Titre : Le Grand écho du Nord de la France
Éditeur : [s.n.] (Lille)
Date d'édition : 1921-07-07
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32783482h
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 juillet 1921 07 juillet 1921
Description : 1921/07/07 (A103,N188). 1921/07/07 (A103,N188).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG59 Collection numérique : BIPFPIG59
Description : Collection numérique : BIPFPIG62 Collection numérique : BIPFPIG62
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Nord-Pas-de-Calais
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4758573z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-85088
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 30/05/2018
LE GRAND ÉCHO DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS
~
EDITION DU MATrtt'
' H4 " 188 ~ i034 ANNEE
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LES AIiIIOIiCES
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"'LtORAPHIt - TÉCtPMON*
15 cent. ( LE PLUS FORT TIRAGE DES JOURNAUX DE LA RÉGION DU NORD ) 15 cent.
-
JEUDI
7
JUILLET 1921
SUREAU*
ou GRAND ÉCHO 1
• . GRANDE-PL ACC. t
LILLE
L'EFFORT
des députés du Nord
pour la défense fiscale
Si la tactique envisagée échouait
devant la Chambre, un nouvel
amendement verrait le jour
(DE NOTRE RÉDACTEUR PARLEMENTAIRE)
< paris, 5. — J'ai indiqué ces jours-ci quelle
Position nos représentants à la Chambre comp-
tent prendre dans le grand débat qui va s'ins-
tuer sur le régime transitoire à donner aux
contribuables sinistrés
M. Delesalle, au nom de la Commission des
PL. va reprendre et défendre l'amendement
jichon-Debierre, qui tend à exonérer nos com-
patriotes de la zone dévastée de tous les im-
pôts sur les bénéfices réalisés en 1919.
Nous voulons espérer que, plus heureux que
fces collègues du Sénat, il réussira à faire
triompher le point de vue de la justice et de
l'équité, mais la résistance du Ministre des fi.
nances 'et du rapporteur de la Commission du
budget sera telle, qu'il est; prudent d'envisa-
ger le cas où le succès ne répondrait pas à
La Chambre se trouverait alors saisie du
texte transactionnel de M. René Lefebvre qui,
comme l'on sait, détermine le revenu imposa,
ble de l'année 1919 en divisant par cinq l'en-
semble des revenus et bénéfices réalises de
ï91o à 1920.
Il est clair, que contre ce texte, M. Doumer
fet M. de Lasteyrie devont chercher d'autres
Arguments que ceux qui, au Sénat, ont été
produits contre l'amendement Plichon-Debier-
re, par l'honorable M. Chéron. J'avoue d'ail-
leurs, que je ne vois pas très bien quels sont
les arguments que pourront donner les fou-
gueux champions de la « justice fiscale » pour
Justifier leur implacable rigueur.
Tout de même, si la Chambre refusait une
lois de plus d'écouter l'appel extrêmement
pressant qui va lui être adressé, et repoussait
l'amendement de M René Lefebvre, tout es-
poir serait-il perdu ? Nos représentants aban-
donneraient-ils la lutte comme on l'abandonna
tiu Sénat, quand l'amendement Plichon eut été
repoussé à la majorité que l'on sait ?
Je crois pouvoir dire que non.
UN NOUVEL AMENDEMENT SURGIRAIT lM.
MEDIATEMENT. POUR DES RAISONS QUE
TOUS NOS LECTEURS COMPRENDRONT. JE
,.E PUIS DES MAINTENANT EN DONNER LA
FORMULE, MAIS JE CROIS CEPENDANT
POUVOIR DIRE QUE LE PARLEMENT, SI
PROMPT A TENIR COMPTE DES PREMIERS
BENEFICES RÉALISÉS PAR LE COMMERCE
ET L'INDUSTRIE EN 1919. SE VERRAIT, PAR
CET AMENDEMENT, MIS EN DEMEURE DE
.TENIR COMPTE ÉGALEMENT DES PERTES
jBUBIES PENDANT L'ANNÉE 1920.
i Si ce texte était adopté, il ne réaliserait
évidemment pas au même titre que les amen-
dements qui précèdent le maximum de sa
Xisfactioii que nous sommes en droit de récla-
;.met. mais il limiterait du-moins dans une
'certaine mesure, les effets désastreux de la loi
telle qu'elle est sortie des délibérations du
JSénat.
j ■ Dans tous les cas, on verra par ce qui précè-
de, que nos représentants sont fermement dé-
cidés à faire tout ce qui sera en. leur pouvoir
pour faire amender la loi, et qu'à l'instar de
Charpentier, ils mèneront le combat jusqu'au
bout.
F.-J. LARDEUX.
Echos de Partout
Il y a Cent Ans
ECHO DU Nord du 6 juillet 1821 |
Ha He.
x II y a environ quarante Jours on a fait,
'dans une des places publiques de Naples, un
'auto-da-fé. Le bourreau a brûlé un grand
nombre d'exemplaires du « Catéchisme de la j
doctriii3 chrétienne». Le 13 juin on renouvela
cette cérémonie. On a brûlé 12 lettres manus-
crites, 45 volumes des œuvres de Voltaire, 7 des
oeuvres de J.-J. Rousseau, 4 de Buffon, 18 de
d'Alembert.
» Beaucoup d'officiers de police et un ba-
taillon autrichien assistaient à l'exécution. »
Hlors qu'on témoigne trop souvent en
France de l'indifférence pour les travaux
de nos grands savants, constatons qu'à l'étran-
ger on sait reconnaître leurs mérites. Nous en
pouvons être fiers, tout en gardant une gran-
de humilité.
('.'est ainsi que l'Académie royale de Stock-
holm a envoyé, dimanche dernier, à la cé-
rémonie qui fut donnée en l'honneur de M.
Branly. un délégué qui était chargé de pro-
poser le prix Nobel à l'inventeur de la télé-
graphie sans fil.
Les assistants furent priés de signer une pé-
tition qui sera rapportée à Stockholm et tout
fait croire qu'il obtiendra cette consécration
de son génie.
Et M Branly aura, cette fois, les moyens
matériels d'améliorer ses installations scienti-
fiques.
Qu'on ne nous épouvante plus avec les co.
mètes échevelées car nous voilà fixés : la
terre s'achemine vers une dissécation totale
fet c'est par cet artifice que nou,s périrons.
M. E. A. Martel ne nous le cache pas. Dans
ion « Traité des Eaux souterraines », il cons-
tate avec courage et mélancolie, des dispari-
tions nombreuses de sources et de puits et il
nous prévient que l'humanité doit se préparer
à combattre la soif.
Dans tous les pays du monde, des disséca-
tions lentes mais certaines de rivières et de
cours d'eau ont été observées. Des savants les
attribuent au déboisement, d'autres à la cul-
ture intensive qui diminue le ruissellement et
M. Svante Arrhenius, l'illustre physicien sué-
dois. pense que c'est la faute de l'oxygène qui
, absorbe goulûment l'acide carbonique de l'at-
mosphère.
Comme on le voit les savants sont fous
d'accord, une fois de plus. Mais tout cela
n'empêche que notre globe se dessèche.
Regardez plutôt l'Amérique...
—
Paradoxes et Vérités :
Il n'y a qu'un moyen d'être libre c'est
rie mépriser les choses qui ne dépendent point
de uous. (Epictète.)
CONSEIL DES MINISTRES
Pans, 5. — Les ministres se sont réunis ce
tnatin en Conseil, au miniètre des Finances,
sous la présidence de M. Millerand.
, M. A. BIiand. président du Conseil, a mis
ses collègues au oourant de la situation exté-
rieure. 1
MM. Laurent Aynac, sous-secrétaire d'Etat
de l'Aéronautique, et Rio,sous-secrétaire d'Etat
de la Marine marchande, qui assistaient ex-
ceptionnellement à la séance, ont entretenu le
Conseil, le premier de la situation de l'aéro-
nautique et le second du projet relatif à la
liquidation de la flotte d'Etat.
LA CRISE MINISTERIELLE ESPAGNOLE
Madrid 5. — On annonce du Palais Royal
i&Ileado a ren 0 uvel4 _B_a confiance au cabinet
En Haute-Silésie
Un Officier Français
ASSASSINÉ
AU
cours d'une manifestation allemande
Oppeln. 5. — A la suite du repli effectué
par les insurgés polonais, une compagnie bri-
tannique devait entrer dans la ville de Beu-
then, que les troupes françaises occupaient
seules jusqu'ici. A l'arrivée de la compagnie
anglaise, se produisit une manifestation al-
lemande au cours de laquelle le commandant
du détachement français fut assassiné par un
manifestant qui lui tira par derrière, à bout
portant, une balle de revolver dans la tête.
Le meurtrier put s'enfuir sans avoir été ar-
rêté.
Deux sergents français furent légèrement
blessés. La manifestation fut ensuite disper-
sée par les troupes françaises et britanniques.
Au cours de la collision, deux manifestants
allemands ont été tué6 et plusieurs blessés.
Oppeln. 5. — L'officier français tué est le
commandant Montalegre, du 27" bataillon de
chasseurs.
Il avait reçu des lettres de menaces de
l'Orgesch annonçant le massacre des officiers
français.
Nouvelles attaques allemandes
Les mitrailleuses entrent en action
mais les tanks français rétablissent
l'ordre
Beuthen, 5. — Des informations polonaises
annoncent qu'à Merby, dans les environs de
Beuthen, les Allemands ont attaqué les gar-
des frontières. Trois Polonais ont été tués et
de nombreux autres ont été blessés. Diman-
che dernier, à Kœnifgshuutte. les Allemands
ont ouvert le feu contre un cortège qui par-
courait les rues, tuant deux femmes et bles-
sant 'un grand nombre d'autres personnes.
Dans les attaques que les Allemands diri-
gèrent ces jours derniers contre les fau-
bourgs de Beuthen, 26 mitrailleuses entrèrent
en action. La population a été obligée de se
cacher dans les caves. Seule, l'arrivée des
tanks français a mis fin à la fusillade.
UNE RÉUNION
des Ministres des Finances Alliés
Paris, 5. — Une réunion des ministres des
Finances des gouvernements alités devait se
tenir aujourd'hui à Paris et prendre certai-
nes décisions à la suite des travaux prépara-
toires exécutés ces temps derniers sous la
présidence de M. Seydoux, par les spécialis-
tes de Paris, Bruxelles, Londres et Rome.
Il s'agissait d'entériner les décisions des
Alliés concernant certaines questions qui n'a-
vaient pas pu être résolues à la dernière con.
férence de Londres et le seront au cours de
cette réunion des ministres des Finances des
puissances intéressées.
Nous croyons savoir que cette conférence,
qui doit régler notamment la question du
prix des charbons et aussi la priorité belge,
aura lieu, si nos renseignements sont exacts,
à Londres, le 15 juillet.
On assure que M. Loucheur serait appelé
à se rendre à Londres et à jouer, un rôle
dans cette conférence.
POUR LES FAMILLES DES MILITAIRES
INHUMES EN BELGIQUE
Paris, 5. — L'Office du gouvernement bel-
ge, rue de Richelieu, 32, à Paris, envoie gra-
tis aux familles des militaires inhumés en
Belgique des cartes des cimetières français
de la province du Luxembourg et des Flan-
dres. L'on est prié de bien indiquer son
adresse. -
Le Centenaire de la Société de Géographie
Paris, 5. — Au cours de la cérémonie du
Centenaire de la Société de Géographie, le
prince Bonaparte, membre de l'Institut, a ex-
posé quel avait été, depuis sa fondation, le
champ d'activité de la Société. Il a insisté
sur le rôle qu'elle a joué en matière colonia.
le dans la mise en valeur des richesses natu-
relies de nos possessions et, notamment, de
la France Africaine.
SUR LE FRONT GRECO-TURC
Athènes, 5. — Le « Prote Vo-ussa - apprend
de Smyrne que les forces helléniques ont oc-
cupé Karramoussal et qu'une autre colonne a
occupé Nicée, après en avoir délogé l'ennemi.
Ainsi, la ligne grecque, partant de Kara-
moussal, opère sa jonction avec le front de
Brousse.
Il se confirme que le bombardement de Ku-
thlÜa. et d'Eskicheir ont eu une grande effica-
cité.
Carpentier reste challenger
des poids mi-lourds
Il est prêt à défendre son titre
contre n'importe quel boxeur
sauf Dempsey
New -York. 5. — L'escamps a déclaré hier
lue Carpentier n'avait nullement l'intention
1 abandonner le ring, mais qu'il était prêt, au
contraire, à se rencontrer avec n'importe quel
Doxeur du monde, à l'exception de Dempsey,
qu'il reconnaît être son maître.
Cette dépêche ajoute que Carpentier, en rai-
son de sa victoire sur Levinsky, est champion
lu monde pour les poids mi-lourds et ist prêt
à. mettre le titre en jel1
L est possible, par exemple, qu'il conclue
un 'match avec Bill Brennan ou Tom Gibbons.
D'autre part, il paraîtrait qu'il lui faut tout
d'abord exécuter un contr t qu'il aurait si-
gné depuis quelque temps et qui l'oblige à
so mesurer à Londres avec Morand, immé-
diatement après son match avec Dempsey.
On confirme que Tex-Rickard vient de con-
clure un match avec Carpentier pour le 30
septembre et que ce serait, en effet, à Bren-
nan ou Tom Gibbons que notre champion se-
rait opposé.
Les offres de cinéma arrivent, sans arrêt.
Une des plus grandes Compagnies de films
du monde a proposé i Carpentier un contrat
pour tourner trois films ; cet engagement, qui
durerait dix semaines, serait payé vingt mille
dollars par semaine et serait susceptible d'ê.
tre augmenté. De pareils émoluments n'ont
jamais été offert aux plus célèbres étoiles
de cinéma, même à Charlot et à Pearl White.
-rpentier ne rentrera pas en France avant
la fin du mois.
On annonce, d'autre part, que Dempsey se
rencontrera le 12 octobre avec Frank Moran.
LE BULLETIN MEDICAL DE CARPENTIER
New-York, 5. — Le pouce de Carpentier a été
radiographié. Le docteur a constaté une frac-
ture du métacarpe avec rupture des ligaments
et épanchement synovial. Un mois de repos
de i> main â été ersscri*
La loi sur les loyers à la Chambre
LES LOURDES CHARGES
DES
PETITS PROPRIÉTAIRES
Paris, 5. — La discussion d>u projet de loi
sur les loyers a donné lieu, hier, à un, inté-
ressant exposé de la question par M. Cuibal.
Après avoir déclaré que le projet actuel ne
pouvait régler la situation des régions libé-
rées, M. Guibad s'attache à démontrer que les
charges de la propriété bâtie ont augmenté
dans de notables proportions. Dans telle ville
de province, le centime et le franc servant
de base au calcul de l'impôt bâti qui était
en 1914 de 11.823.829, s'est élevé en 1920 à
32,7415, soit une augmentation, dans ces six
dernières années, de 168 pour cent. Une aug-
mentation des impôts fonciers et des portes
et fenêtres n'a pas été moindre de 85 à 130
pour cent dans la même période. Le taux d'in-
térêt de l'argent a, lui aussi, subi des aug-
mentations considérables. Pour être exacte-
ment fixé à cet égard, nous avons consulté le
gouverneur du Crédit Foncier qui a bien votl-
lu nous donner les renseignements les plus
précis. Le taux des prêts fonciers, (fui était
de 4.30 pour 100 en 1909 et 1912, cent en 1912 et 1913 et de 4.85 en octobre 1913 ■
à août 1914, est passé à la reprise de prêts
fonciers, le 5 j uin 1918, à 7 pour œnt, et dans
la séance de mars 1921, le nouveau taux des
prêts a été fixé à 8.25 pour cent sans amor-
tissement.
Le coût des assurances, de la main-d'œu-
vre et des matériaux de construction, c'est-
à-dire les éléments d'entretien et de répara-
tions des immeubles ont subi des majorations
variant de 250 à 500 pour cent sur les prix
d'avant-guerre, et il faut noter que le maxi-
mum a été ■ atteint dans les derniers mois de
1920 et qu'une régression s'est produite. Par-
ticulièrement sur certains d„ ces éléments,
l'augmentation demeure en moyenne aujour-
d'hui de 300 pour cent. t\
M. G'libal, rapporteur. — Cependant, les
charges sont entièrement supportées par les
propriétaires qui ne trouvent pas, dans le
taux de leurs loyers, des compensations suff-
fis an tes.
Il attire l'attention de la Chambre sur la
détresse des petits propriétaires qui doivent
être plus défendus que les gros.
M. Levasseur. — je déclare à M. le Rappor-
teur que je suis d'accord avec lui pour venir
en aide aux petits propriétaires. Mes amis et
moi sommes prêts a reprendre et à examiner
les propositions dont on a parlé, mais il fau-
drait aussi que la Chambre affirmât sa vo-
lonté de nous suivre.
M. Guibal, reprenant l'exposé du projet de
la Commission, déclare que, dans certains
cas, la crise du logement n'est pas due à la
pénurie des locaux, mais à la mauvaise or-
ganisation. A Lille, notamment, le dernier
recensement accuse 19.960 habitants de moins
qu'avant la guerre, soit une diminution de
11 pour 100 sirr la population cl'avanfeguerre.
D'autre part, les locaux n'ont diminué que
d ns ,la proportion de 3 pour cent et la crise
sévit à Lille aussi bien qu'ailleurs.
De nombreuses propositions de loi. ont été
déposées, - chacune d'elles était peut-être de
nature à porter remède à une partie des
maux dont nous souffrons, mais la Chambre
n'avait pas le temps d'examiner et de dis-
cuter toutes ces propositions. La Chambre a
1#> devoir de voter le plus tôt possible les me-
sures. propres à améliorer immédiatement la
situation.
Le rapporteur indique que le souci de la
Commission a été de tenir compte de la juste
rémunération due par les locataires pour le
capital que représente la chose louée, et, d'au-
tre part, de diviser en tranches les diverses
catégories de locataires afin de ne revenir
que petit à petit à l'état normal. Les catégo-
ries les plus intéressantes : veuves de guerre,
mutilés, combattants, doivent bénéficier du
traitement le plus favorable. (Appl.).
M. Guibal conclut en demandant à la Cham-
bre de voter le projet de la Commission pour
encourager l'esprit de conciliation qui s'est
si souvent manifesté chez les propriétaires et
les locataires.
La suite du débat a été renvoyée à mercredi
matin.
Le débat ira-t-il jusqu'au bout ?
La discussion générale sur les loyers n'est
pas encore, on le voit. terminée ce soir. Si
l'on songe aux très nombreux amendements
déposés sur les articles, il faut convenir que
ce débat, s'il devait se poursuivre jusqu'à son
terme, avec la. même lenteur, reculerait con-
sidérablement la date de séparation du Parle-
ment. Il est vraisemblable que la Chambre vO-
tera un contre-projet maintenant provisoire-
ment le « statu quo ». Le Sénat pourrait
adopter ce texte avant la clôture de la ses-
sion, qui paraît toujours devoir être prononcée
à une date assez rapprochée.
LE NOUVEAU REGIME
DES
CHEMINS DE FER
devant le Sénat
Paris, 5. — Le Sénat commence la discus.
sion du projet de loi relatif au nouveau ré-
gime des chemins de fer.
M. Rabier, rapporteur, expose la situation.
— Chaque réseau, dit-il, conserve les som-
mes nécessaires pour faire face à ses charges
d'exploitation et' de capital. L'Etat est traité
comme les autres Compagnies, et sera repré-
senté par un capital actions. Les tarifs sont
établis, non plus d'après les besoins de cha-
que réseau, mais d'après les besoins de l'en-
semble; il y aura des réseaux en excédent,
d'autres en déficit; les premiers verseront au
fonds commun. les autres y puiseront. On
pense que dès 1923, le P.-L.-M. sera en excé-
dent. Le Nord et l'Est le seront également dès
que les régions dévastées auront été reconsti.
tuées.
Doit-on, dès maintenant, poursuit M. Rabier,
envisager une augmentation de tarifs ? Le
ministre des Travaux publics nous a dit que
ce n'était pas son intention, sauf dans quel-
ques cas spéciaux. On peut croire que la situa-
tion actuelle s'améliorera par le fait notam-
ment de la baisse des oharbons. 100 francs de
baisse donnent 1 milliard 200 millions d'éco.
nomies. On peut aussi employer de nouvelles
méthodes d'exploitation : électrification, sup-
primer des emplois inutiles. (Très bien 1)
Il reste à régler le passé. Les Compagnies
avaient, avant la guerre, des dettes vis-à-vis
de l'Etat. Ces dettes resteront à la charge des
réseaux, mais elles n'auront pas à payer d'in-
térêts. Les Compagnies, pendant et depuis la
guerre, ont contracté de nouvelles dettes. On
n'est pas d'accord sur le montant de ces det-
tes de guerre. Il semble bien qu'elles s'élèvent
à la fin de 1920 à 4 milliards. On en fait re-
mise aux réseaux.
M. Rabier termine : Le projet a pour lui
l'opinion publique, les représentants les plus
qualifiés du commerce et de l'industrie, le
personnel, les voyageurs ont élevé la voix en
sa faveur. ; nous vous demandons de le voter
car il constitue un progrès indéniable. (Appl.).
M. Cazelles, très applaudi, rend hommage à
l'exploitation technique des réseaux qu'on a
vis à l'œuvre pendant la guerre, mais il criti-
que l'exploitation commerciale et il craint que
le nouveau régime n'amène pas sufflsim-
ment les Compagnies à réduire leurs dépenses.
Après interveniton de M. Courgue, la dis-
cussion est renvoyée À La prochaine séance,
Pour éviter
les catastrophes
de chemin de fer
Une circulaire de M. Le Trocquer
aux directeurs des grands réseaux
Les trains à marche rapide doivent
être composés de façon homogène
dit le Ministre
Paris, 5. — M. Yves Le Trocquer vient d'a-
dresser aux directeurs des grands réseaux de
chemin de fer la circulaire suivante :
Mon administration vous a signalé à diffé-
rentes reprises (notamment par des circulai-..
res des 18 mars 1901 et 5 mai 1911). la nécessi- *
té de composer les trains à marche rapide
d'une façon homogène.
L'expérience a, en effet, démontré qu'il pou-
vait être dangereux de former ces trains à
l'aide de véhicules présentant entre eux des
différences notables sous le rapport du poids,
de la longueur et de la résistance.
Je vous invite à faire tout ce qui dépendra
■ de vous pour composer dès à présent d'une
façon homogène, vos trains à marche rapide
et dans Je cas où vos disponibilités en maté-
riel ne permettraient pas de réaliser cette ho-
mogénéité, d'envisager toutes mesurès utiles
pour assurer la sécurité de ces trains et au
besoin des réductions de vitesse.
Vous voudrez bien me rendre compte, sans
retard, des dispositions que vous aurez- prises
à ce suiet.
Pas de voyageurs en surnombre
dans les compartiments
D'autre part, si tous les efforts doivent ten-
dre à prévenir les accidents, il faut aussi se
préoccuper d'atténuer les conséquences de
ceux qui peuvent se produire. Dans cet ordre
d'idées, on doit surtout éviter que les trains
n'aient à transporter des voyageurs en sur-
nombre. Une certaine tolérance a dû par suite
des circonstances, être pratiquée pendant ces
dernières années, mais cet état de choses n'a
plus maintenant de raison d'être.
A la suite des réclamations de nombreux
voyageurs qui. avaient dû accomplir de longs
trajets debout, ma circulaire du 7 décembre
1920, vous a invité à recourir plus fréquem-
ment à des dédoublements de trains, toutes .
les fois que la mesure répond à une absolue
nécessité.
Je tiens essentiellement à ce que l'ensemble
des prescriptions susvisées soit appliqué de
la manière la plus stricte. Toute infraction à
ces prescriptions étant de nature à engager
les plus hautes responsabilités.
Le pillage d'Ismidt par les Grecs
LES QUARTIERS JUIFS ET TURCS SONT
PRESQUE ENTIEREMENT DETRUITS PAR
L'INCENDIE.
Constantinople, 5. — J'ai pu Interroger à
son retour d'Ismidt un Français qui à assis-
té au pillage de la ville par des bandes et
troupes régulières grecques.
D'après ses déclarations, les troupes grec-
ques d'occupation se livrent aux pires excès,
violant les femmes, pillant les maisons, met-
tant les hommes à mort après d'horribles
mutilations.
Les quartiers musulmans et juifs furent in-
cendiés. Un offi'Cder français, chef de servi-
ce des renseignements, aidé de son secrétai-
re et de son ordonnance, réussit à soustrai-
re à la rage des Grecs un certain nombre
de Musulmans qui trouvèrent asile dans sa
maison et dans l'établissement des Assomp-
i tionnistes français.
La singulière prison
DE
Nogent-le-Rotrou
LES DETENUS «SAUTAIENT LE MUR»
AVEC PLUS DE FACILITÉ QUE NE FONT
LES TROUPIERS DANS LES CASERNES
Chartres, 5. — Hippolyte Royer a répondu
hier, devant la Cour d'assises d'Eur.e-et-Loir,
du crime dont Je « Grand Echo - a conté les
pér'péties à la fois tragiques et plaisantes.
Il n'a pas fait à l'audience figure de grand
bandit, ce pâle vagabond dont le regard fuit
sous le front bas et qui, le geste hésitant,
l'attitude gauche, profère d'une voix douce :
« Je ne voulais pas tuer le gardien Guilloto;
je voulais simplement l'étourdir afin de pou-
voir me sauver. »
Pour le surplus. Royer reconnaît certain
vol qualifié dont il se rendit coupable au
cours de ses pérégrinations de trimardeur ;
il ne nie pas davantage ètre revenu, après son
évasion, cambrioler le bureau du gardien-
chef. Et l'on passe à l'audition des témoins.
C'était, d'après eux, une singulière prison
que celle de Nogent-le-Rotrou. Des portes com-
murliquant avec l'extérieur étaient fermées à
l'aide de fil de fer enroulé au moyen de
chevilles enfoncées dans des pitons.
Il y avait autre chose : couteaux, haches
et serpes traînaient en'maints endroits à la
portée des détenus. Pourquoi ceux-ci — Royer
est une exception — auraient-ils songé à en
faire un mauvais usage ? La rumeur publi-
que ne dit-elle pas qu'ils « sautaient le mur »
avec plus de facilité que ne font les troupiers
dans les. casernes ?
Après l'audition des témoins, le procureur
Laronz3 réclame une condamnation sévère.
Le défenseur plaide l'irresponsabilité de son
client.
Le jury délibère.
Royer s'entend ensuite condamné à une pei-
ne de vingt ans de travaux forcés.
LE PRIX DES JOURNAUX
Paris, 5. — L'assemblée générale des jour-
naux de Paris et de la province, organisée sur
l'initiative des groupements économiques de
la presse, s'est ouverte aujourd'hui à 10 h, du
matin, sous la présidence de M. Soulier, de
la « Tribune Republicaine ».
Au bureau, avaient pris place M. Gustave
Téry, directeur de l' « OEuvre - ; M. Sarraut,
de la « Dépêche de Toulouse », et M. Marius
Richard, du « Petit Provençal ».
La note suivante a été communiquée à la
suite de la réunion :
Plus de 100 quotidiens de Paris et de pro-
vince représentant l'ensemble de la Presse
Française, réunis aujourd'hui pour étudier la
question du prix des journaux, ont voté l'ordre
du jour suivant :
« L'assemblée des journaux français esti-
mant que l'abaissement du prix des journaux
doit être recherché dès que les cours des ma-
tières premières et des principaux éléments
ooncourant au prix de revient auront pu être
réduits et stabilisés ; considérant que. des
débats de la présente assemblée, il résulte clai-
rement qu'une telle mesure ne saurait être
actuellement adoptée à cause des très graves
répercussions qu'elle aurait sur la rie et l'in-
dépendance du plus grand nombre des jour-
'naux français et leurs immédiats collabora-
teurs et vendeurs, décide de confler à une
commission composée des représentants des
diverses régions de France, l'étude de toutes
les mesures à adopter et la convocation d'une
assemblée plénière qui se tiendra au plus tard
le lo octobre prochiitn_ a
L'Affaire des sacs à terre
L'audition des témoins
continue d'affaiblir l'accusation
Les débats ont dès a présent beaucoup
perdu de leur intérêt
L'EVEQUE D'AMIENS A LA BARRE DES TEMOINS
Devant
le banc
des accusés
La deuxième audience
La deuxième audience s'ouvre dans une at-
mosphère de bataille. L'avocat général et le
défenseur sont immédiatement aux prises.
— Les intérêts que je défends sont sacrés,
affirme un avocat.
— Et ceux que je défends ? riposte l'avocat
général.
M. le Président Lemaire intervient et amor-
tit le choo entre les adversaires
Cela est visible : la salle est sous l'impres-
sion des événements de la veille.
Il y a sur le visage des inculpés — hier les
uns irrités, les autres graves et calmes —
une l'ueur nouvelle : leurs yeux semblent
apercevoir déjà l'heure de la vérité qui ap-
proche.
Dans la salle, il y a des murmures, des
sourires des ironies : on sent que toute affir-
mation de culpabilité est aujourd'hui, si sé-
rieusement affirmée soit-elle, accueillie avec
scepticisme.
Les jurés, gravement assis u leur banc, se !'
recueillent évidemment dans leur conscience.
On attend. Le défilé des témoins doit se
poursuivre : on le subit. Mais on semble
douter d'avance que les témoins de second
ordre, qui restent à entendre, puissent chan-
ger l'impression produite par les témoins
principaux. Et, en effet, la séance, au point
d;L- vue procès, n'apporte point d'élément nou-
veau.
L'accusation si fort ébranlée hier, ne se
relève point. Il paraît au contraire qu'elle
fléchit encore. En tout cas, les témoins im-
putent toujours les mêmes procédés d'ins-
truction passionnée à M. le juge Gobert.,..
Encore 74 témoins
Le premier des 74 témoins qui restent. à en-
tendre est M. Barbieux, chef de division à la
Préfecture du Nord.
M. Barbieux a, en effet, été avisé par M.
Wilmet de la fabrication des sacs, mais c.e'
fut en juin 1915 et non en mars, comme l'af-
tirme M. Wilmet. Quant à de précédentes en-
trevues avec le témoin, il n'en a gardé aucun
souvenir.
L'apparition de M. Barbieux est l'occasion,
d'une nouvelle attaque de l'avocat général con-
tre l'ancien préfet du Nord.
M. Anjubault revient à la barre
M. Anjubault vient de nouveau à la barre.
— Vous avez remis votre protestation si-
gnée aux Allemands seulement lorsqu'il a
fal lu prendre position.
M. Anjubault bondit :
— Et lorsqu'au mois de mai, j'ai adressé
des ordres écrits pour faire cesser la fabrica-
tion des claies à l'Abbaye de Loos, n'avais-
je pas déjà pris position ? Ma sécurité, voyez-
vous, un mois plus tôt, un mois plus tard...
— Enfin, vous avez prié, Je 11 juin. ies in-
dustriels de ne pas vous mettre en çause.
— J'ai toujours réglé ma conduite de la fa-
çon suivante :
« 1" Laisser aux particuliers le soin de pren-
dre une attitude française, afin que leur con-
duite n'ait pas l'air d'être dictée d'en haut ;
» 2° snEuite, prendre moi-même le soin de
fixer par écrit, la jurisprudence générale de la
circonstance, quels que soient les risques en-
courus. »
INCIDENT
La «passion» du juge d'instruction
L'attaque de l'avocat général donne l'occa-
sion à Me Escoffier d'une véhémente répli-
que.
« Ah ! M. l'avocat général, vous trouvez que
M' ESCOFFIER
Défenseur de M. Lévy
M. Anjubault n'a pas
su prendre ses res-
ponsabilités. Je pré-
tends. au contraire,
— et'le bras du dé-
fenseur. d'un geste
agressif, indique un
point, — que c'est
peut - être le seul
fonctionnaire qui ait
su prendre les sien-
nes pendant la guer-
re.
» En tout cas, je
tiens à souligner ici
un fait : le rapport
de M. le Préfet An-
jubault, si la Défense
ne l'avait révélé,
était proprement
« escamoté » par le juge d'instruction.
» Ah 1 certes, c'est avec une singulière
passion que M. le juge Gobert a instruit cette
affaire* «
•'* ra-,y«ic3a-#«e *voefttï ? J# pnwrçh'
reur générai.
Me Gayet bondit :
— C'est notre honneur ! Il y a ici de « pim-
vres gens » qui sont au banc de l'accusation.;
Nous aurions failli au devoir professionnel et!
à l'honneur tout court, en ne nous jetant pas
dans la bataille avec eux.
Et c'est maintenant le tour du bâtonnier de
Lille, M' Bataille :
— J'ai assisté au premier interrogatoire de
M. H;t'.IT,lY. Ah 1 il fallait voir avec .quels gestes
LE PRÉSIDENT
(Croquis de Dequenné.)
quels cris invraisemblables s'agitait Jaga
.d'instruction : « Vo'us saviez 1 vous saviez 1
moi-même je savais ! » Vous saviez, M. le
Juge d'instruction ? Alors, si vous n'avez
rien dit, vous avez failli à. tous vos devoirs t
Ce n'est pas en revenant de Paris,
mais en revenant... de Sedan
(pays occupé) que M. Guérin adonné
l'alarme
On entend ensuite d'autres témoins. don<
M. Stahl, membre de la Chambre de Com-
merce.
lU. Stahl, avec une grande netteté et une
sincérité d'expression évidente, établit que
ce n'est pas Paris qui avisa M. Guérin qua
la fabrication des sacs était criminelle.
M. Guérin était rentré de Paris... le 29 mars,
soit 2 mois avant. « Certes, ajoute le témoin,
si M. Guérin avait « su » plus tôt, il aurait
- éclat.'' » bien avant le 11 juin, car il était
très persuasif. »
» Dans le courant d'avril-mal, M. Guérin
fit une tournée dans les départements enva-
is. C'est au retour de Sedan, ayant constaté
que la fabrication des sacs était générale,
que M. Guérin peut, en effet, avoir appris
quelque chose, mais c'est au début da
juin, vers le 10, rentrant un jour de Roubaix..
qu'il exprime son indignation à la Chambra
de commerce. '
» Je me souviens que ce jour-là M. Tessa
était-là. 11 parla avec M. Guérin. A la suite de
quoi, le lendemain, M. Tesse et divers con...
fectionneurs se rendirent au domicile de Mol
Guérin. d'où ils gagnèrent la Préfecture. C'é-
tait le 11 juin.
LA « SÉRÉNITÉ » DE LA JUSTICE
— Vous êtes ancien officier de réserve .? de..
mande le Président au témoin.
— Oui et je ne savais pas, en 1914, ce (Ju'ée
tait un « sac à terre ».
Sur question d'un avocat :
— Quel accueil vous a fait le juge d'ins-i
traction de Lille ?
— Oh ! un accueil plutôt violent. M. ,. GoberK
m'a semblé très... passionné. J'ai été... déçu.
Je pensais qu'un juge faisait son instruction
« dans la sérénité ».
La «contrainte allemande»
définie par Ludwig Levy
C'est au réquisitionne ur Ludwig Lévy q(}'i¡
est demandé de l'établir.
Ludwig Lévy doit d'abord convenir qu'il
fut, à proprement parler, pendant la guerre.,
à Lille, un « embusqué ». Il en convient sans,
r6 gret.
~ Enfin, vous êtes bien Français _ mainte*
cant aux yeux de tous affirme le président...
Faites votre déposition ; que signifiait -,iX
juste le terme « consignation » ?
La réponse de Ludwig est nette :
— C'était le travail forcé, la réquisition do
l'usine et de son maître.
1 "r •—'
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JEUDI
7
JUILLET 1921
SUREAU*
ou GRAND ÉCHO 1
• . GRANDE-PL ACC. t
LILLE
L'EFFORT
des députés du Nord
pour la défense fiscale
Si la tactique envisagée échouait
devant la Chambre, un nouvel
amendement verrait le jour
(DE NOTRE RÉDACTEUR PARLEMENTAIRE)
< paris, 5. — J'ai indiqué ces jours-ci quelle
Position nos représentants à la Chambre comp-
tent prendre dans le grand débat qui va s'ins-
tuer sur le régime transitoire à donner aux
contribuables sinistrés
M. Delesalle, au nom de la Commission des
PL. va reprendre et défendre l'amendement
jichon-Debierre, qui tend à exonérer nos com-
patriotes de la zone dévastée de tous les im-
pôts sur les bénéfices réalisés en 1919.
Nous voulons espérer que, plus heureux que
fces collègues du Sénat, il réussira à faire
triompher le point de vue de la justice et de
l'équité, mais la résistance du Ministre des fi.
nances 'et du rapporteur de la Commission du
budget sera telle, qu'il est; prudent d'envisa-
ger le cas où le succès ne répondrait pas à
La Chambre se trouverait alors saisie du
texte transactionnel de M. René Lefebvre qui,
comme l'on sait, détermine le revenu imposa,
ble de l'année 1919 en divisant par cinq l'en-
semble des revenus et bénéfices réalises de
ï91o à 1920.
Il est clair, que contre ce texte, M. Doumer
fet M. de Lasteyrie devont chercher d'autres
Arguments que ceux qui, au Sénat, ont été
produits contre l'amendement Plichon-Debier-
re, par l'honorable M. Chéron. J'avoue d'ail-
leurs, que je ne vois pas très bien quels sont
les arguments que pourront donner les fou-
gueux champions de la « justice fiscale » pour
Justifier leur implacable rigueur.
Tout de même, si la Chambre refusait une
lois de plus d'écouter l'appel extrêmement
pressant qui va lui être adressé, et repoussait
l'amendement de M René Lefebvre, tout es-
poir serait-il perdu ? Nos représentants aban-
donneraient-ils la lutte comme on l'abandonna
tiu Sénat, quand l'amendement Plichon eut été
repoussé à la majorité que l'on sait ?
Je crois pouvoir dire que non.
UN NOUVEL AMENDEMENT SURGIRAIT lM.
MEDIATEMENT. POUR DES RAISONS QUE
TOUS NOS LECTEURS COMPRENDRONT. JE
,.E PUIS DES MAINTENANT EN DONNER LA
FORMULE, MAIS JE CROIS CEPENDANT
POUVOIR DIRE QUE LE PARLEMENT, SI
PROMPT A TENIR COMPTE DES PREMIERS
BENEFICES RÉALISÉS PAR LE COMMERCE
ET L'INDUSTRIE EN 1919. SE VERRAIT, PAR
CET AMENDEMENT, MIS EN DEMEURE DE
.TENIR COMPTE ÉGALEMENT DES PERTES
jBUBIES PENDANT L'ANNÉE 1920.
i Si ce texte était adopté, il ne réaliserait
évidemment pas au même titre que les amen-
dements qui précèdent le maximum de sa
Xisfactioii que nous sommes en droit de récla-
;.met. mais il limiterait du-moins dans une
'certaine mesure, les effets désastreux de la loi
telle qu'elle est sortie des délibérations du
JSénat.
j ■ Dans tous les cas, on verra par ce qui précè-
de, que nos représentants sont fermement dé-
cidés à faire tout ce qui sera en. leur pouvoir
pour faire amender la loi, et qu'à l'instar de
Charpentier, ils mèneront le combat jusqu'au
bout.
F.-J. LARDEUX.
Echos de Partout
Il y a Cent Ans
ECHO DU Nord du 6 juillet 1821 |
Ha He.
x II y a environ quarante Jours on a fait,
'dans une des places publiques de Naples, un
'auto-da-fé. Le bourreau a brûlé un grand
nombre d'exemplaires du « Catéchisme de la j
doctriii3 chrétienne». Le 13 juin on renouvela
cette cérémonie. On a brûlé 12 lettres manus-
crites, 45 volumes des œuvres de Voltaire, 7 des
oeuvres de J.-J. Rousseau, 4 de Buffon, 18 de
d'Alembert.
» Beaucoup d'officiers de police et un ba-
taillon autrichien assistaient à l'exécution. »
Hlors qu'on témoigne trop souvent en
France de l'indifférence pour les travaux
de nos grands savants, constatons qu'à l'étran-
ger on sait reconnaître leurs mérites. Nous en
pouvons être fiers, tout en gardant une gran-
de humilité.
('.'est ainsi que l'Académie royale de Stock-
holm a envoyé, dimanche dernier, à la cé-
rémonie qui fut donnée en l'honneur de M.
Branly. un délégué qui était chargé de pro-
poser le prix Nobel à l'inventeur de la télé-
graphie sans fil.
Les assistants furent priés de signer une pé-
tition qui sera rapportée à Stockholm et tout
fait croire qu'il obtiendra cette consécration
de son génie.
Et M Branly aura, cette fois, les moyens
matériels d'améliorer ses installations scienti-
fiques.
Qu'on ne nous épouvante plus avec les co.
mètes échevelées car nous voilà fixés : la
terre s'achemine vers une dissécation totale
fet c'est par cet artifice que nou,s périrons.
M. E. A. Martel ne nous le cache pas. Dans
ion « Traité des Eaux souterraines », il cons-
tate avec courage et mélancolie, des dispari-
tions nombreuses de sources et de puits et il
nous prévient que l'humanité doit se préparer
à combattre la soif.
Dans tous les pays du monde, des disséca-
tions lentes mais certaines de rivières et de
cours d'eau ont été observées. Des savants les
attribuent au déboisement, d'autres à la cul-
ture intensive qui diminue le ruissellement et
M. Svante Arrhenius, l'illustre physicien sué-
dois. pense que c'est la faute de l'oxygène qui
, absorbe goulûment l'acide carbonique de l'at-
mosphère.
Comme on le voit les savants sont fous
d'accord, une fois de plus. Mais tout cela
n'empêche que notre globe se dessèche.
Regardez plutôt l'Amérique...
—
Paradoxes et Vérités :
Il n'y a qu'un moyen d'être libre c'est
rie mépriser les choses qui ne dépendent point
de uous. (Epictète.)
CONSEIL DES MINISTRES
Pans, 5. — Les ministres se sont réunis ce
tnatin en Conseil, au miniètre des Finances,
sous la présidence de M. Millerand.
, M. A. BIiand. président du Conseil, a mis
ses collègues au oourant de la situation exté-
rieure. 1
MM. Laurent Aynac, sous-secrétaire d'Etat
de l'Aéronautique, et Rio,sous-secrétaire d'Etat
de la Marine marchande, qui assistaient ex-
ceptionnellement à la séance, ont entretenu le
Conseil, le premier de la situation de l'aéro-
nautique et le second du projet relatif à la
liquidation de la flotte d'Etat.
LA CRISE MINISTERIELLE ESPAGNOLE
Madrid 5. — On annonce du Palais Royal
i&Ileado a ren 0 uvel4 _B_a confiance au cabinet
En Haute-Silésie
Un Officier Français
ASSASSINÉ
AU
cours d'une manifestation allemande
Oppeln. 5. — A la suite du repli effectué
par les insurgés polonais, une compagnie bri-
tannique devait entrer dans la ville de Beu-
then, que les troupes françaises occupaient
seules jusqu'ici. A l'arrivée de la compagnie
anglaise, se produisit une manifestation al-
lemande au cours de laquelle le commandant
du détachement français fut assassiné par un
manifestant qui lui tira par derrière, à bout
portant, une balle de revolver dans la tête.
Le meurtrier put s'enfuir sans avoir été ar-
rêté.
Deux sergents français furent légèrement
blessés. La manifestation fut ensuite disper-
sée par les troupes françaises et britanniques.
Au cours de la collision, deux manifestants
allemands ont été tué6 et plusieurs blessés.
Oppeln. 5. — L'officier français tué est le
commandant Montalegre, du 27" bataillon de
chasseurs.
Il avait reçu des lettres de menaces de
l'Orgesch annonçant le massacre des officiers
français.
Nouvelles attaques allemandes
Les mitrailleuses entrent en action
mais les tanks français rétablissent
l'ordre
Beuthen, 5. — Des informations polonaises
annoncent qu'à Merby, dans les environs de
Beuthen, les Allemands ont attaqué les gar-
des frontières. Trois Polonais ont été tués et
de nombreux autres ont été blessés. Diman-
che dernier, à Kœnifgshuutte. les Allemands
ont ouvert le feu contre un cortège qui par-
courait les rues, tuant deux femmes et bles-
sant 'un grand nombre d'autres personnes.
Dans les attaques que les Allemands diri-
gèrent ces jours derniers contre les fau-
bourgs de Beuthen, 26 mitrailleuses entrèrent
en action. La population a été obligée de se
cacher dans les caves. Seule, l'arrivée des
tanks français a mis fin à la fusillade.
UNE RÉUNION
des Ministres des Finances Alliés
Paris, 5. — Une réunion des ministres des
Finances des gouvernements alités devait se
tenir aujourd'hui à Paris et prendre certai-
nes décisions à la suite des travaux prépara-
toires exécutés ces temps derniers sous la
présidence de M. Seydoux, par les spécialis-
tes de Paris, Bruxelles, Londres et Rome.
Il s'agissait d'entériner les décisions des
Alliés concernant certaines questions qui n'a-
vaient pas pu être résolues à la dernière con.
férence de Londres et le seront au cours de
cette réunion des ministres des Finances des
puissances intéressées.
Nous croyons savoir que cette conférence,
qui doit régler notamment la question du
prix des charbons et aussi la priorité belge,
aura lieu, si nos renseignements sont exacts,
à Londres, le 15 juillet.
On assure que M. Loucheur serait appelé
à se rendre à Londres et à jouer, un rôle
dans cette conférence.
POUR LES FAMILLES DES MILITAIRES
INHUMES EN BELGIQUE
Paris, 5. — L'Office du gouvernement bel-
ge, rue de Richelieu, 32, à Paris, envoie gra-
tis aux familles des militaires inhumés en
Belgique des cartes des cimetières français
de la province du Luxembourg et des Flan-
dres. L'on est prié de bien indiquer son
adresse. -
Le Centenaire de la Société de Géographie
Paris, 5. — Au cours de la cérémonie du
Centenaire de la Société de Géographie, le
prince Bonaparte, membre de l'Institut, a ex-
posé quel avait été, depuis sa fondation, le
champ d'activité de la Société. Il a insisté
sur le rôle qu'elle a joué en matière colonia.
le dans la mise en valeur des richesses natu-
relies de nos possessions et, notamment, de
la France Africaine.
SUR LE FRONT GRECO-TURC
Athènes, 5. — Le « Prote Vo-ussa - apprend
de Smyrne que les forces helléniques ont oc-
cupé Karramoussal et qu'une autre colonne a
occupé Nicée, après en avoir délogé l'ennemi.
Ainsi, la ligne grecque, partant de Kara-
moussal, opère sa jonction avec le front de
Brousse.
Il se confirme que le bombardement de Ku-
thlÜa. et d'Eskicheir ont eu une grande effica-
cité.
Carpentier reste challenger
des poids mi-lourds
Il est prêt à défendre son titre
contre n'importe quel boxeur
sauf Dempsey
New -York. 5. — L'escamps a déclaré hier
lue Carpentier n'avait nullement l'intention
1 abandonner le ring, mais qu'il était prêt, au
contraire, à se rencontrer avec n'importe quel
Doxeur du monde, à l'exception de Dempsey,
qu'il reconnaît être son maître.
Cette dépêche ajoute que Carpentier, en rai-
son de sa victoire sur Levinsky, est champion
lu monde pour les poids mi-lourds et ist prêt
à. mettre le titre en jel1
L est possible, par exemple, qu'il conclue
un 'match avec Bill Brennan ou Tom Gibbons.
D'autre part, il paraîtrait qu'il lui faut tout
d'abord exécuter un contr t qu'il aurait si-
gné depuis quelque temps et qui l'oblige à
so mesurer à Londres avec Morand, immé-
diatement après son match avec Dempsey.
On confirme que Tex-Rickard vient de con-
clure un match avec Carpentier pour le 30
septembre et que ce serait, en effet, à Bren-
nan ou Tom Gibbons que notre champion se-
rait opposé.
Les offres de cinéma arrivent, sans arrêt.
Une des plus grandes Compagnies de films
du monde a proposé i Carpentier un contrat
pour tourner trois films ; cet engagement, qui
durerait dix semaines, serait payé vingt mille
dollars par semaine et serait susceptible d'ê.
tre augmenté. De pareils émoluments n'ont
jamais été offert aux plus célèbres étoiles
de cinéma, même à Charlot et à Pearl White.
-rpentier ne rentrera pas en France avant
la fin du mois.
On annonce, d'autre part, que Dempsey se
rencontrera le 12 octobre avec Frank Moran.
LE BULLETIN MEDICAL DE CARPENTIER
New-York, 5. — Le pouce de Carpentier a été
radiographié. Le docteur a constaté une frac-
ture du métacarpe avec rupture des ligaments
et épanchement synovial. Un mois de repos
de i> main â été ersscri*
La loi sur les loyers à la Chambre
LES LOURDES CHARGES
DES
PETITS PROPRIÉTAIRES
Paris, 5. — La discussion d>u projet de loi
sur les loyers a donné lieu, hier, à un, inté-
ressant exposé de la question par M. Cuibal.
Après avoir déclaré que le projet actuel ne
pouvait régler la situation des régions libé-
rées, M. Guibad s'attache à démontrer que les
charges de la propriété bâtie ont augmenté
dans de notables proportions. Dans telle ville
de province, le centime et le franc servant
de base au calcul de l'impôt bâti qui était
en 1914 de 11.823.829, s'est élevé en 1920 à
32,7415, soit une augmentation, dans ces six
dernières années, de 168 pour cent. Une aug-
mentation des impôts fonciers et des portes
et fenêtres n'a pas été moindre de 85 à 130
pour cent dans la même période. Le taux d'in-
térêt de l'argent a, lui aussi, subi des aug-
mentations considérables. Pour être exacte-
ment fixé à cet égard, nous avons consulté le
gouverneur du Crédit Foncier qui a bien votl-
lu nous donner les renseignements les plus
précis. Le taux des prêts fonciers, (fui était
de 4.30 pour 100 en 1909 et 1912,
à août 1914, est passé à la reprise de prêts
fonciers, le 5 j uin 1918, à 7 pour œnt, et dans
la séance de mars 1921, le nouveau taux des
prêts a été fixé à 8.25 pour cent sans amor-
tissement.
Le coût des assurances, de la main-d'œu-
vre et des matériaux de construction, c'est-
à-dire les éléments d'entretien et de répara-
tions des immeubles ont subi des majorations
variant de 250 à 500 pour cent sur les prix
d'avant-guerre, et il faut noter que le maxi-
mum a été ■ atteint dans les derniers mois de
1920 et qu'une régression s'est produite. Par-
ticulièrement sur certains d„ ces éléments,
l'augmentation demeure en moyenne aujour-
d'hui de 300 pour cent. t\
M. G'libal, rapporteur. — Cependant, les
charges sont entièrement supportées par les
propriétaires qui ne trouvent pas, dans le
taux de leurs loyers, des compensations suff-
fis an tes.
Il attire l'attention de la Chambre sur la
détresse des petits propriétaires qui doivent
être plus défendus que les gros.
M. Levasseur. — je déclare à M. le Rappor-
teur que je suis d'accord avec lui pour venir
en aide aux petits propriétaires. Mes amis et
moi sommes prêts a reprendre et à examiner
les propositions dont on a parlé, mais il fau-
drait aussi que la Chambre affirmât sa vo-
lonté de nous suivre.
M. Guibal, reprenant l'exposé du projet de
la Commission, déclare que, dans certains
cas, la crise du logement n'est pas due à la
pénurie des locaux, mais à la mauvaise or-
ganisation. A Lille, notamment, le dernier
recensement accuse 19.960 habitants de moins
qu'avant la guerre, soit une diminution de
11 pour 100 sirr la population cl'avanfeguerre.
D'autre part, les locaux n'ont diminué que
d ns ,la proportion de 3 pour cent et la crise
sévit à Lille aussi bien qu'ailleurs.
De nombreuses propositions de loi. ont été
déposées, - chacune d'elles était peut-être de
nature à porter remède à une partie des
maux dont nous souffrons, mais la Chambre
n'avait pas le temps d'examiner et de dis-
cuter toutes ces propositions. La Chambre a
1#> devoir de voter le plus tôt possible les me-
sures. propres à améliorer immédiatement la
situation.
Le rapporteur indique que le souci de la
Commission a été de tenir compte de la juste
rémunération due par les locataires pour le
capital que représente la chose louée, et, d'au-
tre part, de diviser en tranches les diverses
catégories de locataires afin de ne revenir
que petit à petit à l'état normal. Les catégo-
ries les plus intéressantes : veuves de guerre,
mutilés, combattants, doivent bénéficier du
traitement le plus favorable. (Appl.).
M. Guibal conclut en demandant à la Cham-
bre de voter le projet de la Commission pour
encourager l'esprit de conciliation qui s'est
si souvent manifesté chez les propriétaires et
les locataires.
La suite du débat a été renvoyée à mercredi
matin.
Le débat ira-t-il jusqu'au bout ?
La discussion générale sur les loyers n'est
pas encore, on le voit. terminée ce soir. Si
l'on songe aux très nombreux amendements
déposés sur les articles, il faut convenir que
ce débat, s'il devait se poursuivre jusqu'à son
terme, avec la. même lenteur, reculerait con-
sidérablement la date de séparation du Parle-
ment. Il est vraisemblable que la Chambre vO-
tera un contre-projet maintenant provisoire-
ment le « statu quo ». Le Sénat pourrait
adopter ce texte avant la clôture de la ses-
sion, qui paraît toujours devoir être prononcée
à une date assez rapprochée.
LE NOUVEAU REGIME
DES
CHEMINS DE FER
devant le Sénat
Paris, 5. — Le Sénat commence la discus.
sion du projet de loi relatif au nouveau ré-
gime des chemins de fer.
M. Rabier, rapporteur, expose la situation.
— Chaque réseau, dit-il, conserve les som-
mes nécessaires pour faire face à ses charges
d'exploitation et' de capital. L'Etat est traité
comme les autres Compagnies, et sera repré-
senté par un capital actions. Les tarifs sont
établis, non plus d'après les besoins de cha-
que réseau, mais d'après les besoins de l'en-
semble; il y aura des réseaux en excédent,
d'autres en déficit; les premiers verseront au
fonds commun. les autres y puiseront. On
pense que dès 1923, le P.-L.-M. sera en excé-
dent. Le Nord et l'Est le seront également dès
que les régions dévastées auront été reconsti.
tuées.
Doit-on, dès maintenant, poursuit M. Rabier,
envisager une augmentation de tarifs ? Le
ministre des Travaux publics nous a dit que
ce n'était pas son intention, sauf dans quel-
ques cas spéciaux. On peut croire que la situa-
tion actuelle s'améliorera par le fait notam-
ment de la baisse des oharbons. 100 francs de
baisse donnent 1 milliard 200 millions d'éco.
nomies. On peut aussi employer de nouvelles
méthodes d'exploitation : électrification, sup-
primer des emplois inutiles. (Très bien 1)
Il reste à régler le passé. Les Compagnies
avaient, avant la guerre, des dettes vis-à-vis
de l'Etat. Ces dettes resteront à la charge des
réseaux, mais elles n'auront pas à payer d'in-
térêts. Les Compagnies, pendant et depuis la
guerre, ont contracté de nouvelles dettes. On
n'est pas d'accord sur le montant de ces det-
tes de guerre. Il semble bien qu'elles s'élèvent
à la fin de 1920 à 4 milliards. On en fait re-
mise aux réseaux.
M. Rabier termine : Le projet a pour lui
l'opinion publique, les représentants les plus
qualifiés du commerce et de l'industrie, le
personnel, les voyageurs ont élevé la voix en
sa faveur. ; nous vous demandons de le voter
car il constitue un progrès indéniable. (Appl.).
M. Cazelles, très applaudi, rend hommage à
l'exploitation technique des réseaux qu'on a
vis à l'œuvre pendant la guerre, mais il criti-
que l'exploitation commerciale et il craint que
le nouveau régime n'amène pas sufflsim-
ment les Compagnies à réduire leurs dépenses.
Après interveniton de M. Courgue, la dis-
cussion est renvoyée À La prochaine séance,
Pour éviter
les catastrophes
de chemin de fer
Une circulaire de M. Le Trocquer
aux directeurs des grands réseaux
Les trains à marche rapide doivent
être composés de façon homogène
dit le Ministre
Paris, 5. — M. Yves Le Trocquer vient d'a-
dresser aux directeurs des grands réseaux de
chemin de fer la circulaire suivante :
Mon administration vous a signalé à diffé-
rentes reprises (notamment par des circulai-..
res des 18 mars 1901 et 5 mai 1911). la nécessi- *
té de composer les trains à marche rapide
d'une façon homogène.
L'expérience a, en effet, démontré qu'il pou-
vait être dangereux de former ces trains à
l'aide de véhicules présentant entre eux des
différences notables sous le rapport du poids,
de la longueur et de la résistance.
Je vous invite à faire tout ce qui dépendra
■ de vous pour composer dès à présent d'une
façon homogène, vos trains à marche rapide
et dans Je cas où vos disponibilités en maté-
riel ne permettraient pas de réaliser cette ho-
mogénéité, d'envisager toutes mesurès utiles
pour assurer la sécurité de ces trains et au
besoin des réductions de vitesse.
Vous voudrez bien me rendre compte, sans
retard, des dispositions que vous aurez- prises
à ce suiet.
Pas de voyageurs en surnombre
dans les compartiments
D'autre part, si tous les efforts doivent ten-
dre à prévenir les accidents, il faut aussi se
préoccuper d'atténuer les conséquences de
ceux qui peuvent se produire. Dans cet ordre
d'idées, on doit surtout éviter que les trains
n'aient à transporter des voyageurs en sur-
nombre. Une certaine tolérance a dû par suite
des circonstances, être pratiquée pendant ces
dernières années, mais cet état de choses n'a
plus maintenant de raison d'être.
A la suite des réclamations de nombreux
voyageurs qui. avaient dû accomplir de longs
trajets debout, ma circulaire du 7 décembre
1920, vous a invité à recourir plus fréquem-
ment à des dédoublements de trains, toutes .
les fois que la mesure répond à une absolue
nécessité.
Je tiens essentiellement à ce que l'ensemble
des prescriptions susvisées soit appliqué de
la manière la plus stricte. Toute infraction à
ces prescriptions étant de nature à engager
les plus hautes responsabilités.
Le pillage d'Ismidt par les Grecs
LES QUARTIERS JUIFS ET TURCS SONT
PRESQUE ENTIEREMENT DETRUITS PAR
L'INCENDIE.
Constantinople, 5. — J'ai pu Interroger à
son retour d'Ismidt un Français qui à assis-
té au pillage de la ville par des bandes et
troupes régulières grecques.
D'après ses déclarations, les troupes grec-
ques d'occupation se livrent aux pires excès,
violant les femmes, pillant les maisons, met-
tant les hommes à mort après d'horribles
mutilations.
Les quartiers musulmans et juifs furent in-
cendiés. Un offi'Cder français, chef de servi-
ce des renseignements, aidé de son secrétai-
re et de son ordonnance, réussit à soustrai-
re à la rage des Grecs un certain nombre
de Musulmans qui trouvèrent asile dans sa
maison et dans l'établissement des Assomp-
i tionnistes français.
La singulière prison
DE
Nogent-le-Rotrou
LES DETENUS «SAUTAIENT LE MUR»
AVEC PLUS DE FACILITÉ QUE NE FONT
LES TROUPIERS DANS LES CASERNES
Chartres, 5. — Hippolyte Royer a répondu
hier, devant la Cour d'assises d'Eur.e-et-Loir,
du crime dont Je « Grand Echo - a conté les
pér'péties à la fois tragiques et plaisantes.
Il n'a pas fait à l'audience figure de grand
bandit, ce pâle vagabond dont le regard fuit
sous le front bas et qui, le geste hésitant,
l'attitude gauche, profère d'une voix douce :
« Je ne voulais pas tuer le gardien Guilloto;
je voulais simplement l'étourdir afin de pou-
voir me sauver. »
Pour le surplus. Royer reconnaît certain
vol qualifié dont il se rendit coupable au
cours de ses pérégrinations de trimardeur ;
il ne nie pas davantage ètre revenu, après son
évasion, cambrioler le bureau du gardien-
chef. Et l'on passe à l'audition des témoins.
C'était, d'après eux, une singulière prison
que celle de Nogent-le-Rotrou. Des portes com-
murliquant avec l'extérieur étaient fermées à
l'aide de fil de fer enroulé au moyen de
chevilles enfoncées dans des pitons.
Il y avait autre chose : couteaux, haches
et serpes traînaient en'maints endroits à la
portée des détenus. Pourquoi ceux-ci — Royer
est une exception — auraient-ils songé à en
faire un mauvais usage ? La rumeur publi-
que ne dit-elle pas qu'ils « sautaient le mur »
avec plus de facilité que ne font les troupiers
dans les. casernes ?
Après l'audition des témoins, le procureur
Laronz3 réclame une condamnation sévère.
Le défenseur plaide l'irresponsabilité de son
client.
Le jury délibère.
Royer s'entend ensuite condamné à une pei-
ne de vingt ans de travaux forcés.
LE PRIX DES JOURNAUX
Paris, 5. — L'assemblée générale des jour-
naux de Paris et de la province, organisée sur
l'initiative des groupements économiques de
la presse, s'est ouverte aujourd'hui à 10 h, du
matin, sous la présidence de M. Soulier, de
la « Tribune Republicaine ».
Au bureau, avaient pris place M. Gustave
Téry, directeur de l' « OEuvre - ; M. Sarraut,
de la « Dépêche de Toulouse », et M. Marius
Richard, du « Petit Provençal ».
La note suivante a été communiquée à la
suite de la réunion :
Plus de 100 quotidiens de Paris et de pro-
vince représentant l'ensemble de la Presse
Française, réunis aujourd'hui pour étudier la
question du prix des journaux, ont voté l'ordre
du jour suivant :
« L'assemblée des journaux français esti-
mant que l'abaissement du prix des journaux
doit être recherché dès que les cours des ma-
tières premières et des principaux éléments
ooncourant au prix de revient auront pu être
réduits et stabilisés ; considérant que. des
débats de la présente assemblée, il résulte clai-
rement qu'une telle mesure ne saurait être
actuellement adoptée à cause des très graves
répercussions qu'elle aurait sur la rie et l'in-
dépendance du plus grand nombre des jour-
'naux français et leurs immédiats collabora-
teurs et vendeurs, décide de confler à une
commission composée des représentants des
diverses régions de France, l'étude de toutes
les mesures à adopter et la convocation d'une
assemblée plénière qui se tiendra au plus tard
le lo octobre prochiitn_ a
L'Affaire des sacs à terre
L'audition des témoins
continue d'affaiblir l'accusation
Les débats ont dès a présent beaucoup
perdu de leur intérêt
L'EVEQUE D'AMIENS A LA BARRE DES TEMOINS
Devant
le banc
des accusés
La deuxième audience
La deuxième audience s'ouvre dans une at-
mosphère de bataille. L'avocat général et le
défenseur sont immédiatement aux prises.
— Les intérêts que je défends sont sacrés,
affirme un avocat.
— Et ceux que je défends ? riposte l'avocat
général.
M. le Président Lemaire intervient et amor-
tit le choo entre les adversaires
Cela est visible : la salle est sous l'impres-
sion des événements de la veille.
Il y a sur le visage des inculpés — hier les
uns irrités, les autres graves et calmes —
une l'ueur nouvelle : leurs yeux semblent
apercevoir déjà l'heure de la vérité qui ap-
proche.
Dans la salle, il y a des murmures, des
sourires des ironies : on sent que toute affir-
mation de culpabilité est aujourd'hui, si sé-
rieusement affirmée soit-elle, accueillie avec
scepticisme.
Les jurés, gravement assis u leur banc, se !'
recueillent évidemment dans leur conscience.
On attend. Le défilé des témoins doit se
poursuivre : on le subit. Mais on semble
douter d'avance que les témoins de second
ordre, qui restent à entendre, puissent chan-
ger l'impression produite par les témoins
principaux. Et, en effet, la séance, au point
d;L- vue procès, n'apporte point d'élément nou-
veau.
L'accusation si fort ébranlée hier, ne se
relève point. Il paraît au contraire qu'elle
fléchit encore. En tout cas, les témoins im-
putent toujours les mêmes procédés d'ins-
truction passionnée à M. le juge Gobert.,..
Encore 74 témoins
Le premier des 74 témoins qui restent. à en-
tendre est M. Barbieux, chef de division à la
Préfecture du Nord.
M. Barbieux a, en effet, été avisé par M.
Wilmet de la fabrication des sacs, mais c.e'
fut en juin 1915 et non en mars, comme l'af-
tirme M. Wilmet. Quant à de précédentes en-
trevues avec le témoin, il n'en a gardé aucun
souvenir.
L'apparition de M. Barbieux est l'occasion,
d'une nouvelle attaque de l'avocat général con-
tre l'ancien préfet du Nord.
M. Anjubault revient à la barre
M. Anjubault vient de nouveau à la barre.
— Vous avez remis votre protestation si-
gnée aux Allemands seulement lorsqu'il a
fal lu prendre position.
M. Anjubault bondit :
— Et lorsqu'au mois de mai, j'ai adressé
des ordres écrits pour faire cesser la fabrica-
tion des claies à l'Abbaye de Loos, n'avais-
je pas déjà pris position ? Ma sécurité, voyez-
vous, un mois plus tôt, un mois plus tard...
— Enfin, vous avez prié, Je 11 juin. ies in-
dustriels de ne pas vous mettre en çause.
— J'ai toujours réglé ma conduite de la fa-
çon suivante :
« 1" Laisser aux particuliers le soin de pren-
dre une attitude française, afin que leur con-
duite n'ait pas l'air d'être dictée d'en haut ;
» 2° snEuite, prendre moi-même le soin de
fixer par écrit, la jurisprudence générale de la
circonstance, quels que soient les risques en-
courus. »
INCIDENT
La «passion» du juge d'instruction
L'attaque de l'avocat général donne l'occa-
sion à Me Escoffier d'une véhémente répli-
que.
« Ah ! M. l'avocat général, vous trouvez que
M' ESCOFFIER
Défenseur de M. Lévy
M. Anjubault n'a pas
su prendre ses res-
ponsabilités. Je pré-
tends. au contraire,
— et'le bras du dé-
fenseur. d'un geste
agressif, indique un
point, — que c'est
peut - être le seul
fonctionnaire qui ait
su prendre les sien-
nes pendant la guer-
re.
» En tout cas, je
tiens à souligner ici
un fait : le rapport
de M. le Préfet An-
jubault, si la Défense
ne l'avait révélé,
était proprement
« escamoté » par le juge d'instruction.
» Ah 1 certes, c'est avec une singulière
passion que M. le juge Gobert a instruit cette
affaire* «
•'* ra-,y«ic3a-#«e *voefttï ? J# pnwrçh'
reur générai.
Me Gayet bondit :
— C'est notre honneur ! Il y a ici de « pim-
vres gens » qui sont au banc de l'accusation.;
Nous aurions failli au devoir professionnel et!
à l'honneur tout court, en ne nous jetant pas
dans la bataille avec eux.
Et c'est maintenant le tour du bâtonnier de
Lille, M' Bataille :
— J'ai assisté au premier interrogatoire de
M. H;t'.IT,lY. Ah 1 il fallait voir avec .quels gestes
LE PRÉSIDENT
(Croquis de Dequenné.)
quels cris invraisemblables s'agitait Jaga
.d'instruction : « Vo'us saviez 1 vous saviez 1
moi-même je savais ! » Vous saviez, M. le
Juge d'instruction ? Alors, si vous n'avez
rien dit, vous avez failli à. tous vos devoirs t
Ce n'est pas en revenant de Paris,
mais en revenant... de Sedan
(pays occupé) que M. Guérin adonné
l'alarme
On entend ensuite d'autres témoins. don<
M. Stahl, membre de la Chambre de Com-
merce.
lU. Stahl, avec une grande netteté et une
sincérité d'expression évidente, établit que
ce n'est pas Paris qui avisa M. Guérin qua
la fabrication des sacs était criminelle.
M. Guérin était rentré de Paris... le 29 mars,
soit 2 mois avant. « Certes, ajoute le témoin,
si M. Guérin avait « su » plus tôt, il aurait
- éclat.'' » bien avant le 11 juin, car il était
très persuasif. »
» Dans le courant d'avril-mal, M. Guérin
fit une tournée dans les départements enva-
is. C'est au retour de Sedan, ayant constaté
que la fabrication des sacs était générale,
que M. Guérin peut, en effet, avoir appris
quelque chose, mais c'est au début da
juin, vers le 10, rentrant un jour de Roubaix..
qu'il exprime son indignation à la Chambra
de commerce. '
» Je me souviens que ce jour-là M. Tessa
était-là. 11 parla avec M. Guérin. A la suite de
quoi, le lendemain, M. Tesse et divers con...
fectionneurs se rendirent au domicile de Mol
Guérin. d'où ils gagnèrent la Préfecture. C'é-
tait le 11 juin.
LA « SÉRÉNITÉ » DE LA JUSTICE
— Vous êtes ancien officier de réserve .? de..
mande le Président au témoin.
— Oui et je ne savais pas, en 1914, ce (Ju'ée
tait un « sac à terre ».
Sur question d'un avocat :
— Quel accueil vous a fait le juge d'ins-i
traction de Lille ?
— Oh ! un accueil plutôt violent. M. ,. GoberK
m'a semblé très... passionné. J'ai été... déçu.
Je pensais qu'un juge faisait son instruction
« dans la sérénité ».
La «contrainte allemande»
définie par Ludwig Levy
C'est au réquisitionne ur Ludwig Lévy q(}'i¡
est demandé de l'établir.
Ludwig Lévy doit d'abord convenir qu'il
fut, à proprement parler, pendant la guerre.,
à Lille, un « embusqué ». Il en convient sans,
r6 gret.
~ Enfin, vous êtes bien Français _ mainte*
cant aux yeux de tous affirme le président...
Faites votre déposition ; que signifiait -,iX
juste le terme « consignation » ?
La réponse de Ludwig est nette :
— C'était le travail forcé, la réquisition do
l'usine et de son maître.
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