Titre : L'Attaque : organe socialiste révolutionnaire de la jeunesse / rédacteur en chef Ernest Gegout
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1888-08-01
Contributeur : Gégout, Ernest (1854-1936). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32706292b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 2168 Nombre total de vues : 2168
Description : 01 août 1888 01 août 1888
Description : 1888/08/01 (A1,N7)-1888/08/08. 1888/08/01 (A1,N7)-1888/08/08.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62420895
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-40136
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2013
PREMIERE ANNÉE. - N" 7.
Paris : XO Centimes Du 1er au 8 Août 1888
L'ATTAQUE
Organe Socialiste Révolutionnaire
PARAISSANT TOUS LES MERCREDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr.
Six MOIS 3 fr.
TUOIS MOIS 1 fr. 50
Les Annonces sont traitées à forfait aux bureaux
dit Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs', 2
Secrétaire de Rédaction: G. PICOURT
VINGT ANS APRÈS
Il y a des gens qui s'étonnent de voir le
Conseil municipal de Paris refuser tout
secours aux grévistes. « Voici une grève,
disent-ils, organisée par des travailleurs
pour obtenir l'exécution d'une décision
du Conseil municipal de Paris, et ce con-
seil, qui a eu toutes les amabilités pour
les grévistes de province, refuse son con-
cours à ceux de Paris. C'est inexplica-
blet.
Inexplicable? En politique, tout s'expli-
que et l'étonnement est toujours une naï-
veté.
Cela nous rappelle, que, sous l'empire,
au banquet de la jeunesse, quelques mois
avant l'effondrement impérial, Gambetta
s'exprimait ainsi :
« Et Messieurs, puisque nous sommes
réunis, nous, la génération qui a charge,
sous peine de se déshonorer elle-même,
de ne pas laisser se lever sur la France le
centenaire de 1789, sans avoir fait quel-
que chose pour l'avènement de la justice
sociale. (Applaudissements). laissez-
moi dire, si cette génération est réelle
ment marquée pour accomplir — ne di-
sons pas de grandes et glorieuses œuvres,
il ne faut jamais devancer le jugement de
ceux qui nous succéderont — mais pour
accomplir et réaliser ce magnifique pro-
gramme, il faudrait cesser de croire à la loi
organique qui régit et règle la marche des
sociétés humaines. »
Il y a vingt ans que Gambetta, s'adres-
sant aux jeunes, tenait ce langage. Le
centenaire de 89, auquel il faisait allusion,
va se lever dans six mois. Où en sommes-
nous ?
Exactement au même point où nous en
étions quand Gambetta haranguait le quar-
tier latin. Les gouvernants d'alors fusil-
laient les grévistes à Aubin et à la Rica-
marie; les dirigeants d'aujourd'hui les sa-
brent à Saint-Etienne et à Paris. C'est
absolument la même chose.
Et Gambetta parlait d'établir la justice
sociale! d'achever l'œuvre de la Révolu-
tion française ! et de fêter 1889 dans l'épa-
nouissement de la liberté, de l'égalité, de
la fraternité — et autres joyeusetés 1
A quelle cause attribuer ce stationne-
r ment indéfini d'un peuple, ce piétinement
prolongé, pendant 18 années de Républi-
que ? — Il était donné à l'homma qui pro-
nonçait autrefois de si belles paroles et
poussait ainsi les masses en avant, d'être
justement celui qui devait, quelques an-
néesplus tard,donner le signal de serrer les
freins at d'arrêter le développement de la
démocratie.
Nous ne voulons pas refaire le procès
du politicien à qui on a fait de splendides
funérailles et élevé, il y a quelques jours
à peine, un superbe monument.
Nous voulons seulement indiquer le
motif pour lequel, depuis le discours que
nous venons de citer, nous n'avons pas
avancé d'une semelle.
C'est sur un système de politique, dite
expérimentale et scientifique, que certains
républicains — sincères, je n'en discon-
viens pas — s'appuient pour enrayer tout
progrès. A leurs yeux, il faut prendre
la moyenne de l'opinion publique et gou-
verner avec elle ; tous leurs efforts s'appli-
quent à centraliser les forces do réaction,
qui tirent la societé en arrière, et les forces
do révolution, qui la poussent en avant :
la résultante de ces forces est la directrice
gouvernementale.
