Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-06-05
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Description : 05 juin 1878 05 juin 1878
Description : 1878/06/05. 1878/06/05.
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ËDITION DE PARIS.
MPRfMCM f~ îtH)t!
iM&HLi~M! S .JUiM.
fjO~Q
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HERCRENSJm
i878.
ON S'ABONNE
ma des Pr6tres-Samt-Germain-I'AuMHOis,n.
pmtn&'mB~'ANeNmEMEWTr:
Un an. Six mois. Trois mo!«.
DëpMtemeM. sou. 40 fr. M&.
PaM. 72&. 3$a-. 18&.
Les ttboamemens partent des l" chaque mois.
JMJMAt BES BEBATS
J ON S'ABONNE.
en Belgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en TuKfate,
on Suisse, en Syrie, en Roumanie et dams tes
régences du Marocet de la. Tunisie.
en Chine et au Japon, OU de
M moyen d'une valeur payable à Paris on de
O~ndats-poste, soit internationaux, soit frança~,
en Allemagne, et dans tous les pays du Nord.
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays.
~H renToi d'une Taleur payaMe ?: 'i~
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POUTRES ET MTTERAtRES
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n~ondpàpers~oaice, 17, Gresham street, G. P. 0.
MM.BeMzy, M&vte
B. C.,London; MM. 'W.-H. SmtMh et Soa,
<86,Strand,W.C..London. v
A BmxoUes. & rO/)! Madeleine, dans têt! Moaques et dans les Di-
btiotheMes dès g&res d'* chemins de fer be!ces.
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M buream du .t
ttUMdoïlreBttoujoursëtreagïêëespa.: !a. rMacH~
PAMS
MARDI 4 JUm
Les déclarations d)i marquis de Salis-
bury à la Chambre des Lords et de sir
Stafford Northcote à la Chambre des Com-
munes ne laissent plus aucun doute sur
la réunion prochaine du Congrès. Les
plénipotentiaires sont convoqués pour le
13 juin, et la lettre de convocation con-
state le succès éclatant remporté par la di-
plomatie britannique. Le traité de San-
Stefano'sera réellement « déposé sur la
table du Congrès », puisque les puis-
sances se réuniront pour « en dis-
cuter les stipulations –toutes les
stipulations, avec une entière li-
berté. C'est un triomphe pour le ca-
binet anglais, dont les longs et géné-
reux enbrts aboutissent ennn au plus
heureux résultat. Quoi qu'on en ait dit à
Vienne, l'Angleterre n'a jamais déserté le
terrain européen sur lequel elle s'était si
résolument placée il y a trois mois. Le
marquis de Salisbury vient d'affirmer à
son tour que les informations du
<~o~ sur un prétendu arrangement sé-
paré conclu entre la Grande-Bretagne
et la Russie, « et toutes les informa-
tions du même genre M étaient con-
trouvées. L'Angleterre est restée ûdèle
au principe qu'elle avait proclamé avec
tant de courage. L'Autriche peut donc se
rassurer et repousser les appréhensions
inopportunes que le voyage du comte
S~houvaloff lui avait inspirées.
Ces appréhensions avaient grandi ces
derniers jours à la nouvelle que l'accord
s'était fait entre l'Angleterre et la Russie,
et que les deux puissances s'étaient en-
tendues sur la conduite à tenir au Con-
grès. Vivement exprimées dans la presse
devienne et de Pesth, elles avaient
trouvé un écho jusque dans le seiu des
Délégations. Interpellé, à la Délégation
hongroise,' sur les négociations ànglo-
Tussës.IëcomteAhdrassyarêpondud'aboTd
d'une manière qui n'était pas très'propre
à calmer les'inquiétudes. Il' a confinné:Ie
fait de l'entente entre l'Angleterre et la,
Russie; mais- il a ajouté qu'il n'en con-
naissait pas les détails. ` °
«Les pourparlers ont été conduits dans lo
-plus grand secret, a-t-il dit. Je ns puis
parler que d'impTOSsiouS tnàis mon im-
pression est qu'il n'existe entre la Russie
et l'Angleterre aucun arrangement qui puisse
Atre préjudiciable aux intérêts de la monar-
chie austro-hongroise. »
Le fait d'une entente anglo-russe ainsi
connrmé en général, un délégué a de-
mandé au c'omte Andrassy où en étaient
les pourparlers entre l'Autriche etia Rus-
sie.au sujet du traité de Sau-Stefano, et
quelle réponse le cabinet de Saint-Péters-
bourg avait faite aux observations que ce
traité avait provoquées de la part de l'Au-
triche. Le comte Andrassy a répondu que,
dès qu'il avait eu connaissance du traité
de San-Stefa.no, -il avait exprimé à la
Russie, avec toute la franchise pos-
sible, ses objections contre tous les points
inadmissibles pour l'Autriche.
a Depuis lors, a-t-il dit, diverses réponses
nous sont parvenues de Saint-Pétersbourg
mais aucune d'elles n'a été de nature à mettre
d'accordies vues divergentes des deux ca-
lûnets. o.
Ainsi. les négociations entre Londres et
Saint-Pétersbourg aV&ient abouti, la Rus-
sie s'était engagée à faire droit aux ob-
jections anglaises, tandis que les pour-
parlers entre Vienne et Saint-Péters-
bourg n'avaient amené aucun résultat, la
Russie n'ayant paa donné satisfaction aux
objections autrichiennes. Sur ces entre-
faites, le télégraphe a apporté à Vienne
l'article du Globe qui spécifiait en dix
points les termes de l'arrangement anglo-
russe. On a cru cet article exact. L'im-
pression a été des plus pénibles on à
trouvé que l'Angleterre faisait trop de con-
cessions a. la Russie; on était désagréa-
blement frappé de voir qu'elle ne s'était
pas occupée des intérêts spécialement
autrichiens, et on en a conclu un peu à la
légère que 'le gouvernement anglais aban-
donnait le terrain européen pour traiter
séparément avec 1& Russie.
Sous l'impression de cet article du Globe,
un véritable orage a éclaté dans la Délé-
gation autrichienne. Des plaintes, des at-
taques, des récriminations passionnées
sont tombées en foule sur le comte Au-
drassy. M.. Widinanh a comparé, dans Un
curieux parallèle, la mission du général
Ignatieff et celle du comte SchouvaloS',
et il a opposé l'insuccès de la première à
la réussite de la seconde.
a Si nous avions conclu, lors du voyage du
général Ignatien, a-t-U dit. des arra.ngcmens
avec la Russie, notre position au G&cgres au-
rait été bien diSerente. a
M. Demel s'est écrié avec amertume:
< Lord Derby disait en plein Parlement
qu'on ne pouvait pas se reposer sur l'Autri-
che; nous pouvons dire maintenant la même
chose de l'Angleterre, a
M.Herbstadit:
a Aussi longtemps que l'Angleterre insis-
tait pour que le traite tout entier fût soumts
&a, Congres, iln'y avait àu~un motif de s'in-
ouiéter mais aujourd'hui' que la Russie a
~mcédé & l'Angleterre seule certaines modi-
aeatidns du traité, il est indubitable que
l'Angleterre ira au congres dans des condi-
tions plus favorables que nous qui n'avons
obtenu aucune assurance de la part de la
Russie. G'est là un motif sérieux d'in-
quiétude. La situation de l'Angleterre
e~ten c& moment extrêmement avantageuse.
Si nous avions obtenu des assurances au su-
jet du Monténégro, de la Serbie, de la Bosnie,
de l'Herzégovine, notre situation serait aussi
bien meilleure. s.
Mais le plus amer de tous les orateurs
a été M. Giskra, l'antagoniste persistant
du comte Andrassy.
L'ffïet que les dernières nouvelles télé-
graphiques, a-t-il dit, ont produit sur moi a
eté de me faire craindre que la situation de
l'Autriche ne fût fort loin d'être aussi cou-
leur de rose que nous l'a dépeinte le mi-
nistre. L'Autriche est isolée. Dans l'arran-
gement anglo-russe, elle n'est même pas
nommée. Il n'y,, est question ni du Monte-
npgro ni de la Serbie. La concession de
l'Angleterre sur la question de la Bessarabie
menace la liberté du Danube. Je m'étonne
que le ministre ait pu dire que ces arrange-
mens s'accordaient avec nos intérêts. Je res-
sens des impressions comme le ministre,
mais elles sont très différentes. Il me semble
que nous sommes, comme en I8S4.surle
point de tomber par terre entre deux sièges, a
Le comte Andrassy a fait de son mieux
pour calmer ces inquiétudes aussi peu
spontanées qu'exagérées. Il s'est élevé
avec force contre le pessimisme par lequel
l'Assemblée se laissait envahir
Je regrette le pessimisme contre lequel le
gouvernement a constamment à lutter en
Autriche e, a-t-il dit. De pareUtes vues
pessimistes ne se produisent que chez nous
elles n'existent nulle part ailleurs.
Il a affirmé à plusieurs reprises que les
arrangemens anglo-russes ne lésaient pas
et ne pouvaient pas léser les intérêts au-
trichiens.
a Ces arraugemens, a-t-il dit, ne sont que
le résultat d'un échange d'idées confidentiel
destiné à assurer le Congrès mais ils ne
peuvent pas préjudicier les décisions du Con-
gres.
Le comte Andrassy a affirmé ensuite
que l'Autriche n'était pas du tout isolée,
qu'elle allait au Congrès avec les meilleu-
res chances de succès. Il a démontré que
l'Angleterre, dans ses pourparlers avec la
Russie, ne pouvait pas s'occuper du Mon-
ténégro et de la Serbie; si elle l'avait fait,
n'aurait-ou pas demandé aussitôt si l'Au-
triche était emore une grande puissance,
puisque ce qui la concernait personnelle-
ment était le sujet d'arrangemens entre
puissances tierces ?
Nous avons fait justice hier de ces
alarmes peu sincères ou peu réfléchies.
Nous avons montré surtout combien il
était injuste de reprocher l'Angleterre
d'avoir abandonné le terrain du droit eu-
ropéen. Toutefois, si l'on ne peut pas par-
ler sérieusement de l'isolement de l'Au-
triche, ni soutenir que sa situation est
compromise à l'heure même où elle a
pris enfin une attitude énergique et où
elle menace par ses préparatifs militaires
et les positions stratégiques qu'elleoccupe
les communications de l'armée russe, on
ne peut pas nier non plus que l'Angle-
terre, qui s'est assurée d'avance des con-
cessions de la Russie, paraîtra au Congrès
dans des conditions plus avantageuses que
l'Autriche, qui n'a obtenu, pour ses intérêts
particuliers, aucune sûreté préalable.
Mais à qui la faute?
Après la signature du traité de San-Ste-
fano, l'Angleterre et l'Autriche étant les
deux puissances les plus directement at-
teintes, il était naturel de supposer qu'elles
allaient immédiatement se concerter et
combiner leur action. Rien n'était pour
ainsi dire plus indiqué. Mais, suivant une
locution bien connue à Vienne, « l'Au-
triche est le pays des invraisemblances.
(-Z) 0:1 y voit arriver le plus souvent ce qui
doitie moins arriver, et les choses ne s'y
font pas, '.précisément parce qu'elles
devraient s'y faire. Les influences
qui depuis le début de la crise orientale
poussaient le gouvernement de Vienne à
s'entendre directement avec la Russie en
vue d'un partage de la Turquie n'ont pas
été assez puissantes pour faire prévaloir
cette détestable politique,, mais elles l'ont
été assez pour empêcher une politique
contraire de triompher; pour lier les
mains au comte Andrassy, pour entraver
toute initiative de sa part et pour réduire
l'Autriche & l'inaction. Ces influences
ne sont pas parvenues à réaliser l'alliance
russe, mais elles ont tout fait pour empê-
cher l'alliance anglaise et elles y ont
réussi. La diplomatie russe a contribué de
son mieux à ce résultat. La mis-
sion du 'général IgnatiefT à Vienne a
été sa première manoeuvre. Le hardi
diplomate était-il bien sincère dans ses
démarches? On peut en douter. Mais en
amenait l'Autriche à négocier séparé-
ment, en lui oSraht quelques concessions
sur ses intérêts particuliers, en la com-
promettant par des pourparlers dont le
bruitse répandâitdanB toute l'Europe, s'il
ne la détachait pas de l'Angleterre il
l'empêchait du moins de s'unir intime-
ment à elle, et il inspirait au cabinet de
Londres des méBànces qui rendaient très
difficile la continuation de la politique
exclusivement européenne.
Cette idée d'un arrangement séparé,
lancée comme une amorce ou comme un
piège, souriait trop au parti de la cour et
au parti militaire pour que le comte An-
drassy pût la repousser de prime-abord.
Mais, dès cette époque, il a tait connaître a
la Russie avec une franchise absolue ses
objections contre le traité de San-Stefano.
Le général Ignati en', qui ne pouvait pas
ou peut-être qui ne voulait pas conclure
sur place, a dû se borner à porter ces ob-
jections à Saint-Pétersbourg. D'un au-
tre côté, le cabinet militaire de l'em-
~n'
"pereuret l'état-major générât, pour-
suivant leurs projets personnels, se sont
mis à dresser les fameuses cartes, contre-
parties de celles du général IgnatiefT,
dans lesquelles tonte la moitié occiden-
tale de la Turquie, figurant comme
« sphère des intérêts autrichiens)), était
rattachée à l'Autriche par un sys-
tème d'annexions, d'occupations, de con-
ventions militaires et douanières,– tandis
que la moitié orientale était entièrement
abandonnée à la Russie. « L'Autriche jus-
qu'à Sàlonique )) répétaient-ils sans cesse
c'était le résumé de leur programme.
Le cabinet de Saint-Pétersbourg a
trouvé conforme à son jeu de continuer
ces pourparlers d'après la méthode
dilatoire, et d'amuser l'Autriche pen-
dant plusieurs semaines. A la fin de mars
et durant tout le mois d'avril, on nous
annonçait régulièrement de deux jours l'un
que l'arrangement séparé austro-russe était
conclu. Il n'en était rien. Le cabinet de
Saint-Pétersbourg donnait des réponses;
mais ces réponses, comme l'a dit le comte
Andrassy, ne concluaient pas. Cependant,
tous les eGbrts de l'Angleterre en vue
d'une alliance, toutes les propositions
de sir H. Elliot échouaient devant l'aveu-
gle obstination des hautes sphères, où l'on
continuait à se bercer de l'illusion
qu'on obtiendrait la moitié de la Tur-
quie en s'entendant directement avec
la Russie. Nous avons signalé il y a peu
de jours la conduite du comte An-
drassy qui, ne pouvant dominer les mau-
vaises influences, a eu du moins le mérite
délester toujours en communication d'i-
dées avec le cabinet anglais, de ne pas
laisser rompre tous les fils des négocia-
tions, d'occuper enfin une position ana-
logue à celle de l'Angleterre.
Après avoir amusé ainsi l'Autriche et
empêché l'alliance anglaise, le cabinet de
Saint-Pétersbourg a changé brusquement
d'attitude. Le 28 avril, jour des Pâques
russes, un grand conseil réuni à Saint-
Pétersbourg a pris la décision de s'adresser
à l'Angleterre et de commencer avec elle.
des négociations directes. On a laissé tom-
ber entièrement les pourparlers avec
Vienne. Notre correspondant autrichien
nous a fait-connaître le moyen par le-
quel la Russie les a dénoués; elle a fait
savoir tout à coup à l'Autriche qu'elle
trouvait ses exigences « exorbitantes, »
La mission du comte SchouvaloS' a com-
mencé, et, tout le temps qu'elle a duré,
les négociations entre Vienne et Saint-Pé-
tersbourg se sont évanouies.
Faut-il blâmer l'Angleterre, dont toutes
leë avances avaient été repoussécs à
Vienne, de ne s'être pas crue appelée
à prendre trop à cœur les intérêts spé-
cialement autrichiens dans les pourpar-
lers préliminaires qu'elle a poursuivis
avec la Russie? Le parti qui rêve a: l'Au-
triche jusqu'à Salonique » s'imaginait-il
que l'Angleterre, dans le dessein de lui
être agréable, stipulerait gratuitement
l'annexion de la Bosnie, de l'Herzégovine,
de l'Albanie à l'empire austro-hongrois?
On a raison de louer l'Angleterre d'avoir
levé le drapeau de l'Europe. Mais l'Eu-
rope, au lieu de la suivre, s'étant dérobée,
la puissance la plus intéressée ayant mon-
tré de la répugnance à s'allier avec elle,
l'Angleterre aurait-elle eu tort de penser
uniquement à ses propres aHaires? Elle
ne l'a cependant pas fait; elle a pensé, à
ses propres a6'aires sans doute, mais elle
a, maintenu en même temps les intérêts
de l'Europe. La seule chose qu'elle ait
peut-être négligée, et rien n'était plus
excusable, c'est de se préoccuper du Mon-
ténégro et de la Serbie, intérêts directe-
ment autrichiens.
Du reste, rien n'est perdu pour l'Au-
triche. Elle a eu tort de ne pas se con-
certer ave~ l'Angleterre mais il lui sera
tr.ès- facile de réparer .sa faute. Il fau-
dra seulement qu'on se décide dans
les hautes régions de Vienne à abandon-
ner une fois pour toutes les arrière-
pensées d'alliance russe. Si on le fait, une
seule conversation à Berlin, la veille du
Congrès, entre le comte Andrassy etiemar-
quis de Salisbury, suffira pour amener
une entente entre l'Angleterre et l'Au-
triche en vue d'une attitude commune.
L'Autriche n'a,pas à craindre d'être aban-
donnée au Congrès; l'Europe entière sent
trop bien la nécessité de la consolider
et de lui assurer une influence légitime
en Orient. Elle peut compter que ses
justes prétentions seront soutenues par
l'Angleterre et par d'autres puissances.
Mais il est bien évident que si elle
demandait des annexions, l'Europe n'irait
pas, pour faire plaisir à quelques hauts
personnages et à quelques généraux vien-
nois, contrairement aux désirs des Alle-
mands, des Hongrois, et des Polonais,
donner le signal du démembrement de la
Turquie..
