Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-03-13
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Description : 13 mars 1878 13 mars 1878
Description : 1878/03/13. 1878/03/13.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÉDITION DE PARIS.
HERCBEOS 13 MES
1878,
.< ON S'ABONNE
rue des Prêtres-Saint-Germain-rAuxerrois, 17.
PBIX I»E L'ABO.VNEHEIVT
un an. six mois. Trois mott»
Departemens. 80 fr. 40 fr. 20 Ce,
Paris 72 fr. 36 fr. 18 fr.
uta abonnemens portent des l« et 1C dt
chaque mois.
Parla, un raméro 10 «est*
Départemens, an numéro. S6 cent.
In London, anply to Cewle and O, foreign
̃ j^wspapers office, 17, Gresnam street, G. P* Q.;
IBM. DellzT, Savlec et G; 1, Finch lane CornhiU,
E. C. London: au». W.lo. 8Mi«h et «in,
186, Strand, C. London. "*̃
A Bruxelles, 4 VOffiu d* p*MiciU,U, rue dota
Madeleine, dans les kiosques et dans les bi-
bliothèques des eares de chemin de fer belges
A Valparaiso (Chili), chez M. Orestes L. Tornero?
URCilEQI IS MARS
1878.
JOURNAL DES DEBATS
C* POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
'ipr~X
ON S'ABONKB
en Belgique, en Italie,
dans le Luxembourg, en Turquie,
• *B Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon,
au moyen d'une valeur, payable à Paris ou d«
«andats-poste, soit internationaux, soit françai»
«n Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
Chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays, • <
par l'envoi d'une valeur payable a Paris.
• Les annonces ^ont reçues `
OktS m. Funebey, LafOte «t Q»,
8, place de la Bourse,
ttau bureau du JOCBWALi
oUtsdoiTenttoujours être agréées par la rédaction.
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le 15 mars sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal. `
PARIS
MARDI 12 MARS
La presse continue à s'occuper des
constitutionnels du Sénat, et la polémi-
que soulevée par leur récente évolution
se poursuit d'une manière, à la vérité,
un peu traînante. Pour notre compte,
nous avons pris, dès le premier jour, le
parti d'attendre à l'oeuvre les constitution-
nels du Sénat; c'est par leurs propres ac-
tes, et non point par les commentaires des
iournaux, que nous nous sommes promis
de juger l'importance ou l'insignifiance tfc
leur rupture avec les droites. Ils ont re-
vendiqué leur liberté, c'est fort bien mais
quel usage en feront-ils? L'expérience
seule peut nous éclairer sur ce point, et
nous avons attendu cette expérience avec
d'autant plus de facilité qu'elle devait être
plus prochaine. La loi sur l'état de siège,
votée par la Chambre des Députés, sera
discutée jeudi par le Sénat. M. Delsol a dé-
posé son rapport; de part et d'autre
les positions sont prises. On sait ce que
veut la droite, on sait aussi ce que
propose le ministère. Que feront les con-
stitutionnels ? Il serait indiscret, témé-
raire, maladroit peut-être d'essayer de le
prévoir, et nous nous en garderons
bien; toutefois, les constitutionnels ne
peuvent pas se dissimuler que non seu-
lement notre curiosité* mais celle de
tout le monde est vivement excitée,
Voilà l'occasion pour eux de se prononcer
entre la politique de résistance aveugle,
d'empêchement obstiné d'opposition
qu'on nous permettra sans jeu de mots
d^peier oûû^^tloQSÇ'1!6; et la gollUque
de gouvernement. • >
Jusqu'ici les discussions des journaux
sur l'événement subit qui a disloque
la droite sénatoriale se sont quelque
peu perdues dans les nuages. On a
parlé de tout, de îa monarchie et de
la république du comte de Chambord
%t des princes d'Orléans de M. Chesne-
lông et du duc d'Audiffret-Pasquier
histoire, philosophie, métaphysique sor
ciale et politique, enfin tout ce qui peut
élever et généraliser une question plutôt
que la préciser. Nous sommes bien éloi-
gnés de faire fi de cette manière de discu-
ter et des beaux dé veloppemens qu'elle
comporte, mais il est des momens où il faut
dire comme- dans les Plaideurs Au fait
L'autre Jour encore, le Moniteur universel
8e plaisait "à établir un spirituel parallèle
entre les diverses formes du gouvernement
parlementaire, la forme républicaine et la
forme monarchique et, sans exclure
l'une, il donnait ses préférences à l'autre.
Aujourd'hui comme en 1830, il croit que
la monarchie constitutionnelle est la meil-
leure des républiques. Il serait tout aussi
ingénieux et aussi intelligible dé dire
qu'en 1878 la république constitutionnelle
est la meilleure des monarchies. Les
deux locutions se valent, ou peu s'en faut.
Si elles ont un sens, ce ne peut être
que le suivant Le meilleur des gou-
vernemens, parlementaires est celui qu'il
est le dIus facile d'établir et de main-
tenir. Et combien cela n'est-il pas plus
vrai encore du seul gouvernement qui,
à un moment donné soit possible
Nous n'avons pu faire, nous ne pou-
Tons faire en ce moment que la ré-
publique là république est donc le meil-
leur des gouvernemens le seul bon, le
seul légitime. En dehors d'elle, il n'y a
qu'aventure ou faction. Mais ce n'est
pas tout que d'accepter la république il
faut encore gouverner avec elle, c'est-à-
dire voter toutes les lois qui sont indis- <
pensables à sa marche régulière et à ]
sa conservation. Nul doute que la loi sur ]
l'état de siège, telle qu'elle a été proposée {
jadis par M. Bârdoux, telle qu'elle a été ]
adoptée par la Chambre, est au nombre £
dç>ces loiffqué les derniers événement ont <
rendues nécessaires. Nous y reviendrons, a
parçe;qu'en politique on ne saurait trop x
démontrer même l'évidence. Mais qu'en 1
penseront les constitutionnels ? S'ils ac- a
ceptent sincèrement la république, s'ils (
renoncent aux tentatives de restauration E
ou s'ils les renvoient à un temps indé- f
terminé, s'ils se proposent de soutenir 1
sans arrière-pensée le gouvernement dans c
la forme qu'il a prise et avec le mini- I
stère qu'il s'est donné, ils voteront le 1
texte primitif de la loi sur l'état de 1
siège ils répousseront énergiquement les c
amendemens de la commission. N'est-il é
pas permis, de compter sur eux ? Les con-: `1
Btitutionnels sont de bons citoyens qui r
jont été longtemps séduits leurs jour- c
naux l'avouent par des espérances ir- d
réalisables. Ils ne regrettent pas ce qu'ils c
ont fait; mais, en se séparant des droites, s
ils1 ont résolu de faire autre chose. Ils ne c
le regrettent pas, parce qu'ils voulaient t
ép&iser jusqu'aux derniers efforts pour p
préparer le retour -.de la monarchie ils A
avaient besoin de se convaincre en c
conscience de l'inutilité de leurs tenta- fi
tives auj ourd'hui, la aémonstration est a
acquise, leur sentiment semble fixé. s
Comment donc hésiteraient-ils à vo- e
ter la loi primitive sur l'état de siège G
«ta ref ooaser le projet de la commission? 6
Quêtait cette loi ? Lé nom même qu'on
it lui a donné le -montre on l'a appelée une
e loi de garantie. Qu'en a fait la commis-
r Bion ? Un piège pour l'avenir. Nous le ré-
pétons, le moment est venu pour les con-
stitutionnels d'expliquer nettement leurs
intentions, et de montrer au pays qui les
regarde quel fond il peut faire sur eux.
Nous avons aujourd'hui le texte du
discours prononcé par le comte Andrassy
s devant les Délégations. Ce texte est par-
faitement conforme au résumé télégra-
i phique que nous avons déjà publié mais
la lecture du discours lui-même donne
naturellement une idée plus complète du
s ton et en quelque sorte de l'accent de
l'orateur. Dans la première partie, ce
ton est très fier, noblement hardi, ab-
solument belliqueux. Le comte Andrassy
3 brûle ses vaisseaux, disaient en l'écoutant
î plusieurs membres des Délégations il nous
conduit à la guerre. Mais non^ la {$-,
rofaison est plus modeste; elle rappelle*
i et justifie le mot du Tagblatt que nous
t reproduisions hier Le comte Andrassy,
5 même dans ses jours de résolution, prend
s, toujours soin de réserver sa liberté d'inac-
i tion.
i Jamais encore, ni à Londres, ni à
̃ Vienne, ni ailleurs, le traité de San-Ste-
i fano n'avait été traité avec plus de désin-
i voiture que par le comte Andrassy. Il ne
lui accorde absolument aucune impor-
tance, aucune valeur diplomatique. Pour
lui, c'est un brouillon préparé par des
militaires, et dont les diplomates feront
i le cas qui leur conviendra. Ce début n'est
1 pas de nature à flatter beaucoup les
Russes; mais que dire de la suite? Le
ministre austro-hongrois déclare for-
mellement que la Russie est incapable
d'accomplir à elle seule l'œuvre qu'elle a
entreprise. L'Europe seule en viendra
peut-être à bout. Et que devra faire l'Eu-
rope réunie en Congrès? Deux préoccu-
pations s'imposeront à elle la première,
a^pîeehêr que les" rapports actuels d#
puissance, politique eh Orient soient dé–
traits au .profit exclusif de la Russie; là
seconde, d'amélioremotrsentement le sort
dés Bulgares, mais celui des autres chré-
tiejïs. ̃ "•̃•••̃•- ̃ ̃; ̃̃ ̃̃
Tel est le programme que le. comte
Andrassy apportera au Congrès, et c'est
assurément un beau et large programme.
Le comte Andrassy né se dissimule pas
que les Russes ne seront peut-être pas
très satisfaits de son attitude mais, pour
conserver la leur, il faudrait, dit-il,
qu'ils fussent à la tête d'une coalition
européenne, et cette coalition n'existe
pas. Nous en sommes convaincus seu-
lement, nous né sommes pas sûrs que
le comte Andrassy lui-même ait plus
d'alliés que le prince Gortchakolï, et,
dès lors la situation de part et' d'au-
tre est à peu près égale, sauf là diffé-
reticé que 1e bèati ,roossid~rai~;r ¢ta-
rence que Je beati possidçntes éta-
blit à l'avantage du chancelier russe.
Le comte Andrassy envisage deux hypo-
thèses ou bien le Congrès s'appliquera,
à restreindre l'ambition des Russes etàleur
faire abandonner une partie de leurs avan-
tages, ce qui serait un moyen de réta-
blir l'équilibre de puissance en Orient; ou
bienil posera la question générale et la
résoudra en tenant compte de tous les
intérêts, ce qui amènerait au même ré-
sultat. Dans le premier cas, les Russes
lâcheraient prise, du moins en partie dans
le second chacun prendrait son morceau,
et tout le monde serait content.
Le comte Andrassy n'est pas aussi bru-
talement net que nous le sommes mais
tel est le sens de son discours. Dès lors î
on peut lui dire Vous prétendez que les
Russes n'ont pas d'alliance assez ferme-
pour qu'ils puissent conserver leurs con- <
quêtes; en âvez-vous de votre côté pour
les obliger à, montrer plus de modération? s
On voit très bien le but que poursuit le
comte Andrassy j mais non pas son moyen
pour l'atteindre. Si de la première hy- l
pothèse nous passons à la seconde, la t
situation est la même. Dans une éloquente
métaphore, le ministre austro-hongrois
s'est écrié « On fait fondre dans les hauts-
» fourneaux le métal brut pour le couler l
» ensuite dans un moule qui lui donne une ç
» forme. Je vois bien en Orient le métal jj
» en lusion, mais je ne vois pas le moule
» dans lequel il peut être versé. » Ici une
distinction est nécessaire. Il n'est pas c
exact de dire que les Russes ont né-
gligé de faire le moule avant de fondre v
le métal. Il y a fort longtemps qu'ils n
ont préparé l'organisation qu'il3 donnent d
maintenant à la Bulgarie. A-t-on oublié
les travaux préparatoires du prince ïcher-
kassky et de sa légion d'employés? A-t-on t<
oubliéles jeunesBulgares instruits dans les -;g
écoles russes? Le moule russe était prêt u
lorsque le métal a été mis en fusion r(
mais, ce que nous ne voyons pas en effet, F
c'est le moule autrichien du comte An-
drassj. Rien de plus vague que les voies et b
moyens qu'il compte employer pour réali-
ser son plan. On distingue dans son dis- ci
cours des velléités audacieuses, des impa- S9
tienees généreuses, des élans presque im • d d
pétueyx; mais l'âme manque de corps. u
Aussi ne sommes-nous pas surpris de la
conclusion si conciliante de ce discours si
fier et même quelque peu arrogant, II n'y J-
a pas là l'indication d'une politique, il y a "ci
seulement une proposition de subsides
et ce discours, malgré son éclat, ne pou- p
vait guère aboutir qu'à la demande de a~
60 millions de florins. :«
BOURSE DE PARIS
CISIare U 11. le 12 2 Hkhc. B*U«e
• O/O
Comptant. 74 80 .1. 74 65 18
Fin cour 74 47 1,2 74 62 1,2 J5
4 t/» O/O
Comptant 103 60 103 70 ./S 10
5 O/O
Comptant 110 is no 25 0 f
Fin cour. 110 33 no 35
PETITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0 uofr. 35, ?7 1/2, 35.
30/0 74 fr. 60.
Florins (or) 64 1/16-
̃S 0/0 turc 8 fr. 40.
Egyptiennes 6 0/0.. ISS fr., 153 fr. 62 1/2, 154 fr.
37 1/2.
Extér" espagnole. 13 3/8,7/16.
ç .rv~t.~ }e" t.. ..t.
i Télégraphie privée*
5 Service télégraphique de l'agence Havaa.
| Vienne, le il mars, soir.
Les sous-commissions réunies de la Délégation
hongroise ont accepté un nouveau provisoire de
trois mois.
L Les sous-commissions se sont ensuite sépa-
1 rées..
Les sous-commissions pour la marine et pour
les affaires extérieures ont voté les crédits sup-
plémentaires demandés par le gouvenement.
Vienne, le 12 mars.
Les sous-commissions réunies de la Délégation
hongroise ont adopté aujourd'hui à l'unanimité
la proposi'ion de M. Falk. tendante à accorder le
crédit de 60 mUJions demandé par le gouverne-
ment.
̃̃• Vienne, le 12 mars.
La commission du budget de la Délégation au-
tnchienne a voté aujourd'hui, à titre provisoire.
les dépenses pour le second trimestre de l'année
̃ 1878, ainsi qu'un certain nombre de crédits ex-
traordinaires réclamés par le ministre de la
guerre, en vue de la situation.
Constantinople, le 1 1 mars, soir.
Le général Dondoukoff-Korsakoff commandera
le corps d'occupation en Bulgarie.
Le yacht Licadia est attendu ici demain; il
vient se mettre à la disposition du grand-duc
Nicolas.
La date dé la visite qîle lé grand-duc doit faire
au Sultan n'est pas encore fixée;
̃ Londres, le 12 mars. j
Tous les navires de guerre qui retournent, en
Angleterre sont retenus à Malte pour fortifier la
floue du Levant. •
Une dépêche, adressée de Berlin au Standard,
coatirme que le prince de Bismarck doit se ren-
dre dans son château du Lauenbourg, où il se
reposera jusqu'à la réunion du Congrès.
.Le Times publie les dépêches suivantes
« Odessa, le 11 mars. Réouf Pacha et le gé-
néral Ignatieff sont arrivés ici. ce soir, à bord
d'un steamer russe. Ils partent immédiatement
pour Saint-Pétersbourg.
» Vienne, le il mars. Réouf Pacha apporte
au Czar une lettre autographe du Sultan.
». La Russie n'a pas encore répondu d'une ma-
nière positive à l'Autriche, qui lui demandait de
fixer la réunion du Congrès du 25 au 31 mars.
Le prince Gortchakoff hésite à préciser une date,
à cause de sa récente maladie.
» La Russie maintient toujours son point de,
vue de ne soumettre au Congrès que la parlie du
traité qui affecte les intérêts européens.
» On ne doute pas que l'Autriche appuie l'An-
gleterre pour admettre la Grèce. à participer au
Congrès. »
Le Daily Telegraph publie la dépêche suivante,
de Pans, le il mars
« La France et l'Angleterre ont résolu d'inter-'
venir en commun dans les affaires d'Egypte. Les
deux gouvernemens ont non seulement adressé
de vives remontrances, au khédive, mais encore
Us lui ont offert d'envoyer des administrateurs
pour conduire l'enquête sur les finances. »
Londres, le 12 mars.
Chambre des Lords. Lord Stratheden et
Campbell annonce que 3eudi il appellera l'atten-
tion de .la Chambre sur les précautions à prendre
avant que l'Angleterre entre dans le lieu de ré-
union de la Conférence. Il se propose de demander
communication de la correspondance récente re-
lative aux conditions de la paix.
Chambre des Communes. Sir Stafford North-
cote, repondant à sir Wilmot, dit qu'il n'a pas
appris que les Russes soient occupés à f,dre des
retranchemens à travers le col de l'isthme de
Gallipoli. D'après les avis les plus récens, les
avant-postes russes se trouvaient du côsé de la
rivière de Kimiesch. à environ 12 railles de Bou-
lair, et le centre campait à Kadikoï, à 15 milles
de Boulair.
Sir Robert Peel annonce que jeudi il deman-
dera au gouvernement s'il n« lui paraît pas pou
désirable d'envoyer lord Lyons au Googi'ès pour
représenter l'Angleterre, eu égard à ses opinions
sur la question d'Orient:
Vienne, le 12 înars."
Le prince Jean Ghika. revenant de Londres,
apporte à Bucharest l'assurance que l'Angleterre
soutiendra la Roumanie maintenant dans la ré-
trocession, de la Bessarabie, et plus tard contre
l'envahissement des Slaves.
Athènes, le i% mars.
Le czar a notifié au gouvernement grec, par
1. intermédiaire de M. Sabouroff, ministre de Rus-
sie à Athènes, qu'il acceptait la proposition de la
Grèce d'être représentée au Congrès.
Les insurgés 4e l'Bpire ont réparé leur récent
insuccès. Colôgnc, je ~» mars. `
.Cologne, }e 12 mars.
On télégraphie de Péra, le 12, à la Gazette de
Coïpgne
> Une grande surexcitation règne en Syrie, où i
il se produit un mouvement très accentué en fa-
veur de l'annexion à l'Egypte. A Koniah, les '<
mollahs ont proclamé la déchéance de la dynastie ]
d'Osman.
» Le Sultan est tombé malade. » i
Berlin, le H mars. <
La Gazette de l'Allemagne dy, Nord dément (
tous les bruits de changemens ministériels ré- l
pandus ces jours derniers et dit qu'il ne sera pas
question de modifier le cabinet tant que ie -Par-
lement allemand n'aura pas-résolu les questions t
relatives aux suppléans du chance'.ier de l'em- r
pire, à la création d'un ministère des finances de
l'empire et à l'impôt s-ur le tabac. l
La Gazette nationale apprend aussi que les I
bruits en question ne reposent sur aucun fait po- t
sitif, et qu'aucune décision ne sera prise, d'ici à c
quelques semaines, au sujet des membres du c
cabinet. t
M. Vernar Liteano a remis aujourd'hui à M. le c,
secrétaire d'Etat de Bülow les lettres qui l'accré- (
ditent en.qualité d'agent diplomatique de la Rou- <̃
manie près le gouvernement allemand. j
Rome, le 12 mars.
Malgré les divers démentis donnés à la nou- o
velle que le cardinal Franchi, secrétaire d'Etat, a
envoyé aux nonces une circulaire parlant d'un l
changement de politique dans nn sens ferme. «
mais moins agressif, il y a lieu de maintenir les
renseipnemens contenus à ce sujet dans la dé- c
pêche du 8 mars..
11 se confirme que le roi Humbert a fait pré-: t
senter ses félicitations à Léon XIII, qui l'en a
remercié. <
H est de plus avéré que le prélat qui a été
chargé par le roi de féliciter le Pape en son
nom est. l'archevêque de Turin.
Les démentis donnés à ces nouvelles ne vien-
nent pas du Vatican même. Ils prennent nais-
sance dans les craintes du pani intransigeant,
qu alarment les idées de modération attribuées
au Souverain-Pontife.
La Russie, assure-t-on, ne serait pas éloignée
d'entamer de nouveau avec le Vatican des négo-
ciations relativement à l'Eglise de Pologne.
Rien de nouveau sur la crise ministérielle. Ce-
pendant on affirme que le cabinet sera formé
bientôt. Les deux principales difficultés portent
sur les portefeuilles de la guerre et des affaires
étrangères.
& Toulon, le 12 mars, 10 h. malin.
L'escadre d'évolutions appareille en ce moment
pour le golfe de Jouan.
Quand on vient de faire une visite au
Champ-de-Mars, on rentre chez soi dans
la disposition d'esprit et de corps de ce
^citoyen de Sybaris qui avait pris la fièvre
pour avoir vu des paysans travailler avec
£rqp*d'ai*deur. C'est une vraie fourmilière.
0ÙS de trois mille ouvriers français, sans
parler des Belges, des Anglais des Sué-
dois, des Japonais et des Chinois, sont en
j train d'improviser les merveilles qui
b seront offertes dans bientôt six semaines
à l'admiration du monde. Quoiqu'il reste
encore beaucoup à faire, tout sera ter-
r miné et en place avant le 1er mai. Les
caisses arrivent déjà, et on déballe Mais
suivons un itinéraire régulier. Au débou-
x ché du pont de l'Alma, à droite, se dre?-
i sent, dans la courbe du quai jusqu'au
Champ-de-Mars, les galeries et les bara-
ques de l'Exposition d'agriculture. La
foule des visiteurs entrera probablement
• de ce côté. A part une élégante buvette
j en style plus ou moins Renaissance qui
̃ occupe le centre de l'Exposition, et à la-
1 quelle la clientèle ne manquera pas, rien
n'est encore achevé. On pose des char-
pentes, la voie est encombrée. Pas-
sons vite, et entrons par l'ouverture en
} face dans l'enceinte du Champ-de-Mars.
On^connaît déjà la forme et, la disposition
i générale de l'édifice. C'est un immense
parallélogramme dont la façade donne sur
la Seine, etqui prolonge ses galeries en fer
et en verre jusqu'à une cinquantaine de
mètres de l'Ecole Militaire. Les galeries
de droite en supposant que le specta-
teur tourne le dos à l'Ecole appartien-
nent à l'exposition française; les galeries
de gauche, aux expositions étrangères.
Le centre est occupé par les deux bâli-
mens de l'exposition des beaux-arts, sé-
parés par le pavillon de la ville de Paris.
Tout cela est fortement entassé mais
qu'y faire ? C'est le monde entier qu'il
s'agit de loger dans l'enceinte du Champ-
de-Mars. En parcourant les galeries fran-
çaises, nous constatons avec plaisir que
les travaux sont en bonne voie les in-
stallations sont placées, les noms de leurs
futurs occupans sont même charbonnés
sur les planches les peintres et les dé-
corateurs sont à l'œuvre. Chaque groupe
d'industrie aura un aménagement appro-
prié à sa nature, avec des motifs décora-
tifs particuliers. Quant à la disposition
générale, elle reproduira celle de l'Expo-
sition de 1867. On pourra à volonté, et
sans avoir besoin d'aucun guide, visiter
les produits par pays ou par catégories,
machines, ameublemens, vêtemens, etc.,
chacune de ces catégories occupant la
même galerie.
La construction du gros œuvre des mo-
numens destinés aux beaux-arts est ter-
minée. A leurs faces latérales sont adossés
une série de pavillons qui ressemblent
à des chapelles bâties à l'extérieur d'une
nef, et dont l'effet n'est pas précisément
gracieux. Ces pavillons ou ces chapelles
des beaux-arts ont en outre l'inconvé-
nient de rétrécir l'espace ouvert devant
les façades caractéristiques des exposi-
tions étrangères. Ces façades constituent
pourtant la partie originale et vraiment j
pittoresque de l'édifice du Champ-de- i
Mars. On est en train de les construire, et ]
quelques unes sont même achevées, ou à <
peu près. L'Angleterre a bâti un pavillon s
en simples briques rouges, avec encadre- i
mens en pierres blanches et fenêtres à 1
vitraux, escorté de deux cottages qu'un i
échafaudage entoilé dérobe à la vue. Aux s
environs, l'emplacement destiné àla façade 1
américaine est encore absolument vide. En i
retard, les Etats-Unis! La Russie con- è
struit une isba en rondins, d'une sim- c
plicité rustique. Plus loin, la Suisse d
déroute un peu le visiteur en offrant p
à ses regards une coupole élégante au
lieu du chalet de rigueur, et la Bel- d
gique bâtit un hôtel princier en briques d
et en pierres bleues de Soignies avec des &
colonnes de ses beaux marbres noirs, li
bruns ou verts. Que voulez-vous ? les e
Chambres beiges ont bien fait les choses £
elles ont voté sans marchander un crédit. N
de 500,000 fr. pour l'Exposition, et c'est p
un placement qui en vaut bien un autre. û
Les marbres d'Italie n'ont qu'à se bien b
tenir! La façade italienne n'est encore T
qu'à l'état d'ébauche en revanche, le Por- p
tugal a dessiné les poétiques arceaux du le
cloître des Hiaronymites de Bellem et du N
couvent de Balalha deux merveilles! h
Après ce coup d'oeil sommaire jeté sur e:
les façades, entrons dans l'intérieur des ti
sections étrangères. Voici un amoncelle- tl
ment de caisses et de vitrines hollandai- é
ses fraîchement débarquées de Rotter- ti
dam, voici le compartiment et les ou- a
vriera chinois. Ces dignes enfans du p
Céleste-Empire, en costume national, u
calotte noire, queue tressée et jupon bleu, ti
travaillent commodément assis sur leur
établi ils manient avep dextérité une
a- hachette dont le dos sert de maillet ils
fî ont apporté avec eux les matériaux de
3s leurs vitrines, ils n'ont plus que la peine
ie de les ajuster: deux ou trois de ces vi-
> trines, presque achevées, sont couvertes
de jolis motifs décoratifs: poissons ac-
fè couplés et dorés, guerriers farouches à
at tête bleue, couverts de boucliers écarlates
ss d'où s'élancent des dragons verts à lan-
gue de feu, animaux formidables, mais
lt qui n'ont point suffi, hélas à préserver
l'Empire du Milieu de l'invasion des Bar-
bares à cheveux rouges. On les remplace
aujourd'hui par des canons krupp. La
u Chine se civilise, et qui sait si les Barba-
ls res n'auront pas à regretter un jour de
;q lui avoir enlevé ses illusions sur la belli-
•e quosité des dragons verts? Nous n'aper-
c cevons pas les Japonais ils élèvent un
». temple bouddhique, de proportions mo-
is destes. A Philadelphie, leur exposition
était la perle du Main Building; ils
n se souviendront certainement à Paris
ii que succès oblige. Voici les poêles en
:s fonte, les appareils de pêche, et l'orignal
e empaillé du Canada. Les Parisiens pauront
enfin ce que c'est qu'un orignal. Grande
s activité dans la section anglaise, où la
s présence assidue du prince de Galles a ad
comme un stimulant énergique le vé-
lum est posé, et un petit chemin de
a fer attend les colis qui ont déjà tra-
versé la Manche. La section anglaise con-
a fine à la grande entrée, côté de la Seine
t et du Troeadéro. La vaste galerie trans-
e ve,rsa!e qui l'en sépare est livrée aux dé-
i corateurs la façade elle-même com-
mence à prendre tournure, les écussons
i des nations exposantes couronnent le
faîte, il ne manque plus que les drapeaux.
De là jusqu'à la Seine, c'est une macé-
i -doine d'édicules affectés à des destinations
spéciales exposition du ministère des
i .travaux publics, des usines de Terre-
Noire, etc.; serres de l'Exposition d'horti-
v [Culture, avec deux lacs en miniature mu-
nis de leurs grottes enfin, à droite et à
s gauche du pont d'Iéna, un restaurant
i français et ua restaurant belge; la oui–
• sine anglaise, voire même américaine,
sera représentée ailleurs.; il ne manquera
i qu'un restaurant chinois. On pose un large
tablier en fonte sur les parapets du
pont d'Iéna, où la circulation est in-
• terdite, et on établit entre les deux tabliers
l'énorme tuyautage en fonte qui amènera
i l'eau destinée à remplir les lacs, à ali-
[ menter les pompes et à animer les appa-
reils moteurs de la galerie des machines.
L'élégant palais du Troeadéro, avec sa
i double galerie demi-circulaire, se dresse
• à l'autre bord, et la cascade descend le
i long de la terrasse comme un escalier
babylonien, ilanqué du palais de l'Algé-
rie, qui aura pour pendant d'autres pa-
i lais égyptiens et orientaux; bref, les
Mille et une Nuits au grand complet.
Nous rencontrons une escouade de blonds
soldats suédois en veston bleu, qui feront
la police de la section scandinave. La
plupart des nations exposantes nous en-
verront, à l'exemple de la Suède, des
échantillons de leur armée ou de leur po-
lice. Aux Etals-Unis, le commissaire gé-
néral de l'Exposition, M. Hac-Cormick,
avait demandé au ministre de la guerre
un détachement de vingt-quatre hommes
de l'armée régulière mais le ministre a
répondu que l'effectif réduit de l'armée
des Etats-Unis ne lui permettait pas de
se dégarnir. M. Mac7Cormick s'est adressé
alors au ministre de la marine, qui lui
a promis vingt-quatre matelots. En re <
vanche, la milice des fencibles, de Phila- t
delphie et les loges des Templiers 1
avaient manifesté l'intention de se ren-
dre à l'Exposition, en uniforme et en r
armés. Il paraît que l'annonce de cette D
invasion martiale a éveillé quelques ap- c
préhensions il a été répondu aux /en-
cibles et aux Templiers que les uniformes i
seuls seraient autorisés; sur quoi, fend- h
bles et Templiers ont renoncé à traverser o
l'Océan. C'est dommage Mais on ne sau- I-
rait blâmer cette précaution prudente. Qui l!
sait si les Templiers américains n'ont pas 1(
lu la tragédie de Raynouard? Ils se- B1
raient bien capables d'exiger, les armes
à la main, la réhabiliiation de leurs an-
cêtres, si traîtreusement rôtis en place s,
de Grève par Philippe-le-Bel Il faut tout 'ft
prévoir.
A-t-oa prévu suffisamment l'affluence di
des visiteurs et a-t on pourvu aux moyens a<
de les amener sans fatigue au Champ-de- P1
Mars ? A Philadelphie, des chemins de fer, T
tramways, bateaux à vapeur, omnibus, f^
etc., ont transporté en un seul jour à jg
Fairmount park, jusqu'à 275,000 visiteurs. je
Nos moyens de locomotion ne seront-ils d'
pas trop courts et ne faudra-t-il pas 11 t
faire queue pendant trois heures aux m
bureaux des omnibus pour arriver à 4l
l'avenue Rapp comme la chose se
pratique depuis un temps immémorial II
les jours de courses au Bois de Boulogne? pc
Nous savons bien que lés Parisiens sont Sa
habitués à faire queue, et qu'il ne leur qi
est jamais venu à l'idée qu'on puisse en- M
trer droit dans un omnibus ou dans un 27
théâtre comme dans un café; mais les
étrangers, moins civilisés, sont moins pa- Di
tiens, et il ne faut pas, d'ailleurs, qu'ils
aient quelque chose à reprendre à l'hos-
pitalité parisienne. Autre question non £
moin3 intéressante. Que coûtera l'hospi- m
talité parisienne ? Les étrangera ne peu- pj
vent s'attendre assurément à ce qu'elle1
soit absolument écossaise mais déjà des
rumeurs alarmantes se sont propagées
jusque dans le Nouveau-Monde suivies
prix auxquels les hôteliers, restaurateurs,
cafetiers se proposent de la faire payer.
Le Courrier des Etals-Unis leur adresse à
ce sujet un appel à la fois sentimental et
pratique que nous nous faisons un devoir
de reproduire
« .Les étrangers afflueront à Paris, cela ne
fait pas de doute; mais les étrangers, pas
plus que le* Français, u« roulent sur l'or en
ce moment. La crise a été universelle dans les-
dernières années. Ici, en Amérique, elle a été
terrible, et elle dure encore. Toutes les for-
tunes en sont ?ffe.(;lées. les grandes comme
les petites, et il n'y a personne pas
même les touristes, qui ne regarde de près
aux dollars. La guerre d'Orient a rendu les
roubles rares en Russie, et les piastres plus
rares encore en Turquie. Il ne reste guère
aox Allemands, des milliards soutirés à la'
France, qu une pénuiie dont témoigne la
prostration de leur commerce. Les Anglais
serrent les cordons de leur bourse en vue
des éventualités d'an avenir peut-être pro-
chain. Bref, le moment serait mal choisi
pour nourrir de folles espérances et médi-
ter des rafles exagérées. La modération dans
!Tue* s8*0068 Gat donc d'une bonne poli-
tique. »
Nous nous plaisons à espérer que ces
sages conseils seront écoutés, et nous
souhaiterions, si la chose était possible
que les industriels dont la modération est
soupçonnée se réunissent pour protester
contre de si calomnieuses rumeurs Il y
aura prochainement à Berlin un Congrès
de diplomates qui auront pour mission de,
rassurer l'Europe pourquoi, n'y aurait-il
pas à Paris un Congrès d'hôteliers, cafe-
tiers, restaurateurs, qui se chargeraient
de rassurer les futurs visiteurs de l'Expo-
sition universelle ? Y
G. DE MOLINAM. ;̃
3 On nous écrit de Versailles [Chambra
des Députés) ,-x <«) .<•-» -̃̃••̃. ̃
nJi!y,f^UinZ,ejours' *u moment 'môme
i M -5 î S selon toute aPPar<^ invali-
der M. de Lordat. député de Caetelnaudary,
t a ChambrèTa vu remonter à la tribune pour
lire m extremis une dénonciation des plus
étranges Cloutre le père de son concurrent,
t M. Mir; et, se laissant un peu trop vite
émouvoir par uue simple allégation, elle
L t } C,°m!De s>il s'agissait de valider, non
M. de Lordat, mais M. Mir, et prononcé
le renvoi au bureau. L'allégation était
fausse et M. le président du tribunal ds
i Gastelnaudary n'a nullement trafiqué de la
̃ justice au profit de la candidature de soa
• fils; cest ce qu'oçt démontré l'enquête à
laquelle le bureau s'est livré et le ran-
I Sr°rM> *Mneîde.M' ReBauH-Morliè;e.
M M,r a été calomnié, et la singularité de la
̃ calomnie, c'est que l'accusation n'est certain
nement pas le fait l'enquête l'a prouvé
du modeste gendarme auquel a été confié le
• Svance transmettre un Proeès-^bal rédigé
d'avance.
» M. de Lordat était, cette fois encore, arma
d'une pièce à effet. Il avait à la main un té-
légramme qu'il venait de recevoir à la ml,
nute, qu'il n'avait pas encore lu! Ce télé-
̃ gramme annonçait l'envoi prochain de pièces
notariée* De cette façon, la Chambre no
pourrait jamais arriver à terminer une affaira
qui n;a que trop duré et qui a causé à un ho^
nète magistrat un préjudice irréparable. Mais'
les procédés du genre de eux qu'eœploe
M. de Lordat ne peuvent pas toujours réus-!
sir, môme soutenus par les facét.es de M. Ro-
bert Mitchell, et l'ajournement a été re-
poussé.
r ° J1 *}} pas bien nécessaire que M. de
Lordat parlât, car, l'autre jour, il ne sVtait
pasménagé et ne s'était rien laissé â dire à
lui-même; mais, sous prétexte que quinze
jours se sont écoulés depuis son premier dis-
cours, il a voulu en fournir au moins le ré-
sumé. Le vote a donné 319 voix pour l'inva-
lidation et 177 contre, ~ilinva-
» A M. Silvrstre maintenant. Ses amis an-
noncent qu'il «galt-ra les vertus oratoires de
M. Barcilon. Ah i quelle différence I M Bar-
ci Ion avait du naturel, de la franchise et
souvent le ton de la bonne compaguie m Siî- ̃̃
yestre est un vulgaire déclam «trur qui 's'est
fait une voix de croquerai taiue pour terrifier
la majorité. Tantôt les mains dans les poches,
ou dans les entournures du gilet, tantôt
kss bras croisés sur la poitrine, il dit à
a gauche A Rome, on vous eût appelés
le côté sinistre et cela est vrai, puisque
sinistre y voulait dire gauche, ou bien
«Vous êtes le parti de Catilina! » D'abord on
«étonne ensuite on rit, et à là fia on n'est
que profondément ennuyé, car le morceau
sera évidemment long, cela ne s'aperçoit que
~trop.
.»tOu ne sait laquelle des quatre élections
de Vaucluse est la plus curieux. La maniera
de compter les voix était peut-être encore
plus originale dans la circonscription d'Apt
qu'ailleurs. A Apt même, le bureau, sans se
donner la peine de dire pourquoi, i^tr.Dchô
ÎS6 bulletins a^ comptede M. Naquet 23 où
le nom de Silvestre avait été rayé et portait
le nom de M. Naquet à l'enc», i4 couvem
d'une bande gommée au nom da M. Naquet,
117 où le nom de M. Naquet était suivi de! e
mots « l'un des 363 », et 2 où il y avait Na-
quet tout court, sans lo prénom d'Alfred
» A Gordes, la méthode n'est plus lamôme
II y a 710 bulletins dans l'uroe; le bureau eï
porte 764 au compte de M. Silvestre
» En somme, après les rectifications néces-
saires leiP bureau de la Chambre a trouvé
quo M. Silvestre a obtenu 7,102 voix et
M Naquet 6.654. Différera, 448 vS? et
270 voix de majorité absolue. Eucore faut-il
réduire {ce chiffre de 84, car les urnes conte-
naien 84 Bulletins de plus qu'il n'a été con-
state d'emargemens.
,» II y a SU communps dans la circonscrip-
tion. Le vote ne parait pas avoir été soumis
à la fraude matérielle dans 38 de ces com-
munes, où l'oa ne relève que des faits de
pjeesioa administraUve. û canaidat Spu!
HERCBEOS 13 MES
1878,
.< ON S'ABONNE
rue des Prêtres-Saint-Germain-rAuxerrois, 17.
PBIX I»E L'ABO.VNEHEIVT
un an. six mois. Trois mott»
Departemens. 80 fr. 40 fr. 20 Ce,
Paris 72 fr. 36 fr. 18 fr.
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bliothèques des eares de chemin de fer belges
A Valparaiso (Chili), chez M. Orestes L. Tornero?
URCilEQI IS MARS
1878.
JOURNAL DES DEBATS
C* POLITIQUES ET LITTÉRAIRES
'ipr~X
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dans le Luxembourg, en Turquie,
• *B Suisse, en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon,
au moyen d'une valeur, payable à Paris ou d«
«andats-poste, soit internationaux, soit françai»
«n Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
Chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays, • <
par l'envoi d'une valeur payable a Paris.
• Les annonces ^ont reçues `
OktS m. Funebey, LafOte «t Q»,
8, place de la Bourse,
ttau bureau du JOCBWALi
oUtsdoiTenttoujours être agréées par la rédaction.
Les souscripteurs dont l'abonnement
expire le 15 mars sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver
de retard dans l'envoi du Journal. `
PARIS
MARDI 12 MARS
La presse continue à s'occuper des
constitutionnels du Sénat, et la polémi-
que soulevée par leur récente évolution
se poursuit d'une manière, à la vérité,
un peu traînante. Pour notre compte,
nous avons pris, dès le premier jour, le
parti d'attendre à l'oeuvre les constitution-
nels du Sénat; c'est par leurs propres ac-
tes, et non point par les commentaires des
iournaux, que nous nous sommes promis
de juger l'importance ou l'insignifiance tfc
leur rupture avec les droites. Ils ont re-
vendiqué leur liberté, c'est fort bien mais
quel usage en feront-ils? L'expérience
seule peut nous éclairer sur ce point, et
nous avons attendu cette expérience avec
d'autant plus de facilité qu'elle devait être
plus prochaine. La loi sur l'état de siège,
votée par la Chambre des Députés, sera
discutée jeudi par le Sénat. M. Delsol a dé-
posé son rapport; de part et d'autre
les positions sont prises. On sait ce que
veut la droite, on sait aussi ce que
propose le ministère. Que feront les con-
stitutionnels ? Il serait indiscret, témé-
raire, maladroit peut-être d'essayer de le
prévoir, et nous nous en garderons
bien; toutefois, les constitutionnels ne
peuvent pas se dissimuler que non seu-
lement notre curiosité* mais celle de
tout le monde est vivement excitée,
Voilà l'occasion pour eux de se prononcer
entre la politique de résistance aveugle,
d'empêchement obstiné d'opposition
qu'on nous permettra sans jeu de mots
d^peier oûû^^tloQSÇ'1!6; et la gollUque
de gouvernement. • >
Jusqu'ici les discussions des journaux
sur l'événement subit qui a disloque
la droite sénatoriale se sont quelque
peu perdues dans les nuages. On a
parlé de tout, de îa monarchie et de
la république du comte de Chambord
%t des princes d'Orléans de M. Chesne-
lông et du duc d'Audiffret-Pasquier
histoire, philosophie, métaphysique sor
ciale et politique, enfin tout ce qui peut
élever et généraliser une question plutôt
que la préciser. Nous sommes bien éloi-
gnés de faire fi de cette manière de discu-
ter et des beaux dé veloppemens qu'elle
comporte, mais il est des momens où il faut
dire comme- dans les Plaideurs Au fait
L'autre Jour encore, le Moniteur universel
8e plaisait "à établir un spirituel parallèle
entre les diverses formes du gouvernement
parlementaire, la forme républicaine et la
forme monarchique et, sans exclure
l'une, il donnait ses préférences à l'autre.
Aujourd'hui comme en 1830, il croit que
la monarchie constitutionnelle est la meil-
leure des républiques. Il serait tout aussi
ingénieux et aussi intelligible dé dire
qu'en 1878 la république constitutionnelle
est la meilleure des monarchies. Les
deux locutions se valent, ou peu s'en faut.
Si elles ont un sens, ce ne peut être
que le suivant Le meilleur des gou-
vernemens, parlementaires est celui qu'il
est le dIus facile d'établir et de main-
tenir. Et combien cela n'est-il pas plus
vrai encore du seul gouvernement qui,
à un moment donné soit possible
Nous n'avons pu faire, nous ne pou-
Tons faire en ce moment que la ré-
publique là république est donc le meil-
leur des gouvernemens le seul bon, le
seul légitime. En dehors d'elle, il n'y a
qu'aventure ou faction. Mais ce n'est
pas tout que d'accepter la république il
faut encore gouverner avec elle, c'est-à-
dire voter toutes les lois qui sont indis- <
pensables à sa marche régulière et à ]
sa conservation. Nul doute que la loi sur ]
l'état de siège, telle qu'elle a été proposée {
jadis par M. Bârdoux, telle qu'elle a été ]
adoptée par la Chambre, est au nombre £
dç>ces loiffqué les derniers événement ont <
rendues nécessaires. Nous y reviendrons, a
parçe;qu'en politique on ne saurait trop x
démontrer même l'évidence. Mais qu'en 1
penseront les constitutionnels ? S'ils ac- a
ceptent sincèrement la république, s'ils (
renoncent aux tentatives de restauration E
ou s'ils les renvoient à un temps indé- f
terminé, s'ils se proposent de soutenir 1
sans arrière-pensée le gouvernement dans c
la forme qu'il a prise et avec le mini- I
stère qu'il s'est donné, ils voteront le 1
texte primitif de la loi sur l'état de 1
siège ils répousseront énergiquement les c
amendemens de la commission. N'est-il é
pas permis, de compter sur eux ? Les con-: `1
Btitutionnels sont de bons citoyens qui r
jont été longtemps séduits leurs jour- c
naux l'avouent par des espérances ir- d
réalisables. Ils ne regrettent pas ce qu'ils c
ont fait; mais, en se séparant des droites, s
ils1 ont résolu de faire autre chose. Ils ne c
le regrettent pas, parce qu'ils voulaient t
ép&iser jusqu'aux derniers efforts pour p
préparer le retour -.de la monarchie ils A
avaient besoin de se convaincre en c
conscience de l'inutilité de leurs tenta- fi
tives auj ourd'hui, la aémonstration est a
acquise, leur sentiment semble fixé. s
Comment donc hésiteraient-ils à vo- e
ter la loi primitive sur l'état de siège G
«ta ref ooaser le projet de la commission? 6
Quêtait cette loi ? Lé nom même qu'on
it lui a donné le -montre on l'a appelée une
e loi de garantie. Qu'en a fait la commis-
r Bion ? Un piège pour l'avenir. Nous le ré-
pétons, le moment est venu pour les con-
stitutionnels d'expliquer nettement leurs
intentions, et de montrer au pays qui les
regarde quel fond il peut faire sur eux.
Nous avons aujourd'hui le texte du
discours prononcé par le comte Andrassy
s devant les Délégations. Ce texte est par-
faitement conforme au résumé télégra-
i phique que nous avons déjà publié mais
la lecture du discours lui-même donne
naturellement une idée plus complète du
s ton et en quelque sorte de l'accent de
l'orateur. Dans la première partie, ce
ton est très fier, noblement hardi, ab-
solument belliqueux. Le comte Andrassy
3 brûle ses vaisseaux, disaient en l'écoutant
î plusieurs membres des Délégations il nous
conduit à la guerre. Mais non^ la {$-,
rofaison est plus modeste; elle rappelle*
i et justifie le mot du Tagblatt que nous
t reproduisions hier Le comte Andrassy,
5 même dans ses jours de résolution, prend
s, toujours soin de réserver sa liberté d'inac-
i tion.
i Jamais encore, ni à Londres, ni à
̃ Vienne, ni ailleurs, le traité de San-Ste-
i fano n'avait été traité avec plus de désin-
i voiture que par le comte Andrassy. Il ne
lui accorde absolument aucune impor-
tance, aucune valeur diplomatique. Pour
lui, c'est un brouillon préparé par des
militaires, et dont les diplomates feront
i le cas qui leur conviendra. Ce début n'est
1 pas de nature à flatter beaucoup les
Russes; mais que dire de la suite? Le
ministre austro-hongrois déclare for-
mellement que la Russie est incapable
d'accomplir à elle seule l'œuvre qu'elle a
entreprise. L'Europe seule en viendra
peut-être à bout. Et que devra faire l'Eu-
rope réunie en Congrès? Deux préoccu-
pations s'imposeront à elle la première,
a^pîeehêr que les" rapports actuels d#
puissance, politique eh Orient soient dé–
traits au .profit exclusif de la Russie; là
seconde, d'amélioremotrsentement le sort
dés Bulgares, mais celui des autres chré-
tiejïs. ̃ "•̃•••̃•- ̃ ̃; ̃̃ ̃̃
Tel est le programme que le. comte
Andrassy apportera au Congrès, et c'est
assurément un beau et large programme.
Le comte Andrassy né se dissimule pas
que les Russes ne seront peut-être pas
très satisfaits de son attitude mais, pour
conserver la leur, il faudrait, dit-il,
qu'ils fussent à la tête d'une coalition
européenne, et cette coalition n'existe
pas. Nous en sommes convaincus seu-
lement, nous né sommes pas sûrs que
le comte Andrassy lui-même ait plus
d'alliés que le prince Gortchakolï, et,
dès lors la situation de part et' d'au-
tre est à peu près égale, sauf là diffé-
reticé que 1e bèati ,roossid~rai~;r ¢ta-
rence que Je beati possidçntes éta-
blit à l'avantage du chancelier russe.
Le comte Andrassy envisage deux hypo-
thèses ou bien le Congrès s'appliquera,
à restreindre l'ambition des Russes etàleur
faire abandonner une partie de leurs avan-
tages, ce qui serait un moyen de réta-
blir l'équilibre de puissance en Orient; ou
bienil posera la question générale et la
résoudra en tenant compte de tous les
intérêts, ce qui amènerait au même ré-
sultat. Dans le premier cas, les Russes
lâcheraient prise, du moins en partie dans
le second chacun prendrait son morceau,
et tout le monde serait content.
Le comte Andrassy n'est pas aussi bru-
talement net que nous le sommes mais
tel est le sens de son discours. Dès lors î
on peut lui dire Vous prétendez que les
Russes n'ont pas d'alliance assez ferme-
pour qu'ils puissent conserver leurs con- <
quêtes; en âvez-vous de votre côté pour
les obliger à, montrer plus de modération? s
On voit très bien le but que poursuit le
comte Andrassy j mais non pas son moyen
pour l'atteindre. Si de la première hy- l
pothèse nous passons à la seconde, la t
situation est la même. Dans une éloquente
métaphore, le ministre austro-hongrois
s'est écrié « On fait fondre dans les hauts-
» fourneaux le métal brut pour le couler l
» ensuite dans un moule qui lui donne une ç
» forme. Je vois bien en Orient le métal jj
» en lusion, mais je ne vois pas le moule
» dans lequel il peut être versé. » Ici une
distinction est nécessaire. Il n'est pas c
exact de dire que les Russes ont né-
gligé de faire le moule avant de fondre v
le métal. Il y a fort longtemps qu'ils n
ont préparé l'organisation qu'il3 donnent d
maintenant à la Bulgarie. A-t-on oublié
les travaux préparatoires du prince ïcher-
kassky et de sa légion d'employés? A-t-on t<
oubliéles jeunesBulgares instruits dans les -;g
écoles russes? Le moule russe était prêt u
lorsque le métal a été mis en fusion r(
mais, ce que nous ne voyons pas en effet, F
c'est le moule autrichien du comte An-
drassj. Rien de plus vague que les voies et b
moyens qu'il compte employer pour réali-
ser son plan. On distingue dans son dis- ci
cours des velléités audacieuses, des impa- S9
tienees généreuses, des élans presque im • d d
pétueyx; mais l'âme manque de corps. u
Aussi ne sommes-nous pas surpris de la
conclusion si conciliante de ce discours si
fier et même quelque peu arrogant, II n'y J-
a pas là l'indication d'une politique, il y a "ci
seulement une proposition de subsides
et ce discours, malgré son éclat, ne pou- p
vait guère aboutir qu'à la demande de a~
60 millions de florins. :«
BOURSE DE PARIS
CISIare U 11. le 12 2 Hkhc. B*U«e
• O/O
Comptant. 74 80 .1. 74 65 18
Fin cour 74 47 1,2 74 62 1,2 J5
4 t/» O/O
Comptant 103 60 103 70 ./S 10
5 O/O
Comptant 110 is no 25 0 f
Fin cour. 110 33 no 35
PETITK BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0 uofr. 35, ?7 1/2, 35.
30/0 74 fr. 60.
Florins (or) 64 1/16-
̃S 0/0 turc 8 fr. 40.
Egyptiennes 6 0/0.. ISS fr., 153 fr. 62 1/2, 154 fr.
37 1/2.
Extér" espagnole. 13 3/8,7/16.
ç .rv~t.~ }e" t.. ..t.
i Télégraphie privée*
5 Service télégraphique de l'agence Havaa.
| Vienne, le il mars, soir.
Les sous-commissions réunies de la Délégation
hongroise ont accepté un nouveau provisoire de
trois mois.
L Les sous-commissions se sont ensuite sépa-
1 rées..
Les sous-commissions pour la marine et pour
les affaires extérieures ont voté les crédits sup-
plémentaires demandés par le gouvenement.
Vienne, le 12 mars.
Les sous-commissions réunies de la Délégation
hongroise ont adopté aujourd'hui à l'unanimité
la proposi'ion de M. Falk. tendante à accorder le
crédit de 60 mUJions demandé par le gouverne-
ment.
̃̃• Vienne, le 12 mars.
La commission du budget de la Délégation au-
tnchienne a voté aujourd'hui, à titre provisoire.
les dépenses pour le second trimestre de l'année
̃ 1878, ainsi qu'un certain nombre de crédits ex-
traordinaires réclamés par le ministre de la
guerre, en vue de la situation.
Constantinople, le 1 1 mars, soir.
Le général Dondoukoff-Korsakoff commandera
le corps d'occupation en Bulgarie.
Le yacht Licadia est attendu ici demain; il
vient se mettre à la disposition du grand-duc
Nicolas.
La date dé la visite qîle lé grand-duc doit faire
au Sultan n'est pas encore fixée;
̃ Londres, le 12 mars. j
Tous les navires de guerre qui retournent, en
Angleterre sont retenus à Malte pour fortifier la
floue du Levant. •
Une dépêche, adressée de Berlin au Standard,
coatirme que le prince de Bismarck doit se ren-
dre dans son château du Lauenbourg, où il se
reposera jusqu'à la réunion du Congrès.
.Le Times publie les dépêches suivantes
« Odessa, le 11 mars. Réouf Pacha et le gé-
néral Ignatieff sont arrivés ici. ce soir, à bord
d'un steamer russe. Ils partent immédiatement
pour Saint-Pétersbourg.
» Vienne, le il mars. Réouf Pacha apporte
au Czar une lettre autographe du Sultan.
». La Russie n'a pas encore répondu d'une ma-
nière positive à l'Autriche, qui lui demandait de
fixer la réunion du Congrès du 25 au 31 mars.
Le prince Gortchakoff hésite à préciser une date,
à cause de sa récente maladie.
» La Russie maintient toujours son point de,
vue de ne soumettre au Congrès que la parlie du
traité qui affecte les intérêts européens.
» On ne doute pas que l'Autriche appuie l'An-
gleterre pour admettre la Grèce. à participer au
Congrès. »
Le Daily Telegraph publie la dépêche suivante,
de Pans, le il mars
« La France et l'Angleterre ont résolu d'inter-'
venir en commun dans les affaires d'Egypte. Les
deux gouvernemens ont non seulement adressé
de vives remontrances, au khédive, mais encore
Us lui ont offert d'envoyer des administrateurs
pour conduire l'enquête sur les finances. »
Londres, le 12 mars.
Chambre des Lords. Lord Stratheden et
Campbell annonce que 3eudi il appellera l'atten-
tion de .la Chambre sur les précautions à prendre
avant que l'Angleterre entre dans le lieu de ré-
union de la Conférence. Il se propose de demander
communication de la correspondance récente re-
lative aux conditions de la paix.
Chambre des Communes. Sir Stafford North-
cote, repondant à sir Wilmot, dit qu'il n'a pas
appris que les Russes soient occupés à f,dre des
retranchemens à travers le col de l'isthme de
Gallipoli. D'après les avis les plus récens, les
avant-postes russes se trouvaient du côsé de la
rivière de Kimiesch. à environ 12 railles de Bou-
lair, et le centre campait à Kadikoï, à 15 milles
de Boulair.
Sir Robert Peel annonce que jeudi il deman-
dera au gouvernement s'il n« lui paraît pas pou
désirable d'envoyer lord Lyons au Googi'ès pour
représenter l'Angleterre, eu égard à ses opinions
sur la question d'Orient:
Vienne, le 12 înars."
Le prince Jean Ghika. revenant de Londres,
apporte à Bucharest l'assurance que l'Angleterre
soutiendra la Roumanie maintenant dans la ré-
trocession, de la Bessarabie, et plus tard contre
l'envahissement des Slaves.
Athènes, le i% mars.
Le czar a notifié au gouvernement grec, par
1. intermédiaire de M. Sabouroff, ministre de Rus-
sie à Athènes, qu'il acceptait la proposition de la
Grèce d'être représentée au Congrès.
Les insurgés 4e l'Bpire ont réparé leur récent
insuccès. Colôgnc, je ~» mars. `
.Cologne, }e 12 mars.
On télégraphie de Péra, le 12, à la Gazette de
Coïpgne
> Une grande surexcitation règne en Syrie, où i
il se produit un mouvement très accentué en fa-
veur de l'annexion à l'Egypte. A Koniah, les '<
mollahs ont proclamé la déchéance de la dynastie ]
d'Osman.
» Le Sultan est tombé malade. » i
Berlin, le H mars. <
La Gazette de l'Allemagne dy, Nord dément (
tous les bruits de changemens ministériels ré- l
pandus ces jours derniers et dit qu'il ne sera pas
question de modifier le cabinet tant que ie -Par-
lement allemand n'aura pas-résolu les questions t
relatives aux suppléans du chance'.ier de l'em- r
pire, à la création d'un ministère des finances de
l'empire et à l'impôt s-ur le tabac. l
La Gazette nationale apprend aussi que les I
bruits en question ne reposent sur aucun fait po- t
sitif, et qu'aucune décision ne sera prise, d'ici à c
quelques semaines, au sujet des membres du c
cabinet. t
M. Vernar Liteano a remis aujourd'hui à M. le c,
secrétaire d'Etat de Bülow les lettres qui l'accré- (
ditent en.qualité d'agent diplomatique de la Rou- <̃
manie près le gouvernement allemand. j
Rome, le 12 mars.
Malgré les divers démentis donnés à la nou- o
velle que le cardinal Franchi, secrétaire d'Etat, a
envoyé aux nonces une circulaire parlant d'un l
changement de politique dans nn sens ferme. «
mais moins agressif, il y a lieu de maintenir les
renseipnemens contenus à ce sujet dans la dé- c
pêche du 8 mars..
11 se confirme que le roi Humbert a fait pré-: t
senter ses félicitations à Léon XIII, qui l'en a
remercié. <
H est de plus avéré que le prélat qui a été
chargé par le roi de féliciter le Pape en son
nom est. l'archevêque de Turin.
Les démentis donnés à ces nouvelles ne vien-
nent pas du Vatican même. Ils prennent nais-
sance dans les craintes du pani intransigeant,
qu alarment les idées de modération attribuées
au Souverain-Pontife.
La Russie, assure-t-on, ne serait pas éloignée
d'entamer de nouveau avec le Vatican des négo-
ciations relativement à l'Eglise de Pologne.
Rien de nouveau sur la crise ministérielle. Ce-
pendant on affirme que le cabinet sera formé
bientôt. Les deux principales difficultés portent
sur les portefeuilles de la guerre et des affaires
étrangères.
& Toulon, le 12 mars, 10 h. malin.
L'escadre d'évolutions appareille en ce moment
pour le golfe de Jouan.
Quand on vient de faire une visite au
Champ-de-Mars, on rentre chez soi dans
la disposition d'esprit et de corps de ce
^citoyen de Sybaris qui avait pris la fièvre
pour avoir vu des paysans travailler avec
£rqp*d'ai*deur. C'est une vraie fourmilière.
0ÙS de trois mille ouvriers français, sans
parler des Belges, des Anglais des Sué-
dois, des Japonais et des Chinois, sont en
j train d'improviser les merveilles qui
b seront offertes dans bientôt six semaines
à l'admiration du monde. Quoiqu'il reste
encore beaucoup à faire, tout sera ter-
r miné et en place avant le 1er mai. Les
caisses arrivent déjà, et on déballe Mais
suivons un itinéraire régulier. Au débou-
x ché du pont de l'Alma, à droite, se dre?-
i sent, dans la courbe du quai jusqu'au
Champ-de-Mars, les galeries et les bara-
ques de l'Exposition d'agriculture. La
foule des visiteurs entrera probablement
• de ce côté. A part une élégante buvette
j en style plus ou moins Renaissance qui
̃ occupe le centre de l'Exposition, et à la-
1 quelle la clientèle ne manquera pas, rien
n'est encore achevé. On pose des char-
pentes, la voie est encombrée. Pas-
sons vite, et entrons par l'ouverture en
} face dans l'enceinte du Champ-de-Mars.
On^connaît déjà la forme et, la disposition
i générale de l'édifice. C'est un immense
parallélogramme dont la façade donne sur
la Seine, etqui prolonge ses galeries en fer
et en verre jusqu'à une cinquantaine de
mètres de l'Ecole Militaire. Les galeries
de droite en supposant que le specta-
teur tourne le dos à l'Ecole appartien-
nent à l'exposition française; les galeries
de gauche, aux expositions étrangères.
Le centre est occupé par les deux bâli-
mens de l'exposition des beaux-arts, sé-
parés par le pavillon de la ville de Paris.
Tout cela est fortement entassé mais
qu'y faire ? C'est le monde entier qu'il
s'agit de loger dans l'enceinte du Champ-
de-Mars. En parcourant les galeries fran-
çaises, nous constatons avec plaisir que
les travaux sont en bonne voie les in-
stallations sont placées, les noms de leurs
futurs occupans sont même charbonnés
sur les planches les peintres et les dé-
corateurs sont à l'œuvre. Chaque groupe
d'industrie aura un aménagement appro-
prié à sa nature, avec des motifs décora-
tifs particuliers. Quant à la disposition
générale, elle reproduira celle de l'Expo-
sition de 1867. On pourra à volonté, et
sans avoir besoin d'aucun guide, visiter
les produits par pays ou par catégories,
machines, ameublemens, vêtemens, etc.,
chacune de ces catégories occupant la
même galerie.
La construction du gros œuvre des mo-
numens destinés aux beaux-arts est ter-
minée. A leurs faces latérales sont adossés
une série de pavillons qui ressemblent
à des chapelles bâties à l'extérieur d'une
nef, et dont l'effet n'est pas précisément
gracieux. Ces pavillons ou ces chapelles
des beaux-arts ont en outre l'inconvé-
nient de rétrécir l'espace ouvert devant
les façades caractéristiques des exposi-
tions étrangères. Ces façades constituent
pourtant la partie originale et vraiment j
pittoresque de l'édifice du Champ-de- i
Mars. On est en train de les construire, et ]
quelques unes sont même achevées, ou à <
peu près. L'Angleterre a bâti un pavillon s
en simples briques rouges, avec encadre- i
mens en pierres blanches et fenêtres à 1
vitraux, escorté de deux cottages qu'un i
échafaudage entoilé dérobe à la vue. Aux s
environs, l'emplacement destiné àla façade 1
américaine est encore absolument vide. En i
retard, les Etats-Unis! La Russie con- è
struit une isba en rondins, d'une sim- c
plicité rustique. Plus loin, la Suisse d
déroute un peu le visiteur en offrant p
à ses regards une coupole élégante au
lieu du chalet de rigueur, et la Bel- d
gique bâtit un hôtel princier en briques d
et en pierres bleues de Soignies avec des &
colonnes de ses beaux marbres noirs, li
bruns ou verts. Que voulez-vous ? les e
Chambres beiges ont bien fait les choses £
elles ont voté sans marchander un crédit. N
de 500,000 fr. pour l'Exposition, et c'est p
un placement qui en vaut bien un autre. û
Les marbres d'Italie n'ont qu'à se bien b
tenir! La façade italienne n'est encore T
qu'à l'état d'ébauche en revanche, le Por- p
tugal a dessiné les poétiques arceaux du le
cloître des Hiaronymites de Bellem et du N
couvent de Balalha deux merveilles! h
Après ce coup d'oeil sommaire jeté sur e:
les façades, entrons dans l'intérieur des ti
sections étrangères. Voici un amoncelle- tl
ment de caisses et de vitrines hollandai- é
ses fraîchement débarquées de Rotter- ti
dam, voici le compartiment et les ou- a
vriera chinois. Ces dignes enfans du p
Céleste-Empire, en costume national, u
calotte noire, queue tressée et jupon bleu, ti
travaillent commodément assis sur leur
établi ils manient avep dextérité une
a- hachette dont le dos sert de maillet ils
fî ont apporté avec eux les matériaux de
3s leurs vitrines, ils n'ont plus que la peine
ie de les ajuster: deux ou trois de ces vi-
> trines, presque achevées, sont couvertes
de jolis motifs décoratifs: poissons ac-
fè couplés et dorés, guerriers farouches à
at tête bleue, couverts de boucliers écarlates
ss d'où s'élancent des dragons verts à lan-
gue de feu, animaux formidables, mais
lt qui n'ont point suffi, hélas à préserver
l'Empire du Milieu de l'invasion des Bar-
bares à cheveux rouges. On les remplace
aujourd'hui par des canons krupp. La
u Chine se civilise, et qui sait si les Barba-
ls res n'auront pas à regretter un jour de
;q lui avoir enlevé ses illusions sur la belli-
•e quosité des dragons verts? Nous n'aper-
c cevons pas les Japonais ils élèvent un
». temple bouddhique, de proportions mo-
is destes. A Philadelphie, leur exposition
était la perle du Main Building; ils
n se souviendront certainement à Paris
ii que succès oblige. Voici les poêles en
:s fonte, les appareils de pêche, et l'orignal
e empaillé du Canada. Les Parisiens pauront
enfin ce que c'est qu'un orignal. Grande
s activité dans la section anglaise, où la
s présence assidue du prince de Galles a ad
comme un stimulant énergique le vé-
lum est posé, et un petit chemin de
a fer attend les colis qui ont déjà tra-
versé la Manche. La section anglaise con-
a fine à la grande entrée, côté de la Seine
t et du Troeadéro. La vaste galerie trans-
e ve,rsa!e qui l'en sépare est livrée aux dé-
i corateurs la façade elle-même com-
mence à prendre tournure, les écussons
i des nations exposantes couronnent le
faîte, il ne manque plus que les drapeaux.
De là jusqu'à la Seine, c'est une macé-
i -doine d'édicules affectés à des destinations
spéciales exposition du ministère des
i .travaux publics, des usines de Terre-
Noire, etc.; serres de l'Exposition d'horti-
v [Culture, avec deux lacs en miniature mu-
nis de leurs grottes enfin, à droite et à
s gauche du pont d'Iéna, un restaurant
i français et ua restaurant belge; la oui–
• sine anglaise, voire même américaine,
sera représentée ailleurs.; il ne manquera
i qu'un restaurant chinois. On pose un large
tablier en fonte sur les parapets du
pont d'Iéna, où la circulation est in-
• terdite, et on établit entre les deux tabliers
l'énorme tuyautage en fonte qui amènera
i l'eau destinée à remplir les lacs, à ali-
[ menter les pompes et à animer les appa-
reils moteurs de la galerie des machines.
L'élégant palais du Troeadéro, avec sa
i double galerie demi-circulaire, se dresse
• à l'autre bord, et la cascade descend le
i long de la terrasse comme un escalier
babylonien, ilanqué du palais de l'Algé-
rie, qui aura pour pendant d'autres pa-
i lais égyptiens et orientaux; bref, les
Mille et une Nuits au grand complet.
Nous rencontrons une escouade de blonds
soldats suédois en veston bleu, qui feront
la police de la section scandinave. La
plupart des nations exposantes nous en-
verront, à l'exemple de la Suède, des
échantillons de leur armée ou de leur po-
lice. Aux Etals-Unis, le commissaire gé-
néral de l'Exposition, M. Hac-Cormick,
avait demandé au ministre de la guerre
un détachement de vingt-quatre hommes
de l'armée régulière mais le ministre a
répondu que l'effectif réduit de l'armée
des Etats-Unis ne lui permettait pas de
se dégarnir. M. Mac7Cormick s'est adressé
alors au ministre de la marine, qui lui
a promis vingt-quatre matelots. En re <
vanche, la milice des fencibles, de Phila- t
delphie et les loges des Templiers 1
avaient manifesté l'intention de se ren-
dre à l'Exposition, en uniforme et en r
armés. Il paraît que l'annonce de cette D
invasion martiale a éveillé quelques ap- c
préhensions il a été répondu aux /en-
cibles et aux Templiers que les uniformes i
seuls seraient autorisés; sur quoi, fend- h
bles et Templiers ont renoncé à traverser o
l'Océan. C'est dommage Mais on ne sau- I-
rait blâmer cette précaution prudente. Qui l!
sait si les Templiers américains n'ont pas 1(
lu la tragédie de Raynouard? Ils se- B1
raient bien capables d'exiger, les armes
à la main, la réhabiliiation de leurs an-
cêtres, si traîtreusement rôtis en place s,
de Grève par Philippe-le-Bel Il faut tout 'ft
prévoir.
A-t-oa prévu suffisamment l'affluence di
des visiteurs et a-t on pourvu aux moyens a<
de les amener sans fatigue au Champ-de- P1
Mars ? A Philadelphie, des chemins de fer, T
tramways, bateaux à vapeur, omnibus, f^
etc., ont transporté en un seul jour à jg
Fairmount park, jusqu'à 275,000 visiteurs. je
Nos moyens de locomotion ne seront-ils d'
pas trop courts et ne faudra-t-il pas 11 t
faire queue pendant trois heures aux m
bureaux des omnibus pour arriver à 4l
l'avenue Rapp comme la chose se
pratique depuis un temps immémorial II
les jours de courses au Bois de Boulogne? pc
Nous savons bien que lés Parisiens sont Sa
habitués à faire queue, et qu'il ne leur qi
est jamais venu à l'idée qu'on puisse en- M
trer droit dans un omnibus ou dans un 27
théâtre comme dans un café; mais les
étrangers, moins civilisés, sont moins pa- Di
tiens, et il ne faut pas, d'ailleurs, qu'ils
aient quelque chose à reprendre à l'hos-
pitalité parisienne. Autre question non £
moin3 intéressante. Que coûtera l'hospi- m
talité parisienne ? Les étrangera ne peu- pj
vent s'attendre assurément à ce qu'elle1
soit absolument écossaise mais déjà des
rumeurs alarmantes se sont propagées
jusque dans le Nouveau-Monde suivies
prix auxquels les hôteliers, restaurateurs,
cafetiers se proposent de la faire payer.
Le Courrier des Etals-Unis leur adresse à
ce sujet un appel à la fois sentimental et
pratique que nous nous faisons un devoir
de reproduire
« .Les étrangers afflueront à Paris, cela ne
fait pas de doute; mais les étrangers, pas
plus que le* Français, u« roulent sur l'or en
ce moment. La crise a été universelle dans les-
dernières années. Ici, en Amérique, elle a été
terrible, et elle dure encore. Toutes les for-
tunes en sont ?ffe.(;lées. les grandes comme
les petites, et il n'y a personne pas
même les touristes, qui ne regarde de près
aux dollars. La guerre d'Orient a rendu les
roubles rares en Russie, et les piastres plus
rares encore en Turquie. Il ne reste guère
aox Allemands, des milliards soutirés à la'
France, qu une pénuiie dont témoigne la
prostration de leur commerce. Les Anglais
serrent les cordons de leur bourse en vue
des éventualités d'an avenir peut-être pro-
chain. Bref, le moment serait mal choisi
pour nourrir de folles espérances et médi-
ter des rafles exagérées. La modération dans
!Tue* s8*0068 Gat donc d'une bonne poli-
tique. »
Nous nous plaisons à espérer que ces
sages conseils seront écoutés, et nous
souhaiterions, si la chose était possible
que les industriels dont la modération est
soupçonnée se réunissent pour protester
contre de si calomnieuses rumeurs Il y
aura prochainement à Berlin un Congrès
de diplomates qui auront pour mission de,
rassurer l'Europe pourquoi, n'y aurait-il
pas à Paris un Congrès d'hôteliers, cafe-
tiers, restaurateurs, qui se chargeraient
de rassurer les futurs visiteurs de l'Expo-
sition universelle ? Y
G. DE MOLINAM. ;̃
3 On nous écrit de Versailles [Chambra
des Députés) ,-x <«) .<•-» -̃̃••̃. ̃
nJi!y,f^UinZ,ejours' *u moment 'môme
i M -5 î S selon toute aPPar<^ invali-
der M. de Lordat. député de Caetelnaudary,
t a ChambrèTa vu remonter à la tribune pour
lire m extremis une dénonciation des plus
étranges Cloutre le père de son concurrent,
t M. Mir; et, se laissant un peu trop vite
émouvoir par uue simple allégation, elle
L t } C,°m!De s>il s'agissait de valider, non
M. de Lordat, mais M. Mir, et prononcé
le renvoi au bureau. L'allégation était
fausse et M. le président du tribunal ds
i Gastelnaudary n'a nullement trafiqué de la
̃ justice au profit de la candidature de soa
• fils; cest ce qu'oçt démontré l'enquête à
laquelle le bureau s'est livré et le ran-
I Sr°rM> *Mneîde.M' ReBauH-Morliè;e.
M M,r a été calomnié, et la singularité de la
̃ calomnie, c'est que l'accusation n'est certain
nement pas le fait l'enquête l'a prouvé
du modeste gendarme auquel a été confié le
• Svance transmettre un Proeès-^bal rédigé
d'avance.
» M. de Lordat était, cette fois encore, arma
d'une pièce à effet. Il avait à la main un té-
légramme qu'il venait de recevoir à la ml,
nute, qu'il n'avait pas encore lu! Ce télé-
̃ gramme annonçait l'envoi prochain de pièces
notariée* De cette façon, la Chambre no
pourrait jamais arriver à terminer une affaira
qui n;a que trop duré et qui a causé à un ho^
nète magistrat un préjudice irréparable. Mais'
les procédés du genre de eux qu'eœploe
M. de Lordat ne peuvent pas toujours réus-!
sir, môme soutenus par les facét.es de M. Ro-
bert Mitchell, et l'ajournement a été re-
poussé.
r ° J1 *}} pas bien nécessaire que M. de
Lordat parlât, car, l'autre jour, il ne sVtait
pasménagé et ne s'était rien laissé â dire à
lui-même; mais, sous prétexte que quinze
jours se sont écoulés depuis son premier dis-
cours, il a voulu en fournir au moins le ré-
sumé. Le vote a donné 319 voix pour l'inva-
lidation et 177 contre, ~ilinva-
» A M. Silvrstre maintenant. Ses amis an-
noncent qu'il «galt-ra les vertus oratoires de
M. Barcilon. Ah i quelle différence I M Bar-
ci Ion avait du naturel, de la franchise et
souvent le ton de la bonne compaguie m Siî- ̃̃
yestre est un vulgaire déclam «trur qui 's'est
fait une voix de croquerai taiue pour terrifier
la majorité. Tantôt les mains dans les poches,
ou dans les entournures du gilet, tantôt
kss bras croisés sur la poitrine, il dit à
a gauche A Rome, on vous eût appelés
le côté sinistre et cela est vrai, puisque
sinistre y voulait dire gauche, ou bien
«Vous êtes le parti de Catilina! » D'abord on
«étonne ensuite on rit, et à là fia on n'est
que profondément ennuyé, car le morceau
sera évidemment long, cela ne s'aperçoit que
~trop.
.»tOu ne sait laquelle des quatre élections
de Vaucluse est la plus curieux. La maniera
de compter les voix était peut-être encore
plus originale dans la circonscription d'Apt
qu'ailleurs. A Apt même, le bureau, sans se
donner la peine de dire pourquoi, i^tr.Dchô
ÎS6 bulletins a^ comptede M. Naquet 23 où
le nom de Silvestre avait été rayé et portait
le nom de M. Naquet à l'enc», i4 couvem
d'une bande gommée au nom da M. Naquet,
117 où le nom de M. Naquet était suivi de! e
mots « l'un des 363 », et 2 où il y avait Na-
quet tout court, sans lo prénom d'Alfred
» A Gordes, la méthode n'est plus lamôme
II y a 710 bulletins dans l'uroe; le bureau eï
porte 764 au compte de M. Silvestre
» En somme, après les rectifications néces-
saires leiP bureau de la Chambre a trouvé
quo M. Silvestre a obtenu 7,102 voix et
M Naquet 6.654. Différera, 448 vS? et
270 voix de majorité absolue. Eucore faut-il
réduire {ce chiffre de 84, car les urnes conte-
naien 84 Bulletins de plus qu'il n'a été con-
state d'emargemens.
,» II y a SU communps dans la circonscrip-
tion. Le vote ne parait pas avoir été soumis
à la fraude matérielle dans 38 de ces com-
munes, où l'oa ne relève que des faits de
pjeesioa administraUve. û canaidat Spu!
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