Titre : Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1852-11-16
Contributeur : Véron, Louis (1798-1867). Rédacteur
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32747578p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 16 novembre 1852 16 novembre 1852
Description : 1852/11/16 (Numéro 321). 1852/11/16 (Numéro 321).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
NUMÉRO 321.
ISUEII3A1TSL ï rue tle, Waiol (Palais-R^yal), it* fO.
Prix de rabofiaemcnt
■ -■ ■mm' ■ "
paris ^et dep artésiens :
S ï&. JPQUB. TROIS VOIS. -
TOI HUMÉE©. :. 15 CENTIMES. ^
tqvb. les pats ire A ngers > 9e reporter au
tableau publié da&s le journal, les 10 et
25 de chaque mois;
1852. - MARDI 16 NOVEMBRE.-
5S®®Ê5KSPBS®ïîSŒE5î3SSSSSËïSraïSMœ^Sa
JOURNAL POLITIQUEj; MTiIRAIBE,. lOTEBpâ*
S'a&reàser, tnSJfto,.-peter la rédaelion,-»^ C ijc B evai,^ C iari6nv, rédacteur encnefl t On s'abonne, dam les dt-pvrtemtns, aux Itîeisagcries er eux JOirosticris-deponte.—A Londres, chez ft!j i. . ' Les aTticlSs déposés ne sont pas rendus. . . { — A Strasbourg, chez ^■sxh.mm,:pour.rÀUeùiogn?.
*•> *!■* •*' ■ 'X': ' * j . ; S'adresser, fttfàm,pour l'udr.ttnù
?..■. ; •"'* . : *• ' • - à m.'denai.y, >:hreetéw,'.
LeSx''a Bon
, ' et au.bureau du journal.
F, Les abonnes nouveaux 4u 46 novembre
peuvent faire retirer dans "nos bureaux tout
■ ce qui a paru du r.oman de Mme. Ancelot,
ïtk£
PARIS, 15 NOVEMBRE.
Le gouvernement de Louis-Napoléon vient
de faire un acte solennel de force et de dignité.
It a fait insérer ad Mmùteur les divers màni-
festes des partis hostiles au rétablissement
de l'Empire» Ces manifestes, comme nous
.l'avons dit ce matin, on avait tenté de les
introduire en France d'une manière su-
fcreptice. On les avait adressés à' domiciie
sous forme de lettres missives : on leur avait
fait franchir la frontière dans des ballots de
contrebande. Les agens de l'autorité avaient
rempli leur devoir en les interceptant au
passage, e|, de nombreuses saisies que
ïïous avons "annoncées avaient attesté à la
fois leur vigilance efrl'activité de cette pro
pagande clandestine* Le gouvernement, qui
domine les évéiïemené, de la situation élevée
•ù il est placé, a compris qu'il y avait quel
que chose de mieux à faire que de saisir ces
correspondances ' et que de poursuivre ces
manifestes. Il leur ouvre les colonnes du
journal officiel/et il leur donne l'éclat de4a
]flus complète publicité. • .
- „ La-France de 1804, lassée des orages ré
volutionnaires, qffamée d'ordre et de stabi
lité, a décerné en pleine connaissance de
cause la couronne à Napoléon Bonaparte.
H faut que la grande manifestation na-
■tooriate qui va relever l'Empire soit aussi
sïiicere, aussi éclairée. La Franco de 1852,
avant de. prononcer sur ses destinées, aura
entendu toutes le's.voix, qui, avec un langage
bien différent sans doute,, lui conseillent de
s-'abstenir. On n'aura point à reprocher, au
pouvoir d'avoir tenu la lumière sous le bois
seau. Fidèle à la politique nette et résolue qu'il
a- adoptée depuis le 2 décembre, et qui lui
a si bien réussi, le gouvernement de Louis-
napoléon soumet toutes les pièces du procès
a la nation, maîtresse d'elle-même et agis
sant dans sa souveraineté et dans son indé
pendance. La jiation jugera':
, Nous. publions plus bas ces divers ma
nifestes, Nous n'avons qu'un mot à dire de
ceux'qui émanent de-la démagogie. Nous
ne savons s'il fautavoir plusd'horreur que de
pitié pour les tristes aberrations de ces hom
mes .incurables dans leur orgueil et dans leur
démence. Ils pal lent cf$ la félicité humaine
«t de leur sublime mission de progrès'en
frêehant l'assassinat et l'insurrection. Peul-
tre môme devons-nous leur savoir gré d'éta
ler avec tant de cynisme le délire de leur rage
impuissante. En parlant si ingénument
dé 'préparer le chahute vengeur, de punir
les pervers, d'enfermer dans m cercle de
fer 'et de plomb toits ceux qui ont prêté ser
ment à Louis-Napoléon t ils nous appren
nent à quoi «olïs en tenir sur leurs projets,
ils nous prouvent que dans leurs cœufs iis
ont rétabli depuis long-temps ' la peiue de
mort en matière politique,, et qu'un nou
veau 93, plus complet et moins timide,
est leur suprême expédient et leur unique
ressource. Nous devons aussi les remercier
d'afficher un mépris si hautain pour ce trou
peau qu'an appelle le peuple. Depuis long-temps
nous savions ce 'que valaient les hypocrites
protestations de leur respect pour la vo-,
Jonté populaire. Leur peuple, à eux, ce
n'est pas le peuple des ateliers et des cam
pagnes, le peuple honnête et laborieux qui
à voté en 1848 et en 1832 pour le prince
Louis-Napoléen et qui va restaurer l'Empire
Leur peuple, c'est cette poignée de turbulens
iet de brouillons qui vit dans les bouges,
gui agit dans l'ombre des sociétés seGrètes,
qui veut la république démocratique et
sociale, d'après le programme des trois ma
nifestes publiés te matin aù Moniteur,
' A,Dieu ne plaise que nous confondions
ces proclamations abominables avec la pro
testation que M. le cômte de Gharc'jord a
cru devoir faire paraître ! M. • ^ coSîte de
Ghambord a" pu se tromper* h sentif
face,
dignes de lui-même. Nous respectons trop
en lui le malheur et l'exil pour entrepren
dre la réfutation • de la thèse ' politique dé
veloppée dans sa protestation. La meil
leure réponse >qu'on puisse faire se trouve
dans la coïncidence qui a rapproché de l'é
crit sorti de la plume du dernier' des
Bourbons ces trois manifestes révolu
tionnaires. L'histoire nous a appris 'que
la dynastie Capétienne,.» illustre à tant de
titres, n'a pu suffisamment protéger ni 1-a
société française, ni elle-même , contre la
démagogie. Louis XVI, ce roi martyr, mort
sjir l'échafaud, là chute de la llestauration,
celle de la branche d'Orléans, ont montré
que .là n'étaient point pour la nation la
force et la sécurité. De là, le besoin, la né
cessité d'une dynastie nouvelle, de la dy
nastie fondée sous l'inspiration du génie
prodigieux qui a su, d'une main si puis
sante et si féconde, organiser la démocratie
et museler les passions révolutionnaires. A
des temps nouveaux, des hommes nouveaux
et des' institutions nouvelles. Descendant de-
IIugues Gapet, avez-vous oublié dans quelles
conditions vos ancêtres montèrent sur le
trône, et ce que devinrent les protestations
des derniers Carlovingiens?
Le gouvernement de Louis-Napoléon a
doïmé une preuve nouvelle dé sa confiance
dans son droit et de son respect pour la vo
lonté nationale, en faisant connaître à tous,
au moment du vote, les protestations des
partis. Henri Caxjvain.
extrait du Moniteur.
Des efforts considérables et des manœu
vres de toute nature sont tentés pour répan
dre .dans le peuple, au moment du vote so
lennel afaquel il est appelé, les protestations
des partis. Le gouvernement ira pas d'inté
rêt à s'opposer à leur publication, il veut les
faire connaître lui-même ; car, dans cè grand
mouvement national qui pousse la France
au rétablissement de l'Empire, il faut que
l'opinion du peuple soit éclairée, et que sa
volonté, manifestée sans contrainte, soit
l'expression de sa conviction.
Qu'on lise donc les manifestes 'du comité
révolutionnaire de Londres et celui des pros
crits démocrates-socialistes da France rési
dant à Jersey et réunis en assemblée géné
rale. -
I.
ïapper le bri-
Citoyens, ' _ •
La démocratie a dû. s'imposer
d 'attente et de souffrance avant d>:
gaftd qui souille notre pays, afin de se réorganiser
malgré la terreur bonapartiste.
Silyez donc prêts à tout et à'chaque instant. Tâ
chez de vous voir et de vous rassembler souvent
par 2, p.'ir 4, par G, par 10, s'il est possible; for
mez des groupes et Ses centres qui ceimîivinirpiont
entre eux de vive voix. Conspirez enfin avec cou
rage et prudence, car la persécution doit rendre
ardens ceux qu'elle voudrait anéantir. Quand la
g rande nouvelle vous arrivera, qu'elle vous trouve
debout, sans vous surprendre, comme celle du 2
décembre ; rappelez-vous que, ce jour-Iïk, vous
avez attendu en vain un signal delà part des traî
tres ou des lâches qùi se disaient vos chefs ; ne
soyez donc plus des moutons qu'on ' mène, soyez
des hommes. •
Aussitôt que vous apprendrez que l'infâme
Louis-Bonaparte a reçu son juste châtiment, quel,
que soit le jour ou l'heure, partez de tous les points
a la fois pour le rendez-vous convenu entre plu-'
sieurs groupes^ et de là, marchez enselîible sur
les cantons, les arrondissemens et les préfectures,
afin d'enfermer dans un cercle de fer et de plomb
tous les vendus, qui, en prêtant le serment, se
sont rendus complices des crimes de leur maître.
Purgez une bonne'fois la France de tous les bri
gands qu'elle nourrit et qui la rongent. Depuis
quatre ans, vous avez appris à les connaître; lors
que luira le jour de justice, que ni votre cœiir ni
votre bras ne faiblissent, car vos ennemis géné
reusement épargnés redeviendraient bientôt vos
persécuteurs et vos bourreaux. En punissant les
pervers, le peuple devient ministre de la justice
de Dieu!
N'oublions pas aussi que la France est chargée
des malédictions de la. démocratie européenne, qui
attendait de notre initiative son signal de -déli
vrance; malgré nos faiblesses et nos défaillances,
les nations lèvent encore vers no.us leurs mains
enchaînées et leurs yeux où. brille un dernier
rayon d'espoir; montrons-nous dignes de la su-
ulime inissiou de progrès «t d'avenir que lie monde
entier semble nous avoir confiée, ouvrons aux peu
ples le chemin de la république universelle par
la révolution démocratique et sociale delà France.
* ' ... Le (0 ni té révolutionnaire.
- . . - »
--n .n mm"-' li.--,.—-
Al) PEUPLE. .
Citoyens, -
Lorsque nos pôres, il y a prôs de cinquante ans,
laisserait mouler au trône le soldat d'Arcole et de
Touion, en un seul vote ils consommèrent tous les
Crimes contre la patrie, plus tard souillée par
deux invasions^ cri me centre l'humanité qu'ils
jetèrent, dans les crises et dans le sang, cri
me contre la pensée libre qu'ils .livrûrent à la
force insolente ; crime ■ contre leurs enfans, par
eux dépouillés et dont le patrimoine à reprendre
a coûté deux révolutions; crime, enfin, contre
eux-mêmes et contre leur mémoire, car ils se sui
cidèrent en se déshonorant. •
Aujourd'hui, citoyens, on vous invite à renou
veler ce bail infime de la-servitude ; on vous corP
vie au second Empire, et ce n'est pas la victoire,
Sj la France, éblouie par les éclairs d'une gran
de épéc, se déshonora pourtant et se ; perdit aux
calendes de l'an IV, que dira-t-on de yous par
toute la terre, de vous, citoyens majeurs, che
vronnés par deux révolutions, et Venant aujour
d'hui, comparses de la police, couronner le César -
du guet-apens. <
La conscience n'a qu'un nom pour un pareil
Suicide : lâcheté,Net l'histoire n'aurait qu'une pla
ce pour un tel peuple : les gémonies !;
Citoyens, ...
L'exercice de la souveraineté n'est qu'une-abo
minable trahison et la plus triste des comédies
humaines quand la liberté ne lient pas lès urnes;
or, qui lestient aujourd'hui? la dictatttre de l'as
sassinat, le iLdéu&mbve,! • ■;•. ...
Le vote au scrutin, -même secret, n'est que le
vol organisé, quand c'est le mensonge qui dé
pouille, sous les auspices et sous les faisceaux de
la force. Or, qui les dépouille aujourd'hui,ces bul
letins effacés, tombés dans l'urne soûs l'œil des
gendarmes? Le mensonge incarné, lè parjure hy
pocrite et sanglant, le système du 2 décembre !
Un peuple peut voter pour ou contre, sur l'im- '
pôt, sur la paix, sur la guerre et sur les formes
relatives de la souveraineté, quand elles n'enga
gent pas le fond ; mais sur l'existence elle-même
de cette souveraineté, sur le droit inaliénable ,
éternel, sur le principe et l'essence (le la vie, tout
vote est un crime : on ne doit répondre que par les
armes! . . .
Quelle est, aujourd'hui, la question posée?
L'Empire, l'Empire héréditaire! c'est-à-dire l'ab
dication de la souveraineté se courant dans la
servitude éternelle, comme un soleil éteint dans
la mer, l'aliénation S perpétuité de soi-tnêine et de
ses enfants^ la mort volontaire, sans réveil ét dés
honorée.
Citoyens, vous ne commettrez" "pas cet attentat
horrible; vous n'étendrez pas, comme uri suaire,
sur la tombe de la République scellée par vous, la
pourpre souillée d'un César-de carii^Bur.; vous ne •
porterez pas une main impie sur-vos,Hyolutioiis,
sur vos trophée."; sur vos "eSpérancesj.sur la civi
lisation qui ne vit que de liberté,-sur vos enfans
et sur vous-mêmes. ' ,
Vous ne consommerez pas ce grand meurtre de
l'honneur et du devoir : vous ne voterez pas !
Laissez la pCiico et les'parasités de. tous les
temps travailler A Ja guirlande impériale, et vous,
qiielqpes nioh'T^ 1 ^ le d**™-*#****-.
Oui, la nuit, le jour, au.milieu des foules com
me dans l'ombre, 'reconnaissez-vous, organisez-
vous, fortiHc-z-Yous : que chacun vive dans tous et ,
tous dans chacun ; qu'une foi commune vousani-,
me, la foi révolutionnaire, implacable, persévé-'
rante, hardie comme, celle de nos pères de 92, et
toujours prête à se lever, à frapper. ■
Citoyens, 'devant un tyran, un parjure, un as
sassin des libertés publiques, voili lé seul grand
devoir à rempli-.
La Société la Révolution. ■
111.
AU PEUPLE. .
Citoyens,
L'ISmpirè va se faire. Faut-il voter? Faut-il con
tinuer de s'abstenir? Telle est la question qu'on
nous adresse.
Dans le département de la. Seine, un certain
nombre de républicains, de ceux qui jusqu'à ce ..
jour se sont abstenus, conuhe ils le devaient, de-
prendre part, sous quelque forme que ce fût, aux
actes du gouvernement de M. Bonaparte, semble-;
raient aujourd'hui ne pas être éloignés dépen
ser qu'à l'occasion- de l'Empire une manifestation
opposante de lji ville de Paris, par la voie du
scrutin, pourrait être utile, et que le moment se
rait peut-être venu d'intervenir dans le voté. Ils
ajoutent que, dans tous les cas, le vote pourrait
être un moyen de recensement pour le parti ré
publicain ; "grâce au -vote, on se compterait.
Ils nous demandent conseil.
Notre réponse sera simple ; et ce que nous di
rons pour la ville de Paris peut être dit pour tous '
les dfpartemens. * •
Nous ne nous arrêterons point à vous faire re
marquer que M. Bonaparte ne s'est pas décidé à se
déclarer empereur sans avoir, au préalable, ar
rêté avec ses complices le nombre de voix dont il
lui convient de dépasse* les 7,500,000 de son 20
décembre. A l'heure qu'il est, 8 millions, 9
millions, 10 millions, son chiffre est fait. Le
scrutin-n'y changera rien. Nous ns prendrons
pas la peine de- vous Tappelef ce que c'est
FEUILLETON OU CONSTITUTIONNEL, 16 NOVEMBRE-
REVUE MUSICALE.
&P£lu-coaiiQijE .Reprise du Caïd, continuation des
', débuts de M. Fauro. —' dis. italiens ont enfin
«ne salle . — 'Méthode de violon par M. Charles
Dancla; — Matinée musicale donnée par M Hitler.
— Le Selam, par M. Reyer.
Je né sais vraiment pourquoi les homme®
Se'tourmentent dans ce mondé 'à élierclïer
toujours du nouveau, quand il y a tant de
tonnes choses, qui ne sont pas neuves, et
qi^'on est enchanté de voir et d'entendre
pour la centième, fois. Si' .j'avais l'honneur,
par exemple, dé m'appeler Ambroise Tho r
mas et que le directeur de l'Opéra-Comique
vînt me demander une pièce nouvelle, je lui
dirais : preniez mon Caïd. Où vo ulez-Vous que
je trouve plus de mélodie, plusde grâce', plus
d'esprit, une gaité plus franche, une plus
jaimable ironie? J'ai rêvé, un jour, que
j'étais à Naples , sur la jetée riante de
Mergellina dont chaque pierre luit âû so
leil comme Lin carreau d'albâtre ; je res
pirais, à pleins poumons, la brise embaumée
qui- m'apportait les enivrans parfums des
citronniers, des orangers,, des grenadiers et
des lauriers-roses, plantés, d'étage en étage,
comme les jardins suspendus de Ôémiramis,
sur le versant doré du Paus'ilype; les mé
lodies charroantes de Pâisiello, de Cimai'osa
êt dé Fioravanti berçaient mon sommeil,
j'éprouvais un bien-être délicieux, une béa
titude et un bonheur inexprimables. Je fus
réveillé par un concert ae rossignols et
par le bruit cadencé de la çanie, qui se bri
sait dans Veàû bleïie dé là Méditerranée; je
rassemblai mes souvenirs à la hâte, et de
tous ces chants qu\. m'avaient bercé dans
mes rêves, j'ai composé Cette partition ita
lienne que les maîtres du pays ne refuseraient
pas de signer. Seulement, pour me^-appt-o-
clier dés'mœurs françaises, j'ai placé la scène
à Alger, notre conquètè : mais, en vérité, je
vous l'e dis, il n'y a de français dans ces
deux actes que cet adorable caractère de gri-
selte, plante unique et merveilleuse qui ne
poussé qu'à Paris; et il n'y a d'arabb, 'deman
dez à lteyer, que la pri'ere du muezzin. Le
reste est de la pure veine italienne, d'une
vivacité, d'un charme et d'un brio qu'on ne
connaît que dans ce beau pays baigné de so
leil. Prenez donc mon Caïd et ne.me dites
poiiït de recommencer ce qui est si bien ve
nu la première fois, je ne pourrais mieux
ftiire, ni moi, ni-personne.
Àînsi devrait parler notre âmi Thotaa's si
sa ïnodestie sauvage et uii peu. mélancoli
que ne l'empècliait de dire sa pensée. Mais il
ne pense même pas avoir fait un petit
chef-d'œuvre ; il n'a pas l'air de s'en douter.
Qu'on Je joue, qu'on ne le joue pas, il S'en
accommode avec la résignation musulmane,
pas l'autre soir à l'Opéra-Comique, à
cette reprise du Caïd où la foule s'était por
tée comme à une première représentation.
On a demandé l'auteur, tant l'enthousiasme
était grand. L'auteur fumait philosophique
ment son cigare dans le passage de l'Opéra.
■ -Il faut donc que-je vous conte, moïi chef
Ambroise Thomas, le grand succès que vous
avez eu vendredi soir. .
C'était Faure qui jouait le tambour -
major. Connaièsez-voug Faure? L'-aVëz'-vous
entendu dans le Py-gmàliotr dp,. iialatée ?
11 est • à présumer que si ■
.... .
•vous ne
manquez jamais d'aller au th'éâtrë fjtiàn^
on n'y joue pas de votre musiquei Eh
bien ! vous savez quelle voix douce, homo
gène, étendue, flexible a ce ieune homme,
comme il monte en fa sans eil'ort, comme il
descend aux notes les plus graves, sans Se
heurter, dans ces'profoadeuïs, à ces sons
rauques, désagréables, gutturaux; qui res
semblent au grognement d'un odrs enrhii-
mé. Ce Faure a chanté en inaître le Tôle
de Michel; il vocalise avec une rare ai
sance, il amis tant de douceur et de char
me dans celte phrase : Omit gazellê, mû tout»
terelle s etc., qu'il a été interrompu par des
applaudissemens prolongés. Je ne vous
le donne pas pour un comédien parfait; il
est encore un peu gêné dans le boude;
on lui avait mis des talons si hauts, qu'il
avait de la peine à marcher. Je préfère,
rais lui voir quelques" centimètres de moins
et un .peu plus de désinvolture^ L'ha
bit ne fait pas le moine, ei les talons ue font
pas le tambour-major. Mais, à part la petite
chicane que je lui fais là à propos de bottes,
ce Faure est un excellent sujet; il ira loin.
On l'a rappelé à ljj lin du spectacle.
Mme l'galde avait ■ retrouvé sd voix, sa
verve et sa mutinerie -des plus beaux
jours. Elle avait le diable au corps. Elle' a
chanté avec une hardiesse et un bonheur
insolent son air du second acte : Plaignez,,
plaignez la pauvre demoiselle! Ah! vraiment, ■
la pauvre demoiselle n'est pas déjà si à plain
dre ! Elle a pensé casser le bras de Boulo
dans le charmant trio du défi. Dans le finale
elle est surprenante." Assurément la Virgi
nie du Caïd est .et sera le plus béau rôle de
Mme Ugalde. Et Sainte-Foy! Que. dirons-
hotis de Sainte-Foy dans cet incroyable rôlè
de gardieiid'u sérail'? Quelle voixfiûtée, quél
nasillement,, quelle démarche! Par Maho
met, si j'étais sa femme, je plaiderais de
main eri sépàraiiôh.
que j( le-suffrage universel » de M. Bonapar-
}. to-, ce qup-c'est que les scrutinsi dïrnaparte. iVîftflifj'iitalion de.la ville; de,-•Rarisf ou de
, te Tiite Lyeo, recensement-du parti; n
' caïfr, es^ee fpie"cd'a est possibfe?-0& Eost ks'içî-
*• ranties du scrutin ? où. est le 'contrôle? où sout
les scrutateurs"? où est la liberté? Songez à tou
tes ces dérisions. Qu-'ost-Kse qui sort de l'urne? la
volonté de M. Bonaparte. Pas autre chose. M. Bo
naparte-a les clés des boites dans sa main, les
oui et les non dans sa main, le vote dans sa
main, Après le travail des préfets ot des mai
res terminé, ce, gouvernant de grands chemins
s'enferme ' tête-à-tête avec le scrutin , et le
dépouille. Pour lui, ajouter ou retrancher des
voix, altérer un procès-verbal, inventer -un total,
fabriquer un cluffre, qu'est-ce que c'est? un meu-
sortgCj c'est-à-dire peu de chose; un faux? c'est-
à-dire rien; '
Restons dans les principes, citoyens. Ce que nous
avons à vous dire, le voici :
M. Bonaparte trouve que l'instant est venu de
s'appeler Majesté. 11 n'a pas restauré un pape poul
ie laisser à ijien taire; il entend être sacré et cou
ronné. Depuis le 2 décembre, il a le fait, le des
potisme; maintenant il veut'le mot, l'Empire.
Soit.
Nous, républicains, quelle est notre fonction ?
quelle doit être notre attitude? <
Citoyens, Louis Bonaparte est hors la loi ; Louis
Bonaparte est hors l'humanité. Depuis dix mois
-que ce malfaiteur régne, le droit à l'insurrection
est en permanence et domine toute la situation.
A l'heure où .nous sommes, un perpétuel appel
aux armes est au fond des consciences. Or, soyons
tranquilles, ce qui se révolte, dan s toutes les cons
ciences arrive bien vite à armer tous, les bras.
Amis et frères, en présence de ce gouvernement
'infâme, négation de toute morale, obstacle à tout
progrès social,-en présence de ee gouvernement
rfisntrier du .peuplé-assassin de la Répu]jli(juç.ftt..
violateur des lois, ^ç çegouvernenrëïitné de la force
et qui doit périr par la force, de ce gouvernement
élevé parle crimeet qui doitêtreterrassépar le droit,
' le. Français digne du nom de citoyen ne sait pas, ne
veut pas savoir s'il y a quelque part des semblans de
scrutin, descomédiesdesutfrage universel etdespa^
rodies d'appel à" la nation; il nes'inlônne pas s'il y a
des hommes qui votent etdesbomniesqui Ion t voter;
s'il y a un troupeau qu'on'appelle le Sénat, et qui
délibéré, et un autre troupeau qu'on appelle le
peuple, et qui obéit; il ne s'informe pas si le pape
va sacrer, au maître-autel de Notre-Dame, l'hom
me qui —' n'en doutez pas, ceci est l'avenir iné
vitable — sera ferré au poteau par le bourreau ;
en présence de M. Bonaparte et de son gouverne
ment, le citoyen digne de ce nom, ne fait qu'une
chose et n'a qu'une cliose à faire-: charger son
fusil et attendre l'heure.
Vive la République!
Les proscrits démocrates,-socialistes de
France résidant i Jersey, et réunis en
assemblée genï.rale, le 31 octobre 1852.
Pour copie conforme :
La commission, . -
VICTOR ItUGO",
FOMliERTAUX,
i / philippe faure.
Nous n'accompagnons ces pièces d'aucune
réflexion.
En même temps que sont répandues ces
abominables m'o.vQç a tions. o n ne t ente pas.
moins d'elî'orts pour laire parvëniF"sur tous
les points du territoire une protestation que '
nous livrons aussi à la publicité.
fl est regrettable de voir un prince qui
supporte noblement son infortune arriver
aussi, par un sentiment exagéré de ce qu'il
croit être son devoir, à nier le droit du peu
ple de choisir sou gouvernement.
Français!
En présence des épreuves de ma patrie, je me
suis volontairemeut coudamiié -à l'inaction et au
silence. Je ne rne pardonnerais pas d'avoir pu, un
seul moment., aggraver ses embarras et ses périls.
Sépaié de la France, elle m'est chère et sacrée
'autant et plus encore que si je ne l'avais jamais
quittée. J'ignore s'il me sera donné de revoir un
jour mon pays; mais je suis;bien sûr qu'il n'aura
pas à me.reprocher une parole, une démarche,
qui puisse porter lamoindre atteinte à sa prospérité
et à son repos. C'est son honneur comme le mien ;
c'est le soin de son avenir, c'est mon devoir en
vers lui, qui me décident à élever aujourd'hui, la
voix.,
. Français, vous voulez la monarchie, vous avez
reconnu qu'elle seule peut vous rendre avec un
gouvernement régulier et stable, cette sécurité de
tou.s les droits, cette garantie,.de tous lès intérêts,
cet accord permanent d'une autorité forte etd'une
sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur
des nations. Ne vous livrez pas à des illusions qui
'• tôt ou tard vous seraient funestes. Le nouvel em
pire qu'on vous propose ne. saurait être cette
. monarchie- tempérée et durable, dont vous at
tendez tous ces biens. On se trompe et on
vous trompe quand on vous les., promet en son
• nom. La monarchie véritable, la monarchie tradi
tionnelle, appuyée sur le droit héréditaire et con
sacrée par le temps, peut seule vous remettre en
possession' 'dé ces précieux avantages, et vous en
l'aire jouir à jamais. Le génie et la gloire de Na
poléon n'ont 'pu suffire à fonder rien de stable ;
son nom et son souvenir y suffiraient bien
moins encore. On ne rétablit pas la sécurité en
ébranlanU le principe su&lequel reppse le trône,
et on ne consolide pas tmis les droits.-.en iuécon-
en
Wdi&v
solubleinent unie à la ûaliôn.. Mes pères et les
vôtres ont traversé les siècles, travaillant de
concert, selon, les mœurs, et les besoins du
temps,' au développement de notre belle patrie.
Pendant quatorze cents ans, seuls entre tous les
peuples de l'Europe, les Français ont'toujours eu
à leur tète des princes de leur nation et de leur
sang. L'histoire de mes ancêtres est l'histoire- de
la grandeur progressive de la France, et c'est en
core la monarchie qui l'a dotée do cette conquête'
d'Alger, si riche d'avenir, si riche déji. par les
hautes renommées militaires qu'elle a-créées, et
dont la-gloire s'ajoute à toutes vos gloires.
Quels que soient sur vous et sur moi les .des
seins de Dieu, resté chef de l'antique race de vos
rois, héritier de cette longue suite de monarques
qui, durant tant de siècles, ont ineessaînment ac
cru et l'ait respecter la puissance et la fortune de
la France,-je me- dois à moi-môme, je dois à ma
famille et à ma patrie, de protester hautement
contre des combinaisons mensongères et pleines
de dangers. Je maintiens donc mon droit, qui est
le plus sûr garant des vôtres, et, prenant Dieu à
témoin, je déclare à la France et au monde; que,
fidèle aux lois du royaume et aux traditions de.mes
aïeux/je conserverai religieusement jusqu'à mon
dernier sou pi r le dépôt de la monarchie héréditaire,
dont la Providence; m'a/ confié la garde, et qui est
l'unique port de salut où, après tant d'orages, cette
France, objet de tout notre amour, pourra retrou
ver enfin le repos et'ie bonheur. . HENRY.
Frohsdorf, le 25' octobre 18o2.
«Toutes ces pièces, dit en lez minant le
Moniteur, sont désormais connues du pays ;
son bon sens ot son patriotisme en feront
justice.»
Le paince-Président n'arrivera de Fontai
nebleau à Paris que demain mardi, vers une
heure. S. A. I. se rendra directement du dé
barcadère de Lvon à Saint-Claud.
Mgr Févêque de Gap vient d'adresser au
clergé de son diocèse, au sujet du sénatus-
consulte qui rétablit l'Empire en France,
une lettre pastorale dont nous citerons le
passage suivant :
« Faites bien comprendre à ceux qui deman
dent vos conseils, que le rétablissement de l'Em
pire relèvera la France de ses humiliations, fera
revivre nos anciennes gloires et garantira à notre
patrie un avenir de prospérité.
« Par vos prudens avis, votre sage influence,
empêche?,, autant que vous le pourrez, qùe l'apa
thie et l'indifférence des électeurs ne les portent
il s'abstenir du scrutin. Il est d'un trop grand in
térêt pour la France, que son nouveau gouverne
ment repose sur l'es plus larges bases, pour que
les abstensions ne soient pas un m.il réel.
» Ainsi éclairées, les populations de nos'Alpes
marcheront à l'urne électorale avt-c d'autant plus
d'ensemble et d'ardeur, qu'elles s'y-rendront à. la
suite de leu'rs pasteurs, dont aucun, nms le
croyons, ne fera défaut à cet appel de la religion
êt de la patrie. »
teurs de l'arrondissement de Pontoise et des
cantons de Mculan et de Poissy, par M. le
comte de Gouy, député de celte circonscrip
tion au Corps Législatif : '
« Messieurs et. chers concitoyens,
» Dans peu de jours vous serez appelés à mani
fester de nouveau votre opinion sur le changement
il apporter au gouvernement.
» Dans peu de jours, un pouvoir fort et dura
ble sera enfin offert à votre ratification .
» Permettez-moi de joindre ma. voix h ce'les qui
vous engagent à rie pas laisser échapper l'occasion
d'user de Vos droits, et de vous couronner pour
ainsi dire vous-mêmes en la personne d'un prince
qui n'est occupé que du bien-être des classes -la
borieuses et du bonheur de notre beau pays.
» Rendez-vous tous au scrutin des 21 et 22 no
vembre, et qu'une fois encore la France fasse con
naître sa volonté d'une manière éclatante et in
contestable. .
» J'espère, Messieurs et chers concitoyens, que
vous excuserez l'initiative, que j>'ai prise en vous
faisant part de mes sentimens, et que nos votes et
nos voix s'uniront dans ce mêq:ie cii de : Vive
l'Empereur ! vive Napoléon 111 !
'» Comte de gouy,
«Député au Corps Législatif, membre Su
cofceil général de Setee-et-Oise.
» Marines, lîi novembre. » -,
Un arrêté de M. lè préfet de la Seine, en
date du 14 novembre, placardé aujourd'hui,
détermine le nombre de sections dans les
quelles sera partagé le département pour le
vote des 21 et 22.
Paris aura 130 sections., comme il suit :
le d° r arrondissement, 10 ; le 2 e , 16 ; le 3% 8;
le A", 8; le 5°, 12; le 6 e , 14 ; le T, 8; le 8°, 12;
le 9 e , 4; le 10 e , 16 ; le 11% 10; le 12°, 12. Les
arrondissemens de Sceaux et de Saint-Denis
en auront 95. En tout, 223.
g) La distribution des cariés a- comme".
aujourd'hui. Elles sont envoyées franco par
la poste aux électeurs.
Nous, lisons dans l'Union bretonne, sous la
date de Nantes, le 13 : .......
«TNous avons parlé,'dans l'un de nos derniers"
numéros, d'un écrit séditieux affiché à Nantes-et*
saisi par la police. ■ 4
» Nous apprenons aujourd'hui qu'un certain
tain nombre d'imprimés semblables, contenant,
une sorte de manifeste du comte de£ hambord, et.
signés Henri, on! été distribués à des particuliers.
« Prévenu que Si. Brodu, gérant de l'Espérance
du. Peuple, venait d'être arrêté en Vendée, pour
avoir distribué «les exemplaires de ce manifeste,
M. le préfet a ordonné ce matin l'arrestation im
médiate de M. Emerand de laRocliette, rédacteur
en chef do l'Espérance, par suite do la saisie sur
M. Brodu d'une pièce qui compromet Mi de la Ro-
ohette, et, des perquisitions simultanées chez M.
Biarnès, imprimeur, et au domicile de MM. Char
les de Kersabicc, Favreau ei Brodu, rédacteurs de:
cette feuille. A la suite de ces perquisitions, M. Fa- -
vreau a été mis en état d'arrestation.
» MM. Ëincranâyie la Bochette et Favreau ont.
été écroués à la maison d'arrêt. .
' » Le gérant de l'Espérance du Peuple éta:it dé- •
tenu à Napoléon-Vendée, la publication de ce
journal se trouve interrompue; » '
On ne lira pas sans intérêt les détails qui
suivent sur la configuration du sol de Paris.
Ge sol ollre beaucoup d'inégalités qui-au
trefois n'existaient point. Les alluvions, les
décombres, le creusement des lossés qui, à
diverses époques, :ont défendu l'approche
des murs.d'enceinte,-l'érection de ce9 murs
et des tours qui les flanquaient, leur des
truction, d'autres causes encore ont contri
bué à former les ondulations du sol dans un
grand nombre de quartiers de Paris.
Ainsi se sont formées les buttes de Saint-
Roch, de Bonne-Nouvelle, du Terrain, des
Copeaux et autres. Le Terrain formait la
partie orientale de l'île de la Cité, derrière
Noire-Daine. .La butte des Copeaux est dans
l'enceinte du iardin-des-Plantes.
Aujourd'hui, on exhausse le sol des quais
pour lui donner une surface nivelée à un
repère donné, et cet exhaussement trans
formera en rez-de-chaussée le premier étage
de bien des maisons. Ge fait s'est déjà passé
dans les anciens temps et, ce qui le prouve,
c'est que, dans la rue du Plâtre, au iww de la
•rue Saint-Jacques, il y a beaucoup de mai-,
sons qui ont des caves à Au commencement du XVi r «m mon
tait à Notre-Dame par truizo Le sol
du parvis, qui, aujourd'hui, est de niveau
avec celui de l'église , a dtr.i': 'lé élevé de
plusieurs pieds. :, ; ou= voyons de notre temps
que sur le quai de la («rêve «svclé, et sur
une partie du quai du Louvre-, les rez-de-
chaussée sont devenus et deviendront des
caves, les premiers étages des rez-de-chaus
sée. ■ • ■ .
Le bassin, dont Paris occupe le centre, 'est.
formé, du côté septenti'ioaul, par une.chaîne
de collines qui prennent i: .- noms des villa
ges voisins: lîercy, Gharonnc, Ménilmon-
taut, l.ellevillc, La Villede, Montmartre-et
Chai!lof. Ces collines s'élèvent ;ut-dessus du
fond dii bassin d'environ 2i moires; celles
de Montmartre et de Méuilmontant at
teignent une hauteur de 75 mètres. Au-
sud, la ceinture est moins élevée: En
remontant la Seine; sur la rive gauche,
et après avoir -traversé la plaine de Gre
nelle, on trouve les hauteurs assez peu
sensibles de Vaugirard, d'où l'on monte par
une pente fort douce jusqu'àcelles duMont-
parnasse. On trouve ensuite le plateau de
Montsouris, celui de Sainte-Geneviève, se
prolongeant à l'est et au nord-est jusqu'aux
buttes des Cailles et de Livri situées au-delà
de la barrière d'Italie.
A une lieue au-delà de cetle teinture, on
trouve une seconde chaîne beaucoup plus
élevée, qui commence à-Ivry et Villejuif, et
se termine au mont Valérien. D'après les
substances qui ont été recueillies, et les cou
ches de terrain analysées surtout à Mont
martre, on est porté à croire que tout le bassin
circonscrit par les collines dont nous venons
de parler, a été un grand lac traversé par la
Seine.- l. boniface.
On avait appris l'arrivée de M. Hubert de.
Lisle à son poste de gouverneur de l'île de
la Réunion, mais ou_ u'avait encore aucun
détail sur l'accueil qui lui a été fait, Le cour
rier de Suez apporte des lettres du 25 août;
l'une d'elles, écrite par un colon bien placé,
mérite d'être transcrite.
« ........ Depuis trois mois nous savions-la no
mination de M. Hubert de Lisle; cette nouvelle.
•, C'est ce soir, assure-t-on, qu'ouvrent
les Italiens. Je le croirai quaiïd je serai dans
ma loge. Je ne douté pas de leur bonne foi
ni de leur bon vouloir, mais il leur est ar
rivé tant de péripéties, tant de contrariétés,
tant d'accrocs, que je ne serais^pas étonné
' qu'au dernier moment, M. le régisseur gé
néral Calmij poète assermenté de la troupe,
ne vînt faire une anhoncè au public, ainsi
conçue ;
« Messieurs et Mesdames, nous avions cru
dit avoir fini avec les propriétaires de la sal
le; nous avons payé le loyer, les contribu
tions,- lé gaz et les pompiers;- nous nous ■
sommes mis en règle. Les musiciens sont à
l'orchestre; j'ai l'honneur de vous présenter
leur digne chef, M. Castagneti. (èallzez Mon
sieur Caslagneti.) Les ' chœurè sont dans la'
coulisse; ils arrivent de Bergamé en droitu
re. Mlle Cruvelli est habillée et coiffée; Elle
a de vraies pérles dans les cheveux. Sans
nous flatter, elle est admirable dans le rôle
de Desderiione.. M. Bet'ûni_ s'est noirci la fi
gure; il vous aurait fait frissonner dans le
rôle â'Otello : enfin, nous étions prêts, et-ôn
allait donner le signal ; mais voilà qu'on
nous éignifiè, par acte d'huissier, que nous
avons à vider les lieux- tout à l'heiire, et on
nous envoie jouer à la Ikstille, aijx. Arèûes-
Nationales. »
Si ridicule et si étrange que puisse vous
sembler une telle hypothèse, je vous répète
qu'elle n'est pas impossible. Ce qu'a souflert
depuis un mois ce pauvre M. Corti, le nou
veau directeur, formerait le sujet d'uu dra
me plus compliqué et plus lamentable que
la fameuse pièce italienne : VImprésario in
hngustie. Je vous ai laissé l'histoire du Théâ
tre-Italien, â ce moment critiqué ou il s'a
gissait, de donner un successeur à M. Lum-
ley.îly avait six concurrens, comme je vous le
disais dans un de mes articles, que vous
avez sans doute oublié. Mais le choix n'était
pas difficile. De était sérieux ; les autres passaient générale
ment pour être de charmans garçons, très
honnêtes, très polis, mais qui avaient plus
da barbe que d'argent. Il y eut cependant
quelque hésitation, quelque retard inévita-
blé, car le gouvernement-, qui a pris très vi
vement à cœur les intérêts du Théâtre-Ita
lien, te'nait à s'éclairer de tous les docu-
mens possibles, de tous les renseignemens,
de toutes les lumières, avant de prendre une
décision.
Enfin l'on apprit un soir, vers six heures
et demie, que M. Çorti était nommé. Le café
Cardinal illumina; on fit partir des estafet
tes dans toutes les directions; on lâcha des
pigeons; on tira des boîtes et des pétards.
Une nuée d'importuns,- plus incommodes
que'les sauterelles d'Egypte, s'abattit sur-le
malheureux directeur. Il ne savait plus au
quel entendre; les uns lui demandaient des
places, d'autres lui donnaient des conseils.
J\I. Corti ne comprenait pas bien ce-qu'on lui
voulait, Car il n'entend pas le.français; mais,
il répondait par instinct :
— Va bene, signori, ma non ho la sala ; ce
que vous dites là est j.ort bien, Messieurs;
mais je n'ai pas encore de salle. Il faut com
mencer par avoir une salle, puis nous ver
rons.
— Mais, retenaient les officieux, vous ne
connaissez pas le terrain où vous voqs-sn"-,,
gagez. Vous vous croyez à Bergame, à (Ve
nise, à Milan, où il suffit de monter un spec
tacle quelconque et d'attendre le jugeaient
du public: Là-bas tout dépend de la prima
donna; si elle plaît dans la cavatine, on la
rappelle vingt-six fois de suite, et le théâtre
est sauvé. Ici -vbus- -avez affaire aux ju-
géurs qui ï ee Croiraient déshonorés e'ils
s'amusmfeflt'au > spectacle sans se rendre
bien çompte des sensations qu'ils éprou
vent et sans raisonner leur plaisir; vous'
avez affaire' aux cabales, qui vous ren
versent d'un coup de sifflet les succès les
mieux établis ; vous avez affaire aux perru
ques qui ont fort bonne mémoire, je vous
en préviens, et qui ne laissent pas .''ihtipper
une note sans s'ecrier, dtas leur sldle : Lâ
Malibran poussait un mi darc- c- .a^sage;
Bordogni levait les bras; î>. Uui se mou
chait; Lablaché élait iiiimit,aAvez-vous
vu les journalistes? - .
— Je.les verrai, disait M. Corli, mais il
faut songer d'abord à la salle.
Cependant le télégraphe électrique, acca
paré par M. Corti, -ne suffisait pas à trans
mettre ses dépèches. C'était, de Paris à Franc
fort et de Francfort à Paris, un commerce
de tous les instans. Honneur au progrès!'
Saris l'invention du télégraphe électrique, le
Théâtre-Italien n'eût pas ouvert cette année.
M. Corti ne sortait pas du bureau du télégra
phe. H interrogeait tous les employés, tous,
les commis du chemin du Nord pour savoir
s'ils ne voyaient pas de loin lé wagon qui
devait lui amener sa prima donna. Les com
mis alongeaicnt le bras et répondaient :
L'on ne voit rien à l'horizon. .........
— Et- M. forint? ne voyez-vous pas .M.
Lorini ? ' *
— Qu'est-ce que M. Lorini ?
— C'est mon bras droit, répondait M. Cor
ti j mon lieutenant, mon factotum, ïqou
agent dramatique. Je l'ai chargé de porter
mon ultimatum à Sophie Cruvelli. suis
fâché qu'il n'arrive pas; il ada langue si
bien pendue ! Il me servirait de dictionnaire
de poche; car, enfin, à l'heure.qu'il est, je
a'ai pas encore ma salle.