A ce compte-là, on n'est pas un homme
do progrès, on est un homme de juste
milieu. A ce compte-là aussi, il faut divi-
ser les républicains en deux camps : ceux
qui ne veulent la République que pour la
gouverner et l'exploiter, et ceux qui la
considèrent, non pas comme le but, mais
comme le moyen de transformer la Socié-
té. De l'autre côté, des jouisseurs qui ne
font de la politique que pour en vivre, de
l'autre les travailleurs, qui ne s'occupent
de la chose publique que dans l'intérêt du
progrès et de la justice sociale, dont par-
lait Gambetta.
C'est que, à nos yeux, le rôle des véri-
tables pionniers de la démocratie est de
creuser sans cesse l'idée, de pousser
quand même le peuple en avant, et de
travailler à la conquête de l'idéal sans ja-
mais s'arrêter.
La moyenne de l'opinion publique,
cette fameuse moyenne, sera ce qu'on la
fera : elle restera endormie dans la réac-
tion pure, ou dans l'opportunisme, si
vous ne la bousculez pas. La nation est
une masse inerte : il faut la galvaniser
pour qu'elle bouge, et cette tâche d'exci-
tation, d'agitation revient aux socialistes
d'action, qui veulent véritablement la
grandeur de la patrie et l'affranchisse-
ment de l'humanité.
Agir, toujours agir, agir encore, telle
doit êtro le mot d'ordre donné aux soldats
de notre camp, ceux qui livrent tous les
jours la grande bataille de la vie et qui
meurent au champ d'honneur du travail.
Aux jeunes gens, à tous ceux qu'en-
flamme l'amour du bien, du beau, du
juste et du vrai, à eux de rallier notre
drapeau et de le rendre victorieux. Car,
comme le disait non plus Gambetta il y a
vingt ans, mais l'abbé Fauchet il y a un
siècle : Quel est le scélérat qui voudrait
voir continuer un régime infernal, où l'on
compte par millions les misérables, et
par douzaines les insolents qui n'ont rien
fait pour avoir tout ?
Emile Massàrd.
4
Une lettre d'Elisée Reclus
Clarens, 25 juillet 1888.
Mon cher compagnon,
Quelle bande de lutteursI Je vous félicite
d'être si nombreux à l'attaque. En si bonne
compagnie, ce doit Atre une joie de marcher.
Et cependant je ne vous suivrai que de
cœur, uo sufiisant que très imp arl'altement
aux besognes commencéos.
Salut cordial.
ELISÉE RECLUS.
Paris, le 30 juillet 1888.
A la suite d'une polémique de presse sur-
venue entre MM. Gegout et Tisserand, M.
Gegout se trouvant offensé, a envoyé MM.
Gérault-Richard et Violard à M. Tisserand
pour lui demander une rétractation ou une
réparation par les armes.
M. Tisserand se refusant à toute rétracta-
tion, a chargé MM. Paul Lordon et Aug.
Germain de le représenter.
Après plusieurs entrevues et toutes tenta-
tives de conciliation ayant échoué,les témoins
ont déclaré qu'une rencontre était inévitable.
Le combat aura lieu à l'épée de combat,
gant de ville facultatif.
Les corps à corps et l'usage de la main
gauche sont absolument interdits.
Le combat cessera lorsque de l'avis des mé-
decins et des témoins, un des adversaires
sera dans un état d'infériorité évident.
Pour M. Gegout : Pour M. Tisserand :
GÉRAULT-RICHARD, PAUL LORDON,
EMILE VIOLARD, Aua. GERMAIN.
+
, Paris, le 31 juillet 1888.
Conformément au procès-verbal précédent,
une rencontre à l'épée a eu lieu ce jour à
onze heures du matin, entre MM. Gegout et
Tisserand.
Après trois quarts d'heure de combat et à
la septième reprise, M. Tisserand a été atteint
à l'aisselle droite.
Les témoins et les médecins, d'un commun
accord, ayant jugé que cette blessure mettait
M. Tisserand dans un état d'infériorité évi-
dent, ont mis fin au combat.
MM. les docteurs Forget et Mesnet, assis-
taient les combattants.
