Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1886-04-19
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 19 avril 1886 19 avril 1886
Description : 1886/04/19 (A2,N275). 1886/04/19 (A2,N275).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5433219
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/04/2021
PîiÉFÊCTüRF. D'ALGER
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
>„ r i 1 p '«mi - * 1
ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 mois, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 frans.
FRANCE : — 6 fr. » — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance et partant du t«' et du 15.
FRAIS DK RECOUVREMENT EN SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n° 9, ancien hôtel Bazin.
Toutes les communications relatives h la rédaction doivent être
adressées à M. AUMERAT, rédacteur en chef — Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Adminiitraieur de la Dépicke Algérienne.
INSERTIONS
Pous les annonces et réclames s’ adre. .;er:
A Alger : AGENCE HAVAS, boulevard de la République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, K.
A Paris : MM. AUDBOURG et Cie, place de la Bourse, 16.
La DÉPÊCHÉ ALGERIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales judiciaires et autres
exigées pour la "validité des procédures et contrats
TELEGRAPHIQUE DE LA DÉPÊCHE
BOURSE DE PARIS .
Joarnée du 17 avril 1836.
VALEURS
Clôture
pré
cédente
Cours
du
jour
DltFÈl
Hausse
tENCE
Baisse
Jtente 3 0/0
80 90
83 20
104 C5
109 45
80 80
82 95
104 15
109 321/2
0 00
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0 10
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0 131/2
Àmorlissaible 1884..
* 0/0
4 ï/2 0/0 nouveau...
É. DUC-QUERCY ET BOCHE
en police eo rectionnelle
Paris, 17 avril, 5 h. 20, soir.
Avant l’audience.
Une foule énorme assiège depuis ce ma
tin les abords du Palais de justice. Au
moment où on ouvre les portes, la foule
s'écrase littéralement pour entrer ; on
voit même des gens escalader la grille.
En un instant la salle est comble.
Un peu avant neuf heures arrivent Duc-
Quercy et Roche dans un omnibus requis
pour la circonstance. Une escorte de sept
gendarmes est allée les prendre en prison ;
ils sont introduits au Palais, par la porte
du jardin, à 9 heures 10 du matin.
ILe Tribunal
L'audience est ouverte immédiatement.
M. Loubers préside le Tribunal, MM.
Dardenne et Roques, juges, l'assistent ;
M. Ÿacquier, procureur de la République,
occupe le siège du ministère public.
Au banc de la défense siègent MM°* La-
guorre et Milleran l.
I! est procédé à l’appel des 24 témoins.
Laparoie est ensuite donnée àüf Laguerre.
M. Laguerre.
M. Laguerre informe le président que
M. Miller and et lui ont l'intention de
plaider l’incompétence du tribunal.
Plaidoyer de M a Milleraml
Jf* Millerand étudie l’un après l’autre
les faits reproches aux prévenus et i’ef
force de démontrer que les faits repro
chés sont absolument licites.
« L’accusation, dit il,ne repose sur au
cune base sérieuse. » M*Millerand entame
ensuite une discussion juridique et essaye
d’établir que l’article 414 ne peut pas
être appliqué, aux prévenus. Il termine
ensuite en disant : « Si le tribunal sc dê-
» clarait compétent, nous n’aurions plus
» qu’à déserter le préioir.e et à regarder
» passer la révolution violente qui se pré-
t> pare. »
Ces dernières paroles sont vigoureuse
ment applaudies par l’auditoire.
Le president fait appel au bon sens du
public et déclare que ce n’est pas le
ueu de manifester.
Si un pareil fait se renouvelle, il sera
obligé de faire évacuer la salle.
La réponse de M. ¥acquié.
M. Vacquiê répond à M° Millerand ; il
dit que les applaudissements qui viennent
d’éclater, en toute bonne foi sans doute,
ne sé feraient point entendre si la foule
était plus éclairée; elle n’applaudirait
pas les paroles qui viennent d’être pro
noncées, elle désirerait le seul triomphe
de la loi.
M. Vacquié revendique toute la respon
sabilité de la poursuite qui est légitime ;
il ne se préoccupe que du seul accomplis
sement de son devoir. Il fait l’éloge du
-garde des sceaux que M'Millerand avait
attaqué. Il affirme que le procès n’a
aucun caractère politique et défend le
gouvernement qui est composé de répu
blicains.
Le Procureur de la République déve
loppe ensuite des considérations juridi
ques pour justiûer les poursuites, et, s’a
dressant aux prévenus, il leur reproche
leur œuvre à Decazeville. « Vous n'êtes
» pas ici comme journalistes, vous êtes
» allé à Decazeville pour faire une beso-
» gne qui est purement dans votre inté-
» rêt ; vous avez voulu vous signaler à la
» renommée ; la misère noire qui règne
» ici ne vous coûte pas une larme sincère ,
» elle peut servir à votre élévation poli-
» tique, voilà pourquoi vous la provo
» quez ; je vous dénie toute sincérité. »
Le Procureur de la République déclare
que les prévenus méritent une peine très
sévère et que cette peine sera toujours
inférieure au délit commis.
Il demande au tribunal de se déclarer
compétent.
IMsçours de S! e jLaguerre.
'Ht Laguerre répond avec violence et il
apprécie le réquisitoire en des termes
qui forcent le president à intervenir.
Le Procureur de la Republique essaie
d’interrornere, mais M° Laguerre dit :
« Je ne vous ai pas interrompu, j’entends
» que vous ne m’interrompiez pas. J’ai
» la parole et je la garde. »
Devant cette réplique lancée avec vé
hémence, le Procureur de la République
n’insiste pas.
M e Laguerre fait l’apologie de l'œuvre
entreprise par les prévenus et de leur ca
ractère.
Il se plaint de ce que le procureur les
ait traités d'une façon aussi violente et
examine ensuite les faits; il reproduit
les arguments de M * Millerand, il affirme
que le délit poursuivi est un délit de
presse et fait l’eloge de la liberté de la
presse.
Il termine en faisant appel à l'indé
pendance du Tribunal.
Par , 17 avril, 8 h 50, soir.
Réplique du procureur de la
République.
M. Vacquié prend de nouveau la parole x
pour détruire les arguments juridiques
de M e Laguerre. Il dit qu'il est tout aussi
partisan de la liberté de la presse que
M e Laguerre, mais que la presse est sou
mise au droit commun et que les délits
commis par la voie des journaux doivent
être poursuivis comme les autres.
Appréciant incidemment l'œuvre de
MM. Roche et Duc Quercy, le procureur
de la République nie que leurs doctrines
socialistes aient une signification quel
conque.
M. Roche interrompt et demande à
répondre au procureur.
M. Vacquié continue sa critique des
doctrines socialistes-révolutionnaires des
prévenus ; il les avertit que la magistra
ture française ne faillira pas à son devoir
ui est de les arrêter dans la voie pleine
e péril où ils veulent se faire suivre par
les foules.
Nouveau discours de m* Millerand
M• Millerand réplique ; il reproche à
M. Vacquié d'avoir reproduit servile
ment le langage des procureurs de l'Em
pire ; il déclare que le socialisme est une
doctrine féconde et demande que la parole
soit donnée aux prévenus pour répondre
au Procureur de la République.
Observation du président.
M. le président répond qu'il s'agit
d'une question de compétence et qu'il n’y
a pas lieu d’entrer actuellement dans
le fond du débat ; les observations des
prévenus seraient donc, en ce moment,
parfaitement inutiles.
M. Roche.
M. Roche se lève alors et dit :
« Tout ce que nous avons fait, Quercy
» et moi, ne peut nous être reproché ;
d nous n’avons, quoi qu’on en dise, em-
» ployé aucune manœuvre frauduleuse, et
» j’affirme que l’œuvre que nous avons
» entreprise est-utile aux ouvriers. »
Il continue à se justiûer des reproches
de l’accusation.
M. le Président fait remarquer que le
fond du débat ne peut être abordé avant
que la question de compétence soit vidée.
M. Roche, continuant son discours, se
plaint de la situation d’infériorité qui
leur est faite à Quercy et à lui. Il sait
bien qu’ils sont condamnés d’avance.
M. Rue Quercy.
M. Duc Quercy propose au procureur
de la République, une fois l’affaire ter
minée, d’ouvrir dans une réunion publi
que un débat dans lequel il lui apprendra
ce qu’est le socialisme.
L’audience est suspendue à midi. Elle
est renvoyée à deux heures.
Les prévenus déjeuneront à l’intérieur
du Palais.
A LA CHAMBRE
Paris, 17 avril, 7 h. 10* soir.
La Chambre ûxe à mardi la discussion
de la vériûcation des pouvoirs de l’elec-
tion de Tarn et Baronne.
La Chambre adopte ensuite, après quel-
ues observations de MM. de Lanessan et
anjuinais, la convention franco alle
mande relative à la délimitation des ter
ritoires respectifs des deux nations en
Afrique.
M. Liais adresse une question au gou
vernement sur le^déelassement des navi
res de la ûotte ; le député de la Manche
reproche au ministre de la marine d’or
donner une mesure semblable sans pren
dre l’avis du Conseil de l’amirauté.
L’amiral Aube répond qu’il a ordonné
ce déclassement sous sa propre responsa
bilité, parce que ees navires sont sans
valeur.
La Chambre prend en considération de
nombreuses propositions qui lui sont sou
mises ; elle s’ajourne à lundi.
AU SÉ N AT
Paris, 17 avril, 7 h. 10, soir.
Le Sénat invalide par 190 voix l’élec
tion de M. Sebline, nommé dans le dépar
tement de l’Aisne. La droite s’est abste
nue.
L’Affaire de Cliâ.teau-'Villain.
L’ordre du jour appelle la discussion
de l’interpellation d’Andiffret Pasquier
sur l’affaire de Château- Villain.
M. Coblet ne voit pas l’utilité de l’in
terpellation de M. d’Audiffret Pasquier,
après le débat qui s’est produit à la
Chambre. Cependant, il est aux ordres du
Sénat.
Le Sénat prononce la discussion immé
diate.
M. Coblet, répondant à l’interpellation
de M. d’Audiûret Pasquier, affirme le
droit de l’Etat de fermer une chapelle
non autorisée. L’Etat usera de son droit
quand cela sera nécessaire et quand les
municipalités élèveront des plaintes à ce
sujet, parce que l’Etat est reponsable en
vers les municipalités autant qu’envers
l’église.
Le gouvernement, ajoute M. Coblet,
veut la paix dans les esprits ; si l’église
la veut aussi, elle doit commencer par
prêcher le respect du gouvernement, et
l’obéissance aux lois.
M. Lucien Brun réplique au Ministre.
Il dépose un ordre du jour condamnant
l’exécution violentç d’une loi tombée en
désuétude.
La gauche du Sénat demande l’ordre du
jour pur et simple qui est accepté par le
gouvernement, et adopté par 191 voix
contre 89.
— Le Sénat adopte en ûn de séance,
sans débats, sur le rapport du général
Arnaudeau, le projet de loi contre l’es
pionnage.
miles Parlementaires
Paris, 17 avril, 2*h. 35, soir
Le Conseil des ministres s’est réuni ce
matin à l’Elysée.
Dans cette séance, M. de Freycinet a
exposé la situation actuelle en Orient.
Le ministre des affaires étrangères a
conürmè que, malgré les représentation
des puissances européennes, la Crèce n’a
pas'modifié son attitude belliqueuse.
Le gouvernement grec — sans toute
fois déclarer la guerre — persiste à ré
clamer, pour ses frontières l’exécution du
traité de Berlin.
-M.Sadi-Cârnot insistera au Sénat pour
l’adoption du projet d’emprunt vote par
la Chambre.
— Dans cette séance du Conseil des
ministres, M. Sarrien a constate que la
situation actuelle à Decazeville est au
changement.
Paris, 17 avril, 6 h 40, soir.
COULOIRS DU PALAIS BOURBON. —
M. Basly est revenu de Decazeville.
— La Commission des douanes n’a pas
pu s’accorder sur le relèvement des
droits. Les détails sont ajournés au len
demain de la rentrée.
— M. Letellier,d’accord avec les autres
députés de l’Algérie, déposera lundi une
proposition tendant à l’amélioration de
toutes les pensions civiles.
— La Commission des chemins de fer a
décidé de siéger jusqu’à la veille de
Pâques pour trancher la question de prin
cipe relativement au chemin de fer
métropolitain.
On croit d’ailleurs que la Chambre se
séparera seulement samedi.
— La distribution de la Chambre com
prend un rapport de M. Baltet concluant
à l'adoption du projet d'emprunt de cinq
millions du département d’Alger.
— —-
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
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ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 mois, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 frans.
FRANCE : — 6 fr. » — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance et partant du t«' et du 15.
FRAIS DK RECOUVREMENT EN SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n° 9, ancien hôtel Bazin.
Toutes les communications relatives h la rédaction doivent être
adressées à M. AUMERAT, rédacteur en chef — Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Adminiitraieur de la Dépicke Algérienne.
INSERTIONS
Pous les annonces et réclames s’ adre. .;er:
A Alger : AGENCE HAVAS, boulevard de la République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, K.
A Paris : MM. AUDBOURG et Cie, place de la Bourse, 16.
La DÉPÊCHÉ ALGERIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales judiciaires et autres
exigées pour la "validité des procédures et contrats
TELEGRAPHIQUE DE LA DÉPÊCHE
BOURSE DE PARIS .
Joarnée du 17 avril 1836.
VALEURS
Clôture
pré
cédente
Cours
du
jour
DltFÈl
Hausse
tENCE
Baisse
Jtente 3 0/0
80 90
83 20
104 C5
109 45
80 80
82 95
104 15
109 321/2
0 00
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010
0 25
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0 131/2
Àmorlissaible 1884..
* 0/0
4 ï/2 0/0 nouveau...
É. DUC-QUERCY ET BOCHE
en police eo rectionnelle
Paris, 17 avril, 5 h. 20, soir.
Avant l’audience.
Une foule énorme assiège depuis ce ma
tin les abords du Palais de justice. Au
moment où on ouvre les portes, la foule
s'écrase littéralement pour entrer ; on
voit même des gens escalader la grille.
En un instant la salle est comble.
Un peu avant neuf heures arrivent Duc-
Quercy et Roche dans un omnibus requis
pour la circonstance. Une escorte de sept
gendarmes est allée les prendre en prison ;
ils sont introduits au Palais, par la porte
du jardin, à 9 heures 10 du matin.
ILe Tribunal
L'audience est ouverte immédiatement.
M. Loubers préside le Tribunal, MM.
Dardenne et Roques, juges, l'assistent ;
M. Ÿacquier, procureur de la République,
occupe le siège du ministère public.
Au banc de la défense siègent MM°* La-
guorre et Milleran l.
I! est procédé à l’appel des 24 témoins.
Laparoie est ensuite donnée àüf Laguerre.
M. Laguerre.
M. Laguerre informe le président que
M. Miller and et lui ont l'intention de
plaider l’incompétence du tribunal.
Plaidoyer de M a Milleraml
Jf* Millerand étudie l’un après l’autre
les faits reproches aux prévenus et i’ef
force de démontrer que les faits repro
chés sont absolument licites.
« L’accusation, dit il,ne repose sur au
cune base sérieuse. » M*Millerand entame
ensuite une discussion juridique et essaye
d’établir que l’article 414 ne peut pas
être appliqué, aux prévenus. Il termine
ensuite en disant : « Si le tribunal sc dê-
» clarait compétent, nous n’aurions plus
» qu’à déserter le préioir.e et à regarder
» passer la révolution violente qui se pré-
t> pare. »
Ces dernières paroles sont vigoureuse
ment applaudies par l’auditoire.
Le president fait appel au bon sens du
public et déclare que ce n’est pas le
ueu de manifester.
Si un pareil fait se renouvelle, il sera
obligé de faire évacuer la salle.
La réponse de M. ¥acquié.
M. Vacquiê répond à M° Millerand ; il
dit que les applaudissements qui viennent
d’éclater, en toute bonne foi sans doute,
ne sé feraient point entendre si la foule
était plus éclairée; elle n’applaudirait
pas les paroles qui viennent d’être pro
noncées, elle désirerait le seul triomphe
de la loi.
M. Vacquié revendique toute la respon
sabilité de la poursuite qui est légitime ;
il ne se préoccupe que du seul accomplis
sement de son devoir. Il fait l’éloge du
-garde des sceaux que M'Millerand avait
attaqué. Il affirme que le procès n’a
aucun caractère politique et défend le
gouvernement qui est composé de répu
blicains.
Le Procureur de la République déve
loppe ensuite des considérations juridi
ques pour justiûer les poursuites, et, s’a
dressant aux prévenus, il leur reproche
leur œuvre à Decazeville. « Vous n'êtes
» pas ici comme journalistes, vous êtes
» allé à Decazeville pour faire une beso-
» gne qui est purement dans votre inté-
» rêt ; vous avez voulu vous signaler à la
» renommée ; la misère noire qui règne
» ici ne vous coûte pas une larme sincère ,
» elle peut servir à votre élévation poli-
» tique, voilà pourquoi vous la provo
» quez ; je vous dénie toute sincérité. »
Le Procureur de la République déclare
que les prévenus méritent une peine très
sévère et que cette peine sera toujours
inférieure au délit commis.
Il demande au tribunal de se déclarer
compétent.
IMsçours de S! e jLaguerre.
'Ht Laguerre répond avec violence et il
apprécie le réquisitoire en des termes
qui forcent le president à intervenir.
Le Procureur de la Republique essaie
d’interrornere, mais M° Laguerre dit :
« Je ne vous ai pas interrompu, j’entends
» que vous ne m’interrompiez pas. J’ai
» la parole et je la garde. »
Devant cette réplique lancée avec vé
hémence, le Procureur de la République
n’insiste pas.
M e Laguerre fait l’apologie de l'œuvre
entreprise par les prévenus et de leur ca
ractère.
Il se plaint de ce que le procureur les
ait traités d'une façon aussi violente et
examine ensuite les faits; il reproduit
les arguments de M * Millerand, il affirme
que le délit poursuivi est un délit de
presse et fait l’eloge de la liberté de la
presse.
Il termine en faisant appel à l'indé
pendance du Tribunal.
Par , 17 avril, 8 h 50, soir.
Réplique du procureur de la
République.
M. Vacquié prend de nouveau la parole x
pour détruire les arguments juridiques
de M e Laguerre. Il dit qu'il est tout aussi
partisan de la liberté de la presse que
M e Laguerre, mais que la presse est sou
mise au droit commun et que les délits
commis par la voie des journaux doivent
être poursuivis comme les autres.
Appréciant incidemment l'œuvre de
MM. Roche et Duc Quercy, le procureur
de la République nie que leurs doctrines
socialistes aient une signification quel
conque.
M. Roche interrompt et demande à
répondre au procureur.
M. Vacquié continue sa critique des
doctrines socialistes-révolutionnaires des
prévenus ; il les avertit que la magistra
ture française ne faillira pas à son devoir
ui est de les arrêter dans la voie pleine
e péril où ils veulent se faire suivre par
les foules.
Nouveau discours de m* Millerand
M• Millerand réplique ; il reproche à
M. Vacquié d'avoir reproduit servile
ment le langage des procureurs de l'Em
pire ; il déclare que le socialisme est une
doctrine féconde et demande que la parole
soit donnée aux prévenus pour répondre
au Procureur de la République.
Observation du président.
M. le président répond qu'il s'agit
d'une question de compétence et qu'il n’y
a pas lieu d’entrer actuellement dans
le fond du débat ; les observations des
prévenus seraient donc, en ce moment,
parfaitement inutiles.
M. Roche.
M. Roche se lève alors et dit :
« Tout ce que nous avons fait, Quercy
» et moi, ne peut nous être reproché ;
d nous n’avons, quoi qu’on en dise, em-
» ployé aucune manœuvre frauduleuse, et
» j’affirme que l’œuvre que nous avons
» entreprise est-utile aux ouvriers. »
Il continue à se justiûer des reproches
de l’accusation.
M. le Président fait remarquer que le
fond du débat ne peut être abordé avant
que la question de compétence soit vidée.
M. Roche, continuant son discours, se
plaint de la situation d’infériorité qui
leur est faite à Quercy et à lui. Il sait
bien qu’ils sont condamnés d’avance.
M. Rue Quercy.
M. Duc Quercy propose au procureur
de la République, une fois l’affaire ter
minée, d’ouvrir dans une réunion publi
que un débat dans lequel il lui apprendra
ce qu’est le socialisme.
L’audience est suspendue à midi. Elle
est renvoyée à deux heures.
Les prévenus déjeuneront à l’intérieur
du Palais.