Les jours se passent ; Lorini ne revient pas.,
ni Mlle Cruvelli non plus. M. Corti mopte eo
wagon et ramène sa cantatrice et,- eoh lieute»
ISUEII3A1TSL ï rue tle, Waiol (Palais-R^yal), it* fO.
Prix de rabofiaemcnt
■ -■ ■mm' ■ "
paris ^et dep artésiens :
S ï&. JPQUB. TROIS VOIS. -
TOI HUMÉE©. :. 15 CENTIMES. ^
tqvb. les pats ire A ngers > 9e reporter au
tableau publié da&s le journal, les 10 et
25 de chaque mois;
1852. - MARDI 16 NOVEMBRE.-
5S®®Ê5KSPBS®ïîSŒE5î3SSSSSËïSraïSMœ^Sa
JOURNAL POLITIQUEj; MTiIRAIBE,. lOTEBpâ*
S'a&reàser, tnSJfto,.-peter la rédaelion,-»^ C ijc B evai,^ C iari6nv, rédacteur encnefl t On s'abonne, dam les dt-pvrtemtns, aux Itîeisagcries er eux JOirosticris-deponte.—A Londres, chez ft!j i.
*•> *!■* •*' ■ 'X': ' * j . ; S'adresser, fttfàm,pour l'udr.ttnù
?..■. ; •"'* . : *• ' • - à m.'denai.y, >:hreetéw,'.
LeSx'
, ' et au.bureau du journal.
F, Les abonnes nouveaux 4u 46 novembre
peuvent faire retirer dans "nos bureaux tout
■ ce qui a paru du r.oman de Mme. Ancelot,
ïtk£
PARIS, 15 NOVEMBRE.
Le gouvernement de Louis-Napoléon vient
de faire un acte solennel de force et de dignité.
It a fait insérer ad Mmùteur les divers màni-
festes des partis hostiles au rétablissement
de l'Empire» Ces manifestes, comme nous
.l'avons dit ce matin, on avait tenté de les
introduire en France d'une manière su-
fcreptice. On les avait adressés à' domiciie
sous forme de lettres missives : on leur avait
fait franchir la frontière dans des ballots de
contrebande. Les agens de l'autorité avaient
rempli leur devoir en les interceptant au
passage, e|, de nombreuses saisies que
ïïous avons "annoncées avaient attesté à la
fois leur vigilance efrl'activité de cette pro
pagande clandestine* Le gouvernement, qui
domine les évéiïemené, de la situation élevée
•ù il est placé, a compris qu'il y avait quel
que chose de mieux à faire que de saisir ces
correspondances ' et que de poursuivre ces
manifestes. Il leur ouvre les colonnes du
journal officiel/et il leur donne l'éclat de4a
]flus complète publicité. • .
- „ La-France de 1804, lassée des orages ré
volutionnaires, qffamée d'ordre et de stabi
lité, a décerné en pleine connaissance de
cause la couronne à Napoléon Bonaparte.
H faut que la grande manifestation na-
■tooriate qui va relever l'Empire soit aussi
sïiicere, aussi éclairée. La Franco de 1852,
avant de. prononcer sur ses destinées, aura
entendu toutes le's.voix, qui, avec un langage
bien différent sans doute,, lui conseillent de
s-'abstenir. On n'aura point à reprocher, au
pouvoir d'avoir tenu la lumière sous le bois
seau. Fidèle à la politique nette et résolue qu'il
a- adoptée depuis le 2 décembre, et qui lui
a si bien réussi, le gouvernement de Louis-
napoléon soumet toutes les pièces du procès
a la nation, maîtresse d'elle-même et agis
sant dans sa souveraineté et dans son indé
pendance. La jiation jugera':
, Nous. publions plus bas ces divers ma
nifestes, Nous n'avons qu'un mot à dire de
ceux'qui émanent de-la démagogie. Nous
ne savons s'il fautavoir plusd'horreur que de
pitié pour les tristes aberrations de ces hom
mes .incurables dans leur orgueil et dans leur
démence. Ils pal lent cf$ la félicité humaine
«t de leur sublime mission de progrès'en
frêehant l'assassinat et l'insurrection. Peul-
tre môme devons-nous leur savoir gré d'éta
ler avec tant de cynisme le délire de leur rage
impuissante. En parlant si ingénument
dé 'préparer le chahute vengeur, de punir
les pervers, d'enfermer dans m cercle de
fer 'et de plomb toits ceux qui ont prêté ser
ment à Louis-Napoléon t ils nous appren
nent à quoi «olïs en tenir sur leurs projets,
ils nous prouvent que dans leurs cœufs iis
ont rétabli depuis long-temps ' la peiue de
mort en matière politique,, et qu'un nou
veau 93, plus complet et moins timide,
est leur suprême expédient et leur unique
ressource. Nous devons aussi les remercier
d'afficher un mépris si hautain pour ce trou
peau qu'an appelle le peuple. Depuis long-temps
nous savions ce 'que valaient les hypocrites
protestations de leur respect pour la vo-,
Jonté populaire. Leur peuple, à eux, ce
n'est pas le peuple des ateliers et des cam
pagnes, le peuple honnête et laborieux qui
à voté en 1848 et en 1832 pour le prince
Louis-Napoléen et qui va restaurer l'Empire
Leur peuple, c'est cette poignée de turbulens
iet de brouillons qui vit dans les bouges,
gui agit dans l'ombre des sociétés seGrètes,
qui veut la république démocratique et
sociale, d'après le programme des trois ma
nifestes publiés te matin aù Moniteur,
' A,Dieu ne plaise que nous confondions
ces proclamations abominables avec la pro
testation que M. le cômte de Gharc'jord a
cru devoir faire paraître ! M. • ^ coSîte de
Ghambord a" pu se tromper* h sentif
face,
dignes de lui-même. Nous respectons trop
en lui le malheur et l'exil pour entrepren
dre la réfutation • de la thèse ' politique dé
veloppée dans sa protestation. La meil
leure réponse >qu'on puisse faire se trouve
dans la coïncidence qui a rapproché de l'é
crit sorti de la plume du dernier' des
Bourbons ces trois manifestes révolu
tionnaires. L'histoire nous a appris 'que
la dynastie Capétienne,.» illustre à tant de
titres, n'a pu suffisamment protéger ni 1-a
société française, ni elle-même , contre la
démagogie. Louis XVI, ce roi martyr, mort
sjir l'échafaud, là chute de la llestauration,
celle de la branche d'Orléans, ont montré
que .là n'étaient point pour la nation la
force et la sécurité. De là, le besoin, la né
cessité d'une dynastie nouvelle, de la dy
nastie fondée sous l'inspiration du génie
prodigieux qui a su, d'une main si puis
sante et si féconde, organiser la démocratie
et museler les passions révolutionnaires. A
des temps nouveaux, des hommes nouveaux
et des' institutions nouvelles. Descendant de-
IIugues Gapet, avez-vous oublié dans quelles
conditions vos ancêtres montèrent sur le
trône, et ce que devinrent les protestations
des derniers Carlovingiens?
Le gouvernement de Louis-Napoléon a
doïmé une preuve nouvelle dé sa confiance
dans son droit et de son respect pour la vo
lonté nationale, en faisant connaître à tous,
au moment du vote, les protestations des
partis. Henri Caxjvain.
extrait du Moniteur.
Des efforts considérables et des manœu
vres de toute nature sont tentés pour répan
dre .dans le peuple, au moment du vote so
lennel afaquel il est appelé, les protestations
des partis. Le gouvernement ira pas d'inté
rêt à s'opposer à leur publication, il veut les
faire connaître lui-même ; car, dans cè grand
mouvement national qui pousse la France
au rétablissement de l'Empire, il faut que
l'opinion du peuple soit éclairée, et que sa
volonté, manifestée sans contrainte, soit
l'expression de sa conviction.
Qu'on lise donc les manifestes 'du comité
révolutionnaire de Londres et celui des pros
crits démocrates-socialistes da France rési
dant à Jersey et réunis en assemblée géné
rale. -
I.
ïapper le bri-
Citoyens, ' _ •
La démocratie a dû. s'imposer
d 'attente et de souffrance avant d>:
gaftd qui souille notre pays, afin de se réorganiser
malgré la terreur bonapartiste.
Silyez donc prêts à tout et à'chaque instant. Tâ
chez de vous voir et de vous rassembler souvent
par 2, p.'ir 4, par G, par 10, s'il est possible; for
mez des groupes et Ses centres qui ceimîivinirpiont
entre eux de vive voix. Conspirez enfin avec cou
rage et prudence, car la persécution doit rendre
ardens ceux qu'elle voudrait anéantir. Quand la
g rande nouvelle vous arrivera, qu'elle vous trouve
debout, sans vous surprendre, comme celle du 2
décembre ; rappelez-vous que, ce jour-Iïk, vous
avez attendu en vain un signal delà part des traî
tres ou des lâches qùi se disaient vos chefs ; ne
soyez donc plus des moutons qu'on ' mène, soyez
des hommes. •
Aussitôt que vous apprendrez que l'infâme
Louis-Bonaparte a reçu son juste châtiment, quel,
que soit le jour ou l'heure, partez de tous les points
a la fois pour le rendez-vous convenu entre plu-'
sieurs groupes^ et de là, marchez enselîible sur
les cantons, les arrondissemens et les préfectures,
afin d'enfermer dans un cercle de fer et de plomb
tous les vendus, qui, en prêtant le serment, se
sont rendus complices des crimes de leur maître.
Purgez une bonne'fois la France de tous les bri
gands qu'elle nourrit et qui la rongent. Depuis
quatre ans, vous avez appris à les connaître; lors
que luira le jour de justice, que ni votre cœiir ni
votre bras ne faiblissent, car vos ennemis géné
reusement épargnés redeviendraient bientôt vos
persécuteurs et vos bourreaux. En punissant les
pervers, le peuple devient ministre de la justice
de Dieu!
N'oublions pas aussi que la France est chargée
des malédictions de la. démocratie européenne, qui
attendait de notre initiative son signal de -déli
vrance; malgré nos faiblesses et nos défaillances,
les nations lèvent encore vers no.us leurs mains
enchaînées et leurs yeux où. brille un dernier
rayon d'espoir; montrons-nous dignes de la su-
ulime inissiou de progrès «t d'avenir que lie monde
entier semble nous avoir confiée, ouvrons aux peu
ples le chemin de la république universelle par
la révolution démocratique et sociale delà France.
* ' ... Le (0 ni té révolutionnaire.
- . . - »
--n .n mm"-' li.--,.—-
Al) PEUPLE. .
