Titre : Excelsior : journal illustré quotidien : informations, littérature, sciences, arts, sports, théâtre, élégances
Éditeur : [s. n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-04-03
Contributeur : Lafitte, Pierre (1872-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32771891w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 03 avril 1925 03 avril 1925
Description : 1925/04/03 (A16,N5226). 1925/04/03 (A16,N5226).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k46039698
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-228
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/07/2016
EXCELSIOR
Prenez l'habitude de"
faire et de dire ce qui
peut unir lés hommes
entre eux. SAINT LAMBERT. -
16me Année. -, N°, 5,226. — Pierre Lafitte, fondateur.
VOIR
EN PAGE 6
.......... NOS
ILLUSTRATIONS
VENDREDI
3
AVRIL 1925
»..'
Saint Richard
Adr. télégr. : fucel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, t'2-75, 15-00.
A ne. Paris, Seine, S.-et-Oise
ZU et Seine-et-Marne.
PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xme),
Départements 2 c-
et Colonies i. 0
LA DISCUSSION DU BUDGET PROVOQUE AU SENAT
UN DÉBAT SUR LA SITUATION DE LA TRÉSORERIE
ET UNE IMPORTANTE DÉCLARATION DE M. HERRIOT
M. Clémentel, ministre des Finances, indiqua la volonté du gouvernement de ne pas
recourir à l'inflation, mais ne dissimula pas que la limite d'émission se trouvait atteinte.
Après M. François-Marsal, qui attribua les difficultés à une crise de confiance, M. Herriot
annonça le dépôt prochain d'un projet de loi sur l'assainissement de la Trésorerie.
M. FRANÇOIS-MARSAL M. CLEMENTEL
QUI SONT INTERVENUS DANS LE DEBAT AU SENAT
Le Sénat a consacré, hier. deux
séances -,t la discussion du budget.
Le matin, le colonel Josse a criti-
qué la politique du gouvernement.
M. Massaibuau a dénoncé la finance
internationale représentée par sept
Qu huit personnalités et son emprise
sur certains gouvernements alliée
'Le sénateur deL\vcyron a reproché
au plan Dawes d'avoir permis aux
« super-capitalistes » de faire ren-
trer leurs capitaux en Allemagne.
M.-Ohnarnaud a suggéré une amélio-
ration au régime du chèque-contri-
butions.
M. Reboul a regretté les économies
réalisées sur' certains budgets, no-
tamment ceux des Postes et de l'Hy-
FHTP.
L'après-midi
L'aprcs-midi. M. Hnpl1aël Georges-
Lévy traite du problème de la mon-
naie.
1,.'\ sénateur de la Seine estime
qu'il faut rrvrnir. coûte que coûte,
à ¡n. saine monnaie et il conclut que
n'imporLe quel elTort, dans n'importe
quel sens. vaudrait mieux que l'aug-
nwnlallOl1 de nos billets de banque.
C'est pourquoi i\l. Raphaël Georges-
Lévv convie ses collègues de coh«a-
crer tous leurs efforts à la défense du
franc.
M. Clémentel à la tribune
Le ministre des Finances répond
aux orateurs et réfute les arguments
qu'il;.: ont fait valoir contre il; projet.
M Clément H vient loyalement ex-
poser au Sénat la situation actuelle.
Pour )e faire, il déclare -vouloir se
tenir en dehors de la bataille des
partis. *
— 11 y a, dit-il, les finances, non pas
du gO\l\f'rnpmenl. niais de la France et
autour d'elle, nous devons retrouver
,"unilé nationale.
M. Clémentel ajoute que s'i! 41 tardé
à publier le bilan dp notre situation
finaneièrr, c'est 'qu'il a voulu le faire
complet et ..rigoureusement' exact.
- L'an dernier, dit le ' ministre, nous
avons dû 't'M:rt' t'a Ci' fi 'a bataille du tranc
et. cette bataille a été gagnée brillam-
ment par le gouvernement de M. Poin-
caré.
Cet hommage à l'ancien chef du
gouvernement est, .soulig;né d'ap-
plaudissements sur de nombreux
bancs ; après quoi l'orateur pour-
suit :
— Mais la crise du change a décou-
ragé complètement les souscripteurs de
tlires a revenu fixe et le public s'est porté
surtout vers- les valeurs à change.
Le, vole du budget n'est, pas encore
acquis, je le regrette, car s'il en avait
été autrement, certaines difficultés eus-
f;t'Ilt été atténuées. Aucune faute n'est
«aiiteurs imputable il cet égard, ni à la
Chambre, ni -à ,]a commission des finan-
ces du Sénat. Quoi qu'il en soit. il
est indispensable que le budget de 1925
soit définitivement voté avant les va-
cances de Pâques.
Pour le prochain budget
M. Clémentel déclare qu'il déposera
le budget de 1926 de manière que la
Chambre puisse l'examiner avant, la
fin de la session ordinaire. Puis ii
justifie la suppression du bord(\)'M')
de coupons et il donne son adhésion à
la réforme de la législation des titres
nominatifs, — réforme qui tend à
permettre la transformation tacite
des valeurs au porteur en valeur no-
minatives 0L invM'sptnent. Il faudra
mettre un terme aux abus auxquels
donne !ieu, en matière fiscale, l'adop-
tion telle qu'elle est réglementée par
le code civil à l'heure actuelle,
précise le ministre, nombre d'adop-
lions n'ont d'autre but que de pe.r-
'mettre fie payer à l'Etal des droits de
'succession moins élevés.
Le plan Dawes
M. Clémentel parte des avantagea
que ia France peut retirer du plan
Dawes. Heureux aboutissement, dit-
ii. de la politique des gage:-:. Il an-
nonce I'eta!')isse)nen) d'un vaste pro-
gramme de travaux publies et IT:1
programme colonial et examine le
problème des obligations industriel-
les et ferroviaires.
M. Clémente] en vient a la question
[des dettes interalliées. Cette question
doit être réglée avant de songer à
aucune revalorisation du franc. LI'
ministre a confiance en un règlement
favorable de cette question avec
l'Angleterre et les Etats-Unis.
Contre l'inflation
Ainsi qu'il l'avait fait à la Chambre,
le ministre s'explique sur la question
de l'inflation.
Le gouvernement ne, veut pas fain
d'inflation et il ne couvrira, en au-
cun cas. -les dépensas publiques.par
des avances de la Banque ou des
émissions de billqts.
C'est pourquoi, dit l'orateur, il a
émis un emprunt intérieur à la fin de
192 4 eL créé avec succès le chèque-con-
tributions. Nous surmonterons' des dif-
ficultés momentanées, le budget actuel
sera une étape dans celte voie. Nous
voulons éviter les difficultés qui ont
suivi les emprunts périodiques, nous ne
recourrons pas â l'emprunt à la circu-
lation. qui serait, un crime envers .l'Etat.
Mais les embarras créés par la carence
demande pèsent sur nous. Depuis plu-
sieurs années, l'appel à l'épargne a. ab-
sorbé des disponibilités considérables,
et le crédit commercial se trouve limité.
Le commerce, l'industrie, les banques,
en recourant, à la )hnque de France, aIJ-
sorbent de grandes masses de hillels
En juillet 1920. il restait une marge
disponible de deux milliards par rapport
à la limite d'émission; le gouvernement
lu juue t ,Ïr/.lnllfi,,,,"ml(',. et fil IJlI' !er le
maximum à 4 .'i milliards. Le chiffre de -il
milliards fut alors atteint. Depuis ce
tr'rw{J."i. les besoins commerciaux w all-
soi-I)é une nouvelle quantité de billets et
restreint la marge qui demeurait dispo-
nilllr. La circulation n'est pas descendue
depuis octobre au-dessous de 40 mil liants
et demi. Une telle- situation ne peut être
maintenue sans péril: le moindre à-coup
aurait fies conséquences graves: il faut
reconstituer une marge d'émission suf-
fisante pour parcr ,011;'(; éventualités.
Les billets de remplacement
,;'\O\lS, dey,ons parer à la raréfaction
des billets rt, pour cela, pourvoir au
remplacement dans la circulation des
billets tliésaiii-isé-,.
— Le Set);') doit comprendre qu'ii y a
grand intérêt, à une heure 011 on nous
observe du dehors, à faire celle distinc-
lion, dont M. Morgan lui-même a re-
connu la justesse.
J'ajoute que les billets de remplace-
ment ne seront susceptibles d'être em-
ployés qu'à J'escompte des traites com-
merciales, lesquelles portent ta signature
des ci inme"<;auts et des industriels les
plus solvables: il n'est pas de-garantie,
même en or, qui soit supérieure à celle-là.
Le gouvernement, a fait dps efforts
énormes pour reculer cette échéance.'
mais il a dû admettre cette nécessite.
t M. Clémentel conclut :
— Aujourd'hui, des tuttes de parti se
produisent avec ûpreté. Au-dessus d'elles,
ne perdons pas de vue la sécurilé na-
tionale et Ta sauvegarde d-e nos finances.
Discours de M. François-Marsal
M. F ranço.is-Marsal parie, lui aussi,
de la thésaurisation des billets. L'an-
cien-.président du Conseil en parle,
no,n comme homme politique, mais
comme technicien.
Il examine l'état de nos finances
et de nos budgets sous les ministères
antérieurs, puis étudie la situation
ad ueqJe,
— Le 15 juin 1924, la situation de la
Trésorerie est effroyable. Les Bons de
la Défense nationale* ayant été exonérés
de l'impôt général sur le revenu, on a
surtout souscrit des bons à un an. Il
y avait en plus une assez vaste réserve
de change. Il y avait l'emprunt Morgan,
que vous avez heureusement consolidé,
il y avait les bénéfices réalisés par la
Banque de France sur ses opérations de
change; enfin. en août. septembre c l oc-
tobre. un grand mouvement de sympa-
thie s'est manifesté à l'étranger pour fe
gouvernement actuel.
Cette sympathie de l'étranger s'est
atténuée depuis, et la confiance inté-
rieure s'est effritée. -
M. François-Marsal, dont le court
exposé impressionne vivement les
membres de la Haute Assemblée, ex-
posé que soulignent de nombreux
applaudissements, termine ainsi :
— Devant la menace qui visait les va-
leurs mobilières, les petits acheteurs, les
souscripteurs ordinaires de nos obliga-
tions de chemins de fer, des obligations
du Crédit Foncier ont souscrit de moins
en moins. En vain les chemins de fer, en
vain le Crédit Foncier ont cherché à
émettre des emprunts; cela s'est étendu
aux augmentations de capital, aux fon-
dations de sociétés; les travailleur n'ont
pu avoir l'appui du capital qui fait fruc-
tifier le travail. Les stocks ont com-
mencé à s'accumuler, on a cherché, du
crédit; c'est, alors que les difficultés mo-
nétaires ont commencé. Le banquier,
n'ayant plus que peu de dépôts, ou des
dépôts à court terme, n'a pu mettre
('argent à la disposition du commerce ou
de l'industrie. Nous avons VII le porte-
f.'uille commercial de la Banque de
Fi ance s'enfer. Au mois de décembre, la
Br-nque de France a augmenté 'e taux
ru' son escompte; 'c'était là une bien
cetite barrière aux demandes d'escompte
cUi commerce.
Mais le commerce devant les mouve-
ments du change, devant le peu ,'e con-
fiance que lui inspirait la situation, a
augmenté ses demandes d'escompte-
Nous avons assisté à une crise de con-
flp-nee -et, c'est, .la raison, pour: kQUptte.
M. le ministre est venu nous de .isnder
d'augmenter en faveur du commerce la
faculté d'émission de la Banque v de
France. Supprimerons-nous le ni.)) si
nr us ne supprimons pas les cavis.es du
mal?
La discussion des articles
La discussion générale étant, closa,
on va passer à celle des articles.
Le président du Conseil, qu'on a
prévenu de l'atmosphère créée car je
discours fip M. François-Marsal. a
quitté la Chambre en bâte pour venir
au Sénat.
A 18 heures, M. Herriot fait, son
entrée dans la salle et prend place au
banc du gouvernement qu'occup-'
M. René Renoull, garde des Sceaux.
On vote un premier chapitre du
budget du ministère de la Justice et
l'on renvoie la suite du débat à ce
matin. LG renvoi est à peine pro-
noncé que le président annonce :
— Messieurs; je donne la pjroie a
M. le ministre des Finances, pour une
è.'c!arn tion.
Le ministre des Finances que les
sénateurs écoutent dans un silence
tout à la fois défèrent et attentif,
prend alors la parole :
— Des conversations de couloirs me'
donnent à croire que je me suis mal ex-
pliqué et que j'ai été mal compris quand
j'ai- parié de la situation de la Banque
de France, quand j'ai dit qu'il s'agissait
uniquement, a l'heure, actuelle, de pour-
voir aux besoins du commerce, qu'à au-
cun degré on ne saurait songer il l'infla-
tion. et quand j'ai annoncé un effort pro-
chain et nécessaire pour assainir la Tré-
sorerie. 1
Le gouvernement estime donc, après
en avoir délihéré, qu'on ne peut séparer
le projet d'assainissement de la Tréso-
rerie et le projet concernant la satisfac-
tion des besoins commerciaux.
Sur le premier, point, des sacrifices
devront être demandés au pays. Mais
t'EtaL ne veut pas se servir pour ses
besoins (jr: la planche à billets. Il n'a
aucune pensée d'inflation pour les be-
soins du Trésor public.
De sa place, M. Herriot intervient,
en ces termes :
— Je crois que dans l'intérêt des
finances publiques, il erit, été préférable
que ne lui pas liée au budget la iliscu-'
sion sur la Trésorerie. J'estime qu'il est
i.opossible que le Parlement se sépare
avant d'avoir réglé le problème de la
Trésorerie. Si nous avons parlé de ce
dernier, c'est que depuis quelques jours
iI- circule à ce sujet des bruits qui sont
amplifiés, commentés et mal traduits.
APRES LA RECEPTION DE M. ESTAUNIE A L'ACADEMIE
Au centre : M. Estaunié ; à gauche : M. Robert de Fiers ; à droite : le maré-
chal Foch, parrain du nouvel Immortel avec M. François de Curel.
POUR PROTESTER CONTRE LA VOLONTE EXPRIMÉE
PAR LA MAJORITÉ DE REVENIR SUR UN VOTE
DE LA VEILLE, LES MEMBRES DE LA MINORITÉ
ONT QUITTÉ EN MASSE LA SALLE DES SEANCES
Mais le président de la Chambre leur ayant donné
l'assurance que le résultat proclamé restait acquis,
ils ont décidé de reprendre leur place à la Chambre
Un vent d'agitation paraît décidé-
ment souf1fer sur le Palais-Bourbon,
dont l'atmosphère, depuis' Quelques
.jours, est, d'ailleurs, lourde ,d'oi'agc.
Hier, pour protester contre l'atti-
tude du président — qui, selon eux,
ne tenait aucun compte de leurs ré-
clamations — et aussi contre la vo-
lonté manifestée par la majorité de
revenir sur le scrutin de mercredi
soir, alors que les résultats procla-
més en séance sont toujours considé-
rés comme acquis, les membres de la
minorité ont quitté en masse la calle
des séances.
Mais voyons l'incident.
Des l'ouverture de la séance de
l'après-midi, MM. Guichard, Parvy
et Cornavin se plaignent d'être portés
comme abstentionnistes au Journal
officiel dans le scrutin sur l'enquête
demandée sur l'élRction de M. Mau-
rice de Rothschild dans les Hautes-
Alpes,
Le vote, en effet, a eu lieu à la tri-
bune. Et MM. Guichard, Parvy et
Cornavin affirment qu'ils ont déposé
eux-mêmes dans l'urne un bulletin
bleu. c'est-à-dire contre l'enquête.
On sait que cette dernière a été vo-
tée par 180 voix contre 178...
M. Painlevé déclare que l'explica-
•' M. BLAISOT
député du Calvados'"':»*;" .-^r■
(Phot. Henri \Martinie.)-
Lion de ces faits' 'étrange;; peut- se
trouver dans une erreur de classe-
ment des bulletin^ dans les boîtes qui
portent le nom ae chaque député.
Sans s'en rendre compte, des députés
ont pu ainsi voter avec un bulletin
au nom de leurs collègues et annuler
ainsi — si le bulletin était CI-il couleur
différente — le vote de ce dernier.
Le président ajoute :
— La Chambre, souveraine, peut dé-
cider que ses secrétaires reviseront le
scrutin e!:. si des irrégularités son! rcie-
vées, qu'un nouveau scrutin aura lieu.
La majorité applaudit. Mais on pro-
teste sur les bancs du centre et dp la
droite. Et, on rappelle que les votes
proclamés sont toujours considérés
comme acquis.
M. BllllI.1 estime que des irrégula-
rités très graves, de nature à vicier
le résultat du scrutin, ont été consta-
tées. Il demande s'il ne serait pis
possible de surseoir à' l'adoption d':
procès-verbal.
C'est la porte ouverte à l'annula-
tion du scrutin de mercredi L'oppo-
sition proteste avec énergie.
M. Painlevé indique encore qu'on q
trouvé dans l'urne deux bulletins
bleus au nom de M. Payra. Bien en-
tendu, ils n'ont été comptés que po' r
un seul. D'autre part, on a trouvé
deux bulletins bleus aux noms de
M M. Cachin et Capgras. qui n'avaiem
pas voté... Il y a eu 357, émargE.mems
d'une part, 358 bulletins de l'autre.
M. Blaisot réclame le respect de la
règle qui a toujours été observée et
suivant laquelle le. résultat proclamé
en séance demeure toujours acquis.
M. Léon Blum insiste pour oli'il soit
sursis à l'adoption du procè.«,-verbal.
— Le précédent qu'on créerait aujour-
d'hui, en adoptant la proposition de
M. Blum, pourrait être gros de diffi-
cultés pour l'avenir, s'écrie M. Blaisot.
— Laissez-nous voter, clame M. Evrard!
Le député du Calvados riposte dans'
le bruit : ....
— Ce n'est pas parce que vous avez la
majorité que nous vous laisserons violer
le règlement. Si la proposition n'est, pas
retirée, je demanderai au président de
ne pas la mettre aux voix, parce qu'elle
est irrecevable. Il s'agit de la sauvegarde
des droits du Parlement.
Au milieu d'une vive agitation,
M. Painlevé passe outre et met la
proposition de M. Blum aux voix. On
voit alors la plupart des députés du
centre et de la droite quitter la salie
sans prendre, part au scrutin :
— Dissolution ! Dissolution ! crient
plusieurs d'entre eux...
L'émotion est intense.
Les urnes circulent. Une partie des
membres de l'opposition prend toute-
fois part au scrutin. Finalement, la
proposition de M. Blum est votée par
280 voix contre 133.'
Le résultat du scrutin de mercredi
est donc remis en question.
La réforme administrative
de l'Alsace-Lorraine
Devant une assistance des plus
clairsemées, la Chambre reprend
alors la discussion du projet sur la
reforme administrative de l'Alsace-
Lorraine.
M. Altorffer dit sa volonté de cher-
cher la solution capable de rétablir
dans les trois départements recouvrés
la paix et la confiance. Pour lui,
t'ôcpJ.e confessionnelle ne menace
nullement la -paix religieuse. Tout
récemment, à une inauguration de
loches, on a vu ainsi le maire d'un
village remettre les cloches aux trois
cultes pratiqués "par la population.
— Cloches inlerconfessionnetles, dit
M: Herriot. (Sourires).
M. AllorlTer ajoute que son parti
a réclamé une école interconfession-
nelle neutre, mais différente de celle
du gouvernement. Elle ressemble à
l'école laïque, mais.n'est pas l'école
ta'iquf.
— L'assimilation, dit l'orateur, il- la
•faut aussi rapide que possible. Mais qu'on
prenne les ménagements nécessaires.
Ii n'y a plus qu'une quinzaine de
députés en séance. Aussi, après avoir
voté le passage à l'examen des arti-
cles, la Chambre renvoie à ma.rdi ma-
t'in la suite de la discussion.
L'INCISENT EST CLOS
Le résultat proclamé en séance
demeurera acquis
Après avoir quitté la salle des
séances, les groupes de l'opposition
se sont réunis pour examiner la
situation créée par l'adoption de la
pro'posilion Blum et arrêter les me-
sures à prendre.
Vers ia lin de t'après-midi. les dé-
légués de ces groupes, parmi lesquels
MM. M agi no t, Le Trocquer, Louis
Marin et de \Varren, -,sc rendaient
chez M. Painlevé pour protestf'r
contre l'attitude du bureau et de la
major-ite à leur égard, attitude qui, -,'l
leur avis, constitue une violation des
règles parlementaires de discussion,
et aussi contre la décision prise sur
la proposition de M. Blum, décision
que la m'-inorité considère comme un
(■ procédé illégal et comme une bri-
made ».
Le président de la Chambre a an-
noncé à la délégation que le bureau
se réunirait ce matin pour procéder
a. une vérification du vote de mer-
credi. Il a ajouté, d'ailleurs, que le
résultat proclamé en séance demeu-
rerait acquis, les erreurs constatées
se « contrebalançant ».
La délégation, qui a obtenu satis-
faction sur ce point, a décidé que les
groupes de l'opposition se réuniront
de nouveau cet après-midi.
.L La minorité reprendra, ce matin,
sa place dans la salle des séances.
LE DEFILE DES ETUDIANTS GREVISTES RUE AUGUSTE-COMTE
l Après une nouvelle manifestation de sympathie devant le domicile de M. Ber-
thélemy, la manifestation gagna la place du Petit-Pont, ou elle se disloqua.
UN CAISSIER AVAIT DÉTOURNE
PLUS DE TROIS MILLIONS
A UN AGENT DE CHANGE
Hier, se présentait à la police ju-
dÍciaire, Chartes Morel, âgé de cin-
quante ans, comptable chez M. Tête,
age!Yt, de change, 8, rue Sainte-Anne,
M. MOREL
chez qui il avoua avoir détourné plus
de'3 millions depuis quatorze ans.
Après avoir été interrogé par
M. Barnaud, jug'e d'instruction, il a
été écroué à la Santé,
Il a choisi pour défenseur M* Lu-,
cien Leduc. 1
UN ÉVÊQUE MEURT
EN CÉLÉBRANT LA MESSE
NANTES, 2 avril. — En célébrant
l i messe, le prédicateur "de la station
de carême à Notre-Dame-de-Sainte -
Croix, Mgr Avril, frappé de conges-
t on. est tombé au pied de l'autel.
Quelques instants plus-tard, il mou-
rait à la sacristie, où il avait été
transporté.
EN UN CORTÈGE NOMBREUX LES ÉTUDIANTS
ONT DÉFILÉ A TRAVERS LE QUARTIER LATIN
Leur manifestation s'est déroulée entièrement dans
le calme sans que la police ait eu à intervenir.
L'ordre de grève de l'Association générale a été suivi par
la grande majorité des étudiants à Paris et exécuté dans
presque toutes les Facultés de province.
LE MONOME, QUI S'ETAIT FORME PLACE DU PANTHEON,
DESCEND LA RUE SOUFFLOT
On s'attendait hier à ce que le
Quartier ialnn fut un peu agité en
raison de la manifestation qui avait
été annoncée pour l'après-midit En
réalité, tout se passa de la façon la
plus calme, et l'ordre ne fut troublé
—■ très légèrement, d'ailleurs — qu'à
l'intersection du boulevard Saint-
Germain et de la rue Saint-Jacques,
quand une automobile des postes
voulut coup'er le cortège, Une ba-
garre SC" produisit.. quelques .coups
furent échangés; mais l'auto passa et
U1 monô.rn.ç. continua sa marche.
Sur tout le parcours il y eut, de
nombreux curieux, amusés par cette
grève sans précédent. 'Des fenêtres.
on applaudissait cette jeunesse qui
se donnait un avant-goût des vacan-
ces de Pâques. Le soleil s'étant mis
de la partie. la manifestation avait
pris un petit air de fête.
A midi, l'Association générale-des
étudiants donnait le pourcentage des
élèves des Facultés et des grandes
écoles de la capitale prenant part à
la grève. ~
Ecole des travaux publics. 90 0/0;
Ecole dentaire de la rue <i 0/0; le p.e.N.. 80 0/0: Ecole des lan-
gues orientales, 80 0/0; Ecole des fiantes
élucies commerciales, 100 0/0: Ecole Bré-
guet,. 60 0/0.; Ecole de mécanique et
d'électricité, G0 0/0 ; rue de Sèvres,
100 0/0: Institut de chimie (prctnicr'e
année), 80 0/0: (deuxième année), G0 0/0;
(troisième aniiée), 90 0/0; Ecole des hau-
tes études de l'enseignement commercial
pour les jeunes filles,, 100 0/0; Ecole
centrale- 80 0/0; Ecole 'de pharmacie,
100 0/0.
A la Faculté de médecine
Les travaux pratiques n'ont, pu
avoir lieu hier. Plusieurs profes-
seurs, notamment MM. Ti-sseneàu et
Labbé, se présentèrent pour faire
leurs cours, mais ils n'PUt'Mtt, aucun
auditeur. L"après.-midi il y eut, réu-
nion du conseil de Faculté. Les élu-
diants, massés dans la rue de l'Ecole
de Mé.deçine. firent de longues ova-
tions aux professeurs qui s'y rendi-
rent. Ils firent également un :« chic »
au doyen, M. le professeur H.og'er, qui
apparut ,un mom,ent ,.à la porte de
1 Ecole de médecine pour les haran-
guer et les exhorter au calme. ^
Les élèves des Facultés
des lettres et des sciences
eii certain nombre d'étudiants des
Facultés des lettres et des sciences
s'étaient, rendus dans la matinée à la
Sorbonne. Les réfractaires à la grève
était relativement peu nombreux.
Deux démentis
A la porte de la Faculté était affi-
chée la note suivante :
Le bureau de la section des sciences de
i'Association des étudiants fait démentir
la: nouvelle tendancieuse suivant laquelle
les étudiants de la Faculté' des sciences
ne se sont pas associés à la protestation'
de t'A.
Le bureau compte en outre que tous
les étudiants des sciences se solidarise-
ront avec leurs camarades pour protester
éne.rgiquement. contre la violation des
libertés universitaires.
Nous avons le devoir de nous unir à
nos camarades poursuivis et nous M'y
faillirons 'pas,
Le président : ANDRÉ Houssst."t. ;
Le vi.,,»e-présideiit : HE1IiÉ SIMON.
Et encore cet autre démenti :
Les étudiants de la Faculté des
sciences, réunis ce malin, démentent for-
mellement le communiqué signé A. La-
barthe, niant Jeur participation au mou-
vement de grève générale. M. Labart.h<;
n'étant nullement qualillé pour faire aM
telle déOara.tion.
Les éUrdîams' tfe 'TA. T. S. se joignent
à leurs camarades.
PAr délégation : A. VASCUALDE. de
i'A. F. S.; J. BOUTARE, président;
de la section du p, C. N. ; J. BOBÉ.
vice-président du P. C: N.
Au P. C. N.
vautre part, un certain nombre
d'eiève.s du P. C. X. avaient envoyé
l'adresse suivante au doyen cIp. la
Faculté des sciences :
Les étudiants du P.C.N.. désireu: \ :us
que quiconque de sauvegarder leurs li-
bertés corporatives, mais réprouvant un
mouvement d'origine nettement polili-
que, n'ayant aucune raison de se solida-
riser avec les agitateurs d'une faction,
assurent respectueusement M. le doyen
de la Faculté des sciences qu'ils seront
présents aux cours et aux travaux pra-
tiques des jeudi et vendredi 2 et 3 avril
1925.
Suivaient plus dç deux cents signa...
I n ros
La manifestation
Ainsi que le portait l'ordre de
convocation, le ren()ex-vous de tous
les éliulianls et des élèves des gran-,
des écoles devait se faire à 16 heures,
place du.Panthéon. Dès avant i'))eure
fixée, de nombreux groupes s'étaient
formes devant les différentes facul-
tés et dans les rues avoisinantes.,Les
terrasses des cafés du boulevard
Saint-Michel étaient prises d'assaut
par une foule de curieux accourue
dans l'espoir d'un monôme ])ruyant.
Un discret service d'ordre ayait été
organisé à tous les carrefours.
IJn peu. avant 16 heures, il est im-
possible de circuler il l'angle de la
rue Cujas et, de la rue Saint-Jacqu'es1.
où se tient la fêle du cortège. Des
hommes de confiance et des commis-
saires, brassards au bras, invitent
leurs camarades au calme ; « Pas de
cris. Il faut dénier par quatre, etc. »l
. A 16 h. 10, l'immense monôme se
met en marche. En tète, le drapeau
de l'A. puis le Droit; viennent en^-
suite la Faculté des sciences, la-Mé-
decine, le P. C. N., les Lettres, le,s
Hautes Etudes commcrciaies (H.E.C.);
l'Ecole dentaire, Alfort, l'Institut de
chimie et de physique (I. G. P.), le':;
Travaux publics (T. P.). etc. Dans le
cortège, de nombreuses étudiantes
françaises et étrangères.
Le. cortège, qui 'comprend plus de
10,000 manifestants et qui s'étend
sur près d'un kilomètre, suit les rues,
Cujas, Saint-Jacques, Soufflot, boule-
vard Saint-Miche!, rues Auguste-
Comte, de l'Observatoire,. Michctet,
d'Assas, Fleurus. Dans la rue Jean-
Bart, où habite le doyen, M. Berthe-
iernv, tout le monde se découvre. On
pousse un chic en passant devant sa
demeure. Puis, toujours par quatre
et dans l'ordre le plus parfait, les
manifestants continuent leur marche
par les rues de Vaugirard et de
Condé.
En passant par l'Ecole de méde-
cine, on se découvre de nouveau et
l'on fait un chic au doyen. Le cortège
remonte ensuite le boulevard Saint-
Michel. prend la rue des Ecoles, re-
de'scend la rue Saint-Jacques. Une
légère bagarre se produit alors à
t'a.ngie du boulevard Saint-germain.
Enfin, après avoir passé par la rue
de la Bûcherie, le cortège arrive quai
de Montebello, où se fait la disloca-
tion.
Une protestation de l'A.G.
A la fin de l'après-midi, l'Associa-
tion générale des étudiants publiait
le communiqué suivant ;
L'Association générale des étudiants dti
Paris proteste avec la dernière énegie
i
Prenez l'habitude de"
faire et de dire ce qui
peut unir lés hommes
entre eux. SAINT LAMBERT. -
16me Année. -, N°, 5,226. — Pierre Lafitte, fondateur.
VOIR
EN PAGE 6
.......... NOS
ILLUSTRATIONS
VENDREDI
3
AVRIL 1925
»..'
Saint Richard
Adr. télégr. : fucel.-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, t'2-75, 15-00.
A ne. Paris, Seine, S.-et-Oise
ZU et Seine-et-Marne.
PARIS, 20, RUE D'ENGHIEN (Xme),
Départements 2 c-
et Colonies i. 0
LA DISCUSSION DU BUDGET PROVOQUE AU SENAT
UN DÉBAT SUR LA SITUATION DE LA TRÉSORERIE
ET UNE IMPORTANTE DÉCLARATION DE M. HERRIOT
M. Clémentel, ministre des Finances, indiqua la volonté du gouvernement de ne pas
recourir à l'inflation, mais ne dissimula pas que la limite d'émission se trouvait atteinte.
Après M. François-Marsal, qui attribua les difficultés à une crise de confiance, M. Herriot
annonça le dépôt prochain d'un projet de loi sur l'assainissement de la Trésorerie.
M. FRANÇOIS-MARSAL M. CLEMENTEL
QUI SONT INTERVENUS DANS LE DEBAT AU SENAT
Le Sénat a consacré, hier. deux
séances -,t la discussion du budget.
Le matin, le colonel Josse a criti-
qué la politique du gouvernement.
M. Massaibuau a dénoncé la finance
internationale représentée par sept
Qu huit personnalités et son emprise
sur certains gouvernements alliée
'Le sénateur deL\vcyron a reproché
au plan Dawes d'avoir permis aux
« super-capitalistes » de faire ren-
trer leurs capitaux en Allemagne.
M.-Ohnarnaud a suggéré une amélio-
ration au régime du chèque-contri-
butions.
M. Reboul a regretté les économies
réalisées sur' certains budgets, no-
tamment ceux des Postes et de l'Hy-
FHTP.
L'après-midi
L'aprcs-midi. M. Hnpl1aël Georges-
Lévy traite du problème de la mon-
naie.
1,.'\ sénateur de la Seine estime
qu'il faut rrvrnir. coûte que coûte,
à ¡n. saine monnaie et il conclut que
n'imporLe quel elTort, dans n'importe
quel sens. vaudrait mieux que l'aug-
nwnlallOl1 de nos billets de banque.
C'est pourquoi i\l. Raphaël Georges-
Lévv convie ses collègues de coh«a-
crer tous leurs efforts à la défense du
franc.
M. Clémentel à la tribune
Le ministre des Finances répond
aux orateurs et réfute les arguments
qu'il;.: ont fait valoir contre il; projet.
M Clément H vient loyalement ex-
poser au Sénat la situation actuelle.
Pour )e faire, il déclare -vouloir se
tenir en dehors de la bataille des
partis. *
— 11 y a, dit-il, les finances, non pas
du gO\l\f'rnpmenl. niais de la France et
autour d'elle, nous devons retrouver
,"unilé nationale.
M. Clémentel ajoute que s'i! 41 tardé
à publier le bilan dp notre situation
finaneièrr, c'est 'qu'il a voulu le faire
complet et ..rigoureusement' exact.
- L'an dernier, dit le ' ministre, nous
avons dû 't'M:rt' t'a Ci' fi 'a bataille du tranc
et. cette bataille a été gagnée brillam-
ment par le gouvernement de M. Poin-
caré.
Cet hommage à l'ancien chef du
gouvernement est, .soulig;né d'ap-
plaudissements sur de nombreux
bancs ; après quoi l'orateur pour-
suit :
— Mais la crise du change a décou-
ragé complètement les souscripteurs de
tlires a revenu fixe et le public s'est porté
surtout vers- les valeurs à change.
Le, vole du budget n'est, pas encore
acquis, je le regrette, car s'il en avait
été autrement, certaines difficultés eus-
f;t'Ilt été atténuées. Aucune faute n'est
«aiiteurs imputable il cet égard, ni à la
Chambre, ni -à ,]a commission des finan-
ces du Sénat. Quoi qu'il en soit. il
est indispensable que le budget de 1925
soit définitivement voté avant les va-
cances de Pâques.
Pour le prochain budget
M. Clémentel déclare qu'il déposera
le budget de 1926 de manière que la
Chambre puisse l'examiner avant, la
fin de la session ordinaire. Puis ii
justifie la suppression du bord(\)'M')
de coupons et il donne son adhésion à
la réforme de la législation des titres
nominatifs, — réforme qui tend à
permettre la transformation tacite
des valeurs au porteur en valeur no-
minatives 0L invM'sptnent. Il faudra
mettre un terme aux abus auxquels
donne !ieu, en matière fiscale, l'adop-
tion telle qu'elle est réglementée par
le code civil à l'heure actuelle,
précise le ministre, nombre d'adop-
lions n'ont d'autre but que de pe.r-
'mettre fie payer à l'Etal des droits de
'succession moins élevés.
Le plan Dawes
M. Clémentel parte des avantagea
que ia France peut retirer du plan
Dawes. Heureux aboutissement, dit-
ii. de la politique des gage:-:. Il an-
nonce I'eta!')isse)nen) d'un vaste pro-
gramme de travaux publies et IT:1
programme colonial et examine le
problème des obligations industriel-
les et ferroviaires.
M. Clémente] en vient a la question
[des dettes interalliées. Cette question
doit être réglée avant de songer à
aucune revalorisation du franc. LI'
ministre a confiance en un règlement
favorable de cette question avec
l'Angleterre et les Etats-Unis.
Contre l'inflation
Ainsi qu'il l'avait fait à la Chambre,
le ministre s'explique sur la question
de l'inflation.
Le gouvernement ne, veut pas fain
d'inflation et il ne couvrira, en au-
cun cas. -les dépensas publiques.par
des avances de la Banque ou des
émissions de billqts.
C'est pourquoi, dit l'orateur, il a
émis un emprunt intérieur à la fin de
192 4 eL créé avec succès le chèque-con-
tributions. Nous surmonterons' des dif-
ficultés momentanées, le budget actuel
sera une étape dans celte voie. Nous
voulons éviter les difficultés qui ont
suivi les emprunts périodiques, nous ne
recourrons pas â l'emprunt à la circu-
lation. qui serait, un crime envers .l'Etat.
Mais les embarras créés par la carence
demande pèsent sur nous. Depuis plu-
sieurs années, l'appel à l'épargne a. ab-
sorbé des disponibilités considérables,
et le crédit commercial se trouve limité.
Le commerce, l'industrie, les banques,
en recourant, à la )hnque de France, aIJ-
sorbent de grandes masses de hillels
En juillet 1920. il restait une marge
disponible de deux milliards par rapport
à la limite d'émission; le gouvernement
lu juue t ,Ïr/.lnllfi,,,,"ml(',. et fil IJlI' !er le
maximum à 4 .'i milliards. Le chiffre de -il
milliards fut alors atteint. Depuis ce
tr'rw{J."i. les besoins commerciaux w all-
soi-I)é une nouvelle quantité de billets et
restreint la marge qui demeurait dispo-
nilllr. La circulation n'est pas descendue
depuis octobre au-dessous de 40 mil liants
et demi. Une telle- situation ne peut être
maintenue sans péril: le moindre à-coup
aurait fies conséquences graves: il faut
reconstituer une marge d'émission suf-
fisante pour parcr ,011;'(; éventualités.
Les billets de remplacement
,;'\O\lS, dey,ons parer à la raréfaction
des billets rt, pour cela, pourvoir au
remplacement dans la circulation des
billets tliésaiii-isé-,.
— Le Set);') doit comprendre qu'ii y a
grand intérêt, à une heure 011 on nous
observe du dehors, à faire celle distinc-
lion, dont M. Morgan lui-même a re-
connu la justesse.
J'ajoute que les billets de remplace-
ment ne seront susceptibles d'être em-
ployés qu'à J'escompte des traites com-
merciales, lesquelles portent ta signature
des ci inme"<;auts et des industriels les
plus solvables: il n'est pas de-garantie,
même en or, qui soit supérieure à celle-là.
Le gouvernement, a fait dps efforts
énormes pour reculer cette échéance.'
mais il a dû admettre cette nécessite.
t M. Clémentel conclut :
— Aujourd'hui, des tuttes de parti se
produisent avec ûpreté. Au-dessus d'elles,
ne perdons pas de vue la sécurilé na-
tionale et Ta sauvegarde d-e nos finances.
Discours de M. François-Marsal
M. F ranço.is-Marsal parie, lui aussi,
de la thésaurisation des billets. L'an-
cien-.président du Conseil en parle,
no,n comme homme politique, mais
comme technicien.
Il examine l'état de nos finances
et de nos budgets sous les ministères
antérieurs, puis étudie la situation
ad ueqJe,
— Le 15 juin 1924, la situation de la
Trésorerie est effroyable. Les Bons de
la Défense nationale* ayant été exonérés
de l'impôt général sur le revenu, on a
surtout souscrit des bons à un an. Il
y avait en plus une assez vaste réserve
de change. Il y avait l'emprunt Morgan,
que vous avez heureusement consolidé,
il y avait les bénéfices réalisés par la
Banque de France sur ses opérations de
change; enfin. en août. septembre c l oc-
tobre. un grand mouvement de sympa-
thie s'est manifesté à l'étranger pour fe
gouvernement actuel.
Cette sympathie de l'étranger s'est
atténuée depuis, et la confiance inté-
rieure s'est effritée. -
M. François-Marsal, dont le court
exposé impressionne vivement les
membres de la Haute Assemblée, ex-
posé que soulignent de nombreux
applaudissements, termine ainsi :
— Devant la menace qui visait les va-
leurs mobilières, les petits acheteurs, les
souscripteurs ordinaires de nos obliga-
tions de chemins de fer, des obligations
du Crédit Foncier ont souscrit de moins
en moins. En vain les chemins de fer, en
vain le Crédit Foncier ont cherché à
émettre des emprunts; cela s'est étendu
aux augmentations de capital, aux fon-
dations de sociétés; les travailleur n'ont
pu avoir l'appui du capital qui fait fruc-
tifier le travail. Les stocks ont com-
mencé à s'accumuler, on a cherché, du
crédit; c'est, alors que les difficultés mo-
nétaires ont commencé. Le banquier,
n'ayant plus que peu de dépôts, ou des
dépôts à court terme, n'a pu mettre
('argent à la disposition du commerce ou
de l'industrie. Nous avons VII le porte-
f.'uille commercial de la Banque de
Fi ance s'enfer. Au mois de décembre, la
Br-nque de France a augmenté 'e taux
ru' son escompte; 'c'était là une bien
cetite barrière aux demandes d'escompte
cUi commerce.
Mais le commerce devant les mouve-
ments du change, devant le peu ,'e con-
fiance que lui inspirait la situation, a
augmenté ses demandes d'escompte-
Nous avons assisté à une crise de con-
flp-nee -et, c'est, .la raison, pour: kQUptte.
M. le ministre est venu nous de .isnder
d'augmenter en faveur du commerce la
faculté d'émission de la Banque v de
France. Supprimerons-nous le ni.)) si
nr us ne supprimons pas les cavis.es du
mal?
La discussion des articles
La discussion générale étant, closa,
on va passer à celle des articles.
Le président du Conseil, qu'on a
prévenu de l'atmosphère créée car je
discours fip M. François-Marsal. a
quitté la Chambre en bâte pour venir
au Sénat.
A 18 heures, M. Herriot fait, son
entrée dans la salle et prend place au
banc du gouvernement qu'occup-'
M. René Renoull, garde des Sceaux.
On vote un premier chapitre du
budget du ministère de la Justice et
l'on renvoie la suite du débat à ce
matin. LG renvoi est à peine pro-
noncé que le président annonce :
— Messieurs; je donne la pjroie a
M. le ministre des Finances, pour une
è.'c!arn tion.
Le ministre des Finances que les
sénateurs écoutent dans un silence
tout à la fois défèrent et attentif,
prend alors la parole :
— Des conversations de couloirs me'
donnent à croire que je me suis mal ex-
pliqué et que j'ai été mal compris quand
j'ai- parié de la situation de la Banque
de France, quand j'ai dit qu'il s'agissait
uniquement, a l'heure, actuelle, de pour-
voir aux besoins du commerce, qu'à au-
cun degré on ne saurait songer il l'infla-
tion. et quand j'ai annoncé un effort pro-
chain et nécessaire pour assainir la Tré-
sorerie. 1
Le gouvernement estime donc, après
en avoir délihéré, qu'on ne peut séparer
le projet d'assainissement de la Tréso-
rerie et le projet concernant la satisfac-
tion des besoins commerciaux.
Sur le premier, point, des sacrifices
devront être demandés au pays. Mais
t'EtaL ne veut pas se servir pour ses
besoins (jr: la planche à billets. Il n'a
aucune pensée d'inflation pour les be-
soins du Trésor public.
De sa place, M. Herriot intervient,
en ces termes :
— Je crois que dans l'intérêt des
finances publiques, il erit, été préférable
que ne lui pas liée au budget la iliscu-'
sion sur la Trésorerie. J'estime qu'il est
i.opossible que le Parlement se sépare
avant d'avoir réglé le problème de la
Trésorerie. Si nous avons parlé de ce
dernier, c'est que depuis quelques jours
iI- circule à ce sujet des bruits qui sont
amplifiés, commentés et mal traduits.
APRES LA RECEPTION DE M. ESTAUNIE A L'ACADEMIE
Au centre : M. Estaunié ; à gauche : M. Robert de Fiers ; à droite : le maré-
chal Foch, parrain du nouvel Immortel avec M. François de Curel.
POUR PROTESTER CONTRE LA VOLONTE EXPRIMÉE
PAR LA MAJORITÉ DE REVENIR SUR UN VOTE
DE LA VEILLE, LES MEMBRES DE LA MINORITÉ
ONT QUITTÉ EN MASSE LA SALLE DES SEANCES
Mais le président de la Chambre leur ayant donné
l'assurance que le résultat proclamé restait acquis,
ils ont décidé de reprendre leur place à la Chambre
Un vent d'agitation paraît décidé-
ment souf1fer sur le Palais-Bourbon,
dont l'atmosphère, depuis' Quelques
.jours, est, d'ailleurs, lourde ,d'oi'agc.
Hier, pour protester contre l'atti-
tude du président — qui, selon eux,
ne tenait aucun compte de leurs ré-
clamations — et aussi contre la vo-
lonté manifestée par la majorité de
revenir sur le scrutin de mercredi
soir, alors que les résultats procla-
més en séance sont toujours considé-
rés comme acquis, les membres de la
minorité ont quitté en masse la calle
des séances.
Mais voyons l'incident.
Des l'ouverture de la séance de
l'après-midi, MM. Guichard, Parvy
et Cornavin se plaignent d'être portés
comme abstentionnistes au Journal
officiel dans le scrutin sur l'enquête
demandée sur l'élRction de M. Mau-
rice de Rothschild dans les Hautes-
Alpes,
Le vote, en effet, a eu lieu à la tri-
bune. Et MM. Guichard, Parvy et
Cornavin affirment qu'ils ont déposé
eux-mêmes dans l'urne un bulletin
bleu. c'est-à-dire contre l'enquête.
On sait que cette dernière a été vo-
tée par 180 voix contre 178...
M. Painlevé déclare que l'explica-
•' M. BLAISOT
député du Calvados'"':»*;" .-^r■
(Phot. Henri \Martinie.)-
Lion de ces faits' 'étrange;; peut- se
trouver dans une erreur de classe-
ment des bulletin^ dans les boîtes qui
portent le nom ae chaque député.
Sans s'en rendre compte, des députés
ont pu ainsi voter avec un bulletin
au nom de leurs collègues et annuler
ainsi — si le bulletin était CI-il couleur
différente — le vote de ce dernier.
Le président ajoute :
— La Chambre, souveraine, peut dé-
cider que ses secrétaires reviseront le
scrutin e!:. si des irrégularités son! rcie-
vées, qu'un nouveau scrutin aura lieu.
La majorité applaudit. Mais on pro-
teste sur les bancs du centre et dp la
droite. Et, on rappelle que les votes
proclamés sont toujours considérés
comme acquis.
M. BllllI.1 estime que des irrégula-
rités très graves, de nature à vicier
le résultat du scrutin, ont été consta-
tées. Il demande s'il ne serait pis
possible de surseoir à' l'adoption d':
procès-verbal.
C'est la porte ouverte à l'annula-
tion du scrutin de mercredi L'oppo-
sition proteste avec énergie.
M. Painlevé indique encore qu'on q
trouvé dans l'urne deux bulletins
bleus au nom de M. Payra. Bien en-
tendu, ils n'ont été comptés que po' r
un seul. D'autre part, on a trouvé
deux bulletins bleus aux noms de
M M. Cachin et Capgras. qui n'avaiem
pas voté... Il y a eu 357, émargE.mems
d'une part, 358 bulletins de l'autre.
M. Blaisot réclame le respect de la
règle qui a toujours été observée et
suivant laquelle le. résultat proclamé
en séance demeure toujours acquis.
M. Léon Blum insiste pour oli'il soit
sursis à l'adoption du procè.«,-verbal.
— Le précédent qu'on créerait aujour-
d'hui, en adoptant la proposition de
M. Blum, pourrait être gros de diffi-
cultés pour l'avenir, s'écrie M. Blaisot.
— Laissez-nous voter, clame M. Evrard!
Le député du Calvados riposte dans'
le bruit : ....
— Ce n'est pas parce que vous avez la
majorité que nous vous laisserons violer
le règlement. Si la proposition n'est, pas
retirée, je demanderai au président de
ne pas la mettre aux voix, parce qu'elle
est irrecevable. Il s'agit de la sauvegarde
des droits du Parlement.
Au milieu d'une vive agitation,
M. Painlevé passe outre et met la
proposition de M. Blum aux voix. On
voit alors la plupart des députés du
centre et de la droite quitter la salie
sans prendre, part au scrutin :
— Dissolution ! Dissolution ! crient
plusieurs d'entre eux...
L'émotion est intense.
Les urnes circulent. Une partie des
membres de l'opposition prend toute-
fois part au scrutin. Finalement, la
proposition de M. Blum est votée par
280 voix contre 133.'
Le résultat du scrutin de mercredi
est donc remis en question.
La réforme administrative
de l'Alsace-Lorraine
Devant une assistance des plus
clairsemées, la Chambre reprend
alors la discussion du projet sur la
reforme administrative de l'Alsace-
Lorraine.
M. Altorffer dit sa volonté de cher-
cher la solution capable de rétablir
dans les trois départements recouvrés
la paix et la confiance. Pour lui,
t'ôcpJ.e confessionnelle ne menace
nullement la -paix religieuse. Tout
récemment, à une inauguration de
loches, on a vu ainsi le maire d'un
village remettre les cloches aux trois
cultes pratiqués "par la population.
— Cloches inlerconfessionnetles, dit
M: Herriot. (Sourires).
M. AllorlTer ajoute que son parti
a réclamé une école interconfession-
nelle neutre, mais différente de celle
du gouvernement. Elle ressemble à
l'école laïque, mais.n'est pas l'école
ta'iquf.
— L'assimilation, dit l'orateur, il- la
•faut aussi rapide que possible. Mais qu'on
prenne les ménagements nécessaires.
Ii n'y a plus qu'une quinzaine de
députés en séance. Aussi, après avoir
voté le passage à l'examen des arti-
cles, la Chambre renvoie à ma.rdi ma-
t'in la suite de la discussion.
L'INCISENT EST CLOS
Le résultat proclamé en séance
demeurera acquis
Après avoir quitté la salle des
séances, les groupes de l'opposition
se sont réunis pour examiner la
situation créée par l'adoption de la
pro'posilion Blum et arrêter les me-
sures à prendre.
Vers ia lin de t'après-midi. les dé-
légués de ces groupes, parmi lesquels
MM. M agi no t, Le Trocquer, Louis
Marin et de \Varren, -,sc rendaient
chez M. Painlevé pour protestf'r
contre l'attitude du bureau et de la
major-ite à leur égard, attitude qui, -,'l
leur avis, constitue une violation des
règles parlementaires de discussion,
et aussi contre la décision prise sur
la proposition de M. Blum, décision
que la m'-inorité considère comme un
(■ procédé illégal et comme une bri-
made ».
Le président de la Chambre a an-
noncé à la délégation que le bureau
se réunirait ce matin pour procéder
a. une vérification du vote de mer-
credi. Il a ajouté, d'ailleurs, que le
résultat proclamé en séance demeu-
rerait acquis, les erreurs constatées
se « contrebalançant ».
La délégation, qui a obtenu satis-
faction sur ce point, a décidé que les
groupes de l'opposition se réuniront
de nouveau cet après-midi.
.L La minorité reprendra, ce matin,
sa place dans la salle des séances.
LE DEFILE DES ETUDIANTS GREVISTES RUE AUGUSTE-COMTE
l Après une nouvelle manifestation de sympathie devant le domicile de M. Ber-
thélemy, la manifestation gagna la place du Petit-Pont, ou elle se disloqua.
UN CAISSIER AVAIT DÉTOURNE
PLUS DE TROIS MILLIONS
A UN AGENT DE CHANGE
Hier, se présentait à la police ju-
dÍciaire, Chartes Morel, âgé de cin-
quante ans, comptable chez M. Tête,
age!Yt, de change, 8, rue Sainte-Anne,
M. MOREL
chez qui il avoua avoir détourné plus
de'3 millions depuis quatorze ans.
Après avoir été interrogé par
M. Barnaud, jug'e d'instruction, il a
été écroué à la Santé,
Il a choisi pour défenseur M* Lu-,
cien Leduc. 1
UN ÉVÊQUE MEURT
EN CÉLÉBRANT LA MESSE
NANTES, 2 avril. — En célébrant
l i messe, le prédicateur "de la station
de carême à Notre-Dame-de-Sainte -
Croix, Mgr Avril, frappé de conges-
t on. est tombé au pied de l'autel.
Quelques instants plus-tard, il mou-
rait à la sacristie, où il avait été
transporté.
EN UN CORTÈGE NOMBREUX LES ÉTUDIANTS
ONT DÉFILÉ A TRAVERS LE QUARTIER LATIN
Leur manifestation s'est déroulée entièrement dans
le calme sans que la police ait eu à intervenir.
L'ordre de grève de l'Association générale a été suivi par
la grande majorité des étudiants à Paris et exécuté dans
presque toutes les Facultés de province.
LE MONOME, QUI S'ETAIT FORME PLACE DU PANTHEON,
DESCEND LA RUE SOUFFLOT
On s'attendait hier à ce que le
Quartier ialnn fut un peu agité en
raison de la manifestation qui avait
été annoncée pour l'après-midit En
réalité, tout se passa de la façon la
plus calme, et l'ordre ne fut troublé
—■ très légèrement, d'ailleurs — qu'à
l'intersection du boulevard Saint-
Germain et de la rue Saint-Jacques,
quand une automobile des postes
voulut coup'er le cortège, Une ba-
garre SC" produisit.. quelques .coups
furent échangés; mais l'auto passa et
U1 monô.rn.ç. continua sa marche.
Sur tout le parcours il y eut, de
nombreux curieux, amusés par cette
grève sans précédent. 'Des fenêtres.
on applaudissait cette jeunesse qui
se donnait un avant-goût des vacan-
ces de Pâques. Le soleil s'étant mis
de la partie. la manifestation avait
pris un petit air de fête.
A midi, l'Association générale-des
étudiants donnait le pourcentage des
élèves des Facultés et des grandes
écoles de la capitale prenant part à
la grève. ~
Ecole des travaux publics. 90 0/0;
Ecole dentaire de la rue <i 0/0; le p.e.N.. 80 0/0: Ecole des lan-
gues orientales, 80 0/0; Ecole des fiantes
élucies commerciales, 100 0/0: Ecole Bré-
guet,. 60 0/0.; Ecole de mécanique et
d'électricité, G0 0/0 ; rue de Sèvres,
100 0/0: Institut de chimie (prctnicr'e
année), 80 0/0: (deuxième année), G0 0/0;
(troisième aniiée), 90 0/0; Ecole des hau-
tes études de l'enseignement commercial
pour les jeunes filles,, 100 0/0; Ecole
centrale- 80 0/0; Ecole 'de pharmacie,
100 0/0.
A la Faculté de médecine
Les travaux pratiques n'ont, pu
avoir lieu hier. Plusieurs profes-
seurs, notamment MM. Ti-sseneàu et
Labbé, se présentèrent pour faire
leurs cours, mais ils n'PUt'Mtt, aucun
auditeur. L"après.-midi il y eut, réu-
nion du conseil de Faculté. Les élu-
diants, massés dans la rue de l'Ecole
de Mé.deçine. firent de longues ova-
tions aux professeurs qui s'y rendi-
rent. Ils firent également un :« chic »
au doyen, M. le professeur H.og'er, qui
apparut ,un mom,ent ,.à la porte de
1 Ecole de médecine pour les haran-
guer et les exhorter au calme. ^
Les élèves des Facultés
des lettres et des sciences
eii certain nombre d'étudiants des
Facultés des lettres et des sciences
s'étaient, rendus dans la matinée à la
Sorbonne. Les réfractaires à la grève
était relativement peu nombreux.
Deux démentis
A la porte de la Faculté était affi-
chée la note suivante :
Le bureau de la section des sciences de
i'Association des étudiants fait démentir
la: nouvelle tendancieuse suivant laquelle
les étudiants de la Faculté' des sciences
ne se sont pas associés à la protestation'
de t'A.
Le bureau compte en outre que tous
les étudiants des sciences se solidarise-
ront avec leurs camarades pour protester
éne.rgiquement. contre la violation des
libertés universitaires.
Nous avons le devoir de nous unir à
nos camarades poursuivis et nous M'y
faillirons 'pas,
Le président : ANDRÉ Houssst."t. ;
Le vi.,,»e-présideiit : HE1IiÉ SIMON.
Et encore cet autre démenti :
Les étudiants de la Faculté des
sciences, réunis ce malin, démentent for-
mellement le communiqué signé A. La-
barthe, niant Jeur participation au mou-
vement de grève générale. M. Labart.h<;
n'étant nullement qualillé pour faire aM
telle déOara.tion.
Les éUrdîams' tfe 'TA. T. S. se joignent
à leurs camarades.
PAr délégation : A. VASCUALDE. de
i'A. F. S.; J. BOUTARE, président;
de la section du p, C. N. ; J. BOBÉ.
vice-président du P. C: N.
Au P. C. N.
vautre part, un certain nombre
d'eiève.s du P. C. X. avaient envoyé
l'adresse suivante au doyen cIp. la
Faculté des sciences :
Les étudiants du P.C.N.. désireu: \ :us
que quiconque de sauvegarder leurs li-
bertés corporatives, mais réprouvant un
mouvement d'origine nettement polili-
que, n'ayant aucune raison de se solida-
riser avec les agitateurs d'une faction,
assurent respectueusement M. le doyen
de la Faculté des sciences qu'ils seront
présents aux cours et aux travaux pra-
tiques des jeudi et vendredi 2 et 3 avril
1925.
Suivaient plus dç deux cents signa...
I n ros
La manifestation
Ainsi que le portait l'ordre de
convocation, le ren()ex-vous de tous
les éliulianls et des élèves des gran-,
des écoles devait se faire à 16 heures,
place du.Panthéon. Dès avant i'))eure
fixée, de nombreux groupes s'étaient
formes devant les différentes facul-
tés et dans les rues avoisinantes.,Les
terrasses des cafés du boulevard
Saint-Michel étaient prises d'assaut
par une foule de curieux accourue
dans l'espoir d'un monôme ])ruyant.
Un discret service d'ordre ayait été
organisé à tous les carrefours.
IJn peu. avant 16 heures, il est im-
possible de circuler il l'angle de la
rue Cujas et, de la rue Saint-Jacqu'es1.
où se tient la fêle du cortège. Des
hommes de confiance et des commis-
saires, brassards au bras, invitent
leurs camarades au calme ; « Pas de
cris. Il faut dénier par quatre, etc. »l
. A 16 h. 10, l'immense monôme se
met en marche. En tète, le drapeau
de l'A. puis le Droit; viennent en^-
suite la Faculté des sciences, la-Mé-
decine, le P. C. N., les Lettres, le,s
Hautes Etudes commcrciaies (H.E.C.);
l'Ecole dentaire, Alfort, l'Institut de
chimie et de physique (I. G. P.), le':;
Travaux publics (T. P.). etc. Dans le
cortège, de nombreuses étudiantes
françaises et étrangères.
Le. cortège, qui 'comprend plus de
10,000 manifestants et qui s'étend
sur près d'un kilomètre, suit les rues,
Cujas, Saint-Jacques, Soufflot, boule-
vard Saint-Miche!, rues Auguste-
Comte, de l'Observatoire,. Michctet,
d'Assas, Fleurus. Dans la rue Jean-
Bart, où habite le doyen, M. Berthe-
iernv, tout le monde se découvre. On
pousse un chic en passant devant sa
demeure. Puis, toujours par quatre
et dans l'ordre le plus parfait, les
manifestants continuent leur marche
par les rues de Vaugirard et de
Condé.
En passant par l'Ecole de méde-
cine, on se découvre de nouveau et
l'on fait un chic au doyen. Le cortège
remonte ensuite le boulevard Saint-
Michel. prend la rue des Ecoles, re-
de'scend la rue Saint-Jacques. Une
légère bagarre se produit alors à
t'a.ngie du boulevard Saint-germain.
Enfin, après avoir passé par la rue
de la Bûcherie, le cortège arrive quai
de Montebello, où se fait la disloca-
tion.
Une protestation de l'A.G.
A la fin de l'après-midi, l'Associa-
tion générale des étudiants publiait
le communiqué suivant ;
L'Association générale des étudiants dti
Paris proteste avec la dernière énegie
i
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