Titre : L'Attaque : organe socialiste révolutionnaire de la jeunesse / rédacteur en chef Ernest Gegout
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1888-12-07
Contributeur : Gégout, Ernest (1854-1936). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32706292b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 2168 Nombre total de vues : 2168
Description : 07 décembre 1888 07 décembre 1888
Description : 1888/12/07 (A1,N25)-1888/12/14. 1888/12/07 (A1,N25)-1888/12/14.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6242107n
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-40136
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2013
PREMIERE. ANNÉE. — N* 25 Paris: XO Centimes Du 7 Décembre 14 au Décembre IOM
L'ATTAQUE
<>:r e Ob X-X CD Socialiste Révolutionnair o
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr.
Six MOIS 3 fr.
TROIS MOIS. 1 fr. 50
i 1
Les Annonces sont traitées A forfait aux banaux
du Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21 — Rue Croix-des-Petits-Champs — 21
Secrétare de Rédaction G. PICOUR7
Ceux de nos souscripteurs tttt
l'abonnement a pris fin sont priés
de nous en adresser le renouvelle-
ment pour éviter toute interrup-
tion dans le service.
SOCIALISME ET BOULANGISME
Les temps sont graves, chacun le sent :
il faut lutter, il faut s'organiser surtout et
s'orienter sérieusement pour le triomphe
des principes socialistes, pour l'émanci-
pation complète du peuple.
Dans le chaos politique où nous patau-
geons, au milieu de l'effondrement de la
société bourgeoise qui commence et de la
pourriture parlementaire qui aide à la fin
du monde bourgeois, les socialistes de-
vraient être calmes et, seuls debouts et
forts, assister avec tranquillité à la mort de
la vieille société capitaliste, bien certains
que chaque pas qu'elle fait vers la putré-
faction et la désorganisation finales est
une étape de plus pour l'avènement de la
justice : la République sociale.
Mais, loin de là, les socialistes ont pris
part pour ou contre l'ignoble farce bou-
langiste, et à tant de raisons de divisions
déjà anciennes entre nous ils ont ajouté
celle si profonde d'être pour ou contre le
général fusilleur des fédérés.
Car il y a de nos amis, et des plus con-
vaincus, qui le soutiennent cet assassin
versaillais, par haine du gouvernement
bourgeois peut-être, et qui prétendent que
puisqu'il crée une situation révolution-
naire il faut en profiter, que du reste il ne
faut pas remonter les courants populaires,
etc. etc.
« Il ne faut pas remonter les courants
populaires, » : sont-cedessocialistes qui ont
dit cela? Où donc sont les grands courages
et les fiers dévouements d'antan? est-ce
que pendant la commune et plus tard dans
nos congrès ouvriers nous comptions avec
les ennemis de nos idées? est-ce que nous
ne nous sommes pas jetés à corps perdus
dans la lutte pour faire comprendre au
peuple ses droits, réclamer son égalité,
: combattre les entraînements néfastes qu'il
subirait en politique ou en économie so-
ciale!.
Est-ce que ce n'est pas précisément
notre raison d'être à nous propagandistes
précurseurs de nous jeter au-devant des
courants trompeurs par lesquels le peuple
est si souvent roulé, noyé, étouffé, et de
lui montrer le but à atteindre : la suppres
sion de l'exploitation sous toutes ses for-
mes, son affranchissement complet et dé-
finitif !
« Le boulangisme crée une situation
révolutionnaire, dit-on encore : nous de-
vons le soutenir pour en profiter. »
Mais, ô malins Gribouilles que vous êtes,
ce n'est pas une situation révolutionnaire
que crée le boulangisme, mais une situa-
tion réactionnaire ; oui il veut détruire
le gouvernement actuel, mais pour en
mettre un pire à sa place, à bourgeois
bourgeois et demi ; et ne sentez-vous pas
que le boulangisme a eu pour résultat
immédiat de détourner l'attention des re-
vendications sociales, d'entraver l'évolu-
tion politique qui fatalement conduisait
au socialisme, d'empêcher l'organisation
socialiste d'être puissante?
