Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1878-01-17
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 200316 Nombre total de vues : 200316
Description : 17 janvier 1878 17 janvier 1878
Description : 1878/01/17. 1878/01/17.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k460325r
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ÉDITION DE PARIS,
JEUDI 17 JANVIER ~1
1878,
ON S'ABONDE
rae des Prêtres-Samt-Gerinain-l'Auïerrêis, n.
PftlX DE I/ABtaÛmBlBEOT
Un an. Six mois. Trois mois.
Bépajtemens. €0 fr. 40 fr. 20 fr.
faris 72 fr. 36 fr. 18 fr.
Léaî abonnemens partent des t" et i6 de
chaque mois.
J1HI 17 JANVIER
1878. ̃
~OURN~L DES DEBATS
ON -S'ABONNE
en Belgique, en Italin,
dans le Luxembourg, en Turquie,
en Suisse", en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon
au moyen d'une valeur payable à Paris ou a»
mandats-poste, soit internationaux, soit françau
en Allemagne, en Autriche,- en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
p»r l'envoi d'une valeur payante a Pari».
I*arl», du nnsaévo. $0 eeet.
Bépartème^s, no numéro. "%& cent.
• ̃ ̃ • •. ••. ̃ ̃̃ ̃ • jr ̃
lu JLondon, apply to Cowïe and C», foreiea
ne-wspapers office, 17, Gresham street, G. P. 0 •
mm. OciizT, Uavie* et G«, t, Finch lane GoruWll,
E. C. London; 9E9S. W.-II. SinUtt et »**a!
186, Strand, W. C, London.
À. Bruxelles, a VOffla de publicité, 48, rue de la
Madeleine, dans les tiosques et dans les fci-
Wiothèques des gares de chemins de fer belges
A. Yalparaiso (ChiliJ, chez M. Orestes L. Tornero.
Les annonces sont reçues
Chez I28S. Pauehey, JL.ait$te et C',
8, place de la Bourse,
et au bureau du JOBRNAÎm
oiîesdoiTenttoujours ëtreagréSes par la rédaeùoa.,
PARIS
MERCREDI 10 JANVIER
x Le Journal officiel publie ce matin la
suite, du mouvement administratif. Un
certain nombre de sous-préfets n'ont pas
accepté les postes pour lesquels ils avaient
été désignés les uns ont demandé leur
mise en disponibilité; d'autres ont donné
leur démission, et il a fallu les remplacer.
Vient ensuite le mouvement parmi les
conseillers de préfecture"; il est relative-
ment pen considérable, et se compose
d'un plus grand nombre de déplâcemens
que de révocations. Les conseillers de
préfecture, grâce à là nature de leurs at-
tributions spéciales, ont été moins com-
promis dans les derniers événemens que
` les préfets et les sous-préfets.
La Chambre des Députés continue .sans
relâche la; vérification des pouvoirs de ses
membres, tuais non pas peut-être avec
toute la rapidité qui serait désirable. Les
discussions se suivent sans intermittence,
mais elle? traînent en longueur, et nous
sommes surpris d'y voir intervenir parfois
des orateurs qui pour l'amour de l'art, vien-
nent déclarer dans un discours étudié qu'ils
sontdel'avis durappprteur, ou qu'ilsnes'en
écartent que sur des points accessoires.
Ne vaudrait-il pas mieux voter sans phra-
ses les conclusions du rapport, et passer
immédiatement à une élection nouvelle ? `?
Nous comprenons qu'un député dont l'élec-
i ion est con testée éprouve le besoin de se dé-
fendre, etmême longuement; onpeut regret-
ter le fait, il faut néanmoins le subir. Mais
pourquoi ne pas s'en tenir là? Lorsque le
rapporteur a parlé, et que le député en
panse a répondu, J'affaire est entendue, le
pour et le contre ont été plaides, et il ne
reste plus qu'à voter. La Chambre a
paru le comprendre, et la courte séance
d'hier a été mieux remplie que les pré-
cédentes seulement, elle a été bien
courte, et le total des élections véri-
fiées est des plus mesquins, ïl est vrai
qu'on a réservé pour la fin -les élections
qui sont sujettes aux 'contestations, les
plus graves; la plupart de ces, élections
sont pourtant validées, et il est probable
que la sévérité de la Chambre ne s'exer-
cera que- sur les dernières les plus
évidemment faussées par des abus de'
tout genre, celles surtout sur lesquelles se
porteront les recherches de la commission
d'enquête. On ne saurait trop approuver
et encourager la modération de la Chani-
bre. Sans doute il faut casser les élec-
tions dont le succès est dû à la fraude, à
l'intimidation, à la corruption, mais seu-
lement lorsqu'il ne saurait y avoir aucun
doute sur l'efficacité qu'a eue dans l'espèce
l'emploi de ces moyens immoraux, et lors-
que la différence des voix entré l'élu et
son concurrent fait croire qu'à une
épreuve nouvelle ,1a proportion serait ren-
versée. Sinon, .pourquoi agiter une se-
conde fois le pays? La bataille électorale
a laissé partout dès ferméris qui entre-
tiennent les plus regrettables passions.
Si renouveler la lutte dans certains ar-
rondissemens ^est un mal nécessaire, ce
n'en est pas moifis tin mal, et la Chanibre
doit "s'appliquer à le rendre aussi' rare
qu'il est possible. Il faut,' en fait
d'invalidations, se borner à l'indispen-
sable. "L'apaisement que nous pour-
suivons; et qui n*ëst pas encore obtenu",
est à ce prix. Quoi! la lutte recommen-
cera dans tel arrondissement, dans tel
aUtre! Dans combien ? Le moins sera eer-
tainemeûl le itiieùx: Mais puisque là lutte
doit recommencer sur quelques points,
puisque la justice et J a morale publique
l'exigent impérieusement, il faut faire
vite, et nous dirons cette fois que le plus
tôt sera lé mieux- Comment voulez-vous
que les passions se calment, que les es-
F»!» W JOURNAL DES DEBATS
dxi 17 janvibr 1878
itEVUE 3tt:USICAJLE
de l'anuée 1877.
I_ES THÉÂTRES LYRIQUES
"La' question- du Théâtre-Lyrique est
résolue; le Théâtre-Lyrique a cessé d'ê-
tre malade il est "mort! Voilà, pour les
musiciens, l'événement le plus important
de l'année le plus important et le ptus
déplorable; un événement que, malgré
tout le bon vouloir du ministre, il a été
impossible de prévenir. Ceux qu'il atteint
ie plus directement ont tout fait pour
l'pm pêcher "d'abord, et ensuite priur eh at-
ténuer la portée. Si bien qu'au lieu d'être
une catastrophe financière, la chute du.
Th;éâtre-Lyrique: n'aboutit qu'à un chan-
gement d'enseigne, à la reprise d'Un genre
dont le succès est certain. Hier, M. Vîzen-
titti avait des créanciers; aujourd'hui, il a
dos commanditaires.
L'opérette et la féerie, chassées du
théâtre de la Gaîté par la volonté intelli-
gente d'un directeur qui s'est trompé ou
qui a trop présume de ses forces, vont y
rentrer solennellement. Triste retour des
choses d'ici-bas Nous entendons déjà des
f-ons grimaçans et mirlitonesques c'est
le prélude, ce sont les premiers accords
prits reviennent à leur assiette ordinaire
dans un arrondissement où les partis liier
en présence sout menacés de s'y retrou-
ver demain ? Dans ces arrondissemens, la
période électorale dure toujours, avec
l'effervescence qu'elle entraîne. L'élu qui
craint d'être invalidé continue sa cam-
pagne contre un rival qui a recom-
mencé la sienne. Ne voit-on pas à quel
point cet état de choses est contraire à
l'intérêt général, qui est la paix par la
confiance des uns et par la résignation
des autres? C'est pour ce motif surtout
que nous conseillons à la Chambre d'a-
bréger ses discussions et de multiplier
ses décisions. Elle y gagnera, d'ailleurs,
elle aussi elle pourra, définitivement
et complètement constituée, entrepren-
dre les grands travaux qui restent en
"suspens. Elle attirera les yeux et re-
tiendra l'attention du pays, non pas pour
savoir si la;, grande bataille va recom-
mencer ici ou là, mais pour savoir si
telle loi impatiemment attendue sera vo-
lée. La Chambre gagnera beaucoup1 eu
considération et en;autorité si elle entre-
prend sans retard et si elle accomplit
grandement la tache qui lui incombe.
C'est donc pour elle aussi bien que pour
le pays que nous souhaitons de voir bien-
tôt la fin des validations et des invalida-
tions, c'est-à-dire le commencement des
véritables affaires.
