Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-05-08
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Description : 08 mai 1878 08 mai 1878
Description : 1878/05/08. 1878/05/08.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÉDITION DE PARIS.
MERCREDI 8 MAI
1878.
MERCREDI 8 MAI
̃•.̃ 1818.
dOIJRN~L DES DEBATS
ON S'ABONNE
tae des Pr~6res-Ssint-Germain-l'Auaérrois, il.
PRIX DE ~.w~®w~ar
Un an. Six mois. Trois mois
Départèmens, 80 fr.. 40 fr. 20 fr.
taris 72 fr. 36 fr. 18 fir.
mm aoonnemens parient aes i« et 16 a«
chaque mois.
ON .'S'ÀBG&NB
en Belgique, en Italie,
dans le Luxembeurg, en Turquie,
•n Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en. Chine et au Japon
f*a moyen d'une valeur payable à Paris ou d«'
Mandats-poste, soit internationaux, soit françai*
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
fiiez .tous les directeurs de postes; :t
et dans tous les autres pays,
fu l'envoi d'une valeur payable à PmI». •
POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
Paris, ̃«"» numéro «« eeat*
©éparterasens, un pnméro. 99 cent*
In London, apply to Cowle and C», foreisn
newspapers office, 17, Gresham street, G. P. O.;
Mm. fSéïimy, Davlca et C«, 1, Finch lane Cornhill,
E. C. London: B2SS. W.-BL 8mUb et (Son,
186, Strand, W. C, London.
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Madeleine, dans les kiosques et dans les bi-
bliothèques des gares de chemins de fer belses.
A Valparaiso (Chili), chez M. Qrestes L. Tornero.
Les annoncés sont reçues ,1
eh es MM. {Pauchey, TLt&tttQ et C»
8, place de la Bourse, •̃;
et 'au bureau du 3®VWÙSJULt
tlissdoïTenttoujours être agréées par la rédaotlo».
PARIS
MARDI 7 MAI
II faut répondre encore et une lois pour
toutes aux reproches que certains jour-
naux nous adressent, d'engager et de
compromettre par nos polémiques la po-
litique extérieure du gouvernement. L'ac-
cusation a fait quelque chemin dans le
monde, et quoi d'étonnant ? Il y a aujour-
d'hui une telle confusion dans les esprits
et une telle ignorance des principes du
droit des gens qu'on ne laisse pas
de produire quelque effet avec des rai-
sonncmens comme celui-ci Le gouverne-
ment français doit-il garder oui ou non la
neutralité? Si vous dites oui, et qui ose-
rait dire non? –vous êtes obligés, simples
particuliers ou publicistes que vous êtes,
de conformer scrupuleusement votre atti-
tude et votre langage à la politique que
vous conseillez. C'est un devoir absolu, et
auquel on ne saurait manquer sans encou-
rir une grave responsabilité. Et aussi-
tôt, les bonnes gens de s'écrier: Mais en
effet, puisqu'on veut que le gouvernement
soit neutre, il faut rester neutre soi-même
Nous le répétons, il y a là une étrange
confusion d'idées qui aboutit à une con-
fusion de mots presque ridicule. L'i-
dée et le terme de neutralité appar-
tiennent strictement au droit des gens; ils
s'appliquent donc seulement aux Etats,
aux gouvernemens et à leurs organes,
mais ne peuvent aucunement être trans-
portés dans le domaine du droit privé,
où s'exercent les libertés individuelles.
Un Etat est neutre ou il est belligérant;
mais ces mêmes mots appliqués à un
particulier ou à un journal ne signifient
plus rien du tout; comme il n'y a pas
de particuliers ou dejournaux belligérans,
Une peut pas yen avoir de neutres. Y a-t-il
•rien au monde de plus plaisant que la
sommation qu'on nous adresse de rester
neutres entre l'Angleterre et la Russie ?
Quels rapports pouvons-nous avoir, sim-
ple journal que nous sommes, avec la
neutralité qui est une manière d'être de
l'Etat et, ajoutons-le, la règle de con-
duite de notre gouvernement? On rougit
d'être obligé de faire ces distinctions élé-
mentaires, et surtout d'avoir à les adres-
ser à des gens instruits, éclairés, ordi-
nairement plus judicieux, mais qui pour
ïe moment semblent avoir perdu l'équi-
libre de leurs facultés.
La neutralité d'un Etat engage les ac-
tes et les paroles du gouvernement et de
ses agens, oblige même le gouvernement
à empêcher et à réprimer les actes d'hos-
tilité directe préparés ou .commis par des
particuliers; mais elle n'enchaîne pas
et ne peut pas enchaîner le jugement,
les opinions des particuliers et leur libre
expression par la parole ou par la presse.
Supposer le contraire, vouloir que le gou-
vernement réponde des opinions et des
paroles des particuliers, et réciproquement,
̃ que les opinions et les paroles des parti-
culiers engagent le gouvernement, ce se-
rait détruire toute liberté. Un Etat peut
être amené à adopter la neutralité par des,
considérations de force majeure; mais il ne
s'ensuit nullement que de simples ci-
toyens doivent pour cela faire le sacrifice
de leur liberté de pensée et conformer
chacune de leurs paroles à la politique
officielle. Dans un pays neutre, où existe
la liberté de la presse, les journaux usent
de cette liberté comme ils l'enten-
dent, sans que personne au dehors puisse
faire remonter jusqu'au gouvernement la
"responsabilité de leurs polémiques. Dans
un pays neutre, si les lois autorisent les
réunions publiques et les meetings, ces
meetings peuvent se former, discuter,
déclamer et se prononcer les uns pour
la paix, les autres pour la guerre, sans
que le gouvernement soit le moins du
monde solidaire de leurs résolutions.
On donne même souvent à la neutralité
<|u gouvernement et de ses représentans
une interprétation assez large. Ainsi, la
Russie est restée officiellement neutre
pendant la guerre de 1870-71, ce qui n'a pas
jempêché l'empereur Alexandre II de mani-
fester hautement ses sympathies à la
;Prusse, de féliciter l'empereur Guillaume
et ses généraux de leurs victoires, d'ac-
corder à .quelques uns de ces derniers
le rang de feld-maréchal russe, de faire
inscrire les noms du priuce Frédéric-
Charles et du général de Moltke en
lettres d'or sur la table d'honneur de
l'armée russe. Nous rappelons seulement
pour mémoire qu'en Russie, où la liberté
de la presse n'existe pas véritablement,
une partie des journaux prenait, à cette
époque, ouvertement parti pour les
Allemands. Lors donc qu'on veut nous
enjoindre, à nous journal, de conserver
une exacte neutralité dans les affaires
d'Orient, nous avouons ne pas com-
prendre ce qu'on veut dire. Le mot de
neutralité ne s'applique pas à l'opinion.
Etre neutre en opinion, c'est n'en pas
avoir. Or, on ne peut imposer à personne
l'obligation de n'avoir pas d'opinion. Ah! 1
si l'on nous disait que notre politique est
mauvaise si l'on nous reprochait de man-
quer de tact, de mesure, de jugement,
cela aurait un sens, et nous pourrions
nous défendre. Mais c'est précisément ce
qu'on ne veut pas. Au reste, en fait de 'e
convenance et de tact, chacun est juge
même dans sa propre cause, et si l'on
prouve que nous manquons de ces quali-
tes, nous eommes libres d'aVoir-I èpîmcm-
contraire. Qui décidera entre\i05L>adve:fr-
saires et nous? Où est le critérm^ijft^.
lible ? Il n'y en a pas. Voilà pourqu*trt""Ôn
nous jette à la face ce qu'on nous
permettra d'appeler une énormité, à
savoir que nous devons rester neutres
comme le gouvernement. La France est
neutre en conséquence, nous n'avons pas
le droit de dire que, dans leurdiscussion
actuelle, la Russie à tort, selon nous, et
l'Angleterre a raison.
Jusqu'ici nos adversaires se bornent à
confondre les idées et les mots; mais ils
vont plus loin La responsabilité de nos
articles, que personne à l'étranger n'au-
rait l'idée d'imputer au ministère, Us n'hé-
sitent pas à l'invoquer contre lui. Nous
défendons, dans la politique- intérieure, le
cabinet actuel cela suffit pour qu'on
soupçonne ce ministère d'être d^accord
avec nous dans la politique extérieure. De
là à soupçonner le ministère d'avoir l'ar-
rière-pensée de sortir un jour de la neu-
tralité, il n'y a qu'un pas, et ce pas on le
franchit avec une légèreté d'esprit et de
cœur qui a été rarement égalée dans l'his-
toire. L'Opposition est heureuse de pou-
voir dénoncer à l'Europe les projets se-
crets du gouvernement; nous lui en fai-
sons nos complimens sincères. Il n'y a
qu'un malheur c'est qu'il s'en faut de
beaucoup que tous les journaux républi-
cains, tous les journaux qui défendent le
ministère partagent nos opinions .sur les
affaires d'Orient. Il est commode de dire la
République française et le Journal des
Débats sont de tel avis, donc c'est l'avis
du ministère. Permettez vous nous
faites plus d'honneur que nous n'en mé-
ritons en résumant en nous seuls toute
la presse républicaine. Il y a un journal
très connu qui s'appelle le Temps. N'est-ce
pas un journal républicain? N'aime-t-il
pas autant que nous le gouvernement et
le ministère? Pourtant, sa politique exté-
rieure diffère assez sensiblement de la
nôtre, et il observe précisément, au ris-
que d'y perdre tout accent personnel et
de laisser ses lecteurs dans l'ignorance
sur ce qu'il est et sur ce qu'il veut, il ob-
serve ces règles de pradence et de modé-
ration auxquelles nous manquons si sou-
vent. Il y a encore un journal républicain
qui a fait tout récemment assez de bruit
pour ne point passer inaperçu, et qui
s'appelle la France. Parmi tous ceux qui
ont combattu le 16 mai, qui ont préparé
les voies au ministère et qui le sou-
tiennent aujourd'hui, ce journal tient à
coup sûr une place considérable. Est-
il d'accord avec nous .sur la question d'O-
rient ? Il met plus d'ardeur et plus de vé-
hémence à soutenir les prétentions de la
Russie "que nous n'en mettons à justifier
celles de l'Angleterre. Le Nord et le
Journal de Saint-Pétersbourg pâlissent à
côté de lui! Nous pourrions continuer
longuement cette revue des journaux ré-
publicains que trouverions-nous ? chez-
chacun une idée ou une nuance d'idée
différente, chez tous une indépendance
égale et complète. Pourquoi donc attri-
buer au ministère notre politique person-
nelle, au lieu de lui attribuer celle de la
France, ou encore celle du Temps ? S'il
est responsable de l'une, pourquoi ne le
serait-il pas de l'autre ou des autres ? Il
faudra donc que le ministère soit anglais
avec nous, russe avec la France, et nous ne
savons quoi avec le Temps! Il y en a pour
tous les goûts Comment ne voit-on pas
que, par le bénéfice naturel de nos mœurs
et de nos lois devenues plus libérales, ces
reproches s'annihilent mutuellement, et
que la liberté des journaux est la meil-
leure garantie de celle du gouvernement
lui-même. Nous ne sommes pas dans le
secret de M. le ministre des affaires étran-
gères mais à sa -place nous serions en-
chantés de voir tous les systèmes se con-
tredire dans la presse. On ne sait jamais
par avance comment les choses doivent
tourner, et il est bon que tout soit dit et
soit répété chaque jour dans un sens
comme dans l'autre. Un ministre habile
et personnellement réservé ne peut que
profiter d'un semblable conflit d'opinions, `
et l'art de diriger la presse, si cet art
existe, ne saurait produire de meilleur
effet que le bon esprit de ne pas ̃ la diri-
ger et de lalaisser à ses inspirations diver-
ses. Regardez l'Allemagne nous avons
reproduit, un de ces derniers jours, quel-
ques passages saillans des journaux alle-
mands qui tous veulent passer pour offi-
cieux sont-ils d'accord entre eux? Loin
de là Et pense-t-on que M. de Bismarck
en soit fâché?
La presse réactionnaire, chez nous
après avoir confondu le ministère avec
quelques journaux qu'elle choisit arbitrai-
rement, va plus loin encore, et non con-
tente de nous dénoncer, puis de dénon-
cer le ministère, elle dénonce là France
elle-même parce que la France est répu-
blicaine. C'est le dernier terme de cette
intrigue dont toutes les parties se tien-
nent. Au fond, la colère de la réaction a
un motif unique. La politique que nous
avons soutenue a, malgré les divergences `
des journaux, gagné à nous une grande
partie de l'opinion. Cette politique a
été prise au sérieux et discutée dans
l'Europe entière, elle nous a valu quel-
ques sympathies. N'est-ce pas assez
pour expliquer les colères de l'Opposi-
tion ? Quoi! la France serait encore
quelque chose dans le monde, jnême
rÈbjtts la république Les puissances étran-
gères feraient attention à elle autrement
'que pour lui témoigner méfiance et mé-
pris. Le parti républicain ^aurait une poli-
tique Peu importe laquelle, il en aurait
une! Voilà ce qu'on ne saurait supporter.
Les coteries se révoltent à cette pensée,
et ce dernier cri des factions impuissantes
résume toute leur haine pour le gouver-
nement actuel. On oublie tout, on oublie
la patrie elle-même pour satisfaire ou `
pour venger des passions toujours arden-
tes ou des vanités douloureusement bles-
sées. La presse royaliste se distingue par
l'amertume de ses plaintes. La Gazette de
France écrit en toutes lettres que la répu-
blique c'est la guerre, et qu'elle Jie; peut
pas être autre chose Triste et malsaine
aberration d'un parti qui ne sait que se
battre et mourir, qui ne peut plus vivre,
qui est désolé de voir la vie déborder en
dehors de lui, et 'qui voudrait entraî-
ner l'univers dans son tombeau! Nous
avions vu les royalistes soutenir de sin-
gulières doctrines, faire de surprenantes
alliances, et, dans l'espoir de sauver leur
principe de prédilection, sacrifier tous les
principes sur lesquels les sociétés repo-
sent et tous les intérêts dont elles vivent
mais il faut remonter jusqu'à l'émigra-
tion pour les voir sacrifier délibérément
la France même à leurs rancunes. La
chaîne des temps se renoue, les fureurs
de nos pères s'expliquent par ce que nous
voyons. Il y a pourtant une grande diffé-
rence entre aujourd'hui et les temps plus
anciens. Ces tureurs patriotiques de nos
pères, nous ne les éprouvons pas, nous
n'avons que de la pitié pour les égare-
mens d'esprit des royalistes, et eux-mê-
mes n'émigrent plus Us sont trop bien
en France, sous l'égide de nos institu-
tions et de nos lois! Qu'ils en jouissent et
les maudissent à loisir
©OURSE DE PARIS
Cldture U 6. 1« 7 H»n»se. ©»îs««
«o/e
Comptant. 73 so .ff 73 25 25
Fin COUI. 7.3 50 73 3,2 ï 2 f/ }7 1 2
41/l«/» '̃'̃̃' •
Comptant 102 7$ ./» 103 25 .},
*o/o '̃ =̃, ̃
Comptant 109 S0 109 20 30
Fin COUT. 109 42 1/2 109 25 17 1 2
PKTITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt 8 0/0 109 fr. 30, 27 1/2, 30.
3 0/0 73 fr. 35.
Péruvien 6 0/0. 1» 3/8.
Egyptiennes 6 0/0.. 158 fr. 12, 188 7î>, 158 12 1/2.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
« Berlin, le 7 mai, soir.
» Depuis hier, c'est particulièrement du
côté de l'Egypte que se porte l'attention de
la presse et du public.
» Quant à ce qui se passe à Vienne, beau-
coup de gens pensent que le langage de la
presse autrichienne et les bruits quelle ré-
pand sont calculés en vue de faciliter au gou-
vernement la réalisation du crédit de 60 mil-
lions accepté par les Délégations, et auquel jte
vote des Chambres est nécessaire. Le gouver-
nement mettrait ainsi à profit l'occasion qui
s'offre à lui de créer un trésor de guerre à
l'instar de la Prusse.
» L'opinion qui domine dans le monde po-
litique est qu'il n'y a rien d'arrêté entre l'Au-
triche et la Russie, et que c'est bien sérieu-
sement que le comte Andrassy prend ses
précautions. »
Télégraphie privée.
{Service télégraphique de l'agence Havas.)
Cohstantinople le 7 mai.
Quelques troupes provenant de Varna sont
arrivées à Constantinople mais la question de
l'évacuation immédiate de Choumla, Varna et
Batoum n'est pas encore décidée, malgré les in-
stances russes.
Deux commissaires turcs ont été envoyés à
Batoum ils partiront vendredi prochain.
Les Russes occupent Livana et les environs de
Batoum, et de nouvelles troupes sont débarquées
à Bourgas.. 1
Les Russes restent à San-Stefano..
Chakir Pacha partira vers la fin de la semaine
pour Saint-Pétersbourg.
La Porte, a reçu des nouvelles des commissai-
res turcs à Philippopoli. D'après ces nouvelles,
l'insurrection des monts Rhodope n'est aucune-
ment apaisée. Londres, le 7-mai.
Le Times, commentant le voyage à Saint-Pé-
tersbourg du comte Schouvaloff, s'exprime ainsi
« Si le comte Schouvaloff parvient a bien faire
comprendre au cabinet russe les véritables vues
du gouvernement anglais et à le convaincre de
notre détermination à, maintenir ces vues, il ne
saurait manquer d'exercer une influence favorâ-
cle à la paix.
» Personne ne rêve lé rétablissement du gou-
vernement turc en Bulgarie, même sous la ga-
rantie des réformes prescrites par la Conférence
de Constantinople.
» La Russie peut à bon droit demander qu'en
beaucoup de points importans les résultats de la
guerre ne soient pas effacés mais elle ne devrait
pas faire de difficulté pour accepter des arrange-
mens qui n'enlèvent pas à l'Angleterre une légi-
time influence sur la Turquie.
» Nous n'accepterons aucun compromis sur la
question d'empêcher là prépondérance de la Rus-
sie sur la Turquie; mais nous sommes tout dis-
posés à écouter des propositions ayant pout but
la solution d'une question quelconque.
» En demandant que le traité en entier fùt sou-
mis au Congrès, nous ne sommes pas animés par
le désir d'annuler les victoires de la Russie sur
les points qui forment le but revendiqué par elle
au début de la guerre. »
Londres, le 7 mai.
Le Times publie les nouvelles suivantes
Saint-Pétersbourg, le 5. II y a des raisons de
croire que des questions de la plus haute impor-
tance vont être résolues dans le courant de la
semaine prochaine.
En attendant, l'opinion publique désire tous les
jours davantage une solution pacifique.
Bucharest, le 6. 500 prisonniers insurgés
viennent d'arriver, venant de Roùmélie.
Des officiers russes blessés évaluent le nombre
des insurgés musulmans à 45,000,
Constantinqple, le '6. Les Turcs soulèvent
toute une série de difficultés nouvelles, relative-
ment à l'évacuation des forteresses, en se basant
sur leur interprétation du traité de San-Stefano.
Saint-Pétersbourg, le 6 mai, soir.
Plusieurs journaux ont parlé d'une prochaine
élévation des droits sur les sels. D'après des in-
formations, ce bruit ne repose sur aucun fonde-
ment loin de là. le gouvernement a l'intention
de réduire ces droits.
Vienne, le 7 mai.
Le projet du gouvernement; relatif à un nou-
veau Compromis avec la Hongrie pour le paie-
ment de la dette de 80 millions à la Banque
nationale, a été renvoyé d'urgence ù une com-
mission.
Vienne, le 6 mai, soir.
Le gouvernement a communiqué au Club cons-
titutionnel des renseignemens sur les négocia-
ciations ayant trait au Compromis avec la Hon-
grie. Il a exposé la façon dont le différend avait
été aplani, grâce au bon vouloir des deux gou-
vernemens. Le gouvernement a ajouté qu'il con-
sidérait sa mission, en ce qui -concerne le Com-
promis, comme terminée. Il espère que le Reichs-
rath adoptera Je Compromis .dans son ensemble.
Les clauses qu'il renferme étant inséparables les
unes des autres, le rejet de telle ou telle d'entre
elles ferait avorter le Compromis tout entier.
Berlin, le 7 mai.
L'empereur et l'impératrice ont reçu hier le
général de Réutern, plénipotentiaire militaire de
Russie, qui était, dit-on, porteur d'une lettre au-
tographe de l'empereur Alexandre à l'empereur
Guillaume.
Vienne, le 7 mai, 2 h.
Le projet du' gouvernement relatif à un nou-
veau Compromis avec la Hongrie pour le paie-
ment de la dette de 80 millions à la Banque na-
tionale a été rénvoyé d'urgence à une commis-
sion.
Rome, le 7 mai.
Le Sénat continue la discussion du traité de
'commerce avec la France.
Le ministre des finances démontre l'utilité du
traité et espère que les Chambres françaises l'ap-
prouveront avant le 31 mai.
Washington, le 6 mai, soir.
M. Fairchild est nommé consul général à
Paris.
.Le Neiv-Tork Herald annonce que sur la Ger-
wicmia se trouvent deux agens russes qui vien-
nent choisir des steamers de grande vitesse.
Le bruit qui s'était répandu que les fénians
avaient l'intention d'envahir le Canada est de
pure invention.
Posen, le 7 mai.
La peste bovine a cessé dans toute là Pologne,
à l'exception de Radziuré, dans le cercle de Gos-
tynin, et de Wladislawowo, dans le cercle de
Kalwarya.
Le ministère de l'instruction publique
vient de publier (1) un document qui,
dans les circonstances actuelles, aumoment
de l'ouverture de l'Exposition de Paris, .offre
iè plus grand intérêt. C'est le Rapport sur
l'instruction primaire à V Exposition uni-
verselle de Philadelphie en 1876. Ce re-
marquable travail est dû à la collabora-
tion de M. Buisson, président de la com-
mission française, et de ses collègues, qui
se- sont partagé l'étude des diverses séries
d'objets dont se composait l'Exposition
scolaire américaine. La tâche était des
plus difficiles, car aux Etats-Unis on ne
rencontre pas cette puissante centralisa-
tion administrative qui en France et
dans quelques autres Etats de l'Eu-
rope, s'étend à l'enseignement comme
à toutes les autres branches des services
publics. « L'autonomie locale, disait l'é-
vêque Fraser dans son intéressant Rapport
sur les écoles publiques des Etats-Unis
en 1859, est le principe fondamental des in-
stitutions démocratiques; l'autonomie lo-
cale est aussi la base du système scolaire
américain. » Malheureusement, ceprincipe,
appliqué d'une manière trop absolue et
poussé jusqu'à ses dernières conséquences,
a fini par produire aux Etats-Unis une vé-
ritable anarchie. En effet, on y a adopté
pour circonscription scolaire l'unité terri-
toriale, non pas le towns/iip ou canton,
mais le district, c'est-à-dire la commune,
le hameau, et, comme il n'y a dans ce pays
aucune centralisation, chaque district, en
vertu du principe de l'autonomie locale,
est maître absolu de faire ce qui lui sem-
ble bon et d'organiser l'enseignement
comme il l'entend.
De là une irrégalarité fâcheuse et sou-
vent une extrême difficulté, sinon l'inv-
possibilité de se rendre un compte exact
du système scolaire et des résultats très
divers qu'il produit. Il est vrai qu'en 1866
on a cherché à remédier à ces inconvé-
niens par la création du Bureau d'éduca-
tion chargé, d'après les termes du bill
qui l'a institué, 1° de recueillir les faits et
documens statistiques propres à "faire
connaître la situation et les progrès de
l'éducation dans les Etats et dans les Terri-
toires 2° de répandre dans le pays toutes
les informations relatives à l'organisation
des écoles et aux méthodes d'enseigne-
ment qui pourront aider le peuple des
Etats-Unis gà établir et à maintenir un
bon système d'écoles ou servir autrement
à la cause de l'éducation. Mais il faut
ajouter que ce Bureau n'a été établi
qu'à la condition formelle qu'il n'au-
rait aucun pouvoir légal, aucune juridic-
tibri'sur îes Etats ou villes en matière
d'instruction publique, aucun droit en-
fin d'en exiger des renseignemens. Il ne
peut compter que sur ceux qu'on veut
bien lui communiquer. On conçoit dès lors
combien la tâche de la commission fran-
çaise était épineuse, et à quelles recher-
ches multipliées elle a dû se livrer pour
arriver à présenter un tableau à peu près
complet de l'organisation de l'enseigne-
ment primaire aux Etats-Unis. Il nous est
impossible de donner une analyse, même
résumée, de son travail. Nous nous bor-
nerons à en signaler les traits généraux
et à en faire ressortir les conclusions, en
nous attachant spécialement aujourd'hui
aux deux graves questions, partout encore
(1) Rapport sur l'instruction primaireà l'Exposi-
tion universelle de Philadelphie.– Paris, Imprime-
rie nationale, 1878. 1
très controversées celles de l'obligation
et de la gratuité.
Ce qui ressort le plus clairement des
études de la commission française, c'est
que l'on se fait généralement en Europe,
et particulièrement en France, une idée
erronée de l'état de l'enseignement primaire
dans la grande république .américaine. On
affirme sans preuves suffisantes que la
moyenne d'instruction y est plus élevée
que dans les autres pays. Les documens
réunis par les commissaires français et
ceux que nous avons nous-même con-
sultés et que nous aurons l'occa-
sion de citer tout l'heure, mènent à
une conclusion contraire. L'enseignement
primaire est donné aux Etats-Unis de la
façon la plus irrégulière, et le plus sou-
vent cet enseignement n'y est distribué
que dans des conditions très défavorables
et n'y produit pas tous les fruits qu'on en
pourrait espérer. Sans doute, les grandes
villes sont largement pourvues à cet
égard mais, dans les districts agricoles,
la plus grande partie des enfans ne reçoi-
vent pas la dose d'instruction strictement
nécessaire. La durée de fréquentation des
écoles n'y dépasse guère trois ou quatre
mois. Ordinairement, ces districts n'ont
pour ainsi dire que des instituteurs de
rencontre tantôt c'est quelque étudiant
d'une école supérieure qui vient remplir
ces fonctions, en vue de gagner la somme
dont il aura lui-même besoin pour suivre
ses propres études pendant le reste de
l'année; tantôt c'est la fille d'un fermier du
voisinage, qui cherche dans la rétribution
scolaire les premiers élémens d'une dot.
On peut estimer qu'à peine 3 0/0 des in-
stituteurs ont reçu une préparation suffi-
sante. D'autre part, le nombre des élèves
assidus aux écoles est loin d'atteindre
une moyenne suffisante. C'est un point
sur lequel il nous paraît bon d'insister,
parce qu'on y verra la vraie mesure des
résultats du système employé aux Etatsr
Unis. Voyons, par exemple, ce qui se passe
dans l'Illinois.
L'Il'inois est, à coup sûr, un des Etats
lés plus importans et les plus prospères
de l'Union. Les établissemens scolaires de
Chicago, la principale ville de cet Etat
(Springfield en est la capitale) sont ad-
mirablement pourvus de tout ce qui peut
contribuer au progrès de l'enseignement.
Cependant le nombre des élèves présens
aux écoles, mis en regard de celui des en-
fans ayant ce qu'on appelle l'âge scolaire,
c'est-à-dire de 6 à 16 ans (cet âge varie,
du reste, selon les Etats), n'est que de
32.17 pour 100. L'Illinois est un des Etats
où l'instruction n'est pas obligatoire. En
1872, la législature avait été saisie d'un
bill tendant à imposer la fréquentation
des écoles pendant douze semaines, dont
six devaient être consécutives, à tous les
enfans de 8 à 14 ans. Mais l'impopularité
incontestable de cette proposition la fit
rejeter. A ce point de vue, l'Etat de New-
York fut plus heureux. Le bill du mois de
mai 1874 décréta l'instruction obligatoire à
raison d'au moins quatorze semaines par an
dont huit consécutives, soit dans les écoles
publiques ou privées, soit au domicile des
parens. On comprend combien cette fa-
culté d'éducation domestique pouvait au-
toriser de dérogations à la loi. Celle-ci
avait du reste pour sanction une pénalité
des plus sévères. L'Acte de mai 1874, mis en
vigueur en j anvierl 87 5 porte que nul enfant
ne pourra être employé ni au domicile pa-
ternel ni chez aucun patron* étranger, à
moins de fournir un certificat d'études
conforme aux prescriptions de la loi. De
plus, les parens sont passibles d'une pre-
mière amende de 1 dollar, puis d'autres
de 5 dollars par semaine d'absence, dont
le nombre ne peut cependant pas excéder
13 par an, soit un maximum de 68 fr.
25 c., somme énorme pour certaines fa-
milles. Malgré cette réglementation sévère,
le nombre des élèves présens aux écoles
et âgés de 6 à 16 ans n'est que de
42.23 0/0 de celui des inscrits. Le rapport
particulier de M. Laporte, l'un des mem-
bres de la commission, sur l'organisation
administrative, constate, d'après des do-
cumens officiels, que, dans l'Etat de New-
York, « des dizaines de milliers d'enfans
qui n'ont jamais mis le pied dans les éco-
les croissent pour le crime et le vice. »
Dans son neuvième Rapport biennal (an-
nées 1871-1872), que M. Buisson et ses
collègues, ont dû connaître, bien qu'ils
ne le citent pas, M. Newton Bateman, sur-
intendant ou inspecteur de l'instruction
publique de l'Illinois, constate le fait
que nous venons de rappeler. Résumant
la condition générale des Etats-Unis
en ce qui concerne les élèves absens
aux écoles, les vagabonds, les illettrés
{àbsenteeism, truancy and illiteracy), il
s'exprimait ainsi « Le nombre des absens
et des vagabonds dans notre métropole
commerciale, New-York, formait il y a
huit ans, d'après des documens authenti-
ques, une puissante armée de cent mille
individus, et les rapports des années sui-
vantes n'ont signalé qu'une très faible
amélioration. Si l'on considère l'ensemble
des Etats et le nombre des élèves in-
scrits, c'est-à-dire de ceux qui figurent
même pour un seul moment sur les
registres scolaires, on verra que la
moyenne des inscrits s'élève à peine à la
moitié de la population ayant l'âge sco-
laire, et que celle des assistans reste au-
dessous du cinquième de cette popu-
lation. »
Dans les Etats du Nord, Massachusetts,
Vermont, Maine, New-Jersey, New-IIamp-
shire, la situation est plus satisfaisante.
Les écoles de Boston peuvent être citées
comme de vrais modèles. On pourrait en-
dire autant de presque toutes les grandes
villes de l'Union. Mais il ne serait pas plus
exact d'apprécier les conditions où se
trouve l'enseignement primaire aux
Etats-Unis d'après ces exemples excepi
tionnels que de prendre les écoles d'E-
dimbourg, de Londres ou de Paris pour
établir la moyenne générale de l'ins-
truction populaire en Ecosse, en Angle-
terre ou en France. En ce qui concerne
la fréquentation des écoles, le Rapport du
commissaire des Etats-Unis pour l'an-
née 1872, M. John Eaton, chef du Bureau
national d'éducation, donne à cet égard
des ren'seignemens très concluans; nous
n'en citerons que les chiffres suivans:
Dans l'Illinois, le nombre des élèves -de
toute classe et de tout âge, au-dessous
de 2t ans,' inscrits sur les registre?
pendant toute la durée de l'année,
s'est élevé à 662,048; celui des as-
sistans n'a été que de 329,799, c'est-à-dire
moins de 50 0/0; pour New-Jersey ces
mêmes nombres ont été respectivement .1
inscrits, 169,430; assistans, 86,812; pour
l'Etat de New-York irfscrits, 1,028,110;
assistans, 493,648; pour l'Ohio inscrits,
708,800; assistans, 408,538; pour la Pen-
sylvanie inscrits, 834,313 assistans,
536,221 enfin, pour le Massachusetts, sur
une population scolaire de 282,485 indi-
vidus, on ne comptait pas moins de
276,602 inscrits, sur lesquels 205,252sfré-
quentaient -Mécole. On voit que dans ces
trois derniers Etats la moyenne est bien
plus élevée que celle des précédens que
nous avons choisis d'ailleurs parmi les
mieux favorisés, et que le Massachusetts
occupe à l'égard de tous une position très
supérieure.
Il importe maintenant d'examiner les
deux graves questions de l'obligation et
de la gratuité.: Loin d'être appliqué uni-
versellement dans les Etats-Unis, le prin-
cipe de l'obligation n'a encore été reconnu
que dans quinze Etats ou Territoires sur
quarante-huit, et il faut constater que
cette réforme n'obtient pas la sympathie
générale du public. Lorsque l'Etat de
New-York décréta l'obligation, au mois
de mai 1874, comme nous l'avons dit
plus haut, il se manifesta une vive oppo-
sition. Les instituteurs prétendaient qu'il
n'y aurait point un assez grand nombre de
locaux, suffisamment appropriés, pour re-
cevoir l'affluence considérable des nou-
veaux venus; ils ajoutaient que ces der-
niers apporteraient dans les écoles bien
organisées des élémens de discorde et
d'indiscipline. De leur côté, les parens des
élèves déj àinscrits sur les registres scolaires
exprimaient la crainte de voir leurs enfans
confondus avec une foule de petits men-
dians formés pour le crime et le \«igabon-
dage. Enfin les patrons qui avaient pour
apprentis ou pour ouvriers des enfans au-
dessous de quatorze ans en possession de
quelques notions élémentaires à peu près
au niveau de celles qne la nouvelle loi se
proposait de donner à tous ne trouvaient
pas qu'il fût juste ou nécessaire de faire
interrompre à ces enfans leur travail pen-
dant quatorze semaines chaque année.
Cependant il s'est produit dans ces der-
nières années un mouvement assez pro-
noncé en faveur de l'obligation, et ce
mouvement est dû à l'accroissement con-
sidérable de l'immigration des étrangers
aux Etats-Unis. D'après le recensement
de 1870, qui est le plus récent, sur 33 mil-
lions 1/2 de blancs, 11 millions sont nés
à l'étranger ou de parens étrangers, et
des calculs rigoureux permettent de
prouver que sur le reste 12 millions
environ représentent l'apport de l'im-
migration antérieure. Ce flot qui ne
cesse de monter inonde de plus en
plus les grandes villes d'une quantité
innombrable d'enfans illettrés et vaga-
bonds. La plupart des moralistes et des
politiques aux Etats-Unis proclament la
nécessité de donner l'instruction à tous
les enfans sans exception et considèrent
l'obligation comme le meilleur moyen
d'obtenir ce résultat. «Un peuple ignorant,
disait l'évêque Fraser dans le Rapport que
nons avons cité plus haut, peut être gou-
verné mais un peuple instruit peut seul
se gouverner lui-même. On ne saurait donc
accorder trop d'importance à l'éducation
des futurs citoyens car de la valeur
particulière des électeurs dépend celle de
nos législateurs. » Citons encore ces pa-
roles de Daniel Webster, un des hommes
d'Etat les plus célèbres du Massachusetts
« Nous regardons l'éducation comme un
sage et libéral système de police par le-
quel la propriété, la vie, la paix de la so-
ciété sont assurées. »
Mais quels sont, jusqu'à présent, les
résultats produits par la loi d'obliga-
tion ? Il est malheureusement vrai de
dire qu'ils ne répondent pas aux es-
pérances des partisans de ce sys-
tème. Même dans le Massachusetts, qui
pour la fréquentation des écoles tient le
plus haut rang, les rapports officiels con-
statent de nombreuses violations de la
loi. Elles le sont encore bien plus dans
les autres Etats, malgré des pénalités
assez sévères, car l'amende peut s'élever,
pour plusieurs contraventions, jusqu'à
50 dollars, et dans l'Etat de Nevada jus-
qu'à 200 dollars. Cependant, dans cet
MERCREDI 8 MAI
1878.
MERCREDI 8 MAI
̃•.̃ 1818.
dOIJRN~L DES DEBATS
ON S'ABONNE
tae des Pr~6res-Ssint-Germain-l'Auaérrois, il.
PRIX DE ~.w~®w~ar
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POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
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tlissdoïTenttoujours être agréées par la rédaotlo».
PARIS
MARDI 7 MAI
II faut répondre encore et une lois pour
toutes aux reproches que certains jour-
naux nous adressent, d'engager et de
compromettre par nos polémiques la po-
litique extérieure du gouvernement. L'ac-
cusation a fait quelque chemin dans le
monde, et quoi d'étonnant ? Il y a aujour-
d'hui une telle confusion dans les esprits
et une telle ignorance des principes du
droit des gens qu'on ne laisse pas
de produire quelque effet avec des rai-
sonncmens comme celui-ci Le gouverne-
ment français doit-il garder oui ou non la
neutralité? Si vous dites oui, et qui ose-
rait dire non? –vous êtes obligés, simples
particuliers ou publicistes que vous êtes,
de conformer scrupuleusement votre atti-
tude et votre langage à la politique que
vous conseillez. C'est un devoir absolu, et
auquel on ne saurait manquer sans encou-
rir une grave responsabilité. Et aussi-
tôt, les bonnes gens de s'écrier: Mais en
effet, puisqu'on veut que le gouvernement
soit neutre, il faut rester neutre soi-même
Nous le répétons, il y a là une étrange
confusion d'idées qui aboutit à une con-
fusion de mots presque ridicule. L'i-
dée et le terme de neutralité appar-
tiennent strictement au droit des gens; ils
s'appliquent donc seulement aux Etats,
aux gouvernemens et à leurs organes,
mais ne peuvent aucunement être trans-
portés dans le domaine du droit privé,
où s'exercent les libertés individuelles.
Un Etat est neutre ou il est belligérant;
mais ces mêmes mots appliqués à un
particulier ou à un journal ne signifient
plus rien du tout; comme il n'y a pas
de particuliers ou dejournaux belligérans,
Une peut pas yen avoir de neutres. Y a-t-il
•rien au monde de plus plaisant que la
sommation qu'on nous adresse de rester
neutres entre l'Angleterre et la Russie ?
Quels rapports pouvons-nous avoir, sim-
ple journal que nous sommes, avec la
neutralité qui est une manière d'être de
l'Etat et, ajoutons-le, la règle de con-
duite de notre gouvernement? On rougit
d'être obligé de faire ces distinctions élé-
mentaires, et surtout d'avoir à les adres-
ser à des gens instruits, éclairés, ordi-
nairement plus judicieux, mais qui pour
ïe moment semblent avoir perdu l'équi-
libre de leurs facultés.
La neutralité d'un Etat engage les ac-
tes et les paroles du gouvernement et de
ses agens, oblige même le gouvernement
à empêcher et à réprimer les actes d'hos-
tilité directe préparés ou .commis par des
particuliers; mais elle n'enchaîne pas
et ne peut pas enchaîner le jugement,
les opinions des particuliers et leur libre
expression par la parole ou par la presse.
Supposer le contraire, vouloir que le gou-
vernement réponde des opinions et des
paroles des particuliers, et réciproquement,
̃ que les opinions et les paroles des parti-
culiers engagent le gouvernement, ce se-
rait détruire toute liberté. Un Etat peut
être amené à adopter la neutralité par des,
considérations de force majeure; mais il ne
s'ensuit nullement que de simples ci-
toyens doivent pour cela faire le sacrifice
de leur liberté de pensée et conformer
chacune de leurs paroles à la politique
officielle. Dans un pays neutre, où existe
la liberté de la presse, les journaux usent
de cette liberté comme ils l'enten-
dent, sans que personne au dehors puisse
faire remonter jusqu'au gouvernement la
"responsabilité de leurs polémiques. Dans
un pays neutre, si les lois autorisent les
réunions publiques et les meetings, ces
meetings peuvent se former, discuter,
déclamer et se prononcer les uns pour
la paix, les autres pour la guerre, sans
que le gouvernement soit le moins du
monde solidaire de leurs résolutions.
On donne même souvent à la neutralité
<|u gouvernement et de ses représentans
une interprétation assez large. Ainsi, la
Russie est restée officiellement neutre
pendant la guerre de 1870-71, ce qui n'a pas
jempêché l'empereur Alexandre II de mani-
fester hautement ses sympathies à la
;Prusse, de féliciter l'empereur Guillaume
et ses généraux de leurs victoires, d'ac-
corder à .quelques uns de ces derniers
le rang de feld-maréchal russe, de faire
inscrire les noms du priuce Frédéric-
Charles et du général de Moltke en
lettres d'or sur la table d'honneur de
l'armée russe. Nous rappelons seulement
pour mémoire qu'en Russie, où la liberté
de la presse n'existe pas véritablement,
une partie des journaux prenait, à cette
époque, ouvertement parti pour les
Allemands. Lors donc qu'on veut nous
enjoindre, à nous journal, de conserver
une exacte neutralité dans les affaires
d'Orient, nous avouons ne pas com-
prendre ce qu'on veut dire. Le mot de
neutralité ne s'applique pas à l'opinion.
Etre neutre en opinion, c'est n'en pas
avoir. Or, on ne peut imposer à personne
l'obligation de n'avoir pas d'opinion. Ah! 1
si l'on nous disait que notre politique est
mauvaise si l'on nous reprochait de man-
quer de tact, de mesure, de jugement,
cela aurait un sens, et nous pourrions
nous défendre. Mais c'est précisément ce
qu'on ne veut pas. Au reste, en fait de 'e
convenance et de tact, chacun est juge
même dans sa propre cause, et si l'on
prouve que nous manquons de ces quali-
tes, nous eommes libres d'aVoir-I èpîmcm-
contraire. Qui décidera entre\i05L>adve:fr-
saires et nous? Où est le critérm^ijft^.
lible ? Il n'y en a pas. Voilà pourqu*trt""Ôn
nous jette à la face ce qu'on nous
permettra d'appeler une énormité, à
savoir que nous devons rester neutres
comme le gouvernement. La France est
neutre en conséquence, nous n'avons pas
le droit de dire que, dans leurdiscussion
actuelle, la Russie à tort, selon nous, et
l'Angleterre a raison.
Jusqu'ici nos adversaires se bornent à
confondre les idées et les mots; mais ils
vont plus loin La responsabilité de nos
articles, que personne à l'étranger n'au-
rait l'idée d'imputer au ministère, Us n'hé-
sitent pas à l'invoquer contre lui. Nous
défendons, dans la politique- intérieure, le
cabinet actuel cela suffit pour qu'on
soupçonne ce ministère d'être d^accord
avec nous dans la politique extérieure. De
là à soupçonner le ministère d'avoir l'ar-
rière-pensée de sortir un jour de la neu-
tralité, il n'y a qu'un pas, et ce pas on le
franchit avec une légèreté d'esprit et de
cœur qui a été rarement égalée dans l'his-
toire. L'Opposition est heureuse de pou-
voir dénoncer à l'Europe les projets se-
crets du gouvernement; nous lui en fai-
sons nos complimens sincères. Il n'y a
qu'un malheur c'est qu'il s'en faut de
beaucoup que tous les journaux républi-
cains, tous les journaux qui défendent le
ministère partagent nos opinions .sur les
affaires d'Orient. Il est commode de dire la
République française et le Journal des
Débats sont de tel avis, donc c'est l'avis
du ministère. Permettez vous nous
faites plus d'honneur que nous n'en mé-
ritons en résumant en nous seuls toute
la presse républicaine. Il y a un journal
très connu qui s'appelle le Temps. N'est-ce
pas un journal républicain? N'aime-t-il
pas autant que nous le gouvernement et
le ministère? Pourtant, sa politique exté-
rieure diffère assez sensiblement de la
nôtre, et il observe précisément, au ris-
que d'y perdre tout accent personnel et
de laisser ses lecteurs dans l'ignorance
sur ce qu'il est et sur ce qu'il veut, il ob-
serve ces règles de pradence et de modé-
ration auxquelles nous manquons si sou-
vent. Il y a encore un journal républicain
qui a fait tout récemment assez de bruit
pour ne point passer inaperçu, et qui
s'appelle la France. Parmi tous ceux qui
ont combattu le 16 mai, qui ont préparé
les voies au ministère et qui le sou-
tiennent aujourd'hui, ce journal tient à
coup sûr une place considérable. Est-
il d'accord avec nous .sur la question d'O-
rient ? Il met plus d'ardeur et plus de vé-
hémence à soutenir les prétentions de la
Russie "que nous n'en mettons à justifier
celles de l'Angleterre. Le Nord et le
Journal de Saint-Pétersbourg pâlissent à
côté de lui! Nous pourrions continuer
longuement cette revue des journaux ré-
publicains que trouverions-nous ? chez-
chacun une idée ou une nuance d'idée
différente, chez tous une indépendance
égale et complète. Pourquoi donc attri-
buer au ministère notre politique person-
nelle, au lieu de lui attribuer celle de la
France, ou encore celle du Temps ? S'il
est responsable de l'une, pourquoi ne le
serait-il pas de l'autre ou des autres ? Il
faudra donc que le ministère soit anglais
avec nous, russe avec la France, et nous ne
savons quoi avec le Temps! Il y en a pour
tous les goûts Comment ne voit-on pas
que, par le bénéfice naturel de nos mœurs
et de nos lois devenues plus libérales, ces
reproches s'annihilent mutuellement, et
que la liberté des journaux est la meil-
leure garantie de celle du gouvernement
lui-même. Nous ne sommes pas dans le
secret de M. le ministre des affaires étran-
gères mais à sa -place nous serions en-
chantés de voir tous les systèmes se con-
tredire dans la presse. On ne sait jamais
par avance comment les choses doivent
tourner, et il est bon que tout soit dit et
soit répété chaque jour dans un sens
comme dans l'autre. Un ministre habile
et personnellement réservé ne peut que
profiter d'un semblable conflit d'opinions, `
et l'art de diriger la presse, si cet art
existe, ne saurait produire de meilleur
effet que le bon esprit de ne pas ̃ la diri-
ger et de lalaisser à ses inspirations diver-
ses. Regardez l'Allemagne nous avons
reproduit, un de ces derniers jours, quel-
ques passages saillans des journaux alle-
mands qui tous veulent passer pour offi-
cieux sont-ils d'accord entre eux? Loin
de là Et pense-t-on que M. de Bismarck
en soit fâché?
La presse réactionnaire, chez nous
après avoir confondu le ministère avec
quelques journaux qu'elle choisit arbitrai-
rement, va plus loin encore, et non con-
tente de nous dénoncer, puis de dénon-
cer le ministère, elle dénonce là France
elle-même parce que la France est répu-
blicaine. C'est le dernier terme de cette
intrigue dont toutes les parties se tien-
nent. Au fond, la colère de la réaction a
un motif unique. La politique que nous
avons soutenue a, malgré les divergences `
des journaux, gagné à nous une grande
partie de l'opinion. Cette politique a
été prise au sérieux et discutée dans
l'Europe entière, elle nous a valu quel-
ques sympathies. N'est-ce pas assez
pour expliquer les colères de l'Opposi-
tion ? Quoi! la France serait encore
quelque chose dans le monde, jnême
rÈbjtts la république Les puissances étran-
gères feraient attention à elle autrement
'que pour lui témoigner méfiance et mé-
pris. Le parti républicain ^aurait une poli-
tique Peu importe laquelle, il en aurait
une! Voilà ce qu'on ne saurait supporter.
Les coteries se révoltent à cette pensée,
et ce dernier cri des factions impuissantes
résume toute leur haine pour le gouver-
nement actuel. On oublie tout, on oublie
la patrie elle-même pour satisfaire ou `
pour venger des passions toujours arden-
tes ou des vanités douloureusement bles-
sées. La presse royaliste se distingue par
l'amertume de ses plaintes. La Gazette de
France écrit en toutes lettres que la répu-
blique c'est la guerre, et qu'elle Jie; peut
pas être autre chose Triste et malsaine
aberration d'un parti qui ne sait que se
battre et mourir, qui ne peut plus vivre,
qui est désolé de voir la vie déborder en
dehors de lui, et 'qui voudrait entraî-
ner l'univers dans son tombeau! Nous
avions vu les royalistes soutenir de sin-
gulières doctrines, faire de surprenantes
alliances, et, dans l'espoir de sauver leur
principe de prédilection, sacrifier tous les
principes sur lesquels les sociétés repo-
sent et tous les intérêts dont elles vivent
mais il faut remonter jusqu'à l'émigra-
tion pour les voir sacrifier délibérément
la France même à leurs rancunes. La
chaîne des temps se renoue, les fureurs
de nos pères s'expliquent par ce que nous
voyons. Il y a pourtant une grande diffé-
rence entre aujourd'hui et les temps plus
anciens. Ces tureurs patriotiques de nos
pères, nous ne les éprouvons pas, nous
n'avons que de la pitié pour les égare-
mens d'esprit des royalistes, et eux-mê-
mes n'émigrent plus Us sont trop bien
en France, sous l'égide de nos institu-
tions et de nos lois! Qu'ils en jouissent et
les maudissent à loisir
©OURSE DE PARIS
Cldture U 6. 1« 7 H»n»se. ©»îs««
«o/e
Comptant. 73 so .ff 73 25 25
Fin COUI. 7.3 50 73 3,2 ï 2 f/ }7 1 2
41/l«/» '̃'̃̃' •
Comptant 102 7$ ./» 103 25 .},
*o/o '̃ =̃, ̃
Comptant 109 S0 109 20 30
Fin COUT. 109 42 1/2 109 25 17 1 2
PKTITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt 8 0/0 109 fr. 30, 27 1/2, 30.
3 0/0 73 fr. 35.
Péruvien 6 0/0. 1» 3/8.
Egyptiennes 6 0/0.. 158 fr. 12, 188 7î>, 158 12 1/2.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
« Berlin, le 7 mai, soir.
» Depuis hier, c'est particulièrement du
côté de l'Egypte que se porte l'attention de
la presse et du public.
» Quant à ce qui se passe à Vienne, beau-
coup de gens pensent que le langage de la
presse autrichienne et les bruits quelle ré-
pand sont calculés en vue de faciliter au gou-
vernement la réalisation du crédit de 60 mil-
lions accepté par les Délégations, et auquel jte
vote des Chambres est nécessaire. Le gouver-
nement mettrait ainsi à profit l'occasion qui
s'offre à lui de créer un trésor de guerre à
l'instar de la Prusse.
» L'opinion qui domine dans le monde po-
litique est qu'il n'y a rien d'arrêté entre l'Au-
triche et la Russie, et que c'est bien sérieu-
sement que le comte Andrassy prend ses
précautions. »
Télégraphie privée.
{Service télégraphique de l'agence Havas.)
Cohstantinople le 7 mai.
Quelques troupes provenant de Varna sont
arrivées à Constantinople mais la question de
l'évacuation immédiate de Choumla, Varna et
Batoum n'est pas encore décidée, malgré les in-
stances russes.
Deux commissaires turcs ont été envoyés à
Batoum ils partiront vendredi prochain.
Les Russes occupent Livana et les environs de
Batoum, et de nouvelles troupes sont débarquées
à Bourgas.. 1
Les Russes restent à San-Stefano..
Chakir Pacha partira vers la fin de la semaine
pour Saint-Pétersbourg.
La Porte, a reçu des nouvelles des commissai-
res turcs à Philippopoli. D'après ces nouvelles,
l'insurrection des monts Rhodope n'est aucune-
ment apaisée. Londres, le 7-mai.
Le Times, commentant le voyage à Saint-Pé-
tersbourg du comte Schouvaloff, s'exprime ainsi
« Si le comte Schouvaloff parvient a bien faire
comprendre au cabinet russe les véritables vues
du gouvernement anglais et à le convaincre de
notre détermination à, maintenir ces vues, il ne
saurait manquer d'exercer une influence favorâ-
cle à la paix.
» Personne ne rêve lé rétablissement du gou-
vernement turc en Bulgarie, même sous la ga-
rantie des réformes prescrites par la Conférence
de Constantinople.
» La Russie peut à bon droit demander qu'en
beaucoup de points importans les résultats de la
guerre ne soient pas effacés mais elle ne devrait
pas faire de difficulté pour accepter des arrange-
mens qui n'enlèvent pas à l'Angleterre une légi-
time influence sur la Turquie.
» Nous n'accepterons aucun compromis sur la
question d'empêcher là prépondérance de la Rus-
sie sur la Turquie; mais nous sommes tout dis-
posés à écouter des propositions ayant pout but
la solution d'une question quelconque.
» En demandant que le traité en entier fùt sou-
mis au Congrès, nous ne sommes pas animés par
le désir d'annuler les victoires de la Russie sur
les points qui forment le but revendiqué par elle
au début de la guerre. »
Londres, le 7 mai.
Le Times publie les nouvelles suivantes
Saint-Pétersbourg, le 5. II y a des raisons de
croire que des questions de la plus haute impor-
tance vont être résolues dans le courant de la
semaine prochaine.
En attendant, l'opinion publique désire tous les
jours davantage une solution pacifique.
Bucharest, le 6. 500 prisonniers insurgés
viennent d'arriver, venant de Roùmélie.
Des officiers russes blessés évaluent le nombre
des insurgés musulmans à 45,000,
Constantinqple, le '6. Les Turcs soulèvent
toute une série de difficultés nouvelles, relative-
ment à l'évacuation des forteresses, en se basant
sur leur interprétation du traité de San-Stefano.
Saint-Pétersbourg, le 6 mai, soir.
Plusieurs journaux ont parlé d'une prochaine
élévation des droits sur les sels. D'après des in-
formations, ce bruit ne repose sur aucun fonde-
ment loin de là. le gouvernement a l'intention
de réduire ces droits.
Vienne, le 7 mai.
Le projet du gouvernement; relatif à un nou-
veau Compromis avec la Hongrie pour le paie-
ment de la dette de 80 millions à la Banque
nationale, a été renvoyé d'urgence ù une com-
mission.
Vienne, le 6 mai, soir.
Le gouvernement a communiqué au Club cons-
titutionnel des renseignemens sur les négocia-
ciations ayant trait au Compromis avec la Hon-
grie. Il a exposé la façon dont le différend avait
été aplani, grâce au bon vouloir des deux gou-
vernemens. Le gouvernement a ajouté qu'il con-
sidérait sa mission, en ce qui -concerne le Com-
promis, comme terminée. Il espère que le Reichs-
rath adoptera Je Compromis .dans son ensemble.
Les clauses qu'il renferme étant inséparables les
unes des autres, le rejet de telle ou telle d'entre
elles ferait avorter le Compromis tout entier.
Berlin, le 7 mai.
L'empereur et l'impératrice ont reçu hier le
général de Réutern, plénipotentiaire militaire de
Russie, qui était, dit-on, porteur d'une lettre au-
tographe de l'empereur Alexandre à l'empereur
Guillaume.
Vienne, le 7 mai, 2 h.
Le projet du' gouvernement relatif à un nou-
veau Compromis avec la Hongrie pour le paie-
ment de la dette de 80 millions à la Banque na-
tionale a été rénvoyé d'urgence à une commis-
sion.
Rome, le 7 mai.
Le Sénat continue la discussion du traité de
'commerce avec la France.
Le ministre des finances démontre l'utilité du
traité et espère que les Chambres françaises l'ap-
prouveront avant le 31 mai.
Washington, le 6 mai, soir.
M. Fairchild est nommé consul général à
Paris.
.Le Neiv-Tork Herald annonce que sur la Ger-
wicmia se trouvent deux agens russes qui vien-
nent choisir des steamers de grande vitesse.
Le bruit qui s'était répandu que les fénians
avaient l'intention d'envahir le Canada est de
pure invention.
Posen, le 7 mai.
La peste bovine a cessé dans toute là Pologne,
à l'exception de Radziuré, dans le cercle de Gos-
tynin, et de Wladislawowo, dans le cercle de
Kalwarya.
Le ministère de l'instruction publique
vient de publier (1) un document qui,
dans les circonstances actuelles, aumoment
de l'ouverture de l'Exposition de Paris, .offre
iè plus grand intérêt. C'est le Rapport sur
l'instruction primaire à V Exposition uni-
verselle de Philadelphie en 1876. Ce re-
marquable travail est dû à la collabora-
tion de M. Buisson, président de la com-
mission française, et de ses collègues, qui
se- sont partagé l'étude des diverses séries
d'objets dont se composait l'Exposition
scolaire américaine. La tâche était des
plus difficiles, car aux Etats-Unis on ne
rencontre pas cette puissante centralisa-
tion administrative qui en France et
dans quelques autres Etats de l'Eu-
rope, s'étend à l'enseignement comme
à toutes les autres branches des services
publics. « L'autonomie locale, disait l'é-
vêque Fraser dans son intéressant Rapport
sur les écoles publiques des Etats-Unis
en 1859, est le principe fondamental des in-
stitutions démocratiques; l'autonomie lo-
cale est aussi la base du système scolaire
américain. » Malheureusement, ceprincipe,
appliqué d'une manière trop absolue et
poussé jusqu'à ses dernières conséquences,
a fini par produire aux Etats-Unis une vé-
ritable anarchie. En effet, on y a adopté
pour circonscription scolaire l'unité terri-
toriale, non pas le towns/iip ou canton,
mais le district, c'est-à-dire la commune,
le hameau, et, comme il n'y a dans ce pays
aucune centralisation, chaque district, en
vertu du principe de l'autonomie locale,
est maître absolu de faire ce qui lui sem-
ble bon et d'organiser l'enseignement
comme il l'entend.
De là une irrégalarité fâcheuse et sou-
vent une extrême difficulté, sinon l'inv-
possibilité de se rendre un compte exact
du système scolaire et des résultats très
divers qu'il produit. Il est vrai qu'en 1866
on a cherché à remédier à ces inconvé-
niens par la création du Bureau d'éduca-
tion chargé, d'après les termes du bill
qui l'a institué, 1° de recueillir les faits et
documens statistiques propres à "faire
connaître la situation et les progrès de
l'éducation dans les Etats et dans les Terri-
toires 2° de répandre dans le pays toutes
les informations relatives à l'organisation
des écoles et aux méthodes d'enseigne-
ment qui pourront aider le peuple des
Etats-Unis gà établir et à maintenir un
bon système d'écoles ou servir autrement
à la cause de l'éducation. Mais il faut
ajouter que ce Bureau n'a été établi
qu'à la condition formelle qu'il n'au-
rait aucun pouvoir légal, aucune juridic-
tibri'sur îes Etats ou villes en matière
d'instruction publique, aucun droit en-
fin d'en exiger des renseignemens. Il ne
peut compter que sur ceux qu'on veut
bien lui communiquer. On conçoit dès lors
combien la tâche de la commission fran-
çaise était épineuse, et à quelles recher-
ches multipliées elle a dû se livrer pour
arriver à présenter un tableau à peu près
complet de l'organisation de l'enseigne-
ment primaire aux Etats-Unis. Il nous est
impossible de donner une analyse, même
résumée, de son travail. Nous nous bor-
nerons à en signaler les traits généraux
et à en faire ressortir les conclusions, en
nous attachant spécialement aujourd'hui
aux deux graves questions, partout encore
(1) Rapport sur l'instruction primaireà l'Exposi-
tion universelle de Philadelphie.– Paris, Imprime-
rie nationale, 1878. 1
très controversées celles de l'obligation
et de la gratuité.
Ce qui ressort le plus clairement des
études de la commission française, c'est
que l'on se fait généralement en Europe,
et particulièrement en France, une idée
erronée de l'état de l'enseignement primaire
dans la grande république .américaine. On
affirme sans preuves suffisantes que la
moyenne d'instruction y est plus élevée
que dans les autres pays. Les documens
réunis par les commissaires français et
ceux que nous avons nous-même con-
sultés et que nous aurons l'occa-
sion de citer tout l'heure, mènent à
une conclusion contraire. L'enseignement
primaire est donné aux Etats-Unis de la
façon la plus irrégulière, et le plus sou-
vent cet enseignement n'y est distribué
que dans des conditions très défavorables
et n'y produit pas tous les fruits qu'on en
pourrait espérer. Sans doute, les grandes
villes sont largement pourvues à cet
égard mais, dans les districts agricoles,
la plus grande partie des enfans ne reçoi-
vent pas la dose d'instruction strictement
nécessaire. La durée de fréquentation des
écoles n'y dépasse guère trois ou quatre
mois. Ordinairement, ces districts n'ont
pour ainsi dire que des instituteurs de
rencontre tantôt c'est quelque étudiant
d'une école supérieure qui vient remplir
ces fonctions, en vue de gagner la somme
dont il aura lui-même besoin pour suivre
ses propres études pendant le reste de
l'année; tantôt c'est la fille d'un fermier du
voisinage, qui cherche dans la rétribution
scolaire les premiers élémens d'une dot.
On peut estimer qu'à peine 3 0/0 des in-
stituteurs ont reçu une préparation suffi-
sante. D'autre part, le nombre des élèves
assidus aux écoles est loin d'atteindre
une moyenne suffisante. C'est un point
sur lequel il nous paraît bon d'insister,
parce qu'on y verra la vraie mesure des
résultats du système employé aux Etatsr
Unis. Voyons, par exemple, ce qui se passe
dans l'Illinois.
L'Il'inois est, à coup sûr, un des Etats
lés plus importans et les plus prospères
de l'Union. Les établissemens scolaires de
Chicago, la principale ville de cet Etat
(Springfield en est la capitale) sont ad-
mirablement pourvus de tout ce qui peut
contribuer au progrès de l'enseignement.
Cependant le nombre des élèves présens
aux écoles, mis en regard de celui des en-
fans ayant ce qu'on appelle l'âge scolaire,
c'est-à-dire de 6 à 16 ans (cet âge varie,
du reste, selon les Etats), n'est que de
32.17 pour 100. L'Illinois est un des Etats
où l'instruction n'est pas obligatoire. En
1872, la législature avait été saisie d'un
bill tendant à imposer la fréquentation
des écoles pendant douze semaines, dont
six devaient être consécutives, à tous les
enfans de 8 à 14 ans. Mais l'impopularité
incontestable de cette proposition la fit
rejeter. A ce point de vue, l'Etat de New-
York fut plus heureux. Le bill du mois de
mai 1874 décréta l'instruction obligatoire à
raison d'au moins quatorze semaines par an
dont huit consécutives, soit dans les écoles
publiques ou privées, soit au domicile des
parens. On comprend combien cette fa-
culté d'éducation domestique pouvait au-
toriser de dérogations à la loi. Celle-ci
avait du reste pour sanction une pénalité
des plus sévères. L'Acte de mai 1874, mis en
vigueur en j anvierl 87 5 porte que nul enfant
ne pourra être employé ni au domicile pa-
ternel ni chez aucun patron* étranger, à
moins de fournir un certificat d'études
conforme aux prescriptions de la loi. De
plus, les parens sont passibles d'une pre-
mière amende de 1 dollar, puis d'autres
de 5 dollars par semaine d'absence, dont
le nombre ne peut cependant pas excéder
13 par an, soit un maximum de 68 fr.
25 c., somme énorme pour certaines fa-
milles. Malgré cette réglementation sévère,
le nombre des élèves présens aux écoles
et âgés de 6 à 16 ans n'est que de
42.23 0/0 de celui des inscrits. Le rapport
particulier de M. Laporte, l'un des mem-
bres de la commission, sur l'organisation
administrative, constate, d'après des do-
cumens officiels, que, dans l'Etat de New-
York, « des dizaines de milliers d'enfans
qui n'ont jamais mis le pied dans les éco-
les croissent pour le crime et le vice. »
Dans son neuvième Rapport biennal (an-
nées 1871-1872), que M. Buisson et ses
collègues, ont dû connaître, bien qu'ils
ne le citent pas, M. Newton Bateman, sur-
intendant ou inspecteur de l'instruction
publique de l'Illinois, constate le fait
que nous venons de rappeler. Résumant
la condition générale des Etats-Unis
en ce qui concerne les élèves absens
aux écoles, les vagabonds, les illettrés
{àbsenteeism, truancy and illiteracy), il
s'exprimait ainsi « Le nombre des absens
et des vagabonds dans notre métropole
commerciale, New-York, formait il y a
huit ans, d'après des documens authenti-
ques, une puissante armée de cent mille
individus, et les rapports des années sui-
vantes n'ont signalé qu'une très faible
amélioration. Si l'on considère l'ensemble
des Etats et le nombre des élèves in-
scrits, c'est-à-dire de ceux qui figurent
même pour un seul moment sur les
registres scolaires, on verra que la
moyenne des inscrits s'élève à peine à la
moitié de la population ayant l'âge sco-
laire, et que celle des assistans reste au-
dessous du cinquième de cette popu-
lation. »
Dans les Etats du Nord, Massachusetts,
Vermont, Maine, New-Jersey, New-IIamp-
shire, la situation est plus satisfaisante.
Les écoles de Boston peuvent être citées
comme de vrais modèles. On pourrait en-
dire autant de presque toutes les grandes
villes de l'Union. Mais il ne serait pas plus
exact d'apprécier les conditions où se
trouve l'enseignement primaire aux
Etats-Unis d'après ces exemples excepi
tionnels que de prendre les écoles d'E-
dimbourg, de Londres ou de Paris pour
établir la moyenne générale de l'ins-
truction populaire en Ecosse, en Angle-
terre ou en France. En ce qui concerne
la fréquentation des écoles, le Rapport du
commissaire des Etats-Unis pour l'an-
née 1872, M. John Eaton, chef du Bureau
national d'éducation, donne à cet égard
des ren'seignemens très concluans; nous
n'en citerons que les chiffres suivans:
Dans l'Illinois, le nombre des élèves -de
toute classe et de tout âge, au-dessous
de 2t ans,' inscrits sur les registre?
pendant toute la durée de l'année,
s'est élevé à 662,048; celui des as-
sistans n'a été que de 329,799, c'est-à-dire
moins de 50 0/0; pour New-Jersey ces
mêmes nombres ont été respectivement .1
inscrits, 169,430; assistans, 86,812; pour
l'Etat de New-York irfscrits, 1,028,110;
assistans, 493,648; pour l'Ohio inscrits,
708,800; assistans, 408,538; pour la Pen-
sylvanie inscrits, 834,313 assistans,
536,221 enfin, pour le Massachusetts, sur
une population scolaire de 282,485 indi-
vidus, on ne comptait pas moins de
276,602 inscrits, sur lesquels 205,252sfré-
quentaient -Mécole. On voit que dans ces
trois derniers Etats la moyenne est bien
plus élevée que celle des précédens que
nous avons choisis d'ailleurs parmi les
mieux favorisés, et que le Massachusetts
occupe à l'égard de tous une position très
supérieure.
Il importe maintenant d'examiner les
deux graves questions de l'obligation et
de la gratuité.: Loin d'être appliqué uni-
versellement dans les Etats-Unis, le prin-
cipe de l'obligation n'a encore été reconnu
que dans quinze Etats ou Territoires sur
quarante-huit, et il faut constater que
cette réforme n'obtient pas la sympathie
générale du public. Lorsque l'Etat de
New-York décréta l'obligation, au mois
de mai 1874, comme nous l'avons dit
plus haut, il se manifesta une vive oppo-
sition. Les instituteurs prétendaient qu'il
n'y aurait point un assez grand nombre de
locaux, suffisamment appropriés, pour re-
cevoir l'affluence considérable des nou-
veaux venus; ils ajoutaient que ces der-
niers apporteraient dans les écoles bien
organisées des élémens de discorde et
d'indiscipline. De leur côté, les parens des
élèves déj àinscrits sur les registres scolaires
exprimaient la crainte de voir leurs enfans
confondus avec une foule de petits men-
dians formés pour le crime et le \«igabon-
dage. Enfin les patrons qui avaient pour
apprentis ou pour ouvriers des enfans au-
dessous de quatorze ans en possession de
quelques notions élémentaires à peu près
au niveau de celles qne la nouvelle loi se
proposait de donner à tous ne trouvaient
pas qu'il fût juste ou nécessaire de faire
interrompre à ces enfans leur travail pen-
dant quatorze semaines chaque année.
Cependant il s'est produit dans ces der-
nières années un mouvement assez pro-
noncé en faveur de l'obligation, et ce
mouvement est dû à l'accroissement con-
sidérable de l'immigration des étrangers
aux Etats-Unis. D'après le recensement
de 1870, qui est le plus récent, sur 33 mil-
lions 1/2 de blancs, 11 millions sont nés
à l'étranger ou de parens étrangers, et
des calculs rigoureux permettent de
prouver que sur le reste 12 millions
environ représentent l'apport de l'im-
migration antérieure. Ce flot qui ne
cesse de monter inonde de plus en
plus les grandes villes d'une quantité
innombrable d'enfans illettrés et vaga-
bonds. La plupart des moralistes et des
politiques aux Etats-Unis proclament la
nécessité de donner l'instruction à tous
les enfans sans exception et considèrent
l'obligation comme le meilleur moyen
d'obtenir ce résultat. «Un peuple ignorant,
disait l'évêque Fraser dans le Rapport que
nons avons cité plus haut, peut être gou-
verné mais un peuple instruit peut seul
se gouverner lui-même. On ne saurait donc
accorder trop d'importance à l'éducation
des futurs citoyens car de la valeur
particulière des électeurs dépend celle de
nos législateurs. » Citons encore ces pa-
roles de Daniel Webster, un des hommes
d'Etat les plus célèbres du Massachusetts
« Nous regardons l'éducation comme un
sage et libéral système de police par le-
quel la propriété, la vie, la paix de la so-
ciété sont assurées. »
Mais quels sont, jusqu'à présent, les
résultats produits par la loi d'obliga-
tion ? Il est malheureusement vrai de
dire qu'ils ne répondent pas aux es-
pérances des partisans de ce sys-
tème. Même dans le Massachusetts, qui
pour la fréquentation des écoles tient le
plus haut rang, les rapports officiels con-
statent de nombreuses violations de la
loi. Elles le sont encore bien plus dans
les autres Etats, malgré des pénalités
assez sévères, car l'amende peut s'élever,
pour plusieurs contraventions, jusqu'à
50 dollars, et dans l'Etat de Nevada jus-
qu'à 200 dollars. Cependant, dans cet
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