Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1886-04-15
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 15 avril 1886 15 avril 1886
Description : 1886/04/15 (A2,N271). 1886/04/15 (A2,N271).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5433172
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/04/2021
i n ïu r xj u i u r\ i j
!_/ LJ L V.
Deuxième année. —r N* 271.
Le numéro 5 centimes,
DÉPÔT ,LEGAL
/ >t
Jeudi, 15 avril 1833,
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 mois, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 frans.
FRANCE : — 6 fr. > — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance #t partant du I e ’ et du 15.
FRAIS DE RECOUVREMENT EN SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n° 9, ancien hôtel Bazin.
Toutes les communications relatives à la rédaction doivent être
adressées à M. ACMERAT, rédacteur en chef —Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Administrateur de la Dépêche Algérienne.
■ïssrsssar.-
INSERTIONS
Pous les annonces et réclames s’ adresser*.
A Alger : AGENCE HAYAS, boulevard delà République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, 4.
A Paris : MM. AUDBOURG et Cie, place de la Bourse, 10.
La DEPECHE ALGERIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales judiciaires et autVes exigées pour la validité des procédures et contrats
DÉPÊCHE
BOURSE DE PARIS
Journée du 13 avril 1886.
Clôture
Cours
DIFFÉRENCE
VALEURS
pré-
du
cédente
jour
Hausse
Baisse
Rente 3 0/tl
80 95
81 00
0 05
0 00
Amortissable 1884..
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83 171/2
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4 1/2 0/0 nouveau...
109 40
109 56
016
0 00
A LA CHAMBRE
Paris, 13 avril, 4 h. 56, soir
L’ordre du jour appelle le projet de loi
préhvant cinq millions sur la dotation
de la eaisse des chemins vicinaux de l’Al
gérie en faveur de celle de la métropole.
M.. Bourlier demande la parole.
IMseosirs «le M. I5oui*lieï*.
L’orateur dit que les députes algériens
acceptent le projet de loi proposé. L’Al
gérie est heureuse d’apporter son cou
cou: ■ à la métropole.
L croit cependant pouvoir affirmer que
c’est a tort que l’on a prétendu que la
dotation de 40 millions faite à la caisse
des chemins vicinaux de l’Algérie était
excessive. Cette dotation a >> è faite à la
colonie en raison des besoins créés par
l’extension du territoire civil ; les étu
des préliminaires qui ont été fort lon
gues suffisent à expliquer pourquoi VAl
gérie n’a pas encore profité de la totalité
des fonds mis à sa disposition.
Les travaux considérables n’en ont
pas moins été faits pour augmenter le ré
seau déjà important des voies de commu
nication de l’Algérie ; mais celte grande
œuvre est loin d’être terminée ; elle exi
gera encore de grandes dépenses, et le
député d’Alger espère que le prélèvement
qui est fait actuellement sur la caisse des
chemins vicinaux n’est pas entièrement
perdu pour, elle et qu’il lui sera restitué,
car elle ne saurait en être privée sans
dommage poer l’œuvre de colonisation
entreprise.
lîiseours de M. Sas*rien
Le Ministre de l’intérieur répond que
l’expérience a démontré que la somme de
40 millions pour dix ans, était exagérée.
Au lieu de 4 millions, qu’elle aurait pu
prélever par an, l’Algérie n’a pas em
ployé plus d’un million par an. Le pré
lèvement de 5 millions proposé par le
gouvernement n’apportera donc aucune
entrave aux travaux en Algérie ; elle per
mettra au contraire de prêter à un cer
tain nombre de départements de France
qui, dans l’état actuel des choses ne peu
vent plus emprunter à la caisse des che
mins vicinaux ; il y a donc un grand in
térêt à fournir de nouvelles ressources à
ces départements avec des fonds dont
1, Algérie n’a pas besoin.
M. Sarrien termine en disant qu’il pré
pare un projet de loi destiné à permettre
aux départements et aux communes de
compléter leur réseau de chemins vici
naux.
Paris, 13 avril, 5 h. 50, soir,
lîiscours de M. de Mun.
M. de Muii demande compte au gouver
nement des incidents qui se sont produits
à Chateauvillain ; il accuse les pouvoirs
publics d’être les auteurs de cet attentat
qu’il qualifie d’atteinte au libre exercice
de la religion et de violation d’un domi
cile particulier.
La population avait le droit de défen
dre ses croyances, et M. Fischer avait le
droit de résister à main armée à ceux qui
voulaient violer son domicile.
