Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-12-06
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 06 décembre 1907 06 décembre 1907
Description : 1907/12/06 (A1,N67). 1907/12/06 (A1,N67).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7645364g
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
,1re Annêe.- N° 67 (Quotidien)
Le Numéro : S centimes
Vendredi 6 Décembre 1.907•
COMCEDIÀ
Rédacteur en Chef: G. de PAWLOWSKI
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27, BOllleuard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE 288-07
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Étranger. 40 » 20 D
! réhabilitation
du "traître"
Je me demande tous les jours ce qu'il
serait advenu de Roland s'il n'avait pas
été trahi par Ganelon. Il serait mort
obt sc urériient, au lieu de rendre illustres
les Pyrénées. C'est à Ganelon qu'il doit
sa gloire. Avec une ingratitude incroya-
ble, Oeanmoins, il n'a pas eu, au milieu
de son triomphe, un mot de remercie-
ment Pour l'habile metteur en scène,
pour le camarade génial et obscur. Les
grands artistes du moyen âge n'avaient
pas > esprit de cor.
Ce n'est pas un exemple unique. Si
\\lt ohel dans le mélodrame que soit le
rôle du traître, il a toujours été méprisé
injustement. Le public lui préfère la
jeune fille innocente et persécutée, ou
le vieillard sentencieux et ridicule, ou le
jeune héros bellâtre qui vient, au der-
nier acte, profiter de tous les arrange-
ments ingénieux du traître, et qui le re-
mercié en le tuant avec des injures gros-
Mais c'est la vie, et aussi la rou-
du théâtre contre laquelle il n'y a
à faire. Si un auteur hardi et ta-
voulant rompre avec les ha-
banales, nous présentait un per-
8ge de traître, sympathique, géné-
Pas' loyal, le public ne comprendrait
Il faut donc accepter ce personnage
tel qu'il est, le théâtre, suivant la forte
expression de William Pitt, étant essen-
tiellement ment un art de convention. Du
moins devrait-on estimer le traître en
raison des services rendus. Que se-
sans lui, la Cœlina de Pixéré-
court, du le Tartufe de Molière, pour ne
qtt r que les noms les plus connus?
L'immortelle Athalie verrait son action
réduite à rien, si l'on supprimait le per-
sonnage du grand-prêtre, vieillard répu-
gnan t qui attire une vieille femme dans
le temple en lui promettant des trésors,
et la fait assassiner lâchement. D'ail-
leurs, Joad n'est pas tout à fait le type
classique du traître n'inspirant aucune
sympathie. Chose curieuse, les contem-
por alns admirèrent ce personnage. C'est
un des exemples les plus bizarres d'une
fausse interprétation. Elle prouve, dans
tous es cas, que le traître peut devenir
Pethhitm -m&ne -Iërs"qne -plir tnr rç-
ment hardi, comme il arrive dans
pièce, c'est lui qui triomphe au dé-
ernent et voit sa victime succomber.
Les critiques n'ont pas manqué à pro-
de ce dénouement. Saint-Marc-Gi-
rardin, dans son cours de littérature dra-
matique, rapproche assez cruellement
du Iago de Shakespeare et du Tar-
tufe de Molière, et les enveloppe dans
la même réprobation. C'est un peu sé-
vère pour Tartufe. Saint-Marc-Girardin
avait, d'ailleurs, contre ce personnage,
liiçU^ille rancune sur les motifs de la-
tiien e il ne s'est jamais expliqué
Qllest7lairement. Divergences politiques,
d'argent, rivalité féminine?
On ne sait. Mais il profite de toutes les
occasions pour dire du mal de Tartufe,
hypocritement.
s critiques les plus autorisés discu-
quel en ce moment pour savoir dans
Sens on doit interpréter Tartufe, et
quel décor on doit le jouer. Il se-
rait plus à propos de se demander quelle
idée on doit se faire du personnage lui-
quelle est sa valeur morale, si
nous devons le mépriser, suivant Saint-
Girardin, ou, au contraire, l'esti-
à l'instar d'Orgon et de Madame
gens sérieux, gens rassis, qui
e Prent le pauvre homme bon comme
pain
PQthiPrernière vue, il paraît plutôt sym-
tett} qUe. C'est un homme de notre
comme il y en a toujours eu,
aux époques les plus reculées.
de vie est celui d'un arriviste.
Ss 1 Ies moyens lui sont bons. Il s'agit
tQa emparer de l'argent d'Orgon, qui
Si l'on peut, par la même oc-
casion, profitant de sa naïveté, lui pren-
dre sa femme ou sa fille, ce sera,. exac-
tement, faire d'une poire deux coups.
Cette conception moderne n'a rien pour
nous étonner. Le personnage peut être
proposé comme modèle dans un certain
est ce que Machiavel appelait:
il genere politico..
Us éprouvons de l'estime pour Tar-
Nous éprouvons de l'estime pour Tar-
et cette estime se change en .pitié,
quand nous voyons les subterfuges
cruels dont ses adversaires ne craignent
pas de se servir pour l'accabler. Le ¡
mensonge, l'hypocrisie, ne sont que des
Ur eux. Au dénouement, ils in-
nt même contre lui le jeu de loi.
Le pauvre homme, pour lutter, n'a
pas 62 de malice. Il tombe dans tous
les panneaux. Si on le poussait un peu,
rait dans le trou du souffleur.
avec tristesse berné par la rusée
C'est elle, plus que lui, qui est à
er - n'est pas un procédé forthon-
Pot r, une femme, même mariée, de
faire cacher son mari sous une table
elle reçoit les déclarations d'un
mettre la question amoureuse
C taPlS' et de mettre son mari lies-
du mtnent ne pas s'apitoyer sur le
Il Pauvre Tartufe? Comment,
nre AiPas reconnaître l'importance
C'est un héros non seule-
ment ureux, mais encore indispen-
SUr lui que roule toute l'ac-
par 1 Quelle, naturellement, il finit
re est| le pivot du mélodrame.
i
D'un autre coté, par le triste rôle que
Fauteur lui attribue, il excite la fureur
des spectateurs, et leur permet de don-
ner cours à leur émotion bruyante. Ce
pivot est, en même temps,, une. sou-
pape.
Estimons à leur juste valeur, pour
peu que nous nous intéressions aux des-
tinées du mélodrame, ces personnages
utiles, le .traître Macaire, Tartufe, le cruel
Truguelin, ou le Rodin du Juif Errant.
Ils se présentent sur la scène, portant
dans leurs mains, comme es jeunes
filles porteraient des fleurs, les acces-
soires indispensables d" une action pathé-
tique : le poison, le poignard, où l'incen-
die. Il faut non seulement les estimer,
mais les aimer et les plaindre, car, mal-
gré leur grandeur tragique, ils sont à
plaindre. Comme l'a dit La Fontaine :
.c'est être innocent que d'être malheureux.
Ils sont malheureux, par définition, à
perpétuité. Le public de l'Ambigu ne
souffrirait pas qu'ils échappent à l'im-
manente justice. Véritables héros d'Es-
chyle, ils prodiguent le crime sans es-
poir. Car, , dès lé commencement,
à moins de n'avoir pas lu la pièce, et
cette supposition est invraisemblable, ils
savent qu'au dénouement ils seront
vaincus et punis.
Qu'importe ! Ils savent aussi qu'on ne
saurait se passer d'eux. Du jour où le
théâtre a été créé, ils ont eu leur rôle
à jouer. Le troisième personnage est le
traître, dans la pièce la plus ancienne
dont nous ayons gardé le souvenir.
C'est le serpent.
Ce qui prouve que le mélodrame, lui
aussi, date de loin, et que, dès le pre-
mier jour, il a atteint sa perfection. Il
y avait déjà, en effet, à cette époque plu-
tôt reculée, un traître, un auteur mé-
content, qui était Dieu, un paradis, et
même des pommes, — pour faire cuire
plus tard.
Gabriel de LAUTREC.
Nous publierons demain un article de
TE AN TULLIEN
Minorité artistique
Il me taut r.èvenir sur îà' ybèïtâorr des
classiques et des élèves
Une tois de plus, le le répété, le n'en veux
pas à ces derniers de ne pouvoir aimer les
maîtres anciens, mais j'en veux au règle-
ment qui, en fixant des limites d'âge abso-
lument ridicules, contraint de véritables
enfants à étudier des œuvres que l'on ne
peut comprendre qu'à l'âge mûr.
Une jeune fille a le droit de se présen-
ter 'à l'admission, aux classés de déclama-
tion, à l'âge de quinze ans. Or, vous voyez
d'ici quelle culture on peut avoir à cet âge-
là: Moïse, un golfe est une langue de
mer qui rentre dans la terre, un cap est
une langue de terre qui rentre dans la
mer, la règle de trois, la guerre du même
nom, Louis XIV et sa perruque, le traité
de Westphalie, Chilpéric, Clodion et le
canal de Suez.
Avec ce bagage- admirable, la jeune
fille la mieux disposée commence, avec un
naturel parfait, dans les emplois d'ingénue
pour finir quelque ^emps après dans les
emplois de jeune première qu'elle adécQu-
verts en deux ans. Encore un an et elle
se fût une troisième fois spécialisée, mais
dans les rôles de. duègne.
J'e ne parle point des rôles d'amoureuse:
ce serait du détournement de mineure.
Car, il faut bien le repérer, vingt et un
ans est la limite d'âge au Conservatoire,
tout comme cent dix ans est celle des em-
ployés du Muséum d'histoire naturelle.
Avant vingt et un ans, avant, vingt ans
si le hasard d'une date de naissance tait
perdre une année, il faut donc que la
malheureuse, encore rigoureusement sou-
mise à l'autorité de ses parents, choisisse
sa carrière. :.
Cela rappelle les bébés qui jouent au
Parc Monceau et que l'on destine, l'un à
l'Ecole polytechnique parce qu'il tait des
tas de sable, et l'autre à l'Ecole Navale
parce qu'il a jeté du pain aux canards.
Et l'on s'étonne après cela du vide que
l'on rencontre parfois. dans certains cer-
veaux d'artistes t Soumettez n'importe qui
au même régime de sur chauffage en serre
et vous verrez ce, que vous obtiendrez.
Mais, il faudra bien des années encore
pour que l'on comprenne en France que
la. majorité de vingti et un ans, nécessaire
pour retirer vingt sous de la caisse d'épar-
gne, ne l'est pas moins pour aborder les
plus hautes questions de l'Art.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
Ce soir, à huit heures un quart, à la
Porte-Saint-Martin, répétition générale de
L'Affaire des. Poisons, drame en cinq actes
et six tableaux, de M. Victorien Sardou. ,
La Direction prie les dames de vouloir
bien venir sans chapeau à l'orchestre et
aù balcon, et informe ses invités qu'on
commencera très exactement , à neuf heu-
res un quart, c'est-à-dire dès l'arrivée du
Président de la République, qui 'hignorera
de sa présence la répétition générée.
-Ce soir, a huit heures et demie, au
Théâtre Molière, première représentation de,
Les Fricoteurs, pièce en trois actes, de:
M. Jules Dinin, et de Ces Messieurs de la'
Famille.,,pièce en un acte, de M. Albert
Schwdrtz.
A
rchéologie. ;
Depuis que le maître Victorien Sar-
dou fâif répéter L'Afiçàre des .m&ris à la
\,. ,-
1
Porte-Saint-Martin, tous ses futurs inter-
prètes sont devenus des archéologues pas-
sionnés. Il leur a insufflé le feu sacré et,
dès qu'ils ont une heure de libre, ils vont
déambuler dans les anciens quartiers de la
capitale, nez au vent, cherchant les vieil-
les maisons, les découvrant, les étudiant
sous toutes leurs faces, pour s'imprégner
de « la couleur dútemps n,
Trois tableaux de L'Affaire des Poisons
se passent - à Paris, dans des milieux histo-
riques, malheureusement disparus l'un' au
Châtelet, dans le cabinet du lieutenant-
général de la police, M. de La Reynie;
l'autre chez la Voisin, la célèbre, empoi-
sonneuse; le troisième àTArsenaI, dans la
« chambre ardente », où siégeait le tribu-
nal spécial chargé d'instruire, cette cause
formidable.
Alors, faute de pouvoir visiter ces lieux
qui n'existent plus, les artistes se rattra-
pent sur les endroits similaires. Pourvu
qu'ils soient d'époque, c'est l'essentiel. Ils
fouillent, notamment, le quartier du Tem-
ple, le quartier Saint-Gervais, qui sont as-,
sûrement les plus riches en souvenirs d'au-
trefois.
On rencontre M. Desjardins dans la rue
de Montmorency,' qui contient les plus an-
tiques maisons de la ville, à commencer
par celle de Nicolas Flamel (commence-
ment du quinzième siècle); M. Péricaud'a
été vu devant l'hôtel de Mme de Beau-,
vais; M. Dorival est partout: rue du Tem-
ple, où se trouve l'hôtel de Rohan ; rue des
Archives, où il admire l'hôtel de Soubise;
rue Saint-Antoine, où il contemple l'hôtel
de Sully; rue du Grenier-sur-l'Eau.
Ainsi, M. Sardou réalise la belle devise:
Instruire en amusant!
s
oirée d'adieu à l'Opéra.
Tout le personnel de 1 'ODéra.daris
une pensée qui lui fait honneur, a voulu
donner un dernier témoignage de sympa-
thie à M. Gailhard qui, depuis vingt et un
ans, préside aux destinées de notre pre-
mière scène lyrique.
Un magnifique souvenir lui sera offert
au cours d'une représentation de gala qui
sera donnée au profit du petit personnel,
le 31 décembre, et que l'on pourra appeler
« la Fête des grands compositeurs fran-
çais ».
Le programme, d'ores et déjà arrêté.
comprend :
Un acte de Patrie, un acte de Sigurd,
un acte de Thaïs, un acte de Samson et
Dalila.
p
,our les inondés du Midi.
ulle, délégation composa de MM.
