Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1894-09-08
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 08 septembre 1894 08 septembre 1894
Description : 1894/09/08 (Numéro 5289). 1894/09/08 (Numéro 5289).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/02/2008
SAMEDI 8 ~SEPTEMBRE 1894
PARIS: JtLS CENTÏNtSS– DËPAKtEMHXTS ET CAHES ~<0 C'BT!TÏME8
S8* Année 3* SSr!e N'8389
~RTH~R MEYE~
jMt-~ctewr
ADMINISTRATION
RENSEIGNEMENTS `
~M~ONÎENTS, PETITES ANNONOB~;
2,raeDrouot,3 >
~ce~ des boutavard': Montmartre ot'dea Italie!)*~
ANNONCES
MM. CE. LAGrRAN&B, CEm? & (~
6, FI.ACB BE LA BOURBE, 6
B< Ct <'
ARTHUR MEYER
JMfeOMH'
RÉDACTION
2,rueDronot
M~ta des boutevards Montmartre et
ABONNEMENTS
Paria Départements
Unmols. 6fr. Un mois. 6{r.
Trois mois. 13 SO Trois mois. 16 &.
Si~mMS. 27 fr. Sixmois. SZfr.
Un an. 54 fr. Unan. 64fr.
Etrange!-
Trois mois (Ut-jon postée). *8 tf.
LECHAFAtJD
II paraît que, dès la rentrée des Cham-
bres, M. J. Reinach reprendra une propo-
sition de loi, déjà favorablement accueil-
lie au Sénat, quoique définitivement re-
poussée, et qui modifierait complètement
le régime de l'exécution des criminels. M.
Reinach demandera, une fois encore, que
les exécutions aient lieu dans les prisons,
comme cela se pratique en Angleterre, en
prenant les mêmes précautions pour as-
surer le cours de Injustice et ne pas per-
mettre qu'il se iorme des légendes sur les
criminels que le populaire croit épargnés.
Le moment paraît bien choisi pour es-
sayer de nouveau d'introduire chez nous
une réforme appuyée par bon nombre
d'esprits distingués. Car la quintuple
exécution qui a eu lieu, avant-hier, en
Algérie et les récentes exécutions qui ont
eu lieu en province ont été marquées par
de pénibles scandales.
Je ne parle pas, sf on veut, de l'exécu-
tion de Caserio à Lyon. Lorsque la tête
de ce fanatique en herbe est tombée san-
glante dans le panier, la foule a applaudi.
C'est toujours une triste chose d'entendre
crier: bravo! au bourreau, comme à un
acteur a~rnê du public. Mais, ici, je veux
bien faire la part de la profonde émotion
causée par le crime, de la qualité de chef
d'Etat qu'avait là victime, de l'intérêt po-
litique qu'on pouvait attacher à la ré-
Dression. L'état d'esprit de la population
lyonnaise, vis-à-vis de cet étranger qui
était venu chez elle frapper un homme
qui, dans le rang élevé qu'il occupait, avait t
su tout au moins ne pas exciter de haines,
cet état d'esprit était légitimement ex-
ceptionnel.
Mais que dire de l'attitude de la foule
autour de l'échaiaud où l'abbé Bruneau
a expié son crime, non sans courage d'ail-
leurs. Par ses cris et ses chants, que le
malheureux entendait de sa prison, par
ses rumeurs sinistrement joyeuses, la
populace a ajouté à l'agonie morale du
condamné, déjà rendue plus longue par
une étrange distraction administrative.
Ce fut un spectacle ignoble, dont sont re-
venus écœurés ceux qui, parproiession,
avaient été y assister, que celui de ces
gens venus des environs de Laval, des
provisions avec eux, pour camper au pied
de l'échafaud, comme à quelque fête où
l'on veut avoir une bonne place Et la en-
core, lorsque la tête du criminel est tom-
bée, la foule a applaudi. Je doute que ce
Quand la question de la non publicité
des exécutions s'est débattue, les Par-
quets, consultés, ont été d'avis de main-
tenir cette publicité. Les magistrats qui
la-tiennent pour nécessaire estiment que
les exécutions à huis-clos seraient une
sorte de désaveu de la peine de mort, un
acheminement vers sa suppression. Ils
pensent, en outre, que la société doit non
seulement se garantir contre les crimi-
nels, mais encore les châtier et faire de
ce châtiment public un exemple pour
ceux qui seraient tentés de les imiter. Je
crois que, sur ces deux points, les parti-
sans de la publicité des supplices sont
dans une grande erreur, qui tient, je me
l'imagine, à ce qu'ils sont pour la plupart
gens de cabinet et théoriciens, n'ayant
pas vu de près les choses.
Loin de conduire à la suppression du
châtiment suprême question que je ne
Veux pas aborder des exécutions sans
scandales, frappant les imaginations par
leur demi-mystère, car rien n'impres-
sionne la fouie, parait-il, autant que le
drapeau noir qu'on hisse sur la prison à
l'instant où le condamné anglais a cessé
de vivre, retireraient aux avocats un ar-
gument très iort, tiré de l'horreur de
l'exécution publique. Cette horreur, beau-
coup de jurés peuvent être tentés de l'é-
pargner à leur ville. Le mode d'exécution
reste donc, tout au moins, sans influence
constatée sur la question de la peine de
mort. Ce n'est d'ailleurs, là, qu'un côté
du débat et le moins important.
La grande an'aire, c'est l'exemple,
i'ea'eMp~ar~e, comme dit la langue juri-
dique. Certainement, en pure logique, le
spectacle de la mort d'un criminel sur
l'échafaud devrait être une leçon terrible,
une etScace K leçon de choses ». Cepen-
dant, tea exécutions, de plus en plus, se
font rapides, à une heure où la foule n'est
pas sortie des demeures, en des lieux dé-
serts. L'échafaud, qu'on a abaissé pres-
que au .ras du sol, n'a plus rien de com-
mun avec l'échafaud d'autrefois, où, en
plein jour, sur les places les plus larges,
au coeur de la cité, te coupable était jadis
expose à tous tes regards. On dirait que
se justifie le mot de V. Hugo, que la Jus-
tice humaine a honte d3 ses arrêts. S.ias
aller jusqu'à approuver cette éloquente
parole du poète, qui a traité la question
surtout au point de vue sentimental, ce
que j~ crois, c'est qu'il a bien fallu com-
prendre que tes idées et les mœurs de la
foule ont changé, à un point tel que de la
grande publicité d'autrefois on est arrivé
à une demi-pubticité, qui, en réalité, ne
répond à rien.
Je n'ignore pas qu'ici même, lorsque la
proposition de loi de M. Reinach fut dis-
cutée, on fit les réserves les plus expresses
à son sujet. Ces réserves portaient surtout
sur la nécessite, en un pays où les trou-
bles et les crimes politiques ne sont pas
impossibles à prévoir, de garantir ce
qu'on peut appeler « l'authenticité du
châtiment, Il est entendu que toutes tes
précautions doivent être prises pour qu'on
ne puisse pas même soupçonner qu'un
condamne n'a pas subi son sort. Ceci bien
convenu, on peut discuter librement la
théorie de l'exemple. La. théorie, je le ré-
pète, est juste. Mais la pratique la dé-
ment. Interrogez tes spécialistes, les
hommes qui votent de près les exécutions,
les policiers, les exécuteurs même~qua.nd
its donnent, comme Samson, leur avis.
Ils vous d!ro:it que, pour la foule qui
assiste aux exécutions, loin d'être un
exemple moralisateur, les exécutions
sont, parfois, une malsaine excitation,
un encouragement au crime. Si la foule, à
Laval, a applaudi le bourreau, elle a ad-
miré les criminels courageux, comme
Avinain ou Lebiez, à qui on a crié
Bravo! C'est que cette foule, en im-
mense majorité, est une populace, sur-
"out dans les grandes villes, qui n'est pas
le peuple, mais bien ce qu'il renferme de
plus mauvais. On a établi que les assas-
sins, comme Gamahut, étaient des habi-
tués des exécutions. Sur la vrafe popula-
tion, si elle y assistait, l'exécution publi-
que pourrait trouver une terreur qui ne
serait pas sans grandeur. Mais, pour
cela, il faudrait que l'âme de cette foule
fût remplie d'une idée élevée de justice,
qu'une pensée religieuse planât sur
elle. Ceci existe en Espagne encore, où,
lorsqu'un condamné doit périr, la foule,
oubliant ses crimes et ne se rebutant
pas contre une juste expiation, est
animée du sentiment chrétien, qui la
pousse dans les églises où elle va prier
pour l'âme du patient. En de telles dispo-
sitions d'esprit, la publicité de l'exécution
a quelque chose de très grand, que j'ai vu
de près, que j'ai admiré avec une émotion
profonde. Mais, franchement, les foules
qui entourent l'échafaud en France se-
raient-elles capables de s'agenouiller et
de prier pour le criminel ? Qu'entend-on
autour de l'échafaud ? Des chansons ob-
scènes, des railleries infâmes, des paroles
cruelles.
C'est un scandaleux épanouissement de
tout ce qu'il peut y avoir de pire dans la
bête humaine. Si paradoxale que la chose
puisse paraître, une fièvre de mal faire
s'empare de certains esprits à la vue du
châtiment de la faute. Qui sait si, dans
cette foule scandaleuse de Laval, il ne se
trouvait pas une majorité de sots féroces,
goûtant une joie indicible à voir monter
sur l'échataud un prêtre ? On le croirait,
quand on sait que, durant la nuit de
lexécution, une bande de jeunes gens,
infâmes parodistes. ont parcouru les rues
en chantant, en manière de raillerie, le
D~ pro/MMd!ts. Ce sont là d'abominables
scandales, faits pour indigner les hon-
nêtes gens, faits aussi pour corrompre la
jeunesse, qui n'a que trop de tendance à
ne garder le respect de rien, pas même
de la mort. Il me semble qu'on peut,
sans porter atteinte même à aucune opi-
nion en matière de répression, en sou-
haiter la disparition ?
HENRY FOUQUIER
Ce qui sapasse
GAUL.O!S-QU!DE
Aujourd'hui
Pasdecourses.
A rOpërâ, Rom~o et Jti~'efte.
Réouverture de ta Scala.
LA POUDQUE
M. Pierre Vaux, dont l'oisiveté 'des va-
cances a fait une actualité palpitante,
était un instituteur bourguignon.
Son père avait été victime d'une erreur r
judiciaire.
En leur manière de comprendre le prin-
cipe de l'hérédité, les comités socialistes
de Dijon crurent que le ûls de ce martyr
devait forcément être investi du mandat
de député.
Le bon sens vulgaire aurait peut-être
exigé d'autres garanties de capacité. Mais
le socialisme et le bon sens ne font pas
toujours bon ménage.
M. Pierre Vaux reçut donc l'investiture
des comités et les électeurs, bétail docile,
renvoyèrent à la Chambre.
Auparavant, il avait du promettre à ses
protecteurs des comités un tas de choses,
d'abord de marcher droit, ensuite d'aban-
donner une partie de son traitement pour
les frais de}la cause.
Et pour garantir l'exécution de ces pro-
messes, il avait remis en triple exem-
plaire sa démission toute signée d'avance
aux omnipotents comités.
A la Chambre, la conduite de M. Pierre
Vaux parut tiède. Peut-être oublia-t-il
ses versements mensuels. Dans tous les
cas il déplut aux comités.
Ceux-ci l'excommunièrent et envoyè-
rent au président de la Chambre les dé-
missions signées d'avance.
M. Pierre Vaux se rebiffa. Il se pro-
clama aussi bon socialiste que ses juges
et, comme le truc de la démission en blanc
n'est pas admis par notre législation qui
ne reconnaît pas le mandat impératif, M.
Pierre Vaux restera député au nez et à la
barbe de ses inventeurs.
L'incident met en émoi la fourmilière
socialiste. Il ne nous touche guère, le dé-
puté etles comités nous inspirantdessen
timents identiques, atténués cependant
par un peu d'indulgence pour le député
qui lutte seul contre une masse.
Mais il est toujours intéressant de cons-
tater, au point de vue artistique, combien
la comédie humaine est peu variée.
Le bon crétin qui porte son vote comme
un saint sacrement s'imagine qu'il est
devenu souverain parce que tous les cinq
ans il manipule un bout de papier.
H n'a fait que changer de maîtres, avec
cette aggravation que jadis il avait des
chets visibles, qu'il connaissait et qu'il
pouvait maudire, tandis qu'aujourd'hui,
par l'accaparement du suffrage univer-
sel, il est devenu la chose, l'esclave d'une
tourbe anonyme et peu respectable qui
le fait virer comme un toutou et dont il
est l'instrument docile.
On lui a persuadé que lécher u ne botte
vernie était le comble de l'avilissement.
Il se dédommage en léchant aujourd'hui
des galoches à la douzaine.
0 Bête humaine J. C.
ÉCHOS POLITISES
M. Dupuy est rentré à Paris, hier ma-
tin, à neuf heures. Il a été reçu, à la gare
d'Orléans, par M. Sainsère, directeur du
cabinet et du personnel au ministère
de l'intérieur, et M. Lépine, préfet de
police.
Le président du conseil a passé sa jour-
née & examiner les dossiers des affaires à
soumettre au conseil des ministres qui va
se réunir, aujourd'hui, à Pont-sur-Seine,
et auquel assisteront tous les ministres.
Les membres du gouvernement parti-
ront, ce matin, à huit heures trente. Ils
passeront la journée a Pont-sur-Seine,
M.Casimir-Perier les ayant invités à dé-
jeuner et a dîner. Us rentreront dans la
soirée à Paris.
Le conseil des ministres sera particu-
lièrement important, en raison du grand
nombre d'affaires en souSrance.
M. Dupuy fera signer par le président
de la république un mouvement préfec-
toral, dont la. raison d'être est surtout
de permettre à M.Edmond Robert, can-
didat dans la circonscription de Nogeat-
sur-Seme~ d'annoncer aajourd'hui à se$
électeurs qu'il est remplacé comme préfet
de l'Isère.
De son côté, M. Félix Faure a préparé,
dans le personnel des escadres, un mou-
vement qui préoccupe vivement les inté-
ressés.
A partir du 1~ octobre. en effet, et pour
des raisons d'économie, l'escadre de ré-
serve va passer à l'état de disponibilité
aTmée, et pareille mesure va être prise
également en ce qui concerne un& des
deux divisions de l'escadje du Nord. On
conçoit que, dans ces conditions, les ca-
dres vont se trouver sensiblement ré-
duits,
On a également beaucoup parlé d'un
mouvement diplomatique; mais, au mi-
nistère des aSaires étrangères, on assure
qu'il n'en est pas question.
ÉCHOS DE PARIS
Parmi les personnes qui ont fait leser-
vice d'honneur auprès de Monsieur le
comte de Paris jusqu'à son alitement, il
faut citer M. La Chambre, fils de l'ancien
député.
Ce nom, ajouté à la liste que nous avons
déjà donnée, porte à quatorze le nombre
de ceux qui remplissaient ces délicates
fonctions à Stowe-House.
POUR LES SINISTRÉS DE COUSIANTlHOPLE
f~
MM. Alfrad Lebel, 500 fr.; Lavastre et
Neuhaus, 100 fr.; Quantin et Ce, 250 fr.j Gas-
ton Dreyfus, 500 fr.; Zadocka et Ce, 300 fr.;
A.Dorbant. 100 fr.; Lusson et Ce, 100 fr.;
F. Meyer et C<. 500 fr.; SagHo. 500 fr.; Mau-
rice Sussman, 100 fr.; Carey, 50 ir.; marquis
de Spinaaa, 20 fr.; 0. Robbe, 20 fr.; G. Cohn,
20 fr.; Puyramaure, 20 fr.; Adrien Monnez,
20 ir.; BandeviUe, 20 fr.; Pardo, 10 fr.; Alfred
Norberg, 100 fr.; Boivin jeune, 100 fr.; forges
do Châtillon et Commentry, 100 fr.; L.-R.
Cahen d'Anvers, 1,000 fr.; Lecomte, 50 fr.;
veuve E. Nathan, 500 fr.; Compagnie du che-
min de fer jonction Salonique-CouatantinopIe,
4,000 fr.; Anonyme, 5 fr.; consul de Turquie
& Libourne (3e liste), 113 fr.; Dreyfus, à
Bayonne, 30 fr. produit des représentations
dans divers casinos, environ 20,000 fr.
Total de cette îiste. 29.127 a
Listes précédentes. 260,731 25
Totalgenëral. ?9,858 35
La souscription est close.
Hier, vers quatre heures après midi, la
foudre est tombée sur l'église Saint-Jean,
à Chaumont, et a communiqué le feu à la
charpente. Heureusement de prompts se-
cours ont écarté tout danger. Les dégâts
sont insignifiants.
Si le feu avait pris la nuit, ce beau mo-
nument historique aurait été détruit.
On vient d'arrêter la liste de classe-
ment de sortie en 1894 de l'école de cava-
lerie de Saumur.
Cette liste comprend soixante-dix-sept
sous-officiers, élèves ofuciers.dont le pre-
mier, M. Boiron-Ebeling, du 16' chasseurs,
était entré également avec le numéro un.
Les deuxième et troisième sortants,
MM. Pichon, du 10' cuirassiers et Perrin,
du 8' chasseurs, avaient été admis avec
les numéros 4 et 7.
M. Roussel, du 6" dragons, entré le qua-
rante et unième, sort avec le numéro 4, et
M. de Follenay, du 6* chasseurs, admis a
l'école le sixième, en sort le cinquième.
PARADOXES ET VÉRITÉS
Les choses du passé ont pris dans notre es*
prit une apparence voilée qui les enveloppe
do charme.
BALZAC.
La superstition a ses fanfarons comme elle
a ses hypocrites.
Jules SANDEAU.
Aujourd'hui, Mgr Latty, évoque nom-
mé de Châlons, sera sacre à Conûans.
M. l'abbé Jouin vient d'être nommé,
par le cardinal Richard, curé de Saint-
Médard, en remplacement de Mgr Latty,
appelé à l'évêché de Châlons.
L'installation du nouveau curé aura
lieu, le 13 septembre prochain, à deux
heures; M. l'abbé Bureau, archidiacre de
Sainte-Geneviève, présidera la solen-
nité.
M. l'abbé Jouin, né en 1844, a été or-
donné prêtre en 1868; il était premier vi-
caire de Saint-Augustin depuis 1890.
La paroisse de Saint-Medard est une
cure de deuxième classe qui compte
36,500 habitants; elle est administrée par
huit vicaires.
La préfecture de police ayant pourvu
les voitures d'une plaque mouvante qui
pent être sans surtaxe placée indistinc-
tement sur une voiture fermée ou sur
une voiture ouverte,on se demande pour-
quoi en ce moment où les soirées sont
tralches, on ne rencontre pas, le soir, des
voitures fermées.
Les Compagnies n'ont cependant plus
l'excuse de la double taxe <
Après Tortoni, après Imoda, voici le
Helder qui disparaît a. son tour. Il ferait
place, prochainement, nous assure-t-on,
a un restaurant populaire.
Le Helder~était, aucun Parisien ne l'i-
gnore, le rendez-vous des ofnciers de tou-
tes armes en congé, qui venaient y pren-
dre l'apéritii traditionnel, en parla nt de
leurs garnisons respectives.
Ils avaient en un garçon de l'établisse-
ment, Félix, aujourd'hui établi à Nancy,
l'annuaire vivant de l'armée.
Félix connaissait tout promotions,
mutations, retraites, et l'ofûcier qui lui
demandait de le renseigner sur un com-
pagnon d'armes dont il ignorait la rési-
dence était certain d'obtenir sans retard
d'utiles indications. Le délaissement
auquel les ofnciers ont livré le Helder
a-t-it coïncidé avec le départ de Félix, ou
les ofuciers se sont-ils lassés de leur café
favori comme on se lasse de tout? Nul ne
saurait l'afSrmer.
Quoi qu'il en soit te Heldercessera bien-
tôt d'exister.
Encore un coin du Paris vivant qui s'en
va
Sur Fordre de Léon XIII, des merveil-
les artistiques enfouies, depuis des an-
nées, soas une épaisse couche de chaux,
vont revoir la lumière.
li s'agit des admirables fresques du
Pinturicchio qui décoraient autrefois les
murs des appartements Borgia au Vati-
can.
Ces appartements avaient été transfor-
més e& bibliothèque, et tea peintures qoi
ornaient les parois avaient été dissimulées
sous une couche de chaux.
Les travaux de restauration ont com-
mencé déjà. Léon XIII est allé visiter, di-
manche, les appartements Borgia.
!m-T~1
Le « trac ? au théâtre.
L'émotion manifestée, avant-hier, par
Mlle Brandès à ses débuts dans le rôle de
Dona Sol est plus commune qu'on ne le
croit chez les artistes d'élite.
Mme Sarah Bernhardt claque littérale-
ment des dents le jour de la création d'un
rôle important. Elle arpente uèvreuse-
ment son appartement et ne répond guère
que par monosyllabes aux questions qui
lui sont posées par d'autres personnes que
son auteur ou son directeur.
Mlle Bartet maigrit de quelques onces.
pendant les quelques jours précédant sa
grande première. Cela s'explique par ce
fait que l'émotion la force à jeûner pres-
que complètement. Elle ne mange pas,
même à son déjeuner, le jour où elle joue
un rôle redoutable à ses yeux.
Le croirait-on ? De tous les comédiens,
l'homme le plus impressionnable n'est
autre que cet acteur, si sûr de lui-même
en apparence, qui s'appelle Baron. Lui
aussi ne tient pas en place, dans la cou-
lisse, le soir d'une de ses premières, et à
chaque instant on l'entend dire, avec la
douce voix qu'on lui connaît « Quel chien
de métier a »
Il n'y a. pas de règle sans exception.
Nous savons un comédien de premier mé-
rite qui se vante de paraître sur la scène
sans la moindre émotion. C'est Coquelin
atné.
Un de nos contrëres du soir a eu une
conversation avec une devineresse d'ori-
gine espagnole, Mme de Hoverac.
Cette devineresse, qui lit l'avenir dans
une carafe de cristal, a annoncé à notre
confrère que des anarchistes préparaient
des bombes pour faire sauter M. Casimir
Periër, l'empereur d'Allemagne et un
certain nombre de grands personnages.
Si Mme de Hoverac est au courant des
menées anarchistes, il faut la faire pas-
ser devant les tribunaux; dans le cas
contraire, comme elle est étrangère, il
faat purement et simplement la prier
d'aller faire ses divinations dans son
pays.
Parmi les marchands forains, il se
trouve sur les marchés publics des « den-
tistes ? qui ne se contentent pas d'exercer
le métier sans aucune connaissance spé-
ciale, mais qui font de l'orthopédie et,
vendent des remèdes <' secrets
La nouvelle législation sur l'exercice
de la médecine :t soulevé de nombreuses
plaintes à ce sujet, paraît-il, car nous
apprenons que les autorités locales et les
commissaires de police sont invités à sur-
veiller rigoureusement les « forains qui
exploitent la crédulité populaire sous
prétexte de découvertes médicinales)).
Des procès verbaux les rendront justi-
ciables des tribunaux correctionnels.
NOUVELLES A LA MA!N
Entre papas
Moi, je veux que mon fils soit avo-
cat. H plaidera ou ne plaidera pas, ça
m'est égal, mais du moins il possédera la
science du droit, ce qui est bien quelque
chose.
Moi. j'encourage le mien à cultiver
les sports, à se faire des biceps, à devenir,
s'il se peut, un hercule. Et alors, il réus-
sira mieux que le vôtre, en vertu de cet
axiome que la force prime le droit t
La liberté, telle que l'entendent les co-
chers
Sur le boulevard, un fiacre conduit
avec insouciance renverse un vieux mon-
sieur.
Ons'empresse autour du blessé, quiSe
relève péniblement et murmure
Le maladroit
Eh bien de quoi ? répond le cocher.
Est-ce que la chaussée n'est pas à tout le
monde ?
La bonne Mme de Z. qui a franchi 'la
soixantaine, disait, l'autre jour
Qu'est-ce qu'une jolie personne ? 9
C'est une femme dont les meilleures
amies s'empresseront de dire le plus tôt
possible:
< Comme elle a été jolie t »
UN DOM'NO
-1 LA MALADIE
DE
hm teMe~Pm
Buckingham, 7 septembre, 3 h. 15 soir.
La nuit a été des plus mauvaises. Un
moment on a cru que la dernière heure
du Prince était arrivée. Le pouls était de-
venu imperceptible; les hoquets avaient
recommencé, accompagnés de tremble-
ments dans les mains; la bouche était
remplie d'aphtes et la prostration du ma-
lade était complète.
Dans la matinée, le pouls est devenu
un peu sensible. Le Prince a semblé se
réveiller et a demandé Madame la com-
tesse de Paris et ses enfants qui, du
reste, avaient passé presque tous îa nuit
auprès de lui. îls sont entrés aussitôt et
ont embrassé le Prince qui les à reconnus
individuellement et a pu prononcer quel-
ques mots.
Madame la comtesse de Paris reste sur
pied nuit et jour, sans même se désha-
biller, de façon à être présente si la
moindre complication survenait.
BttcMngham, 6 h. 15.
Une nouvelle crise est venue alarmer la
Maison royale, vers une heure de l'après-
midi. Comme pendant la nuit précédente,
le pouls a cessé de battre et la respiration
est devenne difficile et inégale. Cepen-
dant, une nouvelle réaction s'est produite
peu après. Le pouls est revenu et le
Prince a pu prononcer quelques paroles,
mais la voix était très basse, lente et en'
trecoupée par une respiration difficile.
Les voies respiratoires sont maintenant
très engorgées. Le Prince ne peut même
plus supporter quelques gorgées de lait,
comme les jours précédents. Depuis hier
il n'a rien pu absorber, et il n'a pris alors
que quelques gouttes d'eau colorées d'un
peu de sirop de groseille.
Dans les quelques paroles qu'il a pn
prononcer, le Prince a exh~ ~s ~Mas~
« Supportez avec résignation l'épreu-
a ve que vous traversez. Pour moi~j'offre
à Dieu mes souffrances et ma vie, le
» priant de les accepter pour le salut de
x mon âme et pour le bonheur de la
France, a
Puis le moribond prit la main du duc
d'Orléans et, ne pouvant plus parler, il
lui pressa doucement la main en le re-
gardant nxement, faisant, pour ainsi
dire, passer tout son cœur et toute sa
pensée dans ce suprême regard. Il avait
fait à son nls ses dernières recommanda-
tions il avait tout dit, et maintenant il
s'efforçait sans doute de fixer une der-
nière fois le souvenir de ses conseils et de
ses espérances..
Ses espérances t Il n'en avait pour lai
que dans les récompenses éternelles, mais
il y a peu de jours, il disait encore
Dans le bleu clair des yeux d'Or-
léans, je crois voir le beau ciel de France
et l'aurore d'un grand jour, d'un jour de
gloire et de bonheur. 1
Depuis avant-hier le parc et les abords
du château sont surveillés par de nom-
breux policemen envoyés pour la sécu-
rité de la reine de Portugal et de la Mai-
son royale. Ils font un service d'ordre et
éloignent les nombrenx curieux qui cir-
culent aux abords du parc.
Le télégraphe a reçu ordre de recevoir
désormais des dépêches et de les expédier
à toute heure de la nuit.
BueMngham, 7 heures soir.
On sait maintenant que Monsieur le
comte de Paris, qui n'avait révélé qu'à
son frère Mgr le duc de Chartres le mal
dont il souffrait depuis des mois et même
des années, a eu le courage froid, stoïque,
de régler méthodiquement sa succession
d'époux, de père de famille et de chef de
dynastie.
Tout récemment, il y a moins d'un
mois, lorsqu'il se raidissait encore contre
la crise suprême, qu'il a dissimulée jus-
qu'à l'extrême limite, il a fait venir son
notaire de Paris, avec lequel il a discuté
et réglé toutes les questions de succession
au double point de vue de la législation
anglaise et de la législation française.
Oh est persuadé que, dans son testa-
ment, Monsieur le comte de Paris a réglé
également la question de ses funérailles,
le cérémonial, et indiqué l'endroit où il
désire être inhumé, Y aura-t-il un service
àStowe? Le Prince a'-t-il expriméla vo-
lonté d'être enterré à Wibridge, où fut
d'abord inhumée sa mère, Mme la du-
chesse d'Orléans? Est-ce à Dreux, où se
trouvent les sépultures de la plupart des
membres de sa famille ? R
Il y a également un testament politi-
que, mais sous quelle forme le Prince
s'adresse-t-il à ses amis et à son pays ? R
On en ebt réduit aux conjectures, car
le secret a été religieusement gardé;
chacun le respecte, et personne ici ne se
permettrait de poser même un point
d'interrogation discret sur un sujet aussi
délicat.
Mgr le duc d'Orléans a évité soigneu-
sement d'aborder avec qui que ce soit
toute question politique it n'a vu. abso-
lument que son ami le duc de Luynes,
qui habite Stowe.
Tout à sa douleur, s'il quitte un ins-
tant le chevet de son père, c'est pour
s'entretenir avec ses oncles de la façon la
plus aifectueusement reconnaissante.
C'est pour bien accentuer cette réserve,
pour bien marquer qu'il n'est qu'un fils
cruellement éprouvé, qu'il a fait savoir à
ses amis de France de ne pas venir en
Angleterre.
C est seulement après les funérailles
que Mgr le duc d'Orléans recevra, dit-on,
ses amis et les anciens conseillers de son
père. Sous quelle forme, dans quelles cir-
constances manifestera-t-il ses intentions
et indiquera-t-il ses projets ? Sera-ce
sous forme de remerciements à ses amis
venus de France ou sous forme de lettre? '1
Le prince parlera-t-il ou gardera-t-il le
silence? Nul ne le sait. Encore une fois,
il est impossible de rien préjuger.
Et si je transcris ici ces diverses im-
pressions avec tout le tact possible, c'est
uniquement pour répondre à la légitime
curiosité des lecteurs du CaM~o:
Buckmgham, 7 h. 37.
Etat de plus en plus alarmant.
Bmckingham, 1 h. matm.
Etat comateux continue.
FERRA.M.
[A 3 h. du matin.aucune autre nouvelle ne
nous est parvenue. Notre collaborateur nous
a informé dans la soirée que, si une catas-
trophe survenait, lo chef du service télégra-
phique de Buckingham, dont le bureau ferme
régulièrement à 8 heures le soir, s" lèverai
pour transmettre une dépêche.]
BMkinghtun, 8 h. soit'.
L'impératrice de Russie a envoyé au-
jourd'hui en son nom.et au nom du Tsar,
un télégramme exprimant sa sympathie
et demandant des nouvelles du Prince.
C/l~Mce Havas.)
A PAMS
L'éventualité d'une fin imminente de
Monsieur le comte de Paris n'a pas été
étrangère à la convocation anticipée du
conseil des ministres; les membres du
gouvernement, qui vont se disperser une
fois encore, se sont rendu compte de la
nécessité de se concerter en vue d'un évé-
nement aussi considérable que la mort
du chef de la Maison royale de France.
La question des obsèques sera une des
premières soumises à l'examen du conseil
des ministres. Quelle sera la réponse du
gouvernement s~ on ~6MMW~e qu'elles
aient lieu à Dreux, dans le caveau privé
où reposent tant de membres de la fa-
mille royale ? '1
Nous croyons savoir que .certains mi-
nistres, à l'esprit généreux et libéral, ne
seraient pas éloignés d'autoriser, sous
certaines conditions, le transiert immé-
diat, à Dreux, de la dépouille de Mon-
sieur le comte de Paris; d'autres, au
contraire, feront des objections, redou-
tant des manifestations qui provoque-
raient des polémiques et des attaques de
la part des radicaux; quelques-uns, enun,
proposeront une transaction qui consis-
terait à laisser écouler un certain laps de
temps entre les funérailles solennelles en
Angleterre et le transiert à Dreux.
Ce ne sont là, d'ailleurs, que des sup-
positions et des éventualités, car il îau-
drait, pour que le gouvernement eût à
prendre une décision, au'il fût saisi d'une
demande de Madame la comtesse de Paris
ou de Mgr le duc d'Orléans; or, jusqu'ici,
rien n'autorise à dire que pareiUe de-
mande sera oc ne sera pas formulée.
n
B~c-~tes Parisien
LES Fat)Tt!S)ES DU PEUT SUCRtER
Les courses de taureaux, qui ont fait courif
tout Paris pendant deux années de suite aux
Arènes de la rue Pergolèse, ou l'on se plaignait,
entre parenthèses, qu'eties ne tussent que de
pâtes copies des véntabies corridas, vont repa-
raître aujourd'hui, à Paris presque, à Majsons-
Laffitte, et it semble qu'ettes n'auront rien àt
envier, au point de vue de la réalité, aux cour-
ses espagnoles.
C'est M. Max Lebaudy qui s'est chargé de
nous y convier, d'une manière toute privée,
d'aiiieurs.
![ faut avouer que te Petit Sucrier n'a pas son
pareil pour trancher les questions délicates. It
y a longtemps que tes amateurs d'émotions
violentes, en même temps que les véritables
sérieux, –jusqu'à ce que s'ensuive la mort du
taureau. Mais, chaque fois, la Société protec-
trice des animaux, armée de la toi Grammont,
s'était opposée à cet abattoir publie.
M. Max Lebaudy n'a pas hésité il l'a rendu
privé, et l'on ne sera admis que-sur invitation
au spectacle qu'd nous prépare.
On voit que rien de ce qui est sportif n'es<
étranger à M. Max Lebaudy.
Non content de faire courir sur tous les hip-
podromes, il monte tui-mëme ses chevaux, en
obstacles tout aussi bien qu'en courses plates.
C'est un fervent de la bicyclette, et il est sorti
victorieux et fourbu de plus d'un match sensa-
tionnel.
A diverses reprises, il a organisé, à Maisons*
Lafntte. des courses de poneys dont it four-
nissait tui-mëme les prix généralement de~
objets d'art.
Le voici donc qui se tance maintenant dans
la tauromachie! Sur ses indications, Belloir fui
a construit, dans sa propriété de Maisons-Laf-
Stte, une arène assez vaste, avec tribunes ap-
propriées, et c'est là qu'aujourd'hui cinq cents
invités des deux sexes sportsmen et sports-
women assisteront, à trois heures, au spec-
tacle dont voici te programme aHéchant
GRAN CORRIDA
DE SEtS TOROS ESPA.NOLES DE LA. QA.NA.DERI~
UZA.SO DE NAVARRA
.P~MMottc Senor D. Max Lebaady.
JT~pa~a~JoseRuiz(Joseito),Rai[nnndo Qain-
tas (Quintas).
-BaM<~ft~)-o.? TomM Martine~ (Pito), Gabrio]
F6rnandcz, Nicahor M~sijon, Riqueruiz, Gampa-
none (Francesin).
JPtca~of Cantarés (El Chico).
Voità un programme digne de toutes tes
Espagnes t
Ajoutons que, très vraisembtàbtement, te p!-
cador opérera a pied. M. Max Lebaudy aime
trop les chevaux, même les chevaux espa-
gnols,–pour exposer ces malheureux coursiers
à un éventremeat fatal.
Car ce ne sont pas des taureaux de carton
ou de baudruche qu'on verra, aujourd'hui, à
Maisons-Laffitte, mais de magnifiques bêtes
qui « mangent la terre », suivant l'expression
du cru.
!t est possible que, après ta corrida espa-
gnole, M. Max Lebaudy et trois de ses amis
oSrent aux invités une représentation supplé-
mentaire, dans Jaquette ils lutteront en per-
sonne contre un jeune taureau de dix-huit
mois, cet âge est sans pitié. Ce ne sera pas te
moindre attrait de la journée.
Faut-il ajouter que M. Lebaudy, qui n'ou-
blie rien, a confié & ta Maison-Dorée l'organi-
sation d'un buSet des mieux approvisionnés et
que c'est à ce buffet que se terminera t'après-
midi ?
Voi!a donc la question des courses de tau-
reaux réglée, grâce à M. Max Lebaudy gra-
tuité et sélection.
Mais les graves questions d'intérêt loca!, la
question sociale ette-même, tout au moins sous
une de ses faces, ne te laissent pas davantage
indifférent.
Dimanche dernier, son yacht la Ca~ar~a
était amarré, à Rouen, à l'entrée du quai de
Lesseps ou de Boisguilbert, si vous aimez
mieux. M. Max Lebaudy arrive tui-mëme,
comme Bergeret; par t'express de trois heures
et demie.
Il se rend sur tes quais, et it aperçoit, à
côté de la CcfAar~a. le petit bac qui fait la
traversée du neuve à ta cale Saint-Eloi, moyen-
nant un léger droit de passage.
N'écoutant que son grand coeur, débordant
dans sa frêle enveloppe, le jeune mitHonnaire
ordonne à ses hommes d'équipage de faire tra-
verser gratuitement la Seine à tous ceux qui en
feront la demande. On pense si les amateurs se
présentèrent.
Qui est-ce qui fit un nez ? Ce fut le directeur
de la Compagnie des bateaux-omnibus de
Rouen, laquelle a le monopole du passage de
la rivière. Et qui est-ce qui va se trouver fort
embarrassé? C'est te conseil général de la Seine-
Inférieure, devant lequel, paraît-il, s'agite de-
puis fort longtemps la grave question du
péage. 1>1
La voilà résolue, cette question, et grâce à la
généreuse fantaisie du Petit Sucrier.
Que l'administration préfeetorate s'entende
donc avec M. Max Lebaudy et elle donnera
satisfaction aux populations, qui réctamettt
gratuité des bacs.
J'ai dit que M. Max Lebaudy s'attaquait
aussi à la question sociale. H a, en effet, avant
de quitter Rouen, amélioré singulièrement la
situation de toute une classe de travailleurs
très intéressants.
a fait cadeau à tous les facteurs de la ban-
tieue de Rouen d'une bicycJette. On ne s'atten-
dait pas à voir ces machines, si fatales aux car-
diaques, intervenir d'une manière si heureuse
et si efficace en faveur de ces malheureux dis-
tributeurs et leur permettre d'avater des kito-
mètres sans s'exposer à se voir appliquer ce
distique cruel, qui mettait en scène, dans une
vieitie revue, Lamartine et un facteur rurat
Le premier marche on sent qu'il a des ailes;
Le second vota oa sent qu'il a dos pieds.
En vérité, je vous le dis, la bicyclette est ap-
pelée à acquérir une grande inSuence so"
ciate.
Mais ta démonstration de cette vérité m'en-
traînerait trop toin, d'autant plus que je n'au-
rais pas de bicyclette pour revenir assez rapi-
dement à mon sujet.
Et, n'étant pas facteur rurat, je n'ai aucune
chance pour que M. Max Lebaudy m'en offro
une.
TOUT-PAFUS
HiiS~L)& u&U~afi.i&
SUR
?" SE PAtVA
Pourquoi ces colères de plumes var-
lantes, propos d'une femme qui a joua
son rôle un peu bruyamment, m~is qui
été charmante aux gens déplume? ~?
Si on croyait aux portraits quitadéS-
gurent, il faudrait rudemeat s'ctonnep
que tant de gens idustres ou célèbres
aient diné chez cUe pendant un quart de
siècle.
Est-ce donc un crime d'avoir, par son
petit palais des Champs-Eiysées, donné
l'exemple à ceux qui ont de l'argent ? Lui
reprochera-t-on d'avoir choisi, pour ses.
artistes ordinaires, Grérôme, Baudry, C:i
banel et beaucoup d'autres de la mêa&j
YOlee? t
PARIS: JtLS CENTÏNtSS– DËPAKtEMHXTS ET CAHES ~<0 C'BT!TÏME8
S8* Année 3* SSr!e N'8389
~RTH~R MEYE~
jMt-~ctewr
ADMINISTRATION
RENSEIGNEMENTS `
~M~ONÎENTS, PETITES ANNONOB~;
2,raeDrouot,3 >
~ce~ des boutavard': Montmartre ot'dea Italie!)*~
ANNONCES
MM. CE. LAGrRAN&B, CEm? & (~
6, FI.ACB BE LA BOURBE, 6
B< Ct <'
ARTHUR MEYER
JMfeOMH'
RÉDACTION
2,rueDronot
M~ta des boutevards Montmartre et
ABONNEMENTS
Paria Départements
Unmols. 6fr. Un mois. 6{r.
Trois mois. 13 SO Trois mois. 16 &.
Si~mMS. 27 fr. Sixmois. SZfr.
Un an. 54 fr. Unan. 64fr.
Etrange!-
Trois mois (Ut-jon postée). *8 tf.
LECHAFAtJD
II paraît que, dès la rentrée des Cham-
bres, M. J. Reinach reprendra une propo-
sition de loi, déjà favorablement accueil-
lie au Sénat, quoique définitivement re-
poussée, et qui modifierait complètement
le régime de l'exécution des criminels. M.
Reinach demandera, une fois encore, que
les exécutions aient lieu dans les prisons,
comme cela se pratique en Angleterre, en
prenant les mêmes précautions pour as-
surer le cours de Injustice et ne pas per-
mettre qu'il se iorme des légendes sur les
criminels que le populaire croit épargnés.
Le moment paraît bien choisi pour es-
sayer de nouveau d'introduire chez nous
une réforme appuyée par bon nombre
d'esprits distingués. Car la quintuple
exécution qui a eu lieu, avant-hier, en
Algérie et les récentes exécutions qui ont
eu lieu en province ont été marquées par
de pénibles scandales.
Je ne parle pas, sf on veut, de l'exécu-
tion de Caserio à Lyon. Lorsque la tête
de ce fanatique en herbe est tombée san-
glante dans le panier, la foule a applaudi.
C'est toujours une triste chose d'entendre
crier: bravo! au bourreau, comme à un
acteur a~rnê du public. Mais, ici, je veux
bien faire la part de la profonde émotion
causée par le crime, de la qualité de chef
d'Etat qu'avait là victime, de l'intérêt po-
litique qu'on pouvait attacher à la ré-
Dression. L'état d'esprit de la population
lyonnaise, vis-à-vis de cet étranger qui
était venu chez elle frapper un homme
qui, dans le rang élevé qu'il occupait, avait t
su tout au moins ne pas exciter de haines,
cet état d'esprit était légitimement ex-
ceptionnel.
Mais que dire de l'attitude de la foule
autour de l'échaiaud où l'abbé Bruneau
a expié son crime, non sans courage d'ail-
leurs. Par ses cris et ses chants, que le
malheureux entendait de sa prison, par
ses rumeurs sinistrement joyeuses, la
populace a ajouté à l'agonie morale du
condamné, déjà rendue plus longue par
une étrange distraction administrative.
Ce fut un spectacle ignoble, dont sont re-
venus écœurés ceux qui, parproiession,
avaient été y assister, que celui de ces
gens venus des environs de Laval, des
provisions avec eux, pour camper au pied
de l'échafaud, comme à quelque fête où
l'on veut avoir une bonne place Et la en-
core, lorsque la tête du criminel est tom-
bée, la foule a applaudi. Je doute que ce
Quand la question de la non publicité
des exécutions s'est débattue, les Par-
quets, consultés, ont été d'avis de main-
tenir cette publicité. Les magistrats qui
la-tiennent pour nécessaire estiment que
les exécutions à huis-clos seraient une
sorte de désaveu de la peine de mort, un
acheminement vers sa suppression. Ils
pensent, en outre, que la société doit non
seulement se garantir contre les crimi-
nels, mais encore les châtier et faire de
ce châtiment public un exemple pour
ceux qui seraient tentés de les imiter. Je
crois que, sur ces deux points, les parti-
sans de la publicité des supplices sont
dans une grande erreur, qui tient, je me
l'imagine, à ce qu'ils sont pour la plupart
gens de cabinet et théoriciens, n'ayant
pas vu de près les choses.
Loin de conduire à la suppression du
châtiment suprême question que je ne
Veux pas aborder des exécutions sans
scandales, frappant les imaginations par
leur demi-mystère, car rien n'impres-
sionne la fouie, parait-il, autant que le
drapeau noir qu'on hisse sur la prison à
l'instant où le condamné anglais a cessé
de vivre, retireraient aux avocats un ar-
gument très iort, tiré de l'horreur de
l'exécution publique. Cette horreur, beau-
coup de jurés peuvent être tentés de l'é-
pargner à leur ville. Le mode d'exécution
reste donc, tout au moins, sans influence
constatée sur la question de la peine de
mort. Ce n'est d'ailleurs, là, qu'un côté
du débat et le moins important.
La grande an'aire, c'est l'exemple,
i'ea'eMp~ar~e, comme dit la langue juri-
dique. Certainement, en pure logique, le
spectacle de la mort d'un criminel sur
l'échafaud devrait être une leçon terrible,
une etScace K leçon de choses ». Cepen-
dant, tea exécutions, de plus en plus, se
font rapides, à une heure où la foule n'est
pas sortie des demeures, en des lieux dé-
serts. L'échafaud, qu'on a abaissé pres-
que au .ras du sol, n'a plus rien de com-
mun avec l'échafaud d'autrefois, où, en
plein jour, sur les places les plus larges,
au coeur de la cité, te coupable était jadis
expose à tous tes regards. On dirait que
se justifie le mot de V. Hugo, que la Jus-
tice humaine a honte d3 ses arrêts. S.ias
aller jusqu'à approuver cette éloquente
parole du poète, qui a traité la question
surtout au point de vue sentimental, ce
que j~ crois, c'est qu'il a bien fallu com-
prendre que tes idées et les mœurs de la
foule ont changé, à un point tel que de la
grande publicité d'autrefois on est arrivé
à une demi-pubticité, qui, en réalité, ne
répond à rien.
Je n'ignore pas qu'ici même, lorsque la
proposition de loi de M. Reinach fut dis-
cutée, on fit les réserves les plus expresses
à son sujet. Ces réserves portaient surtout
sur la nécessite, en un pays où les trou-
bles et les crimes politiques ne sont pas
impossibles à prévoir, de garantir ce
qu'on peut appeler « l'authenticité du
châtiment, Il est entendu que toutes tes
précautions doivent être prises pour qu'on
ne puisse pas même soupçonner qu'un
condamne n'a pas subi son sort. Ceci bien
convenu, on peut discuter librement la
théorie de l'exemple. La. théorie, je le ré-
pète, est juste. Mais la pratique la dé-
ment. Interrogez tes spécialistes, les
hommes qui votent de près les exécutions,
les policiers, les exécuteurs même~qua.nd
its donnent, comme Samson, leur avis.
Ils vous d!ro:it que, pour la foule qui
assiste aux exécutions, loin d'être un
exemple moralisateur, les exécutions
sont, parfois, une malsaine excitation,
un encouragement au crime. Si la foule, à
Laval, a applaudi le bourreau, elle a ad-
miré les criminels courageux, comme
Avinain ou Lebiez, à qui on a crié
Bravo! C'est que cette foule, en im-
mense majorité, est une populace, sur-
"out dans les grandes villes, qui n'est pas
le peuple, mais bien ce qu'il renferme de
plus mauvais. On a établi que les assas-
sins, comme Gamahut, étaient des habi-
tués des exécutions. Sur la vrafe popula-
tion, si elle y assistait, l'exécution publi-
que pourrait trouver une terreur qui ne
serait pas sans grandeur. Mais, pour
cela, il faudrait que l'âme de cette foule
fût remplie d'une idée élevée de justice,
qu'une pensée religieuse planât sur
elle. Ceci existe en Espagne encore, où,
lorsqu'un condamné doit périr, la foule,
oubliant ses crimes et ne se rebutant
pas contre une juste expiation, est
animée du sentiment chrétien, qui la
pousse dans les églises où elle va prier
pour l'âme du patient. En de telles dispo-
sitions d'esprit, la publicité de l'exécution
a quelque chose de très grand, que j'ai vu
de près, que j'ai admiré avec une émotion
profonde. Mais, franchement, les foules
qui entourent l'échafaud en France se-
raient-elles capables de s'agenouiller et
de prier pour le criminel ? Qu'entend-on
autour de l'échafaud ? Des chansons ob-
scènes, des railleries infâmes, des paroles
cruelles.
C'est un scandaleux épanouissement de
tout ce qu'il peut y avoir de pire dans la
bête humaine. Si paradoxale que la chose
puisse paraître, une fièvre de mal faire
s'empare de certains esprits à la vue du
châtiment de la faute. Qui sait si, dans
cette foule scandaleuse de Laval, il ne se
trouvait pas une majorité de sots féroces,
goûtant une joie indicible à voir monter
sur l'échataud un prêtre ? On le croirait,
quand on sait que, durant la nuit de
lexécution, une bande de jeunes gens,
infâmes parodistes. ont parcouru les rues
en chantant, en manière de raillerie, le
D~ pro/MMd!ts. Ce sont là d'abominables
scandales, faits pour indigner les hon-
nêtes gens, faits aussi pour corrompre la
jeunesse, qui n'a que trop de tendance à
ne garder le respect de rien, pas même
de la mort. Il me semble qu'on peut,
sans porter atteinte même à aucune opi-
nion en matière de répression, en sou-
haiter la disparition ?
HENRY FOUQUIER
Ce qui sapasse
GAUL.O!S-QU!DE
Aujourd'hui
Pasdecourses.
A rOpërâ, Rom~o et Jti~'efte.
Réouverture de ta Scala.
LA POUDQUE
M. Pierre Vaux, dont l'oisiveté 'des va-
cances a fait une actualité palpitante,
était un instituteur bourguignon.
Son père avait été victime d'une erreur r
judiciaire.
En leur manière de comprendre le prin-
cipe de l'hérédité, les comités socialistes
de Dijon crurent que le ûls de ce martyr
devait forcément être investi du mandat
de député.
Le bon sens vulgaire aurait peut-être
exigé d'autres garanties de capacité. Mais
le socialisme et le bon sens ne font pas
toujours bon ménage.
M. Pierre Vaux reçut donc l'investiture
des comités et les électeurs, bétail docile,
renvoyèrent à la Chambre.
Auparavant, il avait du promettre à ses
protecteurs des comités un tas de choses,
d'abord de marcher droit, ensuite d'aban-
donner une partie de son traitement pour
les frais de}la cause.
Et pour garantir l'exécution de ces pro-
messes, il avait remis en triple exem-
plaire sa démission toute signée d'avance
aux omnipotents comités.
A la Chambre, la conduite de M. Pierre
Vaux parut tiède. Peut-être oublia-t-il
ses versements mensuels. Dans tous les
cas il déplut aux comités.
Ceux-ci l'excommunièrent et envoyè-
rent au président de la Chambre les dé-
missions signées d'avance.
M. Pierre Vaux se rebiffa. Il se pro-
clama aussi bon socialiste que ses juges
et, comme le truc de la démission en blanc
n'est pas admis par notre législation qui
ne reconnaît pas le mandat impératif, M.
Pierre Vaux restera député au nez et à la
barbe de ses inventeurs.
L'incident met en émoi la fourmilière
socialiste. Il ne nous touche guère, le dé-
puté etles comités nous inspirantdessen
timents identiques, atténués cependant
par un peu d'indulgence pour le député
qui lutte seul contre une masse.
Mais il est toujours intéressant de cons-
tater, au point de vue artistique, combien
la comédie humaine est peu variée.
Le bon crétin qui porte son vote comme
un saint sacrement s'imagine qu'il est
devenu souverain parce que tous les cinq
ans il manipule un bout de papier.
H n'a fait que changer de maîtres, avec
cette aggravation que jadis il avait des
chets visibles, qu'il connaissait et qu'il
pouvait maudire, tandis qu'aujourd'hui,
par l'accaparement du suffrage univer-
sel, il est devenu la chose, l'esclave d'une
tourbe anonyme et peu respectable qui
le fait virer comme un toutou et dont il
est l'instrument docile.
On lui a persuadé que lécher u ne botte
vernie était le comble de l'avilissement.
Il se dédommage en léchant aujourd'hui
des galoches à la douzaine.
0 Bête humaine J. C.
ÉCHOS POLITISES
M. Dupuy est rentré à Paris, hier ma-
tin, à neuf heures. Il a été reçu, à la gare
d'Orléans, par M. Sainsère, directeur du
cabinet et du personnel au ministère
de l'intérieur, et M. Lépine, préfet de
police.
Le président du conseil a passé sa jour-
née & examiner les dossiers des affaires à
soumettre au conseil des ministres qui va
se réunir, aujourd'hui, à Pont-sur-Seine,
et auquel assisteront tous les ministres.
Les membres du gouvernement parti-
ront, ce matin, à huit heures trente. Ils
passeront la journée a Pont-sur-Seine,
M.Casimir-Perier les ayant invités à dé-
jeuner et a dîner. Us rentreront dans la
soirée à Paris.
Le conseil des ministres sera particu-
lièrement important, en raison du grand
nombre d'affaires en souSrance.
M. Dupuy fera signer par le président
de la république un mouvement préfec-
toral, dont la. raison d'être est surtout
de permettre à M.Edmond Robert, can-
didat dans la circonscription de Nogeat-
sur-Seme~ d'annoncer aajourd'hui à se$
électeurs qu'il est remplacé comme préfet
de l'Isère.
De son côté, M. Félix Faure a préparé,
dans le personnel des escadres, un mou-
vement qui préoccupe vivement les inté-
ressés.
A partir du 1~ octobre. en effet, et pour
des raisons d'économie, l'escadre de ré-
serve va passer à l'état de disponibilité
aTmée, et pareille mesure va être prise
également en ce qui concerne un& des
deux divisions de l'escadje du Nord. On
conçoit que, dans ces conditions, les ca-
dres vont se trouver sensiblement ré-
duits,
On a également beaucoup parlé d'un
mouvement diplomatique; mais, au mi-
nistère des aSaires étrangères, on assure
qu'il n'en est pas question.
ÉCHOS DE PARIS
Parmi les personnes qui ont fait leser-
vice d'honneur auprès de Monsieur le
comte de Paris jusqu'à son alitement, il
faut citer M. La Chambre, fils de l'ancien
député.
Ce nom, ajouté à la liste que nous avons
déjà donnée, porte à quatorze le nombre
de ceux qui remplissaient ces délicates
fonctions à Stowe-House.
POUR LES SINISTRÉS DE COUSIANTlHOPLE
f~
MM. Alfrad Lebel, 500 fr.; Lavastre et
Neuhaus, 100 fr.; Quantin et Ce, 250 fr.j Gas-
ton Dreyfus, 500 fr.; Zadocka et Ce, 300 fr.;
A.Dorbant. 100 fr.; Lusson et Ce, 100 fr.;
F. Meyer et C<. 500 fr.; SagHo. 500 fr.; Mau-
rice Sussman, 100 fr.; Carey, 50 ir.; marquis
de Spinaaa, 20 fr.; 0. Robbe, 20 fr.; G. Cohn,
20 fr.; Puyramaure, 20 fr.; Adrien Monnez,
20 ir.; BandeviUe, 20 fr.; Pardo, 10 fr.; Alfred
Norberg, 100 fr.; Boivin jeune, 100 fr.; forges
do Châtillon et Commentry, 100 fr.; L.-R.
Cahen d'Anvers, 1,000 fr.; Lecomte, 50 fr.;
veuve E. Nathan, 500 fr.; Compagnie du che-
min de fer jonction Salonique-CouatantinopIe,
4,000 fr.; Anonyme, 5 fr.; consul de Turquie
& Libourne (3e liste), 113 fr.; Dreyfus, à
Bayonne, 30 fr. produit des représentations
dans divers casinos, environ 20,000 fr.
Total de cette îiste. 29.127 a
Listes précédentes. 260,731 25
Totalgenëral. ?9,858 35
La souscription est close.
Hier, vers quatre heures après midi, la
foudre est tombée sur l'église Saint-Jean,
à Chaumont, et a communiqué le feu à la
charpente. Heureusement de prompts se-
cours ont écarté tout danger. Les dégâts
sont insignifiants.
Si le feu avait pris la nuit, ce beau mo-
nument historique aurait été détruit.
On vient d'arrêter la liste de classe-
ment de sortie en 1894 de l'école de cava-
lerie de Saumur.
Cette liste comprend soixante-dix-sept
sous-officiers, élèves ofuciers.dont le pre-
mier, M. Boiron-Ebeling, du 16' chasseurs,
était entré également avec le numéro un.
Les deuxième et troisième sortants,
MM. Pichon, du 10' cuirassiers et Perrin,
du 8' chasseurs, avaient été admis avec
les numéros 4 et 7.
M. Roussel, du 6" dragons, entré le qua-
rante et unième, sort avec le numéro 4, et
M. de Follenay, du 6* chasseurs, admis a
l'école le sixième, en sort le cinquième.
PARADOXES ET VÉRITÉS
Les choses du passé ont pris dans notre es*
prit une apparence voilée qui les enveloppe
do charme.
BALZAC.
La superstition a ses fanfarons comme elle
a ses hypocrites.
Jules SANDEAU.
Aujourd'hui, Mgr Latty, évoque nom-
mé de Châlons, sera sacre à Conûans.
M. l'abbé Jouin vient d'être nommé,
par le cardinal Richard, curé de Saint-
Médard, en remplacement de Mgr Latty,
appelé à l'évêché de Châlons.
L'installation du nouveau curé aura
lieu, le 13 septembre prochain, à deux
heures; M. l'abbé Bureau, archidiacre de
Sainte-Geneviève, présidera la solen-
nité.
M. l'abbé Jouin, né en 1844, a été or-
donné prêtre en 1868; il était premier vi-
caire de Saint-Augustin depuis 1890.
La paroisse de Saint-Medard est une
cure de deuxième classe qui compte
36,500 habitants; elle est administrée par
huit vicaires.
La préfecture de police ayant pourvu
les voitures d'une plaque mouvante qui
pent être sans surtaxe placée indistinc-
tement sur une voiture fermée ou sur
une voiture ouverte,on se demande pour-
quoi en ce moment où les soirées sont
tralches, on ne rencontre pas, le soir, des
voitures fermées.
Les Compagnies n'ont cependant plus
l'excuse de la double taxe <
Après Tortoni, après Imoda, voici le
Helder qui disparaît a. son tour. Il ferait
place, prochainement, nous assure-t-on,
a un restaurant populaire.
Le Helder~était, aucun Parisien ne l'i-
gnore, le rendez-vous des ofnciers de tou-
tes armes en congé, qui venaient y pren-
dre l'apéritii traditionnel, en parla nt de
leurs garnisons respectives.
Ils avaient en un garçon de l'établisse-
ment, Félix, aujourd'hui établi à Nancy,
l'annuaire vivant de l'armée.
Félix connaissait tout promotions,
mutations, retraites, et l'ofûcier qui lui
demandait de le renseigner sur un com-
pagnon d'armes dont il ignorait la rési-
dence était certain d'obtenir sans retard
d'utiles indications. Le délaissement
auquel les ofnciers ont livré le Helder
a-t-it coïncidé avec le départ de Félix, ou
les ofuciers se sont-ils lassés de leur café
favori comme on se lasse de tout? Nul ne
saurait l'afSrmer.
Quoi qu'il en soit te Heldercessera bien-
tôt d'exister.
Encore un coin du Paris vivant qui s'en
va
Sur Fordre de Léon XIII, des merveil-
les artistiques enfouies, depuis des an-
nées, soas une épaisse couche de chaux,
vont revoir la lumière.
li s'agit des admirables fresques du
Pinturicchio qui décoraient autrefois les
murs des appartements Borgia au Vati-
can.
Ces appartements avaient été transfor-
més e& bibliothèque, et tea peintures qoi
ornaient les parois avaient été dissimulées
sous une couche de chaux.
Les travaux de restauration ont com-
mencé déjà. Léon XIII est allé visiter, di-
manche, les appartements Borgia.
!m-T~1
Le « trac ? au théâtre.
L'émotion manifestée, avant-hier, par
Mlle Brandès à ses débuts dans le rôle de
Dona Sol est plus commune qu'on ne le
croit chez les artistes d'élite.
Mme Sarah Bernhardt claque littérale-
ment des dents le jour de la création d'un
rôle important. Elle arpente uèvreuse-
ment son appartement et ne répond guère
que par monosyllabes aux questions qui
lui sont posées par d'autres personnes que
son auteur ou son directeur.
Mlle Bartet maigrit de quelques onces.
pendant les quelques jours précédant sa
grande première. Cela s'explique par ce
fait que l'émotion la force à jeûner pres-
que complètement. Elle ne mange pas,
même à son déjeuner, le jour où elle joue
un rôle redoutable à ses yeux.
Le croirait-on ? De tous les comédiens,
l'homme le plus impressionnable n'est
autre que cet acteur, si sûr de lui-même
en apparence, qui s'appelle Baron. Lui
aussi ne tient pas en place, dans la cou-
lisse, le soir d'une de ses premières, et à
chaque instant on l'entend dire, avec la
douce voix qu'on lui connaît « Quel chien
de métier a »
Il n'y a. pas de règle sans exception.
Nous savons un comédien de premier mé-
rite qui se vante de paraître sur la scène
sans la moindre émotion. C'est Coquelin
atné.
Un de nos contrëres du soir a eu une
conversation avec une devineresse d'ori-
gine espagnole, Mme de Hoverac.
Cette devineresse, qui lit l'avenir dans
une carafe de cristal, a annoncé à notre
confrère que des anarchistes préparaient
des bombes pour faire sauter M. Casimir
Periër, l'empereur d'Allemagne et un
certain nombre de grands personnages.
Si Mme de Hoverac est au courant des
menées anarchistes, il faut la faire pas-
ser devant les tribunaux; dans le cas
contraire, comme elle est étrangère, il
faat purement et simplement la prier
d'aller faire ses divinations dans son
pays.
Parmi les marchands forains, il se
trouve sur les marchés publics des « den-
tistes ? qui ne se contentent pas d'exercer
le métier sans aucune connaissance spé-
ciale, mais qui font de l'orthopédie et,
vendent des remèdes <' secrets
La nouvelle législation sur l'exercice
de la médecine :t soulevé de nombreuses
plaintes à ce sujet, paraît-il, car nous
apprenons que les autorités locales et les
commissaires de police sont invités à sur-
veiller rigoureusement les « forains qui
exploitent la crédulité populaire sous
prétexte de découvertes médicinales)).
Des procès verbaux les rendront justi-
ciables des tribunaux correctionnels.
NOUVELLES A LA MA!N
Entre papas
Moi, je veux que mon fils soit avo-
cat. H plaidera ou ne plaidera pas, ça
m'est égal, mais du moins il possédera la
science du droit, ce qui est bien quelque
chose.
Moi. j'encourage le mien à cultiver
les sports, à se faire des biceps, à devenir,
s'il se peut, un hercule. Et alors, il réus-
sira mieux que le vôtre, en vertu de cet
axiome que la force prime le droit t
La liberté, telle que l'entendent les co-
chers
Sur le boulevard, un fiacre conduit
avec insouciance renverse un vieux mon-
sieur.
Ons'empresse autour du blessé, quiSe
relève péniblement et murmure
Le maladroit
Eh bien de quoi ? répond le cocher.
Est-ce que la chaussée n'est pas à tout le
monde ?
La bonne Mme de Z. qui a franchi 'la
soixantaine, disait, l'autre jour
Qu'est-ce qu'une jolie personne ? 9
C'est une femme dont les meilleures
amies s'empresseront de dire le plus tôt
possible:
< Comme elle a été jolie t »
UN DOM'NO
-1 LA MALADIE
DE
hm teMe~Pm
Buckingham, 7 septembre, 3 h. 15 soir.
La nuit a été des plus mauvaises. Un
moment on a cru que la dernière heure
du Prince était arrivée. Le pouls était de-
venu imperceptible; les hoquets avaient
recommencé, accompagnés de tremble-
ments dans les mains; la bouche était
remplie d'aphtes et la prostration du ma-
lade était complète.
Dans la matinée, le pouls est devenu
un peu sensible. Le Prince a semblé se
réveiller et a demandé Madame la com-
tesse de Paris et ses enfants qui, du
reste, avaient passé presque tous îa nuit
auprès de lui. îls sont entrés aussitôt et
ont embrassé le Prince qui les à reconnus
individuellement et a pu prononcer quel-
ques mots.
Madame la comtesse de Paris reste sur
pied nuit et jour, sans même se désha-
biller, de façon à être présente si la
moindre complication survenait.
BttcMngham, 6 h. 15.
Une nouvelle crise est venue alarmer la
Maison royale, vers une heure de l'après-
midi. Comme pendant la nuit précédente,
le pouls a cessé de battre et la respiration
est devenne difficile et inégale. Cepen-
dant, une nouvelle réaction s'est produite
peu après. Le pouls est revenu et le
Prince a pu prononcer quelques paroles,
mais la voix était très basse, lente et en'
trecoupée par une respiration difficile.
Les voies respiratoires sont maintenant
très engorgées. Le Prince ne peut même
plus supporter quelques gorgées de lait,
comme les jours précédents. Depuis hier
il n'a rien pu absorber, et il n'a pris alors
que quelques gouttes d'eau colorées d'un
peu de sirop de groseille.
Dans les quelques paroles qu'il a pn
prononcer, le Prince a exh~ ~s ~Mas~
« Supportez avec résignation l'épreu-
a ve que vous traversez. Pour moi~j'offre
à Dieu mes souffrances et ma vie, le
» priant de les accepter pour le salut de
x mon âme et pour le bonheur de la
France, a
Puis le moribond prit la main du duc
d'Orléans et, ne pouvant plus parler, il
lui pressa doucement la main en le re-
gardant nxement, faisant, pour ainsi
dire, passer tout son cœur et toute sa
pensée dans ce suprême regard. Il avait
fait à son nls ses dernières recommanda-
tions il avait tout dit, et maintenant il
s'efforçait sans doute de fixer une der-
nière fois le souvenir de ses conseils et de
ses espérances..
Ses espérances t Il n'en avait pour lai
que dans les récompenses éternelles, mais
il y a peu de jours, il disait encore
Dans le bleu clair des yeux d'Or-
léans, je crois voir le beau ciel de France
et l'aurore d'un grand jour, d'un jour de
gloire et de bonheur. 1
Depuis avant-hier le parc et les abords
du château sont surveillés par de nom-
breux policemen envoyés pour la sécu-
rité de la reine de Portugal et de la Mai-
son royale. Ils font un service d'ordre et
éloignent les nombrenx curieux qui cir-
culent aux abords du parc.
Le télégraphe a reçu ordre de recevoir
désormais des dépêches et de les expédier
à toute heure de la nuit.
BueMngham, 7 heures soir.
On sait maintenant que Monsieur le
comte de Paris, qui n'avait révélé qu'à
son frère Mgr le duc de Chartres le mal
dont il souffrait depuis des mois et même
des années, a eu le courage froid, stoïque,
de régler méthodiquement sa succession
d'époux, de père de famille et de chef de
dynastie.
Tout récemment, il y a moins d'un
mois, lorsqu'il se raidissait encore contre
la crise suprême, qu'il a dissimulée jus-
qu'à l'extrême limite, il a fait venir son
notaire de Paris, avec lequel il a discuté
et réglé toutes les questions de succession
au double point de vue de la législation
anglaise et de la législation française.
Oh est persuadé que, dans son testa-
ment, Monsieur le comte de Paris a réglé
également la question de ses funérailles,
le cérémonial, et indiqué l'endroit où il
désire être inhumé, Y aura-t-il un service
àStowe? Le Prince a'-t-il expriméla vo-
lonté d'être enterré à Wibridge, où fut
d'abord inhumée sa mère, Mme la du-
chesse d'Orléans? Est-ce à Dreux, où se
trouvent les sépultures de la plupart des
membres de sa famille ? R
Il y a également un testament politi-
que, mais sous quelle forme le Prince
s'adresse-t-il à ses amis et à son pays ? R
On en ebt réduit aux conjectures, car
le secret a été religieusement gardé;
chacun le respecte, et personne ici ne se
permettrait de poser même un point
d'interrogation discret sur un sujet aussi
délicat.
Mgr le duc d'Orléans a évité soigneu-
sement d'aborder avec qui que ce soit
toute question politique it n'a vu. abso-
lument que son ami le duc de Luynes,
qui habite Stowe.
Tout à sa douleur, s'il quitte un ins-
tant le chevet de son père, c'est pour
s'entretenir avec ses oncles de la façon la
plus aifectueusement reconnaissante.
C'est pour bien accentuer cette réserve,
pour bien marquer qu'il n'est qu'un fils
cruellement éprouvé, qu'il a fait savoir à
ses amis de France de ne pas venir en
Angleterre.
C est seulement après les funérailles
que Mgr le duc d'Orléans recevra, dit-on,
ses amis et les anciens conseillers de son
père. Sous quelle forme, dans quelles cir-
constances manifestera-t-il ses intentions
et indiquera-t-il ses projets ? Sera-ce
sous forme de remerciements à ses amis
venus de France ou sous forme de lettre? '1
Le prince parlera-t-il ou gardera-t-il le
silence? Nul ne le sait. Encore une fois,
il est impossible de rien préjuger.
Et si je transcris ici ces diverses im-
pressions avec tout le tact possible, c'est
uniquement pour répondre à la légitime
curiosité des lecteurs du CaM~o:
Buckmgham, 7 h. 37.
Etat de plus en plus alarmant.
Bmckingham, 1 h. matm.
Etat comateux continue.
FERRA.M.
[A 3 h. du matin.aucune autre nouvelle ne
nous est parvenue. Notre collaborateur nous
a informé dans la soirée que, si une catas-
trophe survenait, lo chef du service télégra-
phique de Buckingham, dont le bureau ferme
régulièrement à 8 heures le soir, s" lèverai
pour transmettre une dépêche.]
BMkinghtun, 8 h. soit'.
L'impératrice de Russie a envoyé au-
jourd'hui en son nom.et au nom du Tsar,
un télégramme exprimant sa sympathie
et demandant des nouvelles du Prince.
C/l~Mce Havas.)
A PAMS
L'éventualité d'une fin imminente de
Monsieur le comte de Paris n'a pas été
étrangère à la convocation anticipée du
conseil des ministres; les membres du
gouvernement, qui vont se disperser une
fois encore, se sont rendu compte de la
nécessité de se concerter en vue d'un évé-
nement aussi considérable que la mort
du chef de la Maison royale de France.
La question des obsèques sera une des
premières soumises à l'examen du conseil
des ministres. Quelle sera la réponse du
gouvernement s~ on ~6MMW~e qu'elles
aient lieu à Dreux, dans le caveau privé
où reposent tant de membres de la fa-
mille royale ? '1
Nous croyons savoir que .certains mi-
nistres, à l'esprit généreux et libéral, ne
seraient pas éloignés d'autoriser, sous
certaines conditions, le transiert immé-
diat, à Dreux, de la dépouille de Mon-
sieur le comte de Paris; d'autres, au
contraire, feront des objections, redou-
tant des manifestations qui provoque-
raient des polémiques et des attaques de
la part des radicaux; quelques-uns, enun,
proposeront une transaction qui consis-
terait à laisser écouler un certain laps de
temps entre les funérailles solennelles en
Angleterre et le transiert à Dreux.
Ce ne sont là, d'ailleurs, que des sup-
positions et des éventualités, car il îau-
drait, pour que le gouvernement eût à
prendre une décision, au'il fût saisi d'une
demande de Madame la comtesse de Paris
ou de Mgr le duc d'Orléans; or, jusqu'ici,
rien n'autorise à dire que pareiUe de-
mande sera oc ne sera pas formulée.
n
B~c-~tes Parisien
LES Fat)Tt!S)ES DU PEUT SUCRtER
Les courses de taureaux, qui ont fait courif
tout Paris pendant deux années de suite aux
Arènes de la rue Pergolèse, ou l'on se plaignait,
entre parenthèses, qu'eties ne tussent que de
pâtes copies des véntabies corridas, vont repa-
raître aujourd'hui, à Paris presque, à Majsons-
Laffitte, et it semble qu'ettes n'auront rien àt
envier, au point de vue de la réalité, aux cour-
ses espagnoles.
C'est M. Max Lebaudy qui s'est chargé de
nous y convier, d'une manière toute privée,
d'aiiieurs.
![ faut avouer que te Petit Sucrier n'a pas son
pareil pour trancher les questions délicates. It
y a longtemps que tes amateurs d'émotions
violentes, en même temps que les véritables
taureau. Mais, chaque fois, la Société protec-
trice des animaux, armée de la toi Grammont,
s'était opposée à cet abattoir publie.
M. Max Lebaudy n'a pas hésité il l'a rendu
privé, et l'on ne sera admis que-sur invitation
au spectacle qu'd nous prépare.
On voit que rien de ce qui est sportif n'es<
étranger à M. Max Lebaudy.
Non content de faire courir sur tous les hip-
podromes, il monte tui-mëme ses chevaux, en
obstacles tout aussi bien qu'en courses plates.
C'est un fervent de la bicyclette, et il est sorti
victorieux et fourbu de plus d'un match sensa-
tionnel.
A diverses reprises, il a organisé, à Maisons*
Lafntte. des courses de poneys dont it four-
nissait tui-mëme les prix généralement de~
objets d'art.
Le voici donc qui se tance maintenant dans
la tauromachie! Sur ses indications, Belloir fui
a construit, dans sa propriété de Maisons-Laf-
Stte, une arène assez vaste, avec tribunes ap-
propriées, et c'est là qu'aujourd'hui cinq cents
invités des deux sexes sportsmen et sports-
women assisteront, à trois heures, au spec-
tacle dont voici te programme aHéchant
GRAN CORRIDA
DE SEtS TOROS ESPA.NOLES DE LA. QA.NA.DERI~
UZA.SO DE NAVARRA
.P~MMottc Senor D. Max Lebaady.
JT~pa~a~JoseRuiz(Joseito),Rai[nnndo Qain-
tas (Quintas).
-BaM<~ft~)-o.? TomM Martine~ (Pito), Gabrio]
F6rnandcz, Nicahor M~sijon, Riqueruiz, Gampa-
none (Francesin).
JPtca~of Cantarés (El Chico).
Voità un programme digne de toutes tes
Espagnes t
Ajoutons que, très vraisembtàbtement, te p!-
cador opérera a pied. M. Max Lebaudy aime
trop les chevaux, même les chevaux espa-
gnols,–pour exposer ces malheureux coursiers
à un éventremeat fatal.
Car ce ne sont pas des taureaux de carton
ou de baudruche qu'on verra, aujourd'hui, à
Maisons-Laffitte, mais de magnifiques bêtes
qui « mangent la terre », suivant l'expression
du cru.
!t est possible que, après ta corrida espa-
gnole, M. Max Lebaudy et trois de ses amis
oSrent aux invités une représentation supplé-
mentaire, dans Jaquette ils lutteront en per-
sonne contre un jeune taureau de dix-huit
mois, cet âge est sans pitié. Ce ne sera pas te
moindre attrait de la journée.
Faut-il ajouter que M. Lebaudy, qui n'ou-
blie rien, a confié & ta Maison-Dorée l'organi-
sation d'un buSet des mieux approvisionnés et
que c'est à ce buffet que se terminera t'après-
midi ?
Voi!a donc la question des courses de tau-
reaux réglée, grâce à M. Max Lebaudy gra-
tuité et sélection.
Mais les graves questions d'intérêt loca!, la
question sociale ette-même, tout au moins sous
une de ses faces, ne te laissent pas davantage
indifférent.
Dimanche dernier, son yacht la Ca~ar~a
était amarré, à Rouen, à l'entrée du quai de
Lesseps ou de Boisguilbert, si vous aimez
mieux. M. Max Lebaudy arrive tui-mëme,
comme Bergeret; par t'express de trois heures
et demie.
Il se rend sur tes quais, et it aperçoit, à
côté de la CcfAar~a. le petit bac qui fait la
traversée du neuve à ta cale Saint-Eloi, moyen-
nant un léger droit de passage.
N'écoutant que son grand coeur, débordant
dans sa frêle enveloppe, le jeune mitHonnaire
ordonne à ses hommes d'équipage de faire tra-
verser gratuitement la Seine à tous ceux qui en
feront la demande. On pense si les amateurs se
présentèrent.
Qui est-ce qui fit un nez ? Ce fut le directeur
de la Compagnie des bateaux-omnibus de
Rouen, laquelle a le monopole du passage de
la rivière. Et qui est-ce qui va se trouver fort
embarrassé? C'est te conseil général de la Seine-
Inférieure, devant lequel, paraît-il, s'agite de-
puis fort longtemps la grave question du
péage. 1>1
La voilà résolue, cette question, et grâce à la
généreuse fantaisie du Petit Sucrier.
Que l'administration préfeetorate s'entende
donc avec M. Max Lebaudy et elle donnera
satisfaction aux populations, qui réctamettt
gratuité des bacs.
J'ai dit que M. Max Lebaudy s'attaquait
aussi à la question sociale. H a, en effet, avant
de quitter Rouen, amélioré singulièrement la
situation de toute une classe de travailleurs
très intéressants.
a fait cadeau à tous les facteurs de la ban-
tieue de Rouen d'une bicycJette. On ne s'atten-
dait pas à voir ces machines, si fatales aux car-
diaques, intervenir d'une manière si heureuse
et si efficace en faveur de ces malheureux dis-
tributeurs et leur permettre d'avater des kito-
mètres sans s'exposer à se voir appliquer ce
distique cruel, qui mettait en scène, dans une
vieitie revue, Lamartine et un facteur rurat
Le premier marche on sent qu'il a des ailes;
Le second vota oa sent qu'il a dos pieds.
En vérité, je vous le dis, la bicyclette est ap-
pelée à acquérir une grande inSuence so"
ciate.
Mais ta démonstration de cette vérité m'en-
traînerait trop toin, d'autant plus que je n'au-
rais pas de bicyclette pour revenir assez rapi-
dement à mon sujet.
Et, n'étant pas facteur rurat, je n'ai aucune
chance pour que M. Max Lebaudy m'en offro
une.
TOUT-PAFUS
HiiS~L)& u&U~afi.i&
SUR
?" SE PAtVA
Pourquoi ces colères de plumes var-
lantes, propos d'une femme qui a joua
son rôle un peu bruyamment, m~is qui
été charmante aux gens déplume? ~?
Si on croyait aux portraits quitadéS-
gurent, il faudrait rudemeat s'ctonnep
que tant de gens idustres ou célèbres
aient diné chez cUe pendant un quart de
siècle.
Est-ce donc un crime d'avoir, par son
petit palais des Champs-Eiysées, donné
l'exemple à ceux qui ont de l'argent ? Lui
reprochera-t-on d'avoir choisi, pour ses.
artistes ordinaires, Grérôme, Baudry, C:i
banel et beaucoup d'autres de la mêa&j
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