J* A«»néÇ. - fi (Quottdiei»).
ts Numéro ; 4 1 m- 0 ici "0
-i £»Ufe(li |6 0£cembre 1907*
COMŒDIA
Rédacteur en Chef : G. de PA WLOWSKl
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
Bou/euard Poissonnière, PARIS
0
g TÉLÉPHONE : 288-07 - -
taie Télégraphique : COMŒDIA-PARJS;
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3r ABONNEMENTS:
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ÊS et Départements 24 fr. 12 fr,
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UN AN 6 MOté
Paris et Départements. 24.fr. 12 fr.
Étranger 40 » 20 w
11 Séparation
:,t de l'Adultère
t et du Théâtre
recueilli, naguère, les impressions
eux contemporains, choisis parmi
g qui paient encore leur place au
e,-et personnalisant des catégories
i différentes de la société parisienne.
fif premier appartenait à la bour-
e du Marais. L'autre était un su-
apache blond.
Du commerçant, j'obtins cet aveu:
Moi, je ne m'amuse plus qu'aux dra-
es ou aux comédies qui me fournis-
matière à discuter avec ma femme. »
mant au vagabond spécial, il me dé-
~a, sur un ton tranchant : « Des mé-
n'en faut plus. C'est bon pour les
~emares. Nous autres, on s'aguiche
pièces ous' qu'y a des idées. »
Qu'entendait-il au juste par des idées?
importe. J'ai noté qu'en tout cas,
apache aspirait à des réalisations
atiques assez éloignées de celles
longtemps, échauffèrent sa cheva-
l simulèrent son goût pour le meur-
et flattèrent son désir atavique de
a vertu récompensée tout de même.
En faut-il conclure que les temps
~noncent de ce théâtre social si ar-
~ment souhaité par les philosophes
des gens austères? Qui sait? Car théâ-
tre social et théâtre d'idées, c'est tout
un. Le débat des idées est forcément
social, puisqu'il oppose au préjugé les
formes nouvelles de la pensée, qui se
répercuteront sur les mœurs, sur les
lois, Sur les conditions vitales de la so-
ciét é. Beaumarchais, dans les limites de
son Epoque, faisait du théâtre social en
ajustant à la scène le personnage de
Figaro, ami des plus subversives liber-
, Y compris celle de ne pas penser
comme tout le monde.
leu le fait certain, contrôlé par l'observa-
it attentif de toutes les conjonctures
orales de ces dernières années, c'est
| nous nous désintéressons chaque
davantage-, devant les tréteaux com-
Ii. dans la réalité, des choses de senti-
eJ*talité Dure.
On ne saurait s'y méprendre I'adul-
notamment, qui fit, durant tant de
fonds commun des drama-
et sans lequel on ne - concevait
pas de postulat dont un ouvrage pût vi-
l'adultère se sépare du théâtre au
ent où le législateur s'apprête à le
séparer du Code pénal. A peine le tolé-
rons-nous encore, entre cour et jardin,
lorsqu'il emprunte un charme amer à
la question d'argent, lorsqu'il évolue,
du Prince d'Aurec à Antoinette Sabrier,
autour d'un chèque qui demeure, aux
flç j? du public, le personnage principal
aventure.
Mais s'il n'affecte pour fin que la
fusion de deux âmes-sœurs et le con-
tact de deux épidermes, à la barbe de
Géronte, non seulement il nous laisse
froids, mais je vois venir l'heure où il
s fera crier d'ennui.
est un signe des temps. Le théâtre
ne nous attire que si nous y retrouvons
l'image de nos propres préoccupations,
des émotions comiques ou violentes que
avons éprouvées ou qui nous guet-
ta quotidiennement. Or, l'homme et
Mme modernes, cruellement ins-
truits sur le pri:. des choses, ne peuvent
s'enfiévrer à un drame d'amour
affranchi des rudes contingences de l'ar-
gent, planant en plein azur ou se mo-
clant eh pleine chair.
Ils n'arrivent plus à consentir que des
êtres puissent ruser ou combattre, dans
le rire ou dans les larmes — surtout
dans les larmes — pendant trois longs
actes, parfois davantage, sur un propos
si médiocre. Sans cesse étreints dans la
lutte Pour le bien-être, qui jamais ne fut
plus impitoyable, ils ne conçoivent dé-
sormais l'amour que comme un bref et
subsidiaire passe-temps de gens pressés.
Leur casuistique, du reste, s'est large-
ment modifiée dans le sens d'une dé-
daigneuse démence. Balayés par le
souffle indulgent qui passe sur le siècle,
l'amoureux a fait place au logicien, le
sensuel s'est enlacé devant le sportsman.
Comment alors s'exalter, au théâtre, à
des alternatives rayées du livre de nos
soucis quotidiens, et à des péripéties qui
nous laissent, si j'ose dire, relativement
inertes dans le privé?
Toutefois, il est peut-être une cause
plus profonde encore au mépris que pro-
fesse le spectateur d'aujourd'hui pour
les fictions fiJtle °ns sentimental s: je veux parler
l'extension considérable de la vie
publique.
Celle-ci, depuis dix ans, s'est déve-
loppée d'une façon assez inattendue par
l'organisation des syndicats, des ligues
assistance, des sociétés de toutes na-
tures, scientifiques, professionnelles, en-
seignan tes, propagandistes, préservatri-
OU Purement électorales — issues,
un es et les autres, d'un élan sans
cesse plus ardent vers la solidarité.
Ainsi, la vie de famille s'est brusque-
ment délargie à une atmosphère de grou-
pements, qui nous ramène comme par
miracle à la tradition hellénique. Ce be-
CQ et récent, d'un contact per-
pétuel entre les cerveaux, accoutume le
contemporain à vivre dans le sein des
foules, et à lui ravir des sources d'émo-
tions nouvelles. Ses sensibilités, écloses'
ans l'existence intime d'autrefois, se
sont desséchées loin de l'être et de là
lampe, tandis que son crâne s'ouvrait
enfin aux idées générales. Et lorsque
cent personnes sont assemblées, d'esprit
et de cœur différents, opposées par
toutes nos tares physiologiques, leurs
mentalités s'unifient dans un colloque
émouvant avec je ne sais quelle grande
espérance, multiforme et confuse, qui
dirige désormais le développement de
notre civilisation.
Quoi de plus explicable, dans un tel
état d'esprit, que la banqueroute théâ-
trale des éréthismes amoureux ? La
femme elle-même échappe à la sugges-
tion des anecdotes passionnelles. Elle
sent trop vivement qu'elle n'est plus
l'objet des convoitises qui, depuis les
siècles des siècles, assuraient sa puis-
sance au mépris des oppressions mas-
culines. Elle s'arc-boute. Elle ne se con-
sidère plus comme un unique agrément
sentimental offert au sexe ennemi par
la Nature secourable et soucieuse de
beauté; elle ambitionne délibérément
l'épithète de rivale ou de concurrente.
Et, « avocate » ou « cocher de fiacre »,
elle pense à autre chose qu'à se coucher.
Tout cela, j'en ai peur, va, petit à
petit, jeter bien du trouble dans notre
laboratoire dramatique.
Henry KISTEMAECKERS.
Nous publierons demain un article de
TRISTAN BERNARD
Feux de paille
Si les gens d'un certain âge font de la
morale aux enfants et leur conseillent en
toute chose de modérer leurs passions, ce
n'est point, comme on le croit trop sou-
vent, par pusillanimité, mais bien plutôt
par un raffinement que seule peut donner
une longue expérience.
La pratique nous montre, en effet, qu'une
passion à laquelle on s'abandonne sans ré-
serve est vite épuisée. C'est pour cela, et
non point. pDur une autre raison, qu'il nous
faut critiquer certains spectacles trop vio-
lents tels qu'on en donna ces dernières
années, et qui, tout en dénotant un violent
désir artistique de la parf de leurs auteurs,
témoignaient tout èn même temps de, quel-
que imprévoyance.
C'est ainsi l que Mns bien. dès thèmes,,
chaque fois Que lùn Jouait des pièces de
certains auteurs, la salle 'entière s'amusait
des le début à en prévoir le dénouement.
Lorsque au début de la scène on voyait une
famille tranquille s'apprêter à faire une
partie d'automobile • lorsque, sans aucune
raison, le vieillard aveugle se levait de son
fauteuil et disait d'une voix lugubre :
— Savez-vous, oui savez-vous que le
passage à niveau est fermé? ,>
Il y avait neuf chances sur dix à parier
que l'automobile, dix minutes plus tard, al-
lait s'écraser contre ledit passage à niveau.
De même pour les actes les plus simples
de la vie. La plus humble ménagère ne
pouvait pas prendre un couteau sur une ta-
ble pour taire ùne tartine sans dire à ses
six petits enfants:
- Voilà le couteau, ce couteau avec le-
quel je vais couper du pain.
Vous pensez bien qu'on ne pouvait plus
quitter des yeux ce couteau pendant le reste
de la représentation et qu'il devenait-tout
naturel de voir la mère, devenue folle, taire
des tartines avec ses six petits enfants.
Il va de soi, je le répète, que les pièces
représentées n'en étaient pas plus mau-
vaises pour cela, bien au contraire; mais
leur intérêt s'en est allé, diminuant chaque
jour, en raison même de sa trop grande
violence.
On ne peut, en effet, perpétuellement
faire frémir des gens à neuf heures et de-
mie aussi facilement que l'on louerait La
Marseillaise dans une distribution de prix,
et, par une réaction habituèlle de notre sys-
tème nerveux, si la joie lait peur, la peur,
elle aussi, finit immanquablement par taire
rire.
G. DE PAWLOWSKI.
1 Échos
Ce soir, à huit heures, à la Gaîté-Lyri-
que, première représentation (à ce théâ-
tre) de L'Attaque du Moulin, drame lyri-
que en quatre actes, de Louis Gallet, d'a-
près Emile Zola, 'musique de M. Alfred
Bruneau, ;
Cet après-midi, à une heure et quart, à
l'Opéra-Comique, reprise d'Iphigénie en
Aulide, de Gluck.
Ce soir, à neuf heures, aux Capucines,
première représentation de Discrétion, co-
médie en un acte, de M. F. Mollet-Viéville,
et 'de La Mission de Charlotte, pièce en un
acte, de M. Henri Falk.
c
ollaborateurs :
Comme nous l'avions annoncé, la
représentatIOn ae L. ingénu LlVertm souieve
un incident qui paraît devoir faire du bruit
et dont est saisie la Commission des au-
teurs.
M. Jules Bois se plaint que M. Artus ait
eu pour collaborateur anonyme M. Fran-
çois de Nion, avec qui il avait, lui, long-
temps travaillé déjà à une pièce tirée de
Faublas. ;
M. Julës Bois prétend avoir en mains
un dossier important et très significatif.
MM. Artus et de Nion protestent énergi-
quement contre une pareille accusation.
« Sur le point d'écrire ma pièce, dit
M. Artus, j'ai proposé à de Nion (il est,
comme beaucoup le savent, un de mes plus
chers amis) d'y travailler avec moi.
« Il m'a déclaré alors que des engage-
ffiëfite intérieurs avec julèâ Bois lé met-
taient dans l'impossibilité d'accepter mes
propositions.
« Et ce fut tout.
« François de Nion n'a donc participé à
aucun titre à la pièce jouée actuellement
aux Bouffes-Parisiens. Croyez que, pour
ma part, je le regrette beaucoup. »
« Il est vrai qu'autrefois, Jules Bois et
moi, ajoute M. de Nion, nous avions pensé
à tirer quelque chose du roman de Louvet.
C'est précisément en raison de cet essai
de collaboration que j'ai dû, quand Artus
aimablement me le proposa, refuser d'être
avec lui dans le livret qu'il comptait confier
à Terrasse. »
Enfin, M. Jules Bois déclare:
« Je prends acte de l'aveu de MM. Ar-
tus et de Nion. Ils ont conversé ensemble
à propos de la pièce des Bouffes. J'ai tou-
tes les raisons de croire et tous les moyens
de prouver que cette conversation a été
longue, si longue qu'elle a duré aussi long-
temps que la confection de L'Ingénu liber-
tin.
« M. de Nion, qui a la mémoire courte,
parle d'un « essai de collaboration » entre
lui et moi.
« Un essai! que lui faut-il?
<( Si les quelques dizaines de lettres qu'il
m'a écrites à propos de notre pièce, les
manuscrits, les différentes versions de no-
tre Faublas" que je possède, ne sont ses
yeux qu'un « essai de collaboration ")), je
commence à m'expliquer l'inexplicable il-
lusion où il est et qui sera bientôt dissi-
pée. »
Pour le moment, on n'a encore échangé
que des lettres — d'ailleurs sans résultat.
Espérons qu'on s'en tiendra là!
u
n procès en perspective.
L'Etat demande à M. Gailhard .le
paiement de réparations locatives. L aima-
ble directeur de l'Opéra résiste et paraît
peu disposé à payer. C'est-,que si l'Etat est
dans son droit strict, il n'est pas d'usage,
à Paris, de réclamer à un-ancien locataire
le paiement de dégradations occasionnées
par la pose des rideaux et dès tableaux,
d'autant plus que, « dans l'espèce le.
rideau, est quelque peu défraîchi, les 'ta-
bleaux furent quelquefois de, belle tonalité,
et que les « clous » ont surtout endommagé
la caisse de M. Gailhard.
L
eurs mots:
C'est le moment des décorations. Un
de nos plus célèbres auteurs dramatiques
est convoqué par le ministre de l'Instruc-
tion publique qui lui demande s'il faut dé-
corer Un jeune écrivain de beaucoup de ta-
lent mais de peu de *sçrupples : \:
Etvte ^ieuximâîÎEe* dé ré^ràndre : J
— Donnez-la lui, monsieur le Ministre,
donnez-la lui vite, autrement il la pren-
dra !.
« PROMÉTHÉE » A L'OPÉRA
(Photo Henri:Manuel)
M. GABRIEL FAURÉ
A
propos du Théâtre Willy.
M. Louis Marsolleau nous écrit:
Mon cher « Masque de Verre »,
Après deux ans de retards injustifiables de la
propriétaire et.de l'architecte, la salle, toute nue,
du théâtre Willy, ne nous est pas encore livrée.
Le jour où l'on nous mettra en demeure de la
prendre, nous verrons, Willy et moi, ce que nous
avons à faire.
Amitiés.
Louis MARSOLLEAU.
L
e 29 décembre 1897.
C'est assurément une date cruelle
pour M. Alfred Bruneau. C'est celle de la
mort de Carvalho, le prédécesseur de M.
Albert Carré à la direction de l'Opéra-Co-
mique.
Or, à ce moment-là, Carvalho préparait
une reprise de L'Attaque du Moulin. Il y
avait mis tous ses soins, tout était prêt, la
date de la première était fixée définitive-
ment; et la répétition générale eut lieu le'
jour même où le malheureux directeur expi-
rait, après avoir été la veille frappé d'une
attaque de paralysie.
