Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-03-06
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 06 mars 1878 06 mars 1878
Description : 1878/03/06. 1878/03/06.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
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Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k460373q
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
EDITION DE PARIS.
JMJMAL DES DEBATS
M) POUTtQUES ET L!TTËRAH!ES
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11. mMMM 6 MARS -1
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ONSABONNE r
Me des Pratres-SaintrGermain'rAurerroïs, t7.
PBJamN JLABeanmMBEWTF:
Un an. Sixmois. Trois m<~<.
DépaTtemens. Ma-.Pâtis. M&. 36 &. igth
M9 Monnemens partent des i" chaquemoia.
Pacht, ~pttrtemenB, nn namé~o. ~< eent.
& tteittden, apply to Cewte and C", foMcn
Be~spapers ornée, n. Gresham street, G. P. 6.'
)BtM. ne!tity, tttt~ot etC', t.Finch taneCorahH!.
B.C., London; MM. ~v:-n. Smtth et Sct86,Strand,W.C..L
ABmxeUes. a i'0/~ Madeieino, dans les kiosques et dans tes M?
M'otM~ues des Kares de chemiD~ de fer be)A. Valparaiso {ChUt). chezM. Orestes L. Tomero.
MEMMM 6 MS
im >
ON S'ABONNE
en Belgique, en Italie,
dams le Luxembourg, en Turquie,
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et aù Japon,
'M moyen d'une valeur payable à Paris ou de
mandats-poste, soit internationaux, soit français;
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
par l'envoi d'une vaieut payable & P
f 5 L: JLtfHt!UMmceBMntJ'e$!M)t
C~es NON. Ftmehey, ~~Mtett C*,
ot an bujeau du ~OCMMAt.!
elles doivent toujours être agréées pa.r ta rédactions
Ï~AMS
MARDIS MARS
Les conditions de la paix ne sont pas
aujourd'hui beaucoup mieux connues
qu'elles ne l'étaient hier, et il est proba-
ble que nous tâtonnerons quelques jours
encore dans l'obscurité. Une dépêche
de Saint Pétersbourg annonce que le
traité ne sera pas publié avant que le
texte en ait été reçu par courrier, c'est-
à-dire avant huit ou dix jours. Il est vrai
qu'une autre dépêche, datée de Constan-
tinople, dit que les conditions du traité se-
ront communiquées demain, mais à qui?
c'est ce que la dépêche n'explique pas,
-et il est à craindre que la lumière ne nous
vienne pas plus vite du Midi que du
Nord. Il semble pourtant que nos pré-
visions soient justifiées les Russes
s'embarqueront dans un des ports de
la mer de Marmara et reviendront dans
-!eur pays par le Bosphore; les For-
teresses de Bulgarie seront rasées;
toutes les troupes turques quitteront cette
.province, désormais rendue à elle-même.
Une milice bulgare sera constituéecomme
nous l'avons déjà indiqué il y aura
70 bataillons, 12 escadrons, 8 batteries, et
dans chaque bataillon 8 officiers et 20 sous-
.oinciers russes. Le commandement se fera
en russe. Ne faut-il pas, pour les initier
à leur dignité nouvelle de citoyens in-
dépendans, que les Russes enseignent
l'exercice aux Bulgares ? Ils ne man-
queront pas non plus de leur inculquer
les principes d'une bonne administration,
bien que, par une triste fatalité, le prince-
Tcherkasski, un des descendans naturels
de Solon, de Lycurgue et de Moïse, vienne
de mourir, comme ce dernier, à l'entrée de
laTerre promise. Heureusement, il a laissé
des élèves ou des imitateurs. Enfin
les Russes resteront en Bulgarie pen-
dant six mois, et, ce qui est plus dif-
Scile à comprendre, la Bulgarie possé-
dera le port de Kavala pendant deux ans.
Pourquoi deux ans, ni plus, ni moins?
Il est dur, après s'être baigné deux ans
dans la mer, de se voir priver d'un beau
p~rt et d'un beau rivage. Mais peut-être,
à l'expiration du délai, la Bulgarie a-t-elle
quelque vague espérance d'appliquer le
nouveau principe du droit des gens
pOMM!~M/
'Le texte du traité reste donc. ignoré
mais, ce qui est certain, c'est que l'Au-
triche occupera l'Herzégovine et la Bos-
nie. Pour ceux: qui ont suivi d'un œil
attentif le développement des affaires
d'Orient, il n'est pas douteux que l'occu-
pation de ces deux provinces par l'Autri-
che a été prévue, résolue dès les premiers
jours, et au moins dès l'entrevue qui a eu
lieu àReichstàdt, au mois de juillet 1876,
entre le czar et l'empereur François-Jo-
seph, entre le prince Gortchakon' et le
comte Andrassy. C'était le moment où
la. Serbie déclarait la guerre à la Porte et
se lançait étourdiment dans une aventure
qui lui a mal réussi. Bertrand tirait les
marrons du feu en se brûlast les pattes,
mais ce n'était pas lui qui devait les man-
ger. Les documens sur l'entrevue de
Reichstadt font tout à fait défaut; il n'en
existe sans doute aucun, et, s'il en existe,
nous ne les verrons j amais. Toutefois,
maintenant que les faits sont accomplis,
ne peut-on point, par induction, découvrir
iavérité? De quoià-t-il pu être ques-
tion à Reichstadt, sinon de la grande af-
faire qui venait de commencer, et dont il
était naturel de rechercher toutes les con-
séquences possibles? Que ferons-nous
dans fel cas? Que ferons-nous dans tel
autre ? H est clair que les deux augustes
personnages qui ne se rencontraient pas
tout à fait par hasard ont" dfr poser
ces questions et en causer l'un
avec. l'autre~ leurs .ministres en ont
certainement fait autant. Qu'ont-ils dé~
cidé? On ne l'a pas su d'abord, mais on a
appris, le lendemain de l'entrevue, ''que
J'Autriche fermait aux Turcs leLpprt de
':Mëk. Un: pareil act& était déjà~significa-
tif; cequi l'a été plus encore, c'est la con-
duite de l'Autriche pendant toute la durée
de la crise. Jamais grande puissance n'a
jeté un coup d'œil plus impassible sur
l'incendie qui menaçait ses flancs. Jus-
-qu'au dernier moment, l'Autriche a tout
regardé, tout laissé faire sans sourciller,
sans broncher; indifférence étrange, inex-
plicable, s'il n'y avait là, en eSet, qu~ de
~'indifférence; mais certainement il y avait
autre chose, et quoi? sinon une entente
préalable sur les compensations qui re-
viendraient à l'Autriche dans le cas où,
rempir& ottoman recevant une secousse
trop forte, le vieil édifice venait à se dis-
loquer.
Dès cette époque, on a parlé de
l'Herzégovine et de la. Bosnie. L'Autriche
pourtant ne voulait pas considérer comme
inévitable la ruine complète de l'empire
ottoman, encore moins contribuer à la
précipiter. Si la cour, si le parti aristocra-
tique et, militaire pouvaient envisager
sans crainte cette triste éventualité, les
Hongrois se révoltaient aune semblable
pensée. Leurs soupçons déjà éveillés, leur
opposition toujours prête à renaître,
ne permettaient au gouvernement aus-
tro-hongrois ni de faire cause com-
mune avec la Russie, ni d'escompter. les
résultats de la guerre avant qu'ils ne se
fussent produits. Ces résultats étaient
d'ailleurs incoMug.'L'Autriçhc, après a.yoh-
admis le système des compensations, a
donc cru bien faire de temporiser longue-
ment pour ce qui était de l'exécution. Elle
est restée immobile. Elle a résisté aux
tentations méphistophéliques que le gé-
nie russe exerçait sur ell~. 0!i n'a
pas oublié la mission SoumarokofT
la Russie aurait été heureuse de faire ac-
cepter le plan de l'occupation parallèle
non seulement par l'Autriche, mais par
l'Angleterre. Voilà le moment, disait-
elle à l'une entrez dans l'Herzégovine et
dans la Bosnie commej'entrerai moi-même
en Bulgarie!– Envoyez votre flotte, di-
sait-elle à l'autre que toutes les flottes
européennes se réunissent dans le Bos-
phore L'Europe n'a pas écouté un pa-
reil langage. Quant à l'Autriche, elle s'est
refusée à suivre ce conseil; elle a cru le
moment mal choisi, la circonstance pré-
maturée. Au fond, elle était gagnée,
compromise, engagée, comme ces per-
sonnages de légendes, qui ont donné leur
âme à une puissance mystérieuse et qui
ne s'appartiennent plus que pour un
temps. >, 11
Pendant la durée de la guerre, il a été
très souvent question de l'occupation,
par l'Autriche, de l'Herzégovine et de la
Bosnie. Lorsque, pour la première fois, le
général Gourko a passé les Balkans et a
poussé au midi une course militaire si
brillante, l'attention de l'Autriche est deve-
nue inquiète.–Que craignez-vous, a dit la
Russie à son alliée; n'avez-vous pas l'Her-
zegovine etIaBosnie? Entrez-yhardiment
L'Autriche s'est contentée de faire une
opération financière, et, sans mobiliser
ses troupes sur la frontière, de les renfor-
cer dans des proportions considérables
mais, devant l'inquiétude des Hongrois
et les divisions de l'opinion, elle n'a
pas été plus loin. Au reste, la marche
des Russes ayant été arrêtée à Plevna,
le-moment a paru bon pour attendre
et pour se recueillir. Les Russes pres-
saient les petits pays voisins d'en-
trer dans la guerre, ou d'y rentrer; la
Serbie surtout. La Serbie hésitait; une
première expérience lui avait si mal
réussi! Alors, pendant plusieurs semai-
nes, la question de l'occupation de l'Her-
zégovine et de la Bosnie par l'Autriche
est revenue au jour avec des intermit-
tences presque régulières il semblait
qu'elle devait être la conséquence et
le contre-poids de la participation de la
Serbie à la guerre, mais ce n'était encore
qu'une apparence, et la victoire définitive
des Russes était un fait accompli avant que
l'Autriche eût entrepris le moindre mou-
vement. Alors, il y a eu à Vienne
des pourparlers confidentiels entre le
comte Andrassy et l'ambassadeur russe
M. de Novikoff. Le gouvernement au-
trichien cherchait à connaître exacte-
ment les prétentions russes, à pénétrer les
conditions futures de la paix. L'Autriche
a été tenue dans l'ignorance, comme le
reste de l'Europe, aussi longtemps que
possible. EnSn le voile s'est déchiré, la
vérité a éclaté, et l'Autriche a vu non
sans effroi tout le centre de l'empire
ottoman, la Bulgarie depuis le Danube
jusqu'à la mer. entre les UMdns de son
terrible allié. Prenez donc l'Her-
zegovine et la Bosnie l répétait la
Russie. Mais le comte Andrassy
n'écoutait plus, ne voulait plus rien
entendre. Qu'étaient ces pauvres pro-
vinces en comparaison de celles dont la
Russie devenait maîtresse? La colère était
vive à Vienne; on inurmurait même le
mot de perfidie; on se tournait du côté de
Berlin. Berlin s'est montré froid, peu sen-
sible aux émotions'de l'Autriche, et de
là comme de Saint-Pétersbourg est venu
le conseil d'entrer en Herzégovine; et en
Bosnie.
.L'Herzégovine et la Bosnie valent, au
total, mieux que rien du tout. Après la
première effervescence, les sentimens
de. l'Autriche se sont un peu apaisés,
l'irritation s'est en partie calmée pour
faire place à la résignation et au calcul..
H est décidé dorénavant qu'on entrerai
dans les deux provinces. Soit! Mais
sous quel prétexte? Les questions de.
forme sont.. loin d'être indifférentes au
gouvernement autrichien. Entrer dans
les deux provinces parce que les Russes
sont entrés enBu!gari& ne paraît pas un
motif suffisant aux yeux des doctrinaires
viennois. Bien plus, on risque, en agissant
ainsi, d'accepter une sorte de solidarité
avec la Russie et de se rendre complice
de ses empiétemens. Hélas! l'Autriche est
complices ~~o depuis l'origine; mais,
nous le répétons, le décorum lui importe.
On cherche donc, à Vienne, à se créer des
titres, à inventer un système, à imaginer
une théorie, à invoquer une formule du
droit des gens, afin de justifier, légaliser ou
excuser les procédés auxquels on est ré-
duit. On a même réussi à provoquer un
petit mouvement d'opinion en Bosnie, où
les catholiques.onttou}ours été pour l'an-
nexion à l'Autriche les begs ou grands
propriétaires musulmans viennent d'en-
voyer une députation à Vienne pour sup-
plier l'empereur de venir à leur aide.
C'est fort bien, l'Autriche aura le con-
sentement des populations, mais elle
voudrait mieux encore,; elle voudrait une
mission de l'Europe; elle voudrait que,
dans la Conférence, l'Europe la chargeât
formellement d'occuper l'Herzégovine et
la Bosnie pour surveiller la Russie; elle
voudrait que son mouvement eût .l'air
d'être dirigé contre la Russie. Alors toutes
les apparences seraient s?.uvées. Certes,
ce côté méticuleux de l'esprit autrichien
est respectable dans une certaine mesure,
c'est la trace de l'honnêteté traditionnetle
du cabinet de Vienne mais de nos jours
ces traditions ne sont plus de mise, et
l'on procède 'avec plus de désinvolture.
Les Russes surtout ne comprennent rien
à ces scrupules, et, d'après l'aveu naïf de la
~'c~c, ils disent que le comte Andrassy
veut enfoncer une porte ouverte, et
ouverte par eux-mômes. L'article du
journal ofiicieux est des plus intéres-
sans il montre qu'il y a deux courans
à Vienne et que tout le monde n'y est pas
aussi formaliste; sa conclusion est qu'il
faut, sans se soucier de colorer le
fait de prétextes spécieux, sans atten-
dre une Conférence qui peut-être ne
se réunira pas, entrer immédiatement
dans les deux provinces. Pourquoi ter-
giverser ? .dit-il. Le passé s'explique
par le caractère .du, comte Andrassy, qui
est l'homme le mieux élevé du monde,
trop bien élevé. Le comte Andrassy n'a
pas manqué de courage, mais il n'a pas
voulu paraître subitement dans une mai-
son comme un convive non inrité, alors
que le propriétaire légitime était for-
tement occupé au dehors. Un ami
moins scrupuleux l'invitait, à la vérité,
à entrer sans façons; mais cet ami est un
brutal qui n'hésite pas, lui, à enfoncer les
portes pour se préparer un bon lit
chez le voisin. Y a-t-il à cela le moin-
dre bon goût, la moindre convenance ?
Le comte Andrassy est de trop bonne so-
ciété pour se permettre de pareilles ma-
nières. Mais car il y a un mais
certaines situations dans la vie obligent
l'homme du monde le plus accompli à
renoncer à ses habitudes de courtoisie
les plus invétérées, sous peine de passer
pour un sot à force de se montrer délicat.
Or, l'Autriche en est là Elle est dans
un de ces momens où le temps perdu
à faire des politesses peut faire man-
quer une occasion unique. Tel est le
langage de la Presse de Vienne, et le
journal oi&cieux continue par un tableau
saisissant des progrès accomplis par la
Russie. La Russie est sur le Danube,
sur les Balkans, sur la mer Egée, sur le
Bosphore, sur les Dardanelles. On s'en aper-
çoit, enfin Hésiterions-nous à entrer dans
l'Herzegovine et dans la Bosnie? s'écrie la
.P~.MAndrassy a épuisé le Manuel de la civilité
puérile et honnête. Il en est à la dernière
page. Avec ou sans motif présentable,
avec ou sans mission de l'Europe, on
peut être assuré désormais que l'Herzé-
govine et la Bosnie seront dans quelques
jours, entre les mains de l'Autriche, ce
que la Bulgarie est entre les mains de la
Russie. Seulement, ce n'est pas, à coup
sûr, l'Autriche qui aura tiré le meilleur
billet à cette loterie.
BOURSE DE PARIS
Ctatm-e te 4 teS 5 MMtMe.EMtxe.
Comptant. 74 35 7440. S.
Fin cour 7440. 744S. S.
At/ae/e
Comptanti06.t06.
&0/0
Compt&ntl0985.<0990. S.
Fin cour 109 90 HO 712 .ni 2
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0~ HO {r., t09 fr. 93 3/ 96 1/4.
30/0. 74 fr. 35, 25.
Extér" espagnole.. t3i/i6,l/8.
5 0/0 turc. 8fr.70.SS.
Egyptiennes 60/0.. ~2;fr.50.
Chemins égyptiens. M5fr.,2S6t'r.
T~Ms~apMe pFtv~e.
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
'< Constantinople,le4mars.
Les conditions de paix seront communiquées
demain,
La cession de Batoum; de Kars, de Bayazid et
d'Ardahan représentera t milliard de roubles à
valoir sur l'indemnité.
Des réformes seraient demandées pour l'Ar-
ménie.
La durée de l'occupation de la Bulgarie serait
réduite à six mots. ]
L'évacuation des environs de Constantin op
commencerait après la ratification de la paix dé- 1
finitive, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg dans 1
une quinzaine de jours.. <
Constantinople,le4mars. ]
C'est le 2 au soir qu'à la suite d'un conseil
extraordinaire l'ordre de signer- les préUminaires
de paix a été envoyé aux plénipotentiaires turcs &
San.Stefano. ]
La Serbie aurait reçu Niseh, Orkup, Kour- ]
choumiou, Beigradjik. Elle n'aurait reçu, du côté ]
dota Bosnie, que le Petit-Zvornik. J
La Bulgarie ne comprendrait pasSalonique, <
Kavala ni Drama.
Constantinople, le 4 mars.
Les piénipotentiaires russes auraient demandé
aux Turcs de signer l'engagement de soutenir la t
Russie dans la Conférence. (
Les Turcs auraient refusé. I
Londres, le mars.
Le 7'MKM publie les nouvelles suivantes 1
« San-Stefano, le 4. Le général Ignatieffpart
demain pour Constantinople. Il n'est pas certain
que le grand-duc Nicolas s'y rende en même ]
temps. 1 <
» Le grand-duc Nicolas restera en Turquie en-
core pendant plusieurs semaines. <
» Saint-Pétersbourg, le 4. Le traité ne sera ]
probablement pas publié avant que le texte n'ait (
été reçu par courner, c'est-à-dire dans huit ou ]
dix jours.
B On espère maintenant que le Congrès s'as-
semblera a Beriin et que les trois chancetiersy
assisteront. Le prince de Bismnr'ck a déia con-
senti aie présider.
» Paris, le 4. L'Allemagne s'efforce d'amener
iAogteterreàoccuperl'Egypte.
» Vienne. le 4. On croit que les négociations
relatives à la ville où doit se réunir le Congrès
marchent assez rapidement pour qu'il soit per-
mis de croire que la réunion aura lieu vers la
dernière semaine de mars. »
On télégraphie de Constantinopte, le 4, au
.P
« Les Russes commenceront à évacuer immé-
diatement la Rouméhe.
» Le grand-duc Nicolas est attendu ici aujour-
d'hui.
Le traite de paix a été envoyé à Saint-Pé-
tersbourg. pour sa ratification par l'empereur.
» Une dépêche de San-Stefano, le 3, donne les
détails suivans sur les conditions de paix
& Le prince de Bulgarie ne doit être choisi
dans aucune des familles régnantes de l'Eu-
rope
Le tribut de la Bulgarie n'a pas été fixé.
» Pendant deux ans la Bulgarie possédera le
port de Kavala.
» Les troupes russes s'embarqueront dans un
des ports de la mer de Marmara pour regagner
leur pays par leBobphore.
» L'armée russe n'entrera pas à Constanti-
hople.
Toutes les forteresses do la Bulgarie seront
rasées.
Il ne restera pas de troupes turques en Bul-
garie,~
Le *P la dépêche suivante.:
« A l'ouverture du Congrès, une motion sera
introduite, probablement par le déicgué alle-
mand, pour appuyer l'annexion à l'Autriche de
la Bosnie et de 1 Herzégovine.
» Le prince de Bismarck, tout récemment en-
core, a exprimé de nouveau son avis en faveur
de cette annexion. »
Vienne, le 5 mars.
On confirme officiellement les conditions de
paix telles qu'elles sont relatées par la dépêche
en date de Syra le 4 mars, savoir
Le delta du Danube et la Dobrutscha sont cé-
dés aux Russes pour être échangés contre la
Bessarabie. Ardahan. Bayazid, Batoum et Kars
sont acquis à la Russie et servent d'équivalent
aux trois quarts de l'indemnité de guerre.
On a réservépourune entente ultérieure le paie-
ment du reste de l'indemnité. Aucun revenu
affecté à des emprunts antérieurs n'est touché.
La Russie ne réclame pas de cuirassés turcs. La
Turquie conserve Andrinople, Salonique, Tré-
bizonde et Erxeroum.
Les conditions qui régissent actuellement la
navigation du Danube sont maintenues; aucune
modification n'est apportée au régime des dé-
troits. Le Monténégro et la Serbie ne deviennent
pas limitrophes.
Vienne, le 5 mars.
On mande de Saint-Pétersbourg à la CMVMDOK-
MMM ~OK~M
<' Nos cercles officiels s'occupent vivement de la
question de la réunion du Congrès. Us désignent
Berlin et espèrent obtenir l'adhésion de M. de
Bismarck à ce sujet.
» La ratification du traité de paix doit avoir
lieu à Saint-Pétersbours quinze jours après la
signature.)) »
On mande de Galatz au même journal que les
Russes commencent à enlever les torpilles du
Danube.
La navigation de ce fleuve sera reprise pro-
chainement.
Raguse,Ie5mars.
Les délégués russes et monténégrins sont ar-
rivés hier a Virbazar pour établir la ligne de dé-
marcation.
Une troupe d'insurgés, commandée par Mon-
sitch, a occupé Klek.
Les insurgés bosniaques feront connaître leurs
désirs au Congrès par l'intermédiaire de Vese-
hskyetdeBabitch. 1 .11~
Bucharest, le 5 mars.
Dans une dépêche de Buoharest du 26 février,
une erreur télégraphique a fait. dire que M. Bra-
tiano avait refusé, trois mois auparavant, de si-
gner la convention roumano-russe et de consul-
terlespuissances.
La vérité doit être ainsi rétablie M.Bratianoa a
refusé pendant trois mois de signer la convention
roumano-russe et a consulté les puissances a ce
sujet. 11 a consenti à la signer seulement lors-
qu'il lui a été prouvé que l'Europe gardait le si-
~ehce.
Ottawa,!e4mars,soir.
Le bruit court ici que l'Angleterre, en cas de
guerre, demanderait un corps de 10,000 hommes
au gouvernement du Canada.
Cette nouvelle aurait causé un grand enthou-
siasme parmi les volontaires.
Athènes;Ie4mars,sôir,
Les insurgés ont pris quatre villages de la pro-
vince d'AImyro.
Les Turcs se sont retranchés dans Aimyro, où
ils sont assiégés.
Les insurgés sont maîtres de toute la province,
lacapitaleexceptée.
Constantinople, le 4 mars, soir.
Le prince Tcherkasski. organisateur de l'admi-
nistration civile de la nouvelle principauté do
Bulgarie, est mort hier, à San-Stetano, d'une at-
taqué d'apoplexie.
La discussion sur le rachat des Com-
pagnies secondaires de chemins de fer
s'ouvrira jeudi à la Chambre des Députés,
et elle sera immédiatement suivie de la
discussion des lois relatives aux travaux
d'amélioration de la Seine et du Rhône.
Le même jour, la commission du budget
mettra en distribution. son;rappprt sur le
projet de loi relatif aux voies et moyens.
La commission est absolument, d'accord
~vec le ministre des nuances sur la créa-
tion d'un 3 0/0 amortissable en soixante-
quinze ans, et cet accord est un gage de
~a décision de la Chambre.
Il n'y a aucun doute, que ce nouveau
~ype de rente .ne soit accepté à une très
grande majorité. Il ne faut pas croire que
~es discussions de Ja Bourse pénètrent
usément dans les salles de Versailles. La
chambre, le ministre, la commission ont
oorté très peu d'attention aux articles pu-
oliés dans une certaine presse financière.
Le point de vue est différent les ques-
.ipns d'intérêt général sont les seules qui
Ubnt le don de passionner les pouvoirs
publics. Tout ce qui est particulier, spé-
liation, etc., touche fort peu. On s'est
lemandé seulement si le principe de l'a-
mortissement devait être posé dans la loi;
~là-dessus il y a eu, on peut le dire,
-tnanimité dans la commission, comme il
aura unanimité dans la Chambre. La
perpétuité érigée en dogme n'est pas au-'
,re chose que la doctrine de la ban-
~eroute à terme indéterminé. Sur
~'application di principe, des opinions
liverses se sont produites les unes de-
mandant que l'amortissement se fît par
les rachats à la Bourse, aux cours les
plus avantageux qu'on, pût obtenir; les
autres insistant avec le ministre pour que
l'amortissement fût consacré par un con-
trat réel entre l'Etat et les porteurs de la
nouvelle rente, et fût effectue par des
remboursemens après tirages. On a dé-
montré que l'amortissement par voie de
rachat n'avait jamais réussi, et on s'est
arrêté à l'amortissement par contrat per-
sonnel, si on peut ainsi s'exprimer, c'est-
à-dire par voie de tirages au sort. Le sys-
tème du ministre des finances sera éner-
giquement soutenu par lui-même d'abord,
et ensuite par le rapporteur de la com-
mission.
On s.e rappelle que M. Rouher avait, le
jour du dépôt de la loi, parlé de la con-
version ultérieure qui lui paraissait être
la pensée du projet. Le ministre des fi-
nances avait immédiatement protesté
mais la presse s'était emparée de l'idée et
avait voulu voir dans la nouvelle rente un
type d'unification destiné à absorber tous
les autres, et en premier lieu le H 0/0 per-
pétuel. La commission n'a pas même exa-
miné cette combinaison. Le moment de la
conversion, qui est, tout le monde le pro-
clame, dans les droits de l'Etat, est bien
loin d'être venu;-il est probable que le
débat ne s'engagera même pas sur ce
point.
Il avait été parlé de l'utilité qu'il y aurait
à fondre dans la nouvelle rente quelques
petits emprunts particuliers comme celui
des obligations trentenaires récemment
créées. On a cru que, pour faire disparaître
absolument du terrain de la discussion
toute pensée de conversion, il était bon
d'ajourner même cette petite conversion
spéciale. On restreint donc le projet à la
création d'un 3 0/0 amortissable, destiné à
fournir les espèces du rachat des petites
Compagnies.
Ce nouveau 3 0/0 ne sera mis en circu-
lation que vers la fin de l'année; les paie-
mens d'intérêt se feront tous les trois
mois, et le seul crédit d'arrérages prévu
par la commission est celui qui se rap-
porte au paiement du mois de novembre
prochain. 7.
On voit que toutes les insinuations ré-
pandues sur l'abandon du projet, sur les
mauvaises dispositions de la Chambre et
sur les contre-propositions de la. commis-
sion du budget, tombent d'elles-mêmes.
On a fait beaucoup de bruit pour rien.
Nous venons de lire là Lettre pasto-
rale pour le carême de 1877, adressée au
clergé et au peuple de Pérouse par le
cardinal Joachim Pecci, aujourd'hui
Léon XIII, et rarement nous avons éprouvé
une surprise plus agréable. Nous n'avons
pas été accoutumés depuis bien des an-
nées à entendre les membres du haut
clergé faire l'éloge de la civilisation mo-
derne. Ils sont même assez généralement
d'avis que Satan est pour quelque chose
dans l'affaire. On se souvient du célèbre
mandement de l'archevêque de Besançon,
où il était dit que les chemins de fer avaient
été inventés pour punir les aubergistes qui
donnaientàmanger delà viande le vendredi.
La Lettre pastorale du cardinal Peeci est
d'un autre style. L'Eglise catholique est-
elle hostile au progrès de l'industrie, des
arts et des sciences? Y a-t-il, comme l'as-
surent ses adversaires, une incompatibi-
lité naturelle et sans remède entre elle et
la civilisation?. Voilà les questions qui se
trouvent posées et développées dans cette
Lettre.
A ces questions, le prélat n'hésite pas à
répondre Non l'Eglise catholique n'est
hostile à aucun progrès non, elle n'est
pas incompatible avec la civilisation, en-
visagée même sous son aspect purement
matériel. Il fait mieux il prend la peine
d'expliquer à ses ouailles en quoi la civi-
lisation consiste, quels sont ses avanta-
ges et ses mérites. Et ces explications, il
les donne non point en théologien mais
en économiste, et il cite ses auteurs
« Un célèbre éeonomittte français (Frédéric
Bastiat) a rassemblé comme en un tableau les
bienfaits multiples que l'homme trouve dans
la société, et c'est une merveille digne d'être
admirée. Considérez le dernier des hommes,
le plus obscur des artisans il a toujours de
quoi s'habiller bien ou mal, de quoi chausser
ses pieds. Considérez combien de personnes,
combien, de peuples ont dû se donner du
mouvement pour fournir à chacun soit ses
habits, soit ses souliers, etc.
B Tout homme peut. chaque jour portera à
sa bouche un morceau do pain voyez encore
ici quel labeur, que de bras il a fallu pour
arriver à ce résultat, depuis le laboureur qui
creuse péniblement son sillon pour lui con-
fier la semence, jusqu'au boulanger qui con-
vertit la farine en pain! Tout homme a des
droits; il trouve dans la société, des avocats
pour les défendre, des magistrats pour les
consacrer par leurs sentences, des soldats
pour les faire respecter. Est-il ignorant? il
trouve des écoles, des hommes qui, pour lui
composent des livres, d'autres qui les impri-
ment et d'autres qui les éditent.
? Pour la satisfaction de ses instincts reli-
gieux, de ses aspirations vers Dieu, il ren-
contre quelques uns de ses frères qui, laissant
toute autre occupation, s'adonnent à l'étude
des sciences sacrées, renoncent aux plaisirs,
aux aSaires, à leur famille, pour mieux ré-
pondre à ces besoins supérieurs. Mais en voilà
assez pour vous démontrer clairement qu'il
est indispensable de vivre en société pour
que nos besoins aussi impérieux que variés
puissent trouver leur satisfaction.)) »
Un économiste de profession ne résu-
merait pas plus clairement les avantages
de l'association de la division du travail.
Voici maintenant l'explication des'progrès
et la dénnition de la civilisation
« La société étant composée d'hommes
essentiellement perfectibles, elle ne peut
demeurer immobile~ elle progresse et se
perfectionne. Un siècle hérite des inven-
~tions, des découvertes, des améliorations
réalisées par le précédent, et ainsi la somme
s des bienfaits physiques, moraux, poli-
tiques pfut s'accroître merveilleusement. Qui
e voudrait comparer les misérables cabanes des
peuples primitifs, leurs grossiers ustensiles,
leurs instrumena imparfaits, avec tout ce que
nous possédons au dix-neuvième siëcte'H
n'y a plus de proportion entre le travail
exécute par nos machines si ingénieusement
construites, et celui qui sortait avec peine des
mains de l'homme.
H n'est pas douteux que les vieilles routes
mal tracées, les ponts peu sûrs. les voyages
longs et désagréables d'autrefois valaient
moins que nos chemins de fer, qui attachent
en quefque sorte des ailes à nos épaules et
qui ont rendu notre planète plus petite,
tant les peuples se sont rapprochés. Par la.
douceur des mœurs publiques et par la con-
venance des usages, notre époque n'est-
elle pas supérieure aux agissemens brutaux
et grossiers des Barbares, et les relations ré-
ciproques ne sont-elles pas améliorées? '?
A certains points de vue, le système politi-
que n'est-il pas devenu meilleur sous l'in-
Ûuence du temps et de l'expérience? On ne
voit plusiesvengeances particulières tolérées,
L l'épreuve du feu, la peine du talion, etc. Les
petits tyrans féodaux, les communes querel-
leuses, les bandes errantes de soldats indis-
ciplinés n'ont-ils point disparu ? 2
a C'est donc une vérité de fait que l'homme
dans la société va en se perfectionnant au
triple point de vue du bien-être physique,
des relations morales avec ses semblables et
des conditions politiques. Or les différens de-
grés de ce développement successif auquel
atteignent les hommes réunis en société sont
la civilisation; cette civilisation est nais-
sante et rudimentaire quand les conditions
dans lesquelles l'homme se perfectionne sous
ce triple point de vue sont peu développées
elle est grande quand ces conditions sont
plus larges; elle serait complète si toutes ces
conditions étaient parfaitement remplies. ))
Ne croirait-on pas assister au cours de
M. Michel Chevalier au Collége de France?
Voici enfin un évêque économiste, et cet
évêque est aujourd'hui un Pape! Mais
poursuivons l'analyse de cette étonnante
et admirable Lettre pastorale. D'où procè-
dent le progrès et la civilisation? Ils pro-
cèdent, avant tout, du travail. C'est grâce
au travail que l'homme réussit a amélio-
rer son sort et à créer les merveilles de
l'industrie. Or, le travail était méprisé
par les philosophes les plus illustres
de l'antiquité. C'est le christianisme qui
l'a relevé, honoré et sanctine « Jésus-
Christ, vrai fils de Dieu, voulut être sou-
mis à un pauvre artisan de la Gafilée, et
lui-même, dans l'atelier de Nazareth, ne
rougit pas de faire agir sa main bénie. »
Les apôtres demandaient au travail le
soutien de leur existence, et plus tard,
dans l'Europe envahie par les Barbares,
les moines ont défriché le sol ravagé par
les invasions, et ressuscité l'industrie. Plus
tard encore, les républiques catholiques
de l'Italie ne devinrent-elles pas les
foyers' éclatans de l'industrie, du com-
merce et des arts?
« L'Ionie la mer Noire, l'Afrique, l'A-
sie étaient le théâtre des relations com-
mereiates et des expéditions militaires do
nos ancêtres ils y faisaient d'importantes
et fécondes conquêtes, et, tandis qu'au de-
hors flottaient leurs drapeaux entourés de
crainte et d'honneur, chez eux ils ne res-
taient pas inactifs ils cultivaient les arts,
et les négoces aceroissaient'par tous les
moyens honnêtes la richesse publique et-pri-
vée. Les industries de la laine, de la soie. do
l'orfèvrerie, des vitraux coloriés, de la pape-
terie, à Florence, à Pise, à Bologne, a Milan,
à Venise, à Naples, fournissaient à des mil-
liers et des milliers d'ouvriers un travail lu-
cratif elles attiraient sur nos marchés l'or et
le concours des étrangers. ))
Dira-t-on encore après cela que le'ca-
tholicisme est hostile au travail et aux
arts de là civilisation? Sans doute, l'Eglise
ne croit pas qu'il faille tout sacriSer,
même la santé et la vie de l'homme, même
les forces naissantes de l'enfant, à la mul-
tiplication des richesses, et ici l'auteur de
la Lettre pastorale s'élève contre « les
écoles modernes d'économie politique',
infestées d'incrédulité, qui considèrent le
travail comme la fin suprême de l'homme
et qui ne tiennent l'homme lui-même
que pour une machine plus ou moins
précieuse, selon qu'elle est plus ou moins
productive?HAssurément, cette imputation
est injuste. Aucun économiste digne de
ce nom n'a prétendu que l'homme fût une
pure machine à produire. Le travail est
?? ~M~M, ce n'est pas une /??. Les écono-
mistes sont, au contraire, tout à fait de l'a-
visde leur éminent confrère de Pérouse sur
la nécessité de modérer la durée du travail,
de ménager au travailleur des jours de
repos, et.surt6ut.de ne pas épuiser les for-
ces de l'enfant par un labeur prématuré.
Ils pensent comme lui que la charité
n'a pas cessé d'être nécessaire et bien-
faisante, et, comme lui encore, i!s
s'arrêtent avec tristesse devant K le
chinre élevé des victimes que font l'inéa-
pacité d'apprendre, les guerres et les en-
traves du commerce. Comme lui, ils sont
partisans de la plus grande dinasion pos-
sible de l'enseignement; ils détestent la
guerre et. ils sont partisans de la liberté
du commerce
Mais l'auteur de la Lettre pastorale ne
se borne pas à repousser comme une
odieuse calomnie cette accusation des en-
nemis de l'Eglise, « qu'elle insinue dans
les cœurs une mystique horreur pour les
choses d'ici-bas M, et qu'elle recommande
un ascétisme qui exclut toute améliora-
tion matérielle de la condition de l'homme.
M va plus loin après avoir entrepris de
démontrer que le catholicisme n'est nulle-
ment hostile aux progrès de l'industrie, il
réfute cette autre calomnie plus veni-
meuse encore, qui fait considérer l'E-
JMJMAL DES DEBATS
M) POUTtQUES ET L!TTËRAH!ES
\j'). 'J'
11. mMMM 6 MARS -1
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Me des Pratres-SaintrGermain'rAurerroïs, t7.
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Un an. Sixmois. Trois m<~<.
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& tteittden, apply to Cewte and C", foMcn
Be~spapers ornée, n. Gresham street, G. P. 6.'
)BtM. ne!tity, tttt~ot etC', t.Finch taneCorahH!.
B.C., London; MM. ~v:-n. Smtth et Sc
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M'otM~ues des Kares de chemiD~ de fer be)
MEMMM 6 MS
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ON S'ABONNE
en Belgique, en Italie,
dams le Luxembourg, en Turquie,
en Chine et aù Japon,
'M moyen d'une valeur payable à Paris ou de
mandats-poste, soit internationaux, soit français;
en Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
par l'envoi d'une vaieut payable & P
f 5 L: JLtfHt!UMmceBMntJ'e$!M)t
C~es NON. Ftmehey, ~~Mtett C*,
ot an bujeau du ~OCMMAt.!
elles doivent toujours être agréées pa.r ta rédactions
Ï~AMS
MARDIS MARS
Les conditions de la paix ne sont pas
aujourd'hui beaucoup mieux connues
qu'elles ne l'étaient hier, et il est proba-
ble que nous tâtonnerons quelques jours
encore dans l'obscurité. Une dépêche
de Saint Pétersbourg annonce que le
traité ne sera pas publié avant que le
texte en ait été reçu par courrier, c'est-
à-dire avant huit ou dix jours. Il est vrai
qu'une autre dépêche, datée de Constan-
tinople, dit que les conditions du traité se-
ront communiquées demain, mais à qui?
c'est ce que la dépêche n'explique pas,
-et il est à craindre que la lumière ne nous
vienne pas plus vite du Midi que du
Nord. Il semble pourtant que nos pré-
visions soient justifiées les Russes
s'embarqueront dans un des ports de
la mer de Marmara et reviendront dans
-!eur pays par le Bosphore; les For-
teresses de Bulgarie seront rasées;
toutes les troupes turques quitteront cette
.province, désormais rendue à elle-même.
Une milice bulgare sera constituéecomme
nous l'avons déjà indiqué il y aura
70 bataillons, 12 escadrons, 8 batteries, et
dans chaque bataillon 8 officiers et 20 sous-
.oinciers russes. Le commandement se fera
en russe. Ne faut-il pas, pour les initier
à leur dignité nouvelle de citoyens in-
dépendans, que les Russes enseignent
l'exercice aux Bulgares ? Ils ne man-
queront pas non plus de leur inculquer
les principes d'une bonne administration,
bien que, par une triste fatalité, le prince-
Tcherkasski, un des descendans naturels
de Solon, de Lycurgue et de Moïse, vienne
de mourir, comme ce dernier, à l'entrée de
laTerre promise. Heureusement, il a laissé
des élèves ou des imitateurs. Enfin
les Russes resteront en Bulgarie pen-
dant six mois, et, ce qui est plus dif-
Scile à comprendre, la Bulgarie possé-
dera le port de Kavala pendant deux ans.
Pourquoi deux ans, ni plus, ni moins?
Il est dur, après s'être baigné deux ans
dans la mer, de se voir priver d'un beau
p~rt et d'un beau rivage. Mais peut-être,
à l'expiration du délai, la Bulgarie a-t-elle
quelque vague espérance d'appliquer le
nouveau principe du droit des gens
pOMM!~M/
'Le texte du traité reste donc. ignoré
mais, ce qui est certain, c'est que l'Au-
triche occupera l'Herzégovine et la Bos-
nie. Pour ceux: qui ont suivi d'un œil
attentif le développement des affaires
d'Orient, il n'est pas douteux que l'occu-
pation de ces deux provinces par l'Autri-
che a été prévue, résolue dès les premiers
jours, et au moins dès l'entrevue qui a eu
lieu àReichstàdt, au mois de juillet 1876,
entre le czar et l'empereur François-Jo-
seph, entre le prince Gortchakon' et le
comte Andrassy. C'était le moment où
la. Serbie déclarait la guerre à la Porte et
se lançait étourdiment dans une aventure
qui lui a mal réussi. Bertrand tirait les
marrons du feu en se brûlast les pattes,
mais ce n'était pas lui qui devait les man-
ger. Les documens sur l'entrevue de
Reichstadt font tout à fait défaut; il n'en
existe sans doute aucun, et, s'il en existe,
nous ne les verrons j amais. Toutefois,
maintenant que les faits sont accomplis,
ne peut-on point, par induction, découvrir
iavérité? De quoià-t-il pu être ques-
tion à Reichstadt, sinon de la grande af-
faire qui venait de commencer, et dont il
était naturel de rechercher toutes les con-
séquences possibles? Que ferons-nous
dans fel cas? Que ferons-nous dans tel
autre ? H est clair que les deux augustes
personnages qui ne se rencontraient pas
tout à fait par hasard ont" dfr poser
ces questions et en causer l'un
avec. l'autre~ leurs .ministres en ont
certainement fait autant. Qu'ont-ils dé~
cidé? On ne l'a pas su d'abord, mais on a
appris, le lendemain de l'entrevue, ''que
J'Autriche fermait aux Turcs leLpprt de
':Mëk. Un: pareil act& était déjà~significa-
tif; cequi l'a été plus encore, c'est la con-
duite de l'Autriche pendant toute la durée
de la crise. Jamais grande puissance n'a
jeté un coup d'œil plus impassible sur
l'incendie qui menaçait ses flancs. Jus-
-qu'au dernier moment, l'Autriche a tout
regardé, tout laissé faire sans sourciller,
sans broncher; indifférence étrange, inex-
plicable, s'il n'y avait là, en eSet, qu~ de
~'indifférence; mais certainement il y avait
autre chose, et quoi? sinon une entente
préalable sur les compensations qui re-
viendraient à l'Autriche dans le cas où,
rempir& ottoman recevant une secousse
trop forte, le vieil édifice venait à se dis-
loquer.
Dès cette époque, on a parlé de
l'Herzégovine et de la. Bosnie. L'Autriche
pourtant ne voulait pas considérer comme
inévitable la ruine complète de l'empire
ottoman, encore moins contribuer à la
précipiter. Si la cour, si le parti aristocra-
tique et, militaire pouvaient envisager
sans crainte cette triste éventualité, les
Hongrois se révoltaient aune semblable
pensée. Leurs soupçons déjà éveillés, leur
opposition toujours prête à renaître,
ne permettaient au gouvernement aus-
tro-hongrois ni de faire cause com-
mune avec la Russie, ni d'escompter. les
résultats de la guerre avant qu'ils ne se
fussent produits. Ces résultats étaient
d'ailleurs incoMug.'L'Autriçhc, après a.yoh-
admis le système des compensations, a
donc cru bien faire de temporiser longue-
ment pour ce qui était de l'exécution. Elle
est restée immobile. Elle a résisté aux
tentations méphistophéliques que le gé-
nie russe exerçait sur ell~. 0!i n'a
pas oublié la mission SoumarokofT
la Russie aurait été heureuse de faire ac-
cepter le plan de l'occupation parallèle
non seulement par l'Autriche, mais par
l'Angleterre. Voilà le moment, disait-
elle à l'une entrez dans l'Herzégovine et
dans la Bosnie commej'entrerai moi-même
en Bulgarie!– Envoyez votre flotte, di-
sait-elle à l'autre que toutes les flottes
européennes se réunissent dans le Bos-
phore L'Europe n'a pas écouté un pa-
reil langage. Quant à l'Autriche, elle s'est
refusée à suivre ce conseil; elle a cru le
moment mal choisi, la circonstance pré-
maturée. Au fond, elle était gagnée,
compromise, engagée, comme ces per-
sonnages de légendes, qui ont donné leur
âme à une puissance mystérieuse et qui
ne s'appartiennent plus que pour un
temps. >, 11
Pendant la durée de la guerre, il a été
très souvent question de l'occupation,
par l'Autriche, de l'Herzégovine et de la
Bosnie. Lorsque, pour la première fois, le
général Gourko a passé les Balkans et a
poussé au midi une course militaire si
brillante, l'attention de l'Autriche est deve-
nue inquiète.–Que craignez-vous, a dit la
Russie à son alliée; n'avez-vous pas l'Her-
zegovine etIaBosnie? Entrez-yhardiment
L'Autriche s'est contentée de faire une
opération financière, et, sans mobiliser
ses troupes sur la frontière, de les renfor-
cer dans des proportions considérables
mais, devant l'inquiétude des Hongrois
et les divisions de l'opinion, elle n'a
pas été plus loin. Au reste, la marche
des Russes ayant été arrêtée à Plevna,
le-moment a paru bon pour attendre
et pour se recueillir. Les Russes pres-
saient les petits pays voisins d'en-
trer dans la guerre, ou d'y rentrer; la
Serbie surtout. La Serbie hésitait; une
première expérience lui avait si mal
réussi! Alors, pendant plusieurs semai-
nes, la question de l'occupation de l'Her-
zégovine et de la Bosnie par l'Autriche
est revenue au jour avec des intermit-
tences presque régulières il semblait
qu'elle devait être la conséquence et
le contre-poids de la participation de la
Serbie à la guerre, mais ce n'était encore
qu'une apparence, et la victoire définitive
des Russes était un fait accompli avant que
l'Autriche eût entrepris le moindre mou-
vement. Alors, il y a eu à Vienne
des pourparlers confidentiels entre le
comte Andrassy et l'ambassadeur russe
M. de Novikoff. Le gouvernement au-
trichien cherchait à connaître exacte-
ment les prétentions russes, à pénétrer les
conditions futures de la paix. L'Autriche
a été tenue dans l'ignorance, comme le
reste de l'Europe, aussi longtemps que
possible. EnSn le voile s'est déchiré, la
vérité a éclaté, et l'Autriche a vu non
sans effroi tout le centre de l'empire
ottoman, la Bulgarie depuis le Danube
jusqu'à la mer. entre les UMdns de son
terrible allié. Prenez donc l'Her-
zegovine et la Bosnie l répétait la
Russie. Mais le comte Andrassy
n'écoutait plus, ne voulait plus rien
entendre. Qu'étaient ces pauvres pro-
vinces en comparaison de celles dont la
Russie devenait maîtresse? La colère était
vive à Vienne; on inurmurait même le
mot de perfidie; on se tournait du côté de
Berlin. Berlin s'est montré froid, peu sen-
sible aux émotions'de l'Autriche, et de
là comme de Saint-Pétersbourg est venu
le conseil d'entrer en Herzégovine; et en
Bosnie.
.L'Herzégovine et la Bosnie valent, au
total, mieux que rien du tout. Après la
première effervescence, les sentimens
de. l'Autriche se sont un peu apaisés,
l'irritation s'est en partie calmée pour
faire place à la résignation et au calcul..
H est décidé dorénavant qu'on entrerai
dans les deux provinces. Soit! Mais
sous quel prétexte? Les questions de.
forme sont.. loin d'être indifférentes au
gouvernement autrichien. Entrer dans
les deux provinces parce que les Russes
sont entrés enBu!gari& ne paraît pas un
motif suffisant aux yeux des doctrinaires
viennois. Bien plus, on risque, en agissant
ainsi, d'accepter une sorte de solidarité
avec la Russie et de se rendre complice
de ses empiétemens. Hélas! l'Autriche est
complices ~~o depuis l'origine; mais,
nous le répétons, le décorum lui importe.
On cherche donc, à Vienne, à se créer des
titres, à inventer un système, à imaginer
une théorie, à invoquer une formule du
droit des gens, afin de justifier, légaliser ou
excuser les procédés auxquels on est ré-
duit. On a même réussi à provoquer un
petit mouvement d'opinion en Bosnie, où
les catholiques.onttou}ours été pour l'an-
nexion à l'Autriche les begs ou grands
propriétaires musulmans viennent d'en-
voyer une députation à Vienne pour sup-
plier l'empereur de venir à leur aide.
C'est fort bien, l'Autriche aura le con-
sentement des populations, mais elle
voudrait mieux encore,; elle voudrait une
mission de l'Europe; elle voudrait que,
dans la Conférence, l'Europe la chargeât
formellement d'occuper l'Herzégovine et
la Bosnie pour surveiller la Russie; elle
voudrait que son mouvement eût .l'air
d'être dirigé contre la Russie. Alors toutes
les apparences seraient s?.uvées. Certes,
ce côté méticuleux de l'esprit autrichien
est respectable dans une certaine mesure,
c'est la trace de l'honnêteté traditionnetle
du cabinet de Vienne mais de nos jours
ces traditions ne sont plus de mise, et
l'on procède 'avec plus de désinvolture.
Les Russes surtout ne comprennent rien
à ces scrupules, et, d'après l'aveu naïf de la
~'c~c, ils disent que le comte Andrassy
veut enfoncer une porte ouverte, et
ouverte par eux-mômes. L'article du
journal ofiicieux est des plus intéres-
sans il montre qu'il y a deux courans
à Vienne et que tout le monde n'y est pas
aussi formaliste; sa conclusion est qu'il
faut, sans se soucier de colorer le
fait de prétextes spécieux, sans atten-
dre une Conférence qui peut-être ne
se réunira pas, entrer immédiatement
dans les deux provinces. Pourquoi ter-
giverser ? .dit-il. Le passé s'explique
par le caractère .du, comte Andrassy, qui
est l'homme le mieux élevé du monde,
trop bien élevé. Le comte Andrassy n'a
pas manqué de courage, mais il n'a pas
voulu paraître subitement dans une mai-
son comme un convive non inrité, alors
que le propriétaire légitime était for-
tement occupé au dehors. Un ami
moins scrupuleux l'invitait, à la vérité,
à entrer sans façons; mais cet ami est un
brutal qui n'hésite pas, lui, à enfoncer les
portes pour se préparer un bon lit
chez le voisin. Y a-t-il à cela le moin-
dre bon goût, la moindre convenance ?
Le comte Andrassy est de trop bonne so-
ciété pour se permettre de pareilles ma-
nières. Mais car il y a un mais
certaines situations dans la vie obligent
l'homme du monde le plus accompli à
renoncer à ses habitudes de courtoisie
les plus invétérées, sous peine de passer
pour un sot à force de se montrer délicat.
Or, l'Autriche en est là Elle est dans
un de ces momens où le temps perdu
à faire des politesses peut faire man-
quer une occasion unique. Tel est le
langage de la Presse de Vienne, et le
journal oi&cieux continue par un tableau
saisissant des progrès accomplis par la
Russie. La Russie est sur le Danube,
sur les Balkans, sur la mer Egée, sur le
Bosphore, sur les Dardanelles. On s'en aper-
çoit, enfin Hésiterions-nous à entrer dans
l'Herzegovine et dans la Bosnie? s'écrie la
.P~.MAndrassy a épuisé le Manuel de la civilité
puérile et honnête. Il en est à la dernière
page. Avec ou sans motif présentable,
avec ou sans mission de l'Europe, on
peut être assuré désormais que l'Herzé-
govine et la Bosnie seront dans quelques
jours, entre les mains de l'Autriche, ce
que la Bulgarie est entre les mains de la
Russie. Seulement, ce n'est pas, à coup
sûr, l'Autriche qui aura tiré le meilleur
billet à cette loterie.
BOURSE DE PARIS
Ctatm-e te 4 teS 5 MMtMe.EMtxe.
Fin cour 7440. 744S. S.
At/ae/e
Comptanti06.t06.
&0/0
Compt&ntl0985.<0990. S.
Fin cour 109 90 HO 712 .ni 2
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0~ HO {r., t09 fr. 93 3/ 96 1/4.
30/0. 74 fr. 35, 25.
Extér" espagnole.. t3i/i6,l/8.
5 0/0 turc. 8fr.70.SS.
Egyptiennes 60/0.. ~2;fr.50.
Chemins égyptiens. M5fr.,2S6t'r.
T~Ms~apMe pFtv~e.
(Service télégraphique de l'agence Havas.)
'< Constantinople,le4mars.
Les conditions de paix seront communiquées
demain,
La cession de Batoum; de Kars, de Bayazid et
d'Ardahan représentera t milliard de roubles à
valoir sur l'indemnité.
Des réformes seraient demandées pour l'Ar-
ménie.
La durée de l'occupation de la Bulgarie serait
réduite à six mots. ]
L'évacuation des environs de Constantin op
commencerait après la ratification de la paix dé- 1
finitive, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg dans 1
une quinzaine de jours.. <
Constantinople,le4mars. ]
C'est le 2 au soir qu'à la suite d'un conseil
extraordinaire l'ordre de signer- les préUminaires
de paix a été envoyé aux plénipotentiaires turcs &
San.Stefano. ]
La Serbie aurait reçu Niseh, Orkup, Kour- ]
choumiou, Beigradjik. Elle n'aurait reçu, du côté ]
dota Bosnie, que le Petit-Zvornik. J
La Bulgarie ne comprendrait pasSalonique, <
Kavala ni Drama.
Constantinople, le 4 mars.
Les piénipotentiaires russes auraient demandé
aux Turcs de signer l'engagement de soutenir la t
Russie dans la Conférence. (
Les Turcs auraient refusé. I
Londres, le mars.
Le 7'MKM publie les nouvelles suivantes 1
« San-Stefano, le 4. Le général Ignatieffpart
demain pour Constantinople. Il n'est pas certain
que le grand-duc Nicolas s'y rende en même ]
temps. 1 <
» Le grand-duc Nicolas restera en Turquie en-
core pendant plusieurs semaines. <
» Saint-Pétersbourg, le 4. Le traité ne sera ]
probablement pas publié avant que le texte n'ait (
été reçu par courner, c'est-à-dire dans huit ou ]
dix jours.
B On espère maintenant que le Congrès s'as-
semblera a Beriin et que les trois chancetiersy
assisteront. Le prince de Bismnr'ck a déia con-
senti aie présider.
» Paris, le 4. L'Allemagne s'efforce d'amener
iAogteterreàoccuperl'Egypte.
» Vienne. le 4. On croit que les négociations
relatives à la ville où doit se réunir le Congrès
marchent assez rapidement pour qu'il soit per-
mis de croire que la réunion aura lieu vers la
dernière semaine de mars. »
On télégraphie de Constantinopte, le 4, au
.P
« Les Russes commenceront à évacuer immé-
diatement la Rouméhe.
» Le grand-duc Nicolas est attendu ici aujour-
d'hui.
Le traite de paix a été envoyé à Saint-Pé-
tersbourg. pour sa ratification par l'empereur.
» Une dépêche de San-Stefano, le 3, donne les
détails suivans sur les conditions de paix
& Le prince de Bulgarie ne doit être choisi
dans aucune des familles régnantes de l'Eu-
rope
Le tribut de la Bulgarie n'a pas été fixé.
» Pendant deux ans la Bulgarie possédera le
port de Kavala.
» Les troupes russes s'embarqueront dans un
des ports de la mer de Marmara pour regagner
leur pays par leBobphore.
» L'armée russe n'entrera pas à Constanti-
hople.
Toutes les forteresses do la Bulgarie seront
rasées.
Il ne restera pas de troupes turques en Bul-
garie,~
Le *P
« A l'ouverture du Congrès, une motion sera
introduite, probablement par le déicgué alle-
mand, pour appuyer l'annexion à l'Autriche de
la Bosnie et de 1 Herzégovine.
» Le prince de Bismarck, tout récemment en-
core, a exprimé de nouveau son avis en faveur
de cette annexion. »
Vienne, le 5 mars.
On confirme officiellement les conditions de
paix telles qu'elles sont relatées par la dépêche
en date de Syra le 4 mars, savoir
Le delta du Danube et la Dobrutscha sont cé-
dés aux Russes pour être échangés contre la
Bessarabie. Ardahan. Bayazid, Batoum et Kars
sont acquis à la Russie et servent d'équivalent
aux trois quarts de l'indemnité de guerre.
On a réservépourune entente ultérieure le paie-
ment du reste de l'indemnité. Aucun revenu
affecté à des emprunts antérieurs n'est touché.
La Russie ne réclame pas de cuirassés turcs. La
Turquie conserve Andrinople, Salonique, Tré-
bizonde et Erxeroum.
Les conditions qui régissent actuellement la
navigation du Danube sont maintenues; aucune
modification n'est apportée au régime des dé-
troits. Le Monténégro et la Serbie ne deviennent
pas limitrophes.
Vienne, le 5 mars.
On mande de Saint-Pétersbourg à la CMVMDOK-
MMM ~OK~M
<' Nos cercles officiels s'occupent vivement de la
question de la réunion du Congrès. Us désignent
Berlin et espèrent obtenir l'adhésion de M. de
Bismarck à ce sujet.
» La ratification du traité de paix doit avoir
lieu à Saint-Pétersbours quinze jours après la
signature.)) »
On mande de Galatz au même journal que les
Russes commencent à enlever les torpilles du
Danube.
La navigation de ce fleuve sera reprise pro-
chainement.
Raguse,Ie5mars.
Les délégués russes et monténégrins sont ar-
rivés hier a Virbazar pour établir la ligne de dé-
marcation.
Une troupe d'insurgés, commandée par Mon-
sitch, a occupé Klek.
Les insurgés bosniaques feront connaître leurs
désirs au Congrès par l'intermédiaire de Vese-
hskyetdeBabitch. 1 .11~
Bucharest, le 5 mars.
Dans une dépêche de Buoharest du 26 février,
une erreur télégraphique a fait. dire que M. Bra-
tiano avait refusé, trois mois auparavant, de si-
gner la convention roumano-russe et de consul-
terlespuissances.
La vérité doit être ainsi rétablie M.Bratianoa a
refusé pendant trois mois de signer la convention
roumano-russe et a consulté les puissances a ce
sujet. 11 a consenti à la signer seulement lors-
qu'il lui a été prouvé que l'Europe gardait le si-
~ehce.
Ottawa,!e4mars,soir.
Le bruit court ici que l'Angleterre, en cas de
guerre, demanderait un corps de 10,000 hommes
au gouvernement du Canada.
Cette nouvelle aurait causé un grand enthou-
siasme parmi les volontaires.
Athènes;Ie4mars,sôir,
Les insurgés ont pris quatre villages de la pro-
vince d'AImyro.
Les Turcs se sont retranchés dans Aimyro, où
ils sont assiégés.
Les insurgés sont maîtres de toute la province,
lacapitaleexceptée.
Constantinople, le 4 mars, soir.
Le prince Tcherkasski. organisateur de l'admi-
nistration civile de la nouvelle principauté do
Bulgarie, est mort hier, à San-Stetano, d'une at-
taqué d'apoplexie.
La discussion sur le rachat des Com-
pagnies secondaires de chemins de fer
s'ouvrira jeudi à la Chambre des Députés,
et elle sera immédiatement suivie de la
discussion des lois relatives aux travaux
d'amélioration de la Seine et du Rhône.
Le même jour, la commission du budget
mettra en distribution. son;rappprt sur le
projet de loi relatif aux voies et moyens.
La commission est absolument, d'accord
~vec le ministre des nuances sur la créa-
tion d'un 3 0/0 amortissable en soixante-
quinze ans, et cet accord est un gage de
~a décision de la Chambre.
Il n'y a aucun doute, que ce nouveau
~ype de rente .ne soit accepté à une très
grande majorité. Il ne faut pas croire que
~es discussions de Ja Bourse pénètrent
usément dans les salles de Versailles. La
chambre, le ministre, la commission ont
oorté très peu d'attention aux articles pu-
oliés dans une certaine presse financière.
Le point de vue est différent les ques-
.ipns d'intérêt général sont les seules qui
Ubnt le don de passionner les pouvoirs
publics. Tout ce qui est particulier, spé-
liation, etc., touche fort peu. On s'est
lemandé seulement si le principe de l'a-
mortissement devait être posé dans la loi;
~là-dessus il y a eu, on peut le dire,
-tnanimité dans la commission, comme il
aura unanimité dans la Chambre. La
perpétuité érigée en dogme n'est pas au-'
,re chose que la doctrine de la ban-
~eroute à terme indéterminé. Sur
~'application di principe, des opinions
liverses se sont produites les unes de-
mandant que l'amortissement se fît par
les rachats à la Bourse, aux cours les
plus avantageux qu'on, pût obtenir; les
autres insistant avec le ministre pour que
l'amortissement fût consacré par un con-
trat réel entre l'Etat et les porteurs de la
nouvelle rente, et fût effectue par des
remboursemens après tirages. On a dé-
montré que l'amortissement par voie de
rachat n'avait jamais réussi, et on s'est
arrêté à l'amortissement par contrat per-
sonnel, si on peut ainsi s'exprimer, c'est-
à-dire par voie de tirages au sort. Le sys-
tème du ministre des finances sera éner-
giquement soutenu par lui-même d'abord,
et ensuite par le rapporteur de la com-
mission.
On s.e rappelle que M. Rouher avait, le
jour du dépôt de la loi, parlé de la con-
version ultérieure qui lui paraissait être
la pensée du projet. Le ministre des fi-
nances avait immédiatement protesté
mais la presse s'était emparée de l'idée et
avait voulu voir dans la nouvelle rente un
type d'unification destiné à absorber tous
les autres, et en premier lieu le H 0/0 per-
pétuel. La commission n'a pas même exa-
miné cette combinaison. Le moment de la
conversion, qui est, tout le monde le pro-
clame, dans les droits de l'Etat, est bien
loin d'être venu;-il est probable que le
débat ne s'engagera même pas sur ce
point.
Il avait été parlé de l'utilité qu'il y aurait
à fondre dans la nouvelle rente quelques
petits emprunts particuliers comme celui
des obligations trentenaires récemment
créées. On a cru que, pour faire disparaître
absolument du terrain de la discussion
toute pensée de conversion, il était bon
d'ajourner même cette petite conversion
spéciale. On restreint donc le projet à la
création d'un 3 0/0 amortissable, destiné à
fournir les espèces du rachat des petites
Compagnies.
Ce nouveau 3 0/0 ne sera mis en circu-
lation que vers la fin de l'année; les paie-
mens d'intérêt se feront tous les trois
mois, et le seul crédit d'arrérages prévu
par la commission est celui qui se rap-
porte au paiement du mois de novembre
prochain. 7.
On voit que toutes les insinuations ré-
pandues sur l'abandon du projet, sur les
mauvaises dispositions de la Chambre et
sur les contre-propositions de la. commis-
sion du budget, tombent d'elles-mêmes.
On a fait beaucoup de bruit pour rien.
Nous venons de lire là Lettre pasto-
rale pour le carême de 1877, adressée au
clergé et au peuple de Pérouse par le
cardinal Joachim Pecci, aujourd'hui
Léon XIII, et rarement nous avons éprouvé
une surprise plus agréable. Nous n'avons
pas été accoutumés depuis bien des an-
nées à entendre les membres du haut
clergé faire l'éloge de la civilisation mo-
derne. Ils sont même assez généralement
d'avis que Satan est pour quelque chose
dans l'affaire. On se souvient du célèbre
mandement de l'archevêque de Besançon,
où il était dit que les chemins de fer avaient
été inventés pour punir les aubergistes qui
donnaientàmanger delà viande le vendredi.
La Lettre pastorale du cardinal Peeci est
d'un autre style. L'Eglise catholique est-
elle hostile au progrès de l'industrie, des
arts et des sciences? Y a-t-il, comme l'as-
surent ses adversaires, une incompatibi-
lité naturelle et sans remède entre elle et
la civilisation?. Voilà les questions qui se
trouvent posées et développées dans cette
Lettre.
A ces questions, le prélat n'hésite pas à
répondre Non l'Eglise catholique n'est
hostile à aucun progrès non, elle n'est
pas incompatible avec la civilisation, en-
visagée même sous son aspect purement
matériel. Il fait mieux il prend la peine
d'expliquer à ses ouailles en quoi la civi-
lisation consiste, quels sont ses avanta-
ges et ses mérites. Et ces explications, il
les donne non point en théologien mais
en économiste, et il cite ses auteurs
« Un célèbre éeonomittte français (Frédéric
Bastiat) a rassemblé comme en un tableau les
bienfaits multiples que l'homme trouve dans
la société, et c'est une merveille digne d'être
admirée. Considérez le dernier des hommes,
le plus obscur des artisans il a toujours de
quoi s'habiller bien ou mal, de quoi chausser
ses pieds. Considérez combien de personnes,
combien, de peuples ont dû se donner du
mouvement pour fournir à chacun soit ses
habits, soit ses souliers, etc.
B Tout homme peut. chaque jour portera à
sa bouche un morceau do pain voyez encore
ici quel labeur, que de bras il a fallu pour
arriver à ce résultat, depuis le laboureur qui
creuse péniblement son sillon pour lui con-
fier la semence, jusqu'au boulanger qui con-
vertit la farine en pain! Tout homme a des
droits; il trouve dans la société, des avocats
pour les défendre, des magistrats pour les
consacrer par leurs sentences, des soldats
pour les faire respecter. Est-il ignorant? il
trouve des écoles, des hommes qui, pour lui
composent des livres, d'autres qui les impri-
ment et d'autres qui les éditent.
? Pour la satisfaction de ses instincts reli-
gieux, de ses aspirations vers Dieu, il ren-
contre quelques uns de ses frères qui, laissant
toute autre occupation, s'adonnent à l'étude
des sciences sacrées, renoncent aux plaisirs,
aux aSaires, à leur famille, pour mieux ré-
pondre à ces besoins supérieurs. Mais en voilà
assez pour vous démontrer clairement qu'il
est indispensable de vivre en société pour
que nos besoins aussi impérieux que variés
puissent trouver leur satisfaction.)) »
Un économiste de profession ne résu-
merait pas plus clairement les avantages
de l'association de la division du travail.
Voici maintenant l'explication des'progrès
et la dénnition de la civilisation
« La société étant composée d'hommes
essentiellement perfectibles, elle ne peut
demeurer immobile~ elle progresse et se
perfectionne. Un siècle hérite des inven-
~tions, des découvertes, des améliorations
réalisées par le précédent, et ainsi la somme
s des bienfaits physiques, moraux, poli-
tiques pfut s'accroître merveilleusement. Qui
e voudrait comparer les misérables cabanes des
peuples primitifs, leurs grossiers ustensiles,
leurs instrumena imparfaits, avec tout ce que
nous possédons au dix-neuvième siëcte'H
n'y a plus de proportion entre le travail
exécute par nos machines si ingénieusement
construites, et celui qui sortait avec peine des
mains de l'homme.
H n'est pas douteux que les vieilles routes
mal tracées, les ponts peu sûrs. les voyages
longs et désagréables d'autrefois valaient
moins que nos chemins de fer, qui attachent
en quefque sorte des ailes à nos épaules et
qui ont rendu notre planète plus petite,
tant les peuples se sont rapprochés. Par la.
douceur des mœurs publiques et par la con-
venance des usages, notre époque n'est-
elle pas supérieure aux agissemens brutaux
et grossiers des Barbares, et les relations ré-
ciproques ne sont-elles pas améliorées? '?
A certains points de vue, le système politi-
que n'est-il pas devenu meilleur sous l'in-
Ûuence du temps et de l'expérience? On ne
voit plusiesvengeances particulières tolérées,
L l'épreuve du feu, la peine du talion, etc. Les
petits tyrans féodaux, les communes querel-
leuses, les bandes errantes de soldats indis-
ciplinés n'ont-ils point disparu ? 2
a C'est donc une vérité de fait que l'homme
dans la société va en se perfectionnant au
triple point de vue du bien-être physique,
des relations morales avec ses semblables et
des conditions politiques. Or les différens de-
grés de ce développement successif auquel
atteignent les hommes réunis en société sont
la civilisation; cette civilisation est nais-
sante et rudimentaire quand les conditions
dans lesquelles l'homme se perfectionne sous
ce triple point de vue sont peu développées
elle est grande quand ces conditions sont
plus larges; elle serait complète si toutes ces
conditions étaient parfaitement remplies. ))
Ne croirait-on pas assister au cours de
M. Michel Chevalier au Collége de France?
Voici enfin un évêque économiste, et cet
évêque est aujourd'hui un Pape! Mais
poursuivons l'analyse de cette étonnante
et admirable Lettre pastorale. D'où procè-
dent le progrès et la civilisation? Ils pro-
cèdent, avant tout, du travail. C'est grâce
au travail que l'homme réussit a amélio-
rer son sort et à créer les merveilles de
l'industrie. Or, le travail était méprisé
par les philosophes les plus illustres
de l'antiquité. C'est le christianisme qui
l'a relevé, honoré et sanctine « Jésus-
Christ, vrai fils de Dieu, voulut être sou-
mis à un pauvre artisan de la Gafilée, et
lui-même, dans l'atelier de Nazareth, ne
rougit pas de faire agir sa main bénie. »
Les apôtres demandaient au travail le
soutien de leur existence, et plus tard,
dans l'Europe envahie par les Barbares,
les moines ont défriché le sol ravagé par
les invasions, et ressuscité l'industrie. Plus
tard encore, les républiques catholiques
de l'Italie ne devinrent-elles pas les
foyers' éclatans de l'industrie, du com-
merce et des arts?
« L'Ionie la mer Noire, l'Afrique, l'A-
sie étaient le théâtre des relations com-
mereiates et des expéditions militaires do
nos ancêtres ils y faisaient d'importantes
et fécondes conquêtes, et, tandis qu'au de-
hors flottaient leurs drapeaux entourés de
crainte et d'honneur, chez eux ils ne res-
taient pas inactifs ils cultivaient les arts,
et les négoces aceroissaient'par tous les
moyens honnêtes la richesse publique et-pri-
vée. Les industries de la laine, de la soie. do
l'orfèvrerie, des vitraux coloriés, de la pape-
terie, à Florence, à Pise, à Bologne, a Milan,
à Venise, à Naples, fournissaient à des mil-
liers et des milliers d'ouvriers un travail lu-
cratif elles attiraient sur nos marchés l'or et
le concours des étrangers. ))
Dira-t-on encore après cela que le'ca-
tholicisme est hostile au travail et aux
arts de là civilisation? Sans doute, l'Eglise
ne croit pas qu'il faille tout sacriSer,
même la santé et la vie de l'homme, même
les forces naissantes de l'enfant, à la mul-
tiplication des richesses, et ici l'auteur de
la Lettre pastorale s'élève contre « les
écoles modernes d'économie politique',
infestées d'incrédulité, qui considèrent le
travail comme la fin suprême de l'homme
et qui ne tiennent l'homme lui-même
que pour une machine plus ou moins
précieuse, selon qu'elle est plus ou moins
productive?HAssurément, cette imputation
est injuste. Aucun économiste digne de
ce nom n'a prétendu que l'homme fût une
pure machine à produire. Le travail est
?? ~M~M, ce n'est pas une /??. Les écono-
mistes sont, au contraire, tout à fait de l'a-
visde leur éminent confrère de Pérouse sur
la nécessité de modérer la durée du travail,
de ménager au travailleur des jours de
repos, et.surt6ut.de ne pas épuiser les for-
ces de l'enfant par un labeur prématuré.
Ils pensent comme lui que la charité
n'a pas cessé d'être nécessaire et bien-
faisante, et, comme lui encore, i!s
s'arrêtent avec tristesse devant K le
chinre élevé des victimes que font l'inéa-
pacité d'apprendre, les guerres et les en-
traves du commerce. Comme lui, ils sont
partisans de la plus grande dinasion pos-
sible de l'enseignement; ils détestent la
guerre et. ils sont partisans de la liberté
du commerce
Mais l'auteur de la Lettre pastorale ne
se borne pas à repousser comme une
odieuse calomnie cette accusation des en-
nemis de l'Eglise, « qu'elle insinue dans
les cœurs une mystique horreur pour les
choses d'ici-bas M, et qu'elle recommande
un ascétisme qui exclut toute améliora-
tion matérielle de la condition de l'homme.
M va plus loin après avoir entrepris de
démontrer que le catholicisme n'est nulle-
ment hostile aux progrès de l'industrie, il
réfute cette autre calomnie plus veni-
meuse encore, qui fait considérer l'E-
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