Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-10-24
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 24 octobre 1907 24 octobre 1907
Description : 1907/10/24 (A1,N24). 1907/10/24 (A1,N24).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76453224
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
jNfclère Annâ«. — N° 34 CQuoUdteo). ~TVo~
Jeudi 24 Octobre 1901"
COMCEDIA
Rédacteur en Chef : G. de PAWLOWSKI
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
27, hufeuard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE : 288-07
Mtesse Télégraphique : COMŒDIA-PARIS
ABONNEMENTS:
UN AN 8 MOIS -
t~. s et Départements 24 fr. 12 fr.
anger. 40 » 20 »
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnièret PARU
TÉLÉPHONB : 288-07
Adresse Télégraphique : C0MŒDIA=PARI1
ABONNEMENTS:
UN AN 6 Niort
Paris et Département. 24 fr. 12 fr.
Étranger 40 » 20 é
ta Poupée
Sque le baron George remit son
fic letau contrôle, les trois augures de la
riaJoî.te au Sel » se regardèrent en.
Mais l'habitué de l'Alcazar Moderne
était prIt point garde, fort occupé qu'il
était par de plus graves soucis.
Pourquoi venait-il chaque soir ? Ni
les contrôleurs, ni les ouvreuses ne le
savaient.
Seule, la placeuse du côté pair était
sérieusement. documentée.
Elle avait remarqué, elle! qu'à peine
assis, le baron George, sans prendre
garde à ses voisins ou voisines, sans
considérer à la dérobée les « dames »
du promenoir, lorsque apparaissait der-
%♦ i ralmpe le grand carton mention-
nant le numéro 18, s'empressait de sol-
liciter le secours d'une lorgnette qu'il ne
remettait en son étui qu'une fois le ri-
deau tombé sur le dernier exercice du
numéro en question.
Quand l'orchestre attaquait la ritour-
pelle de l'exhibition suivante, le baron
George se jevait, allait errer 'dans les
coins les plus obscurs de la salle, afin
de s'y recueillir., sans doute, puis dis-
paraissait, se mêlant à la foule des spec-
tateurs qui s'en vont « avant la fin H
dans le but d'éviter la cohue de la sortie.
Les moins perspicaces des observa-
teurs du baron George avaient deviné
qu'il était certainement amoureux pour
s'imposer la dure obligation de venir,
chaque soir - assister à une tranche de
spectacle, toujours la même, puisqu'il
ait à la même heure, et qu'il devait
paître évidemment par cœur, jus-
n ses moindres détails.
et -1 baron George était, en effet, amou-
^oureux fou du numéro 18.
Mais qu'était-ce donc ?
On lisait au programme ces simples
s anglais aisément traduisibles:
18. MOTO-GIRL.
moment, le rideau se levait sur
r vague représentant, pour les
ÎMuilc «à de. fres bonne
%rps l'atelier d'un tourneur sur bois,
{^nt de jouets d'enfant.
elmi les œuvres du tourneur, se
N*Hiv*it une poupée dont la taille,, peu
^Proportion avec celle des autres ob-
evait la dimension normale d'une
^ne humaine.
c~boutée contre un fauteuil, la pou-
pee se laissait contempler assez longue-
4 SL Par le public.
Sa Perruque était blonde, ses yeux
bleu Clair, ses pommettes rouges, un
peu trop, le carmin avait été dépensé
,N Modération.
Des manches rigides de sa robe sor-
taient deux petites mains aux doigts
pointus, écartés en éventail.
De beaux môllets fermes et ronds,
sculpturaux, étaient moulés dans des
de soie rose et ses petits pieds, fort
~st Crattques, chaussaient des escar-
~ms en peau blanche.
A un moment donné, le « Tourneur
sur bois » arrivait, saluait le public, pa-
~ssait, 3 pour donner le change, s'occu-
uniquement des autres accessoires
la boutique en toile peinte, puis, lors-
l' attention générale était bien con-
~entrée sur lui, enfonçait brusquement
longue clef d'acier dans les reins de
~nfortunée poupée, donnait vivement
quelques tours de droite à gauche, et.
tomate s'animait, remuait bras et
~nes, marchait et inclinait la tête, s'as-
S^ dans un fauteuil, faisait le simu-
de prendre un repas, chantait, au
~sert, un petit air avec une petite voix
de crécelle fêlée, puis disparaissait dans
coulisse après avoir, avec son créa-
esquissé quelques pas de valse
tL Applaudissait à outrance!
eau se levait trois et quatre fois
W*: la Moto-Girl venait à chaque
'saluer' l'auditoire.
uns -prétendaient qu'elle avait
D'autres certifiaient que sa poi-
Jp soulevait et qu'elle respirait.
j~~s rares naïfs soutenaient, en dé-
~» incrédules, que l'automate était
~nt une mécanique, mais leur
~tait peu admise.
~entendu, le baron George ne par-
pas cette dernière opinion.
t bien qu'en réalité la poupée
vivait bien ; il suffisait, pour s'en
~cre, de l'observer un peu fré"
quemen nt.
émouvante alerte, un soir, se pro-
Quel ques flammèches roussies tombè-
i X V cintre. L'acre odeur du brûlé
à la gorge acteurs et spectateurs.
~es bouches du calorifère une épaisse
~ée monta sous les fauteuils, embru-
~tt la salle.
leu !
~gr Panique éclata, d'autant plus
que la lumière venait de s'étein-
Malgré les objurgations du régisseur
de la scène, s'époumonnait à crier
l'on avait éteint « exprès » pour
eviter la propagation de l'incendie, il
~des bagarres regrettables, des fem-
cUlées, des gens renversés; on
s'écrasa vers la sortie. Plusieurs per-
sonnes sautèrent sur la scène. •
L'accident venait justement de se pro-
duire au moment où la Moto-Girl allait
faire son apparition.
Enjamber les deux rangs de fauteuils
qui se trouvaient devant lui, franchir vi-
vement l'orchestre, en piétinant sans
vergogne pupitres, contrebasses et cor-
nets à piston, se hisser sur le « pla-
teau » et courir, dans la coulisse à droite
de la scène, où se trouvait la Moto-Girl,
fut, pour le baron George, l'affaire d'un
instant, exécutant en un clin d'œil ce
plan, spontanément conçu, combiné dans
une poussée irréfléchie, irraisonnée d'a-
mour et de dévouement.
Dans la mi-obscurité des dégagements,
encore vaguement éclairés par de rares
lampes fumeuses, dites « de secours »,
le baron George s'empara de l'objet de
ses ardents désirs.
La femme automate s'abandonna, ina-
nimée, à lui, froide, rigide., évanouie
sans doute??
Le hasard qui le mit en présence d'un
couloir étroit, qui le fit suivre, monter
quelques marches, en descendre quel-
ques autres, permit au baron d'échap-
per, avec son précieux fardeau, aux
flammes qui, malgré l'optimisme du ré-
gisseur, se déclaraient de plus en plus
inquiétantes, s'accroissant de terrible et
dangereuse manière.
- « Cocher! au galop, 312, avenue
de Messine! », cria-t-il en s'engouffrant
dans un fiacre avec la compagne incon-
nue, mais aimée d'un fol amour, que
lui livrait inopinément le tragique événe-
ment dont tous deux auraient si bien pu
être victimes.
La « poupée » demeurait inerte, calée
dans le coin de la voiture.
L'émotion, le désarroi dans lequel il
se trouvait, empêchèrent le baron George
d'apprécier comme il eut convenu cer-
tains détails étranges, tels que la dureté
des doigts gantés de la Moto-Girl, bien
qu'il lui frappât dans les mains pour ra-
nimer ses sens.
Avec d'infinies précautions, le baron
George descendit son précieux fardeau
devant la porte du rez-de-chaussée qu'il
occupait avenue de Messine.
Entré chez lui, il déposa sur son lit
l'être immobile qu'il avait ramené.
Tournant le commutateur, il inonda
la pièce d'un flot de lumière blanche,.;
Horreur ! la rôb^ épaisse ëPmktelas-
sée de la Moto-Girl, entr'ouverte sur sa
poitrine, laissait voir. toute une série
de rouages mécaniques, un complexe
enchevêtrement de roues dentées, de ba-
lanciers, de ressorts en spirales, de tiges
d'acier, de rondelles en bois!
L'incendie de l'Alcazar Moderne fut
moins grave qu'on aurait pu lé croire
un moment. Si l'établissement fut dé-
truit entièrement, si les journaux racon-
tèrent d'abord qu'une artiste avait été
brûlée et que son cadavre était resté in-
trouvable, le fait fut démenti par la suite
et l'on affirma qu'aucun accident de per-
sonne ne s'était produit.
Le baron George qui, depuis la nuit
tragique, était devenu taciturne et sujet
à la neurasthénie, resta cependant con-
vaincu qu'un irréparable malheur s'était
produit :
Il existait, d'après lui, deux Moto-
Girls: -\
Une, vivante, qui, à un moment
donné, se substituait adroitement à l'au-
tre. -
Puis celle qu'il avait enlevée.
La première avait dû périr tandis qu'il
sauvait la seconde ! Mais il n'a jamais pu
savoir si cette explication était juste, car
l'imprésario de son idole défunte dispa-
rut de la Capitale et l'automate est le
seul souvenir qu'il ait gardé de son rêve
évanoui.
Pierre SOUVESTRE.
, -
Nous publierons demain une nouvelle de
OCTAVE MIRBEAU
Le prestige
de l'uniforme
Il faut véritablement avoir un courage à
toute épreuve pour oser iouer le rôle du
traître dans un théâtre des faubourgs.
On est guetté à la sortie par des specta-
teurs indignés qui ont décidé de vous faire
votre affaire et de venger à coups de bottes
la pauvre orpheline si maltraitée par vous
au troisième acte.
Aussi bien, l'acteur chargé de jouer ce
triste personnage ressemble-t-il, dans le
quartier, à quelque Deibler local se ca-
chant dans un petit appartement, n'osant
avouer sa profession et vivant entouré de
la réprobation générale.
Et cela est tort bien ainsi. Il est bon que
les sentiments rigoureux de justice collective
se maintiennent, en effet, dans le peuple,
même sous cette lorme injuste qui leur est
habituelle.
Mais que cette façon d'envisager les
choses soit. celle de nos plus grands comé-
diens, qu'elle soit également celle du pu-
blic lettré, cela peut paraître véritablement
excessif. Il n'en est pas moins vrai que sur
nos principales scènes nous constatons une
tendance marquée à dédaigner tous les rô-
les qui ne personnifient pas un être beau,
noble et intelligent. Et comme malheureu-
sement, il n'est pas possible d'en créer
pour tout le monde sous peine de négliger
un peu trop la réalité, nos acteurs s'arran-
gent de leur mieux vour dissimuler l'état
défavorable de lèur pérsonnage: sa misère
ou sa laideur, et en cela n'ont-ils point tort
au point de vue pratique.
En effet, le public en est arrivé à une
telle incompréhension des beautés littérai-
res qu'il ne goûte que rarement un acteur
véritablement scrupuleux, qui s'ingénie à
représenter une tare humaine. Tout au
moins, il ne l'admet qu'avec peine et com-
me il le ferait d'une fantaisie passagère.
Du reste, il faut bien le reconnaître, cette
opinion est également celle de nos gouver-
nants. C'est ainsi oue l'on décorera tou-
jours de préférence un acteur tragique qui,
lui au moins, se tient correctement et a su
endosser les plus grands malheurs sans se
plaindre, plutôt qu'un acteur comique qui
passe auprès de tous pour un « rigolo », trop
peu sérieux pour qu'on s'en occupe.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
'Ce soir, à neuf heures très précises,
aux Variétés, première représentation de
L'Amour en Banque, comédie en trois actes
de M. Louis Artus.
L
es spectateurs de la répétition générale
de L'Amour en Banque, hier soir, aux
Variétés, ont été très surpris de voir, au
premier rang des fauteuils de balcon, la face
épanouie et bien parisienne de l'excellent
Huguenet.
— Huguenet au spectacle!
-^ Tandis qu'on répète toute la soirée à
la Renaissance!.
— Que se passe-t-il donc? Y a-t-il quel-
qu'un de malade et la répétition d'après
dîner n'a-t-elle pas lieu.
Renseignements pris, la nouvelle était
beaucoup plus sensationnelle.
L'auteur de Samson, M. Henry Bernstein,
avait soudainement, dans la journée, pris le
parti de couper radicalement le rôle dévolu
dans sa pièce à l'admirable interprète du
Secret de Polichinelle et de tant d'autres
inoubliables créations.
A
en croire nos confrères allemands, on
ne s'ennuie pas au théâtre de Lyck.
Le directeur de ce théâtre vient, en effet,
d'apprendre. au public que, pour la première
représentation de la première pièce d'un il-
lustre inconnu, chaque spectateur recevra,
avec son carton d'entrée, un billet de lote-
rie dont le gros lot consiste en un. costume
complet
Ôh rie peut raisonn~bT~'nt'pS$"demà~n'
der plus.
L
s célèbre chanteur Martin était fort
embarrassé quand il avait à faire une
annonce au public. Ayant un jour à récla-
| mer l'indulgence pour un de ses camarades
qui venait de se trouver indisposé, il s'a-
vança vers la rampe :
— Messieurs, dit-il en balbutiant, notre
camarade est en ce moment. hors d'état
de. à cause de. d'un accident. comme
qui dirait. un. ne pouvant.
Alors un spectateur, voulant le tirer d'af-
faire, de lui crier: .",: -
— Chante-nous ça, Martin î.^
u
ne conférence doit avoir lieu aujour-
d'hui entre le représentant du minis-
tre des Beaux-Arts, celui de la Société des
auteurs dramatiques, MM. Rébeillard et
Grébauval, présidents des 4e et 2e commis-
sions du Conseil municipal; Deville et Mas-
sard, rapporteurs du projet de Lyrique po-
pulaire à la Gaîté.
Elle a pour but la mise au point des ar-
ticles du projet fixant les conditions dans
lesquelles l'Opéra et l'Opéra-Comique de-
vront apporter à la Ville de Paris le con-
cours de leurs troupes, de leurs répertoires
et de leurs décors.
L
autre soir, aux-Nouveautés, une dame
visiblement impatientée pria son mari
de changer de place avec elle. Le monsieur
assis derrière elle appuyait avec insistance
son genou au-dessous. de sa taille fine et
cambrée.
En prenant la place de sa femme, le
mari, se retournant avec un sourire aimable
dit à l'importun voisin : ", - -,
— Vous pouvez continuer, -> Monsieur
moi, ça ne me gêne pas !
E
ntendu dans les couloirs de l'Opéra-
Comique:
On félicitait une charmante artiste de la
maison, du talent, très réel d'ailleurs,
qu'elle avait montré la veille dans une pe-
tite création:
— Que voulez-vous, répondit-elle avec
un charmant air d'ingénuité, je ne suis pas
une grande artiste, moi, il faut bien que je
sois bonne!
Précisons, pour éviter les méchantes in-
terprétations : ceci se passait au temps de
Marie-Magdeleine, de Fidelio, de La Ca-
brera et d'une certaine Carmen qui n'était
pas dans une musette !
L
a Reine de Chypre!
Cela se passait le 23 décembre 1841.
L'Académie - Royale de Musique - venait
de monter, la veille, avec un très grand suc-
cès, La Reine de Chypre, due à la collabo-
ration de M. de Saint-Georges pour le li-
vret, et de M. Halévy pour la musique.
Le célèbre écrivain ne travaillait que le
matin et avait horreur d'être dérangé avant
son déjeuner. Or, comme d'habitude, il
avait ordonné à sa nouvelle bonne, arrivée
la Veille seulement de sa province, de ne
laisser entrer personne, fût-ce même la plus
jolie fille de Paris.
Or, vers les onze heures, la sonnette se
fit entendre.
Madeleine (c'éait le nom de la soubrette)
alla ouvrir aussitôt
C'était Mm ltz,__la créatrice de la
Reine de.. Chvtiff^
- M. de Saint-Georges est-il chez lui?
interrogea l'aimable artiste.
- Oui, Madame, mais il ne peut rece-
voir personne et m'a défendu de le déran-
ger. ,
— Oh! moi, ce n'est pas la même chose,
allez-lui dire mon nom.
—> Inutile, Madame, j'ai des ordres for-
mels.
— Vous ne savez donc pas qui je suis,
ma fille? reprit la chanteuse d'un air hau-
tain? -- u.
- Non, jYiaaame.
- Eh bien, allez dire à votre maître que
c'est H, la Reine de Chypre » qui le de-
mande.
La malheureuse bonne faillit tomber à la
renverse et se précipita, affolée, vers le
bureau de son maître en murmurant: « La
Reine de Chypre! La Reine de Chypre! Je
savais bien que M. le marquis avait de bel-
les relations, mais jamais je n'aurais sup-
posé qu'il recevait ainsi une reine dans son
intimité!. »
Les Reines d'opéra avaient de 1 esprit en
ce temps-là.
M
Gustave Téry vient de publier le
Livre d'or des fils à papa, l'histoire
du népotisme de nos jours.
Il y aurait certainement un gros volume
à. écrire qu'on pourrait appeler Le Livre
d'or des petites amies à papa. Il montre-
rait combien, dans certains théâtres, situa-
tions, tours de faveur, avancements, sont
accordés aux protégées de quelques hom-
mes politiques influents qui rémunèrent
ainsi, sans bourse délier, les élues de leur
cœur.
Les plus « chics » pourvoient aussi leurs
anciennes amies: tel poste d'ouvreuse, par
exemple, exige, pour être obtenu, de hau-
tes. relations, et le directeur qui, pour un
motif sérieux, voudrait remercier une de
ces « favorites », aurait, comme on dit, du
fil à retordre.
Et voilà comment on fait mentir l'Ecclé-
siaste — peu cité en ces temps de Sépara-
tion — lorsqu'il prétend que « la recon-
naissance n'est pas la vertu des princes et
des hommes d'Etat ».
c
adet ne veut plus jouer ! Cadet est neu-
rasthéniue! Cadet a du chagrin !
Qui ose tourmenter Cadet?
Lui, de qui Barbey, jl'Aurevilly disait:
« Cadet, qui n'est le cadet de personnel»
Lui, qui a inspiré à Maurice Donnay cette
enthousiaste improvisation :
« Cadet est national. Si Cadet n'existait
pas, il faudrait l'inventer.
u- Périssent nos colonies, plutôt que Ca-
det
ignore. J
« Grenade a l'Alhambra, mais Paris a
Cadet.
« Ôn ne.devrait faire à Cadet nulle peine,
même légère. On ne doit pas frapper Cadet,
même avec une fleur ! »
Puisse notre nationale ^ffeeften consoler
Cadètï - - -. -
u
L r-n auteur, célèbre par sa figure stric-
L tement rasée, voisinait l'autre jour
sur une plate-forme d'omnibus avec un per-
sonnage glabre.
Celui-ci lui souriait vaguement. L'auteur
pensait vaguement le reconnaître : un con-
frère, sans doute, vaguement entrevu.
Le voisin parla le premier:
- Eh bien! et ce Café de Paris?
L'auteur esquisse un geste vague. Il est
fixé maintenant. Ce confrère aura soupé
avec lui chez Léon.
L'autre poursuit, familier:
- Moi, ça n'a pas marché, j'ai rendu
mon tablier..
Horreur! c'était un garçon de café. Lui
aussi avait pris l'auteur pour un confrère.
L
a nymphe Salmacis n'avait pu se faire
aimer du fils de Mercure et de Vénus.
Elle obtint des dieux que son corps et celUI
du bel insensible fussent réunis en un seul,
qui posséderait l'un et l'autre sexe.
Nos musées d'anatomie sont là pour dé-
montrer que point n'est besoin d'une es-
sence divine pour réaliser cette inquiétante
monstruosité, mais nous n'aurions jamais
soupçonné. qu'elle ait pu s'exiger à l'orée,
de certaines carrières comme un certificat
de vaccine ou un casier judiciaire virginal.
En furetant parmi de poudreux bouquins,
nous avons découvert, non sans joie, un
vieux cahier des charges de ! Académie
Royale de Musique. Signé en 1841 par le
ministre de l'Intérieur Duchâtel, ce docu-
ment comporte un paragraphe exigeant
« douze enfants,, moitié filles et, moitié gar-
çons, pour les chœurs de la danse ».
Vers quels rêves scabreux une syntaxe
sans scrupules ne peut-elle égarer l'imagi-
nation!.
- Aller au théâtre. surtout à 1 Odéon, si
mal desservi par les autobus parisiens,.n'est
un plaisir qu'avec une jolie Bayard de ville
10-14 chevaux, dont le rnagasir", 10, bou-
levard de la Madeleine, diffuse tout l'élé-
gance;
Nos artistes sont aussi, de bons sports-
men, tel mon ami Cazalis, à qui les côtes
ont fait tant de gestes d humilité. Mais un
bon cycliste ne monte que les cycles mar-
que « La Française », les plus surs, les plus
éléèants.
L'art se niche partout, même et surtout
dans les carrosseries des voitures automo-
biles. On sait que Vedrine signe les plus
jolies et que ses modèles sont d'un goût
exauis.
NOUVELLE A LA MAIN =--
A
u théâtre, service de première.
Après le second acte, entre journa-
les : -
- Moi. je m'en vai.s. J a. i c hni .de rire.
- Moi je reste. Je n'ai pas encore com-
mencé.
-de Veiwa.
THÉÂTRE DU VAUDEVILLE '1
PATACHON
Comédie en quatre actes de
MM. Maurice Hennequin et Félix Duquesnel
Il semble que plus le scepticisme en-
vahit les esprits, plus le public prend
plaisir à la comédie sentimentale. MM.
Hennequin et Duquesnel l'ont bien com-
pris, puisque les personnages qu'ils
nous présentent dans Patachon sont, su-
perficiellement sceptiques et sont surtout
préoccupés de le paraître, tout comme la
majorité des spectateurs. Mais, précisé-
ment, aussi bien que ces spectateurs, les
personnages de Patachon se laissent ga-
gner par une émotion qui n'est pas de
mauvais goût, puisqu'elle est dosée avec
sobriété et que les auteurs ont eu bien
garde de forcer la note. Patachon est, si
En haut et à gauche: M. POREL; à droite: M. Peter CARIN (tous deux AI,
recteurs du Vaudeville). — Au milieu et a gauche: M. NOBLET. — Au milieui
Mlle Marthe RÉGNIER. — A droite: Mme Rosa BRUCK. — Dans le médaillon de
gauche: Mme Ellen ANDRÉE et M. LEVESQUE. — Dans le médaillon de - droilei *
M. Louis GAUTHIER. - En bas: l'Orphelinat.
vous voulez, du théâtre de Scribe, mais
du théâtre dont Scribe serait le grand-
père et Capus le père., C'ést de la co-
médie légère qui peut prendre place en-
tre la comédie de caractère et le vaude-
ville. Il serait regrettable que le genre
mixte supplantât la vraie comédie, mais
il serait à souhaiter qu'elle prît la place
du pur vaudeville.
En son genre mixte, la pièce de MM.
Maurice Hennequin et Félix Duquesnel
est tout à fait réussie.' Elle révèle une
très réelle science de la scène, un habile
et logique métier ; elle contient des si-
tuations intéressantes ou amusantes, tou-
jours bien amenées. Les auteurs n ont
pas eu la prétention de faire une vraie
comédie et de tracer des; caractères.. Ils
ont voulu esquisser, des silhouettes; ils
y ont réussi. Le public n'en demande
pas davantage.
L'action de Patachon se passe dans
deux milieux bien différents. Elle débute
dans les salons de M. du Tilloy, dans le
monde où l'on s'amuse. Du Tilloy est,
en effet, un viveur; il lance des petites
cabotines én faisant jouer chez lui des
revues. Il est présentement l'amant
d'une femme du monde, Mme de la
Verdière. Il mène une vie de Patachon,
fréquente les restaurants de nuit, les
music-halls, soupe et festoie. Patachon
est le surnom sous lequel il est célèbre à
Paris; il n'a vraiment pas volé ce sur-
nom.
Du Tilloy .est marié, ce qui n'a rien
d'invraisemblable; sa femme est une bi-
gote qui habite un château près de Blois
et donne tout son temps à un orphelinat
avec l'aide d'une façon de tartufe, à
mine de sacristain, nommé Leputois-
Mérinville. On comprend qu'en ces con-
ditions, du Tilloy et sa femme soient sé-
parés: Du Tilloy s'amuse à Paris, sa
femme vit dans les prières -et les bonnes
œuvres, à Blois.
Or, tous deux ont une fille, Lucienne,
qui adore également son père et sa
mère. Elle partage son temps, chaque
année, entre Paris et Blois. Elle tient de
l'un et de l'autre: sous son aspect fri-
vole, elle comprend l'exagération de fa
dévotion de Mme du Tilloy qui, avec un
peu moins de rigorisme et en s'occupant
moins de bonnes œuvres, eût pu conser-
ver son mari; elle comprend aussi com-
bien est futile l'existence de son père,
qui eût pu, avec un peu plus de fidélité,
conserver l'amour de sa femme. Lu-
cienne ne manque pas de souplesse: à
Blois, elle sait être une petite dévote;
on la connaît à Paris comme une jeune
fille très avertie de tout et comme la ca-
marade de son père. Ce n'est pas par
hypocrisie qu'elle mène cette vie à dou"
ble face, c'est plutôt par indulgent*
c'est aussi surtout parce qu'elle s'est mîS
dans la tête de • réconcilia son pèfô
et sa mère, de concilier laoévotion dej
celle-ci avec le peu d'austérité de celuiÕri
là., Elle a résolu de ne se marier que le
jour où le rapprochement qu'elle rêv0
serait chose accomplie.
T"11- -.!_- .- ,.. -
eue mmç. uu ami d'enfance,
de Revray, qui le lui rend bien. C
prend que Robert ne verra pas s
plaisir. s'opérer le raccommoden
père et de la mère.
.11 rapporte à du Tilloy cette rés .cv,
étrange de Lucienne. Du Tilloy ai -
fille, mais il aime aussi la vie de
chon. Son parti est pris pour o
ces deux sentiments assez oppos
simulera une complète conversion
tournera pendant - un mois auprès
femme, juste le temps de décider.c
riage d'un commun accord. Puis
avoir assisté docilement aux messi - -.
sermons que sa femme "lui imoosera. ii.
redeviendra Patachon comme, devant, j
Tout se passe ainsi que c'était prévu#
Mais, quelques heures après la bénédic-4
tion nuptiale,- surgit un cataclysme.
Le mariage de Lucienne avec Robert
contrariait les projets de M. Leputois-
Mérinville, le bigot pique-assiette du
château, le trésorier des bonnes œuvres
de Mme du Tilloy. Leputois-Mérinvillo
rêvait de faire épouser Lucienne à son
neveu Evariste, un jeune coquebin,
dictionnaire ambulant de droit, exagéré-
ment dépourvu de jeunesse aimable, uil
niais vieux avant l'âge.
Leputois et son neveu ont mené
secrètement une enquête à Paris en
soudoyant la femme de chambre de
Mme de la Verdière, et ils re-
viennent à Blois le jour de la noce:
avec la correspondance adressée par du
Tilloy à sa maîtresse pendant le mois
qu'il vient de passer au château sans
pouvoir la yoir. Ils prouvent que le
comte a menti à sa femme et que Robert
de Revray joue une comédie. Il faut sau-
ver Lucienne à tout prix, il faut rompre
le mariage.
Ce sera facile, puisque le mariage
n'est pas consommé. Mme du Tilloy est
Jeudi 24 Octobre 1901"
COMCEDIA
Rédacteur en Chef : G. de PAWLOWSKI
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
27, hufeuard Poissonnière, PARIS
TÉLÉPHONE : 288-07
Mtesse Télégraphique : COMŒDIA-PARIS
ABONNEMENTS:
UN AN 8 MOIS -
t~. s et Départements 24 fr. 12 fr.
anger. 40 » 20 »
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnièret PARU
TÉLÉPHONB : 288-07
Adresse Télégraphique : C0MŒDIA=PARI1
ABONNEMENTS:
UN AN 6 Niort
Paris et Département. 24 fr. 12 fr.
Étranger 40 » 20 é
ta Poupée
Sque le baron George remit son
fic letau contrôle, les trois augures de la
riaJoî.te au Sel » se regardèrent en.
Mais l'habitué de l'Alcazar Moderne
était prIt point garde, fort occupé qu'il
était par de plus graves soucis.
Pourquoi venait-il chaque soir ? Ni
les contrôleurs, ni les ouvreuses ne le
savaient.
Seule, la placeuse du côté pair était
sérieusement. documentée.
Elle avait remarqué, elle! qu'à peine
assis, le baron George, sans prendre
garde à ses voisins ou voisines, sans
considérer à la dérobée les « dames »
du promenoir, lorsque apparaissait der-
%♦ i ralmpe le grand carton mention-
nant le numéro 18, s'empressait de sol-
liciter le secours d'une lorgnette qu'il ne
remettait en son étui qu'une fois le ri-
deau tombé sur le dernier exercice du
numéro en question.
Quand l'orchestre attaquait la ritour-
pelle de l'exhibition suivante, le baron
George se jevait, allait errer 'dans les
coins les plus obscurs de la salle, afin
de s'y recueillir., sans doute, puis dis-
paraissait, se mêlant à la foule des spec-
tateurs qui s'en vont « avant la fin H
dans le but d'éviter la cohue de la sortie.
Les moins perspicaces des observa-
teurs du baron George avaient deviné
qu'il était certainement amoureux pour
s'imposer la dure obligation de venir,
chaque soir - assister à une tranche de
spectacle, toujours la même, puisqu'il
ait à la même heure, et qu'il devait
paître évidemment par cœur, jus-
n ses moindres détails.
et -1 baron George était, en effet, amou-
^oureux fou du numéro 18.
Mais qu'était-ce donc ?
On lisait au programme ces simples
s anglais aisément traduisibles:
18. MOTO-GIRL.
moment, le rideau se levait sur
r vague représentant, pour les
ÎMuilc «à de. fres bonne
%rps l'atelier d'un tourneur sur bois,
{^nt de jouets d'enfant.
elmi les œuvres du tourneur, se
N*Hiv*it une poupée dont la taille,, peu
^Proportion avec celle des autres ob-
evait la dimension normale d'une
^ne humaine.
c~boutée contre un fauteuil, la pou-
pee se laissait contempler assez longue-
4 SL Par le public.
Sa Perruque était blonde, ses yeux
bleu Clair, ses pommettes rouges, un
peu trop, le carmin avait été dépensé
,N Modération.
Des manches rigides de sa robe sor-
taient deux petites mains aux doigts
pointus, écartés en éventail.
De beaux môllets fermes et ronds,
sculpturaux, étaient moulés dans des
de soie rose et ses petits pieds, fort
~st Crattques, chaussaient des escar-
~ms en peau blanche.
A un moment donné, le « Tourneur
sur bois » arrivait, saluait le public, pa-
~ssait, 3 pour donner le change, s'occu-
uniquement des autres accessoires
la boutique en toile peinte, puis, lors-
l' attention générale était bien con-
~entrée sur lui, enfonçait brusquement
longue clef d'acier dans les reins de
~nfortunée poupée, donnait vivement
quelques tours de droite à gauche, et.
tomate s'animait, remuait bras et
~nes, marchait et inclinait la tête, s'as-
S^ dans un fauteuil, faisait le simu-
de prendre un repas, chantait, au
~sert, un petit air avec une petite voix
de crécelle fêlée, puis disparaissait dans
coulisse après avoir, avec son créa-
esquissé quelques pas de valse
tL Applaudissait à outrance!
eau se levait trois et quatre fois
W*: la Moto-Girl venait à chaque
'saluer' l'auditoire.
uns -prétendaient qu'elle avait
D'autres certifiaient que sa poi-
Jp soulevait et qu'elle respirait.
j~~s rares naïfs soutenaient, en dé-
~» incrédules, que l'automate était
~nt une mécanique, mais leur
~tait peu admise.
~entendu, le baron George ne par-
pas cette dernière opinion.
t bien qu'en réalité la poupée
vivait bien ; il suffisait, pour s'en
~cre, de l'observer un peu fré"
quemen nt.
émouvante alerte, un soir, se pro-
Quel ques flammèches roussies tombè-
i X V cintre. L'acre odeur du brûlé
à la gorge acteurs et spectateurs.
~es bouches du calorifère une épaisse
~ée monta sous les fauteuils, embru-
~tt la salle.
leu !
~gr Panique éclata, d'autant plus
que la lumière venait de s'étein-
Malgré les objurgations du régisseur
de la scène, s'époumonnait à crier
l'on avait éteint « exprès » pour
eviter la propagation de l'incendie, il
~des bagarres regrettables, des fem-
cUlées, des gens renversés; on
s'écrasa vers la sortie. Plusieurs per-
sonnes sautèrent sur la scène. •
L'accident venait justement de se pro-
duire au moment où la Moto-Girl allait
faire son apparition.
Enjamber les deux rangs de fauteuils
qui se trouvaient devant lui, franchir vi-
vement l'orchestre, en piétinant sans
vergogne pupitres, contrebasses et cor-
nets à piston, se hisser sur le « pla-
teau » et courir, dans la coulisse à droite
de la scène, où se trouvait la Moto-Girl,
fut, pour le baron George, l'affaire d'un
instant, exécutant en un clin d'œil ce
plan, spontanément conçu, combiné dans
une poussée irréfléchie, irraisonnée d'a-
mour et de dévouement.
Dans la mi-obscurité des dégagements,
encore vaguement éclairés par de rares
lampes fumeuses, dites « de secours »,
le baron George s'empara de l'objet de
ses ardents désirs.
La femme automate s'abandonna, ina-
nimée, à lui, froide, rigide., évanouie
sans doute??
Le hasard qui le mit en présence d'un
couloir étroit, qui le fit suivre, monter
quelques marches, en descendre quel-
ques autres, permit au baron d'échap-
per, avec son précieux fardeau, aux
flammes qui, malgré l'optimisme du ré-
gisseur, se déclaraient de plus en plus
inquiétantes, s'accroissant de terrible et
dangereuse manière.
- « Cocher! au galop, 312, avenue
de Messine! », cria-t-il en s'engouffrant
dans un fiacre avec la compagne incon-
nue, mais aimée d'un fol amour, que
lui livrait inopinément le tragique événe-
ment dont tous deux auraient si bien pu
être victimes.
La « poupée » demeurait inerte, calée
dans le coin de la voiture.
L'émotion, le désarroi dans lequel il
se trouvait, empêchèrent le baron George
d'apprécier comme il eut convenu cer-
tains détails étranges, tels que la dureté
des doigts gantés de la Moto-Girl, bien
qu'il lui frappât dans les mains pour ra-
nimer ses sens.
Avec d'infinies précautions, le baron
George descendit son précieux fardeau
devant la porte du rez-de-chaussée qu'il
occupait avenue de Messine.
Entré chez lui, il déposa sur son lit
l'être immobile qu'il avait ramené.
Tournant le commutateur, il inonda
la pièce d'un flot de lumière blanche,.;
Horreur ! la rôb^ épaisse ëPmktelas-
sée de la Moto-Girl, entr'ouverte sur sa
poitrine, laissait voir. toute une série
de rouages mécaniques, un complexe
enchevêtrement de roues dentées, de ba-
lanciers, de ressorts en spirales, de tiges
d'acier, de rondelles en bois!
L'incendie de l'Alcazar Moderne fut
moins grave qu'on aurait pu lé croire
un moment. Si l'établissement fut dé-
truit entièrement, si les journaux racon-
tèrent d'abord qu'une artiste avait été
brûlée et que son cadavre était resté in-
trouvable, le fait fut démenti par la suite
et l'on affirma qu'aucun accident de per-
sonne ne s'était produit.
Le baron George qui, depuis la nuit
tragique, était devenu taciturne et sujet
à la neurasthénie, resta cependant con-
vaincu qu'un irréparable malheur s'était
produit :
Il existait, d'après lui, deux Moto-
Girls: -\
Une, vivante, qui, à un moment
donné, se substituait adroitement à l'au-
tre. -
Puis celle qu'il avait enlevée.
La première avait dû périr tandis qu'il
sauvait la seconde ! Mais il n'a jamais pu
savoir si cette explication était juste, car
l'imprésario de son idole défunte dispa-
rut de la Capitale et l'automate est le
seul souvenir qu'il ait gardé de son rêve
évanoui.
Pierre SOUVESTRE.
, -
Nous publierons demain une nouvelle de
OCTAVE MIRBEAU
Le prestige
de l'uniforme
Il faut véritablement avoir un courage à
toute épreuve pour oser iouer le rôle du
traître dans un théâtre des faubourgs.
On est guetté à la sortie par des specta-
teurs indignés qui ont décidé de vous faire
votre affaire et de venger à coups de bottes
la pauvre orpheline si maltraitée par vous
au troisième acte.
Aussi bien, l'acteur chargé de jouer ce
triste personnage ressemble-t-il, dans le
quartier, à quelque Deibler local se ca-
chant dans un petit appartement, n'osant
avouer sa profession et vivant entouré de
la réprobation générale.
Et cela est tort bien ainsi. Il est bon que
les sentiments rigoureux de justice collective
se maintiennent, en effet, dans le peuple,
même sous cette lorme injuste qui leur est
habituelle.
Mais que cette façon d'envisager les
choses soit. celle de nos plus grands comé-
diens, qu'elle soit également celle du pu-
blic lettré, cela peut paraître véritablement
excessif. Il n'en est pas moins vrai que sur
nos principales scènes nous constatons une
tendance marquée à dédaigner tous les rô-
les qui ne personnifient pas un être beau,
noble et intelligent. Et comme malheureu-
sement, il n'est pas possible d'en créer
pour tout le monde sous peine de négliger
un peu trop la réalité, nos acteurs s'arran-
gent de leur mieux vour dissimuler l'état
défavorable de lèur pérsonnage: sa misère
ou sa laideur, et en cela n'ont-ils point tort
au point de vue pratique.
En effet, le public en est arrivé à une
telle incompréhension des beautés littérai-
res qu'il ne goûte que rarement un acteur
véritablement scrupuleux, qui s'ingénie à
représenter une tare humaine. Tout au
moins, il ne l'admet qu'avec peine et com-
me il le ferait d'une fantaisie passagère.
Du reste, il faut bien le reconnaître, cette
opinion est également celle de nos gouver-
nants. C'est ainsi oue l'on décorera tou-
jours de préférence un acteur tragique qui,
lui au moins, se tient correctement et a su
endosser les plus grands malheurs sans se
plaindre, plutôt qu'un acteur comique qui
passe auprès de tous pour un « rigolo », trop
peu sérieux pour qu'on s'en occupe.
G. DE PAWLOWSKI.
Échos
'Ce soir, à neuf heures très précises,
aux Variétés, première représentation de
L'Amour en Banque, comédie en trois actes
de M. Louis Artus.
L
es spectateurs de la répétition générale
de L'Amour en Banque, hier soir, aux
Variétés, ont été très surpris de voir, au
premier rang des fauteuils de balcon, la face
épanouie et bien parisienne de l'excellent
Huguenet.
— Huguenet au spectacle!
-^ Tandis qu'on répète toute la soirée à
la Renaissance!.
— Que se passe-t-il donc? Y a-t-il quel-
qu'un de malade et la répétition d'après
dîner n'a-t-elle pas lieu.
Renseignements pris, la nouvelle était
beaucoup plus sensationnelle.
L'auteur de Samson, M. Henry Bernstein,
avait soudainement, dans la journée, pris le
parti de couper radicalement le rôle dévolu
dans sa pièce à l'admirable interprète du
Secret de Polichinelle et de tant d'autres
inoubliables créations.
A
en croire nos confrères allemands, on
ne s'ennuie pas au théâtre de Lyck.
Le directeur de ce théâtre vient, en effet,
d'apprendre. au public que, pour la première
représentation de la première pièce d'un il-
lustre inconnu, chaque spectateur recevra,
avec son carton d'entrée, un billet de lote-
rie dont le gros lot consiste en un. costume
complet
Ôh rie peut raisonn~bT~'nt'pS$"demà~n'
der plus.
L
s célèbre chanteur Martin était fort
embarrassé quand il avait à faire une
annonce au public. Ayant un jour à récla-
| mer l'indulgence pour un de ses camarades
qui venait de se trouver indisposé, il s'a-
vança vers la rampe :
— Messieurs, dit-il en balbutiant, notre
camarade est en ce moment. hors d'état
de. à cause de. d'un accident. comme
qui dirait. un. ne pouvant.
Alors un spectateur, voulant le tirer d'af-
faire, de lui crier: .",: -
— Chante-nous ça, Martin î.^
u
ne conférence doit avoir lieu aujour-
d'hui entre le représentant du minis-
tre des Beaux-Arts, celui de la Société des
auteurs dramatiques, MM. Rébeillard et
Grébauval, présidents des 4e et 2e commis-
sions du Conseil municipal; Deville et Mas-
sard, rapporteurs du projet de Lyrique po-
pulaire à la Gaîté.
Elle a pour but la mise au point des ar-
ticles du projet fixant les conditions dans
lesquelles l'Opéra et l'Opéra-Comique de-
vront apporter à la Ville de Paris le con-
cours de leurs troupes, de leurs répertoires
et de leurs décors.
L
autre soir, aux-Nouveautés, une dame
visiblement impatientée pria son mari
de changer de place avec elle. Le monsieur
assis derrière elle appuyait avec insistance
son genou au-dessous. de sa taille fine et
cambrée.
En prenant la place de sa femme, le
mari, se retournant avec un sourire aimable
dit à l'importun voisin : ", - -,
— Vous pouvez continuer, -> Monsieur
moi, ça ne me gêne pas !
E
ntendu dans les couloirs de l'Opéra-
Comique:
On félicitait une charmante artiste de la
maison, du talent, très réel d'ailleurs,
qu'elle avait montré la veille dans une pe-
tite création:
— Que voulez-vous, répondit-elle avec
un charmant air d'ingénuité, je ne suis pas
une grande artiste, moi, il faut bien que je
sois bonne!
Précisons, pour éviter les méchantes in-
terprétations : ceci se passait au temps de
Marie-Magdeleine, de Fidelio, de La Ca-
brera et d'une certaine Carmen qui n'était
pas dans une musette !
L
a Reine de Chypre!
Cela se passait le 23 décembre 1841.
L'Académie - Royale de Musique - venait
de monter, la veille, avec un très grand suc-
cès, La Reine de Chypre, due à la collabo-
ration de M. de Saint-Georges pour le li-
vret, et de M. Halévy pour la musique.
Le célèbre écrivain ne travaillait que le
matin et avait horreur d'être dérangé avant
son déjeuner. Or, comme d'habitude, il
avait ordonné à sa nouvelle bonne, arrivée
la Veille seulement de sa province, de ne
laisser entrer personne, fût-ce même la plus
jolie fille de Paris.
Or, vers les onze heures, la sonnette se
fit entendre.
Madeleine (c'éait le nom de la soubrette)
alla ouvrir aussitôt
C'était Mm ltz,__la créatrice de la
Reine de.. Chvtiff^
- M. de Saint-Georges est-il chez lui?
interrogea l'aimable artiste.
- Oui, Madame, mais il ne peut rece-
voir personne et m'a défendu de le déran-
ger. ,
— Oh! moi, ce n'est pas la même chose,
allez-lui dire mon nom.
—> Inutile, Madame, j'ai des ordres for-
mels.
— Vous ne savez donc pas qui je suis,
ma fille? reprit la chanteuse d'un air hau-
tain? -- u.
- Non, jYiaaame.
- Eh bien, allez dire à votre maître que
c'est H, la Reine de Chypre » qui le de-
mande.
La malheureuse bonne faillit tomber à la
renverse et se précipita, affolée, vers le
bureau de son maître en murmurant: « La
Reine de Chypre! La Reine de Chypre! Je
savais bien que M. le marquis avait de bel-
les relations, mais jamais je n'aurais sup-
posé qu'il recevait ainsi une reine dans son
intimité!. »
Les Reines d'opéra avaient de 1 esprit en
ce temps-là.
M
Gustave Téry vient de publier le
Livre d'or des fils à papa, l'histoire
du népotisme de nos jours.
Il y aurait certainement un gros volume
à. écrire qu'on pourrait appeler Le Livre
d'or des petites amies à papa. Il montre-
rait combien, dans certains théâtres, situa-
tions, tours de faveur, avancements, sont
accordés aux protégées de quelques hom-
mes politiques influents qui rémunèrent
ainsi, sans bourse délier, les élues de leur
cœur.
Les plus « chics » pourvoient aussi leurs
anciennes amies: tel poste d'ouvreuse, par
exemple, exige, pour être obtenu, de hau-
tes. relations, et le directeur qui, pour un
motif sérieux, voudrait remercier une de
ces « favorites », aurait, comme on dit, du
fil à retordre.
Et voilà comment on fait mentir l'Ecclé-
siaste — peu cité en ces temps de Sépara-
tion — lorsqu'il prétend que « la recon-
naissance n'est pas la vertu des princes et
des hommes d'Etat ».
c
adet ne veut plus jouer ! Cadet est neu-
rasthéniue! Cadet a du chagrin !
Qui ose tourmenter Cadet?
Lui, de qui Barbey, jl'Aurevilly disait:
« Cadet, qui n'est le cadet de personnel»
Lui, qui a inspiré à Maurice Donnay cette
enthousiaste improvisation :
« Cadet est national. Si Cadet n'existait
pas, il faudrait l'inventer.
u- Périssent nos colonies, plutôt que Ca-
det
ignore. J
« Grenade a l'Alhambra, mais Paris a
Cadet.
« Ôn ne.devrait faire à Cadet nulle peine,
même légère. On ne doit pas frapper Cadet,
même avec une fleur ! »
Puisse notre nationale ^ffeeften consoler
Cadètï - - -. -
u
L r-n auteur, célèbre par sa figure stric-
L tement rasée, voisinait l'autre jour
sur une plate-forme d'omnibus avec un per-
sonnage glabre.
Celui-ci lui souriait vaguement. L'auteur
pensait vaguement le reconnaître : un con-
frère, sans doute, vaguement entrevu.
Le voisin parla le premier:
- Eh bien! et ce Café de Paris?
L'auteur esquisse un geste vague. Il est
fixé maintenant. Ce confrère aura soupé
avec lui chez Léon.
L'autre poursuit, familier:
- Moi, ça n'a pas marché, j'ai rendu
mon tablier..
Horreur! c'était un garçon de café. Lui
aussi avait pris l'auteur pour un confrère.
L
a nymphe Salmacis n'avait pu se faire
aimer du fils de Mercure et de Vénus.
Elle obtint des dieux que son corps et celUI
du bel insensible fussent réunis en un seul,
qui posséderait l'un et l'autre sexe.
Nos musées d'anatomie sont là pour dé-
montrer que point n'est besoin d'une es-
sence divine pour réaliser cette inquiétante
monstruosité, mais nous n'aurions jamais
soupçonné. qu'elle ait pu s'exiger à l'orée,
de certaines carrières comme un certificat
de vaccine ou un casier judiciaire virginal.
En furetant parmi de poudreux bouquins,
nous avons découvert, non sans joie, un
vieux cahier des charges de ! Académie
Royale de Musique. Signé en 1841 par le
ministre de l'Intérieur Duchâtel, ce docu-
ment comporte un paragraphe exigeant
« douze enfants,, moitié filles et, moitié gar-
çons, pour les chœurs de la danse ».
Vers quels rêves scabreux une syntaxe
sans scrupules ne peut-elle égarer l'imagi-
nation!.
- Aller au théâtre. surtout à 1 Odéon, si
mal desservi par les autobus parisiens,.n'est
un plaisir qu'avec une jolie Bayard de ville
10-14 chevaux, dont le rnagasir", 10, bou-
levard de la Madeleine, diffuse tout l'élé-
gance;
Nos artistes sont aussi, de bons sports-
men, tel mon ami Cazalis, à qui les côtes
ont fait tant de gestes d humilité. Mais un
bon cycliste ne monte que les cycles mar-
que « La Française », les plus surs, les plus
éléèants.
L'art se niche partout, même et surtout
dans les carrosseries des voitures automo-
biles. On sait que Vedrine signe les plus
jolies et que ses modèles sont d'un goût
exauis.
NOUVELLE A LA MAIN =--
A
u théâtre, service de première.
Après le second acte, entre journa-
les : -
- Moi. je m'en vai.s. J a. i c hni .de rire.
- Moi je reste. Je n'ai pas encore com-
mencé.
-de Veiwa.
THÉÂTRE DU VAUDEVILLE '1
PATACHON
Comédie en quatre actes de
MM. Maurice Hennequin et Félix Duquesnel
Il semble que plus le scepticisme en-
vahit les esprits, plus le public prend
plaisir à la comédie sentimentale. MM.
Hennequin et Duquesnel l'ont bien com-
pris, puisque les personnages qu'ils
nous présentent dans Patachon sont, su-
perficiellement sceptiques et sont surtout
préoccupés de le paraître, tout comme la
majorité des spectateurs. Mais, précisé-
ment, aussi bien que ces spectateurs, les
personnages de Patachon se laissent ga-
gner par une émotion qui n'est pas de
mauvais goût, puisqu'elle est dosée avec
sobriété et que les auteurs ont eu bien
garde de forcer la note. Patachon est, si
En haut et à gauche: M. POREL; à droite: M. Peter CARIN (tous deux AI,
recteurs du Vaudeville). — Au milieu et a gauche: M. NOBLET. — Au milieui
Mlle Marthe RÉGNIER. — A droite: Mme Rosa BRUCK. — Dans le médaillon de
gauche: Mme Ellen ANDRÉE et M. LEVESQUE. — Dans le médaillon de - droilei *
M. Louis GAUTHIER. - En bas: l'Orphelinat.
vous voulez, du théâtre de Scribe, mais
du théâtre dont Scribe serait le grand-
père et Capus le père., C'ést de la co-
médie légère qui peut prendre place en-
tre la comédie de caractère et le vaude-
ville. Il serait regrettable que le genre
mixte supplantât la vraie comédie, mais
il serait à souhaiter qu'elle prît la place
du pur vaudeville.
En son genre mixte, la pièce de MM.
Maurice Hennequin et Félix Duquesnel
est tout à fait réussie.' Elle révèle une
très réelle science de la scène, un habile
et logique métier ; elle contient des si-
tuations intéressantes ou amusantes, tou-
jours bien amenées. Les auteurs n ont
pas eu la prétention de faire une vraie
comédie et de tracer des; caractères.. Ils
ont voulu esquisser, des silhouettes; ils
y ont réussi. Le public n'en demande
pas davantage.
L'action de Patachon se passe dans
deux milieux bien différents. Elle débute
dans les salons de M. du Tilloy, dans le
monde où l'on s'amuse. Du Tilloy est,
en effet, un viveur; il lance des petites
cabotines én faisant jouer chez lui des
revues. Il est présentement l'amant
d'une femme du monde, Mme de la
Verdière. Il mène une vie de Patachon,
fréquente les restaurants de nuit, les
music-halls, soupe et festoie. Patachon
est le surnom sous lequel il est célèbre à
Paris; il n'a vraiment pas volé ce sur-
nom.
Du Tilloy .est marié, ce qui n'a rien
d'invraisemblable; sa femme est une bi-
gote qui habite un château près de Blois
et donne tout son temps à un orphelinat
avec l'aide d'une façon de tartufe, à
mine de sacristain, nommé Leputois-
Mérinville. On comprend qu'en ces con-
ditions, du Tilloy et sa femme soient sé-
parés: Du Tilloy s'amuse à Paris, sa
femme vit dans les prières -et les bonnes
œuvres, à Blois.
Or, tous deux ont une fille, Lucienne,
qui adore également son père et sa
mère. Elle partage son temps, chaque
année, entre Paris et Blois. Elle tient de
l'un et de l'autre: sous son aspect fri-
vole, elle comprend l'exagération de fa
dévotion de Mme du Tilloy qui, avec un
peu moins de rigorisme et en s'occupant
moins de bonnes œuvres, eût pu conser-
ver son mari; elle comprend aussi com-
bien est futile l'existence de son père,
qui eût pu, avec un peu plus de fidélité,
conserver l'amour de sa femme. Lu-
cienne ne manque pas de souplesse: à
Blois, elle sait être une petite dévote;
on la connaît à Paris comme une jeune
fille très avertie de tout et comme la ca-
marade de son père. Ce n'est pas par
hypocrisie qu'elle mène cette vie à dou"
ble face, c'est plutôt par indulgent*
c'est aussi surtout parce qu'elle s'est mîS
dans la tête de • réconcilia son pèfô
et sa mère, de concilier laoévotion dej
celle-ci avec le peu d'austérité de celuiÕri
là., Elle a résolu de ne se marier que le
jour où le rapprochement qu'elle rêv0
serait chose accomplie.
T"11- -.!_- .- ,.. -
eue mmç. uu ami d'enfance,
de Revray, qui le lui rend bien. C
prend que Robert ne verra pas s
plaisir. s'opérer le raccommoden
père et de la mère.
.11 rapporte à du Tilloy cette rés .cv,
étrange de Lucienne. Du Tilloy ai -
fille, mais il aime aussi la vie de
chon. Son parti est pris pour o
ces deux sentiments assez oppos
simulera une complète conversion
tournera pendant - un mois auprès
femme, juste le temps de décider.c
riage d'un commun accord. Puis
avoir assisté docilement aux messi - -.
sermons que sa femme "lui imoosera. ii.
redeviendra Patachon comme, devant, j
Tout se passe ainsi que c'était prévu#
Mais, quelques heures après la bénédic-4
tion nuptiale,- surgit un cataclysme.
Le mariage de Lucienne avec Robert
contrariait les projets de M. Leputois-
Mérinville, le bigot pique-assiette du
château, le trésorier des bonnes œuvres
de Mme du Tilloy. Leputois-Mérinvillo
rêvait de faire épouser Lucienne à son
neveu Evariste, un jeune coquebin,
dictionnaire ambulant de droit, exagéré-
ment dépourvu de jeunesse aimable, uil
niais vieux avant l'âge.
Leputois et son neveu ont mené
secrètement une enquête à Paris en
soudoyant la femme de chambre de
Mme de la Verdière, et ils re-
viennent à Blois le jour de la noce:
avec la correspondance adressée par du
Tilloy à sa maîtresse pendant le mois
qu'il vient de passer au château sans
pouvoir la yoir. Ils prouvent que le
comte a menti à sa femme et que Robert
de Revray joue une comédie. Il faut sau-
ver Lucienne à tout prix, il faut rompre
le mariage.
Ce sera facile, puisque le mariage
n'est pas consommé. Mme du Tilloy est
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Auteurs similaires Pawlowski Gaston de Pawlowski Gaston de /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Pawlowski Gaston de" or dc.contributor adj "Pawlowski Gaston de")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/6
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k76453224/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k76453224/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k76453224/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k76453224/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k76453224
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k76453224
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k76453224/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest