Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-04-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 200316 Nombre total de vues : 200316
Description : 01 avril 1878 01 avril 1878
Description : 1878/04/01. 1878/04/01.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k460399p
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÉDITION DE PARIS.
m! rAm
im
~N ~ABONNE
fne des PrStrés-Sam).-&ermain-rAuxerrois, n.
<'KtXMS t.'AS<&i'W~B!!HEMTC:
Un an. SU mois. Trois mo's,
D6pMtemens/ 80 fr.. M fr. 20 fr.
Paris. 72 fr. 36 fr. {8 fr.
I~esabonmemens partent des i"tttChaque mois.
N'M~ nm BUMnéfe. M eemtt
~n)Lem.papers oSce, t7, Gresham street, a. P. 0.;
.NM: MeMzy, iB&Meo et C', t.Finch lane ComMU,
E. C., London NHa. ~V.-M. Smtth et SSn,
tM. Stramd, W. C.. London.
A BruMUes, a ro/?!e< d< ~Madeleine, dans tes kiosques et dans tes M-
Motaequesdes f~res d" chemins de fer be!(~cs.
A Vtdparaioo (OhiU), chez M. Otestes L. TQBOM~
UNN MML
i878.
OM S'ABOIE
en Belgique, en ItitMe..
dans 1e' Luxembourg, en Turquie,
M. Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans te<
régences du Maroc et de la. Tumsie,
en Chine et au Japon,
M moyen d'une valeur payable a Paris on de
m&ndats-poste, soit internationaux, soit tranca~t,
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays dn Nord
<&ez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
~M renvoi d'une râleur payable & fs '!<.
Les annonces sont reçues
C~ MM. ~
a, place de la Bourse,
ttMburea.ndnMMHWAt.t
POUTMUES ET MTTERAÎRES
PARIS
DIMANCHE 5i MARS
La. solution par la guerre du différend
Russie devient de plus en plus probable.
Quelques personnes se demandent, sans
parvenir a le bien comprendre, ce que
veut l'Angleterre, quel objet elle poursuit
et quels moyens elle compte employer pour
n'atteindre. Veut-elle par hasard rétablir la
domination turque dans les Balkans ? Se
propose-t-elle de détruire complètement
l'œuvre accomplie par les Russes et
d'empêcher l'émancipation des races chré-
tiennes ? Sonbut enfin est-il de faire revivre
purement et simplement le ~<~M ~Mo~~Mf~, tant au point de vue administratif
et politique qu'au point de vue territorial?
S'il en était ainsi, l'Angleterre n'aurait cer-
tainement pas pour elle l'opinion del'Eu-
TOpe, et, de plus, nous ne voyons pas com-
ment elle s'y prendrait pour réaliser un pa-
reil projet. Mais ce n'est pas là ce qu'elte
veut. Saconduitepassée, son caractère pra-
tique, la nature même de ses forces en
sont une garantie suffisante. L'Angleterre
est trop sensée pour ne pas savoir qu'il y
a des restaurations impossibles, et trop
humaine pour les tenter. Elle sait aussi
que la guerre dont la Russie sort victo-
rieuse doit avoir des conséquences inévi-
tables. Si on était résolu à ne pas ac-
cepter ces conséquences, il iallait empê-
cher à tout prix la guerre elle-même. Le
but de l'Angleterre est très simple, parfai-
tement défini et restreint elle veut ame-
ner la Russie à reconnaître que la ques-
tion d'Orient est une question européenne
et ne peut être résolue que par l'Eu-
rope. L'Angleterre a convié la Russie
à se rendre à un Congrès où la ques-
tion serait discutée intégralement. La
Russie s'y est refusée. Elle a cru qu'elle
pouvait suffire seule à la tâche qu'elle a
entreprise, et régler les affaires d'Orient
à sa* convenance et à son profit exclu-
sifs. C'est de cette erreur que l'Angle-
terre se propose de la faire revenir. Et'e
est décidée à ne pas reconnaître le traité
de San-Stefano et à empêcher par tous
les moyens qu'il devienne un fait accom-
pli. La Russie alors consentira sans doute
à un Congrès où toutes les puissances
entreront sur un pied parfaitement égal,
et où la situation en Orient sera réglée
non pas dans l'intérêt de la Russie, mais
dans l'intérêt général, sans oublier celui
des populations chrétiennes des Balkans.
Rten de plus, ni de moins.
Si tel est le but de l'Angleterre, a-t-elle
les moyens de l'atteindre? Un mot fa-
meux a été prononcé à Berlin ~~a~ ~o~-
~ lin même que court aujourd'hui un autre
mot: 3/M~ poM~K~/ L'Angleterre
voudrait précisément passer du premier
au second, ou plutôt y faire passer la
Russie, en la maintenant dans un état
d'inquiétude chronique sur la solidité
d'une possession qui, troublée sans cesse,
deviendrait à la longue intenable. Nous
nous servons à dessein du mot chronique,
parce que la guerre, si elle commence,
durera longtemps et sera, pour ainsi dire,
intermittente. La fortune des combattans
ne se décidera pas sur un champ de ba-
taille, par de grands coups comme nous
en avons vu. L'Angleterre ne rêve pas la
gloire de battre les armées ou de prendre
desforteresses russes peut-être même
n'est-elle pas outillée pour ce genre de
lutte. Ce qu'elle veut, c'est épuiser la Rus-
sie en hommes et en argent par une guerre
qu'elle fera ~durer aussi longtemps qu'il
le faudra pour ruiner l'ennemi sans
s'exposer elle-même à des pertes bien
sensibles. On prête à M. de Bismarck un
mm M mm m omis
DO 1~ AVRIL 1878.
LA SEMAINE DRAMATIQUE
THEATRE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN
Misérables, drame en cinq actes et douze
tableaux, tiré du roman de Victor
Hugo. THEATRE ou GYMNASE reprise
de ~fo?M~?' ~OM~, d'Alexandre Du-
mas 61s.–THÉÂTRE DU CHATEAU-D'EAU
Z'~MK~~e?', drame en cinq actes, de
MM. Paul Tissier et Latouche. Histo-
W~M ~OMPCMt~ ~M% ~KM!C
théâtre, un volume, par M. Hippolyte
Hostein (1). Les trois dernières co-
médies de Théodore Barrière (2).
jCM Af!& furent représentés à
Bruxelles, sur le théâtre des Galeries
Saint-Hubertj il y a quinze ou seize ans.
Ce drame avait été défendu à Paris où le
nom de Victor Hugo était alors en. inter-
dit, Fempire ayant imaginé ce moyen in-
génieux de supprimer définitivement le
gênant auteur des CM~Ke~. Tout !e
monde sait que la pièce qui vient d'être
représentée à la Porte-Saint-Martin n'est
que l'adaptation à la scène, par Charles
Hugo, du roman de son illustre père. Mais
la roman ne s'y trouve pas tout entier,
car le drame Soit au moment où Jean Val-
an, emmenant avec lui la petite Cosette,
rouye un asile dans le couvent de Pic-
(t) Dentu, éditeur, .Palais-RoyaL
2)CaImannL6vy rueAober.
mot spirituel Nous allons voir, auraij~
dit, t< le duel de la baleine et de l'élé-
phant. » Comment deux adversaires
aussi dissemblables pourraient-ils s'abor-
der 'et trouver prise l'un sur l'autre ? Le
mot de M. de Bismarck vaut exactement
ce que valent les bons mots, mais pas da-
vantage, etnous croyons, pour continuer la
métaphore, que la baleine peut faire beau-
coup de mal à l'éléphant. Elle ne sortira
guère elle-même de son élément naturel',
qui est la~ mer mais elle obligera son
'ourd adversaire à rester inerte et armé
dans un poste fort incommode. Toutes les
nouvelles d'Orient s'accordent à dire qre
l'armée russe souQre déjà cruellement des
épidémies, et surtout du typhus; que sera-
ce lorsque les ardeurs de l'été auront suc-
cédé aux premières chaleurs du printemps ?
