Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-07-29
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Description : 29 juillet 1878 29 juillet 1878
Description : 1878/07/29. 1878/07/29.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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POHTMUES ET LtTTËRAtttES
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•a Bellgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en Turquie,
•B Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans !§•
régences du 'Maroc et de la Tunisie «
en Chine tft au Japon,
Ban moyen d'une valeur payable à Paris ou if
Mandats-poste, soit internationaux, soit françaw»
«n Allemagne, en Au-Atlche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
cnes tous les directeurs de pertes;
et dans tous les autres pays,
Mr l'envoi d'une valeur payable» à Parie.'
L11DÏ29 JUILLET
̃'•.̃. \m.
OM S'ABOOTl V'
ïEB des 'Prëtres-Saint-Germain-rAukerjfoîs,,17,
9~ ~B~H,'e~~EU~I~l'
Un aa.. Sixmois. Troia mous.
Bépanemess. 80 ô. (0 fr. 20 &.
Pariai' v.». 72 fr. 36 fr. 18 te.
iLes aBoanecaens partent aes i« «t te a* .n
chaque "mois. 'Jl".018.>
PîSFÎe, ESffl HBSBSSéïPO- S® «CBt«. V
Sfépas"4eiaeMa, kr ̃EiïSEîéB'o. Se sent.
In Ktonâma,- epply to ©owSe and C% foreJga-
newspaipers omce,; 17, Gresham street, G. P. O.;
KM. SïboW, fflawJe* et Q<% l,FinehlaneCornhiU,.
E. G. L ndon; liiiîH. ÏW.-lî. ®MîtU et Son,
186, Strand, w. C, London.
A. Bruxelles, à VOfftct 4* pvilieiW, 46, rue de la
Madeleine, dans les kiosques et dans les bi-
bliothâqaes des «ares de chemins de fer belges,
à. Valparaiso (Chili), ches-M, Orestes L, fornerp.
` Les annonces aont rœQ«
ûk«I Mm. «r*uehey. JL»fB4e •« C,
8, plapa dt la Bouts*,
•t ws bureau dti jKHJW'i8!&I«| f
a1leeà~giv~nt,~s~la,ata, 8tsda~çééqs p~1" h.ç~d,s~t~o~
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renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal. *e~ >.
PARIS
DIMANCHE 28 JUILLET
Un. banquet qui lui a été offert par. le
Carlton Club a fourni à lord Beaconsfield
l'occasion d'expliquer encore une fois et
de défendre la politique qu'il a suivie au
Congrès.. Le télégraphe nous donne un
résumé très succinct de ce discours qui
paraît ,'avoir porté sur deux points princi-
paux la question grecque et la question
de Chypre. Sur le dernier point, nous ne
doutons pas que lord Beaconsfield n'ait
facilement raison des critiques qu'on lui
adresse. Il a, paraît-il, attaqué sévère-
ment M. Gladstone, lequel n'avait pas at-
taqué moins sévèrement le cabinet et
avait qualifié la convention anglo-turque
de « folie. » Quels que soient les senti-
mens divers que l'on ait éprouvés en Eu-
rope au sujet de la convention anglo-
turque, tout le monde, en France et même
en.Ilalie, a reconnu l'habileté dont lordBea-
consfield avait] fait preuve, et les avan-
tages qu'il avait su1 assurer là son pays.
M. Gladstone seul' a élevé une voix
discordante, mais nous né croyons pas que
sa^ considération politique en soit beau-
coup rehaussée. Lord Beaconsfield le sait
bien, et il a beau jeu contre son adver-
saire. L'opinion est pour lui. L'Angleterre
est une nation, trop sérieuse pour s'aban-
donner à un enthousiasme inconsidéré si
elle est fière du rôle qu'elle vient déjouer,
si elle exalte le* hommes d'Etat qui ont di-
rigé, sa politique, elle calcule pourtant
avec une froideur mathématique ce que;
lui coûtera sa grandeur nourvelle. Les es-,
pàJLs sont jusqu'à un certain point préob-
cupés des charges plus lourdes, tant mi-
litaires que financières, qui pèseront sur
la, Grande-Bretagne; mais lès sentimens.
de satisfaction pour le présent et de con-
fiance dans l'avenir ne se donnent, pas
moins libre carrière, et jord Beaconsfield
jouit en ce momentd'urie popularité écla-
tante. Comblé des faveurs i royales, il obtient
par., surcroît les faveurs publiques. Les:
banquets qu'on lui offre sont de véritables
ovations, et, dans sa modestie, il s'efforce
de reporter sur le marquis de Salisbury,.
son .collègue, une large part des mérites
qu'on lui attribue trop exclusivement.' Le
résultat dé là discussion qui s'ouvrira de-
main à la Chambre des Communes est donc
facile à prévoir. Le gouvernement aura
sans peine gain de cause, et les termes
mêmes de la Résolution proposée par le
marquis de Hartingtôn montrent que
l'Opposition s'applique à ramener ses cri-
tiques à quelques points bien choisis,
plutôLqu.e.dè les étendre, à l'ensemble de
la politique ministérielle. M. Gladstone,
retiré .comme Achille sous sa lente, fait
bande à part, si toutefois on peut faire
bande lorsqu'on est réduit à soi tout
seul.
En défendant la convention anglo-tur-
que au sujet de Chypre, lord Beaconsfield
a «exposé quelques considérations qui ne
manquent ni d'originalité ni de profon-
deur. Loin d'avoir augmenté nos charges,
a-t-il dit, nous les avons diminuées. Pour-
quoi ? Parce que l'Angleterre a pris une
attitude, résolue et parlé un ferme lan-
gage, et que, par ce moyen,r elle a peut-
être évité la guerre. Je rapporte de
Berlin Ja conviction a déclaré lord Bea-
consfield, que si l'Angleterre avait parlé
avec plus de fermeté, ni la guerre de Crimée
ni la dernière guerre n'auraient eu lieu.
Laissons de côté la guerre de Crimée
qui est déjà loin de nous. Pour ce qui est
de la dernière guerre, combien de fois
n'avons-nous pas dit que si l'Europe avait
'DES
̃ DO '29 JD1LLKT i878.
LA SEMAINE' DRAMATIQUE `"
^TriÉATRE DU Palais -Royal ̃.Paris-Ca-
nard, vaudeville en quatre actes de
v MM. Saint-Agnan Choler et Crémieux.
Le troisième volume du Théâtre
complet de M. Labiche (1).
S'il y a un reproche à faire à la. nou-
velle pièce An Palais-Royal, ce n'est pas
de pécher par excès de réalisme. Ses per-
sonnages ont le défaut d'être des ombres
chinoises sans aucune consistance. Il y a
là un jeune viveur, M. Adhémar de Bois-
vieux, que ses créanciers veulent marier,
pour refaire sa fortune, au moyen des an-
nonces d'un journal, le Paris-Canard.
Comment y parviendront-ils ? C'est ce
qu'il n'est pas trop aisé de comprendre,
la plupart des personnages étant àpeu près
%v s ou du moins agissant et parlant comme
des fous. Le seul dans la bande qui ait
apparence humaine, c'est un notaire en
retraite, levie'ux La Pacaudière, qui est
venu à Paris pour voir l'Exposition et
étudier les mœurs de la grande ville.
Le procédé imaginé par La Pacaudière
#eafiBïmn:t&%Ç" ê^ifetar.
voulu l'empêcher, rien n'aurait été plus
facile Nous avons sujvi avec une anxiété é
douloureuse les progrès de cette malen-
contreuse, aventure, depuis les premiers
événemens qui l'ont préparée jusqu'à ceux
qui l'ont précipitée. Combien de fois n'a-
vôns-rious pas signalé le moment opportun
où une démarche faite par une grande
puissance aurait pu enrayer le mou-
vement et prévenir des malheurs presque
irréparables! Mais cette démarche, 'qui
pouvait la faire? L'Autriche était prise et
retenue dans l'engrenage des trois empi-
res. Là France n'avait plus aucun goût
pour le rôle de chevalier redresseur de
torts, et, de plus, sa politique étrangère
était toute tournée à cette époque en
complaif ances à l'égard de la Russie.
L'Angleterre seule aurait pu se mettre
en avant, exprimer une volonté; et
si' elle l'avait fait avec à -propos,
nul doute qu'elle aurait conjuré le
mauvais sort qui menaçait l'Europe, qu'elle
aurait ébranlé les alliances artificielles et
déterminé les résolutions hésitantes. Mais
l'àngleterre n'avait alors d'oreilles que
pour les discours de M. Gladstone, et
elle déplorait avec une indignation can-
dide les abominables massacres commis
méchamment sur les Bulgares. C'est
ainsi qu'aucune voix ne s'est fait
entendre en Europe pour dire la
vérité politique sur la situation, et
que, le monde étant livré au hasard, d'a-
droits diplomates ont profité de la cir-
constance. L'Europe et l'Angleterre dans
l'Europe ont commis alors une grande
faute. On a cru un moment que le vieil
esprit aristocratique de l'Angleterre était
perdu sans retour, et que ce pays s'était
endormi comme tant d'autres sur le flot
tranquille mais trompeur des idées mé-
diocres et des sentimens modestes. En
quelques jours tout a changé de face, et
puisse le mouvement que lord Beacons-
field a imprimé, à ses compatriotes se pro-,
longer longtemps Puisse le phénomène
du réveil, de l'Angleterre, qui s'est produit
subitement à nos yeux, n'être pas un ac-
cident passager La paix de l'avenir en
sera mieux garantie mais il ne nous dé-
plaît pas d'entendre lord Beaconsfield dé-
clarer, comme il l'a fait au banquet du
Carlton Club, que dan? le passé aussi la
paix aurait pu être sauvée. C'est ce que
nous avons toujours cru et toujours dit.
Lord Beaconsfield a parlé de la Grèce
il a voulu sans doute aller au-devant des
objections qui seront faites à sa politique
par les orat'eura de la Chambre des Com-
munes. Déjà M. le marquis de Salisbury,
dans son dernier discours à la ChamLre
des Lords, a donné des explications, sans
y être obligé, sur la délicate question de la
Grèce. Il est facile de pressentir que l'ef-
fort de l'Opposition portera surtout sur
ce point. Lord Salisbury et lord Bea-
consfield déclarent à l'unisson que l'An-
gleterre n'a jamais pris d'engagemens en-
vers la Grèce, et moins que tout autre
L'engagement d'obtenir pour elle un agran-
dissement de territoire. Soit! On avait cru
généralement le contraire mais cela im-
porte peu. L'intérêt que nous portons à la
Grèce ne serait pas sensiblement accru par
les promesses qui lui auraient été faites
et qui. n'auraient pas été tenues. Cet
intérêt a une origine différente. Il nous a
toujours Semblé que la Grèce avait un
rôle à jouer en Orient, et que ce rôle de-
vait être développé proportionnellement
à mesure que les petites principautés des
Balkans exagéraient le leur et étendaient
leurs frontières. Il serait très fâcheux que
la Grèce, parce qu'elle a suivi de bons
èonseils et qu'elle n'a pas pris les.
armes pendant que toute la péninsuie
était en feu, n'obtînt pas aujour-
d'hui pour sa sagesse les compensa-
tions que d'autres ont obtenues pour leur
imprudence. Mais lord Beaconsfield as-
sure dans son discours que la Grèce a
obtenu plus que les principautés qui se
sont révoltées et qui ont versé leur sang
pour se livrer à cette étude ne 'man-
que pas d'une certaine originalité. Le
bonhomme s'introduit dans les maisons
où il y a un appartement à louer, sous le
prétexte fort plausible de voir l'apparte-
ment il pénètre dans les bureaux de jour-
naux, sous le prétexte de faire une an-
nonce. En réalité, il ne veut rien annon-
çer, ni louer aucun appartement. Son but
est seulement, d'approfondir les mystères'
de la vie parisienne, et pendant, qu'il in-
terroge le portier, ou qu'il dispute avec
l'employé chargé des annonces, il dit à sa
fille qui l'accompagne « Regarde, examine
et prends des notes. » II y avait un bon
parti à. tirer de ce fantoche amusant; par
malheur, son rôle est beaucoup trop ef-
facé.
Les auteurs de la pièce paraissent avoir
cherché avant tout un élément de succès
dans ,les travestissemens de M110 Jane Ha-
ding, chargée du rôle de Rosabelle. Cette
Rosabelle est une jeune fille qui est deve-
nue amoureuse du bel Adhémar, on ne
sait trop pourquoi ni comment, et qui lui
adresse de tendres épîtres dans le Paris-
Caiiard, sous le pseudonyme de VAnge
Wew.Mais le bel Adhémar ne l'ayant jamais
remarquée, et poursuivant de son côté la
fille du notaire qu'il croit être l'ange
bleu des petites correspondances, Rosa-
belle prend divers déguisemens pour se
rapprocher de lui. Ce sont 4es folies à
f~ ~t ~~r'i i~~s~b~'e ü'inta'~n~~° fi
&fcÉ>JMï 'è$4% in*ffe;£fe$bte airaïgîtie'r
et épuisé leur trésor. Vraiment? Nous
sommes bien aises de. l'apprendre. Jus-
q'i'ici nous ne savions rien de sembla-
ble, mais il est naturel que lord Beacons-
field soit informé avant nous. La Grèce a
donc obtenu plus que la Serbie, plus
que le Monténégro, plus que la Bul-
garie. Nous ne disons pas plus que
la1 Roumanie l'ironie pourrait sembler
amère. Si, au cours de la discussion qui
va commencer, le gouvernement anglais
peut en effet annoncer cette nouvelle au
Parlement, son succès moral sera com-
plet et nous..nous empresserons de le
célébrer. Mais jusqu'ici on nous demande
de croire sans avoir vu car, en vérité,
nous n'avons rien vu, et nous ignorons
encore ce que la Porte a bien voulu faire
pour la Grèce, ou même si elle a fait quel-
que chose. Sur la foi de lord Beaconsfield,
nous attendons. • • r
Petite ECourse dn dimanche.
Emprunt S 0/0. 113 fr. 75, S5, 50. "•
S 0/0. m fr. 03, 76 fr. 97 1/2, 95.
Extér» espagnole.. 13 9/16.
5 0/0 turc. 13 fr. 05, 14 fr. 75, 82 1/2.
Banque ottomane.. 503 fr. 75, 502 fr. 75, 504 fr. 25
Florins (or) 651/2,7/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 270 fr. 62 1/2, 266 fr. 87 1/2,
267 fr. 50.
Télégraphie privée.
{Ssrvioe télégraphique de l'ageuc® Haras.)
Londres, le 28 juillet:
Le banquet offert par le Carlton Club à lord
Beaconsfield et au marquis de Salisbury a eu
lieu hier soir, sous la présidence du duc de Buc-
cleuch.
500 membres de la Chambre des Lords et de la
Chambre, des Communes y assistaient.
Lord Beaconstield, répondant à un toast, a at-
tribué au marquis.de Salisbury la plus grande
part du mérite qui revient aux plénipotentiaires
anglais pour les résultats obtenus au Congrès
de Berlin. Le premier ministre a défendu sa con-
duite envers la Grèce, à. quiil avait conseillé
l'abstention, parce que, dans le cas d'un partage
de la Turquie, la Grèce aurait eu nécessairement
une large part, tandis qu'au contraire, si' le
partage de la Turquie n'avait pas lieu, les prin-
cipautés et la Grèce devaient sûrement être
traitées d'une manière mesquine.
Le résultat prouve que la Grèce a obtenu plus
que les principautés qui se sont révoltées et qui
ont versé leur sang et épuisé leur Trésor..
Lord.Beaconsfièid .fait ensuite un grand éloge
du Sultan. qui a toujours voulu agir envers la
Grèce dans un esprit de conciliation.. 1.1
Quant à la convention avec la Turquie qui
cède Chypre a l'Angleterre, poursuit le premier
ministre, nous n'avons pas augmenté, mais au
contraire diminué »nos responsabilités. Je rap-
porte de Berlin la conviction que si l'Angleterre
avait parlé avec plus de fermeté, ni la guerre de
Crimée ni la dernière guerre n'auraient eu lieu.
Lord Beaconsfield termine en attaquant sévè-
rement M. G adstone pour avoir appelé la con-
vention anglo-turque une folie.
Parmi les autres personnages qui ont pris la
parole on remarque le marquis de Salisbury et sir
Stafford Northcote.
Vienne, le 28 juillet. ̃
La Gazette de Vienne annonce que l'empereur a
ratitié le traité dé Berlin.
Athènes, le 28 juillet.
La Porte n'a pas encore répondu à l'invitation
de la Grèce de nommer des commissaires pour
régier la question de rectification des frontières
grecques, selon les obligations imposées par le
traite de Berlin aujourd'hui ratifié.
On espère qste la Porte cédera Janina et
qu'elle exécutera les décisions du Congrès.
MM. Duval et Béhic sont arrivés ici hier.
La division navale française a quitté le Pirée
pour l'archipel.
M. Corbett, ministre anglais, est attendu ici
jeudi. Kragujewatz, le 27 juillet, soir.
La Skouptchina, dans une séance secrète,
a autorisé le gouvernement serbe à accepter les
différens articles du traité de Berlin qui concer-
nent la Serbie, en recommandant au gouver-
nement d'obtenir la suppression des capitu-
lations.
Dans une séance publique, elle a adopté l'éga-
lité des droits pour tous les sujets serbes, auto-
risé le gouvernement h construire un chemin de
fer. reliant Belgrade à Constantinople par Nisch,
et sanctionné le traité de commerce avec l'Au-
triche, ainsi que le règlement de la navigation
des Portes-de-Fer.
Londres, le 28 juillet.
Nubar Pacha est arrivé ici, d'où, après un sé-
jour de courte durée, il retournera en Egypte.
Constantinople. le 28 juillet.
Des conseils extraordinaires des ministres ont
été tenus vendredi et samedi. On y a traité la
question de la Bosnie. Des instructions ont été
envoyées à cet égard à Carathéodory
On assure que la forte a été avisée que l'en-
trée des Autrichiens en Bosnie aurait lieu' au-
jourd'hui.
quelque chose de plus décousu. Je disais
dans mon dernier article que l'extrava-
gance peut être amusante, à la condition
de reposer sur un fond de comédie.
C'est ce fond qui manque ici absolument,
et la pièce est tout à fait en l'air, comme
le tombeau de Mahomet.
M"0 Hading paraît successivement en
figurante d'un petit théâtre, en paysanne,
en petit-duc, en étudiant espagnol avec
la cuiller d'ivoire à la ganse du chapeau,
et sous bien d'autres aspects encore. On
a voulu lui fournir l'occasion d'imiter
M11e Granier, Mme Judic ou Mmo Théo.
Nous voyons aussi sous plusieurs déguise-
mens un acteur nommé Fusier qui est le
clair de lune de Brasseur. C'est ce qu'on
appelle une pièce parisienne, c'est-à-dire
dont tout l'intérêt consiste dans des imi-
tations ou dans" des allusions à certaines
choses qui occupent les oisifs du boule-
vard, sur le parcours du Grand-Hôtel au
faubourg Poissonnière. Mais est-on bien
sûr que les provinciaux et les étrangers,
pour qui évidemment la pièce a été faite,
s'intéressent beaucoup à ces choses-là, et
qu'ils soient tous taillés sur le patron du
bonhomme La Pacaudière ? 9
Il est vraiment regrettable que le théâ-
tre du Palais-Royal ait à peu près aban-
donné l'ancien genre auquel il a dû sa
réputation et sa fortune je veux dire la
comédie pou une forme u|tra-bouffpnne.
fe%é la rM'ëxfdii <ïrfé je faisais hifè*
Les Turcs ont commencé à évacuer Varna.
Constantinople, le 28 juillet.
On annonce que, en ce qui concerne la. ques-
tion grecque, la Porte adressera prochainement
•aux puissances un Mémorandum répondant
point par point à la Note lue au Congres par
M. Delyannis.
Syra, le 28 juillet.
Des avis reçus de Constantinople portent que
la fréquence des rapports actuels entre M. Layard,
la Porte et le Sultan, est attribuée àdes négocia-
tions relatives à la Mésopotamie, sur laquelle,
sous le prétexte de garantir la sécurité du che-
min de fer de la vallée de l'Euphrate que l'on
projette, l'Angleterre acquerrait des droits d'ad-
ministration et de protection.
Si ces pourparlers aboutissent, on croit que la
convention du 4 juin sera modifiée de fond en
comble.
Une Note de la Grèce, invitant la Porte à en-
voyer des commissaires pour la. délimitation des
nouvelles frontières, a été remise hier.
De nouvelles troupes turques sont parties pour
Volo.
Des renforts destinés à maintenir l'ordre ont
été envoyés en Macédoine.
Le Sultan continue à prendre des précautions
contre Mourad qni lui a refusé obéissance et
se refuse à quitter le palais de Tchûragan pour
résider dans MaHalciosk. dépendance du palais du
résider dans Maltaltiosk, dépendance du palais d~
Sultan. Les arrestations des partisans de Mou-
rad continuent.
Nous voyons avec une sensible satis-
faction que l'agitation factice et irréfléchie
qui s'était produite en Italie tend rapide-
ment à se calmer et que le véritable
esprit politique reprend le dessus. Nous
n'avons jamais, du reste, pris cette ébul-
lition au sérieux, et, à vrai dire, nous ne
la croyons même pas aussi irréfléchie
qu'elle en a l'air. La finesse naturelle
des Italiens ne les abandonne jamais.
En ce moment, il était utile de crier
un peu, parce qu'on n'avait rien reçu
dans la dernière distribution des prix. Il
était bon de constater ses griefs afin de
les faire valoir dans une autre occasion
et de pouvoir réclamer un jour quelque
chose pour « quelqu'un qui n'a encore
rien pris. » Ce n'est pas d'aujourd'hui que
date l'agitation pour l'annexion du Tren-
tin et de Trieste elle a toujours été en-
tretenue' depuis le moment où l'Italie a
commencé l'œuvre de son affranchisse-
ment et la reconstitution de sa natio-
nalité. Bien des fois nous avons nous-
mêmes été sollicités d'appuyer ces ré-
clamations des pays non rachetés pour
lesquels on a créé le mot d'Italia irre-
deuta, et nous nous y sommes constam-
ment refusés, dans l'intérêtmême des Ita-
liens. ,11 se peut qu'il y ait à Trieste un
petit parti italien, comme il peut y en
avoir un à Nice mais la grande majorité
ne demande pas à changer d'état civil et
politique, et il serait absurde de vouloir
assimiler la condition paisible des sujets
autrichiens de ces pays à la dure servi-
tude que subissaient naguère les Lom-
bards et les Vénitiens.
Les Italiens trop remuans qui ont es-
sayé de faire mousser cette agitation ont
dû promptement s'apercevoir du peu de
sympathie qu'ils rencontraient au dehors,
même chez les amis les plus déclarés de
leur pays. Autant les applaudissemens et
les encouragemens de l'Europe libérale
les accompagnaient autrefoisdanstoutesles
tentatives patriotiques, autant leurs appels
d'aujourd'hui ontrencontré de désapproba-
tion. Non seulement l'Autriche est en
état de se protéger toute seule, mais,
ainsi qu'on l'a déjà dit ici, la prétention
de fermer à l'Allemagne l'issue sur les
mers méditerranéennes rencontrerait de
bien autres résistances. C'est la tendance
invincible des peuples d'avoir des portes
ouvertes sur l'eau; cela leur est néces-
saire comme les organes respiratoires. C'est
ce qui pousse la Russie vers le Bosphore;
c'est ce qui a poussé la Prusse vers les
villes libres et les duchés du Nord, ce qui
la pousse encore vers la Hollande et ses
colonies; et c'est pourquoi l'Autriche ni
l'Allemagne ne renonceront à Trieste.
Sous ce rapport, la Confédération germa-
nique subsiste toujours. En 1848, sous le
contre-coup de la récente révolution
française, l'Allemagne avait improvisé à
Francfort une Assemblée républicaine qui
exerça un instant la souveraineté. Eh
en feuilletant le troisième volume du
Théâtre complet de Labiche, qui vient de
paraître à la librairie Calmann Lévy. Ce
troisième volume contient des pièces qui
ont eu pour la plupart un grand succès
en leur temps sur cette même scène du
Palais-Royal, et dans le nombre il faut
citer Célimare le bien-aimé, Mon Isménie,
Un monsieur qui prend la mouche et le Ba-
ron de Fourchevif. Que d'observation, d'es-
prit et de vérité de détail dans ces char-
mans badinages Dans notre répertoire
classique de second ordre, on trouve as-
surément bien peu de comédies qui puis-
sent soutenir la comparaison avec Céli-
mare par exemple, et il y a là un enjoue-
ment, une vivacité, une verve comique
dont on ne peut trouver l'équivalent que
dans Molière ou Regnard.
Ce vieux beau qui à quarante-sept ans
bien sonnés épouse une jeune fille de
dix-huit ans et s'imagine encore être aimé
pour lui-même est un *tyPe pris sur le
vif, et ses premières désillusions lui arri-
vent le matin même de son mariage. C'est
son futur beau-père Colombot qui naïve-
ment, sans la moindre malice, lui porte
le premier coup.
COLOMBOT..
Ne riez pas comme ça. ça vous dessine
la patte d'oie!
ckwkabe (à parfj.
Aï) mais.ri ïî ëBt énTfuy^ûK. f
bien! J même cette Assemblée protesta
contre l'insurrection de la liOmbàrdie,
parce que les possessions italiennes
de l'Autriche étaient regardées comme
territoire germanique. Les Italiens ne
doivent donc pas se faire d'illusions de
ce côté, et, au fond, nous croyons qu'ilsiie
s'en font pas. Leurs légitimes appétits na-
tionaux ont reçu d'assez larges satisfac-
tions pour qu'ils songent désormais, non
plus à l'extension, mais à la consolidation.
Ils ont eu cette singulière fortune que
chacun de leurs revers a contribué à les
agrandir et à les enrichir ils ont été les
enfans chéris du malheur. Ils ont eu au-
tant d'aventures que Candide, et nous les
engageons à relire la conclusion de cette
charmante histoire.
« Travaillons sans raisonner, c'est le
» seul moyen de rendre la vie suppor-
» table. Chacun se mit à exercer ses ta-
» lens, la petite terre rapporta beaucoup.
» Cunégonde était, à la vérité, bien laide,
» mais elle devint une excellente pâtis-
«sière; Paquette broda, la vieille eut
» soin du linge. Il n'y eut pas jusqu'à
» Frère, Giroflée qui fut un très bon
» menuisier et même devint honnête
» homme; et Pangloss disait quelquefois
» à Candide Tous les événemens sont
» enchaînés dans le meilleur des mondes
» possibles, car enfin si vous n'aviez pas
» été chassé d'un beau château à grands
» coups de pied. pour l'amour de
» MHo Cunégonde, si vous n'aviez pas été
» mis à l'inquisition, si vous n'aviez pas
» couru l'Amérique à pied. vous ne
» mangeriez pas ici des cédrats confits et
» des pistaches. Cela est bien dit, ré-
» pondit Candide, mais il faut cultiver
» notre jardin. »
Les Italiens devraient méditer cette
philosophie et cultiver leur jardin. Ils ont
le $lus beau jardin du monde, celui où
poussent les orangers fleuris dont rêvait
Mignon, et en vérité ils auraient mauvaise
grâce à se plaindre soit de la nature soit
de la fortune qui les ont toujours gâtés.
John LEMOINNE.
L'article suivant du Times trace le ta-
bleau des réformes que réclamera l'An-
gleterre pour T Asie-Mineure
« II y a actuellement un moment d'arrêt
dans la discussion qui s'était engagée sur le
mérite de la politique ministérielle en Orient.
Les questions principales à décider ont été
indiquées dans la Chambre des Lords e». ont
été suffisamment élucidées par l'Opposition
au point de vue du but immédiat que l'on
désirait atteindre.
» Le ministère,de son côté, afaitauxobserva-
tions soulevées des réponses ayant également
un caractère préliminaire mais ni le Parle-
ment ni le public ne sont encore en état de
se former un jugement définitif.
» On ne doute guère que le pays ne soit
généralement disposé à donner son assenti-
ment à la politique suivie mais un minis-
tère est non moins responsable des moyens
qu'il emploie que de son but, et il reste
à démontrer par exemple si, en fai-
sant choix de l'ile de Chypre comme point
à occuper ou en rédigeant les conditions de
la convention qu'il a conclue avec la Porte,
le gouvernement anglais a fait preuve de bon
jugement et tenu compte de toutes les diffi-
cultés du problème.
» Les critiques qui s'élèvent en ce moment
ont un caractère très différent, selon qu'elles
portent sur l'arrangement fait en Europe ou
sur les plans mis en avant pour l'Asie. Les
leaders libéraux semblent, en ce qui concerne
le caractère général de l'arrangement euro-
péen, n'être pas très disposés à l'attaquer. Ils
sont d'avis qu'on aurait dû faire beaucoup
plus pour la Grèce, mais ils considèrent le
trai'é de Berlin comme étant au moins un
à-compte sur les résultats qu'ils désirent.
» Le principal reproche qu'on fait ici n'est
pas dirigé contre l'arrangement lui-même,
mais contre les moyens employés pour y ar-
river. La position est très différente lorsqu'il
s'agit de la Turquie d'Asie. On blâme ici non
pas seulement la méthode par laquelle oh a
obtenu la convention anglo-turque, ou ses
défauts, mais la convention elle-même, et, en
en contestant la nécessité, lord Hartington
en censure sévèrement, du même coup, les
détails.
» Nous n'avons pas hésité à exprimer notre
opinion que l'adoption de quelque mesure de
̃'̃̃ '̃ COLOMBOT. `.
Voyez-vous, moi, je suis franc. Je ne
vous cache pas qu'au premier ahord vous;
ne me plaisiez pas du tout. Oh! mais pas!
du tout! GÉLIMARE..
CÉLIMARE.
Ah! ̃ ̃• •••̃' ̃:•̃;̃•̃'̃̃
COLOMBOT.1 • r
A ma femme non plus.. v
CÉLIMARE.
Alors, qu'est-ce qui vous a décidé ? i
COLOMBOT.
C'est le notaire, quand il nous a dit
que vous aviez quarante mille livres de
rentes.
CÉLIMARE (ptqUé).
Ah! vous êtes bien bon; je tous re-
meycif! v..
COLOMBOT.
Ça ne vous fâche pas? i ~t
CÉLIMARK.
Comment donc! au contraire.
COLOMBOT.
Nous nous sommes dit: Célimare n'est
pas jeune, Célimare n'est pas beau mais
la jeunesse, la beauté, ça passe; tandis
que quarante mille livres de rente, quand
on a de l'ordre, ça reste! Je suis franc,
moi 1
CÉLIMAM. v
S's le fôië "bfefcu. s' !>"
u ce genre était désirable, et nous ayons fait
"connaître en même temps no trie avis que le
mérite de toute œuvre dépër&ûl en'1 grande
• partie de ses détails et du mode «d'exécution.
» Nous avons lieu de croire qu'je'leS' mesu-
res qu'on se propose de prehàr% sont mar-
quées au coin de la prudence et de la mbdé-
ration. Elles ont été indiquées par le discours
du premier mininous apprenons, d'empiéter sur les préroga-
tives du Sultan, et le gouvernement anglais
se bornera à demander des réformes adminis-
tratives réelles.
» Le point le plus important à soumettre à
la Porte concernera le choix de gouverneur»
honnêtes et. capables, et la stabilité de leurs
fonctions. Sous l'autorité de tels gouverneurs,
nous pouvons nous attendre à une admini-
stration intègre de la loi par les soins de
juges instruits et compétens, et' au mainticen
de l'ordre pUbIJc confié à la garde d'une; po
lice bien entendue, se çompoBàint d'agëna
prudemment choisis. • -piy\
b Nous insisterons ensuite pour que les re-
venus de l'Etat soient perçus sans extorsion;,
et dans ce but nous demanderons l'abolition
du fermage des taxes et l'établissement d'une
combinaison à l'instar de ce qui existe dans
l'Inde, où le chiffre de l'impôt est fixé par
expertise. • •' ̃ ̃ v
» On ne Saurait dire maintenant déjà jus-
qu'à quel point le Sultan est dispoâé â exé-
cuter ces réformes, mais il est certain qu'elles
ne sont pas de nature à porter atteinte à
ses droits de souverain, et la plupart d'entre
elles, d'ailleurs, ont déjà été consenties dans
d'autres négociations par la Porte.
» Telles étant les intentions du gouver-
nement et les principaux points à régler, le
pays peut apprécier, indépendamment des
questions secondaires que les débats soulè-
veront, la tendance générale de l'expérienëè
que le gouvernement veut tenter. On ne sau-
rait trop se pénétrer de cette idée que ce
n'est qu'une expérience, et que, si les Turcs
ne remplissent pas leurs promesses, elle ne
saurait réussir. Mais il n'en vaut pas moins
la peine de s'occuper des résultats quenous
pouvons attendre du su'-ce» et des elë-
mens d'espoir que nous avons devant nous.
» II est, en premûr r lieu, impossible à tout
esprit réfléchi de ne pas tenir compte des en-
couragemens que nous pouvons puiser dans
l'histoire )nèm« de< possessions asiatiques du
Sultan. A Chypre, où notre autorité est main-
tenant établie, nous nous trouvons aux fron-
tières des ri g;ons qui ont été mieux dotées
que toutes autres au point de vue des in-
fluences matérie.Ues et morales qu'elles ont
exercées sur le 'monde.. Il y a un temps où la
Mésopotamie regorgeait de richesses maté-
rielles; or, les élém ans de ces richesse» exi-
ptent toujours, et il ne faudrait qu'un peu
d'encouragement pour jen assurer le dévelop-
pement. Mais les influfiices morales d« la îé-
gion dont la côte syrienne esUa frontière ont
été infiniment plus importantes.
» C'est là le sol saiTé des trois religions qui
ont eu l'influence la plus, puissante sur. l'his-
toire du monde. Le judaïsme, le niahomé-
tisme et le christianisme ont eu là leur ber-
ceau et doivent leur puissance, dânè une
grande mesure, aux merveilleuses capacités
morales et intellectuelles des races qui main-
tenant en paraissent si dépourvues.
» Ce seraio une chose aussi incroyable que
désespérante qu'une région qui a successive-
ment soutenu les Assyriens, les Babyloniens,
le,* Ttfèdes, les Perses et les Macédoniens, qui a
inspiré la littérature des Grecs et donné sa
relig'on au monde occidental, qui est 1»- cen-
tre de l'intérêt religieux dès mahométana de
l'Inde et des chrétiens de l'Occident, ne pût
plus être régénérée ni développée. Si elle
avait été affligée du fléau de la stérilité, noua
pourrions abandonner cet espoir, bien qu'a-
vec de grands regrets mais il n'y a pas lieu
de s'y abandonner.
» Les anciens canaux babyloniens existent
toujours et peuvent toujours être utilisés
pour la culture du sol ils ne sont que rem-
plib de sable, conséquence de- la négligence
des habitans du sol, et on peut juger par là
de la condition générale du pays. •̃
» La région a été désignée comme le gre-
nier de la Turquie d'Asie, mais elïe a été
plus encore que cela elle a été le centre du
monde. Son influence morale tient à sa posi-
tion physique; c'est le point où trois conti-
nens convergent et qui rayonne sur ces trois
continens. Pour la même raison, c'est le point
naturel de la réunion des grandes races de
l'histoire.
» Le Juif,. l'Arabe, le Grec, le Turc, le
Franc et le Persan trouvent tous leurs repré-
sentans à ce point central où ils ont -tour a
tour lutté, pour la suprématie.
» Tous y ont prospéré chaque fois que ré-
gnaient la paix et l'ordre, et ils savent qu'il
•n'y a pas de raison qui s'oppose à ce qu'ils
y prospèrent de nouveau.
» II doit certainement nous importer de
faire les efforts raisonnables qpi sont en no-
tre pouvoir pour procurer à cette région favo-
risée une occasion de se régénérer sans pas-
ser par de nouvelles épreuves d'anarchie et
de lutte.
Voilà le personnage posé tout de suite
et bien en scène. Son premier étonne-
ment, c'est de n'être plus traité en jeune
homme;, aussi est-il mécontent de son
beau-père Colombot « Il dit qu'il est
» franc je le trouve malhonnête, moi. lime
» considère comme un fruit sec de la ga-
» lanterie. » C'est que Célimare avait l'ha*-
bitude de se mettre en tiers dans les mé-
nages de ses amis, de sorte que, se trou-
vant plus jeune que le mari, il a vieill
insensiblement avec l'illusion d'être toui-
jours un jeune homme et cette illusion,
il la conserve encore à quarante-sept
ans. Tout en brûlant les lettres de ses
anciennes maîtresses, il revient naïvement
sur ces vieux souvenirs sans s'apercevoir
que son rôle était encore plus ridicule que
celui du mari. « J'arrivais le- jour de la
» fête de Yernouillet, avec mon? bouquet
» et mon compliment, comme un collé-'
»̃ gien. L'ai-je assez gâté; ce mari-là Je
» le mettais; dans du coton, je faisais ses
» courses le matin; le soir, sa' partie de
» domino tous les jours, à quatre heures,
» j'allais le prendre à son bureau. Un jour,
» il eut mal aux reins et je l'ai frictionné.
» Seulement, sa femme me savait gré de
ces petites attentions; un regard bien
» senti venait ,me payer de tous ces sa-
» orifices. ». Voilà à quoi Célimare occu-
pait sa jeunesse, et cette idée dû rôle ri-
diculç de l'amun,t: a fourni 9. M. Labiche
le stifet rutfe" Se Wè m^lïe'urfe's fitëeVs •
jflK IflByB^Wmnl !™BBi- **4B3bh BHBf.-1. ^BB I ^B^V ^BbM SBB1 a ̃̃̃̃̃ *4^BB *h^9 j à ~ffl^ b^^B^BhB BHi^ Ë ̃̃&̃̃ bb^K- ̃B^n >^ ^bhSh*'1? 1 ^^̃HBk t
POHTMUES ET LtTTËRAtttES
IL~~U~J~~J~ Ja. IL~M~<~JJaJHL7 iiJ) JËL JsmJiE. IL JSL ~LtIU&lJ~jRJtWLt~k~
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•a Bellgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en Turquie,
•B Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans !§•
régences du 'Maroc et de la Tunisie «
en Chine tft au Japon,
Ban moyen d'une valeur payable à Paris ou if
Mandats-poste, soit internationaux, soit françaw»
«n Allemagne, en Au-Atlche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
cnes tous les directeurs de pertes;
et dans tous les autres pays,
Mr l'envoi d'une valeur payable» à Parie.'
L11DÏ29 JUILLET
̃'•.̃. \m.
OM S'ABOOTl V'
ïEB des 'Prëtres-Saint-Germain-rAukerjfoîs,,17,
9~ ~B~H,'e~~EU~I~l'
Un aa.. Sixmois. Troia mous.
Bépanemess. 80 ô. (0 fr. 20 &.
Pariai' v.». 72 fr. 36 fr. 18 te.
iLes aBoanecaens partent aes i« «t te a* .n
chaque "mois. 'Jl".018.>
PîSFÎe, ESffl HBSBSSéïPO- S® «CBt«. V
Sfépas"4eiaeMa, kr ̃EiïSEîéB'o. Se sent.
In Ktonâma,- epply to ©owSe and C% foreJga-
newspaipers omce,; 17, Gresham street, G. P. O.;
KM. SïboW, fflawJe* et Q<% l,FinehlaneCornhiU,.
E. G. L ndon; liiiîH. ÏW.-lî. ®MîtU et Son,
186, Strand, w. C, London.
A. Bruxelles, à VOfftct 4* pvilieiW, 46, rue de la
Madeleine, dans les kiosques et dans les bi-
bliothâqaes des «ares de chemins de fer belges,
à. Valparaiso (Chili), ches-M, Orestes L, fornerp.
` Les annonces aont rœQ«
ûk«I Mm. «r*uehey. JL»fB4e •« C,
8, plapa dt la Bouts*,
•t ws bureau dti jKHJW'i8!&I«| f
a1leeà~giv~nt,~s~la,ata, 8tsda~çééqs p~1" h.ç~d,s~t~o~
Lés souscripteurs dont l'abonnement
expire le 31 juillet sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal. *e~ >.
PARIS
DIMANCHE 28 JUILLET
Un. banquet qui lui a été offert par. le
Carlton Club a fourni à lord Beaconsfield
l'occasion d'expliquer encore une fois et
de défendre la politique qu'il a suivie au
Congrès.. Le télégraphe nous donne un
résumé très succinct de ce discours qui
paraît ,'avoir porté sur deux points princi-
paux la question grecque et la question
de Chypre. Sur le dernier point, nous ne
doutons pas que lord Beaconsfield n'ait
facilement raison des critiques qu'on lui
adresse. Il a, paraît-il, attaqué sévère-
ment M. Gladstone, lequel n'avait pas at-
taqué moins sévèrement le cabinet et
avait qualifié la convention anglo-turque
de « folie. » Quels que soient les senti-
mens divers que l'on ait éprouvés en Eu-
rope au sujet de la convention anglo-
turque, tout le monde, en France et même
en.Ilalie, a reconnu l'habileté dont lordBea-
consfield avait] fait preuve, et les avan-
tages qu'il avait su1 assurer là son pays.
M. Gladstone seul' a élevé une voix
discordante, mais nous né croyons pas que
sa^ considération politique en soit beau-
coup rehaussée. Lord Beaconsfield le sait
bien, et il a beau jeu contre son adver-
saire. L'opinion est pour lui. L'Angleterre
est une nation, trop sérieuse pour s'aban-
donner à un enthousiasme inconsidéré si
elle est fière du rôle qu'elle vient déjouer,
si elle exalte le* hommes d'Etat qui ont di-
rigé, sa politique, elle calcule pourtant
avec une froideur mathématique ce que;
lui coûtera sa grandeur nourvelle. Les es-,
pàJLs sont jusqu'à un certain point préob-
cupés des charges plus lourdes, tant mi-
litaires que financières, qui pèseront sur
la, Grande-Bretagne; mais lès sentimens.
de satisfaction pour le présent et de con-
fiance dans l'avenir ne se donnent, pas
moins libre carrière, et jord Beaconsfield
jouit en ce momentd'urie popularité écla-
tante. Comblé des faveurs i royales, il obtient
par., surcroît les faveurs publiques. Les:
banquets qu'on lui offre sont de véritables
ovations, et, dans sa modestie, il s'efforce
de reporter sur le marquis de Salisbury,.
son .collègue, une large part des mérites
qu'on lui attribue trop exclusivement.' Le
résultat dé là discussion qui s'ouvrira de-
main à la Chambre des Communes est donc
facile à prévoir. Le gouvernement aura
sans peine gain de cause, et les termes
mêmes de la Résolution proposée par le
marquis de Hartingtôn montrent que
l'Opposition s'applique à ramener ses cri-
tiques à quelques points bien choisis,
plutôLqu.e.dè les étendre, à l'ensemble de
la politique ministérielle. M. Gladstone,
retiré .comme Achille sous sa lente, fait
bande à part, si toutefois on peut faire
bande lorsqu'on est réduit à soi tout
seul.
En défendant la convention anglo-tur-
que au sujet de Chypre, lord Beaconsfield
a «exposé quelques considérations qui ne
manquent ni d'originalité ni de profon-
deur. Loin d'avoir augmenté nos charges,
a-t-il dit, nous les avons diminuées. Pour-
quoi ? Parce que l'Angleterre a pris une
attitude, résolue et parlé un ferme lan-
gage, et que, par ce moyen,r elle a peut-
être évité la guerre. Je rapporte de
Berlin Ja conviction a déclaré lord Bea-
consfield, que si l'Angleterre avait parlé
avec plus de fermeté, ni la guerre de Crimée
ni la dernière guerre n'auraient eu lieu.
Laissons de côté la guerre de Crimée
qui est déjà loin de nous. Pour ce qui est
de la dernière guerre, combien de fois
n'avons-nous pas dit que si l'Europe avait
'DES
̃ DO '29 JD1LLKT i878.
LA SEMAINE' DRAMATIQUE `"
^TriÉATRE DU Palais -Royal ̃.Paris-Ca-
nard, vaudeville en quatre actes de
v MM. Saint-Agnan Choler et Crémieux.
Le troisième volume du Théâtre
complet de M. Labiche (1).
S'il y a un reproche à faire à la. nou-
velle pièce An Palais-Royal, ce n'est pas
de pécher par excès de réalisme. Ses per-
sonnages ont le défaut d'être des ombres
chinoises sans aucune consistance. Il y a
là un jeune viveur, M. Adhémar de Bois-
vieux, que ses créanciers veulent marier,
pour refaire sa fortune, au moyen des an-
nonces d'un journal, le Paris-Canard.
Comment y parviendront-ils ? C'est ce
qu'il n'est pas trop aisé de comprendre,
la plupart des personnages étant àpeu près
%v s ou du moins agissant et parlant comme
des fous. Le seul dans la bande qui ait
apparence humaine, c'est un notaire en
retraite, levie'ux La Pacaudière, qui est
venu à Paris pour voir l'Exposition et
étudier les mœurs de la grande ville.
Le procédé imaginé par La Pacaudière
#eafiBïmn:t&%Ç" ê^ifetar.
voulu l'empêcher, rien n'aurait été plus
facile Nous avons sujvi avec une anxiété é
douloureuse les progrès de cette malen-
contreuse, aventure, depuis les premiers
événemens qui l'ont préparée jusqu'à ceux
qui l'ont précipitée. Combien de fois n'a-
vôns-rious pas signalé le moment opportun
où une démarche faite par une grande
puissance aurait pu enrayer le mou-
vement et prévenir des malheurs presque
irréparables! Mais cette démarche, 'qui
pouvait la faire? L'Autriche était prise et
retenue dans l'engrenage des trois empi-
res. Là France n'avait plus aucun goût
pour le rôle de chevalier redresseur de
torts, et, de plus, sa politique étrangère
était toute tournée à cette époque en
complaif ances à l'égard de la Russie.
L'Angleterre seule aurait pu se mettre
en avant, exprimer une volonté; et
si' elle l'avait fait avec à -propos,
nul doute qu'elle aurait conjuré le
mauvais sort qui menaçait l'Europe, qu'elle
aurait ébranlé les alliances artificielles et
déterminé les résolutions hésitantes. Mais
l'àngleterre n'avait alors d'oreilles que
pour les discours de M. Gladstone, et
elle déplorait avec une indignation can-
dide les abominables massacres commis
méchamment sur les Bulgares. C'est
ainsi qu'aucune voix ne s'est fait
entendre en Europe pour dire la
vérité politique sur la situation, et
que, le monde étant livré au hasard, d'a-
droits diplomates ont profité de la cir-
constance. L'Europe et l'Angleterre dans
l'Europe ont commis alors une grande
faute. On a cru un moment que le vieil
esprit aristocratique de l'Angleterre était
perdu sans retour, et que ce pays s'était
endormi comme tant d'autres sur le flot
tranquille mais trompeur des idées mé-
diocres et des sentimens modestes. En
quelques jours tout a changé de face, et
puisse le mouvement que lord Beacons-
field a imprimé, à ses compatriotes se pro-,
longer longtemps Puisse le phénomène
du réveil, de l'Angleterre, qui s'est produit
subitement à nos yeux, n'être pas un ac-
cident passager La paix de l'avenir en
sera mieux garantie mais il ne nous dé-
plaît pas d'entendre lord Beaconsfield dé-
clarer, comme il l'a fait au banquet du
Carlton Club, que dan? le passé aussi la
paix aurait pu être sauvée. C'est ce que
nous avons toujours cru et toujours dit.
Lord Beaconsfield a parlé de la Grèce
il a voulu sans doute aller au-devant des
objections qui seront faites à sa politique
par les orat'eura de la Chambre des Com-
munes. Déjà M. le marquis de Salisbury,
dans son dernier discours à la ChamLre
des Lords, a donné des explications, sans
y être obligé, sur la délicate question de la
Grèce. Il est facile de pressentir que l'ef-
fort de l'Opposition portera surtout sur
ce point. Lord Salisbury et lord Bea-
consfield déclarent à l'unisson que l'An-
gleterre n'a jamais pris d'engagemens en-
vers la Grèce, et moins que tout autre
L'engagement d'obtenir pour elle un agran-
dissement de territoire. Soit! On avait cru
généralement le contraire mais cela im-
porte peu. L'intérêt que nous portons à la
Grèce ne serait pas sensiblement accru par
les promesses qui lui auraient été faites
et qui. n'auraient pas été tenues. Cet
intérêt a une origine différente. Il nous a
toujours Semblé que la Grèce avait un
rôle à jouer en Orient, et que ce rôle de-
vait être développé proportionnellement
à mesure que les petites principautés des
Balkans exagéraient le leur et étendaient
leurs frontières. Il serait très fâcheux que
la Grèce, parce qu'elle a suivi de bons
èonseils et qu'elle n'a pas pris les.
armes pendant que toute la péninsuie
était en feu, n'obtînt pas aujour-
d'hui pour sa sagesse les compensa-
tions que d'autres ont obtenues pour leur
imprudence. Mais lord Beaconsfield as-
sure dans son discours que la Grèce a
obtenu plus que les principautés qui se
sont révoltées et qui ont versé leur sang
pour se livrer à cette étude ne 'man-
que pas d'une certaine originalité. Le
bonhomme s'introduit dans les maisons
où il y a un appartement à louer, sous le
prétexte fort plausible de voir l'apparte-
ment il pénètre dans les bureaux de jour-
naux, sous le prétexte de faire une an-
nonce. En réalité, il ne veut rien annon-
çer, ni louer aucun appartement. Son but
est seulement, d'approfondir les mystères'
de la vie parisienne, et pendant, qu'il in-
terroge le portier, ou qu'il dispute avec
l'employé chargé des annonces, il dit à sa
fille qui l'accompagne « Regarde, examine
et prends des notes. » II y avait un bon
parti à. tirer de ce fantoche amusant; par
malheur, son rôle est beaucoup trop ef-
facé.
Les auteurs de la pièce paraissent avoir
cherché avant tout un élément de succès
dans ,les travestissemens de M110 Jane Ha-
ding, chargée du rôle de Rosabelle. Cette
Rosabelle est une jeune fille qui est deve-
nue amoureuse du bel Adhémar, on ne
sait trop pourquoi ni comment, et qui lui
adresse de tendres épîtres dans le Paris-
Caiiard, sous le pseudonyme de VAnge
Wew.Mais le bel Adhémar ne l'ayant jamais
remarquée, et poursuivant de son côté la
fille du notaire qu'il croit être l'ange
bleu des petites correspondances, Rosa-
belle prend divers déguisemens pour se
rapprocher de lui. Ce sont 4es folies à
f~ ~t ~~r'i i~~s~b~'e ü'inta'~n~~° fi
&fcÉ>JMï 'è$4% in*ffe;£fe$bte airaïgîtie'r
et épuisé leur trésor. Vraiment? Nous
sommes bien aises de. l'apprendre. Jus-
q'i'ici nous ne savions rien de sembla-
ble, mais il est naturel que lord Beacons-
field soit informé avant nous. La Grèce a
donc obtenu plus que la Serbie, plus
que le Monténégro, plus que la Bul-
garie. Nous ne disons pas plus que
la1 Roumanie l'ironie pourrait sembler
amère. Si, au cours de la discussion qui
va commencer, le gouvernement anglais
peut en effet annoncer cette nouvelle au
Parlement, son succès moral sera com-
plet et nous..nous empresserons de le
célébrer. Mais jusqu'ici on nous demande
de croire sans avoir vu car, en vérité,
nous n'avons rien vu, et nous ignorons
encore ce que la Porte a bien voulu faire
pour la Grèce, ou même si elle a fait quel-
que chose. Sur la foi de lord Beaconsfield,
nous attendons. • • r
Petite ECourse dn dimanche.
Emprunt S 0/0. 113 fr. 75, S5, 50. "•
S 0/0. m fr. 03, 76 fr. 97 1/2, 95.
Extér» espagnole.. 13 9/16.
5 0/0 turc. 13 fr. 05, 14 fr. 75, 82 1/2.
Banque ottomane.. 503 fr. 75, 502 fr. 75, 504 fr. 25
Florins (or) 651/2,7/16.
Egyptiennes 6 0/0.. 270 fr. 62 1/2, 266 fr. 87 1/2,
267 fr. 50.
Télégraphie privée.
{Ssrvioe télégraphique de l'ageuc® Haras.)
Londres, le 28 juillet:
Le banquet offert par le Carlton Club à lord
Beaconsfield et au marquis de Salisbury a eu
lieu hier soir, sous la présidence du duc de Buc-
cleuch.
500 membres de la Chambre des Lords et de la
Chambre, des Communes y assistaient.
Lord Beaconstield, répondant à un toast, a at-
tribué au marquis.de Salisbury la plus grande
part du mérite qui revient aux plénipotentiaires
anglais pour les résultats obtenus au Congrès
de Berlin. Le premier ministre a défendu sa con-
duite envers la Grèce, à. quiil avait conseillé
l'abstention, parce que, dans le cas d'un partage
de la Turquie, la Grèce aurait eu nécessairement
une large part, tandis qu'au contraire, si' le
partage de la Turquie n'avait pas lieu, les prin-
cipautés et la Grèce devaient sûrement être
traitées d'une manière mesquine.
Le résultat prouve que la Grèce a obtenu plus
que les principautés qui se sont révoltées et qui
ont versé leur sang et épuisé leur Trésor..
Lord.Beaconsfièid .fait ensuite un grand éloge
du Sultan. qui a toujours voulu agir envers la
Grèce dans un esprit de conciliation.. 1.1
Quant à la convention avec la Turquie qui
cède Chypre a l'Angleterre, poursuit le premier
ministre, nous n'avons pas augmenté, mais au
contraire diminué »nos responsabilités. Je rap-
porte de Berlin la conviction que si l'Angleterre
avait parlé avec plus de fermeté, ni la guerre de
Crimée ni la dernière guerre n'auraient eu lieu.
Lord Beaconsfield termine en attaquant sévè-
rement M. G adstone pour avoir appelé la con-
vention anglo-turque une folie.
Parmi les autres personnages qui ont pris la
parole on remarque le marquis de Salisbury et sir
Stafford Northcote.
Vienne, le 28 juillet. ̃
La Gazette de Vienne annonce que l'empereur a
ratitié le traité dé Berlin.
Athènes, le 28 juillet.
La Porte n'a pas encore répondu à l'invitation
de la Grèce de nommer des commissaires pour
régier la question de rectification des frontières
grecques, selon les obligations imposées par le
traite de Berlin aujourd'hui ratifié.
On espère qste la Porte cédera Janina et
qu'elle exécutera les décisions du Congrès.
MM. Duval et Béhic sont arrivés ici hier.
La division navale française a quitté le Pirée
pour l'archipel.
M. Corbett, ministre anglais, est attendu ici
jeudi. Kragujewatz, le 27 juillet, soir.
La Skouptchina, dans une séance secrète,
a autorisé le gouvernement serbe à accepter les
différens articles du traité de Berlin qui concer-
nent la Serbie, en recommandant au gouver-
nement d'obtenir la suppression des capitu-
lations.
Dans une séance publique, elle a adopté l'éga-
lité des droits pour tous les sujets serbes, auto-
risé le gouvernement h construire un chemin de
fer. reliant Belgrade à Constantinople par Nisch,
et sanctionné le traité de commerce avec l'Au-
triche, ainsi que le règlement de la navigation
des Portes-de-Fer.
Londres, le 28 juillet.
Nubar Pacha est arrivé ici, d'où, après un sé-
jour de courte durée, il retournera en Egypte.
Constantinople. le 28 juillet.
Des conseils extraordinaires des ministres ont
été tenus vendredi et samedi. On y a traité la
question de la Bosnie. Des instructions ont été
envoyées à cet égard à Carathéodory
On assure que la forte a été avisée que l'en-
trée des Autrichiens en Bosnie aurait lieu' au-
jourd'hui.
quelque chose de plus décousu. Je disais
dans mon dernier article que l'extrava-
gance peut être amusante, à la condition
de reposer sur un fond de comédie.
C'est ce fond qui manque ici absolument,
et la pièce est tout à fait en l'air, comme
le tombeau de Mahomet.
M"0 Hading paraît successivement en
figurante d'un petit théâtre, en paysanne,
en petit-duc, en étudiant espagnol avec
la cuiller d'ivoire à la ganse du chapeau,
et sous bien d'autres aspects encore. On
a voulu lui fournir l'occasion d'imiter
M11e Granier, Mme Judic ou Mmo Théo.
Nous voyons aussi sous plusieurs déguise-
mens un acteur nommé Fusier qui est le
clair de lune de Brasseur. C'est ce qu'on
appelle une pièce parisienne, c'est-à-dire
dont tout l'intérêt consiste dans des imi-
tations ou dans" des allusions à certaines
choses qui occupent les oisifs du boule-
vard, sur le parcours du Grand-Hôtel au
faubourg Poissonnière. Mais est-on bien
sûr que les provinciaux et les étrangers,
pour qui évidemment la pièce a été faite,
s'intéressent beaucoup à ces choses-là, et
qu'ils soient tous taillés sur le patron du
bonhomme La Pacaudière ? 9
Il est vraiment regrettable que le théâ-
tre du Palais-Royal ait à peu près aban-
donné l'ancien genre auquel il a dû sa
réputation et sa fortune je veux dire la
comédie pou une forme u|tra-bouffpnne.
fe%é la rM'ëxfdii <ïrfé je faisais hifè*
Les Turcs ont commencé à évacuer Varna.
Constantinople, le 28 juillet.
On annonce que, en ce qui concerne la. ques-
tion grecque, la Porte adressera prochainement
•aux puissances un Mémorandum répondant
point par point à la Note lue au Congres par
M. Delyannis.
Syra, le 28 juillet.
Des avis reçus de Constantinople portent que
la fréquence des rapports actuels entre M. Layard,
la Porte et le Sultan, est attribuée àdes négocia-
tions relatives à la Mésopotamie, sur laquelle,
sous le prétexte de garantir la sécurité du che-
min de fer de la vallée de l'Euphrate que l'on
projette, l'Angleterre acquerrait des droits d'ad-
ministration et de protection.
Si ces pourparlers aboutissent, on croit que la
convention du 4 juin sera modifiée de fond en
comble.
Une Note de la Grèce, invitant la Porte à en-
voyer des commissaires pour la. délimitation des
nouvelles frontières, a été remise hier.
De nouvelles troupes turques sont parties pour
Volo.
Des renforts destinés à maintenir l'ordre ont
été envoyés en Macédoine.
Le Sultan continue à prendre des précautions
contre Mourad qni lui a refusé obéissance et
se refuse à quitter le palais de Tchûragan pour
résider dans MaHalciosk. dépendance du palais du
résider dans Maltaltiosk, dépendance du palais d~
Sultan. Les arrestations des partisans de Mou-
rad continuent.
Nous voyons avec une sensible satis-
faction que l'agitation factice et irréfléchie
qui s'était produite en Italie tend rapide-
ment à se calmer et que le véritable
esprit politique reprend le dessus. Nous
n'avons jamais, du reste, pris cette ébul-
lition au sérieux, et, à vrai dire, nous ne
la croyons même pas aussi irréfléchie
qu'elle en a l'air. La finesse naturelle
des Italiens ne les abandonne jamais.
En ce moment, il était utile de crier
un peu, parce qu'on n'avait rien reçu
dans la dernière distribution des prix. Il
était bon de constater ses griefs afin de
les faire valoir dans une autre occasion
et de pouvoir réclamer un jour quelque
chose pour « quelqu'un qui n'a encore
rien pris. » Ce n'est pas d'aujourd'hui que
date l'agitation pour l'annexion du Tren-
tin et de Trieste elle a toujours été en-
tretenue' depuis le moment où l'Italie a
commencé l'œuvre de son affranchisse-
ment et la reconstitution de sa natio-
nalité. Bien des fois nous avons nous-
mêmes été sollicités d'appuyer ces ré-
clamations des pays non rachetés pour
lesquels on a créé le mot d'Italia irre-
deuta, et nous nous y sommes constam-
ment refusés, dans l'intérêtmême des Ita-
liens. ,11 se peut qu'il y ait à Trieste un
petit parti italien, comme il peut y en
avoir un à Nice mais la grande majorité
ne demande pas à changer d'état civil et
politique, et il serait absurde de vouloir
assimiler la condition paisible des sujets
autrichiens de ces pays à la dure servi-
tude que subissaient naguère les Lom-
bards et les Vénitiens.
Les Italiens trop remuans qui ont es-
sayé de faire mousser cette agitation ont
dû promptement s'apercevoir du peu de
sympathie qu'ils rencontraient au dehors,
même chez les amis les plus déclarés de
leur pays. Autant les applaudissemens et
les encouragemens de l'Europe libérale
les accompagnaient autrefoisdanstoutesles
tentatives patriotiques, autant leurs appels
d'aujourd'hui ontrencontré de désapproba-
tion. Non seulement l'Autriche est en
état de se protéger toute seule, mais,
ainsi qu'on l'a déjà dit ici, la prétention
de fermer à l'Allemagne l'issue sur les
mers méditerranéennes rencontrerait de
bien autres résistances. C'est la tendance
invincible des peuples d'avoir des portes
ouvertes sur l'eau; cela leur est néces-
saire comme les organes respiratoires. C'est
ce qui pousse la Russie vers le Bosphore;
c'est ce qui a poussé la Prusse vers les
villes libres et les duchés du Nord, ce qui
la pousse encore vers la Hollande et ses
colonies; et c'est pourquoi l'Autriche ni
l'Allemagne ne renonceront à Trieste.
Sous ce rapport, la Confédération germa-
nique subsiste toujours. En 1848, sous le
contre-coup de la récente révolution
française, l'Allemagne avait improvisé à
Francfort une Assemblée républicaine qui
exerça un instant la souveraineté. Eh
en feuilletant le troisième volume du
Théâtre complet de Labiche, qui vient de
paraître à la librairie Calmann Lévy. Ce
troisième volume contient des pièces qui
ont eu pour la plupart un grand succès
en leur temps sur cette même scène du
Palais-Royal, et dans le nombre il faut
citer Célimare le bien-aimé, Mon Isménie,
Un monsieur qui prend la mouche et le Ba-
ron de Fourchevif. Que d'observation, d'es-
prit et de vérité de détail dans ces char-
mans badinages Dans notre répertoire
classique de second ordre, on trouve as-
surément bien peu de comédies qui puis-
sent soutenir la comparaison avec Céli-
mare par exemple, et il y a là un enjoue-
ment, une vivacité, une verve comique
dont on ne peut trouver l'équivalent que
dans Molière ou Regnard.
Ce vieux beau qui à quarante-sept ans
bien sonnés épouse une jeune fille de
dix-huit ans et s'imagine encore être aimé
pour lui-même est un *tyPe pris sur le
vif, et ses premières désillusions lui arri-
vent le matin même de son mariage. C'est
son futur beau-père Colombot qui naïve-
ment, sans la moindre malice, lui porte
le premier coup.
COLOMBOT..
Ne riez pas comme ça. ça vous dessine
la patte d'oie!
ckwkabe (à parfj.
Aï) mais.ri ïî ëBt énTfuy^ûK. f
bien! J même cette Assemblée protesta
contre l'insurrection de la liOmbàrdie,
parce que les possessions italiennes
de l'Autriche étaient regardées comme
territoire germanique. Les Italiens ne
doivent donc pas se faire d'illusions de
ce côté, et, au fond, nous croyons qu'ilsiie
s'en font pas. Leurs légitimes appétits na-
tionaux ont reçu d'assez larges satisfac-
tions pour qu'ils songent désormais, non
plus à l'extension, mais à la consolidation.
Ils ont eu cette singulière fortune que
chacun de leurs revers a contribué à les
agrandir et à les enrichir ils ont été les
enfans chéris du malheur. Ils ont eu au-
tant d'aventures que Candide, et nous les
engageons à relire la conclusion de cette
charmante histoire.
« Travaillons sans raisonner, c'est le
» seul moyen de rendre la vie suppor-
» table. Chacun se mit à exercer ses ta-
» lens, la petite terre rapporta beaucoup.
» Cunégonde était, à la vérité, bien laide,
» mais elle devint une excellente pâtis-
«sière; Paquette broda, la vieille eut
» soin du linge. Il n'y eut pas jusqu'à
» Frère, Giroflée qui fut un très bon
» menuisier et même devint honnête
» homme; et Pangloss disait quelquefois
» à Candide Tous les événemens sont
» enchaînés dans le meilleur des mondes
» possibles, car enfin si vous n'aviez pas
» été chassé d'un beau château à grands
» coups de pied. pour l'amour de
» MHo Cunégonde, si vous n'aviez pas été
» mis à l'inquisition, si vous n'aviez pas
» couru l'Amérique à pied. vous ne
» mangeriez pas ici des cédrats confits et
» des pistaches. Cela est bien dit, ré-
» pondit Candide, mais il faut cultiver
» notre jardin. »
Les Italiens devraient méditer cette
philosophie et cultiver leur jardin. Ils ont
le $lus beau jardin du monde, celui où
poussent les orangers fleuris dont rêvait
Mignon, et en vérité ils auraient mauvaise
grâce à se plaindre soit de la nature soit
de la fortune qui les ont toujours gâtés.
John LEMOINNE.
L'article suivant du Times trace le ta-
bleau des réformes que réclamera l'An-
gleterre pour T Asie-Mineure
« II y a actuellement un moment d'arrêt
dans la discussion qui s'était engagée sur le
mérite de la politique ministérielle en Orient.
Les questions principales à décider ont été
indiquées dans la Chambre des Lords e». ont
été suffisamment élucidées par l'Opposition
au point de vue du but immédiat que l'on
désirait atteindre.
» Le ministère,de son côté, afaitauxobserva-
tions soulevées des réponses ayant également
un caractère préliminaire mais ni le Parle-
ment ni le public ne sont encore en état de
se former un jugement définitif.
» On ne doute guère que le pays ne soit
généralement disposé à donner son assenti-
ment à la politique suivie mais un minis-
tère est non moins responsable des moyens
qu'il emploie que de son but, et il reste
à démontrer par exemple si, en fai-
sant choix de l'ile de Chypre comme point
à occuper ou en rédigeant les conditions de
la convention qu'il a conclue avec la Porte,
le gouvernement anglais a fait preuve de bon
jugement et tenu compte de toutes les diffi-
cultés du problème.
» Les critiques qui s'élèvent en ce moment
ont un caractère très différent, selon qu'elles
portent sur l'arrangement fait en Europe ou
sur les plans mis en avant pour l'Asie. Les
leaders libéraux semblent, en ce qui concerne
le caractère général de l'arrangement euro-
péen, n'être pas très disposés à l'attaquer. Ils
sont d'avis qu'on aurait dû faire beaucoup
plus pour la Grèce, mais ils considèrent le
trai'é de Berlin comme étant au moins un
à-compte sur les résultats qu'ils désirent.
» Le principal reproche qu'on fait ici n'est
pas dirigé contre l'arrangement lui-même,
mais contre les moyens employés pour y ar-
river. La position est très différente lorsqu'il
s'agit de la Turquie d'Asie. On blâme ici non
pas seulement la méthode par laquelle oh a
obtenu la convention anglo-turque, ou ses
défauts, mais la convention elle-même, et, en
en contestant la nécessité, lord Hartington
en censure sévèrement, du même coup, les
détails.
» Nous n'avons pas hésité à exprimer notre
opinion que l'adoption de quelque mesure de
̃'̃̃ '̃ COLOMBOT. `.
Voyez-vous, moi, je suis franc. Je ne
vous cache pas qu'au premier ahord vous;
ne me plaisiez pas du tout. Oh! mais pas!
du tout! GÉLIMARE..
CÉLIMARE.
Ah! ̃ ̃• •••̃' ̃:•̃;̃•̃'̃̃
COLOMBOT.1 • r
A ma femme non plus.. v
CÉLIMARE.
Alors, qu'est-ce qui vous a décidé ? i
COLOMBOT.
C'est le notaire, quand il nous a dit
que vous aviez quarante mille livres de
rentes.
CÉLIMARE (ptqUé).
Ah! vous êtes bien bon; je tous re-
meycif! v..
COLOMBOT.
Ça ne vous fâche pas? i ~t
CÉLIMARK.
Comment donc! au contraire.
COLOMBOT.
Nous nous sommes dit: Célimare n'est
pas jeune, Célimare n'est pas beau mais
la jeunesse, la beauté, ça passe; tandis
que quarante mille livres de rente, quand
on a de l'ordre, ça reste! Je suis franc,
moi 1
CÉLIMAM. v
S's le fôië "bfefcu. s' !>"
u ce genre était désirable, et nous ayons fait
"connaître en même temps no trie avis que le
mérite de toute œuvre dépër&ûl en'1 grande
• partie de ses détails et du mode «d'exécution.
» Nous avons lieu de croire qu'je'leS' mesu-
res qu'on se propose de prehàr% sont mar-
quées au coin de la prudence et de la mbdé-
ration. Elles ont été indiquées par le discours
du premier mini
tives du Sultan, et le gouvernement anglais
se bornera à demander des réformes adminis-
tratives réelles.
» Le point le plus important à soumettre à
la Porte concernera le choix de gouverneur»
honnêtes et. capables, et la stabilité de leurs
fonctions. Sous l'autorité de tels gouverneurs,
nous pouvons nous attendre à une admini-
stration intègre de la loi par les soins de
juges instruits et compétens, et' au mainticen
de l'ordre pUbIJc confié à la garde d'une; po
lice bien entendue, se çompoBàint d'agëna
prudemment choisis. • -piy\
b Nous insisterons ensuite pour que les re-
venus de l'Etat soient perçus sans extorsion;,
et dans ce but nous demanderons l'abolition
du fermage des taxes et l'établissement d'une
combinaison à l'instar de ce qui existe dans
l'Inde, où le chiffre de l'impôt est fixé par
expertise. • •' ̃ ̃ v
» On ne Saurait dire maintenant déjà jus-
qu'à quel point le Sultan est dispoâé â exé-
cuter ces réformes, mais il est certain qu'elles
ne sont pas de nature à porter atteinte à
ses droits de souverain, et la plupart d'entre
elles, d'ailleurs, ont déjà été consenties dans
d'autres négociations par la Porte.
» Telles étant les intentions du gouver-
nement et les principaux points à régler, le
pays peut apprécier, indépendamment des
questions secondaires que les débats soulè-
veront, la tendance générale de l'expérienëè
que le gouvernement veut tenter. On ne sau-
rait trop se pénétrer de cette idée que ce
n'est qu'une expérience, et que, si les Turcs
ne remplissent pas leurs promesses, elle ne
saurait réussir. Mais il n'en vaut pas moins
la peine de s'occuper des résultats quenous
pouvons attendre du su'-ce» et des elë-
mens d'espoir que nous avons devant nous.
» II est, en premûr r lieu, impossible à tout
esprit réfléchi de ne pas tenir compte des en-
couragemens que nous pouvons puiser dans
l'histoire )nèm« de< possessions asiatiques du
Sultan. A Chypre, où notre autorité est main-
tenant établie, nous nous trouvons aux fron-
tières des ri g;ons qui ont été mieux dotées
que toutes autres au point de vue des in-
fluences matérie.Ues et morales qu'elles ont
exercées sur le 'monde.. Il y a un temps où la
Mésopotamie regorgeait de richesses maté-
rielles; or, les élém ans de ces richesse» exi-
ptent toujours, et il ne faudrait qu'un peu
d'encouragement pour jen assurer le dévelop-
pement. Mais les influfiices morales d« la îé-
gion dont la côte syrienne esUa frontière ont
été infiniment plus importantes.
» C'est là le sol saiTé des trois religions qui
ont eu l'influence la plus, puissante sur. l'his-
toire du monde. Le judaïsme, le niahomé-
tisme et le christianisme ont eu là leur ber-
ceau et doivent leur puissance, dânè une
grande mesure, aux merveilleuses capacités
morales et intellectuelles des races qui main-
tenant en paraissent si dépourvues.
» Ce seraio une chose aussi incroyable que
désespérante qu'une région qui a successive-
ment soutenu les Assyriens, les Babyloniens,
le,* Ttfèdes, les Perses et les Macédoniens, qui a
inspiré la littérature des Grecs et donné sa
relig'on au monde occidental, qui est 1»- cen-
tre de l'intérêt religieux dès mahométana de
l'Inde et des chrétiens de l'Occident, ne pût
plus être régénérée ni développée. Si elle
avait été affligée du fléau de la stérilité, noua
pourrions abandonner cet espoir, bien qu'a-
vec de grands regrets mais il n'y a pas lieu
de s'y abandonner.
» Les anciens canaux babyloniens existent
toujours et peuvent toujours être utilisés
pour la culture du sol ils ne sont que rem-
plib de sable, conséquence de- la négligence
des habitans du sol, et on peut juger par là
de la condition générale du pays. •̃
» La région a été désignée comme le gre-
nier de la Turquie d'Asie, mais elïe a été
plus encore que cela elle a été le centre du
monde. Son influence morale tient à sa posi-
tion physique; c'est le point où trois conti-
nens convergent et qui rayonne sur ces trois
continens. Pour la même raison, c'est le point
naturel de la réunion des grandes races de
l'histoire.
» Le Juif,. l'Arabe, le Grec, le Turc, le
Franc et le Persan trouvent tous leurs repré-
sentans à ce point central où ils ont -tour a
tour lutté, pour la suprématie.
» Tous y ont prospéré chaque fois que ré-
gnaient la paix et l'ordre, et ils savent qu'il
•n'y a pas de raison qui s'oppose à ce qu'ils
y prospèrent de nouveau.
» II doit certainement nous importer de
faire les efforts raisonnables qpi sont en no-
tre pouvoir pour procurer à cette région favo-
risée une occasion de se régénérer sans pas-
ser par de nouvelles épreuves d'anarchie et
de lutte.
Voilà le personnage posé tout de suite
et bien en scène. Son premier étonne-
ment, c'est de n'être plus traité en jeune
homme;, aussi est-il mécontent de son
beau-père Colombot « Il dit qu'il est
» franc je le trouve malhonnête, moi. lime
» considère comme un fruit sec de la ga-
» lanterie. » C'est que Célimare avait l'ha*-
bitude de se mettre en tiers dans les mé-
nages de ses amis, de sorte que, se trou-
vant plus jeune que le mari, il a vieill
insensiblement avec l'illusion d'être toui-
jours un jeune homme et cette illusion,
il la conserve encore à quarante-sept
ans. Tout en brûlant les lettres de ses
anciennes maîtresses, il revient naïvement
sur ces vieux souvenirs sans s'apercevoir
que son rôle était encore plus ridicule que
celui du mari. « J'arrivais le- jour de la
» fête de Yernouillet, avec mon? bouquet
» et mon compliment, comme un collé-'
»̃ gien. L'ai-je assez gâté; ce mari-là Je
» le mettais; dans du coton, je faisais ses
» courses le matin; le soir, sa' partie de
» domino tous les jours, à quatre heures,
» j'allais le prendre à son bureau. Un jour,
» il eut mal aux reins et je l'ai frictionné.
» Seulement, sa femme me savait gré de
ces petites attentions; un regard bien
» senti venait ,me payer de tous ces sa-
» orifices. ». Voilà à quoi Célimare occu-
pait sa jeunesse, et cette idée dû rôle ri-
diculç de l'amun,t: a fourni 9. M. Labiche
le stifet rutfe" Se Wè m^lïe'urfe's fitëeVs •
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