Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-04-15
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Description : 15 avril 1878 15 avril 1878
Description : 1878/04/15. 1878/04/15.
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ËDITION DE PARIS 'l,
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Un an. Siamois. Trois mcia.
DépattemeM. 80 tr. fr. 20 &.
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Les ~bMmemons partent des i" ot 1< dt
1- 1 chaque mois..
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em Belgique, en ïtaMe.
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tëgencës du Maroc et de ta Tunisie,
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et dans tous les autres pays.
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MIotMfrues des gares d" chemins de ~r be!f;es.
A Vatparaiso (ChiN), chez M. Créâtes L.Tomero.
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renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal.
PAMS
J~ïM~CHE MAVML
Ze .Vil paraît que nous avons reproché au
gouvernement russe d'avoir laissé divul-
guer sa réponse à la circulaire de lord
Salisbury avant qu'elle fût remise au
Foreign-Office, oubliant que la circulaire
anglaise, datée du 1' avril, avait été com-
muniquée aux journaux par l'agence
Reuter le 1<" avril au soir. Si notre
confrère nous avait lus avec un peu
plus d'attention, il aurait vu que nous
~adressions aucun reproche au gou-
vernement russe mais que nous nous
contentions de signaler., en narra-
teurs Sdèles, une petite manœuvre
dont le but était assez innocent et
dont la portée a été nulle. Ce n'est
pas nous qui reprocherons à un ca-
binet quelconque de faire de la diplomatie
à ciel ouvert et de s'adresser directement
à l'opinion publique. Le procédé est nou-
veau sans doute, mais nous le trouvons
excellent. Nous laissons aux diplomates à
perruque le soin de crier au scandale
lorsqu'un ministre hardi, comme le mar-
quis de Salisbury, livre à la presse un
document destiné aux chancelleries. Si le
prince GortchakoS'avait fait comme le chef
du Foreign-Ofnce, si, le jour même où il
a signé sa circulaire et son pro ~MMM~M,
il avait communiqué ces documens aux
journaux de Saint-Pétersbourg, nous l'au-
rions félicité de rompre également avec
des traditions de cachotteries tout à fait
mutiles. Mais ce n'est pas ainsi, on le sait,
qu'a agi le chancelier russe. Comme nous'
l'a appns notre correspondant de Lon-
dres, il a confié, non sa circulaire, mais
le p~c ~respondant bien connu du ~MMM à Saint-
Pétersbourg, M. Mackenzie Wallace,
a6n que cette pièce importante, expé-
diée le 9 avril par le télégraphe, arri-
vât seule en, Angleterre pendant la
discussion de la Chambre des Communes.
Lord Elcho a constaté publiquement
que de nombreux paquets du journal qui
contenait .ce p?'o Kt~M)?'M ont été portés au
moment opportun à la Chambre., « L'ho-
norable et docte membre pour Oxford »,
un des plus grands russophiles etbulgaro-
phUes anglais, le professeur Freeman,
en faisait lui-même la distribution. L'ef-
fet, d'ailleurs, a été manqué. Mais ce
n'est que deux jours après cette petite
scène jouée par. les amis de la Russie à
la Chambre des Communes, que le prince
GortchakoS', imitant l'exemple du marquis
de Salisbury, a publié dans le Messager
o/%&~ de Saint-Pétersbourg l'ensemble
desaréponse à la circulaire anglaise.
Quant au Foreign-Office, il en attendait,
le 12', la communication ofucielle, et
il est probable qu'il l'attend encore,
puisqu'il a promis d'en faire part au Par-
lement dès qu'il l'aurait reçue, et qu'au-
cune dépêche ne nous a annoncé qu'il
l'eût fait. 1 `
Le ~o~ voit donc bien qu'il aurait pu
se dispenser de nous adresser un reproche
injuste et consacrer tous ses loisirs au
développement des théories morales dans
lesquelles il excelle. Nous avons trouvé
enenet.dansun des derniers numéros
de ce journal, une maxime des plus
édifiantes; et qui avait échappé, ce nous
semble, a tous les moralistes de l'antiquité
et des temps modernes. « S'il est bon que
)) les forts n'abusent pas de leur force, dit
H notre confrère.ilfautaussiquelesfaibles
mm Du Mum m ms
'DV1 S AVRIL 1878.
LA SEMAME DRAMATIQUE
COMËDtE-FRANÇAISE Fo~f~Kt&ÏM~,
comédie en cinq actes, en prose, de
M. Emile Augier.THÉÂTRE DE L'AM-
Biûo la ~H~M~, drame en cinq
actes et un prologue, de M. Faut Meu-
rice.
C'est la question du fils naturel, traitée
souvent par les auteurs dramatiques, que
M. Augier. yien.t de remettre au théâtre
dans FoM~aK~. 11 ra même élar-
gie ou, pour mieux dire, complétée en y
faisant entrer une autre question plus
déticaté encore, celle de la femme, je dirais
plutôt de l'épouse naturelle, pour mieux
rendre ma pensée. Le principal person-
nage de' sa pièce, M. Fourchamba~t, ban-
quier au Havre, a été amoureux, dans sa
jeunesse, d'une jeune nUe sans fortune
qui 'était maîtresse de piano. Il en a eu
un fils; mais, cédant aux suggestions de
son père et soupçonnant a tort la fidé-
lité de sa maîtresse, il à abandonné
la mère et l'enfant pour faire un ri-
che mariage. Il expie durement cette
mauvaise action. Sa temme le ruine
et fait le tourment de sa viep~n'i-oa
égoïsme et son orgueil. Le pauvre hom:ue
est sur le point de déposer sbu bUan c;t
de se tuer pour échapper au déshonneur,
e&r U est profondément honnête et boa
)) n'abusent pas de leur faiblesse, x- C'est a. la.
Roumanie, on le comprend sans peine, que
s'adresse cetétrange apophihegme.En dépit
de leur obstination à vouloir dépouiller la
Roumanie, les Russes éprouvent un cer-
tain embarras pour justifier leur con-
duite. L'incident de la Bessarabie, si
médiocre en apparence, a contribué plus
que tout le reste à faire éclater à tous
les yeux le véritable esprit de la poUti-
que moscovite. Ceux qui croyaient le plus
à la philanthropie, auchristiaaisme, au dés-
intéressement de la Russie ont été
frappés de l'ingratitude avec laquelle
cette immense nation s'acharnait contre
la petite principauté qui était venue à son
secours -à l'heure des désastres. Ce trait
de lumière a éclairé les masses que les
questions d'équilibre, dedroit des gens, de
respect des intérêts généraux laissaient
indifférentes. Dans l'Europe entière, l'o-
pinion publique s'est soulevée contre
laRussie. « L'incidentdeIaBessarabie, dit
avec raison la-MMeAe Zpour la Russie à la perte d'une grande
bataille. Les russophiles les plus déter-
minés ont partagé le sentiment universel.
?. Gladstone lui-même n'a pas pu s'em-
pêcher de qualiSer la conduite de la Rus-
sie de « coupable et d'impolitique », et de
déclarer qu'il était du devoir de l'Angle-
terre de se concerter avec l'Europe « pour
empêcher qu'un acte de violence ne fût
commis. De son côté, M. Campbell, dont
les opinions ne sont pas plus suspectes
que celles de M. Gladstone, a annoncé
qu'il proposerait à la Chambre des
Communes un amendement invitant le
cabinet « à iniormer les autres puissances
que l'Angleterre était prête à appuyer
B toute action commune qu'elles pour-
c raient combiner en vue de s'opposer à
? un acte de perfidie ouverte (sic) et de
M spoliation de la Russie à l'égard de la
a Roumanie. » L'amendement a été
retiré, mais la manifestation n'en a pas
été pour cela moins éclatante. Toute
la presse anglaise s'exprime comme
M. Gampbell. Le plus prudent, le plus ré-
servé des journaux d'outre-Manche, l'Ob-
server, dit mot pour mot « La conduite
de la Russie envers la Roumanie et le
w langage qu'elle tient à la principauté
? ont convaincu la nation anglaise plus
a efficacement que n'importe quelle argu-
mentation générale qu'une politique de
a laisser-faire qui permettrait à la prédo-
n minance russe de s'établir en Orient
H cacherait dans son sein le plus granddes
H dangers pour l'Europe. »'
En présence de cette réprobation una-
nime, la Russie s'est-elle arrêtée? En
aucune manière. Le prince Gortchakofï
poursuit avec un entêtement presque
puéril le but qu'il s'est proposé. Le
gouvernement de Saint-Pétersbourg ne
recule même pas devant les mesures
les plus odieuses. Notre correspondant
de Vienne nous a appris que la Rus-
sie concentrait des troupes en Rou-
manie, 'dans l'intention de désarmer
éventuellement l'armée roumaine et de
créer dans le pays un gouvernement
provisoire. De son côté, le y~MC~ af-
firme que 20,000 'hommes, détachés du
11° corps d'armée russe, Occuperont
Bucharest, et que. le reste du corps
tiendra les stations du chemin de fer
~de Giurgevo, en attendant de nouvelles
troupes qu'on placera sur le territoire
situé' a' Fast~ d'Aluta. Ainsij c'est' par
le désarmement, l'occupation et la ré-
volution que la Russie cherche à ac-
quitter sa dette envers la Roumanie. Pour
confisquer un lambeau de territoire aussi
infime que la Bessarabie, elle humiliera,
s'il le faut, l'armée qui combattait à e~té
de la sienne à PIevna, et renversera le
prince qui l'a sauvée de la défaite. Le car-
dinal Antonelli disait .unjour, à propos
denousne savons plus quel immeuble de
malgré la, faiblesse de son caractère. Qui
vient à son secours? qui le tire de l'a-
bîme ? Son ancienne maîtresse et son fils
naturel. Pour que la leçon soit complète,
ce 61s naturel, connu seulement sous le
nom de Bernard, arrive rapidement à la
fortune, grâce aux soins, auxbons con-
seils, a la prudence de sa mère qui est
pour lui une véritable providence, pen-
dant que le malheureux Fourchambault
est entraîné à sa perte par la femme ri-
che qui lui avait apporté une dot de huit
cent mille francs.
H aurait bien mieux fait d'épouser sa
maîtresse, qui aurait été sa providence
comme elle a été ce.Me de son fils.
Telle est évidemment la moralité de la
pièce. Il faut cependant reconnaître
qu'une telle démonstration ne prouve
rien parce qu'elle est trop particu-
lière pour recevoir une application gé-
nérale. La supposition de M. Augier n'a
certes rien d'invraisemblable, elle est
même vraie dans bien des cas mais le
contraire est vrai aussi souvent. M" Four-
chambault est, sans contredit, une sotte
créature, nuisible & son; mari et à ses
cïlfans qu'elle a fort mal élevés mais
elle aurait pu tout aussi bien se trouver,
par ses qualités morales, au niveau de
M'Bern~i'd.
M. Fbiu'chamba.ult. n':i pas eu la main
iiou:'eu~voiià tout,; ç'e?t i'his'.oit'e de
l'homme ob! de pk'a~r lu bi'as, les
yeux fct'iMs, da.ns un sa~ rempli' d'an-
guilles et de couleuvres, et, qui prendra
l'Eglise dont le gouvernement italien venait 1
de s'emparer Enlever des provinces,
B passe encore; mais vous emporter en
H même temps votre parapluie, ceia sou- [
D lève le cœur. a Dans cette guerre d'O-
rient, la Russie ne se contentera-t-elle donc
pas des résultats inespérés qu'elle a obte-
nus ? Faudra-t-il qu'elle emporte aussi un
parapluie, au risque de provoquer dans
toute l'Europe un de ces mouvemens de
répulsion dont parlait le cardinal Anto-
nelli ?
Petite BotM se du <ï!tnnmohe.
Emprunt 5 0/0. 109 fr. 32 1/2, 30, 3S, 321/2.
30/0. 72fr.271/2.
Egyptiennes 60/0.. 149 &. 37, 148 fr. 75.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
« Vienne, le '!4 avril.
a La prétendue réponse russe aux proposi-
tions autrichiennes, publiée à Londres, est
apocryphe par cette raison que l'Autriche,
comme je vous l'ai écrit dans le temps, n'a
fait aucune proposition spéciale.
La protestation autrichienne contre le
traité de San-Stefano a été faite en termes gé-
néraux seulement,, l'étendue et l'occupation
russe de la Bulgarie ont été déclarées inadmis-
sibles.
Je maintiens que les prétendus cinq
points résumant la protestation autrichienne
sont controuvés.
a En ce moment, des pourparlers entre
Vienne et Saint-Pétersbourg tendent à ame-
ner une entente préalable afin d'assurer la
réunion et les résultats positifs d'un Congres.
1 s Les troupes russes expédiées de San-
Stefano à Odessa sont dirigées sur la Bessa-
rabie. »
'MMtppapMe pftv<
[Service télégraphique de l'agence Havas.)
Constantinople, le 13 avril, soir.
Les Turcs cessent de construire des fortifica-
tions aux environs de Constantinople.
Bucharest, le 14 avril.
Le gouvernement roumain a demandé plusieurs
fois des explications à la Russie sur l'entrée de
nombreuses forces en Roumanie. La Russie n'a
pas répondu.
Le gouvernement roumain a décidé de protes-
ter auprès des puissances.
Le nombre des troupes russes augmente cha-
que jour. Beaucoup de villages dans les environs
de Bucharest sont occupés. Les Russes traitent
dans plusieurs endroits le pays en pays conquis.
Ils occupent les mairies, les écoles, et obligent les
particuliers à les loger.
Rome, le 14 avril.
Le Cde Berlin
« M. de Bismarck a déjà fait des démarches à
Londres et à Vienne pour arriver à une entente.
x< Le prince de Bismarck croit à la possibilité
du Congrès et espère un accord complet, pourvu
que les puissances acceptent comme base de dis-
cussion' f la rétrocession de la Bessarabie à la
Russie en donnant à ta Roumanie, comme com-
pensation, la Dobrutscha; 2° l'extension du terri-
toire russe en Asie, en y comprenant Erzeroum;
3° que l'indemnité pécuniaire due à la Russie ne
soit pas mise en discussion, cette question de-
vant rester tout à fait privée entre la Russie et
la Turquie.
ï- A ces conditions, l'ÂDemaghe s'engagerait à
employer énergiquement toute son influence
pour persuader a ta..Russie, de reconnaître au
Congrès !a pleine faculté de modiûer les change-
mens territoriaux introduits dans la Turquie
d'EM'ope.;p.ar le-traité de San-Ste.fanOi~
Londres, le H avril..
L'Q&M~~K.dit que l'annexe au Mémorandum
du prince ,Gortchakou'n'avait,pas encore été offi-
ciellement communiquée au gouvernement hier
soir.
Là Russie.aurait~fait savojtr,alaporteque,si
elle marchait avec l'Angleterre, la destruction
complète de l'empire ottoman en Europe en se-
rait la conséquence~
'0, .0 Vienne, le 14 avril.
On dément de bonne source la nouvelle télé-
graphiée de Constantinople à l'agence Reuter. et
d'après laquelle le comte Nchy aurait demandé
le consentement df la Porte pour une occupation
autrichienne actuelle de la Bosnie et de l'Herzé-
govine, occupation qu'il aurait présentée comme
nécessaire dans certaines éventualités.
Athènes, le 14 avril.
L'amiral Achmed est nommé provisoirement
commandant de la ilot.te ottomane, en remplace-
ment d'Hobart Pacha, qui a obtenu un congé de
trois mois pour atler à Londres. 1
Un bâtiment turc chargé de munitions a fait
naufrage près de Cérigo.
une couleuvre ou une anguille selon
qu'il sera favorisé par le hasard. Je ne
parle ici, bien entendu, que des consé-
quences possibles d'un mariage. Quant a
la question morale que soulève la fable
imaginée par M. Augier, elle reste mtacte
et aussi difficile à résoudre après qu'a-
vant la pièce. La raison, je l'ai déjà dite,
c'est qu'il s'agit d'un devoir d'honnêteté
et de loyauté à remplir qui dépend abso-
lument des circonstances et des person-
nes, et que ce qui oblige un homme de
coeur dans certains cas ne saurait l'obli-
ger dans d'autres. Il va sans dire que je
ne touche qu'à l'un des côtés de la ques-
tion, en mettant à part celui qui concerne
l'enfant naturel. On peut dire qu'il y a
ici chose jugée, et que, si le devoir, d'un
honnête homme peut être quelquefois
douteux envers la mère, il ne l'est jamais
envers l'enfant.
Dans C'~c~~y, qui était un plai-
doyer en faveur du divorce, rien n'empê-
chait M. Augier de conclure hardiment,
parce qu'il suffisait, pour avoir gain de
cause, dé montrer un cas où le divorce
était, la seule solution possible. A cette
diuérence près. J~ CeAs~'o~~ sont deux comédies de la. même `
veine, de la même valeur, et semblables
en bien des points. Dans l'une comme
dans l'autre, ou trouve Faud~ce, la sûreté
du coup d'œK. le pa.rti pris de ne transi-
ger avec a'jHUM préjugé, et de du'e toute
la vérit.é, comme un témoin devant une
Cour d'assises, sans ménager personne.
Les Turcs continuent de débarquer des trou-
pes Volo. Le total de leurs forces en Thessa-
lie est actuellement de S,000 hommes. La presse
hellénique appelle l'attention du gouvernement
sur cette concentration de troupes.
M. Bhpar lesGrecscommefavorablé aux Turcs, es) ar-
rivé à Voie pour établir une commission d'en-
quête sur l'assassinat commis sur la personne de
M. Ogle.
On Mt dans le VoM~a~ o/~c~
a La Note publiée dimanche dernier par
l'agence Havas au sujet des fonctions de
l'état-major général, n'émanait ni du cabi-
net du ministre, ni du chef d'état-major gé-
néral.
)) La. lecture attentive de ce document suf-
fit à le démontrer.
"Tout en désirant, dans l'intérêt du pays
et de l'armée, que l'organe de la préparation
à la guerre soit aussi stable que possible, au-
cun ministre ne pourrait tolérer à côté de lui
une responsabilité parallèle à la sienne.
s D'autre part, le chef d'état-major général
est trop soucieux de ses devoirs pour avoir la
moindre pensée de se soustraire en quoi que
ce soit à l'autorité du ministre de la guerre,
qui est le chei de l'armée.
.L'excellent discours que M:' Bardoux
a prononcé en posant la première pierre
du petit lycée de Clermont a produit sur
les journaux de la droite un effet surpre-
nant. Les uns reprochent avec amertume
à M. Bardoux de n'avoir pas rappelé les
services que les divers gouvernemens que
nous avons eus ont rendus à l'instruction
publique.–Quoi! disent-ils, est-ce la répu-
blique qui a fondé l'instruction publique
en France? N'y avait-il rien avant elle?
Est-il juste de parler de ce qu'elle fait de
bien, sans parler de ce que ses prédéces-
seurs ont fait de mieux encore ? Inno-
cente revendication dont le seul tort est
d'être trop bruyante M. Bardoux, nous
en sommes sûrs, n'ignore pas que l'his-
toire de l'instruction publique en France
remonte un peu plus haut que la républi-
que mais il n'en est pas moins vrai que la
république actuelle a fait beaucoup plus
que tous les autres gouvernemens pour
le développement de l'instruction à tous
les degrés. M. Bardoux a eu raison de
dire qu'après les malheurs que l'empire
avait attirés sur nettetés, « nn grand soùf-
Sé a passé sur nôtre pays. H On a attri-~
bue nos désastres, avec quelque exagéra-
tion peut-être, tantôt à l'ignorance de
nos soldats, tantôt, ce qui était plus vrai-
semblable, à celle de leurs officiers. Le
besoin de s'instruire a été universelle-
ment compris. Le sentiment public s'est
prononcé avec une sorte de véhémence.
De toutes parts on a demandé des écoles, I
plus d'écoles encore. Ce n'est pas la répu-
blique qui a créé ce sentiment, puisqu'elle
est née en même temps que lui, mais elle y
a donné satisfaction avec un zèle et une
générosité qui lui vaudront la reconnais-
sance des générations nouvelles. Jamais
le budget de l'instruction publique n'avait
été aussi élevé qu'aujourd'hui jamais ef-
forts plus énergiques n'avaient été faits
pour répandre à grands Sots l'enseigne-
ment, avec la conviction que l'instruction
est toujours bonne. Nous connaissons
pourtant des hommes qui héla trouvent
telle que lorsqu'ils la distribuent eux-
mêmes avec une parcimonieuse écono-
mie. w
Mais ce n'est pas là le plus grand
crime dé M. Bardoux.' Les uns; avons-
nous dit, lui reprochent ?& n'avoir parlé
que de là république; mais les autres,
que lui reprochent-ils? M. Bardoux a osé
dire que l'Université était, comme nous
tous, fille de la Révolution de 1789. L'a-
vez-vous entendu.? s'écrient en chœur les
journaux de la droite. Z~~aMM eom/~<
~M ~M~ Fille de la Révolution' C'est le
ministre qui l'avoue « avec une impru-
dence peu opportuniste. Z'D~K~-y se
voile la face et fulmine ses plus terribles
anathèmes 7'C'MMM s'émeut et prononce
un emphatique sërmon.-Tout le monde
C'est à. cette condition seulement qu'on
peut être un véritable auteur comique, et
M. Augiér est aujourd'hui un des rares
écrivains dramatiques qui s'écartent des
traditions du métier en s'eobrçant, non
pas de plaire au public par des conces-
sions, mais dé s'imposer au public sans
rien accorder aux idées reçues. C'est un
vaillant comme il y en a peu, et son cou-
rage reçoit sa juste récompense. Il ne
rencontre plus de résistance, et la soirée
de lundi dernier comptera parmi les plus
beaux souvenirs de sa carrière drama-
tique.
Nous sommes, au lever du rideau, dans
une villa des environs du Havre, chez le
banquier Fourchambault. Ce premier
acte, tout d'exposition, nous montre la
famille du banquier au grand complet.
II y a le fils Léopold, un jeune gandin de
province qui passe volontiers ses nuits
au cercle; la nlle, M"" Blanche, que sa
mère veut absolument marier avec le 61s
du préfet, le baron Ra~tiboulois; eann
M"'° Fourchambault, bourgeoise entêtée,
hautaine, gonflée de vanité et d'idées ab-
surdes, qui mène son bonhomme de mari
à la baguette, ne supportant aucune ob-
servation et parlant à tout propos "de sa
dot de'huit cent mille francs. Il y a encore
une personne étranifsré à la famille, une'
jeune fiUe, Marie LeteUier, récemment ar-
rivée de l'Ile-Bourbou, et qui a été placée
par le capitaine Bernard chez les Four-
chambault, en attendant mieux. Cette
demoiselle Letellier, restée orpheline et
1
sait ce que signifie le mot Révolution
pour ces journaux violence, impiété,
immoralité, incapacité, etc., etc. Ces at-
tributs de la Révolution, il n'est que trop
facile, d'après eux, de les trouver dans
l'Université mais était-ce au ministre de
l'instruction publique qu'il appartenait de
les découvrir ? N'aurait-il pas dû, comme
le bon fils de Noé, jeter un manteau sur
les défaillances de l'e~ mater? Quoi
qu'il en soit, il faut se le tenir pour dit,
Université et Révolution, c'est la même
chose, et queMe chose, grands dieux 1
Il y a dans ces accusations tant de pué-
rilité, tant de confusion de mots et d'idées,
et au total si peu de sincérité, qu'on ne
peut se les expliquer que par une rémi-
niscence d'un autre âge. Depuis longtemps
déjà elles avaient à peu près cessé d'en-
trer dans la polémique quotidienne, après
en avoir été le principal aliment. On sait
quelles longues et furieuses campa-
gnes le parti clérical a faites contre
l'Université sous le gouvernement de
1830 plusieurs journaux,, et ~'C~-
vers entre autres, se sont fondés uni-
quement pour y prendre part et pour les
soutenir. Toutes les injures, tous les ou-
trages, toutes les calomnies ont été pro-
digués à l'Université aven une audace,
une verve et parfois une éloquence admi-
rables dans leur genre; les discours par-
lementaires, les journaux, les brochures,
les mandemens épiscopaux entretenaient
le iéu sans le laisser jamais tomber. Si
l'Université a rencontré de rudes adver-
saires, à la tête desquels brillait M. de
Montalembert, elle a eu aussi de grands
et d'illustres défenseurs, MM. Cousin,
Guizot, Thiers, Dupin, etc. Mais elle s'est
défendue surtout par elle-même, en pour-
suivant avec modestie et honnêteté sa
tâche laborieuse et féconde. Toutefois, si
l'Université n'a moralement rien perdu
dans cette lutte, matériellement elle en
est sortie vaincue. Ce n'était pas, comme
maintenant, pour le plaisir de calomnier
que ses ennemis s'élevaient contre elle avec
tant de colère non, ils poursuivaient un
but parfaitement défini et très pratique
ils voulaient détruire le monopole uni-
versitaire, obtenir la pleine liberté de
l'enseignement, reconquérir pour eux le
droit d'enseigner. Voilà pourquoi leur pa-
role était animée des ardeurs d'une guerre
de conquête, sans ménagemens, sans mo-
dération et sans justice. La fin ne justifie
pas les moyens, mais elle les explique, et
l'on comprend très bien les exagérations
de langage qui se produisaient à la tri-
bune et dans la presse. L'enseignement
les cléricaux le regardaient comme leur
domaine naturel, et ils n'y avaient pas
de place! Le terrain était occupé par des'
intrus dont il était impossible de dire
trop de mal aussi ne s'en privait-on pas
Encore une fois, ces passions avaient leur
raison d'être et, dans une certaine me-
gure, leur légitimité; mais si nous les
excusions alors, comment les excuser.
aujourd'hui ? Que reste-t-il du monopole
universitaire? H y aura bientôt trente
ans que la liberté de renseignement se-
condaire à été proclamée la grande brè-
che était faite, il n'y avait plus de motifs
sérieux pour refuser la liberté de l'ensei-
gnement supérieur; et nous avons vu
cette liberté prêchée, défendue et nnale-
pient obtenue d€ l'Assemblée Nationale,
par qui? par M. Laboulaye, un universi-
taire. L'Université a accepté la concur-
rence, et beaucoup de ses membres l'ont
appelée; ils ne la craignaient pas et, à
notre avis, ils faisaient bien J
? .Mais alors, que sigoiSent les attaques
injurieuses des cléricaux contre F-Uni-
versité ? Le sens et la nature n'en sont-
ils pas complétement changés? Autrefois,
c'était le monopole qu'on voulait attein-
dre, et le combat avait une certaine no-
blesse aujourd'hui, c'est tout simplement
sans fortune,.a été amenée de l'Ile-
Bourbqn en France par le capitaine
Bernard; elle est instruite, bien élevée,
tout à fait charmante, et le jeune Léopold
ne manque pas de lui faire la cour, en-
couragé par des façons un peu libres qui
sont le résultat de l'éducation anglaise de
Marie. Mais ces façons n'empêchent pas
que Marie ne soit une jeun6 fille fort hon-
nête et peu disposée a prendre au sérieux
les galanteries de son adorateur. Elle s'en
amuse seulement, comme il convient à
son âge, sans y mettre trop de coquet-
terie et lorsque le jeune homme s'avise
de pousser les choses trop loin et de se
permettre une déclaration en règle qui ne
ressemble pas du tout à une demande en
mariage, Marie trouve un mot cruelle-
ment spirituel pour lui faire sentir sa sot-
tise. Comme ils arrivent tous les deux
d'une promenade à cheval, Marie, qui s'é-
tait jetée dans un fauteuil pour se repo-
ser, tient encore sa cravache à la main.
EMe se redresse vivement, le rouge au
front, indignée de ce qu'elle vient d'en-
tendre; puis, levant le bras comme pour
cingler le visage de l'impertinent, elle se
ravise tout à coup, et, avec un sourire
dédaigneux « Ah! mon pauvre Léopold,
que vous êtes bête Nous qui étions si
bons &mis Plus tard, répondant a quel-
qu'un qui l'interroge au sujet de Léopold:
K Oui, dit-elle, il m'a fait la cour, et je
dois ajouter qu'il m'a avoué avec une
loyauté parfaite que ses intentions n'a-
vaient rien d'honorable. La jeune créole
la concurrence qu'on veut éteindre. Me'û*
de plus naturel sans doute, maïs rien'
de moins généreux. Les calomniés s'ex–
pliquenttoujours, matsnousne voyons plu%
ce qui les excuse. Il y a trente ou quarante.
ans, nous étions en présence d'une reven-<
dication de liberté; aujourd'hui, nous n~a"
vons affaire qu'à une réclame pour telle mai-
son qu'il ne faut pas confondre avec telle
autre et qui n'est pas située au même en-
droit. Ces réclames sont permises; mais,
lorsqu'elles sont faites avec frénésie, elles
sont peu édifiantes, même dans la bou-
che ou sous la plume d'un catholique.
Au reste, il fallait s'attendre à voir la.
lutte pour la domination succéder à la.t
lutte pour la liberté, et nous ne som-
mes pas surpris que, dans un parti
où les imaginations sont assez courtes,'
on Se trouve réduit à employer les*
armes émoussées plaît aux journaux de la droite d'engager.
un combat contre l'Université, soit nous
ne demandons pas mieux Avec M. Bar-
doux, nous dirons que l'Université est)
fille de la Révolution, ce qui signifie tout
simplement qu'elle est française, car c'est-
la Révolution qui a fait la France actuelle
avec ses sentimens, ses intérêts et ses'
passions. On peut médire tant qu'on vou-
dra d& la manière dont la Révolution s'est
faite; la critique y trouve une matière
abondante; mais, au bout du compte, il
faut reconnaître que, prise dans son en-
semble et ses résultats, la Révolution et'
la France sont deux expressions parfai~-
tement synonymes, et médire de l'une c'est
médire de l'autre. En se glorifiant d'être
fille de la Révolution, l'Université se rend'
justice. Elle a l'esprit et le cœur ouverts~
en effet, à toutes les aspirations moder-
nes elle est de son temps, elle en,;
respire l'air à pleins poumons; elle ~m
est la parfaite image. Les jeunes gens
qu'elle élève sont aussi de leur temps et,
en sortant de l'école, ne se trouveront
pas dépaysés dans leur pays. Ils le com-
prennent et en sont compris ils l'aiment
et en sont aimés. En songeant à l'ancien
régime, ils n'éprouvent plus ces haines
féroces qui ne s'expliquent que par Ja.
crainte d'un retour offensif; ils savent que,
l'ancien régime est mort et ils ne croient:
pas aux revenans ils rendent justice~
aux qualités et aux grandeurs de
France d'autrefois, mais ils croient qu'it y'
a plus de justice, d'humanité; d'honnêteté
et de liberté dans la France moderne,et~
non moins de grandeur véritable. En8n,
s'ils respectent le passé, ils ont foi en l'a-
venir, et ils sont pleins de. ce courage.
confiant et hardi que M. Bardoux le~B;
souhaite et leur conseille. Voilà dans quek
sens l'Université et ses élèves sont*'
fils de la Révolution et de là 'France
de 1789. Libre à la presse cléricale de
le trouver mauvais et déplorable tNous~
lui accorderons, si elle veut,, que telle;
autre éducation produit des effets absolu-~
ment contraires, éteint à la fois l'intelli-~
gence duprépare des générations qui .seron.t«dans<,
le pays des forces perdues:. L'UaMSBSité
fait des Français, et l'éducation cléri~al~,
fait des abonnés pour certains 'journaux~
il faut bien que tout le monde vive. "y
FRANCIS CHAUMES~ ""f
/.J~
i ~i :}
On nous écrit de Rome, 1~ tl avril
< La. situatipn parlementaireCairoli ne s'éclaircit pas. H en résulte que le~ 4~
gouvernement est condamné à une sorte de
paralysie. Jusqu'à présent, lenouvea.uca.BiMt'
n'a pris de parti sur quoi que ce soit. OU le't
comprend pendant quelques jours; mais, si
cette inaction se prolonge, ce ministère tom-
befà de lui-même et n'aura peut-être mèma;t
pas la force nécessaire pour provoquer des
élections devenues indispensables.
D L'expédient imaginé pour résoudre h~
question dé Florence commence à paraître't
a, comme on voit, de l'esprit, et du meil-
leur, etM.Augier lap&intâihsien qùel-~
ques traits caractéristiques.
Le second acte nous~ oMiduit daN~Itf'
maison habitée par Bernard et sa mèrë~
L'ordre, la décence, la dignité de cet hûn-~
nête et .calme intérieur font mej*veilleuse-
ment ressortir tout ce qu'il y a de fa.ux,~
de désordonné, de frivole dans le brillant' 3
hôtel des Fourchambault. Le contraste' est~
saisissant. On voit tout de suite-de quelle!
anection, de quel respect Bernard entoura
sa mère, et comment cette digne femme'
est l'âme de ce logis sérieux où; régnent~
sans partage les grandes vertus et les no-
bles sentimens. Bernard sait toute l'hts-'
toire de sa mère, mais le nom de. son père
lui est encore inconnu ce nom lui sera
révéla seulement le jour où il aura appris'
à refréner les mouvemens de colère qui
font bouillonner son sang lorsqu'il pense
à l'homme dont l'égoîsmë a fait le mal-
heur de la meilleure des femmes mais ce
jour est encore loin. Bernard, du reste, a
résolu de ne jamais se marier. H se ver-?'
ràitcontra.int à dévoiler le secret de sa i
naissance, et il ne veut pas que sa mèrè~
ait jamais à rougir d'avant personne.
M~Bernard cependant vient de dresser `
le bilan de la fortune de son 61~, et cette
fortune s'élève à deux millions. On apprend
en ce moment qu'un des principaux com-
merçant du Havre est en faillite, et que
le banquier Fourchàmbault, qui perd du
coup ~eux cent'quarante'Tnille~nc~
'va suspendre à son tour aea pai&-
Um iS MML
Hm iS m!L
i8?8.
ON S'ABONNE:
tac des Prëtres-Sain
Un an. Siamois. Trois mcia.
DépattemeM. 80 tr. fr. 20 &.
P&ns. ~fr. 36t)-. mr. ft.
Les ~bMmemons partent des i" ot 1< dt
1- 1 chaque mois..
JMJMAL BES DEBATS
.ON SABOBME
em Belgique, en ïtaMe.
daMieLuxembouTK~en.TQïqniB,
M Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans t«
tëgencës du Maroc et de ta Tunisie,
en Chine et au Japon,
M mayen d'une valeur payable a Paris
et dans tous les pays au Nord
chez tous les directeurs depoatMt; ~f:'t'
et dans tous les autres pays.
~M renvoi d'une valeur payaNeM't'~
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M'M.tteMzy, Mftwtet) et C', i.Finch lane ComMU,
E. C., London; MM. W.-M. «ntth et W*n,
~86. Strand, W. C. London.
ABnHMHes, & t'O/~M ?t
MIotMfrues des gares d" chemins de ~r be!f;es.
A Vatparaiso (ChiN), chez M. Créâtes L.Tomero.
LMMMMtiCM SMttKiCMt
et<&Ma<«téhey,M<*Ztt
wtMbuMMKtaMTNMtAZtt
~lMdeitNttti
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le 1 avril sont pries de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal.
PAMS
J~ïM~CHE MAVML
Ze .V
gouvernement russe d'avoir laissé divul-
guer sa réponse à la circulaire de lord
Salisbury avant qu'elle fût remise au
Foreign-Office, oubliant que la circulaire
anglaise, datée du 1' avril, avait été com-
muniquée aux journaux par l'agence
Reuter le 1<" avril au soir. Si notre
confrère nous avait lus avec un peu
plus d'attention, il aurait vu que nous
~adressions aucun reproche au gou-
vernement russe mais que nous nous
contentions de signaler., en narra-
teurs Sdèles, une petite manœuvre
dont le but était assez innocent et
dont la portée a été nulle. Ce n'est
pas nous qui reprocherons à un ca-
binet quelconque de faire de la diplomatie
à ciel ouvert et de s'adresser directement
à l'opinion publique. Le procédé est nou-
veau sans doute, mais nous le trouvons
excellent. Nous laissons aux diplomates à
perruque le soin de crier au scandale
lorsqu'un ministre hardi, comme le mar-
quis de Salisbury, livre à la presse un
document destiné aux chancelleries. Si le
prince GortchakoS'avait fait comme le chef
du Foreign-Ofnce, si, le jour même où il
a signé sa circulaire et son pro ~MMM~M,
il avait communiqué ces documens aux
journaux de Saint-Pétersbourg, nous l'au-
rions félicité de rompre également avec
des traditions de cachotteries tout à fait
mutiles. Mais ce n'est pas ainsi, on le sait,
qu'a agi le chancelier russe. Comme nous'
l'a appns notre correspondant de Lon-
dres, il a confié, non sa circulaire, mais
le p~c ~
Pétersbourg, M. Mackenzie Wallace,
a6n que cette pièce importante, expé-
diée le 9 avril par le télégraphe, arri-
vât seule en, Angleterre pendant la
discussion de la Chambre des Communes.
Lord Elcho a constaté publiquement
que de nombreux paquets du journal qui
contenait .ce p?'o Kt~M)?'M ont été portés au
moment opportun à la Chambre., « L'ho-
norable et docte membre pour Oxford »,
un des plus grands russophiles etbulgaro-
phUes anglais, le professeur Freeman,
en faisait lui-même la distribution. L'ef-
fet, d'ailleurs, a été manqué. Mais ce
n'est que deux jours après cette petite
scène jouée par. les amis de la Russie à
la Chambre des Communes, que le prince
GortchakoS', imitant l'exemple du marquis
de Salisbury, a publié dans le Messager
o/%&~ de Saint-Pétersbourg l'ensemble
desaréponse à la circulaire anglaise.
Quant au Foreign-Office, il en attendait,
le 12', la communication ofucielle, et
il est probable qu'il l'attend encore,
puisqu'il a promis d'en faire part au Par-
lement dès qu'il l'aurait reçue, et qu'au-
cune dépêche ne nous a annoncé qu'il
l'eût fait. 1 `
Le ~o~ voit donc bien qu'il aurait pu
se dispenser de nous adresser un reproche
injuste et consacrer tous ses loisirs au
développement des théories morales dans
lesquelles il excelle. Nous avons trouvé
enenet.dansun des derniers numéros
de ce journal, une maxime des plus
édifiantes; et qui avait échappé, ce nous
semble, a tous les moralistes de l'antiquité
et des temps modernes. « S'il est bon que
)) les forts n'abusent pas de leur force, dit
H notre confrère.ilfautaussiquelesfaibles
mm Du Mum m ms
'DV1 S AVRIL 1878.
LA SEMAME DRAMATIQUE
COMËDtE-FRANÇAISE Fo~f~Kt&ÏM~,
comédie en cinq actes, en prose, de
M. Emile Augier.THÉÂTRE DE L'AM-
Biûo la ~H~M~, drame en cinq
actes et un prologue, de M. Faut Meu-
rice.
C'est la question du fils naturel, traitée
souvent par les auteurs dramatiques, que
M. Augier. yien.t de remettre au théâtre
dans FoM~aK~. 11 ra même élar-
gie ou, pour mieux dire, complétée en y
faisant entrer une autre question plus
déticaté encore, celle de la femme, je dirais
plutôt de l'épouse naturelle, pour mieux
rendre ma pensée. Le principal person-
nage de' sa pièce, M. Fourchamba~t, ban-
quier au Havre, a été amoureux, dans sa
jeunesse, d'une jeune nUe sans fortune
qui 'était maîtresse de piano. Il en a eu
un fils; mais, cédant aux suggestions de
son père et soupçonnant a tort la fidé-
lité de sa maîtresse, il à abandonné
la mère et l'enfant pour faire un ri-
che mariage. Il expie durement cette
mauvaise action. Sa temme le ruine
et fait le tourment de sa viep~n'i-oa
égoïsme et son orgueil. Le pauvre hom:ue
est sur le point de déposer sbu bUan c;t
de se tuer pour échapper au déshonneur,
e&r U est profondément honnête et boa
)) n'abusent pas de leur faiblesse, x- C'est a. la.
Roumanie, on le comprend sans peine, que
s'adresse cetétrange apophihegme.En dépit
de leur obstination à vouloir dépouiller la
Roumanie, les Russes éprouvent un cer-
tain embarras pour justifier leur con-
duite. L'incident de la Bessarabie, si
médiocre en apparence, a contribué plus
que tout le reste à faire éclater à tous
les yeux le véritable esprit de la poUti-
que moscovite. Ceux qui croyaient le plus
à la philanthropie, auchristiaaisme, au dés-
intéressement de la Russie ont été
frappés de l'ingratitude avec laquelle
cette immense nation s'acharnait contre
la petite principauté qui était venue à son
secours -à l'heure des désastres. Ce trait
de lumière a éclairé les masses que les
questions d'équilibre, dedroit des gens, de
respect des intérêts généraux laissaient
indifférentes. Dans l'Europe entière, l'o-
pinion publique s'est soulevée contre
laRussie. « L'incidentdeIaBessarabie, dit
avec raison la-MMeAe Z
bataille. Les russophiles les plus déter-
minés ont partagé le sentiment universel.
?. Gladstone lui-même n'a pas pu s'em-
pêcher de qualiSer la conduite de la Rus-
sie de « coupable et d'impolitique », et de
déclarer qu'il était du devoir de l'Angle-
terre de se concerter avec l'Europe « pour
empêcher qu'un acte de violence ne fût
commis. De son côté, M. Campbell, dont
les opinions ne sont pas plus suspectes
que celles de M. Gladstone, a annoncé
qu'il proposerait à la Chambre des
Communes un amendement invitant le
cabinet « à iniormer les autres puissances
que l'Angleterre était prête à appuyer
B toute action commune qu'elles pour-
c raient combiner en vue de s'opposer à
? un acte de perfidie ouverte (sic) et de
M spoliation de la Russie à l'égard de la
a Roumanie. » L'amendement a été
retiré, mais la manifestation n'en a pas
été pour cela moins éclatante. Toute
la presse anglaise s'exprime comme
M. Gampbell. Le plus prudent, le plus ré-
servé des journaux d'outre-Manche, l'Ob-
server, dit mot pour mot « La conduite
de la Russie envers la Roumanie et le
w langage qu'elle tient à la principauté
? ont convaincu la nation anglaise plus
a efficacement que n'importe quelle argu-
mentation générale qu'une politique de
a laisser-faire qui permettrait à la prédo-
n minance russe de s'établir en Orient
H cacherait dans son sein le plus granddes
H dangers pour l'Europe. »'
En présence de cette réprobation una-
nime, la Russie s'est-elle arrêtée? En
aucune manière. Le prince Gortchakofï
poursuit avec un entêtement presque
puéril le but qu'il s'est proposé. Le
gouvernement de Saint-Pétersbourg ne
recule même pas devant les mesures
les plus odieuses. Notre correspondant
de Vienne nous a appris que la Rus-
sie concentrait des troupes en Rou-
manie, 'dans l'intention de désarmer
éventuellement l'armée roumaine et de
créer dans le pays un gouvernement
provisoire. De son côté, le y~MC~ af-
firme que 20,000 'hommes, détachés du
11° corps d'armée russe, Occuperont
Bucharest, et que. le reste du corps
tiendra les stations du chemin de fer
~de Giurgevo, en attendant de nouvelles
troupes qu'on placera sur le territoire
situé' a' Fast~ d'Aluta. Ainsij c'est' par
le désarmement, l'occupation et la ré-
volution que la Russie cherche à ac-
quitter sa dette envers la Roumanie. Pour
confisquer un lambeau de territoire aussi
infime que la Bessarabie, elle humiliera,
s'il le faut, l'armée qui combattait à e~té
de la sienne à PIevna, et renversera le
prince qui l'a sauvée de la défaite. Le car-
dinal Antonelli disait .unjour, à propos
denousne savons plus quel immeuble de
malgré la, faiblesse de son caractère. Qui
vient à son secours? qui le tire de l'a-
bîme ? Son ancienne maîtresse et son fils
naturel. Pour que la leçon soit complète,
ce 61s naturel, connu seulement sous le
nom de Bernard, arrive rapidement à la
fortune, grâce aux soins, auxbons con-
seils, a la prudence de sa mère qui est
pour lui une véritable providence, pen-
dant que le malheureux Fourchambault
est entraîné à sa perte par la femme ri-
che qui lui avait apporté une dot de huit
cent mille francs.
H aurait bien mieux fait d'épouser sa
maîtresse, qui aurait été sa providence
comme elle a été ce.Me de son fils.
Telle est évidemment la moralité de la
pièce. Il faut cependant reconnaître
qu'une telle démonstration ne prouve
rien parce qu'elle est trop particu-
lière pour recevoir une application gé-
nérale. La supposition de M. Augier n'a
certes rien d'invraisemblable, elle est
même vraie dans bien des cas mais le
contraire est vrai aussi souvent. M" Four-
chambault est, sans contredit, une sotte
créature, nuisible & son; mari et à ses
cïlfans qu'elle a fort mal élevés mais
elle aurait pu tout aussi bien se trouver,
par ses qualités morales, au niveau de
M'Bern~i'd.
M. Fbiu'chamba.ult. n':i pas eu la main
iiou:'eu~voiià tout,; ç'e?t i'his'.oit'e de
l'homme ob! de pk'a~r lu bi'as, les
yeux fct'iMs, da.ns un sa~ rempli' d'an-
guilles et de couleuvres, et, qui prendra
l'Eglise dont le gouvernement italien venait 1
de s'emparer Enlever des provinces,
B passe encore; mais vous emporter en
H même temps votre parapluie, ceia sou- [
D lève le cœur. a Dans cette guerre d'O-
rient, la Russie ne se contentera-t-elle donc
pas des résultats inespérés qu'elle a obte-
nus ? Faudra-t-il qu'elle emporte aussi un
parapluie, au risque de provoquer dans
toute l'Europe un de ces mouvemens de
répulsion dont parlait le cardinal Anto-
nelli ?
Petite BotM se du <ï!tnnmohe.
Emprunt 5 0/0. 109 fr. 32 1/2, 30, 3S, 321/2.
30/0. 72fr.271/2.
Egyptiennes 60/0.. 149 &. 37, 148 fr. 75.
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
« Vienne, le '!4 avril.
a La prétendue réponse russe aux proposi-
tions autrichiennes, publiée à Londres, est
apocryphe par cette raison que l'Autriche,
comme je vous l'ai écrit dans le temps, n'a
fait aucune proposition spéciale.
La protestation autrichienne contre le
traité de San-Stefano a été faite en termes gé-
néraux seulement,, l'étendue et l'occupation
russe de la Bulgarie ont été déclarées inadmis-
sibles.
Je maintiens que les prétendus cinq
points résumant la protestation autrichienne
sont controuvés.
a En ce moment, des pourparlers entre
Vienne et Saint-Pétersbourg tendent à ame-
ner une entente préalable afin d'assurer la
réunion et les résultats positifs d'un Congres.
1 s Les troupes russes expédiées de San-
Stefano à Odessa sont dirigées sur la Bessa-
rabie. »
'MMtppapMe pftv<
[Service télégraphique de l'agence Havas.)
Constantinople, le 13 avril, soir.
Les Turcs cessent de construire des fortifica-
tions aux environs de Constantinople.
Bucharest, le 14 avril.
Le gouvernement roumain a demandé plusieurs
fois des explications à la Russie sur l'entrée de
nombreuses forces en Roumanie. La Russie n'a
pas répondu.
Le gouvernement roumain a décidé de protes-
ter auprès des puissances.
Le nombre des troupes russes augmente cha-
que jour. Beaucoup de villages dans les environs
de Bucharest sont occupés. Les Russes traitent
dans plusieurs endroits le pays en pays conquis.
Ils occupent les mairies, les écoles, et obligent les
particuliers à les loger.
Rome, le 14 avril.
Le C
« M. de Bismarck a déjà fait des démarches à
Londres et à Vienne pour arriver à une entente.
x< Le prince de Bismarck croit à la possibilité
du Congrès et espère un accord complet, pourvu
que les puissances acceptent comme base de dis-
cussion' f la rétrocession de la Bessarabie à la
Russie en donnant à ta Roumanie, comme com-
pensation, la Dobrutscha; 2° l'extension du terri-
toire russe en Asie, en y comprenant Erzeroum;
3° que l'indemnité pécuniaire due à la Russie ne
soit pas mise en discussion, cette question de-
vant rester tout à fait privée entre la Russie et
la Turquie.
ï- A ces conditions, l'ÂDemaghe s'engagerait à
employer énergiquement toute son influence
pour persuader a ta..Russie, de reconnaître au
Congrès !a pleine faculté de modiûer les change-
mens territoriaux introduits dans la Turquie
d'EM'ope.;p.ar le-traité de San-Ste.fanOi~
Londres, le H avril..
L'Q&M~~K.dit que l'annexe au Mémorandum
du prince ,Gortchakou'n'avait,pas encore été offi-
ciellement communiquée au gouvernement hier
soir.
Là Russie.aurait~fait savojtr,alaporteque,si
elle marchait avec l'Angleterre, la destruction
complète de l'empire ottoman en Europe en se-
rait la conséquence~
'0, .0 Vienne, le 14 avril.
On dément de bonne source la nouvelle télé-
graphiée de Constantinople à l'agence Reuter. et
d'après laquelle le comte Nchy aurait demandé
le consentement df la Porte pour une occupation
autrichienne actuelle de la Bosnie et de l'Herzé-
govine, occupation qu'il aurait présentée comme
nécessaire dans certaines éventualités.
Athènes, le 14 avril.
L'amiral Achmed est nommé provisoirement
commandant de la ilot.te ottomane, en remplace-
ment d'Hobart Pacha, qui a obtenu un congé de
trois mois pour atler à Londres. 1
Un bâtiment turc chargé de munitions a fait
naufrage près de Cérigo.
une couleuvre ou une anguille selon
qu'il sera favorisé par le hasard. Je ne
parle ici, bien entendu, que des consé-
quences possibles d'un mariage. Quant a
la question morale que soulève la fable
imaginée par M. Augier, elle reste mtacte
et aussi difficile à résoudre après qu'a-
vant la pièce. La raison, je l'ai déjà dite,
c'est qu'il s'agit d'un devoir d'honnêteté
et de loyauté à remplir qui dépend abso-
lument des circonstances et des person-
nes, et que ce qui oblige un homme de
coeur dans certains cas ne saurait l'obli-
ger dans d'autres. Il va sans dire que je
ne touche qu'à l'un des côtés de la ques-
tion, en mettant à part celui qui concerne
l'enfant naturel. On peut dire qu'il y a
ici chose jugée, et que, si le devoir, d'un
honnête homme peut être quelquefois
douteux envers la mère, il ne l'est jamais
envers l'enfant.
Dans C'~c~~y, qui était un plai-
doyer en faveur du divorce, rien n'empê-
chait M. Augier de conclure hardiment,
parce qu'il suffisait, pour avoir gain de
cause, dé montrer un cas où le divorce
était, la seule solution possible. A cette
diuérence près. J~ C
veine, de la même valeur, et semblables
en bien des points. Dans l'une comme
dans l'autre, ou trouve Faud~ce, la sûreté
du coup d'œK. le pa.rti pris de ne transi-
ger avec a'jHUM préjugé, et de du'e toute
la vérit.é, comme un témoin devant une
Cour d'assises, sans ménager personne.
Les Turcs continuent de débarquer des trou-
pes Volo. Le total de leurs forces en Thessa-
lie est actuellement de S,000 hommes. La presse
hellénique appelle l'attention du gouvernement
sur cette concentration de troupes.
M. Bh
rivé à Voie pour établir une commission d'en-
quête sur l'assassinat commis sur la personne de
M. Ogle.
On Mt dans le VoM~a~ o/~c~
a La Note publiée dimanche dernier par
l'agence Havas au sujet des fonctions de
l'état-major général, n'émanait ni du cabi-
net du ministre, ni du chef d'état-major gé-
néral.
)) La. lecture attentive de ce document suf-
fit à le démontrer.
"Tout en désirant, dans l'intérêt du pays
et de l'armée, que l'organe de la préparation
à la guerre soit aussi stable que possible, au-
cun ministre ne pourrait tolérer à côté de lui
une responsabilité parallèle à la sienne.
s D'autre part, le chef d'état-major général
est trop soucieux de ses devoirs pour avoir la
moindre pensée de se soustraire en quoi que
ce soit à l'autorité du ministre de la guerre,
qui est le chei de l'armée.
.L'excellent discours que M:' Bardoux
a prononcé en posant la première pierre
du petit lycée de Clermont a produit sur
les journaux de la droite un effet surpre-
nant. Les uns reprochent avec amertume
à M. Bardoux de n'avoir pas rappelé les
services que les divers gouvernemens que
nous avons eus ont rendus à l'instruction
publique.–Quoi! disent-ils, est-ce la répu-
blique qui a fondé l'instruction publique
en France? N'y avait-il rien avant elle?
Est-il juste de parler de ce qu'elle fait de
bien, sans parler de ce que ses prédéces-
seurs ont fait de mieux encore ? Inno-
cente revendication dont le seul tort est
d'être trop bruyante M. Bardoux, nous
en sommes sûrs, n'ignore pas que l'his-
toire de l'instruction publique en France
remonte un peu plus haut que la républi-
que mais il n'en est pas moins vrai que la
république actuelle a fait beaucoup plus
que tous les autres gouvernemens pour
le développement de l'instruction à tous
les degrés. M. Bardoux a eu raison de
dire qu'après les malheurs que l'empire
avait attirés sur nettetés, « nn grand soùf-
Sé a passé sur nôtre pays. H On a attri-~
bue nos désastres, avec quelque exagéra-
tion peut-être, tantôt à l'ignorance de
nos soldats, tantôt, ce qui était plus vrai-
semblable, à celle de leurs officiers. Le
besoin de s'instruire a été universelle-
ment compris. Le sentiment public s'est
prononcé avec une sorte de véhémence.
De toutes parts on a demandé des écoles, I
plus d'écoles encore. Ce n'est pas la répu-
blique qui a créé ce sentiment, puisqu'elle
est née en même temps que lui, mais elle y
a donné satisfaction avec un zèle et une
générosité qui lui vaudront la reconnais-
sance des générations nouvelles. Jamais
le budget de l'instruction publique n'avait
été aussi élevé qu'aujourd'hui jamais ef-
forts plus énergiques n'avaient été faits
pour répandre à grands Sots l'enseigne-
ment, avec la conviction que l'instruction
est toujours bonne. Nous connaissons
pourtant des hommes qui héla trouvent
telle que lorsqu'ils la distribuent eux-
mêmes avec une parcimonieuse écono-
mie. w
Mais ce n'est pas là le plus grand
crime dé M. Bardoux.' Les uns; avons-
nous dit, lui reprochent ?& n'avoir parlé
que de là république; mais les autres,
que lui reprochent-ils? M. Bardoux a osé
dire que l'Université était, comme nous
tous, fille de la Révolution de 1789. L'a-
vez-vous entendu.? s'écrient en chœur les
journaux de la droite. Z~~aMM eom/~<
~M ~M~ Fille de la Révolution' C'est le
ministre qui l'avoue « avec une impru-
dence peu opportuniste. Z'D~K~-y se
voile la face et fulmine ses plus terribles
anathèmes 7'C'MMM s'émeut et prononce
un emphatique sërmon.-Tout le monde
C'est à. cette condition seulement qu'on
peut être un véritable auteur comique, et
M. Augiér est aujourd'hui un des rares
écrivains dramatiques qui s'écartent des
traditions du métier en s'eobrçant, non
pas de plaire au public par des conces-
sions, mais dé s'imposer au public sans
rien accorder aux idées reçues. C'est un
vaillant comme il y en a peu, et son cou-
rage reçoit sa juste récompense. Il ne
rencontre plus de résistance, et la soirée
de lundi dernier comptera parmi les plus
beaux souvenirs de sa carrière drama-
tique.
Nous sommes, au lever du rideau, dans
une villa des environs du Havre, chez le
banquier Fourchambault. Ce premier
acte, tout d'exposition, nous montre la
famille du banquier au grand complet.
II y a le fils Léopold, un jeune gandin de
province qui passe volontiers ses nuits
au cercle; la nlle, M"" Blanche, que sa
mère veut absolument marier avec le 61s
du préfet, le baron Ra~tiboulois; eann
M"'° Fourchambault, bourgeoise entêtée,
hautaine, gonflée de vanité et d'idées ab-
surdes, qui mène son bonhomme de mari
à la baguette, ne supportant aucune ob-
servation et parlant à tout propos "de sa
dot de'huit cent mille francs. Il y a encore
une personne étranifsré à la famille, une'
jeune fiUe, Marie LeteUier, récemment ar-
rivée de l'Ile-Bourbou, et qui a été placée
par le capitaine Bernard chez les Four-
chambault, en attendant mieux. Cette
demoiselle Letellier, restée orpheline et
1
sait ce que signifie le mot Révolution
pour ces journaux violence, impiété,
immoralité, incapacité, etc., etc. Ces at-
tributs de la Révolution, il n'est que trop
facile, d'après eux, de les trouver dans
l'Université mais était-ce au ministre de
l'instruction publique qu'il appartenait de
les découvrir ? N'aurait-il pas dû, comme
le bon fils de Noé, jeter un manteau sur
les défaillances de l'e~ mater? Quoi
qu'il en soit, il faut se le tenir pour dit,
Université et Révolution, c'est la même
chose, et queMe chose, grands dieux 1
Il y a dans ces accusations tant de pué-
rilité, tant de confusion de mots et d'idées,
et au total si peu de sincérité, qu'on ne
peut se les expliquer que par une rémi-
niscence d'un autre âge. Depuis longtemps
déjà elles avaient à peu près cessé d'en-
trer dans la polémique quotidienne, après
en avoir été le principal aliment. On sait
quelles longues et furieuses campa-
gnes le parti clérical a faites contre
l'Université sous le gouvernement de
1830 plusieurs journaux,, et ~'C~-
vers entre autres, se sont fondés uni-
quement pour y prendre part et pour les
soutenir. Toutes les injures, tous les ou-
trages, toutes les calomnies ont été pro-
digués à l'Université aven une audace,
une verve et parfois une éloquence admi-
rables dans leur genre; les discours par-
lementaires, les journaux, les brochures,
les mandemens épiscopaux entretenaient
le iéu sans le laisser jamais tomber. Si
l'Université a rencontré de rudes adver-
saires, à la tête desquels brillait M. de
Montalembert, elle a eu aussi de grands
et d'illustres défenseurs, MM. Cousin,
Guizot, Thiers, Dupin, etc. Mais elle s'est
défendue surtout par elle-même, en pour-
suivant avec modestie et honnêteté sa
tâche laborieuse et féconde. Toutefois, si
l'Université n'a moralement rien perdu
dans cette lutte, matériellement elle en
est sortie vaincue. Ce n'était pas, comme
maintenant, pour le plaisir de calomnier
que ses ennemis s'élevaient contre elle avec
tant de colère non, ils poursuivaient un
but parfaitement défini et très pratique
ils voulaient détruire le monopole uni-
versitaire, obtenir la pleine liberté de
l'enseignement, reconquérir pour eux le
droit d'enseigner. Voilà pourquoi leur pa-
role était animée des ardeurs d'une guerre
de conquête, sans ménagemens, sans mo-
dération et sans justice. La fin ne justifie
pas les moyens, mais elle les explique, et
l'on comprend très bien les exagérations
de langage qui se produisaient à la tri-
bune et dans la presse. L'enseignement
les cléricaux le regardaient comme leur
domaine naturel, et ils n'y avaient pas
de place! Le terrain était occupé par des'
intrus dont il était impossible de dire
trop de mal aussi ne s'en privait-on pas
Encore une fois, ces passions avaient leur
raison d'être et, dans une certaine me-
gure, leur légitimité; mais si nous les
excusions alors, comment les excuser.
aujourd'hui ? Que reste-t-il du monopole
universitaire? H y aura bientôt trente
ans que la liberté de renseignement se-
condaire à été proclamée la grande brè-
che était faite, il n'y avait plus de motifs
sérieux pour refuser la liberté de l'ensei-
gnement supérieur; et nous avons vu
cette liberté prêchée, défendue et nnale-
pient obtenue d€ l'Assemblée Nationale,
par qui? par M. Laboulaye, un universi-
taire. L'Université a accepté la concur-
rence, et beaucoup de ses membres l'ont
appelée; ils ne la craignaient pas et, à
notre avis, ils faisaient bien J
? .Mais alors, que sigoiSent les attaques
injurieuses des cléricaux contre F-Uni-
versité ? Le sens et la nature n'en sont-
ils pas complétement changés? Autrefois,
c'était le monopole qu'on voulait attein-
dre, et le combat avait une certaine no-
blesse aujourd'hui, c'est tout simplement
sans fortune,.a été amenée de l'Ile-
Bourbqn en France par le capitaine
Bernard; elle est instruite, bien élevée,
tout à fait charmante, et le jeune Léopold
ne manque pas de lui faire la cour, en-
couragé par des façons un peu libres qui
sont le résultat de l'éducation anglaise de
Marie. Mais ces façons n'empêchent pas
que Marie ne soit une jeun6 fille fort hon-
nête et peu disposée a prendre au sérieux
les galanteries de son adorateur. Elle s'en
amuse seulement, comme il convient à
son âge, sans y mettre trop de coquet-
terie et lorsque le jeune homme s'avise
de pousser les choses trop loin et de se
permettre une déclaration en règle qui ne
ressemble pas du tout à une demande en
mariage, Marie trouve un mot cruelle-
ment spirituel pour lui faire sentir sa sot-
tise. Comme ils arrivent tous les deux
d'une promenade à cheval, Marie, qui s'é-
tait jetée dans un fauteuil pour se repo-
ser, tient encore sa cravache à la main.
EMe se redresse vivement, le rouge au
front, indignée de ce qu'elle vient d'en-
tendre; puis, levant le bras comme pour
cingler le visage de l'impertinent, elle se
ravise tout à coup, et, avec un sourire
dédaigneux « Ah! mon pauvre Léopold,
que vous êtes bête Nous qui étions si
bons &mis Plus tard, répondant a quel-
qu'un qui l'interroge au sujet de Léopold:
K Oui, dit-elle, il m'a fait la cour, et je
dois ajouter qu'il m'a avoué avec une
loyauté parfaite que ses intentions n'a-
vaient rien d'honorable. La jeune créole
la concurrence qu'on veut éteindre. Me'û*
de plus naturel sans doute, maïs rien'
de moins généreux. Les calomniés s'ex–
pliquenttoujours, matsnousne voyons plu%
ce qui les excuse. Il y a trente ou quarante.
ans, nous étions en présence d'une reven-<
dication de liberté; aujourd'hui, nous n~a"
vons affaire qu'à une réclame pour telle mai-
son qu'il ne faut pas confondre avec telle
autre et qui n'est pas située au même en-
droit. Ces réclames sont permises; mais,
lorsqu'elles sont faites avec frénésie, elles
sont peu édifiantes, même dans la bou-
che ou sous la plume d'un catholique.
Au reste, il fallait s'attendre à voir la.
lutte pour la domination succéder à la.t
lutte pour la liberté, et nous ne som-
mes pas surpris que, dans un parti
où les imaginations sont assez courtes,'
on Se trouve réduit à employer les*
armes émoussées
un combat contre l'Université, soit nous
ne demandons pas mieux Avec M. Bar-
doux, nous dirons que l'Université est)
fille de la Révolution, ce qui signifie tout
simplement qu'elle est française, car c'est-
la Révolution qui a fait la France actuelle
avec ses sentimens, ses intérêts et ses'
passions. On peut médire tant qu'on vou-
dra d& la manière dont la Révolution s'est
faite; la critique y trouve une matière
abondante; mais, au bout du compte, il
faut reconnaître que, prise dans son en-
semble et ses résultats, la Révolution et'
la France sont deux expressions parfai~-
tement synonymes, et médire de l'une c'est
médire de l'autre. En se glorifiant d'être
fille de la Révolution, l'Université se rend'
justice. Elle a l'esprit et le cœur ouverts~
en effet, à toutes les aspirations moder-
nes elle est de son temps, elle en,;
respire l'air à pleins poumons; elle ~m
est la parfaite image. Les jeunes gens
qu'elle élève sont aussi de leur temps et,
en sortant de l'école, ne se trouveront
pas dépaysés dans leur pays. Ils le com-
prennent et en sont compris ils l'aiment
et en sont aimés. En songeant à l'ancien
régime, ils n'éprouvent plus ces haines
féroces qui ne s'expliquent que par Ja.
crainte d'un retour offensif; ils savent que,
l'ancien régime est mort et ils ne croient:
pas aux revenans ils rendent justice~
aux qualités et aux grandeurs de
France d'autrefois, mais ils croient qu'it y'
a plus de justice, d'humanité; d'honnêteté
et de liberté dans la France moderne,et~
non moins de grandeur véritable. En8n,
s'ils respectent le passé, ils ont foi en l'a-
venir, et ils sont pleins de. ce courage.
confiant et hardi que M. Bardoux le~B;
souhaite et leur conseille. Voilà dans quek
sens l'Université et ses élèves sont*'
fils de la Révolution et de là 'France
de 1789. Libre à la presse cléricale de
le trouver mauvais et déplorable tNous~
lui accorderons, si elle veut,, que telle;
autre éducation produit des effets absolu-~
ment contraires, éteint à la fois l'intelli-~
gence du
le pays des forces perdues:. L'UaMSBSité
fait des Français, et l'éducation cléri~al~,
fait des abonnés pour certains 'journaux~
il faut bien que tout le monde vive. "y
FRANCIS CHAUMES~ ""f
/.J~
i ~i :}
On nous écrit de Rome, 1~ tl avril
< La. situatipn parlementaire
gouvernement est condamné à une sorte de
paralysie. Jusqu'à présent, lenouvea.uca.BiMt'
n'a pris de parti sur quoi que ce soit. OU le't
comprend pendant quelques jours; mais, si
cette inaction se prolonge, ce ministère tom-
befà de lui-même et n'aura peut-être mèma;t
pas la force nécessaire pour provoquer des
élections devenues indispensables.
D L'expédient imaginé pour résoudre h~
question dé Florence commence à paraître't
a, comme on voit, de l'esprit, et du meil-
leur, etM.Augier lap&intâihsien qùel-~
ques traits caractéristiques.
Le second acte nous~ oMiduit daN~Itf'
maison habitée par Bernard et sa mèrë~
L'ordre, la décence, la dignité de cet hûn-~
nête et .calme intérieur font mej*veilleuse-
ment ressortir tout ce qu'il y a de fa.ux,~
de désordonné, de frivole dans le brillant' 3
hôtel des Fourchambault. Le contraste' est~
saisissant. On voit tout de suite-de quelle!
anection, de quel respect Bernard entoura
sa mère, et comment cette digne femme'
est l'âme de ce logis sérieux où; régnent~
sans partage les grandes vertus et les no-
bles sentimens. Bernard sait toute l'hts-'
toire de sa mère, mais le nom de. son père
lui est encore inconnu ce nom lui sera
révéla seulement le jour où il aura appris'
à refréner les mouvemens de colère qui
font bouillonner son sang lorsqu'il pense
à l'homme dont l'égoîsmë a fait le mal-
heur de la meilleure des femmes mais ce
jour est encore loin. Bernard, du reste, a
résolu de ne jamais se marier. H se ver-?'
ràitcontra.int à dévoiler le secret de sa i
naissance, et il ne veut pas que sa mèrè~
ait jamais à rougir d'avant personne.
M~Bernard cependant vient de dresser `
le bilan de la fortune de son 61~, et cette
fortune s'élève à deux millions. On apprend
en ce moment qu'un des principaux com-
merçant du Havre est en faillite, et que
le banquier Fourchàmbault, qui perd du
coup ~eux cent'quarante'Tnille~nc~
'va suspendre à son tour aea pai&-
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