ap-
pui lorsqu'elle aura raison ? Le Congrès de
Berlin n'a rien prévu de tout cela. Aucune
de ces difficultés ne menace d'ailleurs,
il faut le dire, la paix si chèrement réta-
blie mais elles sont propres à maintenir
un état de malaise qui, sans faire naître
des incidens importons, ne manquerait
pas d'empirer ceux qui pourraient se
produire.
BOURSE DE PARIS
CtRture te 21 le 23 HfUMoe. B~tx*e.
xeo
Comptant. 76 32 12 76 M./ 712 2
Fin cour 7630.. 76 171/2 .1212 2
a
Comptant. 79 7S. 80.2X.
Fin cour. 79 HO 80.7..10.
~t/we/o
Compt!tntl0660 .106 2!Y..M
500
Comptanti~ «! 113 6S.M.
Fmcoir.ll39212lt375.171/2
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 500. ti3fr. 721/2.75, 70, 661/4.
30/0. 76fr.lS, 121/2.
3 0/0 amortissable. 80 fr. 02 )/2, 79 fr. 971/2, 80 fr.
5 0/Oturc. 12fr.SO,-471/2~
Banque ottomane.. S0tfr.,)50ifr.871/2.
Ottomane 1873. 70fr-
Flormx (or). 621S/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 281 fr., 282 ir. SO. 281 fr. 25.
a,
Notre correspondant de Londres nous
adresse la dépêche suivante
a Londres, le 23 septembre, 2 h.
<) Les nouvelles de l'Inde qui signaient
le refus caégorique d~ l'émir de Caboul
de recevoif la mishion Ch&mt'erlain causent
io une impression pénibte. On prévoit ou on
redoute dex complications sérieuses. Les dis-
positions connues du cabinet ne permettent t
pas de croire qu'il subira tranquilement un
auront. Les fonds anglais et étrangers sont
tombes aujourd'hui; la Bourse est faible.
Le T'ïMM publie la dépêche suivante
Calcutta, le 22 septembre.
Nos relations avec l'émir ont pris une tournure
très critique. Le souverain de Caboul a enun jeté
le masque et a pris une attitude d'hostilité fran-
che et ouverte. Votre correspondant spécial au-
près de la mission fUigtaise envoyée à Caboul par
le vice-roi de FInde sous les ordres du général
Chamberlain télégraphie qu'elle a quitté Pesha-
wer hier et a avance jusqu'à Tamrood. ville si
tuée à la frontière, sur le territoire anglais. Elie
a été rappeiée de )a par un télégramme du vice-
roi et est retoum
Ce matin. des nouvelles parfaitement sûres de
Simla anroncent quela mission ayantreçu l'ordre
d'aHer a Tamrood. le mnjor Cavagnat'i a pris les
devansct s'estrendu à Atly-Musdschid avec une
escorte de Khaibcnens pour demander un xau)-
copduit, mais l'oHIcier de l'émir a catégo-
riquement refusé a la mission t'autorisauon
d'avancer. Il a menacé de résister et a placé
des hommes armés sur les hauteurs avoisinan-
Le ministre des beaux-arts, répondant
dernièrement aux plaintes, fort légitimes
pour la plupart, que lui adressaient des
directeurs de province, a déclaré que la
liberté des théâtres avait fait tout le mal.
On peut donc espé'er de s'entendre sur la
question des privilèges avec un ministre
qui se déclare l'enufmi de la liberté des
théâtres. Mais si les privilèges ne doivent
aboutir qu'à favoriser des eutreprises par-
ticulières saus pro6t pour l'art, et ne
peuvent éviter des catastrophes périodi-
ques, mieux vaut encore la liberté
avec toute-' ses f&cheuses conséquences,
avec tous :-es excès. La libre concurrence
peut, à la rigueur, produire quelque chose,
tandis que d'une protection mal pondérée.
accordant beaucoup trop d'un côté et pas
assez de l'autre, il ne peut rien sortir de
bon. Et puis, toutes les fois que l'Etat
s'associera par un concours efficace à une
entreprise quelconque, on le rendra mora-
lement responsable de la bonne comme de
la mauvaise fortune de l'entrepreneur. On
se croira fondé à lui demander pourquoi il
laisse celui-ci s'enrichir, et tel autre
marcher à sa ruine. La décontiture de
M. Viz~ntini était prévue, et l'Etat conti-
nuait à lui payer des subsides inutiles.
Les droits que se réserve, l'administration
supérieure vis-à-vis des théâtres subven-
tionnés sont faits de vaines prérogatives et
d'exigences dont elle ne vient presque ja-
mais à bout son influence est presque illu-
soire. L'Etat, avec ses privilèges octroyés
tes qui commandent la route, pour défendre le
passage.
L'entrevue entre le chef et le major Cavagnari
a dur~ trois heures. et. bien que ce dernier ait
prévenu son interlocuteur que i'émir serait con-
sidère comme responsable de sa conduite, il ~'est
montra parfaitement déterminé à s'opposer do
vive force au passage de la mission.
On n'a pa< le moindre doute que cet officier n'ait
agi d'ap) es les ordres précis de f'émir, car, il y a
quelques jours. Mufti Shah et Akhar, deux oui
cters responsables de t'émir. ont été expédiés de
Caboul à AUy-Musdschid.
Des correspondances de Caboul annoncent que
ces deux officiers sont en communication régu-
lière avec l'ambassade. anglaise.
H est à noter que cet insoient refus a eu pour
témoins les deux princes indiens attachés à la
mission qui assistaient à l'entrevue du major
Cavagnari avec l'officier de l'émir, et que l'en-
voyé' russe est toujours à Caboul. La mis-
s'oi anglaise sera rappelée; il ne faut plus
songer à aucun résultat amiable avec le souve-
rain actuel de l'Afghanistan, a moins de faire des
sacrifices qui diminueraient singulièrement le
prestige de l'Angleterre aux yeux 'de ses sujets
indiens et des princes feudataires.
La question est maintenant déptacée, car
on voit parfaitement que l'émir n'est qu'un
pantin que fait mouvoir la Russie. Il appartient
donc au cabinet anglais de prendre en main
cette question. En attendant, le vice-roi cherche
à fdire comprendre que le gouvernement de
t'Inde n'a aucun grief contre la population de
l'Afghanistan, et s'efforce de se concilier les tri-
bus iimitrophes. Les Khaïbériens se sont très bien
montrés dans cette occasion et t)e semblent pas
disposés à prendre une attitude hostile.
Le Times consacre son ~Ma{M~ a la nouvelle
importante contenue dans la dépêche ci-dessus.
Il dit que le rappel de la mission de sir Nevilie
Chamberlain au moment même de son départ
équivaut à un affront infligé à l'Angleterre, affront
dont t'efïet se fera sentir d'autant plus v'vement
dans la péninsule que deux princes indigènes ont
assisté à l'entrevue du major Cavagnari avec
l'officier de l'émir.
<: Tout semble indiquer, continue le Times,
que l'on n'a pas seulement affaire à un subor-
donné trop zélé; mais, en tout cas. si le refus in-
solent qu'a rencontré le major Cavagnari n'est
pas promptement effacé par un désaveu complet
de t'émir lui-même, les conséquences qui résulte-
ront de ce qui vient de se pisser à Ally-Musds-
chid pourront être des plus graves.
La misi-ion de sir Nevide Chamberlain était
toute pacifique l'Ang'eterre voulait simplement
savoir si l'émir désirait continuer à entretenir
avec elle des rotations amicales. Or. si la conduire e
de son offloer n'est pas désavouée, on peut con-
sidérer la question comme définitivement, ré-
solue.
H serait sage cependant de ne pas trop se
Mter de se prononcer; toutefois, on ne peut
s'empêcher de rapprocher l'échec du major
Cavagnari de l'envoi d'un courrier de l'émir à
Constantinopte pour conseiller au Sultan de con-
clure une alliance avec la Russie.
s- Ces deux faits ne laissent guère de doute sur
les intentions de Sheere-Ai; ainsi, une question
qui n'avait jusque-là qu'un intérêt loca) et indien
prend tout & coup un caractere métropolitain.
n Nous comptions sur l'amitié de Sheer~-AIi
ou au moins sur sa neutralité. Il était déjà très
peu rassurant de savoir qu'un envoyé russe
était à Caboul, et nous avions au moins le
droit d'attfndre la même faveur de l'émir mais
un prince qui accueille nos envoyés d'une façon
aussi peu amicale et qui reçoit ceux d'un voisin
puissant et rival doit être considéré comme
ayant fait son choix et comme l'ayant fait con-
naître.
L'Angleterre ne désire nullement chercher
querelle à la Russie; mais quelque pacifiques que
soient nos intentions, il nous est impossible de ne
pas reconnaître que les affaires prennent une
tournure sérieuse dans l'Inde au moment où
Sheere-Ali repousse nos avances avec une hosti-
lité qu'il ne cherche même pas a déguiser, et alors
qu'une ambassade russe est accueillie à Caboul
avec une déférence signalée. &
T6Mg<*apMe pfivée.
(SetTioo t6MgNphi
Le Vatican a proposé à l'Allemagne d'adopter
envers les curés et les prêtres destitués ou em-
prisonnés pour contravention aux lois de mai les
mêmes mesures qui ont été adoptées en Suisse
par le canton de Berne, c'ust-à-dire de permettre
leur retour pur t't simple à ieurs sièges.
Si le prince de Bismarck accepte cette proposi-
tion, une dos pius graves questions qui s'opposent
au prompt rétab'issement des r.'pports entre
l'Allemagne et le Vatican serait résolue.
Le baron d'Anethan. ministre de Be)gique au-
près du Vatican, est attendu à Rome cette se-
maine.
Rome, le 22 septembre.
M. de Keudel), ambassadeur d'Allemagne pi es
le roi d'Itaiie, est arrivé à Rome aujourd'hui.
Berlin, le ï3 septembre.
Le prince de Bismarck est parti aujourd'hui
pour Varzin, où il passera quetques jours avec
ses deux fl~s. Le chancelier de l'empire reviendra
ensuite à Berlin.
parfois fort inconsidérément et la surveil-
lance qu'il est c~nsé exercer sur la mar-
che de l'entreprise, est donc placé vis-à-
vis des théâtres lyriques subventionnés
dans une situation fausse, anormale.
pleine d'inconvéuiens et de péril'. Eu se-
rait-il ainsi si l'Etat faisait gérer ces théâ-
tres par des directeurs appointés comme
des fonctionnaires, ayant une part dans
les bénéSces et révocables à volonté ? Ot)
a déjà usé de ce système pour l'Opéra;
a-t-il donc si mal réussi qu'on ne puisse
y revenir?
Comment! vous donnez 800.000 fr. de
subvention à un théâtre qui parvient à
grand'peine à monter chaque année un
ouvrage nouveau, et qui n'a pu encore,
depuis bientôt dix ans, nous rendre un
seul chet-d'œuvre classique, quelque obs-
tination qu'on ait mise à le fui demander!
Mais comparez donc cette pénurie, cette
disette à la variété, a la richesse qu'of-
frent les répfr~oires des grands théâtres
étrangers. Il nous vient des gens de tou-
pays, et de pays fort civilisés, qui ne
manquent certes pas d'aller visiter l'O-
péra. Et cela fait une grande affluence et
de grosses recettes. La plupart db ces
gens-là sortent émerveillés –Ah le b~l
escalier et les belles peintures! Quant au
reste, ils trouvent que c'est beaucoup
mipux chez eux, et, en somme, ils n'ont
pas tout à fait tort. Voilà donc, se disent-
i !s, ce qu'on a tait de ce théâtre que les
Pariaieas appelaient autretois, avea ua
Berlin, le 23 septembre.
