Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1886-07-16
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 16 juillet 1886 16 juillet 1886
Description : 1886/07/16 (A2,N309)-1886/07/17. 1886/07/16 (A2,N309)-1886/07/17.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t544708f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/04/2021
IMnxième année. — N* 509.
imméro 5 eeiitlmœës. Vendredi, 16 et Samedi, 17 juillet 1888
ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 moi*, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 franc.
?3U.KC,B : — 6 fr. » — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance et partant dn 1»' et du 1S.
SUAIS DK RHCOÜTRKMKKT EH SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de ia Marine, n* 9, ancien hôtel Bazin.
Tontes les communications relatives à la rédaction doivent être
adressées à M. AUMERAT, rédacteur en chef, — Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Administrateur de la Dépêche Algérienne.
Pous il» annonces et réclames s’ adre. je
A Alger : AGENCE HAVAS, boulevard de la République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, 4.
A Paris : MM. ACBBOCRG et Cle, place do la Bourse, H.
La DEPECEE ALailEïBKWB ont désignée pour l’insertion des annonces legales judiciaires et autres exigées pour la validité des procédures et contrats.
BOURSE DE PARIS
Journée du 15 juillet 1886.
Clôture
Cours
DIFFÉRENCE
VALEURS
pré-
du
cedente
jour
Hausse
Baisse
Santés I/O
82 80
83 00
0 20
0 00
;A*«ertlssabIe 1884..
84 70
85 fü
0 30
0 00
3 m
107 55
107 50
0 00
0 05
â/aoy® nouveau....
110 53
110 60
0 03
0 00
AU SiMAÎ
Paris, 15 juillet, 7 h., soir.
A l'occasion de la discussion des ouver
tures et des annulations de crédits, M.
Goblet demande le rétablissement du cré
dit de 800 mille francs pour les bourses
des familles de 7 enfants, supprimé parla
Commission.
Le crédit est rétabli par 144 voix con
tre 96.
M. Chesnelong interpelle le ministère
sur l'expulsion du duc d'Aumale. Il sou
tient que le ministre a violé le principe
de la propriété des grades conquis sur le
champ de bataille.
Paris, 15 juillet, 5 h. 25, soir.
iQcideiit lîoîilanger-Lareinty
Le général Boulanger, répondant à M.
Chesnelong, dit : « J'ai voté, au Conseil
des ministres, pour l'expulsion du duc
d'Aumale parce qu'un citoyen, quel qu'il
soit, ne peut adresser au Président de la
République une lettre aussi insolente. »
(Violentes interruptions à droite.J
M. Lareinty répond : vous insultez un
absent, c'est une lâcheté. (TumulteJ.
M. le président fait des observations à
M. Lareinty qui répond : « c'est une
lâcheté »
Le président le rappelle à l'ordre.
Le général Boulanger demande à M.
Lareinty si c'est à ses paroles que s'a
dresse le mot : Lâcheté.
M. Lareinty : « Oui. »
Le Président annonce qu'il consultera
le Sénat pour savoir s'il veut prononcer
'la censure.
M.de Ravignanprotestant au milieu du
bruit est rappelé à l'ordre.
M. de Ravignan ; « Rappelez-nous tous
à l'ordre.
« Nous partageons tousles sentiments de
M. Lareinty. » (Bruit croissant. M.deRa-
vignan est de nouveau rappelé à l'ordre,
ce qui provoquées applaudissementsde la
gauche. J
Le Président. — Je vais suspendre la
séance si vous continuez ; veuillez pour
suivre M. le Ministre.
Le général Boulanger. — Il est bien
difficile de continuer lorsqu'on me jette
l'injure à la face. Vous n'avez pas le
droit, M. Lareinty, d'insulter le ministre
de la guerre.
M. Lareinty. — Vous n'avez pas le
droit d'insulter un absent (voix à gauche :
la censure I la censure !)
Le général Boulanger. — Je constate
qu'il m'est impossible de continuer : je
descends donc de cette tribune, parce que
je ne suis pas au Sénat pour y recevoir des
injures.
M. Lareinty.— J'ai porté l'épée devant
l'ennemi, j'ai été habitué à respecter mes
chefs, mais un ministre qui dit d'une
lettre de son ancien chef qu'elle est inso
lente, manque à son devoir de soldat.
Le général Boulanger. — Je suis aux
ordres du Sénat.
Le président déclare l'incident clos.
Discours de M. Særrien
M. Sarrien déclare qne la lettre du duc
d'Aumale est une atteinte aux droits de
l'Etat. Un militaire ne doit pas se placer
au-dessus des lois. Cette lettre a été écrite
avec l'assentiment du Comte de Paris. Le
complot orléaniste est manifeste.
M. Sarr^n ajoute que le gouvernement
est décidé a réprimer tous les abus analo
gues.
M. Chesnelong réplique .
Le général Boulanger déclare que com
me ministre républicain, il doit remplir
son devoir et il le remplira.
Le Sénat adopte par 157 voix contre 78
un ordre du jour de M. Matbey, approu
vant la mesure prise par le Gouvernement
et exprimant sa confiance en la vigilance
du ministère.
M. De môle lit ensuite le décret clôtu
rant la session.
Fin de i’îïieident îloulanger.
A la ûn de la séance le général Boulan
ger a envoyé les généraux Frebault et Le ■
comte demander réparation à M. Larein-
ty qui a constitué ses témoins.
h LA CHAMBRE
Paris, 15 juillet, 7 h. 15, soir.
M. Fioquet préside la séance.
Incident Keller-Yiette.
Al'occasion du procès verbal, M. Relier
proteste contre une interruption faite
par M. Viette dans la précédente séance,
interruption \qui lui reprochait d'avoir
désobéi aux ordres du colonel Benfert-
Rocher eau et d'avoir compromis par ce
fait la défense de Belfort.
M. Relier, déclare avoir fait son devoir
et déûe M. Viette de prouver son asser
tion.
M. Viette répond que cette preuve ré
sulte d'un ouvrage sur le siège de Belfort
écrit sous la dictée du colonel Benfert :
il ressort de cet ouvrage que si M. Relier
avait obéi à ses ordres, il aurait empêché
l'investissement de Belfort.
M. Relier répond que c'est lui qui pré’
vînt le colonel Benfert de la marche des
Prussiens ; qu'il tenta de rentrer à Bel
fort, mais qu'il n'y parvint pas, et per
dit un tiers de son effectif. (Applaudisse
ments à droite.)
Projets divers.
La Chambre adopte ensuite sans débats
de nombreux projets locaux et des crédits
pour le cable du Tonkin, le protectorat
des Comores, l'acquisition d'hôtels con
sulaires en Egypte et l'introduction de
travailleurs dans les colonies.
L’alFaire de Madagascar.
La Chambre aborde la discussion des
crédits pour les. dépenses de Madagascar
pendant le 2 e trimestre.
M. de Mahy demande à ce propos au
ministère quels sont les projets du gou
vernement sur la baie de Biégo Suarès.
Il critique certains articles du traité
de Madagascar.
M. de Freycinet répond que les lettres
de l'amiral Mot et celles de M. Patrimo-
nio dont on a parlé n'ont pas d'autre
;i valeur que celle de deux opinions person
nelles et ne sauraient engager le gouver
nement français puisqu'il ne les a pas ra
tifiées.
Rien n'empêchera les Sakalaves de venir
â Biégo Suares.
M. de Freycinet ajoute que le traité de
Madagascar est exécuté ponctuellement.
En ce qui concerne le traitement des tri
bus Sakalaves, M. de Freycinet répondant
à M. Georges Roche, dit que le gouverne
ment français a fait désapprouver auprès
du gouvernement Eovas la lettre de l'ami
ral Miot.
Ce gouvernement n'a élevé aucune diffi
culté à ce sujet.
Quant au colonel anglais Willgounhby,
il ne peut avoir aucune mission diploma
tique à remplir au nom du gouvernement
Eovas.
Après ces explications, la Chambre
adopte le crédit relatif aux dépenses de
Madagascar pour le 2 e semestre de 1886.
Le Métropolitain.
Sur une question posee par M. Michelin
au sujet du métropolitain, M. Baïhaut
dit que le retard éprouvé par le projet
est dû à la nécessité de faire entrer dans
le projet Arthoine les clauses demandées
par le Conseil municipal, le ministre
ajoute qu'on peut être assuré qu'un ac-
V cord complet interviendra et que le pro-
'jet sera exécuté.
M. Fioquet lit ensuite le décret clôtu
rant la session ,
La séance est levée au cri de : « Vive
la République. »
Paris, 15 juillet, 6 h. 35, soir.
Couloirs du Palais Bourbon
La gauche radicale s'est réunie aujour
d'huielle s'est occupée des élections des
conseils généraux. Elle a émis à l'u
nanimité l'avis qu'il ne fallait engager
aucune polémique entre républicains et
qu'il ne fallait avoir dans chaque canton
qu'une seule candidature républicaine.
Les membres du groupe se sont engagés
à agir en ce sens dans leurs départements
respectifs.
— L'extrême gauche a voté un ordre du
jour invitant le Gouvernement à opérer
des épurations de fonctionnaires pendant
les vacances.
Elle a repoussé une motion tendant à
constituer le bureau du groupe de maniè
re à recevoir les réclamations qui pour
raient venir des départements relative-,
ment à la question des fonctionnaires.
On croit que la Chambre sera convoquée
pour le 10 octobre.
CONSEIL DES MINISTRES
Paris, 15 juillet, 1 h. 40, soir.
Bans le Conseil des Ministres de ce
matin, M. de Freycinet a annoncé que le
« Journal officiel de Rome, « publiait une
note soumettant les na ires français qui
font le cabotage entre les ports d'Italie
aux lois générales du royaume applica
bles aux nations qui n'ont pas de conven
tion spéciale avec l'Italie.
M. Sarrien a fait connaître au Conseil
que la Fête Nationale a été célébrée par
tout avec un très grand éclat, sans inci
dent. Les colonies et les Français rési
dant â l’étranger ont envoyé à M. Grévy
de nombreuses adresses de félicitations.
leIuuillet
A Paris
Paris, 14 juillet, 5 li. 10, matin.
La Fête nationale a été contrariée par
une pluie presque incessante ; néanmoins
l'affluence a été grande.
Beaucoup de drapeaux ont été arborés.
Les bataillons scolaires ont été passés
en revue dans la matinée et ont défilé
sous la pluie battante avec entrain, sans
qu'aucun accident ait été signalé.
Paris, 15 juillet, 8 h., 40 matin.
La revue de Longchamps a été favori
sée par un retour du beau temps,
La foule, qui était immeme, a acclamé
les troupes du Tonkin.
Paris, 15 juillet, 10 h. 25, matin.
Le 14 juillet a été célébré hier à Paris
avec U entrain et l’enthousiasme habi
tuels.
On signale quelques accidents sans gra
vité.
Paris, 15 juillet, 5 h. 25, soir.
La revue de ïjomg'rhainps.
Bans les couloirs de la Chambre on
s'entretient presque exclusivement de la
revue d'hier, à Longchamps.
Tout le monde convient que jamais re
vue n'a été plus brillante.
On a beaucoup remarqué l'unanimité et
la spontanéité des acclamations qui ont
accueilli M. Grévy, M. de Freycinet, le
général Boulanger et le général Saussler.
Les troupes du Tonkin ont été accueil
lies avec enthousiasme par tous les partis,
sans distinction.
Tous les journaux consacrent un article
élogieux à la revue, et à l'attitude des
troupes. Ils constatent qu'au moment où
'les soldats du Tonkin ont déûlê, les cris
de « Vive la France ! » Vive l'armée ! »
« Vive la République ! » ont retenti pen
dant plusieurs minutes. Ce fut une accla
mation unanime, on agitait lesmouchoirs,
on levait les chapeaux, on tendait les
mains avec émotion.
C'était un spectacle indescriptible.
Le commandant Dominé a été salué
par des vivats enthousiastes.
Au passage des turcos on crie : a Vive
t les turcos ! »
On salue par de vifs applaudissements
leur drapeau décoré.
La statue de Strasbourg
La manifestation habituelle a eu lieu
hier matin devant la statue de Stras
bourg.
Plus de 5.000 manifestants ont dàûlé
silencieusement devant la statue qui était
magnifiquement décoré.
On remarquait les membres de la Ligue
des patriotes, des délègues de toutes les
sociétés d'Alsaciens-Lorrains, diverses
sociétés de secours mutuels, dix sociétés
des départements, les élèves de l'école
polytechnique, de l'école centrale et de
l'école des mines.
imméro 5 eeiitlmœës. Vendredi, 16 et Samedi, 17 juillet 1888
ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 moi*, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 franc.
?3U.KC,B : — 6 fr. » — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance et partant dn 1»' et du 1S.
SUAIS DK RHCOÜTRKMKKT EH SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de ia Marine, n* 9, ancien hôtel Bazin.
Tontes les communications relatives à la rédaction doivent être
adressées à M. AUMERAT, rédacteur en chef, — Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Administrateur de la Dépêche Algérienne.
Pous il» annonces et réclames s’ adre. je
A Alger : AGENCE HAVAS, boulevard de la République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, 4.
A Paris : MM. ACBBOCRG et Cle, place do la Bourse, H.
La DEPECEE ALailEïBKWB ont désignée pour l’insertion des annonces legales judiciaires et autres exigées pour la validité des procédures et contrats.
BOURSE DE PARIS
Journée du 15 juillet 1886.
Clôture
Cours
DIFFÉRENCE
VALEURS
pré-
du
cedente
jour
Hausse
Baisse
Santés I/O
82 80
83 00
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;A*«ertlssabIe 1884..
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0 05
â/aoy® nouveau....
110 53
110 60
0 03
0 00
AU SiMAÎ
Paris, 15 juillet, 7 h., soir.
A l'occasion de la discussion des ouver
tures et des annulations de crédits, M.
Goblet demande le rétablissement du cré
dit de 800 mille francs pour les bourses
des familles de 7 enfants, supprimé parla
Commission.
Le crédit est rétabli par 144 voix con
tre 96.
M. Chesnelong interpelle le ministère
sur l'expulsion du duc d'Aumale. Il sou
tient que le ministre a violé le principe
de la propriété des grades conquis sur le
champ de bataille.
Paris, 15 juillet, 5 h. 25, soir.
iQcideiit lîoîilanger-Lareinty
Le général Boulanger, répondant à M.
Chesnelong, dit : « J'ai voté, au Conseil
des ministres, pour l'expulsion du duc
d'Aumale parce qu'un citoyen, quel qu'il
soit, ne peut adresser au Président de la
République une lettre aussi insolente. »
(Violentes interruptions à droite.J
M. Lareinty répond : vous insultez un
absent, c'est une lâcheté. (TumulteJ.
M. le président fait des observations à
M. Lareinty qui répond : « c'est une
lâcheté »
Le président le rappelle à l'ordre.
Le général Boulanger demande à M.
Lareinty si c'est à ses paroles que s'a
dresse le mot : Lâcheté.
M. Lareinty : « Oui. »
Le Président annonce qu'il consultera
le Sénat pour savoir s'il veut prononcer
'la censure.
M.de Ravignanprotestant au milieu du
bruit est rappelé à l'ordre.
M. de Ravignan ; « Rappelez-nous tous
à l'ordre.
« Nous partageons tousles sentiments de
M. Lareinty. » (Bruit croissant. M.deRa-
vignan est de nouveau rappelé à l'ordre,
ce qui provoquées applaudissementsde la
gauche. J
Le Président. — Je vais suspendre la
séance si vous continuez ; veuillez pour
suivre M. le Ministre.
Le général Boulanger. — Il est bien
difficile de continuer lorsqu'on me jette
l'injure à la face. Vous n'avez pas le
droit, M. Lareinty, d'insulter le ministre
de la guerre.
M. Lareinty. — Vous n'avez pas le
droit d'insulter un absent (voix à gauche :
la censure I la censure !)
Le général Boulanger. — Je constate
qu'il m'est impossible de continuer : je
descends donc de cette tribune, parce que
je ne suis pas au Sénat pour y recevoir des
injures.
M. Lareinty.— J'ai porté l'épée devant
l'ennemi, j'ai été habitué à respecter mes
chefs, mais un ministre qui dit d'une
lettre de son ancien chef qu'elle est inso
lente, manque à son devoir de soldat.
Le général Boulanger. — Je suis aux
ordres du Sénat.
Le président déclare l'incident clos.
Discours de M. Særrien
M. Sarrien déclare qne la lettre du duc
d'Aumale est une atteinte aux droits de
l'Etat. Un militaire ne doit pas se placer
au-dessus des lois. Cette lettre a été écrite
avec l'assentiment du Comte de Paris. Le
complot orléaniste est manifeste.
M. Sarr^n ajoute que le gouvernement
est décidé a réprimer tous les abus analo
gues.
M. Chesnelong réplique .
Le général Boulanger déclare que com
me ministre républicain, il doit remplir
son devoir et il le remplira.
Le Sénat adopte par 157 voix contre 78
un ordre du jour de M. Matbey, approu
vant la mesure prise par le Gouvernement
et exprimant sa confiance en la vigilance
du ministère.
M. De môle lit ensuite le décret clôtu
rant la session.
Fin de i’îïieident îloulanger.
A la ûn de la séance le général Boulan
ger a envoyé les généraux Frebault et Le ■
comte demander réparation à M. Larein-
ty qui a constitué ses témoins.
h LA CHAMBRE
Paris, 15 juillet, 7 h. 15, soir.
M. Fioquet préside la séance.
Incident Keller-Yiette.
Al'occasion du procès verbal, M. Relier
proteste contre une interruption faite
par M. Viette dans la précédente séance,
interruption \qui lui reprochait d'avoir
désobéi aux ordres du colonel Benfert-
Rocher eau et d'avoir compromis par ce
fait la défense de Belfort.
M. Relier, déclare avoir fait son devoir
et déûe M. Viette de prouver son asser
tion.
M. Viette répond que cette preuve ré
sulte d'un ouvrage sur le siège de Belfort
écrit sous la dictée du colonel Benfert :
il ressort de cet ouvrage que si M. Relier
avait obéi à ses ordres, il aurait empêché
l'investissement de Belfort.
M. Relier répond que c'est lui qui pré’
vînt le colonel Benfert de la marche des
Prussiens ; qu'il tenta de rentrer à Bel
fort, mais qu'il n'y parvint pas, et per
dit un tiers de son effectif. (Applaudisse
ments à droite.)
Projets divers.
La Chambre adopte ensuite sans débats
de nombreux projets locaux et des crédits
pour le cable du Tonkin, le protectorat
des Comores, l'acquisition d'hôtels con
sulaires en Egypte et l'introduction de
travailleurs dans les colonies.
L’alFaire de Madagascar.
La Chambre aborde la discussion des
crédits pour les. dépenses de Madagascar
pendant le 2 e trimestre.
M. de Mahy demande à ce propos au
ministère quels sont les projets du gou
vernement sur la baie de Biégo Suarès.
Il critique certains articles du traité
de Madagascar.
M. de Freycinet répond que les lettres
de l'amiral Mot et celles de M. Patrimo-
nio dont on a parlé n'ont pas d'autre
;i valeur que celle de deux opinions person
nelles et ne sauraient engager le gouver
nement français puisqu'il ne les a pas ra
tifiées.
Rien n'empêchera les Sakalaves de venir
â Biégo Suares.
M. de Freycinet ajoute que le traité de
Madagascar est exécuté ponctuellement.
En ce qui concerne le traitement des tri
bus Sakalaves, M. de Freycinet répondant
à M. Georges Roche, dit que le gouverne
ment français a fait désapprouver auprès
du gouvernement Eovas la lettre de l'ami
ral Miot.
Ce gouvernement n'a élevé aucune diffi
culté à ce sujet.
Quant au colonel anglais Willgounhby,
il ne peut avoir aucune mission diploma
tique à remplir au nom du gouvernement
Eovas.
Après ces explications, la Chambre
adopte le crédit relatif aux dépenses de
Madagascar pour le 2 e semestre de 1886.
Le Métropolitain.
Sur une question posee par M. Michelin
au sujet du métropolitain, M. Baïhaut
dit que le retard éprouvé par le projet
est dû à la nécessité de faire entrer dans
le projet Arthoine les clauses demandées
par le Conseil municipal, le ministre
ajoute qu'on peut être assuré qu'un ac-
V cord complet interviendra et que le pro-
'jet sera exécuté.
M. Fioquet lit ensuite le décret clôtu
rant la session ,
La séance est levée au cri de : « Vive
la République. »
Paris, 15 juillet, 6 h. 35, soir.
Couloirs du Palais Bourbon
La gauche radicale s'est réunie aujour
d'huielle s'est occupée des élections des
conseils généraux. Elle a émis à l'u
nanimité l'avis qu'il ne fallait engager
aucune polémique entre républicains et
qu'il ne fallait avoir dans chaque canton
qu'une seule candidature républicaine.
Les membres du groupe se sont engagés
à agir en ce sens dans leurs départements
respectifs.
— L'extrême gauche a voté un ordre du
jour invitant le Gouvernement à opérer
des épurations de fonctionnaires pendant
les vacances.
Elle a repoussé une motion tendant à
constituer le bureau du groupe de maniè
re à recevoir les réclamations qui pour
raient venir des départements relative-,
ment à la question des fonctionnaires.
On croit que la Chambre sera convoquée
pour le 10 octobre.
CONSEIL DES MINISTRES
Paris, 15 juillet, 1 h. 40, soir.
Bans le Conseil des Ministres de ce
matin, M. de Freycinet a annoncé que le
« Journal officiel de Rome, « publiait une
note soumettant les na ires français qui
font le cabotage entre les ports d'Italie
aux lois générales du royaume applica
bles aux nations qui n'ont pas de conven
tion spéciale avec l'Italie.
M. Sarrien a fait connaître au Conseil
que la Fête Nationale a été célébrée par
tout avec un très grand éclat, sans inci
dent. Les colonies et les Français rési
dant â l’étranger ont envoyé à M. Grévy
de nombreuses adresses de félicitations.
leIuuillet
A Paris
Paris, 14 juillet, 5 li. 10, matin.
La Fête nationale a été contrariée par
une pluie presque incessante ; néanmoins
l'affluence a été grande.
Beaucoup de drapeaux ont été arborés.
Les bataillons scolaires ont été passés
en revue dans la matinée et ont défilé
sous la pluie battante avec entrain, sans
qu'aucun accident ait été signalé.
Paris, 15 juillet, 8 h., 40 matin.
La revue de Longchamps a été favori
sée par un retour du beau temps,
La foule, qui était immeme, a acclamé
les troupes du Tonkin.
Paris, 15 juillet, 10 h. 25, matin.
Le 14 juillet a été célébré hier à Paris
avec U entrain et l’enthousiasme habi
tuels.
On signale quelques accidents sans gra
vité.
Paris, 15 juillet, 5 h. 25, soir.
La revue de ïjomg'rhainps.
Bans les couloirs de la Chambre on
s'entretient presque exclusivement de la
revue d'hier, à Longchamps.
Tout le monde convient que jamais re
vue n'a été plus brillante.
On a beaucoup remarqué l'unanimité et
la spontanéité des acclamations qui ont
accueilli M. Grévy, M. de Freycinet, le
général Boulanger et le général Saussler.
Les troupes du Tonkin ont été accueil
lies avec enthousiasme par tous les partis,
sans distinction.
Tous les journaux consacrent un article
élogieux à la revue, et à l'attitude des
troupes. Ils constatent qu'au moment où
'les soldats du Tonkin ont déûlê, les cris
de « Vive la France ! » Vive l'armée ! »
« Vive la République ! » ont retenti pen
dant plusieurs minutes. Ce fut une accla
mation unanime, on agitait lesmouchoirs,
on levait les chapeaux, on tendait les
mains avec émotion.
C'était un spectacle indescriptible.
Le commandant Dominé a été salué
par des vivats enthousiastes.
Au passage des turcos on crie : a Vive
t les turcos ! »
On salue par de vifs applaudissements
leur drapeau décoré.
La statue de Strasbourg
La manifestation habituelle a eu lieu
hier matin devant la statue de Stras
bourg.
Plus de 5.000 manifestants ont dàûlé
silencieusement devant la statue qui était
magnifiquement décoré.
On remarquait les membres de la Ligue
des patriotes, des délègues de toutes les
sociétés d'Alsaciens-Lorrains, diverses
sociétés de secours mutuels, dix sociétés
des départements, les élèves de l'école
polytechnique, de l'école centrale et de
l'école des mines.
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