Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-04-14
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Description : 14 avril 1878 14 avril 1878
Description : 1878/04/14. 1878/04/14.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÉDITION DB FAR'IS.
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ON S'ABONNE
me des Prêtres-Saint-Gennain-rA.uxerrois, 1~
Jf!BtX !&? t/ABfMWMSMBM'a'
Un an. Six mois. Troi~mo!
DépMtemens. 80 ?. <0 &. so f~
Paris. 72 ?. 36 &. t~M.
Lea tuMBBomens partent des l" e~c M
chnquemois.
Pa~Be~ est mŒMB~E'.o..< S@ ee~at*
Bépaa'tetmËm~, srn EtMSNëa'a. SS' ~eat.
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bHothècfues dM «ares de cheHURs <)~ fë!' belses.
& V.dpMaMO (CtuH}, chez M. Créâtes L. TofEero.
ON S'ABONNE
< en Belgique, en itatie.
dans le Luxembourg, en Turcfuie,
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon,
Mt moyen d'une valeur payable a Parts ou dt
tt&nd&ts-Doste, soit internationaux, soit français;
en Allemagne, en Autriche, en Russie.
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autreà pays,
~M renvoi d'une valeur payable &PM!<.
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S,p!aeede!a.BoErae; t
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de retard dans l'envoi du Journal.
PARIS
SAMEN 45 AVRIL
Le ~)K~, qui suit plus fidèlement que
ornais les mouv~mens de l'opinion pu-
blique en Angleterre, au risque même
de se contredire du jour au lendemain,
D'à pas partagé tout a fait notre impres-
sion sur la réponse du'prince Gortcha-
kon' & la circulaire du marquis de Sa-
lisbury. Nous avons été frappés surtout
de l'obstination avec laquelle le chance-
lier russe maintenait, au sujet du Con-
grès, « la phrase embrouillée et solen-
nelle » dont lord Beaconsneld a comparé
l'ambiguïté aux réponses classiques de
l'oracle de Delphes. Le Times, au con-
traire, tout en reconnaissant que la Rus-
sie se maintenait sur le terrain qu'elle
avait adopté et n'offrait aucun moyen de
tourner le principal obstacle qui la
sépare de l'Angleterre, a vu avec
plaisir le prince GortchakoS' faire
dans une forme modérée, une sorte d'ap-
pel à la diplomatie anglaise. Puisqu'on
nous demande, dit-il, de ne pas nous bor-
ner à des critiques négatives, mais de
fournir des « suggestions positives qui
puissent servir de base à de nouvelles
négociations, tout espoir de voir re-
nouer ces négociations n'est pas perdu.
Mais après avoir ainsi reconnu, et
peut-être même quelque peu exagéré la
bonne volonté de 1& Russie, le y~ af-
firme que l'Angleterre n'a rien à ajouter
à ses .précédentes déclarations, attendu
négatives qu'on le prétend à Saint-Pé-
tersbourg, et qu'elles contenaient parfai-
tement des K suggestions positives sur
lesquelles pourraient rouler les futujes
négociations. En disant ce qu'elle ne vou-
.Jait pas, l'Angleterre a dit implicitement
ce qu'elle voulait. Elle a dit qu'elle ne
voulait pas que l'influence russe dominât
seule en Orient; n'était-ce pas dire
-qu'elle voulait que l'Europe continuât à
exercer une autorité collective sur la
Turquie? Sans doute, chaque puissance a
des intérêts distincts à garantir mais la
sauvegarde des droits particuliers est
dans le respect des droits généraux. Ceux
de l'Angleterre sont consacrés aujour-
d'hui par des conventions et des traités
que l'Europe tout entière a signés. Ce
n'est pas avec la Russie que l'Angle-
terre a conclu ces conventions et ces
traités, c'est avec toutes les grandes
nations européennes. Aussi renonce-t-elle
formellement au droit .qu'elle pourrait
avoir de préserver ses propres intérêts
» au moyen d'arrangemens séparés. » Elle
ne veut pas distinguer sa causedelacause
de tous, ni échanger la garantie euro-
péenne dont elle a joui jusqu'il contre la
.garantie fort précaire qui résulterait de
pareils arrangemens. Il appartiendra au
Congrès, s'il se réunit, de décider quelles
modifications doivent être apportées à
l'état de choses établi d'un accord una-
nime en 1856. Sans doute ces modi-
fications seront considérables, car tout
le monde est d'avis qu'il faut tecir
grand compte des derniers événemens;
mais ce n'est ni à la Russie ni à l'An-
gleterre d'arrêter a l'avance un règle-
.ment qui doit être préparé, discuté et
achevé en commun. Voilà pourquoi le ca-
bihetde Londres refuse d'opposer un pro-
gramme anglais au programme russe. En
agi?sant ainsi, il ne fait pas de la critique
Négative il indique au contraire très po-
sitivement la seule solution qui permette
de sortir des difficultés actuelles et de
prévenir les périls qu'une solution din'é-
rente déchaînerait tût ou tard sur l'Eu-
rope.
Nous voudrions croire que le y~~
a raison, et que le prince GortchakoQ'
n'oppose pas une im de non-receveir ab-
solue aux légitimes prétentions de l'An-
gleterre Le télégraphe nous a signalé un
article du yoM?'Ka/ de /S'qui semblerait indiquer de la part du gou-
vernement russe des intentions plus con-
ciliantes. Mais ce ne sont ià, il faut en
convenir, que de très faibles indices.
'Ce qui pourrait exercer sur les résolutions
de la Russie une influence décisive, ce
eerait que l'Autriche, se plaçant résolument
sur le même terrain que l'Angleterre, dé-
fendît avec la même énergie qu'elle la
politique des intérêts généraux. Or, il sem-
Heque le gouvernement devienne est
entré en effet dans la voie où le gouver-
nement anglais marche depuis un mois
avec tant d'éclat. Le correspondant vien-
nois du ~MM~, dont les renseignemens.
sont puisés à la meilleure source, nous
donne à ce sujet des détails instructifs
e Quoique, sur Fimtiative prise parla Russie
Yors de la mission du général Ignatien, le
gouvernement de Vienne ge soit empressé
d'exposer ses vues sur le traité de Saa-Ste-
fano, il n'a pas permis au cabinet de Saint-
Pétersbours; de supposer qu'il serait disposé
à conclure "avec lui un arrangement séparé.
Même si la Russie était prête adonner satisfac-
tion à toutes les objections qu'a présentées le
comte Andrassy, ces pourparlers séparés ne
pourraient être considérés que comme une
sorte de préparation à une entente euro-
béeane. Dans la Note que le gouvernement
autrichien a envoyé à Saint-Pétersbourg à
h suite du voyage du général IgnatieH,
le caractère européen de la question qui
est en discussion a été surtout accen-
tué, et l'idée d'un arrangement particulier
a été catégoriquement repoussé, de ma-
nière qu'aucun doute ne puisse subsis-
ter sur ce point. Que le cabinet de Ssdnt-
Pétersbourg veuiïïo ou non continuer ces
pourparlers, les enbr!.s de. l'Autriche auront
principalement pour but d'amener la réunion
d'un Coagres sérjeux. s
Le correspondant du ~MM n'est pas le
seul à affirmer ce caractère européen de la
politique autrichienne. On lira plus loin
une lettre de notre propre correspondant de
Vienne que nous recommandons à l'atten-
tion de nos lecteurs, car elle contient des
observations et des renseignemens d'une
grande importance, et dont l'origine est des
plus autorisées. Notre correspondant noua
reproche de sacriner in justement l'Autriche
à l'Angleterre. Les deux pays, dit-il, sui-
vent absolument la même politique il y
a quelque din'érence dans la forme, il n'y en
a pas dans le fond. Les ministres anglais
parlent un langage passionné, hautain,
retentissant, tandis que le, comte An-
drassy s'expfime avec prudence et modé-
ration. Nais il dit la mêm.e~chose qu'eux,
et il ne la dit pas avec moins de l'ërmeté.
Que demandent, en effet, les ministres
anglais ? que le traité de San-Stefano
soit annulé ou radicalement modifié
par le Congrès. N'est-ce pas précisément
ce que le comte Audrassy a demandé au
général IgnatiefT, et s'il s'est exprimé
d'une manière discrète, s'il s'est conformé
aux usages diplomatiques, si, au lieu de
lancer dans le monde une bruyante circu-
laire, il s'est contenté d'adresser à Saint-
Pétersbourg une Note qui n'a point été
publiée, on peut être sûr que ses déclara-
tions n'en ont pas été pour cela moins
nettes et moins énergiques. Lord Beacons~-
neld et lord Salisbury ont proclamé qu'ils
ne voulaient pas déchirer souveraine-
ment de leurs propres mains le traite
de San-Stefano, mais qu*iis voulaient
le soumettre à un Congrès qui pour-
rait en discuter et, au besoin, en mo-
diner tous les articles. N'est-ce pas
précisément le but que poursuit le comte
Andrassy depuis la signature du traité ?
Le point de vue de l'Angleterre est celui
de l'Autriche, la situation des deux
pays est semblable. Qu'a donc fait
l'Angleterre de plus que l'Autriche ?
Elle a demandé au Parlement C millions
de livres sterling; l'Autriche a demandé,
de son côté, aux Délégations, 60 millions
de florins.– L'Angleterre a convoqué ses
réserves; l'Autriche a fait mieux peut-
être la mobilisation est toute préparée,
lesordressontsignés.il nereste plus qu'à y
mettre ladate; en quarante-huit heures l'ar-
mée serait sur le pied de guerre. Pourquoi
donc gloriGer l'Angleterre et rabaisser
l'Autriche? Si l'une est digne d'éloges,
l'autre ne l'est pas moins; et si lord Bea-
consficld et lord Salisbury méritent l'ap-
probation de l'Europe, le comte Andrassy
ne doit pas être traité autrement qu'eux.
Tel est, en résumé, le plaidoyer de no-
tre correspondant. Hâtons-nous de le
dire, nous sommes heureux de l'avoir
provoqué, et nous en acceptons sans hé-
siter les conclusions. Nous ne pouvons
cependant pas laisser dire que nous
ayons « glorifié » l'Angleterre et K ra-
baissé M l'Autriche. Depuis combien de
temps glorifions-nous l'Angleterre? de-
puis qu'elle est revenue aux grandes
traditions de sa politique, c'est-à-dire
depuis quelques semaines à peine. Nous-
l'avons attaquée, avant cela, avec la der-
nière vivacité, et nous nous sommes
permis de porter sur ses hommes d'Etat
des jugemens dont la sévérité pouvait
presque paraître excessive. Jamais, au
contraire, même au moment où la po-
étique de l'Autriche nous semblait des
plus regrettabifs, nous n'avons traité
le comte Andrassy comme nous trai-
tions lord Derby ou lord Carnarvon. D'où
venait cette différence? On va le voir.
Lorsque les ministres anglais suivaient
une mauvaise voie, Us n'avaient aucune
excuse ils étaient parfaitement libres
de leurs résolutions, et si celles qu'ils
prenaient étaient condamnables toute
la faute devait en retomber sur eux.
Il n'en était pas de même du comte An-
drassy. Que de fois n'avons-nous pas
répété que ses vues personnelles étaient
supérieures à la. politique flottante et équi-
voque à laquelle il était enchaîné Mais il
avait à lutter, on le sait, contre les plus
hautes influences de cour et contre les
malheureuses suggestions de l'Allemagne.
L'amitié personnelle de M. de Bismarck,
cette amitié que le chancelier allemand
a célébrée avec tant d'effusion dans
son discours du 19 février, a souvent
étreint le comte Andrassy; elle lui a
lié les bras dans des circonstances déci-
sives, et ce ne sera pas un médiocre
honneur pour le ministre austro-hongrois
d'avoir pu s'en dégager assez, au moment
des échecs russes à Plevna, pour empê-
cher l'Autriche d'aHer jouer en Bulgarie
le r0!e qu'y ont joué les Roumains. Sans
les patriotiques résistances du comte
Andrassy, les influences de cour et les
suggestions de l'Allemagne auraient
poussé l'Autriche dans l'alliance russe.
Le comte Andrassy a épargné cette faute
à son pays, et souvent nous nous som-
mes plu à proclamer qu'il avait rendu
ainsi le plus grand service non seule~
ment à l'Autriche, mais à l'Europe. Que
lui avons nous donc reproché dans
les articles auxquels notre correspondant
a répondu ? Deux choses seulement l'im-
prudence chevaleresque avec laquelle il a
cru à la parole de la Russie dans l'entre-
vue de Reichstadt, et l'indécision dont il a
fait preuve quelquefois dans sa conduite
envers la cour. Le comte Andrassy a
eu foi dans les promesses solennelles de
Reichstadt, comme l'Angleterre avait eu
foi dans les promesses non moins solen-
nelles de Livadia. Suivant un mot spirituel
d'un membre distingue du Parlement hon-
grois, « il s'est embarqué sur une parole
dTionneur embarcation très fragile et
qui ne convient guère à un homme d'Etat
naviguant près des récifs russes. Il a eu
tort, également, selon nous, de nepas poser,
au besoin, la question de. cabinet en haut
comme il l'a fait dernièrement devant
les Délégations. Peut-être a-t-il craint
d'être pris trop promptement au mot
et de laisser tomber le pouvoir en-
tre les mains d'un successeur qui n'au-
rait pas hésité à faire marcher l'armée
autrichienne à côté de l'armée russe.
C'était, ce nous semble, connaître
mal la force que l'adhésion des Hon-
grois, des Allemands et des Polonais au-
rait donnée à un ministre défendant
hautement la vraie politique de l'empire.
Quoi qu'il en soit de ces reproches ré-
trospectifs, nous devons convenir que
les informations de notre correspondant
nous causent une pleine satisfaction.
Que l'Autriche marche résolûment avec
l'Angleterre dans la campagne di-
plomatique à laquelle nous assistons
qu'elle garantisse l'équilibre de l'Europe,
qu'elle préserve la paix par la fermeté de
son attitude, et nous la placerons au pre-
mier rang des puissances que les défen-
seurs du droit et de la justice doivent res-
pecter et glorifier!
SOHRSE BE PAMS
C!sa/o
Comptant. ?1 ~5. 7X25 .40.
Fin cour 7t 8~1/2 ~2~12 .3E.
&/? e/s)
Comptajmoi75.l02.bL'?5~
t<5/
Comptantes 95 109 25.30.<
Fmcom'.lM 5.10915.i0.
PETITE BOURSE DU SOIR,
Emprunt 5 0/0. 109 fr. 25, 32 1/2, 27 30.
Egyptiennes 60/0.. 149 fr. 37 1/2.
'MSés~'atpMe pfËvëet
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
Constantinople, le 12 avril, soir.
Une circulaire de la Porte reconnaît le traité
de Sau-Stcfano comme une triste conséquence
des défaites subies, mais el)e est décidée à l'exé-
cuter loyalement. La Turquie serait néanmoins
heureuse que les clauses en fussent adoucies par
l'intervention amicale des puissances ou par la
modération spontanée de la Russie. Quoi qu'il en
soit, le gouvernement turc est résolu à exécuter
de larges et sérieuses réformes dans toutes les
provinces de l'empire.
Huit grands transports sont partis pour Odessa,
d'où ils ramèneront environ 10~000 prisonniers
turcs.
Bucharest, le 12 avril, h. 50 m.
Le gouvernement roumain protestera auprès
des puissances contre l'entrée en Roumanie de
nombreuses forces russes.
On croit que le Parlement émettra un vote de
protestation contre le traité de San-Stefano et
contre l'occupation deIaRoumanieparlesRusses.
Bucharest, )e 13 avril.
Le premier convoi de prisonniers turcs rapa-
triés quittera incessamment Bucharest et sera di-
rigé sur la Thessalie et l'Epire, par Widdin, Pirot
et Bitolia.
Berlin. le 13 avril.
La nouvelle, répandue à plusieurs reprises, au
sujet de négociations pendantes et de correspon-
dances importantes échangées entre l'empereur
d'Allemagne et le czar, est absolument controu-
vée.
Vienne, le 13 avril.
On parle de l'arrivée d'une lettre autographe
du czar à l'empereur d'Autriche.
M. Bratiano a eu hier ime entrevue avec le
comte Andrassy. Celui-ci partagerait, dit-on,
l'opinion du prince de Bismarck qui a conseillé
à la Roumanie une attitude plus réservée au su-
jet de la question de Bessarabie.
Londres, le 13 avri!.
Le .FMKM publie les dépêches suivantes
'Bucharest, le 12. On affirme que 20.000 hom-
mes, détachés du H" corps d'armée russe, occu-
peront Bucharest: le reste du corps d'armée oc-
cupera les stations du chemin de 1er de Giurgevo.
On s'attend à ce que d'autres troupes russes ar-
rivent sur le territoire situé à l'est d'Aluta.
Vienne, le 12. Les bruits concernant la ré-
union d'une conférence préparatoire sont préma-
turés.
Le .Dvantes
Péra, le 12. Les Russes avancent doucement
vers le Bosphore. Us ont demandé à la Porte l'é-
vacuation immédiate de Choumia, de Varna et de
Batoum. La PorLe n'a pas encore répondu.
Vienne, le i2. Les Russes se préparent à fer-
mer de nouveau les bouches du Danube.
Londres, le 13 avril.
Le ,Sles efl'orts de l'Allemagne pour concilier les vues
de la Russie avec celles de l'Angleterre sont bien
accueillis de part et d'autre. L'Allemagne tra-
vaille avec la plus grande ardeur pour amener
une solution paciûque.
L'ex-patriarche arménien est arrivé à Londres
pour plaider la cause des Arméniens auprès du
gouvernement anglais.
Madrid, le 12 avril, 7 h. 30 m. soir.
L'Angleterre a envoyé des agens avec mission
d'acheter'une grande quantité de céréales en Cas-
tille.
Rome, le 12 avri!, 9 h. 50 m. soir.
L'T~M dément la nouvelle donnée par quel-
ques journaux étrangers. et d'après taquelte le
.Pape aurait modifié son Encyclique à la suite de
la réponse de l'empereur d'Allemagne à la lettre
par laquelle Léon XIII annonçait son avénement
au trône pontifical.
L'Encyclique a été expédiée dèe le 28 mars aux
évêques les plus éloignés.
H y a. quelques jours, la correspondance
Havas a communiqué aux journaux la
Note suivante
« A propos de la nouvelle organisation qui
v~ent d'être donnée au ministère de la guerre,
on a parle de l'état-major général et de lois
nouvelles destinées à le régir. H règne dans
les esprits une certaine incertitude sur le but
que doit remplir ce service.
f L'état-major général est chargé de ce
qu'on peutappeleria préparationde la guerre.
de l'étude constante de tous les moyens qui
peuvent concourir à la défense du pays.
A la tête de cet important service, le chef
d'état-major général s'occupe, par l'entremise
dul< bureau, de questions relatives à l'orga-
nisation générale et à la mobiiisation de l'ar-
méa. Le 2* bureau le renseigne sur la statis-
tique, les modifications et les progrès réalisés
par les armées étrangères. Le 3° bureau s'oc-
cupe, sous sa haute surveillance, de l'étude
des théâtres possibles d'opérations militaires
et de l'instruction générale dti l'armée.
L'importante combinaison du transport
des troupes par les voies ferrées est faite par
le 4" bureau.
Eonn le H° bureau est préposé aux tra-
vaux de l'ancien Dépôt de la guerre géodé-
sie. topographie, exécution des cartes, étude
des applications possibles de nouveaux pro-
céder de photographie, da galvanoplastie, de
gravure, etc.
f Le chef d'état-major général préside à
tous ces travaux faits par tes officiers d'é-
tat-major général. Ayant à diriger une nota-
ble partie du personnel d'état-major, il est
naturellement chargé de coût ce personnel
pour y choisir les aptitudes, lea utiliser et
diriger l'instruction dans le sens le plus avan-
tag'mx.
Par suite de cette situation spéciale, le
rôle du chef d'état-major général se trouve
un peu en dehors du grand courant des affai-
res journalières de l'administration centrale;
son œuvre est une œuvre latente, toute de
préparation et d'études pour l'avenir, œuvre
toujours perfectible, qui nécessite une longue
suite de vues constamment dirigées vers le
même objet.
II est inadmissible, en face de ces consi-
dérations, que ce soit toujours par une dé-
plorable erreur ce chef d'etat-major, le moins
engagé de tous les directeurs dans le mouve-
ment administratif de chaque jour, qui soit
le seul dont on veuille soumettre la situation
aux fluctuations de la politique, et qui ne soit
pas, au contraire, le personnage immuable
par excellence, gardien de la tradition, sui-
vant en silence la préparation de la défense
et en restant, à un jour donne, Féditeur res-
ponsable, alors que les ministres se seront
succédé, emportant avec eux leur responsa-
bilité d'un jour.
Cette Note nous semblerait irréprochable
si elle finissait avant le dernier paragraphe.
Il est vrai, en effet, que le rôle du chef d'é-
tat-major général se trouve un peu en
dehors du grand courant des anaires jour-
nalières de l'administration centrale; il est
vrai aussi que son oeuvre « est une œuvre
a latente, toute de préparation et d'études
» pour l'avenir, œuvre toujours perfec-
B tible, qui nécessite une longue suite de
vues constamment dirigées vers le même
'objets M Au lieu de la malencontreuse
phrase finale qui a provoqué une émo-
tion si vive et si légitime à nos yeux,
nous dirons pourquoi tout à l'heure, ce'
qu'une plume moins militaire et plus
souple eût pu dire avec raison, mais
ce qu'elle n'6ût certainement pa.s dit
en ce moment, c'est qu'il est désirable
que le chef d'état-major du minis-
tre de la guerre et si l'on veut le
ministre lui-même soient soustraits au-
tant que possible aux fluctuations fré-
quentes qu'entraîne dans un pays démo-
cratique l'acclimatation du gouvernement
parlementaire. Un sentiment de patrio-
tisme fait que tout le monde est au fond
du même avis à cet égard, pourvu que
l'on s'abstienne de formuler trop bru-
talement le principe de l'ma.movibiuté.
Tout le monde est si bien d'accord sur ce
point, que nous avons vu respecter pen-
dant plus de trois ans, à travers toutes les
crises ministérielles et par une sorte d'en-
tente tacite des partis, la situation d'un chef
d'état-major que le maréchal de Mac-Mahon
avait placé intentionnellement auprès du
ministre de la guerre pour entretenir l'es-
prit de suite dans Fœuvre de notre réor-
ganisation militaire. Pendant trois ans
différons ministres se sont succédé à
l'hôtel de la rue Samt-Dominique, et
la stabilité du chef d'état-major a été res-
pectée le général Gr~sley est re~té à son
poste jusqu'à ce qu'un cabinet, non pas
même celui du 16 mai, mais un cabinet éphé-
mère de coup d'Etat, venu après, faisant
bon marché des traditions presque établies,
ait éloigné en même temps que le général
Berthaut son collaborateur purement miH-
taire, l'homme qui représentaitle travailde
plusieurs ministres et qui depuis nos dés-
astres avait renoué tous les fils de notre
réorganisation. C'est à ce moment qu'il
eût été naturel de faire ressortir les in-
convémens des changemensdepersonnes.
Pourquoi ne l'a-t-on point fait ? Et quand
tout le monde s'est tu alors, quand les in-
térêts de l'armée ont été sacrifiés à la
plus détestable des politiques, il est dif-
ficile- au sentiment public d'admettre
que l~ou invoque aujourd'hui ces intérêts,
pour garantir la situation de ceux que
cette même politique, heureusement et
définitivement condamnée, avait jugé utile
pour elle mais non point pour le pays de
placer au gouvernail.
Nous reconnaissons l'inteiligence, l'ac-
tivité, le mérite supérieur d'hommes
comme M. le général de Miribel; mais
ceux qu'ils ont remplacés ne se recom-
mandaient pas moins. Ils avaient même
pour eux la pleine possession du service,
qui ne s'acquiert qu'avec le temps. On les
a sacrifiés cependant, comme pour nous
démontrer qu'il n'y à pas d'hommes in-
dispensables. Ce qui semble maintenant
indispensable, c'est de faire entendre
une bonne fois aux hommes jeunes, in-
telligens, dévoués et riches, dans toutes
les branches des services publics, que la
meilleure et sans doute la seule bonne
manière d'être utile à sc servir en se plaçant du côté du gouver-
nement que la majorité de la nation s'est
donné, au lieu de s'élever par surprise,
grâce aux influences persistantes des par-
tis qui s'agitent contre elle.
En somme, il importe assez peu de sa-
voir qui a rédigé et envoyé à l'agence
Havas cette Note que nous publions plus
haut. Démain, le ToM~a~ o/%e~ doit dé-
clarer que le général Borel et le gén~ra.1
de Miribel n'y sont pour rien cela change
peu au fond des choses. Cette Note, inop-
portune si l'on veut, a eu l'avantage d'at-
tirer l'attention sur une situation fausse
Autant il est inadmissible en principe que
le chef d'état-major du ministre soit
plus inamovible que le ministre lui-même,
autant il est désirable en fait que le choix
du gouvernement porte sur des per*
sonnes telles que la majorité du pays
puisse leur faire crédit d'une certaine du-
rée. Notre réorganisation militaire, qui
coûte tant d'argent, souffre trop de ces
perpétuels changemens, et l'armée, qui ne
fait pas de politique et n'en veut point
faire, sera reconnaissante au Président
de la république et au cabinet de lui dé-
signer des chefs qui auront chance d'être
durables parce qu'ils seront libres d'en"
gagemens avec les partis.
La guerre qui depuis deux ans boule-
verse l'Europe orientale, et qui en
changera probablement la face, va faire
entrer l'Angleterre dans une ère com-
plètement nouvelle. Soit qu'elle prenne
immédiatement les armes contre la Rus-
sie, soit que. par une pression, des me-
naces, de simples préparatifs, elle ob-
tienne de sa rivale de suffisantes conces-
sions, il est certain que la Grande-Bre-
tagne ne pourra, dans le prochain avenir,
conserver la douce quiétude oublie vivait
depuis tant d'années. La garde de son
vaste empire indien, de ses relations avec'
l'extrême Orient, l'obligera à dés mesures
de précaution, à un développement de sa
puissance militaire qu'elle avait jusqu'a-
lors un peu négligée. De nation complé-
tement pacifique, se désintéressant pres-
que des conflits entre les différens peu-
ples, l'Angleterre va devenir une nation
un peu comme les autres, ayant de nou-
veaux soucis, obligée de surveiller sa
politique extérieure, soumise enfin à la
lutte pour l'existence.
Au moment où se révèlent ces condi-
tions nouvatles de la destinée de l'Angle-
terre, il n'est pas inopportun de jeter un
coup d'œil sur la situation économique
de ce pays, de se rendre compte des pro-
grès qu'il a faits, de la prospérité qu'il a
atteinte dans le demi-siècle ~e paix dont
il a joui presque sans interruption depuis
1815. On n'apprendrait rien à personne
en disant que la Grande-Bretagne ~st la
plus riche contrée du monde, qu'elle a
des ressources financières presque illi-
mitées, et qu'elle pourrait supporter pen-
dant de longues années sans défaillir une
lutte armée. Mais, au lieu de propositions
aussi vagues, on peut se demander quel-
les sont exactement l'étendue et l'élasti-
cité de ses ressources, quelle est la me-
sure dans laquelle les intérêts commer-
ciaux et pécuniaires du peuple anglais
seraient affectés ou compromis par une
guerre.
Depuis un an environ, il y a eu en An-
gleterre des polémiques nombreuses sur
la puissance commerciale et financière de
la Grande-Bretagne. La crise qui afflige
depuis 1873 la plupart des pays du jnonde,
l'excédant constant et croissant des im-
portations sur les exportations anglaises,
les grèves incessantes, les exigences
parfois déraisonnables des ouvriers
avaient jeté de l'inquiétude dans beau-
coup d'esprits. La prospérité de l'An-
gleterre est compromise, disaient certaines
personnes le peuple anglais mange son
capital l'industrie va émigrer d'Angle-
terre en Amérique telles étaient les as-
sertions ou les lamentations des pessi-
mistes. D'autres observateurs, d'un carac-
tère plus froid, d'un esprit plus calcula-
teur, combattaient cette thèse et démon-
traient que la Grande-Bretagne n'avait
rien perdu de sa supériorité économique
et financière. Le principal des écrivains
pessimistes était M. Rathbone, membre
du Parlement ceux qui ont soutenu, au
contraire, avec le plus de force la thèse
opposée, sont M. MundeMa, aussi membre
du Parlement; M. Robert Giffen, chef de
la statistique du~o~o/a~ë. M.Jo-
seph T. Pim.
Toutes ces discussions ontjeté beaucoup
de jour sur le degré de puissance com-
merciale et financière de la Grande-Bre-
tagne. En s'appuyant sur les statistiques
de l'zMCO~c-c, M. Ginen a démontré le
prodigieux accroissement du revenu des
habitans du Royaume-Uni depuis lé com-
mencement du siècle, et surtout depuis
une vingtaine d'années. Les revenus as-
sujettis à l'~MOMM-~M; ne montaient qu'à
2 milliards 375 millions de francs dans les
premières années du dix-neuvième siècle;
en 1615, ils s'élevaient à. 3 milliards
250 millions; en 1&43, ils atteignaient
6 milliards 275 minions de francs; ils res-
tent à peu près stationnaires pendant
une période de dix années; en 1853, ils
montent & 6 milliards 550 millions; en
1855, à 7 milliards 700 millions; en 1865,
ils touchent presque 16 chiffre de 10 mil-
liards en6n, en 1875, ils s'élèvent pres-
que à 14 milliards et demi de iranes, exac-
tement 571 millions de livres sterling
c'est en dix ans une augmentation de
près de 44 0/0.
Ce chiffre de 14 milliards de francs est
très loin de représenter l'ensemble du re-
venu des habitans du Royaume-Uni. II ne
s'agit là que des revenus taxés or, la loi
accorde l'exemption complète de l'impôt
à tous les revenus inférieurs à 2,500 fr.,
c'est-à-dire à la plupart des revenus des
ouvriers en outre, il y a toujours quel-
ques fraudes parmi les revenus déclarés
il y a aussi certaines branches de revenus
que la loi peut difficilement atteindre,
par exemple les produits des capitaux
placés à l'étranger, et ceux-ci montent
à des sommes énormes.
On calcule que 'la population de la.
Grande-Bretagne s'est accrue, depuis1855,
dans la proportion de 1 0/0 par an, et que
le capital national a augmenté annuelle-
ment de 3 ou 4 0/0. M. Robert Giffen n'es-
time pas à moins de 2 milliards 400 mil-
lions sterling ou 60 milliards de francs
l'augmentation dé la richesse nationale
depuis 1865 ce serait une somme trois
fois égale au montant de la dette publi-
que. Certes, s'il est vrai, à la fin du dix-
neuvième siècle, que l'argent soit le nerf
de la guerre, la Grande-Bretagne serait
une nation dans les meilleures disposi-
tions imaginables pour soutenir une lon-
gue lutté.
Il est peu de pays où les impôts soient
relativement aussi peu élevés qu'en An-
gleterre. D'après le dernier rapport de la
Trésorerie britannique, le total des recet-
tes de l'année fiscale qui vient 'de finir au
l" avril 1878 s'est élevé à 79,763,000 li-
vres sterling, chiffre légèrement inférieur
à 2 milliards de francs les budgets fran-
çais sont de 7 à 800 millions plus considé-
rables, quoique la richesse de la .France
doive être; dans une certaine mesure, in-
férieure à celle dëTAngleterre. Les taxes
locales, il est vrai, sont fort lardes de
l'autre côté de la Manche elles y montent
à peu près à 800 millions de francs, por-
tant ainsi à 2 milliards 800 millions, l'en-,
semble des charges annuelles que sup- `
porte le Royaume-Uni pour les frais de
gouvernement et d'administration. On
peut dire, sans exagérer, que ces charges
pourraient être accrues de 50 0/0 sans que
le fardeau devînt intolérable, sans même
qu'il fût aussi pesant que l'ensemb!e des
impôts supportés par la population an-
glaise pendant les guerres du premier Em-
pire. Les intérêts de la dette britannique
ont diminué d'environ 150 millions de
francs depuis 1815, soit par l'amortisse-
ment, soit, beaucoup plus, par la prati-
que constante des conversions de dettes
portant un intérêt élevé, en dettes portant
un intérêt moins élev~.
Ce sera certes pour l'Angleterre l'opé-
ration la plus ttisës du monde que de se
procurer, le jour où elle le voudra, 4 ou
5 milliards de francs. Son crédit, qui est
aujourd'hui au taux de 3 1/4 0/0 environ,
ne descendrait à 4 0/0 que dans le 6as de
grandes catastrophes. Le plus bas cours
qu'aient coté les Consolidés depuis 1815
est celui de 79 7/8 en 1~48 or, cette ca-
pitalisation représente encore un in-
térêt inférieur à 4 0/0. Si la Grande-
Bretagne avait besoin de 5 milliards,
elle les trouverait assurément en
se chargeant d'une annuité qui ne dépas-
serait en aucun cas 180 millions par an.
Accroître de 180 millions les revenus an-
nuels du Trésor anglais, ce serait aussi
là la chose la plus simple du monde un
chancelier de l'Echiquier n'aurait pas be-
soin, pour y parvenir,' de se mettre l'es-
prit à la. torture; il lui suffirait de réta-
blir quelques uns des nombreux impôts
qui ont été abolis dans ces dernières an-
nées la taxe sur 'le sucre par exem-
ple, qui n'existe plus depuis 1875,
et qui, en 1863, alors que le peuple
anglais était moins riche qu'aujourd'hui,
produisait 160 millions de francs; ou bien
de relever les droits sur le thé et sur le
café, qui ont été à différentes reprises
diminués depuis 1864. Mais il est proba-
ble que le chancelier de l'Echiquier et le
Parlement préféreraient s'adresser à 1'
comc- Aujourd'hui, cet impôt est perçu
au taux tout à fait insignifiant de 3 pence
par livre sterling il équivaut à un droit
de 1 fr. 20 c. par 100 fr. de revenu:
il admet en outre des exemptions totales
pour les petits revenus et des modérations
de droit pour les revenus moyens;
néanmoins il [produit encore plus de
140 millions de francs. En élevant à 5
ou 6 0/0, ce qui ne serait pas excessif,
le taux de l'impôt sur le revenu, comme `
la matière imposable qui a été con-r
statée par les déclarations des der-
nières années dépasse 14 milliards de
francs, on aurait une recette nscale d'au
moins 650 ou 700 millions de francs, même
en tenant compte des demi-exemptions ac-
cordées aux revenus moyens. Ainsi, l'An-
gleterre pourrait se procurer immédiate-
ment, parla mesure la plus simple du
monde, une augmentation de recettes de
550 millions de francs environ, somme
MMm i4 Mm
mmm M Am
im
ON S'ABONNE
me des Prêtres-Saint-Gennain-rA.uxerrois, 1~
Jf!BtX !&? t/ABfMWMSMBM'a'
Un an. Six mois. Troi~mo!
DépMtemens. 80 ?. <0 &. so f~
Paris. 72 ?. 36 &. t~M.
Lea tuMBBomens partent des l" e~c M
chnquemois.
Pa~Be~ est mŒMB~E'.o..< S@ ee~at*
Bépaa'tetmËm~, srn EtMSNëa'a. SS' ~eat.
In ~.oMdtMt, apply to Cewtc and C", foreign
aewspapers o!.Ëce, l' Gresham street, Cr. P. n.;
B6M. Be!tzy, Et&vift etC'. i.Finch taneCoMoinI!,
..E. G., London; M~B. ~Bf. )StMt!th et N«M,
A BruxeUes, & ro/
bHothècfues dM «ares de cheHURs <)~ fë!' belses.
& V.dpMaMO (CtuH}, chez M. Créâtes L. TofEero.
ON S'ABONNE
< en Belgique, en itatie.
dans le Luxembourg, en Turcfuie,
en Chine et au Japon,
Mt moyen d'une valeur payable a Parts ou dt
tt&nd&ts-Doste, soit internationaux, soit français;
en Allemagne, en Autriche, en Russie.
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autreà pays,
~M renvoi d'une valeur payable &PM!<.
Tt
Les.Mmoncessoiiti'eçMS t
c!m NtEB. B~Mehey, t
S,p!aeede!a.BoErae; t
ttMbureamdu~MïtN'~t
eues doîvept toujours 6tre a~Éées par la réd&otion.
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le a avril sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal.
PARIS
SAMEN 45 AVRIL
Le ~)K~, qui suit plus fidèlement que
ornais les mouv~mens de l'opinion pu-
blique en Angleterre, au risque même
de se contredire du jour au lendemain,
D'à pas partagé tout a fait notre impres-
sion sur la réponse du'prince Gortcha-
kon' & la circulaire du marquis de Sa-
lisbury. Nous avons été frappés surtout
de l'obstination avec laquelle le chance-
lier russe maintenait, au sujet du Con-
grès, « la phrase embrouillée et solen-
nelle » dont lord Beaconsneld a comparé
l'ambiguïté aux réponses classiques de
l'oracle de Delphes. Le Times, au con-
traire, tout en reconnaissant que la Rus-
sie se maintenait sur le terrain qu'elle
avait adopté et n'offrait aucun moyen de
tourner le principal obstacle qui la
sépare de l'Angleterre, a vu avec
plaisir le prince GortchakoS' faire
dans une forme modérée, une sorte d'ap-
pel à la diplomatie anglaise. Puisqu'on
nous demande, dit-il, de ne pas nous bor-
ner à des critiques négatives, mais de
fournir des « suggestions positives qui
puissent servir de base à de nouvelles
négociations, tout espoir de voir re-
nouer ces négociations n'est pas perdu.
Mais après avoir ainsi reconnu, et
peut-être même quelque peu exagéré la
bonne volonté de 1& Russie, le y~ af-
firme que l'Angleterre n'a rien à ajouter
à ses .précédentes déclarations, attendu
tersbourg, et qu'elles contenaient parfai-
tement des K suggestions positives sur
lesquelles pourraient rouler les futujes
négociations. En disant ce qu'elle ne vou-
.Jait pas, l'Angleterre a dit implicitement
ce qu'elle voulait. Elle a dit qu'elle ne
voulait pas que l'influence russe dominât
seule en Orient; n'était-ce pas dire
-qu'elle voulait que l'Europe continuât à
exercer une autorité collective sur la
Turquie? Sans doute, chaque puissance a
des intérêts distincts à garantir mais la
sauvegarde des droits particuliers est
dans le respect des droits généraux. Ceux
de l'Angleterre sont consacrés aujour-
d'hui par des conventions et des traités
que l'Europe tout entière a signés. Ce
n'est pas avec la Russie que l'Angle-
terre a conclu ces conventions et ces
traités, c'est avec toutes les grandes
nations européennes. Aussi renonce-t-elle
formellement au droit .qu'elle pourrait
avoir de préserver ses propres intérêts
» au moyen d'arrangemens séparés. » Elle
ne veut pas distinguer sa causedelacause
de tous, ni échanger la garantie euro-
péenne dont elle a joui jusqu'il contre la
.garantie fort précaire qui résulterait de
pareils arrangemens. Il appartiendra au
Congrès, s'il se réunit, de décider quelles
modifications doivent être apportées à
l'état de choses établi d'un accord una-
nime en 1856. Sans doute ces modi-
fications seront considérables, car tout
le monde est d'avis qu'il faut tecir
grand compte des derniers événemens;
mais ce n'est ni à la Russie ni à l'An-
gleterre d'arrêter a l'avance un règle-
.ment qui doit être préparé, discuté et
achevé en commun. Voilà pourquoi le ca-
bihetde Londres refuse d'opposer un pro-
gramme anglais au programme russe. En
agi?sant ainsi, il ne fait pas de la critique
Négative il indique au contraire très po-
sitivement la seule solution qui permette
de sortir des difficultés actuelles et de
prévenir les périls qu'une solution din'é-
rente déchaînerait tût ou tard sur l'Eu-
rope.
Nous voudrions croire que le y~~
a raison, et que le prince GortchakoQ'
n'oppose pas une im de non-receveir ab-
solue aux légitimes prétentions de l'An-
gleterre Le télégraphe nous a signalé un
article du yoM?'Ka/ de /S'
vernement russe des intentions plus con-
ciliantes. Mais ce ne sont ià, il faut en
convenir, que de très faibles indices.
'Ce qui pourrait exercer sur les résolutions
de la Russie une influence décisive, ce
eerait que l'Autriche, se plaçant résolument
sur le même terrain que l'Angleterre, dé-
fendît avec la même énergie qu'elle la
politique des intérêts généraux. Or, il sem-
Heque le gouvernement devienne est
entré en effet dans la voie où le gouver-
nement anglais marche depuis un mois
avec tant d'éclat. Le correspondant vien-
nois du ~MM~, dont les renseignemens.
sont puisés à la meilleure source, nous
donne à ce sujet des détails instructifs
e Quoique, sur Fimtiative prise parla Russie
Yors de la mission du général Ignatien, le
gouvernement de Vienne ge soit empressé
d'exposer ses vues sur le traité de Saa-Ste-
fano, il n'a pas permis au cabinet de Saint-
Pétersbours; de supposer qu'il serait disposé
à conclure "avec lui un arrangement séparé.
Même si la Russie était prête adonner satisfac-
tion à toutes les objections qu'a présentées le
comte Andrassy, ces pourparlers séparés ne
pourraient être considérés que comme une
sorte de préparation à une entente euro-
béeane. Dans la Note que le gouvernement
autrichien a envoyé à Saint-Pétersbourg à
h suite du voyage du général IgnatieH,
le caractère européen de la question qui
est en discussion a été surtout accen-
tué, et l'idée d'un arrangement particulier
a été catégoriquement repoussé, de ma-
nière qu'aucun doute ne puisse subsis-
ter sur ce point. Que le cabinet de Ssdnt-
Pétersbourg veuiïïo ou non continuer ces
pourparlers, les enbr!.s de. l'Autriche auront
principalement pour but d'amener la réunion
d'un Coagres sérjeux. s
Le correspondant du ~MM n'est pas le
seul à affirmer ce caractère européen de la
politique autrichienne. On lira plus loin
une lettre de notre propre correspondant de
Vienne que nous recommandons à l'atten-
tion de nos lecteurs, car elle contient des
observations et des renseignemens d'une
grande importance, et dont l'origine est des
plus autorisées. Notre correspondant noua
reproche de sacriner in justement l'Autriche
à l'Angleterre. Les deux pays, dit-il, sui-
vent absolument la même politique il y
a quelque din'érence dans la forme, il n'y en
a pas dans le fond. Les ministres anglais
parlent un langage passionné, hautain,
retentissant, tandis que le, comte An-
drassy s'expfime avec prudence et modé-
ration. Nais il dit la mêm.e~chose qu'eux,
et il ne la dit pas avec moins de l'ërmeté.
Que demandent, en effet, les ministres
anglais ? que le traité de San-Stefano
soit annulé ou radicalement modifié
par le Congrès. N'est-ce pas précisément
ce que le comte Audrassy a demandé au
général IgnatiefT, et s'il s'est exprimé
d'une manière discrète, s'il s'est conformé
aux usages diplomatiques, si, au lieu de
lancer dans le monde une bruyante circu-
laire, il s'est contenté d'adresser à Saint-
Pétersbourg une Note qui n'a point été
publiée, on peut être sûr que ses déclara-
tions n'en ont pas été pour cela moins
nettes et moins énergiques. Lord Beacons~-
neld et lord Salisbury ont proclamé qu'ils
ne voulaient pas déchirer souveraine-
ment de leurs propres mains le traite
de San-Stefano, mais qu*iis voulaient
le soumettre à un Congrès qui pour-
rait en discuter et, au besoin, en mo-
diner tous les articles. N'est-ce pas
précisément le but que poursuit le comte
Andrassy depuis la signature du traité ?
Le point de vue de l'Angleterre est celui
de l'Autriche, la situation des deux
pays est semblable. Qu'a donc fait
l'Angleterre de plus que l'Autriche ?
Elle a demandé au Parlement C millions
de livres sterling; l'Autriche a demandé,
de son côté, aux Délégations, 60 millions
de florins.– L'Angleterre a convoqué ses
réserves; l'Autriche a fait mieux peut-
être la mobilisation est toute préparée,
lesordressontsignés.il nereste plus qu'à y
mettre ladate; en quarante-huit heures l'ar-
mée serait sur le pied de guerre. Pourquoi
donc gloriGer l'Angleterre et rabaisser
l'Autriche? Si l'une est digne d'éloges,
l'autre ne l'est pas moins; et si lord Bea-
consficld et lord Salisbury méritent l'ap-
probation de l'Europe, le comte Andrassy
ne doit pas être traité autrement qu'eux.
Tel est, en résumé, le plaidoyer de no-
tre correspondant. Hâtons-nous de le
dire, nous sommes heureux de l'avoir
provoqué, et nous en acceptons sans hé-
siter les conclusions. Nous ne pouvons
cependant pas laisser dire que nous
ayons « glorifié » l'Angleterre et K ra-
baissé M l'Autriche. Depuis combien de
temps glorifions-nous l'Angleterre? de-
puis qu'elle est revenue aux grandes
traditions de sa politique, c'est-à-dire
depuis quelques semaines à peine. Nous-
l'avons attaquée, avant cela, avec la der-
nière vivacité, et nous nous sommes
permis de porter sur ses hommes d'Etat
des jugemens dont la sévérité pouvait
presque paraître excessive. Jamais, au
contraire, même au moment où la po-
étique de l'Autriche nous semblait des
plus regrettabifs, nous n'avons traité
le comte Andrassy comme nous trai-
tions lord Derby ou lord Carnarvon. D'où
venait cette différence? On va le voir.
Lorsque les ministres anglais suivaient
une mauvaise voie, Us n'avaient aucune
excuse ils étaient parfaitement libres
de leurs résolutions, et si celles qu'ils
prenaient étaient condamnables toute
la faute devait en retomber sur eux.
Il n'en était pas de même du comte An-
drassy. Que de fois n'avons-nous pas
répété que ses vues personnelles étaient
supérieures à la. politique flottante et équi-
voque à laquelle il était enchaîné Mais il
avait à lutter, on le sait, contre les plus
hautes influences de cour et contre les
malheureuses suggestions de l'Allemagne.
L'amitié personnelle de M. de Bismarck,
cette amitié que le chancelier allemand
a célébrée avec tant d'effusion dans
son discours du 19 février, a souvent
étreint le comte Andrassy; elle lui a
lié les bras dans des circonstances déci-
sives, et ce ne sera pas un médiocre
honneur pour le ministre austro-hongrois
d'avoir pu s'en dégager assez, au moment
des échecs russes à Plevna, pour empê-
cher l'Autriche d'aHer jouer en Bulgarie
le r0!e qu'y ont joué les Roumains. Sans
les patriotiques résistances du comte
Andrassy, les influences de cour et les
suggestions de l'Allemagne auraient
poussé l'Autriche dans l'alliance russe.
Le comte Andrassy a épargné cette faute
à son pays, et souvent nous nous som-
mes plu à proclamer qu'il avait rendu
ainsi le plus grand service non seule~
ment à l'Autriche, mais à l'Europe. Que
lui avons nous donc reproché dans
les articles auxquels notre correspondant
a répondu ? Deux choses seulement l'im-
prudence chevaleresque avec laquelle il a
cru à la parole de la Russie dans l'entre-
vue de Reichstadt, et l'indécision dont il a
fait preuve quelquefois dans sa conduite
envers la cour. Le comte Andrassy a
eu foi dans les promesses solennelles de
Reichstadt, comme l'Angleterre avait eu
foi dans les promesses non moins solen-
nelles de Livadia. Suivant un mot spirituel
d'un membre distingue du Parlement hon-
grois, « il s'est embarqué sur une parole
dTionneur embarcation très fragile et
qui ne convient guère à un homme d'Etat
naviguant près des récifs russes. Il a eu
tort, également, selon nous, de nepas poser,
au besoin, la question de. cabinet en haut
comme il l'a fait dernièrement devant
les Délégations. Peut-être a-t-il craint
d'être pris trop promptement au mot
et de laisser tomber le pouvoir en-
tre les mains d'un successeur qui n'au-
rait pas hésité à faire marcher l'armée
autrichienne à côté de l'armée russe.
C'était, ce nous semble, connaître
mal la force que l'adhésion des Hon-
grois, des Allemands et des Polonais au-
rait donnée à un ministre défendant
hautement la vraie politique de l'empire.
Quoi qu'il en soit de ces reproches ré-
trospectifs, nous devons convenir que
les informations de notre correspondant
nous causent une pleine satisfaction.
Que l'Autriche marche résolûment avec
l'Angleterre dans la campagne di-
plomatique à laquelle nous assistons
qu'elle garantisse l'équilibre de l'Europe,
qu'elle préserve la paix par la fermeté de
son attitude, et nous la placerons au pre-
mier rang des puissances que les défen-
seurs du droit et de la justice doivent res-
pecter et glorifier!
SOHRSE BE PAMS
C!
Comptant. ?1 ~5. 7X25 .40.
Fin cour 7t 8~1/2 ~2~12 .3E.
&/? e/s)
Comptajmoi75.l02.bL'?5~
t<5/
Comptantes 95 109 25.30.<
Fmcom'.lM 5.10915.i0.
PETITE BOURSE DU SOIR,
Emprunt 5 0/0. 109 fr. 25, 32 1/2, 27 30.
Egyptiennes 60/0.. 149 fr. 37 1/2.
'MSés~'atpMe pfËvëet
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
Constantinople, le 12 avril, soir.
Une circulaire de la Porte reconnaît le traité
de Sau-Stcfano comme une triste conséquence
des défaites subies, mais el)e est décidée à l'exé-
cuter loyalement. La Turquie serait néanmoins
heureuse que les clauses en fussent adoucies par
l'intervention amicale des puissances ou par la
modération spontanée de la Russie. Quoi qu'il en
soit, le gouvernement turc est résolu à exécuter
de larges et sérieuses réformes dans toutes les
provinces de l'empire.
Huit grands transports sont partis pour Odessa,
d'où ils ramèneront environ 10~000 prisonniers
turcs.
Bucharest, le 12 avril, h. 50 m.
Le gouvernement roumain protestera auprès
des puissances contre l'entrée en Roumanie de
nombreuses forces russes.
On croit que le Parlement émettra un vote de
protestation contre le traité de San-Stefano et
contre l'occupation deIaRoumanieparlesRusses.
Bucharest, )e 13 avril.
Le premier convoi de prisonniers turcs rapa-
triés quittera incessamment Bucharest et sera di-
rigé sur la Thessalie et l'Epire, par Widdin, Pirot
et Bitolia.
Berlin. le 13 avril.
La nouvelle, répandue à plusieurs reprises, au
sujet de négociations pendantes et de correspon-
dances importantes échangées entre l'empereur
d'Allemagne et le czar, est absolument controu-
vée.
Vienne, le 13 avril.
On parle de l'arrivée d'une lettre autographe
du czar à l'empereur d'Autriche.
M. Bratiano a eu hier ime entrevue avec le
comte Andrassy. Celui-ci partagerait, dit-on,
l'opinion du prince de Bismarck qui a conseillé
à la Roumanie une attitude plus réservée au su-
jet de la question de Bessarabie.
Londres, le 13 avri!.
Le .FMKM publie les dépêches suivantes
'Bucharest, le 12. On affirme que 20.000 hom-
mes, détachés du H" corps d'armée russe, occu-
peront Bucharest: le reste du corps d'armée oc-
cupera les stations du chemin de 1er de Giurgevo.
On s'attend à ce que d'autres troupes russes ar-
rivent sur le territoire situé à l'est d'Aluta.
Vienne, le 12. Les bruits concernant la ré-
union d'une conférence préparatoire sont préma-
turés.
Le .D
Péra, le 12. Les Russes avancent doucement
vers le Bosphore. Us ont demandé à la Porte l'é-
vacuation immédiate de Choumia, de Varna et de
Batoum. La PorLe n'a pas encore répondu.
Vienne, le i2. Les Russes se préparent à fer-
mer de nouveau les bouches du Danube.
Londres, le 13 avril.
Le ,Sles efl'orts de l'Allemagne pour concilier les vues
de la Russie avec celles de l'Angleterre sont bien
accueillis de part et d'autre. L'Allemagne tra-
vaille avec la plus grande ardeur pour amener
une solution paciûque.
L'ex-patriarche arménien est arrivé à Londres
pour plaider la cause des Arméniens auprès du
gouvernement anglais.
Madrid, le 12 avril, 7 h. 30 m. soir.
L'Angleterre a envoyé des agens avec mission
d'acheter'une grande quantité de céréales en Cas-
tille.
Rome, le 12 avri!, 9 h. 50 m. soir.
L'T~M dément la nouvelle donnée par quel-
ques journaux étrangers. et d'après taquelte le
.Pape aurait modifié son Encyclique à la suite de
la réponse de l'empereur d'Allemagne à la lettre
par laquelle Léon XIII annonçait son avénement
au trône pontifical.
L'Encyclique a été expédiée dèe le 28 mars aux
évêques les plus éloignés.
H y a. quelques jours, la correspondance
Havas a communiqué aux journaux la
Note suivante
« A propos de la nouvelle organisation qui
v~ent d'être donnée au ministère de la guerre,
on a parle de l'état-major général et de lois
nouvelles destinées à le régir. H règne dans
les esprits une certaine incertitude sur le but
que doit remplir ce service.
f L'état-major général est chargé de ce
qu'on peutappeleria préparationde la guerre.
de l'étude constante de tous les moyens qui
peuvent concourir à la défense du pays.
A la tête de cet important service, le chef
d'état-major général s'occupe, par l'entremise
dul< bureau, de questions relatives à l'orga-
nisation générale et à la mobiiisation de l'ar-
méa. Le 2* bureau le renseigne sur la statis-
tique, les modifications et les progrès réalisés
par les armées étrangères. Le 3° bureau s'oc-
cupe, sous sa haute surveillance, de l'étude
des théâtres possibles d'opérations militaires
et de l'instruction générale dti l'armée.
L'importante combinaison du transport
des troupes par les voies ferrées est faite par
le 4" bureau.
Eonn le H° bureau est préposé aux tra-
vaux de l'ancien Dépôt de la guerre géodé-
sie. topographie, exécution des cartes, étude
des applications possibles de nouveaux pro-
céder de photographie, da galvanoplastie, de
gravure, etc.
f Le chef d'état-major général préside à
tous ces travaux faits par tes officiers d'é-
tat-major général. Ayant à diriger une nota-
ble partie du personnel d'état-major, il est
naturellement chargé de coût ce personnel
pour y choisir les aptitudes, lea utiliser et
diriger l'instruction dans le sens le plus avan-
tag'mx.
Par suite de cette situation spéciale, le
rôle du chef d'état-major général se trouve
un peu en dehors du grand courant des affai-
res journalières de l'administration centrale;
son œuvre est une œuvre latente, toute de
préparation et d'études pour l'avenir, œuvre
toujours perfectible, qui nécessite une longue
suite de vues constamment dirigées vers le
même objet.
II est inadmissible, en face de ces consi-
dérations, que ce soit toujours par une dé-
plorable erreur ce chef d'etat-major, le moins
engagé de tous les directeurs dans le mouve-
ment administratif de chaque jour, qui soit
le seul dont on veuille soumettre la situation
aux fluctuations de la politique, et qui ne soit
pas, au contraire, le personnage immuable
par excellence, gardien de la tradition, sui-
vant en silence la préparation de la défense
et en restant, à un jour donne, Féditeur res-
ponsable, alors que les ministres se seront
succédé, emportant avec eux leur responsa-
bilité d'un jour.
Cette Note nous semblerait irréprochable
si elle finissait avant le dernier paragraphe.
Il est vrai, en effet, que le rôle du chef d'é-
tat-major général se trouve un peu en
dehors du grand courant des anaires jour-
nalières de l'administration centrale; il est
vrai aussi que son oeuvre « est une œuvre
a latente, toute de préparation et d'études
» pour l'avenir, œuvre toujours perfec-
B tible, qui nécessite une longue suite de
vues constamment dirigées vers le même
'objets M Au lieu de la malencontreuse
phrase finale qui a provoqué une émo-
tion si vive et si légitime à nos yeux,
nous dirons pourquoi tout à l'heure, ce'
qu'une plume moins militaire et plus
souple eût pu dire avec raison, mais
ce qu'elle n'6ût certainement pa.s dit
en ce moment, c'est qu'il est désirable
que le chef d'état-major du minis-
tre de la guerre et si l'on veut le
ministre lui-même soient soustraits au-
tant que possible aux fluctuations fré-
quentes qu'entraîne dans un pays démo-
cratique l'acclimatation du gouvernement
parlementaire. Un sentiment de patrio-
tisme fait que tout le monde est au fond
du même avis à cet égard, pourvu que
l'on s'abstienne de formuler trop bru-
talement le principe de l'ma.movibiuté.
Tout le monde est si bien d'accord sur ce
point, que nous avons vu respecter pen-
dant plus de trois ans, à travers toutes les
crises ministérielles et par une sorte d'en-
tente tacite des partis, la situation d'un chef
d'état-major que le maréchal de Mac-Mahon
avait placé intentionnellement auprès du
ministre de la guerre pour entretenir l'es-
prit de suite dans Fœuvre de notre réor-
ganisation militaire. Pendant trois ans
différons ministres se sont succédé à
l'hôtel de la rue Samt-Dominique, et
la stabilité du chef d'état-major a été res-
pectée le général Gr~sley est re~té à son
poste jusqu'à ce qu'un cabinet, non pas
même celui du 16 mai, mais un cabinet éphé-
mère de coup d'Etat, venu après, faisant
bon marché des traditions presque établies,
ait éloigné en même temps que le général
Berthaut son collaborateur purement miH-
taire, l'homme qui représentaitle travailde
plusieurs ministres et qui depuis nos dés-
astres avait renoué tous les fils de notre
réorganisation. C'est à ce moment qu'il
eût été naturel de faire ressortir les in-
convémens des changemensdepersonnes.
Pourquoi ne l'a-t-on point fait ? Et quand
tout le monde s'est tu alors, quand les in-
térêts de l'armée ont été sacrifiés à la
plus détestable des politiques, il est dif-
ficile- au sentiment public d'admettre
que l~ou invoque aujourd'hui ces intérêts,
pour garantir la situation de ceux que
cette même politique, heureusement et
définitivement condamnée, avait jugé utile
pour elle mais non point pour le pays de
placer au gouvernail.
Nous reconnaissons l'inteiligence, l'ac-
tivité, le mérite supérieur d'hommes
comme M. le général de Miribel; mais
ceux qu'ils ont remplacés ne se recom-
mandaient pas moins. Ils avaient même
pour eux la pleine possession du service,
qui ne s'acquiert qu'avec le temps. On les
a sacrifiés cependant, comme pour nous
démontrer qu'il n'y à pas d'hommes in-
dispensables. Ce qui semble maintenant
indispensable, c'est de faire entendre
une bonne fois aux hommes jeunes, in-
telligens, dévoués et riches, dans toutes
les branches des services publics, que la
meilleure et sans doute la seule bonne
manière d'être utile à sc
nement que la majorité de la nation s'est
donné, au lieu de s'élever par surprise,
grâce aux influences persistantes des par-
tis qui s'agitent contre elle.
En somme, il importe assez peu de sa-
voir qui a rédigé et envoyé à l'agence
Havas cette Note que nous publions plus
haut. Démain, le ToM~a~ o/%e~ doit dé-
clarer que le général Borel et le gén~ra.1
de Miribel n'y sont pour rien cela change
peu au fond des choses. Cette Note, inop-
portune si l'on veut, a eu l'avantage d'at-
tirer l'attention sur une situation fausse
Autant il est inadmissible en principe que
le chef d'état-major du ministre soit
plus inamovible que le ministre lui-même,
autant il est désirable en fait que le choix
du gouvernement porte sur des per*
sonnes telles que la majorité du pays
puisse leur faire crédit d'une certaine du-
rée. Notre réorganisation militaire, qui
coûte tant d'argent, souffre trop de ces
perpétuels changemens, et l'armée, qui ne
fait pas de politique et n'en veut point
faire, sera reconnaissante au Président
de la république et au cabinet de lui dé-
signer des chefs qui auront chance d'être
durables parce qu'ils seront libres d'en"
gagemens avec les partis.
La guerre qui depuis deux ans boule-
verse l'Europe orientale, et qui en
changera probablement la face, va faire
entrer l'Angleterre dans une ère com-
plètement nouvelle. Soit qu'elle prenne
immédiatement les armes contre la Rus-
sie, soit que. par une pression, des me-
naces, de simples préparatifs, elle ob-
tienne de sa rivale de suffisantes conces-
sions, il est certain que la Grande-Bre-
tagne ne pourra, dans le prochain avenir,
conserver la douce quiétude oublie vivait
depuis tant d'années. La garde de son
vaste empire indien, de ses relations avec'
l'extrême Orient, l'obligera à dés mesures
de précaution, à un développement de sa
puissance militaire qu'elle avait jusqu'a-
lors un peu négligée. De nation complé-
tement pacifique, se désintéressant pres-
que des conflits entre les différens peu-
ples, l'Angleterre va devenir une nation
un peu comme les autres, ayant de nou-
veaux soucis, obligée de surveiller sa
politique extérieure, soumise enfin à la
lutte pour l'existence.
