Titre : La Justice / dir. G. Clemenceau ; réd. Camille Pelletan
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1883-06-19
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 19 juin 1883 19 juin 1883
Description : 1883/06/19 (Numéro 1251). 1883/06/19 (Numéro 1251).
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/02/2011
LA JUSTICE DU 19 JUIN 1883
3
chette peinturlurée en jaune, un secrétaire
un baromètre.
J'ai pu parcourir ddont beaucoup d'inédites, adressées par
Jean-Jacques à Mme d'Epinay, au maré-
chal de Luxembourg, à Mme d'Houdetot
qu'il aima à en devenir fou, à la maréchale
de Créqui et à d'autres illustres person-
nages. 11 y a là la fameuse lettre au conseil
de Genève, par laquelle Rousseau aban-
donne son titre de citoyen de cette ville, à
la suite des pérsécutions qu'il y eut à endu-
rer ; enfin une lettre de Mme dé Warens
adressée 8 u roi. Cette dame avait l'esprit
distingué, dit Rousseau quelque part dans
ses Confessions. Etait-ce vrai? Cette lettre,
d'une orthographe singulière, ne prouve ni
n'infirme ce dire, et les autographes de
Mme Dewarens,âla lettre au roi est signée
ainsi sans la particule,âsont excessivement
rares.
Voici, soigneusement préservés des doigts
des visiteurs par la glace épaisse dea vitri-
nes, les manuscrita de Rousseau : La pre-
mière partie des Confessions, reliée en in-
douze ; celui de la deuxième partie relié en
in-quarto. Ouelques pages de la Nouvelle
Héloïse, notamment les lettres de Julie
sur le suicide, adressée à milord Edouard ;
ce sont de grandes feuilles pliées dans la
longueur du papier et formant deux co-
lonnes, l'une pour le récit, l'autre pour les
notes et les corrections. La copie de Y Emile
qui servit pour l'impression de la premiere
éditino. Le manuscrit du Vicaire Sa-
voya rd. , â
TJn de ces manuscrits est 1 oraison fu-
nèbre du duc d'Orléans. Eu marge est
écrit ;
« Ce manuscrit ne doit point être imprimé,
attendu qu'il a été fait de commande et m'a
été payé. Mais il est destiné à M. Moulton,
ministre de Genève, èt Je prie qu'il lut soit
envoyé après ma mort. *
On voit aussi sous ces vitrines les cahiers
de musique de Jean-Jacques, fit des copies
de partitions faites par lui quand il était
contraint de travailler pour vivre, dans
les mauvais Jours. Ce caractère indépen-
dant jusqu'à la sauvagerie voulut long-
temps ne rien devoir à quiconque.
Enfin, je citerai encore, comme choses
curieuses A voir, ses trois cachets, â la
lyre, le vaisseau, et celui qui porte sa de-
vise : Vitam impenderé vero. Puis des
éditions de ses oeuvres : éditions princeps,
rarissimes, introuvables; humbles petits
bouquins jaunis par le temps, fatigués,
fanés pour avoir passé par bien des mains,
ou livres splendides, merveilleusement
Illustrés par de grands artistes,
Le long des murs, sans cadres, sont es-
posées de belles collections de gravures,d'a-
quarelles, de lithographies ayant pour su-
jet des scènes tirées de toutes les oeuvres de
Jean-Jacques, en représentant celui-ci dans
toutes les phases de son existence : tout en-
fant : domestique chez le comte de Gouray;
aux Charmettes, à Genève, à Londres, à
Paris. Un tableau peint en 1794 par Robert
Hubert, rappelle l'apothéose de Rousseau
ordonnée par l'Assemblée nationale. Un
cénotaphe est dressé sor un petit terre-plein
entouré de saules et de peupliers, au milieu
du grand bassin des Tuileries. Des hommes
et des femmes du peuple se promènent et
admirent le monument auprès duquel est
placé en faction un soldat en uniforme de
garde-française; sur le cénotaphe est gra-
vée cette Inscription où l'époque tout entière
est contenue : « Ici repose l'honneur de la
nature et de la vertu. »
Effet singulier, ces estampes, ces ta-
bleaux, ces gravures, ces bustes n'évoquent
pas seulement l'Image de l'auteur de tant
d'oeuvres, très discutables sans doute au
point de vue philosophique, mais aux-
quelles on ne peut nier une éloquence
entraînante. On a la vision rapide de toute
la Un du dix-huitième siècle, on comprend
son art, sa littérature, sa philosophie, ses
vertus et ses vices. On voit se dresser près
de Rousseau ces vaillants qu'on appelle les
encyclopédistes, et parmi ces visages
connus, se détache, avec une vigueur
extrême, celui du plus grand de ces génies,
plus grand que Rousseau lui-même, celui
de Voltaire illuminant tout de son ironique
et terrible sourire.
Sutter Laumann.
Cette exposition faite au profit de la
statue de Jean-Jacques Rousseáu, durera
un mole.
Les prix d'entrée sont : jeudi et dimanche
50 centimes; vendredi, 3 francs, les autres
jours ι franc.
GAZETTE DU JOUR
Nous recevons la dépêche suivante :
Càen, 17 j uin.
A quatre heures, a eu lieu la distribution des
récompenses.
â M; Meline a prononcé, à cette occasion, un
discours, dans lequel ü a félicité la Norman-
die des progrès agricoles qu'elle a su réa-
liser-
La fête est favorisée par un temps générale-
ment beau.
La foule est de plus en plus considérable.
Voici de nouveaux détails sur la catas-
trophe arrivée à Sunderland :
Sunderland, 17 juin.
La catastrophe arrivée hier soir au Victo-
ria Hall s'est produite dans les circonstances
suivantes t
Une fêle avait été offerte dans cette salle à
quelques milliers d'enfants des écoles. A la sor-
tie, une nuée d'enfants, descendant des galeries
supérieures s'est rencontrée prés de la porte
avec la fouie des jeunes spectateurs qui dé-
bouchaient du parterre.
L'exiguïté de la porte de sortie, ne permet-
tant le passage que un à un, une bousculade
en est résultée et un grand nombre d'enfants
ont été renversés et foulés aux pieds.
Avant qu'il ait été possible de leur prêter
secours, plusieurs centaines d'enfants gisaient
écrasés par leurs camarades qui ne pouvaient
résister à la poussée venant du fond de la
salle.
Des témoins oculaires rapportent qu'à ce
moment l'entrée de la salie présentait un spec-
tacle horrible à voir. Les corps des malheureu-
ses petites victimes empilés les uns sur les au-
tres, formaient un amas indescriptible.
Lorsque l'on a pu enfin organiser des secours
1130 à ISO des pauvres petits avaient déjà péri
asphyxiés pour la plupart. Un grand nombre
d'autres avaient reçu de graves contusions.
Une foule évaluée à plus de 10,000 personnes,
n'a cessé pendant toute la soirée de stationner
dans le voisinage du lieu du sinistre. Des trou-
pes ont été appelées pour maintenir l'ordre.
Toute la ville est dans la consternation.
Les bataillons scolaires des arrondisse-
ments de Paris doivent être passés en revue
dans le Jardin' du Luxembourg·, le 13juillet,
Sar le ministre de la guerre ou un de ses
élégués.
Hier a eu lieu, au quartier Latin, le mo-
nôme traditionnel des nouveaux Saint-
Cyriens. Quatre-vingts élèves environ le
composaient. Ils ont pris place dans seize
voitures qui les ont amenés d'abord à la
place de ia Concorde. Là« les jeunes gens
ont déposé un drapeau devant la statue de
Strasbourg et ont chanté deux couplets pa-
triotiques. Puis ils se sont portés place de
l'Observatoire, devant la statue du maré-
chal Ney, qu'ils ont saluée des cris de :
* Vive l'infanterie ! * Aucun Incident ne
s'est produit.
M. le président du conseil, ministre de
l'instruction publique et des beaux-arts, a
adressé à M. le vice-recteur de l'académie
4e Paris la lettre suivante :
11 résulte de votre rapport du 2 juin que le
jeune Lecomte, élève externe au lycée Henri IV,
a, le 10 mai dernier, abattu un chien de forte
taille, paraissant atteint d'hydrophobie, dans
des circonstances particulièrement périlleuses.
Le courage et le dévouement du jeune Le-
comte méritent tous les éloges ; vous voudrez
bien le féliciter en mon nom de sa belle con-
duite, et lui annoncer qu'il recevra très prochai-
nement un témoignage officiel tic ma satisfac-
tion.
Un de nos confrères relève l'abus sui-
vant :
Lorsque les jeunes gens ont à subir un
examen, soit ά la Sorbonne, soit aux écoles
de Droit, de Médecine ou de Pharmacie,
ils doivent consigner à l'avance dans une
des caisses de l'Etat le montant intégral
dès droits fixés pour leur examen. On leur
fait alors payer le timbre-quittance 0 85,
conformément aux termes de la loi.
Lorsqu'ils ont échoué dans l'épreuve su-
bie, il leur est remboursé une partie de la
somme consignée, celle afférente au grade
qu'ils n'ont pas obtenu, et, comme la pre-
mière fois, on leur fait payer 0 25 le ti more-
quittance du reçu qu'ils donnent à l'admi-
nistration.
11 y a là un abus qui est d'autant plus
grave que c'est l'Etat qui commet cette In-
fraction à la loi qui met cet impôt à la
charge de celui qui a intérêt à l'existence
du reçu, c'est-à-dire de ceiui qui paie.
Voici une mystification bien amusante
dont a été victime tonte la presse fran-
çaise et ses lecteurs par conséquent.
Tous les journaux et nous-mêmes avons
annoncé qu'un M. Jean, possesseur d'une
fortune de six millions, avait légué cette
somme considérable à l'administration de
l'Assistance publique pour la construction
d'un hôpital à Vaugirard.
Or ce M. Jean, à qui certains journaux
ont consacré des articles dithyrambiques
dont on s'est occupé pendant huit jours,
dont on citait des lettres, n'a jamais existé
que dans l'imagination de M. Emile Tré-
lat, directeur ae l'Ecole spéciale d'archi-
tecture.
M. Trélat, en donnant le programme du
concours de sortie pour 1883, avait inventé
M. Jean, comme il aurait inventé M. Pier-
re ; de là l'amusante erreur commise par
toute la presse parisienne, et qui provient
sans doute de la communication du pro-
gramme. par un élève de l'Ecole d'archi-
tecture, a un Journaliste distrait.
Les propriétaires de bateaux et d'embar-
cations qui désireront prendre part à la
fête vénitienne qui sera donnée à Paris sur
la Seine, entre le pont des Saint-Pères et
la passerelle de Passy, le 14 Juillet, à l'oc-
casion de la Fête Nationale, sont priés de
vouloir bien s© taire inscrire à la préfec-
ture de la Seine (bureau des Beaux-Arts,
pavillon de Flore, Tuileries).
Il leur sera délivré des permis de circu-
lation sur le vu desquels ils pourront à
l'exclusion de toute personne non autorisée,
circuler sur la partie du fleuve réservée à
la fête, et obtenir que des ballons lumi-
neux soient mis à leur disposition pour la
soirée du 14.
Des médailles et des primes seront accor-
dées pour les bateaux les mieux décorés et
illuminés.
On recommence à s'occuper de la sépul-
ture définitive du corps de la duchesse de
Ghaulnes. Le prince de Galitzin, frère delà
défunte, s'est présenté avant-hier à. la pré-
fecture de police. Il a eu un entretien avec
le chef du 4,: bureau de ia 2e division, dont
les attributions comportent le service des
inhumations et exhumations. Le prince
avait exprimé le désir que le cercueil fût
exhumé de la crypte de Saint-Thomas d'A-
quin pour être transporté à Sablé où il a
fait l'acquisition d'une concession perpé-
tuelle.
Il avait préalablement tenté en vain de
fléchir la vieille duchesse de Chevreuse,
que ses deux conseillers intimes, dorn Pio-
lín et dorn Couturier, ont, parait-il. plus
que jamais déterminée à persister dans sa
première résolution. Le prince n'a même
pu avoir d'entrevue avec Mme de Che-
vreuse.
A la préfecture de police, il a été exposé
au frère de la duchesse de Ghaulnes que
Mme Galitzin, sa mère, avait formé préci-
sément opposition à l'exhumation du corps
dans le but d'empêcher la duchesse de Che-
vreuse de le faire inhumer ensuite au Pò-
re-Lachaise, ainsi qu'elle en avait l'inten-
tion.
A l'expiration du délai normal de trois
mois de dépôt, M. Gamescasse a accordé
une nouvelle prorogation, añn de permet-
aux deux parties de conclure un arrange-
ment à l'amiable ou de demander une solu-
tion à la justice. Cette dernière hypothèse
parait actuellement la seule probable. Mais
en attendant l'administration, par mesure
d'ordre, aurait parfaitement le droit de faire
déposer, à titre provisoire, Je corps dans le
caveau de dépôt d'un cimetière de Paris.
La vérité est que le cercueil n'appartient,
pour l'instant, à aucune des parties et nulle
d'entre elles n'a le droit d'en disposer sans
le consentement préalable de l'autre. 11 est
permis d'admettre, toutefois, que ces faits
très regrettables ne se seraient pas produits
si la famille Galitzin, au moment du décès,
avait pris la sage précaution de faire valoir
ses droits.
Dans le Monde illustré, une série de
mots d'Auber :
Un jour, comme on s'étonnait de l'état de
conservation remarquable dans lequel il avait
réussi à se maintenir, il fit cette réponse pit-
toresque :
â J'avais un procédé : * J'ai sommeillé la
vie.»',
Cela signifiait qu'il avait vécu avec prémé-
ditation dans un état de vague indiffère a je
pour tout ee qui n'engageait pas ses inté-
rêts.
Cela signifiait qu'il s'était garé, comme de la
peste, des émotions trop vives, des dévoue-
ments trop ardents, des sensibilités trop éner-
vantes.
Il se laissait bercer par l'insouciance. Le
moyen lui réussissait. Mais c'était peut-être
ee qui donnait à sa physionomie cette expres-
sion indéfinie et comme crépusculaire qui me
frappait tant, chaque fois que Je le voyais.
Vous vous rappelez l'histoire désopilante â
entre tant d'antres â que racontait Henri Mon-
nier sur une princesse qui, pour riposter aux
vivats de la foule sans trop de fatigue, avait
fait faire un coussin à ressort qui, placé dans
sa voiture, la soulevait légèrement pour là
laisser retomber ensuite.
â Et le peuplé était salué ! ajoutait le gogue-
nard nasillement de Monnier.
La poignée de main d'Aubert me rappelait
l'anecdote.
Il avait l'air, lui aussi, d'agir sous l'impul-
sion d'un ressort caché. Du même ressort qui
le faisait marcher d'un pas régulier et comme
automatique, par ^ lequel sa tète était secouée
sur son dos en voûte-
la campagne l'horripilait.
C'est lui qui a trouvé la définition à d'autres
attribuée:
â La campagne ï Un endroit où il n'y a que
des oiseaux crus,
On a prétendu que, dans ie cours de sa lon-
gue existence, Aubert n'avait pas couché une
seule fois hors de Paris, C'est une exagération.
Mais peu s'en est falla-
li disait lui-même :
â Le Bois, c'est mon maximun de paysage.
Dans l'Univers illustré, mot féroce d'ami
des auteurs :
Labiche, le soir de la première de Deux Papas
très bien, un de ses vaudevilles les plus gais,
emmène avec lui dans sa loge un provincial de
ses amis... La pièce, plus tard fort applaudie,
fut un peu bailotee le premier soir.
â Je vous demande pardon, dit Labiche à son
ami, je vous fais passer là une bien mauvaise
soirée.
â Au contraire, répond l'ami, je suis en-
chanté... Je n'avais jamais vu tomber une pièce.
Pour faire suite, une bien jolie naïveté
citée par MM. Perey et Maugras, dans les
Dernières Années de Mme d'Epinay
Mme Denis, la nièce de Voltaire, venait de
jouer Zaïre sur le petit théâtre des Délices,
Un complimenteur, après la représentation, lui
disait les choses les plus aimables.
â Ah! répond-elle, pour bien jouer le rôle, il
faudrait être jeune et belle.
â Vous êtes la preuve du contraire, répliqua
en souriant !e complimenteur.
NOUVELLES POLITIQUES
L'ordre du jour suivant a été voté dans
une réunion des comités radicaux des cinq
arrondissements appelés à former, d'après
le nouveau projet de loi municipale, la pre-
mière circonscription électorale :
Les citoyens des comités radicaux du Ier, 2e,
3% 4e et 10® arrondissements, assemblés en
réunion plénièrè le 15 juin 1883, protestent
énergiquement contre l'organisation arbitraire
du sectionnement électoral, et déclarent reven-
diquer le scrutin de liste par arrondissement
avec une représentation proportionnelle au
chiffre de la population. D'autre part, l'assem-
blée décide et arrête les mesures nécessaires
pour le triomphe de la liste radicale dans ia
circonscription électorale que doivent former
ces cinq arrondissements.
A l'occasion de l'anniversaire de l'affaire
de la Ricamarie, le journal anarchiste de
Lyon, la Lutte, avait pris l'initiative d'une
manifestation au cimetière de la Rica-
marie.
Le journal le Citoyen et la Bataille pu-
blie une dépêche de Lyon dans laquelle on
lui annonce que « le citoyen Tricot a été
arrêté hier sur la place Bellecour, à pro-
pos de la manifestation de la Ricamarie. »
LA FETE NATIONALE Dû 14 JUILLET
Voici les points principaux, choisis par la
municipalité pour ia fête nationale :
lia Sein«
La fête sur la Seine s'étendra du Pont-
Neuf à la passerelle de Passy. Les ponts se-
ront décores de motifs lumineux et de mâts
se reliant par des guirlandes en verres de
couleur.
Deux gigantesques soleils rayonneront à
la pointe ae l'ilè des Cygnes et du Vert-
Galant.
Les pontons des bateaux-omnibus seront
pavoisés et illuminés.
Des bateaux-orchestres effectueront lé
trajet du Pont-Neuf au pont de Passy, et
vice-versâ.
La place de la Concorde et les Champs-
Elysées, jusqu'au rond-point, recevront un
éclairage à giorno.
Devant la façade de l'Institut, un immense
portique de verres multicolores.
Le Troradéro
Le palais du Trocadéro recevra un sys-
tème d'illuminations qui le feront paraître
en feu.
Un puissant foyer électrique, partant de
la grotte de la cascade, projettera sa lu-
mière à travers la nappe d'eau. Dans le
parc, illuminations*, mats avec oriflammes
et trophées; bouquets de globes sur les
candélabres; motifs lumineux sur les pe-
louses; ballons-oranges dans les arbres.
Le square du Champ-de-Mars recevra
une décoration semblable.
Place de la République
L'inauguration de la statue de la Répu-
blique sera l'occasion d'un grand déploie-
ment de décorations, Cinquante-trois mâts
vénitiens, de 16 mètres de hauteur, seront
reliés entre eux par des guirlandes de bal-
lons lumineux. Vingt autres mâts seront
plantés sur les plateaux, et quatre mâts
gigantesques aux quatre angles de la sta-
tue.
lia statue de la République, au pied de
laquelle on dressera une vaste estrade pour
les autorités, sera entourée de mâts de
4 mètres de hauteur seulement, reliés par
des cordons à glands d'or, lesquels servi-
ront de barrière. L'espace réservé est d'une
superficie de 2,000 mètres environ.
Dans cette enceinte, des bouquets de
douze globes seront établis sur les candé-
labres. Des verres blancs dessineront la li-
gne des bassins.
A partir de neuf heures jusqu'à minuit,
un foyer de lumière électrique sera dirigé
sur la statue.
L'approche du 14 Juillet se fait déjà sen-
tir dans les quartiers où se tiendra la fête.
Ordre a été donné d'enlever le marché aux
fleurs de ia place de la République. Ce
marché se compose de 13 travées et de 128
abris.
Un emplacement sera ultérieurement dé-
signé pour l'établissement d'un marché
provisoire.
Feux d'artifice
Terrasse du square du Champs-de-Mars ;
Place de la Nation ;
Montmartre ;
Buttes-Chaumont;
Parc de Montsouris.
LES NOUVELLES LIGNES
DE CHEMINS DE FEU
t Voici la nomenclature des lignes de che-
j mins dê fer qui, en vertu de conventions ·
Ì nouvelles, sont concédées par l'Etat ;
Paris-Lyon E édl terre née
Sont Concédées, à titre définitif, les lignes
suivantes :
Auxerre à Gien, Auxonne â Chagny, Avallon
à Îuits-sous-Râvières, Besançon à la frontière
suisse avec embranchement sur Lods, Cham-
pagnole à Morét, Champagnole à Lons-le-Sau-
nier, La Cluse à Saint-Claude, Clameey à Tri-
guere, Dôle à Poligny, Epinac aux Laumes,
Firminy à Annonay, Le Pertuiset à Saint-:
Just, Focailquier à Voix, Apt à la ligne précé- }
dente, Gilley à Pontarlier, Largentière à Saint- j
Sern in, Lisle-sur-Sorgue à Orange, Lozanne à :
Paray-Ie-Monial, Roanne á Chalón et û, Mont-
chanin, Saint-André à Digue* Tamnay à Châ-
teau-Chinon, Voujaucourt à Saint-Hippolyte.
A titre éventuel et sous réserve de la dècla- ¡
ration d'utilité publique à intervenir ; Corbeil- !
Melun-Montereau, Givors a Lozanne, Laroche :
i Cimes, l'Es taque à Miramas, Lure à Loulans-
les-Forges, Lyon-Saint-Clair à Collonges, rac-
cordement de Chasse et Vénissieux, Saint-Jean-
du-Gard à Anduze, traversée du Rhône à Avi-
gnon, Valdonne à Aix.
Abandon est fait des limites de Montargis à
Sens, et Bonson à Saint-Bonnet.
Sont incorporées a l'ancien réseau Paris-Lyon-
Méditerranée les lignes de : Bourg à. Sathonay,
Bourg à. La Cluse, La Cluse à Bellegarde, Lyon
à. Montbrison, Sathonay à Lyon-Saint-Clair,
Mâcon à Paray-le-Monial, Chalon-sur-Saône à
Lons-le-Saulnier, Bourg à Saint-Germain-du-
Plaîn, Ambérieu a Montalieu.
La superstructure des lignes de Triguère à
Clameey, Gien à Toucy-Moulin, Besancon à la
frontière suisse sera terminée par l'Etat.
Nwd
Sont concédés à titre définitif ; Le Gâteau à
Laves, Thiant à Lourches, Ormoy à Mareuil-
sur-Ourcq, Laon à Liart, vers Mèzières.
A titre éventuel : Armentières à Tourcoing
et à Roubaix, Roubaix (Wattrelos) à la fron-
tière beige, Denain à Saint-Amand, Don à
Templen ve, Haubonrdin à Saint-André, Aves-
I nés a Sars-Pateriè, Vimy à Guise.
Abaudon est fait par l'Etat à la Compagnie
j du Nord des lignes de Compiègne à Soissons,
; Dens à Armentières, Valenciennes au Gâteau,
Busigny à Hirson, Dunkerque a la frontière
belge, vers Furnes, Armentières à la frontière
belge.
La Compagnie du Nord est substituée aux
Compagnies précédemment concessionnaires en
ce qui concerne les lignes de-Lille-Valencien-
nes et extensions, Lille-Bèthune, Picardie et
Flandres, Abancourt au Trèport, Frévent-Ga-
maches, conformément aux conventions con-
clues entre la Compagnie du Nord et les Com-
pagnies de Lille-Bèthune (6 fmai 1876). Picardie
et Flandres £20 novembre 1879), Abancourt au
Trèport (12 juillet 1881), Frévent-Gamaches (15
juillet 1881}, et à l'acte d'abandon consenti en-
vers l'Etat par la Compagnie de Lille-Valen-
ciennes, en date du 1er octobre 1878.
En conséquence, sont incorporées à l'ancien
réseau du Nord les lignes comprises dans ces
diverses concessions.
Est
Sont concédés à titre définitif : Armentières
(Seine-et-Marne) à Bazoches, Bas-Evette â
Giromagny, Bètheniville à Challerange, Fa-
vière à Frenelle, Fère-Champenoise à Vitry,
Gerbéviller à Bruyères, Hirson à Amagne,
Jussey à Darnieulles, Merrey à Neufchàteau,
Neufchâteau â Barisey-la-Côte, Provins à
Esternay, Saint-Dizier â Revigny, Saint-Flo-
rentin à Troyes (Saint-Julien) el Troyes |ii
Vitry-le-François, Saint-Maurice à Bussang,
Trilport à la Fertè-Milon.
A titre éventuel : Brie-Comte-Robert à un
point à. déterminer sur la ligne de Paris â Bel-
fort, Brienne â Sorcy, par ou près Joinville et
Gondrecourt, Flamboin à Mouy-sur-Seine,
Jussey, à Gray, Liart a Mèzières.
j L'Etat fait cession à la Compagnie des che-
mins de fer de : Amague à Vouziers et à Apre-
mont, Arches â Saint-Diè avec embranche-
ments sur Fraise et sur Géradmer, Baccarat à.
Badonviller, Bondy, Aulnay-les-Bondy, Cha-
lindrey à Mirecourt, Langres à Andilly;
Lérouville â Sedan, Luné ville à Gerbeviller,
Nançois-le-Petit à Gondrecourt et à Neufchà-
teau, Pompey, â Nomeny, Sens à Troyes et à
Châlons, Toul à Coulombey et h Favières.
Hidi
Sont concédés à titre définitif : Mende à la
ligne d'Al ais à Brioude, Tournemire au Vigan,
Carmaux à Rodez, Eine à Arles- sur-Tech, Pra-
des à Olette, Mont-de-Marsan à Saint-Sever,
Bay on ne a Saint-Jean-Pied-de-Port, avec em-
branchement sur Saint- Etîenne-de-Baïgorry,
Saint-Martin-Au te vielle à Mauléon, Câstelsar-
razin à Beaumont-de-Lomagne, Nèrac à Mont-
de-Marsan, Pamiers à Limoux, Quillan à Ri ve-
saltea, Bazas à Eauze, Lannemezan à Ar-.
reau.
A titre éventuel : Saint-Girons à Foix,
Kauze à Auch, ligne de ceinture de Toulouse,
Beaumont-de-Lomagné à Gimont, Carmeaux à
Vindrac.
Ligne de jonction, à Bordeaux, des chemins
de fer du Midi et du Médoc.
LE CONGRÈS DES ARCHITECTES
ia distribution des récompenses décer-
nées par les architectes, a eu lieu à l'Ecole
des Beaux-Arts. Voici les noms des lauréats
qui ont été proclamés dans cette séance ;
i° Architecture privée
Médaille d'argent ·. M. L. F. Dainville, de Pa-
ris ; M, Lenoir, de Nantes.
Mention de jurisprudence : M. Edmond Joly,
Paris.
Mention d'archéologie : M. Georges Rohaut de
Fleury, Paris.
2° Ecole de France à Athènes
Medaille de bronze offerte ex-aequo â MM.
Potlier et Reinach, élèves de l'école de France
à Athènes (fouilles archéologiques de Myr-
rherra.)
3° Ecole nationale des Beaux-Arts
Médaille d'argent: M. Jean Mincou, élève de
M. Guadet.
4° Ecole des Arts décoratifs
Médaille d'argent ; M, Marcel Brouillard,élève
de M. Ruprich-Robert.
5° Ecoles privées d'architecture
Médaille d'argent ; M. Louis Poncet, élève de
MM. Vaudremer et Ranlin.
6° Ecoles municipales d'apprentis
Medaille d'argent : M. Charles Leroux, ap-
prenti serrurier- â Médaille de bronze : M. Fré-
déric Descroix, apprenti menuisier.
Concours d'architecture de la Société libre
des beaux-arts
Médaille de bronze. â M. Charles Normand,
élève de MM. Normand et André.
Cercle des ouvriers maçons et tailleurs de
pierre
Médaille d'argent. â M· J . Laporte, ouvrier
maçon.
Médaille de bronze. â M. Tanquerelle,
Personnel du bâtiment
Médailles d'argent. â MM. Théodore Fouché,
Riffaud, entrepreneurs.
Médaillés de bronze. â MM. Louis Buron,
Victor Coutreau, Albert Dubois, Antoine Du-
bois, Albert Javelon, Edouard Petitjeau.
Industries d'art
Médaille d'argent. â M. Villemot, sculpteur.
Médaille de bronze. â M. Rousseau.
FAITS DIVERS
Vol chez un orfèvre. â Samedi Sôir, à cinq
heures, M. Vanain, bijoutier, 10, roe de Bezons,
à Courbevoie, recevait la visite d'un ex-client,
nommé Hayrant, lequel lui donna à examiner
une quantité de montres, pesant 13 kilogram-
mes, qu'il disait avoir trouvées le mai der-
nier, dans un compartiment du chemin de fer
de Lyon.
Mais c'est de l'argent, lui dit ÎÎ. Da vain, après '
avoir touché le métal, il faut aller porter cela
chez le commissaire de police. Tous les deux
s'y rendirent ; M. Depaix remarqua l'air em-
barrassé de Hayrant qui déclara e Ire chauffeur,
être âgé de quarante-quatre ans et demeurer
rue de Chäronne, 116, a Paris.
M. Depaix lit immédiatement prendre des
renseignements et apprit que Hayrant n'était
nullement chauffeur et travaillait comme bar-
rie r-o riè ν re chez M. Demourquet, rue du Tem-
ple, 7'J. L'agent s'y rendit et apprit que M. De-
mourquet constatait tous les mois une dispa-
rition d'argent, sans pourtant savoir qui le lui
emportait.
Mis en présence de son patron, l'ouvrier infi-
dèle déclara qu'il s'emparait par petites por-
tions des déchets et quii espérait ainsi écono-
miser une petite rente pour ses vieux jours.
Ce malfaiteur a été envoyé au Dépôt.
Le mystère d'Asnières. â Un aiguilleur
nommé Boisrenard, de service sur la ligne ;
d'Asnières, a déclaré au commissaire de police ;
de la localité que hier, vers quatre heures, au
moment du train du Havre, il avait aperçu un
voyageur se pencher par la portière d'un wa- ¡
gon de troisième classe, et lancer dans la Seine
un enfant de quatre á six mois, tout emmail- j
lotté de blanc.
Ne pouvant quitter son poste, car un train de ι
marchandises arrivait, l'aiguilleur appela deux
hommes d'équipe et, les mettant rapidement au
courant de ce qui venait de se passer, leur dit
d'aller voir à la Seine. Ils y coururent, mais
n'aperçurent rien. L'enfant avait déjà vraisem-
blablement été entraîné par le courant, très
fort en cet endroit.
On pourra, dans tous les cas, être exactement
fixé sur cet événement dans un jour ou deux.
Eu admettant, comme l'affirme l'aiguilleur,
qu'un enfant ait été réellement jeté à i'eau, le
petit cadavre remontera évidemment à la sur-
face et ne pourra être entraîné bien loin, en
raison des courbes fréquentes que décrit la
Seine à sa sortie de Paris.
L'assassin serait âgé d'une trentaine d'années
et vêtu en ouvrier aisé.
Vers l'heure à laquelle l'événement s'est pro-
duit, on n'a pu envoyer à la gare de Paris de
dépêche en temps utile.
Inspection de la boucherie, â Saisies
opérées en mai 1883 à Paris. â Volailles et
poissons, 1*23 kiL: chevreaux, 1,251 ; criée (pa-
villon 3), 11,502; amiable (pavillon 5), 3»25fii;
abattoirs, 11,053; marché aux bestiaux, 11,740;
marchés de détail, 242; boucheries et charcu-
teries, 249, portes et gares, 234; viande de che-
val, 0,080 ; triperies, 2,574. â Total : 51,900 Ml.
I^es motifs des saisies sont :
Pour les bovidés : Les accidents de parturi-
tion, l'indigestion avec météorisation, le char-
bon, la septicémie, l'étisie, l'hydroêmie, l'enté-
rite, la tuberculose.
Poua les o vidés : La cachexie aqueuse et l'as-
phyxie.
Pour le pore : La ladrerie, l'asphyxie, la pé-
ritonite. ,
Pour le cheval : L'anasarque, la morve, la
fièvre, l'ètisie extrême, la mélanose généralisée,
la pneumonie gangreneuse et l'infection puru-
lente.
En outre, l'avarie par les influences atmos-
phériques a motivé des saisies dans toutes les
espèces.
Saisies opérées en mai 1883, dans le dépar-
tement de la Seine. â â Service de la banlieue*
â Abattoirs, 9à5 lril.; marchés, 514; boucheries,
charcuteries, 97; volailles, poissons, 52; tripe-
ries, abats, 70. â Total : L658 ML
Un ennemi des pélican». â Hier, des
agents de la sûreté en surveillance au Jardin
des Plantes, ont mis en état d'arrestation un
mauvais garnement qui, à l'aide d'une fronde,
faisait une chasse acharnée aux pélicans. Il en
avait déjà blessé quelques-uns.
11 avait toutes ses poches pleines de cailloux,
qu'il comptait lancer aux infortunés palmi-
pèdes.
Conduit devant M. Oyou, commissaire de po-
lice, il a déclaré se nommer Eugène V..., être
âgé de douze ans, et demeurer ches ses pa-
rents, rue Saint-Paul. M. Oyon l'a consigné au
posté à sa disposition.
T.a joie fait peur, â On écrit de Calais, 15
juin :
La distribution des médailles accordées par
M. le ministre de la marine et par la société
centrale des naufragés a eu lieu aujourd'hui au
grand salon de l'Hotel-de-Ville, sous la prési-
ence de M- Mancel, chef de service, à Dunker-
que, ^mais la cérémonie s'est terminée trlste-
M. Charles Demotier, secrétaire de là Société
humaine de Calais depuis près de trente années,
était parmi les récompenses. M. le ministre lui
avait accordé une médaille d'or de première
classe, pour avoir rempli pendant ce laps de
temps, ces fonctions avec dévouement.
M7 Charles Demotier, en recevant cette récom-
pense des mains de M. Mancel qui Payait ac-
compagnée d'éloges mérités, ne put répondre
qu'en pleurant, tant l'èmotlon était grande chez
lui.
Quelques instants après la cérémonie, M. le
commissaire de marine réunissait dans un dé-
jeuner les autorités ainsi que M- Demotier, qui
fut pris à .table d'une attaque d'apoplexie fou-
droyante, une saignée pratiquée ne donna aucun
résultat, il expira a sept heures du soir, la joie
l'avait tué.
M. Demotier n'était âgé que de cinquante-
huit ans.
Coup de couteau. â Italiennes comme Ita-
liens s'entendent parfaitement à jouer du cou-
teau. C'est ainsi qu'hier soir la propriétaire
d'uN petit restaurant, situé, rue du Petit-Ber-
tin, Mme Massart. ayant vainement réclamé a
un consommateur, nommé Carlo t ti, une som-
me d'argent qu'il lui devait, s'est emportée,
puis tout â coup, cédant a un mouvement de
fureur, l'a frappé a la gorge d'un violent coup
de couteau. Le blessé a été transporté à l'hôpi-
tal Beaujon dans un état désespéré. Mme Mas-
sart a été arrêtée.
ia triple dram® de lamiere.- Un drame
épouvantable vient de se passer à LoavierS.
Voici, d'après le Journal de Rouen, les
détails les puis circonstanciés sur cette triste
affaire.
Hier vers midi, le sieur Roche, ouvrier de
l'établissement de Mlle Mercier, constructeur,
se rendait a la fabrique de M. Chennevière, si-
tuée a l'entrée de la route d'Evreux, où tra-
vaille ordinairement sa femme. Etant entré
dans l'atelier des cardes, il s'est approché de sa
femme, et, sans lui adresser la parole, il a tire
sur elle deux coups de revolver qui ne l'ont
pas atteinte. Epouvantée, la femme Roche s'est
sauvée en criant ; « A l'assassin! »et s'est allée
réfugier dans un atelier. Sor. mari l'a poursuivi«
et. en l'a rejoignant, lui a tiré deux nouveaux
coups de revolver, à bout portant; un coup l'a
atteinte au bras gauche, et l'autre au-dessous
du sein du même coté.
Après avoir accompli son crime, l'assassin a
voulu se faire justice, et, tournant contre lui-
même son revolver, s'est tiré deux coups sons
le menton-
Un nommé Col, que la runieur publiq ne con-
sidère comme l'instigateur du cfime, a essaye
de se noyer lorsqu'il a vu qu'on transportait les
deux blessés à l'hospice.
TJne enquête est ouverte sur le compte de ce
dernier.
L'édition de bibliothèque des OEuvre*
complètes de H. DE BALZAC, la seule de for-
mat in-8ò carré qui ait des gravures, est
livrée immédiatement et complète à la
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ries, ont obtenu, à notre dernière Exposition,
un très grand Succès.
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Envoi FRANCO du Catalogue.
UN EXEMPLE A SUIVRE
Presque tout le monde préfère l'été à
l'hiver, les uns à cause de l'augmentation
des dépenses pour la nourriture et le chauf-
fage, les autres à cause des douleurs qui
reparaissent â périodiquement sous l'in-
liuence de la mauvaise saison. C'est à ces
derniers que nous nous adressons et nous
leur disons i Suivez l'exemple de M. Ber-
trand, à Moyeumoüííer (Vosges), qui écrit :
« J'ai éprouvé un grand mieux après avoir
pris les Pilules Suisses, j'ai pu passer l'hi-
ver sans trop souffrir de mes douleurs et
de la constipation qui les cause. J'en ai cédé
à quelques personnes qui s'en sont très
bien trouvées et m'en redemandent. Veuil-
m'envoyer une boîte à 1 fr. 50. » A. M.
Hertzoff, pharmacien, 28, rue de Gram-
mont, Paris.
ECHOS DES THÉÂTRES
L'examen des classes d'opéra de M. Obin a eu
lieu au Conservatoire.
Voici les noms des élèves admis à concou-
rir ;
Mlles Figuet, Rocher, Ach, Blanche Barre.
Laurence Barre et Mounier.
MM. Glaverie, Fournets, Saint-Jean, Escaláis,
Desmet, Devineau, Ceste.
Le Châtelet ferme ses portes aujourd'hui
lundi, pour ne les rouvrir que le 12 juillet,
avec la reprise de Peau-tfAne*
M. Paul Cleves a été chargé par les auteurs
ou leurs héritiers de les représenter auprès de
M. Floury.
En décembre ou janvier prochain, l'Ambigu
donnera Pot-Bouille, drame en cinq actes dss
Nf. Busnach, d'après le roman de M. Emile
Zola.
La Guerre des Gueux, drame en cinq aclf
et en vers de Jules Amigues, a été lu hier par
M. Mounet-Sully devant les artistes aociètairòs
de la Comédie-Française, réunis en comité.
L'oeuvre n'a pas été reçue.
M. Emile Perrin se faisant l'interprète du co
mité à dit à M. Georges Amigues que l'oeuvra
de son père semblant peu s'adapter au cadre et
aux traditions de la Comédie-Française, on ne
pouvait l'accepter.
M, Georges Amigues a donc repris le manus
crit de la Guerre des Gueux, et a été invité à
tenir à la disposition de' la Comédie la Com
tense Frédégonde, qu 1 Amigues avait lue de son
vivant, et qui semblait, avec des mérites égaux
à ceux de la Guerre des Gueux, plus propre
à être représentée quelque jour par les artistes
de la rue Richelieu.
Mlle Rousseil, la grande actrice que a
Comédie-Française n'a pas voulu s'attacher et
qui va partir bientôt pour la Belgique et la
Hollande, a l'intention de passer par Rouen oii
elle récitera un des poèmes dont elle est l'au-
teur et qui ont eu tant de succès à la salle dee
Conférences.
Nos lecteurs nous sauront gré de mettre sous
leurs yeux les vers émus que Corneille a ins-
pirés à l'illustre tragédienne que Rouen va
entendre et acclamer dans quelques jours.
A PIERRE CORNEILLE
C'est mon amour pour toi qui dans ees murs
I m'amène
Corneille entends m'a voix, reconnais ta Chi-
I mène,
Pose pour me bénir tes deux mains sur mon
I front.
Je viens t'onvrir mon cceur et t'en montrer le
I fond :
Je pars, je m'en vais seule errer à l'aventure.
N'emportant que mes vers pour unique pâture ;
Mes vers, lorsque le Cid, Rodogune, Cinna,
Horace, Polyeucte, ó mon maître, sont là :
Lorsque mêlant mon âme â ces Âmes sublimes !
Des succès les plus hauts j'escaladais les
J cimes!...
Mes vers I Mais il le faut, je n'ai plus rien à
I moi.
Que moi, comme César, lorsqu'il vint dans les
( Gaules.
Je veux monter aussi sur tes larges ¡¡épaules,
Fortune, et me draper dans ton manteau de roi;
Quand j'aurai triomphé sur les champs de
j bataille.
Quand je pourrai crier veni, vidi, vici,
Alors je réprendrai les rôles à ma taille,
Corneille, je viendrai jouer Chimène ici.
En attendant, je pars, Je pars avec courage,
Trm génie est le phare et le but du voyage:...
Salle uornble samedi Soir, aux Bouft'es-du-
Nordf qui donnait la prem ière du Diable, dram«
en δ actes, de MM. Delacour et Lambert Tht-
boust. L'interprétation n"a rien laissé à désirer ;
aussi chaleureux applaudissements et rappels
pour MMi Gédéon, Mortimèr, Mousseauet
Vallatte et Désirée, qui ont fait preuve d'un
3
chette peinturlurée en jaune, un secrétaire
J'ai pu parcourir ddont beaucoup d'inédites, adressées par
Jean-Jacques à Mme d'Epinay, au maré-
chal de Luxembourg, à Mme d'Houdetot
qu'il aima à en devenir fou, à la maréchale
de Créqui et à d'autres illustres person-
nages. 11 y a là la fameuse lettre au conseil
de Genève, par laquelle Rousseau aban-
donne son titre de citoyen de cette ville, à
la suite des pérsécutions qu'il y eut à endu-
rer ; enfin une lettre de Mme dé Warens
adressée 8 u roi. Cette dame avait l'esprit
distingué, dit Rousseau quelque part dans
ses Confessions. Etait-ce vrai? Cette lettre,
d'une orthographe singulière, ne prouve ni
n'infirme ce dire, et les autographes de
Mme Dewarens,âla lettre au roi est signée
ainsi sans la particule,âsont excessivement
rares.
Voici, soigneusement préservés des doigts
des visiteurs par la glace épaisse dea vitri-
nes, les manuscrita de Rousseau : La pre-
mière partie des Confessions, reliée en in-
douze ; celui de la deuxième partie relié en
in-quarto. Ouelques pages de la Nouvelle
Héloïse, notamment les lettres de Julie
sur le suicide, adressée à milord Edouard ;
ce sont de grandes feuilles pliées dans la
longueur du papier et formant deux co-
lonnes, l'une pour le récit, l'autre pour les
notes et les corrections. La copie de Y Emile
qui servit pour l'impression de la premiere
éditino. Le manuscrit du Vicaire Sa-
voya rd. , â
TJn de ces manuscrits est 1 oraison fu-
nèbre du duc d'Orléans. Eu marge est
écrit ;
« Ce manuscrit ne doit point être imprimé,
attendu qu'il a été fait de commande et m'a
été payé. Mais il est destiné à M. Moulton,
ministre de Genève, èt Je prie qu'il lut soit
envoyé après ma mort. *
On voit aussi sous ces vitrines les cahiers
de musique de Jean-Jacques, fit des copies
de partitions faites par lui quand il était
contraint de travailler pour vivre, dans
les mauvais Jours. Ce caractère indépen-
dant jusqu'à la sauvagerie voulut long-
temps ne rien devoir à quiconque.
Enfin, je citerai encore, comme choses
curieuses A voir, ses trois cachets, â la
lyre, le vaisseau, et celui qui porte sa de-
vise : Vitam impenderé vero. Puis des
éditions de ses oeuvres : éditions princeps,
rarissimes, introuvables; humbles petits
bouquins jaunis par le temps, fatigués,
fanés pour avoir passé par bien des mains,
ou livres splendides, merveilleusement
Illustrés par de grands artistes,
Le long des murs, sans cadres, sont es-
posées de belles collections de gravures,d'a-
quarelles, de lithographies ayant pour su-
jet des scènes tirées de toutes les oeuvres de
Jean-Jacques, en représentant celui-ci dans
toutes les phases de son existence : tout en-
fant : domestique chez le comte de Gouray;
aux Charmettes, à Genève, à Londres, à
Paris. Un tableau peint en 1794 par Robert
Hubert, rappelle l'apothéose de Rousseau
ordonnée par l'Assemblée nationale. Un
cénotaphe est dressé sor un petit terre-plein
entouré de saules et de peupliers, au milieu
du grand bassin des Tuileries. Des hommes
et des femmes du peuple se promènent et
admirent le monument auprès duquel est
placé en faction un soldat en uniforme de
garde-française; sur le cénotaphe est gra-
vée cette Inscription où l'époque tout entière
est contenue : « Ici repose l'honneur de la
nature et de la vertu. »
Effet singulier, ces estampes, ces ta-
bleaux, ces gravures, ces bustes n'évoquent
pas seulement l'Image de l'auteur de tant
d'oeuvres, très discutables sans doute au
point de vue philosophique, mais aux-
quelles on ne peut nier une éloquence
entraînante. On a la vision rapide de toute
la Un du dix-huitième siècle, on comprend
son art, sa littérature, sa philosophie, ses
vertus et ses vices. On voit se dresser près
de Rousseau ces vaillants qu'on appelle les
encyclopédistes, et parmi ces visages
connus, se détache, avec une vigueur
extrême, celui du plus grand de ces génies,
plus grand que Rousseau lui-même, celui
de Voltaire illuminant tout de son ironique
et terrible sourire.
Sutter Laumann.
Cette exposition faite au profit de la
statue de Jean-Jacques Rousseáu, durera
un mole.
Les prix d'entrée sont : jeudi et dimanche
50 centimes; vendredi, 3 francs, les autres
jours ι franc.
GAZETTE DU JOUR
Nous recevons la dépêche suivante :
Càen, 17 j uin.
A quatre heures, a eu lieu la distribution des
récompenses.
â M; Meline a prononcé, à cette occasion, un
discours, dans lequel ü a félicité la Norman-
die des progrès agricoles qu'elle a su réa-
liser-
La fête est favorisée par un temps générale-
ment beau.
La foule est de plus en plus considérable.
Voici de nouveaux détails sur la catas-
trophe arrivée à Sunderland :
Sunderland, 17 juin.
La catastrophe arrivée hier soir au Victo-
ria Hall s'est produite dans les circonstances
suivantes t
Une fêle avait été offerte dans cette salle à
quelques milliers d'enfants des écoles. A la sor-
tie, une nuée d'enfants, descendant des galeries
supérieures s'est rencontrée prés de la porte
avec la fouie des jeunes spectateurs qui dé-
bouchaient du parterre.
L'exiguïté de la porte de sortie, ne permet-
tant le passage que un à un, une bousculade
en est résultée et un grand nombre d'enfants
ont été renversés et foulés aux pieds.
Avant qu'il ait été possible de leur prêter
secours, plusieurs centaines d'enfants gisaient
écrasés par leurs camarades qui ne pouvaient
résister à la poussée venant du fond de la
salle.
Des témoins oculaires rapportent qu'à ce
moment l'entrée de la salie présentait un spec-
tacle horrible à voir. Les corps des malheureu-
ses petites victimes empilés les uns sur les au-
tres, formaient un amas indescriptible.
Lorsque l'on a pu enfin organiser des secours
1130 à ISO des pauvres petits avaient déjà péri
asphyxiés pour la plupart. Un grand nombre
d'autres avaient reçu de graves contusions.
Une foule évaluée à plus de 10,000 personnes,
n'a cessé pendant toute la soirée de stationner
dans le voisinage du lieu du sinistre. Des trou-
pes ont été appelées pour maintenir l'ordre.
Toute la ville est dans la consternation.
Les bataillons scolaires des arrondisse-
ments de Paris doivent être passés en revue
dans le Jardin' du Luxembourg·, le 13juillet,
Sar le ministre de la guerre ou un de ses
élégués.
Hier a eu lieu, au quartier Latin, le mo-
nôme traditionnel des nouveaux Saint-
Cyriens. Quatre-vingts élèves environ le
composaient. Ils ont pris place dans seize
voitures qui les ont amenés d'abord à la
place de ia Concorde. Là« les jeunes gens
ont déposé un drapeau devant la statue de
Strasbourg et ont chanté deux couplets pa-
triotiques. Puis ils se sont portés place de
l'Observatoire, devant la statue du maré-
chal Ney, qu'ils ont saluée des cris de :
* Vive l'infanterie ! * Aucun Incident ne
s'est produit.
M. le président du conseil, ministre de
l'instruction publique et des beaux-arts, a
adressé à M. le vice-recteur de l'académie
4e Paris la lettre suivante :
11 résulte de votre rapport du 2 juin que le
jeune Lecomte, élève externe au lycée Henri IV,
a, le 10 mai dernier, abattu un chien de forte
taille, paraissant atteint d'hydrophobie, dans
des circonstances particulièrement périlleuses.
Le courage et le dévouement du jeune Le-
comte méritent tous les éloges ; vous voudrez
bien le féliciter en mon nom de sa belle con-
duite, et lui annoncer qu'il recevra très prochai-
nement un témoignage officiel tic ma satisfac-
tion.
Un de nos confrères relève l'abus sui-
vant :
Lorsque les jeunes gens ont à subir un
examen, soit ά la Sorbonne, soit aux écoles
de Droit, de Médecine ou de Pharmacie,
ils doivent consigner à l'avance dans une
des caisses de l'Etat le montant intégral
dès droits fixés pour leur examen. On leur
fait alors payer le timbre-quittance 0 85,
conformément aux termes de la loi.
Lorsqu'ils ont échoué dans l'épreuve su-
bie, il leur est remboursé une partie de la
somme consignée, celle afférente au grade
qu'ils n'ont pas obtenu, et, comme la pre-
mière fois, on leur fait payer 0 25 le ti more-
quittance du reçu qu'ils donnent à l'admi-
nistration.
11 y a là un abus qui est d'autant plus
grave que c'est l'Etat qui commet cette In-
fraction à la loi qui met cet impôt à la
charge de celui qui a intérêt à l'existence
du reçu, c'est-à-dire de ceiui qui paie.
Voici une mystification bien amusante
dont a été victime tonte la presse fran-
çaise et ses lecteurs par conséquent.
Tous les journaux et nous-mêmes avons
annoncé qu'un M. Jean, possesseur d'une
fortune de six millions, avait légué cette
somme considérable à l'administration de
l'Assistance publique pour la construction
d'un hôpital à Vaugirard.
Or ce M. Jean, à qui certains journaux
ont consacré des articles dithyrambiques
dont on s'est occupé pendant huit jours,
dont on citait des lettres, n'a jamais existé
que dans l'imagination de M. Emile Tré-
lat, directeur ae l'Ecole spéciale d'archi-
tecture.
M. Trélat, en donnant le programme du
concours de sortie pour 1883, avait inventé
M. Jean, comme il aurait inventé M. Pier-
re ; de là l'amusante erreur commise par
toute la presse parisienne, et qui provient
sans doute de la communication du pro-
gramme. par un élève de l'Ecole d'archi-
tecture, a un Journaliste distrait.
Les propriétaires de bateaux et d'embar-
cations qui désireront prendre part à la
fête vénitienne qui sera donnée à Paris sur
la Seine, entre le pont des Saint-Pères et
la passerelle de Passy, le 14 Juillet, à l'oc-
casion de la Fête Nationale, sont priés de
vouloir bien s© taire inscrire à la préfec-
ture de la Seine (bureau des Beaux-Arts,
pavillon de Flore, Tuileries).
Il leur sera délivré des permis de circu-
lation sur le vu desquels ils pourront à
l'exclusion de toute personne non autorisée,
circuler sur la partie du fleuve réservée à
la fête, et obtenir que des ballons lumi-
neux soient mis à leur disposition pour la
soirée du 14.
Des médailles et des primes seront accor-
dées pour les bateaux les mieux décorés et
illuminés.
On recommence à s'occuper de la sépul-
ture définitive du corps de la duchesse de
Ghaulnes. Le prince de Galitzin, frère delà
défunte, s'est présenté avant-hier à. la pré-
fecture de police. Il a eu un entretien avec
le chef du 4,: bureau de ia 2e division, dont
les attributions comportent le service des
inhumations et exhumations. Le prince
avait exprimé le désir que le cercueil fût
exhumé de la crypte de Saint-Thomas d'A-
quin pour être transporté à Sablé où il a
fait l'acquisition d'une concession perpé-
tuelle.
Il avait préalablement tenté en vain de
fléchir la vieille duchesse de Chevreuse,
que ses deux conseillers intimes, dorn Pio-
lín et dorn Couturier, ont, parait-il. plus
que jamais déterminée à persister dans sa
première résolution. Le prince n'a même
pu avoir d'entrevue avec Mme de Che-
vreuse.
A la préfecture de police, il a été exposé
au frère de la duchesse de Ghaulnes que
Mme Galitzin, sa mère, avait formé préci-
sément opposition à l'exhumation du corps
dans le but d'empêcher la duchesse de Che-
vreuse de le faire inhumer ensuite au Pò-
re-Lachaise, ainsi qu'elle en avait l'inten-
tion.
A l'expiration du délai normal de trois
mois de dépôt, M. Gamescasse a accordé
une nouvelle prorogation, añn de permet-
aux deux parties de conclure un arrange-
ment à l'amiable ou de demander une solu-
tion à la justice. Cette dernière hypothèse
parait actuellement la seule probable. Mais
en attendant l'administration, par mesure
d'ordre, aurait parfaitement le droit de faire
déposer, à titre provisoire, Je corps dans le
caveau de dépôt d'un cimetière de Paris.
La vérité est que le cercueil n'appartient,
pour l'instant, à aucune des parties et nulle
d'entre elles n'a le droit d'en disposer sans
le consentement préalable de l'autre. 11 est
permis d'admettre, toutefois, que ces faits
très regrettables ne se seraient pas produits
si la famille Galitzin, au moment du décès,
avait pris la sage précaution de faire valoir
ses droits.
Dans le Monde illustré, une série de
mots d'Auber :
Un jour, comme on s'étonnait de l'état de
conservation remarquable dans lequel il avait
réussi à se maintenir, il fit cette réponse pit-
toresque :
â J'avais un procédé : * J'ai sommeillé la
vie.»',
Cela signifiait qu'il avait vécu avec prémé-
ditation dans un état de vague indiffère a je
pour tout ee qui n'engageait pas ses inté-
rêts.
Cela signifiait qu'il s'était garé, comme de la
peste, des émotions trop vives, des dévoue-
ments trop ardents, des sensibilités trop éner-
vantes.
Il se laissait bercer par l'insouciance. Le
moyen lui réussissait. Mais c'était peut-être
ee qui donnait à sa physionomie cette expres-
sion indéfinie et comme crépusculaire qui me
frappait tant, chaque fois que Je le voyais.
Vous vous rappelez l'histoire désopilante â
entre tant d'antres â que racontait Henri Mon-
nier sur une princesse qui, pour riposter aux
vivats de la foule sans trop de fatigue, avait
fait faire un coussin à ressort qui, placé dans
sa voiture, la soulevait légèrement pour là
laisser retomber ensuite.
â Et le peuplé était salué ! ajoutait le gogue-
nard nasillement de Monnier.
La poignée de main d'Aubert me rappelait
l'anecdote.
Il avait l'air, lui aussi, d'agir sous l'impul-
sion d'un ressort caché. Du même ressort qui
le faisait marcher d'un pas régulier et comme
automatique, par ^ lequel sa tète était secouée
sur son dos en voûte-
la campagne l'horripilait.
C'est lui qui a trouvé la définition à d'autres
attribuée:
â La campagne ï Un endroit où il n'y a que
des oiseaux crus,
On a prétendu que, dans ie cours de sa lon-
gue existence, Aubert n'avait pas couché une
seule fois hors de Paris, C'est une exagération.
Mais peu s'en est falla-
li disait lui-même :
â Le Bois, c'est mon maximun de paysage.
Dans l'Univers illustré, mot féroce d'ami
des auteurs :
Labiche, le soir de la première de Deux Papas
très bien, un de ses vaudevilles les plus gais,
emmène avec lui dans sa loge un provincial de
ses amis... La pièce, plus tard fort applaudie,
fut un peu bailotee le premier soir.
â Je vous demande pardon, dit Labiche à son
ami, je vous fais passer là une bien mauvaise
soirée.
â Au contraire, répond l'ami, je suis en-
chanté... Je n'avais jamais vu tomber une pièce.
Pour faire suite, une bien jolie naïveté
citée par MM. Perey et Maugras, dans les
Dernières Années de Mme d'Epinay
Mme Denis, la nièce de Voltaire, venait de
jouer Zaïre sur le petit théâtre des Délices,
Un complimenteur, après la représentation, lui
disait les choses les plus aimables.
â Ah! répond-elle, pour bien jouer le rôle, il
faudrait être jeune et belle.
â Vous êtes la preuve du contraire, répliqua
en souriant !e complimenteur.
NOUVELLES POLITIQUES
L'ordre du jour suivant a été voté dans
une réunion des comités radicaux des cinq
arrondissements appelés à former, d'après
le nouveau projet de loi municipale, la pre-
mière circonscription électorale :
Les citoyens des comités radicaux du Ier, 2e,
3% 4e et 10® arrondissements, assemblés en
réunion plénièrè le 15 juin 1883, protestent
énergiquement contre l'organisation arbitraire
du sectionnement électoral, et déclarent reven-
diquer le scrutin de liste par arrondissement
avec une représentation proportionnelle au
chiffre de la population. D'autre part, l'assem-
blée décide et arrête les mesures nécessaires
pour le triomphe de la liste radicale dans ia
circonscription électorale que doivent former
ces cinq arrondissements.
A l'occasion de l'anniversaire de l'affaire
de la Ricamarie, le journal anarchiste de
Lyon, la Lutte, avait pris l'initiative d'une
manifestation au cimetière de la Rica-
marie.
Le journal le Citoyen et la Bataille pu-
blie une dépêche de Lyon dans laquelle on
lui annonce que « le citoyen Tricot a été
arrêté hier sur la place Bellecour, à pro-
pos de la manifestation de la Ricamarie. »
LA FETE NATIONALE Dû 14 JUILLET
Voici les points principaux, choisis par la
municipalité pour ia fête nationale :
lia Sein«
La fête sur la Seine s'étendra du Pont-
Neuf à la passerelle de Passy. Les ponts se-
ront décores de motifs lumineux et de mâts
se reliant par des guirlandes en verres de
couleur.
Deux gigantesques soleils rayonneront à
la pointe ae l'ilè des Cygnes et du Vert-
Galant.
Les pontons des bateaux-omnibus seront
pavoisés et illuminés.
Des bateaux-orchestres effectueront lé
trajet du Pont-Neuf au pont de Passy, et
vice-versâ.
La place de la Concorde et les Champs-
Elysées, jusqu'au rond-point, recevront un
éclairage à giorno.
Devant la façade de l'Institut, un immense
portique de verres multicolores.
Le Troradéro
Le palais du Trocadéro recevra un sys-
tème d'illuminations qui le feront paraître
en feu.
Un puissant foyer électrique, partant de
la grotte de la cascade, projettera sa lu-
mière à travers la nappe d'eau. Dans le
parc, illuminations*, mats avec oriflammes
et trophées; bouquets de globes sur les
candélabres; motifs lumineux sur les pe-
louses; ballons-oranges dans les arbres.
Le square du Champ-de-Mars recevra
une décoration semblable.
Place de la République
L'inauguration de la statue de la Répu-
blique sera l'occasion d'un grand déploie-
ment de décorations, Cinquante-trois mâts
vénitiens, de 16 mètres de hauteur, seront
reliés entre eux par des guirlandes de bal-
lons lumineux. Vingt autres mâts seront
plantés sur les plateaux, et quatre mâts
gigantesques aux quatre angles de la sta-
tue.
lia statue de la République, au pied de
laquelle on dressera une vaste estrade pour
les autorités, sera entourée de mâts de
4 mètres de hauteur seulement, reliés par
des cordons à glands d'or, lesquels servi-
ront de barrière. L'espace réservé est d'une
superficie de 2,000 mètres environ.
Dans cette enceinte, des bouquets de
douze globes seront établis sur les candé-
labres. Des verres blancs dessineront la li-
gne des bassins.
A partir de neuf heures jusqu'à minuit,
un foyer de lumière électrique sera dirigé
sur la statue.
L'approche du 14 Juillet se fait déjà sen-
tir dans les quartiers où se tiendra la fête.
Ordre a été donné d'enlever le marché aux
fleurs de ia place de la République. Ce
marché se compose de 13 travées et de 128
abris.
Un emplacement sera ultérieurement dé-
signé pour l'établissement d'un marché
provisoire.
Feux d'artifice
Terrasse du square du Champs-de-Mars ;
Place de la Nation ;
Montmartre ;
Buttes-Chaumont;
Parc de Montsouris.
LES NOUVELLES LIGNES
DE CHEMINS DE FEU
t Voici la nomenclature des lignes de che-
j mins dê fer qui, en vertu de conventions ·
Ì nouvelles, sont concédées par l'Etat ;
Paris-Lyon E édl terre née
Sont Concédées, à titre définitif, les lignes
suivantes :
Auxerre à Gien, Auxonne â Chagny, Avallon
à Îuits-sous-Râvières, Besançon à la frontière
suisse avec embranchement sur Lods, Cham-
pagnole à Morét, Champagnole à Lons-le-Sau-
nier, La Cluse à Saint-Claude, Clameey à Tri-
guere, Dôle à Poligny, Epinac aux Laumes,
Firminy à Annonay, Le Pertuiset à Saint-:
Just, Focailquier à Voix, Apt à la ligne précé- }
dente, Gilley à Pontarlier, Largentière à Saint- j
Sern in, Lisle-sur-Sorgue à Orange, Lozanne à :
Paray-Ie-Monial, Roanne á Chalón et û, Mont-
chanin, Saint-André à Digue* Tamnay à Châ-
teau-Chinon, Voujaucourt à Saint-Hippolyte.
A titre éventuel et sous réserve de la dècla- ¡
ration d'utilité publique à intervenir ; Corbeil- !
Melun-Montereau, Givors a Lozanne, Laroche :
i Cimes, l'Es taque à Miramas, Lure à Loulans-
les-Forges, Lyon-Saint-Clair à Collonges, rac-
cordement de Chasse et Vénissieux, Saint-Jean-
du-Gard à Anduze, traversée du Rhône à Avi-
gnon, Valdonne à Aix.
Abandon est fait des limites de Montargis à
Sens, et Bonson à Saint-Bonnet.
Sont incorporées a l'ancien réseau Paris-Lyon-
Méditerranée les lignes de : Bourg à. Sathonay,
Bourg à. La Cluse, La Cluse à Bellegarde, Lyon
à. Montbrison, Sathonay à Lyon-Saint-Clair,
Mâcon à Paray-le-Monial, Chalon-sur-Saône à
Lons-le-Saulnier, Bourg à Saint-Germain-du-
Plaîn, Ambérieu a Montalieu.
La superstructure des lignes de Triguère à
Clameey, Gien à Toucy-Moulin, Besancon à la
frontière suisse sera terminée par l'Etat.
Nwd
Sont concédés à titre définitif ; Le Gâteau à
Laves, Thiant à Lourches, Ormoy à Mareuil-
sur-Ourcq, Laon à Liart, vers Mèzières.
A titre éventuel : Armentières à Tourcoing
et à Roubaix, Roubaix (Wattrelos) à la fron-
tière beige, Denain à Saint-Amand, Don à
Templen ve, Haubonrdin à Saint-André, Aves-
I nés a Sars-Pateriè, Vimy à Guise.
Abaudon est fait par l'Etat à la Compagnie
j du Nord des lignes de Compiègne à Soissons,
; Dens à Armentières, Valenciennes au Gâteau,
Busigny à Hirson, Dunkerque a la frontière
belge, vers Furnes, Armentières à la frontière
belge.
La Compagnie du Nord est substituée aux
Compagnies précédemment concessionnaires en
ce qui concerne les lignes de-Lille-Valencien-
nes et extensions, Lille-Bèthune, Picardie et
Flandres, Abancourt au Trèport, Frévent-Ga-
maches, conformément aux conventions con-
clues entre la Compagnie du Nord et les Com-
pagnies de Lille-Bèthune (6 fmai 1876). Picardie
et Flandres £20 novembre 1879), Abancourt au
Trèport (12 juillet 1881), Frévent-Gamaches (15
juillet 1881}, et à l'acte d'abandon consenti en-
vers l'Etat par la Compagnie de Lille-Valen-
ciennes, en date du 1er octobre 1878.
En conséquence, sont incorporées à l'ancien
réseau du Nord les lignes comprises dans ces
diverses concessions.
Est
Sont concédés à titre définitif : Armentières
(Seine-et-Marne) à Bazoches, Bas-Evette â
Giromagny, Bètheniville à Challerange, Fa-
vière à Frenelle, Fère-Champenoise à Vitry,
Gerbéviller à Bruyères, Hirson à Amagne,
Jussey à Darnieulles, Merrey à Neufchàteau,
Neufchâteau â Barisey-la-Côte, Provins à
Esternay, Saint-Dizier â Revigny, Saint-Flo-
rentin à Troyes (Saint-Julien) el Troyes |ii
Vitry-le-François, Saint-Maurice à Bussang,
Trilport à la Fertè-Milon.
A titre éventuel : Brie-Comte-Robert à un
point à. déterminer sur la ligne de Paris â Bel-
fort, Brienne â Sorcy, par ou près Joinville et
Gondrecourt, Flamboin à Mouy-sur-Seine,
Jussey, à Gray, Liart a Mèzières.
j L'Etat fait cession à la Compagnie des che-
mins de fer de : Amague à Vouziers et à Apre-
mont, Arches â Saint-Diè avec embranche-
ments sur Fraise et sur Géradmer, Baccarat à.
Badonviller, Bondy, Aulnay-les-Bondy, Cha-
lindrey à Mirecourt, Langres à Andilly;
Lérouville â Sedan, Luné ville à Gerbeviller,
Nançois-le-Petit à Gondrecourt et à Neufchà-
teau, Pompey, â Nomeny, Sens à Troyes et à
Châlons, Toul à Coulombey et h Favières.
Hidi
Sont concédés à titre définitif : Mende à la
ligne d'Al ais à Brioude, Tournemire au Vigan,
Carmaux à Rodez, Eine à Arles- sur-Tech, Pra-
des à Olette, Mont-de-Marsan à Saint-Sever,
Bay on ne a Saint-Jean-Pied-de-Port, avec em-
branchement sur Saint- Etîenne-de-Baïgorry,
Saint-Martin-Au te vielle à Mauléon, Câstelsar-
razin à Beaumont-de-Lomagne, Nèrac à Mont-
de-Marsan, Pamiers à Limoux, Quillan à Ri ve-
saltea, Bazas à Eauze, Lannemezan à Ar-.
reau.
A titre éventuel : Saint-Girons à Foix,
Kauze à Auch, ligne de ceinture de Toulouse,
Beaumont-de-Lomagné à Gimont, Carmeaux à
Vindrac.
Ligne de jonction, à Bordeaux, des chemins
de fer du Midi et du Médoc.
LE CONGRÈS DES ARCHITECTES
ia distribution des récompenses décer-
nées par les architectes, a eu lieu à l'Ecole
des Beaux-Arts. Voici les noms des lauréats
qui ont été proclamés dans cette séance ;
i° Architecture privée
Médaille d'argent ·. M. L. F. Dainville, de Pa-
ris ; M, Lenoir, de Nantes.
Mention de jurisprudence : M. Edmond Joly,
Paris.
Mention d'archéologie : M. Georges Rohaut de
Fleury, Paris.
2° Ecole de France à Athènes
Medaille de bronze offerte ex-aequo â MM.
Potlier et Reinach, élèves de l'école de France
à Athènes (fouilles archéologiques de Myr-
rherra.)
3° Ecole nationale des Beaux-Arts
Médaille d'argent: M. Jean Mincou, élève de
M. Guadet.
4° Ecole des Arts décoratifs
Médaille d'argent ; M, Marcel Brouillard,élève
de M. Ruprich-Robert.
5° Ecoles privées d'architecture
Médaille d'argent ; M. Louis Poncet, élève de
MM. Vaudremer et Ranlin.
6° Ecoles municipales d'apprentis
Medaille d'argent : M. Charles Leroux, ap-
prenti serrurier- â Médaille de bronze : M. Fré-
déric Descroix, apprenti menuisier.
Concours d'architecture de la Société libre
des beaux-arts
Médaille de bronze. â M. Charles Normand,
élève de MM. Normand et André.
Cercle des ouvriers maçons et tailleurs de
pierre
Médaille d'argent. â M· J . Laporte, ouvrier
maçon.
Médaille de bronze. â M. Tanquerelle,
Personnel du bâtiment
Médailles d'argent. â MM. Théodore Fouché,
Riffaud, entrepreneurs.
Médaillés de bronze. â MM. Louis Buron,
Victor Coutreau, Albert Dubois, Antoine Du-
bois, Albert Javelon, Edouard Petitjeau.
Industries d'art
Médaille d'argent. â M. Villemot, sculpteur.
Médaille de bronze. â M. Rousseau.
FAITS DIVERS
Vol chez un orfèvre. â Samedi Sôir, à cinq
heures, M. Vanain, bijoutier, 10, roe de Bezons,
à Courbevoie, recevait la visite d'un ex-client,
nommé Hayrant, lequel lui donna à examiner
une quantité de montres, pesant 13 kilogram-
mes, qu'il disait avoir trouvées le mai der-
nier, dans un compartiment du chemin de fer
de Lyon.
Mais c'est de l'argent, lui dit ÎÎ. Da vain, après '
avoir touché le métal, il faut aller porter cela
chez le commissaire de police. Tous les deux
s'y rendirent ; M. Depaix remarqua l'air em-
barrassé de Hayrant qui déclara e Ire chauffeur,
être âgé de quarante-quatre ans et demeurer
rue de Chäronne, 116, a Paris.
M. Depaix lit immédiatement prendre des
renseignements et apprit que Hayrant n'était
nullement chauffeur et travaillait comme bar-
rie r-o riè ν re chez M. Demourquet, rue du Tem-
ple, 7'J. L'agent s'y rendit et apprit que M. De-
mourquet constatait tous les mois une dispa-
rition d'argent, sans pourtant savoir qui le lui
emportait.
Mis en présence de son patron, l'ouvrier infi-
dèle déclara qu'il s'emparait par petites por-
tions des déchets et quii espérait ainsi écono-
miser une petite rente pour ses vieux jours.
Ce malfaiteur a été envoyé au Dépôt.
Le mystère d'Asnières. â Un aiguilleur
nommé Boisrenard, de service sur la ligne ;
d'Asnières, a déclaré au commissaire de police ;
de la localité que hier, vers quatre heures, au
moment du train du Havre, il avait aperçu un
voyageur se pencher par la portière d'un wa- ¡
gon de troisième classe, et lancer dans la Seine
un enfant de quatre á six mois, tout emmail- j
lotté de blanc.
Ne pouvant quitter son poste, car un train de ι
marchandises arrivait, l'aiguilleur appela deux
hommes d'équipe et, les mettant rapidement au
courant de ce qui venait de se passer, leur dit
d'aller voir à la Seine. Ils y coururent, mais
n'aperçurent rien. L'enfant avait déjà vraisem-
blablement été entraîné par le courant, très
fort en cet endroit.
On pourra, dans tous les cas, être exactement
fixé sur cet événement dans un jour ou deux.
Eu admettant, comme l'affirme l'aiguilleur,
qu'un enfant ait été réellement jeté à i'eau, le
petit cadavre remontera évidemment à la sur-
face et ne pourra être entraîné bien loin, en
raison des courbes fréquentes que décrit la
Seine à sa sortie de Paris.
L'assassin serait âgé d'une trentaine d'années
et vêtu en ouvrier aisé.
Vers l'heure à laquelle l'événement s'est pro-
duit, on n'a pu envoyer à la gare de Paris de
dépêche en temps utile.
Inspection de la boucherie, â Saisies
opérées en mai 1883 à Paris. â Volailles et
poissons, 1*23 kiL: chevreaux, 1,251 ; criée (pa-
villon 3), 11,502; amiable (pavillon 5), 3»25fii;
abattoirs, 11,053; marché aux bestiaux, 11,740;
marchés de détail, 242; boucheries et charcu-
teries, 249, portes et gares, 234; viande de che-
val, 0,080 ; triperies, 2,574. â Total : 51,900 Ml.
I^es motifs des saisies sont :
Pour les bovidés : Les accidents de parturi-
tion, l'indigestion avec météorisation, le char-
bon, la septicémie, l'étisie, l'hydroêmie, l'enté-
rite, la tuberculose.
Poua les o vidés : La cachexie aqueuse et l'as-
phyxie.
Pour le pore : La ladrerie, l'asphyxie, la pé-
ritonite. ,
Pour le cheval : L'anasarque, la morve, la
fièvre, l'ètisie extrême, la mélanose généralisée,
la pneumonie gangreneuse et l'infection puru-
lente.
En outre, l'avarie par les influences atmos-
phériques a motivé des saisies dans toutes les
espèces.
Saisies opérées en mai 1883, dans le dépar-
tement de la Seine. â â Service de la banlieue*
â Abattoirs, 9à5 lril.; marchés, 514; boucheries,
charcuteries, 97; volailles, poissons, 52; tripe-
ries, abats, 70. â Total : L658 ML
Un ennemi des pélican». â Hier, des
agents de la sûreté en surveillance au Jardin
des Plantes, ont mis en état d'arrestation un
mauvais garnement qui, à l'aide d'une fronde,
faisait une chasse acharnée aux pélicans. Il en
avait déjà blessé quelques-uns.
11 avait toutes ses poches pleines de cailloux,
qu'il comptait lancer aux infortunés palmi-
pèdes.
Conduit devant M. Oyou, commissaire de po-
lice, il a déclaré se nommer Eugène V..., être
âgé de douze ans, et demeurer ches ses pa-
rents, rue Saint-Paul. M. Oyon l'a consigné au
posté à sa disposition.
T.a joie fait peur, â On écrit de Calais, 15
juin :
La distribution des médailles accordées par
M. le ministre de la marine et par la société
centrale des naufragés a eu lieu aujourd'hui au
grand salon de l'Hotel-de-Ville, sous la prési-
ence de M- Mancel, chef de service, à Dunker-
que, ^mais la cérémonie s'est terminée trlste-
M. Charles Demotier, secrétaire de là Société
humaine de Calais depuis près de trente années,
était parmi les récompenses. M. le ministre lui
avait accordé une médaille d'or de première
classe, pour avoir rempli pendant ce laps de
temps, ces fonctions avec dévouement.
M7 Charles Demotier, en recevant cette récom-
pense des mains de M. Mancel qui Payait ac-
compagnée d'éloges mérités, ne put répondre
qu'en pleurant, tant l'èmotlon était grande chez
lui.
Quelques instants après la cérémonie, M. le
commissaire de marine réunissait dans un dé-
jeuner les autorités ainsi que M- Demotier, qui
fut pris à .table d'une attaque d'apoplexie fou-
droyante, une saignée pratiquée ne donna aucun
résultat, il expira a sept heures du soir, la joie
l'avait tué.
M. Demotier n'était âgé que de cinquante-
huit ans.
Coup de couteau. â Italiennes comme Ita-
liens s'entendent parfaitement à jouer du cou-
teau. C'est ainsi qu'hier soir la propriétaire
d'uN petit restaurant, situé, rue du Petit-Ber-
tin, Mme Massart. ayant vainement réclamé a
un consommateur, nommé Carlo t ti, une som-
me d'argent qu'il lui devait, s'est emportée,
puis tout â coup, cédant a un mouvement de
fureur, l'a frappé a la gorge d'un violent coup
de couteau. Le blessé a été transporté à l'hôpi-
tal Beaujon dans un état désespéré. Mme Mas-
sart a été arrêtée.
ia triple dram® de lamiere.- Un drame
épouvantable vient de se passer à LoavierS.
Voici, d'après le Journal de Rouen, les
détails les puis circonstanciés sur cette triste
affaire.
Hier vers midi, le sieur Roche, ouvrier de
l'établissement de Mlle Mercier, constructeur,
se rendait a la fabrique de M. Chennevière, si-
tuée a l'entrée de la route d'Evreux, où tra-
vaille ordinairement sa femme. Etant entré
dans l'atelier des cardes, il s'est approché de sa
femme, et, sans lui adresser la parole, il a tire
sur elle deux coups de revolver qui ne l'ont
pas atteinte. Epouvantée, la femme Roche s'est
sauvée en criant ; « A l'assassin! »et s'est allée
réfugier dans un atelier. Sor. mari l'a poursuivi«
et. en l'a rejoignant, lui a tiré deux nouveaux
coups de revolver, à bout portant; un coup l'a
atteinte au bras gauche, et l'autre au-dessous
du sein du même coté.
Après avoir accompli son crime, l'assassin a
voulu se faire justice, et, tournant contre lui-
même son revolver, s'est tiré deux coups sons
le menton-
Un nommé Col, que la runieur publiq ne con-
sidère comme l'instigateur du cfime, a essaye
de se noyer lorsqu'il a vu qu'on transportait les
deux blessés à l'hospice.
TJne enquête est ouverte sur le compte de ce
dernier.
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Envoi FRANCO du Catalogue.
UN EXEMPLE A SUIVRE
Presque tout le monde préfère l'été à
l'hiver, les uns à cause de l'augmentation
des dépenses pour la nourriture et le chauf-
fage, les autres à cause des douleurs qui
reparaissent â périodiquement sous l'in-
liuence de la mauvaise saison. C'est à ces
derniers que nous nous adressons et nous
leur disons i Suivez l'exemple de M. Ber-
trand, à Moyeumoüííer (Vosges), qui écrit :
« J'ai éprouvé un grand mieux après avoir
pris les Pilules Suisses, j'ai pu passer l'hi-
ver sans trop souffrir de mes douleurs et
de la constipation qui les cause. J'en ai cédé
à quelques personnes qui s'en sont très
bien trouvées et m'en redemandent. Veuil-
m'envoyer une boîte à 1 fr. 50. » A. M.
Hertzoff, pharmacien, 28, rue de Gram-
mont, Paris.
ECHOS DES THÉÂTRES
L'examen des classes d'opéra de M. Obin a eu
lieu au Conservatoire.
Voici les noms des élèves admis à concou-
rir ;
Mlles Figuet, Rocher, Ach, Blanche Barre.
Laurence Barre et Mounier.
MM. Glaverie, Fournets, Saint-Jean, Escaláis,
Desmet, Devineau, Ceste.
Le Châtelet ferme ses portes aujourd'hui
lundi, pour ne les rouvrir que le 12 juillet,
avec la reprise de Peau-tfAne*
M. Paul Cleves a été chargé par les auteurs
ou leurs héritiers de les représenter auprès de
M. Floury.
En décembre ou janvier prochain, l'Ambigu
donnera Pot-Bouille, drame en cinq actes dss
Nf. Busnach, d'après le roman de M. Emile
Zola.
La Guerre des Gueux, drame en cinq aclf
et en vers de Jules Amigues, a été lu hier par
M. Mounet-Sully devant les artistes aociètairòs
de la Comédie-Française, réunis en comité.
L'oeuvre n'a pas été reçue.
M. Emile Perrin se faisant l'interprète du co
mité à dit à M. Georges Amigues que l'oeuvra
de son père semblant peu s'adapter au cadre et
aux traditions de la Comédie-Française, on ne
pouvait l'accepter.
M, Georges Amigues a donc repris le manus
crit de la Guerre des Gueux, et a été invité à
tenir à la disposition de' la Comédie la Com
tense Frédégonde, qu 1 Amigues avait lue de son
vivant, et qui semblait, avec des mérites égaux
à ceux de la Guerre des Gueux, plus propre
à être représentée quelque jour par les artistes
de la rue Richelieu.
Mlle Rousseil, la grande actrice que a
Comédie-Française n'a pas voulu s'attacher et
qui va partir bientôt pour la Belgique et la
Hollande, a l'intention de passer par Rouen oii
elle récitera un des poèmes dont elle est l'au-
teur et qui ont eu tant de succès à la salle dee
Conférences.
Nos lecteurs nous sauront gré de mettre sous
leurs yeux les vers émus que Corneille a ins-
pirés à l'illustre tragédienne que Rouen va
entendre et acclamer dans quelques jours.
A PIERRE CORNEILLE
C'est mon amour pour toi qui dans ees murs
I m'amène
Corneille entends m'a voix, reconnais ta Chi-
I mène,
Pose pour me bénir tes deux mains sur mon
I front.
Je viens t'onvrir mon cceur et t'en montrer le
I fond :
Je pars, je m'en vais seule errer à l'aventure.
N'emportant que mes vers pour unique pâture ;
Mes vers, lorsque le Cid, Rodogune, Cinna,
Horace, Polyeucte, ó mon maître, sont là :
Lorsque mêlant mon âme â ces Âmes sublimes !
Des succès les plus hauts j'escaladais les
J cimes!...
Mes vers I Mais il le faut, je n'ai plus rien à
I moi.
Que moi, comme César, lorsqu'il vint dans les
( Gaules.
Je veux monter aussi sur tes larges ¡¡épaules,
Fortune, et me draper dans ton manteau de roi;
Quand j'aurai triomphé sur les champs de
j bataille.
Quand je pourrai crier veni, vidi, vici,
Alors je réprendrai les rôles à ma taille,
Corneille, je viendrai jouer Chimène ici.
En attendant, je pars, Je pars avec courage,
Trm génie est le phare et le but du voyage:...
Salle uornble samedi Soir, aux Bouft'es-du-
Nordf qui donnait la prem ière du Diable, dram«
en δ actes, de MM. Delacour et Lambert Tht-
boust. L'interprétation n"a rien laissé à désirer ;
aussi chaleureux applaudissements et rappels
pour MMi Gédéon, Mortimèr, Mousseauet
Vallatte et Désirée, qui ont fait preuve d'un
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