24 LA GUIENNE ANGLAISE
étroite, est à linteau droit sur consoles; elle est suivie immédiatement d'un arc ogival qui précède
un arc en plein-cintre qui forme l'ouverture intérieure de la porte (Planche IX, n° 4). Cette tourelle
est voûtée dôme retombant sur une corniche simplement biseautée. L'ouverture intérieure des
meurtrières est à linteau sur consoles (Planche IX, n° 5) ; deux de ces meurtrières sont disposées de
façon à prendre en flanc les assaillants qui auraient essayé de soulever la herse. Nous avons vu une
disposition semblable à Roquetaillade. On montait au premier étage de la tour par un escalier 1, qui
est actuellement démoli; on voit encore les arrachements des arcs sur lesquels il était établi.
La voûte est en fort mauvais état; de sorte que, sans monter dans la tour, on aperçoit la
disposition des deux étages supérieurs, qui étaient éclairés par des fenêtres carrées et munis de
latrines semblables à celles de la citadelle. Une porte de chaque côté du premier étage permettait
de passer sur les courtines.
Les étages supérieurs de la porte de l'Hian, maintenant découronnée, pouvaient encore résister
longtemps, même après la prise du rez-de-chaussée; c'était une espèce de donjon disposé, d'ailleurs,
comme presque toutes les portes de cette époque. Nous devons sa conservation aux démarches de
la Commission des monuments historiques de la Gironde.
En se dirigeant ensuite vers le nord, on trouve une petite tour, appelée Tour du Guet (Planche X,
donnant la tour du Guet, les courtines qui existaient encore en 1840, et là porte de l'Hian dans le
fond), extrêmement élégante, empâtant un angle du mur de ville, et dans laquelle on ne peut entrer
qu'en passant sur le chemin de ronde, derrière les créneaux des courtines. Sa porte est à linteau
sur console ; la tour est ronde à l'extérieur, et prend à l'intérieur la forme de l'angle obtus qu'elle
protège ; elle est massive au rez-de-chaussée ; c'est une sorte de contrefort surmonté d'une échau-
guette non saillante, percée de meurtrières qui ont été remplacées par des embrasures pour de
petits canons ; elle est couronnée de machicoulis, et conserve encore une partie de ses créneaux.
A partir de cette tour, le mur se dirige, presque en ligne droite, jusqu'à la citadelle. C'est au
milieu de leur parcours que se trouvait la porte du nord, dont il ne reste plus rien (E). La place
qui la précédait s'appelle la place du Poteau. C'était là qu'étaient, dit-on, les fourches patibulaires.
Cette porte, d'après la tradition, était de même forme que les autres.
Au nord de la citadelle, en dehors de 'la ville, mais très-probablement dans l'enceinte des lices,
existait, avant la construction des fortifications de 1330, une source qui jaillissait % fond d'une
grotte (S). Guillaume Seguin fit voûter cette grotte en ogive, et construire en avant une grande
archivolte ogivale retombant, à droite et à gauche, sur un cul-de-lampe (Planche VIII); il transforma
ainsi la grotte en une élégante fontaine dont on a fait depuis un lavoir. Cette fontaine porte le nom
de Grotte de Charles Vif, parce que ce roi s'y est, dit-on, reposé (\Jo Ce n'est pas la seule grotte qui
se rencontre dans les rochers sur lesquels s'élève la ville. Il en existe une seconde, entre la citadelle
et la fausse porte, en 0, dans laquelle jaillit une source abondante. Au milieu de la grotte, on a
établi une table très-massive en pierre. En suivant la même ligne des murs, et près de l'angle sud-
ouest, on en trouve une autre très-vaste (R), dont rentrée est recouverte par une archivolte ogivale.
Toutes ces grottes et ces sources, qui ont leurs légendes, ont peut-être servi d'abord d'habitations,
et plus tard de lieux de refuge aux premiers habitants de la contrée, et ont sans doute puissamment
contribué à faire de cette localité un centre de population dès lçs premiers âges. A quelques mètres
(1) Sur un vieux plan des environs de Rions, et qui se trouve aux archives départementales, cette fontaine porte le nom de
Fontaine des Dames.
étroite, est à linteau droit sur consoles; elle est suivie immédiatement d'un arc ogival qui précède
un arc en plein-cintre qui forme l'ouverture intérieure de la porte (Planche IX, n° 4). Cette tourelle
est voûtée dôme retombant sur une corniche simplement biseautée. L'ouverture intérieure des
meurtrières est à linteau sur consoles (Planche IX, n° 5) ; deux de ces meurtrières sont disposées de
façon à prendre en flanc les assaillants qui auraient essayé de soulever la herse. Nous avons vu une
disposition semblable à Roquetaillade. On montait au premier étage de la tour par un escalier 1, qui
est actuellement démoli; on voit encore les arrachements des arcs sur lesquels il était établi.
La voûte est en fort mauvais état; de sorte que, sans monter dans la tour, on aperçoit la
disposition des deux étages supérieurs, qui étaient éclairés par des fenêtres carrées et munis de
latrines semblables à celles de la citadelle. Une porte de chaque côté du premier étage permettait
de passer sur les courtines.
Les étages supérieurs de la porte de l'Hian, maintenant découronnée, pouvaient encore résister
longtemps, même après la prise du rez-de-chaussée; c'était une espèce de donjon disposé, d'ailleurs,
comme presque toutes les portes de cette époque. Nous devons sa conservation aux démarches de
la Commission des monuments historiques de la Gironde.
En se dirigeant ensuite vers le nord, on trouve une petite tour, appelée Tour du Guet (Planche X,
donnant la tour du Guet, les courtines qui existaient encore en 1840, et là porte de l'Hian dans le
fond), extrêmement élégante, empâtant un angle du mur de ville, et dans laquelle on ne peut entrer
qu'en passant sur le chemin de ronde, derrière les créneaux des courtines. Sa porte est à linteau
sur console ; la tour est ronde à l'extérieur, et prend à l'intérieur la forme de l'angle obtus qu'elle
protège ; elle est massive au rez-de-chaussée ; c'est une sorte de contrefort surmonté d'une échau-
guette non saillante, percée de meurtrières qui ont été remplacées par des embrasures pour de
petits canons ; elle est couronnée de machicoulis, et conserve encore une partie de ses créneaux.
A partir de cette tour, le mur se dirige, presque en ligne droite, jusqu'à la citadelle. C'est au
milieu de leur parcours que se trouvait la porte du nord, dont il ne reste plus rien (E). La place
qui la précédait s'appelle la place du Poteau. C'était là qu'étaient, dit-on, les fourches patibulaires.
Cette porte, d'après la tradition, était de même forme que les autres.
Au nord de la citadelle, en dehors de 'la ville, mais très-probablement dans l'enceinte des lices,
existait, avant la construction des fortifications de 1330, une source qui jaillissait % fond d'une
grotte (S). Guillaume Seguin fit voûter cette grotte en ogive, et construire en avant une grande
archivolte ogivale retombant, à droite et à gauche, sur un cul-de-lampe (Planche VIII); il transforma
ainsi la grotte en une élégante fontaine dont on a fait depuis un lavoir. Cette fontaine porte le nom
de Grotte de Charles Vif, parce que ce roi s'y est, dit-on, reposé (\Jo Ce n'est pas la seule grotte qui
se rencontre dans les rochers sur lesquels s'élève la ville. Il en existe une seconde, entre la citadelle
et la fausse porte, en 0, dans laquelle jaillit une source abondante. Au milieu de la grotte, on a
établi une table très-massive en pierre. En suivant la même ligne des murs, et près de l'angle sud-
ouest, on en trouve une autre très-vaste (R), dont rentrée est recouverte par une archivolte ogivale.
Toutes ces grottes et ces sources, qui ont leurs légendes, ont peut-être servi d'abord d'habitations,
et plus tard de lieux de refuge aux premiers habitants de la contrée, et ont sans doute puissamment
contribué à faire de cette localité un centre de population dès lçs premiers âges. A quelques mètres
(1) Sur un vieux plan des environs de Rions, et qui se trouve aux archives départementales, cette fontaine porte le nom de
Fontaine des Dames.
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