3~'anr~u~puy7' Georges "i~TB~ vjrappt ;
Henry Roujon, Lapauze, Maurice Sarraut,
s'est rendue hier matin chez le président
du Sénat et le président de la Chambre, et
les a invités à la grande fête du 7 décem-
bre, qui sera donnée au Grand Palais.
MM. Antônin Dubost et Henri Brisson
ont accepté cette invitation; ils ont promis
d'assister à la fête et ont payé chacun leur
loge, 500 francs.
Tous les ministres et sous-secrétaires
d'Etat se rendront également à cette fête.
Le ministre de la Guerre a autorisé une
délégation de cinquante polytechniciens et
saint-cyriens à participer à la fête en qua-
lité de commissaires..
Il est bien entendu que le prix d'entrée
- dix francs — donne le droit d'assister
à toutes les attractions qui figurent au pro-
gramme.
s
es belles soirées.
On a reproché autrefois à M. Fal-
lieres de dédaigner l'art dramatique. Le
Président semble tenir à bien établir le
contraire.
Non seulement il assista, hier, à Pro-
méthée, et il se rendra demain à la Fête de
nuit qui sera donnée au Grand Palais, au
bénéfice des Inondés, mais, ce soir même,
il honorera de sa présence la répétition gé-
nérale de L'Affaire, des Poisons, à la Portè-
Saint-Martin.
M. Fallières est grand-cordon de la Lé-
gion d'honneur et M. Victorien Sardou,
grand-croix.
Ce sont presque deux confrères!
A
près la bataille. -
L Il y a toujours des gens, dans la
vie, pour prendre les choses au tragique.
M. Henry Bernstein, qui charpente si
dramatiquement ses pièces, n'est pas. de
ceux-là.
D'autres, ayant reçu dans la journée une
blessure, même légère, se cloîtreraient im-
médiatement dans un appartement - bien
chaud. L'auteur de Samson, après son duel,
se promenait, hier après-midi, dans les; cou-
loirs du Théâtre-Français.
On sait que l'inimitié qui sépara, puis
mit aux prises MM. Bernstein: et Natan-
son data du jour où Le Voleur remplaça
Le Foyer à la Renaissance.
Allons-nous voir, rue de Richelieu, met-
tre en répétitions une nouvelle œuvre de
l'auteur du Bercail.
On dit que MM. Mirbeau et Natanson
sont sur leurs gardes. , ,¿
L
e chef-d'oeuvre, inconnu.
On connaît l'inlassable et bienveil-
lante curiosité de M. Catulle Mondes pour
les œuvres signées d'auteurs inconnus..
L'admirable écrivain qui publia jadis Le
Chercheur de Tares s'applique, avec une
obstination enthousiaste et juvénile, à dé-
couvrir des beautés ou même simplement
des mérites dans les manuscrits, drames et
poèmes,de toute espèce dont miUc jouven-
ceaux l'accablent journellement..
Il subit, avec une constance souvent bien
mal récompensée, les épîtres naïves et réi-
térées et lés fatigantes visites des écri-
vains obscurs qui réclament son appui..
C'est ainsi que, dernièrement, il 'rece-
vait une dame belge dont l'aspect hésitant,
compliqué d'une impénétrable surdité, la
démarche timide, le langage un peu ,balbu-
tiant, ne paraissaient pas indiquer une in-
telligence très vive. Après quelques expli-
cations embarrassées, la dame belge se re-
tira, abandonnant un manuscrit. -
: Qr. "M- Çâtullç Meriti^s *. Iuf ce .ma-
nuscrit. Il en a été ébloui. Et il ne cache
à personne son émerveillement.»
— Je n'ai pas lu une œuvré pareille
depuis plus de quinze ans, déclare-t-il: Les
caractères sont d'une nouveauté et d'une
profondeur inouïes. L'action d'une puis-
sante sobriété, et le style aussi beau que du
Villiers de L'Isle-Adam.
Comme quoi il ne faut pas se fier aux
apparencesi !
L
e bateau.
Chaque - fois que l'hiver ramène en
leurs auvents les sympathiques marchands
de marrons, un bruit venu on ne sait d'où
court dans les milieux qu'on appelle « bien
informés ».
Les courriéristes, qui manquent parfois
de copie, l'accueillent avec joie et annon-
cent cette grande nouvelle: M. Ludovic
Halévy revient au théâtre. On va mettre
bientôt en répétition, sur une scène des
boulevards, La Provinciale, quatre actes de
l'éminent académicien.
Depuis des années et des années, cette
information annuelle est démentie réguliè-
rement par l'auteur de L'Abbé Constantin.
C'est tout simplement un bateau que le
roi de nos vaudevillistes ne se lasse pas
de monter, depuis la première de La Pari-
sienne, qui n'est pas tout à fait d'hier.
Dénonçons-le, pour cette fois, avant qu'il
ait pu prendre le large.
p
censées et maximes:
« Il faut à l'acteur, indépendamment de
la mémoire qui est son instrument indispen-
sable, une taille et des traits à peu près
convenables aux rôles qu'il est appelé à
jouer. Il lui faut une voix qui puisse se
moduler facilement, qui ait de la puissance
et de l'accent. »
TALMA.
« Au théâtre, il ne suffit point de char-
mer les yeux; c'est en vain qu'on se fie au
fragile pouvoir de la beauté. »
BOUILLY.
« Les beaux visages sont ceux où les
passions se peignent et qui s'animent par
l'expression du sentiment. »
DORAT.
« Le théâtre est, de tous les arts d'imi-
tation, celui qui peut le moins se passer
d'un beau naturel. »
STICOTTI.
« La physionomie n'est expressive qu'a-
vec de grands traits, l'œil bien ouvert, le
sourcil bien marqué et la bouche un peu
saillante. Un petit œil peut être fin, spiri-
tuel;. il n'est jamais imposant. Et la bouche
renfgjicég jréuf jamais exprimer la dou-
te~rT~— '-~' — o.," ".¡..
CLAIRON.
L
e prix Goncourt.
Une fois de plus, le prix Goncourt,
qui semble, dès maintenant, classique, a
été décerné hier soir.
Les dix académiciens, réunis au café de
Paris, ont procédé à quatre tours de scru-
tin.
Finalement, M. Emile Moselly a obtenu
la majorité de six voix contre quatre ac-
cordées à M. Jean Vignaud.
MM. Ramuz, Louis Thomas, Edmond
Jaloux et Derderet avaient aussi retenu
quelques suffrages aux trois premiers tours
de scrutin.
Ils ne doivent donc pas abandonner l'es-
poir de voir un jour leur nom s'ajouter à
la liste où M. Moselly succède aux frères
Tharaud, à MM. Claude Farrère, Léon
Frapié et J>A. Nau.
N
e vendez pas vos bijoux, perles et pier-
res fines, ainsi que vos reconnaissan-
ces de bijoux, sans les montrer au uomptoir
International, 44, Chaussée-d'Antin, qui
pâte très cher. téléphone : 269-67.
A
.-
u Dîner des Théâtres, chez Cham-
peaux, Henri Rochefort contait l'au-
tre soir quelques souvenirs de uepnciy,
dont il fut l'ami de trente ans. Ils faisaient
tous deux d'interminables parties de pi-
quet, et comme invariablement Dennery
perdait, il se fâchait rouge et provoquait
Rochefort:
— Que peut-on attendre d'un homme
qui revient du bagne! s'écria-t-il un jour,
en jetant les cartes devant lui.
—r Moi j'en suis revenu, mon vieux! lui
dit Rochefort, tandis que toi tû y serais
resté!
Une autre fois, quelqu'un di.sai.t devant
Dennery qu'il aimait beaucoup les en-
fants. des autres.
- Mariez-vous! lui dit Dennery.
L
'antidérapant Francia voit chaque jour
croître le nombre de ses fidèles.
Souple et solide à la fois, de qualité
extra, il est employé par tous les chauf-
feurs soucieux de leurs intérêts.
On trouve le pneu Francia 3, rue de la
Bienfaisance. Téléphone: 587-02.
G
énéralement, on dit: « Beaucoup de
bruit pour rien », mais, cette fois,
il nous faut faire mentir le proverbe et
dire : « Beaucoup de bruit pour beau-
coup », parce qu'il s'agit des admirables
Bayard-Clément, dont l'élégance s'allie à
une solidité de toute épreuve, et qu'on peut
voir exposées à la convoitise de tous, 10,
place de la Madeleine.
b .-
NOUVELLE A LA MAIN
L
'autre soir, dans un concert de troi-
r sième ordre, Mlle X., des Concerts
au conservatoire, peu atmaote, peu jolie
et plus mince, hélas! qu'une planche de
salut, donnait dùrànt, l'exécution d'un mor-
ceau, des signes d'impatience. ,.
Soudain, se tournant vers son voisin :
N'est-ce pas, Monsieur, que cette mu-
sique est énervante? Je la trouve fade,
plate, sans saveur. Et vous?
—— Oh ! r Mademoiselle, je la trouve com-
Ipe ! vous.
■■■', j ; , M.aspue de Verre.
À L'HIPPODROME ,. .-
Prométhée'
Tragédie lyrique en 3 actes
f de Jean Lorrain et M. F. Hérold
Musique de M. Gabriel Fauré.
C'est dans la saison d'été 1900 que,
sous le patronage d'un véritable mécène,
fut donnée cette tragédie lyrique, sur
les arènes de Béziers. Le département
de l'Hérault ayant particulièrement été
éprouvé par les inondations d'automne,
M. Castelbon de Beauxhostes eut l'heu-
reuse idée de faire connaître cette œuvre
aux Parisiens, dans un but charitable.
C'est dans le vaste cadre de l'Hippo-
drome que le représentation artistique
des fêtes de Béziers a fait appel à la
charité publique. Ce projet avait besoin,
pour sa réussite complète, du concours
dévoué et désintéressé de toute une pha-
lange d'artistes, chanteurs, comédiens
ou instrumentistes. Il faut reconnaître,
une fois de plus, l'empressement que
l'on trouve, en général, chez les artistes
dont on sollicite de concours pour une
œuvre îde cette nature, et je suis heu-
M. NUIBÛ.
reux de constater que le succès a ré-
pondu aux efforts de tous.
C'est d'après la tragédie d'Eschyle
que les auteurs ont établi leur texte
d'une versification héroïque et colorée.
Dès le début, des accords graves et
douloureux annoncent ce drame de souf-
france et d'orgueilleuse révolte. Tout un
peuple appelle à grands cris celui qui
doit les secourir: Prométhée, qui re-
présente la force, le courage et l'espé-
rance. Le torse et les jambes nus, .les
cheveux noirs épars sur un front plein
de,volonté, le Titgnide qui rêva-d'arra-
cher les hommes à leur grossière bes-
tialité, de conquérir pour eux les dieux,
d'être le sauveur, le régénérateur, Pro-
méthée, à l'appel du peuple, a bondi à
travers l'escarpement des roches. Il
donne à tous l'aspect du conquérant qui
ne redoute ni la mort, ni les supplices,
qui brave la puissance des dieux. Il n'é-
coute ni la voix, ni les supplications de
l'amoureuse, il reste sourd à la prière
(Cliché Branger.1
M. DE MAX 1
- Mlle BERTHE BADY
de -l'aïeule Gaïa, il monte à travers les
sentiers de la montagne sans rien en-
tendre, poussé par sa ferme volonté de
réaliser son projet téméraire, accompa-
gné des clameurs du peuple. Le voici
au sommet des pics abrupts, évoquant,
une torche à la main, le feu créateur.
Vaincu par la foudre de Zeus, il sera
attaché vivant aux roches qui dominent
les abîmes et le vautour, lui labourant
le torse de ses serres cruelles, renou-
vellera chaque jour ses pâlies san-
glantes dans ,un éternel recommence-
ment, et, malgré cette souffrance, Pro.
méthée, de ses poings enchaînés, insul-
tera les dieux inexorables. Les pleureu-
ses, aux onduleuses silhouettes, entrent,
conduisant, sur une civière, le corps ina-
nimé de Pandore. Puis, surgissant de
la crypte, la douce vierge de pitié et de
tendresse, d'une voix brisée, mêle ses
plaintes aux cris de douleur de Pro-
méthée, et à bout de forces, désespérée,
elle implore les nymphes. Par un effort
surhumain, elle gravit les pentes qui
la séparent de Prométhée et s'ef-
fondre enfin, haletante, pâmée dans
reaux ont reparu ; à cette vue, Pro-
méthée, tremble pour la bien-aimée, lui
qui n'eut jamais peur. Il adjure Pan-
dore de repousser les présents que lui
offrent Zeus et Hermès, puis retombe
désespéré; il blasphème encore, tandis
que l'élue des dieux élève au-dessus du
peuple le coffret où se trouve le philtre
formé de ses pleurs d'amante.
M. Gabriel Fauré illustra de sa mu-
sique si personnelle ce scénario mytho-
logique. Auteur de mélodies empreintes
d'une grande originalité qui mirent son
nom au premier rang parmi les compo-
siteurs de notre pays, de pièces sym-
phoniques concertantes d'une haute va-
leur musicale, il se révèle, en cet ou-
vrage, comme un musicien de théâtre
susceptible d'enrichir le répertoire ly-
rique moderne. Il a su trouver, dans la
partition de Prométhée, des accents
d'une grande élévation de style et de
noblesse. Les chœurs du début, l'en-
semble vocal des principaux chanteurs,
la fin du second acte, le troisième acte,
ou les chœurs des femmes, qui sont si
pleins de charme et de grâce, une phrase
pénétrante du quatuor accompagnée de
l'arpège des harpes, où tout, enfin, est
si bien conçu dans l'esprit de chaque
scène, d'acte en acte. Il a fallu un effort
considérable pour mettre sur pieu un
ensemble polyphonique que l'on n'est
, pas habitué d'entendre à Paris. La par-
Le Numéro : S centimes
Vendredi 6 Décembre 1.907•
COMCEDIÀ
Rédacteur en Chef: G. de PAWLOWSKI
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Étranger. 40 » 20 D
! réhabilitation
du "traître"
Je me demande tous les jours ce qu'il
serait advenu de Roland s'il n'avait pas
été trahi par Ganelon. Il serait mort
obt sc urériient, au lieu de rendre illustres
les Pyrénées. C'est à Ganelon qu'il doit
sa gloire. Avec une ingratitude incroya-
ble, Oeanmoins, il n'a pas eu, au milieu
de son triomphe, un mot de remercie-
ment Pour l'habile metteur en scène,
pour le camarade génial et obscur. Les
grands artistes du moyen âge n'avaient
pas > esprit de cor.
Ce n'est pas un exemple unique. Si
\\lt ohel dans le mélodrame que soit le
rôle du traître, il a toujours été méprisé
injustement. Le public lui préfère la
jeune fille innocente et persécutée, ou
le vieillard sentencieux et ridicule, ou le
jeune héros bellâtre qui vient, au der-
nier acte, profiter de tous les arrange-
ments ingénieux du traître, et qui le re-
mercié en le tuant avec des injures gros-
Mais c'est la vie, et aussi la rou-
du théâtre contre laquelle il n'y a
à faire. Si un auteur hardi et ta-
voulant rompre avec les ha-
banales, nous présentait un per-
8ge de traître, sympathique, géné-
Pas' loyal, le public ne comprendrait
Il faut donc accepter ce personnage
tel qu'il est, le théâtre, suivant la forte
expression de William Pitt, étant essen-
tiellement ment un art de convention. Du
moins devrait-on estimer le traître en
raison des services rendus. Que se-
sans lui, la Cœlina de Pixéré-
court, du le Tartufe de Molière, pour ne
qtt r que les noms les plus connus?
L'immortelle Athalie verrait son action
réduite à rien, si l'on supprimait le per-
sonnage du grand-prêtre, vieillard répu-
gnan t qui attire une vieille femme dans
le temple en lui promettant des trésors,
et la fait assassiner lâchement. D'ail-
leurs, Joad n'est pas tout à fait le type
classique du traître n'inspirant aucune
sympathie. Chose curieuse, les contem-
por alns admirèrent ce personnage. C'est
un des exemples les plus bizarres d'une
fausse interprétation. Elle prouve, dans
tous es cas, que le traître peut devenir
Pethhitm -m&ne -Iërs"qne -plir tnr rç-
ment hardi, comme il arrive dans
pièce, c'est lui qui triomphe au dé-
ernent et voit sa victime succomber.
Les critiques n'ont pas manqué à pro-
de ce dénouement. Saint-Marc-Gi-
rardin, dans son cours de littérature dra-
matique, rapproche assez cruellement
du Iago de Shakespeare et du Tar-
tufe de Molière, et les enveloppe dans
la même réprobation. C'est un peu sé-
vère pour Tartufe. Saint-Marc-Girardin
avait, d'ailleurs, contre ce personnage,
liiçU^ille rancune sur les motifs de la-
tiien e il ne s'est jamais expliqué
Qllest7lairement. Divergences politiques,
d'argent, rivalité féminine?
On ne sait. Mais il profite de toutes les
occasions pour dire du mal de Tartufe,
hypocritement.
s critiques les plus autorisés discu-
quel en ce moment pour savoir dans
Sens on doit interpréter Tartufe, et
quel décor on doit le jouer. Il se-
rait plus à propos de se demander quelle
idée on doit se faire du personnage lui-
quelle est sa valeur morale, si
nous devons le mépriser, suivant Saint-
Girardin, ou, au contraire, l'esti-
à l'instar d'Orgon et de Madame
gens sérieux, gens rassis, qui
e Prent le pauvre homme bon comme
pain
PQthiPrernière vue, il paraît plutôt sym-
tett} qUe. C'est un homme de notre
comme il y en a toujours eu,
aux époques les plus reculées.
de vie est celui d'un arriviste.
Ss 1 Ies moyens lui sont bons. Il s'agit
tQa emparer de l'argent d'Orgon, qui
Si l'on peut, par la même oc-
casion, profitant de sa naïveté, lui pren-
dre sa femme ou sa fille, ce sera,. exac-
tement, faire d'une poire deux coups.
Cette conception moderne n'a rien pour
nous étonner. Le personnage peut être
proposé comme modèle dans un certain
est ce que Machiavel appelait:
il genere politico..
Us éprouvons de l'estime pour Tar-
Nous éprouvons de l'estime pour Tar-
et cette estime se change en .pitié,
quand nous voyons les subterfuges
cruels dont ses adversaires ne craignent
pas de se servir pour l'accabler. Le ¡
mensonge, l'hypocrisie, ne sont que des
Ur eux. Au dénouement, ils in-
nt même contre lui le jeu de loi.
Le pauvre homme, pour lutter, n'a
pas 62 de malice. Il tombe dans tous
les panneaux. Si on le poussait un peu,
rait dans le trou du souffleur.
avec tristesse berné par la rusée
C'est elle, plus que lui, qui est à
er - n'est pas un procédé forthon-
Pot r, une femme, même mariée, de
faire cacher son mari sous une table
elle reçoit les déclarations d'un
mettre la question amoureuse
C taPlS' et de mettre son mari lies-
du mtnent ne pas s'apitoyer sur le
Il Pauvre Tartufe? Comment,
nre AiPas reconnaître l'importance
C'est un héros non seule-
ment ureux, mais encore indispen-
SUr lui que roule toute l'ac-
par 1 Quelle, naturellement, il finit
re est| le pivot du mélodrame.
i
D'un autre coté, par le triste rôle que
Fauteur lui attribue, il excite la fureur
des spectateurs, et leur permet de don-
ner cours à leur émotion bruyante. Ce
pivot est, en même temps,, une. sou-
pape.
Estimons à leur juste valeur, pour
peu que nous nous intéressions aux des-
tinées du mélodrame, ces personnages
utiles, le .traître Macaire, Tartufe, le cruel
Truguelin, ou le Rodin du Juif Errant.
Ils se présentent sur la scène, portant
dans leurs mains, comme es jeunes
filles porteraient des fleurs, les acces-
soires indispensables d" une action pathé-
tique : le poison, le poignard, où l'incen-
die. Il faut non seulement les estimer,
mais les aimer et les plaindre, car, mal-
gré leur grandeur tragique, ils sont à
plaindre. Comme l'a dit La Fontaine :
.c'est être innocent que d'être malheureux.
Ils sont malheureux, par définition, à
perpétuité. Le public de l'Ambigu ne
souffrirait pas qu'ils échappent à l'im-
manente justice. Véritables héros d'Es-
chyle, ils prodiguent le crime sans es-
poir. Car, , dès lé commencement,
à moins de n'avoir pas lu la pièce, et
cette supposition est invraisemblable, ils
savent qu'au dénouement ils seront
vaincus et punis.
Qu'importe ! Ils savent aussi qu'on ne
saurait se passer d'eux. Du jour où le
théâtre a été créé, ils ont eu leur rôle
à jouer. Le troisième personnage est le
traître, dans la pièce la plus ancienne
dont nous ayons gardé le souvenir.
C'est le serpent.
Ce qui prouve que le mélodrame, lui
aussi, date de loin, et que, dès le pre-
mier jour, il a atteint sa perfection. Il
y avait déjà, en effet, à cette époque plu-
tôt reculée, un traître, un auteur mé-
content, qui était Dieu, un paradis, et
même des pommes, — pour faire cuire
plus tard.
Gabriel de LAUTREC.
Nous publierons demain un article de
TE AN TULLIEN
Minorité artistique
Il me taut r.èvenir sur îà' ybèïtâorr des
classiques et des élèves
Une tois de plus, le le répété, le n'en veux
pas à ces derniers de ne pouvoir aimer les
maîtres anciens, mais j'en veux au règle-
ment qui, en fixant des limites d'âge abso-
lument ridicules, contraint de véritables
enfants à étudier des œuvres que l'on ne
peut comprendre qu'à l'âge mûr.
Une jeune fille a le droit de se présen-
ter 'à l'admission, aux classés de déclama-
tion, à l'âge de quinze ans. Or, vous voyez
d'ici quelle culture on peut avoir à cet âge-
là: Moïse, un golfe est une langue de
mer qui rentre dans la terre, un cap est
une langue de terre qui rentre dans la
mer, la règle de trois, la guerre du même
nom, Louis XIV et sa perruque, le traité
de Westphalie, Chilpéric, Clodion et le
canal de Suez.
Avec ce bagage- admirable, la jeune
fille la mieux disposée commence, avec un
naturel parfait, dans les emplois d'ingénue
pour finir quelque ^emps après dans les
emplois de jeune première qu'elle adécQu-
verts en deux ans. Encore un an et elle
se fût une troisième fois spécialisée, mais
dans les rôles de. duègne.
J'e ne parle point des rôles d'amoureuse:
ce serait du détournement de mineure.
Car, il faut bien le repérer, vingt et un
ans est la limite d'âge au Conservatoire,
tout comme cent dix ans est celle des em-
ployés du Muséum d'histoire naturelle.
Avant vingt et un ans, avant, vingt ans
si le hasard d'une date de naissance tait
perdre une année, il faut donc que la
malheureuse, encore rigoureusement sou-
mise à l'autorité de ses parents, choisisse
sa carrière. :.
Cela rappelle les bébés qui jouent au
Parc Monceau et que l'on destine, l'un à
l'Ecole polytechnique parce qu'il tait des
tas de sable, et l'autre à l'Ecole Navale
parce qu'il a jeté du pain aux canards.
Et l'on s'étonne après cela du vide que
l'on rencontre parfois. dans certains cer-
veaux d'artistes t Soumettez n'importe qui
au même régime de sur chauffage en serre
et vous verrez ce, que vous obtiendrez.
Mais, il faudra bien des années encore
pour que l'on comprenne en France que
la. majorité de vingti et un ans, nécessaire
pour retirer vingt sous de la caisse d'épar-
gne, ne l'est pas moins pour aborder les
plus hautes questions de l'Art.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
Ce soir, à huit heures un quart, à la
Porte-Saint-Martin, répétition générale de
L'Affaire des. Poisons, drame en cinq actes
et six tableaux, de M. Victorien Sardou. ,
La Direction prie les dames de vouloir
bien venir sans chapeau à l'orchestre et
aù balcon, et informe ses invités qu'on
commencera très exactement , à neuf heu-
res un quart, c'est-à-dire dès l'arrivée du
Président de la République, qui 'hignorera
de sa présence la répétition générée.
-Ce soir, a huit heures et demie, au
Théâtre Molière, première représentation de,
Les Fricoteurs, pièce en trois actes, de:
M. Jules Dinin, et de Ces Messieurs de la'
Famille.,,pièce en un acte, de M. Albert
Schwdrtz.
A
rchéologie. ;
Depuis que le maître Victorien Sar-
dou fâif répéter L'Afiçàre des .m&ris à la
\,. ,-
1
Porte-Saint-Martin, tous ses futurs inter-
prètes sont devenus des archéologues pas-
sionnés. Il leur a insufflé le feu sacré et,
dès qu'ils ont une heure de libre, ils vont
déambuler dans les anciens quartiers de la
capitale, nez au vent, cherchant les vieil-
les maisons, les découvrant, les étudiant
sous toutes leurs faces, pour s'imprégner
de « la couleur dútemps n,
Trois tableaux de L'Affaire des Poisons
se passent - à Paris, dans des milieux histo-
riques, malheureusement disparus l'un' au
Châtelet, dans le cabinet du lieutenant-
général de la police, M. de La Reynie;
l'autre chez la Voisin, la célèbre, empoi-
sonneuse; le troisième àTArsenaI, dans la
« chambre ardente », où siégeait le tribu-
nal spécial chargé d'instruire, cette cause
formidable.
Alors, faute de pouvoir visiter ces lieux
qui n'existent plus, les artistes se rattra-
pent sur les endroits similaires. Pourvu
qu'ils soient d'époque, c'est l'essentiel. Ils
fouillent, notamment, le quartier du Tem-
ple, le quartier Saint-Gervais, qui sont as-,
sûrement les plus riches en souvenirs d'au-
trefois.
On rencontre M. Desjardins dans la rue
de Montmorency,' qui contient les plus an-
tiques maisons de la ville, à commencer
par celle de Nicolas Flamel (commence-
ment du quinzième siècle); M. Péricaud'a
été vu devant l'hôtel de Mme de Beau-,
vais; M. Dorival est partout: rue du Tem-
ple, où se trouve l'hôtel de Rohan ; rue des
Archives, où il admire l'hôtel de Soubise;
rue Saint-Antoine, où il contemple l'hôtel
de Sully; rue du Grenier-sur-l'Eau.
Ainsi, M. Sardou réalise la belle devise:
Instruire en amusant!
s
oirée d'adieu à l'Opéra.
Tout le personnel de 1 'ODéra.daris
une pensée qui lui fait honneur, a voulu
donner un dernier témoignage de sympa-
thie à M. Gailhard qui, depuis vingt et un
ans, préside aux destinées de notre pre-
mière scène lyrique.
Un magnifique souvenir lui sera offert
au cours d'une représentation de gala qui
sera donnée au profit du petit personnel,
le 31 décembre, et que l'on pourra appeler
« la Fête des grands compositeurs fran-
çais ».
Le programme, d'ores et déjà arrêté.
comprend :
Un acte de Patrie, un acte de Sigurd,
un acte de Thaïs, un acte de Samson et
Dalila.
p
,our les inondés du Midi.
ulle, délégation composa de MM.
3~'anr~u~puy7' Georges "i~TB~ vjrappt ;
Henry Roujon, Lapauze, Maurice Sarraut,
s'est rendue hier matin chez le président
du Sénat et le président de la Chambre, et
les a invités à la grande fête du 7 décem-
bre, qui sera donnée au Grand Palais.
MM. Antônin Dubost et Henri Brisson
ont accepté cette invitation; ils ont promis
d'assister à la fête et ont payé chacun leur
loge, 500 francs.
Tous les ministres et sous-secrétaires
d'Etat se rendront également à cette fête.
Le ministre de la Guerre a autorisé une
délégation de cinquante polytechniciens et
saint-cyriens à participer à la fête en qua-
lité de commissaires..
Il est bien entendu que le prix d'entrée
- dix francs — donne le droit d'assister
à toutes les attractions qui figurent au pro-
gramme.
s
es belles soirées.
On a reproché autrefois à M. Fal-
lieres de dédaigner l'art dramatique. Le
Président semble tenir à bien établir le
contraire.
Non seulement il assista, hier, à Pro-
méthée, et il se rendra demain à la Fête de
nuit qui sera donnée au Grand Palais, au
bénéfice des Inondés, mais, ce soir même,
il honorera de sa présence la répétition gé-
nérale de L'Affaire, des Poisons, à la Portè-
Saint-Martin.
M. Fallières est grand-cordon de la Lé-
gion d'honneur et M. Victorien Sardou,
grand-croix.
Ce sont presque deux confrères!
A
près la bataille. -
L Il y a toujours des gens, dans la
vie, pour prendre les choses au tragique.
M. Henry Bernstein, qui charpente si
dramatiquement ses pièces, n'est pas. de
ceux-là.
D'autres, ayant reçu dans la journée une
blessure, même légère, se cloîtreraient im-
médiatement dans un appartement - bien
chaud. L'auteur de Samson, après son duel,
se promenait, hier après-midi, dans les; cou-
loirs du Théâtre-Français.
On sait que l'inimitié qui sépara, puis
mit aux prises MM. Bernstein: et Natan-
son data du jour où Le Voleur remplaça
Le Foyer à la Renaissance.
Allons-nous voir, rue de Richelieu, met-
tre en répétitions une nouvelle œuvre de
l'auteur du Bercail.
On dit que MM. Mirbeau et Natanson
sont sur leurs gardes. , ,¿
L
e chef-d'oeuvre, inconnu.
On connaît l'inlassable et bienveil-
lante curiosité de M. Catulle Mondes pour
les œuvres signées d'auteurs inconnus..
L'admirable écrivain qui publia jadis Le
Chercheur de Tares s'applique, avec une
obstination enthousiaste et juvénile, à dé-
couvrir des beautés ou même simplement
des mérites dans les manuscrits, drames et
poèmes,de toute espèce dont miUc jouven-
ceaux l'accablent journellement..
Il subit, avec une constance souvent bien
mal récompensée, les épîtres naïves et réi-
térées et lés fatigantes visites des écri-
vains obscurs qui réclament son appui..
C'est ainsi que, dernièrement, il 'rece-
vait une dame belge dont l'aspect hésitant,
compliqué d'une impénétrable surdité, la
démarche timide, le langage un peu ,balbu-
tiant, ne paraissaient pas indiquer une in-
telligence très vive. Après quelques expli-
cations embarrassées, la dame belge se re-
tira, abandonnant un manuscrit. -
: Qr. "M- Çâtullç Meriti^s *. Iuf ce .ma-
nuscrit. Il en a été ébloui. Et il ne cache
à personne son émerveillement.»
— Je n'ai pas lu une œuvré pareille
depuis plus de quinze ans, déclare-t-il: Les
caractères sont d'une nouveauté et d'une
profondeur inouïes. L'action d'une puis-
sante sobriété, et le style aussi beau que du
Villiers de L'Isle-Adam.
Comme quoi il ne faut pas se fier aux
apparencesi !
L
e bateau.
Chaque - fois que l'hiver ramène en
leurs auvents les sympathiques marchands
de marrons, un bruit venu on ne sait d'où
court dans les milieux qu'on appelle « bien
informés ».
Les courriéristes, qui manquent parfois
de copie, l'accueillent avec joie et annon-
cent cette grande nouvelle: M. Ludovic
Halévy revient au théâtre. On va mettre
bientôt en répétition, sur une scène des
boulevards, La Provinciale, quatre actes de
l'éminent académicien.
Depuis des années et des années, cette
information annuelle est démentie réguliè-
rement par l'auteur de L'Abbé Constantin.
C'est tout simplement un bateau que le
roi de nos vaudevillistes ne se lasse pas
de monter, depuis la première de La Pari-
sienne, qui n'est pas tout à fait d'hier.
Dénonçons-le, pour cette fois, avant qu'il
ait pu prendre le large.
p
censées et maximes:
« Il faut à l'acteur, indépendamment de
la mémoire qui est son instrument indispen-
sable, une taille et des traits à peu près
convenables aux rôles qu'il est appelé à
jouer. Il lui faut une voix qui puisse se
moduler facilement, qui ait de la puissance
et de l'accent. »
TALMA.
« Au théâtre, il ne suffit point de char-
mer les yeux; c'est en vain qu'on se fie au
fragile pouvoir de la beauté. »
BOUILLY.
« Les beaux visages sont ceux où les
passions se peignent et qui s'animent par
l'expression du sentiment. »
DORAT.
« Le théâtre est, de tous les arts d'imi-
tation, celui qui peut le moins se passer
d'un beau naturel. »
STICOTTI.
« La physionomie n'est expressive qu'a-
vec de grands traits, l'œil bien ouvert, le
sourcil bien marqué et la bouche un peu
saillante. Un petit œil peut être fin, spiri-
tuel;. il n'est jamais imposant. Et la bouche
renfgjicég jréuf jamais exprimer la dou-
te~rT~— '-~' — o.," ".¡..
CLAIRON.
L
e prix Goncourt.
Une fois de plus, le prix Goncourt,
qui semble, dès maintenant, classique, a
été décerné hier soir.
Les dix académiciens, réunis au café de
Paris, ont procédé à quatre tours de scru-
tin.
Finalement, M. Emile Moselly a obtenu
la majorité de six voix contre quatre ac-
cordées à M. Jean Vignaud.
MM. Ramuz, Louis Thomas, Edmond
Jaloux et Derderet avaient aussi retenu
quelques suffrages aux trois premiers tours
de scrutin.
Ils ne doivent donc pas abandonner l'es-
poir de voir un jour leur nom s'ajouter à
la liste où M. Moselly succède aux frères
Tharaud, à MM. Claude Farrère, Léon
Frapié et J>A. Nau.
N
e vendez pas vos bijoux, perles et pier-
res fines, ainsi que vos reconnaissan-
ces de bijoux, sans les montrer au uomptoir
International, 44, Chaussée-d'Antin, qui
pâte très cher. téléphone : 269-67.
A
.-
u Dîner des Théâtres, chez Cham-
peaux, Henri Rochefort contait l'au-
tre soir quelques souvenirs de uepnciy,
dont il fut l'ami de trente ans. Ils faisaient
tous deux d'interminables parties de pi-
quet, et comme invariablement Dennery
perdait, il se fâchait rouge et provoquait
Rochefort:
— Que peut-on attendre d'un homme
qui revient du bagne! s'écria-t-il un jour,
en jetant les cartes devant lui.
—r Moi j'en suis revenu, mon vieux! lui
dit Rochefort, tandis que toi tû y serais
resté!
Une autre fois, quelqu'un di.sai.t devant
Dennery qu'il aimait beaucoup les en-
fants. des autres.
- Mariez-vous! lui dit Dennery.
L
'antidérapant Francia voit chaque jour
croître le nombre de ses fidèles.
Souple et solide à la fois, de qualité
extra, il est employé par tous les chauf-
feurs soucieux de leurs intérêts.
On trouve le pneu Francia 3, rue de la
Bienfaisance. Téléphone: 587-02.
G
énéralement, on dit: « Beaucoup de
bruit pour rien », mais, cette fois,
il nous faut faire mentir le proverbe et
dire : « Beaucoup de bruit pour beau-
coup », parce qu'il s'agit des admirables
Bayard-Clément, dont l'élégance s'allie à
une solidité de toute épreuve, et qu'on peut
voir exposées à la convoitise de tous, 10,
place de la Madeleine.
b .-
NOUVELLE A LA MAIN
L
'autre soir, dans un concert de troi-
r sième ordre, Mlle X., des Concerts
au conservatoire, peu atmaote, peu jolie
et plus mince, hélas! qu'une planche de
salut, donnait dùrànt, l'exécution d'un mor-
ceau, des signes d'impatience. ,.
Soudain, se tournant vers son voisin :
N'est-ce pas, Monsieur, que cette mu-
sique est énervante? Je la trouve fade,
plate, sans saveur. Et vous?
—— Oh ! r Mademoiselle, je la trouve com-
Ipe ! vous.
■■■', j ; , M.aspue de Verre.
À L'HIPPODROME ,. .-
Prométhée'
Tragédie lyrique en 3 actes
f de Jean Lorrain et M. F. Hérold
Musique de M. Gabriel Fauré.
C'est dans la saison d'été 1900 que,
sous le patronage d'un véritable mécène,
fut donnée cette tragédie lyrique, sur
les arènes de Béziers. Le département
de l'Hérault ayant particulièrement été
éprouvé par les inondations d'automne,
M. Castelbon de Beauxhostes eut l'heu-
reuse idée de faire connaître cette œuvre
aux Parisiens, dans un but charitable.
C'est dans le vaste cadre de l'Hippo-
drome que le représentation artistique
des fêtes de Béziers a fait appel à la
charité publique. Ce projet avait besoin,
pour sa réussite complète, du concours
dévoué et désintéressé de toute une pha-
lange d'artistes, chanteurs, comédiens
ou instrumentistes. Il faut reconnaître,
une fois de plus, l'empressement que
l'on trouve, en général, chez les artistes
dont on sollicite de concours pour une
œuvre îde cette nature, et je suis heu-
M. NUIBÛ.
reux de constater que le succès a ré-
pondu aux efforts de tous.
C'est d'après la tragédie d'Eschyle
que les auteurs ont établi leur texte
d'une versification héroïque et colorée.
Dès le début, des accords graves et
douloureux annoncent ce drame de souf-
france et d'orgueilleuse révolte. Tout un
peuple appelle à grands cris celui qui
doit les secourir: Prométhée, qui re-
présente la force, le courage et l'espé-
rance. Le torse et les jambes nus, .les
cheveux noirs épars sur un front plein
de,volonté, le Titgnide qui rêva-d'arra-
cher les hommes à leur grossière bes-
tialité, de conquérir pour eux les dieux,
d'être le sauveur, le régénérateur, Pro-
méthée, à l'appel du peuple, a bondi à
travers l'escarpement des roches. Il
donne à tous l'aspect du conquérant qui
ne redoute ni la mort, ni les supplices,
qui brave la puissance des dieux. Il n'é-
coute ni la voix, ni les supplications de
l'amoureuse, il reste sourd à la prière
(Cliché Branger.1
M. DE MAX 1
- Mlle BERTHE BADY
de -l'aïeule Gaïa, il monte à travers les
sentiers de la montagne sans rien en-
tendre, poussé par sa ferme volonté de
réaliser son projet téméraire, accompa-
gné des clameurs du peuple. Le voici
au sommet des pics abrupts, évoquant,
une torche à la main, le feu créateur.
Vaincu par la foudre de Zeus, il sera
attaché vivant aux roches qui dominent
les abîmes et le vautour, lui labourant
le torse de ses serres cruelles, renou-
vellera chaque jour ses pâlies san-
glantes dans ,un éternel recommence-
ment, et, malgré cette souffrance, Pro.
méthée, de ses poings enchaînés, insul-
tera les dieux inexorables. Les pleureu-
ses, aux onduleuses silhouettes, entrent,
conduisant, sur une civière, le corps ina-
nimé de Pandore. Puis, surgissant de
la crypte, la douce vierge de pitié et de
tendresse, d'une voix brisée, mêle ses
plaintes aux cris de douleur de Pro-
méthée, et à bout de forces, désespérée,
elle implore les nymphes. Par un effort
surhumain, elle gravit les pentes qui
la séparent de Prométhée et s'ef-
fondre enfin, haletante, pâmée dans
reaux ont reparu ; à cette vue, Pro-
méthée, tremble pour la bien-aimée, lui
qui n'eut jamais peur. Il adjure Pan-
dore de repousser les présents que lui
offrent Zeus et Hermès, puis retombe
désespéré; il blasphème encore, tandis
que l'élue des dieux élève au-dessus du
peuple le coffret où se trouve le philtre
formé de ses pleurs d'amante.
M. Gabriel Fauré illustra de sa mu-
sique si personnelle ce scénario mytho-
logique. Auteur de mélodies empreintes
d'une grande originalité qui mirent son
nom au premier rang parmi les compo-
siteurs de notre pays, de pièces sym-
phoniques concertantes d'une haute va-
leur musicale, il se révèle, en cet ou-
vrage, comme un musicien de théâtre
susceptible d'enrichir le répertoire ly-
rique moderne. Il a su trouver, dans la
partition de Prométhée, des accents
d'une grande élévation de style et de
noblesse. Les chœurs du début, l'en-
semble vocal des principaux chanteurs,
la fin du second acte, le troisième acte,
ou les chœurs des femmes, qui sont si
pleins de charme et de grâce, une phrase
pénétrante du quatuor accompagnée de
l'arpège des harpes, où tout, enfin, est
si bien conçu dans l'esprit de chaque
scène, d'acte en acte. Il a fallu un effort
considérable pour mettre sur pieu un
ensemble polyphonique que l'on n'est
, pas habitué d'entendre à Paris. La par-
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