A LA CHAMBRE
Paris, 17 avril, 7 h. 10* soir.
La Chambre ûxe à mardi la discussion
de la vériûcation des pouvoirs de l’elec-
tion de Tarn et Baronne.
La Chambre adopte ensuite, après quel-
ues observations de MM. de Lanessan et
anjuinais, la convention franco alle
mande relative à la délimitation des ter
ritoires respectifs des deux nations en
Afrique.
M. Liais adresse une question au gou
vernement sur le^déelassement des navi
res de la ûotte ; le député de la Manche
reproche au ministre de la marine d’or
donner une mesure semblable sans pren
dre l’avis du Conseil de l’amirauté.
L’amiral Aube répond qu’il a ordonné
ce déclassement sous sa propre responsa
bilité, parce que ees navires sont sans
valeur.
La Chambre prend en considération de
nombreuses propositions qui lui sont sou
mises ; elle s’ajourne à lundi.
AU SÉ N AT
Paris, 17 avril, 7 h. 10, soir.
Le Sénat invalide par 190 voix l’élec
tion de M. Sebline, nommé dans le dépar
tement de l’Aisne. La droite s’est abste
nue.
L’Affaire de Cliâ.teau-'Villain.
L’ordre du jour appelle la discussion
de l’interpellation d’Andiffret Pasquier
sur l’affaire de Château- Villain.
M. Coblet ne voit pas l’utilité de l’in
terpellation de M. d’Audiffret Pasquier,
après le débat qui s’est produit à la
Chambre. Cependant, il est aux ordres du
Sénat.
Le Sénat prononce la discussion immé
diate.
M. Coblet, répondant à l’interpellation
de M. d’Audiûret Pasquier, affirme le
droit de l’Etat de fermer une chapelle
non autorisée. L’Etat usera de son droit
quand cela sera nécessaire et quand les
municipalités élèveront des plaintes à ce
sujet, parce que l’Etat est reponsable en
vers les municipalités autant qu’envers
l’église.
Le gouvernement, ajoute M. Coblet,
veut la paix dans les esprits ; si l’église
la veut aussi, elle doit commencer par
prêcher le respect du gouvernement, et
l’obéissance aux lois.
M. Lucien Brun réplique au Ministre.
Il dépose un ordre du jour condamnant
l’exécution violentç d’une loi tombée en
désuétude.
La gauche du Sénat demande l’ordre du
jour pur et simple qui est accepté par le
gouvernement, et adopté par 191 voix
contre 89.
— Le Sénat adopte en ûn de séance,
sans débats, sur le rapport du général
Arnaudeau, le projet de loi contre l’es
pionnage.
miles Parlementaires
Paris, 17 avril, 2*h. 35, soir
Le Conseil des ministres s’est réuni ce
matin à l’Elysée.
Dans cette séance, M. de Freycinet a
exposé la situation actuelle en Orient.
Le ministre des affaires étrangères a
conürmè que, malgré les représentation
des puissances européennes, la Crèce n’a
pas'modifié son attitude belliqueuse.
Le gouvernement grec — sans toute
fois déclarer la guerre — persiste à ré
clamer, pour ses frontières l’exécution du
traité de Berlin.
-M.Sadi-Cârnot insistera au Sénat pour
l’adoption du projet d’emprunt vote par
la Chambre.
— Dans cette séance du Conseil des
ministres, M. Sarrien a constate que la
situation actuelle à Decazeville est au
changement.
Paris, 17 avril, 6 h 40, soir.
COULOIRS DU PALAIS BOURBON. —
M. Basly est revenu de Decazeville.
— La Commission des douanes n’a pas
pu s’accorder sur le relèvement des
droits. Les détails sont ajournés au len
demain de la rentrée.
— M. Letellier,d’accord avec les autres
députés de l’Algérie, déposera lundi une
proposition tendant à l’amélioration de
toutes les pensions civiles.
— La Commission des chemins de fer a
décidé de siéger jusqu’à la veille de
Pâques pour trancher la question de prin
cipe relativement au chemin de fer
métropolitain.
On croit d’ailleurs que la Chambre se
séparera seulement samedi.
— La distribution de la Chambre com
prend un rapport de M. Baltet concluant
à l'adoption du projet d'emprunt de cinq
millions du département d’Alger.
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