Les récens articles des journaux français ont
déterminé la CM<«revenir sur la correspondance de M. de Blowitz.
qu'il a réeUfment entendu; mais si. dans son
refit, il se glisse des erreurs, probablement parce
qu'il puise a différentes sources, il faut rectiQer
ce qu'il a dit. &
D'après la feuille officieuse, M. do Bl~witz n'a
puisé que dans des sources françaises l'idée qu'il
existe en AHemagne un parti militaire ayant, la
vo!onté et le pouvf'if d'entraîner l'empire dans
une guerre. Un chancelier allemand ne peut
traitfr de pareil es invent.ions gué d'une façon
ironique, comme d'aiiieurs M. de Bismarck l'a
fait au sein du Reiehstag. Il est possible que cer-
tains personnages, militaires ou non, aient
manifesté l'opinion qu'une guerre avec la
France serait d'autant plus dangereuse qu'elle
serait ajournée plus longtemps De parei)l''s ob-
servations ont pu être faites a l'occasion de dis-
cours tenus'par des généraux soit français, soit
anglais, soit russes; mais de ia à l'éclipsé de l'in-
fluence du chancelier par l'influence des cercles
militaires, au point que le chancelier responsa-
ble n'aurait pu faire prévaloir son veto qu'au
moyen de la mission évidemment imaginaire de
M. de Radowitz. il y a un abîme. M de Blowitz
se rappellera sans doute que. dans l'entretien dont
il a rendu compte, il n'a été question ni de M. de
Radowitz, ni ~n général du parti militaire dans
le sens que semble attacher à ce mot le corres-
pondant du .7'MKM.
Londres, le 23 septembre.
Le Times publie les nouvelles suivantes
Belgrade, le 22. Une députation composée de
begs bosniaques est arrivée ici, venant de Zwor-
nik, de Touzla et de Bielina, pour demander l'u-
nion avec la Serbie.
Il est douteux que le prince Milan accorde
même une audience à cette députation.
Constantiaopie, le 22. Le général Totleben
et le prince Labanotf sont sur If point de partir
pour aller faire une visite au czar.
Ou dit que la France va abandonner complè-
tement le protectorat des catholiques en Orient.
En conséquence, le Pape, pense-t-on, enverra un
nonce a Constantinople.
Le projet de convention présenté par l'Autri-
che a été de nouveau soumis aux ministres au-
jourd'hui pour étudier quelques modifications à
y apporter.
Vienne. le 22. Des avis privés annoncent que
le général Szapary a soutenu un engagement très
sérieux, prés de Touzla, avec les insurgés bos-
niaques. On espère que ce combat aura pour ré-
sultat l'expulsion comptéte des insurgés de toute
la partie nord-est de la Bosnie.
On t')égr.tphie deConstah'inopleau .D
nérai Skobelefi, pas ~un soldat russe ne restera
mercredi entre tchorto~ et Constantinople.
On tétégraphie de la m6me vi.lo au Daily
?MM')'rendra ~D A'banie pour y remotir la mission dans
laquelle Mehemet-Ali a trouve la mort.
Constantinople, le 22 septembre, soir.
Le général Khérédine a été comblé d'honneurs;
il a dîne hier au Palais.
Constantinople, le 23 septembre.
M. de Labanoff, ambassadeur de Russie à Coi-
stantinopie, le générai Totleben, et M. Sabouroff.
ministre de Hussie à Athènes, partent aujour-
d'hui pour Livadia où se trouve le czar. Us re-
viendront dan-! une huitaine de jours.
Les Turcs ont occupé aujourd'hui San-Stefano
que les Russes ont compietement évacué.
La fofteresse de Widdin a été remise aux
Russes.
Raguse, le 22 septembre.
Hier, dans l'après-midi, le gêner d lovanovitoh
a occup'' Eorjebt'i.où il a fait. prisonniers cinq in-
surgés. Les autres se sont enfuis sur le mont Bie-
!agora. Quelques uns sont allés s'enfermer à
Ktobuk.