De tous côtés les idées étaient en éveil
sur la question sociale, qui par plusieurs
grèves victorieuses s'était posée d'une fa-
çon puissante et inéluctable, de tous côtés
les Ilots populaires battaient le gouverne-
ment bourgeois, attaquaient le parlemen-
tarisme et l'auraient bien fait crouler sans
l'aide de ce néfaste grand sabre ; mais
Boulange est apparu, et des revendications
ouvrières, des droits du peuple, de l'af-
franchissement des travailleurs il n'est
plus question. Ètes-vous [ our ou contre
Boulange ? toute la question est là main-
tenant. Et vous dites que le boulangisme
a avancé la révolution sociale, ô naïfs.
Quant à ceux qui par haine du boulan-
gisme vont à la bourgeoisie, ils ont aussi
très grand tort, car ce n'est pas la bour-
geoisie politiquante qui jamais nous ai-
dera à résoudre la question sociale.
Ce que devrait faire le parti socialiste,
les groupes indépendants surtout, plus
nombreux qu'on ne pense, surtout en pro-
vince et principalement dans le Midi —
voyez si là bas le boulangisme a jamais pu
pénétrer 1 — c'est de s'entendre, de s'unir,
de se grouper en dehors de la rue Cadet
comme de la rue de Sèze, gardant intact
notre drapeau, notre programme et nos
revendications.
A la tête de cette fédération socialiste
révolutionnaire sans épithète, mettez les
chers des groupements non encore enré-
gimentés et vous aurez alors doté le parti
et la République sociale d'une force que
chaque socialiste désire et après laquelle
il aspire.
Allons, pressez-vous, citoyens, mettez-
vous à la besogne, les temps sont graves,
il faut agir vite et énergiquement.
Et peut-être ainsi aurez-vous sauvé la
République d'une nouvelle dictature, car
il n'y a que le peuple encore, voyez-vous,
capable de tenir tête à un César et de le
vaincre.
PAULE MINK.
Chansons d'Attaque
LE BUCHERON
]
Dans les forêts blanches de givre
Le bûcheron trime en hiver ;
Frappé par sa hache de fer,
L'arbre roule comme un homme ivre.
Sa chute épouvante parfois
Les cerfs légers au fond des bois
Et les insectes dans les mousses.
Pan ! pan ! pan ! cogne bûcheron!
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
Il
Aux arbres A la dure ecorce
0 travailleur ! attaque-toi !
Le pin géant, le chéne-roi
Doivent seuls éprouver ta force.
Avec eux combats seul et seul!
Vaincs-les ! qu'ils trouvent un linceul
Au milieu des bruyères ,'ottsses!
Pan! pan ! pan! cogne bûcheron /,
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
III
Ce chêne à ramure superbe.
Mais égoïste sans pareil
Qui prend pour lui tout le soleil,
Hardiment couche-le dans l'herbe.
Et les arbrisseaux d'alentour.
Pourront absorber à leur tour
Du soleil ies effluves douces.
Pan ! pan ! pan ! cogne bûcheron !
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
IV
Lorsque ces baliveaux malingres
Seront devenus grands et forts,
Nous ne verrons plus nos efforts
Ne profiter qu'à quelques pingres ;
Nous aurons nâté les bourgeois.
Celui qui coupera le bois
Ne se chauffera plus de brousses.
Pan ! pan ! pan cogne bûcheron !
Mais épargne les jeunes pousses :
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
E. Herbkl.
L'abondance des matières nous oblige
a remettre au prochain numéro la pu-
blication de notre feuilleton.
UN PARI AUX PUSSIBILISTES
Les Broussailleux du Parti Ouvrier (jour-
nal) nagent dans la joie.
Songez donc t le citoyen Chirac, l'adver-
saire acharné des maltôtiers et des fricoteurs
de tous bords politiques et religieux, vient
d'être de la part de ceux-ci l'objet de la plus
abjecte manœuvre. D'après ces jolis messieurs
en effet, le citoyen Chirac aurait fait pis que
violer sa fille : il aurait tenté d'élever l'in-
ceste à la hauteur d'un devoir filial !
Du moment que oVst d'un socialiste qu'il
s'agit, nos Broussailleux, ne pouvaient que
s'empresser de faire chorus, sans se soucier
autrement de l'in vraisemblance de cette mons-
truosité.
Ah 1 si Houvier avait - été dans l'affaire *,
on eût crié de suite à la calomnie.
La joie que cette ignominie procure aux
Brou se, aux Chabert et autres Paulurd
m'inspire tout naturellement le charitable désir
d'entretenir leur liesse en leur racontant une
histoire dont ils pourront faire l'objet d'un
nouveau scandale, et dont le héros est préci-
sément encore un socialiste qui n'a pas pour
eux la moindre considération, ou plutôt à qui
il. ont depuis longtemps inspiré inôuio un
irrésistible dégoût.
En avril 1850, la CCUl. d'Appel de Paris,
toutes chambres réunies et tout de rouge
habillée, jugeant disciplinairement, qualifiait
d'outrage à la morale publique — de sa pro-
pre autorité et sans débat contradictoire —
un programme d'éducation publié par l'as-
sociation des Instituteurs Socialistes. Puis,
comme conséquence, elle interdisait à toujours
de l'exercice de leur procession d'instituteur
deux des signataires du susdit programme.
Douze ans après, en mai 1862, l'un dus in-
terdits, en compagnie du citoyen Georges
Duchêne, le collaborateur bien connu de
Proudhon, passait en jugement devant la
sixième Chambre de police correctionnelle,
comme inculpé d'avoir tenté d'escroquer la
Compagnie du chemin de fer de l'Est — Les
deux prévenus n'eurent pas de peine à prou-
ver que c'était la Compagnie au contraire qui
avait voulu les escroquer, et, bien à contre
cœur,ma foit le tribunal dut les acquitter.
Mais, détail intéressant à noter, au début
de l'audience, lisant le casier judiciaire des
inculpés, le président Salmon, eut l'andace de
jeter à la face de l'instituteur interdit qu'il
avait été condamné 'pour < outrages aux
mœurs », et il avait fallu que l'ex-instituteur
le remit vertement à sa place, pour que le
Salmon se décidât à avouer sa malpropre
allégation.
En 1872, le même instituteur interdit se
trouvant à Genève, comme réfugié de la com-
mune, le gouvernement genevois fit venir son
casier judiciaire : il portait la mention du
jugement de la Cour d'appel de Paris, motivé
par l'outrage aux mœurs — Informé de
L'ATTAQUE
<>:r e Ob X-X CD Socialiste Révolutionnair o
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr.
Six MOIS 3 fr.
TROIS MOIS. 1 fr. 50
i 1
Les Annonces sont traitées A forfait aux banaux
du Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21 — Rue Croix-des-Petits-Champs — 21
Secrétare de Rédaction G. PICOUR7
Ceux de nos souscripteurs tttt
l'abonnement a pris fin sont priés
de nous en adresser le renouvelle-
ment pour éviter toute interrup-
tion dans le service.
SOCIALISME ET BOULANGISME
Les temps sont graves, chacun le sent :
il faut lutter, il faut s'organiser surtout et
s'orienter sérieusement pour le triomphe
des principes socialistes, pour l'émanci-
pation complète du peuple.
Dans le chaos politique où nous patau-
geons, au milieu de l'effondrement de la
société bourgeoise qui commence et de la
pourriture parlementaire qui aide à la fin
du monde bourgeois, les socialistes de-
vraient être calmes et, seuls debouts et
forts, assister avec tranquillité à la mort de
la vieille société capitaliste, bien certains
que chaque pas qu'elle fait vers la putré-
faction et la désorganisation finales est
une étape de plus pour l'avènement de la
justice : la République sociale.
Mais, loin de là, les socialistes ont pris
part pour ou contre l'ignoble farce bou-
langiste, et à tant de raisons de divisions
déjà anciennes entre nous ils ont ajouté
celle si profonde d'être pour ou contre le
général fusilleur des fédérés.
Car il y a de nos amis, et des plus con-
vaincus, qui le soutiennent cet assassin
versaillais, par haine du gouvernement
bourgeois peut-être, et qui prétendent que
puisqu'il crée une situation révolution-
naire il faut en profiter, que du reste il ne
faut pas remonter les courants populaires,
etc. etc.
« Il ne faut pas remonter les courants
populaires, » : sont-cedessocialistes qui ont
dit cela? Où donc sont les grands courages
et les fiers dévouements d'antan? est-ce
que pendant la commune et plus tard dans
nos congrès ouvriers nous comptions avec
les ennemis de nos idées? est-ce que nous
ne nous sommes pas jetés à corps perdus
dans la lutte pour faire comprendre au
peuple ses droits, réclamer son égalité,
: combattre les entraînements néfastes qu'il
subirait en politique ou en économie so-
ciale!.
Est-ce que ce n'est pas précisément
notre raison d'être à nous propagandistes
précurseurs de nous jeter au-devant des
courants trompeurs par lesquels le peuple
est si souvent roulé, noyé, étouffé, et de
lui montrer le but à atteindre : la suppres
sion de l'exploitation sous toutes ses for-
mes, son affranchissement complet et dé-
finitif !
« Le boulangisme crée une situation
révolutionnaire, dit-on encore : nous de-
vons le soutenir pour en profiter. »
Mais, ô malins Gribouilles que vous êtes,
ce n'est pas une situation révolutionnaire
que crée le boulangisme, mais une situa-
tion réactionnaire ; oui il veut détruire
le gouvernement actuel, mais pour en
mettre un pire à sa place, à bourgeois
bourgeois et demi ; et ne sentez-vous pas
que le boulangisme a eu pour résultat
immédiat de détourner l'attention des re-
vendications sociales, d'entraver l'évolu-
tion politique qui fatalement conduisait
au socialisme, d'empêcher l'organisation
socialiste d'être puissante?
De tous côtés les idées étaient en éveil
sur la question sociale, qui par plusieurs
grèves victorieuses s'était posée d'une fa-
çon puissante et inéluctable, de tous côtés
les Ilots populaires battaient le gouverne-
ment bourgeois, attaquaient le parlemen-
tarisme et l'auraient bien fait crouler sans
l'aide de ce néfaste grand sabre ; mais
Boulange est apparu, et des revendications
ouvrières, des droits du peuple, de l'af-
franchissement des travailleurs il n'est
plus question. Ètes-vous [ our ou contre
Boulange ? toute la question est là main-
tenant. Et vous dites que le boulangisme
a avancé la révolution sociale, ô naïfs.
Quant à ceux qui par haine du boulan-
gisme vont à la bourgeoisie, ils ont aussi
très grand tort, car ce n'est pas la bour-
geoisie politiquante qui jamais nous ai-
dera à résoudre la question sociale.
Ce que devrait faire le parti socialiste,
les groupes indépendants surtout, plus
nombreux qu'on ne pense, surtout en pro-
vince et principalement dans le Midi —
voyez si là bas le boulangisme a jamais pu
pénétrer 1 — c'est de s'entendre, de s'unir,
de se grouper en dehors de la rue Cadet
comme de la rue de Sèze, gardant intact
notre drapeau, notre programme et nos
revendications.
A la tête de cette fédération socialiste
révolutionnaire sans épithète, mettez les
chers des groupements non encore enré-
gimentés et vous aurez alors doté le parti
et la République sociale d'une force que
chaque socialiste désire et après laquelle
il aspire.
Allons, pressez-vous, citoyens, mettez-
vous à la besogne, les temps sont graves,
il faut agir vite et énergiquement.
Et peut-être ainsi aurez-vous sauvé la
République d'une nouvelle dictature, car
il n'y a que le peuple encore, voyez-vous,
capable de tenir tête à un César et de le
vaincre.
PAULE MINK.
Chansons d'Attaque
LE BUCHERON
]
Dans les forêts blanches de givre
Le bûcheron trime en hiver ;
Frappé par sa hache de fer,
L'arbre roule comme un homme ivre.
Sa chute épouvante parfois
Les cerfs légers au fond des bois
Et les insectes dans les mousses.
Pan ! pan ! pan ! cogne bûcheron!
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
Il
Aux arbres A la dure ecorce
0 travailleur ! attaque-toi !
Le pin géant, le chéne-roi
Doivent seuls éprouver ta force.
Avec eux combats seul et seul!
Vaincs-les ! qu'ils trouvent un linceul
Au milieu des bruyères ,'ottsses!
Pan! pan ! pan! cogne bûcheron /,
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
III
Ce chêne à ramure superbe.
Mais égoïste sans pareil
Qui prend pour lui tout le soleil,
Hardiment couche-le dans l'herbe.
Et les arbrisseaux d'alentour.
Pourront absorber à leur tour
Du soleil ies effluves douces.
Pan ! pan ! pan ! cogne bûcheron !
Mais épargne les jeunes pousses ;
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
IV
Lorsque ces baliveaux malingres
Seront devenus grands et forts,
Nous ne verrons plus nos efforts
Ne profiter qu'à quelques pingres ;
Nous aurons nâté les bourgeois.
Celui qui coupera le bois
Ne se chauffera plus de brousses.
Pan ! pan ! pan cogne bûcheron !
Mais épargne les jeunes pousses :
Quand les beaux jours nous reviendront
Les jeunes pousses verdiront.
E. Herbkl.
L'abondance des matières nous oblige
a remettre au prochain numéro la pu-
blication de notre feuilleton.
UN PARI AUX PUSSIBILISTES
Les Broussailleux du Parti Ouvrier (jour-
nal) nagent dans la joie.
Songez donc t le citoyen Chirac, l'adver-
saire acharné des maltôtiers et des fricoteurs
de tous bords politiques et religieux, vient
d'être de la part de ceux-ci l'objet de la plus
abjecte manœuvre. D'après ces jolis messieurs
en effet, le citoyen Chirac aurait fait pis que
violer sa fille : il aurait tenté d'élever l'in-
ceste à la hauteur d'un devoir filial !
Du moment que oVst d'un socialiste qu'il
s'agit, nos Broussailleux, ne pouvaient que
s'empresser de faire chorus, sans se soucier
autrement de l'in vraisemblance de cette mons-
truosité.
Ah 1 si Houvier avait - été dans l'affaire *,
on eût crié de suite à la calomnie.
La joie que cette ignominie procure aux
Brou se, aux Chabert et autres Paulurd
m'inspire tout naturellement le charitable désir
d'entretenir leur liesse en leur racontant une
histoire dont ils pourront faire l'objet d'un
nouveau scandale, et dont le héros est préci-
sément encore un socialiste qui n'a pas pour
eux la moindre considération, ou plutôt à qui
il. ont depuis longtemps inspiré inôuio un
irrésistible dégoût.
En avril 1850, la CCUl. d'Appel de Paris,
toutes chambres réunies et tout de rouge
habillée, jugeant disciplinairement, qualifiait
d'outrage à la morale publique — de sa pro-
pre autorité et sans débat contradictoire —
un programme d'éducation publié par l'as-
sociation des Instituteurs Socialistes. Puis,
comme conséquence, elle interdisait à toujours
de l'exercice de leur procession d'instituteur
deux des signataires du susdit programme.
Douze ans après, en mai 1862, l'un dus in-
terdits, en compagnie du citoyen Georges
Duchêne, le collaborateur bien connu de
Proudhon, passait en jugement devant la
sixième Chambre de police correctionnelle,
comme inculpé d'avoir tenté d'escroquer la
Compagnie du chemin de fer de l'Est — Les
deux prévenus n'eurent pas de peine à prou-
ver que c'était la Compagnie au contraire qui
avait voulu les escroquer, et, bien à contre
cœur,ma foit le tribunal dut les acquitter.
Mais, détail intéressant à noter, au début
de l'audience, lisant le casier judiciaire des
inculpés, le président Salmon, eut l'andace de
jeter à la face de l'instituteur interdit qu'il
avait été condamné 'pour < outrages aux
mœurs », et il avait fallu que l'ex-instituteur
le remit vertement à sa place, pour que le
Salmon se décidât à avouer sa malpropre
allégation.
En 1872, le même instituteur interdit se
trouvant à Genève, comme réfugié de la com-
mune, le gouvernement genevois fit venir son
casier judiciaire : il portait la mention du
jugement de la Cour d'appel de Paris, motivé
par l'outrage aux mœurs — Informé de
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 98.5%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 98.5%.
- Auteurs similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"Paris, Sèvres, Saint-Cloud, Versailles, Saint-Germain, Fontainebleau, Saint-Denis, Chantilly : avec la liste des rues de Paris / par Paul Joanne... /ark:/12148/bd6t5774757r.highres La comédie à la cour : les théâtres de société royale pendant le siècle dernier, la duchesse du Maine et les grandes nuits de Sceaux, Mme de Pompadour et le théâtre des petits cabinets, le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon / Adolphe Jullien /ark:/12148/bd6t5773930r.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6242107n/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6242107n/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6242107n/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k6242107n/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6242107n
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6242107n
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k6242107n/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest