Titre : Bulletin quotidien de presse étrangère
Auteur : France. Ministère de la guerre (1791-1936). Auteur du texte
Auteur : France. Ministère des affaires étrangères (1588-2007). Auteur du texte
Auteur : France. Ministère de la défense. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1919-11-28
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32732912f
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 60753 Nombre total de vues : 60753
Description : 28 novembre 1919 28 novembre 1919
Description : 1919/11/28 (N1314,T13). 1919/11/28 (N1314,T13).
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6239351n
Source : Ministère des Affaires étrangères, 2012-17626
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/02/2013
! MINISTERES
b 1!. F3
1"41111!8 hRANGERES
Er DE LA GUE R RE
N° 1314
Vendredi 28 Novembre 1919
Bulletin Quotidien de Presse Etrangère
NOTA. — A l'exception des passages imprimés en italique, qui sont d-
résumés, il est donné ci-dessous des traductions, intégrales ou par extraite
Les articles traduits intégralement sont précédés d'un astérisque.
POLITIQUE GENERALE
ET DIPLOMATIE
lleno.,RTIClE DE M. GUGLIELMO FER-
(PREMIÈRE ANNÉE DU MONDE NOU-
S>. U ». « II],
S',écrOU.I Il} Y a un an, à pareille époque,
empire allemand et l'em-
aUslrn u hongrois. Deux empires, cinq
cbés d es, une mulltitude de grands-du
'de r h u -
raissa'i e tdUches et de principautés dispa-
aient de l'histoi're. C'était la chute
rio toute 8 puissante aristocratie, der-
dp'n°e 5te surviv de cet empire germanique
6' avait été le dernier avatar
tèltle PIre romam. L'architrave du sys-
briSée ii)onni1(ïue et aristocratique était
brisé "erl Furope; on peut dire alors qu'un
PeUPles ouveau commençait. Et puisque les
k'eP1bLenit pas enchantés de la
eiïlière an?ee du monde nouveau qui se
teri.fie C(?s ^Urs"ci, essayons de compren-
déCe Qui S Produit entre novembre.
tes, onovernhre 1919.
nS gOUvo3^lerïlents de l'Entente avaient
is aux masses une paix juste et dura-
bl* t'épnr, lation' des peuples, la fin du
W-'a ^rismp i1^PPresseur qui a touj ours
rançais l Europe depuis la Révolution
QO entre 1815 et 1848. Ces pro-
tn esses Paraissaient de bon aloi, moins à
fV56 ,(ie la Confiance qu'on avait dans les
Se j^flemprnT les faisaient, qu'à cau-
Sa;tr- necessité où ils étaient de les
COM rnent éviter, en effet, si l'on agis-
sUi,>-a;l,treTYl0l+ la faillite, la révolution, le
çettoe de tn les régimes ? Wilson dé-
te lla^ en Ur°Pe comme le porteur de
^a^x • p+ - 1
Pieu. et il y était accueilli à l'égal
}¡' aIs >
tl}el' l'eXe ngleterre fut la première à don-
e ele du manquement aux pro-
Après la victoire, le gouvernement
anglais était toui ours prêt à désarmer
l'Europe continentale, mais il ne l'était plus
r^l M t, en iQicariïlement à la mer. Ce-
lue l'A quand la guerre allait
*le * que 1, Angleterre éprouvait le besoin
de - alliés, elle avait promis,
,e 'dépiora, ".on faite par Cecil au Par-
^em de rriSlc*mu C°ïïiin -
^ir! e> Dm,» lriséparables. Elle voulait,
(Ifls IOns' une n eme-même et pour ses do-
ar- des colonies alleman-
i^ôr» Par oV, SIgnant l'armistice, elle eût
ds 11 pai -m
nt Wiic! les quatorze points du
tr celui qui concernait les
Ilororl, comment et par quelles in-
10 Wf}eor¡ge a pu persuader Cle-
tn, eau tyiiSon de donner ce premier
de call I-f dans le contrat idéal d'une
et,ri Ura'ble. Mais nous avons,
fw/'ti'e, i]a „rlltllde que ce coup de ca-
J ^onné et facilement. Entre temps,
que se produisait-il en France ? Le ressen-
t e
2 o, ^rant Allemag-ne, contenu quatre
Rtkit e ait explosion et exi-
la prnce fût indemnisée et mise
tant ab Pi 'd""le nouvelle ressentiment
tait t ';Offensne ncîUvelle invasion. Après
~~t le ressentiment
aln, même s'il pouvait deve-
nir mauvais conseiller ; le désir des indem-
nités et des garanties était légitime, mê-
me si sa solution pouvait présenter de
grandes difficultés. Tout était là, en effet :
comment le satisfaire ?
Il y avait deux méthodes : ou reprendre
la route ancienne ou en tenter une non
velle. Ou bien renouveler les mesures de
prévoyances prises jadis sans succès par
Napoléon contre la Prusse; désarmer l'Alle-
magne, en lui faisant payer les plus lour-
des indemnités, la démembrer et l'appau-
vrir dans la mesure du possible, l'entourer
et même l'étouffer si la chose était
faisable, au milieu d'une ceinture d'Etats
ennemis créés au besoin artificiellement,
là où la nature ne s'y prêtait pas assez
aisément. Ou bien tenter la route nou-
velle, que Wilson avait tracée sommaire-
ment et en beaucoup d'endroits un peu
vaguement : ne reprendre à l'Allemagne
que ce qu'elle avait pris aux autres, res-
pecter son unité nationale, lui rendre ses
colonies, se contenter de lui voir réparer
ce qu'elle avait détruit, l'accueillir dans
la Ligue des Nations et la rendre solidaire
de la politique de cette Ligue à l'endroit
de la Russie ; limiter enfin les armements
de la France et de l'Allemagne par un
accord et un engagement réciproques ga-
rantis par les autres grandes nations d'Eu-
rope et d'Amérique.
De ces deux moyens de résoudre le
grand problème de la guerre, le second
était nouveau et n'avait jamais été tenté,
ce qui le rendait difficile et d'issue
incertaine. Mais, au moins pour ceux qui
connaissent l'histoire, il avait sur le pre-
mier l'avantage de n'avoir point encore
été discrédité par une expérience aussi
fameuse que celle de Napoléon. Après une
courte hésitation, la France préféra au
contraire, et pour diverses raisons, en re-
venir au vieux moyen. Elle arrêta ce choix
parce que le vieux moyen était plus sim-
ple, en apparence plus facile et plus
pratique, et aussi parce qu'il satisfaisait le
ressentiment légitime de la nation, parce
que le gouvernement et presque tous les
organes qui dirigent la nation et l'opinion
publique, le préféraient au nouveau ;
parce que les partis qui prônaient celui-
ci avaient peu d'autorité et avaient com-
mis de graves et nombreuses erreurs ;
parce que la France est désormais fati-
guée de prêter au Progrès ses membres
couverts de tant de cicatrices afin d'y
faire dessus toutes les expériences de vivi-
section, dont il a besoin pour trouver le
secret de mieux gouverner le monde.
La France aurait pu peut-être s'engager
dans la voie nouvelle si ses Alliés ou ses
amis l'y avaient poussée ou aidée. Mais
l'Angleterre, après avoir imposé en Afri-
que et sur la mer la paix de Brennus et
de Napoléon, n'avait plus d'autorité pour
la refuser dans l'Europe continentale.
L'Italie resta passive. L'Amérique ne pou-
vait, à elle seule, imposer à l'Europe une
paix que celle-ci refusait, et elle ne pou-
vait non plus renoncer entièrement à ses
vues ; telle chercha donc en discutant et
en résistant à sauver ce qu'elle pouvait de
ses principes par des transactions labo-
rieuses. Le traité de Versailles fut le fruit
de cette pénible élaboration.
Me différenciant en cela de beaucoup de
ceux qui le critiquent, j'ai lu le texte défi-
nitif du fameux traité et je me réserve de
le commenter au fur et à mesure que s'en
présentera l'occasion. Je me contenterai
pour le moment d'observer que le traité,
qu'il soit bon ou mauvais, est entaché d'un
défaut. Il ne pourra être exécuté si PEN-
DANT DEUX GÉNÉRATIONS, l'Allemagne ne con-
tinue pas à être aussi faible qu'elle l'était,
lorsqu'une force supérieure l'obligea à le
signer. Il ne pourra être exécuté que si la
coalition qui a vaincu l'Allemagne subsiste
durant un demi-siècle encore, ou telle
quelle, ou sous une forme équivalente La
chose n'est pas impossible, mais elle n'est
pas non plus certaine, ni facile.
La France le sait. En effet, au fur et à
mesure que le traité transcrivait sa victoire
en de nombreuses obligations pour le vain-
cu, l'une plus pénible à exécuter que l'au-
tre, elle sentait le besoin toujours plus
grand de s'assurer ses anciens alliés et de
s'en procurer de nouveaux. L'Amérique,
l'Angleterre, l'Italie, la Pologne, la Bohê-
me, la Serbie — et presque tout l'univers —
furent invités à s'unir en un groupement
colossal pour garantir l'exécution du traité
qui pourrait devenir un quelconque chif-
fon de papier, le jour où l'Europe, désa-
grégée à nouveau par les anciennes riva-
lités et par les intérêts particuliers, devrait
aviser à l'imposer par la force. Mais, au-
jourd'hui que la Russie n'existe plus, les
bons sentiments de l'univers envers la
France ne valent pas pour celle-ci ceux de
l'Angleterre, de cette Angleterre qui est
plus riche et plus puissante que l'Italie,
plus proche de la France que l'Amérique,
et engagée plus avant dans les affaires
continentales.
Le traité de Versailles a donc rendu l'al-
liance avec l'Angleterre nécessaire à la
France, ce qui veut dire, dans cette Eu-
rope trouble qui meurt de ses cupidités et
de ses ambitions, qu'elle en a fait une
chaîne pour la France. Mais, le moment
où cette chaîne a été rivée aux pieds de la
France a marqué le début d'une crise nou-
velle et très périlleuse. La Russie et l'Alle-
magne s'étant écroulées, la France étant
liée à cette chaîne, l'Amérique étant éloi-
gnée, l'Angleterre fut saisie d'une sorte de
délire de domination mondiale qui, après
les ambitions allemandes, menace à son
tour d'entraîner l'univers à sa perte. La
politique anglaise a changé de visage et
de style au cours des derniers mois. La
vieille rapacité de la nation se réveillait
à mesure que le traité de Versailles perpé-
tuait, en l'exacerbant peut-être pour quel-
ques générations, le conflit entre la France
et l'Allemagne. L'Angleterre est retombée
dans l'erreur qui a causé la perte de Napo-
léon d'abord et de l'Allemagne ensuite.
Elle aussi a cru que l'intérêt d'un seul
peuple et d'un seul Etat pouvait être la
loi de l'univers ; et aujourd'hui elle se
berce de l'illusion de créer de nouveaux
Etats grands et petits et de rapiécer les an-
ciens, là où ces créations et ces réparations
coïncident avec ses intérêts politiques, ma-
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N° 1314
Vendredi 28 Novembre 1919
Bulletin Quotidien de Presse Etrangère
NOTA. — A l'exception des passages imprimés en italique, qui sont d-
résumés, il est donné ci-dessous des traductions, intégrales ou par extraite
Les articles traduits intégralement sont précédés d'un astérisque.
POLITIQUE GENERALE
ET DIPLOMATIE
lleno.,RTIClE DE M. GUGLIELMO FER-
(PREMIÈRE ANNÉE DU MONDE NOU-
S>. U ». « II],
S',écrOU.I Il} Y a un an, à pareille époque,
empire allemand et l'em-
aUslrn u hongrois. Deux empires, cinq
cbés d es, une mulltitude de grands-du
'de r h u -
raissa'i e tdUches et de principautés dispa-
aient de l'histoi're. C'était la chute
rio toute 8 puissante aristocratie, der-
dp'n°e 5te surviv de cet empire germanique
6' avait été le dernier avatar
tèltle PIre romam. L'architrave du sys-
briSée ii)onni1(ïue et aristocratique était
brisé "erl Furope; on peut dire alors qu'un
PeUPles ouveau commençait. Et puisque les
k'eP1bLenit pas enchantés de la
eiïlière an?ee du monde nouveau qui se
teri.fie C(?s ^Urs"ci, essayons de compren-
déCe Qui S Produit entre novembre.
tes, onovernhre 1919.
nS gOUvo3^lerïlents de l'Entente avaient
is aux masses une paix juste et dura-
bl* t'épnr, lation' des peuples, la fin du
W-'a ^rismp i1^PPresseur qui a touj ours
rançais l Europe depuis la Révolution
QO entre 1815 et 1848. Ces pro-
tn esses Paraissaient de bon aloi, moins à
fV56 ,(ie la Confiance qu'on avait dans les
Se j^flemprnT les faisaient, qu'à cau-
Sa;tr- necessité où ils étaient de les
COM rnent éviter, en effet, si l'on agis-
sUi,>-a;l,treTYl0l+ la faillite, la révolution, le
çettoe de tn les régimes ? Wilson dé-
te lla^ en Ur°Pe comme le porteur de
^a^x • p+ - 1
Pieu. et il y était accueilli à l'égal
}¡' aIs >
tl}el' l'eXe ngleterre fut la première à don-
e ele du manquement aux pro-
Après la victoire, le gouvernement
anglais était toui ours prêt à désarmer
l'Europe continentale, mais il ne l'était plus
r^l M t, en iQicariïlement à la mer. Ce-
lue l'A quand la guerre allait
*le * que 1, Angleterre éprouvait le besoin
de - alliés, elle avait promis,
,e 'dépiora, ".on faite par Cecil au Par-
^em de rriSlc*
^ir! e> Dm,» lriséparables. Elle voulait,
(Ifls IOns' une n eme-même et pour ses do-
ar- des colonies alleman-
i^ôr» Par oV, SIgnant l'armistice, elle eût
ds 11 pai -m
nt Wiic! les quatorze points du
tr celui qui concernait les
Ilororl, comment et par quelles in-
10 Wf}eor¡ge a pu persuader Cle-
tn, eau tyiiSon de donner ce premier
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et,ri Ura'ble. Mais nous avons,
fw/'ti'e, i]a „rlltllde que ce coup de ca-
J ^onné et facilement. Entre temps,
que se produisait-il en France ? Le ressen-
t e
2 o, ^rant Allemag-ne, contenu quatre
Rtkit e ait explosion et exi-
la prnce fût indemnisée et mise
tant ab Pi 'd""le nouvelle ressentiment
tait t ';Offensne ncîUvelle invasion. Après
~~t le ressentiment
aln, même s'il pouvait deve-
nir mauvais conseiller ; le désir des indem-
nités et des garanties était légitime, mê-
me si sa solution pouvait présenter de
grandes difficultés. Tout était là, en effet :
comment le satisfaire ?
Il y avait deux méthodes : ou reprendre
la route ancienne ou en tenter une non
velle. Ou bien renouveler les mesures de
prévoyances prises jadis sans succès par
Napoléon contre la Prusse; désarmer l'Alle-
magne, en lui faisant payer les plus lour-
des indemnités, la démembrer et l'appau-
vrir dans la mesure du possible, l'entourer
et même l'étouffer si la chose était
faisable, au milieu d'une ceinture d'Etats
ennemis créés au besoin artificiellement,
là où la nature ne s'y prêtait pas assez
aisément. Ou bien tenter la route nou-
velle, que Wilson avait tracée sommaire-
ment et en beaucoup d'endroits un peu
vaguement : ne reprendre à l'Allemagne
que ce qu'elle avait pris aux autres, res-
pecter son unité nationale, lui rendre ses
colonies, se contenter de lui voir réparer
ce qu'elle avait détruit, l'accueillir dans
la Ligue des Nations et la rendre solidaire
de la politique de cette Ligue à l'endroit
de la Russie ; limiter enfin les armements
de la France et de l'Allemagne par un
accord et un engagement réciproques ga-
rantis par les autres grandes nations d'Eu-
rope et d'Amérique.
De ces deux moyens de résoudre le
grand problème de la guerre, le second
était nouveau et n'avait jamais été tenté,
ce qui le rendait difficile et d'issue
incertaine. Mais, au moins pour ceux qui
connaissent l'histoire, il avait sur le pre-
mier l'avantage de n'avoir point encore
été discrédité par une expérience aussi
fameuse que celle de Napoléon. Après une
courte hésitation, la France préféra au
contraire, et pour diverses raisons, en re-
venir au vieux moyen. Elle arrêta ce choix
parce que le vieux moyen était plus sim-
ple, en apparence plus facile et plus
pratique, et aussi parce qu'il satisfaisait le
ressentiment légitime de la nation, parce
que le gouvernement et presque tous les
organes qui dirigent la nation et l'opinion
publique, le préféraient au nouveau ;
parce que les partis qui prônaient celui-
ci avaient peu d'autorité et avaient com-
mis de graves et nombreuses erreurs ;
parce que la France est désormais fati-
guée de prêter au Progrès ses membres
couverts de tant de cicatrices afin d'y
faire dessus toutes les expériences de vivi-
section, dont il a besoin pour trouver le
secret de mieux gouverner le monde.
La France aurait pu peut-être s'engager
dans la voie nouvelle si ses Alliés ou ses
amis l'y avaient poussée ou aidée. Mais
l'Angleterre, après avoir imposé en Afri-
que et sur la mer la paix de Brennus et
de Napoléon, n'avait plus d'autorité pour
la refuser dans l'Europe continentale.
L'Italie resta passive. L'Amérique ne pou-
vait, à elle seule, imposer à l'Europe une
paix que celle-ci refusait, et elle ne pou-
vait non plus renoncer entièrement à ses
vues ; telle chercha donc en discutant et
en résistant à sauver ce qu'elle pouvait de
ses principes par des transactions labo-
rieuses. Le traité de Versailles fut le fruit
de cette pénible élaboration.
Me différenciant en cela de beaucoup de
ceux qui le critiquent, j'ai lu le texte défi-
nitif du fameux traité et je me réserve de
le commenter au fur et à mesure que s'en
présentera l'occasion. Je me contenterai
pour le moment d'observer que le traité,
qu'il soit bon ou mauvais, est entaché d'un
défaut. Il ne pourra être exécuté si PEN-
DANT DEUX GÉNÉRATIONS, l'Allemagne ne con-
tinue pas à être aussi faible qu'elle l'était,
lorsqu'une force supérieure l'obligea à le
signer. Il ne pourra être exécuté que si la
coalition qui a vaincu l'Allemagne subsiste
durant un demi-siècle encore, ou telle
quelle, ou sous une forme équivalente La
chose n'est pas impossible, mais elle n'est
pas non plus certaine, ni facile.
La France le sait. En effet, au fur et à
mesure que le traité transcrivait sa victoire
en de nombreuses obligations pour le vain-
cu, l'une plus pénible à exécuter que l'au-
tre, elle sentait le besoin toujours plus
grand de s'assurer ses anciens alliés et de
s'en procurer de nouveaux. L'Amérique,
l'Angleterre, l'Italie, la Pologne, la Bohê-
me, la Serbie — et presque tout l'univers —
furent invités à s'unir en un groupement
colossal pour garantir l'exécution du traité
qui pourrait devenir un quelconque chif-
fon de papier, le jour où l'Europe, désa-
grégée à nouveau par les anciennes riva-
lités et par les intérêts particuliers, devrait
aviser à l'imposer par la force. Mais, au-
jourd'hui que la Russie n'existe plus, les
bons sentiments de l'univers envers la
France ne valent pas pour celle-ci ceux de
l'Angleterre, de cette Angleterre qui est
plus riche et plus puissante que l'Italie,
plus proche de la France que l'Amérique,
et engagée plus avant dans les affaires
continentales.
Le traité de Versailles a donc rendu l'al-
liance avec l'Angleterre nécessaire à la
France, ce qui veut dire, dans cette Eu-
rope trouble qui meurt de ses cupidités et
de ses ambitions, qu'elle en a fait une
chaîne pour la France. Mais, le moment
où cette chaîne a été rivée aux pieds de la
France a marqué le début d'une crise nou-
velle et très périlleuse. La Russie et l'Alle-
magne s'étant écroulées, la France étant
liée à cette chaîne, l'Amérique étant éloi-
gnée, l'Angleterre fut saisie d'une sorte de
délire de domination mondiale qui, après
les ambitions allemandes, menace à son
tour d'entraîner l'univers à sa perte. La
politique anglaise a changé de visage et
de style au cours des derniers mois. La
vieille rapacité de la nation se réveillait
à mesure que le traité de Versailles perpé-
tuait, en l'exacerbant peut-être pour quel-
ques générations, le conflit entre la France
et l'Allemagne. L'Angleterre est retombée
dans l'erreur qui a causé la perte de Napo-
léon d'abord et de l'Allemagne ensuite.
Elle aussi a cru que l'intérêt d'un seul
peuple et d'un seul Etat pouvait être la
loi de l'univers ; et aujourd'hui elle se
berce de l'illusion de créer de nouveaux
Etats grands et petits et de rapiécer les an-
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