Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1907-10-07
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 octobre 1907 07 octobre 1907
Description : 1907/10/07 (A1,N7). 1907/10/07 (A1,N7).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7645305m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/04/2015
Première Année. — N° 7 CQuotidien}.
,--- Le Numéro : 5 centimes
^undi octobre 1907.
Rédacteur en Chef : G* de PAWLOWSKI
RÉDACTION & ADMINISTRATION :
27, Boulevard Poissonnière, PARIS
-:MC:-
TÉLÉPHONE : 288-07
Adresse Télégraphique : COMŒDIA=PARIS
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Paris et Départements ; 24 fr. 12 fr. *
Étranger. <$0 a SO a
-. RÉDACTION & ADMINISTRATION! 3
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27, Boulevard Poissonnière, PARIS '-
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UN AN le mois
Paris et Départements 24 fr. 12 fr.
Étranger..,, , 40 » 20 a
Un béjaune
provincîai, ambitieux, â-rdè-nt e
- alf, venu à Paris avec l'espérance de
hat retourner dans sa sous-préfecture
'e atale que sous la forme d'une statue
en bronze, M. Numa Becfigue était
aussi ignorant de l'amour que du reper-
de dramatique le plus usuel. Dans
son département, il n'avait guère eu
l'occasion d'élucider à son profit l'éter-
nel ep mystère féminin et, depuis six mois
à paris, il n'avait pas eu le temps de se
familiariser beaucoup avec là passion-
nante vie factice' d'entre cour et jardin,
c t pourtant, depuis qu'il avait eu là
joie d'applaudir Sarah-Bernhardt,_Môu-
net-Sully et Coquelin devant le figuier
rd'n yrange, combien vif était son désir
d'écrire pour le théâtre ! Sous le pré-
texte qu'il avait tant soit peu cultivé les
eI'es-Lettres en vue du baccalauréat,
se croyait, comme tant d'autres, né
pour une exaltante carrière d'auteur
dramatique Et au Ministère dès Profits
f t certes où, tout en rêvant de bà gloire
nUlure, il collaborait à la statistique de
nOs gaspillages nationaux, c'est à d'in-
curables scénarios qu'il employait
surtout le papier administratif. Puis,
rentré chez lui, il faisait avec allégresse
On apprentissage de l'amour.
Car, à peine débarqué, il avait aô à
ses jeunes moustaches, à sa faconde
joyeuse et à son alerte vigueur, qui ne
pouvait faire qu'une très bonne impres-
sion aux dames expérimentées, le plai-
r de se lier avec une personne senti-
?ntaîe et mûrissante qui, un peu né-
° Jiee par ses contemporains, avait la
agesse de demander aux tout jeunes
ïj ns les ivresses toujours indispensa-
Ies à son bonheur.
- --I - - - - -
~t En plus de son ardente bonne volonté
et de ce qu'il lui restait d'agréments
physiques, elle avait, aux yeux de Numa
jjecfigue> le prestige de son passage au
.jjsâtre. Elle y avait été, dans les qua-
trièmes rôles, une étoile filante et de
bien pauvre éclat, dont personne n'avait
gardé le souvenir. Et peut-être que, en
se donnant la peine de chercher, on au-
rait découvert qu'elle n'avait appartenu
au .~a~ qu'. qïiaiité -d'ouvreus-e;
Mais ce détail n'avait aucune impor-
tance pour M. Numa Becfigue qui, au
sortir de son bureau, lui demandait au-
tre chose que de déclamer du Corneille
e, de jouer de l'Alexandre Dumas fils,
et t Qui, dans ses lettres à ses camarades
de province, s'enorgueillissait trop d'a-
voir comme maîtresse une femme de
théâtre, pour aller de lui-même au-de-
ant d'une telle désillusion.
D'ailleurs, cette matrone sentimen-
tale avait pour les choses de la scène
ce goût violent que conservent jusqu'à
la visite de la Camarde ceux-là mêmes
dont le rôle y fut très subalterne. Aussi,
dès qu'elle fut l'usufruitière enivrée de
Ce jeune gars qui avait du tempérament
j la toquade du théâtre, se fit-elle une
joie d'encourager sa vocation. Si elle
n' aVait pas trop joué, elle y avait vu
veaucoup jouer et même elle y était de-
nue assez cabotine. Oh ! le plus sin-
ement du monde ! Elle ne voyait la
vie qu'avec le souvenir de l'optique du
théâtre, était de bonne foi sa première
dupe, et, lyrique, grandiloquente, su-
perbe d'attitudes, mêlait, sans même
s'en aPercevoir, les aventures et les
sentiments des pièces qu'elle savait en-
rnn ues, aux aventures et aux senti-
ments de son existence réelle.
C' est ainsi que, dramatisant un peu
sa tendresse pour M. Numa Becfigue,
elle lui manifestait des transports et des
jalousies que, consciemment ou non,
ël, e Empruntait parfois à notre réper-
toire dramatique. Le futur auteur, qui
n'avait pas encore eu le temps, de le
voir, était émerveillé de ces grandes
scènes- Quel orgueil d'inspirer pareils
accents ! Aussi, déjà plus homme de
lettres qu'amoureux, dominait-il son
émotion pour les noter avec soin. Et
même, encouragé par la dame qui .avait
l'im Prudence de souhaiter la gloire pour
son jeune ami, ne tarda-t-il pas à les
utiliser pour une frissonnante pièce en
trois actes, Le Sublime Vertige, qui, du
coup le rendrait célèbre.
— Au moins, se disait-il en la calli-
graphiquant lui-même, on ne pourra pas
lui reprocher de ne pas être originale
et neuve A chaque acte trois gran-
des scènes que j'ai vécues moi-même,
avec des cris du cœur que j'ai person-
pu ^ent inspirés et que moi seul ai
Qrai entendre! Ou bien alors il fau-
Nt que les murs eussent des oreilles!
au totre amoureuse sur le retour qui,
au temps où sa grâce était en fleurs,
avait eu des bontés pour un jeune pre-
mer devenu directeur d'un petit théâ-
tre, devenu directeur d'un petit théâ-
int non sans peine, en l'atten-
e9rtii.,) slant avec les souvenirs du passé,
qu'il écoutât lecture du Sublime Ver-
tige
— U .V^e pièce ardente, vécue, solide,
dont ] al essayé moi-même tous les ef-
fets et qui fera beaucoup d'argent!
L'ancien jeune premier était supers-
titieux Comme tout directeur de théâtre.
Ayant eu soudain la bizarre idée qu'une
ntil, à l'égard de cette lointaine
maîtresse lui porterait peut-être bon-
heur il Se résigna et, avec un sourire
sceptique, donna rendez-vous pour le
soir même a l'auteur piaffant et au ma-
n iCrit volumineux.
Très olYmpien dans son fauteuil di-
récria!, il prêta une molle sîîention
aUx rugissements passionnés et aux sar-
casmes hautains du jeune auteur con-
vaincu de ne lui offrir que du nou-
veau:
= Pas rïïâl ! fiWlj îîârquoiâj lorsque
là couverture mauve du fascicule se fut
refermée sur là fin du premier acte.
Mais c'est la grande scène des Fiancés
éperdus, Une pièce malheureusement
trop fameuse. Enfin, pour un acte
d'exposition, on fait Crédit-.r» Cont^ inuez
si le cœur vous en dit.
Un peu déconcerté J M; Numâ Bec-
figue lui plus nerveusement le second
acte qui lui semblait contenir là Scène
là plus forte et là plus originale. ,..
■—- Très bien! ricana le Directeur.
Mais c'est exactement le « trois » de la
Damé du Perroauet, un succès - célèbre
d'il y à trente. ans.i. Jeune homme,
vous allez trop au théâtre.
— Mais, bien au contraire, n'ayant
pas de billet, j'y vais très rarement.
= Alors, permettez-moi de vous dire
que vous n'y allez pas assez!. Enfin,
voyons si, par hasard, la fin nous ré-
servait un feu d'artifice inédit.
= Hélas ! Le troisième acte, qui avait
tant exalté M. Numa Becfigue lorsque,
un soir de réconciliation passionnée, il
l'avait vécu avec sa maîtresse, n'était
qu'un perpétuel ressouvenir des Rafa-
les du Cœur, chef-d'œuvrè contempo-
rain de la Présidence de Mi Thiers, et
le sarcastique directeur, ravi d'éblouir
les gens par la précision de sa mémoire,
ne manqua pas de signaler là ressem-
blance.
Son manuscrit dans sa serviette,
M. Numa Becfigue sortit de là humilié
et furieux. S'il ne semblait pas devoir
être joué comme auteur, il l'était déjà,
et beaucoup trop, comme amant! Aussi
quelle scène de rage et de reproches 1^
bien inédite celle-là ---- lorsqu'il revint
chez la tendre matrone qui l'attendait,
anxieuse et fébrile, prête à lui donner
la récompense d'un soir d'amour!
-Tu m'as berné! rugit-il. Et avec
des ficelles qui ne trompent plus per-
sonne !
— Je ne savais pas ! Je ne me rappe-
lais plus! balbutia sincèrement l'inno-
cente qui n'avait commis que le crime
d'être trop intoxiquée par le théâtre..,
C'étaient mes propres sentiments. Je
croyais bien avoir inventé. Une autre
fois, va, je te jure que ce sera de moi-
même.
— En es-tu seulement capable? gei-
gnit avec moins de hargne M. Numa
Becfigue, que l'odeur de la femme
tiède en son lit troublait peu à peu.
— Ou du moins, sè dit à elle-même
la douce-créature qui avait vraiment une
connaissance profonde des choses du
théâtre et de la vie, je m'inspirerai de
pièces moins notoires. Mais quant à
inventer, quelle illusion!. Pas plus
dans l'art dramatique que dans la réa-
lité!. Les vrais hommes de théâtre ne
savent-ils pas qu'ils ne font que resse-
meler à leur manière les vieilles chaus-
sures?. Mais ne chagrinons pas un pe-
tiot qui, comme tous les ignorants, a
encore de l'arrogance!. Je te promets,
mon petit, murmura-t-elle, câline.
Paroles et pensées conciliatrices qui,
ce soir-là, valurent une apothéose très
réussie à la pièce ratée!
Georges LECOMTE.
Nous publierons demain une nouvelle de
PIERRE SOUVESTRE
Littérature pour écureuils
Les malades ont pour spécialité de ne
jamais pouvoir tenir en place. Volontiers
ils cherchent dans un changement de
position un, soulagement que, seule, pour-
rait leur apporter la guérison. Leur agi-
tation n'est, on le sait, qu'une marque
de faiblesse commune à tous ceux qui,
dans la vie, montrent plus de nervosité
que de profondeur.
En littérature il en va de même, et l'on
conçoit aisément que la valeur d'une
œuvre ne se mesure vas au nombre des
égorgements, des viols et des incendies
qu'elle décrit, mais bien à la façon dont
elle sait mettre en valeur et développer
un sujet par lui-même insignifiant.
L'art est une création, quoi qu'en
pensent les photographes, et l'on ne crée
pas ce qui existe, même en le boulever-
sant.
Ce sont là des vérités banales.
Comment se fait-il donc que nos meil-
leurs auteurs dramatiques varaissent les
ignorer toujours davantage? Qu'ils reli-
sent le Misanthrope ou Poil de Carotte,
ils verront que l'on peut créer quelque
chose d'absolument neuf sans recourir
à d'autres éléments qu'au talent de l'au-
teur.
Au lieu de cela, on dirait qu'ils s'in-
génient à bouleverser l'ancien magasin
des marionnettes théâtrales pour y trou-
ver quelque personnage inédit, quelque
situation neuve. extérieurement tout au
moins.
C'est ainsi que, dans l'un de nos rares
théâtres véritablement littéraires, un au-
teur de talent nous a dernièrement pré-
senté un frère-belle-mère, situation évi-
demment nouvelle, mais oui nous pro-
met, dans un avenir rapproché, la sœur-
beau-père — la voyez-vous Vinstitutrice ?
- ls père-mère ou le neveu tâ héritage.
Dans cette voie imprévue, ie me per-
mettrai d'apporter ma modeste contribu-
tion aux fiévreuses recherches de nos
auteurs. Ne pourraient-ils, une bonne fois,
introduire au théâtre un personnage ré-
solument nouveau: l'hermaphrodite, par
exemple? Il y a là une mine inépuisable
pour la recherche de situations dramati-
ques inédites, et je me promets d'applau-
dir à tout rompre l'entrée en scène, au
quatrième acte, de l'orpheline devenue,
par son seul mérite, général de division,
et remariée, en secondes noces, avec la
rivale qui, pendant si longtemps, lui
avait enlevé son amant. *
G. DE PAWLOWSKI.
dp
Échos
tO SOif; a l'Odéon, huit Heures trois
qiiâris, répétition générale de : Les Plumes
duPàen. -
T
çat arrive. - -.
Yvette Guîlbert a pris les eaux à
Matiéhbadj pour maigrir!
'Où est le temps où l'exiguïté de ses for-
més faisait la joie des échotiers; où l'on
rédigeait d'avance son épitaphe *i
CUgii Yvette, sans évaules
Et sans gorge, Qui remplissait
Bien mieux ses rôles
Que ses corsetsi..,
A
Londres, on a applaudi une opérette,
pas plus bête qu'une autre (pas moins
bête non plus) The Duchess of Tooting,
dont l'action se passe à Montpellier.
Or, le décor représente un hôtel somp-
tueux, au bord de la mer — sans que les
spectateurs du Shepherds' Bush Empire
aient songé à s'offusquer de cette fantaisie
méditerranéenne. ,
Il est convenu que les Français ignorent
la géographie. Mais ils ne sont pas les seuls.
T
'outes les tournées abondent en pittores-
que; les anecdotes que racontent
Schurmann sur Baret, les souvenirs de
Brasseur sur certains lanceurs d'étoiles,
sont désopilants. Mais la palme du comique
revient aux représentations de Mounet-Sul-
ly en Suisse, dirigées par M. Lajeunesse,
dit Labruyère, beau-frère de l'imprésario
Smiond, avec - lequel, d'ailleurs, il est ea
guerre ouverte pour des motifs obscurs.
Un soir de juillet, dans une petite ville
du canton de Neuchâtel, on s'apprêtait à
jouer Œdipe-Roi sur une scène grande
comme un tub. Les instrumentistes, qui de-
vaient exécuter la pâle musique de scène de
Membrée, après quelques essais infructueux
pour se caser, s'en allèrent tranquillement
sans avertir personne.
Effaré, un régisseur court prévenir Mou-
net-Sully de cette désertion, accueillie par
de furieuses imprécations du tragédien.
D'autant plus furieuses que, prévoyant ces
tempêtes, le subtil imprésario s'était preste-
ment défilé.
- Nom de Zeus! Où est Labruyère?
- Il n'est pas là.
- Je veux lui parler! Où est-il? Dites-
moi où il est?
— Il patine sur le lac, grasseya, gogue-
nard, la voix du machiniste de la tournée,
un Montmartrois pur-sang.
.Oubliant, dans sa rage, que le lac de
Neuchâtel n'est guère propice au patinage
pendant le mois de juillet, Œdipe se préci-
pita sur le plateau, écarta le rideau d'un
geste furibond, et, livide, chaussé de co-
thurnes; les yeux maquillés au rouge vif, il
tonitrua :
- Mesdames, messieurs, c'est infâme!
Labruyère patine sur le lac.
Des huées formidables s'élevèrent. Il fal-
lut rembourser la recette : 32 fr. 75.
Voici une autre mésaventure du grand
tragédien, survenue à Nantes, et qui semble
une page inédite du Roman comique ;
Mounet-Sully inspecta la mise en scène,
la déclara « infecte », non sans quelque
raison, et commença maussadement à scan-
der les alexandrins simili-sophocléens de La-
croix :
Enfants, du vieux Cadmus jeune postérité!
(Retire donc ton pied, bougre d'âne 1.)
Cette parenthèse imprévue indisposa les
connaisseurs du poulailler qui, tout de suite,
devinrent houleux.
Pour comble d'infortune, un figurant ahu-
ri, bousculé sans mesure par le tragédien
énervé, inclina maladroitement sa torche et
quelques gouttes d'alcool enflammé tombè-
rent sur le tapis, qui commença à flamber.
Œdipe hurla :
— Eteins donc, animal, danse là-dessus!
Prenant l'ordre au pied de la lettre, le
malencontreux figurant se mit à danser sur
le tapis une gigue affolée.
Les spectateurs bombardèrent la scène à
coups de petits bancs, d'oranges, et, par
amour pour la couleur locale, de boîtes de
sardines.
Si jamais Mounet-Sully rejoue à Nantes!
c
'était hier 6 octobre, le 247e anniver-
saire de la mort, à Paris, du burlesque
Scarron. A propos de cet anniversaire, u
est amusant de rappeler l'anecdote suivante
— peu connue, croyons-nous. — sur l'au-
teur du Virgile travesti, de Don Japhet et
du Roman comique :
Quand on dressa le contrat de mariage
de Mlle Françoise d'Aubigné avec Scarron,
le poète reconnut à sa fiancée « quatre louis
de rente, deux beaux grands yeux fort ma-
lins, un très beau corsage, une paire de
belles mains et beaucoup d'esprit ».
Le notaire lui ayant ensuite demandé quel
douaire il assurait à Mlle d'Aubigné :
— L'immortalité, répondit Scarron; le
nom des femmes de roi meurt avec elles;
celui de la femme de Scarron vivra toujours.
Le poète ne se trompait qu'à demi : Si
Mme Scarron, en effet, a son nom dans
l'Histoire, Mme de Maintenon — quoique
« femme de roi » — est plus célèbre
qu'elle, si je peux dire, en parlant 3e la
même personne. -
]
( est des JOUJOUX tragiques, He, oui, par-
bleu ! et que l'on ne saurait mettre entre
toutes les mams. mue Polaire, qui est en-
core une enfant, en a fait l'expérience. A
peine revenue de contrées lointaines, elle
avait tenu — infiniment — à informer le
public qu'elle allait créer, au Gymnase, un
rôle de jeune fille, tout à fait conforme à
sa véritable nature si « méconnue ». Po-
laire veut absolument être méconnue. En-
fant!.
Et ceci sans doute explique pourquoi, lors
de sa présentation à l'auteur d'Education de
Prince, elle crut devoir lui dire, avec une
désarmante conviction : « Monsieur Don-
nay, je ne suis pas la femme que j'ai l'air! »
L
ongue, mince, onduleuse, la grande
« Gibson-Girl » Camille Clifford a lâ-
ché la scène qu elle traversait à lents pas
nonchalants, pour trôner dans la demeure
seigneuriale de l'honorable H.-L. Bruce. Et
la haute société anglaise n'a pas encore pris
son parti de cette mésalliance, bien que
l'Américaine entrée dans la famille des ba-
rons d'Aberdare n'ait pas des manières plus
brusques ni un nasillement yankee plus
désagréable que nombre de ses compatrio-
tes reçues à la Cour.
Pourquoi tant d'émotion? Les précédents
abondent. Si, dans le Royaume-Uni, on n'a
pas vu des rois épouser des bergères, du
moins, de tout temps, on a pu voir des ducs
épouser des actrices — et même des figu-
rantes.,
Sans remonter jusqu'à Henriette Jn 'Mr.
et Anastasie Robinson, conduites à i 'aU; J.
par le duc de Saint-Albans et le comte ':c'
Peterborough, on a conservé le souvtnir
d'une comédie : The Beggar's Opera. dont
l'héroïne fut interprétée par trois artiste-
qui, toutes trois, trouvèrent des maris ines
pérés : Mary Beltow, le fils du chance'; r-
lord Thurlow; Catherine Stephens, le <~t-'
d'Essex; enfin, la créatrice du rôle, le duc
de Bolton. Si l'on reprenait cette pièce'
La plus .mariée de toutes ces belles 1
sonnes fut l'exquise Frances Braham,
du ténor; elle s'appela d'abord corn
Waldegraye, se remaria avec un fils de
chevêque d'York, Gréville d'Harcour
convola une dernière fois avec lord Cal,
ford, toujours heureuse dans ses mén.
successifs, et plus considérée que la pa:
Loursa Faîrbrother qui, malgré son titr
duchesse de Cambridge, ne fut jamais
mise à la Cour,,
Le Gaiety Theatre fournit au Peer
des recrues de choix : Miss Rachel Berri
entra dans la famille des comtes de C
mell, qui tï'en ressentirent, du reste, auc
joie. Une jolie créature dont tous les lit
res de Londres- ont vendu la phôtograj
— de sculpturales épaules à demi-voi
par une chevelure opulente — Rosie Bo
fut bel et 'bien épousée par le marquis
Headfort. Et j'aime à croire que Belle
ton, quand elle effectua son entrée, le j
de ses noces, dans la noble demeure
Clancarty, dut avoir une tenue plus gr
que sur les scènes où, pour charmer le
pulaire, elle avait accoutumé de faire
grand écart.
La baronne de Clifford figurait tout ré
ment dans The catch of the season SG.
nom d'Eva Carrington, et si la gentille ;
ces Belmont devint la femme de lord ;'
burton, c'est que cet amateur éclairé -
pu l'admirer parmi les choristes de i
dora.
A qui le tour? - --,
L
a dernière Encyclique du Pape a e
premier résultat tout au moins inf
du. au théâtre.
Mgr Bruchesi, archevêque de Mont
vient de prendre une décision épiscopal,
met sous sa haute juridiction le théâtr
Canada.
Dorénavant. les catholioues canadien
seront plus autorisés à assister qu aux re-
présentations dont les pièces auront été vi-
sées par lui. -
D'ores et déjà, une liste de Pièces inter-
dites a été dressée, Manon en tête.
Cela n'apportera du nouveau que pour
Montréal, la cité mère. A Québec déjà, une
tentative de théâtre français avait échoué à
cause des rigueurs de la censure épiscopale.
On y joua des vaudevilles en trois actes, ré-
duits à deux. Tout ce qui, de loin ou de
près, pouvait ressembler à une gauloiserie
était impitoyablement coupé. Les artistes
durent être rapatriés après un mois de cette
campagne, oui fait date dans 1 histoire du
théâtre français à l'étranger.
s
impIe histoire. ,
Sarah Bernhardt entra chez un li-
braire de Piccadilly, acnew une icvue tran-
çaise et, avant de s'en aller, posa au patron
une question, en anglais.
- Par malheur, ce digne commerçant bri-
tannique est incapable de comprendre l'an-
glais tel oue Sarah le parle ; il esquisse une
grimace - d'incompréhension respectueuse-
ment désolée. Pressée et nerveuse, ner-
veuse et Dressée. Sarah saisit le premier vo-
lume oui lui tomba sous la main, arracha la
feuille - de garde sur laquelle elle griffonna
quelques hiéroglyphes- rapides et la tendit
au libraire d'un geste vraiment royal.
C'était un laissez-passer pour le Coroner,
où elle jouait une pièce toute nouvelle : la
Dame aux Camélias.
Le pauvre Anglais y envoya son premier
commis et passa la nuit at home, à boire du
whisky en quantités effroyables, pour se
consoler d'avoir vu la grande tragédienne
française lui saccager inconsciemment un
volume rarissime, sur japon impérial, va-
lant au bas mot vingt guinées.
Le Masque de Verre.
Demain ŒDlA
COMCEDIA
COM SIX pages
NOS ÉTOILES FILANTES
Le Tour d'Europe
de Jane Hading
Pendant 80 jours la créatrice des Demi-Vierges, de la Châtelaine et..
de la Princesse de Bagdad, Va parcourir rAllemagne, la Russie,
la Suède, le Danemark, la Hollande et la Belgique.
Voici que, de nouveau, Jane Hading
abandonne sa coquette villa de Neuilly
et le parc délicieux où elle vit les véri-
tables « Châtelaines » dans les courts
entr'actes de sa vie mouvementée, pour
aller répandre sa gloire et rehausser
celle des Lettres françaises à travers
l'Europe septentrionale.
L'inoubliable créatrice des Demi-Vier-
ges, du Maître de Forges, de la Châte-
laine, de la Princesse de Bagdad, de
Sapho, semble s'être donne pour mis-
sion de faire connaître et de faire accla-
mer sous toutes les latitudes les chefs-
d'œuvre de l'art dramatique contempo-
rain L'Europe, l'Asie, l'Afrique, les
Deux Amériques, ont vu passer, tour à
tour, Ja prestigieuse artiste.
Infatigable, cette étoile voyageuse a
quitté Paris hier soir, escortée d'une
troupe d'élite: Mmes Laure Sureau (de
l'Athénée), Alcime Leblanc (des Varié-
tés), Marçay (du Théâtre Réjane), Ver-
nay, Dolza, David (de la Renaissance) ;
MM. Arnaud et Revel (de l'Odéon),
Maurice Lugnet (du Gymnase), Haute-
rive, Gray et Garnier '(de l'Athénée),
Max Robert, Langlois, Georget, Maxime,
Antonin, Liziel, etc., etc. -
Le Luxembourg, l'Allemagne, la Rus-
sie, la Suède, le Danemark, la Hol-
lande et la Belgique, applaudiront tour
à tour Jane Hading et sa brillante com-
pagnie, dont le répertoire comprend ies
œuvres que Paris a vu naître et qu'il a
consacrées: Froufrou, le Maître de For-
ges, le Demi-Monde, la Rafale, Sapho"
le Retour de Jérusalem, le Duel, la Châ
teliline.
Bientôt Saint-Pétersboure. Moscou-
Kiew, Odessa, Varsovie, Berlin, Stras-
bourg, La Haye, Stockholm, Amster.. )
dam, Liège, Bruxelles, acclameront les
maîtres dont se glorifie l'art dramatique
français, admireront les dons exception-
nels de leur merveilleuse interprète et se
laisseront séduire par cette « royale
beauté » qu'elle rehausse encore, de fa-
çon incomparable, au moyen de ces dé-
licieuses toilettes, aux tonalités exquises,
dont Redfern sait la parer. *
Reverrons-nous ici, sur le Boulevard,
celle « dont le talent, a dit un jour Pau!
Bourget, est composé du plus rare et du
plus imprévu mélange de passion et de
délicatesse, pe force dramatique ei d<*
finesse »?. t
GEORGES TALMO ST.
■ ■* - r- ,,_. ■v
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Chez A - ure D :
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C'est ce soir ir - :. -. ¡' jf;. 2c -
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néralement à l'O o « j : *
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^undi octobre 1907.
Rédacteur en Chef : G* de PAWLOWSKI
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Paris et Départements 24 fr. 12 fr.
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Un béjaune
provincîai, ambitieux, â-rdè-nt e
- alf, venu à Paris avec l'espérance de
hat retourner dans sa sous-préfecture
'e atale que sous la forme d'une statue
en bronze, M. Numa Becfigue était
aussi ignorant de l'amour que du reper-
de dramatique le plus usuel. Dans
son département, il n'avait guère eu
l'occasion d'élucider à son profit l'éter-
nel ep mystère féminin et, depuis six mois
à paris, il n'avait pas eu le temps de se
familiariser beaucoup avec là passion-
nante vie factice' d'entre cour et jardin,
c t pourtant, depuis qu'il avait eu là
joie d'applaudir Sarah-Bernhardt,_Môu-
net-Sully et Coquelin devant le figuier
rd'n yrange, combien vif était son désir
d'écrire pour le théâtre ! Sous le pré-
texte qu'il avait tant soit peu cultivé les
eI'es-Lettres en vue du baccalauréat,
se croyait, comme tant d'autres, né
pour une exaltante carrière d'auteur
dramatique Et au Ministère dès Profits
f t certes où, tout en rêvant de bà gloire
nUlure, il collaborait à la statistique de
nOs gaspillages nationaux, c'est à d'in-
curables scénarios qu'il employait
surtout le papier administratif. Puis,
rentré chez lui, il faisait avec allégresse
On apprentissage de l'amour.
Car, à peine débarqué, il avait aô à
ses jeunes moustaches, à sa faconde
joyeuse et à son alerte vigueur, qui ne
pouvait faire qu'une très bonne impres-
sion aux dames expérimentées, le plai-
r de se lier avec une personne senti-
?ntaîe et mûrissante qui, un peu né-
° Jiee par ses contemporains, avait la
agesse de demander aux tout jeunes
ïj ns les ivresses toujours indispensa-
Ies à son bonheur.
- --I - - - - -
~t En plus de son ardente bonne volonté
et de ce qu'il lui restait d'agréments
physiques, elle avait, aux yeux de Numa
jjecfigue> le prestige de son passage au
.jjsâtre. Elle y avait été, dans les qua-
trièmes rôles, une étoile filante et de
bien pauvre éclat, dont personne n'avait
gardé le souvenir. Et peut-être que, en
se donnant la peine de chercher, on au-
rait découvert qu'elle n'avait appartenu
au .~a~ qu'. qïiaiité -d'ouvreus-e;
Mais ce détail n'avait aucune impor-
tance pour M. Numa Becfigue qui, au
sortir de son bureau, lui demandait au-
tre chose que de déclamer du Corneille
e, de jouer de l'Alexandre Dumas fils,
et t Qui, dans ses lettres à ses camarades
de province, s'enorgueillissait trop d'a-
voir comme maîtresse une femme de
théâtre, pour aller de lui-même au-de-
ant d'une telle désillusion.
D'ailleurs, cette matrone sentimen-
tale avait pour les choses de la scène
ce goût violent que conservent jusqu'à
la visite de la Camarde ceux-là mêmes
dont le rôle y fut très subalterne. Aussi,
dès qu'elle fut l'usufruitière enivrée de
Ce jeune gars qui avait du tempérament
j la toquade du théâtre, se fit-elle une
joie d'encourager sa vocation. Si elle
n' aVait pas trop joué, elle y avait vu
veaucoup jouer et même elle y était de-
nue assez cabotine. Oh ! le plus sin-
ement du monde ! Elle ne voyait la
vie qu'avec le souvenir de l'optique du
théâtre, était de bonne foi sa première
dupe, et, lyrique, grandiloquente, su-
perbe d'attitudes, mêlait, sans même
s'en aPercevoir, les aventures et les
sentiments des pièces qu'elle savait en-
rnn ues, aux aventures et aux senti-
ments de son existence réelle.
C' est ainsi que, dramatisant un peu
sa tendresse pour M. Numa Becfigue,
elle lui manifestait des transports et des
jalousies que, consciemment ou non,
ël, e Empruntait parfois à notre réper-
toire dramatique. Le futur auteur, qui
n'avait pas encore eu le temps, de le
voir, était émerveillé de ces grandes
scènes- Quel orgueil d'inspirer pareils
accents ! Aussi, déjà plus homme de
lettres qu'amoureux, dominait-il son
émotion pour les noter avec soin. Et
même, encouragé par la dame qui .avait
l'im Prudence de souhaiter la gloire pour
son jeune ami, ne tarda-t-il pas à les
utiliser pour une frissonnante pièce en
trois actes, Le Sublime Vertige, qui, du
coup le rendrait célèbre.
— Au moins, se disait-il en la calli-
graphiquant lui-même, on ne pourra pas
lui reprocher de ne pas être originale
et neuve A chaque acte trois gran-
des scènes que j'ai vécues moi-même,
avec des cris du cœur que j'ai person-
pu ^ent inspirés et que moi seul ai
Qrai entendre! Ou bien alors il fau-
Nt que les murs eussent des oreilles!
au totre amoureuse sur le retour qui,
au temps où sa grâce était en fleurs,
avait eu des bontés pour un jeune pre-
mer devenu directeur d'un petit théâ-
tre, devenu directeur d'un petit théâ-
int non sans peine, en l'atten-
e9rtii.,) slant avec les souvenirs du passé,
qu'il écoutât lecture du Sublime Ver-
tige
— U .V^e pièce ardente, vécue, solide,
dont ] al essayé moi-même tous les ef-
fets et qui fera beaucoup d'argent!
L'ancien jeune premier était supers-
titieux Comme tout directeur de théâtre.
Ayant eu soudain la bizarre idée qu'une
ntil, à l'égard de cette lointaine
maîtresse lui porterait peut-être bon-
heur il Se résigna et, avec un sourire
sceptique, donna rendez-vous pour le
soir même a l'auteur piaffant et au ma-
n iCrit volumineux.
Très olYmpien dans son fauteuil di-
récria!, il prêta une molle sîîention
aUx rugissements passionnés et aux sar-
casmes hautains du jeune auteur con-
vaincu de ne lui offrir que du nou-
veau:
= Pas rïïâl ! fiWlj îîârquoiâj lorsque
là couverture mauve du fascicule se fut
refermée sur là fin du premier acte.
Mais c'est la grande scène des Fiancés
éperdus, Une pièce malheureusement
trop fameuse. Enfin, pour un acte
d'exposition, on fait Crédit-.r» Cont^ inuez
si le cœur vous en dit.
Un peu déconcerté J M; Numâ Bec-
figue lui plus nerveusement le second
acte qui lui semblait contenir là Scène
là plus forte et là plus originale. ,..
■—- Très bien! ricana le Directeur.
Mais c'est exactement le « trois » de la
Damé du Perroauet, un succès - célèbre
d'il y à trente. ans.i. Jeune homme,
vous allez trop au théâtre.
— Mais, bien au contraire, n'ayant
pas de billet, j'y vais très rarement.
= Alors, permettez-moi de vous dire
que vous n'y allez pas assez!. Enfin,
voyons si, par hasard, la fin nous ré-
servait un feu d'artifice inédit.
= Hélas ! Le troisième acte, qui avait
tant exalté M. Numa Becfigue lorsque,
un soir de réconciliation passionnée, il
l'avait vécu avec sa maîtresse, n'était
qu'un perpétuel ressouvenir des Rafa-
les du Cœur, chef-d'œuvrè contempo-
rain de la Présidence de Mi Thiers, et
le sarcastique directeur, ravi d'éblouir
les gens par la précision de sa mémoire,
ne manqua pas de signaler là ressem-
blance.
Son manuscrit dans sa serviette,
M. Numa Becfigue sortit de là humilié
et furieux. S'il ne semblait pas devoir
être joué comme auteur, il l'était déjà,
et beaucoup trop, comme amant! Aussi
quelle scène de rage et de reproches 1^
bien inédite celle-là ---- lorsqu'il revint
chez la tendre matrone qui l'attendait,
anxieuse et fébrile, prête à lui donner
la récompense d'un soir d'amour!
-Tu m'as berné! rugit-il. Et avec
des ficelles qui ne trompent plus per-
sonne !
— Je ne savais pas ! Je ne me rappe-
lais plus! balbutia sincèrement l'inno-
cente qui n'avait commis que le crime
d'être trop intoxiquée par le théâtre..,
C'étaient mes propres sentiments. Je
croyais bien avoir inventé. Une autre
fois, va, je te jure que ce sera de moi-
même.
— En es-tu seulement capable? gei-
gnit avec moins de hargne M. Numa
Becfigue, que l'odeur de la femme
tiède en son lit troublait peu à peu.
— Ou du moins, sè dit à elle-même
la douce-créature qui avait vraiment une
connaissance profonde des choses du
théâtre et de la vie, je m'inspirerai de
pièces moins notoires. Mais quant à
inventer, quelle illusion!. Pas plus
dans l'art dramatique que dans la réa-
lité!. Les vrais hommes de théâtre ne
savent-ils pas qu'ils ne font que resse-
meler à leur manière les vieilles chaus-
sures?. Mais ne chagrinons pas un pe-
tiot qui, comme tous les ignorants, a
encore de l'arrogance!. Je te promets,
mon petit, murmura-t-elle, câline.
Paroles et pensées conciliatrices qui,
ce soir-là, valurent une apothéose très
réussie à la pièce ratée!
Georges LECOMTE.
Nous publierons demain une nouvelle de
PIERRE SOUVESTRE
Littérature pour écureuils
Les malades ont pour spécialité de ne
jamais pouvoir tenir en place. Volontiers
ils cherchent dans un changement de
position un, soulagement que, seule, pour-
rait leur apporter la guérison. Leur agi-
tation n'est, on le sait, qu'une marque
de faiblesse commune à tous ceux qui,
dans la vie, montrent plus de nervosité
que de profondeur.
En littérature il en va de même, et l'on
conçoit aisément que la valeur d'une
œuvre ne se mesure vas au nombre des
égorgements, des viols et des incendies
qu'elle décrit, mais bien à la façon dont
elle sait mettre en valeur et développer
un sujet par lui-même insignifiant.
L'art est une création, quoi qu'en
pensent les photographes, et l'on ne crée
pas ce qui existe, même en le boulever-
sant.
Ce sont là des vérités banales.
Comment se fait-il donc que nos meil-
leurs auteurs dramatiques varaissent les
ignorer toujours davantage? Qu'ils reli-
sent le Misanthrope ou Poil de Carotte,
ils verront que l'on peut créer quelque
chose d'absolument neuf sans recourir
à d'autres éléments qu'au talent de l'au-
teur.
Au lieu de cela, on dirait qu'ils s'in-
génient à bouleverser l'ancien magasin
des marionnettes théâtrales pour y trou-
ver quelque personnage inédit, quelque
situation neuve. extérieurement tout au
moins.
C'est ainsi que, dans l'un de nos rares
théâtres véritablement littéraires, un au-
teur de talent nous a dernièrement pré-
senté un frère-belle-mère, situation évi-
demment nouvelle, mais oui nous pro-
met, dans un avenir rapproché, la sœur-
beau-père — la voyez-vous Vinstitutrice ?
- ls père-mère ou le neveu tâ héritage.
Dans cette voie imprévue, ie me per-
mettrai d'apporter ma modeste contribu-
tion aux fiévreuses recherches de nos
auteurs. Ne pourraient-ils, une bonne fois,
introduire au théâtre un personnage ré-
solument nouveau: l'hermaphrodite, par
exemple? Il y a là une mine inépuisable
pour la recherche de situations dramati-
ques inédites, et je me promets d'applau-
dir à tout rompre l'entrée en scène, au
quatrième acte, de l'orpheline devenue,
par son seul mérite, général de division,
et remariée, en secondes noces, avec la
rivale qui, pendant si longtemps, lui
avait enlevé son amant. *
G. DE PAWLOWSKI.
dp
Échos
tO SOif; a l'Odéon, huit Heures trois
qiiâris, répétition générale de : Les Plumes
duPàen. -
T
çat arrive. - -.
Yvette Guîlbert a pris les eaux à
Matiéhbadj pour maigrir!
'Où est le temps où l'exiguïté de ses for-
més faisait la joie des échotiers; où l'on
rédigeait d'avance son épitaphe *i
CUgii Yvette, sans évaules
Et sans gorge, Qui remplissait
Bien mieux ses rôles
Que ses corsetsi..,
A
Londres, on a applaudi une opérette,
pas plus bête qu'une autre (pas moins
bête non plus) The Duchess of Tooting,
dont l'action se passe à Montpellier.
Or, le décor représente un hôtel somp-
tueux, au bord de la mer — sans que les
spectateurs du Shepherds' Bush Empire
aient songé à s'offusquer de cette fantaisie
méditerranéenne. ,
Il est convenu que les Français ignorent
la géographie. Mais ils ne sont pas les seuls.
T
'outes les tournées abondent en pittores-
que; les anecdotes que racontent
Schurmann sur Baret, les souvenirs de
Brasseur sur certains lanceurs d'étoiles,
sont désopilants. Mais la palme du comique
revient aux représentations de Mounet-Sul-
ly en Suisse, dirigées par M. Lajeunesse,
dit Labruyère, beau-frère de l'imprésario
Smiond, avec - lequel, d'ailleurs, il est ea
guerre ouverte pour des motifs obscurs.
Un soir de juillet, dans une petite ville
du canton de Neuchâtel, on s'apprêtait à
jouer Œdipe-Roi sur une scène grande
comme un tub. Les instrumentistes, qui de-
vaient exécuter la pâle musique de scène de
Membrée, après quelques essais infructueux
pour se caser, s'en allèrent tranquillement
sans avertir personne.
Effaré, un régisseur court prévenir Mou-
net-Sully de cette désertion, accueillie par
de furieuses imprécations du tragédien.
D'autant plus furieuses que, prévoyant ces
tempêtes, le subtil imprésario s'était preste-
ment défilé.
- Nom de Zeus! Où est Labruyère?
- Il n'est pas là.
- Je veux lui parler! Où est-il? Dites-
moi où il est?
— Il patine sur le lac, grasseya, gogue-
nard, la voix du machiniste de la tournée,
un Montmartrois pur-sang.
.Oubliant, dans sa rage, que le lac de
Neuchâtel n'est guère propice au patinage
pendant le mois de juillet, Œdipe se préci-
pita sur le plateau, écarta le rideau d'un
geste furibond, et, livide, chaussé de co-
thurnes; les yeux maquillés au rouge vif, il
tonitrua :
- Mesdames, messieurs, c'est infâme!
Labruyère patine sur le lac.
Des huées formidables s'élevèrent. Il fal-
lut rembourser la recette : 32 fr. 75.
Voici une autre mésaventure du grand
tragédien, survenue à Nantes, et qui semble
une page inédite du Roman comique ;
Mounet-Sully inspecta la mise en scène,
la déclara « infecte », non sans quelque
raison, et commença maussadement à scan-
der les alexandrins simili-sophocléens de La-
croix :
Enfants, du vieux Cadmus jeune postérité!
(Retire donc ton pied, bougre d'âne 1.)
Cette parenthèse imprévue indisposa les
connaisseurs du poulailler qui, tout de suite,
devinrent houleux.
Pour comble d'infortune, un figurant ahu-
ri, bousculé sans mesure par le tragédien
énervé, inclina maladroitement sa torche et
quelques gouttes d'alcool enflammé tombè-
rent sur le tapis, qui commença à flamber.
Œdipe hurla :
— Eteins donc, animal, danse là-dessus!
Prenant l'ordre au pied de la lettre, le
malencontreux figurant se mit à danser sur
le tapis une gigue affolée.
Les spectateurs bombardèrent la scène à
coups de petits bancs, d'oranges, et, par
amour pour la couleur locale, de boîtes de
sardines.
Si jamais Mounet-Sully rejoue à Nantes!
c
'était hier 6 octobre, le 247e anniver-
saire de la mort, à Paris, du burlesque
Scarron. A propos de cet anniversaire, u
est amusant de rappeler l'anecdote suivante
— peu connue, croyons-nous. — sur l'au-
teur du Virgile travesti, de Don Japhet et
du Roman comique :
Quand on dressa le contrat de mariage
de Mlle Françoise d'Aubigné avec Scarron,
le poète reconnut à sa fiancée « quatre louis
de rente, deux beaux grands yeux fort ma-
lins, un très beau corsage, une paire de
belles mains et beaucoup d'esprit ».
Le notaire lui ayant ensuite demandé quel
douaire il assurait à Mlle d'Aubigné :
— L'immortalité, répondit Scarron; le
nom des femmes de roi meurt avec elles;
celui de la femme de Scarron vivra toujours.
Le poète ne se trompait qu'à demi : Si
Mme Scarron, en effet, a son nom dans
l'Histoire, Mme de Maintenon — quoique
« femme de roi » — est plus célèbre
qu'elle, si je peux dire, en parlant 3e la
même personne. -
]
( est des JOUJOUX tragiques, He, oui, par-
bleu ! et que l'on ne saurait mettre entre
toutes les mams. mue Polaire, qui est en-
core une enfant, en a fait l'expérience. A
peine revenue de contrées lointaines, elle
avait tenu — infiniment — à informer le
public qu'elle allait créer, au Gymnase, un
rôle de jeune fille, tout à fait conforme à
sa véritable nature si « méconnue ». Po-
laire veut absolument être méconnue. En-
fant!.
Et ceci sans doute explique pourquoi, lors
de sa présentation à l'auteur d'Education de
Prince, elle crut devoir lui dire, avec une
désarmante conviction : « Monsieur Don-
nay, je ne suis pas la femme que j'ai l'air! »
L
ongue, mince, onduleuse, la grande
« Gibson-Girl » Camille Clifford a lâ-
ché la scène qu elle traversait à lents pas
nonchalants, pour trôner dans la demeure
seigneuriale de l'honorable H.-L. Bruce. Et
la haute société anglaise n'a pas encore pris
son parti de cette mésalliance, bien que
l'Américaine entrée dans la famille des ba-
rons d'Aberdare n'ait pas des manières plus
brusques ni un nasillement yankee plus
désagréable que nombre de ses compatrio-
tes reçues à la Cour.
Pourquoi tant d'émotion? Les précédents
abondent. Si, dans le Royaume-Uni, on n'a
pas vu des rois épouser des bergères, du
moins, de tout temps, on a pu voir des ducs
épouser des actrices — et même des figu-
rantes.,
Sans remonter jusqu'à Henriette Jn 'Mr.
et Anastasie Robinson, conduites à i 'aU; J.
par le duc de Saint-Albans et le comte ':c'
Peterborough, on a conservé le souvtnir
d'une comédie : The Beggar's Opera. dont
l'héroïne fut interprétée par trois artiste-
qui, toutes trois, trouvèrent des maris ines
pérés : Mary Beltow, le fils du chance'; r-
lord Thurlow; Catherine Stephens, le <~t-'
d'Essex; enfin, la créatrice du rôle, le duc
de Bolton. Si l'on reprenait cette pièce'
La plus .mariée de toutes ces belles 1
sonnes fut l'exquise Frances Braham,
du ténor; elle s'appela d'abord corn
Waldegraye, se remaria avec un fils de
chevêque d'York, Gréville d'Harcour
convola une dernière fois avec lord Cal,
ford, toujours heureuse dans ses mén.
successifs, et plus considérée que la pa:
Loursa Faîrbrother qui, malgré son titr
duchesse de Cambridge, ne fut jamais
mise à la Cour,,
Le Gaiety Theatre fournit au Peer
des recrues de choix : Miss Rachel Berri
entra dans la famille des comtes de C
mell, qui tï'en ressentirent, du reste, auc
joie. Une jolie créature dont tous les lit
res de Londres- ont vendu la phôtograj
— de sculpturales épaules à demi-voi
par une chevelure opulente — Rosie Bo
fut bel et 'bien épousée par le marquis
Headfort. Et j'aime à croire que Belle
ton, quand elle effectua son entrée, le j
de ses noces, dans la noble demeure
Clancarty, dut avoir une tenue plus gr
que sur les scènes où, pour charmer le
pulaire, elle avait accoutumé de faire
grand écart.
La baronne de Clifford figurait tout ré
ment dans The catch of the season SG.
nom d'Eva Carrington, et si la gentille ;
ces Belmont devint la femme de lord ;'
burton, c'est que cet amateur éclairé -
pu l'admirer parmi les choristes de i
dora.
A qui le tour? - --,
L
a dernière Encyclique du Pape a e
premier résultat tout au moins inf
du. au théâtre.
Mgr Bruchesi, archevêque de Mont
vient de prendre une décision épiscopal,
met sous sa haute juridiction le théâtr
Canada.
Dorénavant. les catholioues canadien
seront plus autorisés à assister qu aux re-
présentations dont les pièces auront été vi-
sées par lui. -
D'ores et déjà, une liste de Pièces inter-
dites a été dressée, Manon en tête.
Cela n'apportera du nouveau que pour
Montréal, la cité mère. A Québec déjà, une
tentative de théâtre français avait échoué à
cause des rigueurs de la censure épiscopale.
On y joua des vaudevilles en trois actes, ré-
duits à deux. Tout ce qui, de loin ou de
près, pouvait ressembler à une gauloiserie
était impitoyablement coupé. Les artistes
durent être rapatriés après un mois de cette
campagne, oui fait date dans 1 histoire du
théâtre français à l'étranger.
s
impIe histoire. ,
Sarah Bernhardt entra chez un li-
braire de Piccadilly, acnew une icvue tran-
çaise et, avant de s'en aller, posa au patron
une question, en anglais.
- Par malheur, ce digne commerçant bri-
tannique est incapable de comprendre l'an-
glais tel oue Sarah le parle ; il esquisse une
grimace - d'incompréhension respectueuse-
ment désolée. Pressée et nerveuse, ner-
veuse et Dressée. Sarah saisit le premier vo-
lume oui lui tomba sous la main, arracha la
feuille - de garde sur laquelle elle griffonna
quelques hiéroglyphes- rapides et la tendit
au libraire d'un geste vraiment royal.
C'était un laissez-passer pour le Coroner,
où elle jouait une pièce toute nouvelle : la
Dame aux Camélias.
Le pauvre Anglais y envoya son premier
commis et passa la nuit at home, à boire du
whisky en quantités effroyables, pour se
consoler d'avoir vu la grande tragédienne
française lui saccager inconsciemment un
volume rarissime, sur japon impérial, va-
lant au bas mot vingt guinées.
Le Masque de Verre.
Demain ŒDlA
COMCEDIA
COM SIX pages
NOS ÉTOILES FILANTES
Le Tour d'Europe
de Jane Hading
Pendant 80 jours la créatrice des Demi-Vierges, de la Châtelaine et..
de la Princesse de Bagdad, Va parcourir rAllemagne, la Russie,
la Suède, le Danemark, la Hollande et la Belgique.
Voici que, de nouveau, Jane Hading
abandonne sa coquette villa de Neuilly
et le parc délicieux où elle vit les véri-
tables « Châtelaines » dans les courts
entr'actes de sa vie mouvementée, pour
aller répandre sa gloire et rehausser
celle des Lettres françaises à travers
l'Europe septentrionale.
L'inoubliable créatrice des Demi-Vier-
ges, du Maître de Forges, de la Châte-
laine, de la Princesse de Bagdad, de
Sapho, semble s'être donne pour mis-
sion de faire connaître et de faire accla-
mer sous toutes les latitudes les chefs-
d'œuvre de l'art dramatique contempo-
rain L'Europe, l'Asie, l'Afrique, les
Deux Amériques, ont vu passer, tour à
tour, Ja prestigieuse artiste.
Infatigable, cette étoile voyageuse a
quitté Paris hier soir, escortée d'une
troupe d'élite: Mmes Laure Sureau (de
l'Athénée), Alcime Leblanc (des Varié-
tés), Marçay (du Théâtre Réjane), Ver-
nay, Dolza, David (de la Renaissance) ;
MM. Arnaud et Revel (de l'Odéon),
Maurice Lugnet (du Gymnase), Haute-
rive, Gray et Garnier '(de l'Athénée),
Max Robert, Langlois, Georget, Maxime,
Antonin, Liziel, etc., etc. -
Le Luxembourg, l'Allemagne, la Rus-
sie, la Suède, le Danemark, la Hol-
lande et la Belgique, applaudiront tour
à tour Jane Hading et sa brillante com-
pagnie, dont le répertoire comprend ies
œuvres que Paris a vu naître et qu'il a
consacrées: Froufrou, le Maître de For-
ges, le Demi-Monde, la Rafale, Sapho"
le Retour de Jérusalem, le Duel, la Châ
teliline.
Bientôt Saint-Pétersboure. Moscou-
Kiew, Odessa, Varsovie, Berlin, Stras-
bourg, La Haye, Stockholm, Amster.. )
dam, Liège, Bruxelles, acclameront les
maîtres dont se glorifie l'art dramatique
français, admireront les dons exception-
nels de leur merveilleuse interprète et se
laisseront séduire par cette « royale
beauté » qu'elle rehausse encore, de fa-
çon incomparable, au moyen de ces dé-
licieuses toilettes, aux tonalités exquises,
dont Redfern sait la parer. *
Reverrons-nous ici, sur le Boulevard,
celle « dont le talent, a dit un jour Pau!
Bourget, est composé du plus rare et du
plus imprévu mélange de passion et de
délicatesse, pe force dramatique ei d<*
finesse »?. t
GEORGES TALMO ST.
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