Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-11-02
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 02 novembre 1907 02 novembre 1907
Description : 1907/11/02 (A1,N33). 1907/11/02 (A1,N33).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76453313
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
4 -
; Pretnière Année. - N° 33 -
Pllernière Année. — NO 33 (Quotidien)*
t*e iSfumero : 5 centimes- -
Samedi 2 Novemlra-e 1907m
Rédacteur en Chef ; G. de PAWLOWSKl
^ACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE: 288-07
Adresse Télégraphique : COMŒDIA-PARIS
1 ABONNEMENTS :
t UN AN 6 MOIS
aris et Départements 24 fr. 12 fr.
manger. 40 » 20 »
REDACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIIJ
TÉLÉPHONE : 288-07
Adresse Télégraphique : COMŒDIA=PARIS
, ABONNEMENTS :
UN AN 6 MOIS
Paris et Départements 24 fr. 12 fr.
Étranger. 40 » 20 w -
contes proba-blès
l'Opinion
de Prosper
Mariolle
3. Edmond Sée
Il
Pour la première fois, hier matin, Les
Coulisses inséraient un article de jehan
Fardot. De neuf heures à onze heures le
jeune publiciste relut, inlassablement, en
cinquième page, son Interview avec
Sar ah Bernhardt.
A Onze heures une minute, il savait
sa chronique par cœur. Même s'il attei-
gnait 1 âge de Mathusalem, il sentait
qu'il serait désormais capable de la ré-
citer, Imperturbablement, à son lit de
mort. Il plia le journal. Il allongea un
coup de poing à sa table de travail.
— Fardot, mon vieux, s'écria-t-il, tu
as le droit d'être fier!. C'est un petit
chef-d'œuvre ! Parfaitement, un chef-
d'œuvre!. Par exemple, il est triste de
songer que ces crétins, aux Coulisses,
ne s' en rendent peut-être seulement pas
comp Pte 1. Que diantre, ce n'est pour-
tant It Pas toi, toi l'auteur, qui peut aller
le, eur dire toi-même!.
sa Il s'avisa que les choses que l'on ne
saur ait dire, il demeure parfois possible
de les écrire.
Il Prit une feuille de papier. En dé-
Suis ant' soigneusement, son écriture, il
féri]-§ea la lettre suivante :
b Monsieur le directeur,
nt ^rav0 ■' Mille fois bravo l
J'achète, quotidiennement, votre intéressant
Kn i Permettez-moi de vous l'avouer; je ne
-a ais lu avec un plus vif plaisir que ce
matin.
AL 1 | monsieur le directeur ! Ah ! cet article
intitulé Interview avec Sarah Bernhardt, et si-
hné Jehan Fardot ! Quel petit bijou 1 Quel petit
chef-d'œuvre!.
Il posa son porte-plume. Perplexe, il
se gratta le front.
"di -- Voyons, niurmura-t-ii, comment
, deable pourrais-je bapiiser le signataire
\I~ Cette lettre?. Dupont? Mathieu?.
k diable pourrafe-Je te tSonriciHerf.
pr?' c rue des Martyrs? 550, passage des
lnces ?
\l:- -. n -.
Vingt lois, avant d envoyer son Inter-
view aux Coulisses, il l'avait soumise à
l'appréciation de son vieil ami Prosper
Mariolle. Vingt fois, Prosper Mariolle
lui avait prodigué des compliments:
« C'est épatant, mon vieux, épatant!
Tu n'as jamais rien fait de mieux ! » Il
ce$ Sa> subitement, de se gratter le front.
Il trempa sa plume dans l'encre. Sans
hésiter, il ajouta:
* >fcans l'espoir que vous chargerez M. Fardot,
à présent, d'interviewer Antoine, Gémier, Bras-
seur, Buguenet, Tarride, les deux Mounet, les
trois C l, 1 etc., etc., je vous
prie oque m, es quatre. etc" etc., Je vous
prie d'agréer, monsieur le directeur, l'expres-
sion de ma considération distinguée.
Un de vos plus fidèles lecteurs,
Prosper MARIOLLE.
r127, rue des Saints-Pères.
II
ta Jbhan Fardot avait sonné Joséphine,
t, onne. Il lui avait dit:
— Joséphine, habillez-vous et descen-
dez. Voici quatorze sous: douze sous
br Ur l'omnibus, deux sous pour un tim-
bre-poste. Prenez cette lettre. Ne la per-
dez pas. Allez la jeter au bureau de
poste de la rue des Saints-Pères. Vous
savez bien, le bureau situé presque à
côté de la maison ou demeure M. Ma-
Immobilisée au bord du trottoir, rue
Notre-Dame-de-Lorette, Joséphine at-
tendait le Passage de l'autobus. Son re-
gard tomba sur l'enveloppe que Fardot
lui avait confiée. Elle lut:
MONSIEUR POUCHE,:
17 Directeur des Coulisses
» Tue du Faubourg-Montmartre (E. V.)
W. Pas possible, Monsieur il perd com-
ment la boule! songea-t-elle. Les
TtI,?llllSses, c'est à trois minutes d'ici! Il
y a envoyée, je n'sais combien de
tti depuis deux mois, porter des let-
J'y ai été porter une lettre avant-
1r r encore!. Pourquoi qu'il me fait
H^erser la moitié de Paris, aujourd'hui,
aller jeter c'te lettre là à la poste?..
bas autobus tardait à paraître. Pour
Str le temps, elle s'approcha de la
fçs l!îe d'un confiseur. De. grosses crot-
chocolat, habillées de papier d'ar-
et tarifées dix centimes pièce, atti-
ent son attention.
--.. Va a l'air rien bon, songea-t-elle.
Ben dommage que les quatorze sous,
que ) porte dans la main droite, ils
soi eilt point à moi!
Deux minutes après, Joséphine se di-
rigeait, à pied, vers le 17 de la rue du
Faubourg-montmartre. Dans sa main
droite, elle ne portait plus quatorze
sous. Elle portait sept crottes en cho-
colat.
Dans l'antichambre des Coulisses,
elle Confiait au garçon du journal : « Pas-
sez ¡; mot à M. Pouche, je vous prie ».
M. Pouche, lui-même, passa.
— U'est-ce? Une lettre pour moi?.
De la Part de qui?
— De la part de Monsieur, murmura
Joséphine. de M. Fardot.
M. Pouche décacheta l'enveloppe.
Son visage exprima, bientôt, une vive
surprise. Voyons, cette bonne venait de
lui déclarer qu'elle était envoyée par M.
Fardot! Il ne rêvait pas cependant! La
signature qu'il déchiffrait au bas de cette
lettre, n'était pas « Jehan Fardot ». De-
puis quand « Jehan Fardot» cela s'or-
thographiait-il « Prosper Mariolle »?.
Il se tourna vers Joséphine :
— Vous dites que c'est M. Fardot, M.
Jehan Fardot, qui vous a chargé de
m'apporter cette lettre?
Joséphine avala le morceau de cho-
colat qu'elle suçait. Un peu troublée,
elle murmura:
— Oui, M'sieu. c'est-à-dire, oui et
non. V'là. Monsieur il m'a donné l'or-
dre, comme ça, d'aller mettre c'te lettre
là à la poste, rue des Saints-Pères. J'ai
pensé que ça revenait au même, c'est-y
pas vrai?. Alors, d'un coup de pied, je
l'ai portée tout droit, ici. Oh! je peux
ben le jurer à M'sieu, j'ai pas flâné en
route î *
III
Ce matin, Jehan Fardot a trouvé
dans son courrier une enveloppe grise.
Dans l'angle gauche, étaient imprimés
ces mots: Les Coulisses.
Il a bondi de joie :
— Ça y est! Faut avouer que ça n'a
pas traîné! Ma lettre a déjà produit son
effet! Nul doute, ils me demandent un
autre article.
L'enveloppe contenait deux feuilles de
papier. Fébrilement, il a déplié la pre-
mière. Il a reconnu l'écriture de M.
Pouche. Il a lu:
Cher monsieur,
Merci de nous avoir aimablement communiqué
l'opinion d'un certain M. Prosper Mariolle, sur
votre Interview avec Sarah Bernhardt.
Tout permet de supposer que ce certain M.
Prosper Mariolle est un de vos amis. C'est donc
à regret que nous formulons à son sujet un ju-
gement un peu sévère. Il est indéniable, cepen-
dant qu'il manque totalement de suite dans les
idées. La lettre ci-jointe, parvenue au journal
dans la soirée, vous le prouvera.
Plus fébrilement encore, Fardot a dé-
plié la seconde feuille de papier. Il a re-
connu l'écriture de Mariolle. Il a lu:
7™!5rour ic U116C19U11.
Oh! le honteux article que vous avez publié
ce matin!. je veux parler, vous m'avez com-
pris, de VInterview avec Sarah Bernhardt, si-
gnée Jehan Fardot.
En quelle langue est-ce écrit? En nègre? En
esquimeau? Ou en espéranto?.
Un bo.-i conseil, Monsieur le directeur: n'en-
combrez plus votre très intéressant iournal avec
de pareilles ordures, de semblables horreurs,
d'analogues monstruosités*!
Dans l'espoir que je ne trouverai jamais,
dans vos colonnes, une seconde interview si-
gnée Fardot, je vous prie d'agréer, Monsieur
le directeur, les salutations empressées d'un
de vos plus fidèles lecteurs.
Prosper MARIOLLE,
'127, rue des Saints-Pères.
Max et Alex FISCHER.
(Traduction réservée).
Nous publierons demain une nouvelle de
ALBERT FLAMENT
07HB
Dans la plupart des pays étrangers, le
but principal des boutiquiers paraît être de
vendre leurs marchandises. En France, c'est
tout le contraire, et, pour arriver à décou-
rager leurs clients, nos commerçants sont
capables des efforts les plus considérables.
Un des moyens les plus en honneur dans
le commerce parisien consiste, pour y par-
venir, à dissimuler soigneusement le prix
de l'objet à vendre en remplaçant sur l'éti-
quette les chiffres connus par un assem-
blage de lettres qui eût déconcerté Œdipe
lui-même au temps où il allait taire ses em-
plettes dans les magasins thébains.
Tel bronze vaut 07HB, telle tapisserie
atteint OVXV francs. Le plus simple est
d'y renoncer, et c'est ce que l'on' tait pres-
que toujours en se rabattant sur des ma-
gasins employant des procédés de vente
moins inquiétants.
Pour la musique, le moyen employé est
encore plus radical. Il consiste à indiquer
tout tranquillement, sur le morceau à ven-
dre, un prix quatre ou cinq tois supérieur
au prix réel.
Avec l'indication 07HB ou BH07, on
peut encore conserver quelques illusions:
on peut se dire que le zéro ne compte pas,
que 7 veut dire sept francs et HB 95 cen-
times.
Avec le système de notation. musicale,
rien de pareil, et lorsqu'un acheteur non
initié voit, sur une chanson valant deux
sous, un prix marqué de six ou sept trancs,
il part sans demander son reste.
En agissant de la sorte, le commerçant
qui surfait inutilement ses prix, travaille
contre lui-même, comme ne le ferait pas
son pire concurrent de peur d'être accusé
de concurrence déloyale. Et c'est d'autant
plus stupide qu'à la différence des mar-
chands de statuettes italiens, les marchands
de musique n'ont jamais eu dans l'idée d'ac-
cepter d'un client naïf le prix qu'ils attri-
buent à leurs publications. Dès lors, pour-
quoi le font-ils? Pour rien.
C'est, il est vrai, plus qu'il n'en faut en
France pour que cet usage absurde se
maintienne encore pendant quelques siècles.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
N
ous parlions récemment du manque de
mémoire chez les artistes, et de l'effet
comique qui peut en résulter parfois, par
l'effet du sens même de la réplique mo-
mentanément oubliée.
Il n'y a pas très longtemps, nous en avons
rencontré un amusant exemple dans un con-
cert.
Un chanteur interprétait La Berceuse,
bien connue, de Xavier Privas, qui débute
par:
Pour apaiser tes sens, j'ai conjuré Morphée.
quand soudain le commencement d'une des
strophes suivantes vint à lui manquer. II
n'y avait pas de souffleur. Le malheureux
resta « en carafe » pendant un laps de
, temps qui dut lui sembler interminable;
tout à coup, il retrouva le fil de la poésie
et lança: -
Ne plus se soutenir est peut-être une joie !
On devine combien le public fut; en
effet, mis en « joie » d'avoir vu ainsi l'ar-
tiste « ne plus se souvenir » ; celui-ci fut
seul à trouver que ce n'est pas tant que
cela une joie. quoiqu'il vînt d'en diref1
A
propos de Masssenet.
L'illustre compositeur de la musiaue
de scène du Manteau du Roi était allé à
Hambourg diriger l'orchestre le soir de la
« première » de son Hérodiade dans cette
ville. Son succès avait été extraordinaire,
et le maître avait été comblé de couronnes
et de lyres gigantesques ornées de rubans
aux trois couleurs. Ces trophées étaient
tous en feuilles de laurier naturel, et le
compositeur, ne pouvant les emporter avec
lui, prit le parti de se les faire expédier.
Quand la caisse fut arrivée à Paris, on
présenta à Massenet le récépissé du chemin
de fer qui portait cette mention : « Un colis
racines médicinales!. »
C'est beau, la gloire!..,
T
oujours comme Molière.
La tournée de Marion Delorme, que
vient a organiser impresario Labruyère,
entraînera, sur les routes de France et de
l'étranger, deux jeunes auteurs dramatiques,
deux poètes que tente l'aventure comique.
L'un, M. René Fauchois, jouera le rôle
de l'Angely, où se couvrit de gloire, der-
nièrement, M. Georges Berr, auteur aussi
jet comédkn. ",'
L'autre, M. Arnyvelde, tiendra le person-
nage d'un seigneur.
Souhaitons sincèrement à ces jeunes dra-
maturges, qui n'ont pas encore égalé Mo-
lière comme poète, de le surpasser comme
comédien.
M
ercredi après-midi, l'Odéon donnait
la répétition générale de Son Père.
Pendant un entr'acte, un monsieur s'appro-
cha de Catulle Mendès et lui demanda à
l'oreille:
— Quelle est cette dame?
Ce disant, il désigna une jeune femme
dans un coin.
— C'est Louise Balthy, répondit l'au-
teur de Sainte Thérèse.
— Une artiste? questionna encore le mon-
sieur.
Alors le critique du Journal clama à haute
voix:
- Comment, tu ne connais pas Balthy?
Voyons, Balthy I Tout le monde connaît Bal-
thy!
Et, riant bien fort, Catulle Mendès s'éloi-
gna à pas lents.
c
omment ils l'appellent.
Il y a plusieurs façons de nnm.
mer notre première scène dramatique. Les
uns disent (c la Comédie-Française », d'au-
tres « le Théâtre-Français », d'autres « les
Français », M. Monval l'appelle « la Mai-
son de Molière », un grand poète l'a sur-
nommée « la Maison de Tartufe », les so-
ciétaires « la Maison »,' et M. Le Bargy
« la Boîte ».
Il est encore un nom nouveau. Il est de
M. Emile Faguet, l'impétueux critique du
Journal fies Débats, qui dans une récente
conversation à propos de Terre d'Epou-
vante, établissait un long parallèle entre les
façons dont on joue au théâtre Antoine et
- au théâtre Jules.
Le malheur, c'est qu'Antoine n'est pas
un prénom, mais un nom — et même un
grand nom !
u
n duel.
A la suite d'un inrifW H'mvw
vé, M. Alfred Oulman, directeur du Ruy
Blas, a envoyé ses témoins, MM. Rouzier-
Dorcières et Pierre Mortier, à M. Gustave
Batiau, qui a constitué, pour le représenter,
MM. Bertol-Graivil et Paul Bluysen. Une
rencontre au pistolet a eu lieu hier au Parc
des Princes, à dix heures du matin. Deux
balles ont été échangées sans résultat Les
docteurs Musy et Grünberg assistaient à la
rencontre.
L
e vrai spectacle.
Le spectacle n'est cas ton ion rs ex-
clusivement sur la scène ; il est - aussi - dans
la salle - et même hors de la salle, au café
principalement. Je l'ai constaté partout et
je le remarquais encore hier à l'Odéon.
Parmi les critiques, soiristes, courriéris-
tes et tous les gens dits de théâtre, il-faut
distinguer trois catégories:
Il y a d'abord ceux qui ne bougent jamais
de leurs loges, ou de leurs fauteuils; y re-
çoivent des visites, lorgnent leurs voisins
ou lisent leurs journaux. Ce sont des âmes
placides et des esprits casaniers.
Je vous citerai parmi ceux-là M. Henri
Rochefort, M. Félix Duquesnel, M. Nozière,
M. Emile Faguet, M. Camille Le Senne et
M. Charles Martel.
Il y a ceux qui « font les couloirs »,
déambulent, lancent des mots. Vous comp-
1
terez parmi eux MM. Emmanuel Arène,
Pierre Veber, Gaston Calmettes, Alfred
Edwards, Adrien Hébrard ou Zamacoïs.
Il y a ceux qui attendent la fin d'un acte
pour se précipiter au bar ou au café, où ils
dégusteront des consommations variées, pré-
pareront leurs comptes rendus ou corrige-
ront leurs épreuves. Ceux-là, ce sont « les
travailleurs de l'amer ».
Leur chef est M. Catulle Mendès. Autour
de lui, s'animant à la chaleur communicative
des banquettes, vous reconnaîtrez MM. Ar-
mand d'Artois, Georges Courteline, Hugues
Delorme ou Auguste Germain,
Il y a enfin ceux qui vont inévitablement
féliciter l'auteur, quel qu'il soit. Parmi ces
enthousiastes, vous noterez MM. Louis Ar-
tus, Mesplès, Armand Lévy, Adrien Vély.ou
Ferdinand Bloch.
Des catastrophes pourront se produire,
de nouvelles directions pourront surgir, l'art
dramatique pourra subir -lés pires cataclys-
mes, toujours immuables, éternels, perpé-
tuels et permanents, vous verrez M. Zama-
coïs prodiguer son esprit dans les couloirs,
M. Félix Duquesnel recevoir dans sa loge,
M. Catulle Mendès tenir table ouverte au
Café du Théâtre, et M. Louis Artus con-
gratuler l'auteur, les auteurs, tous les au-
teurs.
E:
n parcourant l'Arrêté organique du
8 octobre 1905 sur le fonctionnement
du Conservatoire national de Musique et de
Déclamation, littérature administrative fort
indigeste, je tombe en arrêt devant l'article
70, ainsi conçu:
« Les aspirants de nationalité étrangère
peuvent être reçus avec l'autorisation spé-
ciale du ministre, sans qu'il puisse, cepen-
dant, y* en avoir plus de deux par classe.
« Ils jouissent des mêmes droits et sont
soumis aux mêmes services que les élèves
nationaux.
« Toutefois, ils ne peuvent être admis à
concourir pour les prix que dans leur
deuxième année d'études au Conserva-
toire. »
Je m'enquiers des droits en question et
j'apprends qu'il s'agit: des bourses d'étu-
des, des pensions, de la gratuité d'enseigne-
ment, des récompenses honorifiques et pé-
cuniaires de fin d'année, enfin des engage-
ments dans les théâtres nationaux.
Le geste est magnanime de fournir ainsi
aux étrangers des armes pour venir nous
battre chez nous. Le tout est de savoir si
nous trouvons la réciprocité en dehors des
frontières: j'en doute fortement.
Ce qui est sûr, c'est qu'au train dont ils
y vont, nos bons voisins et amis ne laisse-
ront bientôt plus une place disponible pour
les bons Français, de France dans nos deux
grantfs théâtres Tynqueâ.
La Princesse devrait bien exercer sa gé-
nérosité en faveur de ses seuls enfants.
Si l'on modifiait l'article 70 dans un sens
un peu plus nationaliste? Qu'en pensent
MM. Briand et Dujardin-Beaumetz?
L
eurs fils.
Un amateur de statistiques s'est
amusé à constater un phénomène curieux.
Il aurait remarqué que tous les fils de co-
médiens célèbres — qui sont comédiens
eux-mêmes — seraient pourvus d'un res-
pectable embonpoint.
Et, à l'appui de sa thèse, il nous cite les
noms de MM. Jean Coquelin, Louis Delau-
nay, Baron fils, Sacha Guitry.
Nous sommes désolés de lui nommer à
notre tour, pour contredire son amusante
opinion, MM. Albert Lambert fils, Berthe-
lier, José Dupuis et Jacques de Féraudy.
S'ils n'engraissent pas, notre joyeux con-
frère pourra renoncer à la statistique..
Personne ne s'en plaindra.
Q
uels sont les compositeurs qui produi-
sirent le plus grand nombre d'oeu-
vresr
Nous relevons sur cette question, dans
une curieuse statistique, les renseignements
que voici:
Beethoven, 57 ans: 439 compositions
dont 30 orchestrations; 79 œuvres de piano
à deux mains.
Brahms, 64 ans: 538 compositions.
Diabelli, 77 ans: 2.585 compositions.
HændeI, 71 ans: 397 compositions.
Liszt, 75 ans: 955 compositions.
Rubenstein, 66 ans: 550 compositions.
Mozart, 37 ans: 626 compositions.
Le génie musical est fécond, comme on
voit.
c
omœdia a parlé des difficultés que ren-
contrerait en France la représenta-
non de The Merry Widouw, démarquage
impudent d'une comédie de Meilhac, L'At-
taché d'ambassade.
S'il faut en croire l'agent dramatique
Mayer, ces difficultés auraient été aplanies,
grâce à une indemnité versée aux héritiers
de Meilhac, et Mlle Marguerite Sully joue-
rait à Paris le rôle charmant de Sonia, dans
lequel s'illustrèrent à Vienne Mintzi Gün-
ther, à Berlin Marie Ottmann, à Londres la
délicieuse Lily Elsier.
Une feuille de joie anglaise, le Winning
Post, opine que' cette pièce litigieuse de-
vrait être jouée. à l'Opéra-Comique. Excel-
lente idée! Et espérons que, dans le même
temps, la nouvelle direction de l'Opéra
montera La Belle Helène, et la Comédie-
Française Tire au Flanc!!!
L
e Comptoir International, '44, Chaussée-
d'Antin, acheté le plus cher de tout
Paris les beaux DIJOUX ainsi que les bijoux
démodés, et paie les reconnaissances 100
pour 100 et plus. Ne vendez aucun bijou
sans le lui soumettre.
NOUVELLE A LA MAIN
D
ans un cabinet directorial en province.
LE RÉGISSEUR. - Nous nonrrînnc
donner du Shakespeare. Si nous fixions no-
tre choix sur Roméo et Juliette ?
LE DIRECTEUR. — Vous êtes fou! Pour-
quoi, je vous prie, donner deux pièces à la
fois !
Le Masque de Verre,
ÉTOILE VOYAGEUSE
Mlle Lucienne Bréval
à rOpéra=Comique
Pour la seconde fois de sa carrière, Mlle HrêVal sera, cette
saison, la pensionnaire de l'Opéra-Comique,
« Mlle Bréval qui, entre autres méri-
tes, a celui de chanter de la bonne mu-
sique, a déployé, dans une scène d'Iphi-
génie en Aulide, une voix bien timbrée
et chaude, un talent de comédienne plei-
ne de promesses. C'est un beau brin de
fille que Mlle Bréval, et qui fera, à l'O-
péra, le meilleur effet. »
Ainsi s'exprimait, dans Les colonnes
d'un de nos grands quotidiens, un cri-
Mlle LUCIENNE BREVAL Photo Manuel.
tique musical réputé, au lendemain du
Concours d'opéra où Mlle Bréval avait
conquis, de toute la fbrce de son talent,
un premier prix indiscuté, devant un
jury composé d'Ambroise Thomas, de
Léo Delibes, d'Ernest Guiraud, de Bar-
bier, de Deschapelles, de Victorin Jon-
cières, de Paladilhe et de Ritt.
Deux ans plus tard — son état de
santé ne lui avait pas permis d'aborder
la scène plus tôt — Mlle Bréval débutait
à l'Opéra dans L'Africaine — le jour
même où Ibos faisait sa rentrée à notre
Académie Nationale.
Le succès de la jeune artiste ne fut pas
contesté et le lendemain, le même criti-
que énonçait cette prédiction que l'on
aurait « souvent l'occasion de reparler
de la débutante ».
Les « occasions ». furent innombra-
bles: Salammbo, Guillaume Tell, Tan-
haüser, Aida, Sigurd, Le Cid, Patrie, La
Valkyrie, La Montagne Noire, Les Maî-
tres Chanteurs, La Burgonde, Pallas-
Athéné, Amy Robsart, Le Fils de l'E-
toile, L'Etranger, Ariane, lui permirent,
malgré leur diversité, de déployer les
ressources innombrables d'un des plus
beaux tempéraments dramatiques.
Et voici que l'illustre cantatrice va. Itt
mois prochain, chanter, à la Salle Erard*
I'oeuvre de Gluck qui lui valut, naguère,
son premier et décisif triomphe. L'Iphi-
génie en Aulide n'a pas été représentée
à Paris depuis le 22 décembre 1824. M.
Albert Carré ne pouvait être plus heu-
reusement inspiré qu'en demandant à
Mlle Bréval le précieux concours de son
merveilleux talent.
Mlle Bréval sera, cette saison, pourjâ
seconde fois de sa carrière, la pension-
naire de 1 Opéra-Comique. Elle y fit,
naguère, une inoubliable création : G ri*
sélidis.
L'oeuvre de Gluck l'y flxera:t-elle?
Qui sait.
GEORGES TALMONT.
Un Drame lyrique français en Belgique
, HERNANI
Le drame de Victor Hugo adapté par M. Gustave Rivet, et m!a
en musique par Henri Hirchmann, est en répétitions
au Théâtre-Royal de Liège.
La Belgique est décidément accueillante
à nos compositeurs. Tour à tour, les ma-
gnifiques théâtres de La Monnaie, de Liège
et d'Anvers leur ouvrent leurs portes. Nous
avons appris qu'Henri Hirchmann allait
donner, à l'Opéra Royal de Liège, la pre-
mière d'Hernani, drame lyrique qu'il a
écrit sur le magnifique drame joué à la
Comédie-Française. Nous avons rencontré
hier le jeune musicien, de retour de Liège,
où il venait de lire sa, partition à ses inter-
prètes.
— Y a-t-il longtemps que vous avez fait
votre drame lyrique, avons-nous demandé?
— Depuis longtemps le sujet d'Hernani
me passionnait. J'eus enfin l'autorisation de
la famille Victor-Hugo; Gustave Rivet, le
distingué poète, se chargea de l'adaptation,
qu'il fit merveilleusement. Son livret résu-
me admirablement l'œuvre d'Hugo, en lais-
sant toutes les magnifiques scènes ose t fttl-
vrage, car notre drame suit exactement le
drame joué au Théâtre-Français. Vous y en-
tendrez, notamment, le célèbre dialogue de
la scène des tombeaux. De mon côté, je me
suis mis aVec ardeur à l'ouvrage, n'en par-
lant à personne, sauf à mon éditeur Chou-
dens, qui a, du reste, déjà gravé la parti-
tion.
- Et^omment avez-vous eu l'idée de
donner votre œuvre à Liège?
- On me joue beaucoup en Belgique.
L'année dernière, rien'qu'en ce pays, mes
ouvrages ont eu près de deux cents repré-
sentations. Je causais, cet été, avec lf di-
recteur de l'Opéra Royal de Liège, et lui
parlais de mes futurs projets. Je "ai fis en-
tendre des fragments d'Hernani, alors pres-
que achevé. Il s'emballa et me proposa d'en
faire la création à son théâtre, pour la sai-
; Pretnière Année. - N° 33 -
Pllernière Année. — NO 33 (Quotidien)*
t*e iSfumero : 5 centimes- -
Samedi 2 Novemlra-e 1907m
Rédacteur en Chef ; G. de PAWLOWSKl
^ACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE: 288-07
Adresse Télégraphique : COMŒDIA-PARIS
1 ABONNEMENTS :
t UN AN 6 MOIS
aris et Départements 24 fr. 12 fr.
manger. 40 » 20 »
REDACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIIJ
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UN AN 6 MOIS
Paris et Départements 24 fr. 12 fr.
Étranger. 40 » 20 w -
contes proba-blès
l'Opinion
de Prosper
Mariolle
3. Edmond Sée
Il
Pour la première fois, hier matin, Les
Coulisses inséraient un article de jehan
Fardot. De neuf heures à onze heures le
jeune publiciste relut, inlassablement, en
cinquième page, son Interview avec
Sar ah Bernhardt.
A Onze heures une minute, il savait
sa chronique par cœur. Même s'il attei-
gnait 1 âge de Mathusalem, il sentait
qu'il serait désormais capable de la ré-
citer, Imperturbablement, à son lit de
mort. Il plia le journal. Il allongea un
coup de poing à sa table de travail.
— Fardot, mon vieux, s'écria-t-il, tu
as le droit d'être fier!. C'est un petit
chef-d'œuvre ! Parfaitement, un chef-
d'œuvre!. Par exemple, il est triste de
songer que ces crétins, aux Coulisses,
ne s' en rendent peut-être seulement pas
comp Pte 1. Que diantre, ce n'est pour-
tant It Pas toi, toi l'auteur, qui peut aller
le, eur dire toi-même!.
sa Il s'avisa que les choses que l'on ne
saur ait dire, il demeure parfois possible
de les écrire.
Il Prit une feuille de papier. En dé-
Suis ant' soigneusement, son écriture, il
féri]-§ea la lettre suivante :
b Monsieur le directeur,
nt ^rav0 ■' Mille fois bravo l
J'achète, quotidiennement, votre intéressant
Kn i Permettez-moi de vous l'avouer; je ne
-a ais lu avec un plus vif plaisir que ce
matin.
AL 1 | monsieur le directeur ! Ah ! cet article
intitulé Interview avec Sarah Bernhardt, et si-
hné Jehan Fardot ! Quel petit bijou 1 Quel petit
chef-d'œuvre!.
Il posa son porte-plume. Perplexe, il
se gratta le front.
"di -- Voyons, niurmura-t-ii, comment
, deable pourrais-je bapiiser le signataire
\I~ Cette lettre?. Dupont? Mathieu?.
k diable pourrafe-Je te tSonriciHerf.
pr?' c rue des Martyrs? 550, passage des
lnces ?
\l:- -. n -.
Vingt lois, avant d envoyer son Inter-
view aux Coulisses, il l'avait soumise à
l'appréciation de son vieil ami Prosper
Mariolle. Vingt fois, Prosper Mariolle
lui avait prodigué des compliments:
« C'est épatant, mon vieux, épatant!
Tu n'as jamais rien fait de mieux ! » Il
ce$ Sa> subitement, de se gratter le front.
Il trempa sa plume dans l'encre. Sans
hésiter, il ajouta:
* >fcans l'espoir que vous chargerez M. Fardot,
à présent, d'interviewer Antoine, Gémier, Bras-
seur, Buguenet, Tarride, les deux Mounet, les
trois C l, 1 etc., etc., je vous
prie oque m, es quatre. etc" etc., Je vous
prie d'agréer, monsieur le directeur, l'expres-
sion de ma considération distinguée.
Un de vos plus fidèles lecteurs,
Prosper MARIOLLE.
r127, rue des Saints-Pères.
II
ta Jbhan Fardot avait sonné Joséphine,
t, onne. Il lui avait dit:
— Joséphine, habillez-vous et descen-
dez. Voici quatorze sous: douze sous
br Ur l'omnibus, deux sous pour un tim-
bre-poste. Prenez cette lettre. Ne la per-
dez pas. Allez la jeter au bureau de
poste de la rue des Saints-Pères. Vous
savez bien, le bureau situé presque à
côté de la maison ou demeure M. Ma-
Immobilisée au bord du trottoir, rue
Notre-Dame-de-Lorette, Joséphine at-
tendait le Passage de l'autobus. Son re-
gard tomba sur l'enveloppe que Fardot
lui avait confiée. Elle lut:
MONSIEUR POUCHE,:
17 Directeur des Coulisses
» Tue du Faubourg-Montmartre (E. V.)
W. Pas possible, Monsieur il perd com-
ment la boule! songea-t-elle. Les
TtI,?llllSses, c'est à trois minutes d'ici! Il
y a envoyée, je n'sais combien de
tti depuis deux mois, porter des let-
J'y ai été porter une lettre avant-
1r r encore!. Pourquoi qu'il me fait
H^erser la moitié de Paris, aujourd'hui,
aller jeter c'te lettre là à la poste?..
bas autobus tardait à paraître. Pour
Str le temps, elle s'approcha de la
fçs l!îe d'un confiseur. De. grosses crot-
chocolat, habillées de papier d'ar-
et tarifées dix centimes pièce, atti-
ent son attention.
--.. Va a l'air rien bon, songea-t-elle.
Ben dommage que les quatorze sous,
que ) porte dans la main droite, ils
soi eilt point à moi!
Deux minutes après, Joséphine se di-
rigeait, à pied, vers le 17 de la rue du
Faubourg-montmartre. Dans sa main
droite, elle ne portait plus quatorze
sous. Elle portait sept crottes en cho-
colat.
Dans l'antichambre des Coulisses,
elle Confiait au garçon du journal : « Pas-
sez ¡; mot à M. Pouche, je vous prie ».
M. Pouche, lui-même, passa.
— U'est-ce? Une lettre pour moi?.
De la Part de qui?
— De la part de Monsieur, murmura
Joséphine. de M. Fardot.
M. Pouche décacheta l'enveloppe.
Son visage exprima, bientôt, une vive
surprise. Voyons, cette bonne venait de
lui déclarer qu'elle était envoyée par M.
Fardot! Il ne rêvait pas cependant! La
signature qu'il déchiffrait au bas de cette
lettre, n'était pas « Jehan Fardot ». De-
puis quand « Jehan Fardot» cela s'or-
thographiait-il « Prosper Mariolle »?.
Il se tourna vers Joséphine :
— Vous dites que c'est M. Fardot, M.
Jehan Fardot, qui vous a chargé de
m'apporter cette lettre?
Joséphine avala le morceau de cho-
colat qu'elle suçait. Un peu troublée,
elle murmura:
— Oui, M'sieu. c'est-à-dire, oui et
non. V'là. Monsieur il m'a donné l'or-
dre, comme ça, d'aller mettre c'te lettre
là à la poste, rue des Saints-Pères. J'ai
pensé que ça revenait au même, c'est-y
pas vrai?. Alors, d'un coup de pied, je
l'ai portée tout droit, ici. Oh! je peux
ben le jurer à M'sieu, j'ai pas flâné en
route î *
III
Ce matin, Jehan Fardot a trouvé
dans son courrier une enveloppe grise.
Dans l'angle gauche, étaient imprimés
ces mots: Les Coulisses.
Il a bondi de joie :
— Ça y est! Faut avouer que ça n'a
pas traîné! Ma lettre a déjà produit son
effet! Nul doute, ils me demandent un
autre article.
L'enveloppe contenait deux feuilles de
papier. Fébrilement, il a déplié la pre-
mière. Il a reconnu l'écriture de M.
Pouche. Il a lu:
Cher monsieur,
Merci de nous avoir aimablement communiqué
l'opinion d'un certain M. Prosper Mariolle, sur
votre Interview avec Sarah Bernhardt.
Tout permet de supposer que ce certain M.
Prosper Mariolle est un de vos amis. C'est donc
à regret que nous formulons à son sujet un ju-
gement un peu sévère. Il est indéniable, cepen-
dant qu'il manque totalement de suite dans les
idées. La lettre ci-jointe, parvenue au journal
dans la soirée, vous le prouvera.
Plus fébrilement encore, Fardot a dé-
plié la seconde feuille de papier. Il a re-
connu l'écriture de Mariolle. Il a lu:
7™!5rour ic U116C19U11.
Oh! le honteux article que vous avez publié
ce matin!. je veux parler, vous m'avez com-
pris, de VInterview avec Sarah Bernhardt, si-
gnée Jehan Fardot.
En quelle langue est-ce écrit? En nègre? En
esquimeau? Ou en espéranto?.
Un bo.-i conseil, Monsieur le directeur: n'en-
combrez plus votre très intéressant iournal avec
de pareilles ordures, de semblables horreurs,
d'analogues monstruosités*!
Dans l'espoir que je ne trouverai jamais,
dans vos colonnes, une seconde interview si-
gnée Fardot, je vous prie d'agréer, Monsieur
le directeur, les salutations empressées d'un
de vos plus fidèles lecteurs.
Prosper MARIOLLE,
'127, rue des Saints-Pères.
Max et Alex FISCHER.
(Traduction réservée).
Nous publierons demain une nouvelle de
ALBERT FLAMENT
07HB
Dans la plupart des pays étrangers, le
but principal des boutiquiers paraît être de
vendre leurs marchandises. En France, c'est
tout le contraire, et, pour arriver à décou-
rager leurs clients, nos commerçants sont
capables des efforts les plus considérables.
Un des moyens les plus en honneur dans
le commerce parisien consiste, pour y par-
venir, à dissimuler soigneusement le prix
de l'objet à vendre en remplaçant sur l'éti-
quette les chiffres connus par un assem-
blage de lettres qui eût déconcerté Œdipe
lui-même au temps où il allait taire ses em-
plettes dans les magasins thébains.
Tel bronze vaut 07HB, telle tapisserie
atteint OVXV francs. Le plus simple est
d'y renoncer, et c'est ce que l'on' tait pres-
que toujours en se rabattant sur des ma-
gasins employant des procédés de vente
moins inquiétants.
Pour la musique, le moyen employé est
encore plus radical. Il consiste à indiquer
tout tranquillement, sur le morceau à ven-
dre, un prix quatre ou cinq tois supérieur
au prix réel.
Avec l'indication 07HB ou BH07, on
peut encore conserver quelques illusions:
on peut se dire que le zéro ne compte pas,
que 7 veut dire sept francs et HB 95 cen-
times.
Avec le système de notation. musicale,
rien de pareil, et lorsqu'un acheteur non
initié voit, sur une chanson valant deux
sous, un prix marqué de six ou sept trancs,
il part sans demander son reste.
En agissant de la sorte, le commerçant
qui surfait inutilement ses prix, travaille
contre lui-même, comme ne le ferait pas
son pire concurrent de peur d'être accusé
de concurrence déloyale. Et c'est d'autant
plus stupide qu'à la différence des mar-
chands de statuettes italiens, les marchands
de musique n'ont jamais eu dans l'idée d'ac-
cepter d'un client naïf le prix qu'ils attri-
buent à leurs publications. Dès lors, pour-
quoi le font-ils? Pour rien.
C'est, il est vrai, plus qu'il n'en faut en
France pour que cet usage absurde se
maintienne encore pendant quelques siècles.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
N
ous parlions récemment du manque de
mémoire chez les artistes, et de l'effet
comique qui peut en résulter parfois, par
l'effet du sens même de la réplique mo-
mentanément oubliée.
Il n'y a pas très longtemps, nous en avons
rencontré un amusant exemple dans un con-
cert.
Un chanteur interprétait La Berceuse,
bien connue, de Xavier Privas, qui débute
par:
Pour apaiser tes sens, j'ai conjuré Morphée.
quand soudain le commencement d'une des
strophes suivantes vint à lui manquer. II
n'y avait pas de souffleur. Le malheureux
resta « en carafe » pendant un laps de
, temps qui dut lui sembler interminable;
tout à coup, il retrouva le fil de la poésie
et lança: -
Ne plus se soutenir est peut-être une joie !
On devine combien le public fut; en
effet, mis en « joie » d'avoir vu ainsi l'ar-
tiste « ne plus se souvenir » ; celui-ci fut
seul à trouver que ce n'est pas tant que
cela une joie. quoiqu'il vînt d'en diref1
A
propos de Masssenet.
L'illustre compositeur de la musiaue
de scène du Manteau du Roi était allé à
Hambourg diriger l'orchestre le soir de la
« première » de son Hérodiade dans cette
ville. Son succès avait été extraordinaire,
et le maître avait été comblé de couronnes
et de lyres gigantesques ornées de rubans
aux trois couleurs. Ces trophées étaient
tous en feuilles de laurier naturel, et le
compositeur, ne pouvant les emporter avec
lui, prit le parti de se les faire expédier.
Quand la caisse fut arrivée à Paris, on
présenta à Massenet le récépissé du chemin
de fer qui portait cette mention : « Un colis
racines médicinales!. »
C'est beau, la gloire!..,
T
oujours comme Molière.
La tournée de Marion Delorme, que
vient a organiser impresario Labruyère,
entraînera, sur les routes de France et de
l'étranger, deux jeunes auteurs dramatiques,
deux poètes que tente l'aventure comique.
L'un, M. René Fauchois, jouera le rôle
de l'Angely, où se couvrit de gloire, der-
nièrement, M. Georges Berr, auteur aussi
jet comédkn. ",'
L'autre, M. Arnyvelde, tiendra le person-
nage d'un seigneur.
Souhaitons sincèrement à ces jeunes dra-
maturges, qui n'ont pas encore égalé Mo-
lière comme poète, de le surpasser comme
comédien.
M
ercredi après-midi, l'Odéon donnait
la répétition générale de Son Père.
Pendant un entr'acte, un monsieur s'appro-
cha de Catulle Mendès et lui demanda à
l'oreille:
— Quelle est cette dame?
Ce disant, il désigna une jeune femme
dans un coin.
— C'est Louise Balthy, répondit l'au-
teur de Sainte Thérèse.
— Une artiste? questionna encore le mon-
sieur.
Alors le critique du Journal clama à haute
voix:
- Comment, tu ne connais pas Balthy?
Voyons, Balthy I Tout le monde connaît Bal-
thy!
Et, riant bien fort, Catulle Mendès s'éloi-
gna à pas lents.
c
omment ils l'appellent.
Il y a plusieurs façons de nnm.
mer notre première scène dramatique. Les
uns disent (c la Comédie-Française », d'au-
tres « le Théâtre-Français », d'autres « les
Français », M. Monval l'appelle « la Mai-
son de Molière », un grand poète l'a sur-
nommée « la Maison de Tartufe », les so-
ciétaires « la Maison »,' et M. Le Bargy
« la Boîte ».
Il est encore un nom nouveau. Il est de
M. Emile Faguet, l'impétueux critique du
Journal fies Débats, qui dans une récente
conversation à propos de Terre d'Epou-
vante, établissait un long parallèle entre les
façons dont on joue au théâtre Antoine et
- au théâtre Jules.
Le malheur, c'est qu'Antoine n'est pas
un prénom, mais un nom — et même un
grand nom !
u
n duel.
A la suite d'un inrifW H'mvw
vé, M. Alfred Oulman, directeur du Ruy
Blas, a envoyé ses témoins, MM. Rouzier-
Dorcières et Pierre Mortier, à M. Gustave
Batiau, qui a constitué, pour le représenter,
MM. Bertol-Graivil et Paul Bluysen. Une
rencontre au pistolet a eu lieu hier au Parc
des Princes, à dix heures du matin. Deux
balles ont été échangées sans résultat Les
docteurs Musy et Grünberg assistaient à la
rencontre.
L
e vrai spectacle.
Le spectacle n'est cas ton ion rs ex-
clusivement sur la scène ; il est - aussi - dans
la salle - et même hors de la salle, au café
principalement. Je l'ai constaté partout et
je le remarquais encore hier à l'Odéon.
Parmi les critiques, soiristes, courriéris-
tes et tous les gens dits de théâtre, il-faut
distinguer trois catégories:
Il y a d'abord ceux qui ne bougent jamais
de leurs loges, ou de leurs fauteuils; y re-
çoivent des visites, lorgnent leurs voisins
ou lisent leurs journaux. Ce sont des âmes
placides et des esprits casaniers.
Je vous citerai parmi ceux-là M. Henri
Rochefort, M. Félix Duquesnel, M. Nozière,
M. Emile Faguet, M. Camille Le Senne et
M. Charles Martel.
Il y a ceux qui « font les couloirs »,
déambulent, lancent des mots. Vous comp-
1
terez parmi eux MM. Emmanuel Arène,
Pierre Veber, Gaston Calmettes, Alfred
Edwards, Adrien Hébrard ou Zamacoïs.
Il y a ceux qui attendent la fin d'un acte
pour se précipiter au bar ou au café, où ils
dégusteront des consommations variées, pré-
pareront leurs comptes rendus ou corrige-
ront leurs épreuves. Ceux-là, ce sont « les
travailleurs de l'amer ».
Leur chef est M. Catulle Mendès. Autour
de lui, s'animant à la chaleur communicative
des banquettes, vous reconnaîtrez MM. Ar-
mand d'Artois, Georges Courteline, Hugues
Delorme ou Auguste Germain,
Il y a enfin ceux qui vont inévitablement
féliciter l'auteur, quel qu'il soit. Parmi ces
enthousiastes, vous noterez MM. Louis Ar-
tus, Mesplès, Armand Lévy, Adrien Vély.ou
Ferdinand Bloch.
Des catastrophes pourront se produire,
de nouvelles directions pourront surgir, l'art
dramatique pourra subir -lés pires cataclys-
mes, toujours immuables, éternels, perpé-
tuels et permanents, vous verrez M. Zama-
coïs prodiguer son esprit dans les couloirs,
M. Félix Duquesnel recevoir dans sa loge,
M. Catulle Mendès tenir table ouverte au
Café du Théâtre, et M. Louis Artus con-
gratuler l'auteur, les auteurs, tous les au-
teurs.
E:
n parcourant l'Arrêté organique du
8 octobre 1905 sur le fonctionnement
du Conservatoire national de Musique et de
Déclamation, littérature administrative fort
indigeste, je tombe en arrêt devant l'article
70, ainsi conçu:
« Les aspirants de nationalité étrangère
peuvent être reçus avec l'autorisation spé-
ciale du ministre, sans qu'il puisse, cepen-
dant, y* en avoir plus de deux par classe.
« Ils jouissent des mêmes droits et sont
soumis aux mêmes services que les élèves
nationaux.
« Toutefois, ils ne peuvent être admis à
concourir pour les prix que dans leur
deuxième année d'études au Conserva-
toire. »
Je m'enquiers des droits en question et
j'apprends qu'il s'agit: des bourses d'étu-
des, des pensions, de la gratuité d'enseigne-
ment, des récompenses honorifiques et pé-
cuniaires de fin d'année, enfin des engage-
ments dans les théâtres nationaux.
Le geste est magnanime de fournir ainsi
aux étrangers des armes pour venir nous
battre chez nous. Le tout est de savoir si
nous trouvons la réciprocité en dehors des
frontières: j'en doute fortement.
Ce qui est sûr, c'est qu'au train dont ils
y vont, nos bons voisins et amis ne laisse-
ront bientôt plus une place disponible pour
les bons Français, de France dans nos deux
grantfs théâtres Tynqueâ.
La Princesse devrait bien exercer sa gé-
nérosité en faveur de ses seuls enfants.
Si l'on modifiait l'article 70 dans un sens
un peu plus nationaliste? Qu'en pensent
MM. Briand et Dujardin-Beaumetz?
L
eurs fils.
Un amateur de statistiques s'est
amusé à constater un phénomène curieux.
Il aurait remarqué que tous les fils de co-
médiens célèbres — qui sont comédiens
eux-mêmes — seraient pourvus d'un res-
pectable embonpoint.
Et, à l'appui de sa thèse, il nous cite les
noms de MM. Jean Coquelin, Louis Delau-
nay, Baron fils, Sacha Guitry.
Nous sommes désolés de lui nommer à
notre tour, pour contredire son amusante
opinion, MM. Albert Lambert fils, Berthe-
lier, José Dupuis et Jacques de Féraudy.
S'ils n'engraissent pas, notre joyeux con-
frère pourra renoncer à la statistique..
Personne ne s'en plaindra.
Q
uels sont les compositeurs qui produi-
sirent le plus grand nombre d'oeu-
vresr
Nous relevons sur cette question, dans
une curieuse statistique, les renseignements
que voici:
Beethoven, 57 ans: 439 compositions
dont 30 orchestrations; 79 œuvres de piano
à deux mains.
Brahms, 64 ans: 538 compositions.
Diabelli, 77 ans: 2.585 compositions.
HændeI, 71 ans: 397 compositions.
Liszt, 75 ans: 955 compositions.
Rubenstein, 66 ans: 550 compositions.
Mozart, 37 ans: 626 compositions.
Le génie musical est fécond, comme on
voit.
c
omœdia a parlé des difficultés que ren-
contrerait en France la représenta-
non de The Merry Widouw, démarquage
impudent d'une comédie de Meilhac, L'At-
taché d'ambassade.
S'il faut en croire l'agent dramatique
Mayer, ces difficultés auraient été aplanies,
grâce à une indemnité versée aux héritiers
de Meilhac, et Mlle Marguerite Sully joue-
rait à Paris le rôle charmant de Sonia, dans
lequel s'illustrèrent à Vienne Mintzi Gün-
ther, à Berlin Marie Ottmann, à Londres la
délicieuse Lily Elsier.
Une feuille de joie anglaise, le Winning
Post, opine que' cette pièce litigieuse de-
vrait être jouée. à l'Opéra-Comique. Excel-
lente idée! Et espérons que, dans le même
temps, la nouvelle direction de l'Opéra
montera La Belle Helène, et la Comédie-
Française Tire au Flanc!!!
L
e Comptoir International, '44, Chaussée-
d'Antin, acheté le plus cher de tout
Paris les beaux DIJOUX ainsi que les bijoux
démodés, et paie les reconnaissances 100
pour 100 et plus. Ne vendez aucun bijou
sans le lui soumettre.
NOUVELLE A LA MAIN
D
ans un cabinet directorial en province.
LE RÉGISSEUR. - Nous nonrrînnc
donner du Shakespeare. Si nous fixions no-
tre choix sur Roméo et Juliette ?
LE DIRECTEUR. — Vous êtes fou! Pour-
quoi, je vous prie, donner deux pièces à la
fois !
Le Masque de Verre,
ÉTOILE VOYAGEUSE
Mlle Lucienne Bréval
à rOpéra=Comique
Pour la seconde fois de sa carrière, Mlle HrêVal sera, cette
saison, la pensionnaire de l'Opéra-Comique,
« Mlle Bréval qui, entre autres méri-
tes, a celui de chanter de la bonne mu-
sique, a déployé, dans une scène d'Iphi-
génie en Aulide, une voix bien timbrée
et chaude, un talent de comédienne plei-
ne de promesses. C'est un beau brin de
fille que Mlle Bréval, et qui fera, à l'O-
péra, le meilleur effet. »
Ainsi s'exprimait, dans Les colonnes
d'un de nos grands quotidiens, un cri-
Mlle LUCIENNE BREVAL Photo Manuel.
tique musical réputé, au lendemain du
Concours d'opéra où Mlle Bréval avait
conquis, de toute la fbrce de son talent,
un premier prix indiscuté, devant un
jury composé d'Ambroise Thomas, de
Léo Delibes, d'Ernest Guiraud, de Bar-
bier, de Deschapelles, de Victorin Jon-
cières, de Paladilhe et de Ritt.
Deux ans plus tard — son état de
santé ne lui avait pas permis d'aborder
la scène plus tôt — Mlle Bréval débutait
à l'Opéra dans L'Africaine — le jour
même où Ibos faisait sa rentrée à notre
Académie Nationale.
Le succès de la jeune artiste ne fut pas
contesté et le lendemain, le même criti-
que énonçait cette prédiction que l'on
aurait « souvent l'occasion de reparler
de la débutante ».
Les « occasions ». furent innombra-
bles: Salammbo, Guillaume Tell, Tan-
haüser, Aida, Sigurd, Le Cid, Patrie, La
Valkyrie, La Montagne Noire, Les Maî-
tres Chanteurs, La Burgonde, Pallas-
Athéné, Amy Robsart, Le Fils de l'E-
toile, L'Etranger, Ariane, lui permirent,
malgré leur diversité, de déployer les
ressources innombrables d'un des plus
beaux tempéraments dramatiques.
Et voici que l'illustre cantatrice va. Itt
mois prochain, chanter, à la Salle Erard*
I'oeuvre de Gluck qui lui valut, naguère,
son premier et décisif triomphe. L'Iphi-
génie en Aulide n'a pas été représentée
à Paris depuis le 22 décembre 1824. M.
Albert Carré ne pouvait être plus heu-
reusement inspiré qu'en demandant à
Mlle Bréval le précieux concours de son
merveilleux talent.
Mlle Bréval sera, cette saison, pourjâ
seconde fois de sa carrière, la pension-
naire de 1 Opéra-Comique. Elle y fit,
naguère, une inoubliable création : G ri*
sélidis.
L'oeuvre de Gluck l'y flxera:t-elle?
Qui sait.
GEORGES TALMONT.
Un Drame lyrique français en Belgique
, HERNANI
Le drame de Victor Hugo adapté par M. Gustave Rivet, et m!a
en musique par Henri Hirchmann, est en répétitions
au Théâtre-Royal de Liège.
La Belgique est décidément accueillante
à nos compositeurs. Tour à tour, les ma-
gnifiques théâtres de La Monnaie, de Liège
et d'Anvers leur ouvrent leurs portes. Nous
avons appris qu'Henri Hirchmann allait
donner, à l'Opéra Royal de Liège, la pre-
mière d'Hernani, drame lyrique qu'il a
écrit sur le magnifique drame joué à la
Comédie-Française. Nous avons rencontré
hier le jeune musicien, de retour de Liège,
où il venait de lire sa, partition à ses inter-
prètes.
— Y a-t-il longtemps que vous avez fait
votre drame lyrique, avons-nous demandé?
— Depuis longtemps le sujet d'Hernani
me passionnait. J'eus enfin l'autorisation de
la famille Victor-Hugo; Gustave Rivet, le
distingué poète, se chargea de l'adaptation,
qu'il fit merveilleusement. Son livret résu-
me admirablement l'œuvre d'Hugo, en lais-
sant toutes les magnifiques scènes ose t fttl-
vrage, car notre drame suit exactement le
drame joué au Théâtre-Français. Vous y en-
tendrez, notamment, le célèbre dialogue de
la scène des tombeaux. De mon côté, je me
suis mis aVec ardeur à l'ouvrage, n'en par-
lant à personne, sauf à mon éditeur Chou-
dens, qui a, du reste, déjà gravé la parti-
tion.
- Et^omment avez-vous eu l'idée de
donner votre œuvre à Liège?
- On me joue beaucoup en Belgique.
L'année dernière, rien'qu'en ce pays, mes
ouvrages ont eu près de deux cents repré-
sentations. Je causais, cet été, avec lf di-
recteur de l'Opéra Royal de Liège, et lui
parlais de mes futurs projets. Je "ai fis en-
tendre des fragments d'Hernani, alors pres-
que achevé. Il s'emballa et me proposa d'en
faire la création à son théâtre, pour la sai-
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