Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-06-19
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Description : 19 juin 1878 19 juin 1878
Description : 1878/06/19. 1878/06/19.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ËDITÏON DE PARIS.
mm) i9 jm
Il i878.
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ON S'ABONNE
Me des Pr6tres-Samt-Germain-Auxerrois, 1'
PBHOtL MN
Un an. Six mois. Trois moM.
Pêpartemena. 80 &. 40
t~ris. ?2 tr. 36 &. 18 fr.
Les aboanemens partent des t" et 16 de
chaque mois.
Pàf~) cm mamâêFe. 'C@ eest.
N~pM'temeae, nm mEMt~po. tS seat.
In &eB<newapapers omce, n, Gresham street, G. P. 0.;
tBBa. pe!~
E. C. London. MN. ~M. SmKh et St86, Strand, w. C.. London.
A. Bruxelles, & 1'0/M ~< y~MM~, 46, rue do !&
Madeleine, dans les kiosques e~ dans tes M.
btiothôques des {rares de chezoins de Ter belles.
A YMparaiso (Ctulij, chez M. Orestes L. Tomero.
JCtJMAL DES DEBATS
ON S'ABONNB
-an Belgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en Turquie,
Mt Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans M<
régences du Maroc et de la Tunisie
en Chine et au Japon,
fM moyen d'une valeur payable à Paris ou de
OtMtdats-poste, soit internationaux, soit îrancaM
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs~ de postait;
et dans tous les autres pays,
tM renroi d'une valeur pàya&le & PMbb
POj~QUES ET LITTËRAtMS
Les annohces sont reçues
étMtiBMt. )~
t, ptace do lyBourse,
at tQ bureau du JKtBN.a!AJt
PARIS
MARDI i8 Jm~f
Nous avons été obligés, pour suivre
avec tout le soin désirable les nouvelles
du Congrès, de négliger beaucoup les
questions purement intérieures. En toute
autre circonstance, nous nous serions
plu, par exemple, à signaler a nos lecteurs
deux grandes réunions ultramontaines
dont rCMM?~, ~'C/MMM, ~OM~, F?'~M, etc., nous ont longuement entrete-
nus depuis quelques jours. La première de
ces réunions était l'assemblée générale
des Cercles catholiques d'ouvriers, et c'est
M. de Mon qui en a été, bien entendu,
l'orateur le plus écouté et le plus applaudi.
Dans la seconde réunion, l'assemblée gé-
nérale des Comités catholiques, M. Ches-
nelong, que la gloire de son jeune rival
éclipse quelquefois un peu trop, a pris sa
revanche. Nous avons lu avec la plus
grande attention le discours de M. de Mun
et celui de M. Chesnelong, et nous serions
fort en peine )le dire lequel des deux
nous a. frappés davantage. Ils nous ont
produit l'un et l'autre la même impression.
L'éloquence de M. de Mun et de M. Ches-
nelong n'est que l'écho lointain et aSaibli
de celle des grands orateurs catholiques qui
ont brillé dans nos assemblées publiques
et dans la chaire, un écho, hélas qui ren-
voie encore les mots avec toute leur so-
norité et tout leur éclat, mais qui ne ren-
voie plus les idées, et qui surtout n'éveille
plus dans les cœurs les mêmes sentimens
qu'autrefois. La flamme ardente qui ré-
chauffait la parole des Montalembert et
des Lacordaire a disparu, et lorsqu'on a
eu le courage d'aller jusqu'au bout des
interminables harangues de ceux qui se
proclament leurs successeurs, il ne reste
dans l'esprit que des théories confuses
noyées dans un flot de déclamations.
Cette impression que nous a faite la
lecture attentive des comptes-rendus des
réunions ultramontaines publiés par les~
journaux religieux, un auditeur peu sus-
pect l'a ressentie et exprimée avec une
certaine franchise. Le correspondant du
AToM~e en Allemagne, de passage à Paris,
a suivi les débats de l'assemblée générale
des Cercles d'ouvriers, et, au milieu,des
éloges emphatiques ~u'il a cru devoir
adresser aux orateurs, il a glissé cepen-
dant une critique discrète qui mérite
d'être relevée: K Nous ne sommes
M pas une école, a dit M. de Mun, et
p rien n'est plus vrai. Une Association
? semblable, si elle existait en Allemagne,
.? aurait depuis longtemps cherché les
M formules nouvelles qui doivent rem–
M placer celles de l'économie libérale. Au
? moins aurait-elle procédé a une critique
? scientifique de l'école qui s'en va. Ici,
? rien de semblable. On s'occupe de ques-
? tions d'application sans théorie précon-
? çue, sans autre guide qu'un dévoue-
)) ment sans bornes éclairé par la foi.
» Des études préliminaires un peu plus
» approfondies ne feraient pourtant pas
? de ma!. ? » Nous sommes de. l'avis
du correspondant du Jt/bM~. Quelques
études préliminaires, quelques notions
historiques sérieuses, quelques lam-
beaux de critique scientifique auraient
donné un caractère moins déclama-
toire et peut être moins aveuglé-
ment passionné aux débats de l'assem-
blée générale des Cercles d'ouvriers. Il est
vrai que ces travaux préliminaires sem-
blent inutiles aux ultramontains, attendu
qu'ils ont été faits, suivant eux, de la
manière la plus remarquable, par l'école
socialiste allemande. Nous n'inventons
rien. C'est ~'C/MM~? quia bien voulu nous
apprendre qu'entre les ultramontains et
les socialistes l'accord était complet sur
bien des points « La er~<~e est la
H même, nous dit-il, et l'ennemi est com-
H mun. Guidés à la fois par l'équité et par
M la charité, les catholiques reconnaissent
les souffrances de la classe ouvrière;
? ils se font les patrons de toute revendi-
cation légitime. 11 y a certainement là
N un grand pas de fait, et nous ne crai-
M gnons pas d'affirmer que la question
M sociale ne peut être résolue autrement.
N La plupart des catholiques allemands
M sont entrés franchement dans cette
N voie. Procédant scientHiquemeut, ils
» ont adopté presque toutes les e~~KM
? ~;o?M??M~ M poussant ses conclusions. »
L'Univers aurait pu ajouter que plu-
sieurs ultramontains avaient pris aussi le
langage provoquant des socialistes. C'est
ninsi que M. de Mun, dans son discours à
l'assemble des Cercles ouvriers, n'a pas
hésité a accuser violemment !a société de
ne rien faire pour les classes populaires,
de les leurrer de vaines promesses, d'a-
buser de leur créduMtépo~r les courber
{-eus un joug écrasant, de les exploiter
en un mot, sans pitié ni miséricorde, au
profit de quelques privilégiés. <' On se sert
de l'ouvrier, a'est-il écrié, comme du
)) f-hofbon que l'on jette dans la machine.
)i IL u't~ plus qu'un étranger de passage,
inconnu du patron qui l'emploie, un in-
N strument dont il s'agit de tirer le plus
M grand parti possible, et qui passe de
w main en main suivant le plus offrant
? enchérisseur. Aussi entend-on chaque
» jour une clameur sauvage et passion-
née d'hommes qui souurent et qui se
? se plaignent. Chaque jour leur nombre
s'augmente, et les Sis de la Révolution
') se retournent vers leur mère et 1m de-
? mandent ce qu'elle a fait pour eux. »
On comprend la réponse que M. de Mun,
parlant au nom des ouvriers, fait à une
semblable question. L'émancipation du
travail, la proclamation de l'indépendance
individuelle, la loi de la libre concur-
rence, la destruction des barrières prohi-
bitives, œuvres de la révolution et du li-
béralisme, n'ont produit que des ruines.
Les ultrainontàins sont d'accord pour le
proclamer avec les socialistes, au risque
d'éveiller dans les masses ouvrières les
plus dangereux instincts de vengeance
sur lesquels ces derniers spéculent ou-
vertement. Mais les ultramontains se uat-
tent, après avoir soulevé les convoitises
populaires, de les contenir et de les ré-
gler au moyen de la grande force morale
dont ils disposent. C'est l'illusion de tous
ceux qui allument l'incendie avec la con-
viction qu'eux seuls pourront l'éteindre.
« Nous voulons, s'est écrié M. de Mun,
N combattre le libéralisme aussi bien sur
B le terrain économique que sur le ter-
~rain religieux et politique. » Et vingt
orateurs, développant cette parole, sont
venus tour à tour exposer les principes
de l'économie ultramontaine. Les uns se
sont plaints de l'introduction des machi-
nes agricoles dans les campagnes; les au-
tres ont exposé des systèmes d'associa-
tions ouvrières d'autres se sont modes-
tement contentés de recommander le re-
pos du dimanche. Mais tous ont été unis
pour combattre « l'économie libérale et
n athée qui règne encore aujourd'hui et
? qui ne sera bientôt plus battue en brè-
o che par le socialisme seulement. »
L'économie politique a-t-elle beaucoup
à craindre de la lutte tapageuse que, les
ultramontains entreprennent contre elle?
Nous ne le pensons pas. Elle a été en
enet battue en. brèche par un ennemi à
coup sûr beaucoup plus dangereux qu'eux.
L'école socialiste allemande, de l'aveu
du correspondant du J~cm~, lui a porté
des coups bien mieux préparés et bien
plus sûrement dirigés que les leurs, et
elle n'a point été vaincue. Les gros livres
des docteurs allemands étaient plus ter-
ribles que les longues phrases de M. de
Mun. Ils n'ont pourtant pas fait grand mal
à l'économie politique. Le libéralisme se 'è
défendra avec autant de succès sur le
terrain économique que sur le terrain
politique. Quant au terrain religieux, il
appartient aux ultramontains, et, si nous
avions un conseil à leur donner, nous les
engagerions vivement à s'y confiner. L'as-
semblée générale des Comités catholiques
a fait, sinon de meilleure besogne que
l'assemblée générale des Cercles d'ou-
vriers, du moins une besogne qui conve-
nait davantage à son caractère et à son
nom. Elle s'est occupée des Facultés ul-
tramontaines, du denier de saint Pierre,
des pèlerinages à Lourdes et à la Salette,
de l'adoration diurne et nocturne, etc., etc.
Un rapporteur a rédigé la statistique des
communions dans chaque sanctuaire pri-
vilégié un autre a indiqué les moyens de
développer et au besoin de rétablir les
pèlerinages locaux, beaucoup trop sacri-
fiés, suivant lui, aux pèlerinagesgénéraux;
un autre a invité les fidèles à s'abstenir
de la lecture des mauvais livres et des
mauvais journaux, et à favoriser au con-
traire, par d'abondantes cotisations, les
progrès hélas bien lents du journalisme
ultramontain, etc. Ce sont là des sujets
dont la discussion peut sembler plus ou
moins opportune, mais qui sont bien, dans
tous les cas, de la compétence des as-
semblées ultramontaines. Ne serait-il pas
plus sage de s'en occuper exclusivement
et de laisser aux socialistes d'Allemagne
le soin de diriger contre la société mo-
derne de coupables et impuissantes at-
taques ?
BOURSE DE PAMS
Ct&ture len. le 18 MaMsac. Baisse.
se/a
Comptant, 78 85. '!S3'i.?'. Fin cour. M 95. ~S65.30.
~a/'e
Comptant. tOS 2! 10!i. .23~.
'50/0
ComptMtm2'?0-t1230. ~40.
Fincour.H290.lt2G5.2S.
PSTITKBOU&SBPaSOIN.
Emprunt SO/0. ~2f~M~2~~M.
30/0. 75h\T?
Ext6r"espagnolo.. d.it/2,S/S..
Intérieure. <
30/0 turc. I~M~M.
Banque ottomane.. 443fr,<~f'
Florins (or). 64l/~
Hongroiseo/s. 801/4,3,16,3/8.
Egyptiennes 6 0/0.. Z~5 & 277 h'. S9.
Cnemins égyptiens. 36l fr., 3G3 fr. 75.
Nous recevons de nos correspondons pMti-
culiers les dépêches suivantes
& Berlin, lel8juin, 10 h. soir.
Les ministres d'Autriche et de Turquie
ont eu de longues conférences au sujet de
la. Bulgarie. Rien de définitif n'est arrêté.
Les derniers évén~mens du Montenegro met-
tront probablement la question de Bosnie
et d'Herzégovine à rordre du jour. Les
dispositions des gouvcrnomens étrangers
sont très favorables à l'Autriche sur cette
question. Les difScuttés viendront d~ la
Sublime-Porte qui maintient fermement le
principe de la. substitution à son auto-
rite de l'autorité collective de l'Europe, mais
qui n'admet pas celle d'une seule puissance.
)) Il est à prévoir aussi que ~a question
grecque rencontrera de grandes difficultés do
la part du gouvernement turc. Quant au re-
trait simultané des troupes russes et turques
des environs de Constantinople, cette ques-
tion a été abandonnée pour te moment. Les
représentans des principautés seront admis
à titre de ministres accrédités auprès du
Congrès, ce dernier se considérant comme
souverain. » N.
a Berlin, le 18 juin, 10 h. 30 m.soir.
» La séance d'hier, parait-il, aurait été en-
core préliminaire. On y aurait réglé l'ordre
dans lequel les divers points de la question bul-
gare seront discutés. Tandis que tes journaux
de Berlin continuent a déverger leuramertume
sur les nouvelles publiées par les journaux
étrangers, les feuilles viennoises s'efforcent
de faire prévaloir un pessimisme que rien
ne Justine, n Z.
a Berlin, le 18 juin, 10 h. '!S m. soir.
Les libéraux-nationaux engagent la lutte
électorale par un coup habite. Auhoud'organi-
ser, comme ils en avaient eu d'abord l'inten-
tion. une Diète générale du parti, ils se sont
hâtes de mettre le temps à profit et s'en sont
remis à un comité central du soin de rédiger
un manifeste électoral que leurs journaux
viennent de publier. Les libéraux-progressis-
tes en ont fa~.t autant. Rédigés comme ils sont,
il est probable que css deux manifestes
amortiront l'effet de ceux des divers partis
conservateurs. On sait que ces derniers, pro-
fitant de l'effarement des esprits, veulent
essayer de reconquérir dans l'Etat leurs an-
ciennes positions. C'est donc de l'avenir du
régime libéral en Allemagne qu'il s'agit dans
ces élections, et l'Europe entière n'a peut-être
pas moins de raisons de s'y intéresser qu'aux
mystérieuses délibérations du Congrès de Ber-
lin. Il paraît probable que lès libéraux-natio-
naux reviendront au Reichstag diminués de
vingt ou trente; mais, aupis-atÏer, ils ne seront
pas moins encore la fraction dominante, celle
dont le vote fera toujours la majorité. En re-
vanche, on croit que le parti, suffisamment
édifié sur le sort qu'on lui réserve, gagnerait
en cohésion, en initiative et en force de rési-
stance. L'extirpation du socialisme, le réta-
blissement des droits protecteurs, l'établis-
sement du monopole des tabacs, le ren-
forcement de l'autorité sous toutes ses for-
mes, tels seront probablement les points
principaux du programme conservateur.
Les libéraux-progressistes consentiront à
de nouvelles lois répressives si elles sont re-
connues nécessaires après qu'on aura es-
sayé une application plus suivie et plus éner-
gique des lois existantes; mais ils refuseraient
comme injustes, et ne pouvant qù~aggraver
le mal, des lois exceptionnelles qui, à
l'exemple du socialisme lui-même, ten-
draient à établir un antagonisme légal entre
les diverses classes de la société. Les libé-
raux-nationaux, qui dans leur manifeste s'abs-
tiennent de nommer les socialistes, parais-
sent admettre qu'il soit indispensable d'em-
ployer des remèdes héro'iques contre la dan-
gereuse maladie sociale cependant, ce n'est
pas des lois seules qu'ils attendent lagrérison,
mais aussi de l'union et du concours actif de
tous les bons citoyens, sans distinction de
parti. Ils mettent leurs électeurs en garde
contre les entrainemens qui pourraient
coûter à la nation des droits précieux,
des libertés chèrement acquises, et la détour-
ner du nobie but qu'elle s'est propose
celui de fonder l'empire allemand sur
les bases de la liberté civile, politique, et de
la loi morale. De même que les libéraux-pro-
gressistes, les libéraux-nationaux se pronon-
cent contre une politique économique injuste
et arriérée; ils réclament un programme défi-
nitif de politique commerciale et libérale, et
une réforme des impôts qui augmente les re-
venus de l'empire sans accroître les charges du
pays déjà si lourdes, et sans priver la repré-
sentation nationale des plus solides garanties
constitutionnelles. On voitqueissont les prin-
cipes que partagent aujourd'hui tous les es-
prits éclairés, et il n'est guère probable que
l'Allemagne, dans une heure do trouble et
d'angoisse, cesse subitement de les croire com-
patibles avec ses véritables intérêts. )) M.
TFéMgfapMc pr!v<*e
{Stirvice télégraphique de l'agence H~&s.)
Berlin, le 18 juin.
.Les plénipotentiaires autrichiens et anglais au-
ront aujourd'hui avec le comte SchouvalofT une
entrevue dans laquelle ces diplomates s'occupe-
ront, dit-on, de la. question relative à la Bulga-
rie. On attache une certaine importance a cette
entrevue commune.
La prochaine séance du Congrès, dans laquelle
les plénipotentiaires s'occuperont encore de la
Bulgarie, aura lieu. demain a. deux heures de
l'après-midi.
Berlin, te 18 juin.
Les Etats de second rang suivent attentive-
ment les négociations du Congrès, en espérant
toujours d'être entendus d'une manière consulta-
tive. Lesreprésentahsdeces Etats pensent qu'au-
cune décision n'a encore été prise relativement
a la Bulgarie et que le Congrès ne s'occupera que
dans sa prochaine séance de fixer les frontières
de la principauté de Bulgarie et tout ce qui se
rattache a. la création do cet Etat, ainsi qu'a l'or-
ganisation de la partie de la Bulgarie qui doit de-
venir autonome.
Au sujet de cette seconde partie de la Bulgarie,
on remarque que l'on dent. maintenant un plus
grand compte de l'élément grec.
On désire pour le moins qu'aucun tort na soit
fait a cet élément, et on voudrait exprimer cette
intention dans la dénomination de cette pro-
vince c'est pourquoi on met en avant le nom de
Roumélie.
Londres, le 18 juin.
Nous avons que'que raison de croire, dit le
j~M-MMt~ ~o~M<'r, que le résultat immédiat de
la publication du Mémorandum sera très fâcheux,
si même il n'est pas désastreux et fatal.
Ce document a créé la méfiance parmi les dé-
iégués au Congres l'ambassade russe nie toute
participation a sa publication.
Berlin, le 18 juin.
On ne s'explique pas très bien ici les bruits
alarmons qui ont couru hier à l'étranger ils ne
répondent assurément pas à un fait nouveau qui
se soit passé dans le Congrès.
Le Congrès, jusqu'ici, a seulement effleuré quel-
ques questions concernant la Bulgarie et la Grèce.
mais n'en a touché ni discuté à fond aucune, et
par conséquent n'a pris encore aucune décision.
Les questions soumises à ses délibérations res-
tent donc entières.
Assurément, l'oeuvre du Congrès ne sera ni
aussi simple ni aussi courte qu'on avait pu le
supposer, attendu que l'accord n'est pas lait sur
tous les points, et que des difficultés subsistent
encore. Si l'entente est établie en principe au sujet
de la Bulgarie, la délimitation des frontières des
deux provinces bulgares qui paraissent devoir
être organisées n'est pas encore arrêtée. Cette
délimitation pourra soulever des discussions au
Congrès.
Les agrandissemens des fronHeres du Monté-
négro etde la.Serbie continuent a préoccuper par-
ticulièrcment l'Autriche. Quant, aux questions qui
se rattachent a la Grèce, elles semblent être des
plus importantes et elles ne sont pas sans soule-
ver également des préoccupations. Si l'on paraît
généralement désireux de donner aux diplomates
anglais la satisfaction qu'ils poursuivent, et de
concéder à la Grèce la puissance qu'ils voûtent
lui attribuer, on se préoccupe aussi de la situa-
tion que créeront aux Turcs ces divers agrandis-
semens qui sont faits a leurs dépens.
On se demande si les Turcs consentiront A cé-
der a la Grèce le territoire qu'elle n'a pas acquis
par la guerre, et s'ils n'opposeront pas une résis-
tance aux décisions éventuelles du Congrès.
Malgré ces difficultés principales, sommaire-
ment indiquées, on continue d'avoir pleine con-
fiance dans l'issue favorable du Congrès qui s'est t
assurément dévoué aune œuvre de paix.
Aucune des puissances particulièrement enga-
gées dans le conûit oriental ne parait désirer la
guerre. Cela ressort de tout ce qui se dit ici.
Les puissances les moins engagées, comme
l'Allemagne, la France et l'Italie, emploient leurs
efforts à seconder ces tendances pacifiques. M. de
Bismarck particulièrement use de son influence
dans ce sens.
Ces dispositions et ces efforts donnent la con-
fiance qu'n sortira de ce concours de bonnes vo-
lontés un accord qui permettra d'établir ia paix
en Europe.
Hier, à la soirée de M. de Bismarck, on expri-
mait dans les cercles allemands la crainte que le
Congrès ne se prolongeât.
M. de Bismarck est désireux d'aller prochaine-
ment à Kissingen. D'un autre côté, on se de-
mande si les premiers ministres, comme lord Bea-
consfield, le prince Gortchakoff et le comte. An-
drassy, pourront rester longtemps à Berlin. Dans
le cas où cela serait impossible, le Congrès pour-
rait se continuer avec les seconds plénipoten-
tiaires.
L'Italie, qui n'a pas dans la question d'Orient
d'intérêts particuliers, n'a que deux plénipoten-
tiaires au lieu de trois.
Il n'est pas question actuellement d'en nom-
mer un troisième. Si le Congrès se poursuivait
avec les seconds plénipotentiau'es, le gouverne-
ment italien verrait s'il doit désigner un nouveau
plénipotentiaire.
Berlin, le 18 juin.
Le dîner offert aux plénipotentiaires par le
prince de Bismarck a duré jusqu'à huit heures.
Il n'y a pas eu de toast porté. Le prince Gort-
chakoff n'a pas assisté au dîner.
M. Waddington a assisté dimanche au service
divin à l'église française protestante. Il a pris
part à la communion avec les membres de
l'église.
Berlin, le 18 juin.
Les médecins de l'empereur publient aujour-
d'hui une Note ainsi conçue
« Los soussignés croient qu'il est de leur de-
voir de compléter par les déclarations suivantes
les bulletins qu'ils ont publiés, concernant l'état
de l'empereur et roi, afin de démentir plusieurs
bruits inexacts qui sont actuellement en circula-
tion.
& Grâce à l'aide de Dieu, la guérison des bles-
sures et de Fêtât de maladie produit par l'événe-
ment profondément regrettable du 2 juin a suivi
jusqu'à présent une marche plus favorable qu'on
ne l'espérait. Les différentes phases de l'état de
l'empereur ont été indiquées dans les bulletins
qui ont été publiés jusqu'à ce jour. La joie que
l'on a éprouvée en prenant connaissance de ces
bulletins a fait espérer à bien des personnes que
l'empereur ne tarderait pas à être complètement
guéri.
D'après l'état réel des choses, il n'est malheu-
reusement pas probable que ce vœu, qui est cer-
tainement dans tous les cœurs, puisse se réaliser.
Non seulement S. M. éprouve par momens de
vives douleurs, mais il lui est, de plus, impossible
de se servir de ses bras, ce qui lui cause beau-
coup de souffrances. De plus, la guérison com-
plète ne pourra être effectuée qu'au bout d'un
long espace de temps, et on rencontrera peut-être
beaucoup de difficultés, que l'on espère, avec
l'aide de Dieu, pouvoir surmonter avec succès,
mais non pas sans que l'auguste malade éprouve
de grandes souffrances.
& jS~MC it.AtJ.En, LAftGENBECK, WtLMS. ? »
La courte discussion qui a eu lieu hier
dans la Chambre des Lords, et dont on
lira ci-dessous l'analyse, ne permet plus
de mettre en doute l'authenticité des d6-
cumens publiés par le 6'M~ au sujet de
l'entente préalable conclue entre la Rus-
sie et l'Angleterre. Bien qu'il y ait eu
beaucoup d'embarras, quelques réticen-
ces et même un certain nombre de con-
tradictions dans le langage du duc de
Richmond, le flot de son éloquence
n'a pas été assez* trouble pour en
cacher le fond. Le gouvernement, a-t-il
dit en substance, regrette et blâme vive-
ment l'indiscrétion qui a été commise
mais il doit avouer que cette indiscré-
tion est venue d'une personne qui avait
eu connaissance de papiers destinés à
rester confidentiels. Le document est
donc exact? a demandé le comte Grey.
Je ne dis pas cela, a répliqué le duc de
Richmond, mais enfin on ne saurait nier
qu'il ne soit authentique peut-être seu-
lement est-il incomplet et ne représentc-
t-il qu'en partie la politique du gouver-
nement.
Voità qui est fort clair et qui confirme
malheureusement les suppositions que
nous avions faites sur le caractère des
Mémorandums publiés par le CMe. Un
coup d'œil attentif jeté sur ces documens
en révélait le véritable caractère. On n'in*
vente pas des pièces de cette nature, ou
plutôt, lorsqu'on les invente, on leur
donne une autre apparence. Un faussaire
a dans ses conceptions plus de netteté, de
logique et d'unité que n'en ont eu les
rédacteurs du document anglo-russe. Il
n'est pas nécessaire d'être un fort expert
en écritures diplomatiques pour recon-.
naître dans la pièce publiée par le les signes d'un produit parfaitement na-
turel phrases embarrassées raturées,
modifiées surchargées, rédaction labo-
rieuse et tourmentée, enfin tous les symp-
tômes d'une confection collective et long-
temps disputée. On se rappelle involon-
tairement à cette lecture le fameux pro-
tocole de Londres de 1877 l'air de fa-
mille des deux documens frappe les yeux
les moins exercés. Est-ce ainsi que
procède un faussaire ? Ce qu'on peut
affirmer avec certitude, c'est qu'un
faussaire n'aurait jamais eu l'idée trop
ingénieuse de donner à son œuvre
une forme qu'on nous permettra d'ap-
peler bicéphale, et, au lieu d'un Mé-
morandum, d'en faire deux dont le second
sert d'appendice et de complément au
premier. La nature travaille ainsi quel-
quefois, mais non pas l'art. Il est évident
pour nous qu'après avoir rédigé le pre-
mier Mémorandum en dix articles, les
ministres anglais se sont aperçus en
l'examinant de nouveau qu'ils avaient
trop exclusivement songé aux intérêts
anglais. Des intérêts généraux et vrai-
ment européens, presque rien La pré-
occupation dominante l'avait emporté sur
toutes les autres et les avait fait oublier. Il a
donc fallu se remettre à l'œuvre et com-
poser, pour réparer cet oubli, un se-
cond Mémorandum étiqueté par 'les let-
tres de l'alphabet depuis A jusqu'à F.
Le gouvernement anglais s'est réservé
le droit de demander au Congrès la
participation de l'Europe dans l'organi-
sation administrative des deux provinces
bulgares. C'est la lettre A. Par la lettre
B, il Se réserve le droit de discuter la du-
rée et la nature de l'occupation russe en
Bulgarie, et du passage par la Roumanie.
La lettre C a pour objet le nom à donner
à la province méridionale. Il paraît que
ce nom est encore incertain, et Fou peut
juger par là du caractère artificiel d'une
chose innommée jusqu'ici et peut-être in-
nommable. A quoi bon pousser plus loin
cette analyse:? Ces quelques traits mon-
trent que le second Mémorandum se rap-
porte aux intérêts généraux et européens
qui avaient été complétement négligés
dans le premier mais ce retour en arrière,
cette reprise d'un travail terminé, cette
rallonge à un document achevé et para-
phé, ces tâtonnemens et ces redoublemens
donnent aux pièces publiées par letoutes les marques psychologiques de la
vérité. Encore une fois, lorsqu'on in-
vente, ce n'est pas ainsi qu'on s'y prend.
C'est à peine si nous avions besoin des
révélations qui ont eu lieu hier à la
Chambre des Lords; notre opinion était.
déjà fixée. Le comte Andrassy ne s'y était
pas trompé lorsque, dès le 31 mai, la
première publication du Globe est du 30,
il répondait à une interpellation dans
les Délégations que les détails donnés par
la feuille anglaise devaient être, au
total, exacts. Cependant, le langage
tenu par les ministres anglais pouvait
inspirer des doutes sérieux. Interrogé le
3 juin par le comte Grey, le marquis
de Salisbury n'àvait-il pas déclaré
« que les informations du 6~0~, et géné-
ralement les informations du même
genre, étaient dépourvues de toute au-
thenticité et ne méritaient aucun crédit? »
Le 12 juin, dans une réunion extra-parle-
mentaire, sir Michaël Hicks-Beach n'avait-
il pas parlé du caractère vraiment euro-
péen de la politique anglaise, comme s'il
ne se doutait absolument de rien ? N'avait-
il pas dit en propres termes « Notre
triomphe est complet, et il est tel, que ja-
mais l'Angleterre n'a obtenu le pareil.
L'Angleterre ne bronchera pas sur le ter-
rain où l'a placée la circulaire' du marquis
de Salisbury? a Que penser en présence
d'affirmations aussi catégoriques? Il fallait
hésiter sans doute, et suspendre sa convic-
tion. Mais, le surlendemain 14 juin, le 6'~c
publiait non plus l'analyse, mais le texte
même des deux Mémorandums, et nous
avons déjà dit à quel pointée texte était vrai-
semblable. L'opinion,enAngleterre, enaété
émue. Le ministère a été interrogé de nou-
veau le soir même, et sir StaQbrd Northcote
a déclaré ingénument à la Chambre des
Communes qu'il entendait parler pour la
première fois du document du G7o~, qu'on
venait seulement de lui en donner com-
munication, qu'il ne le connaissait pas, et
que, par conséquent, il n'en pouvait point
parler. Nous dirons de nouveau Que faut-il
conclure de tout cela ? Il faut, croyons-
nous, conclure que sir StaSbrd Northcote,
que sir Michaël Hicks-Beach et que la
plupart des ministres anglais ne con-
naissaient pas, en effet, le document
en question. Il faut croire que ces négo-
ciations préliminaires, qui ont abouti à
des conventions écrites et signées, ont été
conduites par quelques personnes et tenues
secrètes entre elles. Lord Beaconsfield, le
marquis de Salisbury, le comte Schouva-
loff et le comte Munster, ambassadeur
d'Allemagne à Londres, ont été, à ce qu'il
paraît, seuls dans la confidence. Rien
n'est moins conforme sans doute aux habi-
tudes et aux traditions du gouvernement
anglais; mais comment expliquer d'une
autre manière l'ignorance avouée de plu-
sieurs ministres et l'embarras qu'ils
éprouvent tous en ce moment?
Reste à savoir, puisqu'un secret si pro-
fond a été suivi d'une indiscrétion si re-
tentissante, par qui l'indiscrétion a été
commise et dans quel intérêt elle l'a été.
Ici plus que jamais nous sommes réduits
à procéder par conjectures mais nos
conjectures sont encore assez vraisembla-
bles pour que nous osions les exprimer.
Nous lisons dam le 6'M:<~6 o~oma~<~
de Martens, et cette règle se trouve re-
produite dans tous les ouvrages sur la ma-
tière, que « dans les traités ou conven-
tions entre deux puissances seulement,
on observe l's~M~, soit dans le préam"
bule, soit dans lea signatures, c'est-à-dire
que chacune d'elles est nommée et signe
avant l'autre sur l'instrument qui demeure
en sa possession et qui doit être conservé
dans les archives de sa chancellerie. Re-
portons-nousàlasignatureduMemorandum
en partie double conclu à Londres entre
le comte SchouvaloS' et le marquis de
Salisbury. La signature de l'ambassa-
deur russe figure en premier lieu.
Donc. La conclusion est facile à
tirer. Le document qui a été communi-
qué au Globe est sorti de mains russes, et
non pas de mains anglaises. La mar-
que du linge, si on nous passe cette
expression vulgaire, en trahit la prove-
nance. Un tel ordre de signatures ne pou~
vait figurer que dans le document russe,
et on a négligé de l'intervertir. C'est ainsi
que les démarches et les indiscrétions les
plus habilement calculées se trahissent
toujours par quelque endroit. Un bout
d'oreille passe enfin. Au reste, per-
sonne ne s'y est trompé, et dès le pre-
mier jour tous les journaux de l'Europe
ont émis la supposition que les Russes
seuls avaient pu communiquer ce docu-
ment.
Pourquoi, dira-t-on? Parce que les
Russes seuls y avaient intérêt. Les An-
glais devaient tenir le Mémorandum secret
pour des raisons diverses, mais toutes
également fortes. La divulgation qui en a
été faite devient une grande gêne & l'in-
térieur. Le mystère'poussé si loin sur la
demande de la Russie est, il est vrai,
dans les habitudes russes, mais a sur-
pris beaucoup et choqué les Anglais.
A l'extérieur, devant le Congrès, de-
vant l'Europe, la gêne est bien
plus grande encore. Quoi! l'Angleterre
qui s'était faite si généreusement le
champion du droit européen, l'Angle-
terre qui faisait profession de songer
moins à elle qu'à l'intérêt des prin-
cipes et à celui de l'équilibre général,
l'Angleterre que l'Europe avait applau-
die avec tant d'ardeur et d'admiration,
l'Angleterre, au fond du cœur, ne
songeait qu'à elle Droit public, indépen-
dance des nations, respect des traités,
etc., etc., tout celan'était qu'un décorpour
sa diplomatie et un prétexte pour ses mi-
nistres L'Angleterre, en réalité, ne pen<
sait qu'à ses intérêts, et peut-être lord Bea-
consfield ne pensait-il qu'à sa gloire per-
sonnelle et l'a-t-il poursuivie comme le
dénoûment d'un roman 1 Les vieux diplo-
mates anglais se conduisaient avec plus
de franchise et de /a!M'-j~y. Voilà ce que
la Russie voulait avoir le droit de dire bien
haut au moment où le Congrès s'ouvre, et ce
que tous les organes russes répètent déjà à
satiété.Quedevient dès lors le prestige dont
l'Angleterre s'était entourée, et devant le-
quel l'Europe s'était presque inclinée avec
respect? Ah certes, il est inutile d'al-
ler chercher bien loin l'intérêt que
la Russie pouvait avoir à l'indiscré-
tion qui a été commise Rien ne
pouvait la mieux servir que la publication
faite par le Globe. On aurait compris que
dans le Congrès même, devant Tindiue-
rence ou l'abstention de l'Europe, devant
l'égoïsme des diverses puissances, l'Angle-
terre réduite à elle seule eût pris le parti de
ne songer qu'à elle. A la fin du Congrès, le
Memorandum de Londres aurait été peut-
être en situation. Mais au commencement
Ah! non, il n'est point douteux que ce ne
sont pas les Anglais qui ont eu l'impru-
dence de le publier.
Les journaux de Londres, le ~'M~ en
particulier, racontent avec complaisance
les détails du voyage de lord Beaconsfield
à Berlin. Dès la irontière allemande, lord
Beaconsneld a été l'objet d'une ovation con-
tinuelle. A Cologne, son arrivée ayant
été annoncée deux heures à l'avance, la
gare était entourée d'une foule immense.
A son approche, les hourras ont éclaté;
toutes les têtes se sont découvertes, y com-
pris celle du duc d'Oldenbourg, qui était
mêlé aux groupes. La salle d'attente de la
gare~était décorée de guirlandes de Seurs,
et lord Beaconsfield a offert une rosé à
une dame, galanterie qui a été appréciée
jusqu'à l'enthousiasme. A Berlin, l'em-
pressement est extrême autour du ministre
anglais, etiafoulenecessepasde stationner
devant l'hôtel où il loge. Tout cela s'a-
dressait à lord Beaconsneld, champion
du droit européen. Croit-on que ces
beaux élans seraient encore provoqués par
le Mémorandum de Londres et par la poli-
tique qu'il révèle ? Croit-on que les inté-
rêts particuliers de l'Angleterre soulève-
raient à Cologne et à Berlin cette émotion
presque passionnée ? Est-on sûr qu'au re-
tour, le Congrès fini, lord Beaconsncld
trouve sur son chemin les mêmes ap-
plaudissemens et les mêmes roses sans
épines? C'est le secret de l'avenir. Mais
il est certain pour le moment que les pu-
blications du Globe ont porté un coup au
prestige diplomatique du noble lord
Le masque tombe, l'homme reste
Et le héros s'évanouit.!
Nous avons la ressource de croire,
d'après la parole du duc de Richmond,
que les documens du Globe sont in-
complets et ne représentent pas toute
la politique anglaise. Soit! nous som-
mes curieux de voir si le mouvement
du Congrès fera apparaître le bon côté de
la médaille.
Angteterre.
CHAMBRE DES MNM. ;M Le co?a~ de G'rment, auquel il en a donné avis préalable, une
question dans !e but de savoir si le cabinet est
en mesure de déclarer à la Chambre a! !e Mémo'
randum qui a paru dans un journal du soir (te
a. ce sujet, fournir à la Chambre quelques expli-
cations nouveUes, principalement sur ce qui re-
garde le protectorat de l'Asie-Mineure.
j~seil privé Miiords, en réponse & la question posée
parie noble comte, qu'il me soit permis de dire qua
te document dont ii s'agit, publié dans un journal
du soir, a été évidemment communiqué par âne
mm) i9 jm
Il i878.
mcMNi9Jnm
jm_
ON S'ABONNE
Me des Pr6tres-Samt-Germain-Auxerrois, 1'
PBHOtL MN
Un an. Six mois. Trois moM.
Pêpartemena. 80 &. 40
t~ris. ?2 tr. 36 &. 18 fr.
Les aboanemens partent des t" et 16 de
chaque mois.
Pàf~) cm mamâêFe. 'C@ eest.
N~pM'temeae, nm mEMt~po. tS seat.
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Madeleine, dans les kiosques e~ dans tes M.
btiothôques des {rares de chezoins de Ter belles.
A YMparaiso (Ctulij, chez M. Orestes L. Tomero.
JCtJMAL DES DEBATS
ON S'ABONNB
-an Belgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en Turquie,
Mt Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans M<
régences du Maroc et de la Tunisie
en Chine et au Japon,
fM moyen d'une valeur payable à Paris ou de
OtMtdats-poste, soit internationaux, soit îrancaM
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs~ de postait;
et dans tous les autres pays,
tM renroi d'une valeur pàya&le & PMbb
POj~QUES ET LITTËRAtMS
Les annohces sont reçues
étMtiBMt. )~
t, ptace do lyBourse,
at tQ bureau du JKtBN.a!AJt
PARIS
MARDI i8 Jm~f
Nous avons été obligés, pour suivre
avec tout le soin désirable les nouvelles
du Congrès, de négliger beaucoup les
questions purement intérieures. En toute
autre circonstance, nous nous serions
plu, par exemple, à signaler a nos lecteurs
deux grandes réunions ultramontaines
dont rCMM?~, ~'C/MMM, ~OM~, F?'
nus depuis quelques jours. La première de
ces réunions était l'assemblée générale
des Cercles catholiques d'ouvriers, et c'est
M. de Mon qui en a été, bien entendu,
l'orateur le plus écouté et le plus applaudi.
Dans la seconde réunion, l'assemblée gé-
nérale des Comités catholiques, M. Ches-
nelong, que la gloire de son jeune rival
éclipse quelquefois un peu trop, a pris sa
revanche. Nous avons lu avec la plus
grande attention le discours de M. de Mun
et celui de M. Chesnelong, et nous serions
fort en peine )le dire lequel des deux
nous a. frappés davantage. Ils nous ont
produit l'un et l'autre la même impression.
L'éloquence de M. de Mun et de M. Ches-
nelong n'est que l'écho lointain et aSaibli
de celle des grands orateurs catholiques qui
ont brillé dans nos assemblées publiques
et dans la chaire, un écho, hélas qui ren-
voie encore les mots avec toute leur so-
norité et tout leur éclat, mais qui ne ren-
voie plus les idées, et qui surtout n'éveille
plus dans les cœurs les mêmes sentimens
qu'autrefois. La flamme ardente qui ré-
chauffait la parole des Montalembert et
des Lacordaire a disparu, et lorsqu'on a
eu le courage d'aller jusqu'au bout des
interminables harangues de ceux qui se
proclament leurs successeurs, il ne reste
dans l'esprit que des théories confuses
noyées dans un flot de déclamations.
Cette impression que nous a faite la
lecture attentive des comptes-rendus des
réunions ultramontaines publiés par les~
journaux religieux, un auditeur peu sus-
pect l'a ressentie et exprimée avec une
certaine franchise. Le correspondant du
AToM~e en Allemagne, de passage à Paris,
a suivi les débats de l'assemblée générale
des Cercles d'ouvriers, et, au milieu,des
éloges emphatiques ~u'il a cru devoir
adresser aux orateurs, il a glissé cepen-
dant une critique discrète qui mérite
d'être relevée: K Nous ne sommes
M pas une école, a dit M. de Mun, et
p rien n'est plus vrai. Une Association
? semblable, si elle existait en Allemagne,
.? aurait depuis longtemps cherché les
M formules nouvelles qui doivent rem–
M placer celles de l'économie libérale. Au
? moins aurait-elle procédé a une critique
? scientifique de l'école qui s'en va. Ici,
? rien de semblable. On s'occupe de ques-
? tions d'application sans théorie précon-
? çue, sans autre guide qu'un dévoue-
)) ment sans bornes éclairé par la foi.
» Des études préliminaires un peu plus
» approfondies ne feraient pourtant pas
? de ma!. ? » Nous sommes de. l'avis
du correspondant du Jt/bM~. Quelques
études préliminaires, quelques notions
historiques sérieuses, quelques lam-
beaux de critique scientifique auraient
donné un caractère moins déclama-
toire et peut être moins aveuglé-
ment passionné aux débats de l'assem-
blée générale des Cercles d'ouvriers. Il est
vrai que ces travaux préliminaires sem-
blent inutiles aux ultramontains, attendu
qu'ils ont été faits, suivant eux, de la
manière la plus remarquable, par l'école
socialiste allemande. Nous n'inventons
rien. C'est ~'C/MM~? quia bien voulu nous
apprendre qu'entre les ultramontains et
les socialistes l'accord était complet sur
bien des points « La er~<~e est la
H même, nous dit-il, et l'ennemi est com-
H mun. Guidés à la fois par l'équité et par
M la charité, les catholiques reconnaissent
les souffrances de la classe ouvrière;
? ils se font les patrons de toute revendi-
cation légitime. 11 y a certainement là
N un grand pas de fait, et nous ne crai-
M gnons pas d'affirmer que la question
M sociale ne peut être résolue autrement.
N La plupart des catholiques allemands
M sont entrés franchement dans cette
N voie. Procédant scientHiquemeut, ils
» ont adopté presque toutes les e~~KM
? ~;o?M??M~
L'Univers aurait pu ajouter que plu-
sieurs ultramontains avaient pris aussi le
langage provoquant des socialistes. C'est
ninsi que M. de Mun, dans son discours à
l'assemble des Cercles ouvriers, n'a pas
hésité a accuser violemment !a société de
ne rien faire pour les classes populaires,
de les leurrer de vaines promesses, d'a-
buser de leur créduMtépo~r les courber
{-eus un joug écrasant, de les exploiter
en un mot, sans pitié ni miséricorde, au
profit de quelques privilégiés. <' On se sert
de l'ouvrier, a'est-il écrié, comme du
)) f-hofbon que l'on jette dans la machine.
)i IL u't~ plus qu'un étranger de passage,
inconnu du patron qui l'emploie, un in-
N strument dont il s'agit de tirer le plus
M grand parti possible, et qui passe de
w main en main suivant le plus offrant
? enchérisseur. Aussi entend-on chaque
» jour une clameur sauvage et passion-
née d'hommes qui souurent et qui se
? se plaignent. Chaque jour leur nombre
s'augmente, et les Sis de la Révolution
') se retournent vers leur mère et 1m de-
? mandent ce qu'elle a fait pour eux. »
On comprend la réponse que M. de Mun,
parlant au nom des ouvriers, fait à une
semblable question. L'émancipation du
travail, la proclamation de l'indépendance
individuelle, la loi de la libre concur-
rence, la destruction des barrières prohi-
bitives, œuvres de la révolution et du li-
béralisme, n'ont produit que des ruines.
Les ultrainontàins sont d'accord pour le
proclamer avec les socialistes, au risque
d'éveiller dans les masses ouvrières les
plus dangereux instincts de vengeance
sur lesquels ces derniers spéculent ou-
vertement. Mais les ultramontains se uat-
tent, après avoir soulevé les convoitises
populaires, de les contenir et de les ré-
gler au moyen de la grande force morale
dont ils disposent. C'est l'illusion de tous
ceux qui allument l'incendie avec la con-
viction qu'eux seuls pourront l'éteindre.
« Nous voulons, s'est écrié M. de Mun,
N combattre le libéralisme aussi bien sur
B le terrain économique que sur le ter-
~rain religieux et politique. » Et vingt
orateurs, développant cette parole, sont
venus tour à tour exposer les principes
de l'économie ultramontaine. Les uns se
sont plaints de l'introduction des machi-
nes agricoles dans les campagnes; les au-
tres ont exposé des systèmes d'associa-
tions ouvrières d'autres se sont modes-
tement contentés de recommander le re-
pos du dimanche. Mais tous ont été unis
pour combattre « l'économie libérale et
n athée qui règne encore aujourd'hui et
? qui ne sera bientôt plus battue en brè-
o che par le socialisme seulement. »
L'économie politique a-t-elle beaucoup
à craindre de la lutte tapageuse que, les
ultramontains entreprennent contre elle?
Nous ne le pensons pas. Elle a été en
enet battue en. brèche par un ennemi à
coup sûr beaucoup plus dangereux qu'eux.
L'école socialiste allemande, de l'aveu
du correspondant du J~cm~, lui a porté
des coups bien mieux préparés et bien
plus sûrement dirigés que les leurs, et
elle n'a point été vaincue. Les gros livres
des docteurs allemands étaient plus ter-
ribles que les longues phrases de M. de
Mun. Ils n'ont pourtant pas fait grand mal
à l'économie politique. Le libéralisme se 'è
défendra avec autant de succès sur le
terrain économique que sur le terrain
politique. Quant au terrain religieux, il
appartient aux ultramontains, et, si nous
avions un conseil à leur donner, nous les
engagerions vivement à s'y confiner. L'as-
semblée générale des Comités catholiques
a fait, sinon de meilleure besogne que
l'assemblée générale des Cercles d'ou-
vriers, du moins une besogne qui conve-
nait davantage à son caractère et à son
nom. Elle s'est occupée des Facultés ul-
tramontaines, du denier de saint Pierre,
des pèlerinages à Lourdes et à la Salette,
de l'adoration diurne et nocturne, etc., etc.
Un rapporteur a rédigé la statistique des
communions dans chaque sanctuaire pri-
vilégié un autre a indiqué les moyens de
développer et au besoin de rétablir les
pèlerinages locaux, beaucoup trop sacri-
fiés, suivant lui, aux pèlerinagesgénéraux;
un autre a invité les fidèles à s'abstenir
de la lecture des mauvais livres et des
mauvais journaux, et à favoriser au con-
traire, par d'abondantes cotisations, les
progrès hélas bien lents du journalisme
ultramontain, etc. Ce sont là des sujets
dont la discussion peut sembler plus ou
moins opportune, mais qui sont bien, dans
tous les cas, de la compétence des as-
semblées ultramontaines. Ne serait-il pas
plus sage de s'en occuper exclusivement
et de laisser aux socialistes d'Allemagne
le soin de diriger contre la société mo-
derne de coupables et impuissantes at-
taques ?
BOURSE DE PAMS
Ct&ture len. le 18 MaMsac. Baisse.
se/a
Comptant, 78 85. '!S3'i.?'.
~a/'e
Comptant. tOS 2! 10!i. .23~.
'50/0
ComptMtm2'?0-t1230. ~40.
Fincour.H290.lt2G5.2S.
PSTITKBOU&SBPaSOIN.
Emprunt SO/0. ~2f~M~2~~M.
30/0. 75h\T?
Ext6r"espagnolo.. d.it/2,S/S..
Intérieure. <
30/0 turc. I~M~M.
Banque ottomane.. 443fr,<~f'
Florins (or). 64l/~
Hongroiseo/s. 801/4,3,16,3/8.
Egyptiennes 6 0/0.. Z~5 & 277 h'. S9.
Cnemins égyptiens. 36l fr., 3G3 fr. 75.
Nous recevons de nos correspondons pMti-
culiers les dépêches suivantes
& Berlin, lel8juin, 10 h. soir.
Les ministres d'Autriche et de Turquie
ont eu de longues conférences au sujet de
la. Bulgarie. Rien de définitif n'est arrêté.
Les derniers évén~mens du Montenegro met-
tront probablement la question de Bosnie
et d'Herzégovine à rordre du jour. Les
dispositions des gouvcrnomens étrangers
sont très favorables à l'Autriche sur cette
question. Les difScuttés viendront d~ la
Sublime-Porte qui maintient fermement le
principe de la. substitution à son auto-
rite de l'autorité collective de l'Europe, mais
qui n'admet pas celle d'une seule puissance.
)) Il est à prévoir aussi que ~a question
grecque rencontrera de grandes difficultés do
la part du gouvernement turc. Quant au re-
trait simultané des troupes russes et turques
des environs de Constantinople, cette ques-
tion a été abandonnée pour te moment. Les
représentans des principautés seront admis
à titre de ministres accrédités auprès du
Congrès, ce dernier se considérant comme
souverain. » N.
a Berlin, le 18 juin, 10 h. 30 m.soir.
» La séance d'hier, parait-il, aurait été en-
core préliminaire. On y aurait réglé l'ordre
dans lequel les divers points de la question bul-
gare seront discutés. Tandis que tes journaux
de Berlin continuent a déverger leuramertume
sur les nouvelles publiées par les journaux
étrangers, les feuilles viennoises s'efforcent
de faire prévaloir un pessimisme que rien
ne Justine, n Z.
a Berlin, le 18 juin, 10 h. '!S m. soir.
Les libéraux-nationaux engagent la lutte
électorale par un coup habite. Auhoud'organi-
ser, comme ils en avaient eu d'abord l'inten-
tion. une Diète générale du parti, ils se sont
hâtes de mettre le temps à profit et s'en sont
remis à un comité central du soin de rédiger
un manifeste électoral que leurs journaux
viennent de publier. Les libéraux-progressis-
tes en ont fa~.t autant. Rédigés comme ils sont,
il est probable que css deux manifestes
amortiront l'effet de ceux des divers partis
conservateurs. On sait que ces derniers, pro-
fitant de l'effarement des esprits, veulent
essayer de reconquérir dans l'Etat leurs an-
ciennes positions. C'est donc de l'avenir du
régime libéral en Allemagne qu'il s'agit dans
ces élections, et l'Europe entière n'a peut-être
pas moins de raisons de s'y intéresser qu'aux
mystérieuses délibérations du Congrès de Ber-
lin. Il paraît probable que lès libéraux-natio-
naux reviendront au Reichstag diminués de
vingt ou trente; mais, aupis-atÏer, ils ne seront
pas moins encore la fraction dominante, celle
dont le vote fera toujours la majorité. En re-
vanche, on croit que le parti, suffisamment
édifié sur le sort qu'on lui réserve, gagnerait
en cohésion, en initiative et en force de rési-
stance. L'extirpation du socialisme, le réta-
blissement des droits protecteurs, l'établis-
sement du monopole des tabacs, le ren-
forcement de l'autorité sous toutes ses for-
mes, tels seront probablement les points
principaux du programme conservateur.
Les libéraux-progressistes consentiront à
de nouvelles lois répressives si elles sont re-
connues nécessaires après qu'on aura es-
sayé une application plus suivie et plus éner-
gique des lois existantes; mais ils refuseraient
comme injustes, et ne pouvant qù~aggraver
le mal, des lois exceptionnelles qui, à
l'exemple du socialisme lui-même, ten-
draient à établir un antagonisme légal entre
les diverses classes de la société. Les libé-
raux-nationaux, qui dans leur manifeste s'abs-
tiennent de nommer les socialistes, parais-
sent admettre qu'il soit indispensable d'em-
ployer des remèdes héro'iques contre la dan-
gereuse maladie sociale cependant, ce n'est
pas des lois seules qu'ils attendent lagrérison,
mais aussi de l'union et du concours actif de
tous les bons citoyens, sans distinction de
parti. Ils mettent leurs électeurs en garde
contre les entrainemens qui pourraient
coûter à la nation des droits précieux,
des libertés chèrement acquises, et la détour-
ner du nobie but qu'elle s'est propose
celui de fonder l'empire allemand sur
les bases de la liberté civile, politique, et de
la loi morale. De même que les libéraux-pro-
gressistes, les libéraux-nationaux se pronon-
cent contre une politique économique injuste
et arriérée; ils réclament un programme défi-
nitif de politique commerciale et libérale, et
une réforme des impôts qui augmente les re-
venus de l'empire sans accroître les charges du
pays déjà si lourdes, et sans priver la repré-
sentation nationale des plus solides garanties
constitutionnelles. On voitqueissont les prin-
cipes que partagent aujourd'hui tous les es-
prits éclairés, et il n'est guère probable que
l'Allemagne, dans une heure do trouble et
d'angoisse, cesse subitement de les croire com-
patibles avec ses véritables intérêts. )) M.
TFéMgfapMc pr!v<*e
{Stirvice télégraphique de l'agence H~&s.)
Berlin, le 18 juin.
.Les plénipotentiaires autrichiens et anglais au-
ront aujourd'hui avec le comte SchouvalofT une
entrevue dans laquelle ces diplomates s'occupe-
ront, dit-on, de la. question relative à la Bulga-
rie. On attache une certaine importance a cette
entrevue commune.
La prochaine séance du Congrès, dans laquelle
les plénipotentiaires s'occuperont encore de la
Bulgarie, aura lieu. demain a. deux heures de
l'après-midi.
Berlin, te 18 juin.
Les Etats de second rang suivent attentive-
ment les négociations du Congrès, en espérant
toujours d'être entendus d'une manière consulta-
tive. Lesreprésentahsdeces Etats pensent qu'au-
cune décision n'a encore été prise relativement
a la Bulgarie et que le Congrès ne s'occupera que
dans sa prochaine séance de fixer les frontières
de la principauté de Bulgarie et tout ce qui se
rattache a. la création do cet Etat, ainsi qu'a l'or-
ganisation de la partie de la Bulgarie qui doit de-
venir autonome.
Au sujet de cette seconde partie de la Bulgarie,
on remarque que l'on dent. maintenant un plus
grand compte de l'élément grec.
On désire pour le moins qu'aucun tort na soit
fait a cet élément, et on voudrait exprimer cette
intention dans la dénomination de cette pro-
vince c'est pourquoi on met en avant le nom de
Roumélie.
Londres, le 18 juin.
Nous avons que'que raison de croire, dit le
j~M-MMt~ ~o~M<'r, que le résultat immédiat de
la publication du Mémorandum sera très fâcheux,
si même il n'est pas désastreux et fatal.
Ce document a créé la méfiance parmi les dé-
iégués au Congres l'ambassade russe nie toute
participation a sa publication.
Berlin, le 18 juin.
On ne s'explique pas très bien ici les bruits
alarmons qui ont couru hier à l'étranger ils ne
répondent assurément pas à un fait nouveau qui
se soit passé dans le Congrès.
Le Congrès, jusqu'ici, a seulement effleuré quel-
ques questions concernant la Bulgarie et la Grèce.
mais n'en a touché ni discuté à fond aucune, et
par conséquent n'a pris encore aucune décision.
Les questions soumises à ses délibérations res-
tent donc entières.
Assurément, l'oeuvre du Congrès ne sera ni
aussi simple ni aussi courte qu'on avait pu le
supposer, attendu que l'accord n'est pas lait sur
tous les points, et que des difficultés subsistent
encore. Si l'entente est établie en principe au sujet
de la Bulgarie, la délimitation des frontières des
deux provinces bulgares qui paraissent devoir
être organisées n'est pas encore arrêtée. Cette
délimitation pourra soulever des discussions au
Congrès.
Les agrandissemens des fronHeres du Monté-
négro etde la.Serbie continuent a préoccuper par-
ticulièrcment l'Autriche. Quant, aux questions qui
se rattachent a la Grèce, elles semblent être des
plus importantes et elles ne sont pas sans soule-
ver également des préoccupations. Si l'on paraît
généralement désireux de donner aux diplomates
anglais la satisfaction qu'ils poursuivent, et de
concéder à la Grèce la puissance qu'ils voûtent
lui attribuer, on se préoccupe aussi de la situa-
tion que créeront aux Turcs ces divers agrandis-
semens qui sont faits a leurs dépens.
On se demande si les Turcs consentiront A cé-
der a la Grèce le territoire qu'elle n'a pas acquis
par la guerre, et s'ils n'opposeront pas une résis-
tance aux décisions éventuelles du Congrès.
Malgré ces difficultés principales, sommaire-
ment indiquées, on continue d'avoir pleine con-
fiance dans l'issue favorable du Congrès qui s'est t
assurément dévoué aune œuvre de paix.
Aucune des puissances particulièrement enga-
gées dans le conûit oriental ne parait désirer la
guerre. Cela ressort de tout ce qui se dit ici.
Les puissances les moins engagées, comme
l'Allemagne, la France et l'Italie, emploient leurs
efforts à seconder ces tendances pacifiques. M. de
Bismarck particulièrement use de son influence
dans ce sens.
Ces dispositions et ces efforts donnent la con-
fiance qu'n sortira de ce concours de bonnes vo-
lontés un accord qui permettra d'établir ia paix
en Europe.
Hier, à la soirée de M. de Bismarck, on expri-
mait dans les cercles allemands la crainte que le
Congrès ne se prolongeât.
M. de Bismarck est désireux d'aller prochaine-
ment à Kissingen. D'un autre côté, on se de-
mande si les premiers ministres, comme lord Bea-
consfield, le prince Gortchakoff et le comte. An-
drassy, pourront rester longtemps à Berlin. Dans
le cas où cela serait impossible, le Congrès pour-
rait se continuer avec les seconds plénipoten-
tiaires.
L'Italie, qui n'a pas dans la question d'Orient
d'intérêts particuliers, n'a que deux plénipoten-
tiaires au lieu de trois.
Il n'est pas question actuellement d'en nom-
mer un troisième. Si le Congrès se poursuivait
avec les seconds plénipotentiau'es, le gouverne-
ment italien verrait s'il doit désigner un nouveau
plénipotentiaire.
Berlin, le 18 juin.
Le dîner offert aux plénipotentiaires par le
prince de Bismarck a duré jusqu'à huit heures.
Il n'y a pas eu de toast porté. Le prince Gort-
chakoff n'a pas assisté au dîner.
M. Waddington a assisté dimanche au service
divin à l'église française protestante. Il a pris
part à la communion avec les membres de
l'église.
Berlin, le 18 juin.
Les médecins de l'empereur publient aujour-
d'hui une Note ainsi conçue
« Los soussignés croient qu'il est de leur de-
voir de compléter par les déclarations suivantes
les bulletins qu'ils ont publiés, concernant l'état
de l'empereur et roi, afin de démentir plusieurs
bruits inexacts qui sont actuellement en circula-
tion.
& Grâce à l'aide de Dieu, la guérison des bles-
sures et de Fêtât de maladie produit par l'événe-
ment profondément regrettable du 2 juin a suivi
jusqu'à présent une marche plus favorable qu'on
ne l'espérait. Les différentes phases de l'état de
l'empereur ont été indiquées dans les bulletins
qui ont été publiés jusqu'à ce jour. La joie que
l'on a éprouvée en prenant connaissance de ces
bulletins a fait espérer à bien des personnes que
l'empereur ne tarderait pas à être complètement
guéri.
D'après l'état réel des choses, il n'est malheu-
reusement pas probable que ce vœu, qui est cer-
tainement dans tous les cœurs, puisse se réaliser.
Non seulement S. M. éprouve par momens de
vives douleurs, mais il lui est, de plus, impossible
de se servir de ses bras, ce qui lui cause beau-
coup de souffrances. De plus, la guérison com-
plète ne pourra être effectuée qu'au bout d'un
long espace de temps, et on rencontrera peut-être
beaucoup de difficultés, que l'on espère, avec
l'aide de Dieu, pouvoir surmonter avec succès,
mais non pas sans que l'auguste malade éprouve
de grandes souffrances.
& jS~MC it.AtJ.En, LAftGENBECK, WtLMS. ? »
La courte discussion qui a eu lieu hier
dans la Chambre des Lords, et dont on
lira ci-dessous l'analyse, ne permet plus
de mettre en doute l'authenticité des d6-
cumens publiés par le 6'M~ au sujet de
l'entente préalable conclue entre la Rus-
sie et l'Angleterre. Bien qu'il y ait eu
beaucoup d'embarras, quelques réticen-
ces et même un certain nombre de con-
tradictions dans le langage du duc de
Richmond, le flot de son éloquence
n'a pas été assez* trouble pour en
cacher le fond. Le gouvernement, a-t-il
dit en substance, regrette et blâme vive-
ment l'indiscrétion qui a été commise
mais il doit avouer que cette indiscré-
tion est venue d'une personne qui avait
eu connaissance de papiers destinés à
rester confidentiels. Le document est
donc exact? a demandé le comte Grey.
Je ne dis pas cela, a répliqué le duc de
Richmond, mais enfin on ne saurait nier
qu'il ne soit authentique peut-être seu-
lement est-il incomplet et ne représentc-
t-il qu'en partie la politique du gouver-
nement.
Voità qui est fort clair et qui confirme
malheureusement les suppositions que
nous avions faites sur le caractère des
Mémorandums publiés par le CMe. Un
coup d'œil attentif jeté sur ces documens
en révélait le véritable caractère. On n'in*
vente pas des pièces de cette nature, ou
plutôt, lorsqu'on les invente, on leur
donne une autre apparence. Un faussaire
a dans ses conceptions plus de netteté, de
logique et d'unité que n'en ont eu les
rédacteurs du document anglo-russe. Il
n'est pas nécessaire d'être un fort expert
en écritures diplomatiques pour recon-.
naître dans la pièce publiée par le les signes d'un produit parfaitement na-
turel phrases embarrassées raturées,
modifiées surchargées, rédaction labo-
rieuse et tourmentée, enfin tous les symp-
tômes d'une confection collective et long-
temps disputée. On se rappelle involon-
tairement à cette lecture le fameux pro-
tocole de Londres de 1877 l'air de fa-
mille des deux documens frappe les yeux
les moins exercés. Est-ce ainsi que
procède un faussaire ? Ce qu'on peut
affirmer avec certitude, c'est qu'un
faussaire n'aurait jamais eu l'idée trop
ingénieuse de donner à son œuvre
une forme qu'on nous permettra d'ap-
peler bicéphale, et, au lieu d'un Mé-
morandum, d'en faire deux dont le second
sert d'appendice et de complément au
premier. La nature travaille ainsi quel-
quefois, mais non pas l'art. Il est évident
pour nous qu'après avoir rédigé le pre-
mier Mémorandum en dix articles, les
ministres anglais se sont aperçus en
l'examinant de nouveau qu'ils avaient
trop exclusivement songé aux intérêts
anglais. Des intérêts généraux et vrai-
ment européens, presque rien La pré-
occupation dominante l'avait emporté sur
toutes les autres et les avait fait oublier. Il a
donc fallu se remettre à l'œuvre et com-
poser, pour réparer cet oubli, un se-
cond Mémorandum étiqueté par 'les let-
tres de l'alphabet depuis A jusqu'à F.
Le gouvernement anglais s'est réservé
le droit de demander au Congrès la
participation de l'Europe dans l'organi-
sation administrative des deux provinces
bulgares. C'est la lettre A. Par la lettre
B, il Se réserve le droit de discuter la du-
rée et la nature de l'occupation russe en
Bulgarie, et du passage par la Roumanie.
La lettre C a pour objet le nom à donner
à la province méridionale. Il paraît que
ce nom est encore incertain, et Fou peut
juger par là du caractère artificiel d'une
chose innommée jusqu'ici et peut-être in-
nommable. A quoi bon pousser plus loin
cette analyse:? Ces quelques traits mon-
trent que le second Mémorandum se rap-
porte aux intérêts généraux et européens
qui avaient été complétement négligés
dans le premier mais ce retour en arrière,
cette reprise d'un travail terminé, cette
rallonge à un document achevé et para-
phé, ces tâtonnemens et ces redoublemens
donnent aux pièces publiées par le
vérité. Encore une fois, lorsqu'on in-
vente, ce n'est pas ainsi qu'on s'y prend.
C'est à peine si nous avions besoin des
révélations qui ont eu lieu hier à la
Chambre des Lords; notre opinion était.
déjà fixée. Le comte Andrassy ne s'y était
pas trompé lorsque, dès le 31 mai, la
première publication du Globe est du 30,
il répondait à une interpellation dans
les Délégations que les détails donnés par
la feuille anglaise devaient être, au
total, exacts. Cependant, le langage
tenu par les ministres anglais pouvait
inspirer des doutes sérieux. Interrogé le
3 juin par le comte Grey, le marquis
de Salisbury n'àvait-il pas déclaré
« que les informations du 6~0~, et géné-
ralement les informations du même
genre, étaient dépourvues de toute au-
thenticité et ne méritaient aucun crédit? »
Le 12 juin, dans une réunion extra-parle-
mentaire, sir Michaël Hicks-Beach n'avait-
il pas parlé du caractère vraiment euro-
péen de la politique anglaise, comme s'il
ne se doutait absolument de rien ? N'avait-
il pas dit en propres termes « Notre
triomphe est complet, et il est tel, que ja-
mais l'Angleterre n'a obtenu le pareil.
L'Angleterre ne bronchera pas sur le ter-
rain où l'a placée la circulaire' du marquis
de Salisbury? a Que penser en présence
d'affirmations aussi catégoriques? Il fallait
hésiter sans doute, et suspendre sa convic-
tion. Mais, le surlendemain 14 juin, le 6'~c
publiait non plus l'analyse, mais le texte
même des deux Mémorandums, et nous
avons déjà dit à quel pointée texte était vrai-
semblable. L'opinion,enAngleterre, enaété
émue. Le ministère a été interrogé de nou-
veau le soir même, et sir StaQbrd Northcote
a déclaré ingénument à la Chambre des
Communes qu'il entendait parler pour la
première fois du document du G7o~, qu'on
venait seulement de lui en donner com-
munication, qu'il ne le connaissait pas, et
que, par conséquent, il n'en pouvait point
parler. Nous dirons de nouveau Que faut-il
conclure de tout cela ? Il faut, croyons-
nous, conclure que sir StaSbrd Northcote,
que sir Michaël Hicks-Beach et que la
plupart des ministres anglais ne con-
naissaient pas, en effet, le document
en question. Il faut croire que ces négo-
ciations préliminaires, qui ont abouti à
des conventions écrites et signées, ont été
conduites par quelques personnes et tenues
secrètes entre elles. Lord Beaconsfield, le
marquis de Salisbury, le comte Schouva-
loff et le comte Munster, ambassadeur
d'Allemagne à Londres, ont été, à ce qu'il
paraît, seuls dans la confidence. Rien
n'est moins conforme sans doute aux habi-
tudes et aux traditions du gouvernement
anglais; mais comment expliquer d'une
autre manière l'ignorance avouée de plu-
sieurs ministres et l'embarras qu'ils
éprouvent tous en ce moment?
Reste à savoir, puisqu'un secret si pro-
fond a été suivi d'une indiscrétion si re-
tentissante, par qui l'indiscrétion a été
commise et dans quel intérêt elle l'a été.
Ici plus que jamais nous sommes réduits
à procéder par conjectures mais nos
conjectures sont encore assez vraisembla-
bles pour que nous osions les exprimer.
Nous lisons dam le 6'M:<~6 o~oma~<~
de Martens, et cette règle se trouve re-
produite dans tous les ouvrages sur la ma-
tière, que « dans les traités ou conven-
tions entre deux puissances seulement,
on observe l's~M~, soit dans le préam"
bule, soit dans lea signatures, c'est-à-dire
que chacune d'elles est nommée et signe
avant l'autre sur l'instrument qui demeure
en sa possession et qui doit être conservé
dans les archives de sa chancellerie. Re-
portons-nousàlasignatureduMemorandum
en partie double conclu à Londres entre
le comte SchouvaloS' et le marquis de
Salisbury. La signature de l'ambassa-
deur russe figure en premier lieu.
Donc. La conclusion est facile à
tirer. Le document qui a été communi-
qué au Globe est sorti de mains russes, et
non pas de mains anglaises. La mar-
que du linge, si on nous passe cette
expression vulgaire, en trahit la prove-
nance. Un tel ordre de signatures ne pou~
vait figurer que dans le document russe,
et on a négligé de l'intervertir. C'est ainsi
que les démarches et les indiscrétions les
plus habilement calculées se trahissent
toujours par quelque endroit. Un bout
d'oreille passe enfin. Au reste, per-
sonne ne s'y est trompé, et dès le pre-
mier jour tous les journaux de l'Europe
ont émis la supposition que les Russes
seuls avaient pu communiquer ce docu-
ment.
Pourquoi, dira-t-on? Parce que les
Russes seuls y avaient intérêt. Les An-
glais devaient tenir le Mémorandum secret
pour des raisons diverses, mais toutes
également fortes. La divulgation qui en a
été faite devient une grande gêne & l'in-
térieur. Le mystère'poussé si loin sur la
demande de la Russie est, il est vrai,
dans les habitudes russes, mais a sur-
pris beaucoup et choqué les Anglais.
A l'extérieur, devant le Congrès, de-
vant l'Europe, la gêne est bien
plus grande encore. Quoi! l'Angleterre
qui s'était faite si généreusement le
champion du droit européen, l'Angle-
terre qui faisait profession de songer
moins à elle qu'à l'intérêt des prin-
cipes et à celui de l'équilibre général,
l'Angleterre que l'Europe avait applau-
die avec tant d'ardeur et d'admiration,
l'Angleterre, au fond du cœur, ne
songeait qu'à elle Droit public, indépen-
dance des nations, respect des traités,
etc., etc., tout celan'était qu'un décorpour
sa diplomatie et un prétexte pour ses mi-
nistres L'Angleterre, en réalité, ne pen<
sait qu'à ses intérêts, et peut-être lord Bea-
consfield ne pensait-il qu'à sa gloire per-
sonnelle et l'a-t-il poursuivie comme le
dénoûment d'un roman 1 Les vieux diplo-
mates anglais se conduisaient avec plus
de franchise et de /a!M'-j~y. Voilà ce que
la Russie voulait avoir le droit de dire bien
haut au moment où le Congrès s'ouvre, et ce
que tous les organes russes répètent déjà à
satiété.Quedevient dès lors le prestige dont
l'Angleterre s'était entourée, et devant le-
quel l'Europe s'était presque inclinée avec
respect? Ah certes, il est inutile d'al-
ler chercher bien loin l'intérêt que
la Russie pouvait avoir à l'indiscré-
tion qui a été commise Rien ne
pouvait la mieux servir que la publication
faite par le Globe. On aurait compris que
dans le Congrès même, devant Tindiue-
rence ou l'abstention de l'Europe, devant
l'égoïsme des diverses puissances, l'Angle-
terre réduite à elle seule eût pris le parti de
ne songer qu'à elle. A la fin du Congrès, le
Memorandum de Londres aurait été peut-
être en situation. Mais au commencement
Ah! non, il n'est point douteux que ce ne
sont pas les Anglais qui ont eu l'impru-
dence de le publier.
Les journaux de Londres, le ~'M~ en
particulier, racontent avec complaisance
les détails du voyage de lord Beaconsfield
à Berlin. Dès la irontière allemande, lord
Beaconsneld a été l'objet d'une ovation con-
tinuelle. A Cologne, son arrivée ayant
été annoncée deux heures à l'avance, la
gare était entourée d'une foule immense.
A son approche, les hourras ont éclaté;
toutes les têtes se sont découvertes, y com-
pris celle du duc d'Oldenbourg, qui était
mêlé aux groupes. La salle d'attente de la
gare~était décorée de guirlandes de Seurs,
et lord Beaconsfield a offert une rosé à
une dame, galanterie qui a été appréciée
jusqu'à l'enthousiasme. A Berlin, l'em-
pressement est extrême autour du ministre
anglais, etiafoulenecessepasde stationner
devant l'hôtel où il loge. Tout cela s'a-
dressait à lord Beaconsneld, champion
du droit européen. Croit-on que ces
beaux élans seraient encore provoqués par
le Mémorandum de Londres et par la poli-
tique qu'il révèle ? Croit-on que les inté-
rêts particuliers de l'Angleterre soulève-
raient à Cologne et à Berlin cette émotion
presque passionnée ? Est-on sûr qu'au re-
tour, le Congrès fini, lord Beaconsncld
trouve sur son chemin les mêmes ap-
plaudissemens et les mêmes roses sans
épines? C'est le secret de l'avenir. Mais
il est certain pour le moment que les pu-
blications du Globe ont porté un coup au
prestige diplomatique du noble lord
Le masque tombe, l'homme reste
Et le héros s'évanouit.!
Nous avons la ressource de croire,
d'après la parole du duc de Richmond,
que les documens du Globe sont in-
complets et ne représentent pas toute
la politique anglaise. Soit! nous som-
mes curieux de voir si le mouvement
du Congrès fera apparaître le bon côté de
la médaille.
Angteterre.
CHAMBRE DES MNM. ;M
question dans !e but de savoir si le cabinet est
en mesure de déclarer à la Chambre a! !e Mémo'
randum qui a paru dans un journal du soir (te
cations nouveUes, principalement sur ce qui re-
garde le protectorat de l'Asie-Mineure.
j~
parie noble comte, qu'il me soit permis de dire qua
te document dont ii s'agit, publié dans un journal
du soir, a été évidemment communiqué par âne
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