Citoyens, -
Lorsque nos pôres, il y a prôs de cinquante ans,
laisserait mouler au trône le soldat d'Arcole et de
Touion, en un seul vote ils consommèrent tous les
Crimes contre la patrie, plus tard souillée par
deux invasions^ cri me centre l'humanité qu'ils
jetèrent, dans les crises et dans le sang, cri
me contre la pensée libre qu'ils .livrûrent à la
force insolente ; crime ■ contre leurs enfans, par
eux dépouillés et dont le patrimoine à reprendre
a coûté deux révolutions; crime, enfin, contre
eux-mêmes et contre leur mémoire, car ils se sui
cidèrent en se déshonorant. •
Aujourd'hui, citoyens, on vous invite à renou
veler ce bail infime de la-servitude ; on vous corP
vie au second Empire, et ce n'est pas la victoire,
Sj la France, éblouie par les éclairs d'une gran
de épéc, se déshonora pourtant et se ; perdit aux
calendes de l'an IV, que dira-t-on de yous par
toute la terre, de vous, citoyens majeurs, che
vronnés par deux révolutions, et Venant aujour
d'hui, comparses de la police, couronner le César -
du guet-apens. <
La conscience n'a qu'un nom pour un pareil
Suicide : lâcheté,Net l'histoire n'aurait qu'une pla
ce pour un tel peuple : les gémonies !;
Citoyens, ...
L'exercice de la souveraineté n'est qu'une-abo
minable trahison et la plus triste des comédies
humaines quand la liberté ne lient pas lès urnes;
or, qui lestient aujourd'hui? la dictatttre de l'as
sassinat, le iLdéu&mbve,! • ■;•. ...
Le vote au scrutin, -même secret, n'est que le
vol organisé, quand c'est le mensonge qui dé
pouille, sous les auspices et sous les faisceaux de
la force. Or, qui les dépouille aujourd'hui,ces bul
letins effacés, tombés dans l'urne soûs l'œil des
gendarmes? Le mensonge incarné, lè parjure hy
pocrite et sanglant, le système du 2 décembre !
Un peuple peut voter pour ou contre, sur l'im- '
pôt, sur la paix, sur la guerre et sur les formes
relatives de la souveraineté, quand elles n'enga
gent pas le fond ; mais sur l'existence elle-même
de cette souveraineté, sur le droit inaliénable ,
éternel, sur le principe et l'essence (le la vie, tout
vote est un crime : on ne doit répondre que par les
armes! . . .
Quelle est, aujourd'hui, la question posée?
L'Empire, l'Empire héréditaire! c'est-à-dire l'ab
dication de la souveraineté se courant dans la
servitude éternelle, comme un soleil éteint dans
la mer, l'aliénation S perpétuité de soi-tnêine et de
ses enfants^ la mort volontaire, sans réveil ét dés
honorée.
Citoyens, vous ne commettrez" "pas cet attentat
horrible; vous n'étendrez pas, comme uri suaire,
sur la tombe de la République scellée par vous, la
pourpre souillée d'un César-de carii^Bur.; vous ne •
porterez pas une main impie sur-vos,Hyolutioiis,
sur vos trophée."; sur vos "eSpérancesj.sur la civi
lisation qui ne vit que de liberté,-sur vos enfans
et sur vous-mêmes. ' ,
Vous ne consommerez pas ce grand meurtre de
l'honneur et du devoir : vous ne voterez pas !
Laissez la pCiico et les'parasités de. tous les
temps travailler A Ja guirlande impériale, et vous,
qiielqpes nioh'T^ 1 ^ le d**™-*#****-.
Oui, la nuit, le jour, au.milieu des foules com
me dans l'ombre, 'reconnaissez-vous, organisez-
vous, fortiHc-z-Yous : que chacun vive dans tous et ,
tous dans chacun ; qu'une foi commune vousani-,
me, la foi révolutionnaire, implacable, persévé-'
rante, hardie comme, celle de nos pères de 92, et
toujours prête à se lever, à frapper. ■
Citoyens, 'devant un tyran, un parjure, un as
sassin des libertés publiques, voili lé seul grand
devoir à rempli-.
La Société la Révolution. ■
111.
AU PEUPLE. .
Citoyens,
L'ISmpirè va se faire. Faut-il voter? Faut-il con
tinuer de s'abstenir? Telle est la question qu'on
nous adresse.
Dans le département de la. Seine, un certain
nombre de républicains, de ceux qui jusqu'à ce ..
jour se sont abstenus, conuhe ils le devaient, de-
prendre part, sous quelque forme que ce fût, aux
actes du gouvernement de M. Bonaparte, semble-;
raient aujourd'hui ne pas être éloignés dépen
ser qu'à l'occasion- de l'Empire une manifestation
opposante de lji ville de Paris, par la voie du
scrutin, pourrait être utile, et que le moment se
rait peut-être venu d'intervenir dans le voté. Ils
ajoutent que, dans tous les cas, le vote pourrait
être un moyen de recensement pour le parti ré
publicain ; "grâce au -vote, on se compterait.
Ils nous demandent conseil.
Notre réponse sera simple ; et ce que nous di
rons pour la ville de Paris peut être dit pour tous '
les dfpartemens. * •
Nous ne nous arrêterons point à vous faire re
marquer que M. Bonaparte ne s'est pas décidé à se
déclarer empereur sans avoir, au préalable, ar
rêté avec ses complices le nombre de voix dont il
lui convient de dépasse* les 7,500,000 de son 20
décembre. A l'heure qu'il est, 8 millions, 9
millions, 10 millions, son chiffre est fait. Le
scrutin-n'y changera rien. Nous ns prendrons
pas la peine de- vous Tappelef ce que c'est
FEUILLETON OU CONSTITUTIONNEL, 16 NOVEMBRE-
REVUE MUSICALE.
&P£lu-coaiiQijE .Reprise du Caïd, continuation des
', débuts de M. Fauro. —' dis. italiens ont enfin
«ne salle . — 'Méthode de violon par M. Charles
Dancla; — Matinée musicale donnée par M Hitler.
— Le Selam, par M. Reyer.
Je né sais vraiment pourquoi les homme®
Se'tourmentent dans ce mondé 'à élierclïer
toujours du nouveau, quand il y a tant de
tonnes choses, qui ne sont pas neuves, et
qi^'on est enchanté de voir et d'entendre
pour la centième, fois. Si' .j'avais l'honneur,
par exemple, dé m'appeler Ambroise Tho r
mas et que le directeur de l'Opéra-Comique
vînt me demander une pièce nouvelle, je lui
dirais : preniez mon Caïd. Où vo ulez-Vous que
je trouve plus de mélodie, plusde grâce', plus
d'esprit, une gaité plus franche, une plus
jaimable ironie? J'ai rêvé, un jour, que
j'étais à Naples , sur la jetée riante de
Mergellina dont chaque pierre luit âû so
leil comme Lin carreau d'albâtre ; je res
pirais, à pleins poumons, la brise embaumée
qui- m'apportait les enivrans parfums des
citronniers, des orangers,, des grenadiers et
des lauriers-roses, plantés, d'étage en étage,
comme les jardins suspendus de Ôémiramis,
sur le versant doré du Paus'ilype; les mé
lodies charroantes de Pâisiello, de Cimai'osa
êt dé Fioravanti berçaient mon sommeil,
j'éprouvais un bien-être délicieux, une béa
titude et un bonheur inexprimables. Je fus
réveillé par un concert ae rossignols et
par le bruit cadencé de la çanie, qui se bri
sait dans Veàû bleïie dé là Méditerranée; je
rassemblai mes souvenirs à la hâte, et de
tous ces chants qu\. m'avaient bercé dans
mes rêves, j'ai composé Cette partition ita
lienne que les maîtres du pays ne refuseraient
pas de signer. Seulement, pour me^-appt-o-
clier dés'mœurs françaises, j'ai placé la scène
à Alger, notre conquètè : mais, en vérité, je
vous l'e dis, il n'y a de français dans ces
deux actes que cet adorable caractère de gri-
selte, plante unique et merveilleuse qui ne
poussé qu'à Paris; et il n'y a d'arabb, 'deman
dez à lteyer, que la pri'ere du muezzin. Le
reste est de la pure veine italienne, d'une
vivacité, d'un charme et d'un brio qu'on ne
connaît que dans ce beau pays baigné de so
leil. Prenez donc mon Caïd et ne.me dites
poiiït de recommencer ce qui est si bien ve
nu la première fois, je ne pourrais mieux
ftiire, ni moi, ni-personne.
Àînsi devrait parler notre âmi Thotaa's si
sa ïnodestie sauvage et uii peu. mélancoli
que ne l'empècliait de dire sa pensée. Mais il
ne pense même pas avoir fait un petit
chef-d'œuvre ; il n'a pas l'air de s'en douter.
Qu'on Je joue, qu'on ne le joue pas, il S'en
accommode avec la résignation musulmane,
pas l'autre soir à l'Opéra-Comique, à
cette reprise du Caïd où la foule s'était por
tée comme à une première représentation.
On a demandé l'auteur, tant l'enthousiasme
était grand. L'auteur fumait philosophique
ment son cigare dans le passage de l'Opéra.
■ -Il faut donc que-je vous conte, moïi chef
Ambroise Thomas, le grand succès que vous
avez eu vendredi soir. .
C'était Faure qui jouait le tambour -
major. Connaièsez-voug Faure? L'-aVëz'-vous
entendu dans le Py-gmàliotr dp,. iialatée ?
11 est • à présumer que si ■
.... .
•vous ne
manquez jamais d'aller au th'éâtrë fjtiàn^
on n'y joue pas de votre musiquei Eh
bien ! vous savez quelle voix douce, homo
gène, étendue, flexible a ce ieune homme,
comme il monte en fa sans eil'ort, comme il
descend aux notes les plus graves, sans Se
heurter, dans ces'profoadeuïs, à ces sons
rauques, désagréables, gutturaux; qui res
semblent au grognement d'un odrs enrhii-
mé. Ce Faure a chanté en inaître le Tôle
de Michel; il vocalise avec une rare ai
sance, il amis tant de douceur et de char
me dans celte phrase : Omit gazellê, mû tout»
terelle s etc., qu'il a été interrompu par des
applaudissemens prolongés. Je ne vous
le donne pas pour un comédien parfait; il
est encore un peu gêné dans le boude;
on lui avait mis des talons si hauts, qu'il
avait de la peine à marcher. Je préfère,
rais lui voir quelques" centimètres de moins
et un .peu plus de désinvolture^ L'ha
bit ne fait pas le moine, ei les talons ue font
pas le tambour-major. Mais, à part la petite
chicane que je lui fais là à propos de bottes,
ce Faure est un excellent sujet; il ira loin.
On l'a rappelé à ljj lin du spectacle.
Mme l'galde avait ■ retrouvé sd voix, sa
verve et sa mutinerie -des plus beaux
jours. Elle avait le diable au corps. Elle' a
chanté avec une hardiesse et un bonheur
insolent son air du second acte : Plaignez,,
plaignez la pauvre demoiselle! Ah! vraiment, ■
la pauvre demoiselle n'est pas déjà si à plain
dre ! Elle a pensé casser le bras de Boulo
dans le charmant trio du défi. Dans le finale
elle est surprenante." Assurément la Virgi
nie du Caïd est .et sera le plus béau rôle de
Mme Ugalde. Et Sainte-Foy! Que. dirons-
hotis de Sainte-Foy dans cet incroyable rôlè
de gardieiid'u sérail'? Quelle voixfiûtée, quél
nasillement,, quelle démarche! Par Maho
met, si j'étais sa femme, je plaiderais de
main eri sépàraiiôh.
que j( le-suffrage universel » de M. Bonapar-
}. to-, ce qup-c'est que les scrutinsi dïr
, te Tiite Lyeo, recensement-du parti; n
' caïfr, es^ee fpie"cd'a est possibfe?-0& Eost ks'içî-
*• ranties du scrutin ? où. est le 'contrôle? où sout
les scrutateurs"? où est la liberté? Songez à tou
tes ces dérisions. Qu-'ost-Kse qui sort de l'urne? la
volonté de M. Bonaparte. Pas autre chose. M. Bo
naparte-a les clés des boites dans sa main, les
oui et les non dans sa main, le vote dans sa
main, Après le travail des préfets ot des mai
res terminé, ce, gouvernant de grands chemins
s'enferme ' tête-à-tête avec le scrutin , et le
dépouille. Pour lui, ajouter ou retrancher des
voix, altérer un procès-verbal, inventer -un total,
fabriquer un cluffre, qu'est-ce que c'est? un meu-
sortgCj c'est-à-dire peu de chose; un faux? c'est-
à-dire rien; '
Restons dans les principes, citoyens. Ce que nous
avons à vous dire, le voici :
M. Bonaparte trouve que l'instant est venu de
s'appeler Majesté. 11 n'a pas restauré un pape poul
ie laisser à ijien taire; il entend être sacré et cou
ronné. Depuis le 2 décembre, il a le fait, le des
potisme; maintenant il veut'le mot, l'Empire.
Soit.
Nous, républicains, quelle est notre fonction ?
quelle doit être notre attitude? <
Citoyens, Louis Bonaparte est hors la loi ; Louis
Bonaparte est hors l'humanité. Depuis dix mois
-que ce malfaiteur régne, le droit à l'insurrection
est en permanence et domine toute la situation.
A l'heure où .nous sommes, un perpétuel appel
aux armes est au fond des consciences. Or, soyons
tranquilles, ce qui se révolte, dan s toutes les cons
ciences arrive bien vite à armer tous, les bras.
Amis et frères, en présence de ce gouvernement
'infâme, négation de toute morale, obstacle à tout
progrès social,-en présence de ee gouvernement
rfisntrier du .peuplé-assassin de la Répu]jli(juç.ftt..
violateur des lois, ^ç çegouvernenrëïitné de la force
et qui doit périr par la force, de ce gouvernement
élevé parle crimeet qui doitêtreterrassépar le droit,
' le. Français digne du nom de citoyen ne sait pas, ne
veut pas savoir s'il y a quelque part des semblans de
scrutin, descomédiesdesutfrage universel etdespa^
rodies d'appel à" la nation; il nes'inlônne pas s'il y a
des hommes qui votent etdesbomniesqui Ion t voter;
s'il y a un troupeau qu'on'appelle le Sénat, et qui
délibéré, et un autre troupeau qu'on appelle le
peuple, et qui obéit; il ne s'informe pas si le pape
va sacrer, au maître-autel de Notre-Dame, l'hom
me qui —' n'en doutez pas, ceci est l'avenir iné
vitable — sera ferré au poteau par le bourreau ;
en présence de M. Bonaparte et de son gouverne
ment, le citoyen digne de ce nom, ne fait qu'une
chose et n'a qu'une cliose à faire-: charger son
fusil et attendre l'heure.
Vive la République!
Les proscrits démocrates,-socialistes de
France résidant i Jersey, et réunis en
assemblée genï.rale, le 31 octobre 1852.
Pour copie conforme :
La commission, . -
VICTOR ItUGO",
FOMliERTAUX,
i / philippe faure.
Nous n'accompagnons ces pièces d'aucune
réflexion.
En même temps que sont répandues ces
abominables m'o.vQç a tions. o n ne t ente pas.
moins d'elî'orts pour laire parvëniF"sur tous
les points du territoire une protestation que '
nous livrons aussi à la publicité.
fl est regrettable de voir un prince qui
supporte noblement son infortune arriver
aussi, par un sentiment exagéré de ce qu'il
croit être son devoir, à nier le droit du peu
ple de choisir sou gouvernement.
Français!
En présence des épreuves de ma patrie, je me
suis volontairemeut coudamiié -à l'inaction et au
silence. Je ne rne pardonnerais pas d'avoir pu, un
seul moment., aggraver ses embarras et ses périls.
Sépaié de la France, elle m'est chère et sacrée
'autant et plus encore que si je ne l'avais jamais
quittée. J'ignore s'il me sera donné de revoir un
jour mon pays; mais je suis;bien sûr qu'il n'aura
pas à me.reprocher une parole, une démarche,
qui puisse porter lamoindre atteinte à sa prospérité
et à son repos. C'est son honneur comme le mien ;
c'est le soin de son avenir, c'est mon devoir en
vers lui, qui me décident à élever aujourd'hui, la
voix.,
. Français, vous voulez la monarchie, vous avez
reconnu qu'elle seule peut vous rendre avec un
gouvernement régulier et stable, cette sécurité de
tou.s les droits, cette garantie,.de tous lès intérêts,
cet accord permanent d'une autorité forte etd'une
sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur
des nations. Ne vous livrez pas à des illusions qui
'• tôt ou tard vous seraient funestes. Le nouvel em
pire qu'on vous propose ne. saurait être cette
. monarchie- tempérée et durable, dont vous at
tendez tous ces biens. On se trompe et on
vous trompe quand on vous les., promet en son
• nom. La monarchie véritable, la monarchie tradi
tionnelle, appuyée sur le droit héréditaire et con
sacrée par le temps, peut seule vous remettre en
possession' 'dé ces précieux avantages, et vous en
l'aire jouir à jamais. Le génie et la gloire de Na
poléon n'ont 'pu suffire à fonder rien de stable ;
son nom et son souvenir y suffiraient bien
moins encore. On ne rétablit pas la sécurité en
ébranlanU le principe su&lequel reppse le trône,
et on ne consolide pas tmis les droits.-.en iuécon-
en
Wdi&v
solubleinent unie à la ûaliôn.. Mes pères et les
vôtres ont traversé les siècles, travaillant de
concert, selon, les mœurs, et les besoins du
temps,' au développement de notre belle patrie.
Pendant quatorze cents ans, seuls entre tous les
peuples de l'Europe, les Français ont'toujours eu
à leur tète des princes de leur nation et de leur
sang. L'histoire de mes ancêtres est l'histoire- de
la grandeur progressive de la France, et c'est en
core la monarchie qui l'a dotée do cette conquête'
d'Alger, si riche d'avenir, si riche déji. par les
hautes renommées militaires qu'elle a-créées, et
dont la-gloire s'ajoute à toutes vos gloires.
Quels que soient sur vous et sur moi les .des
seins de Dieu, resté chef de l'antique race de vos
rois, héritier de cette longue suite de monarques
qui, durant tant de siècles, ont ineessaînment ac
cru et l'ait respecter la puissance et la fortune de
la France,-je me- dois à moi-môme, je dois à ma
famille et à ma patrie, de protester hautement
contre des combinaisons mensongères et pleines
de dangers. Je maintiens donc mon droit, qui est
le plus sûr garant des vôtres, et, prenant Dieu à
témoin, je déclare à la France et au monde; que,
fidèle aux lois du royaume et aux traditions de.mes
aïeux/je conserverai religieusement jusqu'à mon
dernier sou pi r le dépôt de la monarchie héréditaire,
dont la Providence; m'a/ confié la garde, et qui est
l'unique port de salut où, après tant d'orages, cette
France, objet de tout notre amour, pourra retrou
ver enfin le repos et'ie bonheur. . HENRY.
Frohsdorf, le 25' octobre 18o2.
«Toutes ces pièces, dit en lez minant le
Moniteur, sont désormais connues du pays ;
son bon sens ot son patriotisme en feront
justice.»
Le paince-Président n'arrivera de Fontai
nebleau à Paris que demain mardi, vers une
heure. S. A. I. se rendra directement du dé
barcadère de Lvon à Saint-Claud.
Mgr Févêque de Gap vient d'adresser au
clergé de son diocèse, au sujet du sénatus-
consulte qui rétablit l'Empire en France,
une lettre pastorale dont nous citerons le
passage suivant :
« Faites bien comprendre à ceux qui deman
dent vos conseils, que le rétablissement de l'Em
pire relèvera la France de ses humiliations, fera
revivre nos anciennes gloires et garantira à notre
patrie un avenir de prospérité.
« Par vos prudens avis, votre sage influence,
empêche?,, autant que vous le pourrez, qùe l'apa
thie et l'indifférence des électeurs ne les portent
il s'abstenir du scrutin. Il est d'un trop grand in
térêt pour la France, que son nouveau gouverne
ment repose sur l'es plus larges bases, pour que
les abstensions ne soient pas un m.il réel.
» Ainsi éclairées, les populations de nos'Alpes
marcheront à l'urne électorale avt-c d'autant plus
d'ensemble et d'ardeur, qu'elles s'y-rendront à. la
suite de leu'rs pasteurs, dont aucun, nms le
croyons, ne fera défaut à cet appel de la religion
êt de la patrie. »
teurs de l'arrondissement de Pontoise et des
cantons de Mculan et de Poissy, par M. le
comte de Gouy, député de celte circonscrip
tion au Corps Législatif : '
« Messieurs et. chers concitoyens,
» Dans peu de jours vous serez appelés à mani
fester de nouveau votre opinion sur le changement
il apporter au gouvernement.
» Dans peu de jours, un pouvoir fort et dura
ble sera enfin offert à votre ratification .
» Permettez-moi de joindre ma. voix h ce'les qui
vous engagent à rie pas laisser échapper l'occasion
d'user de Vos droits, et de vous couronner pour
ainsi dire vous-mêmes en la personne d'un prince
qui n'est occupé que du bien-être des classes -la
borieuses et du bonheur de notre beau pays.
» Rendez-vous tous au scrutin des 21 et 22 no
vembre, et qu'une fois encore la France fasse con
naître sa volonté d'une manière éclatante et in
contestable. .
» J'espère, Messieurs et chers concitoyens, que
vous excuserez l'initiative, que j>'ai prise en vous
faisant part de mes sentimens, et que nos votes et
nos voix s'uniront dans ce mêq:ie cii de : Vive
l'Empereur ! vive Napoléon 111 !
'» Comte de gouy,
«Député au Corps Législatif, membre Su
cofceil général de Setee-et-Oise.
» Marines, lîi novembre. » -,
Un arrêté de M. lè préfet de la Seine, en
date du 14 novembre, placardé aujourd'hui,
détermine le nombre de sections dans les
quelles sera partagé le département pour le
vote des 21 et 22.
Paris aura 130 sections., comme il suit :
le d° r arrondissement, 10 ; le 2 e , 16 ; le 3% 8;
le A", 8; le 5°, 12; le 6 e , 14 ; le T, 8; le 8°, 12;
le 9 e , 4; le 10 e , 16 ; le 11% 10; le 12°, 12. Les
arrondissemens de Sceaux et de Saint-Denis
en auront 95. En tout, 223.
g) La distribution des cariés a- comme".
aujourd'hui. Elles sont envoyées franco par
la poste aux électeurs.
Nous, lisons dans l'Union bretonne, sous la
date de Nantes, le 13 : .......
«TNous avons parlé,'dans l'un de nos derniers"
numéros, d'un écrit séditieux affiché à Nantes-et*
saisi par la police. ■ 4
» Nous apprenons aujourd'hui qu'un certain
tain nombre d'imprimés semblables, contenant,
une sorte de manifeste du comte de£ hambord, et.
signés Henri, on! été distribués à des particuliers.
« Prévenu que Si. Brodu, gérant de l'Espérance
du. Peuple, venait d'être arrêté en Vendée, pour
avoir distribué «les exemplaires de ce manifeste,
M. le préfet a ordonné ce matin l'arrestation im
médiate de M. Emerand de laRocliette, rédacteur
en chef do l'Espérance, par suite do la saisie sur
M. Brodu d'une pièce qui compromet Mi de la Ro-
ohette, et, des perquisitions simultanées chez M.
Biarnès, imprimeur, et au domicile de MM. Char
les de Kersabicc, Favreau ei Brodu, rédacteurs de:
cette feuille. A la suite de ces perquisitions, M. Fa- -
vreau a été mis en état d'arrestation.
» MM. Ëincranâyie la Bochette et Favreau ont.
été écroués à la maison d'arrêt. .
' » Le gérant de l'Espérance du Peuple éta:it dé- •
tenu à Napoléon-Vendée, la publication de ce
journal se trouve interrompue; » '
On ne lira pas sans intérêt les détails qui
suivent sur la configuration du sol de Paris.
Ge sol ollre beaucoup d'inégalités qui-au
trefois n'existaient point. Les alluvions, les
décombres, le creusement des lossés qui, à
diverses époques, :ont défendu l'approche
des murs.d'enceinte,-l'érection de ce9 murs
et des tours qui les flanquaient, leur des
truction, d'autres causes encore ont contri
bué à former les ondulations du sol dans un
grand nombre de quartiers de Paris.
Ainsi se sont formées les buttes de Saint-
Roch, de Bonne-Nouvelle, du Terrain, des
Copeaux et autres. Le Terrain formait la
partie orientale de l'île de la Cité, derrière
Noire-Daine. .La butte des Copeaux est dans
l'enceinte du iardin-des-Plantes.
Aujourd'hui, on exhausse le sol des quais
pour lui donner une surface nivelée à un
repère donné, et cet exhaussement trans
formera en rez-de-chaussée le premier étage
de bien des maisons. Ge fait s'est déjà passé
dans les anciens temps et, ce qui le prouve,
c'est que, dans la rue du Plâtre, au iww de la
•rue Saint-Jacques, il y a beaucoup de mai-,
sons qui ont des caves à Au commencement du XVi r «m mon
tait à Notre-Dame par truizo Le sol
du parvis, qui, aujourd'hui, est de niveau
avec celui de l'église , a dtr.i': 'lé élevé de
plusieurs pieds. :, ; ou= voyons de notre temps
que sur le quai de la («rêve «svclé, et sur
une partie du quai du Louvre-, les rez-de-
chaussée sont devenus et deviendront des
caves, les premiers étages des rez-de-chaus
sée. ■ • ■ .
Le bassin, dont Paris occupe le centre, 'est.
formé, du côté septenti'ioaul, par une.chaîne
de collines qui prennent i: .- noms des villa
ges voisins: lîercy, Gharonnc, Ménilmon-
taut, l.ellevillc, La Villede, Montmartre-et
Chai!lof. Ces collines s'élèvent ;ut-dessus du
fond dii bassin d'environ 2i moires; celles
de Montmartre et de Méuilmontant at
teignent une hauteur de 75 mètres. Au-
sud, la ceinture est moins élevée: En
remontant la Seine; sur la rive gauche,
et après avoir -traversé la plaine de Gre
nelle, on trouve les hauteurs assez peu
sensibles de Vaugirard, d'où l'on monte par
une pente fort douce jusqu'àcelles duMont-
parnasse. On trouve ensuite le plateau de
Montsouris, celui de Sainte-Geneviève, se
prolongeant à l'est et au nord-est jusqu'aux
buttes des Cailles et de Livri situées au-delà
de la barrière d'Italie.
A une lieue au-delà de cetle teinture, on
trouve une seconde chaîne beaucoup plus
élevée, qui commence à-Ivry et Villejuif, et
se termine au mont Valérien. D'après les
substances qui ont été recueillies, et les cou
ches de terrain analysées surtout à Mont
martre, on est porté à croire que tout le bassin
circonscrit par les collines dont nous venons
de parler, a été un grand lac traversé par la
Seine.- l. boniface.
On avait appris l'arrivée de M. Hubert de.
Lisle à son poste de gouverneur de l'île de
la Réunion, mais ou_ u'avait encore aucun
détail sur l'accueil qui lui a été fait, Le cour
rier de Suez apporte des lettres du 25 août;
l'une d'elles, écrite par un colon bien placé,
mérite d'être transcrite.
« ........ Depuis trois mois nous savions-la no
mination de M. Hubert de Lisle; cette nouvelle.
•, C'est ce soir, assure-t-on, qu'ouvrent
les Italiens. Je le croirai quaiïd je serai dans
ma loge. Je ne douté pas de leur bonne foi
ni de leur bon vouloir, mais il leur est ar
rivé tant de péripéties, tant de contrariétés,
tant d'accrocs, que je ne serais^pas étonné
' qu'au dernier moment, M. le régisseur gé
néral Calmij poète assermenté de la troupe,
ne vînt faire une anhoncè au public, ainsi
conçue ;
« Messieurs et Mesdames, nous avions cru
dit avoir fini avec les propriétaires de la sal
le; nous avons payé le loyer, les contribu
tions,- lé gaz et les pompiers;- nous nous ■
sommes mis en règle. Les musiciens sont à
l'orchestre; j'ai l'honneur de vous présenter
leur digne chef, M. Castagneti. (èallzez Mon
sieur Caslagneti.) Les ' chœurè sont dans la'
coulisse; ils arrivent de Bergamé en droitu
re. Mlle Cruvelli est habillée et coiffée; Elle
a de vraies pérles dans les cheveux. Sans
nous flatter, elle est admirable dans le rôle
de Desderiione.. M. Bet'ûni_ s'est noirci la fi
gure; il vous aurait fait frissonner dans le
rôle â'Otello : enfin, nous étions prêts, et-ôn
allait donner le signal ; mais voilà qu'on
nous éignifiè, par acte d'huissier, que nous
avons à vider les lieux- tout à l'heiire, et on
nous envoie jouer à la Ikstille, aijx. Arèûes-
Nationales. »
Si ridicule et si étrange que puisse vous
sembler une telle hypothèse, je vous répète
qu'elle n'est pas impossible. Ce qu'a souflert
depuis un mois ce pauvre M. Corti, le nou
veau directeur, formerait le sujet d'uu dra
me plus compliqué et plus lamentable que
la fameuse pièce italienne : VImprésario in
hngustie. Je vous ai laissé l'histoire du Théâ
tre-Italien, â ce moment critiqué ou il s'a
gissait, de donner un successeur à M. Lum-
ley.îly avait six concurrens, comme je vous le
disais dans un de mes articles, que vous
avez sans doute oublié. Mais le choix n'était
pas difficile. De
ment pour être de charmans garçons, très
honnêtes, très polis, mais qui avaient plus
da barbe que d'argent. Il y eut cependant
quelque hésitation, quelque retard inévita-
blé, car le gouvernement-, qui a pris très vi
vement à cœur les intérêts du Théâtre-Ita
lien, te'nait à s'éclairer de tous les docu-
mens possibles, de tous les renseignemens,
de toutes les lumières, avant de prendre une
décision.
Enfin l'on apprit un soir, vers six heures
et demie, que M. Çorti était nommé. Le café
Cardinal illumina; on fit partir des estafet
tes dans toutes les directions; on lâcha des
pigeons; on tira des boîtes et des pétards.
Une nuée d'importuns,- plus incommodes
que'les sauterelles d'Egypte, s'abattit sur-le
malheureux directeur. Il ne savait plus au
quel entendre; les uns lui demandaient des
places, d'autres lui donnaient des conseils.
J\I. Corti ne comprenait pas bien ce-qu'on lui
voulait, Car il n'entend pas le.français; mais,
il répondait par instinct :
— Va bene, signori, ma non ho la sala ; ce
que vous dites là est j.ort bien, Messieurs;
mais je n'ai pas encore de salle. Il faut com
mencer par avoir une salle, puis nous ver
rons.
— Mais, retenaient les officieux, vous ne
connaissez pas le terrain où vous voqs-sn"-,,
gagez. Vous vous croyez à Bergame, à (Ve
nise, à Milan, où il suffit de monter un spec
tacle quelconque et d'attendre le jugeaient
du public: Là-bas tout dépend de la prima
donna; si elle plaît dans la cavatine, on la
rappelle vingt-six fois de suite, et le théâtre
est sauvé. Ici -vbus- -avez affaire aux ju-
géurs qui ï ee Croiraient déshonorés e'ils
s'amusmfeflt'au > spectacle sans se rendre
bien çompte des sensations qu'ils éprou
vent et sans raisonner leur plaisir; vous'
avez affaire' aux cabales, qui vous ren
versent d'un coup de sifflet les succès les
mieux établis ; vous avez affaire aux perru
ques qui ont fort bonne mémoire, je vous
en préviens, et qui ne laissent pas .''ihtipper
une note sans s'ecrier, dtas leur sldle : Lâ
Malibran poussait un mi darc- c- .a^sage;
Bordogni levait les bras; î>. Uui se mou
chait; Lablaché élait iiiimit,aAvez-vous
vu les journalistes? - .
— Je.les verrai, disait M. Corli, mais il
faut songer d'abord à la salle.
Cependant le télégraphe électrique, acca
paré par M. Corti, -ne suffisait pas à trans
mettre ses dépèches. C'était, de Paris à Franc
fort et de Francfort à Paris, un commerce
de tous les instans. Honneur au progrès!'
Saris l'invention du télégraphe électrique, le
Théâtre-Italien n'eût pas ouvert cette année.
M. Corti ne sortait pas du bureau du télégra
phe. H interrogeait tous les employés, tous,
les commis du chemin du Nord pour savoir
s'ils ne voyaient pas de loin lé wagon qui
devait lui amener sa prima donna. Les com
mis alongeaicnt le bras et répondaient :
L'on ne voit rien à l'horizon. .........
— Et- M. forint? ne voyez-vous pas .M.
Lorini ? ' *
— Qu'est-ce que M. Lorini ?
— C'est mon bras droit, répondait M. Cor
ti j mon lieutenant, mon factotum, ïqou
agent dramatique. Je l'ai chargé de porter
mon ultimatum à Sophie Cruvelli. suis
fâché qu'il n'arrive pas; il ada langue si
bien pendue ! Il me servirait de dictionnaire
de poche; car, enfin, à l'heure.qu'il est, je
a'ai pas encore ma salle.
Les jours se passent ; Lorini ne revient pas.,
ni Mlle Cruvelli non plus. M. Corti mopte eo
wagon et ramène sa cantatrice et,- eoh lieute»
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