Titre : Bulletin quotidien de presse étrangère
Auteur : France. Ministère de la guerre (1791-1936). Auteur du texte
Auteur : France. Ministère des affaires étrangères (1588-2007). Auteur du texte
Auteur : France. Ministère de la défense. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1920-05-28
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32732912f
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 60753 Nombre total de vues : 60753
Description : 28 mai 1920 28 mai 1920
Description : 1920/05/28 (T15,N1459). 1920/05/28 (T15,N1459).
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62384664
Source : Ministère des Affaires étrangères, 2012-17626
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2013
MINISTERES
DES
i A "'AIRES F® ÉTRANGÈRES
IT DE LA GUERRE -
N° 1459
Vendredi 28 mai 1920
; Bulletin Quotidien de Presse Etrangère
NOTA. — A l'exception des passages Imprimés en italique, qui aoart 4h
résumés, il est donné ci-dessous des traductions, intégrales ou par extrait
Les articles traduits intégralement sont précédés d'un astérisque.
SOMMAIRE
PRESSE ALLEMANDE. — « L'agonie du traité de
paix » (B. Dernburg dans Berliner Tage-
blatt). - (( Le retour de Nitti » (Frank-
furter Zeitung). — Les conditions du
traité avec la Turquie (Koelnische Zei-
ung). — Le capital américain et le relè-
vement de l'Allemagne (Deutsche Allge-
même Zeitung).
PRESSt ANGLAISE. — Le mandat arménien et
les Etats-Unis (Pall Mall Gazette, Daily
Chronicle, Daily News, Westminster
Gazette, Manchester Guardian). —
L'empire britannique et la Russie (Irish
limes, Westminster Gazette). — Les
emprunts étrangers en Chine (Manches-
ter Guardian). — La baisse des prix en
Grande-Bretagne (Daily Telegraph). —
La politique des Alliés et la situation
Gi«,n0n^C'Ue l'Europe (Manchester
p Guardian).
RESSE AUTRICHIENNE. — Hugô Stinnes et la
presse autrichienne (Deutsche Volks-
p bLaU).
p RESSE ITALIENNE. — Le cinquième anniver-
aïre de l'entrée en guerre de l'Italie
(Çorrzere d'Italia, Secolo). — Les négo-
p Iiations' avec les Yougoslaves (Epoca).
RES.SESUEDOISE.- La Suède et les coopéra-
tives russes : un contrat entre un con-
rtium suédois et le « Centrósoyons »
(Atton Tidningen).
----
POLITIQUE GENERALE
ET DIPLOMATIE
LEs ALLIÉS ET L'ALLEMAGNE
[s « L'AGONIE DU TRAITE DE paix »
sous üe titre j. — Le Traité de Versailles,
tel .n ^f sï inexécutahle L'exécuter, c est
le revicer' a^S' P°ur cette révision même,
les Alliès se placent à des points de vue
très différents,selon que leurs créances
sont 'ordre économique et territorial, ou
puement financier. Les Etats-Unis s'iso-
lent '- eterre, qui a atteint ses buts
mo n<;/pauœ: expU'lser l'Allemagne du marché
mondial-détruire sa flotte de guerre, con-
fisquer sa flotte de commerce, anéantir son
empire colonial , — peut se permettre de ne
Va s insist er SUr la question d'argent ; d'ail-
leurs, elle a é, quilibré son budget, et ce
riest rtnv seulement l'Allemagne qui est sa
liuss Lce, ce Sont ses alliés, France, Italie,
Russ i e T
Cas de la France est fort diffé-
gent. te POtnt essentiel est pour elle l'ar-
rent.
C' st doute sur ce point que Mille-
rand a insisté à Hythe. « Si l'Allemagne ne
pas a Ura' dit, la France, ruinée, ne
Pourra n„,lBr ce qu'elle doit ni à vous, An-
ni ai? AmAricains. Donc, accordez à
la railce la Priorité absolue sur tous les
ette iif ri l'Allemagne. J)
Cette priorité, la France ne l'a pas obte-
n fUe- On a autre part reconnu que l'Al-
'Me n e Peut payer qu'en nature, en
charbon. Or, sur ce point, la France s'était
déjà assuré un grand avantage que n'a-
vaient point les autres : payer le charbon
allemand venu, par voie de terre ce que le
paient les Allemands en Allemagne. Ce
qu'elle ne garde pas pour elle, elle peut dès
lors le revendre au prix du marché mondial.
