Titre : La Montagne : revue mensuelle du Club alpin français
Auteur : Club alpin français. Auteur du texte
Éditeur : Club alpin français (Paris)
Date d'édition : 1949-01-01
Contributeur : Paillon, Maurice (1855-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34438669s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 janvier 1949 01 janvier 1949
Description : 1949/01/01 (A75,SER4,N343)-1951/12/31... 1949/01/01 (A75,SER4,N343)-1951/12/31 (A77,SER4,N355).
Description : Collection numérique : Musée national du sport. Collection numérique : Musée national du sport.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k9764719x
Source : Fédération française des clubs alpins et de montagne, 2016-309624
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/02/2017
- Aller à la page de la table des matièresVI
- SOMMAIRE
- 74e année Numéro 343 Janvier-Mars 1949
- Pages
- Couverture: La Meije, versant nord (cliché Jean Feuillie). Prix international.
- .......... Page(s) .......... 1
- .......... Page(s) .......... 2
- .......... Page(s) .......... 5
- .......... Page(s) .......... 9
- .......... Page(s) .......... 16
- .......... Page(s) .......... 19
- .......... Page(s) .......... 23
- .......... Page(s) .......... 24
- 74e année Numéro 344 Avril-Juin 1949
- Numéro 345
- Couverture: Cordées sur le glacier de Trient. (Cliché Jean Feuillie.)
- .......... Page(s) .......... 51
- .......... Page(s) .......... 53
- .......... Page(s) .......... 56
- .......... Page(s) .......... 58
- .......... Page(s) .......... 61
- .......... Page(s) .......... 65
- .......... Page(s) .......... 67
- .......... Page(s) .......... 68
- .......... Page(s) .......... 69
- SOMMAIRE. - Numéro 346
- Couverture: Vers le Col du Tour. (Cliché Maurice Vuilleumier.)
- .......... Page(s) .......... 75
- .......... Page(s) .......... 77
- .......... Page(s) .......... 79
- .......... Page(s) .......... 87
- .......... Page(s) .......... 89
- .......... Page(s) .......... 90-91
- .......... Page(s) .......... 92
- .......... Page(s) .......... 93
- SOMMAIRE. - Numéro 347
- Couverture: Camp devant la Tsanteleina. (Cliché Jean Feuillie).
- .......... Page(s) .......... 3
- .......... Page(s) .......... 4
- .......... Page(s) .......... 7
- .......... Page(s) .......... 10
- .......... Page(s) .......... 19
- .......... Page(s) .......... 20
- .......... Page(s) .......... 21
- .......... Page(s) .......... 22
- .......... Page(s) .......... 23-24
- SOMMAIRE. - Numéro 348
- SOMMAIRE. - Numéro 349
- Année. - N° 350 SOMMAIRE Octobre-Décembre 1950
- verture: Du camp II. après la tempête du 4 juin, les membres de l'expédition cherchent, sur la face nord de l'Annapurna, les traces de leurs camarades des cordées d'assaut.
- mmaire: Traversée du lac de Tilicho. Au fond, la pyramide triangulaire du Gangapurna.
- .......... Page(s) .......... 79
- .......... Page(s) .......... 80
- 75e Année. - N° 351 Janvier-Février 1951
- 75e Année. - N° 352
- 75e Année. Juillet-Octobre 1951
- 75e Année. Novembre - Décembre 1951
53
Mont Blanc, montagne mitoyenne
par Charles VALLOT
Le Mont Blanc s'élève au-dessus de la rivière
d'Arve et de la Doire de Veni, entre le Faucigny
en Savoie et le Val d'Aoste en Piémont.
Il appartient à la France et à l'Italie.
Le voyageur attentif qui, depuis les observa-
toires où la foule se presse, contemple l'un, puis
l'autre des deux versants, ne tarde pas il rejeter
le souvenir scolaire qui le sollicite « Les Alpes
sont une ruine; l'étendue de leurs débris l'em-
porte sur la majesté de leur hauteur. » Alors,
ruine aussi, est la Vénus qui dormait dans le bloc
brut de Carrare. D'un pli massif, la Nature a
fait et retouche sans cesse le monument à deux
façades, qui s'opposent en tout, hormis en gran-
deur : Chamonix, ruissellement de la clarté
solaire; Courmayeur, hardiesse insoutenable de la
pierre.
Regardez, depuis le Brévent, l'aurore dorer ia
coupole, chasser dans la conque de neige l'ombre
bleue et, à travers la ramure des mélèzes, glisser
jusqu'à la pointe du glacier; contemplez, depuis
l'Ouillon, les obélisques effilés aux flancs des pi-
liers noirs, où les avalanches sonores suspendent
des blancheurs fugitives. Mais renoncez à la
vanité des comparaisons et dédaignez la vulga-
rité des classements. Anatole France a voulu
jouer de finesse avec la Nature; il a jugé sans suf-
fisante connaissance et il s'est enfoncé dans
l'erreur : « Comment voulez-vous que la colline
de San Miniato, au relief si net et si pur, soit de
l'auteur du Mont Blanc ? Ce n'est pas possible. »
Quelque nom qu'on lui prête, et c'est là le mer-
veilleux le même architecte a donné la grâce aux
éminences florentines et arcbouté, avec les héris-
sements de Peuterey, le plus majestueux édifice
du continent occidental.
La France et l'Italie se partagent ainsi les ma-
gnificences d'un « ouvrage sublime » suivant le
mot de Stendhal.
Le Mont Blanc est très exactement une mon-
tagne mitoyenne entre les deux Etats; mais la
ligne d'intersection de leurs domaines respectifs
n'est pas encore définie aux abords de la sommité,
et pour deux raisons.
D'abord, après l'annexion de la Savoie, les com-
missaires chargés de l'abornement de la nouvelle
frontière n'étaient pas en mesure de signaler sur
place les points caractéristiques de la délimita-
tion dans le secteur compris entre le Mont Dolent,
— alors « inaccessible », — et le col de la Seigne.
Ensuite les instruments diplomatiques qui définis-
sent la ligne de démarcation ne contiennent pas
une énumération, par leurs noms, de « bornes »
successives, mais une désignation de caractère
général qui, appliquée aux reliefs complexes de
la chaîne Mont Dolent-Mont Blanc, a donné lieu
à des interprétations diverses. Les commissaires
se contentèrent donc de faire planter dans l'en-
sellement du col de la Seigne, un poteau de chêne
qui figure la « première borne » à partir du Mont
Dolent.
Mais, depuis plus de cinquante ans, en-deçà
et au-delà des Alpes, des hommes de bonne foi
et d'expérience ont cherché à déterminer les hauts
lieux, qui, satisfaisant aux conditions énoncées
dans les traités, définiraient valablement la ligne
frontière. Ils ont rendu publiques leurs opinions
dans des articles de presse ou de revues, invaria-
blement intitulés « A qui appartient le Mont
Blanc ? ». Enoncer le problème sous cette forme,
c'est commettre dès l'origine un oubli. Il n'appar-
tient qu'aux autorités qui détiennent la souve-
raineté et. qui disposent des éléments d'informa-
tion dans tous les ordres, de définir les droits
des nations. Une personnalité privée, quelle que
soit sa compétence, ne peut que s'assigner la
lâche modeste de découvrir les documents iné-
dits et d'exposer leurs conséquences.
Pour avoir voulu résoudre le problème malgré
l'insuffisance des données initiales, les commen-
tateurs ont perdu de vue ses limites réelles; ils
l'ont élargi pour accroître le nombre des faits,
ils l'ont compliqué sans convaincre néanmoins
le code Napoléon a été opposé aux Constitutions
de Charles-Emmanuel III; la nationalité de Jac-
ques Balmat a été présentée comme un argument
décisif...
Alors un montagnard de qualité conseilla
d'abandonner « cette discussion qui n'avait au-
cune importance, ni politique, ni militaire ». Il
concluait : « L'Alpe aux Alpinistes ». Le conseil
date de onze ans. Son auteur est mort. Le main-
tiendrait-il aujourd'hui, s'il pouvait voir une
terre rétrécie, sollicitée par l'homme dans ses
régions les plus inhumaines ? Défendrait-il l'in-
division dont le droit civil et le bon sens ont tou-
jours dénoncé les risques ? C'est en tous cas un
parti raisonnable que de réunir et de faire con-
naître les informations sûres relatives à un pro-
blème en suspens.
Il est d'abord nécessaire de mettre en lumière
une vérité qui a été oubliée dans les études anté-
rieures : les lignes de partage des eaux ne cons-
tituent pas, « ipso facto », des lignes obligées de
démarcation, pas plus entre deux Etats qu'entre
deux modestes communes. Une arête faîtière ne
sépare pas deux mondes, grands ou petits, par le
seul fait que, dans l'un et dans l'autre, le ruis-
sellement des eaux' a une orientation différente.
Les preuves abondent. Pendant des siècles, les
royaumes d'Aragon et de Navarre, comme le du-
ché de Savoie, ont chevauché les lignes faîtières;
Mont Blanc, montagne mitoyenne
par Charles VALLOT
Le Mont Blanc s'élève au-dessus de la rivière
d'Arve et de la Doire de Veni, entre le Faucigny
en Savoie et le Val d'Aoste en Piémont.
Il appartient à la France et à l'Italie.
Le voyageur attentif qui, depuis les observa-
toires où la foule se presse, contemple l'un, puis
l'autre des deux versants, ne tarde pas il rejeter
le souvenir scolaire qui le sollicite « Les Alpes
sont une ruine; l'étendue de leurs débris l'em-
porte sur la majesté de leur hauteur. » Alors,
ruine aussi, est la Vénus qui dormait dans le bloc
brut de Carrare. D'un pli massif, la Nature a
fait et retouche sans cesse le monument à deux
façades, qui s'opposent en tout, hormis en gran-
deur : Chamonix, ruissellement de la clarté
solaire; Courmayeur, hardiesse insoutenable de la
pierre.
Regardez, depuis le Brévent, l'aurore dorer ia
coupole, chasser dans la conque de neige l'ombre
bleue et, à travers la ramure des mélèzes, glisser
jusqu'à la pointe du glacier; contemplez, depuis
l'Ouillon, les obélisques effilés aux flancs des pi-
liers noirs, où les avalanches sonores suspendent
des blancheurs fugitives. Mais renoncez à la
vanité des comparaisons et dédaignez la vulga-
rité des classements. Anatole France a voulu
jouer de finesse avec la Nature; il a jugé sans suf-
fisante connaissance et il s'est enfoncé dans
l'erreur : « Comment voulez-vous que la colline
de San Miniato, au relief si net et si pur, soit de
l'auteur du Mont Blanc ? Ce n'est pas possible. »
Quelque nom qu'on lui prête, et c'est là le mer-
veilleux le même architecte a donné la grâce aux
éminences florentines et arcbouté, avec les héris-
sements de Peuterey, le plus majestueux édifice
du continent occidental.
La France et l'Italie se partagent ainsi les ma-
gnificences d'un « ouvrage sublime » suivant le
mot de Stendhal.
Le Mont Blanc est très exactement une mon-
tagne mitoyenne entre les deux Etats; mais la
ligne d'intersection de leurs domaines respectifs
n'est pas encore définie aux abords de la sommité,
et pour deux raisons.
D'abord, après l'annexion de la Savoie, les com-
missaires chargés de l'abornement de la nouvelle
frontière n'étaient pas en mesure de signaler sur
place les points caractéristiques de la délimita-
tion dans le secteur compris entre le Mont Dolent,
— alors « inaccessible », — et le col de la Seigne.
Ensuite les instruments diplomatiques qui définis-
sent la ligne de démarcation ne contiennent pas
une énumération, par leurs noms, de « bornes »
successives, mais une désignation de caractère
général qui, appliquée aux reliefs complexes de
la chaîne Mont Dolent-Mont Blanc, a donné lieu
à des interprétations diverses. Les commissaires
se contentèrent donc de faire planter dans l'en-
sellement du col de la Seigne, un poteau de chêne
qui figure la « première borne » à partir du Mont
Dolent.
Mais, depuis plus de cinquante ans, en-deçà
et au-delà des Alpes, des hommes de bonne foi
et d'expérience ont cherché à déterminer les hauts
lieux, qui, satisfaisant aux conditions énoncées
dans les traités, définiraient valablement la ligne
frontière. Ils ont rendu publiques leurs opinions
dans des articles de presse ou de revues, invaria-
blement intitulés « A qui appartient le Mont
Blanc ? ». Enoncer le problème sous cette forme,
c'est commettre dès l'origine un oubli. Il n'appar-
tient qu'aux autorités qui détiennent la souve-
raineté et. qui disposent des éléments d'informa-
tion dans tous les ordres, de définir les droits
des nations. Une personnalité privée, quelle que
soit sa compétence, ne peut que s'assigner la
lâche modeste de découvrir les documents iné-
dits et d'exposer leurs conséquences.
Pour avoir voulu résoudre le problème malgré
l'insuffisance des données initiales, les commen-
tateurs ont perdu de vue ses limites réelles; ils
l'ont élargi pour accroître le nombre des faits,
ils l'ont compliqué sans convaincre néanmoins
le code Napoléon a été opposé aux Constitutions
de Charles-Emmanuel III; la nationalité de Jac-
ques Balmat a été présentée comme un argument
décisif...
Alors un montagnard de qualité conseilla
d'abandonner « cette discussion qui n'avait au-
cune importance, ni politique, ni militaire ». Il
concluait : « L'Alpe aux Alpinistes ». Le conseil
date de onze ans. Son auteur est mort. Le main-
tiendrait-il aujourd'hui, s'il pouvait voir une
terre rétrécie, sollicitée par l'homme dans ses
régions les plus inhumaines ? Défendrait-il l'in-
division dont le droit civil et le bon sens ont tou-
jours dénoncé les risques ? C'est en tous cas un
parti raisonnable que de réunir et de faire con-
naître les informations sûres relatives à un pro-
blème en suspens.
Il est d'abord nécessaire de mettre en lumière
une vérité qui a été oubliée dans les études anté-
rieures : les lignes de partage des eaux ne cons-
tituent pas, « ipso facto », des lignes obligées de
démarcation, pas plus entre deux Etats qu'entre
deux modestes communes. Une arête faîtière ne
sépare pas deux mondes, grands ou petits, par le
seul fait que, dans l'un et dans l'autre, le ruis-
sellement des eaux' a une orientation différente.
Les preuves abondent. Pendant des siècles, les
royaumes d'Aragon et de Navarre, comme le du-
ché de Savoie, ont chevauché les lignes faîtières;
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