Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-02-03
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Type : texte texte
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Description : 03 février 1878 03 février 1878
Description : 1878/02/03. 1878/02/03.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
éBiTtON M P~RIS
JMMAL BES DEBATS
PaLtTMMS Et LtîÏÊBAtB~S~
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tëgeacës du Maroc et de Tunisie;
en Chine et au Japon,
~t moyen d!une.vaJeur payable & Paris J)a~<.
tMmdata-poste, soit internationaux, soit n'ancMSt
en AUémagne, eh AutrictLe, en Russiët
et dans tous les pays du Nord
cnoz tous les directeurs de postes;
et .dans .tous les autres J'ay~
~t'mvoi d'une valeur paya6le&PMM<
~~S.tnnoncesaonnecns!,
<&MM~.J~
8, place de la Bourse,
et&nburéauduJtOCMWÂtf~
e!Ies doivent toujours être agréées par la rëdàcuon.
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ONS'ABOI!
ini~ ~s Jt'rêtres-Sain~Ctermam-t'Ànxerrois, i?t
fjâtXmB t.'AiB~!
Ua aa. Si~ mois. Tro'.& NtMt,
DêMrtememat. Mfr. 40< MCr.
FMtB. '& 36 tr. ~tr..
j~es Monnemens panent ces i" et te M
chaque mots.
P'mN)). «mit
)Mp? t~n~eh, apply t6 Cmwt~ and C", ~eisa
Ttewspaperaotnce,t7,GresBam 8treet,G..P~O.:
MHt. methy, m~wto~t C~ < < Ftach hme CoMUdU.
E. C., Londcm; MM. -W<-n. thm~h et abn,
t86. S.trand, W.. C., London. >
A:BruxëUe8, & ro/?!M .~MMadeteine, dan~ te~ Kiosques et dans teSjM-
bUothècfues des ~àres de chemins de fer beitres.
.~L Vfdparaiso (Chili), chM M. OreStës L. Tornërô.
t~ÀttïS v
~AMËN 3 FËVMËR
Nous avions bien raison de supposer
hier que le grand succès diplomatique de
l'Autriche était tout platonique. Le nom-
bre déjà si considérable des promesses en-
voyées de Saint-Pétersbourg à Vienne
s'est augmenté d'une promesse nouveUe,
voilà tout. Il n'y à pas la. de quoi justi-
ner les accens pleins d'une noble fierté
'M ~fNK~MMa~. L'Autriche n'avait pas
précisé les points sur }esquels_ elle pré-
tendait avoir voix délibérative dans le rè-
glement des conditions de la paix; elle
s'était contentée d'adresser à la Russie
~në Noté courte et sommaire dont nous s
trouvons l'analyse dans la .P~M<°, et qui
est tout à fait conforme à la protestation d'e
l'Angleterre. «L'Autriche-HongriéM, disait
en substance cette Note, « ne conteste
~pas a la Turquie le droit de conclure
)) des traites dans son propre intérêt;
N mais elle doit considérer comme nuls
)) les arrangemens pris a Kesanlyk entre
» les délégués ottomans et les délégués
:o russes, dans la mesure où ces arrange-
a mens auecteraient les intérêts austro-
B hongroispu les intérêts européens, etmo-
M difieraient les traités existans, s'ils ne de-
B viennent pas l'objet d'un accord formel
X des puissances signataires du traité de
? Paris, a C'est presque mot pour mot,
on le voit, le texte de la dépêche en-
voyée le 29 janvier par lord Derby a Saint-
Pétersbourg et en même temps aux
ambassadeurs britanniques à Paris, à
Vienne, à Berlin et à Rome, pour'leur
communiquer les observations qu'il ve
nait de faire à la Russie. A cette réserve
générale de l'Autriche, la Russie, comme
on le sait, a répondu en termes généraux,
Vagues et élastiques. EUe a déclaré qu'elle
était toujours disposée à soumettre a la
Sanction des puissances les arrangemens
conclus entre eMe et la Turquie qui pour-
raient avoir un caractère européen.
Voila donc à quelles proportions seré-
-dultun incident qui avait été si déme-
surément gonflé par le télégraphe. A la
vérité, une fe.uiÙe de Vienne, dont le goût
prononcé pour les nouvelles à sensation
"est bien connu, le .y~ à fait une
~numération fantaisiste, des dix points du
programme russe, en affirmant que le
comte Andràpsy avait exprimé nettement
ses réaervessur neuf de ces points. Le
y~&~ a plus d'imagination que .de mé-
moire. Il a oublié deux choses r d'abord,
~qùe la « table dés Tnatières H des condi-
tions russes, teUe qu'elle a été lue a la
chambre des Comùlunes par sir Staûbrd
.Northcote. ne contenait que huit points,
~Rt ensuite que cette table des matières »
avait été communiquée oificieusement
'au cabinet anglais. Il est bien clair qire
M. de Novikoû' à reçu pour Yienneles
mêmes instructions que M. SchouvalofT
avait reçues pour Londres. En portant
;à la connaissance du comte Andras~y
le résumé des exigences de la Russie, il
~faîtune dél&arclïè purement ofucieuse.
bès lors, le comte A~drassy n'a pu ré-
pondre officiellement a une communi-
cation qui n'avait rien d'ofiiciel. S'il avait
voulu préciser ses objections sur chacun
des points du programme russe, lé cabinet
.de Saint-Pétersbourg n'aui'ait-it pas eu le
droit de lui dire Pourquoi débattre ainsi
des idées générâtes que je vous .ai sou-
mises amicalement? VoKS ne savez rien
de-net et de définitif sur m'es intentions.
Je vous montre une esquisse; le moment
n'est pas venu de discuter sur les détails.
du tableau.
L'incident de la protestation autri-
chienne est donc vidé. A une protestation
'générale, !a Russie a répondu par une~
promesse, générale qui pèsera sans doate
dans le règlement définitif des conditions
jie paix du même pouls que les coavûrsa.-
Gons de Livadia et les paroles solenuelles
ttê~l'ànnée dernière. Aussi les dépêches
.de Vienne sont-eUes à beaucoup près
moins optimistes qu'hier. Par suite
M de l'extrême réserve de la réponse
o russe, dit l'uue d'elles, réponse qui ne
fait pas mention de~ intérêts spéciaux
de l'Autriche, le comte Andrassy pro-
B pose actuelicmentia réunion d'une Coh-
'Bférence européenne .qui Reticodrait à
B Vienne. En présence de la proionga-
tion de l'incerHtudC inexplicable qui
N existe sur la conduite ultérieure de la
M Russie, ajoute une seconde dépêche,
e l'inquiétude augmente visiblement dans
les cercles officiels. L'cnet produit
o par la réponse russe, conclut upetroi-
sième dépêche, e~t diminué par la con-
tinuation de la marche des eusses sur
Constantinople et par la non-signature
B des préliminaires de paix. »
Le laogage des journaux c&tle meilleur
commentaire de celui que tient le télé-
graphe. Les feuilles officieuses, telles que
laF~MM, cherchent eUes-mêmes a dimi-
nuer la portée dé Ïa démarché faite par
l'Autriche, aSn de persuader & l'Europe
-q~ie ce petit démêlé u'a nullement afiai-
Mi l'amitié rëciprpque des deux empi-
les. De son côté, le ~Vo~ se moque avec
un dédain peu dissimulé « des exigences
B dé .l'Autriche aux quelles la Russie au-
rait donné, satisfaction. H La Russie
n'a donné jusqu'ici & personne une
satisfaction complète. Elle s~est mon-
trée pourtant plus coulante envers l'An-
gleterre qu'envers l'Autriche, Après avoir
adresse & Londres les promesses va-
gues qu'elle expédiait également à
Vienne, elle a consenti à s'expliquer avec
une certaine netteté sur question des
détroits et à faire une concession incontes-
table aux intérêts anglais. Oa sait qu'il
existait, dans le texte primitif des condi-
tions russes, un huitième article relatif
aux détroits « Le prince GortchakofT n,
dit une dépêche de lord Loftus à lord
Derby, « ne voit aucun inconvénient à sup-
H primer tout a fait cet article. Il a nié
H qu'il se rattachât à un accord entre la
H Russie et la Turquie seules, et m'a auto-
a risé à déclarer a Votre Excellence, de la
') façon la plus catégorique, que la Russie
H considérait la question des détroits
M comme une question européenne qui ne
M pouvait être réglée que par un accord
H des puissances européennes. H Ainsi
l'Angleterre a été mieux partagée (}ue
~Autriche elle a reçu une réponse pré-
cise sur le .point qui lui tient le plus au
cœur. D'où vient cette inégalité de for-
tune entre les deux puissances ? Faut-il
l'attribuer à là diiTérencë des procédés
dont se sont servis les deux pays pour
appuyer leur protestation ? L'Angleterre
a demandé des subsides au Parlement
et a envoyé sa flotte à l'entrée des dé-
troits. Quanta l'Autriche, non seulement
elle n'est pas entrée en Serbie et eu Rou-
manie, comme le demandaient les jour-
naux hongrois, mais elle n'A même pas mo-
bilisé un seul de ses régimens, ni occupé
une seule des admirabtes positions stra-
tégiques qu'elle possède en Transylvanie.
Après le réel succès qu'il vient d'obte-
nir, le cabinet anglais pourrait bien se dé-
clarer satisfait et se montrer plus indiffé-
rent à la marche ultérieure des négo-
ciations. Nous n'avons rien à dire
sur la suite de la discussion des cré-
dits supplémentaires. En présence de
l'esprit qui anime l'Opposition et une
partie du pays, il.est clair que le gouver-
nement ne saurait songer à prendre des
résolutions. vigoureuses. Les orateurs
libéraux parlent à la Chambre des Com-
munes comme s'ils étaient des Russes
travestis en Anglais. En vain M. Bourke
leur a-t-il rappelé que l'existence'de
la Turquie était une question euro-
péenne en vain le nouveau ministre
des colonies, M. Hicks Beach, leur a-t-il
tait remarquer qu'il ne s'agissait plus au-
jourd'hui des rapports de la Russie avec
la Turquie, mais des rapports de la Ras-
sie avec l'Europe, et qu'au lieu de se li-
vrer à de folles récriminations, le grand
parti .libéral devrait éviter avec soin
tout ce qui affaiblit l'influence et paralyse
l'action de l'Angleterre, dans un mo-
ment ou cette action devient plus néces-
saire que jamais pour soutenir l'honneur
et les intérêts de l'Angleterre et la liberté.
de l'Europe ces appels au bon sens et
au patriotisme sont restés sans écho.
L'Opposition persiste à soutenir qu'aucun
danger ne menace ni l'Angleterre ni l'Eu-
rope, que la Russie est animée des in-
tentions les plus généreuses, qu'elle
poursuit en Orient une croisade dés-
intéressée, à laquelle tous les au-
tres peuples chrétiens doivent applaudir
sans jalousie. Une pareille attitude dés-
arme le gouvernement vis-à-vis de l'étran-
ger. Dût-il obtenir, a quelques dizaines de
voix 'de majorité, le vote des subsides, il
ne pourrait se présenter devant les puis-
sances avec l'assurance que donne la cer-
titude d'être appuyé par un mouvement
général de l'opinion publique. Aussi ne
faut-il pas reprocher à l'Autriche les
hésitations 'avec lesquelles elle ac-
cueille les propositions de sir Henry El-
liot. Ce n'est pas sans motif qu'elle
craint de s'allier à un pays qui pour-
rait tout à coup la laisser seule en
face de l'Allemagne et de la Russie.
« Rappelez-vous toujours, écrivait le
H grand Frédéric à son ambassadeur
H à Londres, et faites entendre aux
a autres que derrière chacune de vos
M paroles marchent 200,000- baïonnettes
? prussiennes. M Que trouve-t-on derrière
les paroles de sir Henry Eltiot ? une flotte
cuirassée ? .Non. On n'y trouve que les
ballots de coton de M. Bright. Si l'on
veut se rendre compte de l'état de l'opi-
nion en Angleterre, il suffit de lire la dé-
pêche suivante qui a été adressée hier
du Stock-Exchange de Londres, à plu-
sieurs établissemens nnaaciers de Paris
« Hausse générale des valeurs, sur le
M bruit que les Russes ont occupé Galli-
M poli. M
Pendant que les fonds haussent en An-
gleterre, les Russes s'avancent en euet,
non pas précisément vers Gallipoli, mais
vers Constantinople, dont ils ne pont plus
qu'à vingt-quatre heures dé marche, vers
les bords de la mer do Marmara où ils
ont atteint déjà Rodosto, et vers la
mer Egée, où ils sont arrivés à De-
deagatch. Les retards apportés à la si-
gnature de l'armistice s'expliquent faci-
lement. Les Russes ayantfait accepter aux
plénipotentiaires ottomans des préliminai-
res de paix aussi écrasans que possible, et
sachant d'ailleurs que lés Turcs sont prêts
à tous les sacrinces pour obtenir une sus-
pension d'armes, profitent de cette agonie
de la Porte pour lui imposer des condi-
tions d'armistice qui lui porteront le coup
de grâce. Il paraît positif qu'ils insistent
sur une occupation temporaire de Con-
stantinople. Est-ce à dire qu'ils soient
résolus à exiger coûte que coûte cette
occupation? Peut-être non mais la s~uÏe
pensée de voir les Russes entrer dans
leur capitale inspire aux Turcs une
telle terreur qu'ils consentiront à tout
pour écârte.r de dessus leur tête tin tel
péril et une telle humiliation. Le corres-
pondant viennois du T'MMM prétend que
Ie.s Russes se servent avec habileté dé cet
anblement de la Porte, afin d'obtenir d'elle
de nouvelles conditions d~àrmistice, et par
exemple la cession de la Hotte. Il ajoute
que les Russes pourraient bien demander
encore un point sur la côte asiatique des
détroits, avec la faculté d'y élever des for-
tiScàtiohs. Si ces prétentions se réali-
saient, on comprendrait sans peine que le
prince Gortchakofï renonçât à traiter im-
médiatement la question de la liberté des
passâmes. Acquérir d'un Seul coup une
position stratég-ique sur le Bosphore ou
les Dardanelles et une notte cuirassée
dans la mer Ivoire, cela ne vaudrait-il pas
autant qu'un protocole ou un article dé
traité?
v
~om'SÊ Ï)E &ÂM~
't~Ïmrp tel" te 2. taanM'e.~ttMe.'
S
Rompta.a.t.M~ M90.t0.
Finccut ~i0. 739S.1N.
XB/s~/et
Comptantl04.t04M.7..M.
s@/o
Comptanti0960.lf9G!).7.7.
Fin coar.t09 65 10360 .7. S.
PETITE BOURSE DU SOIR..
Em]pruntSO/0. 109fr.65,80.
3 0/0. ~3 ff. 87 1/2, 921/2.
Italien. 74fr.37,40.
Extër" espagnole.. 123/8.
5 0/0 turc. 8fr.85,80,8N.
Banque ottoma.ne.. 3ë6fr.25.
Egyptiennes 6 0/0.. 150 fr. 621/2.
Nous recevons de nos correspondans paj:i-
culiers les dépêches suivantes
« Vienne,lo2février,matin.
BLea faits n'ayant pas répondu à l'idée
qu'avait fait concevoir la réponse du cabinet
de Saint-Pétersbourg, à la Note du comte
Andrassy, on est d'avis, dans les sphères of-
ficielles,, que la marche des Rosses sur
Constantinople et l'occupatioa éventuelle de
cette ville ne pourraient: être envisagées avec
.indifférence par 'l'Europe et par l'Aut:-ichè,
maintenant qu'" l'acceptation des conduions
russes par la. Turquie enlève toute raison
stratégique à ces opérations.
«Vienne, le 2 février, soir.
s Essad Pacha et Musurus Pacin, ambas-
sadeurs ottomans a Vienne et à Londres, ont
reçu de Constantinople une dépêche iden-
tique annonçant que les préliminaires de
paix et l'armistice ont été signés hier &
Andrinople.
Les dernières nouvelles d'Athènes por-
tent que l'armée grecque a reçu hier l'ordre
de franchir la frontière turque. La Crète a
proclamé son indépendance. Vu la. situation
générale, on n'attache pas à ces derniers évô-
nemens.une gcande importance. Une inter-
vention de l'Angleterre dans les an'aires grec-
ques est probable. u
.s J'apprends de diverses sources autori-
sées que. le caractère de la réception da no-
tre nouvel ambassadeur peut être considère!
comme témoignant de l'existence dos meil-
leurs rapports entre les gouvtrnemens des
deux pays, et comme très flatteurs pour là
personne de M. le comte de Saint-Vallipr.
& Vous pourrez vous convaincre, par le tex.to
mûme de son discours, que celui qui parlai);
cette fois n'était pas le représentant d'un gou-
vernement ambigu qui ne veut dire ni ce
qu'il est, ni d'où il vient, ni où il va.. Fidèle
à sa haute mission. M. de S~int-Vallier a porte
la parole au nom d'une nation qui vient d'af-
Srmer récemment encore, et do la façon la
plus éclatante, C!: qu'e'.Io veut être et pour
elle-même et pour autrui, c'est-à-dire une
république libérale, conservatrice et paci-
nque au dedans comma au dehors. Notre
pays se félicitera donc d'apprendre qu'en
cette occasion ses vrais~eatimens ont été in-
terprétés d'une façon digne de lui.
D Quant à l'Allemagne, on peut croire
qu'elle ne reconnaîtra, pas av''c moins do sa-
tisfaction ses propres scntuufns dans les
bonnes et sages paroles par lesquelles son
souverain a répondu à l'ambassadeur de
France, a
TéMgrapMe ppivée.
(Service télégraphique de l'agence H&vas.)
Constantinopïe. le i" février.
Le protocole des bases préliminaires de paix et
de l'armistice a été signé a Andrinople.
Londres, le 2 février.
Le J~M'KtM~ Post annonce que jusqu'à la der-
nière heure, nier soir, aucune nouvelle positive
n'était parvenue au Foreign-Office sur la signa-
ture des préliminaires de paix et de l'armistice.
On y entretenait cependant l'espoir sérieux que
cette signature aurait lieu aujourd'hui.
Le ~a;a'&M'<~ dit que 900 des principaux mar-
chands de la Cité ont signé un Mémoire expri-
mant. leur confiance dans le gouvernement. Ce
Mémoire a été présenté hier à sir Stafford North-
cote.
Londres, !e 2 février.
On télégraphie de Vienne au ~s~
« II.est déjà. décidé en principe qu'après là si-
gnature de l'armistice, une Conférence se réunira
S Vienne. Le prince Gortchakoff a notifié a
l'ambassadeur autrichien l'assentiment de la
Russie. )) '1
Une dépêche de Constantinop~o, adressée au
Z) pent Keshan.,
Diaprés le même télégramme, la Porte a envoyé,
le 3) janvier, deux nouveaux plénipotentiair.s,
porteurs d'instructions confirmant les instruc-
tions données aux deux premiers d'accepter les
conditions des Russes.
Le bruit courait à Constantinople que les Turcs
auraient remporté une victoire à Batoum.
Athènes, le février, soir.
Le gouvernement, ému dos souS'rances des pro-
vinces grecques de la Turquie, a donné l'ordre à.
12,000 hommes de franchir demain la Crontiére
è 1 il," 'la, 1 étla. 1
et d'occuper'la Thessalle. i'Êbirëet ta. ~f&cë~oiné,
afin de maintenir l'ordre public et de prévenir le
massacre~deschrétiens.
La. Chambre a vote des réquisitions de guerre.
Uu emprunt de 10 millions a été couvert par la
Banque nationale.
Londres, le 2 février.
On télégraphie d'Athènes, le t" février, au
J~MM
« Le ministre des affaires étrangères adressera
demain un .télégramme aux puissances pour jus-
tifier l'occupation de la Thessa.lie, de l'Epire et de
la Macédoine, où a commencé une insurrection
dont les conséquences peuvent être prévues d'a-
près les atrocités déjà commises par les troupes
irréguliéres turques, même sans provocation.
» La Grèce no peut pas permettre de telles atro-
cités elle a donc résolu d'occuper ces provinces
jusqu'à ce qu'elles soient placées dans une situa-
tion compatible avec la tranquillité et les droits
de la race grecque. »
Cologne, le 2 février.
La 6~~ Co~o~e a reçu les deux dépêches
suivantes:
vernement annoncent que l'on à mobilisé le corps
d'armée autrichien qui est concentré a Vërschetz.
Londres, le 2 février. Le cabinet maintien-
dra prmminatres de hi~ix seraient signés'. o
Pesth,Ie2fëvricr.
Les .journaux hongrois se prononcent .avec une
vivacité croissante en faveur d'une politique plus
vigoureuse vis-à-vis do !a Russie.
On croit ici que la marche des Pusses est !o
fait de l'influence prédominante du parti militaire
en Russie beaucoup plus que )e résultat des or-
dres de Saint-Pétersbourg, et l'on s'attend a ap-
prendre, d'un jour à l'autre, ta nouvelle de l'arri-
vée du grand-duc Nicolas à Constàntinople.
Toutes les informations de Vienne sont d'ac-
cord pour déclarer que l'Autriche-Hongrie n'ac-
ceptera pas l'occupation, même temporaire, de
Constantmople.
L'armée grecque ne compte pas plus do
20,000 hommes de troupes régutiéres. Les Turcs
peuvent leur opposer un nombre a peu près égal
dans les provinces menacées.
Bucharest, le 1" février, soir.
Le général Ignatieff a eu aujourd'hui une au-
dience du prince et une entrevue avec M. Bra-
tiano.
D'après l'impression générale, le langage du
général Ignatieff est rassurant. pour la ~Rouma-
nie. et de nature a faire concevoir de bonnes es-
pérances relativement au résultat final des né-
gociations.
On croit que la conclusion de la paix n'est nul-
lement désespérée, et que la Russie et rAns~e-
terre sont disposées a Sure des concessions réci-
proques. Bucharest, le t" février, soir.
Le prince Ghika a annoncé au Sénat qu'il in-
terpeljerait le gouvernement relativement à. ~a
phrase «Indépendance de la Roumanie avec in-
demnité territoriale suffisantes, phrase prononcée
d&ns la Chambre des Communes et citée comme
une des conditions de la Russie.
Le prince voudrait savoir si la Roumanie,
comme belligérante, a été admise a formuler des
conditions de paix, et s'il est certain que ces con-
ditions ne porteront pas atteinte a son intégrité
territoriale.
Cette interpellation sera discutée lundi.
Une interpellation analogue sera faite a la
Chambre.
Vienne, le 2 février;
Une Note circulaire du gouvernement roumain,
adressée aux puissances, revendique pour la
Roumanie Je droit, comme puissance beliigé-
rante, de prendre part a une Conférence ou à
tout autre mode de règlement définitif de paix.
Constàntinople, le t" février.
Une attaque des Russes contre les positions
avancées de Bato'um a été vigoureusement re-
poussée le 19 janvier. Une colonne russe, prise
en écharpe par les batteries turques, au passage
de la rivière Kintrichi, a subi des pertes évaluées
à 2 ou 3,000 hommes. Les troupes ottomanes
se sont emparées de toutes les positions enne-
mies.
Londres, le 2 février.
On télégraphie de Rome au ~comte de Thomar. ambassadeur de Portugal au-
près du SMnt-Siége. n'ayant pas obtenu une ré-
ponse satisfaisante relativement au droit de veto
dans le conclave .réclamé par le Portugal, les re-
lations entre le Vatican et la cour de Lisbonne
se sont quelque peu refroidies.
Berlin, le 2 février.
La C~~ ~e. ~~<*wcomplètement erronée la nouvelle publiée par dif-
férens journaux au sujet de la réunion du grand
état-ma.;or allemand à Cassel. Il ne s'agissait là
que d'une conférence qui se réunit tous les ans
pour fixer l'ensemble des mesures relatives au
transport des troupes en cas de mobilisation. Le
comte de Moltke n'a. pas plus assisté a cette con-
férence qu'à celles des années précédentes.
On télégraphie de Vienne, le')" février, a I&
G'a~MeS~C'o~Me? r
<: Le prince'GortchakofT a fait déciarer ici et a.
Londres qu'il ne savait pas lui même ce qui
s'était passé ces jours derniers au quartier géné-
ral de Kesanl.yk. Le conte Andrassy s'est mon-
tré jusqu'à présent très réservé vis-a-vis du ca-
binet anglais, parce que la Russie s'est tenue
rigoureusement aux arrangemens de l'alliance
des trois empereurs. Il est maintenant forcé de
déclarer que le point de vue anglais est tout à
fait exact, vu que l'attitude de la Russie inspire
les plus grandes inquiétudes. La Turquie s'est
comp)étement soumise, mais la. Russie continue
malgré cela ses opérations militaires.
& On ne croit plus à la sine ''rite de la Russie, et
la dépêche du prince GortchakoS, en date d'hier,
n'a pas fait renaître la conuance. Le comte An-
drassy a déclaré très clairement à M. de Novikoff
qui fui remettait la dépêche du prince Gortcha-
koff, que la Russie se trompait en croyant pou-
voir tromper l'Autriche et )a faire patienter jus-
qu'à ce qu'on -ne pût plus rien changer aux faits
accomplis.
I! faut décidément déconseiller aux
Chambres les séances de nuit. La nuit ne
porte pas conseil aux Assemblées parle-
mentaires. 'Sauf dans quelques cas très
rares et lorsqu'un intérêt.-très pressant
l'exige, le mieux est, vers six heures,
de remettre les anairës au lendemain.
Des expériences redoublées ont mon-
tré que là température morale d'une
Chambre s'échauffe singulièrement entre
huit et neuf heures. Nous parlons pour la
France et en vue de nos habitudes, car on
sait que les séances de nuit sont en Angle-
terre le fait ordinaire. Mais les Anglais ont
les nerfs plus rassis que nous ils s'exal-
tent plus lentement ils écoutent très
longtemps un orateur désagréable et sa--
vent contenir leurs émotions. En France,
il eh est autrement, et on l'a bien vu hier
soir à Versailles. Le feu a pris à l'Assem-
blée à propos de rien et il a fait rage
pendant plusieurs heures. A minuit, la
Chambre était encore debout, enflam-
mée, écumante. Et d'où venait ce grand
tapage? Un rapporteur, M. Wilson, avait
dit trop nettement que, s'il proposait l'in-
valtdation d'un député, c'est qu'il comg-
tai't sur le succès &e Son. 'cdhcd~nt. Ad-
mettons, à} l'on Veut, qu'il y avait quel-
que chose d'un peu yif et de bl'essant dans
le langage de M. Wilson; là forme était
irritante au fond, le rapporteur avait
raison et il exprimait une pensée fort
simple. De denx choses l'une, en effet
ou là pression administrative a vicié l'é-
lection, ou elle ne l'a pas viciée dans le
second cas il ne laut pas invalider, mais
dans le premier, si on invalide, c'est
évidemment dans la présomption que
Félu ne représente pas l'opinion vraie dés
électeurs et que la majorité se .portera
sur son rival. M. Wilson n'a pas dit autre
chose, et ce rien a suf6 pour provoquer
une tempête furieuse. La droite a crié à
là persécution, à la proscription C'en
est fait rien n'est sacré pour la gauche
Voila la Convention! voilà Robespierre!
voilà Màrat
Les Assemblées sont sujettes à ces mp-
mens de délire dont elles se repentent
ordinairement ensuite. Nous_ne sommes
pas sûra~ pourtant que la droite ait obéi
hier à une émotion parfaitement spon-
tanée il y à du calcul dans cés empor-
temehs qui simulent bien où mal les
éclats d'une passion irrésistible. Lé
mot d'ordre de là droite est dé dé-
considérer le gouvernement parlemen-
taire en général et la Chambre ac-
tuelle en particulier. La Chambre jus-
qu'ici a montré une modération et une
sagesse auxquelles tous les esprits impar-
tiaux rendent hommage. Il est donc in-
utile, il est dangereux de discuter et dé
raisonner auprès d'elle; il Ïàùt faire du
bruit, il faut se plaindre, gémir, crier,
hurler même. Ne pouvant, pas convaincre
l'opinion, il faut l'agiter. jQue peut-on re-
procher à la Chambre ? Rien de sérieux 'y
mais on peut donner au pays le spectacle
d'une douleurdébordante, d'une inquiétude I?
mêlée de tristesse.d'une terreur anblée. Les
peureux, et ils sont Bombren~ ne man-
queront pas d'e trembler à 'l'unisson, car
la peur est contagieuse comme la peste.
Bientôt il sera convenu que lès Assem-
blées délibérantes sont des fermons d'a-
gitations stériles et désordonnées, et qu'il
est imprudent de se reposer et de s'endor-
mir sous le ciel orageux de là république.
Tel est lé jeu des partis réactionnaires
telles sont leurs dernières ressources.
Seulement, cette tactique réussit plus ou
moins selon les jours, et Tiier elle n'a pas
réussi du tout. La droite a eu le tort de
se promener en procession derrière
M. Rouher,. de sortir et de rentrer docile-
ment avec lui, comme une escouade
manœuvre avec son caporal et M. Rou-
her, après avoir fait l'épreuve de son
influence, de sa puissance, est monté
à la tribune, à appelé M. Gambettà « le
chef de la majorités, et s'est mis à atta-
quer la Chambre, la Constitution et la
république. L'orateur était mal choisi.
La droite aurait dû prendre un avocat
légitimiste, car les souvenirs de la Res-
tauration et de '1830 sont loin de
nous ¡ mais', en vérité, un bonapar-
tiste est encore aujourd'hui très dé-
placé dans le rôle d'accusateur. Si la
droite tenait à un orateur bonapartiste,
n'a-t-elle pas M. Paul 'de Càssagaac,
S. Robert.,Mitchén, M. Cunéo d'Ornano,
ou tel autre moins compromis que M. Rou-
her dans les désastres au milieu des- 7
quels l'Empire a disparu et laFrance elle
même a failli sombrera M. Rpuher, par'sa
seule présence à la tribune, réveillait trop
de souvenirs à la fois. M. Gambetta les a
agités comme autant d'épouvantails de-
vant la Chambre émue jusqu'au pa-
roxysme, et chaque coup dirigé contre
l'Empire tombait sur la poitrine de l'homme
qui en a. été la plus exacte représen-
tation.
Au milieu de ces accusations redouta-
bles, où le Mexique et Sedan étaient sans
cesse invoqués, nous avons retenu Tin
mot de M. Gambettà qui mérite d'être
relevé parce qu'il est profondément vrai.
M. Rouher, pour montrer la nécessité de
l'apaisement et de la concorde, a fait al-
lusion à l'état de l'Europe. È'iln'y.a
plus d'Europe, s'est écrié M. Gambettà,
c'est la faute de l'Empire. –L'Empire, en
enet, a été, par sa politique extérieure,
l'agent de dissolution le plus actif de la
vieille Europe. L'esprit chimérique de
l'empereur, les fatalités de son origine, les
indécisions et les caprices 'de son carac-
tère,' ses victoires et ses défaites ont fait
autant que l'ambition de son oncle pour
changer l'état du monde et ~e livrer
à la plus déplorable instabilité. On a
vu d'abord Napoléon III s'allier à l'An-
gleterre contre la Russie; puis cour-
tiser la Russie et chercher du côté
dé l'Orient les bases d'une politique
qui a inquiété l'Angleterre puis mé-
contenter la Russie au sujet des auai-
res de Pologne puis entreprendre la libé-
ration de l'Italie sans en prévoir et sans
en vouloir toutes les conséquences; puis
favoriser le développement de l'Allema-
gne contrel'Autriche sans en redouter les
résultats. Lorsque Sadowa a ouvert ses
yeux sur le danger, il était bien tard pour
le conjurer. Que fallait-il faire ? Se rési-
gner aux faits accomplis et s'en accom-
moder sincèrement? Un autre gouver-
nement l'aurait pu, mais non pas l'Em-
pire qui ne vivait que de prestige et
d'éclat, et qui avait besoin d'éblouir le
monde pour s'en faire accepter. Puisque
avec l'Empire la guerre était inévitable,
il fallait s'y préparer on sait comme
nous nous sommes trouvés prêts en 1870.
Ainsi l'Empire, après avoir essayé de tou-
tes les alliances, n'a été 6dele à aucune
âpres avoir tout entrepris, tout com-
mencé, il n'a su rien terminer; l'Italie s'est
terminée sans lui, l'Allemagne contre lui,
et la Russie est aujourd'hui sur le point
d'effacer de la carte de l'Europe toutes les
conséquences de la guerre de Crimée.
Voilà ce qu'a fait la politique extérieure
de l'Empire, et nous ne parlons que de
sa politique européenne. Et M. Rouher,
quel a été son rôle en tout cela? Il a
appelé M. Gambettà « un enfant du bar-
reau qu'à-t-il été autre chose que
l'avocat qùand méme de tôûtés les ëom-.
l'avocat quand même e de toutes les com-
binaisons qui se succédaient dans l'es-
prit de l'empereur.de toutes les solu-
tions que les évéhemens amenaient?
N'a-t-il pas compris le grand drame qui
se jouait ? S'il l'a compris, pourquoi a-t-
it us% tous les enorts 'de son éloquence
à tromper la France sur la triste vérité ? q
Le jour de là déclaration de guerre,
M. Rouher a prononcé un discours fol-
lement belliqueux dont M. Gambettà a
donné lecture. L'épée était tirée, dit-
il il fallait faire montre même de
ta confiance qu'on n'avait pas. –Soit!
mais alors comment M. ~Rouher a-t-il ose 1
reprocher à M. Jules Favre la fameuse
phrase Pas une pierre de nos forteresses,
pas un j)oùce de nôtre territoire ? Enfant
du barreau lui-même, il n'a jamais
été qu'un avocat parlementaire. Ha-
bile homme d'aHaires, il n'a jamais rien
entendu & la grande politique et à la diplo-
matie. Doué de grandes fàcultés, mais de
facultés spéciales, son intelligence pré-
sente le~ plus fâcheuses lacunes, et, par
malheur, il a parlé de tout et sur tout
avec une audace et une assurance que
rien d'ailteurs, on l'a vu hier encore, n'a
pu diminuer~
Eh bien! toutes les fois que la discus-
sion portera sur les points où elle est
tombée hier, l'Empire et M. Rouher en
sortiront très amoindris. L'histoire est
faite, comme l'a encore dit M. Gam-
bettà. Non .seulement elle a été sanction-
née par des votes parlementaires et par
de nombreux scrutins ëlectoraux, mais
elle a été écrite par des plumes iroides et
impartiales. I! y a des fautes qui ne s'ex-
cusent pas, des faiblesses qui ne se par-
donnent pas; il y a des révolutions lé-
gitimes et des chutes déSnitives. Au-
cune voix, si hardie qu'elle puisse être,
ne prévaut contre la conscience de la
France .et de l'Europe dont 'N. Gambettà
a été hier l'interprète fougueux, pas-
sionné mais véridique; et l'Empire ne ré-
pondrajamais utilement etferamieux de se
taire lorsqu'on lui jettera l'apostrophe du
général Bonaparte au Directoire Qu'avez-
vous fait de celte France que je vous
avais laissée si brillante? On peut y
ajouter avec M. Gambettà Qu'àvez-vous
fait de l'Europe et de son équilibre où la
France jouait un si grand rôle, alors
qu'aujourd'hui elte est réduite à se re-
cueillir dans l'inaction et peut-être dans
l'impuissance? La séance d'hier soir a été
une. mise en accusation improvisée de
l'Empire, et, quand l'Empire est en accu-
sation, M. Rouher a tort de se mettre sur
la sellette. Cela dit, il faut regretter
cette séance. Il y a des souvenirs qu'il
n'est pas bon de remuer le sifence sur
certaines choses est la condition de
l'apaisement que nous rêvons, que
nous poursuivons. Mais~ si la droite
le veut comme nous, pourquoi a-t-elle
pris pour chef et pour orateur M. Rouher,
et pourquoi a-t-elle fait une émeute parle'.
Tnentairo sur un mot échappa à un rap-
porteur après une journée de fatigue, et
dans l'agitation inséparable d'une séance
de nuit?
FRANCIS CHARMES.
On nous éërit de Versailles (Chambre
des Députes):
"2 février, minuit.'
a Nous sortons tout enfiévrés de cette
séance de nuit. Quel tumulte, quelle bataille
quel déchaînement de passions, et comme on
sent bien la profondeur de la blessure que le
16 mai a faite au cœurde la France f Les per-
turbateurs ont 6t6 renversés du haut de îfur
pouvoir éphémère ils ne sont plus là pour
animer les partis aux fureurs et aux folies
-de la lutte qu'ils avaient décrétée, mais la
ueche est restée dans la plaie, ~e~
MAa~, et, avant que nous soyons rendus
au calme qu'ils ont si crué)Iément troublé
plus d'un tressaillement viendra nous ra?~
pe)er de quelle main nous avons ~té bb-asés
et avec quelle sûre té a été lancé le trait du
Parthe.
Les vaincus diront encore que le calme
ne se rétablit pas parce que la majorité vic-
torieuse est oppressive et que les invalida-
tions sont des aetes de vengeance; mais l'im-
partialité du pays jugera sans doute qu'il est
des étections où le droit a été violé trop bar-
diment pour que le sunrage universel ne soit
pas remis en position de se prononcer libre-
ment sur leur valeur. Telles sont visiblement
celles des Côtes-du-Nord, dont la discussion
devait faire éclater de si 'véhéinens orages.
s Dans la séance de jour, terminée à près de
sept'heures, la droite avait laissé, sans trop
montrer sa colère, prononcer successivement
l'ih<'alidation de M. Leclère à Avranches et
de M. Paul de Champagny Dinan; elle se
réservait pour la discussion de l'élection de
M. VfiUxt a Loudéac, et M. Rouber, très
assidu à ces débats, s'était ténu toute la jour-
née aux bancs inférieurs du coté où U sié~e
JMMAL BES DEBATS
PaLtTMMS Et LtîÏÊBAtB~S~
')~?' M~ !;{? ~~M?~~aM.t.. ~ia'r
NttAMË S mMt
ON S'ABONDE
-ieh-~l~quë, en ttatie~
.ú da~s &Lü~aémù.ô~ ~~q,
d~s te ~t~xeB~g, m Tnr.
en Chine et au Japon,
~t moyen d!une.vaJeur payable & Paris J)a~<.
tMmdata-poste, soit internationaux, soit n'ancMSt
en AUémagne, eh AutrictLe, en Russiët
et dans tous les pays du Nord
cnoz tous les directeurs de postes;
et .dans .tous les autres J'ay~
~t'mvoi d'une valeur paya6le&PMM<
~~S.tnnoncesaonnecns!,
<&MM~.J~
8, place de la Bourse,
et&nburéauduJtOCMWÂtf~
e!Ies doivent toujours être agréées par la rëdàcuon.
MMCHE3FMM
~?8.
ONS'ABOI!
ini~ ~s Jt'rêtres-Sain~Ctermam-t'Ànxerrois, i?t
fjâtXmB t.'AiB~!
Ua aa. Si~ mois. Tro'.& NtMt,
DêMrtememat. Mfr. 40< MCr.
FMtB. '& 36 tr. ~tr..
j~es Monnemens panent ces i" et te M
chaque mots.
P'mN)). «mit
)Mp
Ttewspaperaotnce,t7,GresBam 8treet,G..P~O.:
MHt. methy, m~wto~t C~ < < Ftach hme CoMUdU.
E. C., Londcm; MM. -W<-n. thm~h et abn,
t86. S.trand, W.. C., London. >
A:BruxëUe8, & ro/?!M .~M
bUothècfues des ~àres de chemins de fer beitres.
.~L Vfdparaiso (Chili), chM M. OreStës L. Tornërô.
t~ÀttïS v
~AMËN 3 FËVMËR
Nous avions bien raison de supposer
hier que le grand succès diplomatique de
l'Autriche était tout platonique. Le nom-
bre déjà si considérable des promesses en-
voyées de Saint-Pétersbourg à Vienne
s'est augmenté d'une promesse nouveUe,
voilà tout. Il n'y à pas la. de quoi justi-
ner les accens pleins d'une noble fierté
'M ~fNK~MMa~. L'Autriche n'avait pas
précisé les points sur }esquels_ elle pré-
tendait avoir voix délibérative dans le rè-
glement des conditions de la paix; elle
s'était contentée d'adresser à la Russie
~në Noté courte et sommaire dont nous s
trouvons l'analyse dans la .P~M<°, et qui
est tout à fait conforme à la protestation d'e
l'Angleterre. «L'Autriche-HongriéM, disait
en substance cette Note, « ne conteste
~pas a la Turquie le droit de conclure
)) des traites dans son propre intérêt;
N mais elle doit considérer comme nuls
)) les arrangemens pris a Kesanlyk entre
» les délégués ottomans et les délégués
:o russes, dans la mesure où ces arrange-
a mens auecteraient les intérêts austro-
B hongroispu les intérêts européens, etmo-
M difieraient les traités existans, s'ils ne de-
B viennent pas l'objet d'un accord formel
X des puissances signataires du traité de
? Paris, a C'est presque mot pour mot,
on le voit, le texte de la dépêche en-
voyée le 29 janvier par lord Derby a Saint-
Pétersbourg et en même temps aux
ambassadeurs britanniques à Paris, à
Vienne, à Berlin et à Rome, pour'leur
communiquer les observations qu'il ve
nait de faire à la Russie. A cette réserve
générale de l'Autriche, la Russie, comme
on le sait, a répondu en termes généraux,
Vagues et élastiques. EUe a déclaré qu'elle
était toujours disposée à soumettre a la
Sanction des puissances les arrangemens
conclus entre eMe et la Turquie qui pour-
raient avoir un caractère européen.
Voila donc à quelles proportions seré-
-dultun incident qui avait été si déme-
surément gonflé par le télégraphe. A la
vérité, une fe.uiÙe de Vienne, dont le goût
prononcé pour les nouvelles à sensation
"est bien connu, le .y~ à fait une
~numération fantaisiste, des dix points du
programme russe, en affirmant que le
comte Andràpsy avait exprimé nettement
ses réaervessur neuf de ces points. Le
y~&~ a plus d'imagination que .de mé-
moire. Il a oublié deux choses r d'abord,
~qùe la « table dés Tnatières H des condi-
tions russes, teUe qu'elle a été lue a la
chambre des Comùlunes par sir Staûbrd
.Northcote. ne contenait que huit points,
~Rt ensuite que cette table des matières »
avait été communiquée oificieusement
'au cabinet anglais. Il est bien clair qire
M. de Novikoû' à reçu pour Yienneles
mêmes instructions que M. SchouvalofT
avait reçues pour Londres. En portant
;à la connaissance du comte Andras~y
le résumé des exigences de la Russie, il
~faîtune dél&arclïè purement ofucieuse.
bès lors, le comte A~drassy n'a pu ré-
pondre officiellement a une communi-
cation qui n'avait rien d'ofiiciel. S'il avait
voulu préciser ses objections sur chacun
des points du programme russe, lé cabinet
.de Saint-Pétersbourg n'aui'ait-it pas eu le
droit de lui dire Pourquoi débattre ainsi
des idées générâtes que je vous .ai sou-
mises amicalement? VoKS ne savez rien
de-net et de définitif sur m'es intentions.
Je vous montre une esquisse; le moment
n'est pas venu de discuter sur les détails.
du tableau.
L'incident de la protestation autri-
chienne est donc vidé. A une protestation
'générale, !a Russie a répondu par une~
promesse, générale qui pèsera sans doate
dans le règlement définitif des conditions
jie paix du même pouls que les coavûrsa.-
Gons de Livadia et les paroles solenuelles
ttê~l'ànnée dernière. Aussi les dépêches
.de Vienne sont-eUes à beaucoup près
moins optimistes qu'hier. Par suite
M de l'extrême réserve de la réponse
o russe, dit l'uue d'elles, réponse qui ne
fait pas mention de~ intérêts spéciaux
de l'Autriche, le comte Andrassy pro-
B pose actuelicmentia réunion d'une Coh-
'Bférence européenne .qui Reticodrait à
B Vienne. En présence de la proionga-
tion de l'incerHtudC inexplicable qui
N existe sur la conduite ultérieure de la
M Russie, ajoute une seconde dépêche,
e l'inquiétude augmente visiblement dans
les cercles officiels. L'cnet produit
o par la réponse russe, conclut upetroi-
sième dépêche, e~t diminué par la con-
tinuation de la marche des eusses sur
Constantinople et par la non-signature
B des préliminaires de paix. »
Le laogage des journaux c&tle meilleur
commentaire de celui que tient le télé-
graphe. Les feuilles officieuses, telles que
laF~MM, cherchent eUes-mêmes a dimi-
nuer la portée dé Ïa démarché faite par
l'Autriche, aSn de persuader & l'Europe
-q~ie ce petit démêlé u'a nullement afiai-
Mi l'amitié rëciprpque des deux empi-
les. De son côté, le ~Vo~ se moque avec
un dédain peu dissimulé « des exigences
B dé .l'Autriche aux quelles la Russie au-
rait donné, satisfaction. H La Russie
n'a donné jusqu'ici & personne une
satisfaction complète. Elle s~est mon-
trée pourtant plus coulante envers l'An-
gleterre qu'envers l'Autriche, Après avoir
adresse & Londres les promesses va-
gues qu'elle expédiait également à
Vienne, elle a consenti à s'expliquer avec
une certaine netteté sur question des
détroits et à faire une concession incontes-
table aux intérêts anglais. Oa sait qu'il
existait, dans le texte primitif des condi-
tions russes, un huitième article relatif
aux détroits « Le prince GortchakofT n,
dit une dépêche de lord Loftus à lord
Derby, « ne voit aucun inconvénient à sup-
H primer tout a fait cet article. Il a nié
H qu'il se rattachât à un accord entre la
H Russie et la Turquie seules, et m'a auto-
a risé à déclarer a Votre Excellence, de la
') façon la plus catégorique, que la Russie
H considérait la question des détroits
M comme une question européenne qui ne
M pouvait être réglée que par un accord
H des puissances européennes. H Ainsi
l'Angleterre a été mieux partagée (}ue
~Autriche elle a reçu une réponse pré-
cise sur le .point qui lui tient le plus au
cœur. D'où vient cette inégalité de for-
tune entre les deux puissances ? Faut-il
l'attribuer à là diiTérencë des procédés
dont se sont servis les deux pays pour
appuyer leur protestation ? L'Angleterre
a demandé des subsides au Parlement
et a envoyé sa flotte à l'entrée des dé-
troits. Quanta l'Autriche, non seulement
elle n'est pas entrée en Serbie et eu Rou-
manie, comme le demandaient les jour-
naux hongrois, mais elle n'A même pas mo-
bilisé un seul de ses régimens, ni occupé
une seule des admirabtes positions stra-
tégiques qu'elle possède en Transylvanie.
Après le réel succès qu'il vient d'obte-
nir, le cabinet anglais pourrait bien se dé-
clarer satisfait et se montrer plus indiffé-
rent à la marche ultérieure des négo-
ciations. Nous n'avons rien à dire
sur la suite de la discussion des cré-
dits supplémentaires. En présence de
l'esprit qui anime l'Opposition et une
partie du pays, il.est clair que le gouver-
nement ne saurait songer à prendre des
résolutions. vigoureuses. Les orateurs
libéraux parlent à la Chambre des Com-
munes comme s'ils étaient des Russes
travestis en Anglais. En vain M. Bourke
leur a-t-il rappelé que l'existence'de
la Turquie était une question euro-
péenne en vain le nouveau ministre
des colonies, M. Hicks Beach, leur a-t-il
tait remarquer qu'il ne s'agissait plus au-
jourd'hui des rapports de la Russie avec
la Turquie, mais des rapports de la Ras-
sie avec l'Europe, et qu'au lieu de se li-
vrer à de folles récriminations, le grand
parti .libéral devrait éviter avec soin
tout ce qui affaiblit l'influence et paralyse
l'action de l'Angleterre, dans un mo-
ment ou cette action devient plus néces-
saire que jamais pour soutenir l'honneur
et les intérêts de l'Angleterre et la liberté.
de l'Europe ces appels au bon sens et
au patriotisme sont restés sans écho.
L'Opposition persiste à soutenir qu'aucun
danger ne menace ni l'Angleterre ni l'Eu-
rope, que la Russie est animée des in-
tentions les plus généreuses, qu'elle
poursuit en Orient une croisade dés-
intéressée, à laquelle tous les au-
tres peuples chrétiens doivent applaudir
sans jalousie. Une pareille attitude dés-
arme le gouvernement vis-à-vis de l'étran-
ger. Dût-il obtenir, a quelques dizaines de
voix 'de majorité, le vote des subsides, il
ne pourrait se présenter devant les puis-
sances avec l'assurance que donne la cer-
titude d'être appuyé par un mouvement
général de l'opinion publique. Aussi ne
faut-il pas reprocher à l'Autriche les
hésitations 'avec lesquelles elle ac-
cueille les propositions de sir Henry El-
liot. Ce n'est pas sans motif qu'elle
craint de s'allier à un pays qui pour-
rait tout à coup la laisser seule en
face de l'Allemagne et de la Russie.
« Rappelez-vous toujours, écrivait le
H grand Frédéric à son ambassadeur
H à Londres, et faites entendre aux
a autres que derrière chacune de vos
M paroles marchent 200,000- baïonnettes
? prussiennes. M Que trouve-t-on derrière
les paroles de sir Henry Eltiot ? une flotte
cuirassée ? .Non. On n'y trouve que les
ballots de coton de M. Bright. Si l'on
veut se rendre compte de l'état de l'opi-
nion en Angleterre, il suffit de lire la dé-
pêche suivante qui a été adressée hier
du Stock-Exchange de Londres, à plu-
sieurs établissemens nnaaciers de Paris
« Hausse générale des valeurs, sur le
M bruit que les Russes ont occupé Galli-
M poli. M
Pendant que les fonds haussent en An-
gleterre, les Russes s'avancent en euet,
non pas précisément vers Gallipoli, mais
vers Constantinople, dont ils ne pont plus
qu'à vingt-quatre heures dé marche, vers
les bords de la mer do Marmara où ils
ont atteint déjà Rodosto, et vers la
mer Egée, où ils sont arrivés à De-
deagatch. Les retards apportés à la si-
gnature de l'armistice s'expliquent faci-
lement. Les Russes ayantfait accepter aux
plénipotentiaires ottomans des préliminai-
res de paix aussi écrasans que possible, et
sachant d'ailleurs que lés Turcs sont prêts
à tous les sacrinces pour obtenir une sus-
pension d'armes, profitent de cette agonie
de la Porte pour lui imposer des condi-
tions d'armistice qui lui porteront le coup
de grâce. Il paraît positif qu'ils insistent
sur une occupation temporaire de Con-
stantinople. Est-ce à dire qu'ils soient
résolus à exiger coûte que coûte cette
occupation? Peut-être non mais la s~uÏe
pensée de voir les Russes entrer dans
leur capitale inspire aux Turcs une
telle terreur qu'ils consentiront à tout
pour écârte.r de dessus leur tête tin tel
péril et une telle humiliation. Le corres-
pondant viennois du T'MMM prétend que
Ie.s Russes se servent avec habileté dé cet
anblement de la Porte, afin d'obtenir d'elle
de nouvelles conditions d~àrmistice, et par
exemple la cession de la Hotte. Il ajoute
que les Russes pourraient bien demander
encore un point sur la côte asiatique des
détroits, avec la faculté d'y élever des for-
tiScàtiohs. Si ces prétentions se réali-
saient, on comprendrait sans peine que le
prince Gortchakofï renonçât à traiter im-
médiatement la question de la liberté des
passâmes. Acquérir d'un Seul coup une
position stratég-ique sur le Bosphore ou
les Dardanelles et une notte cuirassée
dans la mer Ivoire, cela ne vaudrait-il pas
autant qu'un protocole ou un article dé
traité?
v
~om'SÊ Ï)E &ÂM~
't~Ïmrp tel" te 2. taanM'e.~ttMe.'
S
Rompta.a.t.M~ M90.t0.
Finccut ~i0. 739S.1N.
XB/s~/et
Comptantl04.t04M.7..M.
s@/o
Comptanti0960.lf9G!).7.7.
Fin coar.t09 65 10360 .7. S.
PETITE BOURSE DU SOIR..
Em]pruntSO/0. 109fr.65,80.
3 0/0. ~3 ff. 87 1/2, 921/2.
Italien. 74fr.37,40.
Extër" espagnole.. 123/8.
5 0/0 turc. 8fr.85,80,8N.
Banque ottoma.ne.. 3ë6fr.25.
Egyptiennes 6 0/0.. 150 fr. 621/2.
Nous recevons de nos correspondans paj:i-
culiers les dépêches suivantes
« Vienne,lo2février,matin.
BLea faits n'ayant pas répondu à l'idée
qu'avait fait concevoir la réponse du cabinet
de Saint-Pétersbourg, à la Note du comte
Andrassy, on est d'avis, dans les sphères of-
ficielles,, que la marche des Rosses sur
Constantinople et l'occupatioa éventuelle de
cette ville ne pourraient: être envisagées avec
.indifférence par 'l'Europe et par l'Aut:-ichè,
maintenant qu'" l'acceptation des conduions
russes par la. Turquie enlève toute raison
stratégique à ces opérations.
«Vienne, le 2 février, soir.
s Essad Pacha et Musurus Pacin, ambas-
sadeurs ottomans a Vienne et à Londres, ont
reçu de Constantinople une dépêche iden-
tique annonçant que les préliminaires de
paix et l'armistice ont été signés hier &
Andrinople.
Les dernières nouvelles d'Athènes por-
tent que l'armée grecque a reçu hier l'ordre
de franchir la frontière turque. La Crète a
proclamé son indépendance. Vu la. situation
générale, on n'attache pas à ces derniers évô-
nemens.une gcande importance. Une inter-
vention de l'Angleterre dans les an'aires grec-
ques est probable. u
.s J'apprends de diverses sources autori-
sées que. le caractère de la réception da no-
tre nouvel ambassadeur peut être considère!
comme témoignant de l'existence dos meil-
leurs rapports entre les gouvtrnemens des
deux pays, et comme très flatteurs pour là
personne de M. le comte de Saint-Vallipr.
& Vous pourrez vous convaincre, par le tex.to
mûme de son discours, que celui qui parlai);
cette fois n'était pas le représentant d'un gou-
vernement ambigu qui ne veut dire ni ce
qu'il est, ni d'où il vient, ni où il va.. Fidèle
à sa haute mission. M. de S~int-Vallier a porte
la parole au nom d'une nation qui vient d'af-
Srmer récemment encore, et do la façon la
plus éclatante, C!: qu'e'.Io veut être et pour
elle-même et pour autrui, c'est-à-dire une
république libérale, conservatrice et paci-
nque au dedans comma au dehors. Notre
pays se félicitera donc d'apprendre qu'en
cette occasion ses vrais~eatimens ont été in-
terprétés d'une façon digne de lui.
D Quant à l'Allemagne, on peut croire
qu'elle ne reconnaîtra, pas av''c moins do sa-
tisfaction ses propres scntuufns dans les
bonnes et sages paroles par lesquelles son
souverain a répondu à l'ambassadeur de
France, a
TéMgrapMe ppivée.
(Service télégraphique de l'agence H&vas.)
Constantinopïe. le i" février.
Le protocole des bases préliminaires de paix et
de l'armistice a été signé a Andrinople.
Londres, le 2 février.
Le J~M'KtM~ Post annonce que jusqu'à la der-
nière heure, nier soir, aucune nouvelle positive
n'était parvenue au Foreign-Office sur la signa-
ture des préliminaires de paix et de l'armistice.
On y entretenait cependant l'espoir sérieux que
cette signature aurait lieu aujourd'hui.
Le ~a;a'&M'<~ dit que 900 des principaux mar-
chands de la Cité ont signé un Mémoire expri-
mant. leur confiance dans le gouvernement. Ce
Mémoire a été présenté hier à sir Stafford North-
cote.
Londres, !e 2 février.
On télégraphie de Vienne au ~s~
« II.est déjà. décidé en principe qu'après là si-
gnature de l'armistice, une Conférence se réunira
S Vienne. Le prince Gortchakoff a notifié a
l'ambassadeur autrichien l'assentiment de la
Russie. )) '1
Une dépêche de Constantinop~o, adressée au
Z)
Diaprés le même télégramme, la Porte a envoyé,
le 3) janvier, deux nouveaux plénipotentiair.s,
porteurs d'instructions confirmant les instruc-
tions données aux deux premiers d'accepter les
conditions des Russes.
Le bruit courait à Constantinople que les Turcs
auraient remporté une victoire à Batoum.
Athènes, le février, soir.
Le gouvernement, ému dos souS'rances des pro-
vinces grecques de la Turquie, a donné l'ordre à.
12,000 hommes de franchir demain la Crontiére
è 1 il," 'la, 1 étla. 1
et d'occuper'la Thessalle. i'Êbirëet ta. ~f&cë~oiné,
afin de maintenir l'ordre public et de prévenir le
massacre~deschrétiens.
La. Chambre a vote des réquisitions de guerre.
Uu emprunt de 10 millions a été couvert par la
Banque nationale.
Londres, le 2 février.
On télégraphie d'Athènes, le t" février, au
J~MM
« Le ministre des affaires étrangères adressera
demain un .télégramme aux puissances pour jus-
tifier l'occupation de la Thessa.lie, de l'Epire et de
la Macédoine, où a commencé une insurrection
dont les conséquences peuvent être prévues d'a-
près les atrocités déjà commises par les troupes
irréguliéres turques, même sans provocation.
» La Grèce no peut pas permettre de telles atro-
cités elle a donc résolu d'occuper ces provinces
jusqu'à ce qu'elles soient placées dans une situa-
tion compatible avec la tranquillité et les droits
de la race grecque. »
Cologne, le 2 février.
La 6~~ Co~o~e a reçu les deux dépêches
suivantes:
d'armée autrichien qui est concentré a Vërschetz.
Londres, le 2 février. Le cabinet maintien-
dra prmminatres de hi~ix seraient signés'. o
Pesth,Ie2fëvricr.
Les .journaux hongrois se prononcent .avec une
vivacité croissante en faveur d'une politique plus
vigoureuse vis-à-vis do !a Russie.
On croit ici que la marche des Pusses est !o
fait de l'influence prédominante du parti militaire
en Russie beaucoup plus que )e résultat des or-
dres de Saint-Pétersbourg, et l'on s'attend a ap-
prendre, d'un jour à l'autre, ta nouvelle de l'arri-
vée du grand-duc Nicolas à Constàntinople.
Toutes les informations de Vienne sont d'ac-
cord pour déclarer que l'Autriche-Hongrie n'ac-
ceptera pas l'occupation, même temporaire, de
Constantmople.
L'armée grecque ne compte pas plus do
20,000 hommes de troupes régutiéres. Les Turcs
peuvent leur opposer un nombre a peu près égal
dans les provinces menacées.
Bucharest, le 1" février, soir.
Le général Ignatieff a eu aujourd'hui une au-
dience du prince et une entrevue avec M. Bra-
tiano.
D'après l'impression générale, le langage du
général Ignatieff est rassurant. pour la ~Rouma-
nie. et de nature a faire concevoir de bonnes es-
pérances relativement au résultat final des né-
gociations.
On croit que la conclusion de la paix n'est nul-
lement désespérée, et que la Russie et rAns~e-
terre sont disposées a Sure des concessions réci-
proques. Bucharest, le t" février, soir.
Le prince Ghika a annoncé au Sénat qu'il in-
terpeljerait le gouvernement relativement à. ~a
phrase «Indépendance de la Roumanie avec in-
demnité territoriale suffisantes, phrase prononcée
d&ns la Chambre des Communes et citée comme
une des conditions de la Russie.
Le prince voudrait savoir si la Roumanie,
comme belligérante, a été admise a formuler des
conditions de paix, et s'il est certain que ces con-
ditions ne porteront pas atteinte a son intégrité
territoriale.
Cette interpellation sera discutée lundi.
Une interpellation analogue sera faite a la
Chambre.
Vienne, le 2 février;
Une Note circulaire du gouvernement roumain,
adressée aux puissances, revendique pour la
Roumanie Je droit, comme puissance beliigé-
rante, de prendre part a une Conférence ou à
tout autre mode de règlement définitif de paix.
Constàntinople, le t" février.
Une attaque des Russes contre les positions
avancées de Bato'um a été vigoureusement re-
poussée le 19 janvier. Une colonne russe, prise
en écharpe par les batteries turques, au passage
de la rivière Kintrichi, a subi des pertes évaluées
à 2 ou 3,000 hommes. Les troupes ottomanes
se sont emparées de toutes les positions enne-
mies.
Londres, le 2 février.
On télégraphie de Rome au ~
près du SMnt-Siége. n'ayant pas obtenu une ré-
ponse satisfaisante relativement au droit de veto
dans le conclave .réclamé par le Portugal, les re-
lations entre le Vatican et la cour de Lisbonne
se sont quelque peu refroidies.
Berlin, le 2 février.
La C~~ ~e. ~~<*w
férens journaux au sujet de la réunion du grand
état-ma.;or allemand à Cassel. Il ne s'agissait là
que d'une conférence qui se réunit tous les ans
pour fixer l'ensemble des mesures relatives au
transport des troupes en cas de mobilisation. Le
comte de Moltke n'a. pas plus assisté a cette con-
férence qu'à celles des années précédentes.
On télégraphie de Vienne, le')" février, a I&
G'a~MeS~C'o~Me? r
<: Le prince'GortchakofT a fait déciarer ici et a.
Londres qu'il ne savait pas lui même ce qui
s'était passé ces jours derniers au quartier géné-
ral de Kesanl.yk. Le conte Andrassy s'est mon-
tré jusqu'à présent très réservé vis-a-vis du ca-
binet anglais, parce que la Russie s'est tenue
rigoureusement aux arrangemens de l'alliance
des trois empereurs. Il est maintenant forcé de
déclarer que le point de vue anglais est tout à
fait exact, vu que l'attitude de la Russie inspire
les plus grandes inquiétudes. La Turquie s'est
comp)étement soumise, mais la. Russie continue
malgré cela ses opérations militaires.
& On ne croit plus à la sine ''rite de la Russie, et
la dépêche du prince GortchakoS, en date d'hier,
n'a pas fait renaître la conuance. Le comte An-
drassy a déclaré très clairement à M. de Novikoff
qui fui remettait la dépêche du prince Gortcha-
koff, que la Russie se trompait en croyant pou-
voir tromper l'Autriche et )a faire patienter jus-
qu'à ce qu'on -ne pût plus rien changer aux faits
accomplis.
I! faut décidément déconseiller aux
Chambres les séances de nuit. La nuit ne
porte pas conseil aux Assemblées parle-
mentaires. 'Sauf dans quelques cas très
rares et lorsqu'un intérêt.-très pressant
l'exige, le mieux est, vers six heures,
de remettre les anairës au lendemain.
Des expériences redoublées ont mon-
tré que là température morale d'une
Chambre s'échauffe singulièrement entre
huit et neuf heures. Nous parlons pour la
France et en vue de nos habitudes, car on
sait que les séances de nuit sont en Angle-
terre le fait ordinaire. Mais les Anglais ont
les nerfs plus rassis que nous ils s'exal-
tent plus lentement ils écoutent très
longtemps un orateur désagréable et sa--
vent contenir leurs émotions. En France,
il eh est autrement, et on l'a bien vu hier
soir à Versailles. Le feu a pris à l'Assem-
blée à propos de rien et il a fait rage
pendant plusieurs heures. A minuit, la
Chambre était encore debout, enflam-
mée, écumante. Et d'où venait ce grand
tapage? Un rapporteur, M. Wilson, avait
dit trop nettement que, s'il proposait l'in-
valtdation d'un député, c'est qu'il comg-
tai't sur le succès &e Son. 'cdhcd~nt. Ad-
mettons, à} l'on Veut, qu'il y avait quel-
que chose d'un peu yif et de bl'essant dans
le langage de M. Wilson; là forme était
irritante au fond, le rapporteur avait
raison et il exprimait une pensée fort
simple. De denx choses l'une, en effet
ou là pression administrative a vicié l'é-
lection, ou elle ne l'a pas viciée dans le
second cas il ne laut pas invalider, mais
dans le premier, si on invalide, c'est
évidemment dans la présomption que
Félu ne représente pas l'opinion vraie dés
électeurs et que la majorité se .portera
sur son rival. M. Wilson n'a pas dit autre
chose, et ce rien a suf6 pour provoquer
une tempête furieuse. La droite a crié à
là persécution, à la proscription C'en
est fait rien n'est sacré pour la gauche
Voila la Convention! voilà Robespierre!
voilà Màrat
Les Assemblées sont sujettes à ces mp-
mens de délire dont elles se repentent
ordinairement ensuite. Nous_ne sommes
pas sûra~ pourtant que la droite ait obéi
hier à une émotion parfaitement spon-
tanée il y à du calcul dans cés empor-
temehs qui simulent bien où mal les
éclats d'une passion irrésistible. Lé
mot d'ordre de là droite est dé dé-
considérer le gouvernement parlemen-
taire en général et la Chambre ac-
tuelle en particulier. La Chambre jus-
qu'ici a montré une modération et une
sagesse auxquelles tous les esprits impar-
tiaux rendent hommage. Il est donc in-
utile, il est dangereux de discuter et dé
raisonner auprès d'elle; il Ïàùt faire du
bruit, il faut se plaindre, gémir, crier,
hurler même. Ne pouvant, pas convaincre
l'opinion, il faut l'agiter. jQue peut-on re-
procher à la Chambre ? Rien de sérieux 'y
mais on peut donner au pays le spectacle
d'une douleurdébordante, d'une inquiétude I?
mêlée de tristesse.d'une terreur anblée. Les
peureux, et ils sont Bombren~ ne man-
queront pas d'e trembler à 'l'unisson, car
la peur est contagieuse comme la peste.
Bientôt il sera convenu que lès Assem-
blées délibérantes sont des fermons d'a-
gitations stériles et désordonnées, et qu'il
est imprudent de se reposer et de s'endor-
mir sous le ciel orageux de là république.
Tel est lé jeu des partis réactionnaires
telles sont leurs dernières ressources.
Seulement, cette tactique réussit plus ou
moins selon les jours, et Tiier elle n'a pas
réussi du tout. La droite a eu le tort de
se promener en procession derrière
M. Rouher,. de sortir et de rentrer docile-
ment avec lui, comme une escouade
manœuvre avec son caporal et M. Rou-
her, après avoir fait l'épreuve de son
influence, de sa puissance, est monté
à la tribune, à appelé M. Gambettà « le
chef de la majorités, et s'est mis à atta-
quer la Chambre, la Constitution et la
république. L'orateur était mal choisi.
La droite aurait dû prendre un avocat
légitimiste, car les souvenirs de la Res-
tauration et de '1830 sont loin de
nous ¡ mais', en vérité, un bonapar-
tiste est encore aujourd'hui très dé-
placé dans le rôle d'accusateur. Si la
droite tenait à un orateur bonapartiste,
n'a-t-elle pas M. Paul 'de Càssagaac,
S. Robert.,Mitchén, M. Cunéo d'Ornano,
ou tel autre moins compromis que M. Rou-
her dans les désastres au milieu des- 7
quels l'Empire a disparu et laFrance elle
même a failli sombrera M. Rpuher, par'sa
seule présence à la tribune, réveillait trop
de souvenirs à la fois. M. Gambetta les a
agités comme autant d'épouvantails de-
vant la Chambre émue jusqu'au pa-
roxysme, et chaque coup dirigé contre
l'Empire tombait sur la poitrine de l'homme
qui en a. été la plus exacte représen-
tation.
Au milieu de ces accusations redouta-
bles, où le Mexique et Sedan étaient sans
cesse invoqués, nous avons retenu Tin
mot de M. Gambettà qui mérite d'être
relevé parce qu'il est profondément vrai.
M. Rouher, pour montrer la nécessité de
l'apaisement et de la concorde, a fait al-
lusion à l'état de l'Europe. È'iln'y.a
plus d'Europe, s'est écrié M. Gambettà,
c'est la faute de l'Empire. –L'Empire, en
enet, a été, par sa politique extérieure,
l'agent de dissolution le plus actif de la
vieille Europe. L'esprit chimérique de
l'empereur, les fatalités de son origine, les
indécisions et les caprices 'de son carac-
tère,' ses victoires et ses défaites ont fait
autant que l'ambition de son oncle pour
changer l'état du monde et ~e livrer
à la plus déplorable instabilité. On a
vu d'abord Napoléon III s'allier à l'An-
gleterre contre la Russie; puis cour-
tiser la Russie et chercher du côté
dé l'Orient les bases d'une politique
qui a inquiété l'Angleterre puis mé-
contenter la Russie au sujet des auai-
res de Pologne puis entreprendre la libé-
ration de l'Italie sans en prévoir et sans
en vouloir toutes les conséquences; puis
favoriser le développement de l'Allema-
gne contrel'Autriche sans en redouter les
résultats. Lorsque Sadowa a ouvert ses
yeux sur le danger, il était bien tard pour
le conjurer. Que fallait-il faire ? Se rési-
gner aux faits accomplis et s'en accom-
moder sincèrement? Un autre gouver-
nement l'aurait pu, mais non pas l'Em-
pire qui ne vivait que de prestige et
d'éclat, et qui avait besoin d'éblouir le
monde pour s'en faire accepter. Puisque
avec l'Empire la guerre était inévitable,
il fallait s'y préparer on sait comme
nous nous sommes trouvés prêts en 1870.
Ainsi l'Empire, après avoir essayé de tou-
tes les alliances, n'a été 6dele à aucune
âpres avoir tout entrepris, tout com-
mencé, il n'a su rien terminer; l'Italie s'est
terminée sans lui, l'Allemagne contre lui,
et la Russie est aujourd'hui sur le point
d'effacer de la carte de l'Europe toutes les
conséquences de la guerre de Crimée.
Voilà ce qu'a fait la politique extérieure
de l'Empire, et nous ne parlons que de
sa politique européenne. Et M. Rouher,
quel a été son rôle en tout cela? Il a
appelé M. Gambettà « un enfant du bar-
reau qu'à-t-il été autre chose que
l'avocat qùand méme de tôûtés les ëom-.
l'avocat quand même e de toutes les com-
binaisons qui se succédaient dans l'es-
prit de l'empereur.de toutes les solu-
tions que les évéhemens amenaient?
N'a-t-il pas compris le grand drame qui
se jouait ? S'il l'a compris, pourquoi a-t-
it us% tous les enorts 'de son éloquence
à tromper la France sur la triste vérité ? q
Le jour de là déclaration de guerre,
M. Rouher a prononcé un discours fol-
lement belliqueux dont M. Gambettà a
donné lecture. L'épée était tirée, dit-
il il fallait faire montre même de
ta confiance qu'on n'avait pas. –Soit!
mais alors comment M. ~Rouher a-t-il ose 1
reprocher à M. Jules Favre la fameuse
phrase Pas une pierre de nos forteresses,
pas un j)oùce de nôtre territoire ? Enfant
du barreau lui-même, il n'a jamais
été qu'un avocat parlementaire. Ha-
bile homme d'aHaires, il n'a jamais rien
entendu & la grande politique et à la diplo-
matie. Doué de grandes fàcultés, mais de
facultés spéciales, son intelligence pré-
sente le~ plus fâcheuses lacunes, et, par
malheur, il a parlé de tout et sur tout
avec une audace et une assurance que
rien d'ailteurs, on l'a vu hier encore, n'a
pu diminuer~
Eh bien! toutes les fois que la discus-
sion portera sur les points où elle est
tombée hier, l'Empire et M. Rouher en
sortiront très amoindris. L'histoire est
faite, comme l'a encore dit M. Gam-
bettà. Non .seulement elle a été sanction-
née par des votes parlementaires et par
de nombreux scrutins ëlectoraux, mais
elle a été écrite par des plumes iroides et
impartiales. I! y a des fautes qui ne s'ex-
cusent pas, des faiblesses qui ne se par-
donnent pas; il y a des révolutions lé-
gitimes et des chutes déSnitives. Au-
cune voix, si hardie qu'elle puisse être,
ne prévaut contre la conscience de la
France .et de l'Europe dont 'N. Gambettà
a été hier l'interprète fougueux, pas-
sionné mais véridique; et l'Empire ne ré-
pondrajamais utilement etferamieux de se
taire lorsqu'on lui jettera l'apostrophe du
général Bonaparte au Directoire Qu'avez-
vous fait de celte France que je vous
avais laissée si brillante? On peut y
ajouter avec M. Gambettà Qu'àvez-vous
fait de l'Europe et de son équilibre où la
France jouait un si grand rôle, alors
qu'aujourd'hui elte est réduite à se re-
cueillir dans l'inaction et peut-être dans
l'impuissance? La séance d'hier soir a été
une. mise en accusation improvisée de
l'Empire, et, quand l'Empire est en accu-
sation, M. Rouher a tort de se mettre sur
la sellette. Cela dit, il faut regretter
cette séance. Il y a des souvenirs qu'il
n'est pas bon de remuer le sifence sur
certaines choses est la condition de
l'apaisement que nous rêvons, que
nous poursuivons. Mais~ si la droite
le veut comme nous, pourquoi a-t-elle
pris pour chef et pour orateur M. Rouher,
et pourquoi a-t-elle fait une émeute parle'.
Tnentairo sur un mot échappa à un rap-
porteur après une journée de fatigue, et
dans l'agitation inséparable d'une séance
de nuit?
FRANCIS CHARMES.
On nous éërit de Versailles (Chambre
des Députes):
"2 février, minuit.'
a Nous sortons tout enfiévrés de cette
séance de nuit. Quel tumulte, quelle bataille
quel déchaînement de passions, et comme on
sent bien la profondeur de la blessure que le
16 mai a faite au cœurde la France f Les per-
turbateurs ont 6t6 renversés du haut de îfur
pouvoir éphémère ils ne sont plus là pour
animer les partis aux fureurs et aux folies
-de la lutte qu'ils avaient décrétée, mais la
ueche est restée dans la plaie, ~e~
MAa~, et, avant que nous soyons rendus
au calme qu'ils ont si crué)Iément troublé
plus d'un tressaillement viendra nous ra?~
pe)er de quelle main nous avons ~té bb-asés
et avec quelle sûre té a été lancé le trait du
Parthe.
Les vaincus diront encore que le calme
ne se rétablit pas parce que la majorité vic-
torieuse est oppressive et que les invalida-
tions sont des aetes de vengeance; mais l'im-
partialité du pays jugera sans doute qu'il est
des étections où le droit a été violé trop bar-
diment pour que le sunrage universel ne soit
pas remis en position de se prononcer libre-
ment sur leur valeur. Telles sont visiblement
celles des Côtes-du-Nord, dont la discussion
devait faire éclater de si 'véhéinens orages.
s Dans la séance de jour, terminée à près de
sept'heures, la droite avait laissé, sans trop
montrer sa colère, prononcer successivement
l'ih<'alidation de M. Leclère à Avranches et
de M. Paul de Champagny Dinan; elle se
réservait pour la discussion de l'élection de
M. VfiUxt a Loudéac, et M. Rouber, très
assidu à ces débats, s'était ténu toute la jour-
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