Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-11-27
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 27 novembre 1907 27 novembre 1907
Description : 1907/11/27 (A1,N58). 1907/11/27 (A1,N58).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7645355h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
kûnèe. — N° 58 (QuotlcUen)
Le Numéro : $ centimes
Mercredi 27 Novembre 1907..
or
Rédacteur en Chef : G. dû PAWLOWSKI
Potion & ADMINISTRATION;
^uard Poissonnière, PARIS
1 TÉLÉPHONE ; 288-07
i téi6graphique : COMOEDIA-PAR~ls
I ABONNEMENTS?
f UN AN 6 MOIS
|tDePaitements 24 fr. 12 fr.
1 er. 40 » 20 »
J :
Rédaction & ADMINISTRATION :
?7, Boulevard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE : 288-07
Adresse Télégraphique : C0MŒD1 A»PAR15
ABONNEMENTS :
, UN AN S MOIS
1 - -
Paris et Départements 24 fr. 12 fr.
étranger. 40 » 20 »
1 beaux habits
de Luce
-
«
Une belle figure rose, bleue
Ifie de lumière, qui ressemble
es dames que l'on met sur les
placés dont on enveloppe les
Pomme ou encore au visage
0S filles blondes qui sont sur
t achs que distribuent les colpor-
t au bas desquels on lit l'a-
un marchand de fil à coudre
tnagasin de nouveautés.
dq4i n'est cependant qu'une pe-
e d'oies du Périgord, est
a belle figure parce qu'on lui a
e était jolie.
qlli n'a que quinze ans, ne
res exactement à quoi ça sert
lj e, mais elle espère bien le sa-
l°ur.
'0llas, qui mène les dindons aux
JJti a dit qu'il l'aimait pour
i n et beaucoup d'autres en-
S Luce n'a cure de Colas, dont
t noire et rouge, outre qu'il
abillé. Luce n'aime pas les
habillés et se désespère — lors-
P.ense — de n'avoir qu'une
pour les jours de semaine
Utre presque aussi laide pour
wjes et les têtes.
qUi possède un grand livre
cOloriées où sont représentées,
S Plus beaux atours, les reines
?» les châtelaines et les sei-
ve souvent de ces personnages
Jto'elle aurait bien du plaisir à
Jrer lorsqu'elle mène ses oies
ere des fourrés, à travers les
* long des routes.
uce ne voit guère que les
Udes et sombres poussant la
Ou les rouliers tapageurs ha-
~t leurs chevaux. Parfois, une
r Passe, au grand effroi des
eXcessive colère du jars qui
cou et souffle, le bec ouvert,
des yeux terribles; Luce sup-
que ces automobiles doivent
des personnes agréables à
'y mais elles passent trop vite
n puisse s'en assurer.
Seule personne qu'elle ait tout
le tarder — hormis le fer-
ne et la fermière grasse qui
t - c'est encore Colas que la
fait un peu plus laid que ses
a la permission d'embrasser
fois par semaine, le dimanche,
est débarbouillé ; mais Luce ne
~un plaisir à ce baiser. Par
~elle aimerait sûrement caresse
de la part de quelqu'un res-
aux images de son grand livre
~aIt la figure propre, même un
tnaine.
Printemps, justement, un jour
le, Luce, qui s'était aventurée,
le Ses oies, dans le petit bois
élève à côté du château, fut
} ISe de rencontrer à la clai-
4'le compagnie de messieurs et
1 magnifiques à regarder que
fleura bouche bée et que les
êrnes, et le jars également,
fcçn* i sur le ventre afin de con-
c commodité ce merveilleux
sieurs et les dames venaient
r ole ou, quelquefois, ensemble
te"Plein élevé au milieu de la
[j * disaient toutes sortes de
L Luce ne comprenait pas,
raient être fort intéressantes,
! 5!eurs et dames riaient, pleu-
Qisputaient avec de grands
L ,^Jetaient tendrement dans les
ws des autres.
ellts' des musiciens se met-
Qre de la musique; quelqu'un
$1 chanson. Parfois, tout le
lait ensemble et alors, c'était
Pa sa nuit entière à penser
~r et revint le lendemain, à la
~iifç à la clairière, pour voir si
~à la clai rière, pour voir si
~compagnie de messieurs et de
~ait encore là.
~compagnie s'y trouvait, et Luce,
lie Se sentit plus de joie.
je faillit tomber d'émotion,
~E Une homme, beau comme le
d'un chapeau à plume et
~un11 long manteau de velours
~ayant aperçue, vint, en souriant,
~i l na la main pour la conduire
~là 'assemblée.
~: lit-il, une jolie petite fille
~¡, q b S bien notre affaire pour le
~L bergère; il suffirait de l'ha-
~e très intimidée, ne deman-
~t » et Colas ayant bien vou-
oies en même temps que
~ons, elle suivit les dames dans
salle du château où on lui
une robe tout en soie bleue
de fleurs, et chausser, sur des
: CQjh 1116 des toiles d'araignée,
~de à Sabots vernis. : -
~prit el Luce ce qu'il fallait faire:
~de devait, à la suite du jeune
^in^00mme le jour, venir sur
~exemple, elle v eut quelque peine
~id„ qup elle eut quelque peme
~que le jeune homme l'em-
~devant t tout le monde ! Elle as-
~~r il le fît et ! a-ficulier.
ce à quoi le jeune homme répondit en
riant qu'il le ferait aussi volontiers.
Luce fut bien heureuse de revenir le
lendemain à la même heure, comme on
le lui avait recommandé.
La troisième fois, qui était un di-
manche, on prévint Luce de ne pas
avoir peur, sous prétexte que beaucoup
de monde allait regarder les beaux mes-
sieurs, les belles dames, et aussi le jeune
homme qui l'embrassait.
En effet, on avait disposé tout autour
du terre-plein des fauteuils, des chaises,
des banquettes.
Luce fut un peu honteuse lorsqu'elle
parut devant la nombreuse assemblée,
mais elle était si heureuse de ses beaux
atours et si contente d'être embrassée
par | jeune homme au long manteau
de v ours que sa timidité disparut bien
vite. ;
Lorsque les messieurs et les dames
qui venaient tour à tour ou ensemble sur
le terre-plein, eurent achevé de dire et
de chanter tout ce qu'ils avaient à dire
et à chanter, la dame du château vint
trouver Luce : elle lui remit un louis
d'or, la remercia et ajouta qu'on lui fai-
sait cadeau de son costume.
Luce fut bien contente et revint avec
à la ferme où ses maîtres, d'abord, ne
la reconnurent pas, ce qui fut fort amu-
sant; Colas, ce dimanche-là, n'osa point
embrasser Luce : elle était trop bien ha-
billée.
Le lendemain, la fermière voulut em-
pêcher Luce de revêtir ses beaux vête-
ments, mais Luce pensa en mourir
immédiatement de chagrin, si bien qu'il
fallut la laisser faire.
Luce revint à l'heure habituelle à la
clairière. Mais, hélas! elle n'y vit plus
personne, ni de beaux messieurs, ni de
belles dames.
— Peut-être seront-ils là demain, se
dit-elle pour se consoler.
Et elle revint le lendemain.
Le lendemain, elle ne trouva dans la
clairière que Colas avec ses dindons.
Colas savait une nouvelle : Il s'était
renseigné à la cuisine du château et on
lui avait répondu que les beaux mes-
sieurs et les belles dames étaient des
comédiens de la ville qu'on avait fait
venir pour donner une comédie, qu'ils
étaient partis, qu'ils ne reviendraient
plus. r
Luce cracha à la vilaine figure de Co-
las pour le punir de proférer d'aussi
méchants propos et lui déclara qu'il ne
l'embrasserait plus jamais.
Depuis ce jour, l'hiver est venu dé-
pouiller la clairière; puis, le printemps
a reverdi ; un autre hiver, un autre en-
core, bien des printemps, bèaucoup
d'automnes se sont succédés dans l'or-
dre immuable des saisons; le fermier et
la fermière sont morts et ont été rem-
placés; le petit bois taillis est devenu
une futaie, la clairière s'est embrous-
saillée ; quarante ou cinquante généra-
tions de dindons se sont succédées et au-
autant de générations d'oies.
Cependant, Colas n'a toujours pas la
permission de recommencer à embras-
ser Luce le dimanche, et* Luce, qui re-
vêt quotidiennement ses beaux vête-
ments — mais ce sont, maintenant, des
haillons — ne manque point, chaque
jour, d'aller jusqu'au terre-plein voir si
les beaux messieurs, les belles dames et
aussi le beau jeune homme au long
manteau de velours, ne sont pas reve-
nus.
A part cela, il n'y a rien de changé, si
ce n'est que la belle figure de Luce
l'est un peu moins ; que la tête noire de
Colas devient grise et que la patine du
temps atténue peu à peu l'éclat des
images coloriées du grand livre où sont
représentées les reines et les fées.
Pierre SOUVESTRE.
Nous publierons demain un article de
PIERRE MORTIER
Questions accessoires
Dernièrement, dans une petite ville du
Centre, une grosse femme très brune jouait
le rôle de la blonde et mince Marguerite,
dans Faust, devant une salle comble, et elle
en était arrivée à la scène où Marguerite
se promène mélancoliquement dans lé jar-
din.
Ce jardin était représenté, en l'espèce,
par un petit gâteau verdâtre formé d'une
seule pièce et qui occupait le centre de la
scène. -,
A ce moment, l'indifférence de Margue-
rite pour les choses extérieures allant tou-
jours croissant, elle accrocha avec sa robe
un des arceaux de la plantation et le jardin
tout entier, se mit à tourner avec elle autour
de la scène. Cela rappelait la forêt qui
marche de Macbeth, mais avec moins d'am-
pleur, et quelques spectateurs crurent de-
voir sourire. *
Marguerite se retourna et, voyant qu'elle
était suivie par le jardin, elle lança un vi-
goureux coup dè piëd dans le massif pour
s'en débarrasser, mais si malheureusement
qu'il alla tomb'er, les racines en l'àir, sur
le premier rang des fauteuils d'orchestre.
Devant l'inextinguible émotion de la salle, il
fallut baisser la toile pour laisser le temps
aux jardiniers de raire leur œuvre."
Je m en. voudrais de dire, qu'à Paris il en.
va de même, * et certes l'on fait, dans nos
grands théâtres lyriques, "les plus louables
efforts de mise en scène.
Il n'en demeure pas moins vrai que, sans
se livrer à la valse entre cour et jardin dont
je £ ■■ù 'S tMt à l'heure, certains de nos
artistes négligent trop les questions acces-
soires, particulièrement lorsqu'il s'agit de
l'interprétation d'un opéra.
Il semble, dès 'lors, qu'ils ne soient plus
des acteurs et qu'il ne s'agisse plus pour
eux que de chanter un air aux côtés d'un
piano à queue.
Leur mépris se marque particulièrement
pour les taches de vin, et c'est avec angoisse
que l'on voit les coupes remplies se balan-
cer pendant des heures entre leurs mains,
décrire par moment des cercles complets ou
s'élancer, d'un mouvement brusque, dans
la direction de leur cœur. Un teinturier qui
ne saurait pas que la coupe est vide ne se
tiendrait pas de joie.
Je sais bien qu'en matière de théd-
tre tout est conventionnel. Il n'en demeure
pas moins vrai que les conventions ont leurs
limites et que, pour certains esprits, ces
négligences demeurent parfaitement désa-
gréables; nos artistes lyriques n'auraient
pas un grand effort à tenter pour s'en débar-
rasser, et il serait intéressant qu'ils veuil-
lent bien le taire.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
Ce soir, à huit heures trois quarts, au
Théâtre de fŒuvre (salle « Femina »), pre-
mière représentation de Le Baptême, pièce
en trois actes, de MM. Alfred Savoir et
Fernand Nozière.
L'Œuvre demande à ses invités de venir
.au spectacle dès le lever du rideau et d'y
assister en tenue de soirée, les dames sans
chapeau.
L
'autre soir, au Gymnase de Marseille,
à la représentation des Ames enne-
mies, il s est produit un incident touchant,
digne des récits de l'antiquité.
Au moment où meurt Florence, tragique-
ment incarnée par Marie Kalff, une specta-
trice — une mère sans doute — poussa un
grand cri de douleur et s'évanouit.
L'émotion fut telle que toute la salle se
retourna.
D
ernièrement, à une répétition, l'un de
nos plus importants directeurs avait
pris à partie une artiste — que nous ne
nommerons pas. Celle-ci ne mettait pas, à
remplir son rôle, tout le feu nécessaire,
toute la douleur qu'elle devait éprouver:
— Voyons, mon petit, si vous étiez aban-
donnée d'un homme que vous aimeriez ten-
drement, ne seriez-vous pas pénétrée d'une
Vive douleur? .,
■— Oh ! moi, si mon ajriSnt me lâchait,
répondit dans un cri du cœur la jeune per-
sonne, j'en chercherais immédiatement un
autre!
L
e doyen de la Faculté de médecine,
- Debove, qui vient de prendre sa re-
traite, ne dédaigne pas les « à côté » de la
médecine ?
Le savant fait volontiers des incursions
dans l'art et dans la littérature. Nous l'a-
vons même rencontré dans la critique dra-
matique. En 1900, le distingué professeur
publia un travail fort remarquable sur Le
Malade imaginaire, de Molière, démontrant
ex-cathedra que ce malade n'était point tant
imaginaire et qu'il fallait voir dans cette
comédie une sorte d' « observation » d'un
neurasthénique.
L'ouvrage eut un certain succès dans le
monde érudit, mais peu d'habitués de la
Comédie-Française le connaissent.
N
ous avons annoncé, il y a quelques
jours, que MM. Brachard, notables
commerçants de Genève, avaient fait som-
mation à MM. Bernstein et Guitry « d'avoir
à faire disparaître des affiches, publications
ou insertions quelconques de la pièce Sam-
son, le nom de Brachard, qui est leur nom
patronymique ».
Tout vient de s'arranger à l'amiable;
MM. Bernstein et Guitry ont proposé à
MM. Brachard, qui ont accepté, que le
nom de Brachard soit désormais orthogra-
phié avec un t et non avec un d.
MM. Brachard ont donc obtenu satisfac-
tion.
L
a marraine.
e Nous avons dit hier avec quel gra-
cieux dévouement et quel empressement
spontané Mite Lucienne Bréval présenta à
M. Albert Carré la Macbeth d'un jeune com-
positeur inconnu: M. Ernest Bloch.
Ce n'est pas le premier geste de ce genre
dont nous devons être reconnaissants à la
grande artiste. Cet hiver, elle se trouvait
dans le Midi. Elle y rencontra M. Gabriel
Fauré. L'illustre compositeur dit à l'artiste
toute l'admiration qu'il avait pour elle et
toute la joie qu'il aurait à écrire un opéra
dont elle serait l'interprète.
Mlle Lucienne Bréval, sans perdre de
temps, se souvint qu'elle avait rencontré un
jour, au Théâtre Antoine, un jeune poète de
grand talent que les nécessités de la vie
contraignaient quelquefois à jouer la comé-
die en tournée. Elle lui écrivit, le fit venir
à Monte-Carlo, le présenta à M. Gabriel
Fauré et fit tant et si bien que le directeur
du Conservatoire, qui avait jusqu'ici refusé
la collaboration des écrivains les plus célè-
bres, accepta d'écrire, avec M. René Fau-
chois, une Pénélope que MM. Messager et
Broussan acceptèrent tout de suite et qui
sera une des plus considérables nouveautés
de la saison prochaine.
Etonnez-vous, après cela, que Mlle Lu.
cienne Bréval compte autant de fervents ad-
mirateurs de son talent — que de son ca-
ractère.
F
aites ce que je dis !. Ne faites pas ce
que je fais!. -
Dans l'interview que publiait hier Gomœ-
dia, M. Guy Launay, critique du Matin, s'ex-
primait ainsi:
Je suis ravi de faire cet article le soir de la
générale, car je suis d'avis que le public doit
être tenu, le plus vite possible, au courant des
questions dramatiques qui l'intéressent passion-
nément.
Cela est fort bien, mais M. Guy Launày
est également, sous la signature: Nozière,
critique dramatique de Gil Blas.
Or, il n'a parlé qu'hier matin dès débuts
de Mme Silvain dans Phèdre, débuts qui
avaient lieu dimanche soir, et c'est seule-
ment ce matin qu'il doit rendre compte du
Lac des Aulnes, le nouveau ballet de l'Opé-
ra, dont la répétition générale a eu lieu di-
manche et la première lundi.
Nous voilà loin des articles qui, suivant
M. Nozière, devraient paraître le matin
même de la première.
Comme quoi il est souvent plus facile de
donner des conseils — que des exemples !.
D
L'une pierre deux coups!
Vous savez que la Renaissance est
le plus académique des théâtres parisiens.
Parmi les derniers auteurs qui eurent l'hon-
neur et la joie d'être interprétés par l'ad-
mirable comédien qu'est M. Lucien Guitry,
nous pourrions citer MM. Anatole France,
Jules Lemaître et Maurice Donnay, qui font
déjà partie des « Quarante », et MM. Geor-
ges de Porto-*Riche, Alfred Capus et Brieux,
qui en seront quand il leur plaira.
Parmi les immortels qui se montrèrent
les habitués les plus assidus de ce théâtre,
citons M. Paul Bourget. M. Paul Bourget,
après une représentation de La Massfëre, se
montra si,^enthousiaste du talent de. M,-Lu..
cîeVi Guitry "et de Mlle Marthe Brandès qûvfl
décida aussitôt d'écrire une pièce pour ces
deux artistes.
Mais, sur ces entrefaites, Mlle Marthe
Brandès quitta. la Renaissance. Et M. Paul
Bourget, esclave de sa parole et désireux
d'avoir les deux artistes qu'il admire, au
lieu d'écrire une pièce en écrivit deux. C'est
ainsi que, cet hiver, Mlle Marthe Brandès
créera Un Divorce au Vaudeville; que M.
Lucien Guitry créera L'Emigré à la Renais-
sance — et que M. Paul Bourget aura à la
fois deux pièces sur l'affiche.
Comme quoi tout finit toujours par s'ar-
ranger!.
M
aurice, le nouveau propriétaire du fa-
- meux restaurant Lapré, offre ce soir
à sa fidèle clientèle la surprise d une attrac-
tion des plus originales, qui fera courir
Toftt-Paris.
Les salons de l'élégant établissement de
la rue Drouot seront certainement trop
étroits pour contenir la foule des joyeux
soupeurs en quête de divertissements.
T
ous les chauffeurs qui munissent leurs
voitures du bandage « Vulcan » sont
unanimes à reconnaître ses qualités de so-
lidité, d'endurance, et de souplesse.
Nous pouvons ajouter, sans crainte d'être
démentis, qu'il est aussi le plus économi-
que et le plus durable.
D
usausoy, joaillier expert, 4, boulevard
des Italiens, achète toujours comp-
tant: bijoux, diamants, perles et pierres
fines. Il donne presque toujours une plus-
value sur le prix offert par n'importe quelle
maison,
NOUVELLE A LA MAIN *
B
arbey d'Aurevilly, un jour, traita M.
jules Claretie si durement qu'on crut
un envoi de témoins inévitable, beui, i e-
crivain gentilhomme ne partagea pas l'opi-
nion générale et déclara:
— M. Claretie, c'est un plat qui ne va
pas au feu !
- Le Masque de Verre.
1 UN DÉBUT SENSATIONNEL
Mlle Cécile SOREL, journaliste eJ dessinateur. --.
Une conversation
avec M. Broussan
Le nouveau directeur de l'Opéra, retour de SainUVêtersbourg,
communique à Comœdia ses impressions de Voyage,
Malgré les multiples occupations qui l'ont
accaparé dès son retour à Paris, nous avons
pu rencontrer hier M. Broussan dans les
bureaux de la rue Auber, où se sont instal-
lés provisoirement les nouveaux directeurs
de l'Opéra.
Avec une charmante affabilité, le collabo-
rateur de M. Messager interrompt un mo-
ment une besogne urgente qu'il était en
train d'accomplir, aidé de M. Marius Ga-
bion:
— J'ai reçu plusieurs de vos confrères,
nous dit-il, mais je n'ai pas pu répondre à
(Photo Henri Manuel)*
Les deux Directeurs - - -
M. BROUSSAN M. MESSAGER -
leurs questions. Je devais, en effet, avant
tout, conférer de mon voyage avec M. Mes-
sager. Je peux cependant résumer pour Co-
mædia mon impression générale.
Vous savez que nous sommes décidés à
monter, dès l'année prochaine, plusieurs
opéras russes. Cependant, avant de nous
engager définitivement, nous étions curieux
d'assister à la représentation de quelques-
uoôs des ouvres que nous avions choisies.
Je suis donc parti à Saint-Pétersbourg "où
l'extrême amabilité de tous m'a singulière-
ment facilité ma tâche. Le grand-duc Serge
a bien voulu me servir de guide bienveil-
lant dans les théâtres impériaux dont le di-
recteur, M. Teleatowski, m'a fourni tous les
renseignements qui pouvaient me paraître
utiles.
J'ai même eu l'honneur d'être reçu par
S. M. le Tsar. L'empereur s'est déclaré
très touché de la sympathie que mon voya-
ge témoignait pour l'art russe. La sincérité
de nos efforts nous a valu, de sa part, de
vives et très flatteuses félicitations..
Dès le soir de mon arrivée, je me suis
rendu à l'Opéra. J'y ai applaudi une admi-
rable cantatrice, Mlle Kousnietzowa, que
nous vous ferons entendre dès le début de
la saison prochaine. D'excellents artistes
l'entouraient. Mais j'ai surtout été frappé de
la perfection de l'ensemble, du soin extrême
avec lequel sont tenus les moindres rôles
et de la merveilleuse homogénéité des
chœurs qui, par la'. mimique et le geste,
participent réellement à Faction dramatique.
Quant aux j?a!!ets, ils prennent en Russie
une importance considérable. Chaque di-
manche soir, une représentation leur est
spécialement affectée et elle est toujours
fort brillante.
L'organisation du corps de ballet est d'ail-
leurs excellemment comprise. Jusqu'à seize
ans, les jeunes élèves subissent un ensei-
gnement pratique particulièrement soigné.
Elles débutent à cet âge. Elles doivent, cinq
ans plus tard, être promues sujets. Sinon,
on les renvoie à une autre carrière. Enfin,
une retraite honorable leur est donnée après
vingt années d'exercice. Elles ont donc
alors trente-six ans.
Je ne me suis pas contenté d'étudier le
développement de l'art lyrique à Saint-Pé-
tersbourg. Je tenais à" entéiidiSe 'Sûdf'o, de
Rimsky-KoreakoW, qu'on ne devait pas re-
présenter en ce moment. Dans cette inten-
tion, j'ai passé deux nuits en chemin de
fer (aller et retour) et j'ai fait le voyage de
Moscou.
Malheureusement, je n'ai pu prolonger
mon séjour et j'ai dû hâter mon retour en
France. Je suis convaincu néanmoins de
n'avoir pas perdu mon temps. Je rapporte.
sur des points de détail, un grand nombre
de notes très précieuses.
"De plus, mon voyage aura beaucoup con-
tribué, je l'espère, d'après l'accueil que j'ai
reçu, à faciliter entre la Russie et la France
une sorte Ú Libres-Echange artistique qui
ne peut être (foie frêsr fécond et dont un des
premiers et des plus heureux résultats sera
de rendre plus effective, à l'avenir, la pro-
tection des œuvres françaises en Russie.
EDOUARD HELSEY.
LES RÉPÉTITIONS GÉNÉRALES
LE BAPTÊME
Pièce en trois actes de MM. Alfred Savoir
et Fernand Nozière, au Théâtre de l'Œuvre
[Un de nos confrères ayant décidé de donner, en dernière heure, le compte
rendu des pièces nouvelles, nous publierons désormais, au lendemain de la ré-
pétition générale, une information analogue, nous réservant de faire paraître,
comme par le passé, notre critique littéraire et notre compte rendu détaillé au
lendemain de la premtere.]
La famille Bloch. se compose du père,
né à Francfort et enrichi en France; de
la mère, qui écrit des romans ; du fils
aîné, André, qui fait du. sport ; de la
fille, Hélène, une exaltée, et du dernier
fils, Lucien, malingre et mal venu. La
grand'mère, seule, a conservé intacts
les rites juifs, mais sourit à la prospérité
de son fils et de sa belle-fille qui, à
leur soirée, reçoivent un évêque. L'évê-
que est venu, du reste, pour obtenir la
voix d'un. cousin des Bloch, membre de
l'Académie. Il désire aussi marier de
Coissy, un noble sans fortune, avec Hé-
lène Bloch, qu'il espère bien convertir.
Hélène, s'est laissé gagner, par le mys-
ticisme catholique et elle se convertit
sincèrement: Ses parents, pour ne pas
être séparés d'elle et pour entrer com-
plètement dans le monde que leur ouvre
ce mariage, se convertissent, malgré la
répugnance-dû père à cette volte-face
intéressée.
Après un voyage à Lourdes, les idées
de mariage d'Hélène se sont évanouies;
elle veut être religieuse. C'est une cons-
ternation dans la famille. Mais, baste !
cela peut être utile à la smala: Bloch
sera sans doute le grand banquier du
monde catholique. -Seule, la grand'mère
hoche la tête, et le. petit Lucien compare
désespérément la prière énamourée de
L'Imitation de Jésus-Christ avec la
phrase si-simple du rituel hébraïque :
« Tu aimeras l'Eternel, l'Eternel est
un ! » 1 :
C'est là du beau théâtre d'idées que
MM. Alfred- Savoir et, Nozière ont pré-
senté avec une impartialité ;
ils ont tracé des. caractères qui. sont de
vraies synthèses. Leur pièce est héris-
sée d'ironie qui va jusqu'à la profon-
deur. -
Les acteurs de l'Œuvre ont joué cela
modestement; il faut en excepter ettiu-
lieu, spirituellement onctueux dans l'E
vêque, ) Lugné-Poë (Bloch), Grouillet
(Lucien) et Mme Guéret (l'Aïeule).
Louis SCHNEIDER.
La Moirée
Le baptême n'était hier soir que dan? la
salle. Les écluses célestes avaient consenti
à faire relâche pendant quelques heures.
Est-ce une raison suffisante pour laisser
piétiner dans le vent et dans la boue, à
l'issue de la représentation, la foule des bel-
les spectatrices vêtues de clair, chaussées
d'escarpins inconsistants, et mal protégées
contre la bise dans l'infernal courant d'air
d'un vestibule?
Pas une voiture, hier, à minuit, devant
l'hôtel de Femina.; Seules purent regagner
confortablement leur home les personnes
qu'attendaient leur automobile ou leur
COUpé. , ; L-. !..
Quant aux autres, telles des naufragés
guettant quelque : bateau à l'hori: on, elles
durent attendre: le problématique sapin ma-
raudeur ou l'autobus aussi problérnaiique.
Elles y sont peut-être encore.
C'est vraiment exquis comme fin de soi
rée. ■■ JI.
La chambrée était des plus smart.
Le décor est d'ailleurs à soûl ai? pour
Le Numéro : $ centimes
Mercredi 27 Novembre 1907..
or
Rédacteur en Chef : G. dû PAWLOWSKI
Potion & ADMINISTRATION;
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1 beaux habits
de Luce
-
«
Une belle figure rose, bleue
Ifie de lumière, qui ressemble
es dames que l'on met sur les
placés dont on enveloppe les
Pomme ou encore au visage
0S filles blondes qui sont sur
t achs que distribuent les colpor-
t au bas desquels on lit l'a-
un marchand de fil à coudre
tnagasin de nouveautés.
dq4i n'est cependant qu'une pe-
e d'oies du Périgord, est
a belle figure parce qu'on lui a
e était jolie.
qlli n'a que quinze ans, ne
res exactement à quoi ça sert
lj e, mais elle espère bien le sa-
l°ur.
'0llas, qui mène les dindons aux
JJti a dit qu'il l'aimait pour
i n et beaucoup d'autres en-
S Luce n'a cure de Colas, dont
t noire et rouge, outre qu'il
abillé. Luce n'aime pas les
habillés et se désespère — lors-
P.ense — de n'avoir qu'une
pour les jours de semaine
Utre presque aussi laide pour
wjes et les têtes.
qUi possède un grand livre
cOloriées où sont représentées,
S Plus beaux atours, les reines
?» les châtelaines et les sei-
ve souvent de ces personnages
Jto'elle aurait bien du plaisir à
Jrer lorsqu'elle mène ses oies
ere des fourrés, à travers les
* long des routes.
uce ne voit guère que les
Udes et sombres poussant la
Ou les rouliers tapageurs ha-
~t leurs chevaux. Parfois, une
r Passe, au grand effroi des
eXcessive colère du jars qui
cou et souffle, le bec ouvert,
des yeux terribles; Luce sup-
que ces automobiles doivent
des personnes agréables à
'y mais elles passent trop vite
n puisse s'en assurer.
Seule personne qu'elle ait tout
le tarder — hormis le fer-
ne et la fermière grasse qui
t - c'est encore Colas que la
fait un peu plus laid que ses
a la permission d'embrasser
fois par semaine, le dimanche,
est débarbouillé ; mais Luce ne
~un plaisir à ce baiser. Par
~elle aimerait sûrement caresse
de la part de quelqu'un res-
aux images de son grand livre
~aIt la figure propre, même un
tnaine.
Printemps, justement, un jour
le, Luce, qui s'était aventurée,
le Ses oies, dans le petit bois
élève à côté du château, fut
} ISe de rencontrer à la clai-
4'le compagnie de messieurs et
1 magnifiques à regarder que
fleura bouche bée et que les
êrnes, et le jars également,
fcçn* i sur le ventre afin de con-
c commodité ce merveilleux
sieurs et les dames venaient
r ole ou, quelquefois, ensemble
te"Plein élevé au milieu de la
[j * disaient toutes sortes de
L Luce ne comprenait pas,
raient être fort intéressantes,
! 5!eurs et dames riaient, pleu-
Qisputaient avec de grands
L ,^Jetaient tendrement dans les
ws des autres.
ellts' des musiciens se met-
Qre de la musique; quelqu'un
$1 chanson. Parfois, tout le
lait ensemble et alors, c'était
Pa sa nuit entière à penser
~r et revint le lendemain, à la
~iifç à la clairière, pour voir si
~à la clai rière, pour voir si
~compagnie de messieurs et de
~ait encore là.
~compagnie s'y trouvait, et Luce,
lie Se sentit plus de joie.
je faillit tomber d'émotion,
~E Une homme, beau comme le
d'un chapeau à plume et
~un11 long manteau de velours
~ayant aperçue, vint, en souriant,
~i l na la main pour la conduire
~là 'assemblée.
~: lit-il, une jolie petite fille
~¡, q b S bien notre affaire pour le
~L bergère; il suffirait de l'ha-
~e très intimidée, ne deman-
~t » et Colas ayant bien vou-
oies en même temps que
~ons, elle suivit les dames dans
salle du château où on lui
une robe tout en soie bleue
de fleurs, et chausser, sur des
: CQjh 1116 des toiles d'araignée,
~de à Sabots vernis. : -
~prit el Luce ce qu'il fallait faire:
~de devait, à la suite du jeune
^in^00mme le jour, venir sur
~exemple, elle v eut quelque peine
~id„ qup elle eut quelque peme
~que le jeune homme l'em-
~devant t tout le monde ! Elle as-
~~r il le fît et ! a-ficulier.
ce à quoi le jeune homme répondit en
riant qu'il le ferait aussi volontiers.
Luce fut bien heureuse de revenir le
lendemain à la même heure, comme on
le lui avait recommandé.
La troisième fois, qui était un di-
manche, on prévint Luce de ne pas
avoir peur, sous prétexte que beaucoup
de monde allait regarder les beaux mes-
sieurs, les belles dames, et aussi le jeune
homme qui l'embrassait.
En effet, on avait disposé tout autour
du terre-plein des fauteuils, des chaises,
des banquettes.
Luce fut un peu honteuse lorsqu'elle
parut devant la nombreuse assemblée,
mais elle était si heureuse de ses beaux
atours et si contente d'être embrassée
par | jeune homme au long manteau
de v ours que sa timidité disparut bien
vite. ;
Lorsque les messieurs et les dames
qui venaient tour à tour ou ensemble sur
le terre-plein, eurent achevé de dire et
de chanter tout ce qu'ils avaient à dire
et à chanter, la dame du château vint
trouver Luce : elle lui remit un louis
d'or, la remercia et ajouta qu'on lui fai-
sait cadeau de son costume.
Luce fut bien contente et revint avec
à la ferme où ses maîtres, d'abord, ne
la reconnurent pas, ce qui fut fort amu-
sant; Colas, ce dimanche-là, n'osa point
embrasser Luce : elle était trop bien ha-
billée.
Le lendemain, la fermière voulut em-
pêcher Luce de revêtir ses beaux vête-
ments, mais Luce pensa en mourir
immédiatement de chagrin, si bien qu'il
fallut la laisser faire.
Luce revint à l'heure habituelle à la
clairière. Mais, hélas! elle n'y vit plus
personne, ni de beaux messieurs, ni de
belles dames.
— Peut-être seront-ils là demain, se
dit-elle pour se consoler.
Et elle revint le lendemain.
Le lendemain, elle ne trouva dans la
clairière que Colas avec ses dindons.
Colas savait une nouvelle : Il s'était
renseigné à la cuisine du château et on
lui avait répondu que les beaux mes-
sieurs et les belles dames étaient des
comédiens de la ville qu'on avait fait
venir pour donner une comédie, qu'ils
étaient partis, qu'ils ne reviendraient
plus. r
Luce cracha à la vilaine figure de Co-
las pour le punir de proférer d'aussi
méchants propos et lui déclara qu'il ne
l'embrasserait plus jamais.
Depuis ce jour, l'hiver est venu dé-
pouiller la clairière; puis, le printemps
a reverdi ; un autre hiver, un autre en-
core, bien des printemps, bèaucoup
d'automnes se sont succédés dans l'or-
dre immuable des saisons; le fermier et
la fermière sont morts et ont été rem-
placés; le petit bois taillis est devenu
une futaie, la clairière s'est embrous-
saillée ; quarante ou cinquante généra-
tions de dindons se sont succédées et au-
autant de générations d'oies.
Cependant, Colas n'a toujours pas la
permission de recommencer à embras-
ser Luce le dimanche, et* Luce, qui re-
vêt quotidiennement ses beaux vête-
ments — mais ce sont, maintenant, des
haillons — ne manque point, chaque
jour, d'aller jusqu'au terre-plein voir si
les beaux messieurs, les belles dames et
aussi le beau jeune homme au long
manteau de velours, ne sont pas reve-
nus.
A part cela, il n'y a rien de changé, si
ce n'est que la belle figure de Luce
l'est un peu moins ; que la tête noire de
Colas devient grise et que la patine du
temps atténue peu à peu l'éclat des
images coloriées du grand livre où sont
représentées les reines et les fées.
Pierre SOUVESTRE.
Nous publierons demain un article de
PIERRE MORTIER
Questions accessoires
Dernièrement, dans une petite ville du
Centre, une grosse femme très brune jouait
le rôle de la blonde et mince Marguerite,
dans Faust, devant une salle comble, et elle
en était arrivée à la scène où Marguerite
se promène mélancoliquement dans lé jar-
din.
Ce jardin était représenté, en l'espèce,
par un petit gâteau verdâtre formé d'une
seule pièce et qui occupait le centre de la
scène. -,
A ce moment, l'indifférence de Margue-
rite pour les choses extérieures allant tou-
jours croissant, elle accrocha avec sa robe
un des arceaux de la plantation et le jardin
tout entier, se mit à tourner avec elle autour
de la scène. Cela rappelait la forêt qui
marche de Macbeth, mais avec moins d'am-
pleur, et quelques spectateurs crurent de-
voir sourire. *
Marguerite se retourna et, voyant qu'elle
était suivie par le jardin, elle lança un vi-
goureux coup dè piëd dans le massif pour
s'en débarrasser, mais si malheureusement
qu'il alla tomb'er, les racines en l'àir, sur
le premier rang des fauteuils d'orchestre.
Devant l'inextinguible émotion de la salle, il
fallut baisser la toile pour laisser le temps
aux jardiniers de raire leur œuvre."
Je m en. voudrais de dire, qu'à Paris il en.
va de même, * et certes l'on fait, dans nos
grands théâtres lyriques, "les plus louables
efforts de mise en scène.
Il n'en demeure pas moins vrai que, sans
se livrer à la valse entre cour et jardin dont
je £ ■■ù 'S tMt à l'heure, certains de nos
artistes négligent trop les questions acces-
soires, particulièrement lorsqu'il s'agit de
l'interprétation d'un opéra.
Il semble, dès 'lors, qu'ils ne soient plus
des acteurs et qu'il ne s'agisse plus pour
eux que de chanter un air aux côtés d'un
piano à queue.
Leur mépris se marque particulièrement
pour les taches de vin, et c'est avec angoisse
que l'on voit les coupes remplies se balan-
cer pendant des heures entre leurs mains,
décrire par moment des cercles complets ou
s'élancer, d'un mouvement brusque, dans
la direction de leur cœur. Un teinturier qui
ne saurait pas que la coupe est vide ne se
tiendrait pas de joie.
Je sais bien qu'en matière de théd-
tre tout est conventionnel. Il n'en demeure
pas moins vrai que les conventions ont leurs
limites et que, pour certains esprits, ces
négligences demeurent parfaitement désa-
gréables; nos artistes lyriques n'auraient
pas un grand effort à tenter pour s'en débar-
rasser, et il serait intéressant qu'ils veuil-
lent bien le taire.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
Ce soir, à huit heures trois quarts, au
Théâtre de fŒuvre (salle « Femina »), pre-
mière représentation de Le Baptême, pièce
en trois actes, de MM. Alfred Savoir et
Fernand Nozière.
L'Œuvre demande à ses invités de venir
.au spectacle dès le lever du rideau et d'y
assister en tenue de soirée, les dames sans
chapeau.
L
'autre soir, au Gymnase de Marseille,
à la représentation des Ames enne-
mies, il s est produit un incident touchant,
digne des récits de l'antiquité.
Au moment où meurt Florence, tragique-
ment incarnée par Marie Kalff, une specta-
trice — une mère sans doute — poussa un
grand cri de douleur et s'évanouit.
L'émotion fut telle que toute la salle se
retourna.
D
ernièrement, à une répétition, l'un de
nos plus importants directeurs avait
pris à partie une artiste — que nous ne
nommerons pas. Celle-ci ne mettait pas, à
remplir son rôle, tout le feu nécessaire,
toute la douleur qu'elle devait éprouver:
— Voyons, mon petit, si vous étiez aban-
donnée d'un homme que vous aimeriez ten-
drement, ne seriez-vous pas pénétrée d'une
Vive douleur? .,
■— Oh ! moi, si mon ajriSnt me lâchait,
répondit dans un cri du cœur la jeune per-
sonne, j'en chercherais immédiatement un
autre!
L
e doyen de la Faculté de médecine,
- Debove, qui vient de prendre sa re-
traite, ne dédaigne pas les « à côté » de la
médecine ?
Le savant fait volontiers des incursions
dans l'art et dans la littérature. Nous l'a-
vons même rencontré dans la critique dra-
matique. En 1900, le distingué professeur
publia un travail fort remarquable sur Le
Malade imaginaire, de Molière, démontrant
ex-cathedra que ce malade n'était point tant
imaginaire et qu'il fallait voir dans cette
comédie une sorte d' « observation » d'un
neurasthénique.
L'ouvrage eut un certain succès dans le
monde érudit, mais peu d'habitués de la
Comédie-Française le connaissent.
N
ous avons annoncé, il y a quelques
jours, que MM. Brachard, notables
commerçants de Genève, avaient fait som-
mation à MM. Bernstein et Guitry « d'avoir
à faire disparaître des affiches, publications
ou insertions quelconques de la pièce Sam-
son, le nom de Brachard, qui est leur nom
patronymique ».
Tout vient de s'arranger à l'amiable;
MM. Bernstein et Guitry ont proposé à
MM. Brachard, qui ont accepté, que le
nom de Brachard soit désormais orthogra-
phié avec un t et non avec un d.
MM. Brachard ont donc obtenu satisfac-
tion.
L
a marraine.
e Nous avons dit hier avec quel gra-
cieux dévouement et quel empressement
spontané Mite Lucienne Bréval présenta à
M. Albert Carré la Macbeth d'un jeune com-
positeur inconnu: M. Ernest Bloch.
Ce n'est pas le premier geste de ce genre
dont nous devons être reconnaissants à la
grande artiste. Cet hiver, elle se trouvait
dans le Midi. Elle y rencontra M. Gabriel
Fauré. L'illustre compositeur dit à l'artiste
toute l'admiration qu'il avait pour elle et
toute la joie qu'il aurait à écrire un opéra
dont elle serait l'interprète.
Mlle Lucienne Bréval, sans perdre de
temps, se souvint qu'elle avait rencontré un
jour, au Théâtre Antoine, un jeune poète de
grand talent que les nécessités de la vie
contraignaient quelquefois à jouer la comé-
die en tournée. Elle lui écrivit, le fit venir
à Monte-Carlo, le présenta à M. Gabriel
Fauré et fit tant et si bien que le directeur
du Conservatoire, qui avait jusqu'ici refusé
la collaboration des écrivains les plus célè-
bres, accepta d'écrire, avec M. René Fau-
chois, une Pénélope que MM. Messager et
Broussan acceptèrent tout de suite et qui
sera une des plus considérables nouveautés
de la saison prochaine.
Etonnez-vous, après cela, que Mlle Lu.
cienne Bréval compte autant de fervents ad-
mirateurs de son talent — que de son ca-
ractère.
F
aites ce que je dis !. Ne faites pas ce
que je fais!. -
Dans l'interview que publiait hier Gomœ-
dia, M. Guy Launay, critique du Matin, s'ex-
primait ainsi:
Je suis ravi de faire cet article le soir de la
générale, car je suis d'avis que le public doit
être tenu, le plus vite possible, au courant des
questions dramatiques qui l'intéressent passion-
nément.
Cela est fort bien, mais M. Guy Launày
est également, sous la signature: Nozière,
critique dramatique de Gil Blas.
Or, il n'a parlé qu'hier matin dès débuts
de Mme Silvain dans Phèdre, débuts qui
avaient lieu dimanche soir, et c'est seule-
ment ce matin qu'il doit rendre compte du
Lac des Aulnes, le nouveau ballet de l'Opé-
ra, dont la répétition générale a eu lieu di-
manche et la première lundi.
Nous voilà loin des articles qui, suivant
M. Nozière, devraient paraître le matin
même de la première.
Comme quoi il est souvent plus facile de
donner des conseils — que des exemples !.
D
L'une pierre deux coups!
Vous savez que la Renaissance est
le plus académique des théâtres parisiens.
Parmi les derniers auteurs qui eurent l'hon-
neur et la joie d'être interprétés par l'ad-
mirable comédien qu'est M. Lucien Guitry,
nous pourrions citer MM. Anatole France,
Jules Lemaître et Maurice Donnay, qui font
déjà partie des « Quarante », et MM. Geor-
ges de Porto-*Riche, Alfred Capus et Brieux,
qui en seront quand il leur plaira.
Parmi les immortels qui se montrèrent
les habitués les plus assidus de ce théâtre,
citons M. Paul Bourget. M. Paul Bourget,
après une représentation de La Massfëre, se
montra si,^enthousiaste du talent de. M,-Lu..
cîeVi Guitry "et de Mlle Marthe Brandès qûvfl
décida aussitôt d'écrire une pièce pour ces
deux artistes.
Mais, sur ces entrefaites, Mlle Marthe
Brandès quitta. la Renaissance. Et M. Paul
Bourget, esclave de sa parole et désireux
d'avoir les deux artistes qu'il admire, au
lieu d'écrire une pièce en écrivit deux. C'est
ainsi que, cet hiver, Mlle Marthe Brandès
créera Un Divorce au Vaudeville; que M.
Lucien Guitry créera L'Emigré à la Renais-
sance — et que M. Paul Bourget aura à la
fois deux pièces sur l'affiche.
Comme quoi tout finit toujours par s'ar-
ranger!.
M
aurice, le nouveau propriétaire du fa-
- meux restaurant Lapré, offre ce soir
à sa fidèle clientèle la surprise d une attrac-
tion des plus originales, qui fera courir
Toftt-Paris.
Les salons de l'élégant établissement de
la rue Drouot seront certainement trop
étroits pour contenir la foule des joyeux
soupeurs en quête de divertissements.
T
ous les chauffeurs qui munissent leurs
voitures du bandage « Vulcan » sont
unanimes à reconnaître ses qualités de so-
lidité, d'endurance, et de souplesse.
Nous pouvons ajouter, sans crainte d'être
démentis, qu'il est aussi le plus économi-
que et le plus durable.
D
usausoy, joaillier expert, 4, boulevard
des Italiens, achète toujours comp-
tant: bijoux, diamants, perles et pierres
fines. Il donne presque toujours une plus-
value sur le prix offert par n'importe quelle
maison,
NOUVELLE A LA MAIN *
B
arbey d'Aurevilly, un jour, traita M.
jules Claretie si durement qu'on crut
un envoi de témoins inévitable, beui, i e-
crivain gentilhomme ne partagea pas l'opi-
nion générale et déclara:
— M. Claretie, c'est un plat qui ne va
pas au feu !
- Le Masque de Verre.
1 UN DÉBUT SENSATIONNEL
Mlle Cécile SOREL, journaliste eJ dessinateur. --.
Une conversation
avec M. Broussan
Le nouveau directeur de l'Opéra, retour de SainUVêtersbourg,
communique à Comœdia ses impressions de Voyage,
Malgré les multiples occupations qui l'ont
accaparé dès son retour à Paris, nous avons
pu rencontrer hier M. Broussan dans les
bureaux de la rue Auber, où se sont instal-
lés provisoirement les nouveaux directeurs
de l'Opéra.
Avec une charmante affabilité, le collabo-
rateur de M. Messager interrompt un mo-
ment une besogne urgente qu'il était en
train d'accomplir, aidé de M. Marius Ga-
bion:
— J'ai reçu plusieurs de vos confrères,
nous dit-il, mais je n'ai pas pu répondre à
(Photo Henri Manuel)*
Les deux Directeurs - - -
M. BROUSSAN M. MESSAGER -
leurs questions. Je devais, en effet, avant
tout, conférer de mon voyage avec M. Mes-
sager. Je peux cependant résumer pour Co-
mædia mon impression générale.
Vous savez que nous sommes décidés à
monter, dès l'année prochaine, plusieurs
opéras russes. Cependant, avant de nous
engager définitivement, nous étions curieux
d'assister à la représentation de quelques-
uoôs des ouvres que nous avions choisies.
Je suis donc parti à Saint-Pétersbourg "où
l'extrême amabilité de tous m'a singulière-
ment facilité ma tâche. Le grand-duc Serge
a bien voulu me servir de guide bienveil-
lant dans les théâtres impériaux dont le di-
recteur, M. Teleatowski, m'a fourni tous les
renseignements qui pouvaient me paraître
utiles.
J'ai même eu l'honneur d'être reçu par
S. M. le Tsar. L'empereur s'est déclaré
très touché de la sympathie que mon voya-
ge témoignait pour l'art russe. La sincérité
de nos efforts nous a valu, de sa part, de
vives et très flatteuses félicitations..
Dès le soir de mon arrivée, je me suis
rendu à l'Opéra. J'y ai applaudi une admi-
rable cantatrice, Mlle Kousnietzowa, que
nous vous ferons entendre dès le début de
la saison prochaine. D'excellents artistes
l'entouraient. Mais j'ai surtout été frappé de
la perfection de l'ensemble, du soin extrême
avec lequel sont tenus les moindres rôles
et de la merveilleuse homogénéité des
chœurs qui, par la'. mimique et le geste,
participent réellement à Faction dramatique.
Quant aux j?a!!ets, ils prennent en Russie
une importance considérable. Chaque di-
manche soir, une représentation leur est
spécialement affectée et elle est toujours
fort brillante.
L'organisation du corps de ballet est d'ail-
leurs excellemment comprise. Jusqu'à seize
ans, les jeunes élèves subissent un ensei-
gnement pratique particulièrement soigné.
Elles débutent à cet âge. Elles doivent, cinq
ans plus tard, être promues sujets. Sinon,
on les renvoie à une autre carrière. Enfin,
une retraite honorable leur est donnée après
vingt années d'exercice. Elles ont donc
alors trente-six ans.
Je ne me suis pas contenté d'étudier le
développement de l'art lyrique à Saint-Pé-
tersbourg. Je tenais à" entéiidiSe 'Sûdf'o, de
Rimsky-KoreakoW, qu'on ne devait pas re-
présenter en ce moment. Dans cette inten-
tion, j'ai passé deux nuits en chemin de
fer (aller et retour) et j'ai fait le voyage de
Moscou.
Malheureusement, je n'ai pu prolonger
mon séjour et j'ai dû hâter mon retour en
France. Je suis convaincu néanmoins de
n'avoir pas perdu mon temps. Je rapporte.
sur des points de détail, un grand nombre
de notes très précieuses.
"De plus, mon voyage aura beaucoup con-
tribué, je l'espère, d'après l'accueil que j'ai
reçu, à faciliter entre la Russie et la France
une sorte Ú Libres-Echange artistique qui
ne peut être (foie frêsr fécond et dont un des
premiers et des plus heureux résultats sera
de rendre plus effective, à l'avenir, la pro-
tection des œuvres françaises en Russie.
EDOUARD HELSEY.
LES RÉPÉTITIONS GÉNÉRALES
LE BAPTÊME
Pièce en trois actes de MM. Alfred Savoir
et Fernand Nozière, au Théâtre de l'Œuvre
[Un de nos confrères ayant décidé de donner, en dernière heure, le compte
rendu des pièces nouvelles, nous publierons désormais, au lendemain de la ré-
pétition générale, une information analogue, nous réservant de faire paraître,
comme par le passé, notre critique littéraire et notre compte rendu détaillé au
lendemain de la premtere.]
La famille Bloch. se compose du père,
né à Francfort et enrichi en France; de
la mère, qui écrit des romans ; du fils
aîné, André, qui fait du. sport ; de la
fille, Hélène, une exaltée, et du dernier
fils, Lucien, malingre et mal venu. La
grand'mère, seule, a conservé intacts
les rites juifs, mais sourit à la prospérité
de son fils et de sa belle-fille qui, à
leur soirée, reçoivent un évêque. L'évê-
que est venu, du reste, pour obtenir la
voix d'un. cousin des Bloch, membre de
l'Académie. Il désire aussi marier de
Coissy, un noble sans fortune, avec Hé-
lène Bloch, qu'il espère bien convertir.
Hélène, s'est laissé gagner, par le mys-
ticisme catholique et elle se convertit
sincèrement: Ses parents, pour ne pas
être séparés d'elle et pour entrer com-
plètement dans le monde que leur ouvre
ce mariage, se convertissent, malgré la
répugnance-dû père à cette volte-face
intéressée.
Après un voyage à Lourdes, les idées
de mariage d'Hélène se sont évanouies;
elle veut être religieuse. C'est une cons-
ternation dans la famille. Mais, baste !
cela peut être utile à la smala: Bloch
sera sans doute le grand banquier du
monde catholique. -Seule, la grand'mère
hoche la tête, et le. petit Lucien compare
désespérément la prière énamourée de
L'Imitation de Jésus-Christ avec la
phrase si-simple du rituel hébraïque :
« Tu aimeras l'Eternel, l'Eternel est
un ! » 1 :
C'est là du beau théâtre d'idées que
MM. Alfred- Savoir et, Nozière ont pré-
senté avec une impartialité ;
ils ont tracé des. caractères qui. sont de
vraies synthèses. Leur pièce est héris-
sée d'ironie qui va jusqu'à la profon-
deur. -
Les acteurs de l'Œuvre ont joué cela
modestement; il faut en excepter ettiu-
lieu, spirituellement onctueux dans l'E
vêque, ) Lugné-Poë (Bloch), Grouillet
(Lucien) et Mme Guéret (l'Aïeule).
Louis SCHNEIDER.
La Moirée
Le baptême n'était hier soir que dan? la
salle. Les écluses célestes avaient consenti
à faire relâche pendant quelques heures.
Est-ce une raison suffisante pour laisser
piétiner dans le vent et dans la boue, à
l'issue de la représentation, la foule des bel-
les spectatrices vêtues de clair, chaussées
d'escarpins inconsistants, et mal protégées
contre la bise dans l'infernal courant d'air
d'un vestibule?
Pas une voiture, hier, à minuit, devant
l'hôtel de Femina.; Seules purent regagner
confortablement leur home les personnes
qu'attendaient leur automobile ou leur
COUpé. , ; L-. !..
Quant aux autres, telles des naufragés
guettant quelque : bateau à l'hori: on, elles
durent attendre: le problématique sapin ma-
raudeur ou l'autobus aussi problérnaiique.
Elles y sont peut-être encore.
C'est vraiment exquis comme fin de soi
rée. ■■ JI.
La chambrée était des plus smart.
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