Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-09-09
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Description : 09 septembre 1878 09 septembre 1878
Description : 1878/09/09. 1878/09/09.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
"ËDITION DE PARIS.
MM! 9 SEPTEMBRE
im.
UNM 9 SEPTENBRE
Ët~M
M~O..
.6!S S'AJ~CNNB
tB Bet~icme, ea KaUe,
dans te Luxembourg, en- Tnrquie,
M Suisse, en Syrie, en JRoujnanie et dans !e:<
régences du Maroc et de la Tuïusif
en Chine et &u' Ja~on.
S&s Booyen d'une va!eur payable & PMis ou ut!
meada.ts-poste, soit internationaux~ soit'îrasc~~
m Allemagne, en Autriche, e~ RaRsta,
et dans t6tis les pays du i~oKt =
chez tous les directeurs de postes;
et dans touc les autres pa~ s,
®t-r,lane tan~ les antres ~u~,s,
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Un an. Siamois. Trois mots.
Dêpartemems. 80&. 40 fr. 20 &.
Paria. 72 ff. 36 fr. i8&.
Il I~s ~tbonaemens partent des I" ot « d9
chaque oicis.'
Pm~ ~~pm~emetM', MM notn~e. X~ e~mt.
POLITISES ET LITTERAIRES
In tLMMtM, appty to Cew~e and C*, forciez
Dewspanpera ofSce, n, Gresham strcet, G. P. 6.;
tata. Beutzy, Bavtee et C*. Finch t~ne CômMf.
E.C.LnJbn; iMM.W.-Ea.StMKh et a~n,
t86.Strand,W.C.,LondoiL <1 Il
A. BraxeUes, & 1'0/):M pti&Ht~. <€, FM dé la
M&deieine, dans les tibsques et dams !eB bt-
MietM~ues A Vtttpafatso (ChiU},'ch9B M. Oreste* L. TomèM
x. F..
PAMS
DIMANCHE 8 SEPTEMBRE
Le correspondant parisien du ~zMM
'vient de communiquer à son journal
quelques parties nouvelles de ses conver-
sations avec M. de Bismarck. Comme il
s'agit, cette fois, plus spécialement de
nous, on trouvera naturel que nous prê-
tions l'oreille à ces confidences qui sont
faites urbi et orbi, à la Cité et à l'Europe.
Nous laissons de côté, bien qu'ils ne
soient pas sans intérêt, les détails de
mise en scène qui ont rapport au carac-
tère de M. le prince de Bismarck, à sa
vie, à ses habitudes. Le chancelier de
l'empire allemand se préoccupe beaucoup,
paraît-il, de l'histoire et de l'opinion que
la postérité aura de lui. C'est' un noble
sentiment et qui est familier aux grandes
Ames. Le soupçon de duplicité répugne
particulièrement à M. de Bismarck, et il
ne peut pas pardonner à ceux qui l'y
exposent. Nous ne sommes pas de ce
nombre, et nous avons toujours admiré
la sincérité parfaite et quelquefois au-
dacieuse avec laquelle M. de Bismarck
avoue ses projets, montre le but
qu'il poursuit, et semble défier l'univers
de l'arrêter dans sa route. Les petites
intrigues et les surprises qu'elles produi-
sent ne conviennent pas à la nature de
son esprit. C'est pourquoi nous avons
toujours regardé comme un problème sin-
gulier, obscur, anormal, les velléités belli-
queuses que l'Allemagne de M. de Bis-
marck a paru éprouver contre nous au
printemps de 187H. En quoi nous étions-
nous exposés aux colères de notre terrible
voisin? Quel motif d'hostilité pouvait-il
avoir contre nous? On assure que nous
nous relevions trop vite à ses yeux et que
c'était du moins l'opinion du parti mili-
taire à Berlin mais les nus politiques
'savaient parfaitement qu'après avoir ren-
versé M. Thiers nous avions une série
d'épreuves politiques~. traverser, épreu-
ves qui suffisaient abondamment à nour-
rir chez nous les passions de parti, à ab-
sorber notre activité, à fatiguer nos forces.
M. de Bismarck ne s'y est pas mépris. En
tout cas, il eût été indigne d'un homme
d'Etat qui, a le respect de lui-même et de
l'histoire, de dire à un pays tranquille et
paciQque Je me suis trompé à votre
égard, je ne vous ai pas tiré assez de sang
et d'argent, il faut que je recommence.
C'est pourtant l'attitude peu héroïque
que l'on a prêtée à M. de Bismarck, et nous
comprenons qu'elle lui déplaise. Le cor-
respondant du F*MKM lui parlait naguère
de l'espoir, bien plus, de là certitude que
l'Europe avait de voir la paix rétablie,
puisque tels étaient son propre désir et sa
volonté. L'illustre chancelier par un
brusque rapprochement d'idées, s'est
écrié –.Oui, je désire la paix; mais
la voudrais-je aujourd'hui si je ne
l'avais pas voulue déjà en 1875 ?
Et il a pronté, de l'occasion pour s'ex-
pliquer complètement sur cet K épou.
vantail d'une seconde guerre franco-
allemande qui a ému le monde il y a trois
ans. Le correspondant du j?~~ se borne
au rôle de rapporteur, il reproduit de son
ptieux la conversation de M. de Bismarck
avec la physionomie qui lui est propre.
Chacun est libre de la juger comme il vou-
dra, et de chercher, des habiletés cachées
sous cette parole en apparence si franche
et'dans tous les cas si libre d'allures;
mais certainement il ne saurait nous dé-
plaire d'entendre M. de Bismarck se dis-
culper avec une Sorte de dégoût des pro-
jets quelque peu'sauvages qu'on lui avait
attribués à notre égard.
Il n'y a pas de fumée sans feu, comme
dit notre proverbe. M. de Bismarck avoue
donc que le parti militaire prussien a ma-
Difesté une sorte d'inquiétude en 1875. Il
FMM eu jotmL m cmrs
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DU 9 SEPTEMBRB.1S78. .«ït ï)"~<'
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,~x;, n
'm ANOUBS D'ADAM KOSABRODZKÏj
Il passait si notoirement pour un philo-
sophe que, lorsque j'eus l'occasion de faire
ga connaissance 6hez M*°~ Majewska, mon
étonnement c'eut plus de limites. Le type
socratique n'est pas rare dans nos con-
tréeg. On y rencontre jusqu'à des pay-
sans qui ressemblent d'une manière frap-
pante au portrait qu'on nous fait du mari
de Xànthippe. Je m'attendais donc à voir
quelque personnage dans ce genre, a la
mise négligée,, à ta pose pleine de solen-
nité, un de ces hommes d'esprit ennn,
habitués & faire valoir leurs talens dans
un mi)ieu restreint, dans un petit groupe
d'élus qui ne les admirent, en somme,
que par convention ou parce qu'ils ne les ~s
comprennent pas. Jugez de ma surprise
lorsque je me trouvai en présence d'un
jeune et joli blondin, aimable, insouciant,
naïf de cceur et d'esprit, et vêtu* à la der-
nière mode.
'Je me promis, par conséquent, de l'êtu-
dier à mon aise et de découvrir ce qu'il
pouvait bien y avoiy de philosophie dans
ce petit gandin aux mains fines et soi-
gnées, et à la coiHure aussi correcte que
ceUe d'un officier de hussards.
Je crois que je ne s&rais jamais venu à
y a eu peuFëIre~ quelque plan esquissé
d'une agression contre la France. Mais
quelle a été. sa conduite, à lui, chancelier
de ,l'empire? Il a fait tout échouer
par l'adresse avec laquelle il a révélé
au grand jour les plans cachés dans
certains esprits. L'instrument de cette
révélation a été M. de Radowitz, un
des principaux fonctionnaires du minis-
tère des affaires étrangères, et le déposi-
taire en a été M. de Gontaut-Biron, notre
ambassadeur. La scène s'est passée dans
un bal de la cour. M. de Radovitz a dé-
claré très sérieusement à M. de Gon-
taut que la France se relevait trop
vite et que cela était intolérable. M. de
Gontaut a été encore plus sérieusement
épouvanté. Il a crié au secours Les ca-
binets se sont mis en travail. Lord Derby
a fait une déclaration. Le prince Gortcha-
koff a écrit un télégramme-Manifeste.
Enfin, la bulle de savon soufflée par
M. de Radowitz devant M. de Gontaut n'a
pas tardé à crever. C'est ce que voulait
M. de Bismarck, du moins il l'assure
mais il aurait voulu que la bulle
en question s'évanouît, sous un sim-
ple coup d'épingle, et il a été évidemment
irrité de ce que le prince Gortchakoff ait
jugé à propos de la percer de part en part
et non sans fracas avec sa grande plume
diplomatique. Il faut ici laisser la parole
au correspondant du ~M~
f Je ne pourrais pa~ désirer la paix, a dit
M. de Bismarck,* si j'étais le' scélérat (~M-
?ptcA<) que le prince Gortchakon'a fait de moi
en 1875. Toute l'Histoire qui a~ors a ému
l'Europe, et à laquelle une lettre adressée au
Times a donné un si retentissant écho, n'a
été qu'une trame concertée entre Gort-
ehakou et Gontaut. Citait un complot entre
Goutaut et Gortchakoff, dont le dernier a été
avide de récolter les éloges des journaux fran-
çais et d'être appelé le sauveur de la France.
Ils ont arrangé l'anaire de manière à la faire
éclater le jour même de l'arrivée du czar a
Berlin. Le czar devait apparaître comme un
$MO~ ~o/ et, par sa seule apparition,
donner la sécurité à la France, assurer la
paix de l'Europe et sauver l'honneur de
l'AUemagne. Je n'ai jamais vu un homme
d'Etat agir avec plus de légèreté d'esprit,
être mû par un plus pur sentiment de
vanité, compromettre plus aisément l'amitié
entre deux pays et s'exposer à des con-
séquences des plus sérieuses, dans le seul
but de s'attribuer le rôle de sauveur lors-
qu'il n'y avait rien à sauver, ni aucun
'danger en perspective. Je l'ai dit à l'empe-
reur de Russie. J'ai dit à GortchakofT
Si vous désirez si vivement une apothéose
française, nous avons encore assez de moyens
dont~ nous pouvons disposer à Paris pour
vous faire apparaître sur quelque théâtre my-
thologique avec des aites a vos' épaules
et un feu de Bengale comme auréole.
En vérité, il ne valait pas la peine de
nous dépeindre comme des scélérats pour
aboutir seulement à un télégramme-circu-
laire 1 Cette fameuse circulaire, continue
M. de Bismarck, commençait par ces mots:
c La paix e&t maintenant assurée. Et lors-
que je me suis plaint de cette phrase qui
confirmait toutes les rumeurs alarmantes, on
l'a changée dans les termes suivans « Le
N maintien de la paix est maintenant assuré
ce qui ne valait guère mieux. J'ai dit
au chancelier russe Certes, il n'y a
pas lieu de vous féliciter de ce que
vous avez fait en risquant notre amitié
pour une vaine satisfaction personnelle.
Je vous déclare franchement que je suis bon
ami, avec des amis, et bon ennemi avec des
ennemis.– Et Gortchakoff, ajoute M.-de
Bismarck, engagé pendant, ces deux dernières
années dans les affaires d'Orient, a eu l'occa-
sion de s'en convaincre. Sans l'a.H'aice del87!
il ne serait pas dans la situation où il est au-
jourd'hui,. et n'aurait pas subi la défaite poli-
tique qu'il vient d'essuyer, a
Cette citation dispense de tout commen-
taire. Aussi bien n'en avons-nous aucun
à présenter. Tout ce récit est curieux et,
à. ce titre, il devait être mentionné.
S'il ne contient pas toute la vérité, il
en contient une partie. M. de Bis-
marck n'est pas homme à parler au
hasard de l'improvisation. Il sait bien
ce qu'il dit et pourquoi il le dit.
Quelle que soit l'opinion de chacun sur
les événemens de 1875, on trouvera inté-
bout de mes investigations si la Belle et
avisée M"° Majewskane m'était un jour
venue en aide.
Ce qui surtout avait contribué à faire à
Adam Kosabrodzki la réputation d'un sage,
c'était une particularité qu'il ne devait
peut-être qu'à sa timidité et à son inno-
cence. Il fuyait les femmes. Aussi le pre-
nait-on volontiers pour un disciple du
Schopenhauer polonais. Rien n'était moins
vrai. Kosabrodzki ne connaissait pas plus
ce philosophe qu'aucun autre, à partir de
Kung-fu-tsé jusqu'à Hegel. Il n'aimait que'
la poésie. Il n'était pa? du tout de l'avis du
célèbre penseur qui a qualifié les femmes
d'Êtres inférieurs, de créatures frivoles,
indignes de l'étude d'un homme de génie.
Kosabrodzki, lui, jugeait les femmes très
prudentes, énigmatiques et fort dange-
reuses. Il ne les méprisait pas il se con-
tentait de les redouter et de les fuir
comme la peste. Elles, de leur côté, lui
rendaient cette tâche facile. Chaque femme
redoutait d'être soumise par Kosabrodzki
à une analyse philosophique. Les dames
âgées seules recherchaient sa société et
se donnaient mille peines pour le faire
revenir de ses bizarres opinions.
Une seule femme pouvait se vanter
d'exercer sur lui une certaine influence,
M" Majewska. C'était une jeune veuve,
belle, riche, aux yeux sombres et langou-
reux, à la luxuriante et noire chevelure.
Elle avait beaucoup d'adorateurs. Elle ré-
gnait en despote sur toute la jeunesse de
la. contrée et paraissait attacher un grand
prix à la conquête de mon innocent phi-
ressant de savoir comment il convient à
M. de Bismarck de les présenter aujour-
d'hui.
Le télégraphe nous a apporté hier soir
et une seconde dépêche a connr.'né ce
matin la mort sanglante de'Mehemet-AIi
àYakova. C'estlà un des p!us tristes épi-
sodes ,de l'occupatio'n par l'Autriche
des provinces qui lui sont assignées
par le traité de Berlin. On sait que les
Albanais, population guerrière et plus fa-
rouche encore qu'on ne le croyait, ont
formé une ligue pour s'opposer par la
force au sort qui leur est réservé. Les
districts d'Antivari et de Podgoritza
doivent être annexés au Montenegro,
et ceux de CourchoumU et de Leskowatz
à la Serbie; enfin les Autrichiens ont le
droit de mettre des garnisons dans le pa-
chalik de Novi-Bazar. Mais les Albanais,
qm ne reconnaissent plus l'autorité de la
Porte depuis que le Congrès les en a allégés,
ne reconnaissent pas davantage l'autorité
du Congrès pour les dispositions nouvelles
qu'il a établies. L'anarchie, qui était déjà
dans les instincts du pays, est devenue
sa seule loi. Ceux qui n'avaient pas
prévu ces conséquences inévitables du
dernier traité reprochent à la Porte de
ne les avoir pas empêchées car il
est convenu aujourd'hui que la Porte,
à laquelle on enlève des provinces sous
prétexte qu'elle ne peut pas les gou-
verner. doit les gouverner pourtant et
y maintenir l'ordre pour y faciliter
l'installation du nouveau gouvernement.
En butte aux plus vifs reproches et à
d'amères revendications, la Porte a en-
voyé Mehemet-Ali comme commissaire
extraordinaire pour pacifier l'Albanie
et prêcher la soumission à la volonté
de l'Europe. Elle ne pouvait pas faire
un choix plus convenable. Mehemet-Aii
s'était montré général habile mais pru-
dent, diplomate exercé, homme d'esprit
et de cœur, et l'attention de l'Europe s'était
arrêtée sur lui comme sur une des personna-
lités les plus intéressantes de la Turquie.
Tous les journaux avaient fait sa biogra-
phie et avaient rappelé son origine
moitié française et moitié allemande.
Sa mort tragique surprendra sans
doute ceux qui croyaient que la
mauvaise volonté de la Porte était la
seule cause des embarras que trouvent
les actionnaires du traité de Berlin pour
toucher leurs dividendes. Il y a là une ré-
vélation significative; mais il est fâcheux
qu'elle ait coûté la vie à un homme aussi
distingué que Mehemet-Ali.
fetMe BoMroe du dtmaMche.
Emprunt S 0/0. 113fr.M,421/2,471/2,M.
30/0. 77fr.~0..
5 0/Oturc. 13fr.40,30.
Banque ottomane.. SO~ fr., SOC fr. 25.
Egyptiennes 60/0.. 278 fr. 12, 275 fr., 278 & 12.
ExLër"'espagnole.. 14.
Intérieure. 131S/16.
Florins (or). 641/16;
't4-
TéMgrapMe privée
!Sa?vi<:e t~~ifitphiqut de f agença Ha~M.}
Berlin,Ie8 8 septembre.
Des avis reçus par l'ambassade de Turquie
confirment la mort de Mehemet-Ali. Les Albanais
deYakova etdeDipeckont envahi la maison où il
était descendu et l'ont poursuivi jusque dans un
endroit fortifié où il s'était réfugié C est là qu'il
a été tué. Uue grande surexcitation règne dans
toutes les populations albanaises qui, eh vertu
du traité de Berlin, doivent passer à la Serbie
ou au Monténégro, ou subir l'occupation autri-
chienne.
Saint-Pétersbourg, le 7 septembre.
fOfûciel). Le grand-duo Nicolas-Nicolaïevitch a
télégraphié à l'empereur, le 6, à huit heures
vingt minutes du soir
« Je suis heureux d'annoncer à Votre Majesté
la prise de possession de Batoum. Je viens de
recevoir de l'adjudant-général Swiatopolk-Mirsky
unedépêchequidit:
< Ce matin. à onze heures, les troupes russes
sont entrées à Batoum. Peu de temps après, le
losophe. Elle coquetàit avee lui d'une fa-
çon tout à fait neuve. Elle le traitait en
camarade intime, bien qu'aucune con6-
dence n'eût jamais été échangée entre
eux, et agissait vis-à-vis de lui avec un
sans-gêne qui à chaque occasion l'em-
barrassait horriblement. Des visites arri-
vaient-elles, elle lui remettait les clefs de
l'office en le priant de s'occuper de
mille petits détails de ménage. AUait-
eUe au bal, il se voyait obligé de
l'accompagner. Bien plu.?, chaque fois
qu'un danseur la ramenait à sa place,
elle laissait couler de ses belles épaules
potelées sa mante d'hermine sur le bras
de Kosabrbdzki qai, tout frémissant à ce
contact, se blottissait dans un angle ou
s'appuyait en tremblant contre les ten-
tures. Oui, en vérité, rien n'émotionnait
plus Kosabrodzki que le toucher d'une
fourrure tiède et souple. Il croyait la voir
palpiter comme un être vivant; il n'é-
tait pas jusqu'au parfum suave resté
parfois attaché aux longues soies de
l'hermine qui ne lui causât des étourdisse-
mens aussi forts que ceux que produit
la vapeur acre et tournoyante d'une
lampe magique.
Un soir que tout le monde venait de se
retirer, nous étions assis tous les trois
dans un petit boudoir bleu que M' Ma-
jewska affectionnait particulièrement. H
faisait très froid dehors. La pluie claquait
lugubrement contre les vitres le vent
hurlait et secouait le feuillage des peu-
pliers plantés autour de la seigneurie,
an vrai temps pour la causerie intime.
pavillon russe a été arboré dans le port. Des au-
torités russes ont pris en main l'administration
de la ville. Dervisch Pacha m'a reçu à. la tête
d'une députât ion des habitans et du cierge chré-
tien et musulman. Les autorités civiles turques
avaient quitté la ville avant l'entrée des troupes
russes. Environ quinze bataillons de troupes otto-
manes y étaient restés. Dervisch Pacha prend
des mesures nour les f tement possible. Le général-major Nurid a été
nommé gouverneur provisoire de Batoum. Le
pays est parfaitement tranquiUe. ))
Raguso,ie 8 septembre.
Hier, à trois heures de l'après-midi, le général
Popp et le général Nagy. à la tête du régiment
d'artiiierie Nobili, sont entrés à Trébigne. Us
n'ont rencontré qu'une faible résistance aux tran-
chées avoisinantes occupées par des insurgés. On
attend des détails.
La garnison s'est rendue à discrétion.
Constantinople, le 7 septembre, soir.
Le nombre des Russes qui ont quitté le terri-
toire turc jusqu'à présent s'élève à 3S,MO.
Athènes, le 7 septembre.
La Porto, en réponse à la dernière Note du
gouvernement he)t''nu{ue, ayant simplement
déclaré qu'i) lui fallait attendre la réponse des
puissances à son Mémorandum, M. beiyannis,
ministre des affaires étrangères. a expédié aujour-
d'hui ta circulaire dans laquelle il demande la
médiation des puissances.
Raguse, le 8 septembre.
Les Autrichiens ont occupé Trébigne hier à
midi, sans rencontrer de résistance. Les troupes
turques ont évacué la citadelle et se sont reti-
rées hier soir.*
Vienne, le 8 septembre.
On annonce officiellement que la 36' division a
occupé hier Priedor, après avoir désarmé la po-
pulation de Novi et des environs. Le 6, le major-
général Sametz a attaqué les insurgés et les a
rejetés sur la rive gauche de la Sana après un
combat acharné.
Les troupes, qui étaient épuisées de fatigue, se
sont reposées le 7. Les Autrichiens ont perdu
150 hommes.
Rome, le 8 septembre.
Le roi a assisté hier au passage du t* corps
d'armée prés de la rivière Melta.
Demain ont lieu de grandes manœuvres.
Le 12, revue des troupes à Ghedi.
Les officiers étrangers qui assistent aux ma-
nœuvres ont été invités a dîner hier par le roi.
Rome, le 8 septembre.
On assure que Mgr Jacobini aura pour mission
spéciale de régler les différends existant avec la
Russie au sujet de l'Egfise de Pologne. Mgr Ja-
cobini quitterait Rome au commencement du
mois prochain.
II aura aussi pour instructions d'établir la hié-
rarchie catholique en Bosnie et en Herzégovine.
Les bons conservateurs que nous sa-
vons, les inventeurs brevetés et exploi-
teurs patentés de l'ordre moral ont changé
de tactique à l'égard de la mémoire de
M. Thiers. Ils ont fait cette heureuse trou-
vaille que M. Thiers n'a été républicain que
dans les dernières années de sa longue et
active carrière, et que, même alors, il n'a
partagé aucune des idées du parti républi-
cain. Sans même rappeler les paroles vio-
lentes par lesquelles il caractérisait la
république quand il était ministre de la
monarchie, nous nous bornons à repro-
duire ce qu'il disait en 1872 à la tribune
de l'Assemblée de Versailles:
parce que j'ai failli aux doctrines de ma vie,
ce n'est pas parce que je partage les opinions
des honorables députés qui siègent sur ces
bancs (en montrant la gauche), ce n'est pas
parce que je partage les opinions non pas des
plus avancés, mais des plus modérés. Non 1
lis savent que sur la plupart des questions
sociales, politiques et économiques, je ne
partage pas leurs opinions ils le savent; je
îe leur ai dit toujours.
n Non, ni sur l'impôt, ni sur l'armée, ni
sur l'organisation sociale, ni sur l'organisa-
tion de la république, je ;ne pense pas comme
eux. a
euz. n ° (./0!M'~ o/~C! novembre 1872,
page74U9.)
Ces citations rétrospectives qu'on se
plaît à nous mettre sous les yeux ne nous
apprennent rien. Nous savons très bien
que M. Thiers avait passé la plus grande
partie de sa vie à défendre une forme de
gouvernement qui n'était pas la répu-
blique, et que, comme beaucoup d'autres,
il a été amené à accepter et à aimer la
république par nécessité, par sagesse,
par clairvoyance et par patriotisme.
On se trompe beaucoup si l'on s'imagine
faire du mal au parti républicain en lui
répétant sans cesse qu'il a pris pour guide,
La jolie' veuve venait de changer
de toilette. Elle avait mis ses élé-
gantes mules de fourrure, et sa chaude
kasabaika de velours bleu garnie de mar-
tre. Maintenant, elie était assise sur le di-
van, les mains plongées dans les manches
de sa jaquette. Kosabrodzki apprêtait le
samovar.
Tout à coup, M""= Majewska s'écria
Mais, mon cher Adam, qu'avez-vous
donc, je vous en conjure Vous êtes
étrange ce soir.
Moi ? 2
Kosabrodzki changea de couleur. °
Oui, vous, continua la jolie veuye.
Vous me regardez d'un air singulier, et
votre main.
–Ma main.
Il ~'embarrassait visiblement.
Votre main s'approche de ma kasa-
baika ei s'en retire fiévreusement comme
au contact ~serpent.
Je ne sah ~s vraiment, bégayait-il.
Un philosopha doit toujours avoir le
courage de dire la vé~ P~~
vous vous piquez d'être ~osophe, nest-
ce,pas?. = niofondé-
~est que il respira
ment j'ai visité l'année dermert. a ~o-
lomea une ménagerie.
Eh bien quoi? Y en a-t-il encore
EtM' Majewska, regardantKosabrodzki,
éclata de rire.
Je vous en prie, ça se rapporte à ce
que vous disiez tout à l'heure, reprit-il.
Dans cette ménagerie, il y avait une dé-
Ucie ose panthère. Elle était étendue, pre-s-
pour chef, pour protecteur, un homme
qui l'avait combattu pendant toute sa vie,
et qui ne perdait pas une occasion de dé-
clarer que sur presque tous les points de la
politique générale il ne partageait aucune
de ses doctrines. On ne s'aperçoit pas
que c'est faire le pins grand éloge des ré-
publicains de la veille et montrer l'im-
mense progrès qu'ils ont fait en intelli-
gence politique et en esprit de conduite.
S'ils ont accepté M. Thiers pour chef et
pour directeur, c'est que, malgré tous les
dissentimens d'application, il tre eux un fonds commun, un lien intime.
M. Thiers était avant tout et par-dessus
tout un enfant de la Révolution fran-
çaise, un représentant de l'Etat moderne
et de la nouvelle société civile. Les libé-
raux pouvaient regretter de le voir entre-
tenir et défendre des opinions et des doc-
trines oblitérées, mais ils savaient qu'ils
ne trouveraient jamais en lui un traître.
Ils se laissaient dire par lui qu'il ne par-
tageait aucune de leurs idées sur l'im-
pôt, sur l'armée et sur bien d'autres
matières; mais ils savaient et i!s sen-
taient que cette voix qui les avertis-
sait était une voix amie et fidèle.
C'est au contraire faire l'éloge des
républicains que de leur rappeler les dis-
sentimens qui les séparaient du grand
Français qu'ils ont perdu. Ces dissenti-
mens n'ont jamais été dissimulés; ils se
sont exprimés au grand jour, etcependant
ils n'ont jamais rompu l'alliance. Us se
manifestaient sur le terrain administratif,
sur le terrain économique, même sur le ter-
rain religieux, et cependant on se tenait
toujours. C'e.st qu'il y avait des raisons
supérieures d'union et d'entente, et c'est,
de la part des républicains, un signe
profond d'intelligence politique d'avoir su
accepter cette domination momentanée qui
quelquefois touchait à la dictature. Il fal-
lait avant, tout, comme il le faut au-
jourd'hui encore, fonder la république,
et nul n'était plus propre à cette fonction
que l'homme qui depuis soixante ans
avait été la personnification la plus in-
time, la plus fidèle, la plus familière de la
société française. Voila pourquoi les ré-
publicains ont été très sages et très pers-
picaces en discernant dans l'ancien minis-
tre de la monarchie ce lien qui l'attachait
les formes nouvelles aux formes anciennes
et facilitait la transmission sans secousses
violentes. M. Thiers avait, sur beaucoup
de points, des doctrines dinérentes des
leurs, c'est possible, et ce n'est pas une
découverte historique; mais les républi-
cains, en prenant patience et en subor-
donnant des opinions secondaires à un
grand intérêt général, ont prouvé qu'ils
avaient l'esprit de conduite et de gouver-
nement, et dans cet adversaire de pres-
que toutes leurs idées ils ont pu saluer le
fondateur et le premier Président de la
république française.
JOHN LEMOINNÈ.
LeVoM~K~ o//?e~' du 5 septembre
publié un décret, portant la date du
31 août 1878, sw Fêtât des officiers de ré-
serve et de l'armée territoriale. Les iuté-
ressés sauront où trouver ce document
qui est un peu long; il'nous suffira, de
dire d'une manière générale que par lui
se trouve constitué en faveur des offi-
ciers de réserve et de l'armée territoriale
un droit analogue à celui que la loi
de 1832 a conféré aux of~ciers de. l'ar-
mée. En vertu de ce droit, l'officier
ne peut être .dépossédé de son état, de
son titre d'officier que dans certaines con-
ditions déterminées où l'arbitraire n'a
plus de place. Personne ne saurait dés-
approuver le principe d'une telle me-
sure. Sans parler des considérations
politiques, qui malheureusement ne
sée contre les barreaux de sa cage aussi
tranquillement qu'un chat et paraissait
sommeiller. Sa fourrure superbe me ravit.
J'allais'étendre la main pour la caresser,
lorsque le dompteur accourut.
Jésus Marie s'écria-t-il. Malheureux,
éloignez-vous .Ne voyez-vous pas qu'elle
vous guette ? Si vous commettez l'impru-
dence de la toucher, elle vous déchirera.
Je contins l'envie que j'en avais. Mais
plus je regardais le magnifique animal, si
mollement, si gracieusement étendu dans
sa cage, plus le désir de le caresser s'é-
veillait en moi. Je crois que si je n'eusse
pris le parti de m'éloigner rapidement,
j'aurais fini par passer ma main dans sa
fourrure veloutée.
Et la panthère vous aurait broyé la
main?
–C'est probable!
M°*° Majewska dévora Adam d'un long
regard triomphant.
Puis elle lui tendit son joli bras laissé
nu par la large manche fourrée de sa ka-
sabaika qui flottait librement et l'entou-
rait à peine de ses plis, soyeux..
Allons, dit-elle, venex ici
Vous demandez, Madame ?
Caressez mon bras.
Kosabrodzki devint horriblement rouge.
Mais, Madame, bêgaya-t-il;ypensez-
,ous?
Ne cratgnez rien caressez mon bras.
nca sa main, la retira, puis enfin
i ''icatement et avec une sorte de
la passa de.. bj~j'tY~deIa.beUe
volupté i?nr bras d IVOIre de
veuve,
sauraient êtr.e écartées des questions
d'organisation aussi longtemps que la.
forme même du gouvernement fera l'objet
d'un doute pour .quelques esprits. il est
absolument bon du titre d'ofncier à l'abrit du caprice ad-
ministratif c'est a'.i'.nsi qu'on pourra éle-
ver la cot.sidëratio-n qui s'y attache. Il
faut prendre garde cependant que la
dignité d'un corps' nombreux n'est
pa~ assurée par cela seul que l'on a
réglé les conditions auxquelles on en peut
être exclu; il importerait aussi de fixer
auparavant les règles po~" y être admis,
et de faire qu'il y ait autaat que possible
proportion entre les unes et les autres.
La loi de 1832 était équ.itable parce
qu'elle n'assurait aux ofnciers la propriété
de leur grade qu'après avoir' exigé des
preuves suffisantes de capacité' avant la
mise en possession. Est-on st''r que le
décret du 31 août 1878 soit au.s.si sage,
et qu'il ne confère pas aux intéressés un
droit fort étendu eu égard au peu <~e ga-
ranties que l'on a exigé d'eux avant d'e les
admettre a.u bénéSce de leur situation? C'est
là une question d'équilibre moral en-
tre les devoirs et les droits qu'il n'est
pas oiseux de soulever. Assurément,
personne ne se sentira directement lés'~
si l'équilibre vient à être rompu dans
le sens que nous avons indiqué mais la
valeur d'une institution peut en souffrir,
et le niveau général s'abaisse vite quand
on diminue le prix auquel s'obtiennent les
honneurs.
Ces réflexions perdront certainement non
pas de leur intérêt, mais de leur gravité, sR
l'on ajoute que le décret qui nous occupe
a un caractère essentiellement provisoire.
La loi du 13 mai !87S sur la constitution
des effectifs et des cadres de l'armée
a formellement disposé que l'état des
officiers de réserve et de l'armée territo-
riale « sera réglé par des lois spéciales »,
et qu'il y sera pourvu transitoirement pal-
décret du Président de la république. A
dire vrai, l'urgence de ce décret ne se fai-
sait pas trop vivement sentir, et peut-être
eût-il mieux valu ne pas anticiper sui" les
résolutions qu'auront un jourà prendre les
Chambres. Quelques journaux, se plaçant
à un point de vue qui a bien sa valeur, on't
rappelé que les choix pour 1 es grades~
supérieurs de l'armée territoriale ont
été dictés souvent par des considéra-
tions de politique antirépuMJcaine et.
qu'il a été tenu assez peu de compta
des aptitudes sérieuses des candidats.
Cela n'est malheureusement pas inexact,
de telle sorte que le décret qui vient
d'être rendu comme pour donner satis-
faction à l'opinion publique inquiétée par
quelques destitutions encore .non justifiées
a pour principal efîet de sanctionner
d'une 'manière irrévocable nombre (~c
choix sur lesquels l'intérêt de l'armée"
conseillait peut-être de revenir. De tels,
mécomptes sont inévitables quand on ne'
consulte que les convenances du moment
pour régler des questions où sont enga-
gés des intérêts supérieurs et dura-
bles. Il faut pourtant accepter les choses
comme elles se présentent, et voir sur-
tout les bons côtés du décret, en atten-
dant la loi qui devra statuer dëSnitive-
ment sur les garanties que comporte l'é-
tat des officiers de l'armée territoriale.
Une telle loi ne saurait venir utilement
en discussion que du jour où la forme dm
gouvernement sera mise hors de contes"
talion car si l'on veut obtenir des ca-
dres sérieux pour notre armée territoriale,
il faut choisir ces officiers sans distinc-
tion d'opinion et pour leurs seules capa-
cités or cela n'est guère possible tant que
la majorité qui existe dans le pays ne sera.
pas passée dans les deux Chambres, pour
décourager tous les ennemis de l'ordre
de choses républicain.
Eh bien! vous voyez que je ne vous
fais aucun mal.
Qui sait? murmura-t-il.
Il parlait sérieusement. Lorsque, long-
temps après minuit, nous sortîmes ensem-"
blé, il soupira pesamment et me dit:
–Une femme bien dangereuse. Elle
me fait peur. C'est la dernière fois que je
mets les pieds chez elle. Ma parole, elle
serait capable. r
Il ne termina pas. Je n'appris jamais ce
dont M' Majewska eût été capable.
Toutes les dames sont pour moi une
énigme, reprit-ii un instant après, une
véritable énigme. Si jamais j'ai la fai- `_
b'esse de devenir amoureux, ce ne sera
que d'une enfant de la nature. Que pen-
seriez-vous' d'une négresse que j'achète-
rais, et qui serait en quelque sorte ma
propriété?
Fi donc, mon ami quelle idée gro-
tesque f toutes les négresses infectent,
l'huile.
C'ept vrai, quand elles sont vieilles.
Dans leur jeunesse, par contre, elles sur-
passent nos femmes par la pureté de leurs
formes, objecta Kosabrodzki. Figurez-,
vous une Vénus d'ébène.un foulard blanc
tordu sur sa tête noire et crépue, et vê-
tue entièrement de satin blanc et de cy-,
gne.
Il s'enfonça dans de doux rêves.
Lorsque je lui dis adieu, il me répéta
encore une fois:
Non, pour le coup, les femmes du
monde sont de vraies énigmes.
MM! 9 SEPTEMBRE
im.
UNM 9 SEPTENBRE
Ët~M
M~O..
.6!S S'AJ~CNNB
tB Bet~icme, ea KaUe,
dans te Luxembourg, en- Tnrquie,
M Suisse, en Syrie, en JRoujnanie et dans !e:<
régences du Maroc et de la Tuïusif
en Chine et &u' Ja~on.
S&s Booyen d'une va!eur payable & PMis ou ut!
meada.ts-poste, soit internationaux~ soit'îrasc~~
m Allemagne, en Autriche, e~ RaRsta,
et dans t6tis les pays du i~oKt =
chez tous les directeurs de postes;
et dans touc les autres pa~ s,
®t-r,lane tan~ les antres ~u~,s,
ttM t'tnTO! d'~c '
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Les aanomeex sont feçRM
etteS~E~. ~
's, pta.cs'd«ta''T!oMf
eï ;m bMeam dn ~OBJ&MAK.; °
ttMMsdoiTMt~tOMs 6t!'ea<[!'66es par ?~t~o)[<
ON S'ABOlmE
tM des Pratres-Samt-Germam-rA.nMrrois. 0.
faux ME t.'AmoMMBMnH~TT
Un an. Siamois. Trois mots.
Dêpartemems. 80&. 40 fr. 20 &.
Paria. 72 ff. 36 fr. i8&.
Il I~s ~tbonaemens partent des I" ot « d9
chaque oicis.'
Pm~
POLITISES ET LITTERAIRES
In tLMMtM, appty to Cew~e and C*, forciez
Dewspanpera ofSce, n, Gresham strcet, G. P. 6.;
tata. Beutzy, Bavtee et C*. Finch t~ne CômMf.
E.C.LnJbn; iMM.W.-Ea.StMKh et a~n,
t86.Strand,W.C.,LondoiL <1 Il
A. BraxeUes, & 1'0/):M pti&Ht~. <€, FM dé la
M&deieine, dans les tibsques et dams !eB bt-
MietM~ues A Vtttpafatso (ChiU},'ch9B M. Oreste* L. TomèM
x. F..
PAMS
DIMANCHE 8 SEPTEMBRE
Le correspondant parisien du ~zMM
'vient de communiquer à son journal
quelques parties nouvelles de ses conver-
sations avec M. de Bismarck. Comme il
s'agit, cette fois, plus spécialement de
nous, on trouvera naturel que nous prê-
tions l'oreille à ces confidences qui sont
faites urbi et orbi, à la Cité et à l'Europe.
Nous laissons de côté, bien qu'ils ne
soient pas sans intérêt, les détails de
mise en scène qui ont rapport au carac-
tère de M. le prince de Bismarck, à sa
vie, à ses habitudes. Le chancelier de
l'empire allemand se préoccupe beaucoup,
paraît-il, de l'histoire et de l'opinion que
la postérité aura de lui. C'est' un noble
sentiment et qui est familier aux grandes
Ames. Le soupçon de duplicité répugne
particulièrement à M. de Bismarck, et il
ne peut pas pardonner à ceux qui l'y
exposent. Nous ne sommes pas de ce
nombre, et nous avons toujours admiré
la sincérité parfaite et quelquefois au-
dacieuse avec laquelle M. de Bismarck
avoue ses projets, montre le but
qu'il poursuit, et semble défier l'univers
de l'arrêter dans sa route. Les petites
intrigues et les surprises qu'elles produi-
sent ne conviennent pas à la nature de
son esprit. C'est pourquoi nous avons
toujours regardé comme un problème sin-
gulier, obscur, anormal, les velléités belli-
queuses que l'Allemagne de M. de Bis-
marck a paru éprouver contre nous au
printemps de 187H. En quoi nous étions-
nous exposés aux colères de notre terrible
voisin? Quel motif d'hostilité pouvait-il
avoir contre nous? On assure que nous
nous relevions trop vite à ses yeux et que
c'était du moins l'opinion du parti mili-
taire à Berlin mais les nus politiques
'savaient parfaitement qu'après avoir ren-
versé M. Thiers nous avions une série
d'épreuves politiques~. traverser, épreu-
ves qui suffisaient abondamment à nour-
rir chez nous les passions de parti, à ab-
sorber notre activité, à fatiguer nos forces.
M. de Bismarck ne s'y est pas mépris. En
tout cas, il eût été indigne d'un homme
d'Etat qui, a le respect de lui-même et de
l'histoire, de dire à un pays tranquille et
paciQque Je me suis trompé à votre
égard, je ne vous ai pas tiré assez de sang
et d'argent, il faut que je recommence.
C'est pourtant l'attitude peu héroïque
que l'on a prêtée à M. de Bismarck, et nous
comprenons qu'elle lui déplaise. Le cor-
respondant du F*MKM lui parlait naguère
de l'espoir, bien plus, de là certitude que
l'Europe avait de voir la paix rétablie,
puisque tels étaient son propre désir et sa
volonté. L'illustre chancelier par un
brusque rapprochement d'idées, s'est
écrié –.Oui, je désire la paix; mais
la voudrais-je aujourd'hui si je ne
l'avais pas voulue déjà en 1875 ?
Et il a pronté, de l'occasion pour s'ex-
pliquer complètement sur cet K épou.
vantail d'une seconde guerre franco-
allemande qui a ému le monde il y a trois
ans. Le correspondant du j?~~ se borne
au rôle de rapporteur, il reproduit de son
ptieux la conversation de M. de Bismarck
avec la physionomie qui lui est propre.
Chacun est libre de la juger comme il vou-
dra, et de chercher, des habiletés cachées
sous cette parole en apparence si franche
et'dans tous les cas si libre d'allures;
mais certainement il ne saurait nous dé-
plaire d'entendre M. de Bismarck se dis-
culper avec une Sorte de dégoût des pro-
jets quelque peu'sauvages qu'on lui avait
attribués à notre égard.
Il n'y a pas de fumée sans feu, comme
dit notre proverbe. M. de Bismarck avoue
donc que le parti militaire prussien a ma-
Difesté une sorte d'inquiétude en 1875. Il
FMM eu jotmL m cmrs
.a
DU 9 SEPTEMBRB.1S78. .«ït ï)"~<'
;;ï'
,~x;, n
'm ANOUBS D'ADAM KOSABRODZKÏj
Il passait si notoirement pour un philo-
sophe que, lorsque j'eus l'occasion de faire
ga connaissance 6hez M*°~ Majewska, mon
étonnement c'eut plus de limites. Le type
socratique n'est pas rare dans nos con-
tréeg. On y rencontre jusqu'à des pay-
sans qui ressemblent d'une manière frap-
pante au portrait qu'on nous fait du mari
de Xànthippe. Je m'attendais donc à voir
quelque personnage dans ce genre, a la
mise négligée,, à ta pose pleine de solen-
nité, un de ces hommes d'esprit ennn,
habitués & faire valoir leurs talens dans
un mi)ieu restreint, dans un petit groupe
d'élus qui ne les admirent, en somme,
que par convention ou parce qu'ils ne les ~s
comprennent pas. Jugez de ma surprise
lorsque je me trouvai en présence d'un
jeune et joli blondin, aimable, insouciant,
naïf de cceur et d'esprit, et vêtu* à la der-
nière mode.
'Je me promis, par conséquent, de l'êtu-
dier à mon aise et de découvrir ce qu'il
pouvait bien y avoiy de philosophie dans
ce petit gandin aux mains fines et soi-
gnées, et à la coiHure aussi correcte que
ceUe d'un officier de hussards.
Je crois que je ne s&rais jamais venu à
y a eu peuFëIre~ quelque plan esquissé
d'une agression contre la France. Mais
quelle a été. sa conduite, à lui, chancelier
de ,l'empire? Il a fait tout échouer
par l'adresse avec laquelle il a révélé
au grand jour les plans cachés dans
certains esprits. L'instrument de cette
révélation a été M. de Radowitz, un
des principaux fonctionnaires du minis-
tère des affaires étrangères, et le déposi-
taire en a été M. de Gontaut-Biron, notre
ambassadeur. La scène s'est passée dans
un bal de la cour. M. de Radovitz a dé-
claré très sérieusement à M. de Gon-
taut que la France se relevait trop
vite et que cela était intolérable. M. de
Gontaut a été encore plus sérieusement
épouvanté. Il a crié au secours Les ca-
binets se sont mis en travail. Lord Derby
a fait une déclaration. Le prince Gortcha-
koff a écrit un télégramme-Manifeste.
Enfin, la bulle de savon soufflée par
M. de Radowitz devant M. de Gontaut n'a
pas tardé à crever. C'est ce que voulait
M. de Bismarck, du moins il l'assure
mais il aurait voulu que la bulle
en question s'évanouît, sous un sim-
ple coup d'épingle, et il a été évidemment
irrité de ce que le prince Gortchakoff ait
jugé à propos de la percer de part en part
et non sans fracas avec sa grande plume
diplomatique. Il faut ici laisser la parole
au correspondant du ~M~
f Je ne pourrais pa~ désirer la paix, a dit
M. de Bismarck,* si j'étais le' scélérat (~M-
?ptcA<) que le prince Gortchakon'a fait de moi
en 1875. Toute l'Histoire qui a~ors a ému
l'Europe, et à laquelle une lettre adressée au
Times a donné un si retentissant écho, n'a
été qu'une trame concertée entre Gort-
ehakou et Gontaut. Citait un complot entre
Goutaut et Gortchakoff, dont le dernier a été
avide de récolter les éloges des journaux fran-
çais et d'être appelé le sauveur de la France.
Ils ont arrangé l'anaire de manière à la faire
éclater le jour même de l'arrivée du czar a
Berlin. Le czar devait apparaître comme un
$MO~ ~o/ et, par sa seule apparition,
donner la sécurité à la France, assurer la
paix de l'Europe et sauver l'honneur de
l'AUemagne. Je n'ai jamais vu un homme
d'Etat agir avec plus de légèreté d'esprit,
être mû par un plus pur sentiment de
vanité, compromettre plus aisément l'amitié
entre deux pays et s'exposer à des con-
séquences des plus sérieuses, dans le seul
but de s'attribuer le rôle de sauveur lors-
qu'il n'y avait rien à sauver, ni aucun
'danger en perspective. Je l'ai dit à l'empe-
reur de Russie. J'ai dit à GortchakofT
Si vous désirez si vivement une apothéose
française, nous avons encore assez de moyens
dont~ nous pouvons disposer à Paris pour
vous faire apparaître sur quelque théâtre my-
thologique avec des aites a vos' épaules
et un feu de Bengale comme auréole.
En vérité, il ne valait pas la peine de
nous dépeindre comme des scélérats pour
aboutir seulement à un télégramme-circu-
laire 1 Cette fameuse circulaire, continue
M. de Bismarck, commençait par ces mots:
c La paix e&t maintenant assurée. Et lors-
que je me suis plaint de cette phrase qui
confirmait toutes les rumeurs alarmantes, on
l'a changée dans les termes suivans « Le
N maintien de la paix est maintenant assuré
ce qui ne valait guère mieux. J'ai dit
au chancelier russe Certes, il n'y a
pas lieu de vous féliciter de ce que
vous avez fait en risquant notre amitié
pour une vaine satisfaction personnelle.
Je vous déclare franchement que je suis bon
ami, avec des amis, et bon ennemi avec des
ennemis.– Et Gortchakoff, ajoute M.-de
Bismarck, engagé pendant, ces deux dernières
années dans les affaires d'Orient, a eu l'occa-
sion de s'en convaincre. Sans l'a.H'aice del87!
il ne serait pas dans la situation où il est au-
jourd'hui,. et n'aurait pas subi la défaite poli-
tique qu'il vient d'essuyer, a
Cette citation dispense de tout commen-
taire. Aussi bien n'en avons-nous aucun
à présenter. Tout ce récit est curieux et,
à. ce titre, il devait être mentionné.
S'il ne contient pas toute la vérité, il
en contient une partie. M. de Bis-
marck n'est pas homme à parler au
hasard de l'improvisation. Il sait bien
ce qu'il dit et pourquoi il le dit.
Quelle que soit l'opinion de chacun sur
les événemens de 1875, on trouvera inté-
bout de mes investigations si la Belle et
avisée M"° Majewskane m'était un jour
venue en aide.
Ce qui surtout avait contribué à faire à
Adam Kosabrodzki la réputation d'un sage,
c'était une particularité qu'il ne devait
peut-être qu'à sa timidité et à son inno-
cence. Il fuyait les femmes. Aussi le pre-
nait-on volontiers pour un disciple du
Schopenhauer polonais. Rien n'était moins
vrai. Kosabrodzki ne connaissait pas plus
ce philosophe qu'aucun autre, à partir de
Kung-fu-tsé jusqu'à Hegel. Il n'aimait que'
la poésie. Il n'était pa? du tout de l'avis du
célèbre penseur qui a qualifié les femmes
d'Êtres inférieurs, de créatures frivoles,
indignes de l'étude d'un homme de génie.
Kosabrodzki, lui, jugeait les femmes très
prudentes, énigmatiques et fort dange-
reuses. Il ne les méprisait pas il se con-
tentait de les redouter et de les fuir
comme la peste. Elles, de leur côté, lui
rendaient cette tâche facile. Chaque femme
redoutait d'être soumise par Kosabrodzki
à une analyse philosophique. Les dames
âgées seules recherchaient sa société et
se donnaient mille peines pour le faire
revenir de ses bizarres opinions.
Une seule femme pouvait se vanter
d'exercer sur lui une certaine influence,
M" Majewska. C'était une jeune veuve,
belle, riche, aux yeux sombres et langou-
reux, à la luxuriante et noire chevelure.
Elle avait beaucoup d'adorateurs. Elle ré-
gnait en despote sur toute la jeunesse de
la. contrée et paraissait attacher un grand
prix à la conquête de mon innocent phi-
ressant de savoir comment il convient à
M. de Bismarck de les présenter aujour-
d'hui.
Le télégraphe nous a apporté hier soir
et une seconde dépêche a connr.'né ce
matin la mort sanglante de'Mehemet-AIi
àYakova. C'estlà un des p!us tristes épi-
sodes ,de l'occupatio'n par l'Autriche
des provinces qui lui sont assignées
par le traité de Berlin. On sait que les
Albanais, population guerrière et plus fa-
rouche encore qu'on ne le croyait, ont
formé une ligue pour s'opposer par la
force au sort qui leur est réservé. Les
districts d'Antivari et de Podgoritza
doivent être annexés au Montenegro,
et ceux de CourchoumU et de Leskowatz
à la Serbie; enfin les Autrichiens ont le
droit de mettre des garnisons dans le pa-
chalik de Novi-Bazar. Mais les Albanais,
qm ne reconnaissent plus l'autorité de la
Porte depuis que le Congrès les en a allégés,
ne reconnaissent pas davantage l'autorité
du Congrès pour les dispositions nouvelles
qu'il a établies. L'anarchie, qui était déjà
dans les instincts du pays, est devenue
sa seule loi. Ceux qui n'avaient pas
prévu ces conséquences inévitables du
dernier traité reprochent à la Porte de
ne les avoir pas empêchées car il
est convenu aujourd'hui que la Porte,
à laquelle on enlève des provinces sous
prétexte qu'elle ne peut pas les gou-
verner. doit les gouverner pourtant et
y maintenir l'ordre pour y faciliter
l'installation du nouveau gouvernement.
En butte aux plus vifs reproches et à
d'amères revendications, la Porte a en-
voyé Mehemet-Ali comme commissaire
extraordinaire pour pacifier l'Albanie
et prêcher la soumission à la volonté
de l'Europe. Elle ne pouvait pas faire
un choix plus convenable. Mehemet-Aii
s'était montré général habile mais pru-
dent, diplomate exercé, homme d'esprit
et de cœur, et l'attention de l'Europe s'était
arrêtée sur lui comme sur une des personna-
lités les plus intéressantes de la Turquie.
Tous les journaux avaient fait sa biogra-
phie et avaient rappelé son origine
moitié française et moitié allemande.
Sa mort tragique surprendra sans
doute ceux qui croyaient que la
mauvaise volonté de la Porte était la
seule cause des embarras que trouvent
les actionnaires du traité de Berlin pour
toucher leurs dividendes. Il y a là une ré-
vélation significative; mais il est fâcheux
qu'elle ait coûté la vie à un homme aussi
distingué que Mehemet-Ali.
fetMe BoMroe du dtmaMche.
Emprunt S 0/0. 113fr.M,421/2,471/2,M.
30/0. 77fr.~0..
5 0/Oturc. 13fr.40,30.
Banque ottomane.. SO~ fr., SOC fr. 25.
Egyptiennes 60/0.. 278 fr. 12, 275 fr., 278 & 12.
ExLër"'espagnole.. 14.
Intérieure. 131S/16.
Florins (or). 641/16;
't4-
TéMgrapMe privée
!Sa?vi<:e t~~ifitphiqut de f agença Ha~M.}
Berlin,Ie8 8 septembre.
Des avis reçus par l'ambassade de Turquie
confirment la mort de Mehemet-Ali. Les Albanais
deYakova etdeDipeckont envahi la maison où il
était descendu et l'ont poursuivi jusque dans un
endroit fortifié où il s'était réfugié C est là qu'il
a été tué. Uue grande surexcitation règne dans
toutes les populations albanaises qui, eh vertu
du traité de Berlin, doivent passer à la Serbie
ou au Monténégro, ou subir l'occupation autri-
chienne.
Saint-Pétersbourg, le 7 septembre.
fOfûciel). Le grand-duo Nicolas-Nicolaïevitch a
télégraphié à l'empereur, le 6, à huit heures
vingt minutes du soir
« Je suis heureux d'annoncer à Votre Majesté
la prise de possession de Batoum. Je viens de
recevoir de l'adjudant-général Swiatopolk-Mirsky
unedépêchequidit:
< Ce matin. à onze heures, les troupes russes
sont entrées à Batoum. Peu de temps après, le
losophe. Elle coquetàit avee lui d'une fa-
çon tout à fait neuve. Elle le traitait en
camarade intime, bien qu'aucune con6-
dence n'eût jamais été échangée entre
eux, et agissait vis-à-vis de lui avec un
sans-gêne qui à chaque occasion l'em-
barrassait horriblement. Des visites arri-
vaient-elles, elle lui remettait les clefs de
l'office en le priant de s'occuper de
mille petits détails de ménage. AUait-
eUe au bal, il se voyait obligé de
l'accompagner. Bien plu.?, chaque fois
qu'un danseur la ramenait à sa place,
elle laissait couler de ses belles épaules
potelées sa mante d'hermine sur le bras
de Kosabrbdzki qai, tout frémissant à ce
contact, se blottissait dans un angle ou
s'appuyait en tremblant contre les ten-
tures. Oui, en vérité, rien n'émotionnait
plus Kosabrodzki que le toucher d'une
fourrure tiède et souple. Il croyait la voir
palpiter comme un être vivant; il n'é-
tait pas jusqu'au parfum suave resté
parfois attaché aux longues soies de
l'hermine qui ne lui causât des étourdisse-
mens aussi forts que ceux que produit
la vapeur acre et tournoyante d'une
lampe magique.
Un soir que tout le monde venait de se
retirer, nous étions assis tous les trois
dans un petit boudoir bleu que M' Ma-
jewska affectionnait particulièrement. H
faisait très froid dehors. La pluie claquait
lugubrement contre les vitres le vent
hurlait et secouait le feuillage des peu-
pliers plantés autour de la seigneurie,
an vrai temps pour la causerie intime.
pavillon russe a été arboré dans le port. Des au-
torités russes ont pris en main l'administration
de la ville. Dervisch Pacha m'a reçu à. la tête
d'une députât ion des habitans et du cierge chré-
tien et musulman. Les autorités civiles turques
avaient quitté la ville avant l'entrée des troupes
russes. Environ quinze bataillons de troupes otto-
manes y étaient restés. Dervisch Pacha prend
des mesures nour les f
nommé gouverneur provisoire de Batoum. Le
pays est parfaitement tranquiUe. ))
Raguso,ie 8 septembre.
Hier, à trois heures de l'après-midi, le général
Popp et le général Nagy. à la tête du régiment
d'artiiierie Nobili, sont entrés à Trébigne. Us
n'ont rencontré qu'une faible résistance aux tran-
chées avoisinantes occupées par des insurgés. On
attend des détails.
La garnison s'est rendue à discrétion.
Constantinople, le 7 septembre, soir.
Le nombre des Russes qui ont quitté le terri-
toire turc jusqu'à présent s'élève à 3S,MO.
Athènes, le 7 septembre.
La Porto, en réponse à la dernière Note du
gouvernement he)t''nu{ue, ayant simplement
déclaré qu'i) lui fallait attendre la réponse des
puissances à son Mémorandum, M. beiyannis,
ministre des affaires étrangères. a expédié aujour-
d'hui ta circulaire dans laquelle il demande la
médiation des puissances.
Raguse, le 8 septembre.
Les Autrichiens ont occupé Trébigne hier à
midi, sans rencontrer de résistance. Les troupes
turques ont évacué la citadelle et se sont reti-
rées hier soir.*
Vienne, le 8 septembre.
On annonce officiellement que la 36' division a
occupé hier Priedor, après avoir désarmé la po-
pulation de Novi et des environs. Le 6, le major-
général Sametz a attaqué les insurgés et les a
rejetés sur la rive gauche de la Sana après un
combat acharné.
Les troupes, qui étaient épuisées de fatigue, se
sont reposées le 7. Les Autrichiens ont perdu
150 hommes.
Rome, le 8 septembre.
Le roi a assisté hier au passage du t* corps
d'armée prés de la rivière Melta.
Demain ont lieu de grandes manœuvres.
Le 12, revue des troupes à Ghedi.
Les officiers étrangers qui assistent aux ma-
nœuvres ont été invités a dîner hier par le roi.
Rome, le 8 septembre.
On assure que Mgr Jacobini aura pour mission
spéciale de régler les différends existant avec la
Russie au sujet de l'Egfise de Pologne. Mgr Ja-
cobini quitterait Rome au commencement du
mois prochain.
II aura aussi pour instructions d'établir la hié-
rarchie catholique en Bosnie et en Herzégovine.
Les bons conservateurs que nous sa-
vons, les inventeurs brevetés et exploi-
teurs patentés de l'ordre moral ont changé
de tactique à l'égard de la mémoire de
M. Thiers. Ils ont fait cette heureuse trou-
vaille que M. Thiers n'a été républicain que
dans les dernières années de sa longue et
active carrière, et que, même alors, il n'a
partagé aucune des idées du parti républi-
cain. Sans même rappeler les paroles vio-
lentes par lesquelles il caractérisait la
république quand il était ministre de la
monarchie, nous nous bornons à repro-
duire ce qu'il disait en 1872 à la tribune
de l'Assemblée de Versailles:
ce n'est pas parce que je partage les opinions
des honorables députés qui siègent sur ces
bancs (en montrant la gauche), ce n'est pas
parce que je partage les opinions non pas des
plus avancés, mais des plus modérés. Non 1
lis savent que sur la plupart des questions
sociales, politiques et économiques, je ne
partage pas leurs opinions ils le savent; je
îe leur ai dit toujours.
n Non, ni sur l'impôt, ni sur l'armée, ni
sur l'organisation sociale, ni sur l'organisa-
tion de la république, je ;ne pense pas comme
eux. a
euz. n ° (./0!M'~ o/~C! novembre 1872,
page74U9.)
Ces citations rétrospectives qu'on se
plaît à nous mettre sous les yeux ne nous
apprennent rien. Nous savons très bien
que M. Thiers avait passé la plus grande
partie de sa vie à défendre une forme de
gouvernement qui n'était pas la répu-
blique, et que, comme beaucoup d'autres,
il a été amené à accepter et à aimer la
république par nécessité, par sagesse,
par clairvoyance et par patriotisme.
On se trompe beaucoup si l'on s'imagine
faire du mal au parti républicain en lui
répétant sans cesse qu'il a pris pour guide,
La jolie' veuve venait de changer
de toilette. Elle avait mis ses élé-
gantes mules de fourrure, et sa chaude
kasabaika de velours bleu garnie de mar-
tre. Maintenant, elie était assise sur le di-
van, les mains plongées dans les manches
de sa jaquette. Kosabrodzki apprêtait le
samovar.
Tout à coup, M""= Majewska s'écria
Mais, mon cher Adam, qu'avez-vous
donc, je vous en conjure Vous êtes
étrange ce soir.
Moi ? 2
Kosabrodzki changea de couleur. °
Oui, vous, continua la jolie veuye.
Vous me regardez d'un air singulier, et
votre main.
–Ma main.
Il ~'embarrassait visiblement.
Votre main s'approche de ma kasa-
baika ei s'en retire fiévreusement comme
au contact ~serpent.
Je ne sah ~s vraiment, bégayait-il.
Un philosopha doit toujours avoir le
courage de dire la vé~ P~~
vous vous piquez d'être ~osophe, nest-
ce,pas?. = niofondé-
~est que il respira
ment j'ai visité l'année dermert. a ~o-
lomea une ménagerie.
Eh bien quoi? Y en a-t-il encore
EtM' Majewska, regardantKosabrodzki,
éclata de rire.
Je vous en prie, ça se rapporte à ce
que vous disiez tout à l'heure, reprit-il.
Dans cette ménagerie, il y avait une dé-
Ucie ose panthère. Elle était étendue, pre-s-
pour chef, pour protecteur, un homme
qui l'avait combattu pendant toute sa vie,
et qui ne perdait pas une occasion de dé-
clarer que sur presque tous les points de la
politique générale il ne partageait aucune
de ses doctrines. On ne s'aperçoit pas
que c'est faire le pins grand éloge des ré-
publicains de la veille et montrer l'im-
mense progrès qu'ils ont fait en intelli-
gence politique et en esprit de conduite.
S'ils ont accepté M. Thiers pour chef et
pour directeur, c'est que, malgré tous les
dissentimens d'application, il
M. Thiers était avant tout et par-dessus
tout un enfant de la Révolution fran-
çaise, un représentant de l'Etat moderne
et de la nouvelle société civile. Les libé-
raux pouvaient regretter de le voir entre-
tenir et défendre des opinions et des doc-
trines oblitérées, mais ils savaient qu'ils
ne trouveraient jamais en lui un traître.
Ils se laissaient dire par lui qu'il ne par-
tageait aucune de leurs idées sur l'im-
pôt, sur l'armée et sur bien d'autres
matières; mais ils savaient et i!s sen-
taient que cette voix qui les avertis-
sait était une voix amie et fidèle.
C'est au contraire faire l'éloge des
républicains que de leur rappeler les dis-
sentimens qui les séparaient du grand
Français qu'ils ont perdu. Ces dissenti-
mens n'ont jamais été dissimulés; ils se
sont exprimés au grand jour, etcependant
ils n'ont jamais rompu l'alliance. Us se
manifestaient sur le terrain administratif,
sur le terrain économique, même sur le ter-
rain religieux, et cependant on se tenait
toujours. C'e.st qu'il y avait des raisons
supérieures d'union et d'entente, et c'est,
de la part des républicains, un signe
profond d'intelligence politique d'avoir su
accepter cette domination momentanée qui
quelquefois touchait à la dictature. Il fal-
lait avant, tout, comme il le faut au-
jourd'hui encore, fonder la république,
et nul n'était plus propre à cette fonction
que l'homme qui depuis soixante ans
avait été la personnification la plus in-
time, la plus fidèle, la plus familière de la
société française. Voila pourquoi les ré-
publicains ont été très sages et très pers-
picaces en discernant dans l'ancien minis-
tre de la monarchie ce lien qui l'attachait
les formes nouvelles aux formes anciennes
et facilitait la transmission sans secousses
violentes. M. Thiers avait, sur beaucoup
de points, des doctrines dinérentes des
leurs, c'est possible, et ce n'est pas une
découverte historique; mais les républi-
cains, en prenant patience et en subor-
donnant des opinions secondaires à un
grand intérêt général, ont prouvé qu'ils
avaient l'esprit de conduite et de gouver-
nement, et dans cet adversaire de pres-
que toutes leurs idées ils ont pu saluer le
fondateur et le premier Président de la
république française.
JOHN LEMOINNÈ.
LeVoM~K~ o//?e~' du 5 septembre
publié un décret, portant la date du
31 août 1878, sw Fêtât des officiers de ré-
serve et de l'armée territoriale. Les iuté-
ressés sauront où trouver ce document
qui est un peu long; il'nous suffira, de
dire d'une manière générale que par lui
se trouve constitué en faveur des offi-
ciers de réserve et de l'armée territoriale
un droit analogue à celui que la loi
de 1832 a conféré aux of~ciers de. l'ar-
mée. En vertu de ce droit, l'officier
ne peut être .dépossédé de son état, de
son titre d'officier que dans certaines con-
ditions déterminées où l'arbitraire n'a
plus de place. Personne ne saurait dés-
approuver le principe d'une telle me-
sure. Sans parler des considérations
politiques, qui malheureusement ne
sée contre les barreaux de sa cage aussi
tranquillement qu'un chat et paraissait
sommeiller. Sa fourrure superbe me ravit.
J'allais'étendre la main pour la caresser,
lorsque le dompteur accourut.
Jésus Marie s'écria-t-il. Malheureux,
éloignez-vous .Ne voyez-vous pas qu'elle
vous guette ? Si vous commettez l'impru-
dence de la toucher, elle vous déchirera.
Je contins l'envie que j'en avais. Mais
plus je regardais le magnifique animal, si
mollement, si gracieusement étendu dans
sa cage, plus le désir de le caresser s'é-
veillait en moi. Je crois que si je n'eusse
pris le parti de m'éloigner rapidement,
j'aurais fini par passer ma main dans sa
fourrure veloutée.
Et la panthère vous aurait broyé la
main?
–C'est probable!
M°*° Majewska dévora Adam d'un long
regard triomphant.
Puis elle lui tendit son joli bras laissé
nu par la large manche fourrée de sa ka-
sabaika qui flottait librement et l'entou-
rait à peine de ses plis, soyeux..
Allons, dit-elle, venex ici
Vous demandez, Madame ?
Caressez mon bras.
Kosabrodzki devint horriblement rouge.
Mais, Madame, bêgaya-t-il;ypensez-
,ous?
Ne cratgnez rien caressez mon bras.
nca sa main, la retira, puis enfin
i ''icatement et avec une sorte de
la passa de.. bj~j'tY~deIa.beUe
volupté i?nr bras d IVOIre de
veuve,
sauraient êtr.e écartées des questions
d'organisation aussi longtemps que la.
forme même du gouvernement fera l'objet
d'un doute pour .quelques esprits. il est
absolument bon
ministratif c'est a'.i'.nsi qu'on pourra éle-
ver la cot.sidëratio-n qui s'y attache. Il
faut prendre garde cependant que la
dignité d'un corps' nombreux n'est
pa~ assurée par cela seul que l'on a
réglé les conditions auxquelles on en peut
être exclu; il importerait aussi de fixer
auparavant les règles po~" y être admis,
et de faire qu'il y ait autaat que possible
proportion entre les unes et les autres.
La loi de 1832 était équ.itable parce
qu'elle n'assurait aux ofnciers la propriété
de leur grade qu'après avoir' exigé des
preuves suffisantes de capacité' avant la
mise en possession. Est-on st''r que le
décret du 31 août 1878 soit au.s.si sage,
et qu'il ne confère pas aux intéressés un
droit fort étendu eu égard au peu <~e ga-
ranties que l'on a exigé d'eux avant d'e les
admettre a.u bénéSce de leur situation? C'est
là une question d'équilibre moral en-
tre les devoirs et les droits qu'il n'est
pas oiseux de soulever. Assurément,
personne ne se sentira directement lés'~
si l'équilibre vient à être rompu dans
le sens que nous avons indiqué mais la
valeur d'une institution peut en souffrir,
et le niveau général s'abaisse vite quand
on diminue le prix auquel s'obtiennent les
honneurs.
Ces réflexions perdront certainement non
pas de leur intérêt, mais de leur gravité, sR
l'on ajoute que le décret qui nous occupe
a un caractère essentiellement provisoire.
La loi du 13 mai !87S sur la constitution
des effectifs et des cadres de l'armée
a formellement disposé que l'état des
officiers de réserve et de l'armée territo-
riale « sera réglé par des lois spéciales »,
et qu'il y sera pourvu transitoirement pal-
décret du Président de la république. A
dire vrai, l'urgence de ce décret ne se fai-
sait pas trop vivement sentir, et peut-être
eût-il mieux valu ne pas anticiper sui" les
résolutions qu'auront un jourà prendre les
Chambres. Quelques journaux, se plaçant
à un point de vue qui a bien sa valeur, on't
rappelé que les choix pour 1 es grades~
supérieurs de l'armée territoriale ont
été dictés souvent par des considéra-
tions de politique antirépuMJcaine et.
qu'il a été tenu assez peu de compta
des aptitudes sérieuses des candidats.
Cela n'est malheureusement pas inexact,
de telle sorte que le décret qui vient
d'être rendu comme pour donner satis-
faction à l'opinion publique inquiétée par
quelques destitutions encore .non justifiées
a pour principal efîet de sanctionner
d'une 'manière irrévocable nombre (~c
choix sur lesquels l'intérêt de l'armée"
conseillait peut-être de revenir. De tels,
mécomptes sont inévitables quand on ne'
consulte que les convenances du moment
pour régler des questions où sont enga-
gés des intérêts supérieurs et dura-
bles. Il faut pourtant accepter les choses
comme elles se présentent, et voir sur-
tout les bons côtés du décret, en atten-
dant la loi qui devra statuer dëSnitive-
ment sur les garanties que comporte l'é-
tat des officiers de l'armée territoriale.
Une telle loi ne saurait venir utilement
en discussion que du jour où la forme dm
gouvernement sera mise hors de contes"
talion car si l'on veut obtenir des ca-
dres sérieux pour notre armée territoriale,
il faut choisir ces officiers sans distinc-
tion d'opinion et pour leurs seules capa-
cités or cela n'est guère possible tant que
la majorité qui existe dans le pays ne sera.
pas passée dans les deux Chambres, pour
décourager tous les ennemis de l'ordre
de choses républicain.
Eh bien! vous voyez que je ne vous
fais aucun mal.
Qui sait? murmura-t-il.
Il parlait sérieusement. Lorsque, long-
temps après minuit, nous sortîmes ensem-"
blé, il soupira pesamment et me dit:
–Une femme bien dangereuse. Elle
me fait peur. C'est la dernière fois que je
mets les pieds chez elle. Ma parole, elle
serait capable. r
Il ne termina pas. Je n'appris jamais ce
dont M' Majewska eût été capable.
Toutes les dames sont pour moi une
énigme, reprit-ii un instant après, une
véritable énigme. Si jamais j'ai la fai- `_
b'esse de devenir amoureux, ce ne sera
que d'une enfant de la nature. Que pen-
seriez-vous' d'une négresse que j'achète-
rais, et qui serait en quelque sorte ma
propriété?
Fi donc, mon ami quelle idée gro-
tesque f toutes les négresses infectent,
l'huile.
C'ept vrai, quand elles sont vieilles.
Dans leur jeunesse, par contre, elles sur-
passent nos femmes par la pureté de leurs
formes, objecta Kosabrodzki. Figurez-,
vous une Vénus d'ébène.un foulard blanc
tordu sur sa tête noire et crépue, et vê-
tue entièrement de satin blanc et de cy-,
gne.
Il s'enfonça dans de doux rêves.
Lorsque je lui dis adieu, il me répéta
encore une fois:
Non, pour le coup, les femmes du
monde sont de vraies énigmes.
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