Titre : L'Attaque : organe socialiste révolutionnaire de la jeunesse / rédacteur en chef Ernest Gegout
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1888-11-03
Contributeur : Gégout, Ernest (1854-1936). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32706292b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 2168 Nombre total de vues : 2168
Description : 03 novembre 1888 03 novembre 1888
Description : 1888/11/03 (A1,N20)-1888/11/10. 1888/11/03 (A1,N20)-1888/11/10.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6242102k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-40136
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2013
PREMIERE ANNÉE. — N* 20
Paris: 10 Centimes
Du 3 au 10 Novembre 1888
L'ATTAQUE
Organe Socialiste Révolutionnaire
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr
Six MOIS 3 fr.
TROIS MOIS 1 fr. 50
t' ——
Les Annonces sont traitees à forfait aux bureaux
du Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION" ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs, 21
Secrétaire de Rédaction: G. PIGOURT
LA GRANDE ABOYEIISE
Rien no constate mieux l'importance
acquise par la Presse dans la société
contemporaine, que les incidents qui
se sont produits à propos d'elle au Pa-
lais-Bourbon. Bon gré, malgré, il fallut
que les législateurs du parlement légal
cédassent devant les gazettiers sans
mandat, qui publient et apprécient quo-
tidiennement leurs délibérations.
On a prétendu que les honorables, in
dividuellement, avaient eu pour de s'a-
liéner les journaux de qui dépend le
succès ou l'insuccès des prochaines can-
didatures. C'est peut-être vrai. Mais
d'où vient que les journaux ont cette
puissance ? — De ce qu'il représentent
l'opinion publique ; de ce qu'ils sont,
pour ainsi dire, la bouche par laquelle
le peuple parle.
On peut, de parti pris ou par raison-
nement plus ou moins logiquement dé-
duit, mépriser les journalistes, les ca-
lomnicr, les charger de tous les vices
du siècle, le papier qu'ils vendent sera
néanmoins l'expression de la pensée des
foules. L'écrivain lui-même, s'il veut
introduire, dans la circulation des idées,
son idée propre, devra, marinier docile
et adroit, la lancer à propos dans le
sens du courant, sinon, elle sera sub-
mergée.
Honneur à ceux-là, qui, sans houci du
succès, se consacrent aux propagandes
sévères! Mais le vide se fait autour
d'eux. Le désert est le domaine des apô-
tres incompris.
Un volume prend place dans les bi-
bliothèques; les studieux l'apprécieront.
S'il contient une doctrine utile et neuve,
la gloire quelque jour le viendra mettre
en lumière. Il peut attendre. Mais la
feuille jetée chaque matin en pâture à
la curiosité banale ne pourra continuer
d'exister, qu'à la condition d'être achetée
par assez de lecteurs, pour que leurs
sous additionnés paient les frais du nu-
méro du lendemain.
Donc, tout journal qui a su s'attirer
une clientèle est à la fois le conseiller
,, et l'interprète d'un nombre important
de citoyens. Il est, comme le député, un
représentant du peuple.
Il a, sur le mandataire de la tirelire
à bulletins, cet avantage d'être librement
choisi, d'aller tous les jours chez ses
mandants, de leur parler et de les en-
tendre. Point de danger qu'il s'endorme
à l'ombre d'un programme, sur le
moëlleux fauteuil de la situation con-
quise. Ni les repos de vacances, ni
l'abstention dans les votes ne lui sont
permis. En canicule comme en hiver, il
fait sa besogne; sur toutes questions
posées, il donne son avis.
S'il a été informateur négligent ou
discuteur timide, si l'acheteur n'a pas
trouvé dans les quatre pages les rensei-
gnements qu'il veut et l'opinion con-
forme à la sienne, il portera ailleurs sa
pratique.
Mais aussi quand l'achalandage s'ac-
croît, quand la boite aux lettres accro-
chée sous la grand'porte s'emplit de
correspondances encourageantes ou vio-
lemment hostiles, quand on sent à
l'entour de soi la ch?.leur d'un audi-
toire attentif. on porte haut la tête,
on sait qu'on est une force, on dit aux
gouvernants mauvais : « Nous som-
mes vingt, trente, quarante, cent mille
qui vous accusons! »
Ni factionnaires, ni galons, ni pana-
ches — ni questeurs parlementaires —
n'arrêtent la grande voix, écho précis
des rumeurs confuses. Le malfaiteur
politique l'entendra en quelque lieu
qu'il se cache.
Qu'est, à côté de ce pouvoir redouta-
ble, un M. Milochau, un M. Brialou?
Disputer l'entrée de la maison du quai
d'Orsay à qui possède le don d'ubiquité,
est-ce que cela était possible?
Les maîtres du moment ont toujours
eu la presse en haine : pas de signe plus
sùr de l'instinct de réaction. Les Trochu,
les Mac-Mahon, les de Broglie, les
Ferry, les Grévy voulurent la museler,
lutter contre elle. Ils portent à jamais
la marque de ses crocs.
Les grotesques qui, enfermés là-bas
dans une cage en demi-lune, se croient
des souverains, rêvent de lui mettre
un collier, de l'attacher par une chaîne :
Pas plus que les autres ils n'auront
raison de la robuste gardienne, qui
gronde au seuil des nations libres. ou
en voie de le devenir.
Albert GOULLÉ.
Poésie d'Attaque
VISIONS RÉVOLUTIONNAIRES
(Inédit)
1
Le Dernier Drapeau
J'étais dans la nue, en un lieu
Où tout se lait, où rien ne bouge.
Le cit 1 était noir, quoique bleu;
Je vis passer une ombre rouge.
C'était quelque chose d'ailé,
Qui ne s'envolait que d'une aile ;
Et je dis au gouffre étoilé :
■ Où donc cette forme va-t-ellet »
La nuit qui garde au fond des deux
La clé de l'éternel problème
Me répondit : « 0 curieux 1
t Interroge l'ombre toi-même ! »
Et je l'interrogeai, je dis :
« Quelle est cette forme qui passe !
« 0 spectre, où t'en vas-tu, tandis
« Qu'une étoile éclot dans l'espace 1 »
L'objet (ce n'était qu'un objet)
Me dit : * Je fus, je cesse d'étre.
« Toi-méme tu fus mon sujet ;
« Tu devrais au moins me connaîtrel >
Bien que f eusse froid sous la peau,
L'œil droit comme sur une cible,
Je vis que c'était un drapeau,
Cette aile qui fuyait, terrible,
Et le sacré haillon banni,
Expulsé des luttes humaines,
Me cria : « Rèveur, c'est fini
« D'avoir des drapeaux et des chaînes!
« Regarde ce qu'a fait le vent
« De mes pauvres franges altières.
« Humanité! Soleil levant !
« Plus de soldais ! Plus de frontières !
« Qu'avez-vous besoin désormais,
« Puisqu'Adam rallume sa lampe,
■ De coudre sur les hauts sommets
i De l'étoffe autour d'une hampe t
« Le vieux privilège était fort;
* Mais la Justice était plus forte.
« 0 citoyen, le mal est mort,
o Les dieux sont morts, la mort est morte!.
Et je vis kt-haut, en ce lieu
Où tout se tait, où rien ne bouge
Dans le ciel à présent tout bleu
Disparaître le drapeau rouge.
Clovis Hugues.
29 octobre 1888.
La presse socialiste compte un nouve
organe, le Progrès Social, dirigé par un
des membres du groupe ouvrier à la
Chambre, le citoyen Planteau, député de
la Haute-Vienne.
Nous souhaitons bonne chance et longue
vie à notre nouveau confrère, qui se pro-
pose de combattre en faveur des oppri-
més.
LA FETE_DES MORTS
Chaque année, le ciel semble se voi-
ler pour la fête des morts. C'est le plus
souvent par une froide et grise jour-
née de novembre que la foule des amis
et des parents va rendre visite à la der-
nière demeure de ceux qui ont vécu,
penié, aimé et souffert et qui sont ro-
devenus cendre après avoir été pous-
sière.
Tous ceux qui ne sont pas retenus au
boulet du travail par les nécessités de la
vie, ont parcouru hier les musées de la
mort, où reposent tant d'êtres chéris,
qui ont été de notre famille ou de notre
parti.
Elles sont grandes et nombreuses ces
nécropoles portant des noms qui tous
nous rappellent un souvenir : le Père
Lachaise, Montmartre, Montparnasse.
Mais, même devant cette grande éga-
lité qu'on appelle la mort, en a trouvé
le moyen d'établir des distinctions,
d'après le rang et la fortune.
Montparnasse, Montmartre, le Père-
Lachaise, ne sont déjà plus que les
quartiers aristocratiques des trépassés
et pour s'y faire enterrer, il faut obte-
nir une permission spéciale ou payer
très cher. Les os des pauvres, enfouis
dans la fosse commune, on les a entas-
sés dans des tombereaux à ordures et
jetés ensuite aux catacombes. Seuls,
les riches ont le droit d'aller jeter dos
fleurs sur les tombes des leurs ; l'admi-
nistration entretient pieusement leurs
cimetières, et transforme les antiques
nécropoles en superbes jardins où les
saules pleureurs semblent verser des
larmes pour les héritiers aux yeux secs.
Et pendant que les bières capitonnées
sont déposées en p ein Paris, les quatre
planches de sapin qui contiennent les
restes des déshérités sont transportées à
travers des chemins boueux au Champ-
de-Navets, à Bagneux, à Cayenne, c'est-
à-dire, bien loin, bien loin, au-delà des
fortifications, dans le rayon ou l'on dé-
pose les vidanges.
C'est dans l'ordre.
Paris: 10 Centimes
Du 3 au 10 Novembre 1888
L'ATTAQUE
Organe Socialiste Révolutionnaire
PARAISSANT TOUS LES SAMEDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr
Six MOIS 3 fr.
TROIS MOIS 1 fr. 50
t' ——
Les Annonces sont traitees à forfait aux bureaux
du Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION" ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs, 21
Secrétaire de Rédaction: G. PIGOURT
LA GRANDE ABOYEIISE
Rien no constate mieux l'importance
acquise par la Presse dans la société
contemporaine, que les incidents qui
se sont produits à propos d'elle au Pa-
lais-Bourbon. Bon gré, malgré, il fallut
que les législateurs du parlement légal
cédassent devant les gazettiers sans
mandat, qui publient et apprécient quo-
tidiennement leurs délibérations.
On a prétendu que les honorables, in
dividuellement, avaient eu pour de s'a-
liéner les journaux de qui dépend le
succès ou l'insuccès des prochaines can-
didatures. C'est peut-être vrai. Mais
d'où vient que les journaux ont cette
puissance ? — De ce qu'il représentent
l'opinion publique ; de ce qu'ils sont,
pour ainsi dire, la bouche par laquelle
le peuple parle.
On peut, de parti pris ou par raison-
nement plus ou moins logiquement dé-
duit, mépriser les journalistes, les ca-
lomnicr, les charger de tous les vices
du siècle, le papier qu'ils vendent sera
néanmoins l'expression de la pensée des
foules. L'écrivain lui-même, s'il veut
introduire, dans la circulation des idées,
son idée propre, devra, marinier docile
et adroit, la lancer à propos dans le
sens du courant, sinon, elle sera sub-
mergée.
Honneur à ceux-là, qui, sans houci du
succès, se consacrent aux propagandes
sévères! Mais le vide se fait autour
d'eux. Le désert est le domaine des apô-
tres incompris.
Un volume prend place dans les bi-
bliothèques; les studieux l'apprécieront.
S'il contient une doctrine utile et neuve,
la gloire quelque jour le viendra mettre
en lumière. Il peut attendre. Mais la
feuille jetée chaque matin en pâture à
la curiosité banale ne pourra continuer
d'exister, qu'à la condition d'être achetée
par assez de lecteurs, pour que leurs
sous additionnés paient les frais du nu-
méro du lendemain.
Donc, tout journal qui a su s'attirer
une clientèle est à la fois le conseiller
,, et l'interprète d'un nombre important
de citoyens. Il est, comme le député, un
représentant du peuple.
Il a, sur le mandataire de la tirelire
à bulletins, cet avantage d'être librement
choisi, d'aller tous les jours chez ses
mandants, de leur parler et de les en-
tendre. Point de danger qu'il s'endorme
à l'ombre d'un programme, sur le
moëlleux fauteuil de la situation con-
quise. Ni les repos de vacances, ni
l'abstention dans les votes ne lui sont
permis. En canicule comme en hiver, il
fait sa besogne; sur toutes questions
posées, il donne son avis.
S'il a été informateur négligent ou
discuteur timide, si l'acheteur n'a pas
trouvé dans les quatre pages les rensei-
gnements qu'il veut et l'opinion con-
forme à la sienne, il portera ailleurs sa
pratique.
Mais aussi quand l'achalandage s'ac-
croît, quand la boite aux lettres accro-
chée sous la grand'porte s'emplit de
correspondances encourageantes ou vio-
lemment hostiles, quand on sent à
l'entour de soi la ch?.leur d'un audi-
toire attentif. on porte haut la tête,
on sait qu'on est une force, on dit aux
gouvernants mauvais : « Nous som-
mes vingt, trente, quarante, cent mille
qui vous accusons! »
Ni factionnaires, ni galons, ni pana-
ches — ni questeurs parlementaires —
n'arrêtent la grande voix, écho précis
des rumeurs confuses. Le malfaiteur
politique l'entendra en quelque lieu
qu'il se cache.
Qu'est, à côté de ce pouvoir redouta-
ble, un M. Milochau, un M. Brialou?
Disputer l'entrée de la maison du quai
d'Orsay à qui possède le don d'ubiquité,
est-ce que cela était possible?
Les maîtres du moment ont toujours
eu la presse en haine : pas de signe plus
sùr de l'instinct de réaction. Les Trochu,
les Mac-Mahon, les de Broglie, les
Ferry, les Grévy voulurent la museler,
lutter contre elle. Ils portent à jamais
la marque de ses crocs.
Les grotesques qui, enfermés là-bas
dans une cage en demi-lune, se croient
des souverains, rêvent de lui mettre
un collier, de l'attacher par une chaîne :
Pas plus que les autres ils n'auront
raison de la robuste gardienne, qui
gronde au seuil des nations libres. ou
en voie de le devenir.
Albert GOULLÉ.
Poésie d'Attaque
VISIONS RÉVOLUTIONNAIRES
(Inédit)
1
Le Dernier Drapeau
J'étais dans la nue, en un lieu
Où tout se lait, où rien ne bouge.
Le cit 1 était noir, quoique bleu;
Je vis passer une ombre rouge.
C'était quelque chose d'ailé,
Qui ne s'envolait que d'une aile ;
Et je dis au gouffre étoilé :
■ Où donc cette forme va-t-ellet »
La nuit qui garde au fond des deux
La clé de l'éternel problème
Me répondit : « 0 curieux 1
t Interroge l'ombre toi-même ! »
Et je l'interrogeai, je dis :
« Quelle est cette forme qui passe !
« 0 spectre, où t'en vas-tu, tandis
« Qu'une étoile éclot dans l'espace 1 »
L'objet (ce n'était qu'un objet)
Me dit : * Je fus, je cesse d'étre.
« Toi-méme tu fus mon sujet ;
« Tu devrais au moins me connaîtrel >
Bien que f eusse froid sous la peau,
L'œil droit comme sur une cible,
Je vis que c'était un drapeau,
Cette aile qui fuyait, terrible,
Et le sacré haillon banni,
Expulsé des luttes humaines,
Me cria : « Rèveur, c'est fini
« D'avoir des drapeaux et des chaînes!
« Regarde ce qu'a fait le vent
« De mes pauvres franges altières.
« Humanité! Soleil levant !
« Plus de soldais ! Plus de frontières !
« Qu'avez-vous besoin désormais,
« Puisqu'Adam rallume sa lampe,
■ De coudre sur les hauts sommets
i De l'étoffe autour d'une hampe t
« Le vieux privilège était fort;
* Mais la Justice était plus forte.
« 0 citoyen, le mal est mort,
o Les dieux sont morts, la mort est morte!.
Et je vis kt-haut, en ce lieu
Où tout se tait, où rien ne bouge
Dans le ciel à présent tout bleu
Disparaître le drapeau rouge.
Clovis Hugues.
29 octobre 1888.
La presse socialiste compte un nouve
organe, le Progrès Social, dirigé par un
des membres du groupe ouvrier à la
Chambre, le citoyen Planteau, député de
la Haute-Vienne.
Nous souhaitons bonne chance et longue
vie à notre nouveau confrère, qui se pro-
pose de combattre en faveur des oppri-
més.
LA FETE_DES MORTS
Chaque année, le ciel semble se voi-
ler pour la fête des morts. C'est le plus
souvent par une froide et grise jour-
née de novembre que la foule des amis
et des parents va rendre visite à la der-
nière demeure de ceux qui ont vécu,
penié, aimé et souffert et qui sont ro-
devenus cendre après avoir été pous-
sière.
Tous ceux qui ne sont pas retenus au
boulet du travail par les nécessités de la
vie, ont parcouru hier les musées de la
mort, où reposent tant d'êtres chéris,
qui ont été de notre famille ou de notre
parti.
Elles sont grandes et nombreuses ces
nécropoles portant des noms qui tous
nous rappellent un souvenir : le Père
Lachaise, Montmartre, Montparnasse.
Mais, même devant cette grande éga-
lité qu'on appelle la mort, en a trouvé
le moyen d'établir des distinctions,
d'après le rang et la fortune.
Montparnasse, Montmartre, le Père-
Lachaise, ne sont déjà plus que les
quartiers aristocratiques des trépassés
et pour s'y faire enterrer, il faut obte-
nir une permission spéciale ou payer
très cher. Les os des pauvres, enfouis
dans la fosse commune, on les a entas-
sés dans des tombereaux à ordures et
jetés ensuite aux catacombes. Seuls,
les riches ont le droit d'aller jeter dos
fleurs sur les tombes des leurs ; l'admi-
nistration entretient pieusement leurs
cimetières, et transforme les antiques
nécropoles en superbes jardins où les
saules pleureurs semblent verser des
larmes pour les héritiers aux yeux secs.
Et pendant que les bières capitonnées
sont déposées en p ein Paris, les quatre
planches de sapin qui contiennent les
restes des déshérités sont transportées à
travers des chemins boueux au Champ-
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