La Russie sera obligée d'accumuler sur
certains points des masses d'hommes qui
n'y séjourneront pas impunément. Les
concentrations sont commencées, et, mal-
gré leur nombre, les Russes éprouvent déjà
.de sérieux embarras: on annonce qu'ils
ont invité les Serbes à occuper Sofia, afin
~e teair disponibles leurs propres forces
et de les diriger vers le Sud. Mais ce n'est
pas seulement sur les rivages de la mer
(~e Marmara que les Russes devront ré-
unir des armées plus ou moins nombreu-
ses les Anglais, grâce à l'étendue de leur
puissance maritime, menaceront bientôt
tous les rivages russes; ils pénétreront
dans la Baltique et dans les mers septen-
trionales. Pour garder ses côtes et préve-
nir une descente dont le moment et le lieu
seront toujours incertains, la Russie devra
tenir sur pied des armées très considéra-
bles. Elle aura assez d'hommes peut-être
pour réparer les pertes que les maladies M t
causeront, mais aura-t-elle assez d'argent
ou assez de crédit pour remplacer l'argent
perdu? C'est là le point faible de la Russie
et le point très fort de l'Angleterre La.Po~
de Berlin parle du tribut de 5 milliards
que la France a pu solder sans s'épuiser
5 milliards, s'ils étaient nécessaires pour
ses armemens, ne coûteraient pas plus à
l'Angleterre. La France a subi une saignée
qui ne lui a pas fait grand mal l'Angleterre
serait dans le cas d'un homme robuste qui
se couperait un morceau du doigt. Mais
la Russie pourrait-elle soutenir longtemps
ce duel au premier épuisé ? Poser cette
question, n'est-ce pas la résoudre? On
voit donc que si tel est le plan de cam-
pagne de l'Angleterre, il y a bien des
chances pour qu'il réussisse et pour qu'il
amène l' « embourbement H de la Russie
dans les affaires d'Orient, F~M~K~,
comme disent les Allemands, toujours
d'après M. de Bismarck. Guerre pour
guerre, si nous nous plaçons non plus
au point de vue de l'Angleterre et de
là Russie, mais au nôtre et à celui du
reste de l'Europe, celle-là causera dans
les aSàires générales moins de secousses
et de perturbations que toute autre, ce qui,
à la veille de notre Exposition universelle,
n'est pas une considération à négliger.
L'Angleterre compte avant tout sur le
temps comme allié, on comprend donc
qu'elle ne se pressera pas de déclarer la
guerre. Ce n'est pas elle qui prendra les
devans elle laissera à la Russie le soin de
trouver un c~M~ Les Russes, d'après
certaines dépêches, auraient mis déjà les
jTurcs en avant pour demander aux Anglais
d'évacuer'la mer de Marmara il est pro-
bable qu'une sommation semblab!e sera
renouvelée et que les Anglais continueront
d'y faire la même réponse, à savoir qu'ils
se retireront lorsque les Russes se seront
éloignés de Constantinopie. La guerre
sortira un peu plus tôt ou un peu plus
tard de cette difficulté, et alors, suivant
toutes les apparences, le premier acte
des Anglais sera de s'établir à Gallipoli,
pus. Quand je dis qu'il finit, ce n'ef-t
qu'une façon de parler, puisque le dé-
noûment manque, et avec le dénoû-
mènt toute la dernière moitié du livre.
Mais il paraît qu'à Bruxelles le drame
était complet; on le jouait probablement
en deux soirées.
Le sujet des ~t/M~M~ est assez connu
pour que je n'aie pas besoin de le racon-
ter dans tous ses détails; il n'est pas in-
utile cependant d'en donnerun résumé. Le
premier tableau nous montre Jean Val-
jean, le forçat libéré, arrivant, le soir
d'une longue journée de marche et de fa-
tigue, sur une place de village. Le mal-
heureux est repoussé partout où il se
présente; on ne veut de lui ni à l'auberge
ni dans les maisons particulières. Ce iorçat
libéré est l'épouvantail de la population.
Il se trouverait sans pain et sans asile, au
milieu de la nuit, s'il n'allait pas, en dés-
espoir de cause, frapper à une porte in-
connue. Cette porte est justement celle de
l'évêque Myriel.
Là, Jean Valjean trouve un accueil au-
quel il ne s'attendait guère « Cette porte,
K lui dit Myriel, ne demande pas à celui
H qui entre s'il a un nom, mais s'il a une
M douleur. Vous sounrez, vous avez faim
s et soif, soyez le bienvenu. Je vous le
N dis à vous qui passez vous êtes ici
M chez vous plus que moi-même. Tout ce
H qui est ici est à vous. Qu'ai-je besoin
a de savoir votre nom? D'ailleurs, avant
B que vous me le disiez, vous en avez
s un que je sais vous vous appelez mon
a frère. »
On parlait ainsi dans ces temps primi-
~.t~l~jM~ Russes d'entrer a Constantino-
'~ï~ ot~emparer de la rive européenne
du Bosphore. Les Russes ne sont pas loin
eux-mêmes de Boulair; mais, placés entre
deux flottes anglaises, l'une au nord,
l'autre au sud de la longue péninsule de
Gallipoli, ils ne pourront probablement
pas s'y maintenir longtemps. A Con-
stantinople et sur le Bosphore, ils se-
ront plus forts cependant, les An-
glais les menaceront sans cesse d'un dé-
barquement, ils n'hésiteront pas.à canonner
la ville, et, maîtres de la rive asiatique du
Bosphore, ils inquiéteront l'ennemi sur
Ja rive opposée. Si le Bosphore est forcé,
et si les vaisseaux anglais pénètrent dans
la mer Noire, on comprend tout de suite
quelles seront les conséquences de l'évé-
nement. Les Russes auront d'abord leurs
communications par mer coupées puis
les Anglais, s'emparant soit de Bourgas,
soit de Varna, pourront compromettre
leurs communications par terre. De plus,
les rivages les plus riches et les chan-
tiers les plus actifs de la Russie se-
ront exposés aux coups de l'ennemi.
Tels seront les premiers faits militaires
ils se produiront sans doute avec rapi-
dité puis, les positions une fois prises, la
guerre traînera en longueur pour les rai-
sons que nous avons indiquées.
On peut se demander enfin et c'est ici
que le mot de M. de Bismarck reprend
une justesse parfaite quelmal l'éléphant
peut faire à la baleine. La Russie ten-
tera-t-elle une expédition dans l'Inde?
Comment le croire ? Certes, avec des gé-
néraux comme les siens, des généraux
qui ne connaissent point d'obstacles
et des soldats qui se précipitent tête
baissée dans le danger, la Russie pour-
rait, à grands frais, transporter une ar-
mée dans les Indes, à condition d'en
perdre les deux tiers en route. Mais il
faudrait pour cela abandonner les posi-
tions en Turquie. Il faudrait, outre la libre
disposition de toutes ses forces, de labo-
rieux préparatifs et beaucoup de temps.
Si l'Angleterre entrevoit cette perspective,
c'est dans un lointain reculé; raison de
plus pour brusquer les événemens, faire
une guerre immédiate et épuiser la Russie
en Europe avant qu'elle puisse songer sé-
rieusement à l'Asie. On ne voit donc pas
trop quels sont les moyens offensifs ni
défensifs de la Russie pour cette guerre
d'épuisement, et si l'Angleterre l'en-
treprend froidement et la poursuit
avec l'obstination patiente qui lui est
propre, tout porte à croire qu'elle attein-
dra son but. La Russie alors reconnaîtrait
le droit des puissances à résoudre en
commun une question qui les intéresse
toutes et l'Angleterre, par une heureuse
fatalité qui s'est rencontrée souvent dans
son histoire, en défendant ses intérêts
propres aurait sauvé ceux de l'Europe
même et maintenu entre les nations l'é-
quilibre qui assure leur liberté.
<*eM Emprunt B 0/0. 107 fr. 40, 65, 45.
30/0. Mfr.60,75,67t/2.
Extér" espagnole.. 12H/~6.
~0/0 turc. 7 fr. 75.
Hongrois 60/0. 701/8.
Egyptiennes 6 0/0.. 144 fr. 371/2, H!i &
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
a Vienne, le 31 mars, midi.
s Le général Ignatien' quitte Vienne de-
main U retourne à Saint-Pétersbourg sans
a~oir obtenu de résultats positifs, pour sou-
mettre à son cabinet le point de vue autri-
chien et recevoir de nouvelles instructions.
L'Au-triche-Hongrie ne peut se contenter
des modifications du traité de San-Stefano
tifs de l'Evangile qui sont si loin de nous,
et tel est le langage de Myriel, qui n'est
pas assurément un évêque ordinaire. II
ne brigue pas un siège au Sénat ou à la
Chambre des Députés; il n'intrigue pas
dans les couloirs du Parlement ou de l'Aca-
démie, et il ne fonde pas de journaux
pour soufûer la discorde et injurier ses
adversaires politiques. C'est un chrétien
qui ne fait la guerre à personne et ne
connaît d'autres armes que la douceur et
la charité. On le trouvera peut-être un
peu tiède, on dira qu'il n'est pas « dans
le mouvement. Je le veux bien, mais
passons. Jean Valjean, touché d'abord
de la bonté de l'évêque, ne dépouille
pas tout de suite le vieil homme. Sa
nature sauvage lutte encore elle est
vaincue cependant, et nous retrouvons
l'ancien forçat devenu honnête homme
et établi sous le nom de M. Made-
leine à Montreuil-sur-Mer, où il a fondé
une fabrique de verroteries. Il a fait sa
fortune il est maire de Montreuil et vit
entouré de l'estime publique.
