Titre : Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1852-09-18
Contributeur : Véron, Louis (1798-1867). Rédacteur
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 18 septembre 1852 18 septembre 1852
Description : 1852/09/18 (Numéro 262). 1852/09/18 (Numéro 262).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
NUMÉRO 262.\
IsSîwstiiesàttïKssiao
miREAUX t rtze fie Vaïote .Taittfi-Rftyal) " h . lO. B 18EÇI,— SâllEDÎ 18 SEPTEMBRE.
Bt&BSBsa»jamaiaes8ffiiSiaaamasfi3wgBiiba^i«a»s8BgsjaaBi^^ ' 1IBml
Prix de fabonicmenl.
PARIS ET XHEPASTSBSSKS î
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TIONNEL est au-dessous de celui de tous les
jouriiaui politiques.
PAKIS, 17 SEPTEMBRE
Nous d'sions, il y a quelques jours , que
les ch 'iïiius de fer allaient franchir bientôt
les chaia»s de montagnes les plusjélevées de
l'Europe. Co que nous devons ajouter , c'est
qu'ils les franchiront pans obliger pour cela
de renoncer au mode de traction ordinaire.
Tel est ie résultat des progrès, inespérés de
la force des locomotives. Grâce à la puis
sance qu'on est parvenu à leur donner, les
locomotives peuvent pénétrer aujourd'hui
dans ies contrées les plus accidentées et s'é
lancer sur des pentes qui semblaient inac
cessibles pour elles.
11 n'y a pas encore long-temps que l'on
croyait imposable de. franchir les faites éle
vés sans recourir à des machines lixes. Les
convois devaient s'arrêter au bas des ram
pes, t.t des câbles, tirés par ces machine»,
le& amenaient péniblement au sommet, d'où
ils r» descenda'ent ensuite par l'action de la
pesanteur. C'est ainsi que la construction
des grands plans inclinés de Liège était,
il y a quinze ans, avant les^progrès réalisés
daus la. co'jitiuètion des locomotives la so
lution forcée, du problème que les hig -
nieurs'- b< lg<-s avaient eu à résoudre. En
"les établissant, ou obéirait à une néces
sité impérieux. La question a bien chan
gé de f ce d< | uis eute epoque, et, si elle
étaïUncnre entiers, pfeisonue ae proposerait
maiûtfii 'iil de construire ces plans inclinés,
qui ont exigé des dépenses si considérables,
et qui t niraîuent tant a'iucouvémens dans
l'exploitation.
C'< si aux Etats-Uuis, dans ce pays de har
diesse et même de témérité industrielle,
qu'on a commencé à admettre les plus gran
des inclinaisons. Air si on trouve des rampes
de 26 millimètres par mèlre sur un chemin
de fer de Pensylvanie, de 48 millimètres sur
un chemin du Mississipi, de 67 millimè
tres sur le chemin de Philadelphie à Ço-
lombia.-Toutes ces rompes sont franchies
par des locomotives. On objectera peut-être
que les Américains se montrent trop peu
scrupuleux sur les conditions d'a'it. Miis
l'Angleterre elle-même, que l'on n'accusera
pas de reculer devant les grands travaux de
construction, est entrée presque aussi réso
lument que l'Union américaine dans le sys
tème des fortes pentes. 11 suffira de citer les
rampes de 20 millimètres sur le chemin de
Manchester à Leeds, de 24 millimètres sur
et lui d Edimbourg à Glascow, de 27 milli
mètres sur celui de Birmingham à Giocester,
et enfin de 23 mill mèlres sur un des che
mins aboutissant an port di? Hartlepool.
Pour apprécier l'importance de ces exem
ples, il faut se reporter aux conditions que
l'administration des poutâ-et-chaussées a
long-temps imposées en France, dans le tracé
dés chemins dé feh.On n'admettait en gé
néral qu'un maximum de trois à quatre
millimètres par mètre, et lorsque, pour éta
blir le chemin de Paris à Lyon,'l a fallu fran
chir le f 4te qui sépare les eaux d-> l'Oeéan
d«s eaux de la al éditer ranée, on n'a pas voulu
aller au-d4à de 8 millimètres. Il n'y a en
France qu'une seule rampe comparable à
celles qui exigent en Amérique ou en An
gleterre, celle du chemin de la L ot -., qui
att-int 29 millimètres, et qui n'est desser-
FEUILLETÛN DU CONSTITUTIONNEL, 13 SEPT.
~'n pc.r «'es locomotives que depuis l'an-
n 'e 18iC. Nous ne parlons pas du chemin d>
Saint-Gemuiii, sur lequel on a appliqué
avec succès le système atmosphérique 5 mais
il n'est cependant pas inutile de rappeler ici
que, peud mt les jours de grande afil ience,
la compagnie se sert de locomotives puis
santes, qui remorquent, sur une rampe de
vingt-cinq millimètres, des convois de qua
torze wigons pleins.
L'Allemagne est, sans contredit,. la con
trée de l'Europe où îe problème s'est pré
senté dans les termes les plus complexes et a
été résolu de la manière la pl us remarquable.
Les chemins avaient été d'une construction fa-
cile dans toute la partie septentrionale, qui
n'est à proprement parler qu'une vaste plaine.
Mais il n'en était, plus de même à mesure qu'on
s'avançait vers le midi. O h se trouvait eu face
des montagnes qui s'étendent entre la Lippe
et leWeser, de celles qui forment le Hartz
en Hanovre, des chaînes de la Sixé, de,
la Bohême, de la Hongrie. On était aux
prises avec toutes les difficultés de la ques
tion des rampes. L'Allemagne, à l'aide
d'une série de travaux poursuivis avec cette
patience qui la caractérise, a triomphé de
ces obstacles. Aujourd'hui,-les locomoti
ves pénèirent d«ns le Hartz, s'élèvent .en Ba
vière sur le plateau du Fiehtelbirge, et fran
chissent en Autriche les hauteurs des Alpes
Noriques.
XJn aies ingénieurs les plus distingués du
corps des mines, M. Couche, a, daîis un
mémoire publié nouvellement, donné des
détails remplis d'intérêt sur ces remarqua
bles exemples de l'application des locomoti
ves aux tracés les plus difficiles. Il montre
comment, après avoir pensé successivement à
établir des rampes desservies par des chevaux
et à construire des plans inclinés à câbles, les
ingénieurs allemands ont été conduits à
abandonner c?s solutions qui ne répon
daient nullement aux exigences du tra
fic, et à faire pénétrer la locomotive au cœuir
mêmedes montagnes. Ce sont là des travaux
qui marqueront dans ies annales des chenii us
de fer, et qui doivent servir de modèles pour
le passage des grandes chaînes européennes.
La traversée du Fiebtdt>irge, qui était in
dispensable pour mettre l.i Bavière eu com-
nraBicutioQ avec la Saxe, a exigé des ouvra
ges d'art remarquables par leur importance,
par certaines particularités de leur construc
tion et -aussi par leur caractère, qui est en
harmonie avec la nature sévère et grandiose
de la contrée. Tantôt le chemin pénètre dans
des tranchées qui ont jusqu'à 27 mètres
d* profondeur, et qui, poussées daus des
terrains d j . jehiste extrêmement durs, oal
ex'gé l'emploi presque continuel de 'a pou
dre; tamôt il s'élance au-dessus des îa
vins, tantôt il s'établit à mi-rôe, sur des
ouvrages d'un genre tout spécial, qui par
ticipent à la fois des remblais proprement
dits et des viaducs, et qui consistent en terres
de déblai,-fknquées de gros murs de soutè
nement, dout l'épaisseur va en augmentant
depuis le sommet jusqu'à la base. Un de ces
ouvrages atteint une hauteur de 32 mètres,
il présente, à la base, une épaisseur qui,
mesurée horizontalement, est de 52 mètres ;
il olfre encore cela de particulier qu'il a
fallu ménager un passage dai s le massif
pour recevoir un torrent et un chemin des
tiné à l'exploitation des forêts voisiues.
Ce qui nous intéresse surtout au point
dè vue qui nous occupe, c'est le profil du
chemin. L-spentes qu'on y trouve sont de U
à25 millimètres. Nous veuoasde dire que des
rompes semblables étaient déjà desservies
par des locomotives soit aux Etati-Unis. Mais c qui était sans exem
ple, cédait la longueur delà rfimpes'jrle.ch»-
m ; n bavarois.' Là était la difficulté. On avait
bien pu faire remonter aux locomotives une
penteausii cousidèrub'eenljoruatitle trajetà3
kilométrés au plus. Sar une rampe deux fais
plus longue, les conditions pouvaient être gra
vement. modifiées. Riiu.»siruit-on à maintenir,
si:r une pareille étendue, la pression de la
vapeur au degré nécessaire, à se mettre en
g irde. contre les clwnces de raienti-sem-'nt '
et d'airêt si dangereuses, en raison même
de l'inclinaison et de la longueur de U ram
pe, à assurer tnOu la régularité d o service en
dépit de'l'état des rails, de la direction etde
l'intensité des vents qui soufflent dans les
moutagnes ? Tout'cela n'est plus en question.
Le service est installé sur la rampe du Fich
telbirge, et s'effectue avec la même régala
nte que sur le r-sie du chemin. La r^mpe
est franchie, à la remonte, à la vitesse d-j 48
kilomètres.
Le cli> min de fer wurtembergeois , de
Hei'broa à' Frederischafen, n'offre pa- un
exemple, moins remarquable dans la traver
sée des Alpes-Rudes. On a, pour les fran
chir, établi une ramp" qui présente, sur une
longueur de plus de 5 kilomètres, une in
clinaison de 22 millimètres combinée avec
des couibes de 272 métrés de rayon. Lé ser
vice s'y opère, comme sur la rampe du Fich-
ti lbirge, avec une régularité qui ne laisse
rien à désirer. Des ma kines y remorquent
une charge brute de plus de cent tonnes à la
Vitesse de ta "kilomètres à l'heure.
Les difficultés étaient encore plus grandes
sur ie chemin de Vienne à Tr.este. On sait
que ce chemin, si im.jiO! tant pour l'Autri
che, traverse les Alpes No i^ues entre Giog-
guitz et Murzuschlug et les Alpes Juliennes
entre Laybach et Trieste. Il est terminé et
exploité jusqu'à Laybach, sauf le passage
des Alpes Noriques au Sommering, qui
sera probablement livré à la circulation dans
le eoura.'Yt de l'année prochaine, Apres bien
des dcbals sur le mei lleur système à adopter,
la locomotive est restée là aus> i maîtresse du
terrain. Pour donner une idée des travaux
immenses de la traversée du Somœeting,
il suffira de dire qu e l e a exigé le percement
de treize tunnels et la construction de vingt-
cinq v ; aducs, parmi 1«. squels un s'c'ève jus
qu'à SO mètres au dessus du sol. Les rampes
atteignent 25 milliniètr s, et les rayons de
courbure descendent jusqu'à 190 mètres,
sans c. pendant dépasser 285 métrés dans
les parties où l'inclinaison atteint son maxi
mum.
On sait que !e gouvernement autrichien
avait ia-tHué ou concours entre tous les
constructeurs nationaux et étrangers pour
la fabrication de machines destinées à des
servir la traversée, «u Sommering. Ce n'était
pas que, dans l'état des ressources de l'art,
on douiàt de la possibilité d'une exploitation
régulière par les locomotives. Mais il y av^it là
des conditions sp»ciales qui pouvaient Taire
recourir à des expédiées, isouveaux. Qua
tre constructeui s prirent part à ce con
cours. S-m vouloir discuter ici les mérites
comparatifsdesmachim squi furent envoyées,
nous nous contenterons de. dire qu'elles
étaient de nature a conduire à une solution
pratique entiereiUfrit satisfaisante du pro
blème qui avait été posé. Du reste, si considé
rable qu'elle soit, la puissance des machines
du Sommering est cependant intérieure à la
limite atteinte précédemment par quelques
constructeurs anglais et fianças. Nous pour
rions citer, notamment les locomotives que
la compagnie du chemin de fer du Nord a
fut construire, dans les ateliers du Creuzot,
pour le transport des charbons, et qui doi
vent remorquer 300 à 350 toilms de houille.
En résumé, dit M. Couche, les résultats
obtenus en Allemagne, et notamment au
SomnSering, permettent, dès à présent, de
poser ce principe : que ies locomotives peu
vent faire un service économique et régulier
sur des rampes d'une inclinaison' d« 25 mil
limètres, d'une longueur en quelque sot te in
définie, Tiiêrneenles combin-mt avec descour-
.bfs de 285 mètre* d« rayon. Ce sont là des faits
qui ne peuvent manquer d'exercer une in
fluence considérable sur le tracé des chemins
de f.r à la traversée des montagnes. Il ne faut
pas croire, tout' fois, que les locomotives des
tinées à desservir cr s passages doivent être
également appliquées au service"du rest. de
la voie. On ne peut plier les locomotives à ces
exigences 1 xceptidnne 1 s du terrain qu'en
sacrifiant une de leurs propriétés caractérist/
q 'es, la vitesse. La vitesse est interdite aux
m .chines appropriées aux rampas très raides,.
à edu-e de la petitesse qu'on doit donner aux
roues motrici s ; aux machines appropriées
aux coui bes de irès petit rayon, à cause de la
mobilité qu'on doit laisser à leur avant-train;
et, parecs deux caiises réunies,"aux machines
qui doivent, comme celles du So mering,
remplir à lafoisles deux conditions. Ainsi les
chemins de fer qui Ira versent des faites éle
vés ne doivent recourir aux locomotiv-s
spéciales que pour mout«r ces rampes à
grande inclinaison. Mais ou conçoit, du res
te, qu'il n'y a aucun inconvénient à em
ployer pour le service d'une section, des
machiiKS particulières dont la puissance tt
le mode de construction soient appropriés au
passage des montagnes que le rail way doit
fraachir. 1. burat.
VOYAGE DU PhlXCE-PKÉSIOEXT.
Le prince-Président, qui a couché cette
nuit à Moulins, arrivera ce soir au chef-lieu
do dépa't ment d : la Loire ; il sera d main
à S aut Etienne, qui piépare pour le reccvoir
uneurg iiliqtte exposition de produits de son
industrie, et il fera dimanche son entrée à
Lvou où tout est dr>po.?é pour Jui faire un
in-gmlique accueil. D'apies hs correspon-
d-'ift'fi tie et tte ville, tmitp» lés cla j s s de la
'population rivalisent de zèle, et l'on pourra
fa ilemeni, s'apercevoir du changement qui
s'eut opéré dans les idées depuis le 'fermer
voyage du chef, de l'Etat dans cette ville.
Les villes où Louis-N apoléon s'arrête sont
encombrées par les populations des campa
gnes. A Nevers, l'afflueuce était encore p;us
considérable qu'à Bourges ; c'i st à ce point
que le ri 1.1 lire de l'Iiô'.el de France avait loué
le collège pour le transfo-mer en dortoirs, et
que, malgré cela, il a été forcé de refuser du
monde.
Partout ce n'était que bannières portant
quelques-unes les mot* : Viw Napnlénn/
mais dont la plupart allaient plus tranche-
„meiit au but par cette devise : Vive l'Empe
reur /
Da
le défilé des communes on remar-
Ë3CTibS&aBsasssssssEi!&'3GeeseaassaE3GeË3aw^
IiV €f>I2TS5fâSli:
DE MÂULÉCM."
XVII.
8XJ L 'on ESSAIE BK FAIRE UN TRAIT^ SUR LE 3
AMOURS A. DISTANCE ET LEURS; PROCÉDÉS IÎSGÉ-
KIEUX.
p. ndant que je poursuivais m f s négocia
tions avec la chauo ne-se, Lucit n ne demeu
rait pss itiactît, et douiiait à si passion tout
l'essor compat-ble. av'C sou ur xpenence < t
sa cautdenc. Aucune de ses ■rl.'-marchis ne
BQ'éVir pp ut ; j le suivais de 1 œil et y pre
nais un ko ût cxt'è.ve. Rien d' plus cùn< nx
qu'un premier amour, ■ urioot q^and il s'a
gite daus fspacc» et n'a pa^ encore lou
ché aux rivages du monde reeL
% Won jeune, homme, eu était la;, il avait un
pied dans le pays des rêves Depuis qu'il avait
vu la comtesse,"l'état du cerveau avait em
pire chez lui, et pourtant il ne s'en dégageait
rien qui fût de nature: à m'aiarmer. Point
d'éci;it, point, de briul, mnis une adoration
discrète et solitaire, ©n eût dit que notre
rmeincox ne cherchait et ne \o>ait rien aiv
delà. Ce.-1 qu'il était a cet âge où le t œnr st-
sidl!t et vit, » : i" ta propre substmo, 1 , < 111 »m 1-
guiitiuu tJi S ll'ii- î -lt (!i: if ? '"'>!O r ni)t. Ce^t qu il (Il etuit
aux (itbt-ls n. "u? 'le la f^&sion, et qu'heu-
* La reproduction 6st iaterdite.
renx agrandes.
I! iot fmdritdes scmrdirs et d- =• mois
pour voi.:s raconter tout ce qur Lneicn de-
P'ust n'o''s en favmte-. 1 oiii".'H!.,iso,-, en
m.megi s legevueux. m s'y'i'Mi? pridon-jé- s
et en confidences aux eûmes. J'a; Ju dt-s
poèmes" qui n'edlVent ni celte Yfuiéte. ni
Cet iutei'êt et OÙ les r-p S'. 3. S n'-Im • 'Jt
pas au même dt g> é. Il n'avuil pa-- ac«e- ' ii-z
la coiut'sse, et, pour y sujipié r, il en é ait
réduit «".ux homu.âges Vil 'iiei; ux et aux con
templations à distance. Vous ru2! N'y au-
îiez vousjymaii pa-.»é? Non? A iois ;f\ous
.plains; Ci.s eorv c a ue sont p L .r- s.:ns chaiine.
Lucien les prenait fort auseneux. Moi. Dieu !
avec plus d'expérience il aurait, pu s'en ef»
fianclnr. La porte de Mme de M.mléou o'é-
tau pas, de c lies qui s»; fi rnv nt dev nt 1 >
visiîïex nouveaux, « t le moindre appui efu
suffi p »i-r lui en procurer t'eut: é j . îiiai- .Mé
rinvat n'y fit, point d'elfort; son instinct \ eé-
|:ugui)il, : il n'oint pas livrer et. craignait
qu'on il- le pénétrai. Vis-à-vis d inconnu :,
il .-e refu-ait-même à prononcer le nom 11 e-
jeré, de peur qu» so . a> cent ne l,i tr îhît "t
que sa rougi, uï n'éveillât le soupçon. I: avait
toutes les délicatesses d'un semiment vrai et
la pudeur discrète qui s'y attache.
Do là, mille stratagèmes et mille moyens;
de là, bien des campagnes au sein des "lieux
publics, di s pj < tnenades, des théâtres, des
concerts, pour aboutir à quoi? Au frôlement
d'une robe ou à ia rencontre d'un regard. Et
euiororiai ntrelj hs j uis h meu-o Que
de feià Lncf n rent a l" <-o t rnipe us-
I qu ai.x Ot, m i b e d 1 1 g' e 11 1 our ut t^ini si ? i t ' 1 r , ri ( { > ut, mi-
ni* î> pli.s lu 1 if, t'it m t,o le pa,i t d( es
souffrances volontaires! Que ûe lots il atten
dit sa divinité du côté d'un passage, tandis
qu'elle sVoignt d 1 l'a itre côté! Que de
.fois d ai » vmi d s cl. v, u\ U-icés à grand
tcaiîi (t >'[ a~-1 on cairo -e poor y < é> 0 i-
vrir un a 'lit u>,y qu 1 si"i ! Q ie d toi-,
dans une foule, m.» iqm [sar sa c.iuiestr u'uoo
roue ou li fe.raie u un eli ip a 1, 11 sV|,> .çi
d'un boilmij) tu nx •' s- lit mniitiir « t
1 m'.utiie pour m: n ou'ilm qu'un doiiiou-
' r u\ 01 a m ns-^Q >e d- d.sji.mecspar-
Courm «1 n \.i i!q e d «our&e-ao fr.u.ci !
que de feifires < t'i'- vé' toei s fr.pc.-! t; ;e de
cluusi-i'r & ixno e u contaci (te riouuide
el meiu ou ? c ~cès d'un p 01 v;ce ruineux !
Mais «USM qui Ile r» \anche îor-q i'il l'a-
p-rcçvait, et con.«me il se irouvaii ample
ment dédommagé de toutes ses misères!
Quelle joie de suivre le sillon lumineux
qu'elle traçait en' marchant, de respirer le
même «ir, de pre>»-r le même sol; de s'ns-
oirdaib m même er eemte ! Ela't-icau
sp <• ac". ? Il - 'associait à ses jmpr- s.-inns, à
S: s l'rines. a sou sourire. EUst-c- d ms un
j .roi i puld,c? Il s'enivrait de tout ce qu'il
avait sous ies yeux, du jeu des eaux et des
r» fiels de lit lumière, du chant des ois a ;x
et d -s parfums des fleurs. Puis de aueU re-
gaids il la poursuivait ! Comme 11 y expri
mait les feux et les troubles de son arne ! Et
pourlunt. si 1 y. ox de la connes-e veuab nt
à rencontrer les si- os, ii se d •tournai t avec
mie sorte de confusion et comme un en
fant que l'on p:end en fuite! C'est qu'il
se trouva t bien banti de pi étend es: liant
i et qu'a aucun prix il n'eût voulu doof r à
i qe- a«s'du t un - ^un fi p'i.s pi.,^ cn .
\ A quoi bon i S; s "d * o |f ' i oi-o- lu. s ,fli
) I (|1 f t I' - tii d î d J r; 1," 1 au souf
fla de, l'irouie on de I md ff( r.-nce.
Que de lois, le soir, je. le surpris rôdant
autour du d«uni«ile de la ceratssse, èpiast à
q'.ait la. population ouv.iere mèié aux rodes
campaggar ris du Morvr .n, mais ions onisdans
un même S'nniiieut; les tfitieurscomme les
veniers, l»'sf«ï liciers comme ies bûcherons,
poi talent des driipe„.ux à l'aigle, av. c la de-
vi-e sacramentede : Vive l Empireur ! et ils
f#aient t«Mis retentir le même cri. Le sous
préiet de Château - Chinon a pu dépo-er
des adri sses conçues dans le même esprit,
de 58 commîmes sur 59 lont.se compose l'ar-
rondiss'urient. Le sous-préfet de Cosne en a
appoj te 6a, autant d'adiesses que.de, com
munes soumises à son administration.
„ Yoici'la suite des dépêcheatéiégraphiaues :
Nevers, 16 stp'em re, à c : n j h. vingt m.
Le prtfet du département du la Ni> 0'e à MM. les
mi ni tires ée l'intérieur et de la pulice.
J'ai eu l'honneur ^d'accompagner le prince au
jourd'hui jusqu'à la limite de mon département.
Je l'«i quitté à .midi .à Villeneuve, i trois lieues
de Moulins ; sa santé était parfdite. A Snnt Pier
re -le-Moustier, il a é'.e reçu sous un are-de-
tri' imphe par tous le - maires et les curés du can
ton, par les six cents ouvriers dq clu-miu de fer
et pa - toutes les population» venues des canton*
voi.-irii. L' : s cris de Vive l'Empertur! n'ont ces
sé n'éclater d« toutes parts. Le pri»ee, avant de
quitter le déferlement, a fait 'distribuer ries se
cours aux pauvres, aux établissemens hospitaliers
et aux anciens ujihtaircs.
Un incident a produit, au milieu de la grande
rue d<: ld ville, un élan d\ uth .esi.israe. La voiiure
dms laquelle était le prmcea ete inondée de fleur?,
au milie u desquelie» se trouvait une mugaitique
couronne ; il a f«llu arrêter le cortège : la fouie,
les m-eses de fleurs empêchaient les chevaux de
marcher. ' -
Le souvenir de ces deux journées laissera des
traces protondes dans la mémoire et dans le cœur
de bjs populations.
Le Moniteur publie la correspondance sui
vante.:
Nevers, 1S septembre.
Meren di, à d'ï heurts du soir.
Le rrince-Pré-id iit; p^iti de Bourses à une heu
re, est arrivé à Ncver» à deut heures et (enuie. Sa
sortie de c tte vii.'e a présenté un tableau pje.n
d'ii,t rét : les h vbit u;s du Btriy, qui le voyaient à
regret sVl'.igmr, ont -voulu lui donner une nou-
v lie pr uve de leur fj mp: thi^. Ils se sont ren .us
en nu-se ù IVmb-ircadere; ils ti.rm .i nt, dis deux
tti.es, i ne h de qui s'eteod ot à plus de deux kilo
mètres (li- dist.'uiofi. Girdes uaiionaux, hsbitausde
U ville, habitans de la c^mtiaK.ie, l'ont salué une
dtmière fois de leurs ac 'bmations.
De Bourges à Nevers, le pi ince s'est arrêté deux
fois : au val d'Yèvre et à N- ronrie. Au val d'Yè-
■vre, la colonie agricole fondie par M. Charles Lu
cas, inspecteur général des prisons, l'attendait au .
passage. Tous hs jeunes colons étaient ranges de
vant la gire. M. Charles Lucas était pré-ent; le
pi ince s'est entretenu av. c lui et lui a demande
s'il 11e pouvait lien f .ire tn faveur de cttie ut'le
in-titntion. M. Charles Lucas a répondu que sa
présence étriit un honneur assez grand pour la co-
r.nie, qui, d'ailleurs, se suffisait à elle-même.
A N ronde, le prince s'est arrêté quelques ins-
tans pour céder au vœu de la .population. La lo
comotive avait déjà dépas'é la ville , lorsqu'il a
donné ordre de la - faire retourner en arrière.
Enfin le prince est arrivé à Nevers.
Avant de descendre dans la gare, ii a adresse
des remercioiens à MM. les administrateurs du
chemin de fer délégués pour l'accompagner pen
dant sou vo.y.:-g« de Paris à Nevers. Ce son 1 MM. h
baron Paul de Riehem.int, Dufeu et Cochin; M.
Didion, directeur de la compagnie, inspectear di-
yisionnaire des ponts-et chaussées; M. Foulon,
ingénieur, inspecieur, commissaire du gouverne
ment, et M. Salacrons, ingénieur ordinaire.
A sa descente de wajïon, le prince a été reçu par
tous les hauts Ço 'Ctkmnwires du département.-
À Nevers c»nim<« à Bourges, l'enthousiasme a été
gr#ni, la symp^tlee profond .L'empressement des
p.ipulaiions à se porter à h rencontre du prince a
été tel, que, sur près de quatre cents communes
dont ?e compose le départi ment, il en manquait à
peine quelques-unes, que l'eloijnement et les dif
ficultés du voyage avaient empêchées d'à? river à
t'-raps. Toutes len corporaiions, toutes les indus-
triei, toutes les sociétés, tou- les comices agricoles
avdent voulu assister à l'arrivée du prince et lui
témoigner leur reconnaissance.
Le trajet de la gare à h préfecture, à travers
des flots dè population, n'y été qu'une longue ova-
t'on mêlée d'un même cri : Vive t'Emp reur! L'
prince s'est d'abord renrtu à la caihérirale, » ù il a
été reçu p: r l'évèque et son clergé. La sainteté du
lieu u'a pu empè hcr'le ai de Vive l'Empereta !
d'ebrai l r le-i -voûtes de la vieille basilique consa
crée à SdiiH-Cyr.
A la -ortit! de l'égli«e, la voiture du prince étm't
précédée et suivie de toutes les deputations cixe-
lounales îtA-èiue-. d'éeU.upes tricolores, et dvers> s cor, orati.ins, portant d 'sdr peaux et des
bannière» a*ec dés devi-es qui tontes peuvent se
résuu er dans ces nu As : Vive l'Empereur ! à Na
poléon! à i\api>léon III ! à notre, bon Pri«ce Jj/ws
N'ipotém ! On voyait des communes entières dont
les habitans portaient sur leur chapeau ces mots :
Vive l'Empereur!
Le dflilé de cette immense population a duré
plus*de dt-ux heures.
C'était un spectacle saisi?sant que de voir ces
paysans, accourus de si loin, couverts encore de la
poussière de la route, heureux et fiers de cont- m-
pter de près le neveu de l'Empereur. Dans leurs
rai'g 3 , on apercevait de vieux uniformes du temps
del'Empi reur, de vieilles croix gagnéts à Aus'er
litz,à Wagram, à Montmirail, à Champauherl,etc.
Ceue journée fera époque d ois tes annales du
dop-irtement de laNièvie; elle restera dans tous
1-8 souvenirs et augmentera, si cela e-t po^sib e,
le culte napoléonien, gravé si profondément dans
le cœur du peup ! e.
Elle setvirrt aussi à prouver que, si dans ce dé-
partemtnt certains hommes s'étaient lais.-é entraî
ner par des di ctrines subversives, le peuple, le
vrai peuple, :-.r.iit conservé le sentiment du plus
pur patriotisme.
Nous n'entrerons pas dans tous les détails du
programme; nous nou-. bornerons à dire que l'au
torité avait tout préparé pour rendre cette fè:e.
spleodide, mais que l'entliou'-iasme populaire, par
son élan spontané et le caractère passionné de ses
manifestations , a dépassé tout ce qu'aurait pu
ptomettie te plus brillant, programme. Sur tous
les drap aux, sur toutes les bannières, on lisait ;
Vive Louis-iïnp'ilèon! vive. l'Empertur! Il nous
serait impossible de donner la longue nomencla
ture des foncîioniiair s qui ont assisté à cette so
lennité; la liste en serait trop longue : tous ont
rivalisé de, zèle et de dévi ûment.
Après le défilé, le prieee s'est rendu à la pré
fecture où il do't passer la nuit; il a été reçu par
Mme fa baronne Petit de Lafosse, fe.i me du pré
fet, et o>r Mtne de Coynart, dont le mari, offi
cier d'état-major, a été chargé de tous les détails
de fa fête.
Le soir, la ville tout entière était i'inminée. Le
princ a assisté au bal donné à la préfecture. Il
paît demain à dix heures du matin pour Moulins.
Nous recevons des nouvelles de Moulins
du 10. après-midi. On sait déjà quel accueil
a été fut au prince Président lorsqu'il a tra
versé Sai nt -Pierre -le-Moutier. L'enthonsias-
"me a été le même dans toutes les localités
traversées.
L'entrée du prince à Moulins a eu lieu à
deux heures, par l'avenue dite de Bercy, qui
ét iit décorée de mâts surmontés du longues
flimmes; ce u'étaient qu'oriflammes et ban
nières de tous cô és, et toujours avec la de
vise de: Vin" l'Empereur! C'était aussi le cri
des populations et de la gard-* nationale
bordant la baie. Le concours é'ad. immeme;
on était accouru non seulement de tous les
points du déparlement, nia s des riépnrte-
mens voisins. L' 1 prin e s'est tout d'abord
rendu à la cathédrale, où il a été reçu "par
l'évê pie à la tête de son cl rgé.
Les .Cris detVwe/ 'Empereur! n'ont pas C'S'é
de retentir pendant le défi'é de la garde na
tionale et des troupes d« la garnison.
Le prince a visité ensuite les hôpitaux et
laissé partout les mirquesdesamun ficence.
De grandes réjouissances étaient att n lu^s
-pour le soir. On y a prélude par d'amples
distributions en uature aux indigens. Les
pronitn ides devaient être illuminées , on
devait y dmser, indépendamment du bal
officiel de l'Hft'el d'-Ville. S> le temps est
devenu plus favorable , cette soirée aura été
oittor. sque. Les Duuib mn -iiS 'S , dans leur
costume pittoresque, semblaient déjà atten
dre que la musique leur dunait le signal.
Le défilé de la gar Je nation de et des com
munes a été très animé. Aux gardes natio
naux se mêlaient, comme à.Bourg* s et à Ne-
vt rs, de, vieux uniformes de l'Empire, el le
cri de Vive V iïmpureur ! les accompagnait lo at
naturellement.
Nous lisons dans le Journal du Cher :
« Dans la réception qui a eu lieu le 18 au ma
tin, à i'archevéché, le prince-Pi-é«ident a déco
ré de sa main plusi ur» de nos honorables eontovens II a donne la croix d'olftcier .te le l.égion-
t'Il inneiirà M Aupc.ieDnr-'nd, pré?idei.tà la cour
rlVppel. Il a éleve au grade de commandeur ftî. le
colonel Levlerc, ancien colonel de la jeune par le
tinpén..le. En tin il a créé, chevalier M Bourda-
loue, récemment nommé par lui adjoint de la vilie
de Bourges, et, appelé pa' le suffrage des ékctîurs
au sein du conseil municipal.
« Ces trois rouduations ont é'é acCuei'lies com
me elles le serort dans le public,par l'assentiment
unJtiiitie des p. rsonues pré-eutes. Celle deriu.no-
i-al.le M. Bourdrdoue, in (jartieuh.r, a fa t naître
biOon. Ii r e pouvait elie tiv.-inent y avoir qu'une
voix, au sujet d'une distinction si justement mé
ritée. »
Le récit, que nous donnons plus haut indi
que très sommairement le tvmps d'at 1 êl que
le priuce-Pr sident a fiit au Val-d'Yévi e.
Nous recevons quelques détails sur la visite
du Président à la colonie agricole. C'e*t une
institution quiméri ted êire connue et imitée :
Le prince, dont la haute inttlligence est si sé
rieusement préoccupée de touies les institutions
^jui tendent à accroître le petf ctionnement moral
et la riches e agricole du pays, s'est yê'té avec
toute sa suite à huit kilomètres de Bourges devant
ia simple maison du garde-barriè'e du passage à
ii v. au qni forme l'eniree de la colonie agri ole
pérutenii ire de défrichement des marais du Val-
d'Yèvre, et qui domineses cultures.
Là se trouvaient rangé- les deux cents colonî,
avant le d: ap au de la colonie a-î centre. La com
pagnie des co ons lanciers ayant à leurs lances des
oriflammes tricolores, formaient la double h ue du
passage à niveau, au milieu duquel se tenaient le
directeur de, l'établissement, M. de Lezardièri s;
M. l'abbé Mahaut, aumônitr; M. le do teur Gué
rit), médecin de t'étab'issement; le gardien-chef,
les chefs pratiques de. l'horticulture et de. l'agricul
ture, et li s -oeurs de cha-ité attachée» à l.t colonie.
" M. Chart-s Lucas, membre de l'Institut, f.in.ia-
teur de la colonie établie sur fa propriété, atten
dait à lu lêie du personuèl .idmini trat f de sa co
lonie, l'arrivée du 1 rince. Detrière les colons étaient
échelonnes les habituns de la campagne de tous les
villages.
A prine le convoi s'est-il arrêté au poste du
{fard«-barrière, qu'une immense 1 cclamation de
cris de vive Saputéun! a salué l'arrivée qui est descendu en se di igeant vers les culots,
accompagne des ministres de la guerre et de la
police générale, du lieutenant-général de la divi
sion, du préfet .lu Cher, du premier pri'stdent de
la cour d'appi 1, de tes aides-de-camp , etc.
M. Charles Lucas s'étant alors avancé au-devant
du prince, lui a dit :
« C'est nous faire ua bien grui'l honneur, Mnr-
sei-'n- ur, et nous donner en même temps un bien
t>rand encouragement, que de daigner arièter un
moment vos regard* sur m«s collaborateurs et sur
mes colons. Mais daignez aussi, Monseigneur, jeter
les yeux sur ce mardis qui se présenté à vous,
couvert de ces b lies eu turcs! Il r a quelques an
nées. il ii'etut couvert que de rose-.ux et de
plantes maréeîgeuses. Pour opérer cette brillante
tran-formation, il n'a pas même follu un travail
d'hommes; tout cela s'est f -.it par un travail ,1'en-
faus, et d'etifans de quatorze ans eu m ienne
t'u\ m s I hi'es des per$iennes ses plus îm-
p' c-'t J. i siiioavem os, et chercha nt à sui-
^ r t-ononJue tiuxnfl= t'desclarté»iutérieu-
i' s' Que île fui s jel>p tçus, dans le cornant
dujour, alla:, t et venant eu lace de l'hôtel, ou
bii'tt achevant, sous les portes voi.-iues, d'iu-
îi ,111 1 b < ^ luit'ous, et Cela pour le seul et
r.i[.j n pa'strde la voir irioater en voiture,
r t usutle de toute la vitesse de
IVtt . 1 ! Et i,u - de précautions pour quece
m.iiiCîie ne tut pas remarqué ! Quel art
d in si iout'-nince! Quel soin pour que
sa présence. Tut un air uatuitl! ,Comme
il composait ses al!tues et son maintien!
Comme il se cachait des voisins et des
poiners surtout! Quels regards défians il 1
jeiidt s'.r tout le monde ! Uu criminel J
n'y eût pas mis tant de roses, ni uu comé
dien tant d'appiêis. R-ncontrait-ii quel
qu'un? il s'ellàçait à l'instant en homme
q un a pus la conscience tranquille. On eût
du vntimmt que tout pa*s.-mt avait d.'g
cotnpn s a lui demander, et pouvait lire sur
S'iu f'o.it l'e tigoje euchankresse de son
cœ ir. Dans chacun d'eux, il voyait un es
pion oi' uu 0on mi.
C'est ainsi que Lucien s'essayait à l'amour;
il en était encore aux fi rvems etsux naïie-
tés d'un cuite solitaire. Il s'y consumait et'
s'y lassait sans profit. Celtes, si la comtesse
l'avait vu se morfondre d<* cette l'açoa, elle
eût fot la mniti» du ciieini'i et 11e b- s-nau
pa^retos eàabiegei le u-mp^de *on epieu e.
Mallii ureuse.sneni.çessoupu'.- étaient t op dis-
cn t- pour an ne j isquaell , itiluVot ait
pa-> ' 111- ». s b ilotinii s ( j e peijeiti 1 ,i u- P ' I n
(Pstruice.- us loi... otii.iis de se : si.oi jur- tr . D \
I (O 1 , 1 S ]>I I de 1 ,0 1 .Hl.uuf U- ! Il ' t i
dll'ic ptl,.Uc. S l'I , j 'illVIS pu y a 1 OU
égard, me porter au secours de cette anib
bl«ssé«. lui ouvrir les voies et supprimer les
délais. Vingt fois je fus sur 1 ■ point de pren
dre ce p.ti ii et de me prêter n ce que j' 1 ne
pouvais vain re. Mais, fil', sédition, toujours
ma main rec ula comme si elle eût été at fê
tée par d'invincibles empêch. mens. Ci st le
pressent--xn-nt qui agissait; c'eist -l'instinct
toysiénei x du salut qui me Ci .nsei liii de ne
pas courir nux abîmes. Eu vain es-nyais-je
de p< r ist. r ; la foi ce me ni.mqoait pour af
fronte! un avenir ténébreux. Ainsi aveiti,
je 11'hésitai plus et résolus de pousser ia résis
tance jusqu'au bout.
XVtlI.
COMMENT LA CHANOINESSE S'T PREND POUR FAIRE
DES ÉLÈVES; — UNE FÊTE SANS CORNET A
PISTON.
J1 n'avais pas eu de peine à trouver un
prétexte 11 011e occasion d » présenter Lu
cien à Eujalie de Saiut-Epirac. Le sah n
_de ia Muse, comme elle le nommait, avait
ua attrait particulier pour les apprentis
de la gloire et de l'art. On y faisait des
l-cturcs. Deux f is. par mois, la eba-
noinesse se mettait en frais, préparait
quelques sirops, garnissait ses candélabres
de, bougies économiques, époussetait son
mobilier et disposait avec solennité une table
revêtue d'une serge verte et accompagnée
d'un siège efl été a col < rnp'oi. C'est, là que
se plaçait le héros de la soirée, en face, des
quatre portr.nts (V la maîtresse du logis ft
d< \ .nt un auditoire ; nimé d< s plus favora
bles wiiuiiirns. Nulle oartmi oc'en'-ontrait
u.' tutti"'' 't un 1 tnuu-i'Sine pou mui •
leii.ii. . t t la xfi'i j. e. .Ch.ie-'.'t avait .-en
ep" u'-e a suhir. et, toute > ie» po Ue* étaient
pleines de manusems; on accordait donc
aux autres ce qu'on en devait reclamer à son
tour, et l'on- se prodiguait à charge de re
vanche.
Le fonds ordinaire de ces soirées, la con
sommation qui s'y débiiait av. c lo plus de
libérante, c'était la poésie. Il était rare que
la veine n'en lût pas abondante à IVxee-, et
beaucoup puis que celle drs sitops. Eulalie
avais mesuré les forces de son anditoi-r?; il
pou\ait supporter cinq cents vers à une tem
pérature ordina re, nulle dans les grands •
froids; aussi réservait-on pour la sai sont la
plus rude leshéroïdes et fis poèmes en douze
ctianls; l'été 11e comportait que des morceaux
légers et de courtes invocations à la nature.
On chantait alors le printemps, les roses, les
jardins et les amours des ben s, toujours de-*
vant la serge verte et en face des quatre por-
t.aits. L'esprit humain ne peut que gagner
à des exercices pareils.
Ce fut pur un exploit de ce genre que Lu
cien débuta 1 hrz la chanoioesse de Saint-'
Epinac. Le maliiénreux avait goûté au fruit
interdit; malgré mes défenses et au risque
dé se' brouiiler mortellement avre moi. il
avait versé, dans drs;rimes une partie des
fermentations de son cœur. C'était à titre
de soulagement, voilà sa seule excuse; c'é
tait pour la première et dernière fois; mon
pardon ne descendait sur lui qu'a ce [im.
D'ailleurs, cet écart trouvai*, dans son utilité
même, un nouveau motif de grâce et, d'ou
bli. Aucun moyen n'était pins Uamrel pour
loi ménagé" une entrée décente chez la chi-
noinesse. Sur le charnu i« m'emiiatai de
c. tte niee J • narlai a Ltusen do salon H'L-:u-
l./!'e comme du seul Piiuro f '>u I hc'tmsiiche
tut n 0 < t n butine 1 e' > 111 o pu 1 t. odie
tte i ( u\ q i ' i ' «« î i m la t ]i b
d cou. i e 1 1 J 11 \ 0 I ,iva t ^e3
de ces communications a huis-cios où cha
cun est a son tour exécuteur ou vicume el
IsSîwstiiesàttïKssiao
miREAUX t rtze fie Vaïote .Taittfi-Rftyal) " h . lO. B 18EÇI,— SâllEDÎ 18 SEPTEMBRE.
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Le» article» dépos'-s ne sont pas rerîfHisî 1 _ •' t* Hirnshm^-'j. e-t>% y. k.iVXkK> *.£, vour I c.,>..-i r 1
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Poar l'annéf. . . . 5«S fr.
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TIONNEL est au-dessous de celui de tous les
jouriiaui politiques.
PAKIS, 17 SEPTEMBRE
Nous d'sions, il y a quelques jours , que
les ch 'iïiius de fer allaient franchir bientôt
les chaia»s de montagnes les plusjélevées de
l'Europe. Co que nous devons ajouter , c'est
qu'ils les franchiront pans obliger pour cela
de renoncer au mode de traction ordinaire.
Tel est ie résultat des progrès, inespérés de
la force des locomotives. Grâce à la puis
sance qu'on est parvenu à leur donner, les
locomotives peuvent pénétrer aujourd'hui
dans ies contrées les plus accidentées et s'é
lancer sur des pentes qui semblaient inac
cessibles pour elles.
11 n'y a pas encore long-temps que l'on
croyait imposable de. franchir les faites éle
vés sans recourir à des machines lixes. Les
convois devaient s'arrêter au bas des ram
pes, t.t des câbles, tirés par ces machine»,
le& amenaient péniblement au sommet, d'où
ils r» descenda'ent ensuite par l'action de la
pesanteur. C'est ainsi que la construction
des grands plans inclinés de Liège était,
il y a quinze ans, avant les^progrès réalisés
daus la. co'jitiuètion des locomotives la so
lution forcée, du problème que les hig -
nieurs'- b< lg<-s avaient eu à résoudre. En
"les établissant, ou obéirait à une néces
sité impérieux. La question a bien chan
gé de f ce d< | uis eute epoque, et, si elle
étaïUncnre entiers, pfeisonue ae proposerait
maiûtfii 'iil de construire ces plans inclinés,
qui ont exigé des dépenses si considérables,
et qui t niraîuent tant a'iucouvémens dans
l'exploitation.
C'< si aux Etats-Uuis, dans ce pays de har
diesse et même de témérité industrielle,
qu'on a commencé à admettre les plus gran
des inclinaisons. Air si on trouve des rampes
de 26 millimètres par mèlre sur un chemin
de fer de Pensylvanie, de 48 millimètres sur
un chemin du Mississipi, de 67 millimè
tres sur le chemin de Philadelphie à Ço-
lombia.-Toutes ces rompes sont franchies
par des locomotives. On objectera peut-être
que les Américains se montrent trop peu
scrupuleux sur les conditions d'a'it. Miis
l'Angleterre elle-même, que l'on n'accusera
pas de reculer devant les grands travaux de
construction, est entrée presque aussi réso
lument que l'Union américaine dans le sys
tème des fortes pentes. 11 suffira de citer les
rampes de 20 millimètres sur le chemin de
Manchester à Leeds, de 24 millimètres sur
et lui d Edimbourg à Glascow, de 27 milli
mètres sur celui de Birmingham à Giocester,
et enfin de 23 mill mèlres sur un des che
mins aboutissant an port di? Hartlepool.
Pour apprécier l'importance de ces exem
ples, il faut se reporter aux conditions que
l'administration des poutâ-et-chaussées a
long-temps imposées en France, dans le tracé
dés chemins dé feh.On n'admettait en gé
néral qu'un maximum de trois à quatre
millimètres par mètre, et lorsque, pour éta
blir le chemin de Paris à Lyon,'l a fallu fran
chir le f 4te qui sépare les eaux d-> l'Oeéan
d«s eaux de la al éditer ranée, on n'a pas voulu
aller au-d4à de 8 millimètres. Il n'y a en
France qu'une seule rampe comparable à
celles qui exigent en Amérique ou en An
gleterre, celle du chemin de la L ot -., qui
att-int 29 millimètres, et qui n'est desser-
FEUILLETÛN DU CONSTITUTIONNEL, 13 SEPT.
~'n pc.r «'es locomotives que depuis l'an-
n 'e 18iC. Nous ne parlons pas du chemin d>
Saint-Gemuiii, sur lequel on a appliqué
avec succès le système atmosphérique 5 mais
il n'est cependant pas inutile de rappeler ici
que, peud mt les jours de grande afil ience,
la compagnie se sert de locomotives puis
santes, qui remorquent, sur une rampe de
vingt-cinq millimètres, des convois de qua
torze wigons pleins.
L'Allemagne est, sans contredit,. la con
trée de l'Europe où îe problème s'est pré
senté dans les termes les plus complexes et a
été résolu de la manière la pl us remarquable.
Les chemins avaient été d'une construction fa-
cile dans toute la partie septentrionale, qui
n'est à proprement parler qu'une vaste plaine.
Mais il n'en était, plus de même à mesure qu'on
s'avançait vers le midi. O h se trouvait eu face
des montagnes qui s'étendent entre la Lippe
et leWeser, de celles qui forment le Hartz
en Hanovre, des chaînes de la Sixé, de,
la Bohême, de la Hongrie. On était aux
prises avec toutes les difficultés de la ques
tion des rampes. L'Allemagne, à l'aide
d'une série de travaux poursuivis avec cette
patience qui la caractérise, a triomphé de
ces obstacles. Aujourd'hui,-les locomoti
ves pénèirent d«ns le Hartz, s'élèvent .en Ba
vière sur le plateau du Fiehtelbirge, et fran
chissent en Autriche les hauteurs des Alpes
Noriques.
XJn aies ingénieurs les plus distingués du
corps des mines, M. Couche, a, daîis un
mémoire publié nouvellement, donné des
détails remplis d'intérêt sur ces remarqua
bles exemples de l'application des locomoti
ves aux tracés les plus difficiles. Il montre
comment, après avoir pensé successivement à
établir des rampes desservies par des chevaux
et à construire des plans inclinés à câbles, les
ingénieurs allemands ont été conduits à
abandonner c?s solutions qui ne répon
daient nullement aux exigences du tra
fic, et à faire pénétrer la locomotive au cœuir
mêmedes montagnes. Ce sont là des travaux
qui marqueront dans ies annales des chenii us
de fer, et qui doivent servir de modèles pour
le passage des grandes chaînes européennes.
La traversée du Fiebtdt>irge, qui était in
dispensable pour mettre l.i Bavière eu com-
nraBicutioQ avec la Saxe, a exigé des ouvra
ges d'art remarquables par leur importance,
par certaines particularités de leur construc
tion et -aussi par leur caractère, qui est en
harmonie avec la nature sévère et grandiose
de la contrée. Tantôt le chemin pénètre dans
des tranchées qui ont jusqu'à 27 mètres
d* profondeur, et qui, poussées daus des
terrains d j . jehiste extrêmement durs, oal
ex'gé l'emploi presque continuel de 'a pou
dre; tamôt il s'élance au-dessus des îa
vins, tantôt il s'établit à mi-rôe, sur des
ouvrages d'un genre tout spécial, qui par
ticipent à la fois des remblais proprement
dits et des viaducs, et qui consistent en terres
de déblai,-fknquées de gros murs de soutè
nement, dout l'épaisseur va en augmentant
depuis le sommet jusqu'à la base. Un de ces
ouvrages atteint une hauteur de 32 mètres,
il présente, à la base, une épaisseur qui,
mesurée horizontalement, est de 52 mètres ;
il olfre encore cela de particulier qu'il a
fallu ménager un passage dai s le massif
pour recevoir un torrent et un chemin des
tiné à l'exploitation des forêts voisiues.
Ce qui nous intéresse surtout au point
dè vue qui nous occupe, c'est le profil du
chemin. L-spentes qu'on y trouve sont de U
à25 millimètres. Nous veuoasde dire que des
rompes semblables étaient déjà desservies
par des locomotives soit
ple, cédait la longueur delà rfimpes'jrle.ch»-
m ; n bavarois.' Là était la difficulté. On avait
bien pu faire remonter aux locomotives une
penteausii cousidèrub'eenljoruatitle trajetà3
kilométrés au plus. Sar une rampe deux fais
plus longue, les conditions pouvaient être gra
vement. modifiées. Riiu.»siruit-on à maintenir,
si:r une pareille étendue, la pression de la
vapeur au degré nécessaire, à se mettre en
g irde. contre les clwnces de raienti-sem-'nt '
et d'airêt si dangereuses, en raison même
de l'inclinaison et de la longueur de U ram
pe, à assurer tnOu la régularité d o service en
dépit de'l'état des rails, de la direction etde
l'intensité des vents qui soufflent dans les
moutagnes ? Tout'cela n'est plus en question.
Le service est installé sur la rampe du Fich
telbirge, et s'effectue avec la même régala
nte que sur le r-sie du chemin. La r^mpe
est franchie, à la remonte, à la vitesse d-j 48
kilomètres.
Le cli> min de fer wurtembergeois , de
Hei'broa à' Frederischafen, n'offre pa- un
exemple, moins remarquable dans la traver
sée des Alpes-Rudes. On a, pour les fran
chir, établi une ramp" qui présente, sur une
longueur de plus de 5 kilomètres, une in
clinaison de 22 millimètres combinée avec
des couibes de 272 métrés de rayon. Lé ser
vice s'y opère, comme sur la rampe du Fich-
ti lbirge, avec une régularité qui ne laisse
rien à désirer. Des ma kines y remorquent
une charge brute de plus de cent tonnes à la
Vitesse de ta "kilomètres à l'heure.
Les difficultés étaient encore plus grandes
sur ie chemin de Vienne à Tr.este. On sait
que ce chemin, si im.jiO! tant pour l'Autri
che, traverse les Alpes No i^ues entre Giog-
guitz et Murzuschlug et les Alpes Juliennes
entre Laybach et Trieste. Il est terminé et
exploité jusqu'à Laybach, sauf le passage
des Alpes Noriques au Sommering, qui
sera probablement livré à la circulation dans
le eoura.'Yt de l'année prochaine, Apres bien
des dcbals sur le mei lleur système à adopter,
la locomotive est restée là aus> i maîtresse du
terrain. Pour donner une idée des travaux
immenses de la traversée du Somœeting,
il suffira de dire qu e l e a exigé le percement
de treize tunnels et la construction de vingt-
cinq v ; aducs, parmi 1«. squels un s'c'ève jus
qu'à SO mètres au dessus du sol. Les rampes
atteignent 25 milliniètr s, et les rayons de
courbure descendent jusqu'à 190 mètres,
sans c. pendant dépasser 285 métrés dans
les parties où l'inclinaison atteint son maxi
mum.
On sait que !e gouvernement autrichien
avait ia-tHué ou concours entre tous les
constructeurs nationaux et étrangers pour
la fabrication de machines destinées à des
servir la traversée, «u Sommering. Ce n'était
pas que, dans l'état des ressources de l'art,
on douiàt de la possibilité d'une exploitation
régulière par les locomotives. Mais il y av^it là
des conditions sp»ciales qui pouvaient Taire
recourir à des expédiées, isouveaux. Qua
tre constructeui s prirent part à ce con
cours. S-m vouloir discuter ici les mérites
comparatifsdesmachim squi furent envoyées,
nous nous contenterons de. dire qu'elles
étaient de nature a conduire à une solution
pratique entiereiUfrit satisfaisante du pro
blème qui avait été posé. Du reste, si considé
rable qu'elle soit, la puissance des machines
du Sommering est cependant intérieure à la
limite atteinte précédemment par quelques
constructeurs anglais et fianças. Nous pour
rions citer, notamment les locomotives que
la compagnie du chemin de fer du Nord a
fut construire, dans les ateliers du Creuzot,
pour le transport des charbons, et qui doi
vent remorquer 300 à 350 toilms de houille.
En résumé, dit M. Couche, les résultats
obtenus en Allemagne, et notamment au
SomnSering, permettent, dès à présent, de
poser ce principe : que ies locomotives peu
vent faire un service économique et régulier
sur des rampes d'une inclinaison' d« 25 mil
limètres, d'une longueur en quelque sot te in
définie, Tiiêrneenles combin-mt avec descour-
.bfs de 285 mètre* d« rayon. Ce sont là des faits
qui ne peuvent manquer d'exercer une in
fluence considérable sur le tracé des chemins
de f.r à la traversée des montagnes. Il ne faut
pas croire, tout' fois, que les locomotives des
tinées à desservir cr s passages doivent être
également appliquées au service"du rest. de
la voie. On ne peut plier les locomotives à ces
exigences 1 xceptidnne 1 s du terrain qu'en
sacrifiant une de leurs propriétés caractérist/
q 'es, la vitesse. La vitesse est interdite aux
m .chines appropriées aux rampas très raides,.
à edu-e de la petitesse qu'on doit donner aux
roues motrici s ; aux machines appropriées
aux coui bes de irès petit rayon, à cause de la
mobilité qu'on doit laisser à leur avant-train;
et, parecs deux caiises réunies,"aux machines
qui doivent, comme celles du So mering,
remplir à lafoisles deux conditions. Ainsi les
chemins de fer qui Ira versent des faites éle
vés ne doivent recourir aux locomotiv-s
spéciales que pour mout«r ces rampes à
grande inclinaison. Mais ou conçoit, du res
te, qu'il n'y a aucun inconvénient à em
ployer pour le service d'une section, des
machiiKS particulières dont la puissance tt
le mode de construction soient appropriés au
passage des montagnes que le rail way doit
fraachir. 1. burat.
VOYAGE DU PhlXCE-PKÉSIOEXT.
Le prince-Président, qui a couché cette
nuit à Moulins, arrivera ce soir au chef-lieu
do dépa't ment d : la Loire ; il sera d main
à S aut Etienne, qui piépare pour le reccvoir
uneurg iiliqtte exposition de produits de son
industrie, et il fera dimanche son entrée à
Lvou où tout est dr>po.?é pour Jui faire un
in-gmlique accueil. D'apies hs correspon-
d-'ift'fi tie et tte ville, tmitp» lés cla j s s de la
'population rivalisent de zèle, et l'on pourra
fa ilemeni, s'apercevoir du changement qui
s'eut opéré dans les idées depuis le 'fermer
voyage du chef, de l'Etat dans cette ville.
Les villes où Louis-N apoléon s'arrête sont
encombrées par les populations des campa
gnes. A Nevers, l'afflueuce était encore p;us
considérable qu'à Bourges ; c'i st à ce point
que le ri 1.1 lire de l'Iiô'.el de France avait loué
le collège pour le transfo-mer en dortoirs, et
que, malgré cela, il a été forcé de refuser du
monde.
Partout ce n'était que bannières portant
quelques-unes les mot* : Viw Napnlénn/
mais dont la plupart allaient plus tranche-
„meiit au but par cette devise : Vive l'Empe
reur /
Da
le défilé des communes on remar-
Ë3CTibS&aBsasssssssEi!&'3GeeseaassaE3GeË3aw^
IiV €f>I2TS5fâSli:
DE MÂULÉCM."
XVII.
8XJ L 'on ESSAIE BK FAIRE UN TRAIT^ SUR LE 3
AMOURS A. DISTANCE ET LEURS; PROCÉDÉS IÎSGÉ-
KIEUX.
p. ndant que je poursuivais m f s négocia
tions avec la chauo ne-se, Lucit n ne demeu
rait pss itiactît, et douiiait à si passion tout
l'essor compat-ble. av'C sou ur xpenence < t
sa cautdenc. Aucune de ses ■rl.'-marchis ne
BQ'éVir pp ut ; j le suivais de 1 œil et y pre
nais un ko ût cxt'è.ve. Rien d' plus cùn< nx
qu'un premier amour, ■ urioot q^and il s'a
gite daus fspacc» et n'a pa^ encore lou
ché aux rivages du monde reeL
% Won jeune, homme, eu était la;, il avait un
pied dans le pays des rêves Depuis qu'il avait
vu la comtesse,"l'état du cerveau avait em
pire chez lui, et pourtant il ne s'en dégageait
rien qui fût de nature: à m'aiarmer. Point
d'éci;it, point, de briul, mnis une adoration
discrète et solitaire, ©n eût dit que notre
rmeincox ne cherchait et ne \o>ait rien aiv
delà. Ce.-1 qu'il était a cet âge où le t œnr st-
sidl!t et vit, » : i" ta propre substmo, 1 , < 111 »m 1-
guiitiuu tJi S ll'ii- î -lt (!i: if ? '"'>!O r ni)t. Ce^t qu il (Il etuit
aux (itbt-ls n. "u? 'le la f^&sion, et qu'heu-
* La reproduction 6st iaterdite.
renx a
I! iot fmdritdes scmrdirs et d- =• mois
pour voi.:s raconter tout ce qur Lneicn de-
P'ust n'o''s en favmte-. 1 oiii".'H!.,iso,-, en
m.megi s legevueux. m s'y'i'Mi? pridon-jé- s
et en confidences aux eûmes. J'a; Ju dt-s
poèmes" qui n'edlVent ni celte Yfuiéte. ni
Cet iutei'êt et OÙ les r-p S'. 3. S n'-Im • 'Jt
pas au même dt g> é. Il n'avuil pa-- ac«e- ' ii-z
la coiut'sse, et, pour y sujipié r, il en é ait
réduit «".ux homu.âges Vil 'iiei; ux et aux con
templations à distance. Vous ru2! N'y au-
îiez vousjymaii pa-.»é? Non? A iois ;f\ous
.plains; Ci.s eorv c a ue sont p L .r- s.:ns chaiine.
Lucien les prenait fort auseneux. Moi. Dieu !
avec plus d'expérience il aurait, pu s'en ef»
fianclnr. La porte de Mme de M.mléou o'é-
tau pas, de c lies qui s»; fi rnv nt dev nt 1 >
visiîïex nouveaux, « t le moindre appui efu
suffi p »i-r lui en procurer t'eut: é j . îiiai- .Mé
rinvat n'y fit, point d'elfort; son instinct \ eé-
|:ugui)il, : il n'oint pas livrer et. craignait
qu'on il- le pénétrai. Vis-à-vis d inconnu :,
il .-e refu-ait-même à prononcer le nom 11 e-
jeré, de peur qu» so . a> cent ne l,i tr îhît "t
que sa rougi, uï n'éveillât le soupçon. I: avait
toutes les délicatesses d'un semiment vrai et
la pudeur discrète qui s'y attache.
Do là, mille stratagèmes et mille moyens;
de là, bien des campagnes au sein des "lieux
publics, di s pj < tnenades, des théâtres, des
concerts, pour aboutir à quoi? Au frôlement
d'une robe ou à ia rencontre d'un regard. Et
euiororiai ntrelj hs j uis h meu-o Que
de feià Lncf n rent a l" <-o t rnipe us-
I qu ai.x Ot, m i b e d 1 1 g' e 11 1 our ut
ni* î> pli.s lu 1 if, t'it m t,o le pa,i t d( es
souffrances volontaires! Que ûe lots il atten
dit sa divinité du côté d'un passage, tandis
qu'elle sVoignt d 1 l'a itre côté! Que de
.fois d ai » vmi d s cl. v, u\ U-icés à grand
tcaiîi (t >'[ a~-1 on cairo -e poor y < é> 0 i-
vrir un a 'lit u>,y qu 1 si"i ! Q ie d toi-,
dans une foule, m.» iqm [sar sa c.iuiestr u'uoo
roue ou li fe.raie u un eli ip a 1, 11 sV|,> .çi
d'un boilmij) tu nx •' s- lit mniitiir « t
1 m'.utiie pour m: n ou'ilm qu'un doiiiou-
' r u\ 01 a m ns-^Q >e d- d.sji.mecspar-
Courm «1 n \.i i!q e d «our&e-ao fr.u.ci !
que de feifires < t'i'- vé' toei s fr.pc.-! t; ;e de
cluusi-i'r & ixno e u contaci (te riouuide
el meiu ou ? c
Mais «USM qui Ile r» \anche îor-q i'il l'a-
p-rcçvait, et con.«me il se irouvaii ample
ment dédommagé de toutes ses misères!
Quelle joie de suivre le sillon lumineux
qu'elle traçait en' marchant, de respirer le
même «ir, de pre>»-r le même sol; de s'ns-
oirdaib m même er eemte ! Ela't-icau
sp <• ac". ? Il - 'associait à ses jmpr- s.-inns, à
S: s l'rines. a sou sourire. EUst-c- d ms un
j .roi i puld,c? Il s'enivrait de tout ce qu'il
avait sous ies yeux, du jeu des eaux et des
r» fiels de lit lumière, du chant des ois a ;x
et d -s parfums des fleurs. Puis de aueU re-
gaids il la poursuivait ! Comme 11 y expri
mait les feux et les troubles de son arne ! Et
pourlunt. si 1 y. ox de la connes-e veuab nt
à rencontrer les si- os, ii se d •tournai t avec
mie sorte de confusion et comme un en
fant que l'on p:end en fuite! C'est qu'il
se trouva t bien banti de pi étend es: liant
i et qu'a aucun prix il n'eût voulu doof r à
i qe- a«s'du t un - ^un fi p'i.s pi.,^ cn .
\ A quoi bon i S; s "d * o |f ' i oi-o- lu. s ,fli
) I (|1 f t I' - tii d î d J r; 1," 1 au souf
fla de, l'irouie on de I md ff( r.-nce.
Que de lois, le soir, je. le surpris rôdant
autour du d«uni«ile de la ceratssse, èpiast à
q'.ait la. population ouv.iere mèié aux rodes
campaggar ris du Morvr .n, mais ions onisdans
un même S'nniiieut; les tfitieurscomme les
veniers, l»'sf«ï liciers comme ies bûcherons,
poi talent des driipe„.ux à l'aigle, av. c la de-
vi-e sacramentede : Vive l Empireur ! et ils
f#aient t«Mis retentir le même cri. Le sous
préiet de Château - Chinon a pu dépo-er
des adri sses conçues dans le même esprit,
de 58 commîmes sur 59 lont.se compose l'ar-
rondiss'urient. Le sous-préfet de Cosne en a
appoj te 6a, autant d'adiesses que.de, com
munes soumises à son administration.
„ Yoici'la suite des dépêcheatéiégraphiaues :
Nevers, 16 stp'em re, à c : n j h. vingt m.
Le prtfet du département du la Ni> 0'e à MM. les
mi ni tires ée l'intérieur et de la pulice.
J'ai eu l'honneur ^d'accompagner le prince au
jourd'hui jusqu'à la limite de mon département.
Je l'«i quitté à .midi .à Villeneuve, i trois lieues
de Moulins ; sa santé était parfdite. A Snnt Pier
re -le-Moustier, il a é'.e reçu sous un are-de-
tri' imphe par tous le - maires et les curés du can
ton, par les six cents ouvriers dq clu-miu de fer
et pa - toutes les population» venues des canton*
voi.-irii. L' : s cris de Vive l'Empertur! n'ont ces
sé n'éclater d« toutes parts. Le pri»ee, avant de
quitter le déferlement, a fait 'distribuer ries se
cours aux pauvres, aux établissemens hospitaliers
et aux anciens ujihtaircs.
Un incident a produit, au milieu de la grande
rue d<: ld ville, un élan d\ uth .esi.israe. La voiiure
dms laquelle était le prmcea ete inondée de fleur?,
au milie u desquelie» se trouvait une mugaitique
couronne ; il a f«llu arrêter le cortège : la fouie,
les m-eses de fleurs empêchaient les chevaux de
marcher. ' -
Le souvenir de ces deux journées laissera des
traces protondes dans la mémoire et dans le cœur
de bjs populations.
Le Moniteur publie la correspondance sui
vante.:
Nevers, 1S septembre.
Meren di, à d'ï heurts du soir.
Le rrince-Pré-id iit; p^iti de Bourses à une heu
re, est arrivé à Ncver» à deut heures et (enuie. Sa
sortie de c tte vii.'e a présenté un tableau pje.n
d'ii,t rét : les h vbit u;s du Btriy, qui le voyaient à
regret sVl'.igmr, ont -voulu lui donner une nou-
v lie pr uve de leur fj mp: thi^. Ils se sont ren .us
en nu-se ù IVmb-ircadere; ils ti.rm .i nt, dis deux
tti.es, i ne h de qui s'eteod ot à plus de deux kilo
mètres (li- dist.'uiofi. Girdes uaiionaux, hsbitausde
U ville, habitans de la c^mtiaK.ie, l'ont salué une
dtmière fois de leurs ac 'bmations.
De Bourges à Nevers, le pi ince s'est arrêté deux
fois : au val d'Yèvre et à N- ronrie. Au val d'Yè-
■vre, la colonie agricole fondie par M. Charles Lu
cas, inspecteur général des prisons, l'attendait au .
passage. Tous hs jeunes colons étaient ranges de
vant la gire. M. Charles Lucas était pré-ent; le
pi ince s'est entretenu av. c lui et lui a demande
s'il 11e pouvait lien f .ire tn faveur de cttie ut'le
in-titntion. M. Charles Lucas a répondu que sa
présence étriit un honneur assez grand pour la co-
r.nie, qui, d'ailleurs, se suffisait à elle-même.
A N ronde, le prince s'est arrêté quelques ins-
tans pour céder au vœu de la .population. La lo
comotive avait déjà dépas'é la ville , lorsqu'il a
donné ordre de la - faire retourner en arrière.
Enfin le prince est arrivé à Nevers.
Avant de descendre dans la gare, ii a adresse
des remercioiens à MM. les administrateurs du
chemin de fer délégués pour l'accompagner pen
dant sou vo.y.:-g« de Paris à Nevers. Ce son 1 MM. h
baron Paul de Riehem.int, Dufeu et Cochin; M.
Didion, directeur de la compagnie, inspectear di-
yisionnaire des ponts-et chaussées; M. Foulon,
ingénieur, inspecieur, commissaire du gouverne
ment, et M. Salacrons, ingénieur ordinaire.
A sa descente de wajïon, le prince a été reçu par
tous les hauts Ço 'Ctkmnwires du département.-
À Nevers c»nim<« à Bourges, l'enthousiasme a été
gr#ni, la symp^tlee profond .L'empressement des
p.ipulaiions à se porter à h rencontre du prince a
été tel, que, sur près de quatre cents communes
dont ?e compose le départi ment, il en manquait à
peine quelques-unes, que l'eloijnement et les dif
ficultés du voyage avaient empêchées d'à? river à
t'-raps. Toutes len corporaiions, toutes les indus-
triei, toutes les sociétés, tou- les comices agricoles
avdent voulu assister à l'arrivée du prince et lui
témoigner leur reconnaissance.
Le trajet de la gare à h préfecture, à travers
des flots dè population, n'y été qu'une longue ova-
t'on mêlée d'un même cri : Vive t'Emp reur! L'
prince s'est d'abord renrtu à la caihérirale, » ù il a
été reçu p: r l'évèque et son clergé. La sainteté du
lieu u'a pu empè hcr'le ai de Vive l'Empereta !
d'ebrai l r le-i -voûtes de la vieille basilique consa
crée à SdiiH-Cyr.
A la -ortit! de l'égli«e, la voiture du prince étm't
précédée et suivie de toutes les deputations cixe-
lounales îtA-èiue-. d'éeU.upes tricolores, et d
bannière» a*ec dés devi-es qui tontes peuvent se
résuu er dans ces nu As : Vive l'Empereur ! à Na
poléon! à i\api>léon III ! à notre, bon Pri«ce Jj/ws
N'ipotém ! On voyait des communes entières dont
les habitans portaient sur leur chapeau ces mots :
Vive l'Empereur!
Le dflilé de cette immense population a duré
plus*de dt-ux heures.
C'était un spectacle saisi?sant que de voir ces
paysans, accourus de si loin, couverts encore de la
poussière de la route, heureux et fiers de cont- m-
pter de près le neveu de l'Empereur. Dans leurs
rai'g 3 , on apercevait de vieux uniformes du temps
del'Empi reur, de vieilles croix gagnéts à Aus'er
litz,à Wagram, à Montmirail, à Champauherl,etc.
Ceue journée fera époque d ois tes annales du
dop-irtement de laNièvie; elle restera dans tous
1-8 souvenirs et augmentera, si cela e-t po^sib e,
le culte napoléonien, gravé si profondément dans
le cœur du peup ! e.
Elle setvirrt aussi à prouver que, si dans ce dé-
partemtnt certains hommes s'étaient lais.-é entraî
ner par des di ctrines subversives, le peuple, le
vrai peuple, :-.r.iit conservé le sentiment du plus
pur patriotisme.
Nous n'entrerons pas dans tous les détails du
programme; nous nou-. bornerons à dire que l'au
torité avait tout préparé pour rendre cette fè:e.
spleodide, mais que l'entliou'-iasme populaire, par
son élan spontané et le caractère passionné de ses
manifestations , a dépassé tout ce qu'aurait pu
ptomettie te plus brillant, programme. Sur tous
les drap aux, sur toutes les bannières, on lisait ;
Vive Louis-iïnp'ilèon! vive. l'Empertur! Il nous
serait impossible de donner la longue nomencla
ture des foncîioniiair s qui ont assisté à cette so
lennité; la liste en serait trop longue : tous ont
rivalisé de, zèle et de dévi ûment.
Après le défilé, le prieee s'est rendu à la pré
fecture où il do't passer la nuit; il a été reçu par
Mme fa baronne Petit de Lafosse, fe.i me du pré
fet, et o>r Mtne de Coynart, dont le mari, offi
cier d'état-major, a été chargé de tous les détails
de fa fête.
Le soir, la ville tout entière était i'inminée. Le
princ a assisté au bal donné à la préfecture. Il
paît demain à dix heures du matin pour Moulins.
Nous recevons des nouvelles de Moulins
du 10. après-midi. On sait déjà quel accueil
a été fut au prince Président lorsqu'il a tra
versé Sai nt -Pierre -le-Moutier. L'enthonsias-
"me a été le même dans toutes les localités
traversées.
L'entrée du prince à Moulins a eu lieu à
deux heures, par l'avenue dite de Bercy, qui
ét iit décorée de mâts surmontés du longues
flimmes; ce u'étaient qu'oriflammes et ban
nières de tous cô és, et toujours avec la de
vise de: Vin" l'Empereur! C'était aussi le cri
des populations et de la gard-* nationale
bordant la baie. Le concours é'ad. immeme;
on était accouru non seulement de tous les
points du déparlement, nia s des riépnrte-
mens voisins. L' 1 prin e s'est tout d'abord
rendu à la cathédrale, où il a été reçu "par
l'évê pie à la tête de son cl rgé.
Les .Cris detVwe/ 'Empereur! n'ont pas C'S'é
de retentir pendant le défi'é de la garde na
tionale et des troupes d« la garnison.
Le prince a visité ensuite les hôpitaux et
laissé partout les mirquesdesamun ficence.
De grandes réjouissances étaient att n lu^s
-pour le soir. On y a prélude par d'amples
distributions en uature aux indigens. Les
pronitn ides devaient être illuminées , on
devait y dmser, indépendamment du bal
officiel de l'Hft'el d'-Ville. S> le temps est
devenu plus favorable , cette soirée aura été
oittor. sque. Les Duuib mn -iiS 'S , dans leur
costume pittoresque, semblaient déjà atten
dre que la musique leur dunait le signal.
Le défilé de la gar Je nation de et des com
munes a été très animé. Aux gardes natio
naux se mêlaient, comme à.Bourg* s et à Ne-
vt rs, de, vieux uniformes de l'Empire, el le
cri de Vive V iïmpureur ! les accompagnait lo at
naturellement.
Nous lisons dans le Journal du Cher :
« Dans la réception qui a eu lieu le 18 au ma
tin, à i'archevéché, le prince-Pi-é«ident a déco
ré de sa main plusi ur» de nos honorables eon
t'Il inneiirà M Aupc.ieDnr-'nd, pré?idei.tà la cour
rlVppel. Il a éleve au grade de commandeur ftî. le
colonel Levlerc, ancien colonel de la jeune par le
tinpén..le. En tin il a créé, chevalier M Bourda-
loue, récemment nommé par lui adjoint de la vilie
de Bourges, et, appelé pa' le suffrage des ékctîurs
au sein du conseil municipal.
« Ces trois rouduations ont é'é acCuei'lies com
me elles le serort dans le public,par l'assentiment
unJtiiitie des p. rsonues pré-eutes. Celle deriu.no-
i-al.le M. Bourdrdoue, in (jartieuh.r, a fa t naître
voix, au sujet d'une distinction si justement mé
ritée. »
Le récit, que nous donnons plus haut indi
que très sommairement le tvmps d'at 1 êl que
le priuce-Pr sident a fiit au Val-d'Yévi e.
Nous recevons quelques détails sur la visite
du Président à la colonie agricole. C'e*t une
institution quiméri ted êire connue et imitée :
Le prince, dont la haute inttlligence est si sé
rieusement préoccupée de touies les institutions
^jui tendent à accroître le petf ctionnement moral
et la riches e agricole du pays, s'est yê'té avec
toute sa suite à huit kilomètres de Bourges devant
ia simple maison du garde-barriè'e du passage à
ii v. au qni forme l'eniree de la colonie agri ole
pérutenii ire de défrichement des marais du Val-
d'Yèvre, et qui domineses cultures.
Là se trouvaient rangé- les deux cents colonî,
avant le d: ap au de la colonie a-î centre. La com
pagnie des co ons lanciers ayant à leurs lances des
oriflammes tricolores, formaient la double h ue du
passage à niveau, au milieu duquel se tenaient le
directeur de, l'établissement, M. de Lezardièri s;
M. l'abbé Mahaut, aumônitr; M. le do teur Gué
rit), médecin de t'étab'issement; le gardien-chef,
les chefs pratiques de. l'horticulture et de. l'agricul
ture, et li s -oeurs de cha-ité attachée» à l.t colonie.
" M. Chart-s Lucas, membre de l'Institut, f.in.ia-
teur de la colonie établie sur fa propriété, atten
dait à lu lêie du personuèl .idmini trat f de sa co
lonie, l'arrivée du 1 rince. Detrière les colons étaient
échelonnes les habituns de la campagne de tous les
villages.
A prine le convoi s'est-il arrêté au poste du
{fard«-barrière, qu'une immense 1 cclamation de
cris de vive Saputéun! a salué l'arrivée
accompagne des ministres de la guerre et de la
police générale, du lieutenant-général de la divi
sion, du préfet .lu Cher, du premier pri'stdent de
la cour d'appi 1, de tes aides-de-camp , etc.
M. Charles Lucas s'étant alors avancé au-devant
du prince, lui a dit :
« C'est nous faire ua bien grui'l honneur, Mnr-
sei-'n- ur, et nous donner en même temps un bien
t>rand encouragement, que de daigner arièter un
moment vos regard* sur m«s collaborateurs et sur
mes colons. Mais daignez aussi, Monseigneur, jeter
les yeux sur ce mardis qui se présenté à vous,
couvert de ces b lies eu turcs! Il r a quelques an
nées. il ii'etut couvert que de rose-.ux et de
plantes maréeîgeuses. Pour opérer cette brillante
tran-formation, il n'a pas même follu un travail
d'hommes; tout cela s'est f -.it par un travail ,1'en-
faus, et d'etifans de quatorze ans eu m ienne
t'u\ m s I hi'es des per$iennes ses plus îm-
p' c-'t J. i siiioavem os, et chercha nt à sui-
^ r t-ononJue tiuxnfl= t'desclarté»iutérieu-
i' s' Que île fui s jel>p tçus, dans le cornant
dujour, alla:, t et venant eu lace de l'hôtel, ou
bii'tt achevant, sous les portes voi.-iues, d'iu-
îi ,111 1 b < ^ luit'ous, et Cela pour le seul et
r.i[.j n pa'strde la voir irioater en voiture,
IVtt . 1 ! Et i,u - de précautions pour quece
m.iiiCîie ne tut pas remarqué ! Quel art
d in si iout'-nince! Quel soin pour que
sa présence. Tut un air uatuitl! ,Comme
il composait ses al!tues et son maintien!
Comme il se cachait des voisins et des
poiners surtout! Quels regards défians il 1
jeiidt s'.r tout le monde ! Uu criminel J
n'y eût pas mis tant de roses, ni uu comé
dien tant d'appiêis. R-ncontrait-ii quel
qu'un? il s'ellàçait à l'instant en homme
q un a pus la conscience tranquille. On eût
du vntimmt que tout pa*s.-mt avait d.'g
cotnpn s a lui demander, et pouvait lire sur
S'iu f'o.it l'e tigoje euchankresse de son
cœ ir. Dans chacun d'eux, il voyait un es
pion oi' uu 0on mi.
C'est ainsi que Lucien s'essayait à l'amour;
il en était encore aux fi rvems etsux naïie-
tés d'un cuite solitaire. Il s'y consumait et'
s'y lassait sans profit. Celtes, si la comtesse
l'avait vu se morfondre d<* cette l'açoa, elle
eût fot la mniti» du ciieini'i et 11e b- s-nau
pa^retos eàabiegei le u-mp^de *on epieu e.
Mallii ureuse.sneni.çessoupu'.- étaient t op dis-
cn t- pour an ne j isquaell , itiluVot ait
pa-> ' 111- ». s b ilotinii s ( j e peijeiti 1 ,i u- P ' I n
(Pstruice.- us loi... otii.iis de se : si.oi jur- tr . D \
I (O 1 , 1 S ]>I I de 1 ,0 1 .Hl.uuf U- ! Il ' t i
dll'ic ptl,.Uc. S l'I , j 'illVIS pu y a 1 OU
égard, me porter au secours de cette anib
bl«ssé«. lui ouvrir les voies et supprimer les
délais. Vingt fois je fus sur 1 ■ point de pren
dre ce p.ti ii et de me prêter n ce que j' 1 ne
pouvais vain re. Mais, fil', sédition, toujours
ma main rec ula comme si elle eût été at fê
tée par d'invincibles empêch. mens. Ci st le
pressent--xn-nt qui agissait; c'eist -l'instinct
toysiénei x du salut qui me Ci .nsei liii de ne
pas courir nux abîmes. Eu vain es-nyais-je
de p< r ist. r ; la foi ce me ni.mqoait pour af
fronte! un avenir ténébreux. Ainsi aveiti,
je 11'hésitai plus et résolus de pousser ia résis
tance jusqu'au bout.
XVtlI.
COMMENT LA CHANOINESSE S'T PREND POUR FAIRE
DES ÉLÈVES; — UNE FÊTE SANS CORNET A
PISTON.
J1 n'avais pas eu de peine à trouver un
prétexte 11 011e occasion d » présenter Lu
cien à Eujalie de Saiut-Epirac. Le sah n
_de ia Muse, comme elle le nommait, avait
ua attrait particulier pour les apprentis
de la gloire et de l'art. On y faisait des
l-cturcs. Deux f is. par mois, la eba-
noinesse se mettait en frais, préparait
quelques sirops, garnissait ses candélabres
de, bougies économiques, époussetait son
mobilier et disposait avec solennité une table
revêtue d'une serge verte et accompagnée
d'un siège efl été a col < rnp'oi. C'est, là que
se plaçait le héros de la soirée, en face, des
quatre portr.nts (V la maîtresse du logis ft
d< \ .nt un auditoire ; nimé d< s plus favora
bles wiiuiiirns. Nulle oartmi oc'en'-ontrait
u.' tutti"'' 't un 1 tnuu-i'Sine pou mui •
leii.ii. . t t la xfi'i j. e. .Ch.ie-'.'t avait .-en
ep" u'-e a suhir. et, toute > ie» po Ue* étaient
pleines de manusems; on accordait donc
aux autres ce qu'on en devait reclamer à son
tour, et l'on- se prodiguait à charge de re
vanche.
Le fonds ordinaire de ces soirées, la con
sommation qui s'y débiiait av. c lo plus de
libérante, c'était la poésie. Il était rare que
la veine n'en lût pas abondante à IVxee-, et
beaucoup puis que celle drs sitops. Eulalie
avais mesuré les forces de son anditoi-r?; il
pou\ait supporter cinq cents vers à une tem
pérature ordina re, nulle dans les grands •
froids; aussi réservait-on pour la sai sont la
plus rude leshéroïdes et fis poèmes en douze
ctianls; l'été 11e comportait que des morceaux
légers et de courtes invocations à la nature.
On chantait alors le printemps, les roses, les
jardins et les amours des ben s, toujours de-*
vant la serge verte et en face des quatre por-
t.aits. L'esprit humain ne peut que gagner
à des exercices pareils.
Ce fut pur un exploit de ce genre que Lu
cien débuta 1 hrz la chanoioesse de Saint-'
Epinac. Le maliiénreux avait goûté au fruit
interdit; malgré mes défenses et au risque
dé se' brouiiler mortellement avre moi. il
avait versé, dans drs;rimes une partie des
fermentations de son cœur. C'était à titre
de soulagement, voilà sa seule excuse; c'é
tait pour la première et dernière fois; mon
pardon ne descendait sur lui qu'a ce [im.
D'ailleurs, cet écart trouvai*, dans son utilité
même, un nouveau motif de grâce et, d'ou
bli. Aucun moyen n'était pins Uamrel pour
loi ménagé" une entrée décente chez la chi-
noinesse. Sur le charnu i« m'emiiatai de
c. tte niee J • narlai a Ltusen do salon H'L-:u-
l./!'e comme du seul Piiuro f '>u I hc'tmsiiche
tut n 0 < t n butine 1 e' > 111 o pu 1 t. odie
tte i ( u\ q i ' i ' «« î i m la t ]i b
d cou. i e 1 1 J 11 \ 0 I ,iva t ^e3
de ces communications a huis-cios où cha
cun est a son tour exécuteur ou vicume el
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