Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1930-12-09
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 09 décembre 1930 09 décembre 1930
Description : 1930/12/09 (A24,N6534). 1930/12/09 (A24,N6534).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76486045
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/05/2015
3" ANNEE. — N° 1044. , MARDI 9 DECEMBRE 1930.
.,
JEAN DE ROVERA
Directeur
Le premier quotidien français du Cinéma
Au banquet de l'A.P.P.C., M.
Charles Delac a demandé aux
journalistes d'être prudents en ce
qui concerne les informations alle-
mandes.
Et, par la même occasion, il
a prié les banquiers de ne pas ané-
mier le cinéma par trop de soins
intempestifs.
t Caïn devant le squelette du missionnaire. C'est une des scènes les fins
humaines et les fins attachantes de Caïn, aventure des mers exotiques, le
beau film de Léon Poirier, dont le succès ne se dénient Pas à VOlympia.
De miracle en miracle
Le Théâtre cinématographique de « L'Intransigeant»
sera l'un des plus beaux du monde et le triomphe
- du son, de la lumière et de la machine
Le hasard, qui fait bien les choses,
m'a donné pour cicerone au « Ciné-
ma des Miracles », M. Léon Bailby
en personne. A vrai dire, je ne dus
pas ce plaisir au hasard, mais au soin
que M. Léon Bailby apporte à la pro-
chaine, ouverture du cinéma de L'In-
transigeant et à l'entremise de nos
amis MM. Pierre Curai et Fernand
Divoire.
- Pour l'instant: poutres, poussière,
électricité, chimie, architecture. Un
véritable état-major entoure M. Léon
Bailby, qui tient à rester maître de
l'œuvre jusqu'à la dernière minute.
Est-ce un cinéma? Non, c'est le
rêve d'un homme de goût qui, d'une
fantaisie fait une réalité pour les ama-
teurs de cinéma.
Puisque nos confrères seront con-
viés le 17 à un' vernissage, je ne puis
décrire entièrement cette salle; tou-
tefois Comœdia se devait d'en signa-
ler le premier le modernisme et l'art.
Un portail de Brandt donne accès
sur un hall rectangulaire aux propor-
tions harmonieuses, véritable réduc-
tion de la salle, qui s'ouvre sur, la
rue Réaumtfr.
La salle pourrait contenir de .800
à 1.000 places si M. Léon Bailby lui
demandait une exploitation normale,
c'est-à-dire très commerciale. Point
n'a été son idée. Seuls 550 fauteuils
ont été prévus au rez-de-chaussée ct'
au balcon.
Le balcon s'avance en rectangle sur;
le tiers de la salle. Comme à l'étage j
inférieur, les fauteuils" y sont répartis
en trois rangées; les espaces libres
offriront aux spectateurs un chemin
de lumière douce, afin de, leur per-
mettre de faciles allées et venues.,
Les lumières tomberont du* plafond
mais cachées, diffusées, en tonalité
bleue, de façon à transformer la voûte
en un ciel de printemps. Cèpendant
que l'air de la salle sera sans cesse
renouvelée par un ingénieux dispo-
sitif, selon un procédé voisin de l'air
différentiel de Knappen, le cr sauveur
de nos vieilles pierres », les murs
sembleront eux-mêmes participer à la
ventilation. Des tentures de soie gri-
ses cacheront les dispositifs néces-
saires. -
Quant à la scène — bien qu'elle
ne tourne pas — on peut dire qu'elle
sera l'une des mieux équipées de
Paris. Trois sous-sols, une cage de
dix-neuf mètres contiendront les ap-
pareils. L'écran lève, le plateau aux
carrelages lumineux se prêtera à la
chorégraphie. Un simple déclic et la
fosse d'orchestre apparaîtra, suppri-
mant un escalier aux marches trans-
parentes dont viendra 4a musique mé-
canique et le son.
M. Léon Bailby, les bas de pan-
talon dans le plâtre, m'a décrit tout'
ce.la avec l'amoureuse éloquence d'un
architecte fier de son bâtiment. A ses
côtés, M. Fernand Divoire rêvait à
quelque ballet.
Au fait, ne verrons-nous pas de.s
danseurs sur cette scène? M. Fer-
nand Divoire ne m'a rien dit mais
M. Léon Bailby, qui n'attend de cette
salle que des joie15 d'artiste, m'a paru
fort intéressé par cette idée.
Et dans les couloirs.
Mais voici où l'information serait-
indiscrète. Disons' seulement et pour
finir, notre fierté de voir M. Léon
Bailby, qui a déjà tant fait pour les
lettres et les arts, doter Paris de l'un
des plus beaux cinémas du monde.
Jea.vPierre LIAUSU.
IE JOURNAL OSSQ
QUOTIDIEN CINEMATOGDADHIQUr: PRIVE
75 Av* oes Champs Eiysees PARIS
PREMIERE ANNEE. — N° 95. MARDI 9 DECEMBRE 1930.
A. Ryder tourne
"Un Soir au front"
La journée du 6 décembre 1930
est désormais une date mémorable
dans les annales de la Société des
Films Osso. Elle .marquera en effet
un nouveau pas vers le succès, avec
le premier tour de manivelle de fa su-
perproduction Un Soir au Front, que
réalise Alexandre Ryder.
Tiré de la célèbre pièce de. Henry
Kistemaeckers, ce film sera le, qua-
trième que cette société produira dans
l'espace presque incroyable de quatre-
mois.
Les hostilités sont commencées
,.;.8-. Jo
Premier contact avec l'ennemi
Larchant (Seine-et-Oise), 6 décem-
bre. Communiqué de notre envoyé
spécial.
9 h. 30: Le généralissime Alexan-
dre Ryder, entouré de son état-major,
quitte Paris à -destination du. champ
de bataille.. ,
11 heures: Le colonel Winter, le
capitaine Dorys, les lieutenants Fers-
ter et Briquet et un escadron de ca-
valerie rendent les honneurs à l'ar-
rivée du général Ryder, qui descend
de son automobile, suivi du lieutenant-
colonel Jaquelux et du lieutenant Go-
réaud. Le général passe immédiate-
ment sa troupe en revue et se dirige
à pied vers son P. C.
Il h. 30: L'ennemi entame le feu.
quatre schrapnels viennent éclater au-
dessus d'une église située à 100 mè-
tres du P. C.
12 heures: Le brouillard qui recou-
vrait le village commence à se dissi-
per et l'on distingue déjà la vieille
église en ruine d'où s'élèvent encore
de longues flammes.
13 heures: Le lieutenant-colonel
Jaquelux profite de. l'éclaircie pour
faire camoufler le P. C.
13 h. 30: Le capitaine Dorys fait
procéder au ravitaillement.
14 heures: Queiques obus éclatent
près des chefs d'opérations sans cau-
ser de dégâts. -
,
14 h. 30: Trois mitrailleuses sont
placées sur un chariot. Les lieutenants
Forster, Briquet et Goreaud sont char-
gés d'en assurer la manœuvre. Les
habitants du village de Larchant, dans
l'obligation d'évacuer leurs demeures,
viennent se placer sous la protection
du général Ryder; quelques-uns s'en-
gagent volontairement sous ses ordres.
- 15 heures: R. A. S.
16. heures: Sur un ordre du géné-
ral Ryder, immédiatement transmis
par les colonels Winter et Jaquelux,
un. escadron de cavalerie sc.. détache
pour charger. A ce moment dv nom-
breux schrapnels et mortiers de 105
ennemis s'abattent sur eux, faisant
5'2 morts et de nombreux blessés. 10
chevaux sont tués. Dans ie lointain,
l'église achève de brûler.
Rapport définitif de 'la journée : i
Morts: 52 hommes, 10 chevaux, soit
les 180 premiers mètres de négatif
de Un Soir au Front.
R. H.
"vViwvvvvwMM\vi/vvvvvviwivvvvvvvv*
A
M II
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',' , tU,
.., M
La première production des
FILMS OSSO
sera présentée le
lL7 MERCREDI
17 DÉCEMBRE
à 10 heures du matin
AU
MOULIN-ROUGE
JUSTES OPINIONS
.!. l
i 1
Les grandes figures du Cinéma
UN PRÉSIDENT
Il sourit mais il veut; il veut, donc
il agit..En ces termes, j'évoquais
un jour la belle figure de mon cher
maître et grand ami Robert de Fiers,
trop tôt disparu, démonstration vi-
vante de ce vieil adage de nos pères:
la mesure n'exclut pas la force.
Trop souvent, l'après-guerre ins-
truite par la guerre a confondu la vio-
lence avec la puissance, quand en
réalité l'une à l'autre s'oppose. Seuls,
les faibles sont brutaux parce qu'in-
certains de leur efficacité dans le com-
bat de la vie.
La manière, L bonne manière, celle
qui permet de tout dire, de tout faire'
avec le sourire, cette manière si fran-
çaise évoque à mes yeux la divine
mesure chère à l'Attique de nos Dè-
res spirituels. La douce violence re-
vient à la mode.
Or, au banquet récent de la Presse
Cinématographique, je ne pouvais
m'empêcher d'y songer en écoutant
le président de la Chambre syndicale,
de la Cinématographie. Il parlait avec
nonchalance, puis brusquement éclai
rait son discours d'une phrase de feu.
Mais le mécontentement ne perçait
point et une légère moue désabusée
couronnait l'élévation du ton. On ne
me fera pas mettre en colère, semblait
défier l'orateur, qui revenait au sou-
rire calmant après une pensée ven-
geresse.
De l'ironie, certes, on en trouve
dans un discours de Charles Delac,
mais une ironie ennoblie par la con-
viction. Toute ironie qui i.c vise qu'à
la destruction, sans rien ériger, est
une erreur chez un dirigeant ; le pré-
sident Delac ne la commet jamais. Te
l'ai vu dans les cas les plus difficiles,
l'affaire du contingentement, l'accord
entre les auteurs et les producteurs
pour le film parlé, garder u.i aimable
sang-froid tout en défendant pied à
pied la thèse qui lui était chère.
Son attaque se parait de sourires et
l'adversaire d'une minute en était
d'autant plus désemparé.
En toute discussion, la victoire est
au plus habile s'il est persévérant.
Charles Delac, tenace comme pas
deux, ignore la fatigue. Il revient dix,
vingt fois à la charge, et sa méthode
comporte une série - de concessions
compensées par des acquisitions ines-
pérées. Ayant désarmé l'antagoniste
par la preuve de sa bonne foi, de son
libéralisme et de sa clairvoyance, il
M. Charles Delac
profite des avantages d'un terrain mo-
ral bien préparé.
Le cinéma n'a pas toujours joui
d'une excellente renommée et son per-
sonnel a été plus d'une fois publi-
quement attaqué sur preuves. Les
financiers qui, pourtant, auraient per-
sonnellement besoirr d'une indulgence
plénière, ont toujours été particuliè-
rement méfiants à l'endroit des ci-
néastes. Des souvenirs cuisants han-
tent leur esprit, à l'heure des négo-
ciations cinéo-bancaires. Ils ont tort
de garder trop bonne mémoire d'un
mauvais passé: la corporation s'est
considérablement épurée, grâce à De-
lac, l'assainissement continue. Nous
l'avons 'VU, parfois très courageuse-
ment,, dénoncer les manœuvres désho-
norantes de faux cinéastes, bandits
d'affaires ,dont les vols rendent, hé-
las! toute la profession suspecte.
A cette heure de guérison, il fallait
un bon médecin. Or, Charles Delac
jouit de cette incomparable situation
d'être insoupçonnable et insoupçon-
né. Quelle arme dans les joutes ora-
toires que celle du respect! Les ad-
versaires les plus résolus s'inclinent
toujours devant un homme digne d'es-
time. En dix ans de cinéma, je n'ai
pas entendu formuler une critique sur
l'honorabilité scrupuleuse du prési-
dent. C^est un privilège unique qui
vaut qu'on s'incline.
A l'heure où cent conflits et dix
situations délicates se préparent, où
l'Amérique songe à l'annexion inté-
grale de l'écran français qu'elle a déjà
passablement envahi; où l'Allemagne
réalise des progrès considérables, où
la lourdeur des organismes d'édition
française retarde la manifestation
éclatante de notre talent; il faut faire
confiance au parfait président de la
Chambre syndicale. Aimable, il est
aimé. Tout le monde, en échange des
services qu'il rend, désire son succès
personnel, et nous l'avons bien vu
quand, publiquement, il affirma qu'il
n'avait pas été nommé directeur d'une
grande maison allemande.
« Nous le regrettons 1 » s'écria Gas-
ton Thierry, interprète de toute la
salle. Continuons de lui faire confian-
ce. Sa force persuasive est grande et
il nous prépare des victoires que l'op-
timisme de mes amis Chàtaigner et
Bqnardi laisse prévoir comme pro-
chaines. Bravo Delac ! producteur et
animateur souvent sans peur et tou-
jours sans reproche!
Sur un seul point, j'apporte une
légère restriction au programme d'op-
timisme intégral qu'on nous propose.
Il faut savoir garder un sain esprit
critique afin de donner rlus de poids
à nos éloges..
L'optimisme béat est sans valeur.
Il tue tout. Il encourage !a paresse.
Et puis, ceux qui semblent aimer tout
et tout le monde n'aiment rien ni per-
sonne.
José GERMAIN.
Une jolie scène de ballet de Paramount en Parade, la grande revue franco-américaine qui triomphe actuellement
au P aramount.
Le Cinéma
au Grand Duché dè Luxembourg
Luxembourg, 7 décembre.
(D'un correspondait.)
Le grand-duché de Luxembourg,
avec la population bilingue semble
particulièrement favorisé par le film
parlé. Ainsi, on peut y entendre les'
productions françaises et allemandes
dans leur langue d'origine. De cer-
tains, films à distribution double, com-
me par exemple La Vie est belle, on
projette les deux versions. On peut
donc dire que le public luxembourgeois
est gâté. Il a assez de flair pour re-
connaître la valeur des différentes ban-
des -et de leurs versions, respectives.
Il sait en choisir la meilleure. La gran-
de masse du public est plus familia-
risée avec l'allemand, il est vrai ; mais
tout le monde sait apprécier le bon
film français. Toutes les productions
françaises sont projetées dans leur lan-
gue d'origine et on ne présente pas
leur adaptation allemande. Ainsi on
nous épargne un Prix de Beauté mu-
tilé. Mais c'est en vain que nous at-
tendons le merveilleux Sous les toits
de Paris, de Réné Clair.
- Sous un autre point de vue encore,
le public luxembourgeois est parfois,
souvent, favorisé. Bien des œuvres,
comme par exemple A VOuest rien de
nouveau, sont présentées très peu de
temps après leur sortie à Paris. D'au-
tres, rares - il est vrai, sortent à Luxem-
bourg avant de sortir à Paris.
A présent, toutes les salles de la
capitale et toutes celles d'Esch-sur-Al-
zette ont leur installation sonore. Pour
février prochain, on peut attendre l'ou-
verture d'une nouvelle salle, à Luxem-
bourg même, salle qui sera la plus
grande de tout le pays et où l'on ne
passera que des productions sonores ou
parlées. @ Ce sera la première salle du
pays spécialement aménagée en vue du
sonore.
Quant à la production: de films
luxembourgeois, elle est pour ainsi
dire inexistante. A part quelques ban-
des d'actualité et de propagande et
quelques essais de jeunes, il iry a rien
à signaler. Mais on parle d'une bande
sonore réalisée par un de ces jeunes :
Echternairh, le film d'une p-etite ville,
film qui sortirait la saison prochaine.
Pour ce qui concerne le cinéma des
amateurs, il est en pleine prospérité,
mais en ne compte guère des amateurs
employant du film standard. Le Ciné-
Club Luxembourgeois, fondé en 1929,
reprendra sous peu son activité relâ-
chée pendant plusieurs mois. Le Club
« Avant-Garde » organise un concours
de films d'amateurs. Et, de plus, on
parle d'une exposition internationale du
cinéma et de la photo. Attendons tou-
jours.
Evy Friedrich.
Joséphine DunD.,
dans Paramount en Parade.
Poulbot, vedette
de cinéma
Qui ne connaît Poulbot, le dessina-
teur génial, ddnt le crayon spirituel
et plein de verve a créé pour l'éter-
nité le type gouailleur et sympathique
du gamin de Paris, le « titi » à la ré-
plique effrontée et au geste spontané.
Or, le grand Poulbot, que l'on
croyait cloîtré dans son atelier de l'ave-
nue Junot, sort de sa retraite et va,
pour la première fois, affronter les
feux des « sunlights ».
La Paramount, toujours désireuse
d'avoir le concours des plus grandes
vedettes françaises et étrangères dans
quelque domaine que ce soit, vient
d'engager, en effet, le célèbre dessi-
natur pour tourner dans ses studios de
Joinville, quelques sketches inédits,
sous la direction du brillant metteur
en scène Louis Mercantbn, dont le
dernier film, La Lettre, vient de rem-
porter un gros succès' du Théâtre Pa-
ramount.
Trois de ces sketches, dont Poulbot
est non seulement l'animateur, mais
aussi l'acteur, sont déjà réalisés avec
Jean Mercanton, Sunshine Woodward
et les enfants de Paris, ceux que l'on
a coutume d'appeler'depuis longtemps
« Les Petits Poulbot ».
Amour 1 Amour !
Aux murs d'un appartement moder-
ne sont dessinés des motifs humoristi-
ques. Les meubles, bas sont couverts
de livres, de fleurs. C'est ici l'intérieur
d'un homme jeune et raffiné.
Fred Stubert entre, aperçoit un sac,
des gants de femme, sursaute et crie:
— Nelly I
Et- la jolie .femme qui riait se jette
dans ses bras. Il la couvre de baisers,
la soulève, la couche sur le divan et
se penche sur sa belle tête aux yeux
clos.
— Stop ! crie André-Paul Antoine;
- Stop.! crie André-Paul Antoine ;
qui dirige la version française de La
Folle Aventure, réalisé. Dar - Cari Frce-
lich. -
Un beau paysage de neige dans Troïka, le film de Strijevsky, dont Hélène
Steels, Olga Tchekowa, H.-A. Schlettow et Michel Tchekow sont les princi-
pales vedettes. Troïka remporte un très grand succès, actuellement, au
Caméo.
L'activité
chez Pathé - Natan
Pathé-Journal 56.
1. Concours agricole à Portland ; 2.
Les indiscrétions de Pathé-Journal,
chronique sportive, la course des mar-
chands de charbon, chronique aéronau-
tique, Salon de l'Aviation, chronique
parisienne, le concours des fumeurs,
chronique humoristique, « Le coup du
crochet » au Théâtre de la Fourmi;
3. L'aviation française reconquiert un
nouveau record; 4. Une belle partie
de football à New-York; 5. Le bateau-
cible anglais Robot; 6. Les inondations
du bassin. de la Seine.
Un nouveau procédé d'enregistrement?
Roger Goupillère a-t-il découvert un
nouveau procédé de prises de sons ?
En tournant Le Poignard malais de
Jean Aragny pour Pathé-Natan il a
lancé en pleine nuit Périgneauix et
Gaby Basset sur la route de la Maison
Moutier. Et pendant que l'auto rou-
lait à toute vitesse avec le bruit bien
connu de 40 chevaux qui se respec-
tent, la conversation des deux inter-
prètes, l'un au volant, l'autre, sur les
coussins de la voiture dans le rôle de
Pierre Gilbert et de Maguy, fut enre-
gistrée aussi clairement que dans le
plus silencieux des studios.
Voyages et extérieurs.
