Informations détaillées

Titre : 
Hayton , Fleur des estoires de la terre d'Orient ; Provinciale Romanae Ecclesiae ; Jean IV, archevêque de Sultanieh, Ordonnances de Timur Bey (Tamerlan) .
Auteur : 
Het´um Lambronac´i (1235?-1314?). Auteur du texte
Auteur : 
Jean IV, archevêque de Sultanieh. Auteur du texte
Auteur : 
Maître du Couronnement de la Vierge. Enlumineur
Auteur : 
Maître des Cleres femmes du duc de Berry. Enlumineur
Date d'édition : 
1400-1410
Type : 
manuscrit
Langue : 
français
Langue : 
latin
Format : 
Paris. - Un copiste. - Par son illustration, le manuscrit est un des premiers exemples de l’influence flamande dans la peinture française du début du XVe s (cf. M.-H. Tesnière, Trésors et merveilles…, p. 89, n° 32). Millard Meiss en a attribué l’illustration à l’atelier du Maître du Couronnement de la Vierge, nommé ainsi d’après la miniature qu’il peignit pour un exemplaire de la Légende dorée de Jacques de Voragine (BnF., Français 242, fol. A). Il semble que sur les cinq peintures du Français 12201, on puisse lui attribuer la scène de dédicace du f. 1, celle du f. 49 et le couronnement du Gengis Khan au f. 17v. La scène du f. 84 est de la main d’un assistant (cf M.-T. Gousset, Paris 1400, n° 65). Quant à la peinture du f. 10, on s’accorde à y voir la main du Maître des Cleres femmes du duc de Berry, artiste flamand, à qui l’on doit l’illustration du Livre des Cleres femmes de Boccace (BnF., Français 598). Le manuscrit est orné de cinq peintures, quatre d’entre elles illustrant le texte d’Hayton aux f. 1, 10v, 17v, 49, la cinquième marquant le début des Ordonnances de Timur Bey au f. 84. Aucune peinture n’introduit le Provinciale romanae ecclesiae. Les quatre premières peintures forment un ensemble homogène d’un grand raffinement : dimensions identiques (100/105 x 110/115 mm), fin encadrement de deux baguettes or et bleue et rouge, style d’un délicat maniérisme. La peinture du f. 84, occupant un espace plus important (125 x 110 mm), est d’une exécution moins élaborée : encadrement plus grossier, fonds losangé moins fin, couleurs moins lumineuses. Légendes des peintures : f. 1 : scène de dédicace, Hayton à genoux offrant son livre au pape Clément V ; f. 10v : hommage à l’empereur de Rome ; f. 17v : songe de Gengis Khan à qui apparaît un chevalier blanc lui annonçant qu’il sera couronné ; f. 49 : Hayton, à genoux devant Clément V, exhortant le pape à tenir compte de ses écrits et à délivrer la Terre sainte ; f. 84 : siège de Samarcande (1363). Décoration secondaire :La décoration secondaire est due à plusieurs artistes. On distingue trois mains dans l’ornementation des lettres champies. Comme l’a reconnu Marie-Thérèse Gousset, parmi les ornementistes chargés des initiales, l’un a travaillé au début du ms. Français 598, l’autre dans le Français 12420 (Livre des Cleres et nobles femmes).Initiales ornées bleues sur fond or à vignettes au début des trois grandes divisions du manuscrit (6 à 8 lignes : f. 1, 67, 84) et au début des livres II, III et IV de la Fleur des estoires de la terre d’Orient (5 lignes : f. 10v, 17v, 49). Encadrement de baguettes avec rinceaux de vignettes.Lettre champie (4 lignes) sur fond filigrané bleu et rouge, avec prolongement de vignettes au début du prologue du Provinciale Romanae Ecclesiae (f. 66).Lettres champies (2 lignes) sur filigrane inversé bleu et rouge, avec prolongement de vignettes, au début des chapitres, des différents paragraphes des prologues (f. 1-v, 66), de la première rubrique des tables des chapitres (f. 10, 15v, 83). Pieds-de-mouche champis sur filigrane inversé rouge et bleu introduisant les rubriques, les différents chapitres des tables, les paragraphes. - Parchemin. - 97 ff.précédés de quatre feuillets de garde (A, B : papier ; C, D : parchemin), suivis de deux feuillets de garde de papier. - 307 x 216 mm (just. 180 x 110 mm). - 12 cahiers : 18 (f. 1-8), f. 9 ajouté, 28 (f. 10-17), 38 (f. 18-25), 48 (f. 26-33), 58 (f. 34-4), 64+3 (f. 42-48), 78 (f. 49-56), 88 (f. 57-64), 92 (f. 65-66), 108 (f. 67-74) ; 116 (f. 75-80), 129+8 (f. 81-97). Réclames visibles, à l’exception des cahiers 6 (f. 48v) et 9 (f. 66v). F. 9 ajouté pour permettre au copiste d’achever le premier livre de la Fleur des estoires de la terre d’Orient ; un feuillet enlevé entre le f. 48 et le f. 49 (début d’un nouveau cahier correspondant au livre IV du même texte), bifolio (f. 65-66) entre le 8e cahier (fin de la Fleur des estoires…) et le 9e cahier (début du Provinciale Romanae Ecclesiae). Signatures de feuillets apparentes aux cahiers 1, 2, 4, 6, 7, 8, 10, 12. Foliotation moderne.Longues lignes. 29 lignes par feuillet.Rubriques introduisant les trois œuvres (plus développées pour le texte d’Hayton et les Ordonnances de Timur Bey), chacun des livres du texte de Hayton et les chapitres des différents textes et les tables des chapitres ; numérotation rubriquée des chapitres dans les tables. - Réglure à l’encre rouge. - Reliure restaurée en 1974. Plats en veau raciné avec double filet orné d’un rinceau de motifs floraux. Dos de maroquin rouge ave titre doré : « HAYTON / HISTOIRE / DE / LA TERRE /D’ORIENT », au chiffre de Napoléon III. Tranche dorée peinte d’un décor de rinceaux et de vignettes bleues et rouges. - F. 1 et 97v : estampille de la « BIBLIOTHEQUE NATIONALE », de l’époque révolutionnaire, dont on devine, au centre, les lettres R et F entrelacées, modèle identique à Josserand-Bruno, « Les estampilles du département des imprimés… », pl. XXIII, fig. 17
Description : 
Appartient à l'ensemble documentaire : RegiaCharlesV
Description : 
Illustrant l’histoire de la chrétienté en Orient, les trois oeuvres du recueil reflètent l’actualité politique du début du XVe siècle. Dans la Fleur des estoires de la terre d’Orient, Hayton incite le pape à lancer une nouvelle croisade. Le texte est suivi du Provinciale Romanae Ecclesiae, memento de la hiérarchie épiscopale du monde chrétien. Le dernier texte, opuscule sur la vie de Tamerlan rédigé par l’archevêque de Sultanieh, Jean IV, évoque la victoire de Tamerlan sur le sultan turc Bajazet, faisant oublier la défaite de Nicopolis (1396) au cours de laquelle, Jean sans Peur, fils de Philippe Le Hardi, premier possesseur du manuscrit, avait été fait prisonnier. F. 1-65v. Hayton, Fleur des estoires de la terre d’Orient. F. 1. [Incipit]. « Ci commence le Livre de la Fleur des hystoires de Orient, lequel frere Hayton, seigneur du Corc, cousin germain du roy de Armenie compilla par le commendement du pape Clement quint, [l’an] nostre seigneur mil troys cens sept, en la cité de Poitiers (rubr.) ». F. 1-1v. [Prologue]. « Cestuy livre est devisé en quatre parties. La premiere partie parole de la terre d’Aise qui est la tierce partie du monde …-… La quarte partie de cest livre parle du passage de la Terre sainte d’oultre mer, comme ceulx qui doivent faire le passage pour conquerir la Terre sainte, et devront contenir du commenciement jusques en la fin selonc l’ordenement de la petite cognoissance du compilateur de cestuy livre » (éd. Recueil des Historiens des croisades. Documents arméniens, II, p. 113-114). F. 1- 9. [Livre I] F. 1v-2. [Table des chapitres]. « Cy commancent les premieres rubriches de la premiere partie de cest Livre (rubr.) ». « Du royaume de Cathay ». « .I.a (rubr.) » …-… Du royaume de Syrie ». « .XIIII.a (rubr.) ». – [Texte]. F. 2-9. « Le royaume de Cathay est tenu pour le plus noble royaume et le plus riche qui soit ou monde. Et est sur le rivage de la mer occeane …-… Le royaume de Syrie de lonc tient vint journees et de large .V. et en aucun lieu mains, selon ce que desert d’Arabe et la mer approchent plus ou mains » (éd. cit., p. 121-135) F. 9v-15v. [Livre II]F. 9v. « Puis que nous avons dit des quatorze royaumes principaux qui sunt en Aise, aprés dirons des empereours d’Aise, lesquielx ont tenu la seignourie d’Aise aprés la nativité Nostre Seigneur Jhesu Crist, selonc ce que devisent les hystoires d’Orient (rubr.) ».F. 10. [Table des chapitres]. « Cy commance le second Livre qui parle des empereours et roys d’Aise et des autres provinces. Et premierement de Cesar et Cosserosath, empereour d’Aise la grant ». « .I. (rubr.) » …-… De la nation des Corasmins et comment ilz pristrent la seigneurie d’Aise ». « .IX. (rubr.) ». « Cy finent les rubriches du secont Livre (rubr.) ». – F. 10-15v. [Texte]. « Cy aprés parle des empereours et roys d’Aise et des autres provinces. Et premierement de Cesar Auguste et Cosserosath, empereour d’Aise la grant. .I. (rubr.) ». « Selonc ce que dit saint Luc en l’evangille, l’empereour de Romme, Cesar Augusteis (sic) tenoit toute la seignourie du monde au temps de la nativité Nostre Seigneur …-… Et en la fin de la nacion des Corasmins tourna a nient en brief temps. Et aprés commancerent les Tartars a avoir seignourie ». « Cy finent les rubriches du second Livre (rubr.) : répété » (éd. cit., p. 136-146). F. 15v-48. [Livre III]F. 15v-17. [Table des chapitres]. « Cy commance la tierce partie de cest Livre, qui compte la nacion dez Tartars, et qui fu leur premier seigneur, et comment ilz vindrent en la seignourie. .I. (rubr.) » …-… Des coustumes des Tartars ». « .L. (rubr.) ». – F. 17-48. [Texte]. « De la nacion des Tartars, et qui fut leur premier seigneur et comment ilz vindrent en seigneurie. I. (rubr.) ». « La terre et la contree ou les Tartars demouroient premierement est entre la grant de Belgian. De ceste montaigne parlent les hystoires d’Alixandre, la ou il fait mencion des hommes sauvages que il trouva …-… L’autre devant le seigneur ou devant le juge en jugement il n’osera nier la verité. Encore doye estre condemnez et en doye perdre la vie. Et a tant souffist de parler des Tartars ». « Cy fine le tiers Livre (rubr.)» (éd. cit., p. 147-219). F. 48-65v. [Livre IV]F. 48-v. [Table des chapitres]. « Cy aprés commance le premier chapitre du .IIII. Livre. .I. (rubr.) » …-… « Comment l’acteur supplie au pape qu’il vueille recevoir ce qu’il escript du passage de la Terre sainte ». « .XXVIII.e (rubr.) ». – F. 48v-65v. [Texte]. « Cy commance la quarte partie de cest Livre qui devise du passage de la Terre sainte, et quantes choses l’en doit en soy considerer avant que l’en meuve guerre. Premier chapitre (rubr.) ». « Rayson requiert que qui veult mouvoir guerre contre les anemis doit considerer quatre choses. Premierement doit avoir juste et raisonnable cause ou occasion de mouvoir la guerre …-… au temps de la Vostre sainte paternité, devons tous prier humblement que longue vie beneuree li doint celui qui vit et regne in secula seculorum. Amen » (éd. cit., p. 220-252). F. 65v. [Explicit]. « Cy fine le Livre des hystoires des parties d’Orient compillé par religieux homme frere Haycon, frere de l’ordre de Premonstré, jadis seigneur du Core, cousin germain du roy d’Armenie, sur le passage de la Terre sainte, par le commandement du souverain pere nostre seigneur l’apostole Clement quint, en la cité de Poitiers. Lequel livre je Nicole Falcon escris premierement en françois, si comme ledit frere Haycon le dittoit de sa bouche sans note ne exemplaire, et de rommains le translatay en latin. Et celui livre (sic) nostre seigneur le pape en l’an Nostre Seigneur mil trois cens et sept. Deo gracias » (éd. cit., p. 252-253). Le prince arménien Hayton (1230/1245-1314/1315), de l’ordre des Prémontrés acheva le texte de la Fleur des estoires de la terre d’Orient en 1307. L’œuvre fut traduite peu après, sans doute par Nicolas Falcone. Le quatrième livre, rédigé directement en latin, a ensuite été retraduit en français et rattaché à la version française des trois premiers.Le volume fait partie des manuscrits ayant transmis la rédaction française originale. Kohler le classe dans le groupe A-K rassemblant les manuscrits qui comportent à la fin du texte la clausule relative à la traduction par Nicolas Falcone. La version du Français 12201 a été dotée du sigle E dans le Recueil des Historiens des croisades. Contrairement au ms. Français 2810 (J), le texte commence par un prologue annonçant les quatre parties de l’ouvrage. Chacun des livres est précédé par une table des chapitres et une rubrique. F. 66-82v. Provinciale Romanae Ecclesiae.F. 66-v. [Prologue]. « Cy commance le Livre de toutes les provinces d’universe monde. Et devise et nomme les noms de toutes les cités et quantes il en a en chascune province selonc le savoir et povoir de l’Eglise rommaine …-… La quarte partie de cestui Livre et la derreniere fait mencion de tous les chastiaux et cités que tient le souldan de la partie d’Egypte et qui font plus du royaume de Iherusalem et en fait mencion, si comme contenu est oudit Livre ». – F. 67-82v. [Texte]. « Incipit Liber provinciarum (rubr.) ». « In civitate Romana sunt quinque ecclesie que patriarchales dicuntur et sunt hee : ecclesia sancti Johannis Lateranencis que habet preorem et sunt ordinis sancti Augustini » …-… « De feudis Ecclesie Romane (rubr.) ». « Sequitur de illis regibus qui sunt fudatarii sancte Romane Ecclesie / : rex Jerosolimitanus / rex Sicilie / rex Aragonie / rex Sardinie / rex Ungrie ». « Explicit Liber provinciarum de toto orbe terraque (souligné à l’encre rouge) ». De même que dans le manuscrit de Vienne, Österreiche National Bibliothek, cod. 2620, f. 62-76, le texte de Hayton est suivi du Provinciale Romanae Ecclesiae, appelé aussi « Liber provinciarum de toto orbe terraque », dont la première rédaction, sans cesse remaniée, date du XIIe siècle. Dressant une liste des évêchés du monde chrétien groupés par provinces ecclésiastiques, le texte qui reflète l’histoire de l’épiscopat latin d’Orient, a souvent été considéré comme un texte littéraire plus qu’un memento utilisé par la chancellerie apostolique (cf. J. Richard, « Évêchés titulaires et missionnaires… », p. 227).La version du Français 12201 est divisée en quatre parties : liste des évêchés par provinces ecclésiastiques (f. 67-80), évocation des possessions du Soudan qui faisaient autrefois partie du royaume de Jérusalem (f. 80-81), liste des provinces chrétiennes tenues autrefois de verser leur tribut à l’Église de Rome (f. 81), liste des empereurs et rois chrétiens couronnés ou non par le pape (f. 81-82v). La distribution du texte ne correspond pas exactement à l’ordre énoncé dans le prologue, la deuxième et la quatrième partie étant inversées. F. 83-97v. Jean IV, archevêque de Sultanieh, Ordonnances de Timur Bey (Tamerlan) « Cy commence un petit livre fait d’un Tartar qui se nomme Themir Bey, que aucuns autres appellent la Tamurlan. Et premierement s’ensuivent les chappitres d’icellui livre (rubr.) ». – F. 83-v. [Table des chapitres]. « De la dominacion dudit Temir bey ». « .I.a (rubr.) » …-… « Des choses que Temir Bey ayme moult sus toutes autres ». « .XXIIII.a (rubr.) ». – F. 84-97. [Texte]. « Cy commence de la dominacion Temir Bey. .I. (rubr.) ». « Se seigneur icy si fut au commencement de petite condicion et de petite renommee, ne il n’avoit pas dessoubz soy dix hommes, combien qui soit de commune bonne ligniee …-… Item chevaulx grans et fors de ces parties de par deça. Item de grans chiens. Item de grans mules d’Espaigne et de toutes choses cy il est bien garny ». « Explicit les Ordonnances de Themir Bey » (éd. Moranvillé, « Mémoires sur Tamerlan et sa cour… », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 1894, p. 441-464). Ce mémoire sur Tamerlan fut rédigé par Jean IV, archevêque de Sultaniey, et distribué lors de son ambassade auprès de Charles VI. Conçu entre autres dans le but d’établir des relations commerciales suivies entre l’Orient et l’Occident, le texte présente un intérêt historique indéniable : celui de nous renseigner sur la victoire de Tamerlan, grand Khan de Mongolie, contre le sultan turc Bajazet à Ancyre, le 28 juillet 1402 (chap. XVIII, f. 93v-94v). Le texte est divisé en vingt-quatre chapitres, énoncés dans la table (f. 83-v) et rappelés sous forme de rubriques au cours des feuillets. Il a été édité par Henri Moranvillé sous le titre de « Mémoire sur Tamerlman et sa cour par un dominicain, en 1403 » (éd. cit.). Additions marginales : f. 44v : correction dans la marge (écriture du XIXe s.) : « Mauv[aise] leçon. Il faut Chypre ».
Description : 
Le manuscrit fit partie de la Librairie des ducs de Bourgogne dès les premières années du XVe siècle. Le 24 mai 1403, Philippe le Hardi payait à Jacques Raponde, changeur lucquois installé à Paris, 300 francs or pour l’achat du présent manuscrit, et sans doute pour les deux exemplaires qu’il offrit au duc de Berry et d’Orléans : « A Jacques Raponde, marchant demourant a Paris, auquel estoit deu par mondit seigneur la somme de trois cens frans d’or pour trois livres appellez la Fleur des histoires de la terre d’Orient, escripte en parchemin, de lectre de fourme, historié, couvers de veluiau a fermouers d’argent dorez, esmaillez et armoiez aux armes de mondit seigneur ; lesquelz mondit seigneur fist prendre de lui pour le dis pris et l’un d’iceuls donna a mon seigneur de Berry et ung a mon seigneur le duc d’Orleans et l’autre mondit seigneur retint par devers lui … donnees a Paris, le .XXIIII.e jour de may mil . CCCC. et trois » (cité d’après Winter, La bibliothèque de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne…, p. 208, n° 10). Le volume a été souvent confondu avec celui qui fut offert au duc de Berry (cf. Meiss, French Painting in the time of Jean de Berry…, p. 383, 415, 418). La description des deux exemplaires dans les inventaires de l’époque est, en effet, très similaire. L’inventaire de la librairie de Jean de Berry dressé en 1413 répertorie : « Item un petit livre appellé le Livre de la Fleur des histoires de la terre d’Orient, escript en françoys, de lettre de court, enluminé et historié en pluseurs lieux. En la fin a un autre livre de toutes les provinces et citez de l’universel monde ; et au commancement du second fueuillet a escript : du royaume ; couvert de veluiau vermeil, a deux fermouers d’argent dorez esmaillez aux armes de feu monseigneur de Bourgoigne et seignaulx de pluseurs couleurs, et est sur chascune ais .V. boulles d’argent dorez, hachiez. Lequel livre mondit seigneur de Bourgoigne donna a monseigneur a Paris, le .XXII.e jour dudit mois de mars , l’an dessudit mil .CCC. et deux » (Arch. nat., KK 258, f. 145v-146, n° 84). Le contexte historique incite cependant à suivre l’hypothèse de Paul Durrieu, puis de Georges Doutrepont et de Patrick de Winter, qui voient dans le Français 12201 le propre exemplaire de Philippe le Hardi, répertorié dans les inventaires postérieurs de la librairie de Bourgogne : 1° inventaire de 1404 (cf. Durrieu, Manuscrits de luxe…, p. 179) ; 2° inventaire de Philippe le Bon (1420) : « Item un ung autre livre nommé la Fleur des histoires de la terre d’Orient, escript en parchemin, de lettre ronde, historié et enluminé d’or, commençant au .II.e fueillet : du royaume, et ou derrenier : ens qu’il tient ; couvert de veluau vermeil, a .X. clouz de laton dorez et deux fermouers d’argent dorez, esmaillez aux armes de Bourgoigne » (Doutrepont, Inventaire de la librairie de Philippe le Bon (1420), p. 68, n° 108) ; 3° inventaire dressé après l’avènement de Charles le Téméraire en 1467 (cf. Barrois, n° 1547, cité par Durrieu) ; 4° inventaire de Bruxelles, 1487 : « Un grant volume couvert de velours vermeil, a deux cloans d’argent doré, l’un d’iceulx armoyé des armes de Phelippe le Hardi, et de l’autre l’email perdu, et a tout cincq boutons de leton doré sur chascun costé, historié et intitulé le Livre de la Fleur des hystoires de la terre d’Orient, commenchant ou second feuillet : du royaulme de Turquie, et finissant ou derrenier : il est bien garny » (d’après Winter, La bibliothèque de Philippe le Hardi..., p. 210) ; 5° inventaire dressé pour Charles Quint en mai 1536, à Bruxelles (cf. Doutrepont, n° 108). Les incipit peuvent être repérés au f. 2 (l. 1) : du royaume de Turquie, au f. 97 : ans qu’il tint la seignorie, au f. 97v : il est bien garny. En 1794, une grande partie de la collection de Bourgogne fut enlevée par les commissaires de de la République française. Le manuscrit figure sur le catalogue des manuscrits belges qui furent déposés au Dépôt littéraire des Cordeliers avant d'entrer à la Bibliothèque nationale, rédigé par Germain Poirier: « 1° Hayton, la Fleur des histoires de la terre de l’Orient, composé par frère Hayton, de l’ordre des Prémontrés, jadis seigneur de Core et cousin germain du roi d’Arménie ; le livre écrit d’abord en français par Nicole Talcon (sic pro Falcon), sous la dictée de Hayton, qui dictioit de mémoire, sans notte ni exemplaire,et ensuite traduit en latin par le même écrivain ; 2° l’Histoire de toutes les provinces du monde, dont la préface est en françois, le reste en latin ; 3° l’Histoire du tartare Themir Bey, appellé par d’autres Tamerlan ; vel., vig., L.L. gr., arabesq., ornements en or, in-f° » (BnF., NaF. 5420).La composition du volume qui entra, avec les autres ouvrages de l’ancienne librairie bourguignonne, le 2 floréal an IV (21 avril 1796), à la Bibliothèque nationale, est identique à celui du Français 12201. Contrairement à un grand nombre des manuscrits de Bourgogne, qui furent restitués à la Bibliothèque de Bruxelles, en vertu du traité de Paris (30 mai 1814), le recueil resta à Paris. Cotes inscrites au recto du f. 1 : « 58 » barré, « 560 », non identifiées. Au verso du deuxième feuillet de garde en parchemin (f. Cv) : « Suppl. fr. 63210 », cote attribuée lors de la constitution, au début du XIXe siècle, du Supplément français destiné à accueillir les manuscrits entrés à la Bibliothèque depuis la rédaction en 1744 du Catalogus codicum manuscriptorum Bibliothecae regiae (Regius).
Description : 
Lieu de copie : Paris
Droits : 
domaine public
Identifiant : 
ark:/12148/btv1b8452199j
Source : 
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. Français 12201
Notice du catalogue : 
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc77987q
Provenance : 
Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 
21/11/2011


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