L'évêque d'Angers, Mgr Freppel, vient
de répondre au discours de Romans par
une lettre que tous les journaux de la
droite reproduisent et commentent avec
enthousiasme. Nous avous déjà dit ce que
nous pensions de ce discours, dont le re-
tentissement ne nous a pas surpris. Nous
avons distingué le fond et la forme nous
avons été frappés surtout du fond, qui est,
selon nous, la chose essentielle, et nous
n'avons pas hésité à reconnaître que
M. Gambetta avait posé avec une grande
netteté les questions qui s'agitent en ce
moment dans tous les esprits et que per-
sonne ne peut refuser d'examiner, car il
e"t indispensable qu'eHes soient résolues,
d'une manière ou d'une autre, dans un
avenir prochain. Quant à la forme, nous
ne nous y sommes point arrêtés, trouvant
inutile de passer au crible les expressions
d'un orateur habitué à se laisser entraî-
ner par l'ardeur vigoureuse de sa pa-
role. M. Gambetta s'adressait a des
méridionaux, et son discours s'est em-
preint naturellement des vives couleurs
du milieu dans leque! il a été prononcé.
juste orgueil, le premier théâtre du
monde!
Cela se dit au dehors au dedans, on se
frotte les mains et on s'applaudit du suc-
cès d~ l'en'rfprise.
Ain~i, hait c~nt mille francs et trois
cent. soixante mille francs auxquels il faut
ajouter les deux cent mille francs votés
pour le Théâtre-Lyrique, cela fait bien
près de quatorze cent mille francs, un
million quatre cent mille francs dépensés
chaque année pour subvenir aux besoins
de trois théâtres, pour -encourager la
musique dramatique, pour la faire pro-
spérer, se dévetopper, et aussi pour
mettre de bons exemples sous les. yeux
des jeunes musiciens. Ils sont enfermés
le jour au Conservatoire dans leurs
.~ailes d'études, avec un piano qui suf-
fit à peine à leur faire comprendre
les beautés d'une partition mais, le soir,
Us sont libres d'aMer entendre le chef-
d'œuvre ici ou là, car leur place est
marquée dans chacun des théâtres
que le gouvernement protège et, qu'il
soutient de ses deniers. De même, les
jeunes chanteurs élevés par d'anciens
professeurs qui ne peuvent pas toujours
prêcher d'exemple s'en vont-ils chaque
soir se pénétrer, s'imprégner, dans ces
mêmes théâtres subventionnés, du grand
-style, de la grande manière de nos plus
grands artistes.
Mais non, il n'en est pas ainsi: les élè-
ves du Conservatoire, élève? do composa
C'est une des meilleures qualités de
M. Gambetta de savoir se plier aux cir-
constances et donner à son langage, sui-
vant l'occasion, I'a)lure froide et mesurée
qui convient à un homme d'Etat, ou la
fougue éclatante sans laquetle un tribun
populaire ne saurait exercer une forte ac-
tion sur les niasses.
Mgr Freppel n'a pas cette variété de
talent. Homme de lutte avant tout, polé-
miste invétéré, chaque fois qu'il preud la
parole ou la plume, c'est pour écraser un
ennemi sous le poids d'attaques passion-
nées. Il possède à un ire)? haut degré l'art
de l'invective; il n'a pas celui de la dis-
cussion calme, modérée et féconde. En s'a-
dressant à M. Gambetta, il dira sans sour-
ciller, avec l'accent d'un vulgaire rédacteur
de la 7~/eM.M « II paraît que c'est dans
o vos paroles qu'il faut chercher le pro-
gramme de l'avenir. Quelque hutni-
D liante que puisse être une.pareille pen-
sée pour tout Français qui a souci de
a l'honneur de son. pays, il faut bien se
H résigner à vous lire pour se préparer &
vous combattre, » Toute la lettre de
l'évêque d'Angers est écrite de ce style
violent et méprisant. Mgr Freppel est bien
délicat Nous n'aurions jamais cru que la
fréquentation des écrivains et des ora-
teurs ultramontains eûtpu développer chez
lui une finesse de goût telle, qu'elle lui
rendît intolérable la lecture des vigou-
reux discours de M. Gambetta. Mais soit
nous n'avons pas la moindre envie de
traiter Mgr Freppel comme il traite lui-
même ses adversaires. Dans les polémi-
ques sur le discours de Romans, dont
nous ne sommes jusqu'ici que les spec-
tateurs attentifs, nous ne nous soucions
pas des mots, qui sont très gros, nous al-
lons directement aux choses, qui sont
assez importantes pour absorber toute
notre attention.