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Comptait,. 7H T5' 7S S5 ~0
Finaour.7S90. -!6:
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30/0. ~fr.95,76fr.
5 0/0 turc. 13 fr. 80.
Extér" espagnole.. Hfr.i3~S/I6.
Banqueottomane.. 4t2fr.,tl3fr.7S..
Hongrois 60/0. T?~S.
Egyptiennes 6 0/0.. 242&.SO,24Sfr., 2Mfr.37t/2
Chemins égyptiens. 356 fr., 357 fr. 50.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier les dépêches suivantes
n L'état de l'empereur continue a donner
les meilleures espérances déjà il a pu pren-
dre un peu de vin do Bordeaux ce matin.
)) Le meurtrier vit encore mais il est sans
connaissance et peut expirer d'un moment à
l'autre.
)) L'émotion est toujours grande dans la
ville. La famille royale est tout entière
réunie.
» Le prince de Bismarck est arrivé.
» Le conseil des ministres n'a pas encore
pris de décisions à la suite de l'attentat.
a La comte Schouvaloit' est ici. )) °
« Berlin, une heure.
)) Des perquisitions faites chez une mal-
tresse de Nobiling auraient mis sur la trace
d'un complot do socialistes proprement dits.
Nobiling avait d'abord professé les doctrines
des katheder-socialiates universitaires, et il
avait été à Dresde le collaborateur de la Cor-
respondance Bœhmert, organe de cette école.
Dans sa thèse doctorale et dans un article de la
Gazette .â~co~ de Nathusius Chief, il s'ap-
pliquait à démontrer que l'agriculture doit
être une fonction sociale, et non une profes-
sion dont l'unique but est d'enrichir celui qui
l'exerce. Employé au bureau do statistique
de Dresde, Nobiliag aurait une fois demandé
un con~é dans l'intention d'étudier la Bible.
A Dresde, il fréquentait les réunions socia-
listes et aurait fait un jour un discours sur la
QM!m cien ministre autrichien docteur SehaefTele. ? »
L'agence Havas nous communique les dé-
pêches suivantes
Berlin,le4juin,2h.matin.
L'empereur a dormi une heure et demie.
Les médecins sont très satisfaits de l'État de
S. M.
Le bruit a couru ici que le nouveau palais de
Potsdam avait été incendié. Ce bruit est dénué
de tout fondement.
Lo prince impérial et la princesse impériale sont
arrives hier soir a dix heures quinze minutes.
LL. AA. !L ont été reçues a la gare par le prince
Guillaume-Henri, la grande-duchesse do Bade et
l'ambassadeur d'Angleterre.
Le comte Schouvalod est aussi arrivé. Il est
descendu a l'hôtel de l'ambassade de Russie.
Berlin, le 4 juin, 9 h. 26 m. matin.
Voici le bulletin de la santé de empereur qui
a été publié ce matin
<:4juin,~h.3/4dumatin.
» L'empereur a bien dormi et a passé une
bonne nuit.
& Pas de fièvre.
Les douleurs diminuent. »
Berlin,le4juin,ih.soir.
Le bulletin publié aujourd'hui a midi sur la
santé de l'empereur est ainsi conçu
« L'état de S. M. l'empereur ne s'est pas modi-
fié sensiblement depuis hier. La nuit à été
calme; l'empereur l'a passée presque tout en-
tièreadormir.)) »
Berlin, le 4 juin, H h. 20 m. matin.
Hier, après son arrivée à Berlin, le prince im-
périal s'est rendu au chevet de son père, où il
estrestéiongtemps.
Le prince de Bismarck s'est d'abord fait donner
des renseignëmens minutieux sur l'état de l'em-
pereur il s'est ensuite fait faire un rapport exact
sur tous les détails de l'attentat.
L'état de Nobiling est tel, qu'il est impossible
de continuer l'interrogatoire.
Le meurtrier est soigné par M. Arndt, méde-
cin de la ville, et Dar le conseiller intime Wilms.
'Berlin, le'4 juin.
Le prince de Bismarck s'est rendu, au palais
royal à quatre heures et demie. À cinq heures,
il ne s'était produit aucun changement dans l'état
de S. M. depuis midi. C'est pourquoi les méde-
cins n'ont pas jugé nécessaire de faire publier
un nouveau bulletin.
1 Berlin, le 4 juin.
Sur la recommandation de la princesse impé-
riale, l'empereur a été changé de lit aujourd'hui.
Après dix heures, on a apporté du palais du
prince impérial, dans. la chambre de l'auguste
malade, un lit en fer très commode avec la literie
nécessaire.
Le prince impérial et la princesse viennent
presque chaque heure rendre visite à l'empereur.
S. M. manifeste continuellement sa sympathie
pour M. Holtfeuer, le maître d'hôtel qui a été
blessé. Il arrive a chaque instant de l'étranger
des témoignages d'anection et de dévouement
pour la personne de l'empereur.
Berlin~Ic4juin.
Il est arrivé dimanche de Londres une lettre
adressée à Nobiling, et dans laquelle on fait le
récit des faits qui se sont produits récemment
devant l'ambassade d'Allemagne,
On considère comme certam que Nobiling en-
tretenait des relations avec un grand nombre de
socialistesdel'étranger.
Berlin, la 4 juin.
Quatre personnes ont été arrêtées cette nuit
dans des heux publics pour avoir tenu des pro-
pos outrageans pour l'empereur.
Le casque, la chemise. le gilet et la tunique
que l'empereur portait le jour de l'attentat ont
été ramis aujourd'hui au juge d'instruction.
Berlin, le 4 juin.
Un certain nombre de papiers ont été saisis
pendant les perquisitions faites dans les bureaux
de la Presse K}~, de Berlin, et dans les apparte-
mens de MM. Ràckow, Mpst et Aner.
Elberfeld,le4juin.
Suivant la PaxeMe ~'jM&o'/fM, un ouvrier a,
dimanche matin, répété dans deux restaurans
différons que l'après-midi ne se passerait pas
sans qu'il y ait un attentat de commis contre
l'empereur. On a entendu des témoins rapportant
ce fait, mais l'ouvrier en question n'a pas en-
core été retrouvé.
Berlin/le 4 juin.
La jPo~ dit que la situation commande impé-
rieusement aux ministres responsables des me-
sures énergiques.
On lit dans la « De toutes les nouvelles contradictoires qui
circulent au sujet des interrogatoires de Nobi-
ling, la seule chose certaine c'est que l'assassin
a d'abord nié toute espèce de complicité, mais
que plus tard il p non seulement avoué ses
relations avec les démocrates-socialistes, mais
encore ajouté que l'exécution du crime lui a été
dévolue suivant les conventions arrêtées. Il a re-
iusé de désigner plus clairement ses compli-
ces du reste, il était à peu près hors d'état de
le faire. Il est. jusqu'à ce moment, impossible d'af-
firmer si le crime est le résultat d'un vaste com-
plot, ou s'il est sorti de l'initiative criminëUo
d'un petit nombre de misérables. »
Rome, le 4 juin.
Le Pape a envoyé personnellement a l'empe-
reur Guillaume l'expression de ses regrets pour
l'attentat dont il vient d'être victime, et ses vœux
pour une prompte guérison.
On assure que Mgr Franchi; par ordre du Pape,
a envoyé d'urgence aux évêques d'Allemagne
des instructions afin de combattre le socialisme.
Le Pape aurait conféré longuement avec Mgr
Ledochowski, dans le but de se renseigner exac-
tement sur le socialisme en Allemagne.
Berlin, le 4 juin, 3 h. 24 m. soir.
Tous les cabinets ont accepté l'invitation qui
leur a été faite de se réunir en Congrès le 13 juin.
Rome, le 3 juin, soir.
Le gouvernement a été officiellement invité à
participer au Congrès qui se tiendra & Berlin le
t3 juin. Rome, le 4 juin.
Le .DM'tMo dit que le comte Corti, ministre des
au'aires étrangères, et M. de Launay, seront les
plénipotentiaires italiens au Congrès.
Constantinople, le 4 juin.
Le ministre des affaires étrangères a reçu hier
l'invitation pour le Congrès. On croit que Sadyk
Pacha sera nommé plénipotentiaire avec Savfet
Pacha.
Constantinople, .le juin, 7 h. 10 m. soir.
Le grand-vizir Mehemet-Ruchdi Pacha a été
destitué aujourd'hui pendant qu'il présidait le
conseil des ministres.
Savfet Pacha, ministre des affaires étrangères,
le remplace.
Le ministre des affaires étrangères a reçu
hier soir de l'ambassadeur d'Allemagne à
Paris une invitation conçue dans les termes
de celle qui a été communiquée au Parle-
ment anglais.
Le gouvernement français répondra aujour-
d'buiau gouvernement allemand qu'il accepte
cette invitation.
M. Waddington partira pour Berlin samedi
ou dimanche. On sait qu'il sera assisté de
M. de Saint-Valiier.
En outre, M. Després, directeur politique,
et M. Ducléré, sous-chef de cabinet, l'accom-
pagneront à Berlin.
La question des traités de commerce
menace d'être encore pendant de longs
mois, si ce n'est,de longues années, l'ob-
jet de discussions absolument stériles.
Pendant ce temps, nos industries man-
quent de la sécurité qui leur est néces-
saire nous risquons de perdre nos mar-
chés extérieurs, et ce ne serait .pas pour
nous une perte insignifiante, puisque
nous exportons pour 2 milliards d'objets
fabriqués et que nous n'en importons que
pour 450 ou 500 millions. Nous ne nous
lasserons pas de répéter ces deux chiffres
et de les mettre en regard l'un de l'autre,
parce qu'ils doivent convaincre tout esprit
désintéressé et réfléchi. Il faut vraiment
être bien exigeant pour se plaindre que
l'étranger nous vende 450 millions d'ar-
ticlesmanufacturés, alors, que nous-mêmes
nous lui en vendons pour une somme
quadruple. Supposez que, par l'effet d'une
baguette magique, les importations et les
exportations d'objets fabriqués viennent
à cesser subitement en France, ce qui
serait l'idéal de la doctrine protection-
niste, en serions-nous plus riches ? Nous
deviendrions au contraire, infiniment
plus pauvres, puisque notre travail natio-
nal gagnerait des commandes pour 4SO
millions, d'une part, mais qu'il perdrait,
d'autre part, des commandes pour 2 mil-
liards, ce qui porterait à 1 milliard 550
millions la réduction du revenu national.
Or, 1 milliard 550 millions de revenu re-
présentent bien la subsistance d'un million
d'hommes.
C'est cependant à cet énorme excédant
d'importations d'objets fabriqués sur les
exportations d'artioles similaires que
quelques catégories d'industriels ont dé-
claré la guerre. Il leur est indifférent que
notre pays cesse d'exporter pourvu qu'il
n'importe plus ils s'élèvent contre les
traités de commerce qui sont la seule ga-
rantie de nos exportateurs, c'est-à-dire
qu'ils voudraient livrer ceux- ci à la com-
plète discrétion de l'étranger. Dieu pré-
serve la France du triomphe de ces opi-
nions inconsidérées qui amèneraient la
perte de nos marchés du dehors, une
énorme réduction du travail national et
une considérable augmentation du paupé-
risme en France 1
Un industriel émeute, qui professe dans
les questions économiques des opinions
libérales, M. Tézenas duMontcel, membre
du conseil supérieur du commerce et de
la chambre de commerce de Saint-Etienne,
communiquait dernièrement à la commis-
sion législative d'enquête un tableau fort
curieux qui n'est que la simple repro-
duction des chiffres officiels sur nos ex-
portations et nos importations de Sis et
de tissus depuis dix ans. Il en résulte.que
de 18C8 à t877 inclusivement la France a
exporté pour 7 milliards 969 millions de tis-
sus de toutes sortes et qu'elle n'en a importé
que pour 1 milliard 676 millions; c'est
donc 6 milliards 300 millions en chiffres
ronds que la France a gagnés en dix an-
nées au mouvement international d'é-
changes pour les seuls tissus.
Quant aux fils, la situation est moins
favorable, mais elle est loin d'être mau-
vaise dans ces dix années de 1868 àl877
nous avons exporté pour 452 millions de
nls de toutes sortes et nous en avons im-
porté pour 509 millions la différence est
donc bien faible, surtout quand on pense
qu'il s'agit des chinres accumulés d'une
période décennale. Eh bien! peut-on, en
dénonçant et ne renouvelant pas les trai-
tés de commerce, compromettre de
gaîté de cœur nos exportations, de .tissus
qui ont, en dix a.ns,dépassé.de 6 milliards
300 millions nos importations de même
nature? Peut-on commettre un acte aussi
imprudent, aussi ruineux pour l'industrie
nationale, et cela sous le simple prétexte
que nos importations de fils dans ces dix
dernières années ont dépassé d'un chiure
insignifiant, de 57 millions en tout, soit de.
5 millions 1/2 en moyenne par an, nos
exportations de mêmes objets? 1 a 1
Il arrive souvent, dans ces discussions,
que les chiures avancés par une personne.
sont contestés par une autre. M. Tézenas
du Montcel à eu la bonne fortune qu'iln'em'~
a pas été ainsi pour les siens. Cette énorme
supériorité de nos exportations de produits.
textiles sur nos importations de même na-
ture n'est contestée par personne c'est
qu'elle est l'évidence même; les protec-
tionnistes ne peuvent la nier, et leur seule,
tactique est de glisser sur ces faits ou. de
les dissimuler.
Nous venons de lire avec attention le
grand rapport qu'a fait M. Ancel, au: nom
de la commission d'enquête du Sénat, sur
les causes des souffrances du commerce et.
de l'industrie. Certes, il est partial, ce rap- °
port, de même que partiale et incomplète:
a été l'enquête à laquelle s'est livrée:
commission sénatoriale. Cette commis-
sion, comme celles de la Chambre, était
composée en grande partie de fabricans
appartenant à une ou deux industries qui
font une agitation bruyante en faveur du
régime protectionniste elle était présidée
parM.Pouyer-Quertier.C'estunesingu-
lière coutume qu'ont les Chambres fran-
çaises, quand elles nomment des commis-
sions d'enquête industrielle, d'y faire
principalement entrer des hommes, fort
honorables d'ailleurs, mais qui ont un in-
térêt personnel, professionnel, un intérêt.
de fortune, au triomphe d'une opinion dé-
terminée. Nous n'accusons, à coup sûr, la.
loyauté de personne mais le rôle de~
commissaire enquêteur, comme celui de
juge, réclame une impartialité, un désin-
téressement qui ne peuvent se rencontrer
que par miracle chez les personnes ayant
un intérêt pécuniaire dans une question.
Eh bien M. Ancel dans son rapport, quoi-
qu'il y. défende des théories protection-
nistes, est cependant obligé de recon-
naître ce fait constaté par M. Tézenas du.
Montcel, que nos exportations de fils et
ds tissus dépassent dans d'énormes pro- °
portions, même pour les années les plus
défavorables, nos importations d'articles
similaires. Ain&i, en 1876, l'ensemble de'
nos importationsdetissus s'est élevé a.'
283 millions 1/2 de francs, et nos ex-
portations des mêmes objets ont atteint
677 millions 1/2, c'est-à-dire qu'elles',
sont presque triples de nos importations,
qu'elles les dépassent de 467 millions de
francs.
Ces chiures ne sont pas ;de nous, ils:
sont de M. Ancel qui a des opinions con-
traires aux nôtres. C'est également M. An-
cel qui fixe à 467 millions ce qu'il appelle
« l'excédant de la production française
N de tissus sur la consommation inté-
nrieureB, c'est-à-dire l'excédant de nos
exportations de cette catégorie sur nos
importations. Comment se fait-il que l'ho-
norable rapporteur ne se soit pas aperçu
que ces chlores et que cette constatation
sont de gros argumens contre la thèse
qu'il soutient? Si nous exportons trois.
fois plus de tissus que nous n'en impor-
tons, il est bien clair que notre intérêt
national est beaucoup plutôt d'élargir nos
débouchés extérieurs que de réduire dans.
une proportion quelconque nos importa-
tions de ces articles. Puisque le marché
français ne peut pas suffire à nos indus-
tries textiles, même si elles en avaient la.~
jouissance exclusive, il est évident qu'H
faut, par des traités de commerce, noua
garantir des marchés d'exportation. Car,
sans traités de commerce, toutes nos ex-
portations sont précaires et peuvent dis-,
paraître du jour au lendemain.
Le rapport de M. Ancel, malgré le parti-
pris dont il est empreint et les fâcheuses
conclusions qui le terminent, contient
beaucoup de faits intéressans et qui, sai-'
nement interprétés, vont contre la thèse
du rapporteur.
Quelle est, par exemple, ou plutôt quel-
les sont les causes de la crise économique
actuelle? Les protectionnistes prétendent
que ce sont les traités de commerce.
M. Ancel, qui recommande des mesures
restrictives, paraît être de leur avis. Ce-
pendant, tout son rapport indique nette-
ment que les causes de la crise sont ail-
leurs et que les traités de commerce n'y.
sont pour rien. « La crise, dit il, a com-
H mencé vers 1875; elle a grandi en 1876~
H elle s'est continuée en 1877. Mais si la.
crise s'est fait sentir quinze ans seule-
ment après les traités de commerce, il est.
probable que ceux-ci sont complètement `
étrangers à ces souffrances. On ne com-
prendrait pas qu'une crise industrielle
restât ainsi latente pendant quinze ans..
Cela est d'autant moins admissible qu'au.
dire même de M. Ancel les années qui ont
précédé 1875 ont été une période d'épa-
nouissement industriel, d'essor commer-
cial, de prospérité inouïe. Ecoutons en-
core M. Ancel, car nous aimons à citer
nos adversaires « Après la guerre dés-
» astreuse de 1870, toutes les branches de y
M l'industrie ont pris un essor inusité. On
crut en France, en Allemagne et ail-
M leurs, que ce mouvement d'affaires ne
M s'arrêterait plus. L'Allemagne se couvrit
M d'usines nouvelles; la France augmenta
? sa production; la Suisse, la Belgique
M suivirent le mouvement de l'Angleterre.
M Jusqu'en 1873 et même jusqu'en 1874,
)) on put croire que le champ des àna.ires
MPRfMCM f~ îtH)t!
iM&HLi~M! S .JUiM.
fjO~Q
io?o.
HERCRENSJm
i878.
ON S'ABONNE
ma des Pr6tres-Samt-Germain-I'AuMHOis,n.
pmtn&'mB~'ANeNmEMEWTr:
Un an. Six mois. Trois mo!«.
DëpMtemeM. sou. 40 fr. M&.
PaM. 72&. 3$a-. 18&.
Les ttboamemens partent des l" chaque mois.
JMJMAt BES BEBATS
J ON S'ABONNE.
en Belgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en TuKfate,
on Suisse, en Syrie, en Roumanie et dams tes
régences du Marocet de la. Tunisie.
en Chine et au Japon, OU de
M moyen d'une valeur payable à Paris on de
O~ndats-poste, soit internationaux, soit frança~,
en Allemagne,
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays.
~H renToi d'une Taleur payaMe ?: 'i~
(' P.
POUTRES ET MTTERAtRES
fM<«,
n~ond
MM.BeMzy, M&vte
B. C.,London; MM. 'W.-H. SmtMh et Soa,
<86,Strand,W.C..London. v
A BmxoUes. & rO/)!
btiotheMes dès g&res d'* chemins de fer be!ces.
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M buream du .t
ttUMdoïlreBttoujoursëtreagïêëespa.: !a. rMacH~
PAMS
MARDI 4 JUm
Les déclarations d)i marquis de Salis-
bury à la Chambre des Lords et de sir
Stafford Northcote à la Chambre des Com-
munes ne laissent plus aucun doute sur
la réunion prochaine du Congrès. Les
plénipotentiaires sont convoqués pour le
13 juin, et la lettre de convocation con-
state le succès éclatant remporté par la di-
plomatie britannique. Le traité de San-
Stefano'sera réellement « déposé sur la
table du Congrès », puisque les puis-
sances se réuniront pour « en dis-
cuter les stipulations –toutes les
stipulations, avec une entière li-
berté. C'est un triomphe pour le ca-
binet anglais, dont les longs et géné-
reux enbrts aboutissent ennn au plus
heureux résultat. Quoi qu'on en ait dit à
Vienne, l'Angleterre n'a jamais déserté le
terrain européen sur lequel elle s'était si
résolument placée il y a trois mois. Le
marquis de Salisbury vient d'affirmer à
son tour que les informations du
<~o~ sur un prétendu arrangement sé-
paré conclu entre la Grande-Bretagne
et la Russie, « et toutes les informa-
tions du même genre M étaient con-
trouvées. L'Angleterre est restée ûdèle
au principe qu'elle avait proclamé avec
tant de courage. L'Autriche peut donc se
rassurer et repousser les appréhensions
inopportunes que le voyage du comte
S~houvaloff lui avait inspirées.
Ces appréhensions avaient grandi ces
derniers jours à la nouvelle que l'accord
s'était fait entre l'Angleterre et la Russie,
et que les deux puissances s'étaient en-
tendues sur la conduite à tenir au Con-
grès. Vivement exprimées dans la presse
devienne et de Pesth, elles avaient
trouvé un écho jusque dans le seiu des
Délégations. Interpellé, à la Délégation
hongroise,' sur les négociations ànglo-
Tussës.IëcomteAhdrassyarêpondud'aboTd
d'une manière qui n'était pas très'propre
à calmer les'inquiétudes. Il' a confinné:Ie
fait de l'entente entre l'Angleterre et la,
Russie; mais- il a ajouté qu'il n'en con-
naissait pas les détails. ` °
«Les pourparlers ont été conduits dans lo
-plus grand secret, a-t-il dit. Je ns puis
parler que d'impTOSsiouS tnàis mon im-
pression est qu'il n'existe entre la Russie
et l'Angleterre aucun arrangement qui puisse
Atre préjudiciable aux intérêts de la monar-
chie austro-hongroise. »
Le fait d'une entente anglo-russe ainsi
connrmé en général, un délégué a de-
mandé au c'omte Andrassy où en étaient
les pourparlers entre l'Autriche etia Rus-
sie.au sujet du traité de Sau-Stefano, et
quelle réponse le cabinet de Saint-Péters-
bourg avait faite aux observations que ce
traité avait provoquées de la part de l'Au-
triche. Le comte Andrassy a répondu que,
dès qu'il avait eu connaissance du traité
de San-Stefa.no, -il avait exprimé à la
Russie, avec toute la franchise pos-
sible, ses objections contre tous les points
inadmissibles pour l'Autriche.
a Depuis lors, a-t-il dit, diverses réponses
nous sont parvenues de Saint-Pétersbourg
mais aucune d'elles n'a été de nature à mettre
d'accordies vues divergentes des deux ca-
lûnets. o.
Ainsi. les négociations entre Londres et
Saint-Pétersbourg aV&ient abouti, la Rus-
sie s'était engagée à faire droit aux ob-
jections anglaises, tandis que les pour-
parlers entre Vienne et Saint-Péters-
bourg n'avaient amené aucun résultat, la
Russie n'ayant paa donné satisfaction aux
objections autrichiennes. Sur ces entre-
faites, le télégraphe a apporté à Vienne
l'article du Globe qui spécifiait en dix
points les termes de l'arrangement anglo-
russe. On a cru cet article exact. L'im-
pression a été des plus pénibles on à
trouvé que l'Angleterre faisait trop de con-
cessions a. la Russie; on était désagréa-
blement frappé de voir qu'elle ne s'était
pas occupée des intérêts spécialement
autrichiens, et on en a conclu un peu à la
légère que 'le gouvernement anglais aban-
donnait le terrain européen pour traiter
séparément avec 1& Russie.
Sous l'impression de cet article du Globe,
un véritable orage a éclaté dans la Délé-
gation autrichienne. Des plaintes, des at-
taques, des récriminations passionnées
sont tombées en foule sur le comte Au-
drassy. M.. Widinanh a comparé, dans Un
curieux parallèle, la mission du général
Ignatieff et celle du comte SchouvaloS',
et il a opposé l'insuccès de la première à
la réussite de la seconde.
a Si nous avions conclu, lors du voyage du
général Ignatien, a-t-U dit. des arra.ngcmens
avec la Russie, notre position au G&cgres au-
rait été bien diSerente. a
M. Demel s'est écrié avec amertume:
< Lord Derby disait en plein Parlement
qu'on ne pouvait pas se reposer sur l'Autri-
che; nous pouvons dire maintenant la même
chose de l'Angleterre, a
M.Herbstadit:
a Aussi longtemps que l'Angleterre insis-
tait pour que le traite tout entier fût soumts
&a, Congres, iln'y avait àu~un motif de s'in-
ouiéter mais aujourd'hui' que la Russie a
~mcédé & l'Angleterre seule certaines modi-
aeatidns du traité, il est indubitable que
l'Angleterre ira au congres dans des condi-
tions plus favorables que nous qui n'avons
obtenu aucune assurance de la part de la
Russie. G'est là un motif sérieux d'in-
quiétude. La situation de l'Angleterre
e~ten c& moment extrêmement avantageuse.
Si nous avions obtenu des assurances au su-
jet du Monténégro, de la Serbie, de la Bosnie,
de l'Herzégovine, notre situation serait aussi
bien meilleure. s.
Mais le plus amer de tous les orateurs
a été M. Giskra, l'antagoniste persistant
du comte Andrassy.
L'ffïet que les dernières nouvelles télé-
graphiques, a-t-il dit, ont produit sur moi a
eté de me faire craindre que la situation de
l'Autriche ne fût fort loin d'être aussi cou-
leur de rose que nous l'a dépeinte le mi-
nistre. L'Autriche est isolée. Dans l'arran-
gement anglo-russe, elle n'est même pas
nommée. Il n'y,, est question ni du Monte-
npgro ni de la Serbie. La concession de
l'Angleterre sur la question de la Bessarabie
menace la liberté du Danube. Je m'étonne
que le ministre ait pu dire que ces arrange-
mens s'accordaient avec nos intérêts. Je res-
sens des impressions comme le ministre,
mais elles sont très différentes. Il me semble
que nous sommes, comme en I8S4.surle
point de tomber par terre entre deux sièges, a
Le comte Andrassy a fait de son mieux
pour calmer ces inquiétudes aussi peu
spontanées qu'exagérées. Il s'est élevé
avec force contre le pessimisme par lequel
l'Assemblée se laissait envahir
Je regrette le pessimisme contre lequel le
gouvernement a constamment à lutter en
Autriche e, a-t-il dit. De pareUtes vues
pessimistes ne se produisent que chez nous
elles n'existent nulle part ailleurs.
Il a affirmé à plusieurs reprises que les
arrangemens anglo-russes ne lésaient pas
et ne pouvaient pas léser les intérêts au-
trichiens.
a Ces arraugemens, a-t-il dit, ne sont que
le résultat d'un échange d'idées confidentiel
destiné à assurer le Congrès mais ils ne
peuvent pas préjudicier les décisions du Con-
gres.
