Titre : L'Attaque : organe socialiste révolutionnaire de la jeunesse / rédacteur en chef Ernest Gegout
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1888-07-18
Contributeur : Gégout, Ernest (1854-1936). Éditeur scientifique
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32706292b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 2168 Nombre total de vues : 2168
Description : 18 juillet 1888 18 juillet 1888
Description : 1888/07/18 (A1,N5)-1888/07/25. 1888/07/18 (A1,N5)-1888/07/25.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6242087b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-40136
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 09/04/2013
PREMIERE ANNÉE. — !'\o 5. Paris 10 Contimos Du 18 au 25 Juillet 1888
L'ATTAQUE
Organe Socialiste Révolutionnaire de 1a Jeunesse
PARAISSANT TOUS LES MERCREDIS
ABONNEMENTS
UN AN., 5 fr.
Six Mois a fr.
TnoIS MOIS. 1 fr. 50
Les Annonces sont traitées à forfait aux bureaux
dit Journal
1 Rédacteur en chef :
ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs, 21
Secrétaire de Rédaction : G. PICOURT
AUX ARMES !
- Sentinelle de la Sociale que vois-
tu au Nord?
— Je vois l'ennemi, la Bourgeoisie,
entassant nos frères dans la grande
fosse du travail minier, d'où remontent
avec peine les robustes, où ne descen-
dent jamais les fils de leurs fils.
— Sentinelle de la Sociale, que vois-
tu au Midi?
— Je vois sous le ciel également
bleu, sous le soleil également chaud
pour tous, l'ennemi, la Bourgeoisie,
semant les misères de la grève, sur le
camp sacré du Travail.
- Sentinelle de la Sociale, que vois-
tu à l'Ouest ?
- Je vois l'ennemi, la Bourgeoisie,
debout sur le fumier clérical et monar-
chique, faisant peser sur les nôtres le
joug de l'ignorance et de la supersti-
tion.
- Sentinelle de la Sociale que vois-
tu à l'Est?
— Je vois sous les pas de l'ennemi,
la Bourgeoisie cosmopolite, les grandes
routes internationales poudroyer, au-
dessus d'elles, rougeoyer l'horizon so-
cial.
Garde à vous !.
C'est le passé qui se retourne vers le
présent.
C'est la horde barbare qui revient
sur ses pas. La vieille coalition monar-
chique poussant devant elte ses cais-
sons chargés de mitraille, la mitraille
du capital, dont elle va se servir pour
décimer l'armée du Labeur.
- Sentinelle de la Sociale, regarde
vers ton camp. Que vois-tu?
— Je vois les bourgeois-démocrates,
nos alliés d'il y a un siècle, ripailler à
outrance sans souci de l'attaque.
Aux armes !
Ernest GEGOUT.
Tous nos nouveaux Abonnés rece-
vront, à la fin de cette semaine, la
collection complète des numéros parus.
MOT D'ATTAQUE
La misère, protétaires, n'est pas un
mal qu'on ne peut guérir. Il faut y
remédier, puisque l'obstacle n'est pas
dans la nature, mais dans les hommes.
Que sont nos ennemis près de nous ?
Quelle est leur force ? Vous êtes cent
contre chacun d'eux.
LAMENNAIS.
L'HORMBLE POLITIQUE
Nous lui devons un duel aussi ridicule
qu'odieux et une séance épileptique abso-
lument déshonorante pour la France.
Désintéressés, les deux champions
avaient raison : ambitieux, politiciens,
c'est-à-dire fourbes, car c'est tout un, ils
avaient tort tous les deux.
Celui qui était en place a seulement
clamé: « Pourquoi moi plutôt que vous »,
et l'autre : « Pourquoi vous plutôt que
moi. »
De l'intérêt du peuple français, aucun
d'eux n'avait cure.
Revision suivant les formes constitu-
tionnelles,sera une autre duperie des pos-
sédants dirigeants ; par une Constituante,
avec ou sans dissolution, ce sera encore
une duperie, parce que les 82 010 des
non-possédants qui votent, n'élisent que
des possédants pouvant faire les frais de
leur élection. Or, il s'agit justement de
détrôner la puissance des possédants,
c'est-à-dire, du capital ; sinon, rien n'est
possible.
Il n'y a pas d'autre solution qu'une nuit
du 4 août volontaire ou imposée.
C'est par cette conclusion que j'ai ter-
miné mon dernier ouvrage (1) et il est
bon que je la reproduise ici.
Oui, il faut une nuit du 4 août.
De cette nuit, voici les actes résumés
par un historien qui n'était certes pas so-
cialiste.
« L'assemblée nationale, a-t-il écrit,
« tint, dans la nuit du 4 août 1789, une
séance à jamais célèbre. Là, par un es-
« prit d'entraînement dont il n'existait
« aucun exemple dans l'histoire, les dépu-
« tés de la noblesse, ceux du clergé, et,
« après eux, ceux des communes, firent,
«tour à tour, et au bruit des acclama-
« tions, l'abandon de tous leurs droits et
privilèges. On décréta d'enthousiasme
l'abolition du titre de serf et celle des
1 juridictions seigneuriales des privilèges
« de la noblesse, des provinces et des
villes, le rachat de la dime, l'égalité
« des impôts, l'admission de tous les
« Français aux emplois civils et militaires,
« et la destruction de tout ce qui pou-
« vait rappeler, directement ou indirecte-
« ment, le régime féodal ou la monarchie
absolue. »
(Histoire de France, par Amedée Ga-
bourd).
Eh bien, si tu te lèves, peuple, cet en-
traînement peut se renouveler.
Mais, écoute ceci : La Constituante fut
dominée par la juiverie. Sous les noms
bourgeois et roturiers de capital et de sa-
lariat, elle a rétabli tous les privilèges
abolis.
Et en effet : il y a encore des titres no-
biliaires qui s'achètent ; il y a des évêques
richement dotés : le serf est salarié ; la
juridiction seigneuriale c'est la juridic-
tion capitaliste ; las privilèges de la no-
blesse ? ce sont les privilèges du capital ;
les privilèges des provinces et des villes?
ce sont les budgets départementaux,
communaux, les octrois, les emprunts ; la
dîme ? c'est le prélèvement capitaliste ;
quant à l'égalité des impôts, où est-elle ?
Et quant à l'admission de tous les Français
aux emplois civils et militaires ? Cette ad-
mission est devenue charge pour tout le
monde, privilège pour quelques-uns.
Voilà où nous en sommes après cent
ans !
Peuple 1 que l'histoire du passé te servel
Sois généreux d'abord 1
Mets en demeure tes gouvernants d'imi-
ter leurs pères de 89.
S'ils refusent, exige, impose, prends 1
Et surtout, ayant obtenu, ou de gré ou
de force, veille 1
Veille sur les hypocrites du lendemain,
pour que, comme la juiverie d'antan, celle
d'aujourd'hui ne détruise pas ta victoire 1
AUGUSTE CmRAn.
(1) L'Agiotage sous la troisième République.
Chansons d'Attaque
LA BATAILLE
1
Allons, enfants des fusillés,
Melles dans leurs fusils rouillés
De la mitraille.
Guerre aux exploiteurs. nos tyrans 1
Allons, debout 1 serrez vos rangs
Pour la bataille.
Il
Comme nos aînés de quinze ans,
Qui se battirent en géants
Contre Versaille,
Ralliés au rouge drapdait,
Risquons hardiment notre peau
Dans la bataille.
III
Nous avons vu vos trois couleurs
Galvauder chez les empereurs
De la ripaille;
La nôtre n'a jamais flotté
Qu'au souffle de l'Egalité,
Dans la lataille.
IV
Notre étendard est lfamboyant,
Car il fut teint du noble sang
De la canaille;
Depuis un siècle, ses héros
N'ont jamais su tourner le dos
A la bataille.
V
Dans vos estomacs bedonnants
Nous ferons, bourgeois ruminants,
Plus d'une entaille;
La lutte sera sans merci;
Nous aurons le cœur endurci
Dans la bataille.
VI
Femmes ! ils crèvent d'appétit.
Pendant que vos pauvres petits
Sont sur la paille;
Quand vos enfants pleurent de froid,
Apprenez-leur à marcher droit
A la bataille.
VII
Assez de discours endormeurs :
La colère envahit nos coeurs
Et les tenaille ; -
Allons, debout! et dès demain,
A ceux qui volent notre pain,
Livrons bataille !
GERAULT-RICHARD
L'ATTAQUE
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ERNEST GEGOUT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
21, Rue Croix - des - Petits - Champs, 21
Secrétaire de Rédaction : G. PICOURT
AUX ARMES !
- Sentinelle de la Sociale que vois-
tu au Nord?
— Je vois l'ennemi, la Bourgeoisie,
entassant nos frères dans la grande
fosse du travail minier, d'où remontent
avec peine les robustes, où ne descen-
dent jamais les fils de leurs fils.
— Sentinelle de la Sociale, que vois-
tu au Midi?
— Je vois sous le ciel également
bleu, sous le soleil également chaud
pour tous, l'ennemi, la Bourgeoisie,
semant les misères de la grève, sur le
camp sacré du Travail.
- Sentinelle de la Sociale, que vois-
tu à l'Ouest ?
- Je vois l'ennemi, la Bourgeoisie,
debout sur le fumier clérical et monar-
chique, faisant peser sur les nôtres le
joug de l'ignorance et de la supersti-
tion.
- Sentinelle de la Sociale que vois-
tu à l'Est?
— Je vois sous les pas de l'ennemi,
la Bourgeoisie cosmopolite, les grandes
routes internationales poudroyer, au-
dessus d'elles, rougeoyer l'horizon so-
cial.
Garde à vous !.
C'est le passé qui se retourne vers le
présent.
C'est la horde barbare qui revient
sur ses pas. La vieille coalition monar-
chique poussant devant elte ses cais-
sons chargés de mitraille, la mitraille
du capital, dont elle va se servir pour
décimer l'armée du Labeur.
- Sentinelle de la Sociale, regarde
vers ton camp. Que vois-tu?
— Je vois les bourgeois-démocrates,
nos alliés d'il y a un siècle, ripailler à
outrance sans souci de l'attaque.
Aux armes !
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MOT D'ATTAQUE
La misère, protétaires, n'est pas un
mal qu'on ne peut guérir. Il faut y
remédier, puisque l'obstacle n'est pas
dans la nature, mais dans les hommes.
Que sont nos ennemis près de nous ?
Quelle est leur force ? Vous êtes cent
contre chacun d'eux.
LAMENNAIS.
L'HORMBLE POLITIQUE
Nous lui devons un duel aussi ridicule
qu'odieux et une séance épileptique abso-
lument déshonorante pour la France.
Désintéressés, les deux champions
avaient raison : ambitieux, politiciens,
c'est-à-dire fourbes, car c'est tout un, ils
avaient tort tous les deux.
Celui qui était en place a seulement
clamé: « Pourquoi moi plutôt que vous »,
et l'autre : « Pourquoi vous plutôt que
moi. »
De l'intérêt du peuple français, aucun
d'eux n'avait cure.
Revision suivant les formes constitu-
tionnelles,sera une autre duperie des pos-
sédants dirigeants ; par une Constituante,
avec ou sans dissolution, ce sera encore
une duperie, parce que les 82 010 des
non-possédants qui votent, n'élisent que
des possédants pouvant faire les frais de
leur élection. Or, il s'agit justement de
détrôner la puissance des possédants,
c'est-à-dire, du capital ; sinon, rien n'est
possible.
Il n'y a pas d'autre solution qu'une nuit
du 4 août volontaire ou imposée.
C'est par cette conclusion que j'ai ter-
miné mon dernier ouvrage (1) et il est
bon que je la reproduise ici.
Oui, il faut une nuit du 4 août.
De cette nuit, voici les actes résumés
par un historien qui n'était certes pas so-
cialiste.
« L'assemblée nationale, a-t-il écrit,
« tint, dans la nuit du 4 août 1789, une
séance à jamais célèbre. Là, par un es-
« prit d'entraînement dont il n'existait
« aucun exemple dans l'histoire, les dépu-
« tés de la noblesse, ceux du clergé, et,
« après eux, ceux des communes, firent,
«tour à tour, et au bruit des acclama-
« tions, l'abandon de tous leurs droits et
privilèges. On décréta d'enthousiasme
l'abolition du titre de serf et celle des
1 juridictions seigneuriales des privilèges
« de la noblesse, des provinces et des
villes, le rachat de la dime, l'égalité
« des impôts, l'admission de tous les
« Français aux emplois civils et militaires,
« et la destruction de tout ce qui pou-
« vait rappeler, directement ou indirecte-
« ment, le régime féodal ou la monarchie
absolue. »
(Histoire de France, par Amedée Ga-
bourd).
Eh bien, si tu te lèves, peuple, cet en-
traînement peut se renouveler.
Mais, écoute ceci : La Constituante fut
dominée par la juiverie. Sous les noms
bourgeois et roturiers de capital et de sa-
lariat, elle a rétabli tous les privilèges
abolis.
Et en effet : il y a encore des titres no-
biliaires qui s'achètent ; il y a des évêques
richement dotés : le serf est salarié ; la
juridiction seigneuriale c'est la juridic-
tion capitaliste ; las privilèges de la no-
blesse ? ce sont les privilèges du capital ;
les privilèges des provinces et des villes?
ce sont les budgets départementaux,
communaux, les octrois, les emprunts ; la
dîme ? c'est le prélèvement capitaliste ;
quant à l'égalité des impôts, où est-elle ?
Et quant à l'admission de tous les Français
aux emplois civils et militaires ? Cette ad-
mission est devenue charge pour tout le
monde, privilège pour quelques-uns.
Voilà où nous en sommes après cent
ans !
Peuple 1 que l'histoire du passé te servel
Sois généreux d'abord 1
Mets en demeure tes gouvernants d'imi-
ter leurs pères de 89.
S'ils refusent, exige, impose, prends 1
Et surtout, ayant obtenu, ou de gré ou
de force, veille 1
Veille sur les hypocrites du lendemain,
pour que, comme la juiverie d'antan, celle
d'aujourd'hui ne détruise pas ta victoire 1
AUGUSTE CmRAn.
(1) L'Agiotage sous la troisième République.
Chansons d'Attaque
LA BATAILLE
1
Allons, enfants des fusillés,
Melles dans leurs fusils rouillés
De la mitraille.
Guerre aux exploiteurs. nos tyrans 1
Allons, debout 1 serrez vos rangs
Pour la bataille.
Il
Comme nos aînés de quinze ans,
Qui se battirent en géants
Contre Versaille,
Ralliés au rouge drapdait,
Risquons hardiment notre peau
Dans la bataille.
III
Nous avons vu vos trois couleurs
Galvauder chez les empereurs
De la ripaille;
La nôtre n'a jamais flotté
Qu'au souffle de l'Egalité,
Dans la lataille.
IV
Notre étendard est lfamboyant,
Car il fut teint du noble sang
De la canaille;
Depuis un siècle, ses héros
N'ont jamais su tourner le dos
A la bataille.
V
Dans vos estomacs bedonnants
Nous ferons, bourgeois ruminants,
Plus d'une entaille;
La lutte sera sans merci;
Nous aurons le cœur endurci
Dans la bataille.
VI
Femmes ! ils crèvent d'appétit.
Pendant que vos pauvres petits
Sont sur la paille;
Quand vos enfants pleurent de froid,
Apprenez-leur à marcher droit
A la bataille.
VII
Assez de discours endormeurs :
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