Mgr Freppel reproche à M. Gambetta
d'avoir soulevé ta lutte rel gieu-e. H pa-
raît qu'avant le discours de Romans tout
était au calme, à l'union et à la paix. Les
ultramontains n'avaient pris sans doute
aucune part à la campagne du 6 mai, et
c'est à tort que nous avtons cru les voir,
à Chartres et ailleurs, engager contre les
lois etles principes de la société française
une guerre d'extermination. « C'est de
» vous, dit Mgr Freppel à M. Gambetta,
que nous apprenons « qu'il existe une
» question cléri''ale, c'est-à-dire la ques-
« tion des rapports de l'Eglise et de l'E-
H tat. H Ne vous en déplaise, Monsieur,
a cette question n'existe pas; elle a été
M MMPC~Me~te?~ tranchée au commence-
n ment de ce siècle, par un concordat
o que tous les gouvernemens ont res-
H pecté et qui est parmi nous la base de
? la paix publique. Le jour où vous ron<-
D prez ce pacte fondamental, vous remet-
D trez toutes choses en question et vous
a déchaînerez contre votre pays des mal-
B heurs dont, peut-être, ni vous ni moi
a ne verrons la un. M Nous serions fien-
tés d'applaudir de toutes nos forces à ces
paroles. Oui, il y a un traité, un concor-
dat qui a réglé .MM~'aM~M~ chez nous
les rapports de l'Eglise et de l'Etat, et ce
concordat nous a préservés jusqu'ici, à trà-
vers de bien cruelles épreuves, de la
plus dangereuse de toutes la guerre reli-
gieuse. Mais est-il bien vrai que ce soit
M. Gambetta qui songe à rompre ce pacte
fondamental? Lisezie discoursdeRomans,
et vous verrez que l'orateur de la gauche
se borne à en réclamer, avec une sévérité
peut-être excessive, l'application im-
médiate et complète. Consultez au
contraire, les écrivains, les docteurs
de l'ultramontanisme; ils vous diront
tous, ils nous répètent sans cesse
depuis bien des années que le concordat
n'est pas un engagement synallagmatique;
qu'il lie l'Etat, mais qu'ii ne lie pas l'E-
glise, laquelle est, par son institution di-
vine, au-dessus des lois, des conven-
tions et des gouvernemens passa-
tion et de chant, ne disposent que d'un
très petit nombre d'entrées de faveur, et
voilà longtemps, très longtemps qu'on
attend la résurrection du chef-d'œuvre
classique qui sera confié non pas à des
virtuoses, mais à des artistes capables
de le comprendre et de le bien inter-
préter.
Un budget de quatorze cent mille francs,
mais c'est énorme et que d'excellentes
choses on pourrait faire avec une pareille
somme !-agement répartie et bien em-
ployée Je voudrais qu'une voix plus au-
torisée que la mienne, la voix de quelque
membre de la commission du budget de-
mandât à quoi et à qui cette somme
énorme profite annuellement à l'art? aux
artistes? au public? Nous saurions alors
si les libéralités du gouvernfment sunt
seulement de'tinées à permettre à tel di-
recteur de donner de gros dividendes à ses
actionnaires, à tel autre d' « arrondir f?on
sac a à celui-ci de faire fortune,
à celui-là de faire faillite. Et peut-être
alors chercherait-on le moyen d'améliorer,
de modiSer un régime qui, par les incon-
véniena qu'il présente, ne peut durer
éternellement. Si les trois théâtres lyriques
étaient régis par l'Etat, ils s'aideraient
l'un l'autre, se prêteraient à l'occasion un
concours efficace, et il n'y aurait plus
entre eux ni mesquines jafoupies ni le
moindre semblant de rivalité. Ah! vous
vous allez jouer les .~
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