Ce qu'on ne saurait pourtant, trop ap-
prouver, c'est la résolution que la Chambre
a prise hier de n'avoir pas de séance demain
jeudi, jour des funérailles du roi Victor-
Emmanuel. Il est très convenable que les
grands pouvoirs organisés expriment par
leur attitude la part que prend la France au
deuil de l'Italie- Le roi Victor-Emmanuel
était populaire chez nous, et le sentiment
public ne se trompait pas sur son compte
il aimait la France, et il comprenait fort
bien que l'intérêt des deux nations était
de rester unies. Son fils, le roi Humbert,
hérite de ces sentiméns; maisja perte de
Victor-Emmanuel ne nous est pas moins
sensible parce que c'était, en lui, dans sa
figure sympathique et originale, que nous
nous étions habitués depuis longtemps à
voir le vivant symbole de l'amitié des
deux nations. Un service funèbre aura
lieu demain à l'église de là Madeleine les
Italiens qui l'ont organisé ont fait savoir
au président de la Chambre que des pla-
ces seront réservées aux députés; il y en
aura sans doute aussi pour les sénateurs.
M. Grévy a annoncé que le Imrëau de
la Chambre se rendrait à cette cérémonie.
C'est Un devoir pour les députés et pour
les sénateurs, puisqu'ils représentent le
sentiment national, de s'y rendre tous: Il
n'y a ici aucune différence de partis; nous
sommes unis dans une pensée commune.
La république française' ne s'est-elle pas
fait représenter à Rome par M. le maré-
chal Canrobert, qui n'est pas précisément
républicain, mais qui est un vaillant sol-
dat, l'Italie le sait? Toutes les nuances
d'opinion qui nous divisent s'effacent donc
dans cette circonstance et nous voulons
croire que les clérica,ux eux-mêmes se sou-
viendront que le roi Victor-Emmanuel est
mort en bon chrétien, après avoir vécu
en bon ami de la France.
BOURSE ,DE JMgftIf •
Clôture le 15 le 16 &ï*us»e. italaao
9 O/O .̃̃̃̃̃'
Comptant- 13 25 ->3 30 s .<
Fin cour, ri 37 1,2 73 27 1,2 10
il t/# >» -<
Comptant 103 9J 103 55 35
S »,'Q
Comptant! 09 12 1 2 109 1S 2 1/2
fiii CÔixr. 109 15 109 17 1 2 212
_·
de la lyre d'Orphée. M. le préfet de la
Seine doit être content. Adieu les beaux
projets et les belles paroles tout est fini,
tout est mort Heureusement, on nous dit
que tout Va renaître. Ce sera une résur-
rection qui demandera du temps et de la
peine une troupe à refaire, un répertoire
à reconstituer. Le meilleur est déjà parti.
Pauvre Théâtre-Lyrique nous l'avons
bien aimé, bien soutenu, bien défendu, et
maintenant, ce que nous avons de mieux
à faire, c'est de n'en plus parler.
L'écroulement de celui qui disparaît
servira-t-il au moins de leçon à celui qui
va venir? Et d'abord, celui-là, où le lo-
gera-t-on ? Des pourparlers qui commen-
cent à prendre une tournure sérieuse sont
engagés avec le directeur de la salle Ven-
tàdour. La réouverture se ferait au mois
de mars. Plus de cavatines italiennes, ou
du moins jusqu'à nouvel ordre. Plus tard
on verrait s'il y a lieu de faire une petite
place au répertoire italien à côté ou à la
suite du répertoire français. Une autre
combinaison à la tête de laquelle se trou-
verait placé un chef d'orchestre qui a
donné, comme chef d'orchestre, de très
grandes preuves d'habileté, ressusciterait
l'ancien Théâtre-Lyrique, celui qui, ainsi
que je le disais dernièrement, est situé
au bord du fleuve-. Aura-t-il des chances
de vivre là où jadis il n'a pu prospérer,
si loin et si en dehors du centre musical?
Je ne le pense pas. Et je doute, dans tous
les cas, que l'étendue des sacrifices qu'on
consentira à lui faire soit à la hauteur de
ses besoins.
-w~
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0" 109 fr. 20, 22 t/2, 1 1/2.
3 0/0, 73 fr.30, 32 t/2.
510,`0 turc. tU fr., 9 fr.85,
Egyptiennes 6 0/0:, 959 fr. 37 1/2, !60 fr:
Florins (or). 64 1/2.
Russe. 8t 7J16, 1J3,
Italien. 72 fr. 55, 45.
Hongrois 6 0(0 78 fr;, 78 lJS.
Notre correspondant deÇonstantiiople nous
adressa le télégramme suivant
'i Péra, le 18 janvier.
» Los délégués Server et Naiuyk sont par-
tis cette après-midi. Il leur faut au moins
trois jours pour arriver à Kesanlyk.
» Les ambassadeurs européens* se sont ren-
dus à la Porte dans la journée. Le conseil des
ministres avait prolongé sa séance durant
toute la nuit dernière. »
Nous recevons de notre correspondant de
Londres la dépôclio suivante
'« Londres, le 10 janvier.
» Aujourd'hui un meeting' a été tenu à
Willia rooms, sous la présidence do M. Preq-
inan. L'objet de la réunion était une agitation
on' faveur de l'ouverture des dôtroits.^Séance
bruyante, désordonnée, ot sans importance
politique. »
Télégraphie privée.
(Service télégraphique de l'agence Ha vas.)
Vienne, le 16 janvier.
On annonça que la Russie, avant de commu-
niquer les conditions de paix aux délégués otto-
mans, exigera qu'ils soieat investis de pleins
pouvoirs. Kilo nadmettra pas qu'ils puissent en
référer à Constantinople.
Londres, le 16 janvier.
On mande de Constantinople au Times
« L'Autriche et l'Angleterre auraient informé la
Porte et la Russie qu'elles ne reconnaitraient au-
cun arrangement qui violerait le traité de Paris
et qui serait fait sans la participation des puis-
sances garantes.
» On croit que la Porte a reçu hier une dépêche
du gouvernement anglais, disant que l'Angleterre
voudrait voir la Porte traiter directement avec la
Russie, aiin que cette dernière accordât les meil-
leures conditions possibles. L'Angleterre veille-
rait sur ses "propres intérêts. »
̃ Constantinople, le 16 janvier.
Les plénipotentiaires turcs sont arrivés aujour-
d'hui à Andrinople. Ils se rendront par le che-
min de fer jusqu'à Karabounar, et eiisuile, en
.voiture, à Kesanlyk, où ils arriveront samedi ou
dimanche.
Le bruit court que l'ambassadeur d'Angleterre
aurait demandé à la Porte l'autorisation de lais-
ser entrer la floLle anglaise dans les Dardanelles
ayant que les Russes occupent Gallipoli.
Constantinople, le 16 janvier.
Un stationnaire anglais est allé à Bourgas afin
de se meure à la disposition des agens consu-
laires.
Plusieurs vapeurs se sont également rendus a
Bourgas pour transporter la population.
Le Tbruft court que l'Autriche s'opposerait à une
paix séparée.
Londres, le 17 janvier.
Une lettre du secrétaire de lord Salisbury,
datée de samedi et répondant à une Adresse de
l'Association libérale de Worcester en faveur de
la paix, dit
« Lord Salisbury m'a prié de vous faire savoir
qu'il n'y avait aucune raison de craindre que le
gouvernement anglais ne s'écarte dè'la goütiqûe
éflnie au mois de mai dernier, et à laquelle lord
Salisbury a toujours adhéré. »
Nous apprenons que le Sultan Abdul-ITa-
mid se serait adressé directement an czar
pour le prier de faciliter la prompte signa-
ture de l'armistice. 11
Le Président de la république vient, de re-
cevoir la réponse de S. M. l'empereur d'Alie-
raagae, roi de Prusse, aux lettres qui ont mis;
fin à 'la mission que M.- le vicomte de Gon-
taut-Biron remplissait à Berlin en qualité
d'ambassadeur de France.
L'ambassade royale d'Italie nous prie de
publier la communication suivante ï
« S'empressant d'obéir à un ordre formel du
roi Humbert I0'1, l'ambassade royale remer-
cie, au nom de S. M., toutes les personnes
qui ont bien voulu lui apporter les témoi-
gnages de leurs regrets et de leurs sympa-
thies à l'occasion de la mort de S. M. le roi
Victor-Emmanuel. », 11
7RiW 9
II ne faut plus songer, même avec des
ressources exceptionnelles, à consacrer un
théâtre exclusivement aux jeunes composi-
teurs. Il faut seulement, et c'est déjà
beaucoup, sauvegarder autant que possi-
ble les intérêts de ceux-ci et donner à
leurs œuvres une place prépondérante.
Mais c'est le répertoire classique qui doit
être le fond, la base, le point d'appui d'un
théâtre lyrique sérieux. C'est au Théâtre^
Lyrique qu'on doit aller entendre les
chefs-d'œuvre qu'on n'entend plus à l'O-
péra, qu'on n'entend plus qu'exception-
nellement et par petits fragmens ailleurs.
