Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-03-01
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Description : 01 mars 1878 01 mars 1878
Description : 1878/03/01. 1878/03/01.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
i ~â·IEIS r MARS
OX S'ASOUf~E
fae d~e P!'6:re;Sa:n!Germain-i'Au':erro!8, i7.
PNtS. !HS t/AB~K~R~EiVr
Un an. Six mois. Trois moM<
Mpan~emeM. SOfr. <ûfr. 20 &.
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Les &boBDemcns partent des t" et t6 de
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B~paftCBaens, 'Ba nHBaéF-o. tS ecnt.
!n ~em~en, apply to €'a'syj!e and C", 'bretgB }
ne~'spa.pers oiûce, 17, Gresham street, G. P. 0
B6!Sf. MeMxT, Bt~tte* et C% t. Finch taneCorBhi:
E. C. London, MM. ~V.-E. SntMh et )S
A. Bruxelles, à 1'0/ <~ ~«~~i; t6, rae de !a
M&deieme, dans les Mosqu'es et (!aas les bi.
Miothèqnes des (tares de chamins de ~f bettres.
A V~paraiso (ChiU), chez M. Orestes L. TorHero.
'POLITIQUES ET LITTERAIRES
MMREMi~'ms
i ter -IlAns
im
'.ON S'ABONNE
enBe!g!que,enItaIie.
dans le Luxembourg, en Turquie,
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon
fM moyen d'une valeur payable a Paris ou de
m&Ddats-posts, soit internationaux, soit francait
on Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous 16s autres pays,
pM renvoi d'une va~euj* payable & P&tM.
Les annonces sont reçues
che: MN. B'anchey, ~<&MMe et C*,
8, pl&ce de la Bourse,
t 'et'àa buréaiï dnJ!OtM!WAt<; t
<
PARIS
JEUM 28 rEVRTER
Les dépêches et les journaux étrangers
ne noua apportent ar.jourd'hui aucune
nouvelle importante. La {-ituation reste
dans le vague le plus nébuleux, incer-
taine, flottante et mobile. H semble que
la. Russie, un peu émue des protestations
oui se sout élevées partout contre ses
prétentions cxccssivcp, recule ou hésite
sur quelques points et cherche à ména-
ger sinon l'Autriche, au moins l'Angle-
terre. Une dépêche de Constantinople an-
nonce que les Russes renonceraient à
une station navale sur la mer de Marmara;
d'autres démentent le bruit que la Russie
aurait exige la cession d'une partie de la
flotte turque d'autres encore décla-
rent que, dans les cercles officiels rus-
ses, on ignore qu'il ait été question
du tribut égyptien. Nous avons parlé hier
de ce tribut égyptien et de l'émotion que
les porteurs de la dette égyptienne avaient
ressentie partout, et particulièrement en
Angleterre, à la nouvelle que ce tribut
garantirait à la Russie l'acquittement de
l'indemnité imposée à la Porte. Nous
serions bien aises que la Russie eût
renoncé, en effet, à une pareille exigence.
Mais cette matière des conditions de paix
est vraiment inépuisable, et, lorsqu'un
point disparaît, il en surgit un autre.
Il est presque impossible de noter au
jour le jour les manifestations succes-
sives de ce mouvement perpétuel. Nous
n'avons rien dit, par exemple, de la
prétention qu'une dépêche de Constan-
tînople attribuait naguère à la Russie; il
s'agit de 10 millions de roubles qui se-
raient payés aux porteurs russes de la
dette turque, de sorte que ces créanciers
privilégiés seraient payés intégralement
au détriment de tous les autres. On sait à
quel taux est tombée aujourd'hui la dette
turque, à 7 ou 8 c'est à 2 ou 3 qu'elle
tomberait immédiatement si une clause
pareille figurait dans les conditions de
paix. Mais il est fort possible que la Rus-
sie renonce à cette partie de son pro-
gramme, aussi bien qu'à quelques autres.
Les diplomates russes ont mis en avant
une foule d'idées à la fois, comme s'ils
avaient voulu les essayer sur l'Europe et
tuger de l'èSet qu'elles produiraient
L'effet n'a pas été bon, et de là vien-
nent sans doute les tâtonnemens et
les lenteurs auxquels nous assistons
en ce moment. Hâtons-nous de dire
que nous ne jugeons que suivant des
apparences peut-être trompeuses, ou
plutôt, nous ne jugeons pas; nous nous
bornons a suivre d'un œil attentif les for-
mes changeantes et encore indécises que
prennent les négociations.
On télégraphie de Berlin au 7)~A que la Rusais renoncerait à étendre
la Bulgarie jusqu'à Salonique; elle paraît
même disposée à renoncer à Kalava et à
limiter la période d'occupation de la Bul-
garie à six mois. Il faut prendre ces infor-
mations pour ce qu'elles valent, et leur
marchander sa confiance; peut-être ont-
elles pourtant une demi-exactitude. L'in-
térêt que les Russes ont toujours porté
aux Bulgares ou professé pour eux n'a
rien qui puisse surprendre. Les Bulgares
sont, de toutes les races qui peuplent les
Balkans, la race la plus molle, la plus
malléable, la plus dépourvue de tout ca-
ractère particulier. Rien ne sera plus
facile aux Russes que de f~u'e de la
future principauté de Bulgarie une pro-
vince à eux, sur laquelle ils imprimeront.
leur cachet sans rencontrer de rési-
stance. Mais il faut pour cela ne pas
étendre la Bulgarie outre mesure; sinon
on s'expose à rencontrer des populations
d'un caractère plus ti'&nché et d'un natu-
rel moins faciiement assimilable. Les
côtes méridionales .~le la Roumélie
sont couvertes de Grecs actifs et remuans
qni repousseraient éhergiquement le
joug des influences russes; il est sans
doute prudent de s'arrêter à de certaines
limites dans le travail de grossissement
artificiel que Fondait subir à la Bulga-
rie. Au sud, les Russes trouvent des
Grecs, àl'ouest les Serbes. Les Serbes
ont montré depuis deux ans ce qu'ils
sont, et bien des illusions sur leur
compte se sont dissipées ils ont pour-
tant une individualité plus forte que
les Bulgares, et de là procède l'intérêt
Tnoinsvit'qnc la Russie leur porte. Les
Serbes commencent à se plaindre très
haut; ils se disent sacrifiés, évin-
cés de leurs conquêtes par les Rus-
ses; ils se proposent, dit-on d'adresser
nce protestation aux signataires du traité
de Paris, ce qui sera fort plaisant, et on
assure qu'ils ont fait demander au gou-
vernement autrichien d'intercéder a.tm de
leur faire obtenir une paix plus fructueuse,
ce qui al'air d'une ironie. LesRusses profè-
rent aux Serbes les Monténégrins; ceux-ci
ont unetendancc moindre à s'agrandir sur
le'continent; ils demandentplutûtdes ports
demer, etia. R'issie sait bien quecesporis
seront pour elle-même des stations très
utiles. Dans ce conflit de sentimens un
peu confus, d'ambitions audacieuses, de
prudence cauteleuse, les négociations èu-
bissent un temps d'arrêt, et la lumière,
qu'on avait crue f~itc, du moins en pariie,
est. envahie par des ombres nouvelles.
H est probab'e que le? gouvernemens
autrichien et anglais n'en savent pas
beaucoup plus long que nous sur le
véritable état des négociations. Dans
l'attente d'une paix dont, il est plus que
jamais impossible de prévoir les condi-
tions dernières, quelle est l'attitude de
l'Autriche et de l'Angleterre? L'Angleterre
a envoyé sa Dette dans les mers du Levant,
et sous ce rapport elle a fait plus que n'a
osé l'Autriche. Les journaux de Londres,
ie /S'~M< en particulier, annoncent
avec quelque fierté de ton que lordNapier
de Magdala le vainqueur des Abys-
sins, vient d'être nommé comman-
dant en chef de l'armée, en cas de
guerre. SirGarnet Wolseley, le vainqueur
des Ashantees, a ét~ nommé chef d'état-
major. Sous ce rapport encore, les Anglais
prennent les devans sur les Autrichiens;
mais, pour le reste, l'Autriche semble
s'attacher à imiter l'Angleterre. Elle n'a
pas encore mobilisé; les nouvelles con-
traires qui avaient couru étaient préma-
turées notre correspondant de Vienne
nous écrit que la mobilisation dépend des
résultats de la Conférence et n'aura pas
lieu avant que ces résultats se soient pro-
duits. Cependant les Délégations sont sur
le point de se réunir, et le gouvernement
se propose de leur demander un crédit
de 60 millions de florins, c'est-à-dire
l'équivalent exact du crédit de 6 mil-
lions de livres sterling que le minis-
tère anglais a obtenu du Parlement.
Ce crédit serait demandé sans définition
d'emploi, toujours à l'imitation de l'An-
gleterre. Il serait, à coup sûr, plus qu'in-
suffisant pour la mobilisation; il ne peut
servir qu'à donner au gouvernement une
marque de confiance et lui permettre de
se présenter à la Conférence avec plus
d'autorité. Telle est la situation en Au-
triche comme en Angleterre on se pre-
pare uniquement à la Conférence; en-
core s'y prépare-t-on sans une foi bien
vive, et peut-être quelques esprits com-
mencent-ils à douter sérieusement que la
Conférence se réunisse.
BOURSE DE PAMS
C!Stnfe te 27 te 28 HMMe. tMMe.
Comptant.'?39S. 73~80 .t!}.
Fin cour. 74. ?3M~2 .12 2
A tt 0/e
Compta.ntt06.t05. 1.
S<~&
Compt!mHC970.<0940.30.
Ftncoaj.t0980.M9!)!).2S.
PSTITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 0/0. t09 fr. 40, 3S, 47 ~2, 42 ~/2.
30/0. ~3fr.60,6'?~/2.
Russa. 8~1/2, 3/4; S/8.
Hbngrots60/0. MS/8, ~.L'
80/0 turc. 7fr.3!},37~2.'
Egyptiennes 60/0.. 130& i3'tft-.87')/2. W.
Pérou. ~4fr.
Florins for). 63,623/4.
TéMgrapMe jjupiv~e.
(Service télégraphique de t'agence Haras.)
Constantinople, le 25 février.
(Arrivée seulement le 28.)
On assure que les Russes renonceraient à une
station navale sur la mer dé Marmara.
Constantinople, le 27 février, soir.
~as négociations pour la paix continueront jus-
que la un de la semaine, à moins que la Russie
ne veuille en'hâter la conclusion.
Constantinople, le 27 février.
La Porte n'a reçu encore aucun avis relatif au
Congrès.
La Russie aurait proposé une rectification de
la fronttéro grecque et serait disposée à aban-
donner la question de la cession de la Hotte
turque.
Londres, }e 28 février.
Le JMCfMi'M~ .4<~w~M' annonce, dans une dé-
pêche de Ber)in, que le général belge Brialmont
est arrivé dans cette capttate pour conclure une
convention mititairo entre 1'AHema.cne" et' la Bel-
gique.
f.a mémo dépSche mentionne le bruit qu'a la
Conférence l'Allemagne demandera une station
navale dans la Méditerranée pour établir un dé-
pôt de charbon.
Un télégramme de Saint-Pétersbourg affirme
qu'on ignore dans les cercles officiels russes qu'il
ait été question du tribut égyptien.
Un autre télégramme, venant de Berlin dit
que, si ta Conférence se réunit, l'Altcmagne ne
demandera pas seulement des garanties pour la
sécurité du commerce dans les Dardanelles, mais
aussi et surtout l'ouverture des détroits aux na-
vires de guerre de toutes les nations.
~On télégraphie de Vienne~ le 27, au D~y TMc-
.<
«Ii se connrme que la demande de crédit né
sera pas soumise aux Chambres.
» II existe aujourd'hui à Vienne une impression
bien meilleure, créée par les assurances satisfai-
santes reçues hier de Saint-Pétersbourg. »
On télégraphie de Berlin au même journal
« La Russie renonce à étendre la Buigarie jus-
qu'à Satonique etie paraît même disposée à re-
noncer a Kavata et à limiter la période d'occupa-
tion de la Bulgarie à six mois. &
Le ~'H!M publie les nouvelles suivantes
.« Berlin, le 27 février. L'Allemagne se pré-
.pp.re& envoyer, en cas de guerre, dans la Médi-
terranée, une flotte composée de huit cuirassés.
» Constantinople, le 26.–Los négociations pro-
gressent tout doucement..Les frontières da Bul-
garie n'ont ,point été fixées et la question de
t'indemnité do guerre n'a même pas encore été
touchée. Aucune partie de laflotM turque n'a été
demandée.
» Les Russes ont avancé jusqu'à Zéitinburnai,
à moins de 300 mètres des magasins do poudre
turcs.
Vienne, le 27.–D'après des ~avis de Con-
stantinopte, l'Angicterre se dispose a répondre a
ta céssiont des cuirassés turcs et a l'occupation
de Constantinople en faisant pénétrer ses cuiras-
sés dans la mer Noire..
s L'Allemagne s'efforce d'établir sa médiation
entre l'Angleterre et la Russie mais cette tâche
n'a pas été facilitée par la pubtioationdas condi-
tions de paix.
a Be:)in, le 27. La Russie se propose de dé-
signer M. Botabaroff, dé nationatité bulgare,
comme gouverneur de la Bulgarie soumis au
ontrote du commandant militaire russe.
La réunion dû ia Conféi'ence devient encore
une fois douteuse a ta suite des objections faite-:
par l'Autriche et lAngteterre aux délimitations
de frontières que la Russie établit dans son pro-
gramme d'Orient.
)) Athènes, !e 27. M. Tricoupis, ancien minis-
tre des affaires étrangère- do'.t partir te 2S en
mission spéciale auprès des gouvcrnemens des
grandes puissances.
Belgrade, lo 27. Le gouvernement serbe
fait demander a l'Autriche d~ntercéder afin que
des conditions de paix plus favorables soient
faites a la Serbie. H a eu outre l'intention d'a-
dresser aux signataires du traité de Paris une
protestation contre l'occupation, par les Russes
du nouveau territoire conquis par les Serbes. )>
Londres, le 28 février.
La brigade de la garde a été placée sur le pied
de guerre. Le ministre de la guerre a défendu
qu'aucun soidat soit transféré dans la réserve
jusqu'à, nouvel ordre.
Les arsenaux déploient une activité toujours
croissante.
Les autorités de Wooiwich ont acheté une lon-
gueur de MO miiies do fils télégraphiques pour
i usage des torpilles, ainsi que le matériel néces-
saire pour la construction de chemins de fer pro-
visoires.
Le gouvernement a commandé a Shefueld GOO
ambulances de campagne complètes et possédant
chacune tout leur équipement,aihsi que 300 ton-
nes de baïonnettes d'acier.
Le ,S'~K~H'~ dément de !a manière la plus for-
melle le bruit d'après lequel lord Derby aurait
donné sa démission, a la suite de la nomination
officielle du commandant en chef des forces ex-
péditionnaires, en cas do guerre, et du chef d'é-
tat-major.
Le même journal fait ensuite la déclaration
suivante
« La nomination de lord Napier do Magdala et
celle de sir Carnet Wolseley signifient réellement
que les conditions de la Russie, si elles ne sont
pas modifiées, ne. peu vent pas être sanctionnées
par l'Angleterre.
& Si la Russie refuse de faire des concessions,
nous serons forcés de maintenir nos droits à
laide du dernier argument des nations.
C'est la conduite arrogante et agressive de la
Russie qui nous a obliges a envisager ainsi en
face la nécessité de la guerre. &
Bucharest, le 27 février, soir.
Les informations reçues ici portent que la
question de la Bessarabie est actuellement dans
la situation suivante L'Autriche et l'Angleterre
s opposent à la rétrocesEion. de cette province, et
1 on assure que la France et l'Italie appuient cette
opposition. L'Allemagne elle-même conseillerait
à la Russie de renoncer à ses prétentions. Ceile-
ci cependant paraît décidée à insister.
Semlin, le 28 février.
D'après dos nouvelles ofucielles russes, le Mon-
ténégro obtient, outre le pays conquis par ses
troupes, tout le territoire compris entre la Piva
la Drina et le Lins.
La Serbie s'étendra jusqu'à Visegrad.
Les troupes turques de Widdin et de Belgrad-
jik ont passé aujourd'hui sur le territoire serbe.
conduites par une escorte; elles se rendent a
Pristina.
Le métropolitain Mikaïio est de retour à Bel-
grade.
Le prince Milan a quitté Niseh aujourd'hui.
Une députation bosniaque, composée de beys
et de chefs catholiques, s'est rendue à Yagabria
pour demander l'occupation de la Bosnie par les
troupes austro-hongroises.
Londres, le 28 février.
On télégraphie de Constantinople, le 26, au
~MM
«Environ 2,000 hommes de troupes russes sont
& San-Stefano et ~2,000 campent dans le voisi-
nage.
? Des arrangemens ont été pris pour empêcher
tout risque de collision entre les troupes russes
et la population turque de Constantinople.
~Les avant-postes des Russes sont à 2 milles
des avant-postes turcs. ))
Le G'~0~ dément que la Russie ait récemment
apporté des médications aux conditions de paix
qu elle a imposées à la Turquie.
Les conditions do la Russie sont aujourd'hui
les mêmes que celles que M. Layard a. dernière-
ment communiquées à tord Derby.
On annonce que le délai apporté par la Porte
à. -la signature de la paix est dû a l'opposition
faite par la Turquie à la délimitation exagérée de
la Bulgarie.
La Russie a renoncé à réclamer six cuirassés
pour une partie de l'indemnité de guerre.
Le bruit que le général Gourko se serait avancé
avec de grandes forces sur San-Stefano est dé-
nué de fondement. Les Russes n'ont dépassé les
lignes de démarcation ûxées par l'armistice
qu'avec le consentement du Sultan.
Le« Vienne, le 28 février.
& Dos négociations pour permettre aîix Russes
d'occuper Belgrade, dans te .cas où un conflit
avec l'Autriche deviendrait inévitable, se pour-
suivent entre la Russie et ta Serbie. »
Saint-Pétersbourg, le 28 février.
D'après l'opinion des personnes les plus auto-
risées. lesrenseigncmensrecus à Londres sur
les points essentiels des conditions de paix sont
erronés.
Bude-Pesth, le 28 février.
Aujourd'hui, a ta séance de la Chambre des
Députés, M. Simonyi a interpellé le gouverne-
ment a. propos d'un, certain nombre de sujets
austro-hongrois, exécutes, dit-on, en Turquie,
par ordre de l'autorité militaire russe.
Le président du conseil des ministres a déclaré
qu'il répondrait plus tard a cette interpellation.
Le gouvernement fera faire une enquête pour
s'assurer de l'exactitude de la noùvcUe.
.Rome, le 28 février.
Le cardinal Simeoai prendra possession, lundi
prochain, de son poste de secrétaire d'Etat. En
même temps il adressera aux puissances une
Note les remerciant de leur assistance pendant.
la. réunion du Conclave, et de leurs témoignages
en faveur du nouveau Pape.
:Un mouvement presque général sera opéré
dans la nonciature, afin que les représentans du
Saint-Siège restent libres de tout engagement
antérieur a l'avènement de Léon XIII.
On nou.s écrit de Versailles (Sénat)
n Le Sénat poursuit la discussion du projet
relatif au service de l'état-major; il la pour-
suit lentement et laborieusement. Nous avons
vu rarement un projet de loi passer par autant
de remaniemens et de vicissitudes. La ques-
tion paraissait déjà approfondie et mûre pour
une solution il y a trois ans, lorsque
M. le général Billot présenta son rap-
port à l'Assemblée Nationale; et depuis, les
projets et contre-projets, rapports et notes
complémentaires de la commission se sont
succédé etf enchevêtrés si bien, que la ques-
tion sembla a présenta plus confuse et plus
controversée que jamais. Chaque ministre
a tour a tour apporté son .projet. M. le
général de Cissey, puis M. le général
Berthaut; puis M. de LaRochcbouët la com-
mission leur faisait subir maint change-
ment puis venait la série des amëndomens,
ceux notamment de JM. le général Loysel,
lesquels ont 6ni par former un contre-projet
véritable qu'il oppose au projet de la com-
mission et qu'il a défendu aujourd'hui encore
parun très long discours. M. le ministre de
la guerre l'a combattu dans une réplique vi-
goureuse, où il se plaçait surtout, a-t-il dit,
au nom doâ intérêts de l'.u'mc". Si nous avons
bien compris les considérations présentées
par M. le ministre avant-hier et aujourd'hui,
H ne proftS-.e pas une sympathie mar-
qmc pour le projet de la commission; et s'il
n'est pas ailé jusqu'au point de M tirer la loi,
il en aurait vu sans dép!aisir ~l'ajourne-
ment indéfini. Du moins préfere-t-u l'oeu-
vre de la commission au contre-projet
de M. Loysel. Mais le coup décisif dont a
été frappé ce contre-projet, c'est M. lo géné-
ral Billot qui l'a porté par un amendement
qu'il a soutenu à deux reprises avec un suc-
cès particulier. M. le général Billot a, on le
sait, un vëritabie talent de parole il est un.
orateur militaire des plus distingués, et l'a
prouvé cette Msencore. Malgré une opposition
assez vive, il l'a emporté finalement. Une cir-
constance nous frappait dans les votes qui
ont lieu sur les divers paragraphes de son
amendement nous remarquions la droite et
la gauche partagées comme s'il se fût agi
d'une question politique. L'ensemble de ce
premier article [d'après la rédaction du gé-
néral Billot) a passé par H3 voix contre 103.
Une particularité de ce scrutin est qu'il men-
tionnait 2~6 votahs, alors qu'il n'y avait en
tout guère plus de 100 membres j.dans la
salle! 1
s M. le maréchal Canrobert, MM. les généraux
de Cissey, Chareton, d'Andigné, Suillemaut
et Riuault avaient pris part à cette discus-
sion qui se continuera demain. Nous doutons
fort qu'elle soit terminée avant quelques
jours. Songez que le projet sur lequel le Sé-
nat a commencé de se prononcer est celui
de M. Loysel, et qu'après viendra le tour
d'un autre contre-projet que déposait aujour-
d'hui môme M. dû Cissey. B
On nous écrit de Versailles (Chambre
des Députés)
«M.deDurfortdeCivracpré~ide;iln'y
aura donc rien de grave. Mais que pourrait-il
arriver de grave en effet? Il ne peut que pleu-
voir plus ou moins d'ennui, car ce sont tou-
jours les propositions d'invalidation qui rem-
plissent le programme de la séance, et de-
main il en sera do même, et de même encore
à p~u près tous les joui'j du mois de mars!
Le 16 mai nous a donné définitivement de la
besogne dont tout le monde se serait bien
passé, à commencer par les malheureux can-
didats qui ont cru en lui et qui n'auront été
nommés un moment députés que pour dis-,
paraître de la scène comme lui.
a Ce serait l'occasion de revenir aux lois an-
tiques, pour abréger ces débats fastidieux
que chaque député invalidable prolonge
maintenant comme à plaisir. Qu'on mette un
sablier sur la tribune. L'orateur qui défend
sa cause parlera une heure s'il le veut,
mais pas davantage on lui répondra un
quart d'heure; il répliquera un quart d'heure,
et ce sera tout. De cette façon, il sera au
moins possible de juger deux causes par
jour, et peut-être le sera-t-il d'en juger trois.
Mais nous n'en sommes pas là t Voici M. Le-
zaud qui recommence exactement comme s'il
n'avait rien dit avant-hier. Il est vrai qu'a-
vant-hier il n'avait rien dit de bien convain-
cant, tout en parlant une heure et demie. Il
abuse du proverbe qui dit que tout mauvais
cas est niable. L'invalidation a. été prononcée
par 294 voix contre 162;
)) A la fin de la séance de mardi, la Cham-
bre avait décidé que l'on poFterait à l'ordre
du jour de demain la discussion des quatre
élections de Vaucluse, sans s'arrêter & leur
date d'inscription, pour les examiner les
unes après les autres, et cela non pas pour
faire un procès d'ensemble, mais pour évi-
ter le plus possiMa tout ce qui ressemble
a. une discussion générale, et au moins les
redites. Mais l'ordre du jour de la distribu-
tion n'a paa tenu compte de cette décision,
et après M. Lezaud devrait venir aujourd'hui
M.deBiliotti. C'était uneerreur d'impression,
et la décision de la Chambre reste ce qu'elle
était. M. Cazeaux avait annoncé qu'il propo-
sait à ses collègues de se déjuger, mais il ne
j'apas fait.
"Pour dégager un peu l'arriéré, on valide
d'abord M. de Breteuil, qui a rempIacéM. Ali-
cot à Argelès (Hautes-Pyrénées). Le rappor-
teur, par parenthèse, ne lui fait pas de com-
plimens en proposant d& le valide! Mais que
dire du rapportdeM. Raspail fils surl'électioa
de la 2" circonscription deLorientoùa été réélu
M. de Perrien ?T1 le portait en terre une demi-
heure durant, et prononçait chemin faisant
les paroles l:;s plus terribles, et c'était pour
arriver à dire que le bureau ne proposait pas
l'invalidation maigre tous les méfaits de la
cand~atm'e.
o La majorité de M. de Perrien étant con-
sidérable, le bureau a reculé devant la pro-
position. M. Talandier demandait l'ajourne-
ment. M. de Durfort était embarrassé, car il
y a un procèdent, confirmé par M. Brisson
lui-même un jour qu'il présidait: c'est, d'un
côté, que l'on ne doit lire à la tribune de
rapports, désormais, que sur des élections
non contestées, et, de l'autre, que toute con-
testation entraine l'inscription de la discus-
sion a la suite des an'au'es électorales déjà in-
scrites. Cependant, comme il est évident que
l'ajournement ne peut être de droit et que la
Chambre est maîtresse d'en décider ~omme
elle l'entend, le président a mis la question
aux voix. L'ajournement n'a pas été prononcé
et. M., de Pcrrien a été validé par 2C8 voix
contre ISO.
B M. La Chambre sera-t-il aussi heureux? Il
n'a pas eu 5,000 voix de majorité il n'en a
eu que 1,497 dans la 1~ circonscription de
Saint-Malo. C'est encore Une assez bonne ma-
jorité, mais Saint-Malo appartient au dépar-
tement d'nie-et-Vilaine, où travaillaient le
préfet, M. de la Morandière et le comman-
dant de gendarmerie Grandjaequet, et il a
paru a la majorité du S" bureau que leurs
procédés électoraux avaient dû déplacer au
moins 780 voix au profit de M. La Chambra
et au détriment de M. Hovius. Personnelle-
ment, M. La Chambre parait n'avoir pas fait
grand mal, et il a parlé avec assez de modé-
ration et de brièveté. S'il n'avait eu que 1,000
voix de majorité, il comprendrait, dit-H, qu'on
les lui enlevât comme l'appoint que la candi-
dature officielle lui a pu valoir, mais il en a
],00. Ain.~i parlent ceux qui ont 'I,SOO voix
de majorité ceux qui n'en ont que 1,000 n'é-
valuent le bénéfice de la candidature officielle
qu'à !;00.
» Pour toute réplique & la réponse du rap-
porteur M. Leiievre, M. La Chambre, répond
qu'il comprendrait son insistance s'il s'agis-
sait d'invalider M. de la Morandière, mais
qu'il est, lui, si innocent, que la sous-com-
mission du bureau avait été, à l'unani-
mité, d'avis de proposer sa validation, et
que le bureau n'a pris la résolution con-
traire qu'à une voix de majorité. Cette briè-
veté méritait de réussir, mais il y a autre
chose à considérer dans ces discussions. M. de
la Morandière et le commandant Grandjac-
quet ont porté malheur à leur protégé, et
M. La Chambre a été invalidé par 236 voix
contre 188.
» Après ce vote reparaît M. Benjamin Ras-
pail comme rapporteur de l'élection de M. Du
Bodan dans la 1*~ circonscription de Vannes.
Il est aussi véhément, sinon plus encore,
que la première fois mais il n'y a plus de
surprise possible. On sait que M. Raspail va
conclure à la validation et que M. Du Bodan
restera député de Vannes. »
La commission sénatoriale qui s'occupe du
projet relatif à l'amnistié était convoquée
pour aujourd'hui. Elle a tenu une très courte
séance. La commission avait demandé a M. le
ministre des finances des documens au sujet
des amendes perçues à raison de procès de
presse antérieu- rement à la période du 16 mai
1877. Ces documens n'étant pas encore par-
venus à la commission, celle-ci s'est ajournée.
Nous avons dit que M. de Ventavon avait
donné sa démission de rapporteur. Les mem-
bres do la majorité espèrent que M. de Ven-
tavon consentira à revenir sur sa détermina-
tion. On ne s'est pas occupé de cette question
dans la séance de ce jour.
La commission parlementaire du Sénat qui
est chargée d'examiner le projet de loi sur
l'État de siége s'est réunie cette après-midi.
Elle a délibéré sur la rédaction nouvelle que
propose la majorité de la commission, com-
posée de cinq sénateurs de la droite MM. Es-
pinasse, Jahan, Hubert-DelisIe, Delsol et
Aduet. Les quàtrés autres commissaires sont
MM. Bozérian. Le Royer, Bérenger et Emma-
nuel Arago, sénateurs républicains.
La majorité de la commission ne parait pas
avoir tenu un grand cornpte des obs.e"vations
qui lui ont été soumises hier par M. le
garde des sceaux Dufaure, si nous en ju-
geons par le texte nouveau qui a été adopté
aujourd'hui comme devant remplacer le pro-
jet voté par la Chambre des Députés dans sa
séance du 8 février. Afin de permettre au
lecteur de bien saisir les modifications ap-
portées par la commission sénatoriale au pro-
jet primitif, nous plaçons ci-dessous les deux
textes en regard
PROJET ADOPTÉ PAR LA HÉDACTtOK NOUVELLE
CttAMMM DES DÉPUTÉS PROPOSEE FAB LA COM-
LE 8 FÉYMER MtSSIOK DU SjËNAT
Art. l". Art. l".
L'état de siège re peut Une loi peut seule dé-
être déclaré qu'en cas clarer l'état de siège,
de péril imminent, résul-sauf les exceptions ci-
tant d'une guerre étran- après.
gère ou d'une insurrec- Cette loi désigne les
tion à main armée, communes, les arrondis-
Une loi peut seule dé- semens ou départemens
clarer l'état de siège, auxquels il s'applique.
Cette loi désigne les
communes, les arrondis-
semens ou départemens
auxquels il s'applique. r
Elle fixe le temps de sa
durée. A l'expiration de
ce temps, Tétât de siège
cesse de plein droit, a
moins qu'une loi nou-
velte n'en prolonge les
efTets.
Art. 2.' Art. 2.
de~h~br~'e~ de~Chambres;
des Chambres, le Prési- des Chambres, Iè ljrési-
d nt~ré~Uque dent
peut déclarer l'état de P.~t déclarer Mtat de
sMce de l'avis du con- s~ge. de lavis du çon~
seirdes ministres, mais seâdes ministres; mais
ninpc les r'himhw< se alors il doit réunir les
rèu~isMntde~Mn~dr~î Chambres dans un délai
deux jours après. qui~'excéderapas huit
)ours:
Art. 3.
En cas de dissolution En cas de dissolution
de ia. Chambre des Dé- de la Chambre dos Dé-
putés. et jusqu'à l'ac- putés ou d'expiration de
complissementenuerdes son mandat. le Président
opérations électorales, de la république aura le
l'état de siège ne pourra, même droit, a la condi-
mëme provisoirement, tion de convoquer ini-
être dÉOaré par ]e Pré- médiatementiescoHégës
sident de la république, électoraux et de réunir
Ncanmoins, s'il y avai.t les Chambres dans le
gncn'e étrangère, le Pré- plus bref délai possible.
sident, de l'avis du con-
seil des ministres, pour-
rait déclarer l'état de
siège dans les territoires
menacés par l'ennemi, à
la condition de convo-
quer les colléges électo-
raux et de réunir les
Chambres dans le plus
bref délai possible.
Art. 4. Art.
Dans les cas prévus Dans les cas prévus
par les articles 2 et 3. par les articles 2 et 3. les
les Chambres, des qu'ei- chambres, des qu'elles
les sont réunies, se sai- sont réunies, mamtien-
sissent, avant toute pro- nent ou lèvent l'état de
position, de la déclara- siège.
tion d'état de siège, et i.;n cas de dissenti-
statuent sans délai sur mont entre elles, l'état
le maintien ou la levée de siège est levé de plein
de l'état dé siège, droit.
En cas de dissentiment `
entre elles, la levée de
l'état de siège a lieu de
plein de droit.
Art. S< Art. ?.
Les dispositions de la Les dispositions de la
loi du 9 août 1849 sont oi du 9 août 1849 sont
maintenues dans tout ce maintenues dans tout ce'
qu'eHes n'ont pas de con- qu'eltes n'ont pas de con-
traire à la présente loi. traire à. la présente loi.
La commission ne doit se réunir mainte-
nant que pour entendre la lecture du rapport
de M. Delsol.
Dans un de ses derniers numéros, le .~)M-
~<'MMd'un écrivain particulièrement versé dans les
questions navales, et qui a tout récemment
visité le Bosphore. Elle contient des détails
précis et assez développas sur ce détroit et
sur les ouvrages fortifiés qui le défendant.
L'envoi de la flotte anglaise dans la mer de
Marmara n'est, en définitive, qu'une simple
démonstration. A la place qu'elle occupe
maintenant ou .dans toute autre position
qu'elle pourrait prendre en restant dans les
mômes eaux, cette flotte ne serait d'aucune
utilité pour la défense de Constantinople.
Pour protéger efficacement cette ville con-
tre une attaque des Russes du côté de la
mer, elle serait obligée de pénétrer dans la
mer Noire en forçant le passage du Bosphore.
Or, cette entreprise présenterait beaucoup
plus de difficultés que le passage des Darda-
nelles, maintenant surtout que les plus puis-
sans des canons qui garnissaient les forts do
ce dernier détroit ont été transportés et in-
stallés sur les ouvrages de Tchataidja.
Le Bosphore a 1S milles anglais de lon-
gueur (24 kilomètres), mais sa largeur est peu
considérable; elle varie, du reste, beaucoup:
de 980 mètres à 3,000 mètres. La partie infé-
rieure ou méridionale est plus étroite que la
partie supérieure qui donne accès dans la mer
Noire. Cette dernière partie est seule fortifiée,
car toutes les précautions ont été prises dans
l'hypothèse de l'attaque d'une Cotte qui opé-
rerait par le nord et non par le sud. Les ou-
vrages qui défendent l'ouverture du canal du
cût6 de la mer Noire sont beaucoup plus nom-
breux que tous les forts desDardaneIles réunis.
L'auteur de la correspondance adressée au
journal viennois les a visités dernièrement.
A son avis, ils sont, en partie, très défec-
tueux leur armement actuel est tout à fait
insufnsant, et les canons dont ils sont pour-
vus sont plus remarquables par leur nombre
que par la force de leur calibre. Voici la no-
menclature des forts qui bordent les deux cô-
tés du canal, avec le nombre des canons pour
lesquels il existe un approvisionnement et
un matériel suffisans
Sur la côte européenne, et en allant du nord
au RumeIi-Fener-Kelessi, avec 26 canons;
Isharet-Tabia (4 canons), Papas-Burun (10 ca~
nons), Karybsche (38 canons), Buyuk-Liman
(22 Mnons) Dikalitasch 1 (24 canons); Dikali-
tasch II (14 canons), TeIIi-Tabia (24 canons),
Vessar-Burun (10 canons), Alty-Agach (6 ca-
nons Kirosch-Burun (14 canons), enfin Kyoi-
bashi-Tabia (8 canons).
Anatoli-Fener-Tabia
(22 canons), Poiras-Kalessi-Tabia (39 canons);
Fit-Burun-Tabia(i4 canons); Yajos-Kalessi
(44 canons), et Madjar-EaIessi (60 canons). Ce
dernier fort est !e plus considérable de ceux
qui ~°~ est à 3 milles
anglais (4 kil. 827 m.) de la mer Noire et se
trouve placé au point le p'us avantageux pour
la défense du canal. Au-dessous de ce fort,
il n'y a plus aucune fortincationsuri~
côte dAsie.
A ces détails sur les fortifications du Bos-
phore nous joindrons la liste des sièges
nombreux que Constantinople a subis de-
puis sa fondation, soit sous le nom de By-
zance, soit depuis sa reconstruction par
Constantin. Le premier dont l'histoire fasse
mention a eu lieu l'an 477 avant J -c Ce iut
Pausanias, roi de Sparte, qui l'entreprit quel-
que temps après la bataille de Platée. By-
zance tomba au pouvoir de l'armée grecque.
Cette ville fut ensuite assiégée en 410 uar
Alcibiade, pendant la guerre du Péloponèse
en 347 par Léon, général macédonien sous le
règne de PhiUppe, père d'Alexandre-le-
Grand en 196 après J.-C., par Septime-Sé-
vëre.qui, pour la punir de l'appui qu'elle
avait donné à Pescennius Niger, son compé-
titeur à l'empire, la réduisit au rang d'une
simple bourgade; elle n'avait cédé, après une
résistance héroïque, qu'aux dernières hor-
reurs de la famine. Rétablie et relevée par
Caracalla, elle reprit sa splendeur sous le rè~ne
de Constantin, qui lui donna son nouveau
nom, et qui, l'an 332, la consacra solennelle-
ment comme la seconde capitale de l'empire
Lui-même l'avait assiégée en 313, quand~elle
portait encore le nom de Byzance. Les siéses a
qu'elle eut à supporter depuis sont les sui-
vans En 893, elle fut attaquée par les
Avares en 626 par les Avares et les
Perses réunis; en 636, par Moawy~h;
général dukahfeAli. De 668 à 676, les Arabes
1 assiégèrent six années de suite par mer.
Ils revinrent .à l'attaque en 717 et en 744.
Nouveaux sièges en 788 et en 764 par les
Bu~ares, en 786, par le kalife Haroun-
al-Rasehid; en 798, par Abd-uI-Melek-
en~ll, p~Krum, chef dos Bulgares; en
820 par le môme peuple en. 886, par les
princes .varègues russes, compagnons de
Rurik en 914, par Siméon, roi des Bulgares-
en 1048, par Tornisius, révolté contre l'empel
reur grec, Constantin X Monomaque (sous-
lequel, soit dit en passant, fut consommé en
IOM, l.e schisme de l'Eglise grecque); en 1081
par Alexis Comnène en 1204, par les chefs
de la quatrième croisade, qui fondèrent l'em-
pire latin d'Orient; en 1261, par Michel Paléo-
logue, qui renversa cet empire et rétablit la
domination grecque; en 1396 et en 1402 par
BajazetI~; en 1413, par son nIsMouza'-en
1422, par Amurat II, fils de Mahomet 1~-
en6n, en 1463, par Mahomet II, qui s'en em-1
para le 29 mai de cette année. Depuis cetta
époque, Constantinople est restée sous la.
domination ottomane.
E. D..
On nous écrit de Londres, te 2"7 février:
« Les nouvelles positives font toujours dë-
faut, et cet état d'incertitude pesé de plus en
plus lourdement sur l'humeur du public et >
de lapresse. On est/porté au pessimisme- on
accueitle des rumeurs inquiétantes jue cer-
taines feuilles peu scrupuleuses fabriquent
pour les besoins de la cause. On parle vas-ue-
ment d'ultimatum russe, d'ultimatum an-
glais on répète soi-même ce qu'on a en-
tendu on nuirait par y croire. Cependant
certaines personnes bien informées, lorsque
vous les interrogez discrètement, vous laissent
entrevoirunhorizan politique pluscalmë elles
no partagent pas les inquiétudes de là foule
loin de là, l'avenir leur semble rassurante
Il faut sa contenter de cette impressio- `
faute de pouvoir tirer rien de bien dé-
terminé de ses conversations. Il paraît que
de bonnes nouvelles sont attendues; elles ar-
riveront aujourd'hui ou demain, à moins
.qu'elles ne s'égarent en route. 11 s'agit sans
doute de la: conclusion de la paix entre la
Russie et la Turquie. Armons-nous don de `
patience une fois de plus..
a Lord Derby et ses collègues ne semblent
guère mieux informés que le reste de ~urs
OX S'ASOUf~E
fae d~e P!'6:re;Sa:n!Germain-i'Au':erro!8, i7.
PNtS. !HS t/AB~K~R~EiVr
Un an. Six mois. Trois moM<
Mpan~emeM. SOfr. <ûfr. 20 &.
i'ii!-i! ';2fi-. 3Sf! <8fr.
Les &boBDemcns partent des t" et t6 de
chaqne mo:s.
Panf!e, oa aaaeêN'o. ~a esat.
B~paftCBaens, 'Ba nHBaéF-o. tS ecnt.
!n ~em~en, apply to €'a'syj!e and C", 'bretgB }
ne~'spa.pers oiûce, 17, Gresham street, G. P. 0
B6!Sf. MeMxT, Bt~tte* et C% t. Finch taneCorBhi:
E. C. London, MM. ~V.-E. SntMh et )S
A. Bruxelles, à 1'0/ <~ ~«~~i; t6, rae de !a
M&deieme, dans les Mosqu'es et (!aas les bi.
Miothèqnes des (tares de chamins de ~f bettres.
A V~paraiso (ChiU), chez M. Orestes L. TorHero.
'POLITIQUES ET LITTERAIRES
MMREMi~'ms
i ter -IlAns
im
'.ON S'ABONNE
enBe!g!que,enItaIie.
dans le Luxembourg, en Turquie,
en Chine et au Japon
fM moyen d'une valeur payable a Paris ou de
m&Ddats-posts, soit internationaux, soit francait
on Allemagne, en Autriche, en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous 16s autres pays,
pM renvoi d'une va~euj* payable & P&tM.
Les annonces sont reçues
che: MN. B'anchey, ~<&MMe et C*,
8, pl&ce de la Bourse,
t 'et'àa buréaiï dnJ!OtM!WAt<; t
<
PARIS
JEUM 28 rEVRTER
Les dépêches et les journaux étrangers
ne noua apportent ar.jourd'hui aucune
nouvelle importante. La {-ituation reste
dans le vague le plus nébuleux, incer-
taine, flottante et mobile. H semble que
la. Russie, un peu émue des protestations
oui se sout élevées partout contre ses
prétentions cxccssivcp, recule ou hésite
sur quelques points et cherche à ména-
ger sinon l'Autriche, au moins l'Angle-
terre. Une dépêche de Constantinople an-
nonce que les Russes renonceraient à
une station navale sur la mer de Marmara;
d'autres démentent le bruit que la Russie
aurait exige la cession d'une partie de la
flotte turque d'autres encore décla-
rent que, dans les cercles officiels rus-
ses, on ignore qu'il ait été question
du tribut égyptien. Nous avons parlé hier
de ce tribut égyptien et de l'émotion que
les porteurs de la dette égyptienne avaient
ressentie partout, et particulièrement en
Angleterre, à la nouvelle que ce tribut
garantirait à la Russie l'acquittement de
l'indemnité imposée à la Porte. Nous
serions bien aises que la Russie eût
renoncé, en effet, à une pareille exigence.
Mais cette matière des conditions de paix
est vraiment inépuisable, et, lorsqu'un
point disparaît, il en surgit un autre.
Il est presque impossible de noter au
jour le jour les manifestations succes-
sives de ce mouvement perpétuel. Nous
n'avons rien dit, par exemple, de la
prétention qu'une dépêche de Constan-
tînople attribuait naguère à la Russie; il
s'agit de 10 millions de roubles qui se-
raient payés aux porteurs russes de la
dette turque, de sorte que ces créanciers
privilégiés seraient payés intégralement
au détriment de tous les autres. On sait à
quel taux est tombée aujourd'hui la dette
turque, à 7 ou 8 c'est à 2 ou 3 qu'elle
tomberait immédiatement si une clause
pareille figurait dans les conditions de
paix. Mais il est fort possible que la Rus-
sie renonce à cette partie de son pro-
gramme, aussi bien qu'à quelques autres.
Les diplomates russes ont mis en avant
une foule d'idées à la fois, comme s'ils
avaient voulu les essayer sur l'Europe et
tuger de l'èSet qu'elles produiraient
L'effet n'a pas été bon, et de là vien-
nent sans doute les tâtonnemens et
les lenteurs auxquels nous assistons
en ce moment. Hâtons-nous de dire
que nous ne jugeons que suivant des
apparences peut-être trompeuses, ou
plutôt, nous ne jugeons pas; nous nous
bornons a suivre d'un œil attentif les for-
mes changeantes et encore indécises que
prennent les négociations.
On télégraphie de Berlin au 7)
la Bulgarie jusqu'à Salonique; elle paraît
même disposée à renoncer à Kalava et à
limiter la période d'occupation de la Bul-
garie à six mois. Il faut prendre ces infor-
mations pour ce qu'elles valent, et leur
marchander sa confiance; peut-être ont-
elles pourtant une demi-exactitude. L'in-
térêt que les Russes ont toujours porté
aux Bulgares ou professé pour eux n'a
rien qui puisse surprendre. Les Bulgares
sont, de toutes les races qui peuplent les
Balkans, la race la plus molle, la plus
malléable, la plus dépourvue de tout ca-
ractère particulier. Rien ne sera plus
facile aux Russes que de f~u'e de la
future principauté de Bulgarie une pro-
vince à eux, sur laquelle ils imprimeront.
leur cachet sans rencontrer de rési-
stance. Mais il faut pour cela ne pas
étendre la Bulgarie outre mesure; sinon
on s'expose à rencontrer des populations
d'un caractère plus ti'&nché et d'un natu-
rel moins faciiement assimilable. Les
côtes méridionales .~le la Roumélie
sont couvertes de Grecs actifs et remuans
qni repousseraient éhergiquement le
joug des influences russes; il est sans
doute prudent de s'arrêter à de certaines
limites dans le travail de grossissement
artificiel que Fondait subir à la Bulga-
rie. Au sud, les Russes trouvent des
Grecs, àl'ouest les Serbes. Les Serbes
ont montré depuis deux ans ce qu'ils
sont, et bien des illusions sur leur
compte se sont dissipées ils ont pour-
tant une individualité plus forte que
les Bulgares, et de là procède l'intérêt
Tnoinsvit'qnc la Russie leur porte. Les
Serbes commencent à se plaindre très
haut; ils se disent sacrifiés, évin-
cés de leurs conquêtes par les Rus-
ses; ils se proposent, dit-on d'adresser
nce protestation aux signataires du traité
de Paris, ce qui sera fort plaisant, et on
assure qu'ils ont fait demander au gou-
vernement autrichien d'intercéder a.tm de
leur faire obtenir une paix plus fructueuse,
ce qui al'air d'une ironie. LesRusses profè-
rent aux Serbes les Monténégrins; ceux-ci
ont unetendancc moindre à s'agrandir sur
le'continent; ils demandentplutûtdes ports
demer, etia. R'issie sait bien quecesporis
seront pour elle-même des stations très
utiles. Dans ce conflit de sentimens un
peu confus, d'ambitions audacieuses, de
prudence cauteleuse, les négociations èu-
bissent un temps d'arrêt, et la lumière,
qu'on avait crue f~itc, du moins en pariie,
est. envahie par des ombres nouvelles.
H est probab'e que le? gouvernemens
autrichien et anglais n'en savent pas
beaucoup plus long que nous sur le
véritable état des négociations. Dans
l'attente d'une paix dont, il est plus que
jamais impossible de prévoir les condi-
tions dernières, quelle est l'attitude de
l'Autriche et de l'Angleterre? L'Angleterre
a envoyé sa Dette dans les mers du Levant,
et sous ce rapport elle a fait plus que n'a
osé l'Autriche. Les journaux de Londres,
ie /S'~M< en particulier, annoncent
avec quelque fierté de ton que lordNapier
de Magdala le vainqueur des Abys-
sins, vient d'être nommé comman-
dant en chef de l'armée, en cas de
guerre. SirGarnet Wolseley, le vainqueur
des Ashantees, a ét~ nommé chef d'état-
major. Sous ce rapport encore, les Anglais
prennent les devans sur les Autrichiens;
mais, pour le reste, l'Autriche semble
s'attacher à imiter l'Angleterre. Elle n'a
pas encore mobilisé; les nouvelles con-
traires qui avaient couru étaient préma-
turées notre correspondant de Vienne
nous écrit que la mobilisation dépend des
résultats de la Conférence et n'aura pas
lieu avant que ces résultats se soient pro-
duits. Cependant les Délégations sont sur
le point de se réunir, et le gouvernement
se propose de leur demander un crédit
de 60 millions de florins, c'est-à-dire
l'équivalent exact du crédit de 6 mil-
lions de livres sterling que le minis-
tère anglais a obtenu du Parlement.
Ce crédit serait demandé sans définition
d'emploi, toujours à l'imitation de l'An-
gleterre. Il serait, à coup sûr, plus qu'in-
suffisant pour la mobilisation; il ne peut
servir qu'à donner au gouvernement une
marque de confiance et lui permettre de
se présenter à la Conférence avec plus
d'autorité. Telle est la situation en Au-
triche comme en Angleterre on se pre-
pare uniquement à la Conférence; en-
core s'y prépare-t-on sans une foi bien
vive, et peut-être quelques esprits com-
mencent-ils à douter sérieusement que la
Conférence se réunisse.
BOURSE DE PAMS
C!Stnfe te 27 te 28 HMMe. tMMe.
Comptant.'?39S. 73~80 .t!}.
Fin cour. 74. ?3M~2 .12 2
A tt 0/e
Compta.ntt06.t05. 1.
S<~&
Compt!mHC970.<0940.30.
Ftncoaj.t0980.M9!)!).2S.
PSTITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 0/0. t09 fr. 40, 3S, 47 ~2, 42 ~/2.
30/0. ~3fr.60,6'?~/2.
Russa. 8~1/2, 3/4; S/8.
Hbngrots60/0. MS/8, ~.L'
80/0 turc. 7fr.3!},37~2.'
Egyptiennes 60/0.. 130& i3'tft-.87')/2. W.
Pérou. ~4fr.
Florins for). 63,623/4.
TéMgrapMe jjupiv~e.
(Service télégraphique de t'agence Haras.)
Constantinople, le 25 février.
(Arrivée seulement le 28.)
On assure que les Russes renonceraient à une
station navale sur la mer dé Marmara.
Constantinople, le 27 février, soir.
~as négociations pour la paix continueront jus-
que la un de la semaine, à moins que la Russie
ne veuille en'hâter la conclusion.
Constantinople, le 27 février.
La Porte n'a reçu encore aucun avis relatif au
Congrès.
La Russie aurait proposé une rectification de
la fronttéro grecque et serait disposée à aban-
donner la question de la cession de la Hotte
turque.
Londres, }e 28 février.
Le JMCfMi'M~ .4<~w~M' annonce, dans une dé-
pêche de Ber)in, que le général belge Brialmont
est arrivé dans cette capttate pour conclure une
convention mititairo entre 1'AHema.cne" et' la Bel-
gique.
f.a mémo dépSche mentionne le bruit qu'a la
Conférence l'Allemagne demandera une station
navale dans la Méditerranée pour établir un dé-
pôt de charbon.
Un télégramme de Saint-Pétersbourg affirme
qu'on ignore dans les cercles officiels russes qu'il
ait été question du tribut égyptien.
Un autre télégramme, venant de Berlin dit
que, si ta Conférence se réunit, l'Altcmagne ne
demandera pas seulement des garanties pour la
sécurité du commerce dans les Dardanelles, mais
aussi et surtout l'ouverture des détroits aux na-
vires de guerre de toutes les nations.
~On télégraphie de Vienne~ le 27, au D~y TMc-
.<
«Ii se connrme que la demande de crédit né
sera pas soumise aux Chambres.
» II existe aujourd'hui à Vienne une impression
bien meilleure, créée par les assurances satisfai-
santes reçues hier de Saint-Pétersbourg. »
On télégraphie de Berlin au même journal
« La Russie renonce à étendre la Buigarie jus-
qu'à Satonique etie paraît même disposée à re-
noncer a Kavata et à limiter la période d'occupa-
tion de la Bulgarie à six mois. &
Le ~'H!M publie les nouvelles suivantes
.« Berlin, le 27 février. L'Allemagne se pré-
.pp.re& envoyer, en cas de guerre, dans la Médi-
terranée, une flotte composée de huit cuirassés.
» Constantinople, le 26.–Los négociations pro-
gressent tout doucement..Les frontières da Bul-
garie n'ont ,point été fixées et la question de
t'indemnité do guerre n'a même pas encore été
touchée. Aucune partie de laflotM turque n'a été
demandée.
» Les Russes ont avancé jusqu'à Zéitinburnai,
à moins de 300 mètres des magasins do poudre
turcs.
Vienne, le 27.–D'après des ~avis de Con-
stantinopte, l'Angicterre se dispose a répondre a
ta céssiont des cuirassés turcs et a l'occupation
de Constantinople en faisant pénétrer ses cuiras-
sés dans la mer Noire..
s L'Allemagne s'efforce d'établir sa médiation
entre l'Angleterre et la Russie mais cette tâche
n'a pas été facilitée par la pubtioationdas condi-
tions de paix.
a Be:)in, le 27. La Russie se propose de dé-
signer M. Botabaroff, dé nationatité bulgare,
comme gouverneur de la Bulgarie soumis au
ontrote du commandant militaire russe.
La réunion dû ia Conféi'ence devient encore
une fois douteuse a ta suite des objections faite-:
par l'Autriche et lAngteterre aux délimitations
de frontières que la Russie établit dans son pro-
gramme d'Orient.
)) Athènes, !e 27. M. Tricoupis, ancien minis-
tre des affaires étrangère- do'.t partir te 2S en
mission spéciale auprès des gouvcrnemens des
grandes puissances.
Belgrade, lo 27. Le gouvernement serbe
fait demander a l'Autriche d~ntercéder afin que
des conditions de paix plus favorables soient
faites a la Serbie. H a eu outre l'intention d'a-
dresser aux signataires du traité de Paris une
protestation contre l'occupation, par les Russes
du nouveau territoire conquis par les Serbes. )>
Londres, le 28 février.
La brigade de la garde a été placée sur le pied
de guerre. Le ministre de la guerre a défendu
qu'aucun soidat soit transféré dans la réserve
jusqu'à, nouvel ordre.
Les arsenaux déploient une activité toujours
croissante.
Les autorités de Wooiwich ont acheté une lon-
gueur de MO miiies do fils télégraphiques pour
i usage des torpilles, ainsi que le matériel néces-
saire pour la construction de chemins de fer pro-
visoires.
Le gouvernement a commandé a Shefueld GOO
ambulances de campagne complètes et possédant
chacune tout leur équipement,aihsi que 300 ton-
nes de baïonnettes d'acier.
Le ,S'~K~H'~ dément de !a manière la plus for-
melle le bruit d'après lequel lord Derby aurait
donné sa démission, a la suite de la nomination
officielle du commandant en chef des forces ex-
péditionnaires, en cas do guerre, et du chef d'é-
tat-major.
Le même journal fait ensuite la déclaration
suivante
« La nomination de lord Napier do Magdala et
celle de sir Carnet Wolseley signifient réellement
que les conditions de la Russie, si elles ne sont
pas modifiées, ne. peu vent pas être sanctionnées
par l'Angleterre.
& Si la Russie refuse de faire des concessions,
nous serons forcés de maintenir nos droits à
laide du dernier argument des nations.
C'est la conduite arrogante et agressive de la
Russie qui nous a obliges a envisager ainsi en
face la nécessité de la guerre. &
Bucharest, le 27 février, soir.
Les informations reçues ici portent que la
question de la Bessarabie est actuellement dans
la situation suivante L'Autriche et l'Angleterre
s opposent à la rétrocesEion. de cette province, et
1 on assure que la France et l'Italie appuient cette
opposition. L'Allemagne elle-même conseillerait
à la Russie de renoncer à ses prétentions. Ceile-
ci cependant paraît décidée à insister.
Semlin, le 28 février.
D'après dos nouvelles ofucielles russes, le Mon-
ténégro obtient, outre le pays conquis par ses
troupes, tout le territoire compris entre la Piva
la Drina et le Lins.
La Serbie s'étendra jusqu'à Visegrad.
Les troupes turques de Widdin et de Belgrad-
jik ont passé aujourd'hui sur le territoire serbe.
conduites par une escorte; elles se rendent a
Pristina.
Le métropolitain Mikaïio est de retour à Bel-
grade.
Le prince Milan a quitté Niseh aujourd'hui.
Une députation bosniaque, composée de beys
et de chefs catholiques, s'est rendue à Yagabria
pour demander l'occupation de la Bosnie par les
troupes austro-hongroises.
Londres, le 28 février.
On télégraphie de Constantinople, le 26, au
~MM
«Environ 2,000 hommes de troupes russes sont
& San-Stefano et ~2,000 campent dans le voisi-
nage.
? Des arrangemens ont été pris pour empêcher
tout risque de collision entre les troupes russes
et la population turque de Constantinople.
~Les avant-postes des Russes sont à 2 milles
des avant-postes turcs. ))
Le G'~0~ dément que la Russie ait récemment
apporté des médications aux conditions de paix
qu elle a imposées à la Turquie.
Les conditions do la Russie sont aujourd'hui
les mêmes que celles que M. Layard a. dernière-
ment communiquées à tord Derby.
On annonce que le délai apporté par la Porte
à. -la signature de la paix est dû a l'opposition
faite par la Turquie à la délimitation exagérée de
la Bulgarie.
La Russie a renoncé à réclamer six cuirassés
pour une partie de l'indemnité de guerre.
Le bruit que le général Gourko se serait avancé
avec de grandes forces sur San-Stefano est dé-
nué de fondement. Les Russes n'ont dépassé les
lignes de démarcation ûxées par l'armistice
qu'avec le consentement du Sultan.
Le
& Dos négociations pour permettre aîix Russes
d'occuper Belgrade, dans te .cas où un conflit
avec l'Autriche deviendrait inévitable, se pour-
suivent entre la Russie et ta Serbie. »
Saint-Pétersbourg, le 28 février.
D'après l'opinion des personnes les plus auto-
risées. lesrenseigncmensrecus à Londres sur
les points essentiels des conditions de paix sont
erronés.
Bude-Pesth, le 28 février.
Aujourd'hui, a ta séance de la Chambre des
Députés, M. Simonyi a interpellé le gouverne-
ment a. propos d'un, certain nombre de sujets
austro-hongrois, exécutes, dit-on, en Turquie,
par ordre de l'autorité militaire russe.
Le président du conseil des ministres a déclaré
qu'il répondrait plus tard a cette interpellation.
Le gouvernement fera faire une enquête pour
s'assurer de l'exactitude de la noùvcUe.
.Rome, le 28 février.
Le cardinal Simeoai prendra possession, lundi
prochain, de son poste de secrétaire d'Etat. En
même temps il adressera aux puissances une
Note les remerciant de leur assistance pendant.
la. réunion du Conclave, et de leurs témoignages
en faveur du nouveau Pape.
:Un mouvement presque général sera opéré
dans la nonciature, afin que les représentans du
Saint-Siège restent libres de tout engagement
antérieur a l'avènement de Léon XIII.
On nou.s écrit de Versailles (Sénat)
n Le Sénat poursuit la discussion du projet
relatif au service de l'état-major; il la pour-
suit lentement et laborieusement. Nous avons
vu rarement un projet de loi passer par autant
de remaniemens et de vicissitudes. La ques-
tion paraissait déjà approfondie et mûre pour
une solution il y a trois ans, lorsque
M. le général Billot présenta son rap-
port à l'Assemblée Nationale; et depuis, les
projets et contre-projets, rapports et notes
complémentaires de la commission se sont
succédé etf enchevêtrés si bien, que la ques-
tion sembla a présenta plus confuse et plus
controversée que jamais. Chaque ministre
a tour a tour apporté son .projet. M. le
général de Cissey, puis M. le général
Berthaut; puis M. de LaRochcbouët la com-
mission leur faisait subir maint change-
ment puis venait la série des amëndomens,
ceux notamment de JM. le général Loysel,
lesquels ont 6ni par former un contre-projet
véritable qu'il oppose au projet de la com-
mission et qu'il a défendu aujourd'hui encore
parun très long discours. M. le ministre de
la guerre l'a combattu dans une réplique vi-
goureuse, où il se plaçait surtout, a-t-il dit,
au nom doâ intérêts de l'.u'mc". Si nous avons
bien compris les considérations présentées
par M. le ministre avant-hier et aujourd'hui,
H ne proftS-.e pas une sympathie mar-
qmc pour le projet de la commission; et s'il
n'est pas ailé jusqu'au point de M tirer la loi,
il en aurait vu sans dép!aisir ~l'ajourne-
ment indéfini. Du moins préfere-t-u l'oeu-
vre de la commission au contre-projet
de M. Loysel. Mais le coup décisif dont a
été frappé ce contre-projet, c'est M. lo géné-
ral Billot qui l'a porté par un amendement
qu'il a soutenu à deux reprises avec un suc-
cès particulier. M. le général Billot a, on le
sait, un vëritabie talent de parole il est un.
orateur militaire des plus distingués, et l'a
prouvé cette Msencore. Malgré une opposition
assez vive, il l'a emporté finalement. Une cir-
constance nous frappait dans les votes qui
ont lieu sur les divers paragraphes de son
amendement nous remarquions la droite et
la gauche partagées comme s'il se fût agi
d'une question politique. L'ensemble de ce
premier article [d'après la rédaction du gé-
néral Billot) a passé par H3 voix contre 103.
Une particularité de ce scrutin est qu'il men-
tionnait 2~6 votahs, alors qu'il n'y avait en
tout guère plus de 100 membres j.dans la
salle! 1
s M. le maréchal Canrobert, MM. les généraux
de Cissey, Chareton, d'Andigné, Suillemaut
et Riuault avaient pris part à cette discus-
sion qui se continuera demain. Nous doutons
fort qu'elle soit terminée avant quelques
jours. Songez que le projet sur lequel le Sé-
nat a commencé de se prononcer est celui
de M. Loysel, et qu'après viendra le tour
d'un autre contre-projet que déposait aujour-
d'hui môme M. dû Cissey. B
On nous écrit de Versailles (Chambre
des Députés)
«M.deDurfortdeCivracpré~ide;iln'y
aura donc rien de grave. Mais que pourrait-il
arriver de grave en effet? Il ne peut que pleu-
voir plus ou moins d'ennui, car ce sont tou-
jours les propositions d'invalidation qui rem-
plissent le programme de la séance, et de-
main il en sera do même, et de même encore
à p~u près tous les joui'j du mois de mars!
Le 16 mai nous a donné définitivement de la
besogne dont tout le monde se serait bien
passé, à commencer par les malheureux can-
didats qui ont cru en lui et qui n'auront été
nommés un moment députés que pour dis-,
paraître de la scène comme lui.
a Ce serait l'occasion de revenir aux lois an-
tiques, pour abréger ces débats fastidieux
que chaque député invalidable prolonge
maintenant comme à plaisir. Qu'on mette un
sablier sur la tribune. L'orateur qui défend
sa cause parlera une heure s'il le veut,
mais pas davantage on lui répondra un
quart d'heure; il répliquera un quart d'heure,
et ce sera tout. De cette façon, il sera au
moins possible de juger deux causes par
jour, et peut-être le sera-t-il d'en juger trois.
Mais nous n'en sommes pas là t Voici M. Le-
zaud qui recommence exactement comme s'il
n'avait rien dit avant-hier. Il est vrai qu'a-
vant-hier il n'avait rien dit de bien convain-
cant, tout en parlant une heure et demie. Il
abuse du proverbe qui dit que tout mauvais
cas est niable. L'invalidation a. été prononcée
par 294 voix contre 162;
)) A la fin de la séance de mardi, la Cham-
bre avait décidé que l'on poFterait à l'ordre
du jour de demain la discussion des quatre
élections de Vaucluse, sans s'arrêter & leur
date d'inscription, pour les examiner les
unes après les autres, et cela non pas pour
faire un procès d'ensemble, mais pour évi-
ter le plus possiMa tout ce qui ressemble
a. une discussion générale, et au moins les
redites. Mais l'ordre du jour de la distribu-
tion n'a paa tenu compte de cette décision,
et après M. Lezaud devrait venir aujourd'hui
M.deBiliotti. C'était uneerreur d'impression,
et la décision de la Chambre reste ce qu'elle
était. M. Cazeaux avait annoncé qu'il propo-
sait à ses collègues de se déjuger, mais il ne
j'apas fait.
"Pour dégager un peu l'arriéré, on valide
d'abord M. de Breteuil, qui a rempIacéM. Ali-
cot à Argelès (Hautes-Pyrénées). Le rappor-
teur, par parenthèse, ne lui fait pas de com-
plimens en proposant d& le valide! Mais que
dire du rapportdeM. Raspail fils surl'électioa
de la 2" circonscription deLorientoùa été réélu
M. de Perrien ?T1 le portait en terre une demi-
heure durant, et prononçait chemin faisant
les paroles l:;s plus terribles, et c'était pour
arriver à dire que le bureau ne proposait pas
l'invalidation maigre tous les méfaits de la
cand~atm'e.
o La majorité de M. de Perrien étant con-
sidérable, le bureau a reculé devant la pro-
position. M. Talandier demandait l'ajourne-
ment. M. de Durfort était embarrassé, car il
y a un procèdent, confirmé par M. Brisson
lui-même un jour qu'il présidait: c'est, d'un
côté, que l'on ne doit lire à la tribune de
rapports, désormais, que sur des élections
non contestées, et, de l'autre, que toute con-
testation entraine l'inscription de la discus-
sion a la suite des an'au'es électorales déjà in-
scrites. Cependant, comme il est évident que
l'ajournement ne peut être de droit et que la
Chambre est maîtresse d'en décider ~omme
elle l'entend, le président a mis la question
aux voix. L'ajournement n'a pas été prononcé
et. M., de Pcrrien a été validé par 2C8 voix
contre ISO.
B M. La Chambre sera-t-il aussi heureux? Il
n'a pas eu 5,000 voix de majorité il n'en a
eu que 1,497 dans la 1~ circonscription de
Saint-Malo. C'est encore Une assez bonne ma-
jorité, mais Saint-Malo appartient au dépar-
tement d'nie-et-Vilaine, où travaillaient le
préfet, M. de la Morandière et le comman-
dant de gendarmerie Grandjaequet, et il a
paru a la majorité du S" bureau que leurs
procédés électoraux avaient dû déplacer au
moins 780 voix au profit de M. La Chambra
et au détriment de M. Hovius. Personnelle-
ment, M. La Chambre parait n'avoir pas fait
grand mal, et il a parlé avec assez de modé-
ration et de brièveté. S'il n'avait eu que 1,000
voix de majorité, il comprendrait, dit-H, qu'on
les lui enlevât comme l'appoint que la candi-
dature officielle lui a pu valoir, mais il en a
],00. Ain.~i parlent ceux qui ont 'I,SOO voix
de majorité ceux qui n'en ont que 1,000 n'é-
valuent le bénéfice de la candidature officielle
qu'à !;00.
» Pour toute réplique & la réponse du rap-
porteur M. Leiievre, M. La Chambre, répond
qu'il comprendrait son insistance s'il s'agis-
sait d'invalider M. de la Morandière, mais
qu'il est, lui, si innocent, que la sous-com-
mission du bureau avait été, à l'unani-
mité, d'avis de proposer sa validation, et
que le bureau n'a pris la résolution con-
traire qu'à une voix de majorité. Cette briè-
veté méritait de réussir, mais il y a autre
chose à considérer dans ces discussions. M. de
la Morandière et le commandant Grandjac-
quet ont porté malheur à leur protégé, et
M. La Chambre a été invalidé par 236 voix
contre 188.
» Après ce vote reparaît M. Benjamin Ras-
pail comme rapporteur de l'élection de M. Du
Bodan dans la 1*~ circonscription de Vannes.
Il est aussi véhément, sinon plus encore,
que la première fois mais il n'y a plus de
surprise possible. On sait que M. Raspail va
conclure à la validation et que M. Du Bodan
restera député de Vannes. »
La commission sénatoriale qui s'occupe du
projet relatif à l'amnistié était convoquée
pour aujourd'hui. Elle a tenu une très courte
séance. La commission avait demandé a M. le
ministre des finances des documens au sujet
des amendes perçues à raison de procès de
presse antérieu- rement à la période du 16 mai
1877. Ces documens n'étant pas encore par-
venus à la commission, celle-ci s'est ajournée.
Nous avons dit que M. de Ventavon avait
donné sa démission de rapporteur. Les mem-
bres do la majorité espèrent que M. de Ven-
tavon consentira à revenir sur sa détermina-
tion. On ne s'est pas occupé de cette question
dans la séance de ce jour.
La commission parlementaire du Sénat qui
est chargée d'examiner le projet de loi sur
l'État de siége s'est réunie cette après-midi.
Elle a délibéré sur la rédaction nouvelle que
propose la majorité de la commission, com-
posée de cinq sénateurs de la droite MM. Es-
pinasse, Jahan, Hubert-DelisIe, Delsol et
Aduet. Les quàtrés autres commissaires sont
MM. Bozérian. Le Royer, Bérenger et Emma-
nuel Arago, sénateurs républicains.
La majorité de la commission ne parait pas
avoir tenu un grand cornpte des obs.e"vations
qui lui ont été soumises hier par M. le
garde des sceaux Dufaure, si nous en ju-
geons par le texte nouveau qui a été adopté
aujourd'hui comme devant remplacer le pro-
jet voté par la Chambre des Députés dans sa
séance du 8 février. Afin de permettre au
lecteur de bien saisir les modifications ap-
portées par la commission sénatoriale au pro-
jet primitif, nous plaçons ci-dessous les deux
textes en regard
PROJET ADOPTÉ PAR LA HÉDACTtOK NOUVELLE
CttAMMM DES DÉPUTÉS PROPOSEE FAB LA COM-
LE 8 FÉYMER MtSSIOK DU SjËNAT
Art. l". Art. l".
L'état de siège re peut Une loi peut seule dé-
être déclaré qu'en cas clarer l'état de siège,
de péril imminent, résul-sauf les exceptions ci-
tant d'une guerre étran- après.
gère ou d'une insurrec- Cette loi désigne les
tion à main armée, communes, les arrondis-
Une loi peut seule dé- semens ou départemens
clarer l'état de siège, auxquels il s'applique.
Cette loi désigne les
communes, les arrondis-
semens ou départemens
auxquels il s'applique. r
Elle fixe le temps de sa
durée. A l'expiration de
ce temps, Tétât de siège
cesse de plein droit, a
moins qu'une loi nou-
velte n'en prolonge les
efTets.
Art. 2.' Art. 2.
de~h~br~'e~ de~Chambres;
des Chambres, le Prési- des Chambres, Iè ljrési-
d nt~ré~Uque dent
peut déclarer l'état de P.~t déclarer Mtat de
sMce de l'avis du con- s~ge. de lavis du çon~
seirdes ministres, mais seâdes ministres; mais
ninpc les r'himhw< se alors il doit réunir les
rèu~isMntde~Mn~dr~î Chambres dans un délai
deux jours après. qui~'excéderapas huit
)ours:
Art. 3.
En cas de dissolution En cas de dissolution
de ia. Chambre des Dé- de la Chambre dos Dé-
putés. et jusqu'à l'ac- putés ou d'expiration de
complissementenuerdes son mandat. le Président
opérations électorales, de la république aura le
l'état de siège ne pourra, même droit, a la condi-
mëme provisoirement, tion de convoquer ini-
être dÉOaré par ]e Pré- médiatementiescoHégës
sident de la république, électoraux et de réunir
Ncanmoins, s'il y avai.t les Chambres dans le
gncn'e étrangère, le Pré- plus bref délai possible.
sident, de l'avis du con-
seil des ministres, pour-
rait déclarer l'état de
siège dans les territoires
menacés par l'ennemi, à
la condition de convo-
quer les colléges électo-
raux et de réunir les
Chambres dans le plus
bref délai possible.
Art. 4. Art.
Dans les cas prévus Dans les cas prévus
par les articles 2 et 3. par les articles 2 et 3. les
les Chambres, des qu'ei- chambres, des qu'elles
les sont réunies, se sai- sont réunies, mamtien-
sissent, avant toute pro- nent ou lèvent l'état de
position, de la déclara- siège.
tion d'état de siège, et i.;n cas de dissenti-
statuent sans délai sur mont entre elles, l'état
le maintien ou la levée de siège est levé de plein
de l'état dé siège, droit.
En cas de dissentiment `
entre elles, la levée de
l'état de siège a lieu de
plein de droit.
Art. S< Art. ?.
Les dispositions de la Les dispositions de la
loi du 9 août 1849 sont oi du 9 août 1849 sont
maintenues dans tout ce maintenues dans tout ce'
qu'eHes n'ont pas de con- qu'eltes n'ont pas de con-
traire à la présente loi. traire à. la présente loi.
La commission ne doit se réunir mainte-
nant que pour entendre la lecture du rapport
de M. Delsol.
Dans un de ses derniers numéros, le .~)M-
~<'MMd'un écrivain particulièrement versé dans les
questions navales, et qui a tout récemment
visité le Bosphore. Elle contient des détails
précis et assez développas sur ce détroit et
sur les ouvrages fortifiés qui le défendant.
L'envoi de la flotte anglaise dans la mer de
Marmara n'est, en définitive, qu'une simple
démonstration. A la place qu'elle occupe
maintenant ou .dans toute autre position
qu'elle pourrait prendre en restant dans les
mômes eaux, cette flotte ne serait d'aucune
utilité pour la défense de Constantinople.
Pour protéger efficacement cette ville con-
tre une attaque des Russes du côté de la
mer, elle serait obligée de pénétrer dans la
mer Noire en forçant le passage du Bosphore.
Or, cette entreprise présenterait beaucoup
plus de difficultés que le passage des Darda-
nelles, maintenant surtout que les plus puis-
sans des canons qui garnissaient les forts do
ce dernier détroit ont été transportés et in-
stallés sur les ouvrages de Tchataidja.
Le Bosphore a 1S milles anglais de lon-
gueur (24 kilomètres), mais sa largeur est peu
considérable; elle varie, du reste, beaucoup:
de 980 mètres à 3,000 mètres. La partie infé-
rieure ou méridionale est plus étroite que la
partie supérieure qui donne accès dans la mer
Noire. Cette dernière partie est seule fortifiée,
car toutes les précautions ont été prises dans
l'hypothèse de l'attaque d'une Cotte qui opé-
rerait par le nord et non par le sud. Les ou-
vrages qui défendent l'ouverture du canal du
cût6 de la mer Noire sont beaucoup plus nom-
breux que tous les forts desDardaneIles réunis.
L'auteur de la correspondance adressée au
journal viennois les a visités dernièrement.
A son avis, ils sont, en partie, très défec-
tueux leur armement actuel est tout à fait
insufnsant, et les canons dont ils sont pour-
vus sont plus remarquables par leur nombre
que par la force de leur calibre. Voici la no-
menclature des forts qui bordent les deux cô-
tés du canal, avec le nombre des canons pour
lesquels il existe un approvisionnement et
un matériel suffisans
Sur la côte européenne, et en allant du nord
au RumeIi-Fener-Kelessi, avec 26 canons;
Isharet-Tabia (4 canons), Papas-Burun (10 ca~
nons), Karybsche (38 canons), Buyuk-Liman
(22 Mnons) Dikalitasch 1 (24 canons); Dikali-
tasch II (14 canons), TeIIi-Tabia (24 canons),
Vessar-Burun (10 canons), Alty-Agach (6 ca-
nons Kirosch-Burun (14 canons), enfin Kyoi-
bashi-Tabia (8 canons).
Anatoli-Fener-Tabia
(22 canons), Poiras-Kalessi-Tabia (39 canons);
Fit-Burun-Tabia(i4 canons); Yajos-Kalessi
(44 canons), et Madjar-EaIessi (60 canons). Ce
dernier fort est !e plus considérable de ceux
qui ~°~ est à 3 milles
anglais (4 kil. 827 m.) de la mer Noire et se
trouve placé au point le p'us avantageux pour
la défense du canal. Au-dessous de ce fort,
il n'y a plus aucune fortincationsuri~
côte dAsie.
A ces détails sur les fortifications du Bos-
phore nous joindrons la liste des sièges
nombreux que Constantinople a subis de-
puis sa fondation, soit sous le nom de By-
zance, soit depuis sa reconstruction par
Constantin. Le premier dont l'histoire fasse
mention a eu lieu l'an 477 avant J -c Ce iut
Pausanias, roi de Sparte, qui l'entreprit quel-
que temps après la bataille de Platée. By-
zance tomba au pouvoir de l'armée grecque.
Cette ville fut ensuite assiégée en 410 uar
Alcibiade, pendant la guerre du Péloponèse
en 347 par Léon, général macédonien sous le
règne de PhiUppe, père d'Alexandre-le-
Grand en 196 après J.-C., par Septime-Sé-
vëre.qui, pour la punir de l'appui qu'elle
avait donné à Pescennius Niger, son compé-
titeur à l'empire, la réduisit au rang d'une
simple bourgade; elle n'avait cédé, après une
résistance héroïque, qu'aux dernières hor-
reurs de la famine. Rétablie et relevée par
Caracalla, elle reprit sa splendeur sous le rè~ne
de Constantin, qui lui donna son nouveau
nom, et qui, l'an 332, la consacra solennelle-
ment comme la seconde capitale de l'empire
Lui-même l'avait assiégée en 313, quand~elle
portait encore le nom de Byzance. Les siéses a
qu'elle eut à supporter depuis sont les sui-
vans En 893, elle fut attaquée par les
Avares en 626 par les Avares et les
Perses réunis; en 636, par Moawy~h;
général dukahfeAli. De 668 à 676, les Arabes
1 assiégèrent six années de suite par mer.
Ils revinrent .à l'attaque en 717 et en 744.
Nouveaux sièges en 788 et en 764 par les
Bu~ares, en 786, par le kalife Haroun-
al-Rasehid; en 798, par Abd-uI-Melek-
en~ll, p~Krum, chef dos Bulgares; en
820 par le môme peuple en. 886, par les
princes .varègues russes, compagnons de
Rurik en 914, par Siméon, roi des Bulgares-
en 1048, par Tornisius, révolté contre l'empel
reur grec, Constantin X Monomaque (sous-
lequel, soit dit en passant, fut consommé en
IOM, l.e schisme de l'Eglise grecque); en 1081
par Alexis Comnène en 1204, par les chefs
de la quatrième croisade, qui fondèrent l'em-
pire latin d'Orient; en 1261, par Michel Paléo-
logue, qui renversa cet empire et rétablit la
domination grecque; en 1396 et en 1402 par
BajazetI~; en 1413, par son nIsMouza'-en
1422, par Amurat II, fils de Mahomet 1~-
en6n, en 1463, par Mahomet II, qui s'en em-1
para le 29 mai de cette année. Depuis cetta
époque, Constantinople est restée sous la.
domination ottomane.
E. D..
On nous écrit de Londres, te 2"7 février:
« Les nouvelles positives font toujours dë-
faut, et cet état d'incertitude pesé de plus en
plus lourdement sur l'humeur du public et >
de lapresse. On est/porté au pessimisme- on
accueitle des rumeurs inquiétantes jue cer-
taines feuilles peu scrupuleuses fabriquent
pour les besoins de la cause. On parle vas-ue-
ment d'ultimatum russe, d'ultimatum an-
glais on répète soi-même ce qu'on a en-
tendu on nuirait par y croire. Cependant
certaines personnes bien informées, lorsque
vous les interrogez discrètement, vous laissent
entrevoirunhorizan politique pluscalmë elles
no partagent pas les inquiétudes de là foule
loin de là, l'avenir leur semble rassurante
Il faut sa contenter de cette impressio- `
faute de pouvoir tirer rien de bien dé-
terminé de ses conversations. Il paraît que
de bonnes nouvelles sont attendues; elles ar-
riveront aujourd'hui ou demain, à moins
.qu'elles ne s'égarent en route. 11 s'agit sans
doute de la: conclusion de la paix entre la
Russie et la Turquie. Armons-nous don de `
patience une fois de plus..
a Lord Derby et ses collègues ne semblent
guère mieux informés que le reste de ~urs
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