Répétition générale d'un caractère étran-
ge, qui surprit presque tous les assistants,
qui étaient nombreux. La plupart n'étaient
pas .au courant de la situation, et ceux qui
la connaissaient gardaient religieusement le
secret. Mais on sentait qu'il se passait quel-
que chose de grave, d'inusité. L'on voyait
Danbé anxieux, on surprenait des concilia-
bules à voix basse, et à mesure que la ré-
pétition se déroulait, un trouble indéfinis-
sable gagnait tout le monde. Qu'y avait-il
donc? Qu'est-ce que l'on dissimulait?.
- Cependant, la répétition s'acheva"ét ce
ne fut que le lendemain qu'on apprit la
funèbre nouvelle: Carvalho était mort!.
Ainsi s'expliquait cette mystérieuse an-
goisse qui avait plané sur toute la répéti-
tion. On comprenait pourquoi certains invi-
tés semblaient, si inquiets; pourquoi, sur là
Scènt, avait régné un désarroi si peu danroi
les habitudes de la maison. Désarroi t d'au-
tant plus nuisible qu'il y avait une distri-
bution nouvelle, très différente de celle de
la création. C'était notamment Mme Bréma,
la cantatrice wagnérienne allemande, qui
reprenait le rôle créé par Mme Delna; c'é-
tait Lucien Fugère qui chantait le père Mes-
lier, créé par Bouvet. On avait fait fête à
ces nouveaux interprètes, mais ils n'en
étaient pas moins demeurés fort perplexes,
comme aussi les auteurs: Zola d'abord;
puis Louis Gallet, le librettiste; puis M. Al-
fred Bruneau, qui se demandait ce qui al-
lait advenir de son ouvrage.
Ce qui allait en advenir? Le voici. Trois
ou quatre jours plus tard, une note annon-
çait que la reprise de L'Attaque du Moulin
était remise à une date ultérieure. Et cette
date ultérieure sera celle de la première à
la Gaîté-Lyrique, avec Mme Delna dans le
rôle qu'elle a créé! Dix ans d'attente!.
L
'assassin !
Le jour de l'exécution de Tropp-
man - en ce temps-là on exécutait en-
core! - M. Victorien Sardou, accompagné
d'Ivan Tourgueneff, avait obtenu l'autori-
sation d'aller visiter le condamné dans sa
cellule et d'assister de près au montage des
bois de justice.
Arrivé près de la guillotine où, dans la
lumière indécise de l'aube, s'agitaient les
aides du bourreau, l'auteur de Patrie s'en-
tend soudainement appeler:
.- Bonjour, monsieur Sardou!
En regardant mieux, il reconnaît un ma-
chiniste de l'Ambigu.
La conversation s'engage pendant que
s'achève la préparation de l'échafaud.
M. Sardou assiste en détail à l'opération et,
lorsqu'elle est achevée, il demande la per-
mission de monter sur la plateforme.
Mais déjà la foule, impatiente, s'était
amassée sur la place de la Roquette. Les
fêtards avinés et les bandes d'apaches —
le mot n'existait pas encore, mais déjà la
chose — qui constituaient, pour la plus
grande part, le public de ces fêtes sanglan-
tes, voyant une ombre paraître entre les
bras rouges de « La Veuve », crurent que
c'était déjà Troppman et poussèrent de fé-
roces vociférations et de longues clameurs
de mort.
M. Sardou, peu rassuré, s'empressa de
quitter la lugubre estrade.
Et c'est lui-même qui racontait cet inci-
dent,, avec sà verve vive et jeune, aux inti-
mes qui, il y a trois jours, fêtaient L'Af-
taire des Posons, dans des agapes ami-
cales.
u
n revenait! - ':
jâcqtfet, le' très ;
qui fit autrefois les délices des cafés-con-
certs, où il se fit remarquer par sa verve
endiablée, disparut un beau jour subite-
ment de l'affiche.
Le malheureux artiste, gravement ma-
lade, miraculeusement opéré, est revenu à
la vie après six années d'absence. Comœdia
le vit hier, avec une grande barbe et une
joie plus grande encore de reparaître sur
les planches.. -
On annonce qu'il fera sé rentrée dans
une revue d'un café-concert montmartrois.
Nous lui souhaitons bon succès.
O
n liquide, on liquide!
Des messieurs - graves s'assemblent
plusieurs heures par jour dans les maga-
sins de l'Opéra. Us opèrent un minutieux
examen de tous les objets qui s'y trouvent,
estiment à sa valeur approximative, et gé-
néralement très basse, chacun de ceux qu'il
semble utile de conserver, et dressent un
inventaire en règle.
Deux de ces personnages ont un rôle im-
portant: M. d'Estournelles de Constant, qui
représente l'Etat propriétaire, et M. A
Gandrey, ancien administrateur de l'Opéra-
Comique, qui représenté les nouveaux
« preneurs », c'est-à-dire MM. Messager et
BrOussan..
Hier, ces messieurs ont eu. une séance
particulièrement poussiéreuse. Après des
triages préliminaires, ils avaient retenu
cinq mille costumes qui servirent à des
pièces aujourd'hui bien finies, puisque le
matériel en fut. brûlé dans l'incendie du
magasin des décors. Que faire de ces en-
combrants ballots?
, '-: Vendons-les au Carreau du Temple!
opinait M. d'Estournelles.
— Pas du tout, conseillait M. Gandrey,
conservons-les! Restaurés, ils pourront ser-
vir. pour des œuvres du répertoire. en
province !
Voilà donc la province avertie: il y a dix
pour cent de rabais dans les estimations.
Ainsi en résolurent ces messieurs graves
et couverts de poussière.
V
oulez-vous faire un cadeau artistique
autant qu'agréable? Ne manquez pas
d aller 22, rue Réaumur, chez le maître
orfèvre Leroy, dans les magasins duquel
vous trouverez mille objets inédits de su-
prême bon goût, que vous pourrez acquérir
à très peu de frais.
C'est par des applaudissements mille
fois répétés que le nombreux public,
qui se presse dans le nouveau hall des
jouets du Printemps, accueille les superbes
voix d'Alice Verlet et Nivette, de l'Opéra,
en ces merveilleux disques « Phono », plus
vivants que nature. -
A
u Dîner des Théâtres, chez Cham-
peaux, au milieu du luxe, des fleurs,
des nappes fastueuses, i întrepiae viae-
Bouteille est attablé seul, l'allure mélanco-
lique.
Survient une jeune artiste qui, lui tapant
sur l'épaule:
— A quoi penses-tu? lui dit-elle.
Lors, le snob de lui répondre : «
- Je ne pense pas, je dépense!
NOUVELLE A LA MAIN
- Représenter Prométhée au bénéfice
des Inondés du Midi. C'est une idée excel-
lente, mais qui manque -d'à-propos!.
■— Mais oui, iLsèrait plus de circonstance
de donner Otheliol
Le Masque de Verre.
Fiacres de théâtres
M. Lépine, ayez pitié de nos angoisses à la sortie des spectacles ?
Jeunes fiacres. Vieilles guimbardes•
M. Lépine, - vous qui avez une Commis-
sion de la Rue, mettez donc à l'étude, pour
sa prochaine, séance qu'on annonce immi-
nente, l'irritante question des fiacres de
théâtres. Le Parisien vous doit déjà de si
Le. cheval ataxique
bonnes réformes administratives qu'il vous
bénirait si vous réalisiez celle-là. Ecoutez
nos doléances :
Quand, à la fin du « cinquième », le ri-
deau vient de tomber sur les crépitements
bien rythmés de la claque; que vous êtes
sorti, à grand'peine, du tohu-bohu du ves-
tiaire où les haut-de-forme se délustrent
et les pardessus affectent l'allure plissée
d'abat-jour fabriqués à Fresnes, que faites-
vous, ô Parisien?
Sur le trottoir, que le verglas rend so-
nore ou que la pluie vient de transformer
en marais saumâtre, vous attendez. Vous
attendez le fiacre, le fiacre sauveur.
Votre compagne frissonne sous ses four-
rures. Après l'atmosphère saharienne de la
salle, voici que le froid vif la saisit tout à
coup et que son nez rosit, rosit comme une
lanterne japonaise. Devant ce spectacle,
vous levez les bras au ciel, vous appelez,
éperdu, avec des gestes immenses et toute
la pantomime convaincàntè que vous possé-
dez, -le cocher compatissant qui vous pren-
dra par charité.
Le -cocher passe sur son siège, sous vo-
tre nez, avec la majesté d'Automédon, fils
de Diorès. il a le fouet haut, un sourire
narquois s.ur les lèvres, et son bucéphale,
subitement, s'e' rappelant 'que certains de
.stes c<^én^r^, ranidés-coiïflïre les Aqui-
lons, foulent les gazons de Longchamp, s'é-
lance sur le pavé de bois qu'il laboure d'un
sabot dont on ne soupçonnait pas la vitesse.
Et les fiacres passent, passent, inexora-
bles; insensibles à vos misères, refusant de
«. charger », sous l'œil des agents impuis-
sants, puisque les cochers ne s'arrêtent
pas. Et vous vous consumez en attente, et
le, nez de votre compagne abandonne les
teintes roses japonaises citées plus haut
pour- tourner, au rouge vif de la lanterne
de débit de tabac.
Arrive alors, cahin-caha, le fiacre des
gares, une façon de « berlingot » échappé
du Déluge, traîné par une rosse poussive
dont les boulets sanglants étalent leurs no"
dosités dans la détresse de l'attelage.
Qu'importe! Ce cocher, vêtu d'un carrick
qui s'effiloche, vous le considérez comme,
un Messie
Cet homme
Dont la barbe fleurit et dont le nez trognonne,
vous prend dans sa guimbarde et, vous ra-
mène chez vous avec un bruit de ferraille.
des heurts, des cahots, des arrêts injusti-
fiés, qui vous rejettent sur des -moleskines*
sans nom, souillées de taches et de macu*-
latures.
¡
J'ai demandé à des cochers de minuit
pourquoi ils ne « marchaient » pas. Tous*
me répondent:
— Parce que -nous avons peur, que le client,
nous conduise trop loin à cette heure. Cornmw.
nous avons à réintégrer nos dépôts à peu près<
à ce moment-là, les Ternes nous font peur éty
aussi les Montrouges lointains, quand on remisq
à Belle ville.
Aux vieux cochers des gares j'ai posèj
d'autres questions. Ils me déclarent:
- Comme nous savons bien que nos coliè
gues redoutent de « charger », nous nous dé^
tachons des cours de l'Est, du Nord ou d'Or-
léans, pour venir, vers minuit un quart, • au^
portes des théâtres. Nous sommes sûrs de faira
des affaires. Le client, à cette heure-là, se mon-
tre « coulant », traite à forfait, est prêt à toua
les marchés. -Si la course est-longue, peu nous
importe ! Nous « .faisons la nuit, » ;. que nouet
soyons là ou ailleurs, cela nous est bien égalf >
nous payons une « moyenne » inférieure a .'l
autres, et nous ne rentrons qu'au matin.
N'y aurait-il pas un moyen, monsieur
Préfet, vous qui êtes ingénieux et
'-,.- :
Automédon fils de Diorès , ;
de procurer, au Parisien qui paie une voi-
ture pour le ramener chez lui à la fin dij
spectacle? )
spectacle E. ROUZIER DORCIËRES.
Bernard SHAW t
Comœdia Va publier La Profession de Madame Warren,
- de l'auteur irlandais. 1
Dans quelques jours Comoedia va com-
mencer la publication,* en" feuilleton, de
La Profession de Madame Warren, une des
plus belles comédies de Bernard Shaw,
l'auteur irlandais qyi fait fureur dans tout
le monde anglo-germanique. En France,
par les études consciencieuses et documen-
tées que lui ont consacrées MM.. Augustin
Filon dans la Revue des Deux-Mondes,
Jean Blum dans la Revue Germanique,
A. et H. Hamon dans la Revue Socialiste,
et Régis Michaud dans la Revue de Paris,
on sait que Bernard Shaw est né en juil-
let 1856 à Dublin, qu'il a publié mainte-
nant quinze pièces, plusieurs romans, des
ouvrages d'économie politique, et, tout
dernièrement, deux volumes d'Essais, re-'
cuéils des critiques qu'hebdomadairement
il écrivait autrefois dans une des principa-
les gazettes londoniennes. On sait qu'il
s'occupe de politique, que c'est un militant
du socialisme; les « Souvenirs » que Co-
mœdia a publiés le 6 novembre l'onf rnoir-t
tré. On sait qu'en 1903 sa notoriété comme
dramatiste a commencé, d'abord en Amé.
rique et en Allemagne, et que, depuis, sana
cesse, elle s'est accrue, devenant de la cé* ,
.Iébrité, et même de la célébrité mondiale.
On sait qu'actuellement l'un des grands
théâtres londoniens, le Savoy Theatre. n'a
pour ainsi dire son répertoire composé que
du Shaw, qu'il en est de même à New-
York, où deux théâtres le jouent réguliè-
rement ; qu'à Berlin, Munich, Vienne,
Stockholm, Copenhague, Christiania," on.
monte successivement presque toutes ses piè-
ces (trois ou quatre au plus n'ont pas er^
core été jouées en Allemagne), pour, de
là, émigrer dans les villes de province ou
de l'étranger, comme Saint-Pétersbourg,
Helsingfors, Varsovie, Cracovie, Buda-
pest. On sait que la France ignore encore
le théâtre de Shaw, qu'elle n'en a rien lu -
la publication que Comœdia va donner est
la première qui ait été donnée en français
d'une œuvre de Bernard Shaw — et qu'elle
n'a encore vu aucune représentation.
Si Bernard Shaw n'a pas encore été re-
présenté en France, il l'a été en langue
française, car, au Théâtre du Parc de
Bruxelles, sa magnifique comédie Candida
fut donnée en matinée. Ce fut un franc
succès; le critique éminent de L'Indépetu
dance Belge disait: « Jamais ne-fut don-
née une pièce plus bourrée de pensées,
plus neuve d'audace troublante, et plus
étonnante dans la primitivité de sa logii
que. » Et M. Georges Eekhoud, le l'ritique
et romancier connu, écrivait: « C'est très
fort. Toute la pièce, en sa traduction fr'ah..
çaise élégante et nerveuse, est belle et
pleine de moelle nutritive. Il s'agit d'un
frisson nouveau d'un verbe inédit.
Donc, en français, rien de Shaw ne fut
publié; exception faite pour une étude so-
ciologique : Les Impossibilités du Socia-
lisme, qui parut dans L'Humanité nouvelle
en 1899, que dirigeait alors notre confrère
A. Hamon, un des traducteurs actuels de
l'œuvre de Shaw.
Nous n'avons pas à présenter le traduc-
teur; l'œuvre sociologique et psychologi-
que de M. A. Hamon est trop connue pour
qu'il soit nécessaire d'en parler. Nul douta
que, dans les traductions du théâtre de Ber.
nard Shaw, on ne retrouve la langue cor-
recte et personnelle, précise et élevante
souple et nerveuse, des œuvres de M. À,
Hamon. Mais nos lecteurs jugerons Ils
verront si, à la lecture de cette version
française, la seule que Bernard Shaw auto-
rise, ils éprouvent la même joie que >? ltx-
ts Numéro ; 4 1 m- 0 ici "0
-i £»Ufe(li |6 0£cembre 1907*
COMŒDIA
Rédacteur en Chef : G. de PA WLOWSKl
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
Bou/euard Poissonnière, PARIS
0
g TÉLÉPHONE : 288-07 - -
taie Télégraphique : COMŒDIA-PARJS;
n, ?
3r ABONNEMENTS:
( UN AN 6 MOl8
-
ÊS et Départements 24 fr. 12 fr,
knger ..-. - 40 » 20 T
,, l'
RtDACTION & ADMINISTRATION
27, Boulevard Poissonnière, PARIS!
TÉLÉPHONE : 288-07
Adresse Télégraphique : COMŒDlA=PARIS'
ABONNEMENTS:
UN AN 6 MOté
Paris et Départements. 24.fr. 12 fr.
Étranger 40 » 20 w
11 Séparation
:,t de l'Adultère
t et du Théâtre
recueilli, naguère, les impressions
eux contemporains, choisis parmi
g qui paient encore leur place au
e,-et personnalisant des catégories
i différentes de la société parisienne.
fif premier appartenait à la bour-
e du Marais. L'autre était un su-
apache blond.
Du commerçant, j'obtins cet aveu:
Moi, je ne m'amuse plus qu'aux dra-
es ou aux comédies qui me fournis-
matière à discuter avec ma femme. »
mant au vagabond spécial, il me dé-
~a, sur un ton tranchant : « Des mé-
n'en faut plus. C'est bon pour les
~emares. Nous autres, on s'aguiche
pièces ous' qu'y a des idées. »
Qu'entendait-il au juste par des idées?
importe. J'ai noté qu'en tout cas,
apache aspirait à des réalisations
atiques assez éloignées de celles
longtemps, échauffèrent sa cheva-
l simulèrent son goût pour le meur-
et flattèrent son désir atavique de
a vertu récompensée tout de même.
En faut-il conclure que les temps
~noncent de ce théâtre social si ar-
~ment souhaité par les philosophes
des gens austères? Qui sait? Car théâ-
tre social et théâtre d'idées, c'est tout
un. Le débat des idées est forcément
social, puisqu'il oppose au préjugé les
formes nouvelles de la pensée, qui se
répercuteront sur les mœurs, sur les
lois, Sur les conditions vitales de la so-
ciét é. Beaumarchais, dans les limites de
son Epoque, faisait du théâtre social en
ajustant à la scène le personnage de
Figaro, ami des plus subversives liber-
, Y compris celle de ne pas penser
comme tout le monde.
leu le fait certain, contrôlé par l'observa-
it attentif de toutes les conjonctures
orales de ces dernières années, c'est
| nous nous désintéressons chaque
davantage-, devant les tréteaux com-
Ii. dans la réalité, des choses de senti-
eJ*talité Dure.
On ne saurait s'y méprendre I'adul-
notamment, qui fit, durant tant de
fonds commun des drama-
et sans lequel on ne - concevait
pas de postulat dont un ouvrage pût vi-
l'adultère se sépare du théâtre au
ent où le législateur s'apprête à le
séparer du Code pénal. A peine le tolé-
rons-nous encore, entre cour et jardin,
lorsqu'il emprunte un charme amer à
la question d'argent, lorsqu'il évolue,
du Prince d'Aurec à Antoinette Sabrier,
autour d'un chèque qui demeure, aux
flç j? du public, le personnage principal
aventure.
Mais s'il n'affecte pour fin que la
fusion de deux âmes-sœurs et le con-
tact de deux épidermes, à la barbe de
Géronte, non seulement il nous laisse
froids, mais je vois venir l'heure où il
s fera crier d'ennui.
est un signe des temps. Le théâtre
ne nous attire que si nous y retrouvons
l'image de nos propres préoccupations,
des émotions comiques ou violentes que
avons éprouvées ou qui nous guet-
ta quotidiennement. Or, l'homme et
Mme modernes, cruellement ins-
truits sur le pri:. des choses, ne peuvent
s'enfiévrer à un drame d'amour
affranchi des rudes contingences de l'ar-
gent, planant en plein azur ou se mo-
clant eh pleine chair.
Ils n'arrivent plus à consentir que des
êtres puissent ruser ou combattre, dans
le rire ou dans les larmes — surtout
dans les larmes — pendant trois longs
actes, parfois davantage, sur un propos
si médiocre. Sans cesse étreints dans la
lutte Pour le bien-être, qui jamais ne fut
plus impitoyable, ils ne conçoivent dé-
sormais l'amour que comme un bref et
subsidiaire passe-temps de gens pressés.
Leur casuistique, du reste, s'est large-
ment modifiée dans le sens d'une dé-
daigneuse démence. Balayés par le
souffle indulgent qui passe sur le siècle,
l'amoureux a fait place au logicien, le
sensuel s'est enlacé devant le sportsman.
Comment alors s'exalter, au théâtre, à
des alternatives rayées du livre de nos
soucis quotidiens, et à des péripéties qui
nous laissent, si j'ose dire, relativement
inertes dans le privé?
Toutefois, il est peut-être une cause
plus profonde encore au mépris que pro-
fesse le spectateur d'aujourd'hui pour
les fictions fiJtle °ns sentimental s: je veux parler
l'extension considérable de la vie
publique.
Celle-ci, depuis dix ans, s'est déve-
loppée d'une façon assez inattendue par
l'organisation des syndicats, des ligues
assistance, des sociétés de toutes na-
tures, scientifiques, professionnelles, en-
seignan tes, propagandistes, préservatri-
OU Purement électorales — issues,
un es et les autres, d'un élan sans
cesse plus ardent vers la solidarité.
Ainsi, la vie de famille s'est brusque-
ment délargie à une atmosphère de grou-
pements, qui nous ramène comme par
miracle à la tradition hellénique. Ce be-
CQ et récent, d'un contact per-
pétuel entre les cerveaux, accoutume le
contemporain à vivre dans le sein des
foules, et à lui ravir des sources d'émo-
tions nouvelles. Ses sensibilités, écloses'
ans l'existence intime d'autrefois, se
sont desséchées loin de l'être et de là
lampe, tandis que son crâne s'ouvrait
enfin aux idées générales. Et lorsque
cent personnes sont assemblées, d'esprit
et de cœur différents, opposées par
toutes nos tares physiologiques, leurs
mentalités s'unifient dans un colloque
émouvant avec je ne sais quelle grande
espérance, multiforme et confuse, qui
dirige désormais le développement de
notre civilisation.
Quoi de plus explicable, dans un tel
état d'esprit, que la banqueroute théâ-
trale des éréthismes amoureux ? La
femme elle-même échappe à la sugges-
tion des anecdotes passionnelles. Elle
sent trop vivement qu'elle n'est plus
l'objet des convoitises qui, depuis les
siècles des siècles, assuraient sa puis-
sance au mépris des oppressions mas-
culines. Elle s'arc-boute. Elle ne se con-
sidère plus comme un unique agrément
sentimental offert au sexe ennemi par
la Nature secourable et soucieuse de
beauté; elle ambitionne délibérément
l'épithète de rivale ou de concurrente.
Et, « avocate » ou « cocher de fiacre »,
elle pense à autre chose qu'à se coucher.
Tout cela, j'en ai peur, va, petit à
petit, jeter bien du trouble dans notre
laboratoire dramatique.
Henry KISTEMAECKERS.
Nous publierons demain un article de
TRISTAN BERNARD
Feux de paille
Si les gens d'un certain âge font de la
morale aux enfants et leur conseillent en
toute chose de modérer leurs passions, ce
n'est point, comme on le croit trop sou-
vent, par pusillanimité, mais bien plutôt
par un raffinement que seule peut donner
une longue expérience.
La pratique nous montre, en effet, qu'une
passion à laquelle on s'abandonne sans ré-
serve est vite épuisée. C'est pour cela, et
non point. pDur une autre raison, qu'il nous
faut critiquer certains spectacles trop vio-
lents tels qu'on en donna ces dernières
années, et qui, tout en dénotant un violent
désir artistique de la parf de leurs auteurs,
témoignaient tout èn même temps de, quel-
que imprévoyance.
C'est ainsi l que Mns bien. dès thèmes,,
chaque fois Que lùn Jouait des pièces de
certains auteurs, la salle 'entière s'amusait
des le début à en prévoir le dénouement.
Lorsque au début de la scène on voyait une
famille tranquille s'apprêter à faire une
partie d'automobile • lorsque, sans aucune
raison, le vieillard aveugle se levait de son
fauteuil et disait d'une voix lugubre :
— Savez-vous, oui savez-vous que le
passage à niveau est fermé? ,>
Il y avait neuf chances sur dix à parier
que l'automobile, dix minutes plus tard, al-
lait s'écraser contre ledit passage à niveau.
De même pour les actes les plus simples
de la vie. La plus humble ménagère ne
pouvait pas prendre un couteau sur une ta-
ble pour taire ùne tartine sans dire à ses
six petits enfants:
- Voilà le couteau, ce couteau avec le-
quel je vais couper du pain.
Vous pensez bien qu'on ne pouvait plus
quitter des yeux ce couteau pendant le reste
de la représentation et qu'il devenait-tout
naturel de voir la mère, devenue folle, taire
des tartines avec ses six petits enfants.
Il va de soi, je le répète, que les pièces
représentées n'en étaient pas plus mau-
vaises pour cela, bien au contraire; mais
leur intérêt s'en est allé, diminuant chaque
jour, en raison même de sa trop grande
violence.
On ne peut, en effet, perpétuellement
faire frémir des gens à neuf heures et de-
mie aussi facilement que l'on louerait La
Marseillaise dans une distribution de prix,
et, par une réaction habituèlle de notre sys-
tème nerveux, si la joie lait peur, la peur,
elle aussi, finit immanquablement par taire
rire.
G. DE PAWLOWSKI.
1 Échos
Ce soir, à huit heures, à la Gaîté-Lyri-
que, première représentation (à ce théâ-
tre) de L'Attaque du Moulin, drame lyri-
que en quatre actes, de Louis Gallet, d'a-
près Emile Zola, 'musique de M. Alfred
Bruneau, ;
Cet après-midi, à une heure et quart, à
l'Opéra-Comique, reprise d'Iphigénie en
Aulide, de Gluck.
Ce soir, à neuf heures, aux Capucines,
première représentation de Discrétion, co-
médie en un acte, de M. F. Mollet-Viéville,
et 'de La Mission de Charlotte, pièce en un
acte, de M. Henri Falk.
c
ollaborateurs :
Comme nous l'avions annoncé, la
représentatIOn ae L. ingénu LlVertm souieve
un incident qui paraît devoir faire du bruit
et dont est saisie la Commission des au-
teurs.
M. Jules Bois se plaint que M. Artus ait
eu pour collaborateur anonyme M. Fran-
çois de Nion, avec qui il avait, lui, long-
temps travaillé déjà à une pièce tirée de
Faublas. ;
M. Julës Bois prétend avoir en mains
un dossier important et très significatif.
MM. Artus et de Nion protestent énergi-
quement contre une pareille accusation.
« Sur le point d'écrire ma pièce, dit
M. Artus, j'ai proposé à de Nion (il est,
comme beaucoup le savent, un de mes plus
chers amis) d'y travailler avec moi.
« Il m'a déclaré alors que des engage-
ffiëfite intérieurs avec julèâ Bois lé met-
taient dans l'impossibilité d'accepter mes
propositions.
« Et ce fut tout.
« François de Nion n'a donc participé à
aucun titre à la pièce jouée actuellement
aux Bouffes-Parisiens. Croyez que, pour
ma part, je le regrette beaucoup. »
« Il est vrai qu'autrefois, Jules Bois et
moi, ajoute M. de Nion, nous avions pensé
à tirer quelque chose du roman de Louvet.
C'est précisément en raison de cet essai
de collaboration que j'ai dû, quand Artus
aimablement me le proposa, refuser d'être
avec lui dans le livret qu'il comptait confier
à Terrasse. »
Enfin, M. Jules Bois déclare:
« Je prends acte de l'aveu de MM. Ar-
tus et de Nion. Ils ont conversé ensemble
à propos de la pièce des Bouffes. J'ai tou-
tes les raisons de croire et tous les moyens
de prouver que cette conversation a été
longue, si longue qu'elle a duré aussi long-
temps que la confection de L'Ingénu liber-
tin.
« M. de Nion, qui a la mémoire courte,
parle d'un « essai de collaboration » entre
lui et moi.
« Un essai! que lui faut-il?
<( Si les quelques dizaines de lettres qu'il
m'a écrites à propos de notre pièce, les
manuscrits, les différentes versions de no-
tre Faublas" que je possède, ne sont ses
yeux qu'un « essai de collaboration ")), je
commence à m'expliquer l'inexplicable il-
lusion où il est et qui sera bientôt dissi-
pée. »
Pour le moment, on n'a encore échangé
que des lettres — d'ailleurs sans résultat.
Espérons qu'on s'en tiendra là!
u
n procès en perspective.
L'Etat demande à M. Gailhard .le
paiement de réparations locatives. L aima-
ble directeur de l'Opéra résiste et paraît
peu disposé à payer. C'est-,que si l'Etat est
dans son droit strict, il n'est pas d'usage,
à Paris, de réclamer à un-ancien locataire
le paiement de dégradations occasionnées
par la pose des rideaux et dès tableaux,
d'autant plus que, « dans l'espèce le.
rideau, est quelque peu défraîchi, les 'ta-
bleaux furent quelquefois de, belle tonalité,
et que les « clous » ont surtout endommagé
la caisse de M. Gailhard.
L
eurs mots:
C'est le moment des décorations. Un
de nos plus célèbres auteurs dramatiques
est convoqué par le ministre de l'Instruc-
tion publique qui lui demande s'il faut dé-
corer Un jeune écrivain de beaucoup de ta-
lent mais de peu de *sçrupples : \:
Etvte ^ieuximâîÎEe* dé ré^ràndre : J
— Donnez-la lui, monsieur le Ministre,
donnez-la lui vite, autrement il la pren-
dra !.
« PROMÉTHÉE » A L'OPÉRA
(Photo Henri:Manuel)
M. GABRIEL FAURÉ
A
propos du Théâtre Willy.
M. Louis Marsolleau nous écrit:
Mon cher « Masque de Verre »,
Après deux ans de retards injustifiables de la
propriétaire et.de l'architecte, la salle, toute nue,
du théâtre Willy, ne nous est pas encore livrée.
Le jour où l'on nous mettra en demeure de la
prendre, nous verrons, Willy et moi, ce que nous
avons à faire.
Amitiés.
Louis MARSOLLEAU.
L
e 29 décembre 1897.
C'est assurément une date cruelle
pour M. Alfred Bruneau. C'est celle de la
mort de Carvalho, le prédécesseur de M.
Albert Carré à la direction de l'Opéra-Co-
mique.
Or, à ce moment-là, Carvalho préparait
une reprise de L'Attaque du Moulin. Il y
avait mis tous ses soins, tout était prêt, la
date de la première était fixée définitive-
ment; et la répétition générale eut lieu le'
jour même où le malheureux directeur expi-
rait, après avoir été la veille frappé d'une
attaque de paralysie.
Répétition générale d'un caractère étran-
ge, qui surprit presque tous les assistants,
qui étaient nombreux. La plupart n'étaient
pas .au courant de la situation, et ceux qui
la connaissaient gardaient religieusement le
secret. Mais on sentait qu'il se passait quel-
que chose de grave, d'inusité. L'on voyait
Danbé anxieux, on surprenait des concilia-
bules à voix basse, et à mesure que la ré-
pétition se déroulait, un trouble indéfinis-
sable gagnait tout le monde. Qu'y avait-il
donc? Qu'est-ce que l'on dissimulait?.
- Cependant, la répétition s'acheva"ét ce
ne fut que le lendemain qu'on apprit la
funèbre nouvelle: Carvalho était mort!.
Ainsi s'expliquait cette mystérieuse an-
goisse qui avait plané sur toute la répéti-
tion. On comprenait pourquoi certains invi-
tés semblaient, si inquiets; pourquoi, sur là
Scènt, avait régné un désarroi si peu danroi
les habitudes de la maison. Désarroi t d'au-
tant plus nuisible qu'il y avait une distri-
bution nouvelle, très différente de celle de
la création. C'était notamment Mme Bréma,
la cantatrice wagnérienne allemande, qui
reprenait le rôle créé par Mme Delna; c'é-
tait Lucien Fugère qui chantait le père Mes-
lier, créé par Bouvet. On avait fait fête à
ces nouveaux interprètes, mais ils n'en
étaient pas moins demeurés fort perplexes,
comme aussi les auteurs: Zola d'abord;
puis Louis Gallet, le librettiste; puis M. Al-
fred Bruneau, qui se demandait ce qui al-
lait advenir de son ouvrage.
Ce qui allait en advenir? Le voici. Trois
ou quatre jours plus tard, une note annon-
çait que la reprise de L'Attaque du Moulin
était remise à une date ultérieure. Et cette
date ultérieure sera celle de la première à
la Gaîté-Lyrique, avec Mme Delna dans le
rôle qu'elle a créé! Dix ans d'attente!.
L
'assassin !
Le jour de l'exécution de Tropp-
man - en ce temps-là on exécutait en-
core! - M. Victorien Sardou, accompagné
d'Ivan Tourgueneff, avait obtenu l'autori-
sation d'aller visiter le condamné dans sa
cellule et d'assister de près au montage des
bois de justice.
Arrivé près de la guillotine où, dans la
lumière indécise de l'aube, s'agitaient les
aides du bourreau, l'auteur de Patrie s'en-
tend soudainement appeler:
.- Bonjour, monsieur Sardou!
En regardant mieux, il reconnaît un ma-
chiniste de l'Ambigu.
La conversation s'engage pendant que
s'achève la préparation de l'échafaud.
M. Sardou assiste en détail à l'opération et,
lorsqu'elle est achevée, il demande la per-
mission de monter sur la plateforme.
Mais déjà la foule, impatiente, s'était
amassée sur la place de la Roquette. Les
fêtards avinés et les bandes d'apaches —
le mot n'existait pas encore, mais déjà la
chose — qui constituaient, pour la plus
grande part, le public de ces fêtes sanglan-
tes, voyant une ombre paraître entre les
bras rouges de « La Veuve », crurent que
c'était déjà Troppman et poussèrent de fé-
roces vociférations et de longues clameurs
de mort.
M. Sardou, peu rassuré, s'empressa de
quitter la lugubre estrade.
Et c'est lui-même qui racontait cet inci-
dent,, avec sà verve vive et jeune, aux inti-
mes qui, il y a trois jours, fêtaient L'Af-
taire des Posons, dans des agapes ami-
cales.
u
n revenait! - ':
jâcqtfet, le' très ;
qui fit autrefois les délices des cafés-con-
certs, où il se fit remarquer par sa verve
endiablée, disparut un beau jour subite-
ment de l'affiche.
Le malheureux artiste, gravement ma-
lade, miraculeusement opéré, est revenu à
la vie après six années d'absence. Comœdia
le vit hier, avec une grande barbe et une
joie plus grande encore de reparaître sur
les planches.. -
On annonce qu'il fera sé rentrée dans
une revue d'un café-concert montmartrois.
Nous lui souhaitons bon succès.
O
n liquide, on liquide!
Des messieurs - graves s'assemblent
plusieurs heures par jour dans les maga-
sins de l'Opéra. Us opèrent un minutieux
examen de tous les objets qui s'y trouvent,
estiment à sa valeur approximative, et gé-
néralement très basse, chacun de ceux qu'il
semble utile de conserver, et dressent un
inventaire en règle.
Deux de ces personnages ont un rôle im-
portant: M. d'Estournelles de Constant, qui
représente l'Etat propriétaire, et M. A
Gandrey, ancien administrateur de l'Opéra-
Comique, qui représenté les nouveaux
« preneurs », c'est-à-dire MM. Messager et
BrOussan..
Hier, ces messieurs ont eu. une séance
particulièrement poussiéreuse. Après des
triages préliminaires, ils avaient retenu
cinq mille costumes qui servirent à des
pièces aujourd'hui bien finies, puisque le
matériel en fut. brûlé dans l'incendie du
magasin des décors. Que faire de ces en-
combrants ballots?
, '-: Vendons-les au Carreau du Temple!
opinait M. d'Estournelles.
— Pas du tout, conseillait M. Gandrey,
conservons-les! Restaurés, ils pourront ser-
vir. pour des œuvres du répertoire. en
province !
Voilà donc la province avertie: il y a dix
pour cent de rabais dans les estimations.
Ainsi en résolurent ces messieurs graves
et couverts de poussière.
V
oulez-vous faire un cadeau artistique
autant qu'agréable? Ne manquez pas
d aller 22, rue Réaumur, chez le maître
orfèvre Leroy, dans les magasins duquel
vous trouverez mille objets inédits de su-
prême bon goût, que vous pourrez acquérir
à très peu de frais.
C'est par des applaudissements mille
fois répétés que le nombreux public,
qui se presse dans le nouveau hall des
jouets du Printemps, accueille les superbes
voix d'Alice Verlet et Nivette, de l'Opéra,
en ces merveilleux disques « Phono », plus
vivants que nature. -
A
u Dîner des Théâtres, chez Cham-
peaux, au milieu du luxe, des fleurs,
des nappes fastueuses, i întrepiae viae-
Bouteille est attablé seul, l'allure mélanco-
lique.
Survient une jeune artiste qui, lui tapant
sur l'épaule:
— A quoi penses-tu? lui dit-elle.
Lors, le snob de lui répondre : «
- Je ne pense pas, je dépense!
NOUVELLE A LA MAIN
- Représenter Prométhée au bénéfice
des Inondés du Midi. C'est une idée excel-
lente, mais qui manque -d'à-propos!.
■— Mais oui, iLsèrait plus de circonstance
de donner Otheliol
Le Masque de Verre.
Fiacres de théâtres
M. Lépine, ayez pitié de nos angoisses à la sortie des spectacles ?
Jeunes fiacres. Vieilles guimbardes•
M. Lépine, - vous qui avez une Commis-
sion de la Rue, mettez donc à l'étude, pour
sa prochaine, séance qu'on annonce immi-
nente, l'irritante question des fiacres de
théâtres. Le Parisien vous doit déjà de si
Le. cheval ataxique
bonnes réformes administratives qu'il vous
bénirait si vous réalisiez celle-là. Ecoutez
nos doléances :
Quand, à la fin du « cinquième », le ri-
deau vient de tomber sur les crépitements
bien rythmés de la claque; que vous êtes
sorti, à grand'peine, du tohu-bohu du ves-
tiaire où les haut-de-forme se délustrent
et les pardessus affectent l'allure plissée
d'abat-jour fabriqués à Fresnes, que faites-
vous, ô Parisien?
Sur le trottoir, que le verglas rend so-
nore ou que la pluie vient de transformer
en marais saumâtre, vous attendez. Vous
attendez le fiacre, le fiacre sauveur.
Votre compagne frissonne sous ses four-
rures. Après l'atmosphère saharienne de la
salle, voici que le froid vif la saisit tout à
coup et que son nez rosit, rosit comme une
lanterne japonaise. Devant ce spectacle,
vous levez les bras au ciel, vous appelez,
éperdu, avec des gestes immenses et toute
la pantomime convaincàntè que vous possé-
dez, -le cocher compatissant qui vous pren-
dra par charité.
Le -cocher passe sur son siège, sous vo-
tre nez, avec la majesté d'Automédon, fils
de Diorès. il a le fouet haut, un sourire
narquois s.ur les lèvres, et son bucéphale,
subitement, s'e' rappelant 'que certains de
.stes c<^én^r^, ranidés-coiïflïre les Aqui-
lons, foulent les gazons de Longchamp, s'é-
lance sur le pavé de bois qu'il laboure d'un
sabot dont on ne soupçonnait pas la vitesse.
Et les fiacres passent, passent, inexora-
bles; insensibles à vos misères, refusant de
«. charger », sous l'œil des agents impuis-
sants, puisque les cochers ne s'arrêtent
pas. Et vous vous consumez en attente, et
le, nez de votre compagne abandonne les
teintes roses japonaises citées plus haut
pour- tourner, au rouge vif de la lanterne
de débit de tabac.
Arrive alors, cahin-caha, le fiacre des
gares, une façon de « berlingot » échappé
du Déluge, traîné par une rosse poussive
dont les boulets sanglants étalent leurs no"
dosités dans la détresse de l'attelage.
Qu'importe! Ce cocher, vêtu d'un carrick
qui s'effiloche, vous le considérez comme,
un Messie
Cet homme
Dont la barbe fleurit et dont le nez trognonne,
vous prend dans sa guimbarde et, vous ra-
mène chez vous avec un bruit de ferraille.
des heurts, des cahots, des arrêts injusti-
fiés, qui vous rejettent sur des -moleskines*
sans nom, souillées de taches et de macu*-
latures.
¡
J'ai demandé à des cochers de minuit
pourquoi ils ne « marchaient » pas. Tous*
me répondent:
— Parce que -nous avons peur, que le client,
nous conduise trop loin à cette heure. Cornmw.
nous avons à réintégrer nos dépôts à peu près<
à ce moment-là, les Ternes nous font peur éty
aussi les Montrouges lointains, quand on remisq
à Belle ville.
Aux vieux cochers des gares j'ai posèj
d'autres questions. Ils me déclarent:
- Comme nous savons bien que nos coliè
gues redoutent de « charger », nous nous dé^
tachons des cours de l'Est, du Nord ou d'Or-
léans, pour venir, vers minuit un quart, • au^
portes des théâtres. Nous sommes sûrs de faira
des affaires. Le client, à cette heure-là, se mon-
tre « coulant », traite à forfait, est prêt à toua
les marchés. -Si la course est-longue, peu nous
importe ! Nous « .faisons la nuit, » ;. que nouet
soyons là ou ailleurs, cela nous est bien égalf >
nous payons une « moyenne » inférieure a .'l
autres, et nous ne rentrons qu'au matin.
N'y aurait-il pas un moyen, monsieur
Préfet, vous qui êtes ingénieux et
'-,.- :
Automédon fils de Diorès , ;
de procurer, au Parisien qui paie une voi-
ture pour le ramener chez lui à la fin dij
spectacle? )
spectacle E. ROUZIER DORCIËRES.
Bernard SHAW t
Comœdia Va publier La Profession de Madame Warren,
- de l'auteur irlandais. 1
Dans quelques jours Comoedia va com-
mencer la publication,* en" feuilleton, de
La Profession de Madame Warren, une des
plus belles comédies de Bernard Shaw,
l'auteur irlandais qyi fait fureur dans tout
le monde anglo-germanique. En France,
par les études consciencieuses et documen-
tées que lui ont consacrées MM.. Augustin
Filon dans la Revue des Deux-Mondes,
Jean Blum dans la Revue Germanique,
A. et H. Hamon dans la Revue Socialiste,
et Régis Michaud dans la Revue de Paris,
on sait que Bernard Shaw est né en juil-
let 1856 à Dublin, qu'il a publié mainte-
nant quinze pièces, plusieurs romans, des
ouvrages d'économie politique, et, tout
dernièrement, deux volumes d'Essais, re-'
cuéils des critiques qu'hebdomadairement
il écrivait autrefois dans une des principa-
les gazettes londoniennes. On sait qu'il
s'occupe de politique, que c'est un militant
du socialisme; les « Souvenirs » que Co-
mœdia a publiés le 6 novembre l'onf rnoir-t
tré. On sait qu'en 1903 sa notoriété comme
dramatiste a commencé, d'abord en Amé.
rique et en Allemagne, et que, depuis, sana
cesse, elle s'est accrue, devenant de la cé* ,
.Iébrité, et même de la célébrité mondiale.
On sait qu'actuellement l'un des grands
théâtres londoniens, le Savoy Theatre. n'a
pour ainsi dire son répertoire composé que
du Shaw, qu'il en est de même à New-
York, où deux théâtres le jouent réguliè-
rement ; qu'à Berlin, Munich, Vienne,
Stockholm, Copenhague, Christiania," on.
monte successivement presque toutes ses piè-
ces (trois ou quatre au plus n'ont pas er^
core été jouées en Allemagne), pour, de
là, émigrer dans les villes de province ou
de l'étranger, comme Saint-Pétersbourg,
Helsingfors, Varsovie, Cracovie, Buda-
pest. On sait que la France ignore encore
le théâtre de Shaw, qu'elle n'en a rien lu -
la publication que Comœdia va donner est
la première qui ait été donnée en français
d'une œuvre de Bernard Shaw — et qu'elle
n'a encore vu aucune représentation.
Si Bernard Shaw n'a pas encore été re-
présenté en France, il l'a été en langue
française, car, au Théâtre du Parc de
Bruxelles, sa magnifique comédie Candida
fut donnée en matinée. Ce fut un franc
succès; le critique éminent de L'Indépetu
dance Belge disait: « Jamais ne-fut don-
née une pièce plus bourrée de pensées,
plus neuve d'audace troublante, et plus
étonnante dans la primitivité de sa logii
que. » Et M. Georges Eekhoud, le l'ritique
et romancier connu, écrivait: « C'est très
fort. Toute la pièce, en sa traduction fr'ah..
çaise élégante et nerveuse, est belle et
pleine de moelle nutritive. Il s'agit d'un
frisson nouveau d'un verbe inédit.
Donc, en français, rien de Shaw ne fut
publié; exception faite pour une étude so-
ciologique : Les Impossibilités du Socia-
lisme, qui parut dans L'Humanité nouvelle
en 1899, que dirigeait alors notre confrère
A. Hamon, un des traducteurs actuels de
l'œuvre de Shaw.
Nous n'avons pas à présenter le traduc-
teur; l'œuvre sociologique et psychologi-
que de M. A. Hamon est trop connue pour
qu'il soit nécessaire d'en parler. Nul douta
que, dans les traductions du théâtre de Ber.
nard Shaw, on ne retrouve la langue cor-
recte et personnelle, précise et élevante
souple et nerveuse, des œuvres de M. À,
Hamon. Mais nos lecteurs jugerons Ils
verront si, à la lecture de cette version
française, la seule que Bernard Shaw auto-
rise, ils éprouvent la même joie que >? ltx-
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