Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-05-25
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Description : 25 mai 1878 25 mai 1878
Description : 1878/05/25. 1878/05/25.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÈBÏTI~N DE PARIS.'
JOt!MAL DES BEBATS
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Un an. Sixmoia. Trois m<~a.
DépajtemeM. 80 Bf. 40 &. ao tr.
Fttris. Mjû'. M&. i<&.
Les tboanemen~ parient des 1** et i< d<
chaque moia.
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en Belgique, en Italie,
MM le Luxembourg, en Turquie,
tégences du Maroc et de la Tunisie.
en Chine et au Japon, 1
M moyen d'une valeur payable a Paris oa da
tMndats-ppste, soit intemattonau~ soit traneait,
et dans tous les pays du Nord
ches! tous les directeurs de posteif;
.et dans tous les autres pays,
'~M renvoi d'une TaleorpayaNe~ttUt.
Mjt~ jniMtê~ M «~.
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Mpers oSIce, t7, Gresham streat, p. P.
E. C~ LmSœM MM. W.-M. Wmtth et OMa,
tM.Stra&d,W.C. Londop.
A BfnxeHM, à ro/?t M&dtteine, dans ies tctosqaea et dame M.
hNotitècr~Maes NMes~tt" ch~ine de fer bA VatpaMdsc (GMM), chec M. GTestes L. Tori;e?9.
ï4"maomcea Mntre~aM
etMZM~t.~Mehey,t.mOE
place de la Bourse,
i" an bureau ~u Jec&MJMtt
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le 31 mai &ont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal.
~ÀMs y
I~NDà~ïS~MA!
Nous ne savons rien encore sur les
résultats du voyage du comte Schouva-
loA Pourtant les impressions & Londres
sont favorables, et l'optimisme semble
aëmiher: Nous avons ptis, pour notre
compte, le parti de nous tenir en dehors
dé ces impressions tantôt bonnes et tan-
tôt mauvaises; et de nous borner & les
constater avec fidélité. Notre rédacteur
sëientiSque st~t de même les variations
elimatériques il constate que le thermos
mètre monte ou descend, et n'ose prédire
à coup sûr ni la tempête ni.Ie beau temps.
Il y a. une si grande part d'imprévu dans
toutes Ses choses, et tant de causes se-
condes, secrètes, compliquées entrent.sans
qu'on s'en douté dans là préparation du
résultat, qu'il faut imiter de Conrard le si-
Fence prudent, ou du moins ne pas dépasser
raudace de Fox qui disait en un cas
semblable J'en jurerais bien, mais
je ne parierais pas. Quoi qu'il en soit,
et sur ce point on peut être plus af6r-
màti{, ce serait une erreur de croire que
le voyage du comte Schouvaloo, même
s'il à réussi, ait tout terminé. Loin de là!
les voies sont ouvertes aux négociations
sérieuses et définies, mais il reste à les
parcourir. On a beaucoup parlé depuis
quelque temps de paix préliminaire et
même de guerre préliminaire la mission
du comte SchouvalofT n'a été qu'une né-
goB~tion préliminaire, et tout ce qu'it y
a de plus préliminaire, îci, le mot corres-
pond exactement à la chose. Patience et
circonspection doivent être les mots d'or-
dre de tous ceux qui ne veulent pas se
tromper ou être trompés.
Pendant que le comte Schouvalon' ar-
rivait à Londres et entrait en rapports
~teë le ministère, leParIement continuait
et terminait la grande discussion sur l'ap-
pel des troupes indiennes-en Europe, dont
Bons avons déjà parlé. Nous ayons dit
qu'à la Chambre des Lords le débat était
purement académique, et qu'il ne devait
aboutir à aucune résolution positive, ce
aui ne l'empêche pas d'avoir été très
grave et très instructif. Le tournoi a eu
Ueu entre deux principaux champions,
lord Selborne, ancien chancelier du cabi-
net Gladstone, et lord Cairns, chancelier
actuel, quisont l'un et l'autre, comme
J~urs fonctions l'indiquent, des puits de
science juridique, et qui l'ont d'ailleurs
abondamment prouvé. Chacun d'eux
C'est lord Beaconsfield qui l'a vérifié
a montre en main ') a parlé deux heu-
res et a traité de deux points principaux,
ce qui fait en moyenne un point par
heure. Cette observation chronométrique
est aussi de !ordëeàcons6eld. Pour lui,
H ne se vante pas d'être un profond lé-
giste et son discours est celui d'un
politique, d'un homme d'Etat, point dé-
daigneux de la forme, mais résolu à ne
tias 1& sacrifier au fond. Dans un de ces
discours spirituels, incisifs éloquens
comme il les sait faire, il a établi que la
Couronne, à laquelle appartient le com-
mandement et la disposition des troupes,
pouvait user de sa prérogative en cas de
nécessité urgente, que, par conséquent,
l'appel des troupes indiennes sans au-
torisation préalable du Parlement était
légitime, car H y avait eu cas d'urgence,
et d'urgence évidente; qu'il pourrait le
prouver et justifier victorieusement la
cenduite du gouvernement, mais qu'il s'en
carderait bien, attendu qu'il serait obligé
de parler de certaines choses que son de-
voir l'oblige de taire, vu les négociations
pendantes. Notre bouche est close
â-t-il dit. a Vous pouvez nous condamner,
maisnous garderons le silence devant vos
&ttamies plutôt que de défendre nos actes
<;n sacrinant l'intérêt de l'Etat que nous
devons servir.)) »
A: la Chambré des Communes, la discus-
sion a roulé dans le même cercle, mais elle
& eu un dénoûment. La Résolution proposée
par le marquis de Hartington a été repoùs-
Sée par 347 voix contre 226. La majorité en
faveur du gouvernement a été de 121 voix.
L'amendement désir M. HicksBeachaété
ensuite adopté sans scrutin. Nous n'a-
vons pas à faire connaître les termes de cette
proposition et de cet amendement puisque
nous en avons déjà parlé. Quant au vote, il
était facile de le prévoir; tout le monde
s'y attendait, l'Opposition n'en a pas été
surprime. Un grand nombre de libéraux
approuvaient l'appel des troupes de l'Inde.
Le marquis de Hartiogtpn, leader de
rOpposition, le savait bien, et il a pris
BOe position habile, mais modeste, sur
te terrain de la chicane parlementatre.
Ïl n'a pas attaqué la mesure prise par le
gouvernement au point de vue politique;
il s'est borné à soulever une question
constitutionnelle. Se fondant sur le JK~
Que le gouvernement ne pouvait lever
Mi maintenir des forces années, <~
MM?, excepté dans le territoire _de
l'înde sans le consentement préalable
da Parlement. Or, H s'agissait de
savoir si lea circonstances étaiëïït-tqu'on pût se dire réellement en temps
de paix. En temps de guerre; le gou-
vernement pouvait assurément appeler
les troupes de l'Inde mais l'Angleterre
est-~elle en guerre? Non, évidemment,
mais est-elle absolument en paix? Le
passage de la paix à la guerre est un
moment de raison qui ne dure pas
cinq minutes. Si rien n'a ét& pré-
paré avant, ne court-on pas le risque
d'être pris au dépourvu ? Personne ne sau-
rait le contester. L'Opposition se gardait
bien d'y contredire, et le marquis de Har-
tiogton n'a pas prétendu que le gouver"
nement avait eu tort d'appeler les trou-
pes de l'Inde il s'est plaint seulement de
ce que le Parlement n'avait pas été averti,
consulté au préalable. Nouveau débat sur
la prérogative royale et sur ses limites,
sur les droits du Parlement et sur leur
étendue. Le ministère s'est bien gardé
de contredire l'Opposition sur ce terrain.
Il a concédé tous les principes et s'est
borné à plaider la nécessité, la force _ma-
jeure, l'urgence. Lorsque le gouvernement
a appelé les troupes de l'Inde, y avait-il
oui ou non cas d'urgence et, comme di-
sent les Anglais, oa~y<~ey ? tout est là
C'est sur ce point qu'a pivoté la discus-
sion. S'il y avait urgence force majeure,
absolue nécessité, là Couronne a pu, y
sans outrepasser sa prérogative, iaire
venir les troupes de l'Inde. Le ministère
a plaidé aussi la nécessité du secret.
Le secret est souvent un des élémens
les plus essentiels du succès. Lé gou-
vernement, en somme, ne méconnaît
aucun principe, mais il ne faut pas mé-
connaître non plus ce que sa résolu-
tion, tells qu'il l'a exécutée, a eu de
ferme, d'énergique, d'imposant et d'efS-
cace. Ainsi l'Opposition n'a pas attaqué
le gouvernement dans sa conduite, mais
dans le point de départ de cette conduite.
Le gouvernement, à son tour, n'a pas
attaqué l'Opposition dans ses doctri-
nes; il s'est borné à montrer que
sa conduite avait été impérieusement
dictée par les circonstances. La bataille a
été brillante comme une parade; on ne
s'est pas abordé corps à corps. L'Opposi-
tion savait bien qu'elle n'avait pas la ma-
jorité, et elle ne voulait, comme nous l'a-
vens dit, que prendre des positions et re-
lever quelques griefs pour plus tard. Elle
ne veut pas qu'on lui reproche de s'être
tue au moment où les événemens se
sont accomplis, et elle a parlé pour
prendre date et interrompre la prescription.
Elle a manœuvré avee adresse. Le mar-
quis de Hartington a montré une fois
de plus les qualités d'un excellent Jparlementaire, mais il a euanaire àiorté
partie. Les discours de M. Roebuck, un
libéral indépendant qui, depuis le début j
de la criseoricntale, a soutenule gouverne-
ment, ceuxsurtoutdesir StaSbrdNorth-
cote e.t de M. Cross, ministre de l'intérieur, j
auraient décidé du succès si ce succès n'a-
vait pas été certain d'avance. Le gouverne-
ment a montré d'ailleurs, par son attitude
et son langage, qu'il était sûr d'avoir avec
lui non seulement la majorité de la
Chambre, mais l'opinion du pays. Le vote
d'hier l'a encouragé et soutenu dans la
voie où il est entré.
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FtndoarilO 2~2109921/2 .i0.
PBMTB BOCRSB DU SOm.
Emprunt S 0/0. 110 &. 2S, 26 i/ 07 i/2, 10.
30/0. ~û'.63.
50/0 tuce. 9tF.70,80.
EgypHeimea 6-0/0.. 208tr.'?S.2ilfr.2S,209ff.
37~/2, 208 fr. 78.
Chemins égyptiens. 325 fr., 323 fr. 75.
Banque ottomane.. 370 fr.. 372 fr. 50, 37t ff. 25,
370 fr.
Florins (or). 601/8,60,8915~6
Ext~'esp~nole.. i27/8,l3/i6.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
a Vienne, le 24 mai, S h. soir.
s La réunion très prochaine du Congrès
parait assurée.
o Les dispositions assez conciliantes que la
Russie montre envers l'Autriche s'expliquent
par ie manque d'une entente complète entre
b première de ces puissances et l'Angleterre.
Les réclamations de l'Autriche peuvent se
résumer ainsi
B Réduction des frontières et modincation
du système administratif proposé pour la But-
garie l'absence de tout sentiment d'unité
nationale dans cette province permettant d'ar-
river à une ententesur la part d'influence que
l'Autriche et la Russie voudront s'y réserver.
Les compensations pour la Serbie seront rédui-
tes au mmimum. Le Monténégro devra se con-
tenter de Bojana et Spitza. Les forteresses tur-
ques ne peuvent rester au pouvoir des Rus-
ses. La question de la rétrocession delà
Bessarabie trouvera sa solution dans une nou-
velle délimitation de frontières entre les pays s
limitrophes. Le rapatriement des réfugiés
aura lieu do la manière que je vous ai télé-
graphiée. En résumé non seulement les
points essentiels du traité do San-Stefanq
devront être changés, mais l'état de choses a
établir est diamétralement oppose à sces sti-
pulations. <
''tëM~fapMe pttT
(SetTice télégraphique de ragenceHav&t!.)
Saint-Pétersbourg, le 24 mai.
On. assure que les avis de Londres aont favo-
rab!es et que la réunion du Congrès est désor-
mais probable. e
Londres, le 24 mai.
Un conseil de cabinet a été tenu aujourd'hui.
Matte, te 24 mai.
Lès transports 6' bord un régiment d'infanterie, sont arrivés au-
jourd'hui, venant de Bombay.
Bncharest, le 24 mai.
Là Chambre a voté un crédit de 2'if.0"0 fr.
pour des achats de chevaux, et un crédit de
MO.OOO fr. pour l'habillement des troupes en
Campagne.
Cohstantinoplë, le 24 mai.
Depuis l'anaire du palais de Tchéràgan. les
ministres se réunissent presque quotidiennement
sous la présidence du Sultan.
Les Russes paraissent vouloir éviter actuelle-
ment toute complication. On croit qu'ils n'enga-
geront pas là )utte avec les Lazes qui se mas-
sent autour de Batoum.
Cohstantinople, le 23 mai, soir.
La Porte a demandé quelles Russes campés
dans les environs de Constantinople fixent une
ligne formelte de démarcation.
De nombreux documens importans ont été brû-
tes dans l'incendie d'hier.
Le bruit, court même qua le texte original du
traité de San-Stefano serait au nombre des do-
cumens perdus.
Constantinople, le 24 mai.
A la suite de l'aS'aire de Tchéràgan, le journal
turc le .BaMM'~ a été susp endu, et le directeur
emprisonné.
Les commissaires turcs qui ont ét& envoyés
dans i à revenir a Constantinople. L'insurrection con-
tinde.
De nouvelles troupes russes venant de Roddsto
sont arrivées à San-Stefano.
Plusieurs navires do guerre turcs qui croisaient
en Thessatie et en Crète sont revenus à Constan-
tinople.
Constantinople, le 24 mai.
Le grand-vizirat et le ministère des affaires
étrangères yont être transférés dans un local dé-
pendant de la Chambre des Députés.
Un meuve! ordre du jour du général Totifben
interdit aux officiers russes d'aller à Constanti-
nople.
Le Caire, le 24 mai.
Deux navires, portant l.OM Gorkhas et '!0 cho-
vaux, sont entrés hier dans le canal de Suez.
Anémone.
Berlin,Ie24mal,soir.
~!<< A la seconde lecture du projet de
!oi < contre !es excès de la démocratie socia-
Jiste~, la Chambre rejette par 257 voix contre
S? l'article i" du projet gouvernemental
M. Hon'mann, président de Ia~ chancellerie. dé-
clare que le gouvernement n'insiste pas pour
que les autres articles soient discutés.
Au cours des débats, M. Hoffmann s'est dé-
fendu contre l'Interprétation donnée à ses décla-
rations d'hier au sujet du concours a espérer de
l'Eglise contre le socialisme. Il n'a voulu parler
que de l'Eglise, qui respecte l'autorité do 1 Etat.
En combattant comme eUel'a fait contre la ci-
vilisation. l'Eglise catholique a autant contribué
à l'aHuiblissement de l'autorité de l'Etat que la
démocratie socialiste.
Le feld-maréchal de Moitié, faisant, allusion a
la Commune de Paris, a élément parte en fa-
veur du projet de loi. Il a dtt que, bien que l'Etat
soit assez fort pour combattre par les armes
les excès de la démocratie socialiste, ii ne peut
cependant, par ce moyen, écarter qu'un péril mo-
mentané. Les moyens légaux, plus lents, peuvent
seuls {tuérir le mal.
Le ministre saxon, M. de, Nostttz, a déclaré
inexacte l'assertion de M. Lasker qui avait pré-
tendu qu'aux, dernières éteotions le gouverne-
ment saxon avait favorisé les socialistes au dé-
trimentdesiibéraux.
Ce soir, clôture de la session.
Dans une séance tenue ce soir parle Reichstag,
M. le ministre Hoffmann a donné lecture d'uu
Message impérial déclarant close la session du
Reichstag 1
L'AssemMée s'est séparée au cri trois fols répété
de :
Il est à craindre que la Chambre des
Députés et ses commissions se soient
fourvoyées dans la. question des tarifs de
douane et des traités de commerce. Voilà
dix-huit ans que la France est sous un
régime économique dont on ne peut dire
vraiment, sans une inexcusable légè-
reté, qu'il l'ait appauvrie. Dix-huit ans,
c'est bien quelque chose, n'est-ce pas?
même dans la vie d'un peuple. Au bout
de ce temps, on doit être éclairé sur les
mérites et les inconvéniens d'un système
de douanes. Voilà en outre huit années,
depuis le printemps de 1870, que l'on dis-
cute à perte de vue sur le renouvelle-
ment des traités de commerce sans ja-
mais aboutir à rien de définitif et de stable.
D'où viennent ces indécisions prolongées,
cette incapacité à rien résoudre, cette
impuissance à prendre un parti quelcon-
que ? La principale cause en est à l'inex-
périence de nos législateurs qui sont
pleins des meilleures intentions, mais qui
manquent, sur ce sujet, de lumières, de
doctrine, et même de confiance en eux-
mêmes.
Ils croient n'être pas assez éclairés
quand ils n'auraient qu'à ouvrir les
yeux pour voir que le régime de 1860
n'a pas couvert le pays de ruines. Au
lieu d'étudier les résultats généraux qui<
sont palpables pour tout le monde, ils se
lancent dans d'inextricables enquêtes
vingt fois faites et refaites, et qui, comme;
toujours, n'aboutissent qu'à la confusion
des langues. Ils composent les commis-
sions d'enquête de telle façon que les re-
présentans de deux ou trois indus-
tries en forment l'élément principal:
principal par le nombre, principal par
l'activité, principal aussi, par le parti-pris
et l'obstination. Ce n'est pas cependant de
cette façon que les Chambres ont l'habi-
tude de procéder en d'autres matières.
Supposons, en effet, qu'il s'agisse de faire
une enquête sur le régime des chemins de
fer, on nes'avisera. pas défaire siéger
dans cette commission tous les adminis-
trateurs de Compagnies de chemins de fer
qui sont membres de la Chambre. On se
dirait avec raison « Ces gens-là sont
spéciaux, il est vrai, et compétens; mais
ils ont un intérêt personnel, et ils vont,
& coup sûr, réclamer des augmentations
de tarifs et d'autres mesures contraires
à l'intérêt général. ? » Eh bien com-
ment se fait-il que l'on ne fasse pas
les mêmes réflexions pour les com-
missions qui sont chargées de réviser
le tarif général des douanes et les traités
L de commerce? Avant d'y faire entrer les
tournées de représentans dé deux ou trois
industries, comment personne ne fait-il
cette réflexion judicieuse ettopique «Ces
hommes-là sont spéciaux, mais ils ont un
intérêt particulier, et ils vont certainement
demander des augmentations de tarifs et
d'autres mesures contraires à l'intérêt gé-
néral? H N'y a-t-il pas une complète iden-
tité entre les deux cas? Comment se fait-
il donc que la Chambre ait, pour la for-
mation de ses commissions, une règle de
conduite ditïerente dans l'un et dans
l'autre?
Nous disions tout à l'heure qu'il n'y
avait qu'à ouvrir les yeux pour voir que
le régime de 1860 n~a pas couvert la
France de ruines. Faut-il faire la démons-
tration de cette vérité? Faut-il insister
sur la richesse devenue. proverbiale de
notre pays, sur la facilité avec laquelle
en quelques années nos 7 ou 8 milliards
d'emprunt ont été absorbés, classés dans
de bons portefeuilles d'o~ ils ne sortent
plus, ce qui est évidemment une preuve
que le pays n'est pas dans la misère, qu'il
jouit d'une bonne aisance? Les indices
de ce développement inouï de prospérité
depuis vingt ans abondent dans les docu-
mens ofnciels.Lës faits les plus incontesta-
bles en témoignent. M. Léon Say, qui pen-
dant ses divers ministères a multiplié les
publications statistiques, nous afourni tous
les élémens d'une démonstration en règle.
Ainsi, voici les déclarations successorales
pour la perception de l'impôt; il n'y a pas
de meilleur symptôme de la progression
de la richesse publique, car le capital des
successions est naturellement proportion-
nel au capital total de la nation. Eh bien!
de 1860 à 1874, c'est-à-dire depuis le
nouveau régime économique, les valeurs
déclarées dans les successions ont haussé
de 60 0/0 elles ont passé de 1 milliard
72. millions dans la' première de ces
années, à 2 milliards 803 millions dans
la seconde et ce n'est pas à une augmen-
tation de la mortalité qu'est dû ce progrès,
car l'année '1874 a été très clémente pour
les humains et n'a fourni qu'un chiffre
très modéré de décès. La seule cause de
ce rapide accroissement, c'est le dévelop-
pement de la prospérité générale. Ne
croyez pas que l'augmentation des valeurs
déclarées dans les successions ait été
aussi grande dans la période antérieure à
1860; elle a été beaucoup plus faible. Dans
Ja période de quatorze ans qui a précédé
le traité de commerce, de 1846 à 1860, les
déclarations successorales sont montées
de 1 milliard 351 millions de francs à
1 milliard 722 millions; c'est un accrois-
sement de 371 millions, soit de 29 0/0 en-
viron. Àinsi,dans les quatorze années qui
précèdent le traité de commerce, la ri-
chesse publique, évaluée d'après les dé-
clarations successorales, ne s'est accrue
que de 29 0/0, et' dans les quatorze années
qui suivent le traité, le progrès a été de
60 0/0.
Voilà comment les traités de commerce
qui nous régissent depuis dix-huit ans ont
ruiné la France. Soutiendra-t-on que la
richesse publique eût pu prendre un aussi
magnifique développement si notre régime
économique était aussi mauvais que le pré-
tendent un certain nombre de dateurs de
coton et de métallurgistes? Notez que les
statistiques que nous invoquons sont de
la plus grande précision, qu'elles ne sont
exposées à aucune chance d'erreur,
qu'elles portent sur des faits constans,
véri6és un à un, qu'elles sont impartiales
puisqu'elles n'ont pas été faites pour sou-
tenir une thèse, et que nous sommes le
premier qui en ait tiré un argument en
l'honneur du régime économique libéral.
Faut-il parler aussi des plus-values des
impôts? Lisez donc les discours que fai-
saient il y a quelques semaines MM. Gam-
betta et Germain dans les bureaux de la
Chambre lors de l'élection de la commis-
sion du budget. L'un et l'autre insistaient
sur les constantes plus-values d'impôts
mais d'où viennent ces plus-values? com-
ment les expliquer? Si le pays est ruiné
par les traités de commerce, quelle est la
cause mystérieuse qui les produit? Ce
n'est pas la population qui augmente en
France; on ne travaille pas plus que ja-
d~s~ la durée de la journée est même plu-
tôt diminuée, et c'est un bien, car l'homme
n'est pas une bête de somme qui doive
être constamment courbée sur sa tâche;
il a droit à des loisirs. Eh bien vraiment,
est-ce que le produit des impôts augmen-
terait sans interruption depuis dix-huit
ans si le régime économique de la France J
était détestable? C'est un proverbe vul-
gaire que c'est aux fruits qu'on reconnaît,
et qu'on juge l'arbre. ]
Il y a quelques jours, un savant illustre, n
qui est aussi un homme pratique puis-
qu'il a été plusieurs fois ministre des
nuances, M. HippolytePassy, présentait à
l'Académie des Sciences morales et politi-
ques des Diagrammes dus à notre collabo-
rateur M. de Malarce, et montrant les
moiïvëmeM annuels des Caisses d'épargne
françaises depuis 1634~ M. Passy faisait re-
marquer « l'accroissement extraordmaire,
a sans précédent, du stock des Caisses
t ? d'épargne dana ces trois dernières an-
a nées, et du nombre dea déposans,
H accru de 2,100,000 à plus de 3 mil-
c lion?. M Sans doute, il y a des causes
particulières qui expliquent en partie ce
développement: on a créé des bureaux
auxiliaires, des caisses scolaires on à
d 'nné plus de iacilités au public.Mais n'est-
il pas évident que si le pays était ruiné
par le régime économique existant, les
Caisses d'épargne ne regorgeraient pas cha-
que jour davantage des économies popu-
laires ? Il faudrait que la France fût un
pays étrange si, en se ruinant, elle pré-
sentait tous les indices de la plus splen-
d'de prospérité.
C'est sur ces grands faits généraux que
nous voudrions voir la Chambre et. ses
commissions fixer leur attention ils lui
en apprendraient plus sur la valeur du
régime économique .actuel que le chaos
des dépositions qu'elles provoquent et
où elles s'embarrassent. Elles convo-
quent les industriels à venir disserter de-
vant elle sur les tarifs qu'ils vou-
draient voir imposer au pays; naturelle-
ment, chacun en ce qui le concerne ré-
clame une augmentation jle droits: il est
si doux de se préserver de la concurrence! 1
On discute à perte de vue sur ce qu'on
appelle les prix de revient mais qu'y a-
t-il de plus variable, de plus impossible à
déterminer qu'un prix de revient? Puis,
quel prix de revient prendra-t-on? Celui
des maisons situées dans les conditions
les plus défavorables, ou une sorte de
prix de relent moyen qui est un mythe
insaisissable?
Au milieu de cette œuvre inextricable,
les commissions parlementaires et la
Chambre perdent absolument de vue et
risquent de compromettre le véritable in-
térêt français, intérêt essentiel, perma-
nent, vital, celui de nos exportations. Nous
voudrions que l'on écrivît en lettres d'or,
dans la salle où siège la commission des
tarifs, les deux lignes suivantes K La
H France exporte pour deux milliards
d'articles manufacturés nationaux elle
H importe pour quatre cent cinquante
M millions d'articles manufacturés étran-
gers. » Oui, ces deux lignes devraient
être écrites en lettres d'or, de ma-
nière à sauter aux yeux de tous les
membres de la commission qui semblent t
ne pas connaître cette -vérité ou ne s'en
soucier guère. Personne ne conteste,
n'est-ce pas ? que nos exportations d'ob-
jets fabriqués s'élèvent à 2 milliards de
francs~ et personne ne prétend que nos
importations d'articles manufacturés
dépassent 450 ou 500 millions de francs?
Comment se fait-il donc qu'on ne tire pas
de ce rapprochement la conclusion prati-
que qu'il comporte? Cette conclusion est
d'unie évidente clarté la voici La France
a un bien plus grand intérêt à conserver
au dehors des débouchés pour les 2 mil-
liards ~d'objets fabriqués qu'elle exporte
qu'à diminuer dans une proportion quel-
conque le chiure des 450 millions d'objets
fabriqués qu'elle importe.
La commission des tarifs a entendu des
manufacturiers, des filateurs de Rouen
qui lui ont dit qu'ils n'attachaient pas
d'importance à l'exportation. Il est fort
possible, en eSet, que les filateurs rouen-
nais n'attachent à l'exportation aucune
importance; mais est-ce que la Chambre
des Députés a le droit de ne pas se
soucier d'une exportation qui monte
à 2 milliards, qui est une des grandes
forces de la France, une des principales
ressources de notre pays, qui a permis
de payer notre indemnité de guerre ? Que
deviendrait la France le jour où nos ex-
portations d'objets fabriqués seraient ré-
duites de moitié ou même seulement d'un
quart, le jour où toute la production ma-
nufacturière du paya refluerait sur le
marché intérieur? Ce serait un bien autre
encombrement que celui dont on se plaint
aujourd'hui.
Or, quand on demande de relever les
tarifs de douane, ou même seulement
quand on s'oppose à l'abaissement néces- j
saire de certains droits aujourd'hui exor-
bitans comme ceux sur la fonte, le fer et
sur les ûtés de coton, quand surtout on
combat le régime des traités de com-
merce et la clause de la nation la plus
iavorisée, que fait-on en réalité? Qns'at-
taque à notre exportation, on demande
que la France perde tous ses marchés du ]
dehors qu'elle soit exposée sans défense ]
à toutes les représailles des pays étrangers. <
Y a-t-il Conduite plus absurde et plus <
antipatriotique ? Cette exportation d'ob- <
jets fabriqués, notre gloire et notre sa- <
lut, les dateurs de Rouen et de Lille (
veulent que nous y renoncions, puisqu'ils É
ne veulent plus de traités de commerce; 1
et il se trouve deô hommes à intentions 1
très* droites qui ne s'aperçoivent pas de
la monstruosité de ces prétentions. i
On a cherché dans ces derniers temps à E
user d'un procédé qui est très regretta- i
Me, celui de convoquer des meetings Q
d'ouvriers et d'y proposer des motions (
économiques. Les ouvriers d'abord ne sont i
pas, pour la plupart, assez éclairés pour (.
être de bons juges en pareille matière. e
Mais, en outre, c'est là jouer avec le feu. ï
Puis, si l'on provoque à Rouen des mee- t
tings populaires en faveur de la pro-
tectfoïl) pourquoi n'org&nisefait-on pas
Lyon, à Tarare., à Saint-Chamond'
des meetings populaires en faveur de'
la liberté commerciale? A-t-on oublié
que c'est Lyon qui a éprouve le premier*
et le plus gravement les atteintes de
crise commerciale actuelle~ Lyon et toute
sa région seraient ruinés, absolument
ruinés si l'on renonçait au régime des
traités de commerce et si l'on faisait de la
réaction économique. Or, si les fabricans
de Lyon ont assez de bon sens pour ne
pas provoquer une agitation ouvrière, il
faut leur en savoir gré.
Nous espérons que la Chambre et ses
commissions s'apercevront qu'elles so~
entrées dans une voie dangereuse et
sans issue; elles se rendront compte
que, si elles veulent aboutir & un ré~
sultat pratique, ce sont les grands faits~' t
économiques généraux qu'il faut consul-
ter ces faits sont palpables, ils té-
moighent tous de là prospérité qu'à
valu a la France/Ié traité de 1860. Un
article paru H y a une huitaine de
jours dans Ja ~M~Me /~aM~Me for-
mulait un programme économique libé-
ral qui est peut-être un peu trop timide~
dans l'application, mais qui mérite d'être
approuvé au milieu des tentatives incon- `
sidérées de réaction auxquelles nous assis-
tons. Si notre pays subit depuis quelque
temps les eSëts de la crise commerciale
universelle, il en souore beaucoup moins
que tous ses voisins, moins que l'Angle-
terre, moins que l'Allemagne, moins
que les Etats-Unis. Ces souffrances pas-
sagères peuvent être une raison pour
mettre des ménagemens et des dé-
lais dans les réductions de tarifs
mais elles n'excuseraient pas un re-
lèvement des droits, car ce serait sacri-
8er à deux ou trois industries, celles de
la filature et de la métallurgie, les intérêts
beaucoup plus importans et plus sacrés,
non seulement des consommateurs, mais
de l'ensemble des industries diverses, et
notamment de nos industries d'exporta-
tion.
Silà Chambre a quelque prévoyance,
elle doit se hâter de sortir du provisoire
où nous sommes et conclure des traités'de
commerce dé6nitifs avec tous les pays. Elle
doit ratiSer d'abord celui avec l'Italie, quoi-
qu'il soit défectueux sur plus d'un point et
qu'il ne soit pas rédigé dans un sens assez
libéral. Elle doit contracter des conven-
tions commerciales avec la Roumanie et
tous les autres petits Etats qui sortiront
de l'empire turc, afin de ne pas perdre d'im-
portans marchés d'exportation. Elle doit.
négocier les bases d'un traité de com-
merce avec Jes Etats-Unis d'Amérique.
Dans toutes ces conventions elle doit
insérer la clause de la nation la plus favo-
risée, parce que cette formule est absolu-
ment nécessaire pour sauvegarder nos
exportations contre des droits dioeren-
tiels tels que ceux qu'a établis l'Espa-
gne l'an dernier. Si dans un bref délai
tous ces traités de commerce ne sont pas
conclus ou renouvelés dans ces conditions
tibérales, la France peut être exposée à une
crise économique effroyable parce qu'elle
peut perdre un à un tous ses débouchés
extérieurs. Que les commissions parlemen-
taires et la Chambre abandonnent le point
de vue étroit où elles se sont tenues jus-
qu'ici, et qu'elles se placent au point de
vue de l'exportation. Nous exportons pour
2 milliards d'objets fabriqués, nous n'en
importons que pour 4SO millions. Il est
donc clair que l'intérêt national, c'est d'a-
bord de sauvegarder nos exportations
d'articles manufacturés.
PAULLEROY-BEAULIEU.
On nous écrit de 'Versailles (Sénat)
achèvera demain !a seconde délibération du
projet de loi concernant l'aliénation des va-
leurs mobilières qui appartiennent aux mi-
neurs ou aux interdits. et la conversion de
ces valeurs en titres au porteur.
B Nous avons exposé, en rendant compte
de la première délibération (i), l'objet de
ce projet de loi qui étend aux valeurs mo-
bilières possédées par les incapables les
prescriptions tutélaires que. le Code civil
avait édictées en faveur des seuls biens immo-
biliers. C'est là une question purement juridi-
que, dont la discussion môme ne peut pas être
très facilement suivies! l'ouest étranger à la
connaissance du droit, mais qui touche aux
plus sérieux intérêts de la vie civile, et à cette
matières! délicate de la tutelle. Ajoutons
que cette discussion était éclairée et ren-
due presque attrayante par l'intervention de
M. Jules Favre et du rapporteur M. Denor-
mandie, qui ont tour à tour et longuement oc-
cupé la tribune.C'est la supériorité du Sénat
que ces débats où il se rencontre toujours des
orateurs d'une éloquence et d'une expérience
consommées, et nous avons souvent entendu
dire au sorti'' de séances telles que la séance
d'aujourd'hui que, si le Sénat a mérité par-
fois des critiques pour certainsvotes,il se fait
beaucoup d'honneur par là dignité et par
l'excellence de ses discussions.
s M. de Gavardie a pris le premier la pa-
role contre le projet de loi. La législation
existante parait sufnsante à M. de Gavardie;
il demande le renvoi du projet à la commis-
sion afin qu'elle ouvre une sorte d'enquête
où les Cours d'appel seront consultées. Le
président de la commission, M. Xavier Blanc, `
lui a répondu, et le Sénat, s'étant prononcé
contre le renvoi, a abordé l'article i"\ La
encore M. de Gavardie intervenait, repre-
nant un amendement qui avait échoué en
première lecture, et qui tend à exempter
(~ Voir ? ~wm~ <%? D~a~au.s mM aenuar.
JOt!MAL DES BEBATS
D M t~ t~ t T t~T f tT~ T~M A WB t? C
yvMtiH~RO ~l LiiiiiKAinii~
SMM ? M
SASEN M M
im
'ON S'ABONDE
~a& itet M9t)'es-S&la~Germa;n-l'Aa~etroM, n.
iMm~e~i~A~oMMHmBwr:
Un an. Sixmoia. Trois m<~a.
DépajtemeM. 80 Bf. 40 &. ao tr.
Fttris. Mjû'. M&. i<&.
Les tboanemen~ parient des 1** et i< d<
chaque moia.
dN SABONNN
en Belgique, en Italie,
MM le Luxembourg, en Turquie,
en Chine et au Japon, 1
M moyen d'une valeur payable a Paris oa da
tMndats-ppste, soit intemattonau~ soit traneait,
ches! tous les directeurs de posteif;
.et dans tous les autres pays,
'~M renvoi d'une TaleorpayaNe~ttUt.
Mjt~ jniMtê~ M «~.
w
Mpers oSIce, t7, Gresham streat, p. P.
E. C~ LmSœM MM. W.-M. Wmtth et OMa,
tM.Stra&d,W.C. Londop.
A BfnxeHM, à ro/?t
hNotitècr~Maes NMes~tt" ch~ine de fer b
ï4"maomcea Mntre~aM
etMZM~t.~Mehey,t.mOE
place de la Bourse,
i" an bureau ~u Jec&MJMtt
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le 31 mai &ont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal.
~ÀMs y
I~NDà~ïS~MA!
Nous ne savons rien encore sur les
résultats du voyage du comte Schouva-
loA Pourtant les impressions & Londres
sont favorables, et l'optimisme semble
aëmiher: Nous avons ptis, pour notre
compte, le parti de nous tenir en dehors
dé ces impressions tantôt bonnes et tan-
tôt mauvaises; et de nous borner & les
constater avec fidélité. Notre rédacteur
sëientiSque st~t de même les variations
elimatériques il constate que le thermos
mètre monte ou descend, et n'ose prédire
à coup sûr ni la tempête ni.Ie beau temps.
Il y a. une si grande part d'imprévu dans
toutes Ses choses, et tant de causes se-
condes, secrètes, compliquées entrent.sans
qu'on s'en douté dans là préparation du
résultat, qu'il faut imiter de Conrard le si-
Fence prudent, ou du moins ne pas dépasser
raudace de Fox qui disait en un cas
semblable J'en jurerais bien, mais
je ne parierais pas. Quoi qu'il en soit,
et sur ce point on peut être plus af6r-
màti{, ce serait une erreur de croire que
le voyage du comte Schouvaloo, même
s'il à réussi, ait tout terminé. Loin de là!
les voies sont ouvertes aux négociations
sérieuses et définies, mais il reste à les
parcourir. On a beaucoup parlé depuis
quelque temps de paix préliminaire et
même de guerre préliminaire la mission
du comte SchouvalofT n'a été qu'une né-
goB~tion préliminaire, et tout ce qu'it y
a de plus préliminaire, îci, le mot corres-
pond exactement à la chose. Patience et
circonspection doivent être les mots d'or-
dre de tous ceux qui ne veulent pas se
tromper ou être trompés.
Pendant que le comte Schouvalon' ar-
rivait à Londres et entrait en rapports
~teë le ministère, leParIement continuait
et terminait la grande discussion sur l'ap-
pel des troupes indiennes-en Europe, dont
Bons avons déjà parlé. Nous ayons dit
qu'à la Chambre des Lords le débat était
purement académique, et qu'il ne devait
aboutir à aucune résolution positive, ce
aui ne l'empêche pas d'avoir été très
grave et très instructif. Le tournoi a eu
Ueu entre deux principaux champions,
lord Selborne, ancien chancelier du cabi-
net Gladstone, et lord Cairns, chancelier
actuel, quisont l'un et l'autre, comme
J~urs fonctions l'indiquent, des puits de
science juridique, et qui l'ont d'ailleurs
abondamment prouvé. Chacun d'eux
C'est lord Beaconsfield qui l'a vérifié
a montre en main ') a parlé deux heu-
res et a traité de deux points principaux,
ce qui fait en moyenne un point par
heure. Cette observation chronométrique
est aussi de !ordëeàcons6eld. Pour lui,
H ne se vante pas d'être un profond lé-
giste et son discours est celui d'un
politique, d'un homme d'Etat, point dé-
daigneux de la forme, mais résolu à ne
tias 1& sacrifier au fond. Dans un de ces
discours spirituels, incisifs éloquens
comme il les sait faire, il a établi que la
Couronne, à laquelle appartient le com-
mandement et la disposition des troupes,
pouvait user de sa prérogative en cas de
nécessité urgente, que, par conséquent,
l'appel des troupes indiennes sans au-
torisation préalable du Parlement était
légitime, car H y avait eu cas d'urgence,
et d'urgence évidente; qu'il pourrait le
prouver et justifier victorieusement la
cenduite du gouvernement, mais qu'il s'en
carderait bien, attendu qu'il serait obligé
de parler de certaines choses que son de-
voir l'oblige de taire, vu les négociations
pendantes. Notre bouche est close
â-t-il dit. a Vous pouvez nous condamner,
maisnous garderons le silence devant vos
&ttamies plutôt que de défendre nos actes
<;n sacrinant l'intérêt de l'Etat que nous
devons servir.)) »
A: la Chambré des Communes, la discus-
sion a roulé dans le même cercle, mais elle
& eu un dénoûment. La Résolution proposée
par le marquis de Hartington a été repoùs-
Sée par 347 voix contre 226. La majorité en
faveur du gouvernement a été de 121 voix.
L'amendement désir M. HicksBeachaété
ensuite adopté sans scrutin. Nous n'a-
vons pas à faire connaître les termes de cette
proposition et de cet amendement puisque
nous en avons déjà parlé. Quant au vote, il
était facile de le prévoir; tout le monde
s'y attendait, l'Opposition n'en a pas été
surprime. Un grand nombre de libéraux
approuvaient l'appel des troupes de l'Inde.
Le marquis de Hartiogtpn, leader de
rOpposition, le savait bien, et il a pris
BOe position habile, mais modeste, sur
te terrain de la chicane parlementatre.
Ïl n'a pas attaqué la mesure prise par le
gouvernement au point de vue politique;
il s'est borné à soulever une question
constitutionnelle. Se fondant sur le JK~
Que le gouvernement ne pouvait lever
Mi maintenir des forces années, <~
MM?, excepté dans le territoire _de
l'înde sans le consentement préalable
da Parlement. Or, H s'agissait de
savoir si lea circonstances étaiëïït-t
de paix. En temps de guerre; le gou-
vernement pouvait assurément appeler
les troupes de l'Inde mais l'Angleterre
est-~elle en guerre? Non, évidemment,
mais est-elle absolument en paix? Le
passage de la paix à la guerre est un
moment de raison qui ne dure pas
cinq minutes. Si rien n'a ét& pré-
paré avant, ne court-on pas le risque
d'être pris au dépourvu ? Personne ne sau-
rait le contester. L'Opposition se gardait
bien d'y contredire, et le marquis de Har-
tiogton n'a pas prétendu que le gouver"
nement avait eu tort d'appeler les trou-
pes de l'Inde il s'est plaint seulement de
ce que le Parlement n'avait pas été averti,
consulté au préalable. Nouveau débat sur
la prérogative royale et sur ses limites,
sur les droits du Parlement et sur leur
étendue. Le ministère s'est bien gardé
de contredire l'Opposition sur ce terrain.
Il a concédé tous les principes et s'est
borné à plaider la nécessité, la force _ma-
jeure, l'urgence. Lorsque le gouvernement
a appelé les troupes de l'Inde, y avait-il
oui ou non cas d'urgence et, comme di-
sent les Anglais, oa~y<~ey ? tout est là
C'est sur ce point qu'a pivoté la discus-
sion. S'il y avait urgence force majeure,
absolue nécessité, là Couronne a pu, y
sans outrepasser sa prérogative, iaire
venir les troupes de l'Inde. Le ministère
a plaidé aussi la nécessité du secret.
Le secret est souvent un des élémens
les plus essentiels du succès. Lé gou-
vernement, en somme, ne méconnaît
aucun principe, mais il ne faut pas mé-
connaître non plus ce que sa résolu-
tion, tells qu'il l'a exécutée, a eu de
ferme, d'énergique, d'imposant et d'efS-
cace. Ainsi l'Opposition n'a pas attaqué
le gouvernement dans sa conduite, mais
dans le point de départ de cette conduite.
Le gouvernement, à son tour, n'a pas
attaqué l'Opposition dans ses doctri-
nes; il s'est borné à montrer que
sa conduite avait été impérieusement
dictée par les circonstances. La bataille a
été brillante comme une parade; on ne
s'est pas abordé corps à corps. L'Opposi-
tion savait bien qu'elle n'avait pas la ma-
jorité, et elle ne voulait, comme nous l'a-
vens dit, que prendre des positions et re-
lever quelques griefs pour plus tard. Elle
ne veut pas qu'on lui reproche de s'être
tue au moment où les événemens se
sont accomplis, et elle a parlé pour
prendre date et interrompre la prescription.
Elle a manœuvré avee adresse. Le mar-
quis de Hartington a montré une fois
de plus les qualités d'un excellent J
partie. Les discours de M. Roebuck, un
libéral indépendant qui, depuis le début j
de la criseoricntale, a soutenule gouverne-
ment, ceuxsurtoutdesir StaSbrdNorth-
cote e.t de M. Cross, ministre de l'intérieur, j
auraient décidé du succès si ce succès n'a-
vait pas été certain d'avance. Le gouverne-
ment a montré d'ailleurs, par son attitude
et son langage, qu'il était sûr d'avoir avec
lui non seulement la majorité de la
Chambre, mais l'opinion du pays. Le vote
d'hier l'a encouragé et soutenu dans la
voie où il est entré.
jtOURSB M8 MJM~
Oiètttfe' M 23 t4 24 «mtt~é. N~tMw
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Fimcdnr. ~4212 T447i2 SJ.
Ai/«/e.
ComptMm0365.i03.8S J
Comptante 95 .iC9~0.M r_
FtndoarilO 2~2109921/2 .i0.
PBMTB BOCRSB DU SOm.
Emprunt S 0/0. 110 &. 2S, 26 i/ 07 i/2, 10.
30/0. ~û'.63.
50/0 tuce. 9tF.70,80.
EgypHeimea 6-0/0.. 208tr.'?S.2ilfr.2S,209ff.
37~/2, 208 fr. 78.
Chemins égyptiens. 325 fr., 323 fr. 75.
Banque ottomane.. 370 fr.. 372 fr. 50, 37t ff. 25,
370 fr.
Florins (or). 601/8,60,8915~6
Ext~'esp~nole.. i27/8,l3/i6.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
a Vienne, le 24 mai, S h. soir.
s La réunion très prochaine du Congrès
parait assurée.
o Les dispositions assez conciliantes que la
Russie montre envers l'Autriche s'expliquent
par ie manque d'une entente complète entre
b première de ces puissances et l'Angleterre.
Les réclamations de l'Autriche peuvent se
résumer ainsi
B Réduction des frontières et modincation
du système administratif proposé pour la But-
garie l'absence de tout sentiment d'unité
nationale dans cette province permettant d'ar-
river à une ententesur la part d'influence que
l'Autriche et la Russie voudront s'y réserver.
Les compensations pour la Serbie seront rédui-
tes au mmimum. Le Monténégro devra se con-
tenter de Bojana et Spitza. Les forteresses tur-
ques ne peuvent rester au pouvoir des Rus-
ses. La question de la rétrocession delà
Bessarabie trouvera sa solution dans une nou-
velle délimitation de frontières entre les pays s
limitrophes. Le rapatriement des réfugiés
aura lieu do la manière que je vous ai télé-
graphiée. En résumé non seulement les
points essentiels du traité do San-Stefanq
devront être changés, mais l'état de choses a
établir est diamétralement oppose à sces sti-
pulations. <
''tëM~fapMe pttT
(SetTice télégraphique de ragenceHav&t!.)
Saint-Pétersbourg, le 24 mai.
On. assure que les avis de Londres aont favo-
rab!es et que la réunion du Congrès est désor-
mais probable. e
Londres, le 24 mai.
Un conseil de cabinet a été tenu aujourd'hui.
Matte, te 24 mai.
Lès transports 6'
jourd'hui, venant de Bombay.
Bncharest, le 24 mai.
Là Chambre a voté un crédit de 2'if.0"0 fr.
pour des achats de chevaux, et un crédit de
MO.OOO fr. pour l'habillement des troupes en
Campagne.
Cohstantinoplë, le 24 mai.
Depuis l'anaire du palais de Tchéràgan. les
ministres se réunissent presque quotidiennement
sous la présidence du Sultan.
Les Russes paraissent vouloir éviter actuelle-
ment toute complication. On croit qu'ils n'enga-
geront pas là )utte avec les Lazes qui se mas-
sent autour de Batoum.
Cohstantinople, le 23 mai, soir.
La Porte a demandé quelles Russes campés
dans les environs de Constantinople fixent une
ligne formelte de démarcation.
De nombreux documens importans ont été brû-
tes dans l'incendie d'hier.
Le bruit, court même qua le texte original du
traité de San-Stefano serait au nombre des do-
cumens perdus.
Constantinople, le 24 mai.
A la suite de l'aS'aire de Tchéràgan, le journal
turc le .BaMM'~ a été susp endu, et le directeur
emprisonné.
Les commissaires turcs qui ont ét& envoyés
dans i
tinde.
De nouvelles troupes russes venant de Roddsto
sont arrivées à San-Stefano.
Plusieurs navires do guerre turcs qui croisaient
en Thessatie et en Crète sont revenus à Constan-
tinople.
Constantinople, le 24 mai.
Le grand-vizirat et le ministère des affaires
étrangères yont être transférés dans un local dé-
pendant de la Chambre des Députés.
Un meuve! ordre du jour du général Totifben
interdit aux officiers russes d'aller à Constanti-
nople.
Le Caire, le 24 mai.
Deux navires, portant l.OM Gorkhas et '!0 cho-
vaux, sont entrés hier dans le canal de Suez.
Anémone.
Berlin,Ie24mal,soir.
~!<< A la seconde lecture du projet de
!oi < contre !es excès de la démocratie socia-
Jiste~, la Chambre rejette par 257 voix contre
S? l'article i" du projet gouvernemental
M. Hon'mann, président de Ia~ chancellerie. dé-
clare que le gouvernement n'insiste pas pour
que les autres articles soient discutés.
Au cours des débats, M. Hoffmann s'est dé-
fendu contre l'Interprétation donnée à ses décla-
rations d'hier au sujet du concours a espérer de
l'Eglise contre le socialisme. Il n'a voulu parler
que de l'Eglise, qui respecte l'autorité do 1 Etat.
En combattant comme eUel'a fait contre la ci-
vilisation. l'Eglise catholique a autant contribué
à l'aHuiblissement de l'autorité de l'Etat que la
démocratie socialiste.
Le feld-maréchal de Moitié, faisant, allusion a
la Commune de Paris, a élément parte en fa-
veur du projet de loi. Il a dtt que, bien que l'Etat
soit assez fort pour combattre par les armes
les excès de la démocratie socialiste, ii ne peut
cependant, par ce moyen, écarter qu'un péril mo-
mentané. Les moyens légaux, plus lents, peuvent
seuls {tuérir le mal.
Le ministre saxon, M. de, Nostttz, a déclaré
inexacte l'assertion de M. Lasker qui avait pré-
tendu qu'aux, dernières éteotions le gouverne-
ment saxon avait favorisé les socialistes au dé-
trimentdesiibéraux.
Ce soir, clôture de la session.
Dans une séance tenue ce soir parle Reichstag,
M. le ministre Hoffmann a donné lecture d'uu
Message impérial déclarant close la session du
Reichstag 1
L'AssemMée s'est séparée au cri trois fols répété
de :
Il est à craindre que la Chambre des
Députés et ses commissions se soient
fourvoyées dans la. question des tarifs de
douane et des traités de commerce. Voilà
dix-huit ans que la France est sous un
régime économique dont on ne peut dire
vraiment, sans une inexcusable légè-
reté, qu'il l'ait appauvrie. Dix-huit ans,
c'est bien quelque chose, n'est-ce pas?
même dans la vie d'un peuple. Au bout
de ce temps, on doit être éclairé sur les
mérites et les inconvéniens d'un système
de douanes. Voilà en outre huit années,
depuis le printemps de 1870, que l'on dis-
cute à perte de vue sur le renouvelle-
ment des traités de commerce sans ja-
mais aboutir à rien de définitif et de stable.
D'où viennent ces indécisions prolongées,
cette incapacité à rien résoudre, cette
impuissance à prendre un parti quelcon-
que ? La principale cause en est à l'inex-
périence de nos législateurs qui sont
pleins des meilleures intentions, mais qui
manquent, sur ce sujet, de lumières, de
doctrine, et même de confiance en eux-
mêmes.
Ils croient n'être pas assez éclairés
quand ils n'auraient qu'à ouvrir les
yeux pour voir que le régime de 1860
n'a pas couvert le pays de ruines. Au
lieu d'étudier les résultats généraux qui<
sont palpables pour tout le monde, ils se
lancent dans d'inextricables enquêtes
vingt fois faites et refaites, et qui, comme;
toujours, n'aboutissent qu'à la confusion
des langues. Ils composent les commis-
sions d'enquête de telle façon que les re-
présentans de deux ou trois indus-
tries en forment l'élément principal:
principal par le nombre, principal par
l'activité, principal aussi, par le parti-pris
et l'obstination. Ce n'est pas cependant de
cette façon que les Chambres ont l'habi-
tude de procéder en d'autres matières.
Supposons, en effet, qu'il s'agisse de faire
une enquête sur le régime des chemins de
fer, on nes'avisera. pas défaire siéger
dans cette commission tous les adminis-
trateurs de Compagnies de chemins de fer
qui sont membres de la Chambre. On se
dirait avec raison « Ces gens-là sont
spéciaux, il est vrai, et compétens; mais
ils ont un intérêt personnel, et ils vont,
& coup sûr, réclamer des augmentations
de tarifs et d'autres mesures contraires
à l'intérêt général. ? » Eh bien com-
ment se fait-il que l'on ne fasse pas
les mêmes réflexions pour les com-
missions qui sont chargées de réviser
le tarif général des douanes et les traités
L de commerce? Avant d'y faire entrer les
tournées de représentans dé deux ou trois
industries, comment personne ne fait-il
cette réflexion judicieuse ettopique «Ces
hommes-là sont spéciaux, mais ils ont un
intérêt particulier, et ils vont certainement
demander des augmentations de tarifs et
d'autres mesures contraires à l'intérêt gé-
néral? H N'y a-t-il pas une complète iden-
tité entre les deux cas? Comment se fait-
il donc que la Chambre ait, pour la for-
mation de ses commissions, une règle de
conduite ditïerente dans l'un et dans
l'autre?
Nous disions tout à l'heure qu'il n'y
avait qu'à ouvrir les yeux pour voir que
le régime de 1860 n~a pas couvert la
France de ruines. Faut-il faire la démons-
tration de cette vérité? Faut-il insister
sur la richesse devenue. proverbiale de
notre pays, sur la facilité avec laquelle
en quelques années nos 7 ou 8 milliards
d'emprunt ont été absorbés, classés dans
de bons portefeuilles d'o~ ils ne sortent
plus, ce qui est évidemment une preuve
que le pays n'est pas dans la misère, qu'il
jouit d'une bonne aisance? Les indices
de ce développement inouï de prospérité
depuis vingt ans abondent dans les docu-
mens ofnciels.Lës faits les plus incontesta-
bles en témoignent. M. Léon Say, qui pen-
dant ses divers ministères a multiplié les
publications statistiques, nous afourni tous
les élémens d'une démonstration en règle.
Ainsi, voici les déclarations successorales
pour la perception de l'impôt; il n'y a pas
de meilleur symptôme de la progression
de la richesse publique, car le capital des
successions est naturellement proportion-
nel au capital total de la nation. Eh bien!
de 1860 à 1874, c'est-à-dire depuis le
nouveau régime économique, les valeurs
déclarées dans les successions ont haussé
de 60 0/0 elles ont passé de 1 milliard
72. millions dans la' première de ces
années, à 2 milliards 803 millions dans
la seconde et ce n'est pas à une augmen-
tation de la mortalité qu'est dû ce progrès,
car l'année '1874 a été très clémente pour
les humains et n'a fourni qu'un chiffre
très modéré de décès. La seule cause de
ce rapide accroissement, c'est le dévelop-
pement de la prospérité générale. Ne
croyez pas que l'augmentation des valeurs
déclarées dans les successions ait été
aussi grande dans la période antérieure à
1860; elle a été beaucoup plus faible. Dans
Ja période de quatorze ans qui a précédé
le traité de commerce, de 1846 à 1860, les
déclarations successorales sont montées
de 1 milliard 351 millions de francs à
1 milliard 722 millions; c'est un accrois-
sement de 371 millions, soit de 29 0/0 en-
viron. Àinsi,dans les quatorze années qui
précèdent le traité de commerce, la ri-
chesse publique, évaluée d'après les dé-
clarations successorales, ne s'est accrue
que de 29 0/0, et' dans les quatorze années
qui suivent le traité, le progrès a été de
60 0/0.
Voilà comment les traités de commerce
qui nous régissent depuis dix-huit ans ont
ruiné la France. Soutiendra-t-on que la
richesse publique eût pu prendre un aussi
magnifique développement si notre régime
économique était aussi mauvais que le pré-
tendent un certain nombre de dateurs de
coton et de métallurgistes? Notez que les
statistiques que nous invoquons sont de
la plus grande précision, qu'elles ne sont
exposées à aucune chance d'erreur,
qu'elles portent sur des faits constans,
véri6és un à un, qu'elles sont impartiales
puisqu'elles n'ont pas été faites pour sou-
tenir une thèse, et que nous sommes le
premier qui en ait tiré un argument en
l'honneur du régime économique libéral.
Faut-il parler aussi des plus-values des
impôts? Lisez donc les discours que fai-
saient il y a quelques semaines MM. Gam-
betta et Germain dans les bureaux de la
Chambre lors de l'élection de la commis-
sion du budget. L'un et l'autre insistaient
sur les constantes plus-values d'impôts
mais d'où viennent ces plus-values? com-
ment les expliquer? Si le pays est ruiné
par les traités de commerce, quelle est la
cause mystérieuse qui les produit? Ce
n'est pas la population qui augmente en
France; on ne travaille pas plus que ja-
d~s~ la durée de la journée est même plu-
tôt diminuée, et c'est un bien, car l'homme
n'est pas une bête de somme qui doive
être constamment courbée sur sa tâche;
il a droit à des loisirs. Eh bien vraiment,
est-ce que le produit des impôts augmen-
terait sans interruption depuis dix-huit
ans si le régime économique de la France J
était détestable? C'est un proverbe vul-
gaire que c'est aux fruits qu'on reconnaît,
et qu'on juge l'arbre. ]
Il y a quelques jours, un savant illustre, n
qui est aussi un homme pratique puis-
qu'il a été plusieurs fois ministre des
nuances, M. HippolytePassy, présentait à
l'Académie des Sciences morales et politi-
ques des Diagrammes dus à notre collabo-
rateur M. de Malarce, et montrant les
moiïvëmeM annuels des Caisses d'épargne
françaises depuis 1634~ M. Passy faisait re-
marquer « l'accroissement extraordmaire,
a sans précédent, du stock des Caisses
t ? d'épargne dana ces trois dernières an-
a nées, et du nombre dea déposans,
H accru de 2,100,000 à plus de 3 mil-
c lion?. M Sans doute, il y a des causes
particulières qui expliquent en partie ce
développement: on a créé des bureaux
auxiliaires, des caisses scolaires on à
d 'nné plus de iacilités au public.Mais n'est-
il pas évident que si le pays était ruiné
par le régime économique existant, les
Caisses d'épargne ne regorgeraient pas cha-
que jour davantage des économies popu-
laires ? Il faudrait que la France fût un
pays étrange si, en se ruinant, elle pré-
sentait tous les indices de la plus splen-
d'de prospérité.
C'est sur ces grands faits généraux que
nous voudrions voir la Chambre et. ses
commissions fixer leur attention ils lui
en apprendraient plus sur la valeur du
régime économique .actuel que le chaos
des dépositions qu'elles provoquent et
où elles s'embarrassent. Elles convo-
quent les industriels à venir disserter de-
vant elle sur les tarifs qu'ils vou-
draient voir imposer au pays; naturelle-
ment, chacun en ce qui le concerne ré-
clame une augmentation jle droits: il est
si doux de se préserver de la concurrence! 1
On discute à perte de vue sur ce qu'on
appelle les prix de revient mais qu'y a-
t-il de plus variable, de plus impossible à
déterminer qu'un prix de revient? Puis,
quel prix de revient prendra-t-on? Celui
des maisons situées dans les conditions
les plus défavorables, ou une sorte de
prix de relent moyen qui est un mythe
insaisissable?
Au milieu de cette œuvre inextricable,
les commissions parlementaires et la
Chambre perdent absolument de vue et
risquent de compromettre le véritable in-
térêt français, intérêt essentiel, perma-
nent, vital, celui de nos exportations. Nous
voudrions que l'on écrivît en lettres d'or,
dans la salle où siège la commission des
tarifs, les deux lignes suivantes K La
H France exporte pour deux milliards
d'articles manufacturés nationaux elle
H importe pour quatre cent cinquante
M millions d'articles manufacturés étran-
gers. » Oui, ces deux lignes devraient
être écrites en lettres d'or, de ma-
nière à sauter aux yeux de tous les
membres de la commission qui semblent t
ne pas connaître cette -vérité ou ne s'en
soucier guère. Personne ne conteste,
n'est-ce pas ? que nos exportations d'ob-
jets fabriqués s'élèvent à 2 milliards de
francs~ et personne ne prétend que nos
importations d'articles manufacturés
dépassent 450 ou 500 millions de francs?
Comment se fait-il donc qu'on ne tire pas
de ce rapprochement la conclusion prati-
que qu'il comporte? Cette conclusion est
d'unie évidente clarté la voici La France
a un bien plus grand intérêt à conserver
au dehors des débouchés pour les 2 mil-
liards ~d'objets fabriqués qu'elle exporte
qu'à diminuer dans une proportion quel-
conque le chiure des 450 millions d'objets
fabriqués qu'elle importe.
La commission des tarifs a entendu des
manufacturiers, des filateurs de Rouen
qui lui ont dit qu'ils n'attachaient pas
d'importance à l'exportation. Il est fort
possible, en eSet, que les filateurs rouen-
nais n'attachent à l'exportation aucune
importance; mais est-ce que la Chambre
des Députés a le droit de ne pas se
soucier d'une exportation qui monte
à 2 milliards, qui est une des grandes
forces de la France, une des principales
ressources de notre pays, qui a permis
de payer notre indemnité de guerre ? Que
deviendrait la France le jour où nos ex-
portations d'objets fabriqués seraient ré-
duites de moitié ou même seulement d'un
quart, le jour où toute la production ma-
nufacturière du paya refluerait sur le
marché intérieur? Ce serait un bien autre
encombrement que celui dont on se plaint
aujourd'hui.
Or, quand on demande de relever les
tarifs de douane, ou même seulement
quand on s'oppose à l'abaissement néces- j
saire de certains droits aujourd'hui exor-
bitans comme ceux sur la fonte, le fer et
sur les ûtés de coton, quand surtout on
combat le régime des traités de com-
merce et la clause de la nation la plus
iavorisée, que fait-on en réalité? Qns'at-
taque à notre exportation, on demande
que la France perde tous ses marchés du ]
dehors qu'elle soit exposée sans défense ]
à toutes les représailles des pays étrangers. <
Y a-t-il Conduite plus absurde et plus <
antipatriotique ? Cette exportation d'ob- <
jets fabriqués, notre gloire et notre sa- <
lut, les dateurs de Rouen et de Lille (
veulent que nous y renoncions, puisqu'ils É
ne veulent plus de traités de commerce; 1
et il se trouve deô hommes à intentions 1
très* droites qui ne s'aperçoivent pas de
la monstruosité de ces prétentions. i
On a cherché dans ces derniers temps à E
user d'un procédé qui est très regretta- i
Me, celui de convoquer des meetings Q
d'ouvriers et d'y proposer des motions (
économiques. Les ouvriers d'abord ne sont i
pas, pour la plupart, assez éclairés pour (.
être de bons juges en pareille matière. e
Mais, en outre, c'est là jouer avec le feu. ï
Puis, si l'on provoque à Rouen des mee- t
tings populaires en faveur de la pro-
tectfoïl) pourquoi n'org&nisefait-on pas
Lyon, à Tarare., à Saint-Chamond'
des meetings populaires en faveur de'
la liberté commerciale? A-t-on oublié
que c'est Lyon qui a éprouve le premier*
et le plus gravement les atteintes de
crise commerciale actuelle~ Lyon et toute
sa région seraient ruinés, absolument
ruinés si l'on renonçait au régime des
traités de commerce et si l'on faisait de la
réaction économique. Or, si les fabricans
de Lyon ont assez de bon sens pour ne
pas provoquer une agitation ouvrière, il
faut leur en savoir gré.
Nous espérons que la Chambre et ses
commissions s'apercevront qu'elles so~
entrées dans une voie dangereuse et
sans issue; elles se rendront compte
que, si elles veulent aboutir & un ré~
sultat pratique, ce sont les grands faits~' t
économiques généraux qu'il faut consul-
ter ces faits sont palpables, ils té-
moighent tous de là prospérité qu'à
valu a la France/Ié traité de 1860. Un
article paru H y a une huitaine de
jours dans Ja ~M~Me /~aM~Me for-
mulait un programme économique libé-
ral qui est peut-être un peu trop timide~
dans l'application, mais qui mérite d'être
approuvé au milieu des tentatives incon- `
sidérées de réaction auxquelles nous assis-
tons. Si notre pays subit depuis quelque
temps les eSëts de la crise commerciale
universelle, il en souore beaucoup moins
que tous ses voisins, moins que l'Angle-
terre, moins que l'Allemagne, moins
que les Etats-Unis. Ces souffrances pas-
sagères peuvent être une raison pour
mettre des ménagemens et des dé-
lais dans les réductions de tarifs
mais elles n'excuseraient pas un re-
lèvement des droits, car ce serait sacri-
8er à deux ou trois industries, celles de
la filature et de la métallurgie, les intérêts
beaucoup plus importans et plus sacrés,
non seulement des consommateurs, mais
de l'ensemble des industries diverses, et
notamment de nos industries d'exporta-
tion.
Silà Chambre a quelque prévoyance,
elle doit se hâter de sortir du provisoire
où nous sommes et conclure des traités'de
commerce dé6nitifs avec tous les pays. Elle
doit ratiSer d'abord celui avec l'Italie, quoi-
qu'il soit défectueux sur plus d'un point et
qu'il ne soit pas rédigé dans un sens assez
libéral. Elle doit contracter des conven-
tions commerciales avec la Roumanie et
tous les autres petits Etats qui sortiront
de l'empire turc, afin de ne pas perdre d'im-
portans marchés d'exportation. Elle doit.
négocier les bases d'un traité de com-
merce avec Jes Etats-Unis d'Amérique.
Dans toutes ces conventions elle doit
insérer la clause de la nation la plus favo-
risée, parce que cette formule est absolu-
ment nécessaire pour sauvegarder nos
exportations contre des droits dioeren-
tiels tels que ceux qu'a établis l'Espa-
gne l'an dernier. Si dans un bref délai
tous ces traités de commerce ne sont pas
conclus ou renouvelés dans ces conditions
tibérales, la France peut être exposée à une
crise économique effroyable parce qu'elle
peut perdre un à un tous ses débouchés
extérieurs. Que les commissions parlemen-
taires et la Chambre abandonnent le point
de vue étroit où elles se sont tenues jus-
qu'ici, et qu'elles se placent au point de
vue de l'exportation. Nous exportons pour
2 milliards d'objets fabriqués, nous n'en
importons que pour 4SO millions. Il est
donc clair que l'intérêt national, c'est d'a-
bord de sauvegarder nos exportations
d'articles manufacturés.
PAULLEROY-BEAULIEU.
On nous écrit de 'Versailles (Sénat)
projet de loi concernant l'aliénation des va-
leurs mobilières qui appartiennent aux mi-
neurs ou aux interdits. et la conversion de
ces valeurs en titres au porteur.
B Nous avons exposé, en rendant compte
de la première délibération (i), l'objet de
ce projet de loi qui étend aux valeurs mo-
bilières possédées par les incapables les
prescriptions tutélaires que. le Code civil
avait édictées en faveur des seuls biens immo-
biliers. C'est là une question purement juridi-
que, dont la discussion môme ne peut pas être
très facilement suivies! l'ouest étranger à la
connaissance du droit, mais qui touche aux
plus sérieux intérêts de la vie civile, et à cette
matières! délicate de la tutelle. Ajoutons
que cette discussion était éclairée et ren-
due presque attrayante par l'intervention de
M. Jules Favre et du rapporteur M. Denor-
mandie, qui ont tour à tour et longuement oc-
cupé la tribune.C'est la supériorité du Sénat
que ces débats où il se rencontre toujours des
orateurs d'une éloquence et d'une expérience
consommées, et nous avons souvent entendu
dire au sorti'' de séances telles que la séance
d'aujourd'hui que, si le Sénat a mérité par-
fois des critiques pour certainsvotes,il se fait
beaucoup d'honneur par là dignité et par
l'excellence de ses discussions.
s M. de Gavardie a pris le premier la pa-
role contre le projet de loi. La législation
existante parait sufnsante à M. de Gavardie;
il demande le renvoi du projet à la commis-
sion afin qu'elle ouvre une sorte d'enquête
où les Cours d'appel seront consultées. Le
président de la commission, M. Xavier Blanc, `
lui a répondu, et le Sénat, s'étant prononcé
contre le renvoi, a abordé l'article i"\ La
encore M. de Gavardie intervenait, repre-
nant un amendement qui avait échoué en
première lecture, et qui tend à exempter
(~ Voir ? ~wm~ <%? D~a~au.s mM aenuar.
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