M. de Mun se livre ensuite à une série
d’attaques personnelles contre M. Goblet
et conclut en disant que tous les attentats
contre la religion Uniront par se payer.
Discours de M. Gefelet.
Paris, 13 avril, 6 h., soir.
Je m’abstiendrai de qualifier le dis
cours que M. de Mun vient de prononcer.
Mais je m’expliquerai complètement sur
les déplorables événements qui se sont
produits à Combe, parce qu’il est néces
saire de rétablir sur ces faits, la vérité
qui a été travestie. (Protestations à
droite. J
Et tout d’abord je tiens à bien préciser
le droit absolu du gouvernement de fer
mer la chapelle de Chateauvillain et de
pénétrer dans cette propriété dans ce
but. Ce droit est incontestable.
(Applaudissements à gauche, dénégation
à droite.
Le Ministre cite à l’appui de son affir
mation le texte de loi autorisant le pré
fet à fermer une chapelle et même un
oratoire particulier ouvert sans autori
sation ; puis il reprend :
M. Robinet de Glery, lui même, recon
naît ce droit.
Plusieurs chapelles ont déjà été fer
mées dans ees conditions sans incidents.
Il me faut ajouter que dans certaines
usines il a été formé des confréries dites
de « Notre Lame », confréries parfaite
ment légaes quand elles sont autorisées
et criminelles quand elles se mettent en.
révolte contre la loi (Applaudissements
au centre et à gauche.)
M. Coblet raconte ensuite l’origine du
conflit survenu entre la municipalité de
Chateauvillain d’une part, et le curé et
son vicaire de l’autre.
Le curé abandonnait sans cesse son
poste pour aller prêcher au hameau de
Combe.
M. Ciraud, propriétaire de l’usine, fut
mis en demeure en juin 1885, de sollici
ter une autorisation pour la chapelle
qu’il avait ouverte, mais le préfet ne
reçut aucune demande de sa part.
L’attitude du curé et du vicaire devint
alors de plus en plus provocante et le
préfet dut, en présence de cette attitude,
demander au gouvernement l’autorisa
tion de faire fermer la chapelle.
M. Goblet lit les instructions qu’il
envoya au préfet.
L’orateur passe ensuite au récit de
l’émeute. Il dit qu’elle fut préméditée par
Fischer qui, deux jours avant les inci
dents que Von connaît, fit sonner le toc
sin à l’arrivée du commissaire de police
et ameuta les ouvrières de concert avec
le curé et le vicaire ; le commissaire dut
se retirer, puis il revint parlementer
dans la journée sans rien obtenir.
Enfin à 5 heures du soir le sous préfet
arriva avec les gendarmes.
Paris, 13 avril, 7 h. 50, soir.
L’après les rapports officiels, voici ce
qui se passa alors :
M. Fischer tira sur le sous préfet et les
gendarmes ; le. sous-préfet donna alors
l’ordre à deux gendarmes de le désarmer.
M. Fischer tira alors sur eux à bout por
tant ; un gendarme riposta et bhssa Fis
cher à la joue ; l’autre gendarme, blessé
et couvert d’ordures, tira également deux
coups de revolver sur les femmes ameu
tées ; il en tua une et en blessa une au
tre.
Voilà les faits.
La fermeture de la chapelle était un
acte administratif, parfaitement légal et
justifié. Il fallait faire cesser un conflit
qui durait depuis deux ans et pour la so
lution duquel, l’évêque nous a toujours
refusé son concours.
Le sous préfet a fait son devoir. (Ap
plaudissements répétés au centre et à
gauche. F rots stations à droite) il a es
sayé la conciliation, il s, usé de modéra
tion, et n’a employé la force que devant
la persistance des émeutiers.
Celui qui est responsable de ces évène
ments déplorables, g’ est le directeur de
l’usine.
Il est inexact de dire qu’il n’avait pas
reçu une réponse du propriétaire, car on
a retrouvé ouverte sur le bureau de M.
Fischer, une lettre de M. Guiraud lui or
donnant de se soumettre. (Exclamations
au centre et à gauche.)
Mais si M. Fischer est coupable, il n’est
pas seul coupable ; le curé qui l’a excité
partage sa responsabilité, et peut être
est il arrêté à l’heure actuelle.
Je ne veux pas en dire davantage pour
ne pas influencer l’œuvre de la justice,
mais je crois devoir dénoncer du haut de
cette tribune, ces journaux qui, sous pré
texte de liberté prêchent h guerre civile,
ces prétendus conservateurs qui prêchent
la révolte contre la loi. (Violentes inter
ruptions à droite.)
Un ancien député, M. Peyre, écrit dans
un journal qu’il ouvrira des chapelles
malgré la loi. (Applaudissements à droi
te.)
M. Goblet. — S’adressant à la droite :
Vous applaudissez à une violation de la
loi I (Cris : oui, oui) et c’est dans un
pareil moment, après de pareilles mani
festations que vous voudriez que nous
autorisions l’ouverture de chapelles dans
lesquelles vous prêcheriez la guerre civile.
M. Maillé. — Vous êtes un grand des- ■
pote.
M. Goblet. — Ceux qui sous prétexte
de liberté prêchent la guerre civile, en
courent une grave responsabilité dont le
pays sera juge. (Salves répétées d’applau
dissements. M. Goblet en revenant a son
banc est vivement félicité par un grand
nombre de députés.)
MM. KelHer et Jolibois.
MM. Keller et Jolibois traitent la ques
tion au point de vue juridique ; ils sou
tiennent que la fermeture d’une cha
pelle est illégale.
Les ordres du jour.
M. Keller présente un ordre du jour
Pétrissant la conduite illégale du gouver
nement, conduite qui a amené la mort de
plusieurs personnes.
M. Goblet, remonte à la tribune; il dit
qu’il voulait demander l’ordre du jour
pur et simple, mais qu’en présence de
l’ordre du jour de la droite, il demande
à la Chambre l’approbation de ses décla
rations.
Onze ordres du jour sont déposés, dont
plusieurs demandent la. séparation de
l’Eglise et de l’Etat.
M. Goblet déclare que cette question ne
peut pas être posée actuellement ; il dit
que le gouvernement accepte l’ordre du
jour de M. Rondeleux ainsi conçu : « La
» Chambre approuvant les déclarations du
» gouvernement passe à l’ordre du jour. »
L,e vote.
L’ordre du jour de M. Keller est
repoussé par 854 voix contre 176.
La priorité, en faveur de l’ordre du
jour Michelin tendant à proclamer la
séparation de l’Eglise et de l’Etat, est
repoussée par 860 voix contre 100.
L’ordre du jour Rondeleux est accepté
par 340 voix contre 187.
La prochaine séance jeudi.
AU SENAT
, Paris, 13 av il, 6 h. 50 soif.
Le Sénat- a aéopté les derniers articles
du projet de loi relatif à la conservation
des monuments historiques ; il prend en
suite en considération une proposition de
M. Naqvet, modifiant l’article 810 du
Gode civil relatif au divorce.
Pari't. 13 av* i], 6 h 45 soir
COULOIRS LU LUXEMBOURG. — Les
bureaux ont nommé la commission rela
tive à la proposition de M. Bozérian.
Beux commissaires seulement sont hosti
les à la proposition ; tous les autres lui
sont favorables ; quelques uns même vou
draient l’aggraver.
L’Union républicaine a décidé de voter
contie cette proposition.
— La Commission des finances a en-
tendil M. de Freycinet et M. Sadi Carnot;
elle a décidé de nommer son rapporteur
demain.
— La distribution du Sénat comprend
deux rapports de M. Mauguin sur les
emprunts de Blida concluant à leur adop
tion.
Pa is 13 avril, 6 h. 50, soir.
La cinquième Commission d’intérêt lo
cal a approuvé le projet de loi tendant à
auterdser le département d’Alger à em
prunter cinq millions pour les chemins
vicinaux. M. Baltet, rapporteur, a dé
posé son rapport au cours de la seance de
la Chambre.
Paris, 13 avril, 7 h., soir.
COULOIRS LU PALAIS BOURBON. —
La commission de l’enseignement primai
re a élu M. Steeg, président. ^
— La commission relative à la propo
sition Letellier concernant la, récompense
à accorder au docteur Maillot a décidé à
l’unanimité de faire une démarche au
près du général Boulanger et de l’amiral
Aube peur obtenir d’eux un avis favora
ble. , , . *
— M. Goblet a déposé son projet de
budget des dépenses pour l’instruction
primaire, t ......
Les instituteurs et les institutrices
actuels de l’Algérie conservent les béné
fice de l’article 4 du décret du 13 février
1883, relatif aux augmentations de trai
tement auxquels ils ont droit.
Tous les cinq ans des règlements d’ad
ministration publique statueront sur le
taux des primes pour la connaissance
des langues arabe et kabyle, sur le taux
des indemnités de résidence en territoi
res civils et sur les allocations d’indem *
!_/ LJ L V.
Deuxième année. —r N* 271.
Le numéro 5 centimes,
DÉPÔT ,LEGAL
/ >t
Jeudi, 15 avril 1833,
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
ABONNEMENTS
ALGÉRIE : 3 mois, 4 fr. 50 ; 6 mois, 9 fr. ; 1 an, 18 frans.
FRANCE : — 6 fr. > — 12 fr. ; — 24 francs.
Payables d’avance #t partant du I e ’ et du 15.
FRAIS DE RECOUVREMENT EN SUS
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n° 9, ancien hôtel Bazin.
Toutes les communications relatives à la rédaction doivent être
adressées à M. ACMERAT, rédacteur en chef —Tout ce qui concerne
l’administration, à M. l’Administrateur de la Dépêche Algérienne.
■ïssrsssar.-
INSERTIONS
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A Alger : AGENCE HAYAS, boulevard delà République, 8.
A Marseille : M. Gustave ALLARD, rue de Bausset, 4.
A Paris : MM. AUDBOURG et Cie, place de la Bourse, 10.
La DEPECHE ALGERIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales judiciaires et autVes exigées pour la validité des procédures et contrats
DÉPÊCHE
BOURSE DE PARIS
Journée du 13 avril 1886.
Clôture
Cours
DIFFÉRENCE
VALEURS
pré-
du
cédente
jour
Hausse
Baisse
Rente 3 0/tl
80 95
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Amortissable 1884..
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109 56
016
0 00
A LA CHAMBRE
Paris, 13 avril, 4 h. 56, soir
L’ordre du jour appelle le projet de loi
préhvant cinq millions sur la dotation
de la eaisse des chemins vicinaux de l’Al
gérie en faveur de celle de la métropole.
M.. Bourlier demande la parole.
IMseosirs «le M. I5oui*lieï*.
L’orateur dit que les députes algériens
acceptent le projet de loi proposé. L’Al
gérie est heureuse d’apporter son cou
cou: ■ à la métropole.
L croit cependant pouvoir affirmer que
c’est a tort que l’on a prétendu que la
dotation de 40 millions faite à la caisse
des chemins vicinaux de l’Algérie était
excessive. Cette dotation a >> è faite à la
colonie en raison des besoins créés par
l’extension du territoire civil ; les étu
des préliminaires qui ont été fort lon
gues suffisent à expliquer pourquoi VAl
gérie n’a pas encore profité de la totalité
des fonds mis à sa disposition.
Les travaux considérables n’en ont
pas moins été faits pour augmenter le ré
seau déjà important des voies de commu
nication de l’Algérie ; mais celte grande
œuvre est loin d’être terminée ; elle exi
gera encore de grandes dépenses, et le
député d’Alger espère que le prélèvement
qui est fait actuellement sur la caisse des
chemins vicinaux n’est pas entièrement
perdu pour, elle et qu’il lui sera restitué,
car elle ne saurait en être privée sans
dommage poer l’œuvre de colonisation
entreprise.
lîiseours de M. Sas*rien
Le Ministre de l’intérieur répond que
l’expérience a démontré que la somme de
40 millions pour dix ans, était exagérée.
Au lieu de 4 millions, qu’elle aurait pu
prélever par an, l’Algérie n’a pas em
ployé plus d’un million par an. Le pré
lèvement de 5 millions proposé par le
gouvernement n’apportera donc aucune
entrave aux travaux en Algérie ; elle per
mettra au contraire de prêter à un cer
tain nombre de départements de France
qui, dans l’état actuel des choses ne peu
vent plus emprunter à la caisse des che
mins vicinaux ; il y a donc un grand in
térêt à fournir de nouvelles ressources à
ces départements avec des fonds dont
1, Algérie n’a pas besoin.
M. Sarrien termine en disant qu’il pré
pare un projet de loi destiné à permettre
aux départements et aux communes de
compléter leur réseau de chemins vici
naux.
Paris, 13 avril, 5 h. 50, soir,
lîiscours de M. de Mun.
M. de Muii demande compte au gouver
nement des incidents qui se sont produits
à Chateauvillain ; il accuse les pouvoirs
publics d’être les auteurs de cet attentat
qu’il qualifie d’atteinte au libre exercice
de la religion et de violation d’un domi
cile particulier.
La population avait le droit de défen
dre ses croyances, et M. Fischer avait le
droit de résister à main armée à ceux qui
voulaient violer son domicile.
M. de Mun se livre ensuite à une série
d’attaques personnelles contre M. Goblet
et conclut en disant que tous les attentats
contre la religion Uniront par se payer.
Discours de M. Gefelet.
Paris, 13 avril, 6 h., soir.
Je m’abstiendrai de qualifier le dis
cours que M. de Mun vient de prononcer.
Mais je m’expliquerai complètement sur
les déplorables événements qui se sont
produits à Combe, parce qu’il est néces
saire de rétablir sur ces faits, la vérité
qui a été travestie. (Protestations à
droite. J
Et tout d’abord je tiens à bien préciser
le droit absolu du gouvernement de fer
mer la chapelle de Chateauvillain et de
pénétrer dans cette propriété dans ce
but. Ce droit est incontestable.
(Applaudissements à gauche, dénégation
à droite.
Le Ministre cite à l’appui de son affir
mation le texte de loi autorisant le pré
fet à fermer une chapelle et même un
oratoire particulier ouvert sans autori
sation ; puis il reprend :
M. Robinet de Glery, lui même, recon
naît ce droit.
Plusieurs chapelles ont déjà été fer
mées dans ees conditions sans incidents.
Il me faut ajouter que dans certaines
usines il a été formé des confréries dites
de « Notre Lame », confréries parfaite
ment légaes quand elles sont autorisées
et criminelles quand elles se mettent en.
révolte contre la loi (Applaudissements
au centre et à gauche.)
M. Coblet raconte ensuite l’origine du
conflit survenu entre la municipalité de
Chateauvillain d’une part, et le curé et
son vicaire de l’autre.
Le curé abandonnait sans cesse son
poste pour aller prêcher au hameau de
Combe.
M. Ciraud, propriétaire de l’usine, fut
mis en demeure en juin 1885, de sollici
ter une autorisation pour la chapelle
qu’il avait ouverte, mais le préfet ne
reçut aucune demande de sa part.
L’attitude du curé et du vicaire devint
alors de plus en plus provocante et le
préfet dut, en présence de cette attitude,
demander au gouvernement l’autorisa
tion de faire fermer la chapelle.
M. Goblet lit les instructions qu’il
envoya au préfet.
L’orateur passe ensuite au récit de
l’émeute. Il dit qu’elle fut préméditée par
Fischer qui, deux jours avant les inci
dents que Von connaît, fit sonner le toc
sin à l’arrivée du commissaire de police
et ameuta les ouvrières de concert avec
le curé et le vicaire ; le commissaire dut
se retirer, puis il revint parlementer
dans la journée sans rien obtenir.
Enfin à 5 heures du soir le sous préfet
arriva avec les gendarmes.
Paris, 13 avril, 7 h. 50, soir.
L’après les rapports officiels, voici ce
qui se passa alors :
M. Fischer tira sur le sous préfet et les
gendarmes ; le. sous-préfet donna alors
l’ordre à deux gendarmes de le désarmer.
M. Fischer tira alors sur eux à bout por
tant ; un gendarme riposta et bhssa Fis
cher à la joue ; l’autre gendarme, blessé
et couvert d’ordures, tira également deux
coups de revolver sur les femmes ameu
tées ; il en tua une et en blessa une au
tre.
Voilà les faits.
La fermeture de la chapelle était un
acte administratif, parfaitement légal et
justifié. Il fallait faire cesser un conflit
qui durait depuis deux ans et pour la so
lution duquel, l’évêque nous a toujours
refusé son concours.
Le sous préfet a fait son devoir. (Ap
plaudissements répétés au centre et à
gauche. F rots stations à droite) il a es
sayé la conciliation, il s, usé de modéra
tion, et n’a employé la force que devant
la persistance des émeutiers.
Celui qui est responsable de ces évène
ments déplorables, g’ est le directeur de
l’usine.
Il est inexact de dire qu’il n’avait pas
reçu une réponse du propriétaire, car on
a retrouvé ouverte sur le bureau de M.
Fischer, une lettre de M. Guiraud lui or
donnant de se soumettre. (Exclamations
au centre et à gauche.)
Mais si M. Fischer est coupable, il n’est
pas seul coupable ; le curé qui l’a excité
partage sa responsabilité, et peut être
est il arrêté à l’heure actuelle.
Je ne veux pas en dire davantage pour
ne pas influencer l’œuvre de la justice,
mais je crois devoir dénoncer du haut de
cette tribune, ces journaux qui, sous pré
texte de liberté prêchent h guerre civile,
ces prétendus conservateurs qui prêchent
la révolte contre la loi. (Violentes inter
ruptions à droite.)
Un ancien député, M. Peyre, écrit dans
un journal qu’il ouvrira des chapelles
malgré la loi. (Applaudissements à droi
te.)
M. Goblet. — S’adressant à la droite :
Vous applaudissez à une violation de la
loi I (Cris : oui, oui) et c’est dans un
pareil moment, après de pareilles mani
festations que vous voudriez que nous
autorisions l’ouverture de chapelles dans
lesquelles vous prêcheriez la guerre civile.
M. Maillé. — Vous êtes un grand des- ■
pote.
M. Goblet. — Ceux qui sous prétexte
de liberté prêchent la guerre civile, en
courent une grave responsabilité dont le
pays sera juge. (Salves répétées d’applau
dissements. M. Goblet en revenant a son
banc est vivement félicité par un grand
nombre de députés.)
MM. KelHer et Jolibois.
MM. Keller et Jolibois traitent la ques
tion au point de vue juridique ; ils sou
tiennent que la fermeture d’une cha
pelle est illégale.
Les ordres du jour.
M. Keller présente un ordre du jour
Pétrissant la conduite illégale du gouver
nement, conduite qui a amené la mort de
plusieurs personnes.
M. Goblet, remonte à la tribune; il dit
qu’il voulait demander l’ordre du jour
pur et simple, mais qu’en présence de
l’ordre du jour de la droite, il demande
à la Chambre l’approbation de ses décla
rations.
Onze ordres du jour sont déposés, dont
plusieurs demandent la. séparation de
l’Eglise et de l’Etat.
M. Goblet déclare que cette question ne
peut pas être posée actuellement ; il dit
que le gouvernement accepte l’ordre du
jour de M. Rondeleux ainsi conçu : « La
» Chambre approuvant les déclarations du
» gouvernement passe à l’ordre du jour. »
L,e vote.
L’ordre du jour de M. Keller est
repoussé par 854 voix contre 176.
La priorité, en faveur de l’ordre du
jour Michelin tendant à proclamer la
séparation de l’Eglise et de l’Etat, est
repoussée par 860 voix contre 100.
L’ordre du jour Rondeleux est accepté
par 340 voix contre 187.
La prochaine séance jeudi.
AU SENAT
, Paris, 13 av il, 6 h. 50 soif.
Le Sénat- a aéopté les derniers articles
du projet de loi relatif à la conservation
des monuments historiques ; il prend en
suite en considération une proposition de
M. Naqvet, modifiant l’article 810 du
Gode civil relatif au divorce.
Pari't. 13 av* i], 6 h 45 soir
COULOIRS LU LUXEMBOURG. — Les
bureaux ont nommé la commission rela
tive à la proposition de M. Bozérian.
Beux commissaires seulement sont hosti
les à la proposition ; tous les autres lui
sont favorables ; quelques uns même vou
draient l’aggraver.
L’Union républicaine a décidé de voter
contie cette proposition.
— La Commission des finances a en-
tendil M. de Freycinet et M. Sadi Carnot;
elle a décidé de nommer son rapporteur
demain.
— La distribution du Sénat comprend
deux rapports de M. Mauguin sur les
emprunts de Blida concluant à leur adop
tion.
Pa is 13 avril, 6 h. 50, soir.
La cinquième Commission d’intérêt lo
cal a approuvé le projet de loi tendant à
auterdser le département d’Alger à em
prunter cinq millions pour les chemins
vicinaux. M. Baltet, rapporteur, a dé
posé son rapport au cours de la seance de
la Chambre.
Paris, 13 avril, 7 h., soir.
COULOIRS LU PALAIS BOURBON. —
La commission de l’enseignement primai
re a élu M. Steeg, président. ^
— La commission relative à la propo
sition Letellier concernant la, récompense
à accorder au docteur Maillot a décidé à
l’unanimité de faire une démarche au
près du général Boulanger et de l’amiral
Aube peur obtenir d’eux un avis favora
ble. , , . *
— M. Goblet a déposé son projet de
budget des dépenses pour l’instruction
primaire, t ......
Les instituteurs et les institutrices
actuels de l’Algérie conservent les béné
fice de l’article 4 du décret du 13 février
1883, relatif aux augmentations de trai
tement auxquels ils ont droit.
Tous les cinq ans des règlements d’ad
ministration publique statueront sur le
taux des primes pour la connaissance
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