Titre : Excelsior : journal illustré quotidien : informations, littérature, sciences, arts, sports, théâtre, élégances
Éditeur : [s. n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-06-14
Contributeur : Lafitte, Pierre (1872-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32771891w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 14 juin 1925 14 juin 1925
Description : 1925/06/14 (A16,N5298). 1925/06/14 (A16,N5298).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4604041d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-228
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/07/2016
EXCELSIOR
L'on ne peut aller loin dans
l'amitié si l'on n'est pas disposé
à se pardonner les uns aux au-
- tres ses petits défauts.
LA BRUYERE.
16me Année. — N° 5,298. — Pierre Lafitte, fondateur.
2 De. et Seine-et-Marne. PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xrae) .. "SSlÏÏSf 2 Se.
En page 5 :
LA PAGE DE T.S.F.
"...'........1.................. al
En pages 6 et 8 :
NOS
ILLUSTRATIONS
DIMANCHE
14
JUIN 1925
........................
Saint Rufin
Adr. télég-r: : Excel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-00
LE NOMBRE DES ÉTUDIANTS
AUGMENTE, PAR CONTRE
CELUI DES PROFESSEURS
TEND DIMINUER
L'essor des études secondaires
est plus grand chaque année,
mais plus grande aussi la misère
de l'Université.
A la veille des examens de fin
d'année, la Faculté des lettres est,
paraît-il, littéralement « embouteil-
lée ». Jamais le nombre des candidats
et des candidates au baccalauréat et
aux certificats d'études supérieures
— cependant en progression cons-
tante depuis 1922 — n'a été si impo-
sant : 7,400 étudiants brigueront,
cette fois, les diplômes — cinq cents
d-e plus qu'aux dernières sessions. Si
p.eu lucratives que soient, à présent,
les professions libérales, elles tentent
encore, heureusement, la jeunesse
avide d'apprendre. Cependant, si le
nombre des étudiants augmente, celui
des professeurs teQd. plutôt à dimi-
M. LAPIE
rccteur de VAcadémie de Paris
nuer; les crédits n'ont pas été aug-
mentés, les salies deviennent, en pé-
riode drexamen, insuftisrmtes, Ciel a
crée, en ces derniers mois, de nom-
breuses, complications.
— L'essor des écoles secondaires,
me dit un universitaire interviewe.
est plus ¡grand chaque année, mais
plus grande aussi la misère de 1 Uni-
versité. Nous sommes débordés et
manquons .à la l'ois de locaux, de per-
sonnel su'baHerne. de .professeurs. Le
temps n'est pas loin, je le crains, ou
les examinateurs nous feront défaut
eux aussi. Savez-vous 'ce que tou-
ethent les hommes éminents qui con-
sentent encore à faire: passer les
concours d'agrégation? Six francs
l'heure ! Il leur faut un réel attache-
ment il la vieille Université, une belle
conscience professionnelle pour assu-
mer pareille tache à ce taux.
» D'autre part, le rccrulemcnt-de.,
surveillants chargés d'emp.cchcr la'
fraude pendant les épreuves écrites,
devient des plus difficiles. L'indi-
gence des crédits ne nous permet pas
de leur allouer phi s de vingt-o'nq
sous par heure. Etonnez-vous qu'ils
ptéfère!it d'autres fonctions !-Ce qui
complique notre rôle? Le manque
d argent. »
Gelte phrase je l'entcndrai dans la
bouche de bien d'autres universitai-
res encore, cependant qu'aux portes
des salles, jeunes gens et jeunes
filles lisent les dates d'examen. Des
professeurs passent, saluent. Je re-
gard'e. s'en a!)er, modestes, effacés
ceux qu'on oublie parce qu'ils ne ré-
clament jamais, ceux devant qui, de-
main, tant de candidats vont trem-
I)Iei@ : les. examinateurs voués au plus
ingrat labeur — à prix réduit! —
HUGUETTE GARNIER.
AVANT D'ÊTRE DEPORTE PAR LE VENT
VEENSTRA AURAIT ATTERRI
BRUXELLES, 13 juin. — L'Aéro Club
de Belgique communique le télé-
gramme suivant :
« NOYA. — Nous confirmons notre
premier télégramme. Nous avons
touché terre à Torinana, venant du
Nord, par brume opaque. Un chan-
gement, de vent subit a jeté le ba1lon
à la mer. Nous avons été recueillis
par un navire commalÚié par le capi-
taine Torrubede. Nous avons nos ins-
truments et un certificat d'atterris-
sage. — Signé :
VEENSTRA et QUER-
SIN. »
LES CONSEILLERS GÉNÉRAUX
DE LA BANLIEUE DE PARIS
SERONT ÉLUS AUJOURD'HUI
Paris ne vote pas, ses quatre-
vingts conseillers municipaux
étant, de droit, conseillers géné-
raux de la Seine.
La nouvelle assemblée départe-
mentale comportera cent vingt
membres au lieu de cent.
On vote aujourd'hui dans toutes les
communes du département de la
Seine — groupées en quarante cir-
conscriptions — pour l'élection de
conseillers généraux. Paris ne vote
pas. ses quatre-vingts conseillers
municipaux étant, de droit, conseil-
lers généraux de la Seine..
La nouvelle assemblée départe-
mentale comportera cent vingt
membres, au lieu de cent précédem-
ment, en vertu de la loi du 29 mai
dernier.
On compte actuellement, pour les
quarante!, sièges qu'il reste à distri-
buer, cent quarante-cinq candidats,
dont une candidate. Mme Orliange, à
Pantin (première circonscription).
Des vingt conseillers sortants, trois
ne se représentent pas. Ce sont : MM.
Fontaine, à Asnières : Marquez, à
Clichy ; Hémart, à Montreuil. Un est
décédé. au début de l'année,- c'est
M. Poisson, à Aubervilliers.
Les résultats seront proclamés à la
mairie de la commune la plus impor-
tante de' chaque. circonscription, et
ensuite centalisés à la préfecture de
la Seine. Ils seront connus entre
20 et 22 heures, dans les mairies, et
entre 20 h. 30 et minuit à la préfec-
ture.
Voici la liste des candidats connus :
Arrondissement de Saint-Denis
Asnières-Ouest. — MM. Michaux, rép.
de g.; MM. ViMette. soc. S.F.I/O. ; Marx,
rad. soc. ; BlOdlO, rad. soc.; Mary, soc.
fr. ; Godard, rép. ind.; Rigat, comin.
Asnières-Gennevilliers. — M. Roche,
rép. de g.; MM. Canoville, soc. S.F.I.O.;
Hémond, comm.
AulJcrviLliers, lre section. — M. Be-
saneanot, rép. de g.; MM. Foulon, soc.
ind.; Dubois. comm.
Aubervilliers. 21 section. — MM. Pog-
gioli (S.F.I.O.) ; Dupoisot, soc. ind.; Car-
pentier, rép. soc. ; Selaquez, comm.
Boulogne-Nord. — M. !e docteur Cau-
joIe. rép. de g.; MM. Henripré (S.F.I.O.);
DelobeJle, comm.
Boulogne-Sud. — MM. Morizet, soc.
S.F.I.O.; Couergou, cons. sort., comm.
Clichy. — M. Orsal, rép. de g. ; MM.
Quint (S.F.I.O.), et Ileurtaux, comm.
Colombes, lrc section. — MM. Grivan-
nes, l'ép. de g.; Chavany, rad.; Mar-
chand (..S.F.f.C.) ; ToraM, soc. ind.; Rey-
naud. cornu.
Colombes. 2" section'- M. Bonal, cons.
sort., rép. de g.; M. Bocerta.s, comm.
Coiirbevoie. — M. Jupin, cons. sort.;
rép. de g.; MM. Vimard, rad : Dadot,
comm.: Chapelain (S.F.I.O.).
Levallois-Ferret, lre section. — MM.
Kretiy, rep. de g.: Paillard, rad.; Veu-
drin. c. sort. (S.F.I.O.); ALlloff, comm.;
LhopiteaL', rép. de g.; Groussot, anar-
chiste.
Levallois, 2" sectio7:. — MM. Soûle-
beau. rép. de g.; Thcilhaumas, rép. de
g.: Rouquier, soc. comm., et Louet,
comm.
N euiily-sur-Seinc. — 1\1. Bloud, con-s.
sort., rcp. progr. ; M. Yeinstein, l'lad:
soc.
Noisy-lc-Sec, 1" section. — MM. Louis
Renault, coM. sort., rép. de g.: Zipper,
(S.I".1.0.); Quellier, rad. soc.; Routhier,
ocra m.
Noisy-le-Scc, 2e section. — MM. Pont-
chy (S.F.I.O.), et Costes, comm.
Pantin, 1" section. — MM. Marsais,
c sort, (S.F.I.O.): Jacquin, soc. comlll.,
et- Mlle Marie Orliangc, comlll.
Pantin. 2" section. — MM. Decros, rad.
soc.: Boiisfard (S.F.I.O.); Jacob, comlll.
Pantin, .'5e section. — MM. Belin, rad.;
SahaLict. 'S.F.T.o.), et Cculon. comm.
Pidéaux, 1 t'e section. — MM. Jacotot
(S.F,I.O.). ci Berges, comm.
Put ca.u.?'. 2" section. — M. Henri Sel-
lier, conseiller sortant, S. F. I. O. ; Du-
camp, communiste.
Saint-Denis, 1" section. — MM. Des-
cossy, soc. ind. ; Philippe, cons. sort.,
soc. "comm. ; Lauze, comm. ; Monin, rép.
de g.
Saint-Denis. 21 section. — MM. Maigna!,
soc. ind. ; Laporte, comm.
Saint-Ouen, lre section. — MM. Bache-
let, 'cons. sort., soc. comm. ; Lunot.
comm.
Saint-Ouen. 21 section. — MM. le doc-
teur Thibout, progr. ; M. Lesesne, soc.
comm. ; Julien, cons. sort.
Arrondissement de Sceaux
Charenton, iTe section. — M. Dussault
rép. de g. ; MM. Brenot. soc. S.F.I.O. ;
Drapier, rép. süc. ; René, comm.
Charenton, 2" section. — M. Champion,
cons. sort.. rép. de g. ; MM. Yung, S. F.
I. O., et Méric. comm.
Jvry-sur-Seine, jre section. — MM.
Bourdeau, rép. soc. ; Caille, S.F.I.O. ;
Maranne, comm.
Ivry-sur-Seine, 2e section. — MM. Gra-
vier, rép. soc. ; docteur Marie, rép. soc. ;
Charbonnier, comm. *, Jean Martin, dé-
puté. cons. sort., S.F.I.O. ; Delys, soc.
ind.
Montreuil. — M. Huet. progr. ; MM.
Anne, S.F.I.O. ; Patriarche, comm.
(Suite lro colonne page 3)
EN DERNIERE HEURE :
.. Le désarmement de l'Allemagne
et la question du pacte de
sécurité.
LE VOYAGE AÉRIEN DU PRÉSIDENT DU CONSEIL
PREMIÈRES PHOTOS DE L'ARRIVÉE DE M. PAINLEVÉ AU MAROC
(Ces photographies, prises à Rabat, nous ont été transmises par avion.)
L'ARRIVEE DE L'AVION SUR LE TERRAIN DE RABAT. — LE PREMIER ENTRETIEN
AVEC LE MARECHAL LYAUTEY
C'est mercredi, à 17 h. 55, que l'avion du président du Conseil atterrit sur le terrain d'aviation yde Rabat. Quelques
instants plus tard arrivèrent les avions portant M. Laurent Eynac et le général Jacquemot. Le maréchal Lyautey
attendait le premier ministre, entouré du sous-chef d'état-major des troupes, du chef du cabinet civil de sa mai-
son militaire et des autorités locales. Le sultan était représenté par le grand-vizir El Kaddour Ben Ghabrit. Dès
l'atterrissage, le président du Conseil prit contact avec le maréchal et s'entretint longuement avec lui. Nos instan-
tanés, qui ont fixé quelques phases de cette réception, représentent : 1. l'atterrissage de l'avion du président du
Conseil ; 2. descendant d'avion, M. Painlevé est salué par un officier ; 3. le maréchal Lyautey reçoit le président
du Conseil ; 4. le premier entretien de M. Painlevé et du maréchal ; 5. le grand-vizir El Kaddour Ben Ghabrit,
le maréchal Lyautey et M. Painlevé.
L'EXPRESS PARIS-COLOGNE
TAMPONNÉ A LANDRECIES
L'accident a causé la mort d'un
employé des P.T.T. Huit de ses cama-
rades ont été blessés.
LILLE, 13 juin. — La nuit dernière,
près de Landrecies, l'express 133,
Paris-Cologne, qui avait quitté Paris
à 21 Il. 55, a été tamponné par un
train de marchandises.
On compte à l'heure actuelle un
mort et huit blessés, qui sont tous
des commis ambulants des P.T.T.
L'express Paris-Cologne était passé
à minuit 30 à Saint-Quentin. Rien
d'anormal n'était apparu jusque là
dans sa marche, quand, à 2 kilomètres
de Landrecies, à 1 h. 2û, le mécani-
cien s'aperçut que le fonctionnement
des freins était défectueux. Il fil
stopper le convoi.
Mais, à ce moment précis, surve-
nait un train de marchandises. Un
choc terrible se produisit. Le four-
gon de. queue de l'express fut pro-
jeté contre le wagon-poste qui le
précédait et le télescopa. Des cris de
douleur jaillirent dans la nuit. tandis
que les voyageurs des autres wagons,
pris de panique, sautaient sur la voie.
On se porta aussitôt au secours
des victimes. Cinq « aiiibul-aiits »
avaient été blessés dans le wagon-
poste et un autre était mort.
(Suite lre colonne page 3)
LE DERBY DE CHANTILLY
SE COURT AUJOURD'HUI
Tous les bons poulains français de
trois ans vont disputer le prix
du Jockey-Club.
- Notre Derby de 1925 aura pour
lui un attrait sans précèdent : ri-
réunit toute l'élite des poulains nés
en France en 1922. En dehors de
Momus et de Tout en Or, dont la
présence au poteau n'était vraiment
pas indispensable, les douze autres
concurrents constituent ce que nous
avons' de mieux actuellement
EL, entre eux, la course s'annonce
très ouverte. La plupart ne se sont,
pas rencontrés souvent au cours des
épreuves de printemps et ce manque
de lignes permet d'envisager la vic-
toire très possible de n'importe le-
quel de ces douze candidats.
Cependant Tiepolo, en dépit de sa
place de quatrième du prix Lupin,
et Rayonnant, cheval régulier, mais
qui n'a encore point, gagné sa course,
partiront probablement à une cote
d'outsider. Probablement aussi Mas-
tic, qui ne sera pas monté par le
jockey ordinaire du baron Edouard.
Toutefois, il serait fort imprudent
de négliger ce fils de Lemberg et de
Stéarine, qui'a été long à trouver sa
forme, mais qui vient de_régler bien
plaisamment Select à Saint-Cloud.
(Suite 2P colonne'page 3)
UNE IMPORTANTE AFFAIRE
DE FRAUDE EN DOUANE
Plusieurs centaines de mille francs
de droits fraudés. Deux fonction-
naires incriminés se suicident.
LILLE, 13 juin. -— (De notre cor-
respondant particulier). — A la suite
d'une enquête discrète, un commis-
saire de police constatait dans un.?
localité de la banlieue de Paris qu'un
gros commerçant vendait à des con-
ditions extraordinaires de bon mar-
ché des articles de bonneterie d'ori-
gine allemande. Seule, l'introduction
en fraude de ces marchandises pou-
vait expliquer leur prix, car. les
droits de douane sur la bonneterie
allemande sont très élevés.
Le commissaire de police, dont.
l'attention avait été ainsi éveillée,
surveilla les arrivages de bonneterie
du commerçant et saisit un envoi
qui lui était fait à la gare du Nord.
Apparemment, rien ne laissait sup-
poser la fraude. Les, papiers étaient
en règle. Néanmoins, le commissaire
fiL part- de ses soupçons à l'adminis-
tration centrale des douanes, qui fit
ouvrir une enquête administrative à
Lille, ville où devait être effectué le
dédouanement des marchandises en
question. L'enquête administrative
donna des résultats probants.
(Suite 2e colonne page 3)
LE MÉDECIN MARSEILLAIS
CACHAIT DEPUIS LE 18 MARS
LE CADAVRE DE L'ENCAISSEUR
La disparition de celui-ci re-
monte déjà au mois de mars
et le cadavre était depuis en-
fermé dans un placard.
y
Pour sa défense, l'assassin pré-
tend que sa victime, qu'il connut
en Orient, se serait suicidée.
MARSEILLE, 13 juin. — Le cadavre
découvert dans l'appartement du
docteur Pierre Bougrat est celui d'un
encaisseur d'une société de tuileries
de Saint-Henri, dans la banlieue de
Marseille, nommé Jacques Rumèbe,
disparu le 14 mars dernier.
Ce jour-là, Jacques Rumèbe était
parti de Saint-Henri pour effectuer
une tournée d'encaissements et de-
vait rapporter le soir une trentaine
de mille francs.
Une étrange disparition
Sa disparition causa une grande
surprise : très bon employé, d'une
honnêteté éprouvée, Rumèbe n'avait
aucune liaison extraconjugale et ne
jouait pas. Une fugue amoureuse ou
un acte malhonnête ne pouvaient
avoir provoqué la disparition de l'en-
caisseur.
L'enquête menée sur cette étrange
disparition, à la demande de la So-
ciété des tuileries de Saint-Henri et
de la famille de Rumèbe fit connaître
que l'encaisseur devait avoir touché
déjà une dizaine de mille francs au
moment où, selon les constatations
des policiers, il entrait rue Senac,
chez le docteur Bougrat.
Après cette visite, aucune trace
d'encaissement. Cette constatation ne
fut pas sans causer quelque étonne-
ment aux policiers, mais ceux-ci, au
mois de mars, n'avaient aucune rai-
son de mettre sur le compte du doc-
teur Pierre Bougrat, chevalier de la
Légion d'honneur, croix de guerre, la
disparition de l'encaisseur Rumèbe.
Ce n'est que plus tard, c'est-à-dire
tout récemment, que fut reprise i'n-
quête sur la disparition de Rumebe;
le docteur Bougrat ayant été arrêté
pour émission de chèque sans provi-
sion et escroqueries.
