Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1894-01-10
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 janvier 1894 10 janvier 1894
Description : 1894/01/10 (Numéro 5056). 1894/01/10 (Numéro 5056).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5286118
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/02/2008
.PA.M9.: && Cï~n~ DÉPA~TEME~n~ ]ET GARES CENTÎHŒS
28* Année –3" Série– N° 5056
MERCREDI 10 JANVIER 1894
ARTHUR MEYEB
jMrcc!eMf Il
RÉDACTION
2,ruaDronot
t&e des boulevards Montmartre et des MtUeot~
ABONNEMENTS
ARTHUR ~EYER
Directeur
ADMINISTRATION
RENSEI&NEMENTS
ABONNEMENTS, PETtTES ANNONCES
2, ruo DrOuot, 2
(Ang!e des boutevard" Montmartre et des Italien!~
ANNONCES `
&6. PLACK DE I.A BOUnSE,.6
B< ~'ad'tMt!tMtrM
Paris Départements
Un mois. 8fr. Unmois. 6&
Trois mois. 1380 Trois mois. 16Sixmois. 27 fr. Sixmois. 32B'.
Un an. 54fr. Un an. 64ÎE.
Etranger
Trois mois (Union postale). 18 &*
SOMMAIRE
Mondanités.
Rentrée des Chambres.
Presse Lettre dos « hommes libres a au
procureur générât.
Nouvelles diverses Une bombe rueDaru.
Mouvement judiciaire.– Province (Qua-
trième pags~
M L)mMT
J3ES MENUS PLAISIRS
Le magasin des décors de l'Opéra, qui
n'est plus, aujourd'hui, qu'un monceau
de décombres, fut jadis une dépen-
dance de l'hôtel des Menus-Plaisirs du
Roi. Plus d'une fois des pièces et des bal-
lets s'y répétèrent on y prépara des re-
présentations on y tint des conciliabu-
îes. « Il n'y a rien de si important que le
magazin )), écrivait, sous Louis XVI, le
garde-général Lévêque, chargé de la sur-
veillance des décorations « pour les spec-
tacles de la Cour et toutes cérémonies
royales.)) Ce Lévêque n'eût point donné
sa place pour une charge d'intendant des
Menus. C'est lui qui disait à M. de La
Perte « Je conviens que vous avez beau-
coup d'anaires mais rien que des anai-
res générales. Vous ne saurez jamais -ce
qu'il y a de délices à s'occuper des petits
détails en maître. Celui qui ordonne
parle comme il veut celui qui exécute,
dans un domaine restreint, ne fait rien
qu'à sa tête et conduit les choses vraiment
à son gré. w
Le même s'intitulait « le Conserva-
teur des illusions de la vie, de la mort et
de la gloire N.Ons'adressait a lui pour
faire équiper un décor de palais, dresser
un arc de triomphe tout reluisant de do-
rures pour une fête publique et monter
un somptueux catatalque pour un enter-
rement princier. Il avait sous la main des
arbres de tous les pays, des fontaines et
des cascades numérotées, des colonnes et
des cabanes, des frontons et des ponts
rustiques, sans compter un lot d'horizons
« à musique a et de fonds « à danses a.
Son ordinaire parole était « Je n'ai peur
que du feu, mais j'en ai une peur af-
freuse))) Le pauvre homme aurait-il été
malheureux s'il avait pu voir ces chefs-
d'œuvre d'illusoire vérité, ces créations
diverses de réalité chimérique s'en aller
en uammes ou s'abîmer en cendres! Le
cœur lui fût tombé de désespoir.
En jetant les yeux, à travers la façade
éventrée, sur ce grand terrain plein de
débris, lamentable à voir, je me suis rap-
pelé ce sentimental gardien qui, toujours
rêvant parmi des châssis retournés, col-
lectionnait voluptueusement les pierres
fausses. Dans les grandes occasions, on
lui empruntait une « décoration complète
eh diamants )) nommée par lui « la mer-
veille des spectacles )). C'était, d'ailleurs,
un bon esprit, très sage et très pratique
sous des airs originaux. On le chargea,de
négocier l'achat des terrains de la rue
Bergère pour la construction du nouvel
hôtel des Menus. La Ferté le tenait pour
un de ses collaborateurs les plus intelli-
gents et les plus dévoués, encore qu'il ap-
portât en toute chose une minutie quelque
peu étroite.*Ayant pris, peu à peu, grande
importance dans l'administration, il fit
ce qu'il voulut, imposant ses idées même
aux gentilshommes de la chambre et dé-
daignant de trancher du personnage.
Mais rien ne le trompait, au fond, que
l'évocation des milieux féeriques par des
machines et des peintures, par des costu-
mes et des lumières appropriées. Lors-
qu'il avait combiné une vision à sa guise
et qu'il ne manquait plus rien, un éclair
s'illuminait dans ses yeux gris, Monsieur
l'Intendant pouvait venir. Tout irait bien,
il s'en portait garant. à moins que tout
brûlât à la dernière heure. Et il ajoutait
en forme de sentence « Le reste, par-
dieu) ne me concerne pas.)) r>
Le reste, en enet, concernait monsieur
l'intendant. Mais le «reste)) avait une
certaine importance, en dépit des théo-
ries de Lévêque. C'était, tout uniment,
le programme des iêtes, le choix des
œuvres, la conduite du personnel. Et
dame l l'existence du haut fonction-
naire. ne s'écoulait guère en douceur.
En haut, en bas, on le prenait pour cible.
Acteurs, chanteurs et musiciens se plai-
gnaient à tout propos et menaçaient de
se retirer. Les quatre gontilshommesde la
chambre, éternellement en querelle, dau-
baient sur monsieur l'intendant pour se
mettre d'accord. Avec une autorité nomi-
nale incontestée, il voyait a chaque ins-
tant désavouer ses actes et annuler ses
décisions. S'agissait-il de comptes? Un ]
duc d'Aumont intervenait et tout d'un
coup faisait une sortie contre les bureaux. <
Le duc de Duras et le duc de Richelieu, ]
ayant les'théâtres dans leur charge, n'en-
tendaient point qu'on marchât sur leurs ]
brisées et s'en prenaient de leurs sottises <
à leur subordonné, qui courbait la tête. Il ¡
n'était pas jusqu'à M. de Fleury qui n'é-
levât la voi~-très aigrement, tantôt au su- ]
jet de la musique des danses et des con- ]
certs, tantôt pour les pompes funèbres. <
Duras et Richelieu surtout perdaient
toute mesure. Les froissements d'amour-
propre se mêlaient d'intrigues. Il fallait <
tenir compte des protections injustifiées,
soutenir contre vent et marée d'absurdes
prétentions. Comment, en ces conditions, <
n'être point ridicule? Le chef apparent du ]
& grand tripot des Menus )) devait pren- ]
dre son parti d'être détesté, molesté, mo- <
que et donné au diable, et de sembler tou- ]
jours content. *ao ] 1
A l'Opéra, vous devinez sans peine que `
l'autorité n'avait pas grande prise sur les
« demoiselles protégées )). L'Opéra est le
temple où tous les péchés sont remis. Dès
!a. qu'une femme était inscrite, de par le
Roi, sur le registre des artistes, elle se
conduisait librement. Son. père et son
m~ri eux-mêmes n'avaient qu'a se tenir a
en repos. Si, par surcroît, elle avait su in-
~eresser un Richelieu, adieu la suprême (
discipline i L'Intendance grondait; on
souriait. L'Intendance menaçait de sévir; t
on se révoltait d'importance. Certain soir
que M. de La Ferté est venu expliquer à
Louis XVI la situation telle qu'elle est, le t
Roi déclare qu'il faut en nnir. « En n- t
nir t Voilà qui est bien dit, Sire/Mais de 1
quelle sorte ? Je nommerai, à l'Opéra.,
un directeur a~M~M'MMe .p~e~e e< e~~rg
autorité sous notre seul contrôle, et qui
accomplira les réformes utiles.)) Le len-
demain le Roi est circonvenu de toutes
parts.
Ce ne sont que raisonnements respec-
tueux, représentations faites à Sa Ma-
jesté dans l'intérêt de l'Académie de mu-
sique, qui est l'une des gloires de sa cou-
ronne. Louis XVI n'est point très ferré
sur ces questions. Il maintient son projet
de nommer un directeur armé ~'MMe au-
torité pleine e~ cn~e~e, mais il concède
qu'il ne le désigneraqu'avecleconseil d'un
comité formé de chanteurs, de danseurs
et de musiciens. On y ajoutera même un
secrétaire. M. l'intendant des Menus s'ar-
rangera comme il pourra.
Et voici comment se passeront désor-
mais les choses. On propose de jouer un
ouvrage nouyeau. Le ténor Legros opine,
immédiatement, pour une reprise. Soit t
Que reprendra-t-on ? Chacun des chan-
teurs présents plaide pour un de ses
rôles. On revient à l'idée d'une nouveauté.
Le chef des chœurs, M. de La Suze, pro-
teste que les choristes ne feront pas d'é-
tudes nouvelles, surmenés qu'ils sont de-
puis quelque temps. Le directeur fait ob-
server qu'il y a lieu d'attirer le public
par une annonce bien choisie, car les re-
cettes baissent. « –He) s'écrie le maître
de ballet Dauberval, c'est un de mes bal-
lets qu'il vous faut. Un ballet ) Vous
n'y songez pas, riposte Rey au nom de
l'orchestre. Cela ne se peut. Mes musi-
ciens sont sur les dents. »
M. le surintendant Dauvergne ne sait à
quel parti s'arrêter. Il veut parler on lui
coupe la parole. Chacun donne des or-
dres. Le tumulte grossit. Pour un peu,
l'on en viendrait aux mains. Dauvergne,
vaincu, quitte la sa!!e. « L'homme qu'il
faudrait à ces gens-là, dit-il en s'éloi-
gnant, n'aurait qu'à s'incliner devant
leurs volontés et à signer leurs bil-
lets. ))
En vérité, le mot d'un mélancolique
philosophe nous ouvre des horizons sur
l'Intendance des Menus et la surinten-
dance de la Musique~ J'aime à penser que
tout a bien changé depuis un siècle.
Mais, au fond, je n'en suis pas très sûr.
Et peut-être, après tout, que le sort d'un
Lévêque, étranger aux compétitions, col-
lectionneur de pierres fausses et « con-
servateur des illusions de la vie, de la
mort et de la gloire a est particulièrement
digne d'envie. Un Lévêque, retiré dans sa
joie modeste, n'a d'autre ennemi que le
feu. Le feu est encore plus clément que
les hommes.
FOURCAUO
Ce qui se passe
QAULO~S-SUm~
~tt;OMf<<'Au!
Avant-dernier jour deia neuvaine de sainte
Geneviève.
Visite, à la galerie Georges Petit, de l'exposi-
tion. d'amateurs du Photo-Ctub.
ËCHOSDE PARIS
On a beaucoup commenté, dans quel-
ques cercles militaires, le retour subit cfu
général Brugère qui, aussitôt son entrée
solennelle au chef-lieu de son commande
ment, aurait été rappelé à Paris.
Le bruit court, en effet, que le gouver-
nement connerait de préférence à un
officier général de l'armée de terre la di-
rection d'opérations éventuelles à Mada-
gascar.
M. Brugère a bien quitté pendant quel-
que temps l'Elysée, dutempsde M. Grévy,
pour aller commander l'artillerie en Tu-
nisie ) 1
Un curieux détail rétrospectif, à propos
de l'entrée au Sénat de M. Floquet.
C'est M. Floquet qui, le 4 septembre
1870, à sept heures et demie du soir, s'est
rendu au palais du Luxembourg, et,
après en avoir iait sortir les quelques
personnes qui l'occupaient encore, a ap-
posé les scellés sur la porte. Il était ac-
compagné, dans cette expédition, de MM.
Valentin, Engelhard, Clemenceau.
Hier a eu lieu, au Lyon-d'Or, le ban-
quet des « Amis des livres )), dont le pré-
sident est, on le sait, Mgr le duc d'Au-
male.
Mercredi prochain 17 janvier, à trois
heures, le comte Robert de Montesquieu
fera une conférence au théâtre d'Applica-
tion, rue Saint-Lazare, sur les poésies de
Mme Desbordes-Valmore.
Toute la haute société parisienne et le
monde littéraire sont invités à cette con-
férence qui sera intéressanteà tous points
de vue.
C'est la première fois que le comte Ro-
bert de Montesquiou parle en public,
mais il sera, nous n'en doutons pas,
comme critique et comme conférencier, à
la hauteur de son talent de poète.
Cet hommage rendu à cette femme-
poète, un peu oubliée aujourd'hui, a quel-
que chose de touchant venant d'une école
si din'érente.
Le comte de Montesquieu fera paraître
plus tard une étude critique sur Mme
Desbordes-Valmore, suivie d'un essai de
classification de ses motifs d'inspiration.
Espérons que bientôt nous aurons une 1
suite aux poésies si élevées et si exquises
des C7
Bien qu'aucune communication offi-
cielle ne soit venue confirmer la liste, pu-
bliée par certains journaux du soir, de
plusieurs nominations et promotions
dans la Légion d'honneur, faites, par le
ministère de l'instruction publique et des
beaux-arts, nous enregistrons avec plai-
sir les noms suivants, auxquels il s'en
ajoutera d'autres probablement
Of&ciers de la Légion d'honneur
M. Ferdinand Eabre, homme de lettres;
M. Emile Pessard.
Chevaliers
M. Lecocq, compositeur de musique
M. Marcel Prévost, homme de lettres
M. Abel Maître, chef des moulages au mu-
sée de Saint-Germain;
M. Blanchet, proviseur du lycée Louis-le-
Grand
M. Fourteau, proviseur du 'lycée Janson-
de-SailIy;
M. Emile Richebourg, romancier.
On sait que plusieurs fois il a été ques-
tion de transiérer l'Observatoire dans la
banlieue parisienne. L'achèvement pro-
chain des travaux de prolongement de la
ligne de Sceaux a mis de nouveau la
question sur le tapis.
On étudie en ce moment un projet qui
consisterait à transférer l'Observatoire
entre Viroûay et Juvisy, sur un plateau
assez élevé.
La cause de cette désaS'ectation, on la.*
devine, c'est la trépidation produite, par
les véhicules qui circulent autour de l'Ob-
servatoire. Déjà en 1868, à la suite d'une
enquête ofncielle, les astronome~ avaient
déclaré ceci:
« Il est impossible d'exécuter dans l'Ob-
servatoire actuel la plupart des grands
travaux astronomiques qui embrassent les
problèmes les plus élevés de la science et
peuvent seuls assurer la gloire d'un Ob-
servatoire. ))
Il est aisé de prévoir que la trépidation
produite par les trains qui circuleront sous
îa galerie souterraine de la ligne de
Sceaux rendront ces expériences de plus ]
en plus difnci)es.
C'est pourquoi on se préoccupe très se-
rieusement de construire ailleurs un nou- `
vel établissement astronomique, ou, tout
au moins, d'ordonner le transfert d'une ]
grande partie des appareils.
La construction du nouvel Observatoire
ne nécessiterait pas une trop considéra-
ble dépense, attendu que les vastes ter-
rains occupés par l'Observatoire actuel
pourraient être vendus à un prix très
élevé.
PARADOXES ET VÉRITÉS
Les femmes n'ont pas de goût pour les ti-
mides, même s'ils portent un cœur d'or. Elles (
aiment mieux être maimenoes et trahies que
d'être adorées respectueusement. <
Voilà pourquoi Lovelaco, Don Juan et leurs 1
pareils out toujours rtdson.
· Arsène HoussAYE.
Ou. se prend à excuser ceux qui cherchent t
le mouvement perpétuel, lorsqu'on sait ce i
qu'est la langue d'une portière. t
COMMERSON.
Il est question de. fonder, à Paris, un
Cercle ~'esc~!Mïe /eMMM~s, très fermé,
dirigé par dos femmes, naturellement,
quant à la partie ar~ïe~. Le nombre des
adhésions serait très limité, et les black-
boulages très sévères.
Sait-on ,que, depuis l'invasion de la <
Russie par Napoléon, en 1813, l'Eglise
orthodoxe disait chaque année, le jour de <
Noël, pendant le service divin, une <
« prière anathème )) contre les Fran- (
çais ? P
Le métropolite de Saint-Pétersbourg i
vient de supprimer cette prière, dans son <
diocèse, à la profonde satisfaction de la
société russe. j
Le GaM/o~s a fait connaître à ses lec- I
teurs, au mois de juin dernier, la triste 1
situation dans laquelle se trouvait Mme 1
veuve Méret, de Fresnes-les-Rungis, fille, t
belle-fille, femme et mère d'officiers fran" c
çais ayant tous de brillants états de ser- 1
vice. c
Notre article est tombé sous les yeux de q
quelques-uns de nos lecteurs charitables, r
qui ont cherché à adoucir la situation de i
cette pauvre femme l'Association des i
Dames du monde l'a admise aussitôt s
comme dame assistée; malheureusement,
le règlement défend d'accorder une pen- a
sion de plus de soixante francs par an.
Mme Méret peut-elle, avec une si faible r
somme, vivre et donner le nécessaire à p
son malheureux 61s, un jeune lieutenant î
rentré du Tonkin au mois de mai 1891, t
atteint de troubles cérébraux survenus à
la suite de deux insolations ? P f)
Nous faisons donc un nouvel appel à la
bienveillante et inépuisable charité de
ceux qui nous lisent. B
Mme Méret et son fils sont dignes d'un F
sort meilleur. 1
Depuis 1888, cette pauvre femme a une 1
demande classée au ministère des finan-
ces pour obtenir un bureau de tabac s
cette demande est chaudement appuyée, f
mais sa lettre traîne dans les bureaux et, d
malgré plusieurs demandes recomman- v
dées, elle n'a pas encore été remise à la 1
titulaire. 1
Un mot encore depuis trente-cinq
jours, Mme Méret est alitée, en proie à
une fièvre muqueuse.
Voilà qui est assez original
A propos d'une légère recrudescence de
variole dans Paris, les employés de FE-
tat et de la Ville doivent, par ordre, se
faire revacciner.
Comme il se trou ve des négligents ou
des récalcitrants, le directeur du Mont-
de-Piété, M. E. Duval, a prévenu son per-
sonnel que si quelqu'un était atteint par
le mal sans avoir pris la précaution re-
commandée, non seulement il ne touche-
rait pas son traitement tant que durerait
son absence, mais qu'il paierait le surnu-
méraire qui aurait fait son intérim.
La messe anniversaire pour le repos de
l'âme de Napoléon III a été célébrée, hier,
à midi, en l'église Saint-Augustin, au mi-
lieu d'une assistance qu'on peut évaluer
à deux ou trois cents personnes.
Le R. P. Evermode, ancien supérieur
des chapelains de l'Impératrice, offi-
ciait.
Aux premiers rangs on remarquait
Le prince Joachim Murat, représentant
l'impératrice Eugénie; le comte Murat, le
baron Legoux, président des comités im-
périalistes de la Seine; MM. Quentin-Bau-
chart, conseiller municipal; Paul Leroux,
Maurice Levert, Marius Martin, Girodot,
baron de Bëauverger, Lefèvre,ancien pré-
fet Paul Chassaigne-Goyon, Paul Pu-
gliesi-Conti, M. et Mme Clément de Royer
et un certain nombre de femmes qui por-
taient des bouquets de violettes.
Les drapeaux des délégations des 5",
7", 14° et 17" arrondissements étaient dé-
ployés devant le maitre-autel.
A midi et demie, la cérémonie s'est ter-
minée, sans qu'aucun incident se soit pro-
duit.
On parlait, l'autre jour, de lettres de
menaces adressées par des anarchistes à
M. Deibler.
Ce n'est pas la première fois que Mon-
sieur de Paris est obligé de prendre garde
à sa personne.
A îa veille de Fexécution de Ravachol,
les compagnons avaient décidé son enlè-
vement.
M. Deibler, menacé, ne prenait aucune
précaution, disant ~Me <~OM~ p~, c'était de
la &~<7Me.
Un jour, un anarchiste persuada quel-
ques camarades j le coup était imman-
r
quable; chaque soir, à onze heures, Dei-
bler sortait d'un ~oafé situé près de la
rue de la Folie-Regnault, et rentrait chez
lui.
Il était toujours seul.
On convint d'un jour.
Un compagnon, cocher de grande mai-
sôn,~ortit sa. voiture pour aider à l'enlè-
vement.
On avait prévenu un serrurier de la
banlieue, qui devait garder M. Deibler
durant huit jours et le faire travailler.
Il devait le relâcher ensuite les com-
pagnons ne voulant pas risquer la cour
d'assises.
Le jour venu, quatre anarchistes le
cocher compris attendirent M. Deibler
à cent mètres de son café.
A onze heures précises, le bourreau
sortit.
Les compagnons allaient se précipiter,
lorsque, hasard extraordinaire, la porte
du café s'ouvrit, et le garçon courut
après M. Deibler, lui tendant un objet
oublié.
L'incident suffit pour que deux person-
nes, traversant la rue et s'arrêtant pour
causer, lissent manquer le coup.
Un anarchiste, iurieux, sortit son re-
volver et s'élança.
Ses deux amis l'arrêtèrent et eurent un
mot admirable
Le cou'rer, c'était bien mais le
tuer, pourquoi ? C'est un o~Wer.
Ce mot sauva Deibler.
M. l'abbé Londes, curé de l'église
Sainte-Perpétué, de Nîmes, vient d'être
élevé à la dignité de protonotaire aposto-
lique ad instar pa;r~c~(M
_I.ebrct pontUical qui confère à M.
l'âbbé Londes cette haute distinction,
rend hommage à la piété de ses ancêtres,
qui furent les hôtes du cardinal Pacca, et
il applique au nouveau prélat le qualifica-
tif de JMû!/ar!&MS LES ËPIGRàMMES CELEBRES
De Colletet, contre un égoïste
Tircis, qui n'aime que soi-même
D'an amour qui n'a pas d'égal,
A tout ce qu'on veut quand on aime,
Puisqu'il est amant sans rival.
L.e musée d'artillerie va, parait-il, être
complètement réorganisé.
De nouveaux dons, en enet, sont venus
enrichir les collections déjà si importan-
tes et, la place manquant, on ne sait trop
où les caser.
On n'attend, pour commencer les tra-
vaux devenus indispensables.que l'entrée
en ionction du nouveau conservateur.
I~e musée d'artillerie a une histoire des
plus mouvementées.
Installé, jadis, dans une des salles de
la Bastille, il fut mis au pillage en 1789.
Les collections, reconstituées en partie
par les soins du contrôleur Régnier, fu-
rent transportées, quelque temps après,
dans le couvent des Dominicains de Saint-
Thomas et le musée tomba sous la prési-
dence du comité central d'artillerie, le-
quel, autorisé par le ministre à faire des
recherches dans les collections des de-
meures seigneuriales et dans les arse-
naux, ne contribua pas peu à augmenter
son importance.
Sous. l'Empire, on le comprend, les
acquisitions gratuites le plus souvent
d'armes étrangères et de trophées ne
manquèrent pas. En outre.un héritage im-
portant, celui de la collection du duc de
Reggio, vint combler les lacunes exis-
tantes.
Depuis, les dons n'ont pas cessé d'af-
fluer.
Une médaille d'or vient d'être décer-
née par le ministre de la guerre à Mme
Florestine Develotte, en religion Sœur
Denise, de l'ordre des Sœurs Hospita-
lières du Saint-Esprit.
La. Sœur Denise, qui est attachée au
service exclusif des salles militaires de
l'hospice mixte de Neufchâteau, prodigue
depuis quinze ans ses soins les plus dé-
voués aux malades dont elle a la charge.
Elle a contracté la fièvre typhoïde dans
les salles militaires.
Un peu de statistique.
Sait-on quel est, de tous les pays de
l'Europe, celui qui a, toutes proportions
gardées, le plus grand nombre d'abon-
nés au téléphone ?
C'est la Suisse. En 1888, 61 communes,
avec un total de 644 abonnés, étaient re-
liées au réseau téléphonique le prix d'a-
bonnement était de 150 ir. par an. Lei~
janvier 1890, le prix d'abonnement fut
réduit à 80 fr. par an, et cette mesure
eut pour conséquence une rapide exten-
sion du service.
Le 31 décembre 1891, 101 communes,
avec 10,595 abonnés, étaient inscrites sur
les listes de l'administration du télé-
phone.
Au 1~ juillet dernier, ces chiures
étaient ainsi modifiés communes re-
liées, 154 abonnés, 17,000.
En Autriche aussi, le prix de l'abonne-
ment est relativement peu élevé. Il dif-
fère de communes à communes, suivant
l'importance de celles-ci.
A Vienne, on paye 80 norins à Pra-
gue, 70 û.; à Eger, 50 fl. par an. Le flo-
rin vaut un peu plus de 2 fr.
Quand donc l'administration des télé-
phones suivra-t-elle cet exemple prati-
que ?
L'ESPRIT D'AUTREFOIS
Malherbe avait un frère aîné avec qui
il avait toujours été en procès. Quelqu'un
lui disait
,–Des procès entre personnes si pro-
ches Dieu que cela est d'un mauvais
exemple ) 1
–Eh 1 répliqua Malherbe, avec qui
voulez-vous donc que j'en aie? Avec îes
Turcs et les Moscovites ? Je n'ai rien à
partager avec eux.
NOUVELLES A LA MAIN
Nos enfants
Bonjour, bébé. Votre papa est-il vi-
sible, mon petit ami? '1
Non, monsieur, il est allé chez le
dentiste faire arranger les dents de ma-
man mais maman est là t
Sous la colonnade de la Bourse, entre
gens d'araires. louches
Tu sembles bien préoccupé ? '1
Oui. J'ai distribué, le mois dernier,
un gros dividende à mes actionnaires, et,
depuis lors, j'ai beau chercher, je ne
trouve pas le moyen de le leur reprendre.
UN OQMtKO
UN NOUVEAU PMSm
AtJ BRESIL
Est-ce la nn, cette lois ? Un télégramme
nous annonce aujourd'hui que le maré-
chal Peixoto a donné sa démission de
président de la république.
A en juger par mille indices, tout cons-
pire à une restauration monarchique,
éventualité que nous avons été les pre-
miers à signaler dans la presse parisienne.
Nous avons vu, hier, un ancien diplo-
mate brésilien, auquel nous avons de-
mandé quelle créance il fallait accorder à
la dépêche annonçant cette démission du
président Peixoto.
Mais j'espère que cette nouvelle est
exacte, nous a répondu notre interlocu-
teur d'ailleurs, elle confirme une dépê-
che qui m'a été adressée, ce matin même,
de Rio-de-Janeiro directement et qui me
dit simplement: «Peixoto a démis-
» sionné. »
» Je ne vous cacherai pas que j'étais
loin de m'attendre à cette démission,
étant donné que ces temps derniers, le"
président Peixoto semblait avoir le des-
sus et que la"flotte qu'il attendait était si-
gnalée a Pernambuco.
A votre avis, quelles seraient les rai-
sons de cette retraite ? 1
Le contre-amiral Saldanha de Gama,
étant maître des trois forteresses qui do-
minent complètement la ville de Rio-de-
Janeiro, aurait menacé de bombarder la
capitale du Brésil si Peixoto ne se reti-
rait pas. Afin d'éviter la destruction de
la ville et la ruine pour ses compatriotes,
le président aurait cédé à la menace du
contre-amiral.
H D'âpres les dépêches que j'ai reçues,
c'est, je crois, le motif le plus plausible de
cette démission.
Et que va-t-il se passer actuelle-
ment ? 2
-Les événements se poursuivront com-
me précédemment. Le président Peixoto
remettra le pouvoir au président du Sé-
nat, M. Prudenti de Moraes. D'ailleurs,
les pouvoirs de Peixoto expiraient en no-
vembre l'élection présidentielle doit
avoir lieu en même temps que les élec-
tions législatives, au mois de mars pro-
chain.
a D'ici là, rien ne sera changé. à moins
que les insurgés ne renversent la répu-
blique et imposent au peuple brésilien la
forme de gouvernement qu'ils voudront.
En somme, que pensez-vous de la
situation ? 9
Si, comme je crois en être certain,
Peixoto a' donné sa démission, la victoire
des insurgés n'est plus que l'affaire de
quelques semaines; en ett'et, les troupes
du gouvernement ne tarderont pas à se
joindre à leurs camarades qui, déjà, se
sont mis du côté de Mello et de Saldanha
da Gama, car Prudenti de Moraes est
loin d'avoir la même autorité que
Peixoto.
Bbc-Notes Parisien
[-'ACCUSÉ
Valant, qui comparaît aujourd'hui devant
la cour d'assisesdela Seine, a déjà été con-
damné cinq fois pour vols et autres délits de
droit commun. H a subi une de ces condamna-
tions pour vol d'une paire de bottes.
Si M. le président de la cour d'assises veut
mettre en relief le caractère de Vaillant, il n'a
qu'à insister sur ce vol de bottes. Vaillant,
quand on lui en parle, entre en fureur. Là est
)e secret de Innomme. Vaillant est horhb)ement
vaniteux. Nous avons déjà dit qu'il avait de-
mandé à M. le président de la cour d'assises
l'autorisation de faire venir un artiste capillaire
pour mettre de t'ordre dans sa barbe et dans
ses cheveux et faire, ainsi, valoir son beau
front car le scélérat a un beau front, son
masque dur et sensuel et ses yeux sinistres.
Vaillant est le bâtard d'un gendarme mal
noté. Bien que nous ne méconnaissions pas les
phénomènes ataviques, nous professons haute-
ment la liberté et la responsabilité humaines.
Vaillant, comme chacun de nous, est libre et
responsable de ses actes. Mais du père au fils,
on voit assez bien la transmission de certaines
facultés et de certains vices, et leur développe-
ment à travers le milieu d'horrifiques fripouil-
les, où a grandi et où a vécu ce rejeton de.ha-
sard de la basse maréchaussée.
Brutal, hardi, pillard, fainéant, jouisseur,
glorieux. Voilà, en six mots, la psychologie de
Vaillant et de la plupart des anarchistes aux-
quels nous avons eu affaire jusqu'à présent. Ce
sont des déclassés du peuple. Vaillant, à l'ins-
truction paternelle, a ajouté quelques lectures
de livres de géographie et de sciences, notam-
ment de chimie, le tout mal digéré et qui lui a
donné des bouffées d'ambition.
Nous serions étonné que, bien barbifié, bien
peigné, bien astiqué, il n'eût pas une certaine
tenue, une certaine correction, à la cour d'as-
sises ou, plutôt, au théâtre, où il paraît en ce
moment, car c'est pour lui un théâtre. Il est
ce qu'on appelle, aux boulevards extérieurs, un
joli cceur et un beau parleur. Il s'exprime avec
facilité et non sans recherche, mais avec des
cuirs cravatés de rouge. Pardon de ce langage
déliquescent) II dira, par exemple, qu'il a étu-
dié, molécule par molécule, la société qu'il
veut la réformer, et qu'il est le martyr du peu-
ple. Mais ne vous laissez pas prendre à ses ti-
rades humanitaires. Il n en croit pas un mot.
Donnez-lui trois mille trancs de rente il trou-
vera que le peuple sent mauvais et il fera guil-
lotiner Léauthier.
On l'a vu à Paris, à Marseille, en Algérie, en
Amérique. A trente ans il a partout roulé sa
bosse, à la recherche de la fortune, facile et
rapide, et par des moyens qui ne sont pas à sa
portée. C'est ainsi qu'il a fondé à Buenos-Ay-
res un journal, qu il était aussi incapable de
rédiger que nous le sommes d'avoir confec-
tionné les bottes dont il n'aime pas à entendre
arler, parce qu'elles lui rappellent un acte de
malotru qui fait rougir le grand criminel qu'il
se croit désormais.
Quand il vous parlera de sa « mignonne
soyez sceptique aussi. Sa maîtresse pue l'ajcool
à quinze pas. Il avait honte d'elle et rageait de
n'en pas avoir de moins ignobles et de mieux
pourvues. Il joue la comédie de l'amour, comme
il joue la comédie de l'humanité. Remarquez,
d'ailleurs, que les criminels contemporains se
drapent tous dans des mots prétentieux si
les assassins s'appellent maintenant anarchis-
tes, les simples voleurs eux-mêmes se disent
cambrioleurs. Avec le mot d'anarchiste, ils dé-
routent les juges sur le mobile de leurs crimes,
et ils font accroire au peuple que c'est pour lui
qu'ils sont criminels. C'est un bouclier dont
ils se couvrent. Il est moins haïssable, l'assas-
sin tout court, celui qui, après avoir commis
un crime dit: « J'ai commis ce crime pour
voler, pour me venger ou par amour. »
ft**
Mais alors, dites-vous, pourquoi Vaillant a-t-
i! commis son crime ? Et quel avantage en es-
pérait-il ? Depuis longtemps déjà, Vaillant
ttait en relations avec Jes « compagnons )~; ii
A. V.
lisait les journaux anarchistes, et son esprit~
naturellement porté à l'emphase et à la pose,
s'est plus encore engagé dan~'ce sens-là.
N'ayant réussi à rien parce qu'il a toujours en<
trepris des choses dont i) n'était pas capable,
au lieu de se livrer à un travail plus modeste,
mais qui !ui convenait mieux; ne sachant oh
trouver des ressources pour« faire ia noce ~,qut
a toujours éjté le grand but de sa vie; arrivé à
un âge où les passions sont dans toute teuf
force, et où l'on soutire plus viotemment de ne
pouvoir les satisfaire, il s'est simplement dit
« H faut en nnirJ )> C'est une sorte de suicide,
un suicide théâtral et à la mode du jour. Une
fois le crime commis, l'instinct de la conserva-
tion a repris le dessus. Alors la comédie de
l'humanité et ta comédie de l'amour.
Procès banat en.somme. On a pris de gran.
des précautions au palais de Justice. La sur-
veittance des couloirs extérieurs est faite par
ies gardés du Palais et par les gardes mumci*
paux, sous la direction du commandant Lune!.
Quant aux couloirs donnant accès à la
salle des assises, la surveillance en est confiée
aux agents de ta Sûreté, qui doivent composer,
d'ailleurs, presque exclusivement t'audttoire.
!t est donc peu probable, heureusement, qu'une
bombe vienne donner quelque intérêt à~ces dé-
bats vutgaires.
TOUT-PARtS
l
LES
AMENES REVUES
DE PARIS.
Mon cher directeur,
Vous me demandez mes souvenirs des
anciennes Z)*c~Md'une nouvelle .RecMe de Paris, sous le
prétexte que je les ai vues toutes naître
et mourir. Voici plusieurs alinéas jetés
au courant de la plume
Dans la fondation primitive, en 1829,
deux hommes déjà célèbres en ce temps-
là, le docteur Véron et M. de Balzac on
a toujours appelé le grand romancier M.
de Balzac se rencontrèrent à propos
pour créer la Revue ~ePar~. Emile de
Girardin y fut aussi pour quelque chose.
Le succès éclata .dès le premier numéro.
Ce c'était pas le volume un peu massif
des revues d'aujourd'hui, c'était un sim-
ple cahier ne dépassant pas cent pages,
mais toutes ces pages-là parlaient haut.
Véron et Balzac savaient choisir leur
monde. Les lecteurs bien inspirés qui ont
gardé la collection de cette revue savent
bien que ces cent pages en valaient mille.
La revue paraissait le dimanche matin et
elle coûtait quatre-vingts francs par an.
Tous les petits chefs-d'œuvre du roman-
tisme s'épanouissaient sous les noms de
Balzac, de Soulié, de Sainte-Beuve, de
Mérimée, de Vigny, de Janin, de Gozlan,
de tous ceux qui étoilaient le ciel litté-
raire'en ce temps-là.
Ce fut surtout de 1830 à 1840 que la Re-
~Me de Paris parla haut à tous les esprits.
Mais alors Balzac, qui en avait été 1 âme,
se sépara violemment de ses collabora-
teurs pour fonder la Chronique de Paris,
imprimée par Béthune à la manière an-
glaise. Elle n'eut pas une vie beaucoup
plus longue que le second journal de Bal-
zac, la Fte~M~eMMe. Théophile Gautier
et Sandeau étaient le bras droit et le bras
gauche de la Chronique de Paris, qui ne
fut qu'un feu de paille, quoique fit Balzac
et quoique firent ses amis. J'étais de la
maison. Balzac venait tous les jours et
s'indignait contre l'absence des abonnés:
« Combattons toujours, disait-il, noua
finirons par avoir raison des lecteurs
s'il le faut, j'imprimerai la C7:roMï~Me ~s
Paris sur des feuillets d'or.)) »
En attendant, Balzac se battait en
duel avec Buloz. alors proie d'une impri-
merie où il corrigeait les épreuves de la
Revue des Deux -~o~~es, qui n'avait été
d'abord qu'un journal de voyages, ce qui
explique un peu ce titre inexplicable.
Quand je dis un duel, je dois ajouter
que c'était un duel à coups d'huissier. Ils
perdirent tous les deux leur procès, puis-
qu'ils perdirent leur temps.
La .Re~e de Paris continuait à mettre
en campagne la petite armée des roman-
tiques et à se faire lire par la vieille école
comme par la nouvelle.
En 1843, j'avais quitté la Revue de Pris pour l'~W~e, qui était aussi le jour-
nal des romantiques. Buloz, quelque pea
propriétaire de la .RecMe de Paris, qu'il
voulait sacriner à la Revue des Det~c
Mondes, était venu me l'oËrir. Une baga-
telle vingt mille francs 1
L'~W~e s'appela donc l'Artiste, .R&.
~Me de Ppour l'ts~e, ou débutèrent coup sur
coup, en style comme en gravures Henri
Murger, Champueury, Barbey d'Aure-
villy, Théodore de Banville, Baudelaire,
avec la bonne compagnie de Gozian, de
Karr, de Sainte-Beuve, de Musset, de Ja-'
nin, de Sandeau, de Gérard de Nerval, de
Théophile Gautier, de George Sand.
Vers le même temps, Balzac tenta en-
core la fortune des revues.Voilà pourquoi
il publia la Revue .pa~stSM~e, rédigée
par lui tout seul, comme Karr rédigeait
îes
C'était le même petit format. Jamais on
ne publia en volumes mignons des livrets'
si éblouissants la -RepMe par!SK?MMe et
les G'M~pes.
Mais Balzac avait trop de géaie pour se
dépenser, selon le mot de Mme de Sévi-.
gné, en pièces de quatre sous. Karr ne se
dépensait pas, il ne faisait que causer,
tandis que Balzac s'acharnait à tout dire
et à bien dire.
Demandez plutôt à Sainte-Beuve qu'il
foudroya, mais qui lui répondit de main
de maître.
Cependant, nous ne sommes pas aa
bout des Revues de Paris.
En 1851, Théophile Gautier, Maxime
du Camp, Louis de Cormenin et Celui
qui jette ces lignes à la volée iondèreut
à nouveau la .ReuMe de Paris. Ce fut une
traînée de poudre qui éclata dans la
monde littéraire et dans le monde qui lit.
Tous les grands noms célèbres au demi-
siècle y ngurèrent avec éclat. Donc, succès
sur toute la ligne. Ce fut là que débuta
Flaubert, par J~~e Bovary, laquelle
eut, entre autres bonnes fortunes, celle
d'être saisie à la gorge par les tribunaux.
Cette période n'est pas trop loin de nous.
Il est donc inutile d'en esquisser l'histo-
rique encore une fois, cette vaillante
-Re~Me de PaWs mourut en chemin, am
grand regret de tous les partis philosa"
phiques et littéraires.
En 1887, nouvelle réapparition de "la
.Re~Me~e-Pa~ts.
Un soir que j'étais chez une très grande
28* Année –3" Série– N° 5056
MERCREDI 10 JANVIER 1894
ARTHUR MEYEB
jMrcc!eMf Il
RÉDACTION
2,ruaDronot
t&e des boulevards Montmartre et des MtUeot~
ABONNEMENTS
ARTHUR ~EYER
Directeur
ADMINISTRATION
RENSEI&NEMENTS
ABONNEMENTS, PETtTES ANNONCES
2, ruo DrOuot, 2
(Ang!e des boutevard" Montmartre et des Italien!~
ANNONCES `
&
B< ~'ad'tMt!tMtrM
Paris Départements
Un mois. 8fr. Unmois. 6&
Trois mois. 1380 Trois mois. 16
Un an. 54fr. Un an. 64ÎE.
Etranger
Trois mois (Union postale). 18 &*
SOMMAIRE
Mondanités.
Rentrée des Chambres.
Presse Lettre dos « hommes libres a au
procureur générât.
Nouvelles diverses Une bombe rueDaru.
Mouvement judiciaire.– Province (Qua-
trième pags~
M L)mMT
J3ES MENUS PLAISIRS
Le magasin des décors de l'Opéra, qui
n'est plus, aujourd'hui, qu'un monceau
de décombres, fut jadis une dépen-
dance de l'hôtel des Menus-Plaisirs du
Roi. Plus d'une fois des pièces et des bal-
lets s'y répétèrent on y prépara des re-
présentations on y tint des conciliabu-
îes. « Il n'y a rien de si important que le
magazin )), écrivait, sous Louis XVI, le
garde-général Lévêque, chargé de la sur-
veillance des décorations « pour les spec-
tacles de la Cour et toutes cérémonies
royales.)) Ce Lévêque n'eût point donné
sa place pour une charge d'intendant des
Menus. C'est lui qui disait à M. de La
Perte « Je conviens que vous avez beau-
coup d'anaires mais rien que des anai-
res générales. Vous ne saurez jamais -ce
qu'il y a de délices à s'occuper des petits
détails en maître. Celui qui ordonne
parle comme il veut celui qui exécute,
dans un domaine restreint, ne fait rien
qu'à sa tête et conduit les choses vraiment
à son gré. w
Le même s'intitulait « le Conserva-
teur des illusions de la vie, de la mort et
de la gloire N.Ons'adressait a lui pour
faire équiper un décor de palais, dresser
un arc de triomphe tout reluisant de do-
rures pour une fête publique et monter
un somptueux catatalque pour un enter-
rement princier. Il avait sous la main des
arbres de tous les pays, des fontaines et
des cascades numérotées, des colonnes et
des cabanes, des frontons et des ponts
rustiques, sans compter un lot d'horizons
« à musique a et de fonds « à danses a.
Son ordinaire parole était « Je n'ai peur
que du feu, mais j'en ai une peur af-
freuse))) Le pauvre homme aurait-il été
malheureux s'il avait pu voir ces chefs-
d'œuvre d'illusoire vérité, ces créations
diverses de réalité chimérique s'en aller
en uammes ou s'abîmer en cendres! Le
cœur lui fût tombé de désespoir.
En jetant les yeux, à travers la façade
éventrée, sur ce grand terrain plein de
débris, lamentable à voir, je me suis rap-
pelé ce sentimental gardien qui, toujours
rêvant parmi des châssis retournés, col-
lectionnait voluptueusement les pierres
fausses. Dans les grandes occasions, on
lui empruntait une « décoration complète
eh diamants )) nommée par lui « la mer-
veille des spectacles )). C'était, d'ailleurs,
un bon esprit, très sage et très pratique
sous des airs originaux. On le chargea,de
négocier l'achat des terrains de la rue
Bergère pour la construction du nouvel
hôtel des Menus. La Ferté le tenait pour
un de ses collaborateurs les plus intelli-
gents et les plus dévoués, encore qu'il ap-
portât en toute chose une minutie quelque
peu étroite.*Ayant pris, peu à peu, grande
importance dans l'administration, il fit
ce qu'il voulut, imposant ses idées même
aux gentilshommes de la chambre et dé-
daignant de trancher du personnage.
Mais rien ne le trompait, au fond, que
l'évocation des milieux féeriques par des
machines et des peintures, par des costu-
mes et des lumières appropriées. Lors-
qu'il avait combiné une vision à sa guise
et qu'il ne manquait plus rien, un éclair
s'illuminait dans ses yeux gris, Monsieur
l'Intendant pouvait venir. Tout irait bien,
il s'en portait garant. à moins que tout
brûlât à la dernière heure. Et il ajoutait
en forme de sentence « Le reste, par-
dieu) ne me concerne pas.)) r>
Le reste, en enet, concernait monsieur
l'intendant. Mais le «reste)) avait une
certaine importance, en dépit des théo-
ries de Lévêque. C'était, tout uniment,
le programme des iêtes, le choix des
œuvres, la conduite du personnel. Et
dame l l'existence du haut fonction-
naire. ne s'écoulait guère en douceur.
En haut, en bas, on le prenait pour cible.
Acteurs, chanteurs et musiciens se plai-
gnaient à tout propos et menaçaient de
se retirer. Les quatre gontilshommesde la
chambre, éternellement en querelle, dau-
baient sur monsieur l'intendant pour se
mettre d'accord. Avec une autorité nomi-
nale incontestée, il voyait a chaque ins-
tant désavouer ses actes et annuler ses
décisions. S'agissait-il de comptes? Un ]
duc d'Aumont intervenait et tout d'un
coup faisait une sortie contre les bureaux. <
Le duc de Duras et le duc de Richelieu, ]
ayant les'théâtres dans leur charge, n'en-
tendaient point qu'on marchât sur leurs ]
brisées et s'en prenaient de leurs sottises <
à leur subordonné, qui courbait la tête. Il ¡
n'était pas jusqu'à M. de Fleury qui n'é-
levât la voi~-très aigrement, tantôt au su- ]
jet de la musique des danses et des con- ]
certs, tantôt pour les pompes funèbres. <
Duras et Richelieu surtout perdaient
toute mesure. Les froissements d'amour-
propre se mêlaient d'intrigues. Il fallait <
tenir compte des protections injustifiées,
soutenir contre vent et marée d'absurdes
prétentions. Comment, en ces conditions, <
n'être point ridicule? Le chef apparent du ]
& grand tripot des Menus )) devait pren- ]
dre son parti d'être détesté, molesté, mo- <
que et donné au diable, et de sembler tou- ]
jours content. *ao ] 1
A l'Opéra, vous devinez sans peine que `
l'autorité n'avait pas grande prise sur les
« demoiselles protégées )). L'Opéra est le
temple où tous les péchés sont remis. Dès
!a. qu'une femme était inscrite, de par le
Roi, sur le registre des artistes, elle se
conduisait librement. Son. père et son
m~ri eux-mêmes n'avaient qu'a se tenir a
en repos. Si, par surcroît, elle avait su in-
~eresser un Richelieu, adieu la suprême (
discipline i L'Intendance grondait; on
souriait. L'Intendance menaçait de sévir; t
on se révoltait d'importance. Certain soir
que M. de La Ferté est venu expliquer à
Louis XVI la situation telle qu'elle est, le t
Roi déclare qu'il faut en nnir. « En n- t
nir t Voilà qui est bien dit, Sire/Mais de 1
quelle sorte ? Je nommerai, à l'Opéra.,
un directeur a~M~M'MMe .p~e~e e< e~~rg
autorité sous notre seul contrôle, et qui
accomplira les réformes utiles.)) Le len-
demain le Roi est circonvenu de toutes
parts.
Ce ne sont que raisonnements respec-
tueux, représentations faites à Sa Ma-
jesté dans l'intérêt de l'Académie de mu-
sique, qui est l'une des gloires de sa cou-
ronne. Louis XVI n'est point très ferré
sur ces questions. Il maintient son projet
de nommer un directeur armé ~'MMe au-
torité pleine e~ cn~e~e, mais il concède
qu'il ne le désigneraqu'avecleconseil d'un
comité formé de chanteurs, de danseurs
et de musiciens. On y ajoutera même un
secrétaire. M. l'intendant des Menus s'ar-
rangera comme il pourra.
Et voici comment se passeront désor-
mais les choses. On propose de jouer un
ouvrage nouyeau. Le ténor Legros opine,
immédiatement, pour une reprise. Soit t
Que reprendra-t-on ? Chacun des chan-
teurs présents plaide pour un de ses
rôles. On revient à l'idée d'une nouveauté.
Le chef des chœurs, M. de La Suze, pro-
teste que les choristes ne feront pas d'é-
tudes nouvelles, surmenés qu'ils sont de-
puis quelque temps. Le directeur fait ob-
server qu'il y a lieu d'attirer le public
par une annonce bien choisie, car les re-
cettes baissent. « –He) s'écrie le maître
de ballet Dauberval, c'est un de mes bal-
lets qu'il vous faut. Un ballet ) Vous
n'y songez pas, riposte Rey au nom de
l'orchestre. Cela ne se peut. Mes musi-
ciens sont sur les dents. »
M. le surintendant Dauvergne ne sait à
quel parti s'arrêter. Il veut parler on lui
coupe la parole. Chacun donne des or-
dres. Le tumulte grossit. Pour un peu,
l'on en viendrait aux mains. Dauvergne,
vaincu, quitte la sa!!e. « L'homme qu'il
faudrait à ces gens-là, dit-il en s'éloi-
gnant, n'aurait qu'à s'incliner devant
leurs volontés et à signer leurs bil-
lets. ))
En vérité, le mot d'un mélancolique
philosophe nous ouvre des horizons sur
l'Intendance des Menus et la surinten-
dance de la Musique~ J'aime à penser que
tout a bien changé depuis un siècle.
Mais, au fond, je n'en suis pas très sûr.
Et peut-être, après tout, que le sort d'un
Lévêque, étranger aux compétitions, col-
lectionneur de pierres fausses et « con-
servateur des illusions de la vie, de la
mort et de la gloire a est particulièrement
digne d'envie. Un Lévêque, retiré dans sa
joie modeste, n'a d'autre ennemi que le
feu. Le feu est encore plus clément que
les hommes.
FOURCAUO
Ce qui se passe
QAULO~S-SUm~
~tt;OMf<<'Au!
Avant-dernier jour deia neuvaine de sainte
Geneviève.
Visite, à la galerie Georges Petit, de l'exposi-
tion. d'amateurs du Photo-Ctub.
ËCHOSDE PARIS
On a beaucoup commenté, dans quel-
ques cercles militaires, le retour subit cfu
général Brugère qui, aussitôt son entrée
solennelle au chef-lieu de son commande
ment, aurait été rappelé à Paris.
Le bruit court, en effet, que le gouver-
nement connerait de préférence à un
officier général de l'armée de terre la di-
rection d'opérations éventuelles à Mada-
gascar.
M. Brugère a bien quitté pendant quel-
que temps l'Elysée, dutempsde M. Grévy,
pour aller commander l'artillerie en Tu-
nisie ) 1
Un curieux détail rétrospectif, à propos
de l'entrée au Sénat de M. Floquet.
C'est M. Floquet qui, le 4 septembre
1870, à sept heures et demie du soir, s'est
rendu au palais du Luxembourg, et,
après en avoir iait sortir les quelques
personnes qui l'occupaient encore, a ap-
posé les scellés sur la porte. Il était ac-
compagné, dans cette expédition, de MM.
Valentin, Engelhard, Clemenceau.
Hier a eu lieu, au Lyon-d'Or, le ban-
quet des « Amis des livres )), dont le pré-
sident est, on le sait, Mgr le duc d'Au-
male.
Mercredi prochain 17 janvier, à trois
heures, le comte Robert de Montesquieu
fera une conférence au théâtre d'Applica-
tion, rue Saint-Lazare, sur les poésies de
Mme Desbordes-Valmore.
Toute la haute société parisienne et le
monde littéraire sont invités à cette con-
férence qui sera intéressanteà tous points
de vue.
C'est la première fois que le comte Ro-
bert de Montesquiou parle en public,
mais il sera, nous n'en doutons pas,
comme critique et comme conférencier, à
la hauteur de son talent de poète.
Cet hommage rendu à cette femme-
poète, un peu oubliée aujourd'hui, a quel-
que chose de touchant venant d'une école
si din'érente.
Le comte de Montesquieu fera paraître
plus tard une étude critique sur Mme
Desbordes-Valmore, suivie d'un essai de
classification de ses motifs d'inspiration.
Espérons que bientôt nous aurons une 1
suite aux poésies si élevées et si exquises
des C7
Bien qu'aucune communication offi-
cielle ne soit venue confirmer la liste, pu-
bliée par certains journaux du soir, de
plusieurs nominations et promotions
dans la Légion d'honneur, faites, par le
ministère de l'instruction publique et des
beaux-arts, nous enregistrons avec plai-
sir les noms suivants, auxquels il s'en
ajoutera d'autres probablement
Of&ciers de la Légion d'honneur
M. Ferdinand Eabre, homme de lettres;
M. Emile Pessard.
Chevaliers
M. Lecocq, compositeur de musique
M. Marcel Prévost, homme de lettres
M. Abel Maître, chef des moulages au mu-
sée de Saint-Germain;
M. Blanchet, proviseur du lycée Louis-le-
Grand
M. Fourteau, proviseur du 'lycée Janson-
de-SailIy;
M. Emile Richebourg, romancier.
On sait que plusieurs fois il a été ques-
tion de transiérer l'Observatoire dans la
banlieue parisienne. L'achèvement pro-
chain des travaux de prolongement de la
ligne de Sceaux a mis de nouveau la
question sur le tapis.
On étudie en ce moment un projet qui
consisterait à transférer l'Observatoire
entre Viroûay et Juvisy, sur un plateau
assez élevé.
La cause de cette désaS'ectation, on la.*
devine, c'est la trépidation produite, par
les véhicules qui circulent autour de l'Ob-
servatoire. Déjà en 1868, à la suite d'une
enquête ofncielle, les astronome~ avaient
déclaré ceci:
« Il est impossible d'exécuter dans l'Ob-
servatoire actuel la plupart des grands
travaux astronomiques qui embrassent les
problèmes les plus élevés de la science et
peuvent seuls assurer la gloire d'un Ob-
servatoire. ))
Il est aisé de prévoir que la trépidation
produite par les trains qui circuleront sous
îa galerie souterraine de la ligne de
Sceaux rendront ces expériences de plus ]
en plus difnci)es.
C'est pourquoi on se préoccupe très se-
rieusement de construire ailleurs un nou- `
vel établissement astronomique, ou, tout
au moins, d'ordonner le transfert d'une ]
grande partie des appareils.
La construction du nouvel Observatoire
ne nécessiterait pas une trop considéra-
ble dépense, attendu que les vastes ter-
rains occupés par l'Observatoire actuel
pourraient être vendus à un prix très
élevé.
PARADOXES ET VÉRITÉS
Les femmes n'ont pas de goût pour les ti-
mides, même s'ils portent un cœur d'or. Elles (
aiment mieux être maimenoes et trahies que
d'être adorées respectueusement. <
Voilà pourquoi Lovelaco, Don Juan et leurs 1
pareils out toujours rtdson.
· Arsène HoussAYE.
Ou. se prend à excuser ceux qui cherchent t
le mouvement perpétuel, lorsqu'on sait ce i
qu'est la langue d'une portière. t
COMMERSON.
Il est question de. fonder, à Paris, un
Cercle ~'esc~!Mïe /eMMM~s, très fermé,
dirigé par dos femmes, naturellement,
quant à la partie ar~ïe~. Le nombre des
adhésions serait très limité, et les black-
boulages très sévères.
Sait-on ,que, depuis l'invasion de la <
Russie par Napoléon, en 1813, l'Eglise
orthodoxe disait chaque année, le jour de <
Noël, pendant le service divin, une <
« prière anathème )) contre les Fran- (
çais ? P
Le métropolite de Saint-Pétersbourg i
vient de supprimer cette prière, dans son <
diocèse, à la profonde satisfaction de la
société russe. j
Le GaM/o~s a fait connaître à ses lec- I
teurs, au mois de juin dernier, la triste 1
situation dans laquelle se trouvait Mme 1
veuve Méret, de Fresnes-les-Rungis, fille, t
belle-fille, femme et mère d'officiers fran" c
çais ayant tous de brillants états de ser- 1
vice. c
Notre article est tombé sous les yeux de q
quelques-uns de nos lecteurs charitables, r
qui ont cherché à adoucir la situation de i
cette pauvre femme l'Association des i
Dames du monde l'a admise aussitôt s
comme dame assistée; malheureusement,
le règlement défend d'accorder une pen- a
sion de plus de soixante francs par an.
Mme Méret peut-elle, avec une si faible r
somme, vivre et donner le nécessaire à p
son malheureux 61s, un jeune lieutenant î
rentré du Tonkin au mois de mai 1891, t
atteint de troubles cérébraux survenus à
la suite de deux insolations ? P f)
Nous faisons donc un nouvel appel à la
bienveillante et inépuisable charité de
ceux qui nous lisent. B
Mme Méret et son fils sont dignes d'un F
sort meilleur. 1
Depuis 1888, cette pauvre femme a une 1
demande classée au ministère des finan-
ces pour obtenir un bureau de tabac s
cette demande est chaudement appuyée, f
mais sa lettre traîne dans les bureaux et, d
malgré plusieurs demandes recomman- v
dées, elle n'a pas encore été remise à la 1
titulaire. 1
Un mot encore depuis trente-cinq
jours, Mme Méret est alitée, en proie à
une fièvre muqueuse.
Voilà qui est assez original
A propos d'une légère recrudescence de
variole dans Paris, les employés de FE-
tat et de la Ville doivent, par ordre, se
faire revacciner.
Comme il se trou ve des négligents ou
des récalcitrants, le directeur du Mont-
de-Piété, M. E. Duval, a prévenu son per-
sonnel que si quelqu'un était atteint par
le mal sans avoir pris la précaution re-
commandée, non seulement il ne touche-
rait pas son traitement tant que durerait
son absence, mais qu'il paierait le surnu-
méraire qui aurait fait son intérim.
La messe anniversaire pour le repos de
l'âme de Napoléon III a été célébrée, hier,
à midi, en l'église Saint-Augustin, au mi-
lieu d'une assistance qu'on peut évaluer
à deux ou trois cents personnes.
Le R. P. Evermode, ancien supérieur
des chapelains de l'Impératrice, offi-
ciait.
Aux premiers rangs on remarquait
Le prince Joachim Murat, représentant
l'impératrice Eugénie; le comte Murat, le
baron Legoux, président des comités im-
périalistes de la Seine; MM. Quentin-Bau-
chart, conseiller municipal; Paul Leroux,
Maurice Levert, Marius Martin, Girodot,
baron de Bëauverger, Lefèvre,ancien pré-
fet Paul Chassaigne-Goyon, Paul Pu-
gliesi-Conti, M. et Mme Clément de Royer
et un certain nombre de femmes qui por-
taient des bouquets de violettes.
Les drapeaux des délégations des 5",
7", 14° et 17" arrondissements étaient dé-
ployés devant le maitre-autel.
A midi et demie, la cérémonie s'est ter-
minée, sans qu'aucun incident se soit pro-
duit.
On parlait, l'autre jour, de lettres de
menaces adressées par des anarchistes à
M. Deibler.
Ce n'est pas la première fois que Mon-
sieur de Paris est obligé de prendre garde
à sa personne.
A îa veille de Fexécution de Ravachol,
les compagnons avaient décidé son enlè-
vement.
