Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1908-11-14
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 14 novembre 1908 14 novembre 1908
Description : 1908/11/14 (A2,N411). 1908/11/14 (A2,N411).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7646064r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
2*Aiïnêe. «s N" 411 (Quotidien)
Le Numéro : 5 centimes
yBamedi 14 Novembre 1908.
COMG■EDIA''
rédacteur en Chef : CF»dePAWhOWSKt
v*i *
-
u
:1ŒDACTION & ADMINISTRATION :
27* Boufeuard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE : 288-07
Adresse Télégraphique : COMOEDIA.PARIs *
ABONNEMENTS
UN AN - « MOIS
- -
¡arts et Départements -. 24t fr. 12 fr.
Étranger 1. 40 » 20 »
REDACTION &'ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE : 288-07
Numéro provisoire :
ABONNEMENTS
UN AN 6 MOI3-
-Paris et Départements 24 fr- 12 fr.
franger. 40. » 20 v
sixième acte
, de "Tartuffe"
Le premier soin d'Orgon, après la
confusion de Tartuffe et son arrestation
Jp* l'exempt, fut de s'aller jeter aux
f^as du roi. Le prince l'accueillit avec
Uté; il daigna même lui répéter ce que
lui avait appris le lieutenant de police,
M. de la Reynie, sur le fourbe : un tissu
d'infamies et d'horreurs, une incroyable
suite d'actions des plus noires, dont la
moindre méritait la Bastille pour la vie.
Louis, dans sa magnanimité, mit le com-
ble & ses faveurs, en le chargeant d'an-
en.:lrer à Argas qu'il lui accordait grâce
entière. Au demeurant, les papiers de la
jf^'Ctte qu'Orgon avait reçue en dépôt
traient point l'importance qu'il leur at-
liait.
Puis Orgon, selon sa promesse, don-
na à Valère la main de Marianne, tandis
que Damis épousait la sœur de Valère.
Les deux noces se firent dans le même
temps, non sans une grande dépense :
Mme Pernelle elle - même n'y fut
point trop bourrue. A peine remis d'une
4) si chaude, Orgon, dans sa joie
d'avoir retrouvé tous ses biens, se mon-
tra généreux. Il acheta une charge im-
portante à Damis; il s'en fut chez l'orfè-
vre Cardillac acquérir une fort belle
chaîne pour Elmire, et Dorine, dont la
familiarité l'amusait soudain, reçut, pour
sa part, un don de cent écus. Tout ce
qu'il avait failli perdre lui était merveil-
leusement cher, et, durant quelques
jours, il ne cessait de répéter, avec un
iees fort conientement, en appuyant sur
de mot: ma maison, mon argent, ma
femme.
Le raisonnable Cléante en souriait.
C'était lui, aussi, qui le devait. arrêter
dans les reproches dont il s'accablait :
— Le grand sot que je fus! s'écriait
Orgon, et comment tombai-je en un si
grossier panneau!
— Mon beau-frère, répondait Cléante,
nous sommes tous sujets à l'erreur. La
vôtre fut sans doute un peu forte, mais
t rjut a fini le mieux du monde, et, pré-
sentement que le masque est ôté à l'im-
posteur, oublions l'aventure !
Orgon reprit goût au siècle. Il ne se
confina plus en: son Jogis. Il avait pour
Elmire une surabondance de tendresse,
qui Se traduisait en mille galanteries; Ce
n'étaient que cadeaux, promenades et
temps passé à la comédie. Tout barbon
fût, il avait quelque souci de son
ajustement et il se plaisait aux belles
manières. Il s'était fait couper sa large
barbe au milieu du visage et ne portait
[oi S qu'un soupçon de moustaches. « Ma
loi Monsieur, lui disait Dorine, qu'il
gjçj utait volontiers, vous rajeunissez, et
je m' en vais bientôt vous trouver un plai-
sant mignon à me faire danser la cou-
lante »
1 lit, aii se passa. Il avait pris en' haine
es dévots, et Cléante lui faisait presque
grief de devenir un peu libertin. Il se j
rappelait l'époque de la Fronde, alors
qu'il était d'humeur batailleuse, et il par-
lait volontiers sièges et victoires. En dé-
pit du grand amour qu'il avait eu pour
elle, Damis faisait quelques traits à sa
femme, et s'était entêté d'une comé-
dienne de l'Hôtel de Bourgogne. Orgon
payait, en souriant, les dettes contractées
en ses libéralités.
Cependant, à l'âge d'Orgon, ce grand
mouvement qu'il avait pris ne laissa pas
d'altérer sa santé, et il fut attaqué d'une
furieuse goutte qui le retenait au logis.
Dans les instants de répit qu'il obtenait
Dans les instants de,
de son mal, il cherchait à se distraire en
lisant, et il faisait une grande consomma-
tion de romans: Ibrahim ou Le Grand-
Bassa, Artamène ou Le Grand-Cyrus, et
il s'enfonça fort avant dans les dix vo-
lumes de Clélie. C'était parfois Elmire
qui, assise auprès de lui, prenait le livre
et, de sa voix douce et égale, achevait
un chapitre.
Mme Pernelle s'était terrée en un
coin de la maison et ne parlait guère.
Cependant, en entrant dans la chambre
de son fils, pour s'informer de son état,
elle eut un haussement d'épaules en
apercevant les ouvrages de Mlle de Scu-
déry, dont l'un était ouvert à la page du
frontispice, avec la devise, d'une feinte
modestie, de l'auteur:
l'aurois besoin, quoyque ie fasse,
De toutes les Fleurs du Parnasse.
- Lectures de perdition, mon fils ! dit-
elle sévèrement.
Et il s'en fallut de j&u (et peut-être
était-ce seulement parce que le tome était
trop gros) qu'elle n'envoyât le volume
au milieu de la pièce.
Un jour que Valère visitait Orgon, il
dit, en arrivant:
- je viens d'apprendre une surpre-
nante nouvelle. Je fis rencontre, au coin
de la rue Saint-Nicaise, d'un garçon à la
mine patibulaire, que je ne reconnus
qu'au bout d'un instant. Eh! parbleu,
oui, c'était Laurent, le valet de Tartuffe.
Il portait la tête haute, de la manière la
plus insolente du monde. Je confesse
qu'une curiosité me prit, et j'eiïvoyai
mon laquais lui parler. Ah ! mon cher
père, de quels étranges événements je
fus bientôt; instruit par la conversation
qu'Alain me rapporta fidèlement!
- Vous avez donc trouvé nouvelle et
bonne condition, dit-il à Laurent, que vous
avez cet air satisfait? -
Laurent haussa les épaules:
— J'ai, fit-il, un trop bon maître en mon-
sieur Tarfuffe pour que je songe à le
quitter.
'- Mais, où se trouve votre M. Tartuffe,
il n'a plus besoin de vos soins, je pense..
- Où croyez-vous donc qu'il soit?
- Mais. à la Bastille, et bien enfermé,
je suppose.
— Ouais!. M. Tartuffe n'eut point de
peine à démontrer l'abominable erreur qui
l'avait fait confondre avec un imposteur. Il
resta tout juste un mois à la Bastille, jù il
sut bientôt se faire prendre en considéra-
tion par M. le gouverneur, promptement
éclairé sur les machinations tendues contre
lui. Le gouverneur intéressa au sort d'un
si édifiant prisonnier quelques personnes
de qualité, qui plaidèrent sa cause jusqu'au-
près du roi.
— Du roi?
— Du roi, mieux éclairé, en lui remet-
tant un placet où M. Tartuffe établissait
comment il n'avait jamais eu d'autre souci
que son zèle pour le service du prince, et
où il offrait de nouveaux moyens de l'at-
tester pleinement. M. Tartuffe fut tôt libre,
et une pension l'indemnisa du déplaisir de
son séjour dans la prison. Lui-même désira
s'éloigner quelque temps de Paris, et une
importante mission lui fut confiée dans tes
provinces. Il m'envoya, ces jours der-
niers, dans la capitale pour lui rapporter
des papiers de conséquence, et, grâce au
ciel, que nous ne cessâmes d'invoquer, nos
affaires vont le mieux du monde !
Sur quoi, Laurent, prenant congé d'Alain,
ajouta avec un sourire un peu énigmatique :
- Croyez que nous n'avons pas perdu
au change.
Cléante et Damis étaient présents à ce
récit de Valère.
- C'ela est admirable! dit Damis, la bile
échauffée. Cet impudent coquin sauvé, pen-
sionné, ayant du champ devant lui pour de
nouvelles fourberies. Que ne lui ai-je, en
effet, coupé les deux oreilles!
— Comment, après de pareils tours, a-t-il
pu surprendre la confiance du roi? fit
Cléante. Hélas! comment les méchants ont-
ils de pareilles ressources?
Orgon, cependant, était resté pensif. Dans
le même moment, était survenue Mme Per-
nelle, et, bien qu'elle eût gardé le silence,
Elmire remarqua qu'elle avait ouï la nou-
velle avec une manière de contentement.
I '*
La compagnie s'en alla, et Orgon demeu-
ra seul avec sa mère.
— Vous voyez, mon fils, hasarda-t-elle,
les desseins de la Providence. Et si vous-
même aviez été abusé?
— Mais, ma mère, n'ai-je pas vu, de
mes yeux vu ?. 5
— Et ne vous ai-je pas dit, moi, que l'ap-
parence déçoit et que c'est souvent à mal
que le bien s'interprète?
- Cependant.
- Le fait n'est-il pas que Tartuffe, inno-
centé, est aujourd'hui honoré des bontés
du roi?.
Elle se tut. Les jours se passèrent, et Or-
gon n'éprouvait point de soulagement à son
mal. Il était contraint de passer ses jour-
nées dans son grand fauteuil. La lecture
ne l'amusait plus, et il rêvassait longuement.
On le trouvait les yeux perdus dans lé va-
gue, semblant suivre une même pensée, et
il avait des mouvements d'impatience quand
on le dérangeait. Il commençait à quereller
Dorine et à brusquer les siens.
— Ce sont les douleurs dont il souffre
qui changent ainsi l'humeur de mon père,
dit Marianne.
— Les douleurs y sont peut-être pour
quelque chose, fit Dorine; cependant, m'est
avis qu'une idée le travaille, et la plus in-
croyable de toutes.
Depuis quelques jours, Mme Pernelle
s'installait volontiers, une broderie à la
main, dans la chambre d'Orgon, et elle
avait avec lui des entretiens qui s'interrom-
paient dès qu'on paraissait. Le reste du
temps, Orgon ne cachait point l'ennui où
il se consumait- Rien ne parvenait à le dis-
traire, et il semblait un vrai loup-garou.
Il ne s'intéressait plus aux nouvelles de
la Cour et de la ville, comme il avait ac-
coutumé de le faire depuis un an. Il avait
peu à peu repris d'anciennes habitudes.
L'aimable douceur même d'Elmire, si pré-
venante fût-elle, ne réussissait point à chas
ser la sorte de mélancolie qui s'était empa-
rée de lui. On eût dit que quelqu'un lui
manquât.
Dorine, qui ne laissait point d'écouter
aux portes, surprit'un jour la fin d'une con-
versation entre Orgon et Mme Pernelle.
Elle avait entendu le nom de Tartuffe, et
prêta l'oreiile. Elle n'avait pu ouïr ce que
disait Mme Pernelle, mais la réponse de
son maître lui arriva fort clairement.
— Oui disait Orgon, avec un soupir pro-
fond, Tartuffe en cette maison,- Tartuffe
toujours là — c'était le bon temps!
Paul GINISTY.
Nous publierons demain un article de
CAMILLE LEMONNIER
Ouvrez la cage
Parmi les nombreuses lettres que nous
avons reçues à Comœdia, concernant An-
toine et l'Odéon, plusieurs me parais-
sent présenter un réel intérêt pratique: ce
sont celles qui réclament une fois de plus
Antoine comme acteur et qui expliquent
l'insuccès relatif du théâtre Antoine de la
rive gauche par ce fait qu'Antoine n'y joue
pas.
Les exemples des théâtres qui ne firent
plus d'argent du jour où leur directeur re-
nonça aux planches sont nombreux, a Pans
même, et ie n'ai pas besoin de les citer.
Supposez seulement que demain Coquelin
m joue plus à la Porte-Saint-Martin, Gui-
try à la Renaissance, Sarah et Réjane chez
elles, et voyez d'ici la débâcle. Nos meil-
leurs théâtres de Paris seraient, du jour au
lendemain, transformés en petits théâtres
de quartier où personne n'irait plus.
En prenant l'Odéon, Antoine, de par la
volonté des règlements administratifs, a dû
faire un sacrifice analogue. Aujourd'hui
comme hier, ses admirateurs et ses parti-
sans sont innombrables; ils sont prêts à
l'acclamer, à refaire sa fortune compromise,
mais c'est à Antoine que valeur admiration,
toute leur sympathie, et non point au cube
de pierre de la rue de l'Odéon.
Si demain on annonçait 'à l'Odéon une
>pièce nouvelle jouée par Antoine, il est ëvi~:
dent que le public n'hésiterait point à faire
ce vénible voyage comme il s'entassait iadis
dans les greniers de Montmartre.ou au bou-
levard de Strasbourg pour entendre son ac-
teur préféré. «
Dès que l'administration intervient en
matière d'art, son influence est particuliè-
rement désastreuse. Elle transforme des
hommes de lettres en bibliothécaires, des
peintres de talent en inspecteurs des beaux-
arts, des poètes en conservateurs de musée,
di grands acteurs en caissiers. C'est une
façon d'encourager les lettres qui ne tarde
peint à les transformer en circulaires. L'ad-
ministration devrait le comprendre et se
décider à remettre en liberté les artistes
qu'elle tient prisonniers.
G. DE PAWLOWSKI.
Echos
Ce soir, à huit heures, au Trianon-Lyri-
que, première représentation de La Juive,
opéra en cinq actes de Scribe, musique de
Halé~
Q
u'en pense M. de Bermingham?
Vingt-cinq mille francs par semaine
pour une tournée ae concerts aevanr aurer
trente semaines, teile est la coquette som-
me offerte récemment par un agent plein
d'initiative au comte de Shaftesbury. N'est-
ce pas là le plus fort cachet jamais offert à
un artiste amateur?
Car le comte de Shaftesbury n'a jamais
paru sur une scène; il. a chanté dans des
soirées mondaines et prête son concours à
des concerts de charité.
Mais le manager a reçu un « non » très
catégorique pour ses offres avantageuses.
Sept cent cinquante mille francs n'ont pas
tenté le comte.
Ah ! que de professionnels consentiraient
à n'être que des amateurs pour ce prix-làJ
u
ne émeraude bien verte et sans défauts
se paie des prix fous. Dusausoy, ex-
pert-joaillier, 4, boulevard des Italiens, achè-
te toujours les belles pierres. Il vend aussi
de belles occasions.
L
e Passe-Partout.
Nous recevons le billet suivant :
Monsieur et cher confrère,
Vous avez annoncé dans Comœdia, il y a
quelques jours, la création d'un nouveau jour-
nal ayant pour titre Le Passe-Partout.
Pour éviter dans l'avenir toute confusion je
vous prie de vouloir bien par la voie de Comœ-
dia informer les intéressés que je suis corres-
pondant d'un autre Passe-Partout qui est le pe-
tit Comœdia de la région du Var, avec cette
différence qu'il a douze années d'existence.
Merci à l'avance de.l'hospitalité dans vos co-
lonnes, et bien cordialement - vôtre.
Jehan POINCIGNON,
Publiciste.
u
ne erreur typographique nous a fait écor-
cher le nom de la belle danseuse donl
nous publiions le merveilleux portrait a cette
même place. C'est Tôrtalla Valencia qu'il
faut lire. et qu'il faut aller applaudir aux
Folies-Bergère. -
N
os pefitS^meuCTes, nos tables â fthéj tl-
blés gigogne, étagères, jardinières,
paravents, ainsi que nos broderies sur sa-
tin pour dos de pianos, couvre-lits, tentu-
res, etc., rendent toutes installations artisti-
ques et personnelles. Perret et Vibert, 33,
rue du 4-Septembre.
o
n dit aux enfants que le bon Dieu est
partout ; consultez ce diable adorable
qu'est une jolie femme, elle vous dira qu'il
en est de même de son parfum préféré :
Paradisia, qu'elle doit à Gellé Frères.
]
1 est décidément impossible de rentrer du
théâtre sans souper ! Le dernier chic est
d'aller chez Lapré, rue Drouot, où se trou-
1 vent la meilleure cuisine, la cave ia plus
variée et l'orchestre le plus réputé, sans
oublier les plus jolies femmes de Paris.
A L'OPERA
ITThoto Bert, Fàtlsî
m. : oubois, dans « Roméo et Juliette -
N
ous rappelons à nos lectrices que,
main, nous publierons, en troisiViv
page, un modèle des élégants costumes créa-
tions de Paris-Tailleur, 3, rue du Louvre.
] 1 n'est pas nécessaire de se couvir
I d'amples manteaux pour se préser- r
des brouillards et des premiers froids: un
verre de Dubonnet, pris malin et soir, suf-
fit à préserver les gens bien avisés du fâ-
cheux refroidissement.
L
es opinions musicales de Sardou.
« Sardou aimait passionnément la
musique, explique Ai. P.-B. Gheusi, dans
THÉATRE DES NOUVEAUTÉS
-
DIX MINUTES D'AUTO
0
VaudeVille en trois actes,
de MM. Georges Derr et 'Pierre Decourcelle.
1 mm
Les familiers de l'Ambigu, amateurs de
cauchemars sanguinolents, de faits divers et
de causes célèbres, à qui l'émotion forte des
Deux Gosses et des Môme aux beaux yeux,
sagacité policière des Sherlock Holmes,
e Pontée aux détectives surhumains d'Ed-
gard Poë: William Legrand, Auguste Du-
pin, issus eux-mêmes d'un ouvrage abso-
lument inconnu en France — je veux dire
Zadig, de Voltaire — ouvrent les portes du
rêve et prodiguent une voluptueuse hor-
r«*»—%
reur; cette clientèle passionnée et diligente
qui, de huit heures et demie au départ du
dernier tramway, court les bagnes, hante
les assommoirs et compulse avec d'étran-
ges lumières les dossiers criminels, failli-
rait quelque peu à sa pénétration habituelle
en manifestant la moindre stupeur de voir
M. Pierre Decourcelle contrepointer des
calembours et s'ébattre parmi les bocages,
les alcôves à surprises: d'un vaudeville
croustillant. Outre -qu'il a beaucoup et
iphoto Bert, Paris) j
lle gaudry --- M. Cermain
LE PORTRAIT DU PREDECESSEUR
Ali LA REVANCHE DU SECOND MARI
grandement collaboré, collaboré au point
que je ne sais quel mauvais chien deman-
dait, un jour, au critique de C Evénement:
« Vous allez, ce soir, à la première de
Pierre Decourcelle. De qui est la pièce? »,
l'auteur de L'As de Trèfle a trouvé dans
l'héritage paternel assez d'humour et d'es-
prit, assez de verve et de bonne grâce pour
(Photo Bert, Paris)
- M. Landrirt
irf. Decorl
lm. Baron
Mma.R. Maurel
i 1 M. PaulfArdet
M. Germain
UNE SCENE DU PREMIER .ACTE Mlle Blancne Toutain
en illuminer tous les placards, toutes 'les*
antichambres, toutes les fausses portes né-
cessaires aux quiproquos, inhérents à l'es-
thétique des Nouveautés et autres lieux
jumeaux. Adrien Decourcelle qui, pendant
une longue suite d'années, signa au Figaro:
Les Formules du docteur Grégoire, fut une
sorte de Rivarol un peu coust de vue, un
peu réactionnaire, un peu Second Empire,
admirant Emile Augier et ne comprenant
Zola ni Wagner, mais plein de franchise,
de bons mots et de gaieté. Sa conversation,
toute pleine d'anecdotes (il occupa long-
temps à la Comédie-Française le poste de
lecteur), évoquait tout un passé frivole et
charmant. Son fils n'a eu qu'à l'écouter
pour apprendre comme on cause et com-
ment on fait porter le mot.
Ceux de M. Georges Berr sont justement
célèbres. Vous fâcheriez peut-être ce mer-
veilleux comédien à yanter d'une lagon trop ,
directe-les talents-qui, chaque soir, le font
applaudir. Il excelle sans doute aux choses
du théâtre: mais ce n'est pas comme in-
terprète, c'est comme écrivain qu'il prétend
qu'on le goûte. Et chaque œuvrette qu'il
fomente, humour, observation légère et
perspicace, esprit qui donne à rire et puis
à réfléchir, chaque pièce qu'il apporte à ses
confrères justifie amplement cette préten-
tion. Il joue du violon d'Ingres comme Pa-
ganini.
L'apothicaire Folletourte, enrichi par
Felixir Folletourte, préparation idoine à; ra-,
jeunir les vieilles dames, fortifier les co-
quèbins, détruire les microbes, confé-
rer du génie aux imbéciles et des jambes
aux rhumatisants, après fortune faite et la
soixantaine dépassée, a rendu un beau jour
l'esprit qu'il n'avait pas. Avec une maison
de rapport que complète un million tout net
distillé par son alambic pharmaceutique, il
abandonne en cette vallée de larmes une
jeune veuve d'autant plus consolable
qu'elle a pris les charmes et le visage de
Mme Blanche Toutain.
Or, Folletourte a légué sa fortune au
commandant Laloucagne, sous la réserve
que ce guerrier prenne pour épouse Jac-
queline, sa veuve, à qui une jalousie pos-
thurne lui fait dresser les plus noires em-
bûches. Laloucagne aimait depuis long-
temps Mme Folletourte, ce que sachant, le
Sganarelle moribond a marmitonné sa ven-
sgaliarelle- moribond a marmitonné sa ven-
d'un legs qui l'enrichit deux fois* La!ou
cagne prend la séduisante veuve. Subju-
guée à son tour, par les jurons du corn
mandant et le lustre de l'uniforme, Jacque
line lui veut aussi du bien et ne demande
qu'à le prouver entre deux draps. Le soir
des noces, pendant que les intimes et les
locataires de l'immeuble conjugal font un
tour de valse, après avoir obtenu de Lak-u
cagne, déséquilibré par l'heure immanente
du berger, les réparations les plus insoh.
tes, après que le médecin Tourneville et
le notaire Duverdier, tous deux locataires
de l'endroit, se sont avoué leur goût prur.
la belle dame du troisième, Gilberte O^ ■
langrin, dont on ne voit jamais le m: n.
Duverdier, en sa qualité de garde-notes.
remet au nouveau marié une lettre du Je
funt. Cette lettre joue ici le rôle du fap<,
me d'Elseneur. Elle apprend à Laloucagne
que Jacqueline trompa son premier u n-
joint, et que lui, Laloucagne, fut cocu en
herbe,. sous le règne de Folletourte. Mai"
le pharmacien ignora toujours le nom ci
ne dépista jamais le complice de a
faute. Quant aux-preuves, Laloucagne k-
trouvera dans un coffret caché. où? La
lettre le disait expressément, mais, par ,r
de ces malheurs qui donnent la trame Jes
plus joyeuses pantalonnades, Potiche, oroon
nance du commandant, dont Germain dessine
avec beaucoup de fantaisie et d'esprit la s-,i
houette falote, Potiche, qui aime Brigitte,
la bonne, éprise naturellement de Laloucagne
et décidée à ne couronner les feux du valet
qu'après, un sacrifice prélibatoire du maître
à la Vénus ancillaire, Potiche, que celui-ci
(Photo Bert. Partii
M. Decorl et M. Paul Ardot
OU L'IRASCIBLE LAI,OUCACNE
BRISE LE VIOLON
DW PACIFIQUE TRANQUn .*
Le Numéro : 5 centimes
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¡arts et Départements -. 24t fr. 12 fr.
Étranger 1. 40 » 20 »
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27, Boulevard Poissonnière, PARIS
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Numéro provisoire :
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UN AN 6 MOI3-
-Paris et Départements 24 fr- 12 fr.
franger. 40. » 20 v
sixième acte
, de "Tartuffe"
Le premier soin d'Orgon, après la
confusion de Tartuffe et son arrestation
Jp* l'exempt, fut de s'aller jeter aux
f^as du roi. Le prince l'accueillit avec
Uté; il daigna même lui répéter ce que
lui avait appris le lieutenant de police,
M. de la Reynie, sur le fourbe : un tissu
d'infamies et d'horreurs, une incroyable
suite d'actions des plus noires, dont la
moindre méritait la Bastille pour la vie.
Louis, dans sa magnanimité, mit le com-
ble & ses faveurs, en le chargeant d'an-
en.:lrer à Argas qu'il lui accordait grâce
entière. Au demeurant, les papiers de la
jf^'Ctte qu'Orgon avait reçue en dépôt
traient point l'importance qu'il leur at-
liait.
Puis Orgon, selon sa promesse, don-
na à Valère la main de Marianne, tandis
que Damis épousait la sœur de Valère.
Les deux noces se firent dans le même
temps, non sans une grande dépense :
Mme Pernelle elle - même n'y fut
point trop bourrue. A peine remis d'une
4) si chaude, Orgon, dans sa joie
d'avoir retrouvé tous ses biens, se mon-
tra généreux. Il acheta une charge im-
portante à Damis; il s'en fut chez l'orfè-
vre Cardillac acquérir une fort belle
chaîne pour Elmire, et Dorine, dont la
familiarité l'amusait soudain, reçut, pour
sa part, un don de cent écus. Tout ce
qu'il avait failli perdre lui était merveil-
leusement cher, et, durant quelques
jours, il ne cessait de répéter, avec un
iees fort conientement, en appuyant sur
de mot: ma maison, mon argent, ma
femme.
Le raisonnable Cléante en souriait.
C'était lui, aussi, qui le devait. arrêter
dans les reproches dont il s'accablait :
— Le grand sot que je fus! s'écriait
Orgon, et comment tombai-je en un si
grossier panneau!
— Mon beau-frère, répondait Cléante,
nous sommes tous sujets à l'erreur. La
vôtre fut sans doute un peu forte, mais
t rjut a fini le mieux du monde, et, pré-
sentement que le masque est ôté à l'im-
posteur, oublions l'aventure !
Orgon reprit goût au siècle. Il ne se
confina plus en: son Jogis. Il avait pour
Elmire une surabondance de tendresse,
qui Se traduisait en mille galanteries; Ce
n'étaient que cadeaux, promenades et
temps passé à la comédie. Tout barbon
fût, il avait quelque souci de son
ajustement et il se plaisait aux belles
manières. Il s'était fait couper sa large
barbe au milieu du visage et ne portait
[oi S qu'un soupçon de moustaches. « Ma
loi Monsieur, lui disait Dorine, qu'il
gjçj utait volontiers, vous rajeunissez, et
je m' en vais bientôt vous trouver un plai-
sant mignon à me faire danser la cou-
lante »
1 lit, aii se passa. Il avait pris en' haine
es dévots, et Cléante lui faisait presque
grief de devenir un peu libertin. Il se j
rappelait l'époque de la Fronde, alors
qu'il était d'humeur batailleuse, et il par-
lait volontiers sièges et victoires. En dé-
pit du grand amour qu'il avait eu pour
elle, Damis faisait quelques traits à sa
femme, et s'était entêté d'une comé-
dienne de l'Hôtel de Bourgogne. Orgon
payait, en souriant, les dettes contractées
en ses libéralités.
Cependant, à l'âge d'Orgon, ce grand
mouvement qu'il avait pris ne laissa pas
d'altérer sa santé, et il fut attaqué d'une
furieuse goutte qui le retenait au logis.
Dans les instants de répit qu'il obtenait
Dans les instants de,
de son mal, il cherchait à se distraire en
lisant, et il faisait une grande consomma-
tion de romans: Ibrahim ou Le Grand-
Bassa, Artamène ou Le Grand-Cyrus, et
il s'enfonça fort avant dans les dix vo-
lumes de Clélie. C'était parfois Elmire
qui, assise auprès de lui, prenait le livre
et, de sa voix douce et égale, achevait
un chapitre.
Mme Pernelle s'était terrée en un
coin de la maison et ne parlait guère.
Cependant, en entrant dans la chambre
de son fils, pour s'informer de son état,
elle eut un haussement d'épaules en
apercevant les ouvrages de Mlle de Scu-
déry, dont l'un était ouvert à la page du
frontispice, avec la devise, d'une feinte
modestie, de l'auteur:
l'aurois besoin, quoyque ie fasse,
De toutes les Fleurs du Parnasse.
- Lectures de perdition, mon fils ! dit-
elle sévèrement.
Et il s'en fallut de j&u (et peut-être
était-ce seulement parce que le tome était
trop gros) qu'elle n'envoyât le volume
au milieu de la pièce.
Un jour que Valère visitait Orgon, il
dit, en arrivant:
- je viens d'apprendre une surpre-
nante nouvelle. Je fis rencontre, au coin
de la rue Saint-Nicaise, d'un garçon à la
mine patibulaire, que je ne reconnus
qu'au bout d'un instant. Eh! parbleu,
oui, c'était Laurent, le valet de Tartuffe.
Il portait la tête haute, de la manière la
plus insolente du monde. Je confesse
qu'une curiosité me prit, et j'eiïvoyai
mon laquais lui parler. Ah ! mon cher
père, de quels étranges événements je
fus bientôt; instruit par la conversation
qu'Alain me rapporta fidèlement!
- Vous avez donc trouvé nouvelle et
bonne condition, dit-il à Laurent, que vous
avez cet air satisfait? -
Laurent haussa les épaules:
— J'ai, fit-il, un trop bon maître en mon-
sieur Tarfuffe pour que je songe à le
quitter.
'- Mais, où se trouve votre M. Tartuffe,
il n'a plus besoin de vos soins, je pense..
- Où croyez-vous donc qu'il soit?
- Mais. à la Bastille, et bien enfermé,
je suppose.
— Ouais!. M. Tartuffe n'eut point de
peine à démontrer l'abominable erreur qui
l'avait fait confondre avec un imposteur. Il
resta tout juste un mois à la Bastille, jù il
sut bientôt se faire prendre en considéra-
tion par M. le gouverneur, promptement
éclairé sur les machinations tendues contre
lui. Le gouverneur intéressa au sort d'un
si édifiant prisonnier quelques personnes
de qualité, qui plaidèrent sa cause jusqu'au-
près du roi.
— Du roi?
— Du roi, mieux éclairé, en lui remet-
tant un placet où M. Tartuffe établissait
comment il n'avait jamais eu d'autre souci
que son zèle pour le service du prince, et
où il offrait de nouveaux moyens de l'at-
tester pleinement. M. Tartuffe fut tôt libre,
et une pension l'indemnisa du déplaisir de
son séjour dans la prison. Lui-même désira
s'éloigner quelque temps de Paris, et une
importante mission lui fut confiée dans tes
provinces. Il m'envoya, ces jours der-
niers, dans la capitale pour lui rapporter
des papiers de conséquence, et, grâce au
ciel, que nous ne cessâmes d'invoquer, nos
affaires vont le mieux du monde !
Sur quoi, Laurent, prenant congé d'Alain,
ajouta avec un sourire un peu énigmatique :
- Croyez que nous n'avons pas perdu
au change.
Cléante et Damis étaient présents à ce
récit de Valère.
- C'ela est admirable! dit Damis, la bile
échauffée. Cet impudent coquin sauvé, pen-
sionné, ayant du champ devant lui pour de
nouvelles fourberies. Que ne lui ai-je, en
effet, coupé les deux oreilles!
— Comment, après de pareils tours, a-t-il
pu surprendre la confiance du roi? fit
Cléante. Hélas! comment les méchants ont-
ils de pareilles ressources?
Orgon, cependant, était resté pensif. Dans
le même moment, était survenue Mme Per-
nelle, et, bien qu'elle eût gardé le silence,
Elmire remarqua qu'elle avait ouï la nou-
velle avec une manière de contentement.
I '*
La compagnie s'en alla, et Orgon demeu-
ra seul avec sa mère.
— Vous voyez, mon fils, hasarda-t-elle,
les desseins de la Providence. Et si vous-
même aviez été abusé?
— Mais, ma mère, n'ai-je pas vu, de
mes yeux vu ?. 5
— Et ne vous ai-je pas dit, moi, que l'ap-
parence déçoit et que c'est souvent à mal
que le bien s'interprète?
- Cependant.
- Le fait n'est-il pas que Tartuffe, inno-
centé, est aujourd'hui honoré des bontés
du roi?.
Elle se tut. Les jours se passèrent, et Or-
gon n'éprouvait point de soulagement à son
mal. Il était contraint de passer ses jour-
nées dans son grand fauteuil. La lecture
ne l'amusait plus, et il rêvassait longuement.
On le trouvait les yeux perdus dans lé va-
gue, semblant suivre une même pensée, et
il avait des mouvements d'impatience quand
on le dérangeait. Il commençait à quereller
Dorine et à brusquer les siens.
— Ce sont les douleurs dont il souffre
qui changent ainsi l'humeur de mon père,
dit Marianne.
— Les douleurs y sont peut-être pour
quelque chose, fit Dorine; cependant, m'est
avis qu'une idée le travaille, et la plus in-
croyable de toutes.
Depuis quelques jours, Mme Pernelle
s'installait volontiers, une broderie à la
main, dans la chambre d'Orgon, et elle
avait avec lui des entretiens qui s'interrom-
paient dès qu'on paraissait. Le reste du
temps, Orgon ne cachait point l'ennui où
il se consumait- Rien ne parvenait à le dis-
traire, et il semblait un vrai loup-garou.
Il ne s'intéressait plus aux nouvelles de
la Cour et de la ville, comme il avait ac-
coutumé de le faire depuis un an. Il avait
peu à peu repris d'anciennes habitudes.
L'aimable douceur même d'Elmire, si pré-
venante fût-elle, ne réussissait point à chas
ser la sorte de mélancolie qui s'était empa-
rée de lui. On eût dit que quelqu'un lui
manquât.
Dorine, qui ne laissait point d'écouter
aux portes, surprit'un jour la fin d'une con-
versation entre Orgon et Mme Pernelle.
Elle avait entendu le nom de Tartuffe, et
prêta l'oreiile. Elle n'avait pu ouïr ce que
disait Mme Pernelle, mais la réponse de
son maître lui arriva fort clairement.
— Oui disait Orgon, avec un soupir pro-
fond, Tartuffe en cette maison,- Tartuffe
toujours là — c'était le bon temps!
Paul GINISTY.
Nous publierons demain un article de
CAMILLE LEMONNIER
Ouvrez la cage
Parmi les nombreuses lettres que nous
avons reçues à Comœdia, concernant An-
toine et l'Odéon, plusieurs me parais-
sent présenter un réel intérêt pratique: ce
sont celles qui réclament une fois de plus
Antoine comme acteur et qui expliquent
l'insuccès relatif du théâtre Antoine de la
rive gauche par ce fait qu'Antoine n'y joue
pas.
Les exemples des théâtres qui ne firent
plus d'argent du jour où leur directeur re-
nonça aux planches sont nombreux, a Pans
même, et ie n'ai pas besoin de les citer.
Supposez seulement que demain Coquelin
m joue plus à la Porte-Saint-Martin, Gui-
try à la Renaissance, Sarah et Réjane chez
elles, et voyez d'ici la débâcle. Nos meil-
leurs théâtres de Paris seraient, du jour au
lendemain, transformés en petits théâtres
de quartier où personne n'irait plus.
En prenant l'Odéon, Antoine, de par la
volonté des règlements administratifs, a dû
faire un sacrifice analogue. Aujourd'hui
comme hier, ses admirateurs et ses parti-
sans sont innombrables; ils sont prêts à
l'acclamer, à refaire sa fortune compromise,
mais c'est à Antoine que valeur admiration,
toute leur sympathie, et non point au cube
de pierre de la rue de l'Odéon.
Si demain on annonçait 'à l'Odéon une
>pièce nouvelle jouée par Antoine, il est ëvi~:
dent que le public n'hésiterait point à faire
ce vénible voyage comme il s'entassait iadis
dans les greniers de Montmartre.ou au bou-
levard de Strasbourg pour entendre son ac-
teur préféré. «
Dès que l'administration intervient en
matière d'art, son influence est particuliè-
rement désastreuse. Elle transforme des
hommes de lettres en bibliothécaires, des
peintres de talent en inspecteurs des beaux-
arts, des poètes en conservateurs de musée,
di grands acteurs en caissiers. C'est une
façon d'encourager les lettres qui ne tarde
peint à les transformer en circulaires. L'ad-
ministration devrait le comprendre et se
décider à remettre en liberté les artistes
qu'elle tient prisonniers.
G. DE PAWLOWSKI.
Echos
Ce soir, à huit heures, au Trianon-Lyri-
que, première représentation de La Juive,
opéra en cinq actes de Scribe, musique de
Halé~
Q
u'en pense M. de Bermingham?
Vingt-cinq mille francs par semaine
pour une tournée ae concerts aevanr aurer
trente semaines, teile est la coquette som-
me offerte récemment par un agent plein
d'initiative au comte de Shaftesbury. N'est-
ce pas là le plus fort cachet jamais offert à
un artiste amateur?
Car le comte de Shaftesbury n'a jamais
paru sur une scène; il. a chanté dans des
soirées mondaines et prête son concours à
des concerts de charité.
Mais le manager a reçu un « non » très
catégorique pour ses offres avantageuses.
Sept cent cinquante mille francs n'ont pas
tenté le comte.
Ah ! que de professionnels consentiraient
à n'être que des amateurs pour ce prix-làJ
u
ne émeraude bien verte et sans défauts
se paie des prix fous. Dusausoy, ex-
pert-joaillier, 4, boulevard des Italiens, achè-
te toujours les belles pierres. Il vend aussi
de belles occasions.
L
e Passe-Partout.
Nous recevons le billet suivant :
Monsieur et cher confrère,
Vous avez annoncé dans Comœdia, il y a
quelques jours, la création d'un nouveau jour-
nal ayant pour titre Le Passe-Partout.
Pour éviter dans l'avenir toute confusion je
vous prie de vouloir bien par la voie de Comœ-
dia informer les intéressés que je suis corres-
pondant d'un autre Passe-Partout qui est le pe-
tit Comœdia de la région du Var, avec cette
différence qu'il a douze années d'existence.
Merci à l'avance de.l'hospitalité dans vos co-
lonnes, et bien cordialement - vôtre.
Jehan POINCIGNON,
Publiciste.
u
ne erreur typographique nous a fait écor-
cher le nom de la belle danseuse donl
nous publiions le merveilleux portrait a cette
même place. C'est Tôrtalla Valencia qu'il
faut lire. et qu'il faut aller applaudir aux
Folies-Bergère. -
N
os pefitS^meuCTes, nos tables â fthéj tl-
blés gigogne, étagères, jardinières,
paravents, ainsi que nos broderies sur sa-
tin pour dos de pianos, couvre-lits, tentu-
res, etc., rendent toutes installations artisti-
ques et personnelles. Perret et Vibert, 33,
rue du 4-Septembre.
o
n dit aux enfants que le bon Dieu est
partout ; consultez ce diable adorable
qu'est une jolie femme, elle vous dira qu'il
en est de même de son parfum préféré :
Paradisia, qu'elle doit à Gellé Frères.
]
1 est décidément impossible de rentrer du
théâtre sans souper ! Le dernier chic est
d'aller chez Lapré, rue Drouot, où se trou-
1 vent la meilleure cuisine, la cave ia plus
variée et l'orchestre le plus réputé, sans
oublier les plus jolies femmes de Paris.
A L'OPERA
ITThoto Bert, Fàtlsî
m. : oubois, dans « Roméo et Juliette -
N
ous rappelons à nos lectrices que,
main, nous publierons, en troisiViv
page, un modèle des élégants costumes créa-
tions de Paris-Tailleur, 3, rue du Louvre.
] 1 n'est pas nécessaire de se couvir
I d'amples manteaux pour se préser- r
des brouillards et des premiers froids: un
verre de Dubonnet, pris malin et soir, suf-
fit à préserver les gens bien avisés du fâ-
cheux refroidissement.
L
es opinions musicales de Sardou.
« Sardou aimait passionnément la
musique, explique Ai. P.-B. Gheusi, dans
THÉATRE DES NOUVEAUTÉS
-
DIX MINUTES D'AUTO
0
VaudeVille en trois actes,
de MM. Georges Derr et 'Pierre Decourcelle.
1 mm
Les familiers de l'Ambigu, amateurs de
cauchemars sanguinolents, de faits divers et
de causes célèbres, à qui l'émotion forte des
Deux Gosses et des Môme aux beaux yeux,
sagacité policière des Sherlock Holmes,
e Pontée aux détectives surhumains d'Ed-
gard Poë: William Legrand, Auguste Du-
pin, issus eux-mêmes d'un ouvrage abso-
lument inconnu en France — je veux dire
Zadig, de Voltaire — ouvrent les portes du
rêve et prodiguent une voluptueuse hor-
r«*»—%
reur; cette clientèle passionnée et diligente
qui, de huit heures et demie au départ du
dernier tramway, court les bagnes, hante
les assommoirs et compulse avec d'étran-
ges lumières les dossiers criminels, failli-
rait quelque peu à sa pénétration habituelle
en manifestant la moindre stupeur de voir
M. Pierre Decourcelle contrepointer des
calembours et s'ébattre parmi les bocages,
les alcôves à surprises: d'un vaudeville
croustillant. Outre -qu'il a beaucoup et
iphoto Bert, Paris) j
lle gaudry --- M. Cermain
LE PORTRAIT DU PREDECESSEUR
Ali LA REVANCHE DU SECOND MARI
grandement collaboré, collaboré au point
que je ne sais quel mauvais chien deman-
dait, un jour, au critique de C Evénement:
« Vous allez, ce soir, à la première de
Pierre Decourcelle. De qui est la pièce? »,
l'auteur de L'As de Trèfle a trouvé dans
l'héritage paternel assez d'humour et d'es-
prit, assez de verve et de bonne grâce pour
(Photo Bert, Paris)
- M. Landrirt
irf. Decorl
lm. Baron
Mma.R. Maurel
i 1 M. PaulfArdet
M. Germain
UNE SCENE DU PREMIER .ACTE Mlle Blancne Toutain
en illuminer tous les placards, toutes 'les*
antichambres, toutes les fausses portes né-
cessaires aux quiproquos, inhérents à l'es-
thétique des Nouveautés et autres lieux
jumeaux. Adrien Decourcelle qui, pendant
une longue suite d'années, signa au Figaro:
Les Formules du docteur Grégoire, fut une
sorte de Rivarol un peu coust de vue, un
peu réactionnaire, un peu Second Empire,
admirant Emile Augier et ne comprenant
Zola ni Wagner, mais plein de franchise,
de bons mots et de gaieté. Sa conversation,
toute pleine d'anecdotes (il occupa long-
temps à la Comédie-Française le poste de
lecteur), évoquait tout un passé frivole et
charmant. Son fils n'a eu qu'à l'écouter
pour apprendre comme on cause et com-
ment on fait porter le mot.
Ceux de M. Georges Berr sont justement
célèbres. Vous fâcheriez peut-être ce mer-
veilleux comédien à yanter d'une lagon trop ,
directe-les talents-qui, chaque soir, le font
applaudir. Il excelle sans doute aux choses
du théâtre: mais ce n'est pas comme in-
terprète, c'est comme écrivain qu'il prétend
qu'on le goûte. Et chaque œuvrette qu'il
fomente, humour, observation légère et
perspicace, esprit qui donne à rire et puis
à réfléchir, chaque pièce qu'il apporte à ses
confrères justifie amplement cette préten-
tion. Il joue du violon d'Ingres comme Pa-
ganini.
L'apothicaire Folletourte, enrichi par
Felixir Folletourte, préparation idoine à; ra-,
jeunir les vieilles dames, fortifier les co-
quèbins, détruire les microbes, confé-
rer du génie aux imbéciles et des jambes
aux rhumatisants, après fortune faite et la
soixantaine dépassée, a rendu un beau jour
l'esprit qu'il n'avait pas. Avec une maison
de rapport que complète un million tout net
distillé par son alambic pharmaceutique, il
abandonne en cette vallée de larmes une
jeune veuve d'autant plus consolable
qu'elle a pris les charmes et le visage de
Mme Blanche Toutain.
Or, Folletourte a légué sa fortune au
commandant Laloucagne, sous la réserve
que ce guerrier prenne pour épouse Jac-
queline, sa veuve, à qui une jalousie pos-
thurne lui fait dresser les plus noires em-
bûches. Laloucagne aimait depuis long-
temps Mme Folletourte, ce que sachant, le
Sganarelle moribond a marmitonné sa ven-
sgaliarelle- moribond a marmitonné sa ven-
d'un legs qui l'enrichit deux fois* La!ou
cagne prend la séduisante veuve. Subju-
guée à son tour, par les jurons du corn
mandant et le lustre de l'uniforme, Jacque
line lui veut aussi du bien et ne demande
qu'à le prouver entre deux draps. Le soir
des noces, pendant que les intimes et les
locataires de l'immeuble conjugal font un
tour de valse, après avoir obtenu de Lak-u
cagne, déséquilibré par l'heure immanente
du berger, les réparations les plus insoh.
tes, après que le médecin Tourneville et
le notaire Duverdier, tous deux locataires
de l'endroit, se sont avoué leur goût prur.
la belle dame du troisième, Gilberte O^ ■
langrin, dont on ne voit jamais le m: n.
Duverdier, en sa qualité de garde-notes.
remet au nouveau marié une lettre du Je
funt. Cette lettre joue ici le rôle du fap<,
me d'Elseneur. Elle apprend à Laloucagne
que Jacqueline trompa son premier u n-
joint, et que lui, Laloucagne, fut cocu en
herbe,. sous le règne de Folletourte. Mai"
le pharmacien ignora toujours le nom ci
ne dépista jamais le complice de a
faute. Quant aux-preuves, Laloucagne k-
trouvera dans un coffret caché. où? La
lettre le disait expressément, mais, par ,r
de ces malheurs qui donnent la trame Jes
plus joyeuses pantalonnades, Potiche, oroon
nance du commandant, dont Germain dessine
avec beaucoup de fantaisie et d'esprit la s-,i
houette falote, Potiche, qui aime Brigitte,
la bonne, éprise naturellement de Laloucagne
et décidée à ne couronner les feux du valet
qu'après, un sacrifice prélibatoire du maître
à la Vénus ancillaire, Potiche, que celui-ci
(Photo Bert. Partii
M. Decorl et M. Paul Ardot
OU L'IRASCIBLE LAI,OUCACNE
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