Le comte Andrassy a affirmé ensuite
que l'Autriche n'était pas du tout isolée,
qu'elle allait au Congrès avec les meilleu-
res chances de succès. Il a démontré que
l'Angleterre, dans ses pourparlers avec la
Russie, ne pouvait pas s'occuper du Mon-
ténégro et de la Serbie; si elle l'avait fait,
n'aurait-ou pas demandé aussitôt si l'Au-
triche était emore une grande puissance,
puisque ce qui la concernait personnelle-
ment était le sujet d'arrangemens entre
puissances tierces ?
Nous avons fait justice hier de ces
alarmes peu sincères ou peu réfléchies.
Nous avons montré surtout combien il
était injuste de reprocher l'Angleterre
d'avoir abandonné le terrain du droit eu-
ropéen. Toutefois, si l'on ne peut pas par-
ler sérieusement de l'isolement de l'Au-
triche, ni soutenir que sa situation est
compromise à l'heure même où elle a
pris enfin une attitude énergique et où
elle menace par ses préparatifs militaires
et les positions stratégiques qu'elleoccupe
les communications de l'armée russe, on
ne peut pas nier non plus que l'Angle-
terre, qui s'est assurée d'avance des con-
cessions de la Russie, paraîtra au Congrès
dans des conditions plus avantageuses que
l'Autriche, qui n'a obtenu, pour ses intérêts
particuliers, aucune sûreté préalable.
Mais à qui la faute?
Après la signature du traité de San-Ste-
fano, l'Angleterre et l'Autriche étant les
deux puissances les plus directement at-
teintes, il était naturel de supposer qu'elles
allaient immédiatement se concerter et
combiner leur action. Rien n'était pour
ainsi dire plus indiqué. Mais, suivant une
locution bien connue à Vienne, « l'Au-
triche est le pays des invraisemblances.
(-Z)
doitie moins arriver, et les choses ne s'y
font pas, '.précisément parce qu'elles
devraient s'y faire. Les influences
qui depuis le début de la crise orientale
poussaient le gouvernement de Vienne à
s'entendre directement avec la Russie en
vue d'un partage de la Turquie n'ont pas
été assez puissantes pour faire prévaloir
cette détestable politique,, mais elles l'ont
été assez pour empêcher une politique
contraire de triompher; pour lier les
mains au comte Andrassy, pour entraver
toute initiative de sa part et pour réduire
l'Autriche & l'inaction. Ces influences
ne sont pas parvenues à réaliser l'alliance
russe, mais elles ont tout fait pour empê-
cher l'alliance anglaise et elles y ont
réussi. La diplomatie russe a contribué de
son mieux à ce résultat. La mis-
sion du 'général IgnatiefT à Vienne a
été sa première manoeuvre. Le hardi
diplomate était-il bien sincère dans ses
démarches? On peut en douter. Mais en
amenait l'Autriche à négocier séparé-
ment, en lui oSraht quelques concessions
sur ses intérêts particuliers, en la com-
promettant par des pourparlers dont le
bruitse répandâitdanB toute l'Europe, s'il
ne la détachait pas de l'Angleterre il
l'empêchait du moins de s'unir intime-
ment à elle, et il inspirait au cabinet de
Londres des méBànces qui rendaient très
difficile la continuation de la politique
exclusivement européenne.
Cette idée d'un arrangement séparé,
lancée comme une amorce ou comme un
piège, souriait trop au parti de la cour et
au parti militaire pour que le comte An-
drassy pût la repousser de prime-abord.
Mais, dès cette époque, il a tait connaître a
la Russie avec une franchise absolue ses
objections contre le traité de San-Stefano.
Le général Ignati en', qui ne pouvait pas
ou peut-être qui ne voulait pas conclure
sur place, a dû se borner à porter ces ob-
jections à Saint-Pétersbourg. D'un au-
tre côté, le cabinet militaire de l'em-
~n'
"pereuret l'état-major générât, pour-
suivant leurs projets personnels, se sont
mis à dresser les fameuses cartes, contre-
parties de celles du général IgnatiefT,
dans lesquelles tonte la moitié occiden-
tale de la Turquie, figurant comme
« sphère des intérêts autrichiens)), était
rattachée à l'Autriche par un sys-
tème d'annexions, d'occupations, de con-
ventions militaires et douanières,– tandis
que la moitié orientale était entièrement
abandonnée à la Russie. « L'Autriche jus-
qu'à Sàlonique )) répétaient-ils sans cesse
c'était le résumé de leur programme.
Le cabinet de Saint-Pétersbourg a
trouvé conforme à son jeu de continuer
ces pourparlers d'après la méthode
dilatoire, et d'amuser l'Autriche pen-
dant plusieurs semaines. A la fin de mars
et durant tout le mois d'avril, on nous
annonçait régulièrement de deux jours l'un
que l'arrangement séparé austro-russe était
conclu. Il n'en était rien. Le cabinet de
Saint-Pétersbourg donnait des réponses;
mais ces réponses, comme l'a dit le comte
Andrassy, ne concluaient pas. Cependant,
tous les eGbrts de l'Angleterre en vue
d'une alliance, toutes les propositions
de sir H. Elliot échouaient devant l'aveu-
gle obstination des hautes sphères, où l'on
continuait à se bercer de l'illusion
qu'on obtiendrait la moitié de la Tur-
quie en s'entendant directement avec
la Russie. Nous avons signalé il y a peu
de jours la conduite du comte An-
drassy qui, ne pouvant dominer les mau-
vaises influences, a eu du moins le mérite
délester toujours en communication d'i-
dées avec le cabinet anglais, de ne pas
laisser rompre tous les fils des négocia-
tions, d'occuper enfin une position ana-
logue à celle de l'Angleterre.
Après avoir amusé ainsi l'Autriche et
empêché l'alliance anglaise, le cabinet de
Saint-Pétersbourg a changé brusquement
d'attitude. Le 28 avril, jour des Pâques
russes, un grand conseil réuni à Saint-
Pétersbourg a pris la décision de s'adresser
à l'Angleterre et de commencer avec elle.
des négociations directes. On a laissé tom-
ber entièrement les pourparlers avec
Vienne. Notre correspondant autrichien
nous a fait-connaître le moyen par le-
quel la Russie les a dénoués; elle a fait
savoir tout à coup à l'Autriche qu'elle
trouvait ses exigences « exorbitantes, »
La mission du comte SchouvaloS' a com-
mencé, et, tout le temps qu'elle a duré,
les négociations entre Vienne et Saint-Pé-
tersbourg se sont évanouies.
Faut-il blâmer l'Angleterre, dont toutes
leë avances avaient été repoussécs à
Vienne, de ne s'être pas crue appelée
à prendre trop à cœur les intérêts spé-
cialement autrichiens dans les pourpar-
lers préliminaires qu'elle a poursuivis
avec la Russie? Le parti qui rêve a: l'Au-
triche jusqu'à Salonique » s'imaginait-il
que l'Angleterre, dans le dessein de lui
être agréable, stipulerait gratuitement
l'annexion de la Bosnie, de l'Herzégovine,
de l'Albanie à l'empire austro-hongrois?
On a raison de louer l'Angleterre d'avoir
levé le drapeau de l'Europe. Mais l'Eu-
rope, au lieu de la suivre, s'étant dérobée,
la puissance la plus intéressée ayant mon-
tré de la répugnance à s'allier avec elle,
l'Angleterre aurait-elle eu tort de penser
uniquement à ses propres aHaires? Elle
ne l'a cependant pas fait; elle a pensé, à
ses propres a6'aires sans doute, mais elle
a, maintenu en même temps les intérêts
de l'Europe. La seule chose qu'elle ait
peut-être négligée, et rien n'était plus
excusable, c'est de se préoccuper du Mon-
ténégro et de la Serbie, intérêts directe-
ment autrichiens.
Du reste, rien n'est perdu pour l'Au-
triche. Elle a eu tort de ne pas se con-
certer ave~ l'Angleterre mais il lui sera
tr.ès- facile de réparer .sa faute. Il fau-
dra seulement qu'on se décide dans
les hautes régions de Vienne à abandon-
ner une fois pour toutes les arrière-
pensées d'alliance russe. Si on le fait, une
seule conversation à Berlin, la veille du
Congrès, entre le comte Andrassy etiemar-
quis de Salisbury, suffira pour amener
une entente entre l'Angleterre et l'Au-
triche en vue d'une attitude commune.
L'Autriche n'a,pas à craindre d'être aban-
donnée au Congrès; l'Europe entière sent
trop bien la nécessité de la consolider
et de lui assurer une influence légitime
en Orient. Elle peut compter que ses
justes prétentions seront soutenues par
l'Angleterre et par d'autres puissances.
Mais il est bien évident que si elle
demandait des annexions, l'Europe n'irait
pas, pour faire plaisir à quelques hauts
personnages et à quelques généraux vien-
nois, contrairement aux désirs des Alle-
mands, des Hongrois, et des Polonais,
donner le signal du démembrement de la
Turquie..
Si~URSE BE PAME
Comptait,. 7H T5' 7S S5 ~0
Finaour.7S90. -!6:
At/ao/a'
CO!hpt%nH05,05.
6~'S!'
ComptatntiH.U12['20-y .J. d.
F;n-rtil3'J.l)t3TfH T<2 .A
PETITN BOURSK DU SOIB.