Depuis l'apparition du film parlé,
on se plaint que, pour des raisons
techniques, les -réalisateurs se confi-
nent un peu trop dans le travail du
studio : les metteurs en scène attachés
à la production Pathé-Natan ne font
pourtant pas preuve d'humeur casa-
nière, certains sont de véritables globe-
trotters. Ainsi, pendant qu'André. Hu-
gon achève La Femme et le Rossignol,
dans le silence des solitudes saharien-
nes, Marco de Gastyne se prépare à
aller suivre, sur les pistes glacées du
Klondyke, les traces de La Bête er-
rante, tandis que Maurice Tourneur
s'apprête, avec sa -troupe, pour une
longue croisière en Orient, à seule fin
de situer l'action de Partir dans sa vé-
ritable ambiance.
Il n'est pas de difficultés qui soient
insurmontables.
On se souvient qu'avant d'entrepren-
dre le nouveâu film parlé qu'il tourne
pour Pathé-Natan, La Femme et le
Rossignol, André Hugon eut toutes les
peines du monde à recruter sa ve-
dette masculine, un jeune premier spor-
tif, ainsi que sa vedette féminine,
Kaïssa Robba. Maintenant qu'il a
franchi la Méditerranée, c'est avec les
vedettes maritimes que le metteur en
scène de Lévy et Cie éprouve des dif-
ficultés.
Mais, n'ayez crainte; il les surmon-
tera, car si un metteur en scène doit
avoir les qualités d'un bon peintre,
d'un poète et d'un grand capitaine,
pourquoi n'aurait-il pas aussi celles
d'un amiral ?
Le Carnet du critique
Aujourd'hui, au Palais-Rochechouart,
à 10 heures: Le Club des Célibataires.
Demain mercredi, au Palais-Ro-
chechouart, à 10 heures : Le Crime de
Sylvestre Bonnarâ.
c Jeudi ir décembre, au Palais-Roche-
chouart, à 10 heures : Rapsodie Hon-
groise.
JAINTGPÀNIER
et toutes le* Vedette*!.
Cksl un filntf^cuuunouttb
, -
---a -
ea EM Let c
earee le Çon&otuv de. n BOIOU QOLSCMMAHU
PERMANENT- oc 9*30 du MATIN A 2*OUMATIN
AIl zmw.——tM—~Mwwt—t.~
L'opinion des autres
L'Ami du Peuple nous parle « en
passant » de l'avant-garde :
Il y a à Paris un cinéma surréaliste
où l'on donne des films d'une aima-
ble loufoquerie et dont certains sont
.très rigolos si l'on ne les considère pas
comme la suprême expression de la
poésie française. L'autre soir la pro-
jection d'un film nouveau fut bruyam-
ment interrompue par un groupe de
surréalistes, un groupe qui n'était pas
celui qui patronnait cette oeuvre. Les
manifestants la considéraient comme
une offense à l'Art, à l'Intelligence et
au Goût. Le public, lui, avait accueilli
toutes ces fumisteries avec bonne hu-
meur. L'opposition était venue d'extré-
mistes en tous points semblables aux
auteurs. Les grands ennemis des ex-
trémistes ce ne sont pas les modérés;"
ce sont les autres extrémistes.
Voyez ce qui se passe dans l'Améri-
que sèche. Chacun sait que les
« gangsters » ne redoutent point la po-
lice, dont ils n'ont d'ailleurs rien à
craindre. Ils n'ont peur que des gens
de leur acabit et Chicago attend pour
aspirer qu'ils se soient tous extermi-
nés entre eux. Il en va de même quand ,
il s'agit de doctrines artistiques. Les
partis d'avant-garde ne redoutent rien
tant que de voir leurs semblables les
devancer d'un pas. Une véritable par-
tie de croc-en-jambe se livre à l'avant-
garde de tous les arts.
Il en va ainsi, je crois, en politi-
que, et c'est la sauvegarde des mo-
dérés. Il y a bien des révolutions qui
ne sont empêchées que par les révo-
lutionnaires.
Très bon article de /.-P. Gélas dans
L'Action Francise sur le système Tay-
lor au cinéma.
Le cinéma, issu du laboratoire et
de la baraque foraine, est à la fois
un. art et une production industrielle,
une marchandise commerciale et un
langage. Par suite de cette complexité,
la concurrence s'exerce tour à tour sur
chacun de ces aspects. Les firmes lut-
tent pour l'extension des marchés, tan-
tôt par les qualités athlétiques ou in-
tellectuelles de leurs productions, tan-
tôt, enfin, par des perfectionnements de
technique industrielle. Mais une supé-
riorité dans le domaine de l'art ou de
la pensée étant la chose la plus ma-
laisée à atteindre, et aussi la plus
aléatoire, c'est de préférence par les
moyens commerciaux et industriels que
rivalisent les firmes.
Sur la necessite de la division du
travail, J.-P. Gélas est formel :
Si la simple division du travail est
commode, aussi bien en art où elle se
manifeste par la séparation des gen-
res, qu'en science où elle s'appelle
spécialisation, par contre la « rationa-
lisation » telle qu'on la conçoit main-
tenant, c'est-à-dire comportant l'auto-
matisme le plus mécanique, le confor-
misme le, plus étroitement banal, la
possibilité d'interchanger les auteurs,
et l'anonymat dans ce qu'il y a de
plus indifférent, de plus neutre, est
un procédé qui, appliqué à un art. le
frappe à mort.
Seulement, le cinéma a ceci de par-
ticulier que la réalisation d'un film
nécessite des matériaux divers, des
comDétences infiniment variées, des
collaborations innombrables. Il faut
donc bien diviser la tache et coordon-
ner les efforts afin d'éviter le désordre
et la confusion.
Mais l'organisation méthodique de
la production, si nécessaire soit-elle,
comporte de trop graves dangers pour
être admise d'emblée sans restrictions.
En tous cas, pour être acceptable, elle
ne devrait pas avoir d'autre but qu'une
judicieuse répartition de la besogne,
permettant à la fois une certaine ini-
tiative de la part de chacun des colla-
borateurs, et la cohésien de tous les
éléments sous une direction unique.
Or, il n'en est pas ainsi : la « ratio-
nalisation M : du cinéma n'a, pas plus
qu'ailleurs, de plus haute ambition
que le rendement intensif, et sa for-
mule reste celle-ci : travail en série,
confection rapide, production surabon-
dante.
Comme il faut en finir avec un film
de mille cinq cents mètres en quinze
jours, on enregistre fiévreusement
n'importe quoi n'importe comment,
dans, une atmosphère surchauffée, éner-
vante et stérile, avec le minimum de
mise au point ou de, réflexion, mais à
raison de cent mètres par jour.
rar contre, l'exemple d'un Léon
Poirier allant tourner « Caïn » dans
l'île de Nossi-Bé, loin du tourbillon
bruyant et vain des nouveaux studios,
constitue une protestation grosse de
conséquences contre ces méthodes em-
ployées d'une façon absurde.
Un tel rapprochement fait d'ailleurs
apparaître d'une manière probante
l'impossibilité pour un véritable artiste
de s'emprisonner dans la mécanique
'dun organisme aveugle, bête et tyran-
nique, car l'art étant la manifestation
la plus pure, la plus libre de l'esprit,
meurt en captivité -.
.,
JEAN DE ROVERA
Directeur
Le premier quotidien français du Cinéma
Au banquet de l'A.P.P.C., M.
Charles Delac a demandé aux
journalistes d'être prudents en ce
qui concerne les informations alle-
mandes.
Et, par la même occasion, il
a prié les banquiers de ne pas ané-
mier le cinéma par trop de soins
intempestifs.
t Caïn devant le squelette du missionnaire. C'est une des scènes les fins
humaines et les fins attachantes de Caïn, aventure des mers exotiques, le
beau film de Léon Poirier, dont le succès ne se dénient Pas à VOlympia.
De miracle en miracle
Le Théâtre cinématographique de « L'Intransigeant»
sera l'un des plus beaux du monde et le triomphe
- du son, de la lumière et de la machine
Le hasard, qui fait bien les choses,
m'a donné pour cicerone au « Ciné-
ma des Miracles », M. Léon Bailby
en personne. A vrai dire, je ne dus
pas ce plaisir au hasard, mais au soin
que M. Léon Bailby apporte à la pro-
chaine, ouverture du cinéma de L'In-
transigeant et à l'entremise de nos
amis MM. Pierre Curai et Fernand
Divoire.
- Pour l'instant: poutres, poussière,
électricité, chimie, architecture. Un
véritable état-major entoure M. Léon
Bailby, qui tient à rester maître de
l'œuvre jusqu'à la dernière minute.
Est-ce un cinéma? Non, c'est le
rêve d'un homme de goût qui, d'une
fantaisie fait une réalité pour les ama-
teurs de cinéma.
Puisque nos confrères seront con-
viés le 17 à un' vernissage, je ne puis
décrire entièrement cette salle; tou-
tefois Comœdia se devait d'en signa-
ler le premier le modernisme et l'art.
Un portail de Brandt donne accès
sur un hall rectangulaire aux propor-
tions harmonieuses, véritable réduc-
tion de la salle, qui s'ouvre sur, la
rue Réaumtfr.
La salle pourrait contenir de .800
à 1.000 places si M. Léon Bailby lui
demandait une exploitation normale,
c'est-à-dire très commerciale. Point
n'a été son idée. Seuls 550 fauteuils
ont été prévus au rez-de-chaussée ct'
au balcon.
Le balcon s'avance en rectangle sur;
le tiers de la salle. Comme à l'étage j
inférieur, les fauteuils" y sont répartis
en trois rangées; les espaces libres
offriront aux spectateurs un chemin
de lumière douce, afin de, leur per-
mettre de faciles allées et venues.,
Les lumières tomberont du* plafond
mais cachées, diffusées, en tonalité
bleue, de façon à transformer la voûte
en un ciel de printemps. Cèpendant
que l'air de la salle sera sans cesse
renouvelée par un ingénieux dispo-
sitif, selon un procédé voisin de l'air
différentiel de Knappen, le cr sauveur
de nos vieilles pierres », les murs
sembleront eux-mêmes participer à la
ventilation. Des tentures de soie gri-
ses cacheront les dispositifs néces-
saires. -
Quant à la scène — bien qu'elle
ne tourne pas — on peut dire qu'elle
sera l'une des mieux équipées de
Paris. Trois sous-sols, une cage de
dix-neuf mètres contiendront les ap-
pareils. L'écran lève, le plateau aux
carrelages lumineux se prêtera à la
chorégraphie. Un simple déclic et la
fosse d'orchestre apparaîtra, suppri-
mant un escalier aux marches trans-
parentes dont viendra 4a musique mé-
canique et le son.
M. Léon Bailby, les bas de pan-
talon dans le plâtre, m'a décrit tout'
ce.la avec l'amoureuse éloquence d'un
architecte fier de son bâtiment. A ses
côtés, M. Fernand Divoire rêvait à
quelque ballet.
Au fait, ne verrons-nous pas de.s
danseurs sur cette scène? M. Fer-
nand Divoire ne m'a rien dit mais
M. Léon Bailby, qui n'attend de cette
salle que des joie15 d'artiste, m'a paru
fort intéressé par cette idée.
Et dans les couloirs.
Mais voici où l'information serait-
indiscrète. Disons' seulement et pour
finir, notre fierté de voir M. Léon
Bailby, qui a déjà tant fait pour les
lettres et les arts, doter Paris de l'un
des plus beaux cinémas du monde.
Jea.vPierre LIAUSU.
IE JOURNAL OSSQ
QUOTIDIEN CINEMATOGDADHIQUr: PRIVE
75 Av* oes Champs Eiysees PARIS
PREMIERE ANNEE. — N° 95. MARDI 9 DECEMBRE 1930.
A. Ryder tourne
"Un Soir au front"
La journée du 6 décembre 1930
est désormais une date mémorable
dans les annales de la Société des
Films Osso. Elle .marquera en effet
un nouveau pas vers le succès, avec
le premier tour de manivelle de fa su-
perproduction Un Soir au Front, que
réalise Alexandre Ryder.
Tiré de la célèbre pièce de. Henry
Kistemaeckers, ce film sera le, qua-
trième que cette société produira dans
l'espace presque incroyable de quatre-
mois.
Les hostilités sont commencées
,.;.8-. Jo
Premier contact avec l'ennemi
Larchant (Seine-et-Oise), 6 décem-
bre. Communiqué de notre envoyé
spécial.
9 h. 30: Le généralissime Alexan-
dre Ryder, entouré de son état-major,
quitte Paris à -destination du. champ
de bataille.. ,
11 heures: Le colonel Winter, le
capitaine Dorys, les lieutenants Fers-
ter et Briquet et un escadron de ca-
valerie rendent les honneurs à l'ar-
rivée du général Ryder, qui descend
de son automobile, suivi du lieutenant-
colonel Jaquelux et du lieutenant Go-
réaud. Le général passe immédiate-
ment sa troupe en revue et se dirige
à pied vers son P. C.
Il h. 30: L'ennemi entame le feu.
quatre schrapnels viennent éclater au-
dessus d'une église située à 100 mè-
tres du P. C.
12 heures: Le brouillard qui recou-
vrait le village commence à se dissi-
per et l'on distingue déjà la vieille
église en ruine d'où s'élèvent encore
de longues flammes.
13 heures: Le lieutenant-colonel
Jaquelux profite de. l'éclaircie pour
faire camoufler le P. C.
13 h. 30: Le capitaine Dorys fait
procéder au ravitaillement.
14 heures: Queiques obus éclatent
près des chefs d'opérations sans cau-
ser de dégâts. -
,
14 h. 30: Trois mitrailleuses sont
placées sur un chariot. Les lieutenants
Forster, Briquet et Goreaud sont char-
gés d'en assurer la manœuvre. Les
habitants du village de Larchant, dans
l'obligation d'évacuer leurs demeures,
viennent se placer sous la protection
du général Ryder; quelques-uns s'en-
gagent volontairement sous ses ordres.
- 15 heures: R. A. S.
16. heures: Sur un ordre du géné-
ral Ryder, immédiatement transmis
par les colonels Winter et Jaquelux,
un. escadron de cavalerie sc.. détache
pour charger. A ce moment dv nom-
breux schrapnels et mortiers de 105
ennemis s'abattent sur eux, faisant
5'2 morts et de nombreux blessés. 10
chevaux sont tués. Dans ie lointain,
l'église achève de brûler.
Rapport définitif de 'la journée : i
Morts: 52 hommes, 10 chevaux, soit
les 180 premiers mètres de négatif
de Un Soir au Front.
R. H.
"vViwvvvvwMM\vi/vvvvvviwivvvvvvvv*
A
M II
-.-- T
w
',' , tU,
.., M
La première production des
FILMS OSSO
sera présentée le
lL7 MERCREDI
17 DÉCEMBRE
à 10 heures du matin
AU
MOULIN-ROUGE
JUSTES OPINIONS
.!. l
i 1
Les grandes figures du Cinéma
UN PRÉSIDENT
Il sourit mais il veut; il veut, donc
il agit..En ces termes, j'évoquais
un jour la belle figure de mon cher
maître et grand ami Robert de Fiers,
trop tôt disparu, démonstration vi-
vante de ce vieil adage de nos pères:
la mesure n'exclut pas la force.
Trop souvent, l'après-guerre ins-
truite par la guerre a confondu la vio-
lence avec la puissance, quand en
réalité l'une à l'autre s'oppose. Seuls,
les faibles sont brutaux parce qu'in-
certains de leur efficacité dans le com-
bat de la vie.
La manière, L bonne manière, celle
qui permet de tout dire, de tout faire'
avec le sourire, cette manière si fran-
çaise évoque à mes yeux la divine
mesure chère à l'Attique de nos Dè-
res spirituels. La douce violence re-
vient à la mode.
Or, au banquet récent de la Presse
Cinématographique, je ne pouvais
m'empêcher d'y songer en écoutant
le président de la Chambre syndicale,
de la Cinématographie. Il parlait avec
nonchalance, puis brusquement éclai
rait son discours d'une phrase de feu.
Mais le mécontentement ne perçait
point et une légère moue désabusée
couronnait l'élévation du ton. On ne
me fera pas mettre en colère, semblait
défier l'orateur, qui revenait au sou-
rire calmant après une pensée ven-
geresse.
De l'ironie, certes, on en trouve
dans un discours de Charles Delac,
mais une ironie ennoblie par la con-
viction. Toute ironie qui i.c vise qu'à
la destruction, sans rien ériger, est
une erreur chez un dirigeant ; le pré-
sident Delac ne la commet jamais. Te
l'ai vu dans les cas les plus difficiles,
l'affaire du contingentement, l'accord
entre les auteurs et les producteurs
pour le film parlé, garder u.i aimable
sang-froid tout en défendant pied à
pied la thèse qui lui était chère.
Son attaque se parait de sourires et
l'adversaire d'une minute en était
d'autant plus désemparé.
En toute discussion, la victoire est
au plus habile s'il est persévérant.
Charles Delac, tenace comme pas
deux, ignore la fatigue. Il revient dix,
vingt fois à la charge, et sa méthode
comporte une série - de concessions
compensées par des acquisitions ines-
pérées. Ayant désarmé l'antagoniste
par la preuve de sa bonne foi, de son
libéralisme et de sa clairvoyance, il
M. Charles Delac
profite des avantages d'un terrain mo-
ral bien préparé.
Le cinéma n'a pas toujours joui
d'une excellente renommée et son per-
sonnel a été plus d'une fois publi-
quement attaqué sur preuves. Les
financiers qui, pourtant, auraient per-
sonnellement besoirr d'une indulgence
plénière, ont toujours été particuliè-
rement méfiants à l'endroit des ci-
néastes. Des souvenirs cuisants han-
tent leur esprit, à l'heure des négo-
ciations cinéo-bancaires. Ils ont tort
de garder trop bonne mémoire d'un
mauvais passé: la corporation s'est
considérablement épurée, grâce à De-
lac, l'assainissement continue. Nous
l'avons 'VU, parfois très courageuse-
ment,, dénoncer les manœuvres désho-
norantes de faux cinéastes, bandits
d'affaires ,dont les vols rendent, hé-
las! toute la profession suspecte.
A cette heure de guérison, il fallait
un bon médecin. Or, Charles Delac
jouit de cette incomparable situation
d'être insoupçonnable et insoupçon-
né. Quelle arme dans les joutes ora-
toires que celle du respect! Les ad-
versaires les plus résolus s'inclinent
toujours devant un homme digne d'es-
time. En dix ans de cinéma, je n'ai
pas entendu formuler une critique sur
l'honorabilité scrupuleuse du prési-
dent. C^est un privilège unique qui
vaut qu'on s'incline.
A l'heure où cent conflits et dix
situations délicates se préparent, où
l'Amérique songe à l'annexion inté-
grale de l'écran français qu'elle a déjà
passablement envahi; où l'Allemagne
réalise des progrès considérables, où
la lourdeur des organismes d'édition
française retarde la manifestation
éclatante de notre talent; il faut faire
confiance au parfait président de la
Chambre syndicale. Aimable, il est
aimé. Tout le monde, en échange des
services qu'il rend, désire son succès
personnel, et nous l'avons bien vu
quand, publiquement, il affirma qu'il
n'avait pas été nommé directeur d'une
grande maison allemande.
« Nous le regrettons 1 » s'écria Gas-
ton Thierry, interprète de toute la
salle. Continuons de lui faire confian-
ce. Sa force persuasive est grande et
il nous prépare des victoires que l'op-
timisme de mes amis Chàtaigner et
Bqnardi laisse prévoir comme pro-
chaines. Bravo Delac ! producteur et
animateur souvent sans peur et tou-
jours sans reproche!
Sur un seul point, j'apporte une
légère restriction au programme d'op-
timisme intégral qu'on nous propose.
Il faut savoir garder un sain esprit
critique afin de donner rlus de poids
à nos éloges..
L'optimisme béat est sans valeur.
Il tue tout. Il encourage !a paresse.
Et puis, ceux qui semblent aimer tout
et tout le monde n'aiment rien ni per-
sonne.
José GERMAIN.
Une jolie scène de ballet de Paramount en Parade, la grande revue franco-américaine qui triomphe actuellement
au P aramount.
Le Cinéma
au Grand Duché dè Luxembourg
Luxembourg, 7 décembre.
(D'un correspondait.)
Le grand-duché de Luxembourg,
avec la population bilingue semble
particulièrement favorisé par le film
parlé. Ainsi, on peut y entendre les'
productions françaises et allemandes
dans leur langue d'origine. De cer-
tains, films à distribution double, com-
me par exemple La Vie est belle, on
projette les deux versions. On peut
donc dire que le public luxembourgeois
est gâté. Il a assez de flair pour re-
connaître la valeur des différentes ban-
des -et de leurs versions, respectives.
Il sait en choisir la meilleure. La gran-
de masse du public est plus familia-
risée avec l'allemand, il est vrai ; mais
tout le monde sait apprécier le bon
film français. Toutes les productions
françaises sont projetées dans leur lan-
gue d'origine et on ne présente pas
leur adaptation allemande. Ainsi on
nous épargne un Prix de Beauté mu-
tilé. Mais c'est en vain que nous at-
tendons le merveilleux Sous les toits
de Paris, de Réné Clair.
- Sous un autre point de vue encore,
le public luxembourgeois est parfois,
souvent, favorisé. Bien des œuvres,
comme par exemple A VOuest rien de
nouveau, sont présentées très peu de
temps après leur sortie à Paris. D'au-
tres, rares - il est vrai, sortent à Luxem-
bourg avant de sortir à Paris.
A présent, toutes les salles de la
capitale et toutes celles d'Esch-sur-Al-
zette ont leur installation sonore. Pour
février prochain, on peut attendre l'ou-
verture d'une nouvelle salle, à Luxem-
bourg même, salle qui sera la plus
grande de tout le pays et où l'on ne
passera que des productions sonores ou
parlées. @ Ce sera la première salle du
pays spécialement aménagée en vue du
sonore.
Quant à la production: de films
luxembourgeois, elle est pour ainsi
dire inexistante. A part quelques ban-
des d'actualité et de propagande et
quelques essais de jeunes, il iry a rien
à signaler. Mais on parle d'une bande
sonore réalisée par un de ces jeunes :
Echternairh, le film d'une p-etite ville,
film qui sortirait la saison prochaine.
Pour ce qui concerne le cinéma des
amateurs, il est en pleine prospérité,
mais en ne compte guère des amateurs
employant du film standard. Le Ciné-
Club Luxembourgeois, fondé en 1929,
reprendra sous peu son activité relâ-
chée pendant plusieurs mois. Le Club
« Avant-Garde » organise un concours
de films d'amateurs. Et, de plus, on
parle d'une exposition internationale du
cinéma et de la photo. Attendons tou-
jours.
Evy Friedrich.
Joséphine DunD.,
dans Paramount en Parade.
Poulbot, vedette
de cinéma
Qui ne connaît Poulbot, le dessina-
teur génial, ddnt le crayon spirituel
et plein de verve a créé pour l'éter-
nité le type gouailleur et sympathique
du gamin de Paris, le « titi » à la ré-
plique effrontée et au geste spontané.
Or, le grand Poulbot, que l'on
croyait cloîtré dans son atelier de l'ave-
nue Junot, sort de sa retraite et va,
pour la première fois, affronter les
feux des « sunlights ».
La Paramount, toujours désireuse
d'avoir le concours des plus grandes
vedettes françaises et étrangères dans
quelque domaine que ce soit, vient
d'engager, en effet, le célèbre dessi-
natur pour tourner dans ses studios de
Joinville, quelques sketches inédits,
sous la direction du brillant metteur
en scène Louis Mercantbn, dont le
dernier film, La Lettre, vient de rem-
porter un gros succès' du Théâtre Pa-
ramount.
Trois de ces sketches, dont Poulbot
est non seulement l'animateur, mais
aussi l'acteur, sont déjà réalisés avec
Jean Mercanton, Sunshine Woodward
et les enfants de Paris, ceux que l'on
a coutume d'appeler'depuis longtemps
« Les Petits Poulbot ».
Amour 1 Amour !
Aux murs d'un appartement moder-
ne sont dessinés des motifs humoristi-
ques. Les meubles, bas sont couverts
de livres, de fleurs. C'est ici l'intérieur
d'un homme jeune et raffiné.
Fred Stubert entre, aperçoit un sac,
des gants de femme, sursaute et crie:
— Nelly I
Et- la jolie .femme qui riait se jette
dans ses bras. Il la couvre de baisers,
la soulève, la couche sur le divan et
se penche sur sa belle tête aux yeux
clos.
— Stop ! crie André-Paul Antoine;
- Stop.! crie André-Paul Antoine ;
qui dirige la version française de La
Folle Aventure, réalisé. Dar - Cari Frce-
lich. -
Un beau paysage de neige dans Troïka, le film de Strijevsky, dont Hélène
Steels, Olga Tchekowa, H.-A. Schlettow et Michel Tchekow sont les princi-
pales vedettes. Troïka remporte un très grand succès, actuellement, au
Caméo.
L'activité
chez Pathé - Natan
Pathé-Journal 56.
1. Concours agricole à Portland ; 2.
Les indiscrétions de Pathé-Journal,
chronique sportive, la course des mar-
chands de charbon, chronique aéronau-
tique, Salon de l'Aviation, chronique
parisienne, le concours des fumeurs,
chronique humoristique, « Le coup du
crochet » au Théâtre de la Fourmi;
3. L'aviation française reconquiert un
nouveau record; 4. Une belle partie
de football à New-York; 5. Le bateau-
cible anglais Robot; 6. Les inondations
du bassin. de la Seine.
Un nouveau procédé d'enregistrement?
Roger Goupillère a-t-il découvert un
nouveau procédé de prises de sons ?
En tournant Le Poignard malais de
Jean Aragny pour Pathé-Natan il a
lancé en pleine nuit Périgneauix et
Gaby Basset sur la route de la Maison
Moutier. Et pendant que l'auto rou-
lait à toute vitesse avec le bruit bien
connu de 40 chevaux qui se respec-
tent, la conversation des deux inter-
prètes, l'un au volant, l'autre, sur les
coussins de la voiture dans le rôle de
Pierre Gilbert et de Maguy, fut enre-
gistrée aussi clairement que dans le
plus silencieux des studios.
Voyages et extérieurs.
Depuis l'apparition du film parlé,
on se plaint que, pour des raisons
techniques, les -réalisateurs se confi-
nent un peu trop dans le travail du
studio : les metteurs en scène attachés
à la production Pathé-Natan ne font
pourtant pas preuve d'humeur casa-
nière, certains sont de véritables globe-
trotters. Ainsi, pendant qu'André. Hu-
gon achève La Femme et le Rossignol,
dans le silence des solitudes saharien-
nes, Marco de Gastyne se prépare à
aller suivre, sur les pistes glacées du
Klondyke, les traces de La Bête er-
rante, tandis que Maurice Tourneur
s'apprête, avec sa -troupe, pour une
longue croisière en Orient, à seule fin
de situer l'action de Partir dans sa vé-
ritable ambiance.
Il n'est pas de difficultés qui soient
insurmontables.
On se souvient qu'avant d'entrepren-
dre le nouveâu film parlé qu'il tourne
pour Pathé-Natan, La Femme et le
Rossignol, André Hugon eut toutes les
peines du monde à recruter sa ve-
dette masculine, un jeune premier spor-
tif, ainsi que sa vedette féminine,
Kaïssa Robba. Maintenant qu'il a
franchi la Méditerranée, c'est avec les
vedettes maritimes que le metteur en
scène de Lévy et Cie éprouve des dif-
ficultés.
Mais, n'ayez crainte; il les surmon-
tera, car si un metteur en scène doit
avoir les qualités d'un bon peintre,
d'un poète et d'un grand capitaine,
pourquoi n'aurait-il pas aussi celles
d'un amiral ?
Le Carnet du critique
Aujourd'hui, au Palais-Rochechouart,
à 10 heures: Le Club des Célibataires.
Demain mercredi, au Palais-Ro-
chechouart, à 10 heures : Le Crime de
Sylvestre Bonnarâ.
c Jeudi ir décembre, au Palais-Roche-
chouart, à 10 heures : Rapsodie Hon-
groise.
JAINTGPÀNIER
et toutes le* Vedette*!.
Cksl un filntf^cuuunouttb
, -
---a -
ea EM Let c
earee le Çon&otuv de. n BOIOU QOLSCMMAHU
PERMANENT- oc 9*30 du MATIN A 2*OUMATIN
A
L'opinion des autres
L'Ami du Peuple nous parle « en
passant » de l'avant-garde :
Il y a à Paris un cinéma surréaliste
où l'on donne des films d'une aima-
ble loufoquerie et dont certains sont
.très rigolos si l'on ne les considère pas
comme la suprême expression de la
poésie française. L'autre soir la pro-
jection d'un film nouveau fut bruyam-
ment interrompue par un groupe de
surréalistes, un groupe qui n'était pas
celui qui patronnait cette oeuvre. Les
manifestants la considéraient comme
une offense à l'Art, à l'Intelligence et
au Goût. Le public, lui, avait accueilli
toutes ces fumisteries avec bonne hu-
meur. L'opposition était venue d'extré-
mistes en tous points semblables aux
auteurs. Les grands ennemis des ex-
trémistes ce ne sont pas les modérés;"
ce sont les autres extrémistes.
Voyez ce qui se passe dans l'Améri-
que sèche. Chacun sait que les
« gangsters » ne redoutent point la po-
lice, dont ils n'ont d'ailleurs rien à
craindre. Ils n'ont peur que des gens
de leur acabit et Chicago attend pour
aspirer qu'ils se soient tous extermi-
nés entre eux. Il en va de même quand ,
il s'agit de doctrines artistiques. Les
partis d'avant-garde ne redoutent rien
tant que de voir leurs semblables les
devancer d'un pas. Une véritable par-
tie de croc-en-jambe se livre à l'avant-
garde de tous les arts.
Il en va ainsi, je crois, en politi-
que, et c'est la sauvegarde des mo-
dérés. Il y a bien des révolutions qui
ne sont empêchées que par les révo-
lutionnaires.
Très bon article de /.-P. Gélas dans
L'Action Francise sur le système Tay-
lor au cinéma.
Le cinéma, issu du laboratoire et
de la baraque foraine, est à la fois
un. art et une production industrielle,
une marchandise commerciale et un
langage. Par suite de cette complexité,
la concurrence s'exerce tour à tour sur
chacun de ces aspects. Les firmes lut-
tent pour l'extension des marchés, tan-
tôt par les qualités athlétiques ou in-
tellectuelles de leurs productions, tan-
tôt, enfin, par des perfectionnements de
technique industrielle. Mais une supé-
riorité dans le domaine de l'art ou de
la pensée étant la chose la plus ma-
laisée à atteindre, et aussi la plus
aléatoire, c'est de préférence par les
moyens commerciaux et industriels que
rivalisent les firmes.
Sur la necessite de la division du
travail, J.-P. Gélas est formel :
Si la simple division du travail est
commode, aussi bien en art où elle se
manifeste par la séparation des gen-
res, qu'en science où elle s'appelle
spécialisation, par contre la « rationa-
lisation » telle qu'on la conçoit main-
tenant, c'est-à-dire comportant l'auto-
matisme le plus mécanique, le confor-
misme le, plus étroitement banal, la
possibilité d'interchanger les auteurs,
et l'anonymat dans ce qu'il y a de
plus indifférent, de plus neutre, est
un procédé qui, appliqué à un art. le
frappe à mort.
Seulement, le cinéma a ceci de par-
ticulier que la réalisation d'un film
nécessite des matériaux divers, des
comDétences infiniment variées, des
collaborations innombrables. Il faut
donc bien diviser la tache et coordon-
ner les efforts afin d'éviter le désordre
et la confusion.
Mais l'organisation méthodique de
la production, si nécessaire soit-elle,
comporte de trop graves dangers pour
être admise d'emblée sans restrictions.
En tous cas, pour être acceptable, elle
ne devrait pas avoir d'autre but qu'une
judicieuse répartition de la besogne,
permettant à la fois une certaine ini-
tiative de la part de chacun des colla-
borateurs, et la cohésien de tous les
éléments sous une direction unique.
Or, il n'en est pas ainsi : la « ratio-
nalisation M : du cinéma n'a, pas plus
qu'ailleurs, de plus haute ambition
que le rendement intensif, et sa for-
mule reste celle-ci : travail en série,
confection rapide, production surabon-
dante.
Comme il faut en finir avec un film
de mille cinq cents mètres en quinze
jours, on enregistre fiévreusement
n'importe quoi n'importe comment,
dans, une atmosphère surchauffée, éner-
vante et stérile, avec le minimum de
mise au point ou de, réflexion, mais à
raison de cent mètres par jour.
rar contre, l'exemple d'un Léon
Poirier allant tourner « Caïn » dans
l'île de Nossi-Bé, loin du tourbillon
bruyant et vain des nouveaux studios,
constitue une protestation grosse de
conséquences contre ces méthodes em-
ployées d'une façon absurde.
Un tel rapprochement fait d'ailleurs
apparaître d'une manière probante
l'impossibilité pour un véritable artiste
de s'emprisonner dans la mécanique
'dun organisme aveugle, bête et tyran-
nique, car l'art étant la manifestation
la plus pure, la plus libre de l'esprit,
meurt en captivité -.
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