Pour M. Gegout Pour M. Tisserand
GÉRAULT-RICHARD PAUL LORDON
EMILE VIOLARD AUO. GBRMAIN
L'AUTRE LUCAS
Le Breton allait sur les plages,
Au bruit de la mer déferlant;
Il avait remonté les âges
Vers les aïeux au front fuyant.
L'autre, dans le flot populaire,
Par les houles de la misère,
Suivait le terrible courant.
Comme un songe lointain qui passe,
11 regardait des temps meilleurs
Les yeux effarés sur l'espace,
Le corps tordu dans les labeurs.
Affolé par le rêve immense,
Debout sous le soleil intense
Il fut pris de sombres fureurs.
Dans leurs tempêteR éternelles
Les peuples, les flots mugissants
Sous les vents qui frappent leurs ailes
Rauquent sur les mêmes brisants
Le sang fermentant sous la terre
L'emplit de la fauve colère
Qui gronde dans les flots vivants.
Il sentit monter les vengeances,
Courroux fait de tous les courroux,
Sans nom, sans Age des souffrances
Et frappa dans le noir remous.
Ce sont des frèrec de misère
Pour les enfants du prolétaire
Ils sont équitables et doux.
Les loups, quand la faim les torture,
Ne se dévorent pas entre eux
Les gueux, sans abri ni pâture, .-
Ne seront pas moins généreux
Ensemble dans la grande Guerre
Tons les révoltés de la terre
Hélas 1 sont assez malheureux.
LOUISE MICHEL.
♦
FRAPPEZ A LA CAISSE
Le message de « Philippe, comte de
Paris », à chacun des maires de ses
trente-six mille bonnes communes de
France, a surpris, comme un coup de
foudre, l'ahuri Floquet, — lequel a cru
reculer les bornes de l'énergie républi-
caine en faisant saisir à domicile ou à
la poste quelques centaines de ces fac-
tieuses épttres.
S'il y avait cependant quelque chose
de facile à prévoir et à prédire, c'é-
tait cette rentrée en ligne de l'orléa.
nisme et sa tentative d'embauchage des
fonctionnaires publics. L'idiote mesure
prise contre les « Princes » il y a deux
ans ne pouvait pas avoir d'autre effet.
A moins d'être aveugle et sourd,
comment ne pas s'être rendu compte
Paris : XO Centimes Du 1er au 8 Août 1888
L'ATTAQUE
Organe Socialiste Révolutionnaire
PARAISSANT TOUS LES MERCREDIS
ABONNEMENTS
UN AN 5 fr.
Six MOIS 3 fr.
TUOIS MOIS 1 fr. 50
Les Annonces sont traitées à forfait aux bureaux
dit Journal
Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs', 2
Secrétaire de Rédaction: G. PICOURT
VINGT ANS APRÈS
Il y a des gens qui s'étonnent de voir le
Conseil municipal de Paris refuser tout
secours aux grévistes. « Voici une grève,
disent-ils, organisée par des travailleurs
pour obtenir l'exécution d'une décision
du Conseil municipal de Paris, et ce con-
seil, qui a eu toutes les amabilités pour
les grévistes de province, refuse son con-
cours à ceux de Paris. C'est inexplica-
blet.
Inexplicable? En politique, tout s'expli-
que et l'étonnement est toujours une naï-
veté.
Cela nous rappelle, que, sous l'empire,
au banquet de la jeunesse, quelques mois
avant l'effondrement impérial, Gambetta
s'exprimait ainsi :
« Et Messieurs, puisque nous sommes
réunis, nous, la génération qui a charge,
sous peine de se déshonorer elle-même,
de ne pas laisser se lever sur la France le
centenaire de 1789, sans avoir fait quel-
que chose pour l'avènement de la justice
sociale. (Applaudissements). laissez-
moi dire, si cette génération est réelle
ment marquée pour accomplir — ne di-
sons pas de grandes et glorieuses œuvres,
il ne faut jamais devancer le jugement de
ceux qui nous succéderont — mais pour
accomplir et réaliser ce magnifique pro-
gramme, il faudrait cesser de croire à la loi
organique qui régit et règle la marche des
sociétés humaines. »
Il y a vingt ans que Gambetta, s'adres-
sant aux jeunes, tenait ce langage. Le
centenaire de 89, auquel il faisait allusion,
va se lever dans six mois. Où en sommes-
nous ?
Exactement au même point où nous en
étions quand Gambetta haranguait le quar-
tier latin. Les gouvernants d'alors fusil-
laient les grévistes à Aubin et à la Rica-
marie; les dirigeants d'aujourd'hui les sa-
brent à Saint-Etienne et à Paris. C'est
absolument la même chose.
Et Gambetta parlait d'établir la justice
sociale! d'achever l'œuvre de la Révolu-
tion française ! et de fêter 1889 dans l'épa-
nouissement de la liberté, de l'égalité, de
la fraternité — et autres joyeusetés 1
A quelle cause attribuer ce stationne-
r ment indéfini d'un peuple, ce piétinement
prolongé, pendant 18 années de Républi-
que ? — Il était donné à l'homma qui pro-
nonçait autrefois de si belles paroles et
poussait ainsi les masses en avant, d'être
justement celui qui devait, quelques an-
néesplus tard,donner le signal de serrer les
freins at d'arrêter le développement de la
démocratie.
Nous ne voulons pas refaire le procès
du politicien à qui on a fait de splendides
funérailles et élevé, il y a quelques jours
à peine, un superbe monument.
Nous voulons seulement indiquer le
motif pour lequel, depuis le discours que
nous venons de citer, nous n'avons pas
avancé d'une semelle.
C'est sur un système de politique, dite
expérimentale et scientifique, que certains
républicains — sincères, je n'en discon-
viens pas — s'appuient pour enrayer tout
progrès. A leurs yeux, il faut prendre
la moyenne de l'opinion publique et gou-
verner avec elle ; tous leurs efforts s'appli-
quent à centraliser les forces do réaction,
qui tirent la societé en arrière, et les forces
do révolution, qui la poussent en avant :
la résultante de ces forces est la directrice
gouvernementale.
A ce compte-là, on n'est pas un homme
do progrès, on est un homme de juste
milieu. A ce compte-là aussi, il faut divi-
ser les républicains en deux camps : ceux
qui ne veulent la République que pour la
gouverner et l'exploiter, et ceux qui la
considèrent, non pas comme le but, mais
comme le moyen de transformer la Socié-
té. De l'autre côté, des jouisseurs qui ne
font de la politique que pour en vivre, de
l'autre les travailleurs, qui ne s'occupent
de la chose publique que dans l'intérêt du
progrès et de la justice sociale, dont par-
lait Gambetta.
C'est que, à nos yeux, le rôle des véri-
tables pionniers de la démocratie est de
creuser sans cesse l'idée, de pousser
quand même le peuple en avant, et de
travailler à la conquête de l'idéal sans ja-
mais s'arrêter.
La moyenne de l'opinion publique,
cette fameuse moyenne, sera ce qu'on la
fera : elle restera endormie dans la réac-
tion pure, ou dans l'opportunisme, si
vous ne la bousculez pas. La nation est
une masse inerte : il faut la galvaniser
pour qu'elle bouge, et cette tâche d'exci-
tation, d'agitation revient aux socialistes
d'action, qui veulent véritablement la
grandeur de la patrie et l'affranchisse-
ment de l'humanité.
Agir, toujours agir, agir encore, telle
doit êtro le mot d'ordre donné aux soldats
de notre camp, ceux qui livrent tous les
jours la grande bataille de la vie et qui
meurent au champ d'honneur du travail.
Aux jeunes gens, à tous ceux qu'en-
flamme l'amour du bien, du beau, du
juste et du vrai, à eux de rallier notre
drapeau et de le rendre victorieux. Car,
comme le disait non plus Gambetta il y a
vingt ans, mais l'abbé Fauchet il y a un
siècle : Quel est le scélérat qui voudrait
voir continuer un régime infernal, où l'on
compte par millions les misérables, et
par douzaines les insolents qui n'ont rien
fait pour avoir tout ?
Emile Massàrd.
4
Une lettre d'Elisée Reclus
Clarens, 25 juillet 1888.
Mon cher compagnon,
Quelle bande de lutteursI Je vous félicite
d'être si nombreux à l'attaque. En si bonne
compagnie, ce doit Atre une joie de marcher.
Et cependant je ne vous suivrai que de
cœur, uo sufiisant que très imp arl'altement
aux besognes commencéos.
Salut cordial.
ELISÉE RECLUS.
Paris, le 30 juillet 1888.
A la suite d'une polémique de presse sur-
venue entre MM. Gegout et Tisserand, M.
Gegout se trouvant offensé, a envoyé MM.
Gérault-Richard et Violard à M. Tisserand
pour lui demander une rétractation ou une
réparation par les armes.
M. Tisserand se refusant à toute rétracta-
tion, a chargé MM. Paul Lordon et Aug.
Germain de le représenter.
Après plusieurs entrevues et toutes tenta-
tives de conciliation ayant échoué,les témoins
ont déclaré qu'une rencontre était inévitable.
Le combat aura lieu à l'épée de combat,
gant de ville facultatif.
Les corps à corps et l'usage de la main
gauche sont absolument interdits.
Le combat cessera lorsque de l'avis des mé-
decins et des témoins, un des adversaires
sera dans un état d'infériorité évident.
Pour M. Gegout : Pour M. Tisserand :
GÉRAULT-RICHARD, PAUL LORDON,
EMILE VIOLARD, Aua. GERMAIN.
+
, Paris, le 31 juillet 1888.
Conformément au procès-verbal précédent,
une rencontre à l'épée a eu lieu ce jour à
onze heures du matin, entre MM. Gegout et
Tisserand.
Après trois quarts d'heure de combat et à
la septième reprise, M. Tisserand a été atteint
à l'aisselle droite.
Les témoins et les médecins, d'un commun
accord, ayant jugé que cette blessure mettait
M. Tisserand dans un état d'infériorité évi-
dent, ont mis fin au combat.
MM. les docteurs Forget et Mesnet, assis-
taient les combattants.
Pour M. Gegout Pour M. Tisserand
GÉRAULT-RICHARD PAUL LORDON
EMILE VIOLARD AUO. GBRMAIN
L'AUTRE LUCAS
Le Breton allait sur les plages,
Au bruit de la mer déferlant;
Il avait remonté les âges
Vers les aïeux au front fuyant.
L'autre, dans le flot populaire,
Par les houles de la misère,
Suivait le terrible courant.
Comme un songe lointain qui passe,
11 regardait des temps meilleurs
Les yeux effarés sur l'espace,
Le corps tordu dans les labeurs.
Affolé par le rêve immense,
Debout sous le soleil intense
Il fut pris de sombres fureurs.
Dans leurs tempêteR éternelles
Les peuples, les flots mugissants
Sous les vents qui frappent leurs ailes
Rauquent sur les mêmes brisants
Le sang fermentant sous la terre
L'emplit de la fauve colère
Qui gronde dans les flots vivants.
Il sentit monter les vengeances,
Courroux fait de tous les courroux,
Sans nom, sans Age des souffrances
Et frappa dans le noir remous.
Ce sont des frèrec de misère
Pour les enfants du prolétaire
Ils sont équitables et doux.
Les loups, quand la faim les torture,
Ne se dévorent pas entre eux
Les gueux, sans abri ni pâture, .-
Ne seront pas moins généreux
Ensemble dans la grande Guerre
Tons les révoltés de la terre
Hélas 1 sont assez malheureux.
LOUISE MICHEL.
♦
FRAPPEZ A LA CAISSE
Le message de « Philippe, comte de
Paris », à chacun des maires de ses
trente-six mille bonnes communes de
France, a surpris, comme un coup de
foudre, l'ahuri Floquet, — lequel a cru
reculer les bornes de l'énergie républi-
caine en faisant saisir à domicile ou à
la poste quelques centaines de ces fac-
tieuses épttres.
S'il y avait cependant quelque chose
de facile à prévoir et à prédire, c'é-
tait cette rentrée en ligne de l'orléa.
nisme et sa tentative d'embauchage des
fonctionnaires publics. L'idiote mesure
prise contre les « Princes » il y a deux
ans ne pouvait pas avoir d'autre effet.
A moins d'être aveugle et sourd,
comment ne pas s'être rendu compte
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 98.5%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 98.5%.
- Auteurs similaires Gégout Ernest Gégout Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Gégout Ernest" or dc.contributor adj "Gégout Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k62420895/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k62420895/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k62420895/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k62420895/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k62420895
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k62420895
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k62420895/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest