Informations détaillées

Titre : 
Liber comitis [dit Lectionnaire d'Alcuin]
Date d'édition : 
IX
Type : 
manuscrit
Langue : 
latin
Format : 
Saint-Amand-en-Pévèle. - Minuscule caroline de gros module, à l’aspect rond. La table initiale mise à part, le texte ne comporte aucune ligature, dont même les plus fréquentes ont volontairement été évitées, comme ‘et’ ou ‘st’ ; très rares ‘e cédillés’, la plupart des diphtongues sont notées ‘ae’ (f. 120r, cas exceptionnel d’une ligature ‘rt’ dans exhortamur). Copie réalisée peut-être par 3 ou 4 mains: A, f. 2r–5r ; B (f. 6v-7r ?), f. 7v–66v ; C, f. 66v–87v ; D (ou A ?), f. 88r-159v. La distinction entre leurs graphies est particulièrement subtile et se révèle presque exclusivement à travers de très légères variations dans le tracé des lettres x et g. — Ajouts de trois autres mains différentes: f. 5v, f. 160r-v, 160v (fin du IXe s., peut-être du début Xe s. pour l'ajout f. 5v); — quelques corrections de deux mains, l'une du IXe et l'autre du XIe s. Apparition en quelques endroits d’un ‘U’ en capitale à la forme de ‘y’, la haste de droite descendant sous la ligne rectrice, comme un jambage (cf. f. 18v, etc.), de la même manière que la haste droite du N. — Justification de droite peu suivie dans le but d’éviter, autant que possible, la coupure de mots en fin de ligne. Ecriture très soignée contenant très peu d’abréviations, dont la séparation nette des mots par blocs de textes et la ponctuation uniforme donne l’impression d’une influence du style rémois sous l’abbatiat d’Hincmar (voir plus bas); début du texte proprement dit au f. 7r en onciales à l’encre d’or. — Titres en onciales, généralement sur deux lignes, la première rubriquée, la seconde à l’encre d’or. - Une grande initiale décorée de style franco-insulaire ou franco-saxon (f. 7r) ; initiales moyennes rubriquées, parfois rehaussées d’or, passim. - Parch. - 160 f. à longues lignes. - 270 x 215 mm (just. 150 x 160 mm). - 20 lignes / page. - Composé de 20 quaternions réguliers, le ms. a conservé une seule signature de cahier au dernier f., dans le centre de la marge inf.: « q. XX» (f. 160v). - Reliure de maroquin rouge au chiffre de Louis-Philippe, Tripier-Bradel 27 avril 1845 (cf. B. n. F., département des Manuscrits, Archives Modernes 620 et 624); avec titre au dos: «Lectionarium»; reliure restaurée dans les ateliers de la Bnf en 2006. - Estampille de la Bibliothèque nationale (1792-1802), modèle identique à Josserand-Bruno, p. 277, n° 17
Description : 
Appartient à l'ensemble documentaire : RegiaCarol
Description : 
Épistolier en deux parties, avec préface. La partie principale de 242 péricopes (de l’Anc. test., des Epîtres et des Actes) est organisée pour les lectures suivant le cycle liturgique annuel. Cette portion du recueil est structurée en 3 parties (cf. f. 109v et 122v « incipiunt lectiones ») : n° 1-199, lectures des cycles temporal et sanctoral confondus; n° 200-233, lectures additionnelles, dont les messes votives (n° ccxii-ccxxxiii) ; n° 234-242, les lectures quotidiennes. Il conserve quelques leçons de la version vieille-latine [Gryson, op. cit. ; Bogaert, 2005, p. 296]. La seconde partie du recueil comprend un appendice de 65 lectures (lectures des messes votives n° 54 à 65) qui débute par la préface de Hélisachar au f. 126r-v, dont le ms. est l'unique témoin complet (les autres versions connues de cette préface, dont celle de München BSB, clm 6424, du Xe s., n'en rapporte qu'une partie, et les lectures du supplément ont d'ailleurs été redistribuées dans la partie principale; cf. Vogel, 1966, p. 311-312; Martimort, 1992, p. 35). Ce supplément appartient à la famille de l'épistolier de Murbach, contrairement à la première partie. Intéressante à plus d’un titre, cette préface, fortement inspirée de celle de Benoît d'Aniane (préface Hucusque, voir Deshusses, 1992), sert à la fois de colophon de la partie précédente (jusqu’à … expleto sane praefato libello…) et d’introduction à la suivante. Elle nous apprend que l’origine de la première partie du recueil remonte à un exemplar établi et corrigé par « la lime » d’Alcuin à l’instigation de Charlemagne (… Tua lector noverit perspicacitas ab eo codice sumptum quem constat ab Albino, eruditissimo viro Karolo sapientissimo imperatore praecipiente, lima rectitudinis esse politum atque emendatum …). La présence dans la première partie de lectures aux vigiles de la Toussaint et la saint Martin pourrait confirmer cette attribution (voir f. 105r-106v). Après avoir incité les copistes à transcrire rigoureusement et à la virgule près (voir plus bas), Hélisachar justifie la présence du supplément par la nécessité de livrer une version correcte des lectures alors en usage, mais qui avaient été écartées du recueil d’Alcuin, lequel suivait strictement l’usage romain (… dignum et necessarium duximus in calce illius lectiones quasdam … quas praedictus uir peritissimus, imitando ac sequendo libellum papae Gregorii sacramentorum, omisit …) [voir Gryson, 1999, p. 293 n° 183I]. L’aspect formel de cette copie du lectionnaire appelle plusieurs remarques. Le texte ne comporte presque aucune abréviation, à l’exception : — des noms divins (ds, di, dm = Deus, etc. ; ihs xps, ihu xpi = Iesus Christus, etc. ; sps, spu = Spiritus, etc. ; dns. dni = dominus, etc.), — des mots courants dans les titres (vigilia, natalis, dominica, etc.), — des premiers mots du début de la lecture (frs = fratres ; Kmi = karissimi) et de quelques mots courant presque toujours abrégés (nrum, nri, nras = notrum, -i, -as, etc.), qui apparaissent surtout dans les formules (par ex. : dni nri ihu xpi’ = domini nostri Iesu Christi, f. 14r ; ou ‘per ihm xpm dnm nrm’ = per Iesum Christum dominum nostrum, par ex. f. 145r); on rencontre parfois qm = qnm = quoniam et plus rarement omnips = omnipotens (f. 92v). En somme, aucun des mots très communs qui ont l’habitude d’être abrégés ne l’ont été (cf. ‘et, est, non’, les préfixes ou désinences, les pronoms relatifs, etc.). Vers la fin du volume apparaissent par endroits quelques raretés, comme ayant échappé à la plume du copiste (et, f. 160r ; pro, f. 150v; ‘n’ oncial avec tilde = non, 151r ; epos = episcopos f. 156 ; -um, f. 156v). De plus, le texte a été rigoureusement ponctué à l’aide de deux signes principaux, suivant le grammairien Donat (cf. Donat. ars maior, positurae uel distinctiones, p. 612,1-8 éd. Holtz) : une ponctuation forte notée par un point haut (distinctio) et une ponctuation faible signifiée par un point bas (subdistinctio) ; le point médian représentant la respiration (media distinctio) n’est pas représenté ici. En quelques rares endroits, la ponctuation primitive fluctue (par ex. f. 16v, le point est accompagné d’une virgule, placée dessus ou dessous, selon si le point note la ponctuation forte ou faible ; mais peut-être s'agit-il d’un ajout postérieur, comme ailleurs, où elle a été modifiée de la main du correcteur, ainsi que la couleur de l’encre en témoigne: f. 24v-41v, ajout de virgules, avec parfois des accents « toniques » sur certains mots ; f. 73r-75r, de manière plus diffuse et épisodique ; cf. aussi 86r-87r, 90r, etc.). — On relèvera aussi l’utilisation du point d’interrogation. L’ensemble des caractéristiques de ce ms., auxquelles s’ajoute une écriture nette et de module assez important, affichent la volonté d’établir un texte clair et sans ambiguïté liée au déchiffrement des abréviations, où tout converge pour faciliter la lecture à haute voix. Ajoutons qu’à l’exception de la table initiale qui porte son lot normal de ligatures et d’abréviations, parce qu’elle n’était pas destinée au même usage, la qualité de la copie à laquelle les futurs copistes sont exhortés rencontre exactement les impératifs de correction et de ponctuation énoncés dans la préface (f. 126r-v … et distinctionibus artis grammaticae pronuntiandi gratia distingueretur, ita uidelicet ut legentium eiusdem codicis textus iter planum panderet … Nobis autem curae fuit ita hunc emendate atque distincte transscribere, sicut ab eodem magistro emendatus extat atque distinctus. Precamur itaque ut ab his qui hunc transscripturi / sunt, nihilominus eadem cura et diligentia in transcribendo conservetur.). Son excellent état général de conservation montre qu’il a fait l’objet d’une utilisation épisodique; puis, rendu obsolète par les changements intervenus dans la liturgie, il ne semble pas porter de trace d’une utilisation après le XIe s.— F. 1r. Essais de plume, début répété d’une lecture [peut-être une main du Xe s.] : « Lec. epe. Bei Paul. ap. ad cor. (…) » . — f. 37r. Note de renvoi en marge [de la main du correcteur du XIe s.] : « ‘sta in porta domus Domini’ (Ier. 7, 2). Require post in X°III° folio » ; en face du titre LVII lectio Hieremiae prophetae (voir f. 50r où se trouve une autre lecture tirée du prophète Jérémie) ; l’écriture et la couleur de l’encre désigne cette main comme celle qui corrige et complète par endroit le texte et la ponctuation (cf. les autres intervention de cette main, parmi les cas les plus évidents, f. 8v, 29v, 40r, 41v, 61r, 66r, 67r-v, 135r-v etc. — f. 63v, dans une écriture moderne, 2 mots avec initiales ; — f. 160r. Une signature : «Phi. Mulot ».F. 2r-160r. Comes uel Liber comitis sive lectionarius Albinif. 2r-5r. Tituli lectionum [table du contenu sur deux col., avec numérotation et intiales rubriquées] f. 2r-4v. Table [titres n° 1-242] : «Incipiunt tituli lectionum sequentes libri. I. in vigilia Domini(…) CCXLII. Item, ut supra» f. 4v-5r. Table du supplément [titres n° 1-65] : « Item tituli aliarum lectionum quae a multis ad ecclesiastica officia necessario institute sunt. I. Infra ebdomada natalis Domini (…) LXV. Contra iudices male agentes». f. 5v. Addendum [ajout d’une lecture; début du Xe s. ?] : «VI id. sptbr. Nativitas sanctae Mariae. Lectio Ezechielis prophetae (…) et per uiam eius egreditur». F. 6v-125v. Pars prima Alcuini. [titre en onciales à l'encre d'or ; avec numérotation rubriquée dans les marges extérieures] : «I. In vigilia Domini Lec(tio) ep(istulae) Beati Pauli apostoli ad Romanos. [7r] Fratres. Paulus seruus Christi Iesu (…) CCXLII. Item, ut supra: lec(tio) ep(istulae) beati Pauli apostoli ad Heb(raeos). Fratres. Deus pacis (…) per Iesum Christum cui gloria in saecula saeculorum». Titres n°: x. In natali sancti Silvestri (11r); — xviiii. Dominica quinta post Theoph. (14r); — xxx. In sexagesima ad sanctum Paulum (18v); — xl. Feria VI. ad apostolos (25r); — l. Fer. V. (30r); — lx. Dom. vicesima ad Hierusalem (41v); — lxx. Fer. II ad sanctum Crisogonum (47v); — lxxxi. Fer. IIII ad sanctam Mariam (53v); — xc. Lectio Esaiae prophetae (61r); — c. Dom. in octabas Paschae (66v); — cxi. Dom. IIII post oct. Pasc. (70v); — cxx. Fer. III ad sactam Anastasiam (74v); — cxxx. Fer. VI ad apostolos (78v); — cxl. In nat. sanctorum Iohannis et Pauli (82v); — cl. Dom. III p. nat. apostolorum (88v); — clx. In nat. evangelistarum (92r); — clxx. Fer. VI ad apostolos (97r); — clxxxi. In dedicatione basilicae sancti Angeli (102r, le titre de la table dit 'ecclesiae'); — clxxxviiii. In vig. omnium sanctorum (105r); — cxc. In nat. omnium sanctorum (105v); — cxci-cxcii. In vig. sancti Martini ; in nat. sancti Martini (106v); — cc. Incipiunt lectiones: Mensis decimi fer. IIII ad sanctam Mariam (109v); — ccxi. in vigiliis Domini ad nonam (113v); — ccxii. In ordinatione diaconorum (114r); — ccxviiii-ccxxi. In die belli (116v-117v); — ccxxxi-ccxxxiii. In agenda mortuorum (121r-122r); — ccxxxiiii-ccxlii. Incipiunt lectiones cotidianis diebus (122r-125r); F. 126r-159v. Pars altera Elisagari.f. 126r-v. Elisagarus. Praefatio : «Incipit praefatio. Hunc codicem qui ab ecclesiasticis viris comes appellatur. Tua lector noverit perspicacitas (…) pace caritatis utrimque regnante, utendas dimittant» [éd. Wilmart, 1937, p. 164-165; voir Deshusses, 1992, III, p. 71 sqq.]f. 127r-159v. Lectures supplémentaires : «I. infra ebd(omada) natalis Domini. Lectio Isaiae prophetae. Haec dicit Dominus (…) sed adhuc manus eius extenta. Explicit». Titres n°: i. Infra ebdomada natalis Domini (127r); — x. In ebd. II p. oct. Pasc. fer. IIII (135r); — xvi-xlviiii. Lectiones infra ebd. p. oct. Pasc. (138r-150v); — l. Ebd. V ante nat. Domini fer. IIII (150v); — liiii. In missa quam sacerdos pro se canere debet (152r); — lv. Ad missam regis votivam praesente ipso (152v); — lxiii. Ad regem benedicendum (156v); — lxiiii. Contra episcopos male agentes (157v). f. 160r-v. Addenda [Ajout de deux lectures, de peu postérieur ; autre main, sans numérotation] : «XV Kal. nove. id est die XVIII mensis nov. natl. sancti Lucae evangelistae. Lectio epl. beati Pauli apostoli ad Corinth. Fratres. Sis voluntas prompta est(…) sed etiam coram hominibus». f. 160v. Second ajout [ fin IXe; 3 lignes seulement, qui reprennent le début de la lecture ajoutée f. 5v, ] : «VI id. septb. nativit. sanctae Mariae. In dies illis (…) et dixit Dominus ad me».
Description : 
Le lectionaire romain composé vers 670-680 apparaît ici dans une version remaniée, qui entretient des parallèles avec le Comes de Würtzburg (éd. Ruch, 1970) et dont la structure est identique au Sacramentaire de Padoue (Paduenses, composé vers 660-670) [voir Palazzo, 1993, p. 108 et 117; CLLA, n° 1040 et Vogel, 1966, p. 312]. La première partie serait la compilation établie par Alcuin, dont on trouve mention dans l’inventaire des biens de Saint-Riquier (Centula), dressé en 831 sur ordre de Louis le Pieux, mais rapporté dans la Chronique de Hariulf, vers la fin du XIe s. : «lectionarius plenarius a supradicto Albino ordinatus I. » [éd. F. Lot, Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, Paris, 1894, p. 93 ; sur cet inventaire, voir Munk Olsen, 1987, p. 234]. Ce ms. et Cambrai, BM, 553 sont les seuls témoins conservés de la révision originale de l'épistolier romain entreprise par Alcuin [Gryson, 1999, p. 293 n° 183I ; sur l'apport limité d'Alcuin en la matière, voir Vogel, 1966, p. 312]. La seconde partie s’ouvre sur une préface que D. Morin (1912) a attribuée à Hélisachar (Elisagarus, † après 837), chancelier de Louis le Pieux, nommé abbé, entre autres, de Saint-Aubin d'Angers et de Saint-Riquier après 833 [cf. M. Huglo, « Les remaniements de l’antiphonaire grégorien au IXe siècle: Hélisachar, Agobard, Amalaire », dans Culto cristiano, politica imperiale carolingia, Todi, 1977, p. 87–120]. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour dater cette copie, « au plus tôt, vers 820 » selon Wilmart (1925, p. 292) ou au début du IXe s. (Klauser, 1972, p. LXXXVII n° 99); dans le 1er quart ou la 1er moitié du IXe s., selon Vogel (1966, p. 311 et 318). Mais il semble plus vraisemblable que ce lectionnaire se rattache à un groupe de mss. copiés à Saint-Amand dans le 3e quart du IXe s. (selon Bischoff rapporté par Martimort, 1992, p. 35). Le lieu de production avancé s'appuie sur la grande initiale figurant au f. 7r, dont le style dit « franco-saxon » était en faveur dans cette abbaye. L’initiale rencontre en effet un parallèle frappant avec le décor d’autres livres liturgiques, comme celui du sacramentaire Paris, Bnf, lat. 2290 (voir la notice). Le style calligraphique même de l’une des mains qui a copié le sacramentaire présente des points communs avec celui du lectionnaire, notamment l’absence de la ligature ‘st’. Sans qu’il soit possible de dater précisément son arrivée, peut-être dès avant la fin du IXe s. (en raison des ajouts f. 5v et 160), il est probable qu'il ait servi de lectionnaire dans l’église Sainte-Marie de Chartres, où il y demeura ensuite sans interruption jusqu’à la fin du XVIIIe s. Une première liste de livres, dressée à la fin du XVIe s., atteste de sa présence dans l’église cathédrale de la ville (Libri manuscripti Bibliothecæ ecclesiæ Beatæ Mariæ Carnotensis [Paris, BnF, Dupuy 673, f. 133-138] mentionne un lectionnaire sous le n° 206, qui semble correspondre à notre ms. : [206] « Lectiones quae in ecclesia leguntur, bonae notae ; 4° », avec « en marge des art. 202-207 la mention : Pulpito 8° ad dextram » [éd. Omont, 1890, p. xi sqq.]. Cette mention topographique permet de savoir que l’organisation des livres a changé entre le XVIe et le XVIIe s., car, s’il s’agit bien du même volume, l’ancien catalogue de Chartes du XVIIe s. le signale, non plus dans l’église, mais dans la bibliothèque du chapitre, sur la 4e tablette de la 4e armoire (armorio quarto, tabula quarta) en compagnie de 13 autres volumes cotés « M » dédiés à la liturgie: « M 10. Epistolae et lectiones in Missis petit in fol. / titres des epitres et leçons. Lettres d'or, ainsi que les lettres majuscules initiales/ 800 » (Catalogus codicum manuscriptorum bibliothecæ capituli insignis Ecclesiæ Carnotensis, quatuor armariis contentorum [Paris, BnF, fr. 20842, f. 158r] ; tandis qu’au XVIIIe s., le rédacteur du « nouveau catalogue » a pris soin de consulter la préface, dont il tire les éléments marquants : « 12. Missarum epistolae et lectiones, comes ecclesiasticus ab Albino emendatus ; M. 10 » [Paris, BnF, fr. 20842, f. 142]. Le ms. a été partiellement édité au XVIIe s. par Tommasi, sans qu'il l'ait consulté personnellement, à partir d’une copie qui lui a été envoyée par Arnoul de Loo (Antiqui libri missarum Romanae ecclesiae … Rome, 1691, Pars altera, p. 1-26, préface p. 20 ; dans la table p. xxxix «I. Comes ab Albino ex Caroli Magni Imperatoris praecepto emendatus. ex antiquissimo codice Carnutensis Ecclesiae (…) II. Appendix antiqua eiusdem libri comitis. ex eodem cod. Carnutensis Ecclesiae»; seulement incipit et explicit des péricopes). Il s’agit du Comes de Chartres, dont Mabillon avait cité un extrait de la préface (Annales Ordinis S. Benedicti, II, 1704, p. 328) et qu’Omont et alii (1890, p. 11) confondirent avec un autre lectionnaire de Chartes, qui provenait de l’abbaye Saint-Père, contenu dans Chartres, BM, 24 (32) : «… c’est à ce manuscrit que paraît se rapporter une note ancienne publiée par Mabillon (…) mais cette note manque aujourd’hui dans le volume»; puis à leur suite Berger (1893, p. 118) a commis la même méprise [voir Wilmart, 1925, p. 292; 1926 et 1937]. À la fin du XVIIIe s., il portait la cote n° 12 du nouveau catalogue quand il fut saisi à Chartres en 1793 par Dom Germain Poirier en compagnie d'autres ms. (cf. Delisle, Cab. des mss., II, p. 12). D. Poirier, qui avait méticuleusement préparé sa campagne, dressa de sa main plusieurs listes chronologiques au préalable, dans lesquelles se lisent tour à tour les intitulés repris de l’ancien et du nouveau catalogue. Dans sa liste des ‘in folio’, il signale le ms. au moyen d’un astérisque et le mentionne de nouveau dans sa liste des in 4°, mais sous une autre dénomination: In f°: « * M. 10 Epistolae et lectiones in missis. Lettres d’or, petit / au in 4° (n. 12) » [Paris, BnF, fr. 20842, f. 133v],In 4°: « M + Missarum epist. et lect. Comes ecclesiasticus (12) / au in fol. M. 10 » [ibid., f. 143]Ces listes et le titre porté sur le ms. au f. 1v de la main de D. Poirier montrent qu'il ne s'est pas laissé abuser par cette double dénomination, l'une issue de l'ancien catalogue, l'autre du nouveau, qui aurait pu laisser croire qu'il s'agissait de 2 mss. distincts: « In hoc volumine Epistolae et lectiones in missis = comes ecclesiasticus ab Albino emendatus colligantur » ; au f. 2r (marge inf.), il ajoute l’ancienne et la nouvelle cote, ainsi que la datation (avant correction), comme il l’a fait pour tous les mss. saisis : « M. 10 manuscripta [octavi] noni saeculi I vol. in 4° . N° 12». La note de provenance figurant en haut du f. 2r est peut-être aussi de la main de D. Poirier : « scriptura sacra / ex bibliotheca capituli Carnotensis » [voir la notice de Paris, Bnf, lat. 9332, sur la question des datations révisées par D. Poirier]. Enfin notre ms. est le 7e de la liste des saisies datée du 4 nivôse an II [4 décembre 1793], où D. Poirier répertorie son choix de 13 mss. emmenés de la « Bibliotheque du ci-devant chapitre de Chartres… » à Paris : «7. Epistolae et lectiones. n. 12. olim M. 10» [BnF, département des Manuscrits, Archives Modernes 494]. Cette liste est à l’origine de celle produite par Delisle (op. cit. p. 12): « 7. Leçons des épitres, IXe s. ». Après leur arrivée à la Bibliothèque nationale, les mss. chartrains sont oubliés dans un placard pendant près de 2 ans, où ils sont « retrouvés » fortuitement par Gabriel de La Porte du Theil (garde des manuscrits grecs et latins de 1795 à 1815). Il rapporte l’événement dans le titre d’une liste datée du 16 septembre 1796 : « Index de XI [sic] mss provenans de l’église de Chartres que j’ai retrouvés par hazard dans la décharge des frotteurs le 30 fructidor an IV… », dans laquelle il décrit le ms. et cite plusieurs extraits de la préface : « Lectionarium festorum per annum, praemisso indice CCXLII lectionum inibi contentarum. Sujecta lectionario est praefatio in qua liber iste Comes ab ecclesiasticis viris appellari dicitur ; istudque exemplar sumptum esse asseritur ab eo codice quam constat ab Albino eruditissimo viro, Karolo sapientissimo imperatore praecipiente, linea rectitudinis esse politum atque emendatum. In praedicta praefatione auctor dignum et necessarium duxit in calce libri lectiones alias quasdam ab aliis eruditis viris institutas asscribere. Lectiones ergo aliae numero LXV, et ipsae quidem in praefato indice relatae. Extra ordinem, postrema quaedam lectio manu recentiore adjecta est pro die S. Lucae evangelistae (Folio primo recto inscribitur manu recenti : Ex bibliotheca capituli carnotensis. M. 10 Manuscripta octavi vel noni saeculi 1 vol. in 4° n° 12). 1 vol. in fol. sur velin. Relié en parchemin blanc. Quoté au dos 12./M. 10 » [BnF, département des Manuscrits, Archives Modernes 494].La reliure vue par La Porte du Theil ayant été remplacée en 1845, les anciennes cotes subsistent au f. 2 uniquement.
Description : 
Lieu de copie : Saint-Amand-en-Pévèle
Droits : 
domaine public
Identifiant : 
ark:/12148/btv1b8426289x
Source : 
Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. Latin 9452
Notice du catalogue : 
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc572912
Provenance : 
Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 
27/01/2019


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