D'après le Traité de Paix, la France reçoit
27 millions de tonnes de charbon de la
Ruhr et 11 de la Sarre, au total une quaran-
taine de millions de tonnes. Le prix moyen
ne dépasse en aucun cas 20 shillings la
tonne. Or, le prix du marché mondial at-
teint 110 sh. ; la différence est donc de 90
marks-or sur 10 millions de tonnes, soit
3 milliards 600 millions d'or par an, tandis
qu'on n'impute au compte de l'Allemagne
rien pour le charbon de la Sarre, et pour
celui de la Ruhr, 20 ou 30 marks-or, soit
une différence de trois milliards de marks-or
par an. La France devient le plu gros tra-
ficant de charbon du monde, on ne dé-
compte à l'Allemagne que le 5e du prix de
sa livraison, et, pour comble, l'Allemagne,
surtout si on lui enlève la Silésie supé-
rieure. ne peut absolument nas livrer les
quantités stipulées de charbon. Un tel étal
de chose ne doit pas passer inaperçu quand
on a comme l'Angleterre un grand intérêt
à la question du prix du charbon sur le
marché mondial.
Mais la question financière proprement
dite est encore bien plus sérieuse. La Fran-
ce a besoin d'argent ; il lui en faut em-
prunter à l'extérieur. Mais tant que l'indem-
nité allemande n'est pas établie d'une façon
ferme et compatible avec ce que peut l'Al-
lemagne, la France n'a aucun crédit il
l'étranger
Cella ne cadre pas avec le plan français
d'abaissement économique et politique de
l'Allemagne, ni avec la volonté qu'elle a
témoignée pour peu que le serpent de la
prospérité allemande lèverait d'un pouce sa
tête au-dessus du sol, de l'y raplatir au
plus vite avec le gourdin de la commission
des Réparations.
La dette de l'Allemagne doit donc être dé-
finitivement fixée. et ne partie en annuités
réalisables. Là est le noint critique. Com-
bien, en argent ou production de son sol,
l'Allemagne peut-elle fournir d'une manière
durable et avec certitude ? On ne s'est pas
mis d'accord sur ce point. Les Anglais ont
proposé une somme, les Français l'ont éle-
vée, puis finalement, quand le mot « avec
intérêt » s'est introduit dans le projet, on
les a vus montrer beaucoup plus de condes-
cendance. C'est là qu'on voit apparaître
l'irréalité fantaisiste des idées françaises.
On a parlé d'une somme de 125 milliards
marks-or. Un capital, avec intérêts compo-
sés à 5 %, double périodiquement en 14 an-
nées environ. Une somme de 125 milliards
représente, au bout de 30 ans, 550 milliards
de marks-or ; elle exige une annuité, c'est-
à-dire 30 paiements égaux de 18 milliards
de marks-or. Tandis que 125 milliards de
marks-or sans intérêt ne représentent an-
nuellement que 4 milliards de marks-or en-
viron. On voit ce que le petit mot « avec
intérêt » veut dire. Cette somme n'est pas à
payer d'aucune façon, ni avec, ni sans inté
rêts. Mais voici la cruelle vérité. Même en
la supposant payée sans intérêts, c'est tout
au plus un emprunt à 30 ans de 50 milliards
de marks qu'on pourrait asseoir dessus, et
de cette somme les prêteurs anglais et amé-
ricains retiendraient avant tout la moitié
pour paiement de leur quittance. Le tra-
gique de la situation de la France est tout
entier là. Ce fait éclaire crûment le mons-
trueux crime de la guerre, que la France a
préparé, a perpétré au moins autant que
n'importe quel autre peuple. Et il montre
aussi l'absurdité du Traité de Paix.
18 milliards de marks-or représentent, au
cours actuel du change, quelque 180 mil-
liards de marks-papier. Il faudrait, pour
couvrir cette somme, septupler les taxes
existantes. C'est impossible. — Pour payer
ce que l'on doit en or, il faut ou de l'or, que
l'Allemagne n'a pas, ou des marchandises,
mais elle n'a que du, charbon, et son peu-
ple en vit. — Reste la fabrication de papier-
monnaie.L'Allemagne va être réduite à
émettre chaque année 180 milliards de bil-
lets, ce qui fera environ, en 30 ans, cinq
mille cinq cents milliards de marks. Et en-
core la monnaie allemande se déprécierait
dans l'intervalle. Il faudrait beaucoup plus
de dix marks-papier pour représenter un
mark-or. Non, cela ne peut pas être. Il faut
revenir sur le terrain des faits. On a cassé
la marmite où l'on voulait faire cuire le
bouillon de l'indemnité, et on le regarde à
présent se consumer dans le feu. On a ton-
du l'Allemagne et l'on cherche maintenant,
sur ce corps nu, une bourse pleine.
Il faut, si l'on veut s'assurer un em-
prunt, reconnaître cette loi naturelle qu'est
la solidarité internationale des peuples. Le
Traité de Paix, chauvin et impérialiste,
dont l'immoralité retombe sur la tête de ses
auteurs, meurt, il meurt d'être exécuté. —
(Bernhard Dernburg.)
BERLINER TAGEBLATT, 23-5, matin
LA POLITIQUE ITALIENNE
LE CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE
L'ENTREE EN GUERRE. — *Le 24 mai,
date anniversaire de notre guerre, trouve,
cette année, les Italiens dans un état d'âme
bien différent de celui des années précéden-
tes. Les Italiens semblent moins disposés
cette fois à s'enthousiasmer par l'évocation
de leurs souvenirs, qu'à se replier, sur eux-
mêmes, à méditer, à réfléchir.
Nous ne regretterions pas un tel état
d'esprit s'il nous amenait tous à faire un
examen de conscience ; mais un tel examen
exige des conditions de sérénité qui n'ont
rien à voir avec l'esprit de dépression qui
caractérise ce moment de notre vie natio-
nale. Nous sommes désillusionnés, humi-
liés, découragés.
Un examen de conscience devrait com-
mencer par rechercher les causes de cet
état d'âme avec lequel on ne gagne certes
pas les guerres, mais par lequel on con-
quiert moins encore la paix.
Les causes doivent en premier lieu être
recherchées dans la disproportion entre les
espérances avec lesquelles nous entrâmes
en guerre et les gains que celle-ci nous a
DES
i A "'AIRES F® ÉTRANGÈRES
IT DE LA GUERRE -
N° 1459
Vendredi 28 mai 1920
; Bulletin Quotidien de Presse Etrangère
NOTA. — A l'exception des passages Imprimés en italique, qui aoart 4h
résumés, il est donné ci-dessous des traductions, intégrales ou par extrait
Les articles traduits intégralement sont précédés d'un astérisque.
SOMMAIRE
PRESSE ALLEMANDE. — « L'agonie du traité de
paix » (B. Dernburg dans Berliner Tage-
blatt). - (( Le retour de Nitti » (Frank-
furter Zeitung). — Les conditions du
traité avec la Turquie (Koelnische Zei-
ung). — Le capital américain et le relè-
vement de l'Allemagne (Deutsche Allge-
même Zeitung).
PRESSt ANGLAISE. — Le mandat arménien et
les Etats-Unis (Pall Mall Gazette, Daily
Chronicle, Daily News, Westminster
Gazette, Manchester Guardian). —
L'empire britannique et la Russie (Irish
limes, Westminster Gazette). — Les
emprunts étrangers en Chine (Manches-
ter Guardian). — La baisse des prix en
Grande-Bretagne (Daily Telegraph). —
La politique des Alliés et la situation
Gi«,n0n^C'Ue l'Europe (Manchester
p Guardian).
RESSE AUTRICHIENNE. — Hugô Stinnes et la
presse autrichienne (Deutsche Volks-
p bLaU).
p RESSE ITALIENNE. — Le cinquième anniver-
aïre de l'entrée en guerre de l'Italie
(Çorrzere d'Italia, Secolo). — Les négo-
p Iiations' avec les Yougoslaves (Epoca).
RES.SESUEDOISE.- La Suède et les coopéra-
tives russes : un contrat entre un con-
rtium suédois et le « Centrósoyons »
(Atton Tidningen).
----
POLITIQUE GENERALE
ET DIPLOMATIE
LEs ALLIÉS ET L'ALLEMAGNE
[s « L'AGONIE DU TRAITE DE paix »
sous üe titre j. — Le Traité de Versailles,
tel .n ^f sï inexécutahle L'exécuter, c est
le revicer' a^S' P°ur cette révision même,
les Alliès se placent à des points de vue
très différents,selon que leurs créances
sont 'ordre économique et territorial, ou
puement financier. Les Etats-Unis s'iso-
lent '- eterre, qui a atteint ses buts
mo n<;/pauœ: expU'lser l'Allemagne du marché
mondial-détruire sa flotte de guerre, con-
fisquer sa flotte de commerce, anéantir son
empire colonial , — peut se permettre de ne
Va s insist er SUr la question d'argent ; d'ail-
leurs, elle a é, quilibré son budget, et ce
riest rtnv seulement l'Allemagne qui est sa
liuss Lce, ce Sont ses alliés, France, Italie,
Russ i e T
Cas de la France est fort diffé-
gent. te POtnt essentiel est pour elle l'ar-
rent.
C' st doute sur ce point que Mille-
rand a insisté à Hythe. « Si l'Allemagne ne
pas a Ura' dit, la France, ruinée, ne
Pourra n„,lBr ce qu'elle doit ni à vous, An-
ni ai? AmAricains. Donc, accordez à
la railce la Priorité absolue sur tous les
ette iif ri l'Allemagne. J)
Cette priorité, la France ne l'a pas obte-
n fUe- On a autre part reconnu que l'Al-
'Me n e Peut payer qu'en nature, en
charbon. Or, sur ce point, la France s'était
déjà assuré un grand avantage que n'a-
vaient point les autres : payer le charbon
allemand venu, par voie de terre ce que le
paient les Allemands en Allemagne. Ce
qu'elle ne garde pas pour elle, elle peut dès
lors le revendre au prix du marché mondial.
D'après le Traité de Paix, la France reçoit
27 millions de tonnes de charbon de la
Ruhr et 11 de la Sarre, au total une quaran-
taine de millions de tonnes. Le prix moyen
ne dépasse en aucun cas 20 shillings la
tonne. Or, le prix du marché mondial at-
teint 110 sh. ; la différence est donc de 90
marks-or sur 10 millions de tonnes, soit
3 milliards 600 millions d'or par an, tandis
qu'on n'impute au compte de l'Allemagne
rien pour le charbon de la Sarre, et pour
celui de la Ruhr, 20 ou 30 marks-or, soit
une différence de trois milliards de marks-or
par an. La France devient le plu gros tra-
ficant de charbon du monde, on ne dé-
compte à l'Allemagne que le 5e du prix de
sa livraison, et, pour comble, l'Allemagne,
surtout si on lui enlève la Silésie supé-
rieure. ne peut absolument nas livrer les
quantités stipulées de charbon. Un tel étal
de chose ne doit pas passer inaperçu quand
on a comme l'Angleterre un grand intérêt
à la question du prix du charbon sur le
marché mondial.
Mais la question financière proprement
dite est encore bien plus sérieuse. La Fran-
ce a besoin d'argent ; il lui en faut em-
prunter à l'extérieur. Mais tant que l'indem-
nité allemande n'est pas établie d'une façon
ferme et compatible avec ce que peut l'Al-
lemagne, la France n'a aucun crédit il
l'étranger
Cella ne cadre pas avec le plan français
d'abaissement économique et politique de
l'Allemagne, ni avec la volonté qu'elle a
témoignée pour peu que le serpent de la
prospérité allemande lèverait d'un pouce sa
tête au-dessus du sol, de l'y raplatir au
plus vite avec le gourdin de la commission
des Réparations.
La dette de l'Allemagne doit donc être dé-
finitivement fixée. et ne partie en annuités
réalisables. Là est le noint critique. Com-
bien, en argent ou production de son sol,
l'Allemagne peut-elle fournir d'une manière
durable et avec certitude ? On ne s'est pas
mis d'accord sur ce point. Les Anglais ont
proposé une somme, les Français l'ont éle-
vée, puis finalement, quand le mot « avec
intérêt » s'est introduit dans le projet, on
les a vus montrer beaucoup plus de condes-
cendance. C'est là qu'on voit apparaître
l'irréalité fantaisiste des idées françaises.
On a parlé d'une somme de 125 milliards
marks-or. Un capital, avec intérêts compo-
sés à 5 %, double périodiquement en 14 an-
nées environ. Une somme de 125 milliards
représente, au bout de 30 ans, 550 milliards
de marks-or ; elle exige une annuité, c'est-
à-dire 30 paiements égaux de 18 milliards
de marks-or. Tandis que 125 milliards de
marks-or sans intérêt ne représentent an-
nuellement que 4 milliards de marks-or en-
viron. On voit ce que le petit mot « avec
intérêt » veut dire. Cette somme n'est pas à
payer d'aucune façon, ni avec, ni sans inté
rêts. Mais voici la cruelle vérité. Même en
la supposant payée sans intérêts, c'est tout
au plus un emprunt à 30 ans de 50 milliards
de marks qu'on pourrait asseoir dessus, et
de cette somme les prêteurs anglais et amé-
ricains retiendraient avant tout la moitié
pour paiement de leur quittance. Le tra-
gique de la situation de la France est tout
entier là. Ce fait éclaire crûment le mons-
trueux crime de la guerre, que la France a
préparé, a perpétré au moins autant que
n'importe quel autre peuple. Et il montre
aussi l'absurdité du Traité de Paix.
18 milliards de marks-or représentent, au
cours actuel du change, quelque 180 mil-
liards de marks-papier. Il faudrait, pour
couvrir cette somme, septupler les taxes
existantes. C'est impossible. — Pour payer
ce que l'on doit en or, il faut ou de l'or, que
l'Allemagne n'a pas, ou des marchandises,
mais elle n'a que du, charbon, et son peu-
ple en vit. — Reste la fabrication de papier-
monnaie.L'Allemagne va être réduite à
émettre chaque année 180 milliards de bil-
lets, ce qui fera environ, en 30 ans, cinq
mille cinq cents milliards de marks. Et en-
core la monnaie allemande se déprécierait
dans l'intervalle. Il faudrait beaucoup plus
de dix marks-papier pour représenter un
mark-or. Non, cela ne peut pas être. Il faut
revenir sur le terrain des faits. On a cassé
la marmite où l'on voulait faire cuire le
bouillon de l'indemnité, et on le regarde à
présent se consumer dans le feu. On a ton-
du l'Allemagne et l'on cherche maintenant,
sur ce corps nu, une bourse pleine.
Il faut, si l'on veut s'assurer un em-
prunt, reconnaître cette loi naturelle qu'est
la solidarité internationale des peuples. Le
Traité de Paix, chauvin et impérialiste,
dont l'immoralité retombe sur la tête de ses
auteurs, meurt, il meurt d'être exécuté. —
(Bernhard Dernburg.)
BERLINER TAGEBLATT, 23-5, matin
LA POLITIQUE ITALIENNE
LE CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE
L'ENTREE EN GUERRE. — *Le 24 mai,
date anniversaire de notre guerre, trouve,
cette année, les Italiens dans un état d'âme
bien différent de celui des années précéden-
tes. Les Italiens semblent moins disposés
cette fois à s'enthousiasmer par l'évocation
de leurs souvenirs, qu'à se replier, sur eux-
mêmes, à méditer, à réfléchir.
Nous ne regretterions pas un tel état
d'esprit s'il nous amenait tous à faire un
examen de conscience ; mais un tel examen
exige des conditions de sérénité qui n'ont
rien à voir avec l'esprit de dépression qui
caractérise ce moment de notre vie natio-
nale. Nous sommes désillusionnés, humi-
liés, découragés.
Un examen de conscience devrait com-
mencer par rechercher les causes de cet
état d'âme avec lequel on ne gagne certes
pas les guerres, mais par lequel on con-
quiert moins encore la paix.
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