C'est au Théâtre-Lyrique que ceux qui
veulent se retremper dans les plus chers
souvenirs du passé, ceux qui veulent épu-
rer leur goût et s'instruire doivent retrou-
ver Gluck, Mozart, Beethoven, Weber,
Spontini et Berlioz. Ah on peut le nommer
maintenant, celui-là, à côté des grands
maîtres Rendez-nous les deux Iplvujè-
nies et Àrmide, Fidelio et Idoménée, Eu-
ryanlKe, Fernand Corlez et la Vestale.;
rendez-nous les Troyens aussi. Pourquoi
ne voulez-vous pas faire pour la musique
ce que vous faites pour l'art dramatique ?
N'est-ce pas une obligation qui incombe
au Théâtre-Français et à l'Odéon que
celle de jouer Molière et Regnard, Racine
et Corneille ? R
Ne vous souvient-il plus de cette bril-
lante époque où le Théâtre- Lyriqne,
pourvu d'une troupe incomparable, nous
donnait les Noces de Figaro et la Flûte en-
chantée, Don Juan et VEnUteitlent au sé-
fàil, Orphée et Fidelio, le Freysckiiïz et
On ne peut que louer le nouveau mi-
nistre de l'instruction publique de l'acti-
vité et en même temps de la prudeace avec
lesquelles il a entrepris la réforme de nos
lois d'enseignement. S'il y a beaucoup
à changer dans ces lois, il y a aussi
beaucoup à conserver, et le moment se-
rait assez mal choisi pour entreprendre
une transformation complète-, radicale
de notre organisation scolaire. M. Bar-
doux va au plus pressé. Il divise les pro-
blèmes pour les résoudre il porte le re-
mède là où le mal se fait principalement
sentir il marche de progrès spéciaux en
progrès spéciaux bien convaincu qu'il
obtiendra en fin de compte, par ce sage
et habile procédé des résultats géné-
raux aussi satisfaisans que possible.
C'est ainsi que,- sans proclamer le prin-
cipe de la gratuité absolue de l'ensei-
gnement primajre, il propose d'éten-
dre cette gratuité à toutes les com-
munes^ui voudront faire quelques "sacri-
fices pour l'établir. C'est encore ainsi
qu'il a présenté un projet sur la création
des maisons d'école, afin de remédier à
l'état déplorable de notre matériel sco-
laire, surtout dans le Midi de la
France. Enfin c'est ainsi qu'il prépare
une loi destinée à enlever la nomination,
des instituteurs aux préfets, et à placer
ces modestes mais très intéressans fonc-
tionnaires sous l'autorité de leurs chefs
légitimes.
Toutes les personnes un peu au cou-
rant des questions d'instruction savent
quel triste usage les préfets ont fait
sous l'Empire et sous le gouverne-
ment de l'ordre moral, des droits qui
leur avaient été conférés par les articles 8
et 9 de la loi du M juin 1854. L'expérience
s'est poursuivie au grand jour, chacun
en a apprécié les résultats et l'on
peut dire sans hésiter qu'il n'y a pas de
sujet sur lequel l'opinion publique soit
plus réellement unanime: Mais il. n'était
pas nécessaire d'attendre les leçons de
l'expérience pour juger la loi de 1854.
Rien n'était plus facile que d'en prévoir
et d'en annoncer les tristes conséquences.
Placer les instituteurs sous la dépendance
des préfels, remettre leur sort entre les
mains d'âgens essentiellement politiques,
dont le premier devoir et le plus grand
mérite sont l'obéissance éclairée aux
volontés ministérielles n'était-ce pas
subordonner l'enseignement primaire
aux convenauces de la politique ? Nous
ne voulons dire aucun mal des pré-
ïets il y en a eu, même sous l'Em-
pire, même sous le gouvernement de
M. -le duc de Broglie d'habiles et de
relativement modérés. Mais chargés, avant
tout et par-dessus tout, de faire triompher
dans les départemens les intérêts du pou-
voir auquel ils étaient dévoués, comment
n'auraient-ils pas été tentés d'employer
à cet usage le personnel si .nombreux
et si influent dont on leur avait remis
la direction? Le rapporteur de la loi de
1854 leur avait indiqué d'avance l'é-
tendue et la portée- des droits qui
leur étaient accordés « N'y a- 1 -il
» aucun intérêt disait-il, à ce que ce
» corps considérable des instituteurs qui
» a dans chaque commune un agent
» jeune actif, entreprenant, quelquefois
» porté à se plaindre du présent, se sente
» vivre sous une main ferme, sous l'au-
» torité qui ̃"reille plus spécialement et
» avec plus de vigueur à la paix publi-
» que? » Aveu d'autant plus précieux à
recueillir, que l'Empire s'est toujours dé-
fendu, par la suite, de vouloir exercer sur
les instituteurs une action politique Les
gouvernemens de combat que nous
avons vus se succéder depuis sept ans
ont été moins scrupuleux. Ils n'ont
pas déguisé qu'à leurs yeux, les fonc-
Oliêron avec M"10 Carvalho et M"0 Nilsson,
M"18 Viardot et Mmo Gueymard Mrao' Sass
et Mmo Uga'.de ? Cela empêchait-il M. Car-
valho de produire des œuvres telles que
Faust et Mireille, Roméo et Juliette, le
Médecin malgré lui, et bien d'autres qui
comptent parmi les meilleures et les plus
renommées du répertoire moderne? Le.
Théâtre-Lyrique n'en a pas moins connu
de mauvais jours, c'est vrai; mais si le
Théâtre-Lyrique, pendant la période d'ex-
ploitation de M. Carvalho, avait eu les
deux cent mille francs de subvention
qu'on lui a donnés plus tard, M. Carvalho
cela se prouverait par des chiffres
serait aujourd'hui deux fois millionnaire.
se peut bien que je prêche dans le
désert ;~û)«is jeîie cesserai jamais de ré-
clamer en faveur du répertoire classi-
que la place qui lui appartient dans l'en-
seignement et sur les affiches de nos
théâtres subventionnés. Pas un seul mor-
ceau classique, pas un seul, ne figuraitsur
le programme du concert qui a suivi, celte-
année, les distributions de prix aux élèves
du Conservatoire. Mon excellent confrère
et ami M. Ambroise Thomas a dû s'aper-
cevoir de cette lacune trop tard sans doute
pour y remédier, et nous sommes certain
qu'il prendra les mesures nécessaires pour
que, l'an prochain, un pareil oubli ne se
renouvelle pas. Il ne serait pas juste de
rendre le savant musicien placé à la tête
du Conservatoire seul responsable de la
direction donnée aux études dans cet -éta-
blissement. C'est, aussi affaire à ceux qui
lionnaires de renseignement primaire de-
vaient être, comme tous les autres fonc-
tionnaires, les instrumens dociles d'un
pouvoir violent. Les révocations d'insti-
tuteurs s'étaient élevées à 31 en 1871,
à 72 en 1873 elles ont monté brusque-
ment à 122 en 1874, après le succès de la
coalition des droites. Ne vous récriez pas
sur ce chiffre, nous étions réservés à
bien d'autres surprises Lorsque nous
connaîtrons par des statistiques exac-
tes le nombre des révocations pro-
noncées depuis le 16 mai, les abus
scandaleux favorisés par la loi de 1854
soulèveront partout une vive indignation.
Et nous ne parlons ni des réprimandes, ni
des suspensions, ni des changemens de
résidence, peines presque aussi sévères
que la révocation pour les ménages pau-
vres sur lesquels elles tombent, et qui ont
été prodiguées avec une odieuse légèreté
pendant la dernière campagne électorale!
Il faut que la république rende aux in-
stituteurs la dignité et l'indépendance il
faut qu'elle abandonne une arme politi-
que dont il serait honteux' de se servir
après avoir énergiquement protesté con-
tre ceux qui en ont fait un si brutal em-
ploi. Personne iL'hésite sur le principe
mais le mode d'application. soulève, bien
entendu, beaucoup de controversés. Après
avoir dépouillé les préfets, à qui con-
fiera-t-on la nomination des institu-
teurs ? Aux conseils municipaux, comme
le voulait la loi de 1850? A un agent
spécial, chargé de la direction de l'en-
seignement primaire dans chaque dé-
partement, comme le proposent quelques
personnes? Aux inspecteurs d'académie?
Aux recteurs? Question délicate, mais
qu'on résoudra sans peine si l'on veut bien
se rappeler qu'il ne s'agit pas en ce moment
de refaire de fond en comble l'organisation
de l'enseignement primaire, et qu'on doit se
contenter, sans engager l'avenir, de remé-
dier par les moyens les plus simples aux dé-
'fauts les plus éclataus de la législation ac-
tuelle. On prête à M. Bardoux l'intention
de donner aux recteurs la nomination des
instituteurs, ce qui nous paraîtrait entiè-
rement conforme à l'esprit des mesures
réparatrices et progressives, mais nulle-
ment radicales, qu'il a déjà soumises à
l'examen des Chambres. Ce système, eiï
effet, a l'incontestable avantage de rétablir
l'unité daiis le gouvernement de l'instruc-
tion publique. Il replace sous l'autorité du
recteur, chef de l'enseignement à tous les
degrés, une branche de cet enseignement
qui n'avait été soustraite à la règle com-
mune que dans un fâcheux intérêt po-
litique. Il ne donne lieu à aucune in-
novation contestable, il remet les choses
en leur état naturel. Même sous l'empire
de la législation actuelle, le recteur est
officiellement chargé de la direction de
l'enseignement primaire mais c'est un
souverain dont les titres sont honorifi-
ques et dont le pouvoir est passé en des
mains étrangères. Pourquoi ne pas lui
rendre l'exercice pratique d'une autorité
qu'on ne lui a jamais contestée en théorie?
La seule, objection qu'on ait opposée à
ce mode de nomination des institu-
teurs, c'est l'éloignement du recteur qui,
chargé d'une académie comprenant en
moyenne cinq ou six départemens, aura,
dit-on, quelque peine à juger des hommes
placés à une trop grande distance de lui.
Argument spécieux, mais qu'un examen
attentif dissipe sans peine. « L'étendue de
» la circonscription le nombre des
a subordonnés » dit M. Paul Bert
dans son remarquable rapport sur les
conditions du recrutement et du fonc-
tionnement des instituteurs et institu-
trices primaires « sont-ils d'invinci-
» bles obstacles? Et comment font les
» ministres des finances, des travaux pu-
> blics, etc., avec leurs innombrables
sont chargés de le seconder. Et le meil-
leur moyen de former des élèves capables
de bien interpréter la musique des grands
maîtres, c'est de trouver des professeurs
capables de la bien enseigner.
Voilà bien longtemps qu'on parle de re-
prendre Armide à l'Opéra, ou du moins
bien longtemps qu'on en parlait, car on
n'en parle plus. Je sais pourtant que l'idée
dont initiative appartient à M. Emile
Perrintrouveraitun appui efficace en haut
lieu. C'est à Mm0 Sass que l'ancien direc-
teur de l'Opéra destinait le rôle d' Armide
c'est à M"0 Krauss, que ce rôle superbe où
éclatent tous les emportemens, toutes les
douleurs de la passion, où les sentimens
les plus poétiques et les plus tendres sont
exprimés avec un charme incomparable
c'estàM110 Krauss, lagrandetragédiennelyri-
que, que ce rôle appartiendrait aujourd'hui.
Quant aux dépenses que nécessiterait la
reprise de toutes les splendeurs, de tous les soins
aussi dus à un tel chef-d'œuvre, l'Etat y
pourvoirait. La part qui lui revient sur
les bénéfices de l'Opéra ne lui a-t-elle pas
déjà servi h \>a.yev les deuos cent mille francs
qu'ont coûté les décors et les costumes de
l'Africaine? Cette reprise à1 Armide, dût-
elle compter à l'actif de l'Opéra comme
un ouvrage nouveau, sortirait même d'un
fameux embarras le directeur de rialpe
première scènelyrique, lequel laissait dire
dernièrement- dans plusieurs journaux
qu'après Polyeiicle et Françoise de Rwiinî
il n'entrevoyait plus rien à. l'horizan, ni
» agens? Ils les nomment, changent, ré-
» voquent sur le vu de documens et de.
» rapports hiérarchiquement transmis. »
Le recteur fera.de même. Il est bien clair
qu'avant de nommer ou de changer un in-
stituteur, il consultera/ l'inspecteur pri-
maire et l'inspecteur d'académie. Les
moyens d'information ne lui manqueront
pas, et, s'il voit les choses de haut, rien
ne l'empêchera de les bien voir et de les
juger en pleine connaissance de. cause.
Mais ne serait-il pas plus simple, puis-
que le recteur devra prendre des rensei-
gnemens auprès de l'inspecteur d'acadé-
mie, de confier à ce dernier, qui est en com-
munication directe et constante avec les
instituteurs, les attributions déférées aux
préfets par les articles 8 et 9 de la loi de
1854? Beaucoup de personnes le pensent.
Il nous semble cependant que, dans l'état
actuel des choses, une' extension aussi
considérable du pouvoir des inspecteurs
d'académie ne serait pas sans danger.
L'inspecteur d'académie n'a été jusqu'ici
qu'un fonctionnaire de second ®rdre
placé sous la double direction du préfet
et du recteur, il lui, été impossible d'ac-
quérir des habitudes d'indépendance et
d'obtenir la considération nécessaire au
chef d'un personnel aussi nombreux et aussi
important que celui des instituteurs. Il
ne vient dans la hiérarchie administrative
du département qu'après le préfet, l'évê-
que, etc. Aurait-il une autorité suffisante
pour échapper aux influences locales et
résister à certaines pressions contre les-
quelles il s'agit précisément de se "pré-
munir ? C'ast douteux. La même objection
pourrait être opposée à la création d'un
directeur départemental de l'instruction
primaire, système qui aurait en' outre l'in-
convénient de nous obliger à remanier
l'ensemble des lois sur l'administration de
l'enseignement. Quant aux conseils mu-
nicipaux, personne ne songe plus à leur
donner les droits que leur conférait la loi
de 18oO. On est d'accord pour reconnaître
qu'ils n'ont aucune compétence en matière
d'instruction et qu'il serait très dangereux
de leur rendre des attributions qui ne, sont
pas de leur ressort. Il s'agit de mettre l'en-
seignement primaire en dehors et au-des-
sus de la politique. Serait-ce atteindre ce
résultat que de placer les instituteurs entre
les mains d'assemblées communales qui
prennent une part de plus en plus active
à la vie politique du pays ?
La nomination par le recteur est la so-
lution la plus simple, la plus logique la
plus aisée à appliquer, enfin la plus libé-
rale. C'est pour cela sans doute que
M. Bardoux s'y est arrêté. Tous les par-
tisans des bonnes et fécondes réformes
lui en sauront gré.
Ch. GABRIEL.
M. le général Ducrot a jugé convenable
en quittant le 8-= corps d'armée, de lui
adresser un ordre du jour dont il est
difficile d'apercevoir l'utilité. « Soldat
obéissant, il ne m'appartient pas, dit-il,
de chercher les motifs de la décision prise
à mon égard. » Langage qui serait par-
fait s'il pouvait se concilier avec l'obéis-
sance sans phrases dont il importe au-
jourd'hui de donner l'exemple au soldat
Mais les officiers du 8° corps, d'armée sau-
ront faire deux parts dans l'ordre du jour
en question d'un côté les paroles, de
l'autre l'acte lui-même qui n'est pas à imi-
ter, car la discipline serait morte le jour
où les officiers, sans aller jusqu'à discuter
une décision de leurs supérieurs, pour-
raient se permettre d'appeler sur elle le
jugement de leurs subordonnés. Sous une
forme détournée, c'est un appel de ce
genre qui a échappé à la plume du géné-
ral Ducrot cela ressort de l'opposition
que le général établit entre la mesure qui
un compositeur ni une œuvre. Nous au-
rions bien voulu, dans l'intérêt de l'école
française plus encore que dans son inté-
rêt personnel, que M. le directeur de l'O
péra prît-la peine de démentir cette bou-
tade lancée par quelqu'un qui semblait
avoir écouté à la porte de son cabinet.
LeRoideLahore, de MM. Louis Gallet
et Jules Massenet, a été donné pour la
première fois le 27 avril; le 6 août, l'Opéra
a repris la Remède Chypre-, au mois d'oc-
tobre, il a fait débuter M»° Richard da£*
la Favorite,- le mois suivant, il a donnél"
première représentation du Fandango
ballet en un acte, de MM. Ludovic Halévy
et Henri Meilhao, musique de M. Salvayre
et enfin, quelques jours après, a eu Ifeù
la reprise de V Africaine. Deux reprises
importantes,. un début, un opéra, et un
balle nouveaux, c'est sans doute tout ce
que l'Opéra pouvait faire et tout ce qu'il
a fait, L Opéra n'a jamais été bien vite en
besogne, et on a eu beau lui citer l'exeni
P de certain* théâtres étrangers, et ûes
plus considérables, cela n'a jamais piqui
au vif son amour-propre, cela m rï\L
mais stimulé. La lenteur des études
l'Opéra est chose traditionnelle. Par con
sequent, puisqu'un directeur peut vous
dire je me eonforme à la tradition, on
na absolument rien à lui reprocher.
Au commencement de l'année, l'Opëra-
Comique a fait, avec les reprises de C'en-
da~illaaa et de la Péte dac vill~ge voisiv, une
excursion dans le vieux répertoire qui a •
JEUDI 17 JANVIER ~1
1878,
ON S'ABONDE
rae des Prêtres-Samt-Gerinain-l'Auïerrêis, n.
PftlX DE I/ABtaÛmBlBEOT
Un an. Six mois. Trois mois.
Bépajtemens. €0 fr. 40 fr. 20 fr.
faris 72 fr. 36 fr. 18 fr.
Léaî abonnemens partent des t" et i6 de
chaque mois.
J1HI 17 JANVIER
1878. ̃
~OURN~L DES DEBATS
ON -S'ABONNE
en Belgique, en Italin,
dans le Luxembourg, en Turquie,
en Suisse", en Syrie, en Roumanie et dans les
régences du Maroc et de la Tunisie,
en Chine et au Japon
au moyen d'une valeur payable à Paris ou a»
mandats-poste, soit internationaux, soit françau
en Allemagne, en Autriche,- en Russie,
et dans tous les pays du Nord
chez tous les directeurs de postes;
et dans tous les autres pays,
p»r l'envoi d'une valeur payante a Pari».
I*arl», du nnsaévo. $0 eeet.
Bépartème^s, no numéro. "%& cent.
• ̃ ̃ • •. ••. ̃ ̃̃ ̃ • jr ̃
lu JLondon, apply to Cowïe and C», foreiea
ne-wspapers office, 17, Gresham street, G. P. 0 •
mm. OciizT, Uavie* et G«, t, Finch lane GoruWll,
E. C. London; 9E9S. W.-II. SinUtt et »**a!
186, Strand, W. C, London.
À. Bruxelles, a VOffla de publicité, 48, rue de la
Madeleine, dans les tiosques et dans les fci-
Wiothèques des gares de chemins de fer belges
A. Yalparaiso (ChiliJ, chez M. Orestes L. Tornero.
Les annonces sont reçues
Chez I28S. Pauehey, JL.ait$te et C',
8, place de la Bourse,
et au bureau du JOBRNAÎm
oiîesdoiTenttoujours ëtreagréSes par la rédaeùoa.,
PARIS
MERCREDI 10 JANVIER
x Le Journal officiel publie ce matin la
suite, du mouvement administratif. Un
certain nombre de sous-préfets n'ont pas
accepté les postes pour lesquels ils avaient
été désignés les uns ont demandé leur
mise en disponibilité; d'autres ont donné
leur démission, et il a fallu les remplacer.
Vient ensuite le mouvement parmi les
conseillers de préfecture"; il est relative-
ment pen considérable, et se compose
d'un plus grand nombre de déplâcemens
que de révocations. Les conseillers de
préfecture, grâce à là nature de leurs at-
tributions spéciales, ont été moins com-
promis dans les derniers événemens que
` les préfets et les sous-préfets.
La Chambre des Députés continue .sans
relâche la; vérification des pouvoirs de ses
membres, tuais non pas peut-être avec
toute la rapidité qui serait désirable. Les
discussions se suivent sans intermittence,
mais elle? traînent en longueur, et nous
sommes surpris d'y voir intervenir parfois
des orateurs qui pour l'amour de l'art, vien-
nent déclarer dans un discours étudié qu'ils
sontdel'avis durappprteur, ou qu'ilsnes'en
écartent que sur des points accessoires.
Ne vaudrait-il pas mieux voter sans phra-
ses les conclusions du rapport, et passer
immédiatement à une élection nouvelle ? `?
Nous comprenons qu'un député dont l'élec-
i ion est con testée éprouve le besoin de se dé-
fendre, etmême longuement; onpeut regret-
ter le fait, il faut néanmoins le subir. Mais
pourquoi ne pas s'en tenir là? Lorsque le
rapporteur a parlé, et que le député en
panse a répondu, J'affaire est entendue, le
pour et le contre ont été plaides, et il ne
reste plus qu'à voter. La Chambre a
paru le comprendre, et la courte séance
d'hier a été mieux remplie que les pré-
cédentes seulement, elle a été bien
courte, et le total des élections véri-
fiées est des plus mesquins, ïl est vrai
qu'on a réservé pour la fin -les élections
qui sont sujettes aux 'contestations, les
plus graves; la plupart de ces, élections
sont pourtant validées, et il est probable
que la sévérité de la Chambre ne s'exer-
cera que- sur les dernières les plus
évidemment faussées par des abus de'
tout genre, celles surtout sur lesquelles se
porteront les recherches de la commission
d'enquête. On ne saurait trop approuver
et encourager la modération de la Chani-
bre. Sans doute il faut casser les élec-
tions dont le succès est dû à la fraude, à
l'intimidation, à la corruption, mais seu-
lement lorsqu'il ne saurait y avoir aucun
doute sur l'efficacité qu'a eue dans l'espèce
l'emploi de ces moyens immoraux, et lors-
que la différence des voix entré l'élu et
son concurrent fait croire qu'à une
épreuve nouvelle ,1a proportion serait ren-
versée. Sinon, .pourquoi agiter une se-
conde fois le pays? La bataille électorale
a laissé partout dès ferméris qui entre-
tiennent les plus regrettables passions.
Si renouveler la lutte dans certains ar-
rondissemens ^est un mal nécessaire, ce
n'en est pas moifis tin mal, et la Chanibre
doit "s'appliquer à le rendre aussi' rare
qu'il est possible. Il faut,' en fait
d'invalidations, se borner à l'indispen-
sable. "L'apaisement que nous pour-
suivons; et qui n*ëst pas encore obtenu",
est à ce prix. Quoi! la lutte recommen-
cera dans tel arrondissement, dans tel
aUtre! Dans combien ? Le moins sera eer-
tainemeûl le itiieùx: Mais puisque là lutte
doit recommencer sur quelques points,
puisque la justice et J a morale publique
l'exigent impérieusement, il faut faire
vite, et nous dirons cette fois que le plus
tôt sera lé mieux- Comment voulez-vous
que les passions se calment, que les es-
F»!» W JOURNAL DES DEBATS
dxi 17 janvibr 1878
itEVUE 3tt:USICAJLE
de l'anuée 1877.
I_ES THÉÂTRES LYRIQUES
"La' question- du Théâtre-Lyrique est
résolue; le Théâtre-Lyrique a cessé d'ê-
tre malade il est "mort! Voilà, pour les
musiciens, l'événement le plus important
de l'année le plus important et le ptus
déplorable; un événement que, malgré
tout le bon vouloir du ministre, il a été
impossible de prévenir. Ceux qu'il atteint
ie plus directement ont tout fait pour
l'pm pêcher "d'abord, et ensuite priur eh at-
ténuer la portée. Si bien qu'au lieu d'être
une catastrophe financière, la chute du.
Th;éâtre-Lyrique: n'aboutit qu'à un chan-
gement d'enseigne, à la reprise d'Un genre
dont le succès est certain. Hier, M. Vîzen-
titti avait des créanciers; aujourd'hui, il a
dos commanditaires.
L'opérette et la féerie, chassées du
théâtre de la Gaîté par la volonté intelli-
gente d'un directeur qui s'est trompé ou
qui a trop présume de ses forces, vont y
rentrer solennellement. Triste retour des
choses d'ici-bas Nous entendons déjà des
f-ons grimaçans et mirlitonesques c'est
le prélude, ce sont les premiers accords
prits reviennent à leur assiette ordinaire
dans un arrondissement où les partis liier
en présence sout menacés de s'y retrou-
ver demain ? Dans ces arrondissemens, la
période électorale dure toujours, avec
l'effervescence qu'elle entraîne. L'élu qui
craint d'être invalidé continue sa cam-
pagne contre un rival qui a recom-
mencé la sienne. Ne voit-on pas à quel
point cet état de choses est contraire à
l'intérêt général, qui est la paix par la
confiance des uns et par la résignation
des autres? C'est pour ce motif surtout
que nous conseillons à la Chambre d'a-
bréger ses discussions et de multiplier
ses décisions. Elle y gagnera, d'ailleurs,
elle aussi elle pourra, définitivement
et complètement constituée, entrepren-
dre les grands travaux qui restent en
"suspens. Elle attirera les yeux et re-
tiendra l'attention du pays, non pas pour
savoir si la;, grande bataille va recom-
mencer ici ou là, mais pour savoir si
telle loi impatiemment attendue sera vo-
lée. La Chambre gagnera beaucoup1 eu
considération et en;autorité si elle entre-
prend sans retard et si elle accomplit
grandement la tache qui lui incombe.
C'est donc pour elle aussi bien que pour
le pays que nous souhaitons de voir bien-
tôt la fin des validations et des invalida-
tions, c'est-à-dire le commencement des
véritables affaires.
Ce qu'on ne saurait pourtant, trop ap-
prouver, c'est la résolution que la Chambre
a prise hier de n'avoir pas de séance demain
jeudi, jour des funérailles du roi Victor-
Emmanuel. Il est très convenable que les
grands pouvoirs organisés expriment par
leur attitude la part que prend la France au
deuil de l'Italie- Le roi Victor-Emmanuel
était populaire chez nous, et le sentiment
public ne se trompait pas sur son compte
il aimait la France, et il comprenait fort
bien que l'intérêt des deux nations était
de rester unies. Son fils, le roi Humbert,
hérite de ces sentiméns; maisja perte de
Victor-Emmanuel ne nous est pas moins
sensible parce que c'était, en lui, dans sa
figure sympathique et originale, que nous
nous étions habitués depuis longtemps à
voir le vivant symbole de l'amitié des
deux nations. Un service funèbre aura
lieu demain à l'église de là Madeleine les
Italiens qui l'ont organisé ont fait savoir
au président de la Chambre que des pla-
ces seront réservées aux députés; il y en
aura sans doute aussi pour les sénateurs.
M. Grévy a annoncé que le Imrëau de
la Chambre se rendrait à cette cérémonie.
C'est Un devoir pour les députés et pour
les sénateurs, puisqu'ils représentent le
sentiment national, de s'y rendre tous: Il
n'y a ici aucune différence de partis; nous
sommes unis dans une pensée commune.
La république française' ne s'est-elle pas
fait représenter à Rome par M. le maré-
chal Canrobert, qui n'est pas précisément
républicain, mais qui est un vaillant sol-
dat, l'Italie le sait? Toutes les nuances
d'opinion qui nous divisent s'effacent donc
dans cette circonstance et nous voulons
croire que les clérica,ux eux-mêmes se sou-
viendront que le roi Victor-Emmanuel est
mort en bon chrétien, après avoir vécu
en bon ami de la France.
BOURSE ,DE JMgftIf •
Clôture le 15 le 16 &ï*us»e. italaao
9 O/O .̃̃̃̃̃'
Comptant- 13 25 ->3 30 s .<
Fin cour, ri 37 1,2 73 27 1,2 10
il t/# >» -<
Comptant 103 9J 103 55 35
S »,'Q
Comptant! 09 12 1 2 109 1S 2 1/2
fiii CÔixr. 109 15 109 17 1 2 212
_·
de la lyre d'Orphée. M. le préfet de la
Seine doit être content. Adieu les beaux
projets et les belles paroles tout est fini,
tout est mort Heureusement, on nous dit
que tout Va renaître. Ce sera une résur-
rection qui demandera du temps et de la
peine une troupe à refaire, un répertoire
à reconstituer. Le meilleur est déjà parti.
Pauvre Théâtre-Lyrique nous l'avons
bien aimé, bien soutenu, bien défendu, et
maintenant, ce que nous avons de mieux
à faire, c'est de n'en plus parler.
L'écroulement de celui qui disparaît
servira-t-il au moins de leçon à celui qui
va venir? Et d'abord, celui-là, où le lo-
gera-t-on ? Des pourparlers qui commen-
cent à prendre une tournure sérieuse sont
engagés avec le directeur de la salle Ven-
tàdour. La réouverture se ferait au mois
de mars. Plus de cavatines italiennes, ou
du moins jusqu'à nouvel ordre. Plus tard
on verrait s'il y a lieu de faire une petite
place au répertoire italien à côté ou à la
suite du répertoire français. Une autre
combinaison à la tête de laquelle se trou-
verait placé un chef d'orchestre qui a
donné, comme chef d'orchestre, de très
grandes preuves d'habileté, ressusciterait
l'ancien Théâtre-Lyrique, celui qui, ainsi
que je le disais dernièrement, est situé
au bord du fleuve-. Aura-t-il des chances
de vivre là où jadis il n'a pu prospérer,
si loin et si en dehors du centre musical?
Je ne le pense pas. Et je doute, dans tous
les cas, que l'étendue des sacrifices qu'on
consentira à lui faire soit à la hauteur de
ses besoins.
-w~
PETITE BOURSE DU SOIR.
Emprunt 5 0/0" 109 fr. 20, 22 t/2, 1 1/2.
3 0/0, 73 fr.30, 32 t/2.
510,`0 turc. tU fr., 9 fr.85,
Egyptiennes 6 0/0:, 959 fr. 37 1/2, !60 fr:
Florins (or). 64 1/2.
Russe. 8t 7J16, 1J3,
Italien. 72 fr. 55, 45.
Hongrois 6 0(0 78 fr;, 78 lJS.
Notre correspondant deÇonstantiiople nous
adressa le télégramme suivant
'i Péra, le 18 janvier.
» Los délégués Server et Naiuyk sont par-
tis cette après-midi. Il leur faut au moins
trois jours pour arriver à Kesanlyk.
» Les ambassadeurs européens* se sont ren-
dus à la Porte dans la journée. Le conseil des
ministres avait prolongé sa séance durant
toute la nuit dernière. »
Nous recevons de notre correspondant de
Londres la dépôclio suivante
'« Londres, le 10 janvier.
» Aujourd'hui un meeting' a été tenu à
Willia rooms, sous la présidence do M. Preq-
inan. L'objet de la réunion était une agitation
on' faveur de l'ouverture des dôtroits.^Séance
bruyante, désordonnée, ot sans importance
politique. »
Télégraphie privée.
(Service télégraphique de l'agence Ha vas.)
Vienne, le 16 janvier.
On annonça que la Russie, avant de commu-
niquer les conditions de paix aux délégués otto-
mans, exigera qu'ils soieat investis de pleins
pouvoirs. Kilo nadmettra pas qu'ils puissent en
référer à Constantinople.
Londres, le 16 janvier.
On mande de Constantinople au Times
« L'Autriche et l'Angleterre auraient informé la
Porte et la Russie qu'elles ne reconnaitraient au-
cun arrangement qui violerait le traité de Paris
et qui serait fait sans la participation des puis-
sances garantes.
» On croit que la Porte a reçu hier une dépêche
du gouvernement anglais, disant que l'Angleterre
voudrait voir la Porte traiter directement avec la
Russie, aiin que cette dernière accordât les meil-
leures conditions possibles. L'Angleterre veille-
rait sur ses "propres intérêts. »
̃ Constantinople, le 16 janvier.
Les plénipotentiaires turcs sont arrivés aujour-
d'hui à Andrinople. Ils se rendront par le che-
min de fer jusqu'à Karabounar, et eiisuile, en
.voiture, à Kesanlyk, où ils arriveront samedi ou
dimanche.
Le bruit court que l'ambassadeur d'Angleterre
aurait demandé à la Porte l'autorisation de lais-
ser entrer la floLle anglaise dans les Dardanelles
ayant que les Russes occupent Gallipoli.
Constantinople, le 16 janvier.
Un stationnaire anglais est allé à Bourgas afin
de se meure à la disposition des agens consu-
laires.
Plusieurs vapeurs se sont également rendus a
Bourgas pour transporter la population.
Le Tbruft court que l'Autriche s'opposerait à une
paix séparée.
Londres, le 17 janvier.
Une lettre du secrétaire de lord Salisbury,
datée de samedi et répondant à une Adresse de
l'Association libérale de Worcester en faveur de
la paix, dit
« Lord Salisbury m'a prié de vous faire savoir
qu'il n'y avait aucune raison de craindre que le
gouvernement anglais ne s'écarte dè'la goütiqûe
éflnie au mois de mai dernier, et à laquelle lord
Salisbury a toujours adhéré. »
Nous apprenons que le Sultan Abdul-ITa-
mid se serait adressé directement an czar
pour le prier de faciliter la prompte signa-
ture de l'armistice. 11
Le Président de la république vient, de re-
cevoir la réponse de S. M. l'empereur d'Alie-
raagae, roi de Prusse, aux lettres qui ont mis;
fin à 'la mission que M.- le vicomte de Gon-
taut-Biron remplissait à Berlin en qualité
d'ambassadeur de France.
L'ambassade royale d'Italie nous prie de
publier la communication suivante ï
« S'empressant d'obéir à un ordre formel du
roi Humbert I0'1, l'ambassade royale remer-
cie, au nom de S. M., toutes les personnes
qui ont bien voulu lui apporter les témoi-
gnages de leurs regrets et de leurs sympa-
thies à l'occasion de la mort de S. M. le roi
Victor-Emmanuel. », 11
7RiW 9
II ne faut plus songer, même avec des
ressources exceptionnelles, à consacrer un
théâtre exclusivement aux jeunes composi-
teurs. Il faut seulement, et c'est déjà
beaucoup, sauvegarder autant que possi-
ble les intérêts de ceux-ci et donner à
leurs œuvres une place prépondérante.
Mais c'est le répertoire classique qui doit
être le fond, la base, le point d'appui d'un
théâtre lyrique sérieux. C'est au Théâtre^
Lyrique qu'on doit aller entendre les
chefs-d'œuvre qu'on n'entend plus à l'O-
péra, qu'on n'entend plus qu'exception-
nellement et par petits fragmens ailleurs.
C'est au Théâtre-Lyrique que ceux qui
veulent se retremper dans les plus chers
souvenirs du passé, ceux qui veulent épu-
rer leur goût et s'instruire doivent retrou-
ver Gluck, Mozart, Beethoven, Weber,
Spontini et Berlioz. Ah on peut le nommer
maintenant, celui-là, à côté des grands
maîtres Rendez-nous les deux Iplvujè-
nies et Àrmide, Fidelio et Idoménée, Eu-
ryanlKe, Fernand Corlez et la Vestale.;
rendez-nous les Troyens aussi. Pourquoi
ne voulez-vous pas faire pour la musique
ce que vous faites pour l'art dramatique ?
N'est-ce pas une obligation qui incombe
au Théâtre-Français et à l'Odéon que
celle de jouer Molière et Regnard, Racine
et Corneille ? R
Ne vous souvient-il plus de cette bril-
lante époque où le Théâtre- Lyriqne,
pourvu d'une troupe incomparable, nous
donnait les Noces de Figaro et la Flûte en-
chantée, Don Juan et VEnUteitlent au sé-
fàil, Orphée et Fidelio, le Freysckiiïz et
On ne peut que louer le nouveau mi-
nistre de l'instruction publique de l'acti-
vité et en même temps de la prudeace avec
lesquelles il a entrepris la réforme de nos
lois d'enseignement. S'il y a beaucoup
à changer dans ces lois, il y a aussi
beaucoup à conserver, et le moment se-
rait assez mal choisi pour entreprendre
une transformation complète-, radicale
de notre organisation scolaire. M. Bar-
doux va au plus pressé. Il divise les pro-
blèmes pour les résoudre il porte le re-
mède là où le mal se fait principalement
sentir il marche de progrès spéciaux en
progrès spéciaux bien convaincu qu'il
obtiendra en fin de compte, par ce sage
et habile procédé des résultats géné-
raux aussi satisfaisans que possible.
C'est ainsi que,- sans proclamer le prin-
cipe de la gratuité absolue de l'ensei-
gnement primajre, il propose d'éten-
dre cette gratuité à toutes les com-
munes^ui voudront faire quelques "sacri-
fices pour l'établir. C'est encore ainsi
qu'il a présenté un projet sur la création
des maisons d'école, afin de remédier à
l'état déplorable de notre matériel sco-
laire, surtout dans le Midi de la
France. Enfin c'est ainsi qu'il prépare
une loi destinée à enlever la nomination,
des instituteurs aux préfets, et à placer
ces modestes mais très intéressans fonc-
tionnaires sous l'autorité de leurs chefs
légitimes.
Toutes les personnes un peu au cou-
rant des questions d'instruction savent
quel triste usage les préfets ont fait
sous l'Empire et sous le gouverne-
ment de l'ordre moral, des droits qui
leur avaient été conférés par les articles 8
et 9 de la loi du M juin 1854. L'expérience
s'est poursuivie au grand jour, chacun
en a apprécié les résultats et l'on
peut dire sans hésiter qu'il n'y a pas de
sujet sur lequel l'opinion publique soit
plus réellement unanime: Mais il. n'était
pas nécessaire d'attendre les leçons de
l'expérience pour juger la loi de 1854.
Rien n'était plus facile que d'en prévoir
et d'en annoncer les tristes conséquences.
Placer les instituteurs sous la dépendance
des préfels, remettre leur sort entre les
mains d'âgens essentiellement politiques,
dont le premier devoir et le plus grand
mérite sont l'obéissance éclairée aux
volontés ministérielles n'était-ce pas
subordonner l'enseignement primaire
aux convenauces de la politique ? Nous
ne voulons dire aucun mal des pré-
ïets il y en a eu, même sous l'Em-
pire, même sous le gouvernement de
M. -le duc de Broglie d'habiles et de
relativement modérés. Mais chargés, avant
tout et par-dessus tout, de faire triompher
dans les départemens les intérêts du pou-
voir auquel ils étaient dévoués, comment
n'auraient-ils pas été tentés d'employer
à cet usage le personnel si .nombreux
et si influent dont on leur avait remis
la direction? Le rapporteur de la loi de
1854 leur avait indiqué d'avance l'é-
tendue et la portée- des droits qui
leur étaient accordés « N'y a- 1 -il
» aucun intérêt disait-il, à ce que ce
» corps considérable des instituteurs qui
» a dans chaque commune un agent
» jeune actif, entreprenant, quelquefois
» porté à se plaindre du présent, se sente
» vivre sous une main ferme, sous l'au-
» torité qui ̃"reille plus spécialement et
» avec plus de vigueur à la paix publi-
» que? » Aveu d'autant plus précieux à
recueillir, que l'Empire s'est toujours dé-
fendu, par la suite, de vouloir exercer sur
les instituteurs une action politique Les
gouvernemens de combat que nous
avons vus se succéder depuis sept ans
ont été moins scrupuleux. Ils n'ont
pas déguisé qu'à leurs yeux, les fonc-
Oliêron avec M"10 Carvalho et M"0 Nilsson,
M"18 Viardot et Mmo Gueymard Mrao' Sass
et Mmo Uga'.de ? Cela empêchait-il M. Car-
valho de produire des œuvres telles que
Faust et Mireille, Roméo et Juliette, le
Médecin malgré lui, et bien d'autres qui
comptent parmi les meilleures et les plus
renommées du répertoire moderne? Le.
Théâtre-Lyrique n'en a pas moins connu
de mauvais jours, c'est vrai; mais si le
Théâtre-Lyrique, pendant la période d'ex-
ploitation de M. Carvalho, avait eu les
deux cent mille francs de subvention
qu'on lui a donnés plus tard, M. Carvalho
cela se prouverait par des chiffres
serait aujourd'hui deux fois millionnaire.
se peut bien que je prêche dans le
désert ;~û)«is jeîie cesserai jamais de ré-
clamer en faveur du répertoire classi-
que la place qui lui appartient dans l'en-
seignement et sur les affiches de nos
théâtres subventionnés. Pas un seul mor-
ceau classique, pas un seul, ne figuraitsur
le programme du concert qui a suivi, celte-
année, les distributions de prix aux élèves
du Conservatoire. Mon excellent confrère
et ami M. Ambroise Thomas a dû s'aper-
cevoir de cette lacune trop tard sans doute
pour y remédier, et nous sommes certain
qu'il prendra les mesures nécessaires pour
que, l'an prochain, un pareil oubli ne se
renouvelle pas. Il ne serait pas juste de
rendre le savant musicien placé à la tête
du Conservatoire seul responsable de la
direction donnée aux études dans cet -éta-
blissement. C'est, aussi affaire à ceux qui
lionnaires de renseignement primaire de-
vaient être, comme tous les autres fonc-
tionnaires, les instrumens dociles d'un
pouvoir violent. Les révocations d'insti-
tuteurs s'étaient élevées à 31 en 1871,
à 72 en 1873 elles ont monté brusque-
ment à 122 en 1874, après le succès de la
coalition des droites. Ne vous récriez pas
sur ce chiffre, nous étions réservés à
bien d'autres surprises Lorsque nous
connaîtrons par des statistiques exac-
tes le nombre des révocations pro-
noncées depuis le 16 mai, les abus
scandaleux favorisés par la loi de 1854
soulèveront partout une vive indignation.
Et nous ne parlons ni des réprimandes, ni
des suspensions, ni des changemens de
résidence, peines presque aussi sévères
que la révocation pour les ménages pau-
vres sur lesquels elles tombent, et qui ont
été prodiguées avec une odieuse légèreté
pendant la dernière campagne électorale!
Il faut que la république rende aux in-
stituteurs la dignité et l'indépendance il
faut qu'elle abandonne une arme politi-
que dont il serait honteux' de se servir
après avoir énergiquement protesté con-
tre ceux qui en ont fait un si brutal em-
ploi. Personne iL'hésite sur le principe
mais le mode d'application. soulève, bien
entendu, beaucoup de controversés. Après
avoir dépouillé les préfets, à qui con-
fiera-t-on la nomination des institu-
teurs ? Aux conseils municipaux, comme
le voulait la loi de 1850? A un agent
spécial, chargé de la direction de l'en-
seignement primaire dans chaque dé-
partement, comme le proposent quelques
personnes? Aux inspecteurs d'académie?
Aux recteurs? Question délicate, mais
qu'on résoudra sans peine si l'on veut bien
se rappeler qu'il ne s'agit pas en ce moment
de refaire de fond en comble l'organisation
de l'enseignement primaire, et qu'on doit se
contenter, sans engager l'avenir, de remé-
dier par les moyens les plus simples aux dé-
'fauts les plus éclataus de la législation ac-
tuelle. On prête à M. Bardoux l'intention
de donner aux recteurs la nomination des
instituteurs, ce qui nous paraîtrait entiè-
rement conforme à l'esprit des mesures
réparatrices et progressives, mais nulle-
ment radicales, qu'il a déjà soumises à
l'examen des Chambres. Ce système, eiï
effet, a l'incontestable avantage de rétablir
l'unité daiis le gouvernement de l'instruc-
tion publique. Il replace sous l'autorité du
recteur, chef de l'enseignement à tous les
degrés, une branche de cet enseignement
qui n'avait été soustraite à la règle com-
mune que dans un fâcheux intérêt po-
litique. Il ne donne lieu à aucune in-
novation contestable, il remet les choses
en leur état naturel. Même sous l'empire
de la législation actuelle, le recteur est
officiellement chargé de la direction de
l'enseignement primaire mais c'est un
souverain dont les titres sont honorifi-
ques et dont le pouvoir est passé en des
mains étrangères. Pourquoi ne pas lui
rendre l'exercice pratique d'une autorité
qu'on ne lui a jamais contestée en théorie?
La seule, objection qu'on ait opposée à
ce mode de nomination des institu-
teurs, c'est l'éloignement du recteur qui,
chargé d'une académie comprenant en
moyenne cinq ou six départemens, aura,
dit-on, quelque peine à juger des hommes
placés à une trop grande distance de lui.
Argument spécieux, mais qu'un examen
attentif dissipe sans peine. « L'étendue de
» la circonscription le nombre des
a subordonnés » dit M. Paul Bert
dans son remarquable rapport sur les
conditions du recrutement et du fonc-
tionnement des instituteurs et institu-
trices primaires « sont-ils d'invinci-
» bles obstacles? Et comment font les
» ministres des finances, des travaux pu-
> blics, etc., avec leurs innombrables
sont chargés de le seconder. Et le meil-
leur moyen de former des élèves capables
de bien interpréter la musique des grands
maîtres, c'est de trouver des professeurs
capables de la bien enseigner.
Voilà bien longtemps qu'on parle de re-
prendre Armide à l'Opéra, ou du moins
bien longtemps qu'on en parlait, car on
n'en parle plus. Je sais pourtant que l'idée
dont initiative appartient à M. Emile
Perrintrouveraitun appui efficace en haut
lieu. C'est à Mm0 Sass que l'ancien direc-
teur de l'Opéra destinait le rôle d' Armide
c'est à M"0 Krauss, que ce rôle superbe où
éclatent tous les emportemens, toutes les
douleurs de la passion, où les sentimens
les plus poétiques et les plus tendres sont
exprimés avec un charme incomparable
c'estàM110 Krauss, lagrandetragédiennelyri-
que, que ce rôle appartiendrait aujourd'hui.
Quant aux dépenses que nécessiterait la
reprise
aussi dus à un tel chef-d'œuvre, l'Etat y
pourvoirait. La part qui lui revient sur
les bénéfices de l'Opéra ne lui a-t-elle pas
déjà servi h \>a.yev les deuos cent mille francs
qu'ont coûté les décors et les costumes de
l'Africaine? Cette reprise à1 Armide, dût-
elle compter à l'actif de l'Opéra comme
un ouvrage nouveau, sortirait même d'un
fameux embarras le directeur de rialpe
première scènelyrique, lequel laissait dire
dernièrement- dans plusieurs journaux
qu'après Polyeiicle et Françoise de Rwiinî
il n'entrevoyait plus rien à. l'horizan, ni
» agens? Ils les nomment, changent, ré-
» voquent sur le vu de documens et de.
» rapports hiérarchiquement transmis. »
Le recteur fera.de même. Il est bien clair
qu'avant de nommer ou de changer un in-
stituteur, il consultera/ l'inspecteur pri-
maire et l'inspecteur d'académie. Les
moyens d'information ne lui manqueront
pas, et, s'il voit les choses de haut, rien
ne l'empêchera de les bien voir et de les
juger en pleine connaissance de. cause.
Mais ne serait-il pas plus simple, puis-
que le recteur devra prendre des rensei-
gnemens auprès de l'inspecteur d'acadé-
mie, de confier à ce dernier, qui est en com-
munication directe et constante avec les
instituteurs, les attributions déférées aux
préfets par les articles 8 et 9 de la loi de
1854? Beaucoup de personnes le pensent.
Il nous semble cependant que, dans l'état
actuel des choses, une' extension aussi
considérable du pouvoir des inspecteurs
d'académie ne serait pas sans danger.
L'inspecteur d'académie n'a été jusqu'ici
qu'un fonctionnaire de second ®rdre
placé sous la double direction du préfet
et du recteur, il lui, été impossible d'ac-
quérir des habitudes d'indépendance et
d'obtenir la considération nécessaire au
chef d'un personnel aussi nombreux et aussi
important que celui des instituteurs. Il
ne vient dans la hiérarchie administrative
du département qu'après le préfet, l'évê-
que, etc. Aurait-il une autorité suffisante
pour échapper aux influences locales et
résister à certaines pressions contre les-
quelles il s'agit précisément de se "pré-
munir ? C'ast douteux. La même objection
pourrait être opposée à la création d'un
directeur départemental de l'instruction
primaire, système qui aurait en' outre l'in-
convénient de nous obliger à remanier
l'ensemble des lois sur l'administration de
l'enseignement. Quant aux conseils mu-
nicipaux, personne ne songe plus à leur
donner les droits que leur conférait la loi
de 18oO. On est d'accord pour reconnaître
qu'ils n'ont aucune compétence en matière
d'instruction et qu'il serait très dangereux
de leur rendre des attributions qui ne, sont
pas de leur ressort. Il s'agit de mettre l'en-
seignement primaire en dehors et au-des-
sus de la politique. Serait-ce atteindre ce
résultat que de placer les instituteurs entre
les mains d'assemblées communales qui
prennent une part de plus en plus active
à la vie politique du pays ?
La nomination par le recteur est la so-
lution la plus simple, la plus logique la
plus aisée à appliquer, enfin la plus libé-
rale. C'est pour cela sans doute que
M. Bardoux s'y est arrêté. Tous les par-
tisans des bonnes et fécondes réformes
lui en sauront gré.
Ch. GABRIEL.
M. le général Ducrot a jugé convenable
en quittant le 8-= corps d'armée, de lui
adresser un ordre du jour dont il est
difficile d'apercevoir l'utilité. « Soldat
obéissant, il ne m'appartient pas, dit-il,
de chercher les motifs de la décision prise
à mon égard. » Langage qui serait par-
fait s'il pouvait se concilier avec l'obéis-
sance sans phrases dont il importe au-
jourd'hui de donner l'exemple au soldat
Mais les officiers du 8° corps, d'armée sau-
ront faire deux parts dans l'ordre du jour
en question d'un côté les paroles, de
l'autre l'acte lui-même qui n'est pas à imi-
ter, car la discipline serait morte le jour
où les officiers, sans aller jusqu'à discuter
une décision de leurs supérieurs, pour-
raient se permettre d'appeler sur elle le
jugement de leurs subordonnés. Sous une
forme détournée, c'est un appel de ce
genre qui a échappé à la plume du géné-
ral Ducrot cela ressort de l'opposition
que le général établit entre la mesure qui
un compositeur ni une œuvre. Nous au-
rions bien voulu, dans l'intérêt de l'école
française plus encore que dans son inté-
rêt personnel, que M. le directeur de l'O
péra prît-la peine de démentir cette bou-
tade lancée par quelqu'un qui semblait
avoir écouté à la porte de son cabinet.
LeRoideLahore, de MM. Louis Gallet
et Jules Massenet, a été donné pour la
première fois le 27 avril; le 6 août, l'Opéra
a repris la Remède Chypre-, au mois d'oc-
tobre, il a fait débuter M»° Richard da£*
la Favorite,- le mois suivant, il a donnél"
première représentation du Fandango
ballet en un acte, de MM. Ludovic Halévy
et Henri Meilhao, musique de M. Salvayre
et enfin, quelques jours après, a eu Ifeù
la reprise de V Africaine. Deux reprises
importantes,. un début, un opéra, et un
balle nouveaux, c'est sans doute tout ce
que l'Opéra pouvait faire et tout ce qu'il
a fait, L Opéra n'a jamais été bien vite en
besogne, et on a eu beau lui citer l'exeni
P de certain* théâtres étrangers, et ûes
plus considérables, cela n'a jamais piqui
au vif son amour-propre, cela m rï\L
mais stimulé. La lenteur des études
l'Opéra est chose traditionnelle. Par con
sequent, puisqu'un directeur peut vous
dire je me eonforme à la tradition, on
na absolument rien à lui reprocher.
Au commencement de l'année, l'Opëra-
Comique a fait, avec les reprises de C'en-
da~illaaa et de la Péte dac vill~ge voisiv, une
excursion dans le vieux répertoire qui a •
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 73.4%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 73.4%.
- Collections numériques similaires Delisle Guillaume Delisle Guillaume /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Delisle Guillaume" or dc.contributor adj "Delisle Guillaume")Cours du Mississipi, [carte 14, 36] par M Dumont de Montigny /ark:/12148/btv1b101182641.highres Voyages du chevalier Chardin, en Perse, et autres lieux de l'Orient : enrichis d'un grand nombre de belles figures en taille-douce [...]. Atlas (Nouvelle édition) / par L. Langlès /ark:/12148/btv1b108948076.highresRiccioli Giovanni Battista Riccioli Giovanni Battista /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Riccioli Giovanni Battista" or dc.contributor adj "Riccioli Giovanni Battista") Berey Claude Auguste Berey Claude Auguste /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Berey Claude Auguste" or dc.contributor adj "Berey Claude Auguste")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k460325r/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k460325r/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k460325r/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k460325r/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k460325r
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k460325r
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k460325r/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest