Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-09-05
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Description : 05 septembre 1878 05 septembre 1878
Description : 1878/09/05. 1878/09/05.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
SÉDITION DE PARIS.
JMJMAL DES DEBATS
~i'S '7 '.r.~
POHT!QtJES ET UTTERAtRES
~?~
JHIM S SEPTEMBRE
-r'JMMS SEmBSjE
â~Tf's
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S'AB
ea BeIgiqNe, en ItaNe.
dans le Luxembourg, en Turquie,
aa Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans its~
Mgences du Maroc et de la Tunisif
en Chine et au Japon,
'aR moyen d'une valeur payaNe à Pans on de
a~Mtdats-poste, soit internationaux, soit francs~
et dans tous les pays du Nord
chez tous tes directeurs de postée;
et dans tous les autres pavs,
0N S'ABOIE
)CRC des Pr6trea-Sai&t-GermMn-t'Aaxerm!S. tt.
)?~aX BB tL'AB'aMMNJNNMT
Un am. Six moift. Trois enout,
Mpa~tcmeM. 80 ?< 40 Ïr. ?o&.
D~b~a#t0m0üs. $P nt kD Ïr, ~0 ft;
P~HMS. '72&. 36 &. i
ï chaque moiE.
~M«, ~éyM~emetBt, nm mnm<< M eea~
Ih JLem~est, tPP~V to Cmwte aBd C', M~e~SB
newspMpeM omce, t7, Gresham street, G. P. 6.;
MM. Neotzy, mB. C. L mdbn, f~Nt. 'W.-M. )S*)t«~ et MM'
186, Strand, w. C., London.
A.Bf)MeUes, & t'P/?b<< pttM<«M,<6, me delà
M&de~eîne, d~s les ktosq~es jet dans tes b!-
bMothëqnes des eares déchemi~s de fef be!ees
A V~pa:~M(eh;)~ d!M M. Qy~es L. To~~
~s amaonces sont Mçn
-'<*8,p!acedeta%onrse,
<~ att bRreca 6m ~CtRNAJt. t
~sdoW~ttomonxs etreaMMaa pBr f~MMcB.
PAMS
MEMREDÏ 4 SEPTEMBRE
*Tous ceux qui ont assisté hier au ser-
vice anniversaire de M. Thiers et à la ma-
nifestation du Père-Lachaise en garderont
un profond souvenir. Nous avons décrit
les formes extérieures de la cérémonie, la
magnifique décoration de Notre-Dame, les
accords touchans et puissans de la musi-
que, le concours immense d'assistans
qui se ~oht pressés à l'église ét au cime-
tière mais ce que nous n'avons pas dé-
crit, ce qu'il serait impossible d'exprimer
avec des mots, c'est le recueillement et la
douleur silencieuse de cette foule venue
de tous les points de la France pour ren-
dre un dernier hommage au libérateur du
territoire et au fondateur de la république.
On a lu la liste des délégations arrivées
de province. Un grand nombre de villes
avaient voulu s'associer d'une manière
directe à ce grand deuil national; maison
peut être sûr que presque toutes celles
qui n'avajtent pas pu se faire représenter
officiellement à la cérémonie de Paris ont
pris part néanmoins à l'émotion générale
d'un Jour qui rappelle à la France de
sipoignans souvenirs. Le 3 septembre
restera parmi les tristes anniversaires
de notre histoire contemporaine. Et pour-
tant, en dépit du matheur irréparable
vers lequel il reporte notre pensée, com-
ment ne pas éprouver une sorte de satis-
faction au spectacle de cette grande popu-
lation parisienne, jadis si fougueuse et si
naturellement portée aux démonstrations
bruyantes, s'inclinant aujourd'hui avec
un respect muet devant la tombe de
l'homme qui lui a appris à ne manifester
ea force que par sa sagesse et par sa mo-
dération ? Nous n'avons pas oublié les
menaces de la presse réactionnaire nous
annonçant, l'année dernière, que les ob-
sèques de M. Thiers donneraient lieu aux
plus violens désordres. On n'a pas osé ré-
péter ouvertement, cette année, l~St mô-
mes prédictions. On s'est contenté de
les répandre à. la sourdine. A un an
d'intervalle, les hommes qui espéraient
voir le peuple parisien sortir de son
recueillement ont été également trom-
pés. Une ioule énorme a accompagné
M"" Tbiërs au Père-Lachaise, mais ell~
n'a fait entendre aucun cri déplacé, aucune
parole malencontreuse elle à su conte-
nir son émotion et garder cette attitude
pleine de réserve et de simplicité qui
convient aux grandes douleurs. M. Thiers
avait usé les derniers jours de sa vie à
inspirer l'amour dé l'ordre aux républi-
cains de toute nuance, à leur apprendre
l'art si difficile de régler ses sentimens et
d'en modérer l'expression son œuvre a
complètement réussi, et plus que jamais
la république conservatrice montre qu'elle
est digne de survivre à son fondateur.
Nous avons reproduit hier l'Adresse que
les instituteurs réunis à Paris pour assis-
ter ~l'Exposition universelle ont lue au
ministre de l'instruction publique, et l'é-
loquente et chaleureuse réponse de
M. Bardoux. Les instituteurs ont dit en
fort bons termes au ministre qu'ils s'ap-
pliqueraient a faire aimera la jeunesse le
'« devoir, la patrie et les institutions qu'elle
B s'est librement données. » Nous espé-
rons, en ëSet, que leur voyage à Paris
n'aura pa'=! été un simple amusement,
mais qu'il leur aura fait mieux com-
prendre la grandeur de la mission dont
ils sont chargés. « II iaut; leur a dit
f M, Bardoux, que vous emportiez de vo"
? tre voyage un amour plus profond en-
)' core de la France il faut que vous
? puissiez juger par vous-mêmes des ef-
forts tentés depuis huit ans pour la re-
M lever. Aidez-nous à la préserver des
B malheurs qu'elle a si injustement souf-
o ferts H Sages et excellentes paroles
qui résument les devoirs essentiels des
instituteurs. C'est à eux qu'est conHée la
première éducation des enfans des villes
et des campagnes c'est donc à eux qu'il
appartient de jeter dans l'âme de ceux
qui seront un jour des citoyens les se-
mences de ces fortes vertus sans lesquel-
les un pays court aux abîmes où nous
avons failli sombrer. Dieu nous garde
de vouloir introduire la politique dans
l'école primaire Mais est-ce de la po-
litique que d'enseigner aux enfans
la foi en la liberté le respect des
traditions nationales, la soumission aux
lois, la reconnaissance envers les hommes
~ui ont assuré à la France, au prix de
tant d'eSbrts, l'égalité civile et les bien-
iaits d'institutions qu'on peut, sans exa-
gération. placer parmi les plus libérales
de l'Europe? Les instituteurs sont les mis-
sionnaires de l'esprit moderne; ils doi-
vent inspirer à la jeunesse l'amour de
notre temps et de notre pays. C'est là leur
œuvre, et, s'ils savent la remplir, ils con-
tribueront plus que personne au relève-
ment de notre cher et malheureux pays.
T~MgM~pt~e pfty~e
(SerTic* tNéRKtpniqae de t';&~nce HaTM
Odessa..lc4sept.6mbr
Des avis réoens de Constantinople annoncent
aue l'insurreotion musulmane du Kazan prend
ae l'extension.
La Porte a de nouveau envoyé & Kazan des
ttoupes et des munitions.
L'agtta.teur Ahmët est arrivé & Siss. où il a fait
mettre en prison tous les fonctionnaires du gou-
vernement..
Vienne,Ie4septémbre.
Le comte Andrassy a déclaré samedi & Cara-
théodory Pacha que le gouvernement autrichien
refusait toutes les modifications et additions
faites par la Porte au dernier projet de conven-
tion présenté par lui, et dont il avait supprimé la
clause relative au drapeau turc après t'avoir pré-
cédemment acceptée.
Le comte Andrassy a 'pareillement supprimé
de ce projet de convention la clause concernant
l'occupation provisoire et la souveraineté du
Suttan.
Constantinople, le 3 septembre, soir.
On assure que la flotte anglaise va prochaine-
ment abandonner son mouillage do rite des
Princes pour se rendre près de l'ïte PachaUman,
dans la mer de Marmara.
Les Russes construisent de nouvelles échelles
d'embarquement sur la côte de la mer de Mar-
mara. ,)"
Le départ de troupes russes continue.
Londres, le 4 septembre.
On télégraphie de Constantinople au
< On annonce officiellement que les troupes
turques, après huit heures de combat, ont défait
tes insurgés d'Adana.
& Le bruit court que tes Grecs s'insurgent dans
la Macédoine et dans les environs de Janina. En n
conséquence, ordre aurait été donné à plusieurs
batail'ons de Salonique de se rendre à Monastir.
On assure également que deux navires de
KQërre ont reçu l'ordre d'aller croiser sur les cotes
grecques. &
D'après une dépêche de Constantinople, adres-
sée au yce que les ambassadeurs ordinaires des puissan-
ces se réunissent pour discuter les conclusions
des commissaires des monts Rhodope aussitôt
que leurs rapports auront été .présentés.
Toutefois, le prince Labanon, ambassadeur de
Russie, s'oppose à cette réunion.
Londres, le 4 septembre.
Le .DtK~ TM~'a.~A annonce, par une dépêche
de Berlin, que les bases d'un futur accord entre
l'Allemagne et le Vatican sont arrêtées. H n'est
pas question même d'un rappel partiel des lois
de mai.
Constantinople, le 3 septembre.
Les Russes ont occupé hier un des forts de
Batoum. Ils entreront dans la vi!)e le 6 sep-
tembre.
Les Lazes ont résolu d'émigrer en masse sur
leterritoiroturc.
Un commissaire a été envoyé de Constantino-
ple pour leut distribuer des terres.
Londres, te 4 septembre.
Le 7'Mt~, dans une dépêche de Bucharest, an-
nonce que M. Cogalniceàno, n'ayant rencontré
aucun encouragement dans les premières capita-
les européennes qu'il a visitées, a abrégé son
voyage pour'rentrer à Bucharest.
AIgpr, le 4 septembre.
Le départ des pèlerins musulmans pour La
Mecque, qui avait été suspendu à cause des pro-
hibitions du Comité sanitaire d'Alexandrie, a été
autorisé, sur la déclaration télégraphiée hier
d'Egypte, que les b&timens venus d'Algérie avec
une patente nette seront admis.
Les avis de Fez constatent que le choléra dans
cette région parait ea voie d& décroissance.
BOURSE DE PAMS
C~tM-c ,1~ 3. ~J!~MM~t~e.
a o/e
Comptante 77 s. ';68!f. 20.
Fin cour. T?<0. 76 9S.IS.
se/o
Amortissable.
Comptant. 86 i! 8020. 5.
Fin cour. 80 15 80~0.
At/WC/e
Comptant 108 7! 109 2S .M-' t
.&o/ai'.
Comptap<,U'!8S.H28!i.J.
Fincoar.U3l0.f.ll3lO. ,J.
PETITE ~OPRSE DU SC)IR.
Emprunt S 0/0. 113 fr. 07 i/2, 08 3/4,06 i/4.
30/0. 76rr.9!i/2.
5 0/Oturc. IStr.M..
Banque ottomane.. 5t3fr.
Florins (or). MS/16,3/16..
Egyptiennes 6 0/0.. 273fr.t2i/2,272fr.5~
Chemins égyptiens. 374 &. 37 i/2.
On nous écrit de Constantinople, le
28août:
a Puisqu'on affirme que l'entrée en fonc-
tions de la, commission chargée de débrouiller
la situation financière de la Turquie est pro-
chaine, il n'est pas hors de propos de vous
soumettre quelques ehiSres puisés à une source
sûre, autant que les choses sont sûres en ce
pays, et qui vous donneront un aperçu de
l'état de nos finances. absentes.
§' L~ tâche que V4 assumer cette commis-
sion peut-elle ôtre menée à bonne 60? C'est
ta. une question iort difnciie à résoudre il
lui sera impossible, en effet, à moins d'une
révolution économique radicale, de mettre la
Turquie en état de satisfaire à ses engage-
mens, d'onectuer !e relèvement de ses nuan-
ces il lui sera peut-être même impossible
d'établir son bilan, comme on dit en langage
commercial.
a Le Trésor sait-il réellement ce qu'il doit?
Il connaît la Dette consolidée, soit! mais
connaît-il au juste sa Dette Qottantè? Notre
comptabilité administrative étant des plus
coûteuses, des plus incomplètes, sans comp-
ter les irrégularités volontaires, avec tés
ëlémens qu'elle peut fournir est-on capable
d'arriver à la vérité ? En outre, les derniers
événemens n'ont-ils pas tout modiné ? Dans
quelle proportion les vilayets perdus, dont
les recettes échapperont désormais au matyé,
supporteront-ils leur part des charges géné-
rales ? Bulgarie, Bosnie, Herzégovine~ Chypre,
Roumélie peut-être s~ut dans ce cas, aussi
bien qu'une partie de l'Arménie quant au
reste, qu~en a fait la guerre, par suite de ré-
migration, des travailleurs enlevés, des eme-
mencemens négligés?
B On est donc en plein dans l'inconnu ce
qu'on sait pertinemment, en revanche, c'est
que les charges auxquelles il fa.ut faire face
sont écrasantes. Les quelques chiffres qui
suivent suf6sent pour le prouver
)) La Dette consolidée se compose de 400 mil-
lions de francs, nominal, montant des quatre
emprunts garantis par le tribut d'Egypte, et
dont le service annuel fonctionne régulière-
ment. H n'y a donc pas à s'en occuper dans
les ajràngemens à intervenir; mais il y a les
milliards 800 miUions de francs, nomina,
provenant des divers emprunts ihtërieurs et
extérieurs, dont 1).{ service es.igeaH annuelle-
ment 223 millions pour intérêts, et SO mil-
lions pour amortissement.
B Pour cette Dette consolidée, il se pré-
sente une première difficulté. Les représen-
tans des détenteurs des titres réclament un
privilège suivant eux, ils doivent passer
avant les créanciers de la Dette flottante.
Cette prétention est-elle sérieusement fondée
et prouverait-on d'une manière irréfutable
qu'un titre de rente est plus respectable que
le Mémoire d'un entrepreneur réclamant de-
puis des années non seulement le prix de
ses travaux, mais encore la restitution de
son cautionnement, disparu dans le gouSre
comme la reste?
)' Un conflit s'élèvera aussi entre les créan-
ciers. Les créanciers de l'emprunt 1872, par
exemple, avaient en garantie les dîmes des
vilayets du Danube. En bonne logique, s'il
en reste de nos côtés, la Bulgarie livrée à
elle-même (?) doit participer aux charges de
la Turquie comme ancienne partie intégrante
do l'empire. Admettons que cette règle de
droit commun soit observée, le produit de la
charge imposée & la Bulgarie ira-t-il aux
créanciers de l'emprunt 1872 seuls, ou ea're-
ra-t-il dans la masse? '{,
s Quoi qu'il en soit, voilà doMe ~me Dette
consolidée de près de 5 milliards s'augmen-
tant d'une Dette flottante impossible à déter-
miner exactement, mais qui, évaluée ap-
proximativement, n'en atteint pas moins des
proportions effrayantes. En effet, il est dû
250 millions de francs aux banques locales
et à leurs groupes d'associés; 130 millions de
Bons du Trésor 1872, ABC, dont l'amortisse-
ment est échu; 1SO millions (chiffre très arbi-
traire), pour les dettes intérieures autres que
celles qui ont été contractées envers les ban-
ques fournitures, entrepreneurs, solde de
l'armée, appointemena arriérés, etc. 370 mil-
lions de papier-monnaie, en évaluant les
16 millions de livres turques de création au
pair de 23 fr., bien qu'aujourd'hui il soit à
300 piastres, c'est-à-dire à 7 fr. 66 ou au tiers;
880 millions de coupons et amortissement
arriérés en suspension de paiement, jusqu'au
en Turquie donc 1 milliard 7~i0 militons de
francs et, au total, une dette de 6 milliards
250 millions i
n Quels sont les revenus de l'empire, quel-
'les sont ses dépenses et quel peut être l'ex-
cédant dès premières sur les secondes à ap-
pliquer au service des Dettes?
Les recettes pouvaient s'élever avant la.
~guerre; d'après les données les plus sérieu-
ses, de 15 à 17 millions de livres turques; les
dcpeuses, de 13 à 14 millions de livres c'est
ainsi un excédant de S à 4 millions de livres
environ, ou, en comptes ronds, en admettant
ce dernier chiffre, environ *)0 millions de
francs.
N Si cet excédant pouvait être appliqué au
service des Dettes, ce serait édcore un rende-
ment de 1 1/2 0/0 du capital, mais nous n'en
sommes plus là la guerre a fait son œuvre
elle a dévasté des régions considérables, amon-
celé les ruines, rédtiit les superficies du ter-
ritoire, diminué la population par les luttes,
par les maladies, par rémigration. Il faut
donc s'attendre à un tout autre budget.
c Comment la commission suppléera-t-elle
à cet excédant maintenant évanoui?
o A tout événement, son mandat sera né-
cessairement celui-ci établir la situation
actuelle et exacte autant que possible du
Trésor, en recettes et en dépenses étudier
la nature des dépenses et les réduire jus-
qu'aux dernières limites. Celles du Palais ne
s'élèvent plus à 80 millions comme au bon
temps d'Abdul-Aziz mais il y a encore
de 'nombreuses réductions qui s'imposent
forcément répartir la Dette nationale entre
les divers pays agrandis par le traité de
Berlin, et proportionnellement aux pro-
duits des territoires annexés; dresser le
bilan de l'empire d'après les données ré-
sultant du nouvel état de choses régler
d'une façon équitable la dette flottante et
unifier, s'il y a lieu, la dette entière de l'em-
pire sur une base qui permette d'assurer le
service du nouveau titre, tout en laissant au
gouvernement les moyens de vivre, de répa-
rer les pertes de tous genres éprouvées dans
ces deux dernières années, d'aider à la réins-
tallation des émigrés, de compléter le matériel
deguerre, etc.; enfin,dresser un pland'org&ni-
sation financière comprenant le fonctionne-
ment de l'administration des nuances, l'étude
delaréformedes impôts et de leur perception,
et les moyens de développer la production.
Développer la production A cet égard, nos
journaux plus ou moins officieux se plaisent
à répéter que le gouvernement est sérieuse-
ment décidé à entrer dans la voie des
concessions utiles, et l'on parte de plu-
sieurs protêts dont les résultats semblent
devoir être importans. Jusqu'ici, le plus
souvent on repoussait tout systématique-
ment ou bien, bakchich aidant, on ac-
cordait des firmans à de véritables coureurs
d'affaires, imaginant des projets plus ou
moins chimériques et ne présentant aucune
garantie pécuniaire. Ceux-ci gardaient leur
Srman en poche, attendant le moment op
portun pour les réaliser, mais empê-
chant souvent, par le privilège qu'ils dé-
tensient~ une source sérieuse de produits
de donner des ressources nouvelles au Trésor.
Il y aura évidemment un changement à cet
égard les Anglais sauront user de leur cré-
dit et de leur influence pour demander et
obtenir, et ils trouveront à leur ambassade
un zèle infatigable pour les appuyer. Les au-
tres ambassades feront bien d'imiter celle-ci
en faveur de leurs nationaux. L'intérêt poli-
tique se compose d'intérêts particuliers, et
il serait bon au moins que, dans le partage
économique de la Turquie qui doit fatalement
se faire, chaque pays eût sa part. Toutefois,
nous ne voyons poindre encore que des Com-
pagnies anglaises exploitation des mines
d'Héraelée et de toutes celles qui abondent
sur le littoral de la mer Noire chemin de fer
d'Haïder Pacha à Angora avec facilité de pro
longer plus tard la li~ne dans l'intérieur de
la Mésopotamie; chemin de fer d'Ismidtà
Ada-Bazar; chemin de fer allant jusqu'à Bag-
dad avec ramifications dans toute l'Anatolie,
tout cela est mis sur le tapis, et les de-
mandes de concessions ont été faites par des
capitalistes anglais.
Voilà qui peut s'appeler faire vite et
grand. Rabelais a dit, il est vrai, qu'on doU
considérer que nature ne endure pas muta-
tions soubdaines sans grande violence ))
mais, dans l'espèce, « la violence o n'est-eUe
pas un peu trop grande? Q'est affaire aux
capitalistes qui se résignent.
a Certains esprits plus modérés indiquent
une voie plus simple et peut-être plus sûre.
Ce pays, disent-ils, possède le sol le plus
riche de l'Europe; et s'il ne donne que le
cinquième au maximum de ce qu'il pourrait
produire, c'est le manque de sécurité dans la
propriété, les abus commis dans la perception
des impôts, le déboisement, l'absence de
routes qui en sont cause. Il n'y a pas,
à proprement parler, une seule grande route
dans tout l'empire, si ce n'est celle qui con-
duit à Damas. Il y a deux ans, vous vous
le rappelez, la famine ravagea l'Anatolie
10,000 habitans périrent. Le blé ne man-
quait certainement pas, mais il n'existait
pas de route qui en permît le trans-
port sur lo Heu du Seau. Aussi, dans
la Thrace, cet ancien grenier d'Athènes, en
Thessalie, dans le district de Samsoun, re-
nommé pour sa fertilité, partout enfin, rien
n'este~pédié vcra les ports, ettes habitans ne
demandent au sol que ce qu'il faut pour leurs
besoins. N'est-ce pas de ce côté que la
commission devrait porter tes premiers ef-
forts ? Construire des routes, aider au déve-
loppement de l'agriculture, n'y a-t il là rien
qui puisse lui sourire ?
)) Seulement, la verrons-nous, cette commis-
sion, malgré les assurances qu'on nous en
donne? Tout semble annoncer des complica-
tions nouvelles et prochaines. L'Autriche ne se
borne plus à refuser de signer tout arrange-
ment avec la Porte, elle affiche des préten-
tions qui grandissent chaque jour. La ligne
de démarcation indiquée à Berlin pour son
occupation temporaire en Bosnie-Herzégo-
vine ne lui sufHt plus, elle veut s'avancer à
cette heure jusqu'à Mitrovitza. Et quand jus-
qu'à Salonique? La Serbie, le Monténégro,
la Grèce, les débris de la Turquie n'y met-
tront-ils pas obstacle? L'Autriche semble
appuyée, il est vrai, par l'Allemagne et
par la Russie, si nous en croyons les dépê-
ches venues ce matin relativement à la
G-rèce, et le refus opposé par le délégué au-
trichien de la commission du Rhodope à
la demande que lui faisait le délégué fran-
çais de signer son rapport. L'entente serait
donc parfaite. Comment se fait-il alors que
l'on regarde, dans lo haut état-major ru&se,
la guerre comme imminente entre l'Autriche
et la Russie ?
D La garde impériale nous quitte, c'est in-
contestable. Nous voyons passer les vapeurs
qui la remmènent. Le czar la réclame; eMo se
compose de ses enfans, il l'aime et les offi-
ciers, fine fleur de l'aristocratie, sont désirés
à Saint-Pétersbourg. Mais 50,000 hommes,
venant du nord au sud, viennent de franchir
les Balkans la garde sera donc largement
remplacée.
? Tout cela n'est-il pas bien obacur. bien
menaçant?–L'Europe, c'estia caserne de Ba-
bel, disait dernièrement un personnage poli-
tique. Marchons-nous à la guerre de Babel ? o
Les journaux ont raconté les tristes
accidens qui ont marqué le commence-
ment des grandes manœuvres du 14° corps
d'armée. Le 140° régiment de ligne quit-
tait Lyon lemercredi 28 juillet, à cinq
heures du matin, pour se rendre à Hey-
rieux. L'étape entre ces deux localités est
une des plus petites qu'il y ait sur la
carte routière de France; elle ne compte
que 20 kilomètres, coupés en deux traites
parlagrand'haltedu Logis-Neuf. Quandune
étape aussi courte se présente dans une
série de marches, les soldats la considè-
rent presque comme un délassement; pour
un début, c'est une étape de longueur
raisonnable et très propre à rompre
les hommes à la fatigue. Qu'est-il ar-
rivé cependant le 28 juillet? Après une
heure de repos au Logis-Neuf, lorsque la
colonne formée par les trois bataillons
du 140° de ligne s'est remise en marche
pour franchir les 8 kilomètres qui restaient
à parcourir, un grand nombre de traî-
nards et de malades, le quart de l'effectif,
a-t-on dit, sont restés dans le village ou
se sont échelonnés dans les fossés sur le
bord de la route, et le soir quatre hom-
mes, dont trois réservistes, étaient morts.
Ce serait une erreur de croire que de pa-
reils accidens soient sans exemple les cas
de congestion pulmonaire et d'insolation
sont au contraire assez fréquens dans les
colonnes en marche pendant la saison
chaude; ce qui n'est pas naturel, c'est
que quatre cas de mort aient pu se produire
et que la débandade se soit mise dans une
colonne qui n'avait à faire en somme qu'une
forte promenade militaire. Les journaux de
Lyon ont donné l'explication de ce désordre
et de ces malheurs. Il paraît qu'en
arrivant à la grand'halte du Logis-Neuf
les hommes, qui pouvaient être forte-
ment échauffés, mais non point excé-
dés par une marche de 12 kilomètres,
se sont précipités vers les fontaines, ont
bu de l'eau froide et mangé des fruits. Il
n'en fallait pas davantage pour provoquer
des indispositions graves chez le& sujets
faibles ou intempérans, et pour débi-
liter les hommes mieux constitués et les
rendre incapables de résister à un sur-
croît de fatigue.
Si l'on veut remonter maintenant de ces
faits malheureusement constatés aux cau-
ses morales d'où ils découlent, en lais-
sant, comme cela est juste, à l'autorité
militaire le soin de fixer les responsabi-
lités de personnes, on reconnaîtra que
des accidens aussi sérieux ne s'expli-
quent pas, daus les circonstances tout
à fait normales où ils se sont produits,
à moins d'admettre une défaillance
grave de la part des officiers subalternes
et des sous-ofSciers. Le devoir rigoureux
des chefs inférieurs qui sont en contact
permanent avec le simple soldat est
d'observer tous les mouvemens de ce der-
nier, de prévoir ses besoins, d'apercevoir
pour lui les dangers, en un mot de veiller
à sa nourriture et à son sommeil. On sait
que l'homme le plus apte à se conduire
dans la vie ordinaire devient comme un
enfant imprudent dès qu'il se sent en-
gagé sous le joug tutélaire de la disci-
pline il considère comme légitime tout
emploi de sa liberté qui ne heurte
pas une consigne représentée par un
fusil en faction. C'est ce devoir impor-
tant dont ne sont peut-être pas suffi-
samment pénétrés les officiers et surtout
les sous-officiers de notre armée. Tous les
étrangers qui ont suivi nos manœuvres
depuis quelques années en ont fait la re-
marque dans les cantonnemens. Personne
ne méconnaît que depuis 1871 on a res-
serré les liens de la discipline proprement
dite, celle qui concernerobéissance et les
marques extérieures de respect; mais la
discipline paternelle ou patriarcale, Celle
qui commence à régner quand les rangs
sont rompus et qui est faite de la sollici-
tude avec laquelle le supérieur récompense
la soumission qu'il a trouvée chez son sub-
ordonnédansl'accomplissementdu service,
cette discipline qui constitue plus encore
que l'autre le lien moral d'une troupe ne
semble pas avoir fait les mêmes progrès.
Il ne serait peut-être pas arrivé d'accidens
à Heyrieux si les capitaines commandant
les compagnies avaient prévu ce qui
devait se produire et avaient pris des
mesures d'ordre en conséquence. Mais de
telles mesures, qui imposent un dérange-
ment à quelques personnes, ne peuvent
donner de résultats qu'autant que tous
les officiers et sous-officiers sont animés
du sentiment de prudence et d'abnégation
qui les dicte et il faut pour cela des sous-
officiers qui ne soient pas trop jeunes et
des officiers subalternes dont on ait élevé
un peu l'esprit.
Le ministre de la marine et des colonies a
reçu )e 3 septembre, par la voie de San-Fraa-
ciseo, les deux rapports suivans du gouver*-
neur de la Nouvelle-Calédonie
Nouméa, le 6 juillet 18'?S.
Monsieur le ministre,
J'ai eu l'honneur d'informer Votre Excellence,
par dépêche télégraphique, du soulèvement gé-
néral qui a éclaté parmi les Canaques de la
Nouvelle-Calédonie dans ]a matinée du 25 juin.
Le mouvement paraît dès maintenant circon-
scrit dans les arrondissemens d'Uaraï et de Bou-
loupari, mais l'oeuvre de répression et de pacifi-
cation reste encore à accomplir en entier; il est.
a craindre, d'après la nature des lieux, les usages
des Canaques, qu'elle ne soit longue et pénible.
Je me bornerai aujourd'hui à faire à Votre
Excellence l'exposé rapide des faits; tout com-
mentaire sur les causes de l'insurrection serait
prématuré.
Le 2S, dans la matinée, une dépêche télégra-
phique m'annonçait que l'on venait d'apprendre,
a Uaraï. le massacre, par les Canaques, de la
brigade de gendarmerie de la Foa et qu'une re-
connaissance avait été dirigée vers ce point
ordre était immédiatement envoyé à la r/ft', par-
tie le matin même de Bourail pour Uaraï, d'y at-
tendre de nouveaux ordres.
Deux heures après, il ne s'agissait déjà plus
des gendarmes seulement une trentaine de co-
lons ou concessionnaires de l'administration pé-
nitentiaire, établis entre Dogny, Fonwary et Tia.
avaient trouvé la mort, sous les coups des in-
surgés qui se rapprochaient de Uaraï et mena-
çaient ce poste.
La ~!Mfe partait immédiatement, mais trop
tard pour arriver lé soir même, avec 100 hom-
mes d'infanterie placés sous les ordres du com-
mandant militaire, colonel GalIy-Passehosc, qui
allait prendre la direction des opérations dans
l'arrondissement d'Uaraï. mis en état de siège.
Pendant ce temps, la t~-e mouillait à Te-
rembo le poste, cerné de tous côtés par les Ca-
naques, était alors dans une situation assez cri-
tique.
M. le capitaine de frégate Rivière, en mouil-
lant a Uaraï, trouvait l'ordre de prendre le com-
mandement du poste et de le mettre à FaBri d'un
coup de main en faisant descendre à terre sa
compagnie de débarquement.
Dés son arrivée, les Canaques s'étaient éloi-
gnés l'occupation du poste par les hommes de
la ~re permettait en outre de dégager la re-
connaissance partie le matin. En passait à Bou-
raké le 26, la Seudre y avait déposé le lieutenant
de gendarmerie Schenk et vingt-cinq hommes
d'infanterie destinés à protéger éventuellement
Bouloupari.
A une heure de l'après-midi. la nouvelle me
parvint que tout le monde, gendarmes, colons
condamnés, femmes et enfans, avait été assassiné
à Bouloupari, en plein jour, au moment même
où le détachement débarquait à Bouraké.
De tous les points de la colonie, m'arrivaient
en même temps par le télégraphe, heureusement
encore intact, des dépêches signalant une grarde
agitation parmi les indigènes; il n'était pas pos-
sible de douter un mouvement général allait
éclater.
Tous les camps de condamnés, situés entre
Bouloupari et Païta, recevaient l'ordre de se re-
plier sur ce dernier point; des troupes d'infante-
rie occupaient le poste de la Dumbéa la canon-
nière le .P~T~, avec douze hommes du Tage,
expédiée dans la baie Gadji, détachait vingt hom-
mes, sous le commandement du lieutenant de
vaisseau Bonneil, pour occuper Païta.
Le ~<<pagnie pour renforcer les garnisons de la côte
Est.
De son côté. la Seudre, revenue de Uaraï, re-
partait, ayant à bord la compagnie de débarque-
ment du Tage, la laissait à Tomo, mouillait en-
suite à Bouraké et envoyait de là un détache-
ment occuper Bouloupari. Le commandement des
deux postes de Tomo et Bouloupari était donné
au capitaine de frégate Glon. dit ViUeneuve l'ar-
rondissement de Bouloupari était mis en état
de siège.
D'autre part, le chef d'arrondissement de Ca-
nala, M. le lieutenant de vaisseau Servan, me
proposait de se mettre à la tête des tribus de
Gehma et de Cake, dépendant de son arrondis-
sement, et, franchissant la chaîne centrale, de
venir tomber sur les insurgés d'Uaraï. Le colonel
Gally était alors a Fonwary. Je donnai l'ordre à
M. Servan de le rejoindre, et, le lendemain, leur
jonction s'opérait.
Le .BMM~MjM-J?M;M~e, après avoir déposé cin-
quante hommes a Canala et cinquante a Uaïlu.
se rendait aux bouches du Diahot, où il mettait
à terre sa compagnie de débarquement.
Le 38, tous ces mouvemens étaient effectués.
Par ce fait seul, la situation se trouvait modi-
fiée aux exagérations du premier moment succé-
dait une appréciation plus saine des événemens;
la poputation de Nouméa, un moment inquiète,
reprenait ses Habitudes ordinaires.
D'autre part, les Canaques des tribus voisines
de, Païta, de la Bumbéa et de Saint-Louis, dont
les allures avaient été, au début, très suspectes,
se rapprochaient de nous. Bourail, un mutant
menacé, voyait, après le débarquement des trou-
pes a Uaïlu, disparaître les indigènes qui s'é-
taient montrés sur les crêtes des montagnes.
L'insurrection se trouvait circonscrite dans !es
territoires d'Uaraï et dé Bouioupari.
Le colonel Gally pourchassait les insurgés
dans les environs de la Foa et commençait à
détruire leurs villages; pendant ce temps, une
colonne mobile, éclairée par des cavaliers vo-
lontaires, se dirigeait sur Bouloupari. Ces
premières opérations ont pris jusqu'au 2 au soir.
Le 3, dans une reconnaissance aux environs
de la 1' onwary, le commandant militaire a été
blessé de deux coups de feu un à la cuisse,
l'autre au coté; il est mort dans la nuit du 3
au 4
Doué d'une Grande énergie, d'une rare bra-
voure, le colonel GaDy exerçait autour de lui un
ascendant incontestable et inspirait aux troupes
une profonde confiance; sa mort, au milieu des
°""cu)tés qui nous assaillent, laissera un vide
diiOcite a remplir.
Les opérations se poursuivent autour de Bou-
)oupan d'une part, de Fonwary de l'autre les
colonnes appuyées sur ces deux points doivent
avancer l'une vers l'autre, après avoir systéma-
tiquement fquiiléjtle pays environnant et détruit
tous les repaires des insurgés.
Comme vous le voyez, monsieur le ministre
la situation est loin d'être briHante aux embanSs
financiers vient se joindre une crise sanglante
On vivait ici avec une insouciance incroyable.
dans des habitations isolées, dans des postes ou~
verts de tous côtés, dont les. abords n'étaient
même pas découverts; on regardait les Canaques
comme de grands enfans, parfois boudeurs, mais
oujoursinoa-ensifs; ils jouissaient d'une con-
fiance, d'une mtumté même vraiment étranges.
Toute cette population de colons et'de soldats,
dispersée au mitieu des bois, s'était endorme
dans une sécurité complète dur a été leréveiH 1
Tous, surpris dans une quiétude parfaite, ont été
égorgés.
Toutes les catégories du personnel de la colo-
nisation ont payé leur tribut a la férocité des
indigènes les massacres ont eu lieu avec un
ensemble extraordinaire; c'est une guerre de
sauvages, sans merci ni pitié. ~"c "o
La population un instant affolée au reçu
des nouvelles qui attestaient une agitation gé-
nérate dans la colonie, et phis encore par les
rumeurs exagérées colportées Un peu partout
a bien vite repris possession d'elle-même. J-a
reçu de tous côtés des offres de services; il
~si possible de constituer un corps
~~1 de 40 éclaireurs votontaires, ac-
tuellement employés avec les troupes actives
en outre, un corps civil de volontaires auxiliaires
comprenant 260 hommes a été organisé sous le
commandement du capitaine chnfanterSde
Blanchard, mon officier d'ordonnance;
enun. les fonctionnaires et employés des diver~
~~T~ militaires et civiles ont eta
armés et organisés par les .oins et sous le com-
le lieutenant de vaisseau
Guyon. Ces deux corps concourent au service
~n~ Pourrait plus être fait inté-
grahmient par les troupes sans des fatigues exa.-
Les déportés n'ont motivé aucune plainte; plu-
sieurs d'entre eux ont demandé à être armés je
? pas jugé nécessaire de recourir à cette me~
sure. Néanmoins; quelques uns, concessionnaires
aTJo~-r~~ pour leur défense
a~avora~'es. sur leur ~P'JeJrappor~
assez favorables.
La conduite des transportés a été aussi cor-
recte quelques uns ont fait preuve de dévoue-
ment.
Au reste, les uns et les autres savaient que,
dans cette lutte du sauvage contre l'homme c~
vDisé, ils ont autant à redouter que le personnel
libre.
J'ai demandé à Votre Excellence l'envoi d'un
~) compagnies d'infanterie en Nou-
vePe.Caiédome, c'est un minimum qui nous est
~mp~encor~
longtemps encore.
C'est grâce à un concours particulier de cir-
constances que j'ai pu arrêter dès son début un
mouvement dont les conséquences possibles ne
peuvent guère être calculées, mais qui eût cer-
tainemert au moins entrainé pour de longues
années la ruine de toute la colonisation.
Il est fort heureux que ces événemens aient
eu lieu au moment du séjour du ~e; en outre
de la compagnie de débarquement de ce bâti-
ment, nous avons eu 20~ hommes d'infanterie de
plus.
La présence du ~~<. sur la rade de Nouméa
m'a aussi permis de disposer plus librement do~
bàtimens de la division; enCn, pendant les prë~
miers jours, le télégraphe n'avait pas été inter-
rompu:
Dans ces circonstances pénibles, j'ai rencontré
chez le personnel de la colonie à tous les degrés
de la hiérarchie. le dévouement le plus combtet-
la tâche est dimcHe. mais le bon esprit qui anime
tout le monde aplanit bien des difficultés.
Les troupes sous le commandement du re-
gretté colonel Gal.y ne méritent que des éloges
grâce aux bonnes dispositions prises par le com-1
mandement, au désir de tous de bien faire, les
nombreux mouvemens se sont eueotuës avec une
régularité parfaite.
Le personnel de la division navale, auquel in-
combaient les obligations les plus multiples a
été, comme toujours, a la hauteur de sa mission
Marins à bord, soldats à terre, officiers et équi-
pages ont largement contribué a. rétablir une
situation qui pouvait être gravement compro-
mise.
Dès les premières nouvelles, le commandant du
7* prêté le concours le plus complet; j'ai trouvé
chez les officiers et les hommes du bâtiment
qu'il commande, de précieux auxiliaires entière-
ment dévoués. M~c–
Je suis, etc.
Le capitaine de vaisseau, gouverneur.
chef de la division navale,
)S~:C OMY.
Nouméa,Ie6juiIIeMM8.
Monsieur le ministre,
Une révolte de Canaques a subitement
éclaté le 25 juin dans l'arrondissement de
Uarai elle s'est répandue, le 26, dans la cir-
conscription de Bouloupari; elle a déjà. fait de
nombreuses victimes, et la région comprise
entre Bouloupan, Dogny, Uaraï et la mer est
encore occupée par les rebelles que les troupes
maintiennent dans les limites de ce territoire.
Pour suivre la marche des événemens, il est né-
cessaire de remonter jusqu'au t9 juin.
Dans la soirée, sur l'habitation Dezarnaulds.
à 25 kilomètres de Bouloupari, un assassinat
avait été commis par les Canaques sur la per-
sonne d'un Ubere français nommé Chesne,
d'une femme indigène et de leur enfant, âgé de
trois ans. De nombreux indices portaient à
croire que les auteurs du crime étaient trois
Canaques de la tribu de Dogny. La gendarme-
rie de Bouloupan et celle de la Foa mirent en
état d'arrestation plusieurs chefs des tribus
voisines jusqu'à ce que les coupables fussent
livrés. Les recherches judiciaires continuaient,
lorsque, dans la nuit du 24 au 25, la brigade da
gendarmerie de la Foa. composée do quatre
gendarmes et un brigadier, fut assassinée
par les Canaques révoltés en masse, sous
la conduite du chef Ataï. Ceux-ci massacrèrent
en même temps une quarantaine de colons du
voisinage, se livrèrent sur eux à d'abominables
atrocités, spécialem"nt sur les femmes et les
enfans, pillèrent toutes les habitations, les sac-
cagèrent et les brûlèrent ensuite. Ces nou-
velles, apportées à Uaraï par un réfugia à huit
heures du matin, furent immédiatement trans-
mises par le télégraphe à Nouméa. Le chef
d arrondissement partit aussitôt avec les trou-
pes du poste et l'ofncier qui les commandait,
pour se rendre à la Foa qui est à 18 kilo-
mètres il ne laissa, pour garder Térembo
et Uaraï, q~io les surveiltans militaires et
douze hommes. A dix heures quinze minutes,
le gérant du télégraphe informa que des bande
JMJMAL DES DEBATS
~i'S '7 '.r.~
POHT!QtJES ET UTTERAtRES
~?~
JHIM S SEPTEMBRE
-r'JMMS SEmBSjE
â~Tf's
9@
S'AB
ea BeIgiqNe, en ItaNe.
dans le Luxembourg, en Turquie,
aa Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans its~
Mgences du Maroc et de la Tunisif
en Chine et au Japon,
'aR moyen d'une valeur payaNe à Pans on de
a~Mtdats-poste, soit internationaux, soit francs~
et dans tous les pays du Nord
chez tous tes directeurs de postée;
et dans tous les autres pavs,
0N S'ABOIE
)CRC des Pr6trea-Sai&t-GermMn-t'Aaxerm!S. tt.
)?~aX BB tL'AB'aMMNJNNMT
Un am. Six moift. Trois enout,
Mpa~tcmeM. 80 ?< 40 Ïr. ?o&.
D~b~a#t0m0üs. $P nt kD Ïr, ~0 ft;
P~HMS. '72&. 36 &. i
ï
~M«,
Ih JLem~est, tPP~V to Cmwte aBd C', M~e~SB
newspMpeM omce, t7, Gresham street, G. P. 6.;
MM. Neotzy, mB. C. L mdbn, f~Nt. 'W.-M. )S*)t«~ et MM'
186, Strand, w. C., London.
A.Bf)MeUes, & t'P/?b<< pttM<«M,<6, me delà
M&de~eîne, d~s les ktosq~es jet dans tes b!-
bMothëqnes des eares déchemi~s de fef be!ees
A V~pa:~M(eh;)~ d!M M. Qy~es L. To~~
~s amaonces sont Mçn
-'<*8,p!acedeta%onrse,
<~ att bRreca 6m ~CtRNAJt. t
~sdoW~ttomonxs etreaMMaa pBr f~MMcB.
PAMS
MEMREDÏ 4 SEPTEMBRE
*Tous ceux qui ont assisté hier au ser-
vice anniversaire de M. Thiers et à la ma-
nifestation du Père-Lachaise en garderont
un profond souvenir. Nous avons décrit
les formes extérieures de la cérémonie, la
magnifique décoration de Notre-Dame, les
accords touchans et puissans de la musi-
que, le concours immense d'assistans
qui se ~oht pressés à l'église ét au cime-
tière mais ce que nous n'avons pas dé-
crit, ce qu'il serait impossible d'exprimer
avec des mots, c'est le recueillement et la
douleur silencieuse de cette foule venue
de tous les points de la France pour ren-
dre un dernier hommage au libérateur du
territoire et au fondateur de la république.
On a lu la liste des délégations arrivées
de province. Un grand nombre de villes
avaient voulu s'associer d'une manière
directe à ce grand deuil national; maison
peut être sûr que presque toutes celles
qui n'avajtent pas pu se faire représenter
officiellement à la cérémonie de Paris ont
pris part néanmoins à l'émotion générale
d'un Jour qui rappelle à la France de
sipoignans souvenirs. Le 3 septembre
restera parmi les tristes anniversaires
de notre histoire contemporaine. Et pour-
tant, en dépit du matheur irréparable
vers lequel il reporte notre pensée, com-
ment ne pas éprouver une sorte de satis-
faction au spectacle de cette grande popu-
lation parisienne, jadis si fougueuse et si
naturellement portée aux démonstrations
bruyantes, s'inclinant aujourd'hui avec
un respect muet devant la tombe de
l'homme qui lui a appris à ne manifester
ea force que par sa sagesse et par sa mo-
dération ? Nous n'avons pas oublié les
menaces de la presse réactionnaire nous
annonçant, l'année dernière, que les ob-
sèques de M. Thiers donneraient lieu aux
plus violens désordres. On n'a pas osé ré-
péter ouvertement, cette année, l~St mô-
mes prédictions. On s'est contenté de
les répandre à. la sourdine. A un an
d'intervalle, les hommes qui espéraient
voir le peuple parisien sortir de son
recueillement ont été également trom-
pés. Une ioule énorme a accompagné
M"" Tbiërs au Père-Lachaise, mais ell~
n'a fait entendre aucun cri déplacé, aucune
parole malencontreuse elle à su conte-
nir son émotion et garder cette attitude
pleine de réserve et de simplicité qui
convient aux grandes douleurs. M. Thiers
avait usé les derniers jours de sa vie à
inspirer l'amour dé l'ordre aux républi-
cains de toute nuance, à leur apprendre
l'art si difficile de régler ses sentimens et
d'en modérer l'expression son œuvre a
complètement réussi, et plus que jamais
la république conservatrice montre qu'elle
est digne de survivre à son fondateur.
Nous avons reproduit hier l'Adresse que
les instituteurs réunis à Paris pour assis-
ter ~l'Exposition universelle ont lue au
ministre de l'instruction publique, et l'é-
loquente et chaleureuse réponse de
M. Bardoux. Les instituteurs ont dit en
fort bons termes au ministre qu'ils s'ap-
pliqueraient a faire aimera la jeunesse le
'« devoir, la patrie et les institutions qu'elle
B s'est librement données. » Nous espé-
rons, en ëSet, que leur voyage à Paris
n'aura pa'=! été un simple amusement,
mais qu'il leur aura fait mieux com-
prendre la grandeur de la mission dont
ils sont chargés. « II iaut; leur a dit
f M, Bardoux, que vous emportiez de vo"
? tre voyage un amour plus profond en-
)' core de la France il faut que vous
? puissiez juger par vous-mêmes des ef-
forts tentés depuis huit ans pour la re-
M lever. Aidez-nous à la préserver des
B malheurs qu'elle a si injustement souf-
o ferts H Sages et excellentes paroles
qui résument les devoirs essentiels des
instituteurs. C'est à eux qu'est conHée la
première éducation des enfans des villes
et des campagnes c'est donc à eux qu'il
appartient de jeter dans l'âme de ceux
qui seront un jour des citoyens les se-
mences de ces fortes vertus sans lesquel-
les un pays court aux abîmes où nous
avons failli sombrer. Dieu nous garde
de vouloir introduire la politique dans
l'école primaire Mais est-ce de la po-
litique que d'enseigner aux enfans
la foi en la liberté le respect des
traditions nationales, la soumission aux
lois, la reconnaissance envers les hommes
~ui ont assuré à la France, au prix de
tant d'eSbrts, l'égalité civile et les bien-
iaits d'institutions qu'on peut, sans exa-
gération. placer parmi les plus libérales
de l'Europe? Les instituteurs sont les mis-
sionnaires de l'esprit moderne; ils doi-
vent inspirer à la jeunesse l'amour de
notre temps et de notre pays. C'est là leur
œuvre, et, s'ils savent la remplir, ils con-
tribueront plus que personne au relève-
ment de notre cher et malheureux pays.
T~MgM~pt~e pfty~e
(SerTic* tNéRKtpniqae de t';&~nce HaTM
Odessa..lc4sept.6mbr
Des avis réoens de Constantinople annoncent
aue l'insurreotion musulmane du Kazan prend
ae l'extension.
La Porte a de nouveau envoyé & Kazan des
ttoupes et des munitions.
L'agtta.teur Ahmët est arrivé & Siss. où il a fait
mettre en prison tous les fonctionnaires du gou-
vernement..
Vienne,Ie4septémbre.
Le comte Andrassy a déclaré samedi & Cara-
théodory Pacha que le gouvernement autrichien
refusait toutes les modifications et additions
faites par la Porte au dernier projet de conven-
tion présenté par lui, et dont il avait supprimé la
clause relative au drapeau turc après t'avoir pré-
cédemment acceptée.
Le comte Andrassy a 'pareillement supprimé
de ce projet de convention la clause concernant
l'occupation provisoire et la souveraineté du
Suttan.
Constantinople, le 3 septembre, soir.
On assure que la flotte anglaise va prochaine-
ment abandonner son mouillage do rite des
Princes pour se rendre près de l'ïte PachaUman,
dans la mer de Marmara.
Les Russes construisent de nouvelles échelles
d'embarquement sur la côte de la mer de Mar-
mara. ,)"
Le départ de troupes russes continue.
Londres, le 4 septembre.
On télégraphie de Constantinople au
< On annonce officiellement que les troupes
turques, après huit heures de combat, ont défait
tes insurgés d'Adana.
& Le bruit court que tes Grecs s'insurgent dans
la Macédoine et dans les environs de Janina. En n
conséquence, ordre aurait été donné à plusieurs
batail'ons de Salonique de se rendre à Monastir.
On assure également que deux navires de
KQërre ont reçu l'ordre d'aller croiser sur les cotes
grecques. &
D'après une dépêche de Constantinople, adres-
sée au y
ces se réunissent pour discuter les conclusions
des commissaires des monts Rhodope aussitôt
que leurs rapports auront été .présentés.
Toutefois, le prince Labanon, ambassadeur de
Russie, s'oppose à cette réunion.
Londres, le 4 septembre.
Le .DtK~ TM~'a.~A annonce, par une dépêche
de Berlin, que les bases d'un futur accord entre
l'Allemagne et le Vatican sont arrêtées. H n'est
pas question même d'un rappel partiel des lois
de mai.
Constantinople, le 3 septembre.
Les Russes ont occupé hier un des forts de
Batoum. Ils entreront dans la vi!)e le 6 sep-
tembre.
Les Lazes ont résolu d'émigrer en masse sur
leterritoiroturc.
Un commissaire a été envoyé de Constantino-
ple pour leut distribuer des terres.
Londres, te 4 septembre.
Le 7'Mt~, dans une dépêche de Bucharest, an-
nonce que M. Cogalniceàno, n'ayant rencontré
aucun encouragement dans les premières capita-
les européennes qu'il a visitées, a abrégé son
voyage pour'rentrer à Bucharest.
AIgpr, le 4 septembre.
Le départ des pèlerins musulmans pour La
Mecque, qui avait été suspendu à cause des pro-
hibitions du Comité sanitaire d'Alexandrie, a été
autorisé, sur la déclaration télégraphiée hier
d'Egypte, que les b&timens venus d'Algérie avec
une patente nette seront admis.
Les avis de Fez constatent que le choléra dans
cette région parait ea voie d& décroissance.
BOURSE DE PAMS
C~tM-c ,1~ 3. ~J!~MM~t~e.
a o/e
Comptante 77 s. ';68!f. 20.
Fin cour. T?<0. 76 9S.IS.
se/o
Amortissable.
Comptant. 86 i! 8020. 5.
Fin cour. 80 15 80~0.
At/WC/e
Comptant 108 7! 109 2S .M-' t
.&o/ai'.
Comptap<,U'!8S.H28!i.J.
Fincoar.U3l0.f.ll3lO. ,J.
PETITE ~OPRSE DU SC)IR.
Emprunt S 0/0. 113 fr. 07 i/2, 08 3/4,06 i/4.
30/0. 76rr.9!i/2.
5 0/Oturc. IStr.M..
Banque ottomane.. 5t3fr.
Florins (or). MS/16,3/16..
Egyptiennes 6 0/0.. 273fr.t2i/2,272fr.5~
Chemins égyptiens. 374 &. 37 i/2.
On nous écrit de Constantinople, le
28août:
a Puisqu'on affirme que l'entrée en fonc-
tions de la, commission chargée de débrouiller
la situation financière de la Turquie est pro-
chaine, il n'est pas hors de propos de vous
soumettre quelques ehiSres puisés à une source
sûre, autant que les choses sont sûres en ce
pays, et qui vous donneront un aperçu de
l'état de nos finances. absentes.
§' L~ tâche que V4 assumer cette commis-
sion peut-elle ôtre menée à bonne 60? C'est
ta. une question iort difnciie à résoudre il
lui sera impossible, en effet, à moins d'une
révolution économique radicale, de mettre la
Turquie en état de satisfaire à ses engage-
mens, d'onectuer !e relèvement de ses nuan-
ces il lui sera peut-être même impossible
d'établir son bilan, comme on dit en langage
commercial.
a Le Trésor sait-il réellement ce qu'il doit?
Il connaît la Dette consolidée, soit! mais
connaît-il au juste sa Dette Qottantè? Notre
comptabilité administrative étant des plus
coûteuses, des plus incomplètes, sans comp-
ter les irrégularités volontaires, avec tés
ëlémens qu'elle peut fournir est-on capable
d'arriver à la vérité ? En outre, les derniers
événemens n'ont-ils pas tout modiné ? Dans
quelle proportion les vilayets perdus, dont
les recettes échapperont désormais au matyé,
supporteront-ils leur part des charges géné-
rales ? Bulgarie, Bosnie, Herzégovine~ Chypre,
Roumélie peut-être s~ut dans ce cas, aussi
bien qu'une partie de l'Arménie quant au
reste, qu~en a fait la guerre, par suite de ré-
migration, des travailleurs enlevés, des eme-
mencemens négligés?
B On est donc en plein dans l'inconnu ce
qu'on sait pertinemment, en revanche, c'est
que les charges auxquelles il fa.ut faire face
sont écrasantes. Les quelques chiffres qui
suivent suf6sent pour le prouver
)) La Dette consolidée se compose de 400 mil-
lions de francs, nominal, montant des quatre
emprunts garantis par le tribut d'Egypte, et
dont le service annuel fonctionne régulière-
ment. H n'y a donc pas à s'en occuper dans
les ajràngemens à intervenir; mais il y a les
milliards 800 miUions de francs, nomina,
provenant des divers emprunts ihtërieurs et
extérieurs, dont 1).{ service es.igeaH annuelle-
ment 223 millions pour intérêts, et SO mil-
lions pour amortissement.
B Pour cette Dette consolidée, il se pré-
sente une première difficulté. Les représen-
tans des détenteurs des titres réclament un
privilège suivant eux, ils doivent passer
avant les créanciers de la Dette flottante.
Cette prétention est-elle sérieusement fondée
et prouverait-on d'une manière irréfutable
qu'un titre de rente est plus respectable que
le Mémoire d'un entrepreneur réclamant de-
puis des années non seulement le prix de
ses travaux, mais encore la restitution de
son cautionnement, disparu dans le gouSre
comme la reste?
)' Un conflit s'élèvera aussi entre les créan-
ciers. Les créanciers de l'emprunt 1872, par
exemple, avaient en garantie les dîmes des
vilayets du Danube. En bonne logique, s'il
en reste de nos côtés, la Bulgarie livrée à
elle-même (?) doit participer aux charges de
la Turquie comme ancienne partie intégrante
do l'empire. Admettons que cette règle de
droit commun soit observée, le produit de la
charge imposée & la Bulgarie ira-t-il aux
créanciers de l'emprunt 1872 seuls, ou ea're-
ra-t-il dans la masse? '{,
s Quoi qu'il en soit, voilà doMe ~me Dette
consolidée de près de 5 milliards s'augmen-
tant d'une Dette flottante impossible à déter-
miner exactement, mais qui, évaluée ap-
proximativement, n'en atteint pas moins des
proportions effrayantes. En effet, il est dû
250 millions de francs aux banques locales
et à leurs groupes d'associés; 130 millions de
Bons du Trésor 1872, ABC, dont l'amortisse-
ment est échu; 1SO millions (chiffre très arbi-
traire), pour les dettes intérieures autres que
celles qui ont été contractées envers les ban-
ques fournitures, entrepreneurs, solde de
l'armée, appointemena arriérés, etc. 370 mil-
lions de papier-monnaie, en évaluant les
16 millions de livres turques de création au
pair de 23 fr., bien qu'aujourd'hui il soit à
300 piastres, c'est-à-dire à 7 fr. 66 ou au tiers;
880 millions de coupons et amortissement
arriérés en suspension de paiement, jusqu'au
en Turquie donc 1 milliard 7~i0 militons de
francs et, au total, une dette de 6 milliards
250 millions i
n Quels sont les revenus de l'empire, quel-
'les sont ses dépenses et quel peut être l'ex-
cédant dès premières sur les secondes à ap-
pliquer au service des Dettes?
Les recettes pouvaient s'élever avant la.
~guerre; d'après les données les plus sérieu-
ses, de 15 à 17 millions de livres turques; les
dcpeuses, de 13 à 14 millions de livres c'est
ainsi un excédant de S à 4 millions de livres
environ, ou, en comptes ronds, en admettant
ce dernier chiffre, environ *)0 millions de
francs.
N Si cet excédant pouvait être appliqué au
service des Dettes, ce serait édcore un rende-
ment de 1 1/2 0/0 du capital, mais nous n'en
sommes plus là la guerre a fait son œuvre
elle a dévasté des régions considérables, amon-
celé les ruines, rédtiit les superficies du ter-
ritoire, diminué la population par les luttes,
par les maladies, par rémigration. Il faut
donc s'attendre à un tout autre budget.
c Comment la commission suppléera-t-elle
à cet excédant maintenant évanoui?
o A tout événement, son mandat sera né-
cessairement celui-ci établir la situation
actuelle et exacte autant que possible du
Trésor, en recettes et en dépenses étudier
la nature des dépenses et les réduire jus-
qu'aux dernières limites. Celles du Palais ne
s'élèvent plus à 80 millions comme au bon
temps d'Abdul-Aziz mais il y a encore
de 'nombreuses réductions qui s'imposent
forcément répartir la Dette nationale entre
les divers pays agrandis par le traité de
Berlin, et proportionnellement aux pro-
duits des territoires annexés; dresser le
bilan de l'empire d'après les données ré-
sultant du nouvel état de choses régler
d'une façon équitable la dette flottante et
unifier, s'il y a lieu, la dette entière de l'em-
pire sur une base qui permette d'assurer le
service du nouveau titre, tout en laissant au
gouvernement les moyens de vivre, de répa-
rer les pertes de tous genres éprouvées dans
ces deux dernières années, d'aider à la réins-
tallation des émigrés, de compléter le matériel
deguerre, etc.; enfin,dresser un pland'org&ni-
sation financière comprenant le fonctionne-
ment de l'administration des nuances, l'étude
delaréformedes impôts et de leur perception,
et les moyens de développer la production.
Développer la production A cet égard, nos
journaux plus ou moins officieux se plaisent
à répéter que le gouvernement est sérieuse-
ment décidé à entrer dans la voie des
concessions utiles, et l'on parte de plu-
sieurs protêts dont les résultats semblent
devoir être importans. Jusqu'ici, le plus
souvent on repoussait tout systématique-
ment ou bien, bakchich aidant, on ac-
cordait des firmans à de véritables coureurs
d'affaires, imaginant des projets plus ou
moins chimériques et ne présentant aucune
garantie pécuniaire. Ceux-ci gardaient leur
Srman en poche, attendant le moment op
portun pour les réaliser, mais empê-
chant souvent, par le privilège qu'ils dé-
tensient~ une source sérieuse de produits
de donner des ressources nouvelles au Trésor.
Il y aura évidemment un changement à cet
égard les Anglais sauront user de leur cré-
dit et de leur influence pour demander et
obtenir, et ils trouveront à leur ambassade
un zèle infatigable pour les appuyer. Les au-
tres ambassades feront bien d'imiter celle-ci
en faveur de leurs nationaux. L'intérêt poli-
tique se compose d'intérêts particuliers, et
il serait bon au moins que, dans le partage
économique de la Turquie qui doit fatalement
se faire, chaque pays eût sa part. Toutefois,
nous ne voyons poindre encore que des Com-
pagnies anglaises exploitation des mines
d'Héraelée et de toutes celles qui abondent
sur le littoral de la mer Noire chemin de fer
d'Haïder Pacha à Angora avec facilité de pro
longer plus tard la li~ne dans l'intérieur de
la Mésopotamie; chemin de fer d'Ismidtà
Ada-Bazar; chemin de fer allant jusqu'à Bag-
dad avec ramifications dans toute l'Anatolie,
tout cela est mis sur le tapis, et les de-
mandes de concessions ont été faites par des
capitalistes anglais.
Voilà qui peut s'appeler faire vite et
grand. Rabelais a dit, il est vrai, qu'on doU
considérer que nature ne endure pas muta-
tions soubdaines sans grande violence ))
mais, dans l'espèce, « la violence o n'est-eUe
pas un peu trop grande? Q'est affaire aux
capitalistes qui se résignent.
a Certains esprits plus modérés indiquent
une voie plus simple et peut-être plus sûre.
Ce pays, disent-ils, possède le sol le plus
riche de l'Europe; et s'il ne donne que le
cinquième au maximum de ce qu'il pourrait
produire, c'est le manque de sécurité dans la
propriété, les abus commis dans la perception
des impôts, le déboisement, l'absence de
routes qui en sont cause. Il n'y a pas,
à proprement parler, une seule grande route
dans tout l'empire, si ce n'est celle qui con-
duit à Damas. Il y a deux ans, vous vous
le rappelez, la famine ravagea l'Anatolie
10,000 habitans périrent. Le blé ne man-
quait certainement pas, mais il n'existait
pas de route qui en permît le trans-
port sur lo Heu du Seau. Aussi, dans
la Thrace, cet ancien grenier d'Athènes, en
Thessalie, dans le district de Samsoun, re-
nommé pour sa fertilité, partout enfin, rien
n'este~pédié vcra les ports, ettes habitans ne
demandent au sol que ce qu'il faut pour leurs
besoins. N'est-ce pas de ce côté que la
commission devrait porter tes premiers ef-
forts ? Construire des routes, aider au déve-
loppement de l'agriculture, n'y a-t il là rien
qui puisse lui sourire ?
)) Seulement, la verrons-nous, cette commis-
sion, malgré les assurances qu'on nous en
donne? Tout semble annoncer des complica-
tions nouvelles et prochaines. L'Autriche ne se
borne plus à refuser de signer tout arrange-
ment avec la Porte, elle affiche des préten-
tions qui grandissent chaque jour. La ligne
de démarcation indiquée à Berlin pour son
occupation temporaire en Bosnie-Herzégo-
vine ne lui sufHt plus, elle veut s'avancer à
cette heure jusqu'à Mitrovitza. Et quand jus-
qu'à Salonique? La Serbie, le Monténégro,
la Grèce, les débris de la Turquie n'y met-
tront-ils pas obstacle? L'Autriche semble
appuyée, il est vrai, par l'Allemagne et
par la Russie, si nous en croyons les dépê-
ches venues ce matin relativement à la
G-rèce, et le refus opposé par le délégué au-
trichien de la commission du Rhodope à
la demande que lui faisait le délégué fran-
çais de signer son rapport. L'entente serait
donc parfaite. Comment se fait-il alors que
l'on regarde, dans lo haut état-major ru&se,
la guerre comme imminente entre l'Autriche
et la Russie ?
D La garde impériale nous quitte, c'est in-
contestable. Nous voyons passer les vapeurs
qui la remmènent. Le czar la réclame; eMo se
compose de ses enfans, il l'aime et les offi-
ciers, fine fleur de l'aristocratie, sont désirés
à Saint-Pétersbourg. Mais 50,000 hommes,
venant du nord au sud, viennent de franchir
les Balkans la garde sera donc largement
remplacée.
? Tout cela n'est-il pas bien obacur. bien
menaçant?–L'Europe, c'estia caserne de Ba-
bel, disait dernièrement un personnage poli-
tique. Marchons-nous à la guerre de Babel ? o
Les journaux ont raconté les tristes
accidens qui ont marqué le commence-
ment des grandes manœuvres du 14° corps
d'armée. Le 140° régiment de ligne quit-
tait Lyon lemercredi 28 juillet, à cinq
heures du matin, pour se rendre à Hey-
rieux. L'étape entre ces deux localités est
une des plus petites qu'il y ait sur la
carte routière de France; elle ne compte
que 20 kilomètres, coupés en deux traites
parlagrand'haltedu Logis-Neuf. Quandune
étape aussi courte se présente dans une
série de marches, les soldats la considè-
rent presque comme un délassement; pour
un début, c'est une étape de longueur
raisonnable et très propre à rompre
les hommes à la fatigue. Qu'est-il ar-
rivé cependant le 28 juillet? Après une
heure de repos au Logis-Neuf, lorsque la
colonne formée par les trois bataillons
du 140° de ligne s'est remise en marche
pour franchir les 8 kilomètres qui restaient
à parcourir, un grand nombre de traî-
nards et de malades, le quart de l'effectif,
a-t-on dit, sont restés dans le village ou
se sont échelonnés dans les fossés sur le
bord de la route, et le soir quatre hom-
mes, dont trois réservistes, étaient morts.
Ce serait une erreur de croire que de pa-
reils accidens soient sans exemple les cas
de congestion pulmonaire et d'insolation
sont au contraire assez fréquens dans les
colonnes en marche pendant la saison
chaude; ce qui n'est pas naturel, c'est
que quatre cas de mort aient pu se produire
et que la débandade se soit mise dans une
colonne qui n'avait à faire en somme qu'une
forte promenade militaire. Les journaux de
Lyon ont donné l'explication de ce désordre
et de ces malheurs. Il paraît qu'en
arrivant à la grand'halte du Logis-Neuf
les hommes, qui pouvaient être forte-
ment échauffés, mais non point excé-
dés par une marche de 12 kilomètres,
se sont précipités vers les fontaines, ont
bu de l'eau froide et mangé des fruits. Il
n'en fallait pas davantage pour provoquer
des indispositions graves chez le& sujets
faibles ou intempérans, et pour débi-
liter les hommes mieux constitués et les
rendre incapables de résister à un sur-
croît de fatigue.
Si l'on veut remonter maintenant de ces
faits malheureusement constatés aux cau-
ses morales d'où ils découlent, en lais-
sant, comme cela est juste, à l'autorité
militaire le soin de fixer les responsabi-
lités de personnes, on reconnaîtra que
des accidens aussi sérieux ne s'expli-
quent pas, daus les circonstances tout
à fait normales où ils se sont produits,
à moins d'admettre une défaillance
grave de la part des officiers subalternes
et des sous-ofSciers. Le devoir rigoureux
des chefs inférieurs qui sont en contact
permanent avec le simple soldat est
d'observer tous les mouvemens de ce der-
nier, de prévoir ses besoins, d'apercevoir
pour lui les dangers, en un mot de veiller
à sa nourriture et à son sommeil. On sait
que l'homme le plus apte à se conduire
dans la vie ordinaire devient comme un
enfant imprudent dès qu'il se sent en-
gagé sous le joug tutélaire de la disci-
pline il considère comme légitime tout
emploi de sa liberté qui ne heurte
pas une consigne représentée par un
fusil en faction. C'est ce devoir impor-
tant dont ne sont peut-être pas suffi-
samment pénétrés les officiers et surtout
les sous-officiers de notre armée. Tous les
étrangers qui ont suivi nos manœuvres
depuis quelques années en ont fait la re-
marque dans les cantonnemens. Personne
ne méconnaît que depuis 1871 on a res-
serré les liens de la discipline proprement
dite, celle qui concernerobéissance et les
marques extérieures de respect; mais la
discipline paternelle ou patriarcale, Celle
qui commence à régner quand les rangs
sont rompus et qui est faite de la sollici-
tude avec laquelle le supérieur récompense
la soumission qu'il a trouvée chez son sub-
ordonnédansl'accomplissementdu service,
cette discipline qui constitue plus encore
que l'autre le lien moral d'une troupe ne
semble pas avoir fait les mêmes progrès.
Il ne serait peut-être pas arrivé d'accidens
à Heyrieux si les capitaines commandant
les compagnies avaient prévu ce qui
devait se produire et avaient pris des
mesures d'ordre en conséquence. Mais de
telles mesures, qui imposent un dérange-
ment à quelques personnes, ne peuvent
donner de résultats qu'autant que tous
les officiers et sous-officiers sont animés
du sentiment de prudence et d'abnégation
qui les dicte et il faut pour cela des sous-
officiers qui ne soient pas trop jeunes et
des officiers subalternes dont on ait élevé
un peu l'esprit.
Le ministre de la marine et des colonies a
reçu )e 3 septembre, par la voie de San-Fraa-
ciseo, les deux rapports suivans du gouver*-
neur de la Nouvelle-Calédonie
Nouméa, le 6 juillet 18'?S.
Monsieur le ministre,
J'ai eu l'honneur d'informer Votre Excellence,
par dépêche télégraphique, du soulèvement gé-
néral qui a éclaté parmi les Canaques de la
Nouvelle-Calédonie dans ]a matinée du 25 juin.
Le mouvement paraît dès maintenant circon-
scrit dans les arrondissemens d'Uaraï et de Bou-
loupari, mais l'oeuvre de répression et de pacifi-
cation reste encore à accomplir en entier; il est.
a craindre, d'après la nature des lieux, les usages
des Canaques, qu'elle ne soit longue et pénible.
Je me bornerai aujourd'hui à faire à Votre
Excellence l'exposé rapide des faits; tout com-
mentaire sur les causes de l'insurrection serait
prématuré.
Le 2S, dans la matinée, une dépêche télégra-
phique m'annonçait que l'on venait d'apprendre,
a Uaraï. le massacre, par les Canaques, de la
brigade de gendarmerie de la Foa et qu'une re-
connaissance avait été dirigée vers ce point
ordre était immédiatement envoyé à la r/ft', par-
tie le matin même de Bourail pour Uaraï, d'y at-
tendre de nouveaux ordres.
Deux heures après, il ne s'agissait déjà plus
des gendarmes seulement une trentaine de co-
lons ou concessionnaires de l'administration pé-
nitentiaire, établis entre Dogny, Fonwary et Tia.
avaient trouvé la mort, sous les coups des in-
surgés qui se rapprochaient de Uaraï et mena-
çaient ce poste.
La ~!Mfe partait immédiatement, mais trop
tard pour arriver lé soir même, avec 100 hom-
mes d'infanterie placés sous les ordres du com-
mandant militaire, colonel GalIy-Passehosc, qui
allait prendre la direction des opérations dans
l'arrondissement d'Uaraï. mis en état de siège.
Pendant ce temps, la t~-e mouillait à Te-
rembo le poste, cerné de tous côtés par les Ca-
naques, était alors dans une situation assez cri-
tique.
M. le capitaine de frégate Rivière, en mouil-
lant a Uaraï, trouvait l'ordre de prendre le com-
mandement du poste et de le mettre à FaBri d'un
coup de main en faisant descendre à terre sa
compagnie de débarquement.
Dés son arrivée, les Canaques s'étaient éloi-
gnés l'occupation du poste par les hommes de
la ~re permettait en outre de dégager la re-
connaissance partie le matin. En passait à Bou-
raké le 26, la Seudre y avait déposé le lieutenant
de gendarmerie Schenk et vingt-cinq hommes
d'infanterie destinés à protéger éventuellement
Bouloupari.
A une heure de l'après-midi. la nouvelle me
parvint que tout le monde, gendarmes, colons
condamnés, femmes et enfans, avait été assassiné
à Bouloupari, en plein jour, au moment même
où le détachement débarquait à Bouraké.
De tous les points de la colonie, m'arrivaient
en même temps par le télégraphe, heureusement
encore intact, des dépêches signalant une grarde
agitation parmi les indigènes; il n'était pas pos-
sible de douter un mouvement général allait
éclater.
Tous les camps de condamnés, situés entre
Bouloupari et Païta, recevaient l'ordre de se re-
plier sur ce dernier point; des troupes d'infante-
rie occupaient le poste de la Dumbéa la canon-
nière le .P~T~, avec douze hommes du Tage,
expédiée dans la baie Gadji, détachait vingt hom-
mes, sous le commandement du lieutenant de
vaisseau Bonneil, pour occuper Païta.
Le ~<<
Est.
De son côté. la Seudre, revenue de Uaraï, re-
partait, ayant à bord la compagnie de débarque-
ment du Tage, la laissait à Tomo, mouillait en-
suite à Bouraké et envoyait de là un détache-
ment occuper Bouloupari. Le commandement des
deux postes de Tomo et Bouloupari était donné
au capitaine de frégate Glon. dit ViUeneuve l'ar-
rondissement de Bouloupari était mis en état
de siège.
D'autre part, le chef d'arrondissement de Ca-
nala, M. le lieutenant de vaisseau Servan, me
proposait de se mettre à la tête des tribus de
Gehma et de Cake, dépendant de son arrondis-
sement, et, franchissant la chaîne centrale, de
venir tomber sur les insurgés d'Uaraï. Le colonel
Gally était alors a Fonwary. Je donnai l'ordre à
M. Servan de le rejoindre, et, le lendemain, leur
jonction s'opérait.
Le .BMM~MjM-J?M;M~e, après avoir déposé cin-
quante hommes a Canala et cinquante a Uaïlu.
se rendait aux bouches du Diahot, où il mettait
à terre sa compagnie de débarquement.
Le 38, tous ces mouvemens étaient effectués.
Par ce fait seul, la situation se trouvait modi-
fiée aux exagérations du premier moment succé-
dait une appréciation plus saine des événemens;
la poputation de Nouméa, un moment inquiète,
reprenait ses Habitudes ordinaires.
D'autre part, les Canaques des tribus voisines
de, Païta, de la Bumbéa et de Saint-Louis, dont
les allures avaient été, au début, très suspectes,
se rapprochaient de nous. Bourail, un mutant
menacé, voyait, après le débarquement des trou-
pes a Uaïlu, disparaître les indigènes qui s'é-
taient montrés sur les crêtes des montagnes.
L'insurrection se trouvait circonscrite dans !es
territoires d'Uaraï et dé Bouioupari.
Le colonel Gally pourchassait les insurgés
dans les environs de la Foa et commençait à
détruire leurs villages; pendant ce temps, une
colonne mobile, éclairée par des cavaliers vo-
lontaires, se dirigeait sur Bouloupari. Ces
premières opérations ont pris jusqu'au 2 au soir.
Le 3, dans une reconnaissance aux environs
de la 1' onwary, le commandant militaire a été
blessé de deux coups de feu un à la cuisse,
l'autre au coté; il est mort dans la nuit du 3
au 4
Doué d'une Grande énergie, d'une rare bra-
voure, le colonel GaDy exerçait autour de lui un
ascendant incontestable et inspirait aux troupes
une profonde confiance; sa mort, au milieu des
°""cu)tés qui nous assaillent, laissera un vide
diiOcite a remplir.
Les opérations se poursuivent autour de Bou-
)oupan d'une part, de Fonwary de l'autre les
colonnes appuyées sur ces deux points doivent
avancer l'une vers l'autre, après avoir systéma-
tiquement fquiiléjtle pays environnant et détruit
tous les repaires des insurgés.
Comme vous le voyez, monsieur le ministre
la situation est loin d'être briHante aux embanSs
financiers vient se joindre une crise sanglante
On vivait ici avec une insouciance incroyable.
dans des habitations isolées, dans des postes ou~
verts de tous côtés, dont les. abords n'étaient
même pas découverts; on regardait les Canaques
comme de grands enfans, parfois boudeurs, mais
oujoursinoa-ensifs; ils jouissaient d'une con-
fiance, d'une mtumté même vraiment étranges.
Toute cette population de colons et'de soldats,
dispersée au mitieu des bois, s'était endorme
dans une sécurité complète dur a été leréveiH 1
Tous, surpris dans une quiétude parfaite, ont été
égorgés.
Toutes les catégories du personnel de la colo-
nisation ont payé leur tribut a la férocité des
indigènes les massacres ont eu lieu avec un
ensemble extraordinaire; c'est une guerre de
sauvages, sans merci ni pitié. ~"c "o
La population un instant affolée au reçu
des nouvelles qui attestaient une agitation gé-
nérate dans la colonie, et phis encore par les
rumeurs exagérées colportées Un peu partout
a bien vite repris possession d'elle-même. J-a
reçu de tous côtés des offres de services; il
~si possible de constituer un corps
~~1 de 40 éclaireurs votontaires, ac-
tuellement employés avec les troupes actives
en outre, un corps civil de volontaires auxiliaires
comprenant 260 hommes a été organisé sous le
commandement du capitaine chnfanterSde
Blanchard, mon officier d'ordonnance;
enun. les fonctionnaires et employés des diver~
~~T~ militaires et civiles ont eta
armés et organisés par les .oins et sous le com-
le lieutenant de vaisseau
Guyon. Ces deux corps concourent au service
~n~ Pourrait plus être fait inté-
grahmient par les troupes sans des fatigues exa.-
Les déportés n'ont motivé aucune plainte; plu-
sieurs d'entre eux ont demandé à être armés je
? pas jugé nécessaire de recourir à cette me~
sure. Néanmoins; quelques uns, concessionnaires
aTJo~-r~~ pour leur défense
a~avora~'es. sur leur ~P'JeJrappor~
assez favorables.
La conduite des transportés a été aussi cor-
recte quelques uns ont fait preuve de dévoue-
ment.
Au reste, les uns et les autres savaient que,
dans cette lutte du sauvage contre l'homme c~
vDisé, ils ont autant à redouter que le personnel
libre.
J'ai demandé à Votre Excellence l'envoi d'un
~) compagnies d'infanterie en Nou-
vePe.Caiédome, c'est un minimum qui nous est
~mp~encor~
longtemps encore.
C'est grâce à un concours particulier de cir-
constances que j'ai pu arrêter dès son début un
mouvement dont les conséquences possibles ne
peuvent guère être calculées, mais qui eût cer-
tainemert au moins entrainé pour de longues
années la ruine de toute la colonisation.
Il est fort heureux que ces événemens aient
eu lieu au moment du séjour du ~e; en outre
de la compagnie de débarquement de ce bâti-
ment, nous avons eu 20~ hommes d'infanterie de
plus.
La présence du ~~<. sur la rade de Nouméa
m'a aussi permis de disposer plus librement do~
bàtimens de la division; enCn, pendant les prë~
miers jours, le télégraphe n'avait pas été inter-
rompu:
Dans ces circonstances pénibles, j'ai rencontré
chez le personnel de la colonie à tous les degrés
de la hiérarchie. le dévouement le plus combtet-
la tâche est dimcHe. mais le bon esprit qui anime
tout le monde aplanit bien des difficultés.
Les troupes sous le commandement du re-
gretté colonel Gal.y ne méritent que des éloges
grâce aux bonnes dispositions prises par le com-1
mandement, au désir de tous de bien faire, les
nombreux mouvemens se sont eueotuës avec une
régularité parfaite.
Le personnel de la division navale, auquel in-
combaient les obligations les plus multiples a
été, comme toujours, a la hauteur de sa mission
Marins à bord, soldats à terre, officiers et équi-
pages ont largement contribué a. rétablir une
situation qui pouvait être gravement compro-
mise.
Dès les premières nouvelles, le commandant du
7*
chez les officiers et les hommes du bâtiment
qu'il commande, de précieux auxiliaires entière-
ment dévoués. M~c–
Je suis, etc.
Le capitaine de vaisseau, gouverneur.
chef de la division navale,
)S~:C OMY.
Nouméa,Ie6juiIIeMM8.
Monsieur le ministre,
Une révolte de Canaques a subitement
éclaté le 25 juin dans l'arrondissement de
Uarai elle s'est répandue, le 26, dans la cir-
conscription de Bouloupari; elle a déjà. fait de
nombreuses victimes, et la région comprise
entre Bouloupan, Dogny, Uaraï et la mer est
encore occupée par les rebelles que les troupes
maintiennent dans les limites de ce territoire.
Pour suivre la marche des événemens, il est né-
cessaire de remonter jusqu'au t9 juin.
Dans la soirée, sur l'habitation Dezarnaulds.
à 25 kilomètres de Bouloupari, un assassinat
avait été commis par les Canaques sur la per-
sonne d'un Ubere français nommé Chesne,
d'une femme indigène et de leur enfant, âgé de
trois ans. De nombreux indices portaient à
croire que les auteurs du crime étaient trois
Canaques de la tribu de Dogny. La gendarme-
rie de Bouloupan et celle de la Foa mirent en
état d'arrestation plusieurs chefs des tribus
voisines jusqu'à ce que les coupables fussent
livrés. Les recherches judiciaires continuaient,
lorsque, dans la nuit du 24 au 25, la brigade da
gendarmerie de la Foa. composée do quatre
gendarmes et un brigadier, fut assassinée
par les Canaques révoltés en masse, sous
la conduite du chef Ataï. Ceux-ci massacrèrent
en même temps une quarantaine de colons du
voisinage, se livrèrent sur eux à d'abominables
atrocités, spécialem"nt sur les femmes et les
enfans, pillèrent toutes les habitations, les sac-
cagèrent et les brûlèrent ensuite. Ces nou-
velles, apportées à Uaraï par un réfugia à huit
heures du matin, furent immédiatement trans-
mises par le télégraphe à Nouméa. Le chef
d arrondissement partit aussitôt avec les trou-
pes du poste et l'ofncier qui les commandait,
pour se rendre à la Foa qui est à 18 kilo-
mètres il ne laissa, pour garder Térembo
et Uaraï, q~io les surveiltans militaires et
douze hommes. A dix heures quinze minutes,
le gérant du télégraphe informa que des bande
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