Emprunt S 0/0. lllfr. 30, 36~,321/2.
30/0. ~fr.95,76fr.
5 0/0 turc. 13 fr. 80.
Extér" espagnole.. Hfr.i3~S/I6.
Banqueottomane.. 4t2fr.,tl3fr.7S..
Hongrois 60/0. T?~S.
Egyptiennes 6 0/0.. 242&.SO,24Sfr., 2Mfr.37t/2
Chemins égyptiens. 356 fr., 357 fr. 50.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier les dépêches suivantes
n L'état de l'empereur continue a donner
les meilleures espérances déjà il a pu pren-
dre un peu de vin do Bordeaux ce matin.
)) Le meurtrier vit encore mais il est sans
connaissance et peut expirer d'un moment à
l'autre.
)) L'émotion est toujours grande dans la
ville. La famille royale est tout entière
réunie.
» Le prince de Bismarck est arrivé.
» Le conseil des ministres n'a pas encore
pris de décisions à la suite de l'attentat.
a La comte Schouvaloit' est ici. )) °
« Berlin, une heure.
)) Des perquisitions faites chez une mal-
tresse de Nobiling auraient mis sur la trace
d'un complot do socialistes proprement dits.
Nobiling avait d'abord professé les doctrines
des katheder-socialiates universitaires, et il
avait été à Dresde le collaborateur de la Cor-
respondance Bœhmert, organe de cette école.
Dans sa thèse doctorale et dans un article de la
Gazette .â~co~ de Nathusius Chief, il s'ap-
pliquait à démontrer que l'agriculture doit
être une fonction sociale, et non une profes-
sion dont l'unique but est d'enrichir celui qui
l'exerce. Employé au bureau do statistique
de Dresde, Nobiliag aurait une fois demandé
un con~é dans l'intention d'étudier la Bible.
A Dresde, il fréquentait les réunions socia-
listes et aurait fait un jour un discours sur la
QM!m
L'agence Havas nous communique les dé-
pêches suivantes
Berlin,le4juin,2h.matin.
L'empereur a dormi une heure et demie.
Les médecins sont très satisfaits de l'État de
S. M.
Le bruit a couru ici que le nouveau palais de
Potsdam avait été incendié. Ce bruit est dénué
de tout fondement.
Lo prince impérial et la princesse impériale sont
arrives hier soir a dix heures quinze minutes.
LL. AA. !L ont été reçues a la gare par le prince
Guillaume-Henri, la grande-duchesse do Bade et
l'ambassadeur d'Angleterre.
Le comte Schouvalod est aussi arrivé. Il est
descendu a l'hôtel de l'ambassade de Russie.
Berlin, le 4 juin, 9 h. 26 m. matin.
Voici le bulletin de la santé de empereur qui
a été publié ce matin
<:4juin,~h.3/4dumatin.
» L'empereur a bien dormi et a passé une
bonne nuit.
& Pas de fièvre.
Les douleurs diminuent. »
Berlin,le4juin,ih.soir.
Le bulletin publié aujourd'hui a midi sur la
santé de l'empereur est ainsi conçu
« L'état de S. M. l'empereur ne s'est pas modi-
fié sensiblement depuis hier. La nuit à été
calme; l'empereur l'a passée presque tout en-
tièreadormir.)) »
Berlin, le 4 juin, H h. 20 m. matin.
Hier, après son arrivée à Berlin, le prince im-
périal s'est rendu au chevet de son père, où il
estrestéiongtemps.
Le prince de Bismarck s'est d'abord fait donner
des renseignëmens minutieux sur l'état de l'em-
pereur il s'est ensuite fait faire un rapport exact
sur tous les détails de l'attentat.
L'état de Nobiling est tel, qu'il est impossible
de continuer l'interrogatoire.
Le meurtrier est soigné par M. Arndt, méde-
cin de la ville, et Dar le conseiller intime Wilms.
'Berlin, le'4 juin.
Le prince de Bismarck s'est rendu, au palais
royal à quatre heures et demie. À cinq heures,
il ne s'était produit aucun changement dans l'état
de S. M. depuis midi. C'est pourquoi les méde-
cins n'ont pas jugé nécessaire de faire publier
un nouveau bulletin.
1 Berlin, le 4 juin.
Sur la recommandation de la princesse impé-
riale, l'empereur a été changé de lit aujourd'hui.
Après dix heures, on a apporté du palais du
prince impérial, dans. la chambre de l'auguste
malade, un lit en fer très commode avec la literie
nécessaire.
Le prince impérial et la princesse viennent
presque chaque heure rendre visite à l'empereur.
S. M. manifeste continuellement sa sympathie
pour M. Holtfeuer, le maître d'hôtel qui a été
blessé. Il arrive a chaque instant de l'étranger
des témoignages d'anection et de dévouement
pour la personne de l'empereur.
Berlin~Ic4juin.
Il est arrivé dimanche de Londres une lettre
adressée à Nobiling, et dans laquelle on fait le
récit des faits qui se sont produits récemment
devant l'ambassade d'Allemagne,
On considère comme certam que Nobiling en-
tretenait des relations avec un grand nombre de
socialistesdel'étranger.
Berlin, la 4 juin.
Quatre personnes ont été arrêtées cette nuit
dans des heux publics pour avoir tenu des pro-
pos outrageans pour l'empereur.
Le casque, la chemise. le gilet et la tunique
que l'empereur portait le jour de l'attentat ont
été ramis aujourd'hui au juge d'instruction.
Berlin, le 4 juin.
Un certain nombre de papiers ont été saisis
pendant les perquisitions faites dans les bureaux
de la Presse K}~, de Berlin, et dans les apparte-
mens de MM. Ràckow, Mpst et Aner.
Elberfeld,le4juin.
Suivant la PaxeMe ~'jM&o'/fM, un ouvrier a,
dimanche matin, répété dans deux restaurans
différons que l'après-midi ne se passerait pas
sans qu'il y ait un attentat de commis contre
l'empereur. On a entendu des témoins rapportant
ce fait, mais l'ouvrier en question n'a pas en-
core été retrouvé.
Berlin/le 4 juin.
La jPo~ dit que la situation commande impé-
rieusement aux ministres responsables des me-
sures énergiques.
On lit dans la « De toutes les nouvelles contradictoires qui
circulent au sujet des interrogatoires de Nobi-
ling, la seule chose certaine c'est que l'assassin
a d'abord nié toute espèce de complicité, mais
que plus tard il p non seulement avoué ses
relations avec les démocrates-socialistes, mais
encore ajouté que l'exécution du crime lui a été
dévolue suivant les conventions arrêtées. Il a re-
iusé de désigner plus clairement ses compli-
ces du reste, il était à peu près hors d'état de
le faire. Il est. jusqu'à ce moment, impossible d'af-
firmer si le crime est le résultat d'un vaste com-
plot, ou s'il est sorti de l'initiative criminëUo
d'un petit nombre de misérables. »
Rome, le 4 juin.
Le Pape a envoyé personnellement a l'empe-
reur Guillaume l'expression de ses regrets pour
l'attentat dont il vient d'être victime, et ses vœux
pour une prompte guérison.
On assure que Mgr Franchi; par ordre du Pape,
a envoyé d'urgence aux évêques d'Allemagne
des instructions afin de combattre le socialisme.
Le Pape aurait conféré longuement avec Mgr
Ledochowski, dans le but de se renseigner exac-
tement sur le socialisme en Allemagne.
Berlin, le 4 juin, 3 h. 24 m. soir.
Tous les cabinets ont accepté l'invitation qui
leur a été faite de se réunir en Congrès le 13 juin.
Rome, le 3 juin, soir.
Le gouvernement a été officiellement invité à
participer au Congrès qui se tiendra & Berlin le
t3 juin. Rome, le 4 juin.
Le .DM'tMo dit que le comte Corti, ministre des
au'aires étrangères, et M. de Launay, seront les
plénipotentiaires italiens au Congrès.
Constantinople, le 4 juin.
Le ministre des affaires étrangères a reçu hier
l'invitation pour le Congrès. On croit que Sadyk
Pacha sera nommé plénipotentiaire avec Savfet
Pacha.
Constantinople, .le juin, 7 h. 10 m. soir.
Le grand-vizir Mehemet-Ruchdi Pacha a été
destitué aujourd'hui pendant qu'il présidait le
conseil des ministres.
Savfet Pacha, ministre des affaires étrangères,
le remplace.
Le ministre des affaires étrangères a reçu
hier soir de l'ambassadeur d'Allemagne à
Paris une invitation conçue dans les termes
de celle qui a été communiquée au Parle-
ment anglais.
Le gouvernement français répondra aujour-
d'buiau gouvernement allemand qu'il accepte
cette invitation.
M. Waddington partira pour Berlin samedi
ou dimanche. On sait qu'il sera assisté de
M. de Saint-Valiier.
En outre, M. Després, directeur politique,
et M. Ducléré, sous-chef de cabinet, l'accom-
pagneront à Berlin.
La question des traités de commerce
menace d'être encore pendant de longs
mois, si ce n'est,de longues années, l'ob-
jet de discussions absolument stériles.
