Titre : L'Oranie populaire : hebdomadaire fédéral du Parti populaire français / président Jacques Doriot
Auteur : Parti populaire français. Fédération (Oran). Auteur du texte
Auteur : Parti populaire français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Oran)
Date d'édition : 1937-11-27
Contributeur : Doriot, Jacques (1898-1945). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32829454n
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 416 Nombre total de vues : 416
Description : 27 novembre 1937 27 novembre 1937
Description : 1937/11/27 (A1,N30). 1937/11/27 (A1,N30).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62299197
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-JO-1767
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/01/2013
LOrame mm m populaire
HEBDOMADAIRE DE LA FEDERATION D'ORAN DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS. — Président : Jacques DORIOT
Première année. - N* 30.
Prix du Numéro :
0,50
Rédaction, Administration, Publicité : 5, Boulevard Galliéni - ORAN. - Tél. 210-45
Prix du Numéro :
0,50
Samedi 27 Novembre 1937.
HEUREUX INDICE
L
E « Semeur » de la semai-
ne dernière nous annon-
ce le mécontentement
.1. • A -» n ;
aes marxistes ae rerrc-
gaux. Cette nouvelle nous est
agréable car elle est l'indice du
changement qui s'est produit
dans la « Citadelle rouge de
FOranie ».
Alors qu'il y a peu de temps
encore, les Nationaux de Per-
régaux n'osaient sortir de chez
eux et - vivaient sous un - régime
de terreur, on vit le 11 Novem-
bre dernier un cortège impo-
sant de Nationaux aller dépo-
ser une gerbe de fleurs au pied
du Monument aux Morts.
Les marxistes voulurent imi-
ter ce geste. Ils rassemblèrent
beaucoup de moins de monde,
leur cortège faisait triste mine.
On a beaucoup critiqué l'ac-
tion du P.P.F.
Nombreux. étaient ceux qui
pensaient qu'il convenait d'a-
bandonner purement et simple-
ment Perrégaux à l'influence
marxiste.
Ce ne fut jamais l'avis de no-
par Gaston VIDAL
Secrétaire fédéral,
Membre du Comité Central.
tre Parti et malgré les opinions
contraires, nous jugeâmes bon
de persévérer dans nos efforts.
Aujourd'hui les Nationaux
ne vivent plus dans la terreur.
Non seulement ils sortent indi-
viduellement de chez eux, mais
encore, ils n'ont pas craint de
.se réunir le jour de la Fête de
la Victoire pour honorer les hé-
ros de la grande guerre,, chose
que les socialo-communistes ne
leur auraient pas permis de
faire un an plus tôt.
Nous avons le droit d'écrire
que nos militants sont à la base
de ce changement de situation.
Nous sommes heureux d'en-
registrer ce succès dont le mé-
rite revient à la poignée de
Perrégaulois qui n'ont pas hé-
sité, malgré les risques qu'ils
couraient à secouer la torpeur
de leurs concitoyens.
Tout cela n'était point fait
pour plaire au correspondant
socialo-communiste du Semeur
qui tente de tourner en ridicule
ceux qui pieusement sont allés
rendre aux Morts l'hommage
qui leur est dû. Le Curé de Per-
régaux lui-même n'est pas
épargné; les marxistes lui re-
prochent de prier pour ceux
qui ont fait le sacrifice de leur
vie. Pourtant, nous entendrons
encore certains propagandistes
communistes dire qu'ils ne sont
point les ennemis des Catholi-
ques; il suffit cependant de les
suivre dans leur action pour
être fixés.
Pour nous, la cérémonie du
11 Novembre à Perrégaux est
un encouragement.
Nos Amis de cette ville con-
tinueront de rassembler autour
d'eux les adversaires de Mos-
cou, ainsi peu à peu dans le
calme qui convient à ceux qui
ont entrepris une noble beso-
gne, Perrégaux redeviendra la
belle Cité Française où s'allienl
harmonieusement le travail des
champs et des ateliers.
Lettre ouyerte i E Mmrt SflRKAilT
Nous lisons dans Oran-Répu-
blicain du 25 novembre, une
information qui, si elle est
vraie — et l'organe du Front
Populaire se targue de dire
.tts~ttrs la vérité - eat--de na-
ture à jeter le désarroi parmi
les paisibles et laborieuses po-
pulations d'Algérie. -
Voici intégralement repro-
duite, cette information :
M. Sarraut fait confiance
aux communistes
« Ajoutons que certains com-
missaires ont indiqué dans les
couloirs que le ministre a été
amené à s'expliquer sur la pro-
pagande du parti communiste
en Algérie.
« M. Sarraut aurait indiqué,
notamment, que lorsqu'il avait
dénoncé en 1925 les méfaits de
cette propagande, celle-ci était
dirigée par un homme qui a,
depuis lors, quitté le parti com-
muniste et qui menait à ce mo-
ment-là une action antinatio-
nale dangereuse. Mais mainte-
nant le parti communiste a pris
une position toute différente. Il
ne fait plus profession d'anti-
patriotisme et a pris une atti-
tude nationale qui permet ac-
tuellement à M. Sarraut de lui
faire confiance. »
Nous pensons, Monsieur le
Ministre, que ce ne sont là que
des affirmations purement fan-
taisistes. Toutefois, il importe
que vous donniez l'assurance
formelle iaux populations algé-
riennes que votre mission est
de les défendre. @
Ce ne serait pas les rassurer
en vous déclarant l'ami des
communistes, l'ami de ceux
qui, inlassablement, avec des
moyens légaux ou illégaux —
je les connais — sapent l'œu-
vre française dans les colonies,
afin d'affaiblir (c'est leur jar-
gon officiel) la puissance de
l'Impérialisme français, au
profit de la IIIe Internationale.
Les Français d'Algérie, qu'ils
soient français d'origine, néos
ou musulmans, attendent de
vous, Monsieur le Ministre, une
déclaration franche, sans équi-
voque.
Comme ils savent que le
communisme n'a pas changé à
l'égard du colonialisme, ils
veulent être sûrs que votre opi-
nion à l'encontre du commu-
nisme n'a pas changé non plus
et que vous pensez touj ours,
comme en 1925, que le « Com-
munisme voilà l'ennemi ».
M. GARAU,
ancien Secrétaire Régional
du Parti Communiste Algérien.
DES ABONNÉS
pour le journal
Pour qu'un journal, comme le nôtre, parvienne à
équilibrer son budget, il lui faut des abonnés, le maxi-
mum d'abonnés.
Certaines sections, Tiaret, Relizane, par exemple, l'ont
fort bien compris et ont fait leur devoir. D'autres, au
contraire, se sont complètement désintéressées de cette
question.
Il faut qu'elles rattrapent le temps perdu.
Jusqu'à la fin de l'année, nous conserverons les anciens
tarifs, soit un an : 20 francs ; six mois : 11 francs ;
3 mois : 7 francs. Mais à partir du 1er janvier 1936, en
raison de-l'accroissement notable du prix du papier
journal et des frais d'impression, nous serons contraints
d'augmenter le taux des abonnements, strictement dans
la mesure où nos propres charges se sont accrues.
Camarades, soutenez votre journal, profitez en masse
des tarifs actuels, abonnez-vous, faites des abonnés,
diffusez L'Oranie Populaire.
L'ORANIE POPULAIRE.
Leur vrai visaee
AVANT LA FRANCE,
AVANT LA CIVILISATION, !
il y a Staline
et l'Union
Soviétique
C'est bien ce qu'il faut croire
d'après le petit morceau de lit-
térature épistolaire que le lè-
che - chaussettes-russes Thorez
a fait publier dans l'Humanité
et que nous reproduisons ci-
dessous, sans autres commen-
taires :
A l'issue de la conférence de
la section communiste divry,
présidée par Maurice Thorez,
l'adresse ci-après a été envoyée
au camarade Staline :
« Cher camarade Staline,
« Les camarades communis-
tes d'Ivry,. réunis en conféren-
ce, au nom de ses 2.500 adhé-
rents, saluent en toi le digne
continuateur du grand Lénine.
« Toi, le plus haï par tow
la réaction et les fascistes, l
es aussi l'homme le plus aim
par les travailleurs du mono
entier et de ceux divry en pŒ
ticulier, parce que tu es celui
qui défend le mieux la cause
de la classe ouvrière, la cause
de la paix et de la liberté.
« Tous nos regards sont tour-
nés vers l'Union Soviétique qui
démontre à son 20e anniversai-
re que le socialisme apportera
le bonheur à tous les peuples
du monde.
« Que soit longue ta vie, cher
ami Staline, toi que nous ai-I
mons par dessus tout.
« Vive l'Union Soviétique !
« Vive notre cher Staline!.»
La France est bien loin de
leurs soucis. Périsse notre chè-
re Patrie, pourvu que Staline
ait longue vie ! !
Le problème qui se pose, c'est
de substituer à la doctrine de la
lutte des classes une doctrine de
collaboration des hommes.
Lousteau. — Création,
Capital, Travail.
A mes frères musulmans
UNISSONS.
NOUS !
avec les bons
FRANÇAIS
Après dix-huit mois de Front
Populaire la situation des mu-
sulmans en Algérie n'a pas va-
rié ; le pouvoir d'achat reste le
même, car les salaires, s'ils ont
été légèrement relevés, le coût
de la vie a augmenté aussi et
dans de fortes proportions. La
semoule, l'huile et, en général,
toutes les denrées de première
nécessité pour les les laborieu-
ses populations indigènes, sont
parmi celles qui ont augmenté
le plus.
Le taudis est resté le taudis ;
le gourbi est resté le gourbi.
Nos enfants n'ont guère plus
d'écoles qu'auparavant.
Le gros effort du Front po-
pulaire a porté sur « nos » re-
vendications politiques fabri-
quées de toutes pièces par les
politiciens professionnels des
partis socialiste et communiste.
En somme, nous ne devenons
intéressants que lorsqu'il s'agit
de faire de nous de la chair à
voter en attendant de nous fai-
re devenir de la chair à canon
pour la gloire de Staline.
Après dix-huit mois de Front
Populaire on nous promet en-
fin des réalisations. Monsieur
Albert Serrant esîrenvoy é a no-
tre secours. Quel espoir peut-
on fonder sur ses promesses ?
Il nous parle aussi de politique.
Pour faire risétte aux com-
munistes, véritables ennemis
de la paix sociale dont nous
avons tant besoin, oubliera-t-il
aussi nos revendications les
plus élémentaire, le pain, l'ha-
bitation, l'Ecole ?
Nous ne voulons pas le croi-
re. En attendant, groupons-
nous autour des gens de coeur,
des bons français qui compren-
nent que seule une union fra-
ternelle des bons musulmans
et des bons français pourra fai-
re aboutir, dans l'ordre, les re-
vendications qui devront ap-
porter plus de bien-être au
peuple musulman.
Groupons-nous autour de
Jacques Doriot, le véritable
apôtre de la Paix sociale, le
seul qui pense sincèrement à
améliorer le sort des musul-
mans d'Algérie en travaillant
en même temps à la grandeur
de l'Empire Français.
BEN ALI.
le P.P.FJIl'Empire
L'Emancipation Nationale
vient de faire paraître un nu-
méro entièrement consacré à
l'Empire Français.
Chaque militant du P.P.F.
doit se procurer ce numéro,
le lire, le faire lire.
En outre, la rédaction de
L'Emancipation Nationale pré-
pare sur les indications de
notre camarade Arrighi un nu-
méro d'études sur notre em-
pire africain.
Il contiendra, en particu-
lier, l'exposé, par notre cama-
rade Bentami, de la politique
que le P.P.F. pratique à l'égard
de nos frères musulmans.
Il précisera la politique éco-
nomique impériale que le chef
du Parti et le camarade Arri-
ghi ont exposé au Congrès de
Saint-Denis.
Paul Guitard, actuellement
en tournée en Afrique du Nord,
recueille les éléments pour cet
important numéro que tous les
militants devront se procurer.
LA CHANCE
parPaul-GUITARD,
Membre du Comité Central
du Parti Populaire Français
DU VOYAGEUR
Le destin, les circonstances, et
aussi mon goût personnel ont voulu
que je sois journaliste, et cette der-
nière profession m'a valu de voya-
ger quelquefois. On a dit que les
voyages formaient la jeunesse ! Ces
jours-ci, Jacques Doriot, parlant du
pâle et falot Yvon Delbos, émettait
des doutes sur leur faculté à former
des ministres. Je ne suis plus très
jeune, hélas ! Je ne suis pas minis-
tre, ni sur le chemin de l'être, mais,
depuis dix-huit mois, je dois beau-
coup aux voyages.
Auparavant, quand, reporter au
service d'un grand journal d'infor-
mations, il m'arrivait de débarquer
dans une quelconque ville de pro-
vince, ou de l'étranger, inconnue,
qui me semblait, je ne sais pourquoi
d'ailleurs, hostile, par le froid ou
par la pluie, je me sentais, dès l'a-
bord, dépaysé, seul. Dieu merci, il
y avait ce qu'on appelle le « bou-
lot » qui m'obligeait à vaincre ces
moments de lassitude. Mais, aujour-
d'hui, je ne connais même pas ces
poussées de « cafard » passagères
et peut-être puériles. C'est que par-
tout où je passe, je ne me sens plus
seul.
Il y a un fait nouveau dans ma
vie.
Il a un nom, ce fait nouveau, ma-
gnifique et simple.
Il s'appelle le Parti Populaire
Français.
Je ne cherche point à faire ce
qu'on appelle vulgairement du sen-
timent. Je dis ce que je pense com-
me je le pense. Si je parle de moi,
à la première personne, c'est parce
que je crois apporter un témoignage
sincère.
Chance du voyageur. Camarade
.du Parti Populaire Français, tu
peux actuellement visiter une ville
que tu ignores, bien vite tu te sen-
tiras chez toi.
Tu flâneras dans les rues, au ha-
sard, d'abord, laissant aller tes pas
au gré de ton inspiration. Tu erre-
L'EMPIRE
sauvera
LA FRANCE
Dans un monde troublé, où
une nouvelle crise du capita-
lismelisme s'apprête à attein-
dre l'économie libérale en
plein cœur, et sans doute, cette
fois pour toujours, seuls survi-
vront les peuples possédant des
matières premières — donc un
empire solidement organisé.
Dans un monde où la guerre
rôde, nos colonies sont la proie
toute désignée des agresseurs.
Si nous ne redressons pas le
moral des colonisateurs - et des
colonies, si nous ne prenons
pas enfin conscience de la ri-
chesse formidable et mal em-
ployée que nous détenons, un
jour ou l'autre, par fatalité
historique, cette dernière sera
ravie.
De deux choses l'une. Ou la
France retrouve son Empire, y
envoie en masse ses travail-
leurs, ses cadres, ses capitaux,
ses idées — ou elle Derd cet
Empire et devient un peuple
subalterne.
La grandeur de Jacques Do-
riot est d'avoir compris dans
son intimité la vaste tragédie
qui se prépare ; d'en avoir étu-
dié les motifs et mis au point
les solutions. Puis d'avoir fait
de l'idée impériale le cœur de
son action politique. y
Après lui, redisons de toutes
nos forces, avec gratitude : Edi-
fions demain l'Empire, car
l'Empire sauvera la France.
Jacques SAINT-GERMAIN.
ras, le nez au vent, cherchant quel-
que chose. Quoi ? Tu le sais bien,
voyons. Ton attente ne sera pas
longue. Tu ne tarderas pas à le
rencontrer ce jeune homme, cet ou-
vrier, cet employé, cet étudiant, ce
médecin, cet ingénieur, porteur de
l'insigne, à éclat rouge, qui te ren-
seignera.
— Camarade du parti ?
— Bien sûr. Et toi ?
— Dis où est la permanence ?
Et, très vite, tu te retrouveras
dans une salle décorée des fanions,
images des drapeaux de la Fédéra-
tion, avec, dans le fond, se déta-
chant l'effigie puissante et vivante
de notre chef — les pires - chromos
eux-mêmes ne peuvent rien contre
les traits de Doriot — avec les por-
traits de ceux que tu aimes, suivant
tes goûts personnels : les Barbé, les
Marion, les Arrighi, les Teulade, les
Loustau, les Marshall, les Popelin.
Déjà, mon vieux, tu es en famille.
On t'entoure, on te presse de
questions. On t'enserre. On ne te
laisse pas le temps de respirer. Les
militants de la base, surtout, ne te
lâchent pas.
- Que fait le chef ?
'--:- Alors, à Paris, ça va ?
- Et le Front de la Liberté ?
— Parle-moi du dernier meeting
du Vel' d'Hiv'.
— « La Liberté », ça marche.
— Et l' « Eman » ?
— « Je suis Partout », « Candi-
de », « Le Jour », ont l'air d'ap-
puyer notre action. Qu'en penses-
tu ?
— Martg a pu xevment en France. Quel salaud!
— Tu parles. Et Duclos!
— Pourrons-nous empêcher la
guerre ?.
On te tutoie, tu n'en es pas^fâché.
Au contraire. Car, chez nous, le tu-
toiement n'a rien de canaille ni de
bassement familier. Il respecte ta
personnalité. Il est un peu comme
le « tu » et le « toi » du citoyen
romain, impérial, digne et respec-
tueux. On se prend les mains, on
se regarde en face. Mais on ne se
tape pas sur le ventre. On est entre
hommes qui s'estiment, se mesurent
et se jugent.
C'est cela qui me plaît dans le
P.P.F.
Il y a, socialement, des classes
sociales.
Moralement, il n'y en a pas chez
nous.
Le médecin, le notaire, l'avoué,
sont les amis de l'ouvrier, des pay-
sans, de l'employé, du bohème. Ils
doivent, cœur et âme, s'efforcer de
l'être. A la ville comme à la perma-
nence, il ne saurait y avoir de dif-
férence. L'homme en casquette —
qui ne sera jamais un salopard —
fraternise avec l'homme en cha-
peau mou.
Rien ne m'a jamais fait tant en-
rager, quand, dans certains milieux
« bourgeois », j'entends dire de
personnes hupées :
— Ce sont des « gens bien ».
Il m'arrivait de demander naïve-
ment :
— Pourquoi ?
La réponse était. toujours la mê-
me :
— Hé ! ils ont cent mille francs
de rente. »
Eh bien, chez nous, les « gens
bien » sont ceux de notre parti,
ceux qui s'inspirent de l'exemple
de Doriot ; qu'ils aient ceux-là, un
ou cent liards en poche !
Ce ne sont pas des phrases desti-
nées à la propagande que j'écris,
mais des lignes tirées de la réalité.
Il y a trois mois, je parcourais
les routes de France.
Je parcours, aujourd'hui, les voies
impériales de l'Afrique du Nord !
Partout, j'ai trouvé le même ac-
cueil, cet accueil P.P.F. qui vous
fait chaud au cœur.
Je ne sais rien, pour ma part, de
plus émouvant que la réception que
nous firent les colons de Médrissa
ou d'Aïn-Kermès, sur les Hauts-
Plateaux de l'Oranie. Tant de fer-
veur à l'égard du parti, de son chef,
de la part de ces hommes qui lut-
tent depuis des années, désespéré-
ment, contre la misère, contre l'im-
bécillité pe PAdminisLration, contre
le climat, contre le sol hostile, con-
tre l'ambiance redoutable, contre
tant d'ennemis tapis dans l'ombre,
ne peuvent que nous toucher infini-
ment. Et ceux de Berkane, au Maroc
Oriental. Et là fraternelle collabora-
tion que j'ai trouvée auprès de tous
nos camarades d'Alger, d'Oran, de
Sidi-bel-Abbès, de Tiaret, d'Oujda,
de Fès, de Meknès, de Sétif, de
Constantine, de Philippeville, de
Bône, etc.
Une constatation s'impose: La
force du Parti.
Quantité et qualité.
Un parti d'hommes.
On me dit que l'Algérien est sans
nuances.
Tant mieux. Ses réflexes peuvent
être d'acier et son caractère tran-
chant comme l'épée.
Chef, tu peux être fier de l'œuvre
accomplie par les hommes de Do-
riot en Afrique du Nord. Ils sont
dignes de ton. exemple. Ils suivent
la voie que tu leur as tracée. Us
ont les vertus qui font d'eux les
combattants de la paix et de la
France retrouvée. -
Et vous, mes grands amis, Victor
Arrighi, subtil et fort, animateur,
directeur remarquable, sous l'égide
de Doriot ; Fossati, tout entier,
toute flamme ; Vidal, organisateur
infatigable, et la pléiade de vos col-
laborateurs, permettez à un modeste
Journaliste. venu du continent, de
vous dire toute l'admiration qu'il
ressent devant l'œuvre accomplie.
De retour à Paris, il essaiera, ce
journaliste, de faire comprendre, de
faire connaître la portée de votre
effort et les difficultés qui l'accom-
pagnent.
Il voudrait réussir.
Ce sera difficile, car il y a beau-
coup à exprimer.
Mais, conscient d'avoir, en un an,
beaucoup vu, beaucoup, appris beau-
coup retenu, dans les sphères du
parti, vous l'écouterez quand il vous
dira :
— Camarades du P.P.F., nous
formons une grande communauté
fraternelle. Nous ne sommes pas des
orphelins. Nous ne sommes pas en-
core tellement nombreux, mais nous
nous serrons les uns contre les au-
tres. Nous sommes deux cent cin-
quante mille qui en valons des mil-
lions. Car si nous, nous étions des
millions, que ne ferions-nous pas,
le plus normalement, le plus légale-
ment du monde, n'est-ce pas, Cama-
rades ? Dans l'ordre et dans la paix,
il y aurait quelque chose de changé
en France. A la réalisation de cet
essai, nous parviendrons. Car nous
l'avons décidé, car nous le voulons.
Surtout parce que nous nous ai-
mons, nous nous comprenons et
nous voulons nous faire compren-
dre des autres.
Camarades du P.P.F., forts de
cette communion affectueuse, nous
pouvons nous le dire entre nous :
au fond NOUS SOMMES DES VEI-
NARDS !
Paul GUITARD.
« L'Oranie
populaire »
OUVRE UNE
Souscription
permanente
(Lire notre appel
en deuxième page)
HEBDOMADAIRE DE LA FEDERATION D'ORAN DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS. — Président : Jacques DORIOT
Première année. - N* 30.
Prix du Numéro :
0,50
Rédaction, Administration, Publicité : 5, Boulevard Galliéni - ORAN. - Tél. 210-45
Prix du Numéro :
0,50
Samedi 27 Novembre 1937.
HEUREUX INDICE
L
E « Semeur » de la semai-
ne dernière nous annon-
ce le mécontentement
.1. • A -» n ;
aes marxistes ae rerrc-
gaux. Cette nouvelle nous est
agréable car elle est l'indice du
changement qui s'est produit
dans la « Citadelle rouge de
FOranie ».
Alors qu'il y a peu de temps
encore, les Nationaux de Per-
régaux n'osaient sortir de chez
eux et - vivaient sous un - régime
de terreur, on vit le 11 Novem-
bre dernier un cortège impo-
sant de Nationaux aller dépo-
ser une gerbe de fleurs au pied
du Monument aux Morts.
Les marxistes voulurent imi-
ter ce geste. Ils rassemblèrent
beaucoup de moins de monde,
leur cortège faisait triste mine.
On a beaucoup critiqué l'ac-
tion du P.P.F.
Nombreux. étaient ceux qui
pensaient qu'il convenait d'a-
bandonner purement et simple-
ment Perrégaux à l'influence
marxiste.
Ce ne fut jamais l'avis de no-
par Gaston VIDAL
Secrétaire fédéral,
Membre du Comité Central.
tre Parti et malgré les opinions
contraires, nous jugeâmes bon
de persévérer dans nos efforts.
Aujourd'hui les Nationaux
ne vivent plus dans la terreur.
Non seulement ils sortent indi-
viduellement de chez eux, mais
encore, ils n'ont pas craint de
.se réunir le jour de la Fête de
la Victoire pour honorer les hé-
ros de la grande guerre,, chose
que les socialo-communistes ne
leur auraient pas permis de
faire un an plus tôt.
Nous avons le droit d'écrire
que nos militants sont à la base
de ce changement de situation.
Nous sommes heureux d'en-
registrer ce succès dont le mé-
rite revient à la poignée de
Perrégaulois qui n'ont pas hé-
sité, malgré les risques qu'ils
couraient à secouer la torpeur
de leurs concitoyens.
Tout cela n'était point fait
pour plaire au correspondant
socialo-communiste du Semeur
qui tente de tourner en ridicule
ceux qui pieusement sont allés
rendre aux Morts l'hommage
qui leur est dû. Le Curé de Per-
régaux lui-même n'est pas
épargné; les marxistes lui re-
prochent de prier pour ceux
qui ont fait le sacrifice de leur
vie. Pourtant, nous entendrons
encore certains propagandistes
communistes dire qu'ils ne sont
point les ennemis des Catholi-
ques; il suffit cependant de les
suivre dans leur action pour
être fixés.
Pour nous, la cérémonie du
11 Novembre à Perrégaux est
un encouragement.
Nos Amis de cette ville con-
tinueront de rassembler autour
d'eux les adversaires de Mos-
cou, ainsi peu à peu dans le
calme qui convient à ceux qui
ont entrepris une noble beso-
gne, Perrégaux redeviendra la
belle Cité Française où s'allienl
harmonieusement le travail des
champs et des ateliers.
Lettre ouyerte i E Mmrt SflRKAilT
Nous lisons dans Oran-Répu-
blicain du 25 novembre, une
information qui, si elle est
vraie — et l'organe du Front
Populaire se targue de dire
.tts~ttrs la vérité - eat--de na-
ture à jeter le désarroi parmi
les paisibles et laborieuses po-
pulations d'Algérie. -
Voici intégralement repro-
duite, cette information :
M. Sarraut fait confiance
aux communistes
« Ajoutons que certains com-
missaires ont indiqué dans les
couloirs que le ministre a été
amené à s'expliquer sur la pro-
pagande du parti communiste
en Algérie.
« M. Sarraut aurait indiqué,
notamment, que lorsqu'il avait
dénoncé en 1925 les méfaits de
cette propagande, celle-ci était
dirigée par un homme qui a,
depuis lors, quitté le parti com-
muniste et qui menait à ce mo-
ment-là une action antinatio-
nale dangereuse. Mais mainte-
nant le parti communiste a pris
une position toute différente. Il
ne fait plus profession d'anti-
patriotisme et a pris une atti-
tude nationale qui permet ac-
tuellement à M. Sarraut de lui
faire confiance. »
Nous pensons, Monsieur le
Ministre, que ce ne sont là que
des affirmations purement fan-
taisistes. Toutefois, il importe
que vous donniez l'assurance
formelle iaux populations algé-
riennes que votre mission est
de les défendre. @
Ce ne serait pas les rassurer
en vous déclarant l'ami des
communistes, l'ami de ceux
qui, inlassablement, avec des
moyens légaux ou illégaux —
je les connais — sapent l'œu-
vre française dans les colonies,
afin d'affaiblir (c'est leur jar-
gon officiel) la puissance de
l'Impérialisme français, au
profit de la IIIe Internationale.
Les Français d'Algérie, qu'ils
soient français d'origine, néos
ou musulmans, attendent de
vous, Monsieur le Ministre, une
déclaration franche, sans équi-
voque.
Comme ils savent que le
communisme n'a pas changé à
l'égard du colonialisme, ils
veulent être sûrs que votre opi-
nion à l'encontre du commu-
nisme n'a pas changé non plus
et que vous pensez touj ours,
comme en 1925, que le « Com-
munisme voilà l'ennemi ».
M. GARAU,
ancien Secrétaire Régional
du Parti Communiste Algérien.
DES ABONNÉS
pour le journal
Pour qu'un journal, comme le nôtre, parvienne à
équilibrer son budget, il lui faut des abonnés, le maxi-
mum d'abonnés.
Certaines sections, Tiaret, Relizane, par exemple, l'ont
fort bien compris et ont fait leur devoir. D'autres, au
contraire, se sont complètement désintéressées de cette
question.
Il faut qu'elles rattrapent le temps perdu.
Jusqu'à la fin de l'année, nous conserverons les anciens
tarifs, soit un an : 20 francs ; six mois : 11 francs ;
3 mois : 7 francs. Mais à partir du 1er janvier 1936, en
raison de-l'accroissement notable du prix du papier
journal et des frais d'impression, nous serons contraints
d'augmenter le taux des abonnements, strictement dans
la mesure où nos propres charges se sont accrues.
Camarades, soutenez votre journal, profitez en masse
des tarifs actuels, abonnez-vous, faites des abonnés,
diffusez L'Oranie Populaire.
L'ORANIE POPULAIRE.
Leur vrai visaee
AVANT LA FRANCE,
AVANT LA CIVILISATION, !
il y a Staline
et l'Union
Soviétique
C'est bien ce qu'il faut croire
d'après le petit morceau de lit-
térature épistolaire que le lè-
che - chaussettes-russes Thorez
a fait publier dans l'Humanité
et que nous reproduisons ci-
dessous, sans autres commen-
taires :
A l'issue de la conférence de
la section communiste divry,
présidée par Maurice Thorez,
l'adresse ci-après a été envoyée
au camarade Staline :
« Cher camarade Staline,
« Les camarades communis-
tes d'Ivry,. réunis en conféren-
ce, au nom de ses 2.500 adhé-
rents, saluent en toi le digne
continuateur du grand Lénine.
« Toi, le plus haï par tow
la réaction et les fascistes, l
es aussi l'homme le plus aim
par les travailleurs du mono
entier et de ceux divry en pŒ
ticulier, parce que tu es celui
qui défend le mieux la cause
de la classe ouvrière, la cause
de la paix et de la liberté.
« Tous nos regards sont tour-
nés vers l'Union Soviétique qui
démontre à son 20e anniversai-
re que le socialisme apportera
le bonheur à tous les peuples
du monde.
« Que soit longue ta vie, cher
ami Staline, toi que nous ai-I
mons par dessus tout.
« Vive l'Union Soviétique !
« Vive notre cher Staline!.»
La France est bien loin de
leurs soucis. Périsse notre chè-
re Patrie, pourvu que Staline
ait longue vie ! !
Le problème qui se pose, c'est
de substituer à la doctrine de la
lutte des classes une doctrine de
collaboration des hommes.
Lousteau. — Création,
Capital, Travail.
A mes frères musulmans
UNISSONS.
NOUS !
avec les bons
FRANÇAIS
Après dix-huit mois de Front
Populaire la situation des mu-
sulmans en Algérie n'a pas va-
rié ; le pouvoir d'achat reste le
même, car les salaires, s'ils ont
été légèrement relevés, le coût
de la vie a augmenté aussi et
dans de fortes proportions. La
semoule, l'huile et, en général,
toutes les denrées de première
nécessité pour les les laborieu-
ses populations indigènes, sont
parmi celles qui ont augmenté
le plus.
Le taudis est resté le taudis ;
le gourbi est resté le gourbi.
Nos enfants n'ont guère plus
d'écoles qu'auparavant.
Le gros effort du Front po-
pulaire a porté sur « nos » re-
vendications politiques fabri-
quées de toutes pièces par les
politiciens professionnels des
partis socialiste et communiste.
En somme, nous ne devenons
intéressants que lorsqu'il s'agit
de faire de nous de la chair à
voter en attendant de nous fai-
re devenir de la chair à canon
pour la gloire de Staline.
Après dix-huit mois de Front
Populaire on nous promet en-
fin des réalisations. Monsieur
Albert Serrant esîrenvoy é a no-
tre secours. Quel espoir peut-
on fonder sur ses promesses ?
Il nous parle aussi de politique.
Pour faire risétte aux com-
munistes, véritables ennemis
de la paix sociale dont nous
avons tant besoin, oubliera-t-il
aussi nos revendications les
plus élémentaire, le pain, l'ha-
bitation, l'Ecole ?
Nous ne voulons pas le croi-
re. En attendant, groupons-
nous autour des gens de coeur,
des bons français qui compren-
nent que seule une union fra-
ternelle des bons musulmans
et des bons français pourra fai-
re aboutir, dans l'ordre, les re-
vendications qui devront ap-
porter plus de bien-être au
peuple musulman.
Groupons-nous autour de
Jacques Doriot, le véritable
apôtre de la Paix sociale, le
seul qui pense sincèrement à
améliorer le sort des musul-
mans d'Algérie en travaillant
en même temps à la grandeur
de l'Empire Français.
BEN ALI.
le P.P.FJIl'Empire
L'Emancipation Nationale
vient de faire paraître un nu-
méro entièrement consacré à
l'Empire Français.
Chaque militant du P.P.F.
doit se procurer ce numéro,
le lire, le faire lire.
En outre, la rédaction de
L'Emancipation Nationale pré-
pare sur les indications de
notre camarade Arrighi un nu-
méro d'études sur notre em-
pire africain.
Il contiendra, en particu-
lier, l'exposé, par notre cama-
rade Bentami, de la politique
que le P.P.F. pratique à l'égard
de nos frères musulmans.
Il précisera la politique éco-
nomique impériale que le chef
du Parti et le camarade Arri-
ghi ont exposé au Congrès de
Saint-Denis.
Paul Guitard, actuellement
en tournée en Afrique du Nord,
recueille les éléments pour cet
important numéro que tous les
militants devront se procurer.
LA CHANCE
parPaul-GUITARD,
Membre du Comité Central
du Parti Populaire Français
DU VOYAGEUR
Le destin, les circonstances, et
aussi mon goût personnel ont voulu
que je sois journaliste, et cette der-
nière profession m'a valu de voya-
ger quelquefois. On a dit que les
voyages formaient la jeunesse ! Ces
jours-ci, Jacques Doriot, parlant du
pâle et falot Yvon Delbos, émettait
des doutes sur leur faculté à former
des ministres. Je ne suis plus très
jeune, hélas ! Je ne suis pas minis-
tre, ni sur le chemin de l'être, mais,
depuis dix-huit mois, je dois beau-
coup aux voyages.
Auparavant, quand, reporter au
service d'un grand journal d'infor-
mations, il m'arrivait de débarquer
dans une quelconque ville de pro-
vince, ou de l'étranger, inconnue,
qui me semblait, je ne sais pourquoi
d'ailleurs, hostile, par le froid ou
par la pluie, je me sentais, dès l'a-
bord, dépaysé, seul. Dieu merci, il
y avait ce qu'on appelle le « bou-
lot » qui m'obligeait à vaincre ces
moments de lassitude. Mais, aujour-
d'hui, je ne connais même pas ces
poussées de « cafard » passagères
et peut-être puériles. C'est que par-
tout où je passe, je ne me sens plus
seul.
Il y a un fait nouveau dans ma
vie.
Il a un nom, ce fait nouveau, ma-
gnifique et simple.
Il s'appelle le Parti Populaire
Français.
Je ne cherche point à faire ce
qu'on appelle vulgairement du sen-
timent. Je dis ce que je pense com-
me je le pense. Si je parle de moi,
à la première personne, c'est parce
que je crois apporter un témoignage
sincère.
Chance du voyageur. Camarade
.du Parti Populaire Français, tu
peux actuellement visiter une ville
que tu ignores, bien vite tu te sen-
tiras chez toi.
Tu flâneras dans les rues, au ha-
sard, d'abord, laissant aller tes pas
au gré de ton inspiration. Tu erre-
L'EMPIRE
sauvera
LA FRANCE
Dans un monde troublé, où
une nouvelle crise du capita-
lismelisme s'apprête à attein-
dre l'économie libérale en
plein cœur, et sans doute, cette
fois pour toujours, seuls survi-
vront les peuples possédant des
matières premières — donc un
empire solidement organisé.
Dans un monde où la guerre
rôde, nos colonies sont la proie
toute désignée des agresseurs.
Si nous ne redressons pas le
moral des colonisateurs - et des
colonies, si nous ne prenons
pas enfin conscience de la ri-
chesse formidable et mal em-
ployée que nous détenons, un
jour ou l'autre, par fatalité
historique, cette dernière sera
ravie.
De deux choses l'une. Ou la
France retrouve son Empire, y
envoie en masse ses travail-
leurs, ses cadres, ses capitaux,
ses idées — ou elle Derd cet
Empire et devient un peuple
subalterne.
La grandeur de Jacques Do-
riot est d'avoir compris dans
son intimité la vaste tragédie
qui se prépare ; d'en avoir étu-
dié les motifs et mis au point
les solutions. Puis d'avoir fait
de l'idée impériale le cœur de
son action politique. y
Après lui, redisons de toutes
nos forces, avec gratitude : Edi-
fions demain l'Empire, car
l'Empire sauvera la France.
Jacques SAINT-GERMAIN.
ras, le nez au vent, cherchant quel-
que chose. Quoi ? Tu le sais bien,
voyons. Ton attente ne sera pas
longue. Tu ne tarderas pas à le
rencontrer ce jeune homme, cet ou-
vrier, cet employé, cet étudiant, ce
médecin, cet ingénieur, porteur de
l'insigne, à éclat rouge, qui te ren-
seignera.
— Camarade du parti ?
— Bien sûr. Et toi ?
— Dis où est la permanence ?
Et, très vite, tu te retrouveras
dans une salle décorée des fanions,
images des drapeaux de la Fédéra-
tion, avec, dans le fond, se déta-
chant l'effigie puissante et vivante
de notre chef — les pires - chromos
eux-mêmes ne peuvent rien contre
les traits de Doriot — avec les por-
traits de ceux que tu aimes, suivant
tes goûts personnels : les Barbé, les
Marion, les Arrighi, les Teulade, les
Loustau, les Marshall, les Popelin.
Déjà, mon vieux, tu es en famille.
On t'entoure, on te presse de
questions. On t'enserre. On ne te
laisse pas le temps de respirer. Les
militants de la base, surtout, ne te
lâchent pas.
- Que fait le chef ?
'--:- Alors, à Paris, ça va ?
- Et le Front de la Liberté ?
— Parle-moi du dernier meeting
du Vel' d'Hiv'.
— « La Liberté », ça marche.
— Et l' « Eman » ?
— « Je suis Partout », « Candi-
de », « Le Jour », ont l'air d'ap-
puyer notre action. Qu'en penses-
tu ?
— Martg a pu xev
— Tu parles. Et Duclos!
— Pourrons-nous empêcher la
guerre ?.
On te tutoie, tu n'en es pas^fâché.
Au contraire. Car, chez nous, le tu-
toiement n'a rien de canaille ni de
bassement familier. Il respecte ta
personnalité. Il est un peu comme
le « tu » et le « toi » du citoyen
romain, impérial, digne et respec-
tueux. On se prend les mains, on
se regarde en face. Mais on ne se
tape pas sur le ventre. On est entre
hommes qui s'estiment, se mesurent
et se jugent.
C'est cela qui me plaît dans le
P.P.F.
Il y a, socialement, des classes
sociales.
Moralement, il n'y en a pas chez
nous.
Le médecin, le notaire, l'avoué,
sont les amis de l'ouvrier, des pay-
sans, de l'employé, du bohème. Ils
doivent, cœur et âme, s'efforcer de
l'être. A la ville comme à la perma-
nence, il ne saurait y avoir de dif-
férence. L'homme en casquette —
qui ne sera jamais un salopard —
fraternise avec l'homme en cha-
peau mou.
Rien ne m'a jamais fait tant en-
rager, quand, dans certains milieux
« bourgeois », j'entends dire de
personnes hupées :
— Ce sont des « gens bien ».
Il m'arrivait de demander naïve-
ment :
— Pourquoi ?
La réponse était. toujours la mê-
me :
— Hé ! ils ont cent mille francs
de rente. »
Eh bien, chez nous, les « gens
bien » sont ceux de notre parti,
ceux qui s'inspirent de l'exemple
de Doriot ; qu'ils aient ceux-là, un
ou cent liards en poche !
Ce ne sont pas des phrases desti-
nées à la propagande que j'écris,
mais des lignes tirées de la réalité.
Il y a trois mois, je parcourais
les routes de France.
Je parcours, aujourd'hui, les voies
impériales de l'Afrique du Nord !
Partout, j'ai trouvé le même ac-
cueil, cet accueil P.P.F. qui vous
fait chaud au cœur.
Je ne sais rien, pour ma part, de
plus émouvant que la réception que
nous firent les colons de Médrissa
ou d'Aïn-Kermès, sur les Hauts-
Plateaux de l'Oranie. Tant de fer-
veur à l'égard du parti, de son chef,
de la part de ces hommes qui lut-
tent depuis des années, désespéré-
ment, contre la misère, contre l'im-
bécillité pe PAdminisLration, contre
le climat, contre le sol hostile, con-
tre l'ambiance redoutable, contre
tant d'ennemis tapis dans l'ombre,
ne peuvent que nous toucher infini-
ment. Et ceux de Berkane, au Maroc
Oriental. Et là fraternelle collabora-
tion que j'ai trouvée auprès de tous
nos camarades d'Alger, d'Oran, de
Sidi-bel-Abbès, de Tiaret, d'Oujda,
de Fès, de Meknès, de Sétif, de
Constantine, de Philippeville, de
Bône, etc.
Une constatation s'impose: La
force du Parti.
Quantité et qualité.
Un parti d'hommes.
On me dit que l'Algérien est sans
nuances.
Tant mieux. Ses réflexes peuvent
être d'acier et son caractère tran-
chant comme l'épée.
Chef, tu peux être fier de l'œuvre
accomplie par les hommes de Do-
riot en Afrique du Nord. Ils sont
dignes de ton. exemple. Ils suivent
la voie que tu leur as tracée. Us
ont les vertus qui font d'eux les
combattants de la paix et de la
France retrouvée. -
Et vous, mes grands amis, Victor
Arrighi, subtil et fort, animateur,
directeur remarquable, sous l'égide
de Doriot ; Fossati, tout entier,
toute flamme ; Vidal, organisateur
infatigable, et la pléiade de vos col-
laborateurs, permettez à un modeste
Journaliste. venu du continent, de
vous dire toute l'admiration qu'il
ressent devant l'œuvre accomplie.
De retour à Paris, il essaiera, ce
journaliste, de faire comprendre, de
faire connaître la portée de votre
effort et les difficultés qui l'accom-
pagnent.
Il voudrait réussir.
Ce sera difficile, car il y a beau-
coup à exprimer.
Mais, conscient d'avoir, en un an,
beaucoup vu, beaucoup, appris beau-
coup retenu, dans les sphères du
parti, vous l'écouterez quand il vous
dira :
— Camarades du P.P.F., nous
formons une grande communauté
fraternelle. Nous ne sommes pas des
orphelins. Nous ne sommes pas en-
core tellement nombreux, mais nous
nous serrons les uns contre les au-
tres. Nous sommes deux cent cin-
quante mille qui en valons des mil-
lions. Car si nous, nous étions des
millions, que ne ferions-nous pas,
le plus normalement, le plus légale-
ment du monde, n'est-ce pas, Cama-
rades ? Dans l'ordre et dans la paix,
il y aurait quelque chose de changé
en France. A la réalisation de cet
essai, nous parviendrons. Car nous
l'avons décidé, car nous le voulons.
Surtout parce que nous nous ai-
mons, nous nous comprenons et
nous voulons nous faire compren-
dre des autres.
Camarades du P.P.F., forts de
cette communion affectueuse, nous
pouvons nous le dire entre nous :
au fond NOUS SOMMES DES VEI-
NARDS !
Paul GUITARD.
« L'Oranie
populaire »
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