M. Deibler, menacé, ne prenait aucune
précaution, disant ~Me <~OM~ p~, c'était de
la &~<7Me.
Un jour, un anarchiste persuada quel-
ques camarades j le coup était imman-
r
quable; chaque soir, à onze heures, Dei-
bler sortait d'un ~oafé situé près de la
rue de la Folie-Regnault, et rentrait chez
lui.
Il était toujours seul.
On convint d'un jour.
Un compagnon, cocher de grande mai-
sôn,~ortit sa. voiture pour aider à l'enlè-
vement.
On avait prévenu un serrurier de la
banlieue, qui devait garder M. Deibler
durant huit jours et le faire travailler.
Il devait le relâcher ensuite les com-
pagnons ne voulant pas risquer la cour
d'assises.
Le jour venu, quatre anarchistes le
cocher compris attendirent M. Deibler
à cent mètres de son café.
A onze heures précises, le bourreau
sortit.
Les compagnons allaient se précipiter,
lorsque, hasard extraordinaire, la porte
du café s'ouvrit, et le garçon courut
après M. Deibler, lui tendant un objet
oublié.
L'incident suffit pour que deux person-
nes, traversant la rue et s'arrêtant pour
causer, lissent manquer le coup.
Un anarchiste, iurieux, sortit son re-
volver et s'élança.
Ses deux amis l'arrêtèrent et eurent un
mot admirable
Le cou'rer, c'était bien mais le
tuer, pourquoi ? C'est un o~Wer.
Ce mot sauva Deibler.
M. l'abbé Londes, curé de l'église
Sainte-Perpétué, de Nîmes, vient d'être
élevé à la dignité de protonotaire aposto-
lique ad instar pa;r~c~(M
_I.ebrct pontUical qui confère à M.
l'âbbé Londes cette haute distinction,
rend hommage à la piété de ses ancêtres,
qui furent les hôtes du cardinal Pacca, et
il applique au nouveau prélat le qualifica-
tif de JMû!/ar!&MS
De Colletet, contre un égoïste
Tircis, qui n'aime que soi-même
D'an amour qui n'a pas d'égal,
A tout ce qu'on veut quand on aime,
Puisqu'il est amant sans rival.
L.e musée d'artillerie va, parait-il, être
complètement réorganisé.
De nouveaux dons, en enet, sont venus
enrichir les collections déjà si importan-
tes et, la place manquant, on ne sait trop
où les caser.
On n'attend, pour commencer les tra-
vaux devenus indispensables.que l'entrée
en ionction du nouveau conservateur.
I~e musée d'artillerie a une histoire des
plus mouvementées.
Installé, jadis, dans une des salles de
la Bastille, il fut mis au pillage en 1789.
Les collections, reconstituées en partie
par les soins du contrôleur Régnier, fu-
rent transportées, quelque temps après,
dans le couvent des Dominicains de Saint-
Thomas et le musée tomba sous la prési-
dence du comité central d'artillerie, le-
quel, autorisé par le ministre à faire des
recherches dans les collections des de-
meures seigneuriales et dans les arse-
naux, ne contribua pas peu à augmenter
son importance.
Sous. l'Empire, on le comprend, les
acquisitions gratuites le plus souvent
d'armes étrangères et de trophées ne
manquèrent pas. En outre.un héritage im-
portant, celui de la collection du duc de
Reggio, vint combler les lacunes exis-
tantes.
Depuis, les dons n'ont pas cessé d'af-
fluer.
Une médaille d'or vient d'être décer-
née par le ministre de la guerre à Mme
Florestine Develotte, en religion Sœur
Denise, de l'ordre des Sœurs Hospita-
lières du Saint-Esprit.
La. Sœur Denise, qui est attachée au
service exclusif des salles militaires de
l'hospice mixte de Neufchâteau, prodigue
depuis quinze ans ses soins les plus dé-
voués aux malades dont elle a la charge.
Elle a contracté la fièvre typhoïde dans
les salles militaires.
Un peu de statistique.
Sait-on quel est, de tous les pays de
l'Europe, celui qui a, toutes proportions
gardées, le plus grand nombre d'abon-
nés au téléphone ?
C'est la Suisse. En 1888, 61 communes,
avec un total de 644 abonnés, étaient re-
liées au réseau téléphonique le prix d'a-
bonnement était de 150 ir. par an. Lei~
janvier 1890, le prix d'abonnement fut
réduit à 80 fr. par an, et cette mesure
eut pour conséquence une rapide exten-
sion du service.
Le 31 décembre 1891, 101 communes,
avec 10,595 abonnés, étaient inscrites sur
les listes de l'administration du télé-
phone.
Au 1~ juillet dernier, ces chiures
étaient ainsi modifiés communes re-
liées, 154 abonnés, 17,000.
En Autriche aussi, le prix de l'abonne-
ment est relativement peu élevé. Il dif-
fère de communes à communes, suivant
l'importance de celles-ci.
A Vienne, on paye 80 norins à Pra-
gue, 70 û.; à Eger, 50 fl. par an. Le flo-
rin vaut un peu plus de 2 fr.
Quand donc l'administration des télé-
phones suivra-t-elle cet exemple prati-
que ?
L'ESPRIT D'AUTREFOIS
Malherbe avait un frère aîné avec qui
il avait toujours été en procès. Quelqu'un
lui disait
,–Des procès entre personnes si pro-
ches Dieu que cela est d'un mauvais
exemple ) 1
–Eh 1 répliqua Malherbe, avec qui
voulez-vous donc que j'en aie? Avec îes
Turcs et les Moscovites ? Je n'ai rien à
partager avec eux.
NOUVELLES A LA MAIN
Nos enfants
Bonjour, bébé. Votre papa est-il vi-
sible, mon petit ami? '1
Non, monsieur, il est allé chez le
dentiste faire arranger les dents de ma-
man mais maman est là t
Sous la colonnade de la Bourse, entre
gens d'araires. louches
Tu sembles bien préoccupé ? '1
Oui. J'ai distribué, le mois dernier,
un gros dividende à mes actionnaires, et,
depuis lors, j'ai beau chercher, je ne
trouve pas le moyen de le leur reprendre.
UN OQMtKO
UN NOUVEAU PMSm
AtJ BRESIL
Est-ce la nn, cette lois ? Un télégramme
nous annonce aujourd'hui que le maré-
chal Peixoto a donné sa démission de
président de la république.
A en juger par mille indices, tout cons-
pire à une restauration monarchique,
éventualité que nous avons été les pre-
miers à signaler dans la presse parisienne.
Nous avons vu, hier, un ancien diplo-
mate brésilien, auquel nous avons de-
mandé quelle créance il fallait accorder à
la dépêche annonçant cette démission du
président Peixoto.
Mais j'espère que cette nouvelle est
exacte, nous a répondu notre interlocu-
teur d'ailleurs, elle confirme une dépê-
che qui m'a été adressée, ce matin même,
de Rio-de-Janeiro directement et qui me
dit simplement: «Peixoto a démis-
» sionné. »
» Je ne vous cacherai pas que j'étais
loin de m'attendre à cette démission,
étant donné que ces temps derniers, le"
président Peixoto semblait avoir le des-
sus et que la"flotte qu'il attendait était si-
gnalée a Pernambuco.
A votre avis, quelles seraient les rai-
sons de cette retraite ? 1
Le contre-amiral Saldanha de Gama,
étant maître des trois forteresses qui do-
minent complètement la ville de Rio-de-
Janeiro, aurait menacé de bombarder la
capitale du Brésil si Peixoto ne se reti-
rait pas. Afin d'éviter la destruction de
la ville et la ruine pour ses compatriotes,
le président aurait cédé à la menace du
contre-amiral.
H D'âpres les dépêches que j'ai reçues,
c'est, je crois, le motif le plus plausible de
cette démission.
Et que va-t-il se passer actuelle-
ment ? 2
-Les événements se poursuivront com-
me précédemment. Le président Peixoto
remettra le pouvoir au président du Sé-
nat, M. Prudenti de Moraes. D'ailleurs,
les pouvoirs de Peixoto expiraient en no-
vembre l'élection présidentielle doit
avoir lieu en même temps que les élec-
tions législatives, au mois de mars pro-
chain.
a D'ici là, rien ne sera changé. à moins
que les insurgés ne renversent la répu-
blique et imposent au peuple brésilien la
forme de gouvernement qu'ils voudront.
En somme, que pensez-vous de la
situation ? 9
Si, comme je crois en être certain,
Peixoto a' donné sa démission, la victoire
des insurgés n'est plus que l'affaire de
quelques semaines; en ett'et, les troupes
du gouvernement ne tarderont pas à se
joindre à leurs camarades qui, déjà, se
sont mis du côté de Mello et de Saldanha
da Gama, car Prudenti de Moraes est
loin d'avoir la même autorité que
Peixoto.
Bbc-Notes Parisien
[-'ACCUSÉ
Valant, qui comparaît aujourd'hui devant
la cour d'assisesdela Seine, a déjà été con-
damné cinq fois pour vols et autres délits de
droit commun. H a subi une de ces condamna-
tions pour vol d'une paire de bottes.
Si M. le président de la cour d'assises veut
mettre en relief le caractère de Vaillant, il n'a
qu'à insister sur ce vol de bottes. Vaillant,
quand on lui en parle, entre en fureur. Là est
)e secret de Innomme. Vaillant est horhb)ement
vaniteux. Nous avons déjà dit qu'il avait de-
mandé à M. le président de la cour d'assises
l'autorisation de faire venir un artiste capillaire
pour mettre de t'ordre dans sa barbe et dans
ses cheveux et faire, ainsi, valoir son beau
front car le scélérat a un beau front, son
masque dur et sensuel et ses yeux sinistres.
Vaillant est le bâtard d'un gendarme mal
noté. Bien que nous ne méconnaissions pas les
phénomènes ataviques, nous professons haute-
ment la liberté et la responsabilité humaines.
Vaillant, comme chacun de nous, est libre et
responsable de ses actes. Mais du père au fils,
on voit assez bien la transmission de certaines
facultés et de certains vices, et leur développe-
ment à travers le milieu d'horrifiques fripouil-
les, où a grandi et où a vécu ce rejeton de.ha-
sard de la basse maréchaussée.
Brutal, hardi, pillard, fainéant, jouisseur,
glorieux. Voilà, en six mots, la psychologie de
Vaillant et de la plupart des anarchistes aux-
quels nous avons eu affaire jusqu'à présent. Ce
sont des déclassés du peuple. Vaillant, à l'ins-
truction paternelle, a ajouté quelques lectures
de livres de géographie et de sciences, notam-
ment de chimie, le tout mal digéré et qui lui a
donné des bouffées d'ambition.
Nous serions étonné que, bien barbifié, bien
peigné, bien astiqué, il n'eût pas une certaine
tenue, une certaine correction, à la cour d'as-
sises ou, plutôt, au théâtre, où il paraît en ce
moment, car c'est pour lui un théâtre. Il est
ce qu'on appelle, aux boulevards extérieurs, un
joli cceur et un beau parleur. Il s'exprime avec
facilité et non sans recherche, mais avec des
cuirs cravatés de rouge. Pardon de ce langage
déliquescent) II dira, par exemple, qu'il a étu-
dié, molécule par molécule, la société qu'il
veut la réformer, et qu'il est le martyr du peu-
ple. Mais ne vous laissez pas prendre à ses ti-
rades humanitaires. Il n en croit pas un mot.
Donnez-lui trois mille trancs de rente il trou-
vera que le peuple sent mauvais et il fera guil-
lotiner Léauthier.
On l'a vu à Paris, à Marseille, en Algérie, en
Amérique. A trente ans il a partout roulé sa
bosse, à la recherche de la fortune, facile et
rapide, et par des moyens qui ne sont pas à sa
portée. C'est ainsi qu'il a fondé à Buenos-Ay-
res un journal, qu il était aussi incapable de
rédiger que nous le sommes d'avoir confec-
tionné les bottes dont il n'aime pas à entendre
arler, parce qu'elles lui rappellent un acte de
malotru qui fait rougir le grand criminel qu'il
se croit désormais.
Quand il vous parlera de sa « mignonne
soyez sceptique aussi. Sa maîtresse pue l'ajcool
à quinze pas. Il avait honte d'elle et rageait de
n'en pas avoir de moins ignobles et de mieux
pourvues. Il joue la comédie de l'amour, comme
il joue la comédie de l'humanité. Remarquez,
d'ailleurs, que les criminels contemporains se
drapent tous dans des mots prétentieux si
les assassins s'appellent maintenant anarchis-
tes, les simples voleurs eux-mêmes se disent
cambrioleurs. Avec le mot d'anarchiste, ils dé-
routent les juges sur le mobile de leurs crimes,
et ils font accroire au peuple que c'est pour lui
qu'ils sont criminels. C'est un bouclier dont
ils se couvrent. Il est moins haïssable, l'assas-
sin tout court, celui qui, après avoir commis
un crime dit: « J'ai commis ce crime pour
voler, pour me venger ou par amour. »
ft**
Mais alors, dites-vous, pourquoi Vaillant a-t-
i! commis son crime ? Et quel avantage en es-
pérait-il ? Depuis longtemps déjà, Vaillant
ttait en relations avec Jes « compagnons )~; ii
A. V.
lisait les journaux anarchistes, et son esprit~
naturellement porté à l'emphase et à la pose,
s'est plus encore engagé dan~'ce sens-là.
N'ayant réussi à rien parce qu'il a toujours en<
trepris des choses dont i) n'était pas capable,
au lieu de se livrer à un travail plus modeste,
mais qui !ui convenait mieux; ne sachant oh
trouver des ressources pour« faire ia noce ~,qut
a toujours éjté le grand but de sa vie; arrivé à
un âge où les passions sont dans toute teuf
force, et où l'on soutire plus viotemment de ne
pouvoir les satisfaire, il s'est simplement dit
« H faut en nnirJ )> C'est une sorte de suicide,
un suicide théâtral et à la mode du jour. Une
fois le crime commis, l'instinct de la conserva-
tion a repris le dessus. Alors la comédie de
l'humanité et ta comédie de l'amour.
Procès banat en.somme. On a pris de gran.
des précautions au palais de Justice. La sur-
veittance des couloirs extérieurs est faite par
ies gardés du Palais et par les gardes mumci*
paux, sous la direction du commandant Lune!.
Quant aux couloirs donnant accès à la
salle des assises, la surveillance en est confiée
aux agents de ta Sûreté, qui doivent composer,
d'ailleurs, presque exclusivement t'audttoire.
!t est donc peu probable, heureusement, qu'une
bombe vienne donner quelque intérêt à~ces dé-
bats vutgaires.
TOUT-PARtS
l
LES
AMENES REVUES
DE PARIS.
Mon cher directeur,
Vous me demandez mes souvenirs des
anciennes Z)*c~M
prétexte que je les ai vues toutes naître
et mourir. Voici plusieurs alinéas jetés
au courant de la plume
Dans la fondation primitive, en 1829,
deux hommes déjà célèbres en ce temps-
là, le docteur Véron et M. de Balzac on
a toujours appelé le grand romancier M.
de Balzac se rencontrèrent à propos
pour créer la Revue ~ePar~. Emile de
Girardin y fut aussi pour quelque chose.
Le succès éclata .dès le premier numéro.
Ce c'était pas le volume un peu massif
des revues d'aujourd'hui, c'était un sim-
ple cahier ne dépassant pas cent pages,
mais toutes ces pages-là parlaient haut.
Véron et Balzac savaient choisir leur
monde. Les lecteurs bien inspirés qui ont
gardé la collection de cette revue savent
bien que ces cent pages en valaient mille.
La revue paraissait le dimanche matin et
elle coûtait quatre-vingts francs par an.
Tous les petits chefs-d'œuvre du roman-
tisme s'épanouissaient sous les noms de
Balzac, de Soulié, de Sainte-Beuve, de
Mérimée, de Vigny, de Janin, de Gozlan,
de tous ceux qui étoilaient le ciel litté-
raire'en ce temps-là.
Ce fut surtout de 1830 à 1840 que la Re-
~Me de Paris parla haut à tous les esprits.
Mais alors Balzac, qui en avait été 1 âme,
se sépara violemment de ses collabora-
teurs pour fonder la Chronique de Paris,
imprimée par Béthune à la manière an-
glaise. Elle n'eut pas une vie beaucoup
plus longue que le second journal de Bal-
zac, la Fte~M~eMMe. Théophile Gautier
et Sandeau étaient le bras droit et le bras
gauche de la Chronique de Paris, qui ne
fut qu'un feu de paille, quoique fit Balzac
et quoique firent ses amis. J'étais de la
maison. Balzac venait tous les jours et
s'indignait contre l'absence des abonnés:
« Combattons toujours, disait-il, noua
finirons par avoir raison des lecteurs
s'il le faut, j'imprimerai la C7:roMï~Me ~s
Paris sur des feuillets d'or.)) »
En attendant, Balzac se battait en
duel avec Buloz. alors proie d'une impri-
merie où il corrigeait les épreuves de la
Revue des Deux -~o~~es, qui n'avait été
d'abord qu'un journal de voyages, ce qui
explique un peu ce titre inexplicable.
Quand je dis un duel, je dois ajouter
que c'était un duel à coups d'huissier. Ils
perdirent tous les deux leur procès, puis-
qu'ils perdirent leur temps.
La .Re~e de Paris continuait à mettre
en campagne la petite armée des roman-
tiques et à se faire lire par la vieille école
comme par la nouvelle.
En 1843, j'avais quitté la Revue de P
nal des romantiques. Buloz, quelque pea
propriétaire de la .RecMe de Paris, qu'il
voulait sacriner à la Revue des Det~c
Mondes, était venu me l'oËrir. Une baga-
telle vingt mille francs 1
L'~W~e s'appela donc l'Artiste, .R&.
~Me de P
coup, en style comme en gravures Henri
Murger, Champueury, Barbey d'Aure-
villy, Théodore de Banville, Baudelaire,
avec la bonne compagnie de Gozian, de
Karr, de Sainte-Beuve, de Musset, de Ja-'
nin, de Sandeau, de Gérard de Nerval, de
Théophile Gautier, de George Sand.
Vers le même temps, Balzac tenta en-
core la fortune des revues.Voilà pourquoi
il publia la Revue .pa~stSM~e, rédigée
par lui tout seul, comme Karr rédigeait
îes
C'était le même petit format. Jamais on
ne publia en volumes mignons des livrets'
si éblouissants la -RepMe par!SK?MMe et
les G'M~pes.
Mais Balzac avait trop de géaie pour se
dépenser, selon le mot de Mme de Sévi-.
gné, en pièces de quatre sous. Karr ne se
dépensait pas, il ne faisait que causer,
tandis que Balzac s'acharnait à tout dire
et à bien dire.
Demandez plutôt à Sainte-Beuve qu'il
foudroya, mais qui lui répondit de main
de maître.
Cependant, nous ne sommes pas aa
bout des Revues de Paris.
En 1851, Théophile Gautier, Maxime
du Camp, Louis de Cormenin et Celui
qui jette ces lignes à la volée iondèreut
à nouveau la .ReuMe de Paris. Ce fut une
traînée de poudre qui éclata dans la
monde littéraire et dans le monde qui lit.
Tous les grands noms célèbres au demi-
siècle y ngurèrent avec éclat. Donc, succès
sur toute la ligne. Ce fut là que débuta
Flaubert, par J~~e Bovary, laquelle
eut, entre autres bonnes fortunes, celle
d'être saisie à la gorge par les tribunaux.
Cette période n'est pas trop loin de nous.
Il est donc inutile d'en esquisser l'histo-
rique encore une fois, cette vaillante
-Re~Me de PaWs mourut en chemin, am
grand regret de tous les partis philosa"
phiques et littéraires.
En 1887, nouvelle réapparition de "la
.Re~Me~e-Pa~ts.
Un soir que j'étais chez une très grande
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