Pendant ce temps, nos industries man-
quent de la sécurité qui leur est néces-
saire nous risquons de perdre nos mar-
chés extérieurs, et ce ne serait .pas pour
nous une perte insignifiante, puisque
nous exportons pour 2 milliards d'objets
fabriqués et que nous n'en importons que
pour 450 ou 500 millions. Nous ne nous
lasserons pas de répéter ces deux chiffres
et de les mettre en regard l'un de l'autre,
parce qu'ils doivent convaincre tout esprit
désintéressé et réfléchi. Il faut vraiment
être bien exigeant pour se plaindre que
l'étranger nous vende 450 millions d'ar-
ticlesmanufacturés, alors, que nous-mêmes
nous lui en vendons pour une somme
quadruple. Supposez que, par l'effet d'une
baguette magique, les importations et les
exportations d'objets fabriqués viennent
à cesser subitement en France, ce qui
serait l'idéal de la doctrine protection-
niste, en serions-nous plus riches ? Nous
deviendrions au contraire, infiniment
plus pauvres, puisque notre travail natio-
nal gagnerait des commandes pour 4SO
millions, d'une part, mais qu'il perdrait,
d'autre part, des commandes pour 2 mil-
liards, ce qui porterait à 1 milliard 550
millions la réduction du revenu national.
Or, 1 milliard 550 millions de revenu re-
présentent bien la subsistance d'un million
d'hommes.
C'est cependant à cet énorme excédant
d'importations d'objets fabriqués sur les
exportations d'artioles similaires que
quelques catégories d'industriels ont dé-
claré la guerre. Il leur est indifférent que
notre pays cesse d'exporter pourvu qu'il
n'importe plus ils s'élèvent contre les
traités de commerce qui sont la seule ga-
rantie de nos exportateurs, c'est-à-dire
qu'ils voudraient livrer ceux- ci à la com-
plète discrétion de l'étranger. Dieu pré-
serve la France du triomphe de ces opi-
nions inconsidérées qui amèneraient la
perte de nos marchés du dehors, une
énorme réduction du travail national et
une considérable augmentation du paupé-
risme en France 1
Un industriel émeute, qui professe dans
les questions économiques des opinions
libérales, M. Tézenas duMontcel, membre
du conseil supérieur du commerce et de
la chambre de commerce de Saint-Etienne,
communiquait dernièrement à la commis-
sion législative d'enquête un tableau fort
curieux qui n'est que la simple repro-
duction des chiffres officiels sur nos ex-
portations et nos importations de Sis et
de tissus depuis dix ans. Il en résulte.que
de 18C8 à t877 inclusivement la France a
exporté pour 7 milliards 969 millions de tis-
sus de toutes sortes et qu'elle n'en a importé
que pour 1 milliard 676 millions; c'est
donc 6 milliards 300 millions en chiffres
ronds que la France a gagnés en dix an-
nées au mouvement international d'é-
changes pour les seuls tissus.
Quant aux fils, la situation est moins
favorable, mais elle est loin d'être mau-
vaise dans ces dix années de 1868 àl877
nous avons exporté pour 452 millions de
nls de toutes sortes et nous en avons im-
porté pour 509 millions la différence est
donc bien faible, surtout quand on pense
qu'il s'agit des chinres accumulés d'une
période décennale. Eh bien! peut-on, en
dénonçant et ne renouvelant pas les trai-
tés de commerce, compromettre de
gaîté de cœur nos exportations, de .tissus
qui ont, en dix a.ns,dépassé.de 6 milliards
300 millions nos importations de même
nature? Peut-on commettre un acte aussi
imprudent, aussi ruineux pour l'industrie
nationale, et cela sous le simple prétexte
que nos importations de fils dans ces dix
dernières années ont dépassé d'un chiure
insignifiant, de 57 millions en tout, soit de.
5 millions 1/2 en moyenne par an, nos
exportations de mêmes objets? 1 a 1
Il arrive souvent, dans ces discussions,
que les chiures avancés par une personne.
sont contestés par une autre. M. Tézenas
du Montcel à eu la bonne fortune qu'iln'em'~
a pas été ainsi pour les siens. Cette énorme
supériorité de nos exportations de produits.
textiles sur nos importations de même na-
ture n'est contestée par personne c'est
qu'elle est l'évidence même; les protec-
tionnistes ne peuvent la nier, et leur seule,
tactique est de glisser sur ces faits ou. de
les dissimuler.
Nous venons de lire avec attention le
grand rapport qu'a fait M. Ancel, au: nom
de la commission d'enquête du Sénat, sur
les causes des souffrances du commerce et.
de l'industrie. Certes, il est partial, ce rap- °
port, de même que partiale et incomplète:
a été l'enquête à laquelle s'est livrée:
commission sénatoriale. Cette commis-
sion, comme celles de la Chambre, était
composée en grande partie de fabricans
appartenant à une ou deux industries qui
font une agitation bruyante en faveur du
régime protectionniste elle était présidée
parM.Pouyer-Quertier.C'estunesingu-
lière coutume qu'ont les Chambres fran-
çaises, quand elles nomment des commis-
sions d'enquête industrielle, d'y faire
principalement entrer des hommes, fort
honorables d'ailleurs, mais qui ont un in-
térêt personnel, professionnel, un intérêt.
de fortune, au triomphe d'une opinion dé-
terminée. Nous n'accusons, à coup sûr, la.
loyauté de personne mais le rôle de~
commissaire enquêteur, comme celui de
juge, réclame une impartialité, un désin-
téressement qui ne peuvent se rencontrer
que par miracle chez les personnes ayant
un intérêt pécuniaire dans une question.
Eh bien M. Ancel dans son rapport, quoi-
qu'il y. défende des théories protection-
nistes, est cependant obligé de recon-
naître ce fait constaté par M. Tézenas du.
Montcel, que nos exportations de fils et
ds tissus dépassent dans d'énormes pro- °
portions, même pour les années les plus
défavorables, nos importations d'articles
similaires. Ain&i, en 1876, l'ensemble de'
nos importationsdetissus s'est élevé a.'
283 millions 1/2 de francs, et nos ex-
portations des mêmes objets ont atteint
677 millions 1/2, c'est-à-dire qu'elles',
sont presque triples de nos importations,
qu'elles les dépassent de 467 millions de
francs.
Ces chiures ne sont pas ;de nous, ils:
sont de M. Ancel qui a des opinions con-
traires aux nôtres. C'est également M. An-
cel qui fixe à 467 millions ce qu'il appelle
« l'excédant de la production française
N de tissus sur la consommation inté-
nrieureB, c'est-à-dire l'excédant de nos
exportations de cette catégorie sur nos
importations. Comment se fait-il que l'ho-
norable rapporteur ne se soit pas aperçu
que ces chlores et que cette constatation
sont de gros argumens contre la thèse
qu'il soutient? Si nous exportons trois.
fois plus de tissus que nous n'en impor-
tons, il est bien clair que notre intérêt
national est beaucoup plutôt d'élargir nos
débouchés extérieurs que de réduire dans.
une proportion quelconque nos importa-
tions de ces articles. Puisque le marché
français ne peut pas suffire à nos indus-
tries textiles, même si elles en avaient la.~
jouissance exclusive, il est évident qu'H
faut, par des traités de commerce, noua
garantir des marchés d'exportation. Car,
sans traités de commerce, toutes nos ex-
portations sont précaires et peuvent dis-,
paraître du jour au lendemain.
Le rapport de M. Ancel, malgré le parti-
pris dont il est empreint et les fâcheuses
conclusions qui le terminent, contient
beaucoup de faits intéressans et qui, sai-'
nement interprétés, vont contre la thèse
du rapporteur.
Quelle est, par exemple, ou plutôt quel-
les sont les causes de la crise économique
actuelle? Les protectionnistes prétendent
que ce sont les traités de commerce.
M. Ancel, qui recommande des mesures
restrictives, paraît être de leur avis. Ce-
pendant, tout son rapport indique nette-
ment que les causes de la crise sont ail-
leurs et que les traités de commerce n'y.
sont pour rien. « La crise, dit il, a com-
H mencé vers 1875; elle a grandi en 1876~
H elle s'est continuée en 1877. Mais si la.
crise s'est fait sentir quinze ans seule-
ment après les traités de commerce, il est.
probable que ceux-ci sont complètement `
étrangers à ces souffrances. On ne com-
prendrait pas qu'une crise industrielle
restât ainsi latente pendant quinze ans..
Cela est d'autant moins admissible qu'au.
dire même de M. Ancel les années qui ont
précédé 1875 ont été une période d'épa-
nouissement industriel, d'essor commer-
cial, de prospérité inouïe. Ecoutons en-
core M. Ancel, car nous aimons à citer
nos adversaires « Après la guerre dés-
» astreuse de 1870, toutes les branches de y
M l'industrie ont pris un essor inusité. On
crut en France, en Allemagne et ail-
M leurs, que ce mouvement d'affaires ne
M s'arrêterait plus. L'Allemagne se couvrit
M d'usines nouvelles; la France augmenta
? sa production; la Suisse, la Belgique
M suivirent le mouvement de l'Angleterre.
M Jusqu'en 1873 et même jusqu'en 1874,
)) on put croire que le champ des àna.ires
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