Au moment où se révèlent ces condi-
tions nouvatles de la destinée de l'Angle-
terre, il n'est pas inopportun de jeter un
coup d'œil sur la situation économique
de ce pays, de se rendre compte des pro-
grès qu'il a faits, de la prospérité qu'il a
atteinte dans le demi-siècle ~e paix dont
il a joui presque sans interruption depuis
1815. On n'apprendrait rien à personne
en disant que la Grande-Bretagne ~st la
plus riche contrée du monde, qu'elle a
des ressources financières presque illi-
mitées, et qu'elle pourrait supporter pen-
dant de longues années sans défaillir une
lutte armée. Mais, au lieu de propositions
aussi vagues, on peut se demander quel-
les sont exactement l'étendue et l'élasti-
cité de ses ressources, quelle est la me-
sure dans laquelle les intérêts commer-
ciaux et pécuniaires du peuple anglais
seraient affectés ou compromis par une
guerre.
Depuis un an environ, il y a eu en An-
gleterre des polémiques nombreuses sur
la puissance commerciale et financière de
la Grande-Bretagne. La crise qui afflige
depuis 1873 la plupart des pays du jnonde,
l'excédant constant et croissant des im-
portations sur les exportations anglaises,
les grèves incessantes, les exigences
parfois déraisonnables des ouvriers
avaient jeté de l'inquiétude dans beau-
coup d'esprits. La prospérité de l'An-
gleterre est compromise, disaient certaines
personnes le peuple anglais mange son
capital l'industrie va émigrer d'Angle-
terre en Amérique telles étaient les as-
sertions ou les lamentations des pessi-
mistes. D'autres observateurs, d'un carac-
tère plus froid, d'un esprit plus calcula-
teur, combattaient cette thèse et démon-
traient que la Grande-Bretagne n'avait
rien perdu de sa supériorité économique
et financière. Le principal des écrivains
pessimistes était M. Rathbone, membre
du Parlement ceux qui ont soutenu, au
contraire, avec le plus de force la thèse
opposée, sont M. MundeMa, aussi membre
du Parlement; M. Robert Giffen, chef de
la statistique du~o~o/a~ë. M.Jo-
seph T. Pim.
Toutes ces discussions ontjeté beaucoup
de jour sur le degré de puissance com-
merciale et financière de la Grande-Bre-
tagne. En s'appuyant sur les statistiques
de l'zMCO~c-c, M. Ginen a démontré le
prodigieux accroissement du revenu des
habitans du Royaume-Uni depuis lé com-
mencement du siècle, et surtout depuis
une vingtaine d'années. Les revenus as-
sujettis à l'~MOMM-~M; ne montaient qu'à
2 milliards 375 millions de francs dans les
premières années du dix-neuvième siècle;
en 1615, ils s'élevaient à. 3 milliards
250 millions; en 1&43, ils atteignaient
6 milliards 275 minions de francs; ils res-
tent à peu près stationnaires pendant
une période de dix années; en 1853, ils
montent & 6 milliards 550 millions; en
1855, à 7 milliards 700 millions; en 1865,
ils touchent presque 16 chiffre de 10 mil-
liards en6n, en 1875, ils s'élèvent pres-
que à 14 milliards et demi de iranes, exac-
tement 571 millions de livres sterling
c'est en dix ans une augmentation de
près de 44 0/0.
Ce chiffre de 14 milliards de francs est
très loin de représenter l'ensemble du re-
venu des habitans du Royaume-Uni. II ne
s'agit là que des revenus taxés or, la loi
accorde l'exemption complète de l'impôt
à tous les revenus inférieurs à 2,500 fr.,
c'est-à-dire à la plupart des revenus des
ouvriers en outre, il y a toujours quel-
ques fraudes parmi les revenus déclarés
il y a aussi certaines branches de revenus
que la loi peut difficilement atteindre,
par exemple les produits des capitaux
placés à l'étranger, et ceux-ci montent
à des sommes énormes.
On calcule que 'la population de la.
Grande-Bretagne s'est accrue, depuis1855,
dans la proportion de 1 0/0 par an, et que
le capital national a augmenté annuelle-
ment de 3 ou 4 0/0. M. Robert Giffen n'es-
time pas à moins de 2 milliards 400 mil-
lions sterling ou 60 milliards de francs
l'augmentation dé la richesse nationale
depuis 1865 ce serait une somme trois
fois égale au montant de la dette publi-
que. Certes, s'il est vrai, à la fin du dix-
neuvième siècle, que l'argent soit le nerf
de la guerre, la Grande-Bretagne serait
une nation dans les meilleures disposi-
tions imaginables pour soutenir une lon-
gue lutté.
Il est peu de pays où les impôts soient
relativement aussi peu élevés qu'en An-
gleterre. D'après le dernier rapport de la
Trésorerie britannique, le total des recet-
tes de l'année fiscale qui vient 'de finir au
l" avril 1878 s'est élevé à 79,763,000 li-
vres sterling, chiffre légèrement inférieur
à 2 milliards de francs les budgets fran-
çais sont de 7 à 800 millions plus considé-
rables, quoique la richesse de la .France
doive être; dans une certaine mesure, in-
férieure à celle dëTAngleterre. Les taxes
locales, il est vrai, sont fort lardes de
l'autre côté de la Manche elles y montent
à peu près à 800 millions de francs, por-
tant ainsi à 2 milliards 800 millions, l'en-,
semble des charges annuelles que sup- `
porte le Royaume-Uni pour les frais de
gouvernement et d'administration. On
peut dire, sans exagérer, que ces charges
pourraient être accrues de 50 0/0 sans que
le fardeau devînt intolérable, sans même
qu'il fût aussi pesant que l'ensemb!e des
impôts supportés par la population an-
glaise pendant les guerres du premier Em-
pire. Les intérêts de la dette britannique
ont diminué d'environ 150 millions de
francs depuis 1815, soit par l'amortisse-
ment, soit, beaucoup plus, par la prati-
que constante des conversions de dettes
portant un intérêt élevé, en dettes portant
un intérêt moins élev~.
Ce sera certes pour l'Angleterre l'opé-
ration la plus ttisës du monde que de se
procurer, le jour où elle le voudra, 4 ou
5 milliards de francs. Son crédit, qui est
aujourd'hui au taux de 3 1/4 0/0 environ,
ne descendrait à 4 0/0 que dans le 6as de
grandes catastrophes. Le plus bas cours
qu'aient coté les Consolidés depuis 1815
est celui de 79 7/8 en 1~48 or, cette ca-
pitalisation représente encore un in-
térêt inférieur à 4 0/0. Si la Grande-
Bretagne avait besoin de 5 milliards,
elle les trouverait assurément en
se chargeant d'une annuité qui ne dépas-
serait en aucun cas 180 millions par an.
Accroître de 180 millions les revenus an-
nuels du Trésor anglais, ce serait aussi
là la chose la plus simple du monde un
chancelier de l'Echiquier n'aurait pas be-
soin, pour y parvenir,' de se mettre l'es-
prit à la. torture; il lui suffirait de réta-
blir quelques uns des nombreux impôts
qui ont été abolis dans ces dernières an-
nées la taxe sur 'le sucre par exem-
ple, qui n'existe plus depuis 1875,
et qui, en 1863, alors que le peuple
anglais était moins riche qu'aujourd'hui,
produisait 160 millions de francs; ou bien
de relever les droits sur le thé et sur le
café, qui ont été à différentes reprises
diminués depuis 1864. Mais il est proba-
ble que le chancelier de l'Echiquier et le
Parlement préféreraient s'adresser à 1'
comc- Aujourd'hui, cet impôt est perçu
au taux tout à fait insignifiant de 3 pence
par livre sterling il équivaut à un droit
de 1 fr. 20 c. par 100 fr. de revenu:
il admet en outre des exemptions totales
pour les petits revenus et des modérations
de droit pour les revenus moyens;
néanmoins il [produit encore plus de
140 millions de francs. En élevant à 5
ou 6 0/0, ce qui ne serait pas excessif,
le taux de l'impôt sur le revenu, comme `
la matière imposable qui a été con-r
statée par les déclarations des der-
nières années dépasse 14 milliards de
francs, on aurait une recette nscale d'au
moins 650 ou 700 millions de francs, même
en tenant compte des demi-exemptions ac-
cordées aux revenus moyens. Ainsi, l'An-
gleterre pourrait se procurer immédiate-
ment, parla mesure la plus simple du
monde, une augmentation de recettes de
550 millions de francs environ, somme
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