Au cours de la perquisition faite
rue Sénac au sujet de l'affaire d'es-
croquerie, les policiers furent frap-
pés par une odeur étrange qui flot-
tait, dans l'appartement, une odeur
antiseptique qui n'arrivait pas a mas-
quer complètement celle de la dé-
composition cadavérique. Cette cons-
tatation rappela aux policiers que la
trace de l'encaisseur Rumèbe se\ per-
dait justement 'au domicile du doc-
teur Bougrat. La minutieuse perqui-
sition d'hier soir devait amener la
découverte du cadavre au fond d'un
placard situé- dans l,e laboratoire du
docteur Bougrat.
C'était son compagnon d'armes!
L'encaisseur. était un camarade de
guerre du docteur Bougrat a-\ ec le-
quel il avait fait la campagne en
Orient. Il avait dû, sa tournée d en-
caissements terminée, rendre visite
à son ami- Celui-ci avait de gros be-
soins d'argent, car depuis son divorce
il menait une existence mouvementée.
Le docteur assassin Pierre Bougrat
n'a pas encore été interrogé à fond.
Ce n'est que dans l'après-midi qu'il
sera conduit devant M. Mallavialle,
chargé de l'instruction de cett? re-
Lent issante nÍfaire. Tout ce que le
chef de la sûreté a pu obtenir de
l'assassin jusqu'à l'heure actuelle se
lient dans ce singulier aveu : « Jac-
ques Rumèbe s'est suicidé. °»
Nouvelle perquisition
Une nouvelle et minutieuse perqui-
sition a été opérée ce matin 37, rue
Sénac. dans le cabinet et les appar-
tements privés de Pierre Bougrat.
Celui-ci y assistait, ainsi que sa maî-
tresse Andrée Audiberf, arrêtée hier
soir mais dont la complicité n'a pu
être établie jusqu'à présent. On ne
connaît pas encore le résultat de
cette opération.
BOLTgrat, un véritable héros de la
guerre. avait reçu six blessures et
avait dû être trépané. Ses facultés en
furent fort affaiblies .et depuis il pa-
raissait atteint de déséquilibre men-
ta 1.
Comment l'encaisseur fut-il tué?
La version première des magistrats
est que la mort a été causée par une
piqûre qu'aurait pratiquée le doc-
teur; l'autopsie, qui aura lieu au-
jourd'hui, fixera les enquêteurs sur
ce point.
Le crime accompli, le docteur
Bougrat a dû s'emparer du contenu
de la sacoche de son ancien frère
d'armes, puis sceller le cadavre dans
l'armoire.
Il se pourrait que cette découverte
réserve des surprises à propos d'une
autre disparition.
UNE REINE
REGARDE
LA VIE
par
LA REINE MARIE DE ROUMANIE
LE CHAPITRE DE LA TOILETTE
Copy/'ight en Grande-Bretagne, par la
Weekly Dispatcil; aux Etats-Unis et
Canada par « No?,tli, American N"eivs-
paper Alliance », en France par Excelsio-r,
eu Autriche par la ?\eue Freie Press, et
partout. ailleurs par le " Famaus Fea-
tures Syndicale, Inr. n. Tous droits ré-
servés. Reproduction totale ou partielle
formellement interdite. — Vou' les numé-
ros ei'Excelsior depuis le lundi 1er juin.
J'habillais aussi mes enfants de la
manière la plus seyante.
Il semblait toujours que j'en eusse
un tout petit! J'ai eu six'enfants à
des dates assez éloignées, en sorte
que, déjà proche de la maturité,
j'avais encore un enfant assis près
de moi à cet âge adorable qui va de
trois à dix et qui est si irrésistible.
Ainsi nous étions un sujet d'or.
gueil pour notre peuple, et un de
nos grands désirs était de lui appa-
LA REINE MARIE
en costume de cotir
raître à notre avantage. Nous lui
appartenions, nous étions, pour ainsi
dire, sa propriété particulière. « sa
famille royale », une sorte de bien
national que chacun voulait voir.
blâmer ou critiquer suivant que nous
plaisions on non.
On m'a toujours regardée comme
une femme élégante, mais je n'ai ja-
mais suivi la mode de très près..1
portais'ce qui me plaisait; princesse
d'abord et reine plus tard, je pouvaIS,
bien entendu, inc2 permettre avec lu
mode certaines libertés que bien des
femmes ne considéraient pas comme
compatibles avec leur rang.
L' " entrée " d'une reine
« L'entrée » d'une reine ou d une
princesse est toujours une chose I-'I'L"-
parée. Elle est la dernière à paraître.
Tous les invités sont assembles, cha-
cun attend la reine — qu'ils soien*
ardents, cyniques, fatigués, morose.
heureux, flattés, ils sont tous inté-
ressés, parfois en dépit d'eux-mêmrs,
fût-ce dans le désir très humain
d'ironiser ou de blâmer. C'est pour
quoi une reine ou une princesse qui
possède un juste orgueil ou seule-
ment de l'à-propos doit veiller :1 ne
pas manquer son « entrée ).
En ces occasions, la toilette .j^ue
un gqfind rôle et je connais cette
sorte d'approbation murmurée et ins-
tinctive qui, inconsciemment, monte
d'une foule agréablement impres-
sionnée. Le point principal est de.
paraître à son avantage.
Lorsque les modes d'une année me
paraissaient peu seyantes, je les mo-
di nais de manière à les adapter à mon
type. J'apportais les plus graifd-
sbins à ces transformations afin que
les, critiques les plus .malveillant-
fussent obligés d'admellre que lovn
de nuire à la mode, je t'avais agré-
mentée.
Je me rappelle certaines occasions
où j'ai remporté, je le sais pertinem.
ment, un succès énorme — ce senti-
ment délicieux ressemble à relui
qu'éprouve un grand artiste dev in!
les acclamations d'un public en délire
Faire la description des toi 1 ett" •-
que je portais en ces heureux join -
me conduirait trop loin; je dira
pourtant que je me les rappelh
presque toutes avec une sorte d'heu-
reuse gratitude.
Ma plus belle toilette
Il en est une cependant que j'ai-
merais à dépeindre, car elle comporta
quelque chose de féerique apparie
nant à un monde aujourd'hu.
écroulé.
J'étais en Russie pour le couron-
nement du tsar. De nombreux sou.
verains se trouvaient là, venus d<
tous les coins de l'Europe, jeunes et
QUELQUES=UNS DES CONCURRENTS DU PRIX DU JOCKEY=CLUB DISPUTÉ AUJOURD'HUI A CHANTILLY
BELFONDS
j
THE SIRDAR
- CYRUS (
r.
:ORAM (à gauche) pendant la séance d'entraînement, hier, à Chantilly
%
PTOLEMY
FARAWAY
)
PITCHOURY
i
L'on ne peut aller loin dans
l'amitié si l'on n'est pas disposé
à se pardonner les uns aux au-
- tres ses petits défauts.
LA BRUYERE.
16me Année. — N° 5,298. — Pierre Lafitte, fondateur.
2 De. et Seine-et-Marne. PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xrae) .. "SSlÏÏSf 2 Se.
En page 5 :
LA PAGE DE T.S.F.
"...'........1.................. al
En pages 6 et 8 :
NOS
ILLUSTRATIONS
DIMANCHE
14
JUIN 1925
........................
Saint Rufin
Adr. télég-r: : Excel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-00
LE NOMBRE DES ÉTUDIANTS
AUGMENTE, PAR CONTRE
CELUI DES PROFESSEURS
TEND DIMINUER
L'essor des études secondaires
est plus grand chaque année,
mais plus grande aussi la misère
de l'Université.
A la veille des examens de fin
d'année, la Faculté des lettres est,
paraît-il, littéralement « embouteil-
lée ». Jamais le nombre des candidats
et des candidates au baccalauréat et
aux certificats d'études supérieures
— cependant en progression cons-
tante depuis 1922 — n'a été si impo-
sant : 7,400 étudiants brigueront,
cette fois, les diplômes — cinq cents
d-e plus qu'aux dernières sessions. Si
p.eu lucratives que soient, à présent,
les professions libérales, elles tentent
encore, heureusement, la jeunesse
avide d'apprendre. Cependant, si le
nombre des étudiants augmente, celui
des professeurs teQd. plutôt à dimi-
M. LAPIE
rccteur de VAcadémie de Paris
nuer; les crédits n'ont pas été aug-
mentés, les salies deviennent, en pé-
riode drexamen, insuftisrmtes, Ciel a
crée, en ces derniers mois, de nom-
breuses, complications.
— L'essor des écoles secondaires,
me dit un universitaire interviewe.
est plus ¡grand chaque année, mais
plus grande aussi la misère de 1 Uni-
versité. Nous sommes débordés et
manquons .à la l'ois de locaux, de per-
sonnel su'baHerne. de .professeurs. Le
temps n'est pas loin, je le crains, ou
les examinateurs nous feront défaut
eux aussi. Savez-vous 'ce que tou-
ethent les hommes éminents qui con-
sentent encore à faire: passer les
concours d'agrégation? Six francs
l'heure ! Il leur faut un réel attache-
ment il la vieille Université, une belle
conscience professionnelle pour assu-
mer pareille tache à ce taux.
» D'autre part, le rccrulemcnt-de.,
surveillants chargés d'emp.cchcr la'
fraude pendant les épreuves écrites,
devient des plus difficiles. L'indi-
gence des crédits ne nous permet pas
de leur allouer phi s de vingt-o'nq
sous par heure. Etonnez-vous qu'ils
ptéfère!it d'autres fonctions !-Ce qui
complique notre rôle? Le manque
d argent. »
Gelte phrase je l'entcndrai dans la
bouche de bien d'autres universitai-
res encore, cependant qu'aux portes
des salles, jeunes gens et jeunes
filles lisent les dates d'examen. Des
professeurs passent, saluent. Je re-
gard'e. s'en a!)er, modestes, effacés
ceux qu'on oublie parce qu'ils ne ré-
clament jamais, ceux devant qui, de-
main, tant de candidats vont trem-
I)Iei@ : les. examinateurs voués au plus
ingrat labeur — à prix réduit! —
HUGUETTE GARNIER.
AVANT D'ÊTRE DEPORTE PAR LE VENT
VEENSTRA AURAIT ATTERRI
BRUXELLES, 13 juin. — L'Aéro Club
de Belgique communique le télé-
gramme suivant :
« NOYA. — Nous confirmons notre
premier télégramme. Nous avons
touché terre à Torinana, venant du
Nord, par brume opaque. Un chan-
gement, de vent subit a jeté le ba1lon
à la mer. Nous avons été recueillis
par un navire commalÚié par le capi-
taine Torrubede. Nous avons nos ins-
truments et un certificat d'atterris-
sage. — Signé :
VEENSTRA et QUER-
SIN. »
LES CONSEILLERS GÉNÉRAUX
DE LA BANLIEUE DE PARIS
SERONT ÉLUS AUJOURD'HUI
Paris ne vote pas, ses quatre-
vingts conseillers municipaux
étant, de droit, conseillers géné-
raux de la Seine.
La nouvelle assemblée départe-
mentale comportera cent vingt
membres au lieu de cent.
On vote aujourd'hui dans toutes les
communes du département de la
Seine — groupées en quarante cir-
conscriptions — pour l'élection de
conseillers généraux. Paris ne vote
pas. ses quatre-vingts conseillers
municipaux étant, de droit, conseil-
lers généraux de la Seine..
La nouvelle assemblée départe-
mentale comportera cent vingt
membres, au lieu de cent précédem-
ment, en vertu de la loi du 29 mai
dernier.
On compte actuellement, pour les
quarante!, sièges qu'il reste à distri-
buer, cent quarante-cinq candidats,
dont une candidate. Mme Orliange, à
Pantin (première circonscription).
Des vingt conseillers sortants, trois
ne se représentent pas. Ce sont : MM.
Fontaine, à Asnières : Marquez, à
Clichy ; Hémart, à Montreuil. Un est
décédé. au début de l'année,- c'est
M. Poisson, à Aubervilliers.
Les résultats seront proclamés à la
mairie de la commune la plus impor-
tante de' chaque. circonscription, et
ensuite centalisés à la préfecture de
la Seine. Ils seront connus entre
20 et 22 heures, dans les mairies, et
entre 20 h. 30 et minuit à la préfec-
ture.
Voici la liste des candidats connus :
Arrondissement de Saint-Denis
Asnières-Ouest. — MM. Michaux, rép.
de g.; MM. ViMette. soc. S.F.I/O. ; Marx,
rad. soc. ; BlOdlO, rad. soc.; Mary, soc.
fr. ; Godard, rép. ind.; Rigat, comin.
Asnières-Gennevilliers. — M. Roche,
rép. de g.; MM. Canoville, soc. S.F.I.O.;
Hémond, comm.
AulJcrviLliers, lre section. — M. Be-
saneanot, rép. de g.; MM. Foulon, soc.
ind.; Dubois. comm.
Aubervilliers. 21 section. — MM. Pog-
gioli (S.F.I.O.) ; Dupoisot, soc. ind.; Car-
pentier, rép. soc. ; Selaquez, comm.
Boulogne-Nord. — M. !e docteur Cau-
joIe. rép. de g.; MM. Henripré (S.F.I.O.);
DelobeJle, comm.
Boulogne-Sud. — MM. Morizet, soc.
S.F.I.O.; Couergou, cons. sort., comm.
Clichy. — M. Orsal, rép. de g. ; MM.
Quint (S.F.I.O.), et Ileurtaux, comm.
Colombes, lrc section. — MM. Grivan-
nes, l'ép. de g.; Chavany, rad.; Mar-
chand (..S.F.f.C.) ; ToraM, soc. ind.; Rey-
naud. cornu.
Colombes. 2" section'- M. Bonal, cons.
sort., rép. de g.; M. Bocerta.s, comm.
Coiirbevoie. — M. Jupin, cons. sort.;
rép. de g.; MM. Vimard, rad : Dadot,
comm.: Chapelain (S.F.I.O.).
Levallois-Ferret, lre section. — MM.
Kretiy, rep. de g.: Paillard, rad.; Veu-
drin. c. sort. (S.F.I.O.); ALlloff, comm.;
LhopiteaL', rép. de g.; Groussot, anar-
chiste.
Levallois, 2" sectio7:. — MM. Soûle-
beau. rép. de g.; Thcilhaumas, rép. de
g.: Rouquier, soc. comm., et Louet,
comm.
N euiily-sur-Seinc. — 1\1. Bloud, con-s.
sort., rcp. progr. ; M. Yeinstein, l'lad:
soc.
Noisy-lc-Sec, 1" section. — MM. Louis
Renault, coM. sort., rép. de g.: Zipper,
(S.I".1.0.); Quellier, rad. soc.; Routhier,
ocra m.
Noisy-le-Scc, 2e section. — MM. Pont-
chy (S.F.I.O.), et Costes, comm.
Pantin, 1" section. — MM. Marsais,
c sort, (S.F.I.O.): Jacquin, soc. comlll.,
et- Mlle Marie Orliangc, comlll.
Pantin. 2" section. — MM. Decros, rad.
soc.: Boiisfard (S.F.I.O.); Jacob, comlll.
Pantin, .'5e section. — MM. Belin, rad.;
SahaLict. 'S.F.T.o.), et Cculon. comm.
Pidéaux, 1 t'e section. — MM. Jacotot
(S.F,I.O.). ci Berges, comm.
Put ca.u.?'. 2" section. — M. Henri Sel-
lier, conseiller sortant, S. F. I. O. ; Du-
camp, communiste.
Saint-Denis, 1" section. — MM. Des-
cossy, soc. ind. ; Philippe, cons. sort.,
soc. "comm. ; Lauze, comm. ; Monin, rép.
de g.
Saint-Denis. 21 section. — MM. Maigna!,
soc. ind. ; Laporte, comm.
Saint-Ouen, lre section. — MM. Bache-
let, 'cons. sort., soc. comm. ; Lunot.
comm.
Saint-Ouen. 21 section. — MM. le doc-
teur Thibout, progr. ; M. Lesesne, soc.
comm. ; Julien, cons. sort.
Arrondissement de Sceaux
Charenton, iTe section. — M. Dussault
rép. de g. ; MM. Brenot. soc. S.F.I.O. ;
Drapier, rép. süc. ; René, comm.
Charenton, 2" section. — M. Champion,
cons. sort.. rép. de g. ; MM. Yung, S. F.
I. O., et Méric. comm.
Jvry-sur-Seine, jre section. — MM.
Bourdeau, rép. soc. ; Caille, S.F.I.O. ;
Maranne, comm.
Ivry-sur-Seine, 2e section. — MM. Gra-
vier, rép. soc. ; docteur Marie, rép. soc. ;
Charbonnier, comm. *, Jean Martin, dé-
puté. cons. sort., S.F.I.O. ; Delys, soc.
ind.
Montreuil. — M. Huet. progr. ; MM.
Anne, S.F.I.O. ; Patriarche, comm.
(Suite lro colonne page 3)
EN DERNIERE HEURE :
.. Le désarmement de l'Allemagne
et la question du pacte de
sécurité.
LE VOYAGE AÉRIEN DU PRÉSIDENT DU CONSEIL
PREMIÈRES PHOTOS DE L'ARRIVÉE DE M. PAINLEVÉ AU MAROC
(Ces photographies, prises à Rabat, nous ont été transmises par avion.)
L'ARRIVEE DE L'AVION SUR LE TERRAIN DE RABAT. — LE PREMIER ENTRETIEN
AVEC LE MARECHAL LYAUTEY
C'est mercredi, à 17 h. 55, que l'avion du président du Conseil atterrit sur le terrain d'aviation yde Rabat. Quelques
instants plus tard arrivèrent les avions portant M. Laurent Eynac et le général Jacquemot. Le maréchal Lyautey
attendait le premier ministre, entouré du sous-chef d'état-major des troupes, du chef du cabinet civil de sa mai-
son militaire et des autorités locales. Le sultan était représenté par le grand-vizir El Kaddour Ben Ghabrit. Dès
l'atterrissage, le président du Conseil prit contact avec le maréchal et s'entretint longuement avec lui. Nos instan-
tanés, qui ont fixé quelques phases de cette réception, représentent : 1. l'atterrissage de l'avion du président du
Conseil ; 2. descendant d'avion, M. Painlevé est salué par un officier ; 3. le maréchal Lyautey reçoit le président
du Conseil ; 4. le premier entretien de M. Painlevé et du maréchal ; 5. le grand-vizir El Kaddour Ben Ghabrit,
le maréchal Lyautey et M. Painlevé.
L'EXPRESS PARIS-COLOGNE
TAMPONNÉ A LANDRECIES
L'accident a causé la mort d'un
employé des P.T.T. Huit de ses cama-
rades ont été blessés.
LILLE, 13 juin. — La nuit dernière,
près de Landrecies, l'express 133,
Paris-Cologne, qui avait quitté Paris
à 21 Il. 55, a été tamponné par un
train de marchandises.
On compte à l'heure actuelle un
mort et huit blessés, qui sont tous
des commis ambulants des P.T.T.
L'express Paris-Cologne était passé
à minuit 30 à Saint-Quentin. Rien
d'anormal n'était apparu jusque là
dans sa marche, quand, à 2 kilomètres
de Landrecies, à 1 h. 2û, le mécani-
cien s'aperçut que le fonctionnement
des freins était défectueux. Il fil
stopper le convoi.
Mais, à ce moment précis, surve-
nait un train de marchandises. Un
choc terrible se produisit. Le four-
gon de. queue de l'express fut pro-
jeté contre le wagon-poste qui le
précédait et le télescopa. Des cris de
douleur jaillirent dans la nuit. tandis
que les voyageurs des autres wagons,
pris de panique, sautaient sur la voie.
On se porta aussitôt au secours
des victimes. Cinq « aiiibul-aiits »
avaient été blessés dans le wagon-
poste et un autre était mort.
(Suite lre colonne page 3)
LE DERBY DE CHANTILLY
SE COURT AUJOURD'HUI
Tous les bons poulains français de
trois ans vont disputer le prix
du Jockey-Club.
- Notre Derby de 1925 aura pour
lui un attrait sans précèdent : ri-
réunit toute l'élite des poulains nés
en France en 1922. En dehors de
Momus et de Tout en Or, dont la
présence au poteau n'était vraiment
pas indispensable, les douze autres
concurrents constituent ce que nous
avons' de mieux actuellement
EL, entre eux, la course s'annonce
très ouverte. La plupart ne se sont,
pas rencontrés souvent au cours des
épreuves de printemps et ce manque
de lignes permet d'envisager la vic-
toire très possible de n'importe le-
quel de ces douze candidats.
Cependant Tiepolo, en dépit de sa
place de quatrième du prix Lupin,
et Rayonnant, cheval régulier, mais
qui n'a encore point, gagné sa course,
partiront probablement à une cote
d'outsider. Probablement aussi Mas-
tic, qui ne sera pas monté par le
jockey ordinaire du baron Edouard.
Toutefois, il serait fort imprudent
de négliger ce fils de Lemberg et de
Stéarine, qui'a été long à trouver sa
forme, mais qui vient de_régler bien
plaisamment Select à Saint-Cloud.
(Suite 2P colonne'page 3)
UNE IMPORTANTE AFFAIRE
DE FRAUDE EN DOUANE
Plusieurs centaines de mille francs
de droits fraudés. Deux fonction-
naires incriminés se suicident.
LILLE, 13 juin. -— (De notre cor-
respondant particulier). — A la suite
d'une enquête discrète, un commis-
saire de police constatait dans un.?
localité de la banlieue de Paris qu'un
gros commerçant vendait à des con-
ditions extraordinaires de bon mar-
ché des articles de bonneterie d'ori-
gine allemande. Seule, l'introduction
en fraude de ces marchandises pou-
vait expliquer leur prix, car. les
droits de douane sur la bonneterie
allemande sont très élevés.
Le commissaire de police, dont.
l'attention avait été ainsi éveillée,
surveilla les arrivages de bonneterie
du commerçant et saisit un envoi
qui lui était fait à la gare du Nord.
Apparemment, rien ne laissait sup-
poser la fraude. Les, papiers étaient
en règle. Néanmoins, le commissaire
fiL part- de ses soupçons à l'adminis-
tration centrale des douanes, qui fit
ouvrir une enquête administrative à
Lille, ville où devait être effectué le
dédouanement des marchandises en
question. L'enquête administrative
donna des résultats probants.
(Suite 2e colonne page 3)
LE MÉDECIN MARSEILLAIS
CACHAIT DEPUIS LE 18 MARS
LE CADAVRE DE L'ENCAISSEUR
La disparition de celui-ci re-
monte déjà au mois de mars
et le cadavre était depuis en-
fermé dans un placard.
y
Pour sa défense, l'assassin pré-
tend que sa victime, qu'il connut
en Orient, se serait suicidée.
MARSEILLE, 13 juin. — Le cadavre
découvert dans l'appartement du
docteur Pierre Bougrat est celui d'un
encaisseur d'une société de tuileries
de Saint-Henri, dans la banlieue de
Marseille, nommé Jacques Rumèbe,
disparu le 14 mars dernier.
Ce jour-là, Jacques Rumèbe était
parti de Saint-Henri pour effectuer
une tournée d'encaissements et de-
vait rapporter le soir une trentaine
de mille francs.
Une étrange disparition
Sa disparition causa une grande
surprise : très bon employé, d'une
honnêteté éprouvée, Rumèbe n'avait
aucune liaison extraconjugale et ne
jouait pas. Une fugue amoureuse ou
un acte malhonnête ne pouvaient
avoir provoqué la disparition de l'en-
caisseur.
L'enquête menée sur cette étrange
disparition, à la demande de la So-
ciété des tuileries de Saint-Henri et
de la famille de Rumèbe fit connaître
que l'encaisseur devait avoir touché
déjà une dizaine de mille francs au
moment où, selon les constatations
des policiers, il entrait rue Senac,
chez le docteur Bougrat.
Après cette visite, aucune trace
d'encaissement. Cette constatation ne
fut pas sans causer quelque étonne-
ment aux policiers, mais ceux-ci, au
mois de mars, n'avaient aucune rai-
son de mettre sur le compte du doc-
teur Pierre Bougrat, chevalier de la
Légion d'honneur, croix de guerre, la
disparition de l'encaisseur Rumèbe.
Ce n'est que plus tard, c'est-à-dire
tout récemment, que fut reprise i'n-
quête sur la disparition de Rumebe;
le docteur Bougrat ayant été arrêté
pour émission de chèque sans provi-
sion et escroqueries.
Au cours de la perquisition faite
rue Sénac au sujet de l'affaire d'es-
croquerie, les policiers furent frap-
pés par une odeur étrange qui flot-
tait, dans l'appartement, une odeur
antiseptique qui n'arrivait pas a mas-
quer complètement celle de la dé-
composition cadavérique. Cette cons-
tatation rappela aux policiers que la
trace de l'encaisseur Rumèbe se\ per-
dait justement 'au domicile du doc-
teur Bougrat. La minutieuse perqui-
sition d'hier soir devait amener la
découverte du cadavre au fond d'un
placard situé- dans l,e laboratoire du
docteur Bougrat.
C'était son compagnon d'armes!
L'encaisseur. était un camarade de
guerre du docteur Bougrat a-\ ec le-
quel il avait fait la campagne en
Orient. Il avait dû, sa tournée d en-
caissements terminée, rendre visite
à son ami- Celui-ci avait de gros be-
soins d'argent, car depuis son divorce
il menait une existence mouvementée.
Le docteur assassin Pierre Bougrat
n'a pas encore été interrogé à fond.
Ce n'est que dans l'après-midi qu'il
sera conduit devant M. Mallavialle,
chargé de l'instruction de cett? re-
Lent issante nÍfaire. Tout ce que le
chef de la sûreté a pu obtenir de
l'assassin jusqu'à l'heure actuelle se
lient dans ce singulier aveu : « Jac-
ques Rumèbe s'est suicidé. °»
Nouvelle perquisition
Une nouvelle et minutieuse perqui-
sition a été opérée ce matin 37, rue
Sénac. dans le cabinet et les appar-
tements privés de Pierre Bougrat.
Celui-ci y assistait, ainsi que sa maî-
tresse Andrée Audiberf, arrêtée hier
soir mais dont la complicité n'a pu
être établie jusqu'à présent. On ne
connaît pas encore le résultat de
cette opération.
BOLTgrat, un véritable héros de la
guerre. avait reçu six blessures et
avait dû être trépané. Ses facultés en
furent fort affaiblies .et depuis il pa-
raissait atteint de déséquilibre men-
ta 1.
Comment l'encaisseur fut-il tué?
La version première des magistrats
est que la mort a été causée par une
piqûre qu'aurait pratiquée le doc-
teur; l'autopsie, qui aura lieu au-
jourd'hui, fixera les enquêteurs sur
ce point.
Le crime accompli, le docteur
Bougrat a dû s'emparer du contenu
de la sacoche de son ancien frère
d'armes, puis sceller le cadavre dans
l'armoire.
Il se pourrait que cette découverte
réserve des surprises à propos d'une
autre disparition.
UNE REINE
REGARDE
LA VIE
par
LA REINE MARIE DE ROUMANIE
LE CHAPITRE DE LA TOILETTE
Copy/'ight en Grande-Bretagne, par la
Weekly Dispatcil; aux Etats-Unis et
Canada par « No?,tli, American N"eivs-
paper Alliance », en France par Excelsio-r,
eu Autriche par la ?\eue Freie Press, et
partout. ailleurs par le " Famaus Fea-
tures Syndicale, Inr. n. Tous droits ré-
servés. Reproduction totale ou partielle
formellement interdite. — Vou' les numé-
ros ei'Excelsior depuis le lundi 1er juin.
J'habillais aussi mes enfants de la
manière la plus seyante.
Il semblait toujours que j'en eusse
un tout petit! J'ai eu six'enfants à
des dates assez éloignées, en sorte
que, déjà proche de la maturité,
j'avais encore un enfant assis près
de moi à cet âge adorable qui va de
trois à dix et qui est si irrésistible.
Ainsi nous étions un sujet d'or.
gueil pour notre peuple, et un de
nos grands désirs était de lui appa-
LA REINE MARIE
en costume de cotir
raître à notre avantage. Nous lui
appartenions, nous étions, pour ainsi
dire, sa propriété particulière. « sa
famille royale », une sorte de bien
national que chacun voulait voir.
blâmer ou critiquer suivant que nous
plaisions on non.
On m'a toujours regardée comme
une femme élégante, mais je n'ai ja-
mais suivi la mode de très près..1
portais'ce qui me plaisait; princesse
d'abord et reine plus tard, je pouvaIS,
bien entendu, inc2 permettre avec lu
mode certaines libertés que bien des
femmes ne considéraient pas comme
compatibles avec leur rang.
L' " entrée " d'une reine
« L'entrée » d'une reine ou d une
princesse est toujours une chose I-'I'L"-
parée. Elle est la dernière à paraître.
Tous les invités sont assembles, cha-
cun attend la reine — qu'ils soien*
ardents, cyniques, fatigués, morose.
heureux, flattés, ils sont tous inté-
ressés, parfois en dépit d'eux-mêmrs,
fût-ce dans le désir très humain
d'ironiser ou de blâmer. C'est pour
quoi une reine ou une princesse qui
possède un juste orgueil ou seule-
ment de l'à-propos doit veiller :1 ne
pas manquer son « entrée ).
En ces occasions, la toilette .j^ue
un gqfind rôle et je connais cette
sorte d'approbation murmurée et ins-
tinctive qui, inconsciemment, monte
d'une foule agréablement impres-
sionnée. Le point principal est de.
paraître à son avantage.
Lorsque les modes d'une année me
paraissaient peu seyantes, je les mo-
di nais de manière à les adapter à mon
type. J'apportais les plus graifd-
sbins à ces transformations afin que
les, critiques les plus .malveillant-
fussent obligés d'admellre que lovn
de nuire à la mode, je t'avais agré-
mentée.
Je me rappelle certaines occasions
où j'ai remporté, je le sais pertinem.
ment, un succès énorme — ce senti-
ment délicieux ressemble à relui
qu'éprouve un grand artiste dev in!
les acclamations d'un public en délire
Faire la description des toi 1 ett" •-
que je portais en ces heureux join -
me conduirait trop loin; je dira
pourtant que je me les rappelh
presque toutes avec une sorte d'heu-
reuse gratitude.
Ma plus belle toilette
Il en est une cependant que j'ai-
merais à dépeindre, car elle comporta
quelque chose de féerique apparie
nant à un monde aujourd'hu.
écroulé.
J'étais en Russie pour le couron-
nement du tsar. De nombreux sou.
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tous les coins de l'Europe, jeunes et
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BELFONDS
j
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r.
:ORAM (à gauche) pendant la séance d'entraînement, hier, à Chantilly
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