Mais ces joursheureux ne sont pas de lon-
gue durée. Un certain Champmathieu est
accusé d'un vol commis autrefois par Jean
Valjean, et traduit devant la Cour d'assises
d'Arras; on le prend même pour l'ancien
forçat. Que fera M. Madeleine en cette
circonstance? Laissera-t-il condamner à
sa place un innocent ? Sa conscience se
révolte à cette idée; mais, s'il intervient, il
est perdu, et quel profit aura-t-il retiré
de son retour au bien? Y eut-il jamais
situation plus dramatique et plus poi-
gnante? Les hésitations, les tortures mo-
proposées par la Russie, et le déclare inac*
ceptable [dans son ensemble. La situation
se résume donc dans cette alternative ou
la Russie soumettra le traité de San-Stcfano
en bloc aux déiibôrations d'un Congres, ou
elle sera forcée de faire à l'Autriche toutes
les concessions imaginables pour s'assurer
sa neutralité. Le comte Andra~sy est décidé
à appuyer très énergiquement ses réclama-
tions. B
MM~MpMe pftv~e.
Service télégraphique de l'agence Havas.
Vienne, le 31 mars.
I.e général Ignatieff est reparti ce matin à
onze heures pour Saint-Pétersbourg.
La jB~O!~ du lundi dit que te général Igoatietf
a pu apprendre du comte Andrassy que l'Autri-
che repoussait le traité de San-Stefano comme
étant en collision avec ses propres intérêts aussi
bien qu'avec les intérêts européens. Le comte
Andrassy a précisé ce qu'il entendait' par les in-
térêts autrichiens.
Le général Ignatieff, n'étant pas muni de pleins
pouvoirs pour une entente, a pu seulement rece-
voir ad n'wm les déclarations autrichiennes.
Montréal, le 3t mars.
On assure que la garnison de Montréal et l'ar-
tiUerie iraient à Halifax afin de remplacer l'ar-
tillerie royale qui aurait reçu l'ordre de partir pour
l'Angleterre.
l'AngleVorre. Bucharest, le 31 mars.
Le prince Ghika et le prince Demétre Stourdza
sont arrivés. Us ont été reçus par le prince
Charles.
La Chambre des Députés et le Sénat ont tenu
aujourd'hui une séance secrète.
Athènes, le 30 mars, soir.
Les Turcs ont été battus à Carditza, en Thes-
salie.
Hs ont attaqué de nouveau les insurgés a Ma-
crinitza. Ces derniers, après une résistance hé-
roïque, ayant épuisé leurs munitions, battirent
en retraite sur Zagera.
Les Turcs occupent Macrinitza.
Il y a environ 9,000 insurgés en Thessalie.
Lamia, le 30 mars, soir.
Un épouvantable massacre vient d'avoir lieu
dans un village grec près de Volo. Les Turcs
n'auraient épargné ni les femmes ni les enfans.
Les consuls des puissances étrangères auraient
vivement protesté. Les détails sont attendus.
Les insurgés de Thessalie refusent l'armistice
proposé par les puissances, à moins d'être recon-
nus comme belfigérans. Les chefs turcs en ont
référé à Constantinople, mais ils continuent les
hostilités.
On affirme que l'ambassadeur anglais engage
fortement le gouvernement turc à accepter la de-
mande des insurgés. 1
Les insurgés, sous le commandement des ch~fs.
Velenza, Basdeki et'autres, combinent leurs mou-
vemens pour résister à Skender Pacha qui, à la
tête de quatre bataillons avec de l'artillerie, mar-
che contre Macrinitza et autres positions du
mont Pélion.
Berlin, le 3t mars.
Un télégramme officiel de Corinto, voie de Pa-
nama, annonce qu'à l'apparition de l'escadre al-
lemande le gouvernement de Nicaragua a accepté
les conditions du gouvernement allemand. Le
duférend est réglé.
Londres le 31 mars.
Le rapport du secrétaire du Trésor pour l'an-
née financière unissant au 31 mars i87! constate
que le total des recettes s'est élevé à 79,'763,266
livres sterling, contre 79.!)6S,036 de l'année pré-
cédente. Le produit des douanes (M'7,M)0 liv. st.)
ne présente aucune augmentation.
Madrid, le 31 mars.
M. Laboulaye, ministre de France à Lisbonne,
est arrivé.
Le ministre d'Angleterre a eu unetongue confé-
rence avec le ministre des affaires étrangères.
Melbourne, le 29 mars.
La crise politique à Victoria s'est terminée par
une transaction entre les deux Chambres.
Nice, le 3) mars.
M. Gambetta est arrivé hier soir à Nice.
Les Bulgares causent en ce moment
assez de préoccupations au monde politi-
que pour qu'il y ait un certain intérêt à
connaître l'origine de cette nation, son
passé, les vicissitudes qu'elle a traversées
dans le cours de l'histoire depuis sa
première apparition en Europe, enfin les
divers établissemens qu'elle a fondés, et
les conditions politiques où elle a vécu jus-
qu'à nos jours. Nous nous proposons
d'examiner ces divers points aussi suc-
cinctement qae possible en priant le lec-
teur de nous pardonner quelques détails
d'érudition à peu près indispensables. Il
sera facile de voir, par l'exposé qui va sui-
raies de Valjean, dépeintes dans le ro-
man avec une puissance extraordinaire,
se traduisent dans la pièce par un mono-
logue terrible. On frémit a la vue de cet
homme ressaisi si violemment par son
passé.
Ce qui arrive ensuite, on le sait déjà,
car je m'adresse à des lecteurs qui con-
naissent cette lamentable histoire. Valjean
s'est dénoncé et livré lui-même pour
sauver un accusé fort peu intéressant
après tout malgré son innocence, et le
sacrince n'en est que plus héroïque. Sur
le point d'être arrêté par l'agent de police
Javert, qui s'attache à sa poursuite avec
l'acharnement d'un limier, Valjean par-
vient à s'échapper avec l'aide d'une Sœur
de charité dont la touchante figure fait le
pendant de l'évêque Myriel. Mais ce n'est
pas. pour lui-même que l'ancien forçat
lutte av.ec tant d'énergie contre le sort
qui l'accable, c'est pour une enfant, la
petite Cosette, qu'il protège et à laquelle
il a promis de servir de père.
Cosette est la fille d'une malheureuse
créature appelée Fantine et c'est là en-
core une histoire bien connue. Valjean,
toujours poursuivi par Javert, se met en
rouie, pour Montfermeil, où il compte
retrouver Cosette dans une auberge
tenue par l'horrible couple Thénardier.
Là se place, comme un charmant et
admirable épisode, le tableau où Val-
jean rencontre la nuit, dans le bois, la
petite Cosette allant puiser de l'eau à
une source avec un seau qu'elle peut à
peine traîner. Je ne sais rien de plus tou-
chant et de plus exquis que le récit de
vre, que les auteurs de la délimitation arbi-1
traire et fantastique de la future princi-
pauté de. Bulgarie ne sauraient invoquer
en faveur de le .r oeuvre ainsi que le
Journal Z~a~ l'a d'ailleurs démontré
dans un de ses derniers Bulletins ni le
droit historique ni les données ethnogra-
phiques, cette double base des revendica-
tions légitimes d'autres nations telles
que, par exemple, les Hongrois, les Polo-
nais et les Tchèques de la Bohême.
Et d'abord, d'où ce peuple est-il
venu et à quelle race appartient-il?
Certains écrivains l'ont rattaché à la
race slave, trompés par ce fait qu'il a
en effet adopté la langue slavonne
c'est une erreur qu'il n'est plus permis
de partager aujourd'hui, surtout après
les études décisives de Schafarik, le sa-
vant investigateur des antiquités slaves.
Toutefois, cet écrivain n'a fait que mettre
davantage en lumière ce qui avait été
déjà reconnu et constaté longtemps avant
lui, et ce qui ressort pleinement des té-
moignages unanimes des historiens byzan-
tine. Ainsi, Théophane et Nicéphore
qui écrivaient au commencement du
neuvième siècle, classaient les Bul-
gares parmi les Huns, les Avares,
les Ougres, les Khazars et autres tri-
bus originaires de l'Oural, qui ont suc-
cessivement occupé, au Moyen-Age, la
Russie méridionale, et désolé par leurs
incursions toutes les contrées comprises
entre le Volga etI'Etbè. Schafarik a prouvé
qu'avant la conversion des Bulgares au
christianisme et leur fusion avec leurs
sujets slaves, les noms des princes et des
grands qui figurent dans leur histoire
sont purement ouraliens, et que ceux de
leurs villes sont également étrangers aux
dialectes slavons. Quelques uns même
des noms de villes habitées actuellement
par eux dans la région du Danube
sont empruntés à des villes bulgares
situées dans la vallée de la Kama. Ainsi,
pour n'en citer qu'un des plus connus,
celui de Kasan se trouve à la fois dans la
Bulgarie danubienne et dans la Bulgarie
du Volga. C'est de ce dernier ûeuve que
les Bulgares paraissent avoir tiré leur
nom, malgré l'opinion contraire de
Schafarik, qui du reste, tout en repous-
sant cette étymologie, n'en présente au-
cune autre. Ce qu'il y a toutefois de cer-
tain, c'est que les bords de ce fleuve ont
été la première patrie connue des Bul-
gares, et c'est de là qu'ils s'avancèrent
sur l'empire d'Orient, peu d'années après le
démembrement du vaste empire d'Attila.
Ils apparaissent pour la première fois, en
475, sous le règne de l'empereur Zénon.
Depuis cette époque, ils renouvellent sans
cesse leurs incursions dans la Thrace et
dans l'Illyrie. C'est contre eux et contre les
Avares qu'Anaatase éleva le fameux mur
qui portait son nom. Mais cet obstacle ne
les arrêta point, et on les voit, en 559,
défier Justinien jusque sous les murs de
Constantinople. Pendant cette période,
qui s'étend de 475 à 679, et qui correspond
à ce qu'on peut appeler le jP~wne~ ?*o~MMC
~~e, malgré leur présence trop fré-
quente au nord et au sud du Danube, leur
principal établissement est encore com-
pris entre l'embouchure du Don et celle
du Dniester ou du Pruth. Longtemps sou-
mis aux Avares, ils s'affranchissent de
leur joug en 626, lorsque la mort du puis-
sant roi de ce dernier peuple, le khan
Baïan, comme autrefois celle d'Attila
rendit la liberté au monde barbare. Dès
lors, ils ne reconnurent plus d'autre au-
torité que celle de leurs propres chefs, et,
a partir de cette époque, ils eurent un gou-
vernement national et autonome, sous des
rois dont nous avons la nomenclature non
interrompue depuis l'année 626 jusqu'en
1396, date de la conquête de la Bulgarie
cette rencontre et de ce qui se passe en-
suite dans l'auberge des Thénardier, jus-
qu'au moment où Valjean emmène Co-
sette. Tout cela est nécessairement écourté
dans la pièce, quoique très intéressant
encore mais, dans le roman, quel art,
quelle vérité, quelle grâce incomparable t
On est émerveillé de cette délicieuse idylle
succédant tout à coup à la plus sombre
tragédie.
Valjean 'a rempli que la partie la plus
facile de sa tâche en reprenant Cosette
il doit à présent la mettre en lieu de sû-
reté et échapper lui-même à Javert. Il
emmène l'enfant à Paris dans le faubourg
Saint-Antoine et parvient à escalader les
murs du couvent der Picpus, au moment
où les agens de la police vont enfin le
saisir. Une fois dans le jardin du couvent,
où le hasard lui fait retrouver le vieux
père Fauchelevent qui lui doit la vie,
Valjean et l'enfant sont sauvés. La toile
tombe sur ce tableau, qui n'est pas un
dénoûment, comme on l'a dit avec raison.
Mais il ne s'agit pas ici d'un drame ordi-
naire, et la curiosité du spectateur ne
reste pas en suspens, parce que tout le
monde a lu le roman d'où la pièce est ti-
rée. On sait bien comment tout cela finira,
et l'on sait aussi que l'on n'a sous les
yeux que la moitié du roman. Le reste
viendra probablement plus tard.
La mise en scène est magnifique, la plu-
part des décors produisent l'eSet de véri-
tables tableaux de maîtres. Je citerai par-
ticulièrement la forêt aux environs de
Montfermeilquiestun délicieux paysage.
Il y a aussi, entre autres choses à grand
par les Ottomans. Le premier de ces prin-
ces, nommé Kouvràt, eut cinq fils, dont
l'un, Asparouk, dompta, en 679, les Slaves
de la Mésie-Inférieure, et fonda ainsi le
Second ~)~M~ FM~~M, compris entre
le Danube au nord, la mer Noire à
l'est, le Balkan au sud. et la Morava
à l'ouest. La capitale lut l'ancienne Mar-
cianopolis, à qui les Slaves avaient déjà
donné le nom de Presthlaba, tiré de leur
idiome. Ce second royaume fut détruit en
1019 par l'empereur Basile, qui fit rentrer
l'ancienne Mésie dans l'empire d'Orient,
sous le nom de Thème ou district de
Bulgarie. C'est l'époque la plus brillante et
aussi la plus connue de l'histoire des Bul-
gares, et elle est signalée par deux faits
principaux 1° leurs guerres avec l'empire
byzantin et avec les Russes, et leurs
nombreuses incursions dans l'occident de
l'Europe; 2" leur conversion au christia-
nisme et leur fusion avec leurs sujets sla-
ves. Pendant les trois siècles que dura cet
Etat bulgare, l'empire grec n'eut presque pas
un moment de répit, et il fut même obligé
d'invoquer contre eux l'appui des princes
deKief. Le tyran Nicéphore, surnommé
le Logothète, périt en combattant leur
roi, le féroce Crum, qui prit d'assaut Mé-
sembrie (Misivri), l'un des principaux arse-
naux de l'empire, et battit également l'em-
pereur Michel 1~ (811-813). Lorsque les
Bulgares eurent reçu de Constantinople la
foi chrétienne (865), leurs incursions de-
vinrent bien moins fréquentes. Cependant
Siméon, le plus grand de leurs rois, alla
deux fois assiéger la capitale de l'empire,
entre les années 888 et 927. Mais, après
lui, le royaume bulgare fut frappé au cœur
par l'invasion de Sviatoslaf, qui, à la tête
de 60,000 Russes, s'empara de Presth-
laba. Ces nouveaux envahisseurs, sé-
duits par le climat de la Méaie, se
proposaient d'y perpétuer leur séjour, et
Sviatoslai, étant subitement rappelé &
Kief par une invasion des Petchenègues,
autre peuple ouralien, retourna en Bul-
garie pour y établir dénnitivement le siège
de son empire. Il avait même reçu l'hom-
mage du roi Boris. Mais la présence des
Russes au sud du Danube était déjà, à cette
époque, un grand sujet d'inquiétude pour
les maîtres de Constantinople, et Jean Zimis-
cès, l'un des plus brillans empereurs by-
zantins.Ieur ordonna d'évacuer la Bulgarie.
Comme ils refusaient, il les attaqua et les
rejeta au-delà du Danube; mais, avant de
regagner Kief, Sviatoslaf fut tué parles
Petchenègues, qui firent une coupe de son
crâne (937 ) .L'un des successeurs de Siméon,
qui aurait mérité de relever la gloire du
royaume bulgare, ne put qu'en retarder
la chute. Vingt-six campagnes onensives
ou défensives remplirent le règne de Sa-
muel (988-1014). Il sut résister à l'empe-
reur Basile II, qui soutenait alors avec
honneur le rang où les exploits de Nicéphore
Phocas et de Jean Zimiscès avaient re-
placé le trône d'Orient. Samuel laissa
à son fils WIadislas l'honneur de dé-
fendre jusqu'au dernier soupir l'indé-
pendance de sa nation. La Bulgarie
fut alors, comme nous l'avons indiqué
plus haut, réunie à l'empire d'Orient
(1019). Elle resta sous cette domination
jusqu'à l'année 1186, où fut fondé le troi-
sième royaume bulgare, dont nous parle-
rons dans la suite et qui devait être dé-
truit au bout de deux siècles par les
Ottomans.
Pendant la durée du second royaume
dont nous venons de retracer les princi-
paux faits, -les Bulgares avaient poussé
leurs incursions jusqu'aux extrémités
de l'Europe occidentale. Notons d'a-
bord comme incident assez curieux que
l'un des fils de Kouvrat était passé au
septième siècle en Italie et avait ob-
tenu le comté de Molise (nom actuel
effet, la ruellè qui borde le couvent de
Picpus. Ce décor, en s'enfonçant dans la
coulisse de droite, disparaît peu à peu et
laisse voir le jardin du couvent éclairé par
un beau clair de lune. C'est un spectacle
singulièrement pittoresque.
Dumaine, chargé du rôle écrasant de
Jean Valjean, n'a point faibli sous cette
lourde tâche. Il a parfaitement accusé les
diverses transformations morales par les-
quelles passe successivement son person-
nage, et il a détaillé en grand comédien
son fameux monologue de la Tempête
sous un c~MM, qui lui a valu des rappels
et des applaudissemens interminables.
Taillade est superbe de roideur et d'in-
uexibiuté froide dans le rôle de Javert;
c'est bien là le type imaginé par le poëte.
Lacressonnière fait l'évéque Myriel avec
l'onction la plus évangélique; Vannoy et
M"'° Bardy représentent avec un naturel
enrayant le couple Thénardier. M"' Jane
Essler, qui a remplacé au dernier mo-
mentM""TaIIandiera, n'a pas complètement
réussi dans le rôle de Fantine. Est-ce la
faute du personnage ou celle de l'actrice?
C'est ce que je ne veux pas rechercher.
Toujours est-il qu'on a fait des coupures
dans ce rôle aux représentations suivan-
tes on n'a gardé, par exemple, que
le dernier couplet de la chanson de
Fantine à son lit de mort. Ces cou-
plets, d'un accent étrange et qu'on lit
avec plaisir dans le roman, devaient na-
turellement paraître un peu longs à la
scène, à moins d'être chantés par une ac-
trice qui aurait su leur conserver ce
qu'ils ont de bizarre et de mélancolique
m! rAm
im
~N ~ABONNE
fne des PrStrés-Sam).-&ermain-rAuxerrois, n.
<'KtXMS t.'AS<&i'W~B!!HEMTC:
Un an. SU mois. Trois mo's,
D6pMtemens/ 80 fr.. M fr. 20 fr.
Paris. 72 fr. 36 fr. {8 fr.
I~esabonmemens partent des i"ttt
N'M~ nm BUMnéfe. M eemtt
~
.NM: MeMzy, iB&Meo et C', t.Finch lane ComMU,
E. C., London NHa. ~V.-M. Smtth et SSn,
tM. Stramd, W. C.. London.
A BruMUes, a ro/?!e< d< ~
Motaequesdes f~res d" chemins de fer be!(~cs.
A Vtdparaioo (OhiU), chez M. Otestes L. TQBOM~
UNN MML
i878.
OM S'ABOIE
en Belgique, en ItitMe..
dans 1e' Luxembourg, en Turquie,
M. Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans te<
régences du Maroc et de la. Tumsie,
en Chine et au Japon,
M moyen d'une valeur payable a Paris on de
m&ndats-poste, soit internationaux, soit tranca~t,
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays dn Nord
<&ez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
~M renvoi d'une râleur payable & fs '!<.
Les annonces sont reçues
C~ MM. ~
a, place de la Bourse,
ttMburea.ndnMMHWAt.t
POUTMUES ET MTTERAÎRES
PARIS
DIMANCHE 5i MARS
La. solution par la guerre du différend
Quelques personnes se demandent, sans
parvenir a le bien comprendre, ce que
veut l'Angleterre, quel objet elle poursuit
et quels moyens elle compte employer pour
n'atteindre. Veut-elle par hasard rétablir la
domination turque dans les Balkans ? Se
propose-t-elle de détruire complètement
l'œuvre accomplie par les Russes et
d'empêcher l'émancipation des races chré-
tiennes ? Sonbut enfin est-il de faire revivre
purement et simplement le ~<~M ~Mo
et politique qu'au point de vue territorial?
S'il en était ainsi, l'Angleterre n'aurait cer-
tainement pas pour elle l'opinion del'Eu-
TOpe, et, de plus, nous ne voyons pas com-
ment elle s'y prendrait pour réaliser un pa-
reil projet. Mais ce n'est pas là ce qu'elte
veut. Saconduitepassée, son caractère pra-
tique, la nature même de ses forces en
sont une garantie suffisante. L'Angleterre
est trop sensée pour ne pas savoir qu'il y
a des restaurations impossibles, et trop
humaine pour les tenter. Elle sait aussi
que la guerre dont la Russie sort victo-
rieuse doit avoir des conséquences inévi-
tables. Si on était résolu à ne pas ac-
cepter ces conséquences, il iallait empê-
cher à tout prix la guerre elle-même. Le
but de l'Angleterre est très simple, parfai-
tement défini et restreint elle veut ame-
ner la Russie à reconnaître que la ques-
tion d'Orient est une question européenne
et ne peut être résolue que par l'Eu-
rope. L'Angleterre a convié la Russie
à se rendre à un Congrès où la ques-
tion serait discutée intégralement. La
Russie s'y est refusée. Elle a cru qu'elle
pouvait suffire seule à la tâche qu'elle a
entreprise, et régler les affaires d'Orient
à sa* convenance et à son profit exclu-
sifs. C'est de cette erreur que l'Angle-
terre se propose de la faire revenir. Et'e
est décidée à ne pas reconnaître le traité
de San-Stefano et à empêcher par tous
les moyens qu'il devienne un fait accom-
pli. La Russie alors consentira sans doute
à un Congrès où toutes les puissances
entreront sur un pied parfaitement égal,
et où la situation en Orient sera réglée
non pas dans l'intérêt de la Russie, mais
dans l'intérêt général, sans oublier celui
des populations chrétiennes des Balkans.
Rten de plus, ni de moins.
Si tel est le but de l'Angleterre, a-t-elle
les moyens de l'atteindre? Un mot fa-
meux a été prononcé à Berlin ~~a~ ~o~-
~
mot: 3/M~ poM~K~/ L'Angleterre
voudrait précisément passer du premier
au second, ou plutôt y faire passer la
Russie, en la maintenant dans un état
d'inquiétude chronique sur la solidité
d'une possession qui, troublée sans cesse,
deviendrait à la longue intenable. Nous
nous servons à dessein du mot chronique,
parce que la guerre, si elle commence,
durera longtemps et sera, pour ainsi dire,
intermittente. La fortune des combattans
ne se décidera pas sur un champ de ba-
taille, par de grands coups comme nous
en avons vu. L'Angleterre ne rêve pas la
gloire de battre les armées ou de prendre
desforteresses russes peut-être même
n'est-elle pas outillée pour ce genre de
lutte. Ce qu'elle veut, c'est épuiser la Rus-
sie en hommes et en argent par une guerre
qu'elle fera ~durer aussi longtemps qu'il
le faudra pour ruiner l'ennemi sans
s'exposer elle-même à des pertes bien
sensibles. On prête à M. de Bismarck un
mm M mm m omis
DO 1~ AVRIL 1878.
LA SEMAINE DRAMATIQUE
THEATRE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN
Misérables, drame en cinq actes et douze
tableaux, tiré du roman de Victor
Hugo. THEATRE ou GYMNASE reprise
de ~fo?M~?' ~OM~, d'Alexandre Du-
mas 61s.–THÉÂTRE DU CHATEAU-D'EAU
Z'~MK~~e?', drame en cinq actes, de
MM. Paul Tissier et Latouche. Histo-
W~M ~OMPCMt~ ~M% ~KM!C
théâtre, un volume, par M. Hippolyte
Hostein (1). Les trois dernières co-
médies de Théodore Barrière (2).
jCM Af!& furent représentés à
Bruxelles, sur le théâtre des Galeries
Saint-Hubertj il y a quinze ou seize ans.
Ce drame avait été défendu à Paris où le
nom de Victor Hugo était alors en. inter-
dit, Fempire ayant imaginé ce moyen in-
génieux de supprimer définitivement le
gênant auteur des CM~Ke~. Tout !e
monde sait que la pièce qui vient d'être
représentée à la Porte-Saint-Martin n'est
que l'adaptation à la scène, par Charles
Hugo, du roman de son illustre père. Mais
la roman ne s'y trouve pas tout entier,
car le drame Soit au moment où Jean Val-
an, emmenant avec lui la petite Cosette,
rouye un asile dans le couvent de Pic-
(t) Dentu, éditeur, .Palais-RoyaL
2)CaImannL6vy rueAober.
mot spirituel Nous allons voir, auraij~
dit, t< le duel de la baleine et de l'élé-
phant. » Comment deux adversaires
aussi dissemblables pourraient-ils s'abor-
der 'et trouver prise l'un sur l'autre ? Le
mot de M. de Bismarck vaut exactement
ce que valent les bons mots, mais pas da-
vantage, etnous croyons, pour continuer la
métaphore, que la baleine peut faire beau-
coup de mal à l'éléphant. Elle ne sortira
guère elle-même de son élément naturel',
qui est la~ mer mais elle obligera son
'ourd adversaire à rester inerte et armé
dans un poste fort incommode. Toutes les
nouvelles d'Orient s'accordent à dire qre
l'armée russe souQre déjà cruellement des
épidémies, et surtout du typhus; que sera-
ce lorsque les ardeurs de l'été auront suc-
cédé aux premières chaleurs du printemps ?
La Russie sera obligée d'accumuler sur
certains points des masses d'hommes qui
n'y séjourneront pas impunément. Les
concentrations sont commencées, et, mal-
gré leur nombre, les Russes éprouvent déjà
.de sérieux embarras: on annonce qu'ils
ont invité les Serbes à occuper Sofia, afin
~e teair disponibles leurs propres forces
et de les diriger vers le Sud. Mais ce n'est
pas seulement sur les rivages de la mer
(~e Marmara que les Russes devront ré-
unir des armées plus ou moins nombreu-
ses les Anglais, grâce à l'étendue de leur
puissance maritime, menaceront bientôt
tous les rivages russes; ils pénétreront
dans la Baltique et dans les mers septen-
trionales. Pour garder ses côtes et préve-
nir une descente dont le moment et le lieu
seront toujours incertains, la Russie devra
tenir sur pied des armées très considéra-
bles. Elle aura assez d'hommes peut-être
pour réparer les pertes que les maladies M t
causeront, mais aura-t-elle assez d'argent
ou assez de crédit pour remplacer l'argent
perdu? C'est là le point faible de la Russie
et le point très fort de l'Angleterre La.Po~
de Berlin parle du tribut de 5 milliards
que la France a pu solder sans s'épuiser
5 milliards, s'ils étaient nécessaires pour
ses armemens, ne coûteraient pas plus à
l'Angleterre. La France a subi une saignée
qui ne lui a pas fait grand mal l'Angleterre
serait dans le cas d'un homme robuste qui
se couperait un morceau du doigt. Mais
la Russie pourrait-elle soutenir longtemps
ce duel au premier épuisé ? Poser cette
question, n'est-ce pas la résoudre? On
voit donc que si tel est le plan de cam-
pagne de l'Angleterre, il y a bien des
chances pour qu'il réussisse et pour qu'il
amène l' « embourbement H de la Russie
dans les affaires d'Orient, F~M~K~,
comme disent les Allemands, toujours
d'après M. de Bismarck. Guerre pour
guerre, si nous nous plaçons non plus
au point de vue de l'Angleterre et de
là Russie, mais au nôtre et à celui du
reste de l'Europe, celle-là causera dans
les aSàires générales moins de secousses
et de perturbations que toute autre, ce qui,
à la veille de notre Exposition universelle,
n'est pas une considération à négliger.
L'Angleterre compte avant tout sur le
temps comme allié, on comprend donc
qu'elle ne se pressera pas de déclarer la
guerre. Ce n'est pas elle qui prendra les
devans elle laissera à la Russie le soin de
trouver un c~M~ Les Russes, d'après
certaines dépêches, auraient mis déjà les
jTurcs en avant pour demander aux Anglais
d'évacuer'la mer de Marmara il est pro-
bable qu'une sommation semblab!e sera
renouvelée et que les Anglais continueront
d'y faire la même réponse, à savoir qu'ils
se retireront lorsque les Russes se seront
éloignés de Constantinopie. La guerre
sortira un peu plus tôt ou un peu plus
tard de cette difficulté, et alors, suivant
toutes les apparences, le premier acte
des Anglais sera de s'établir à Gallipoli,
pus. Quand je dis qu'il finit, ce n'ef-t
qu'une façon de parler, puisque le dé-
noûment manque, et avec le dénoû-
mènt toute la dernière moitié du livre.
Mais il paraît qu'à Bruxelles le drame
était complet; on le jouait probablement
en deux soirées.
Le sujet des ~t/M~M~ est assez connu
pour que je n'aie pas besoin de le racon-
ter dans tous ses détails; il n'est pas in-
utile cependant d'en donnerun résumé. Le
premier tableau nous montre Jean Val-
jean, le forçat libéré, arrivant, le soir
d'une longue journée de marche et de fa-
tigue, sur une place de village. Le mal-
heureux est repoussé partout où il se
présente; on ne veut de lui ni à l'auberge
ni dans les maisons particulières. Ce iorçat
libéré est l'épouvantail de la population.
Il se trouverait sans pain et sans asile, au
milieu de la nuit, s'il n'allait pas, en dés-
espoir de cause, frapper à une porte in-
connue. Cette porte est justement celle de
l'évêque Myriel.
Là, Jean Valjean trouve un accueil au-
quel il ne s'attendait guère « Cette porte,
K lui dit Myriel, ne demande pas à celui
H qui entre s'il a un nom, mais s'il a une
M douleur. Vous sounrez, vous avez faim
s et soif, soyez le bienvenu. Je vous le
N dis à vous qui passez vous êtes ici
M chez vous plus que moi-même. Tout ce
H qui est ici est à vous. Qu'ai-je besoin
a de savoir votre nom? D'ailleurs, avant
B que vous me le disiez, vous en avez
s un que je sais vous vous appelez mon
a frère. »
On parlait ainsi dans ces temps primi-
~.t~l~jM~ Russes d'entrer a Constantino-
'~ï~ ot~emparer de la rive européenne
du Bosphore. Les Russes ne sont pas loin
eux-mêmes de Boulair; mais, placés entre
deux flottes anglaises, l'une au nord,
l'autre au sud de la longue péninsule de
Gallipoli, ils ne pourront probablement
pas s'y maintenir longtemps. A Con-
stantinople et sur le Bosphore, ils se-
ront plus forts cependant, les An-
glais les menaceront sans cesse d'un dé-
barquement, ils n'hésiteront pas.à canonner
la ville, et, maîtres de la rive asiatique du
Bosphore, ils inquiéteront l'ennemi sur
Ja rive opposée. Si le Bosphore est forcé,
et si les vaisseaux anglais pénètrent dans
la mer Noire, on comprend tout de suite
quelles seront les conséquences de l'évé-
nement. Les Russes auront d'abord leurs
communications par mer coupées puis
les Anglais, s'emparant soit de Bourgas,
soit de Varna, pourront compromettre
leurs communications par terre. De plus,
les rivages les plus riches et les chan-
tiers les plus actifs de la Russie se-
ront exposés aux coups de l'ennemi.
Tels seront les premiers faits militaires
ils se produiront sans doute avec rapi-
dité puis, les positions une fois prises, la
guerre traînera en longueur pour les rai-
sons que nous avons indiquées.
On peut se demander enfin et c'est ici
que le mot de M. de Bismarck reprend
une justesse parfaite quelmal l'éléphant
peut faire à la baleine. La Russie ten-
tera-t-elle une expédition dans l'Inde?
Comment le croire ? Certes, avec des gé-
néraux comme les siens, des généraux
qui ne connaissent point d'obstacles
et des soldats qui se précipitent tête
baissée dans le danger, la Russie pour-
rait, à grands frais, transporter une ar-
mée dans les Indes, à condition d'en
perdre les deux tiers en route. Mais il
faudrait pour cela abandonner les posi-
tions en Turquie. Il faudrait, outre la libre
disposition de toutes ses forces, de labo-
rieux préparatifs et beaucoup de temps.
Si l'Angleterre entrevoit cette perspective,
c'est dans un lointain reculé; raison de
plus pour brusquer les événemens, faire
une guerre immédiate et épuiser la Russie
en Europe avant qu'elle puisse songer sé-
rieusement à l'Asie. On ne voit donc pas
trop quels sont les moyens offensifs ni
défensifs de la Russie pour cette guerre
d'épuisement, et si l'Angleterre l'en-
treprend froidement et la poursuit
avec l'obstination patiente qui lui est
propre, tout porte à croire qu'elle attein-
dra son but. La Russie alors reconnaîtrait
le droit des puissances à résoudre en
commun une question qui les intéresse
toutes et l'Angleterre, par une heureuse
fatalité qui s'est rencontrée souvent dans
son histoire, en défendant ses intérêts
propres aurait sauvé ceux de l'Europe
même et maintenu entre les nations l'é-
quilibre qui assure leur liberté.
<*eM
30/0. Mfr.60,75,67t/2.
Extér" espagnole.. 12H/~6.
~0/0 turc. 7 fr. 75.
Hongrois 60/0. 701/8.
Egyptiennes 6 0/0.. 144 fr. 371/2, H!i &
Nous recevons de notre correspondant par-
ticulier la dépêche suivante
a Vienne, le 31 mars, midi.
s Le général Ignatien' quitte Vienne de-
main U retourne à Saint-Pétersbourg sans
a~oir obtenu de résultats positifs, pour sou-
mettre à son cabinet le point de vue autri-
chien et recevoir de nouvelles instructions.
L'Au-triche-Hongrie ne peut se contenter
des modifications du traité de San-Stefano
tifs de l'Evangile qui sont si loin de nous,
et tel est le langage de Myriel, qui n'est
pas assurément un évêque ordinaire. II
ne brigue pas un siège au Sénat ou à la
Chambre des Députés; il n'intrigue pas
dans les couloirs du Parlement ou de l'Aca-
démie, et il ne fonde pas de journaux
pour soufûer la discorde et injurier ses
adversaires politiques. C'est un chrétien
qui ne fait la guerre à personne et ne
connaît d'autres armes que la douceur et
la charité. On le trouvera peut-être un
peu tiède, on dira qu'il n'est pas « dans
le mouvement. Je le veux bien, mais
passons. Jean Valjean, touché d'abord
de la bonté de l'évêque, ne dépouille
pas tout de suite le vieil homme. Sa
nature sauvage lutte encore elle est
vaincue cependant, et nous retrouvons
l'ancien forçat devenu honnête homme
et établi sous le nom de M. Made-
leine à Montreuil-sur-Mer, où il a fondé
une fabrique de verroteries. Il a fait sa
fortune il est maire de Montreuil et vit
entouré de l'estime publique.
Mais ces joursheureux ne sont pas de lon-
gue durée. Un certain Champmathieu est
accusé d'un vol commis autrefois par Jean
Valjean, et traduit devant la Cour d'assises
d'Arras; on le prend même pour l'ancien
forçat. Que fera M. Madeleine en cette
circonstance? Laissera-t-il condamner à
sa place un innocent ? Sa conscience se
révolte à cette idée; mais, s'il intervient, il
est perdu, et quel profit aura-t-il retiré
de son retour au bien? Y eut-il jamais
situation plus dramatique et plus poi-
gnante? Les hésitations, les tortures mo-
proposées par la Russie, et le déclare inac*
ceptable [dans son ensemble. La situation
se résume donc dans cette alternative ou
la Russie soumettra le traité de San-Stcfano
en bloc aux déiibôrations d'un Congres, ou
elle sera forcée de faire à l'Autriche toutes
les concessions imaginables pour s'assurer
sa neutralité. Le comte Andra~sy est décidé
à appuyer très énergiquement ses réclama-
tions. B
MM~MpMe pftv~e.
Service télégraphique de l'agence Havas.
Vienne, le 31 mars.
I.e général Ignatieff est reparti ce matin à
onze heures pour Saint-Pétersbourg.
La jB~O!~ du lundi dit que te général Igoatietf
a pu apprendre du comte Andrassy que l'Autri-
che repoussait le traité de San-Stefano comme
étant en collision avec ses propres intérêts aussi
bien qu'avec les intérêts européens. Le comte
Andrassy a précisé ce qu'il entendait' par les in-
térêts autrichiens.
Le général Ignatieff, n'étant pas muni de pleins
pouvoirs pour une entente, a pu seulement rece-
voir ad n'wm les déclarations autrichiennes.
Montréal, le 3t mars.
On assure que la garnison de Montréal et l'ar-
tiUerie iraient à Halifax afin de remplacer l'ar-
tillerie royale qui aurait reçu l'ordre de partir pour
l'Angleterre.
l'AngleVorre. Bucharest, le 31 mars.
Le prince Ghika et le prince Demétre Stourdza
sont arrivés. Us ont été reçus par le prince
Charles.
La Chambre des Députés et le Sénat ont tenu
aujourd'hui une séance secrète.
Athènes, le 30 mars, soir.
Les Turcs ont été battus à Carditza, en Thes-
salie.
Hs ont attaqué de nouveau les insurgés a Ma-
crinitza. Ces derniers, après une résistance hé-
roïque, ayant épuisé leurs munitions, battirent
en retraite sur Zagera.
Les Turcs occupent Macrinitza.
Il y a environ 9,000 insurgés en Thessalie.
Lamia, le 30 mars, soir.
Un épouvantable massacre vient d'avoir lieu
dans un village grec près de Volo. Les Turcs
n'auraient épargné ni les femmes ni les enfans.
Les consuls des puissances étrangères auraient
vivement protesté. Les détails sont attendus.
Les insurgés de Thessalie refusent l'armistice
proposé par les puissances, à moins d'être recon-
nus comme belfigérans. Les chefs turcs en ont
référé à Constantinople, mais ils continuent les
hostilités.
On affirme que l'ambassadeur anglais engage
fortement le gouvernement turc à accepter la de-
mande des insurgés. 1
Les insurgés, sous le commandement des ch~fs.
Velenza, Basdeki et'autres, combinent leurs mou-
vemens pour résister à Skender Pacha qui, à la
tête de quatre bataillons avec de l'artillerie, mar-
che contre Macrinitza et autres positions du
mont Pélion.
Berlin, le 3t mars.
Un télégramme officiel de Corinto, voie de Pa-
nama, annonce qu'à l'apparition de l'escadre al-
lemande le gouvernement de Nicaragua a accepté
les conditions du gouvernement allemand. Le
duférend est réglé.
Londres le 31 mars.
Le rapport du secrétaire du Trésor pour l'an-
née financière unissant au 31 mars i87! constate
que le total des recettes s'est élevé à 79,'763,266
livres sterling, contre 79.!)6S,036 de l'année pré-
cédente. Le produit des douanes (M'7,M)0 liv. st.)
ne présente aucune augmentation.
Madrid, le 31 mars.
M. Laboulaye, ministre de France à Lisbonne,
est arrivé.
Le ministre d'Angleterre a eu unetongue confé-
rence avec le ministre des affaires étrangères.
Melbourne, le 29 mars.
La crise politique à Victoria s'est terminée par
une transaction entre les deux Chambres.
Nice, le 3) mars.
M. Gambetta est arrivé hier soir à Nice.
Les Bulgares causent en ce moment
assez de préoccupations au monde politi-
que pour qu'il y ait un certain intérêt à
connaître l'origine de cette nation, son
passé, les vicissitudes qu'elle a traversées
dans le cours de l'histoire depuis sa
première apparition en Europe, enfin les
divers établissemens qu'elle a fondés, et
les conditions politiques où elle a vécu jus-
qu'à nos jours. Nous nous proposons
d'examiner ces divers points aussi suc-
cinctement qae possible en priant le lec-
teur de nous pardonner quelques détails
d'érudition à peu près indispensables. Il
sera facile de voir, par l'exposé qui va sui-
raies de Valjean, dépeintes dans le ro-
man avec une puissance extraordinaire,
se traduisent dans la pièce par un mono-
logue terrible. On frémit a la vue de cet
homme ressaisi si violemment par son
passé.
Ce qui arrive ensuite, on le sait déjà,
car je m'adresse à des lecteurs qui con-
naissent cette lamentable histoire. Valjean
s'est dénoncé et livré lui-même pour
sauver un accusé fort peu intéressant
après tout malgré son innocence, et le
sacrince n'en est que plus héroïque. Sur
le point d'être arrêté par l'agent de police
Javert, qui s'attache à sa poursuite avec
l'acharnement d'un limier, Valjean par-
vient à s'échapper avec l'aide d'une Sœur
de charité dont la touchante figure fait le
pendant de l'évêque Myriel. Mais ce n'est
pas. pour lui-même que l'ancien forçat
lutte av.ec tant d'énergie contre le sort
qui l'accable, c'est pour une enfant, la
petite Cosette, qu'il protège et à laquelle
il a promis de servir de père.
Cosette est la fille d'une malheureuse
créature appelée Fantine et c'est là en-
core une histoire bien connue. Valjean,
toujours poursuivi par Javert, se met en
rouie, pour Montfermeil, où il compte
retrouver Cosette dans une auberge
tenue par l'horrible couple Thénardier.
Là se place, comme un charmant et
admirable épisode, le tableau où Val-
jean rencontre la nuit, dans le bois, la
petite Cosette allant puiser de l'eau à
une source avec un seau qu'elle peut à
peine traîner. Je ne sais rien de plus tou-
chant et de plus exquis que le récit de
vre, que les auteurs de la délimitation arbi-1
traire et fantastique de la future princi-
pauté de. Bulgarie ne sauraient invoquer
en faveur de le .r oeuvre ainsi que le
Journal Z~a~ l'a d'ailleurs démontré
dans un de ses derniers Bulletins ni le
droit historique ni les données ethnogra-
phiques, cette double base des revendica-
tions légitimes d'autres nations telles
que, par exemple, les Hongrois, les Polo-
nais et les Tchèques de la Bohême.
Et d'abord, d'où ce peuple est-il
venu et à quelle race appartient-il?
Certains écrivains l'ont rattaché à la
race slave, trompés par ce fait qu'il a
en effet adopté la langue slavonne
c'est une erreur qu'il n'est plus permis
de partager aujourd'hui, surtout après
les études décisives de Schafarik, le sa-
vant investigateur des antiquités slaves.
Toutefois, cet écrivain n'a fait que mettre
davantage en lumière ce qui avait été
déjà reconnu et constaté longtemps avant
lui, et ce qui ressort pleinement des té-
moignages unanimes des historiens byzan-
tine. Ainsi, Théophane et Nicéphore
qui écrivaient au commencement du
neuvième siècle, classaient les Bul-
gares parmi les Huns, les Avares,
les Ougres, les Khazars et autres tri-
bus originaires de l'Oural, qui ont suc-
cessivement occupé, au Moyen-Age, la
Russie méridionale, et désolé par leurs
incursions toutes les contrées comprises
entre le Volga etI'Etbè. Schafarik a prouvé
qu'avant la conversion des Bulgares au
christianisme et leur fusion avec leurs
sujets slaves, les noms des princes et des
grands qui figurent dans leur histoire
sont purement ouraliens, et que ceux de
leurs villes sont également étrangers aux
dialectes slavons. Quelques uns même
des noms de villes habitées actuellement
par eux dans la région du Danube
sont empruntés à des villes bulgares
situées dans la vallée de la Kama. Ainsi,
pour n'en citer qu'un des plus connus,
celui de Kasan se trouve à la fois dans la
Bulgarie danubienne et dans la Bulgarie
du Volga. C'est de ce dernier ûeuve que
les Bulgares paraissent avoir tiré leur
nom, malgré l'opinion contraire de
Schafarik, qui du reste, tout en repous-
sant cette étymologie, n'en présente au-
cune autre. Ce qu'il y a toutefois de cer-
tain, c'est que les bords de ce fleuve ont
été la première patrie connue des Bul-
gares, et c'est de là qu'ils s'avancèrent
sur l'empire d'Orient, peu d'années après le
démembrement du vaste empire d'Attila.
Ils apparaissent pour la première fois, en
475, sous le règne de l'empereur Zénon.
Depuis cette époque, ils renouvellent sans
cesse leurs incursions dans la Thrace et
dans l'Illyrie. C'est contre eux et contre les
Avares qu'Anaatase éleva le fameux mur
qui portait son nom. Mais cet obstacle ne
les arrêta point, et on les voit, en 559,
défier Justinien jusque sous les murs de
Constantinople. Pendant cette période,
qui s'étend de 475 à 679, et qui correspond
à ce qu'on peut appeler le jP~wne~ ?*o~MMC
~~e, malgré leur présence trop fré-
quente au nord et au sud du Danube, leur
principal établissement est encore com-
pris entre l'embouchure du Don et celle
du Dniester ou du Pruth. Longtemps sou-
mis aux Avares, ils s'affranchissent de
leur joug en 626, lorsque la mort du puis-
sant roi de ce dernier peuple, le khan
Baïan, comme autrefois celle d'Attila
rendit la liberté au monde barbare. Dès
lors, ils ne reconnurent plus d'autre au-
torité que celle de leurs propres chefs, et,
a partir de cette époque, ils eurent un gou-
vernement national et autonome, sous des
rois dont nous avons la nomenclature non
interrompue depuis l'année 626 jusqu'en
1396, date de la conquête de la Bulgarie
cette rencontre et de ce qui se passe en-
suite dans l'auberge des Thénardier, jus-
qu'au moment où Valjean emmène Co-
sette. Tout cela est nécessairement écourté
dans la pièce, quoique très intéressant
encore mais, dans le roman, quel art,
quelle vérité, quelle grâce incomparable t
On est émerveillé de cette délicieuse idylle
succédant tout à coup à la plus sombre
tragédie.
Valjean 'a rempli que la partie la plus
facile de sa tâche en reprenant Cosette
il doit à présent la mettre en lieu de sû-
reté et échapper lui-même à Javert. Il
emmène l'enfant à Paris dans le faubourg
Saint-Antoine et parvient à escalader les
murs du couvent der Picpus, au moment
où les agens de la police vont enfin le
saisir. Une fois dans le jardin du couvent,
où le hasard lui fait retrouver le vieux
père Fauchelevent qui lui doit la vie,
Valjean et l'enfant sont sauvés. La toile
tombe sur ce tableau, qui n'est pas un
dénoûment, comme on l'a dit avec raison.
Mais il ne s'agit pas ici d'un drame ordi-
naire, et la curiosité du spectateur ne
reste pas en suspens, parce que tout le
monde a lu le roman d'où la pièce est ti-
rée. On sait bien comment tout cela finira,
et l'on sait aussi que l'on n'a sous les
yeux que la moitié du roman. Le reste
viendra probablement plus tard.
La mise en scène est magnifique, la plu-
part des décors produisent l'eSet de véri-
tables tableaux de maîtres. Je citerai par-
ticulièrement la forêt aux environs de
Montfermeilquiestun délicieux paysage.
Il y a aussi, entre autres choses à grand
par les Ottomans. Le premier de ces prin-
ces, nommé Kouvràt, eut cinq fils, dont
l'un, Asparouk, dompta, en 679, les Slaves
de la Mésie-Inférieure, et fonda ainsi le
Second ~)~M~ FM~~M, compris entre
le Danube au nord, la mer Noire à
l'est, le Balkan au sud. et la Morava
à l'ouest. La capitale lut l'ancienne Mar-
cianopolis, à qui les Slaves avaient déjà
donné le nom de Presthlaba, tiré de leur
idiome. Ce second royaume fut détruit en
1019 par l'empereur Basile, qui fit rentrer
l'ancienne Mésie dans l'empire d'Orient,
sous le nom de Thème ou district de
Bulgarie. C'est l'époque la plus brillante et
aussi la plus connue de l'histoire des Bul-
gares, et elle est signalée par deux faits
principaux 1° leurs guerres avec l'empire
byzantin et avec les Russes, et leurs
nombreuses incursions dans l'occident de
l'Europe; 2" leur conversion au christia-
nisme et leur fusion avec leurs sujets sla-
ves. Pendant les trois siècles que dura cet
Etat bulgare, l'empire grec n'eut presque pas
un moment de répit, et il fut même obligé
d'invoquer contre eux l'appui des princes
deKief. Le tyran Nicéphore, surnommé
le Logothète, périt en combattant leur
roi, le féroce Crum, qui prit d'assaut Mé-
sembrie (Misivri), l'un des principaux arse-
naux de l'empire, et battit également l'em-
pereur Michel 1~ (811-813). Lorsque les
Bulgares eurent reçu de Constantinople la
foi chrétienne (865), leurs incursions de-
vinrent bien moins fréquentes. Cependant
Siméon, le plus grand de leurs rois, alla
deux fois assiéger la capitale de l'empire,
entre les années 888 et 927. Mais, après
lui, le royaume bulgare fut frappé au cœur
par l'invasion de Sviatoslaf, qui, à la tête
de 60,000 Russes, s'empara de Presth-
laba. Ces nouveaux envahisseurs, sé-
duits par le climat de la Méaie, se
proposaient d'y perpétuer leur séjour, et
Sviatoslai, étant subitement rappelé &
Kief par une invasion des Petchenègues,
autre peuple ouralien, retourna en Bul-
garie pour y établir dénnitivement le siège
de son empire. Il avait même reçu l'hom-
mage du roi Boris. Mais la présence des
Russes au sud du Danube était déjà, à cette
époque, un grand sujet d'inquiétude pour
les maîtres de Constantinople, et Jean Zimis-
cès, l'un des plus brillans empereurs by-
zantins.Ieur ordonna d'évacuer la Bulgarie.
Comme ils refusaient, il les attaqua et les
rejeta au-delà du Danube; mais, avant de
regagner Kief, Sviatoslaf fut tué parles
Petchenègues, qui firent une coupe de son
crâne (937 ) .L'un des successeurs de Siméon,
qui aurait mérité de relever la gloire du
royaume bulgare, ne put qu'en retarder
la chute. Vingt-six campagnes onensives
ou défensives remplirent le règne de Sa-
muel (988-1014). Il sut résister à l'empe-
reur Basile II, qui soutenait alors avec
honneur le rang où les exploits de Nicéphore
Phocas et de Jean Zimiscès avaient re-
placé le trône d'Orient. Samuel laissa
à son fils WIadislas l'honneur de dé-
fendre jusqu'au dernier soupir l'indé-
pendance de sa nation. La Bulgarie
fut alors, comme nous l'avons indiqué
plus haut, réunie à l'empire d'Orient
(1019). Elle resta sous cette domination
jusqu'à l'année 1186, où fut fondé le troi-
sième royaume bulgare, dont nous parle-
rons dans la suite et qui devait être dé-
truit au bout de deux siècles par les
Ottomans.
Pendant la durée du second royaume
dont nous venons de retracer les princi-
paux faits, -les Bulgares avaient poussé
leurs incursions jusqu'aux extrémités
de l'Europe occidentale. Notons d'a-
bord comme incident assez curieux que
l'un des fils de Kouvrat était passé au
septième siècle en Italie et avait ob-
tenu le comté de Molise (nom actuel
effet, la ruellè qui borde le couvent de
Picpus. Ce décor, en s'enfonçant dans la
coulisse de droite, disparaît peu à peu et
laisse voir le jardin du couvent éclairé par
un beau clair de lune. C'est un spectacle
singulièrement pittoresque.
Dumaine, chargé du rôle écrasant de
Jean Valjean, n'a point faibli sous cette
lourde tâche. Il a parfaitement accusé les
diverses transformations morales par les-
quelles passe successivement son person-
nage, et il a détaillé en grand comédien
son fameux monologue de la Tempête
sous un c~MM, qui lui a valu des rappels
et des applaudissemens interminables.
Taillade est superbe de roideur et d'in-
uexibiuté froide dans le rôle de Javert;
c'est bien là le type imaginé par le poëte.
Lacressonnière fait l'évéque Myriel avec
l'onction la plus évangélique; Vannoy et
M"'° Bardy représentent avec un naturel
enrayant le couple Thénardier. M"' Jane
Essler, qui a remplacé au dernier mo-
mentM""TaIIandiera, n'a pas complètement
réussi dans le rôle de Fantine. Est-ce la
faute du personnage ou celle de l'actrice?
C'est ce que je ne veux pas rechercher.
Toujours est-il qu'on a fait des coupures
dans ce rôle aux représentations suivan-
tes on n'a gardé, par exemple, que
le dernier couplet de la chanson de
Fantine à son lit de mort. Ces cou-
plets, d'un accent étrange et qu'on lit
avec plaisir dans le roman, devaient na-
turellement paraître un peu longs à la
scène, à moins d'être chantés par une ac-
trice qui aurait su leur conserver ce
qu'ils ont de bizarre et de mélancolique
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 85.08%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 85.08%.
- Collections numériques similaires Photographies sur plaque de verre de la Société de Géographie, Asie Photographies sur plaque de verre de la Société de Géographie, Asie /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "PhoVerre2"Tourkmènes Tekkès. 15, Types de Tekins Turcomans / [mission] Gachet ; [photographe] Gachet ; [photographie probablement reprod. par Molteni pour la conférence donnée par] Gachet /ark:/12148/btv1b532867397.highres Tourkmènes Tekkès. 8, Appareils distillateurs vus de pied [et citernes à eau distillée] / [mission] Gachet ; [photographe] Gachet ; [photographie probablement reprod. par Molteni pour la conférence donnée par] Gachet /ark:/12148/btv1b53286736w.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k460399p/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k460399p/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k460399p/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k460399p/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k460399p
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k460399p
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k460399p/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest