Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1921-04-05
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 05 avril 1921 05 avril 1921
Description : 1921/04/05 (A15,N3032). 1921/04/05 (A15,N3032).
Droits : Consultable en ligne
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Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 25/05/2015
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LA CHAIR ET L'ESPRIT
Il y a 1 amour. Il y a la volupté. Si le
premier a besoin de l'autre, ou de son es-
pérance, pour naître, lui est-ellte: indispen-
sable pour soin établissement? C'est la
question que vient de poser M. Henry Ba-
taille après quelques autres, après lui-
même.
Pour la deuxième fois, en effet, fauteur
de La Tendresse s'est complu à examiner
ze délicat problème de psychologie amou-
reuse, et il est curieux de voir comment,
avec deux exemptes inverses, il est arrivé
à des conclusions opposées.
Le premier date de la Femme Nue. Il
tient tout entier dans son admirable der-
nier acte, dans cette entrevue si cruelle-
ment vraie et déchirante où l'amant qui
n'aime plus au sens physique du mot cru-
cifie de ses protestations d'affection celle
dont il essaie inutilement d'apaiser le tour-
ment. On se souvient du sujet. Un homme
s'est éloigné peu à peu de sa femme qui
souffre horriblement de' cet abandon sen-
timental. Dans-sa détresse, elle se laisse
aller à une tentative de suicide. Mais elle
se manque. Et, dans la chambre de clini-
que où elle revient à la vie, le mari itnfi-
dèle, éclairé et maladroit, plaide sa cause.
Il est ce faisant pleinement sincère. Le ma-
lentendu éternel des sexes paraît être le
seul coupable à ne pas rendre ses argu-
ments mieux convaincants. Il dit: « J'ai
pour toi une tendresse infinie; une amitié
profonde. Si tu pouvais appeler cela de l'a-
mou.r! » Elle ne t'entend pas, déchirée par
Des phrases qui aggravent son calvaire, et
auxquelles elle ne veut prêter aucune si-
gnification. La malheureuse ne saurait ac-
cepter cet Grammage tendre et attiédi. Ce
qu'elle réclamé c'est, comme autrefois, l'a-
veu commet des sens et du, cœur, le do:n
total de l'être et de sa pensée. Son amour
d'amante et son amour-propre de femme
l'empêchent d'admettre toute situation af-
fective diminuée. Elle veut tout, ou, rien.
Elle ne comprend pas que l'esprit et la
chair de l'homme ne se trouvent plus por-
tés vers elle du même-et unique élan. EUe
ne saurait se soumettre à la distinction sou-
lignée par Demosthène dans la remarque
célèbre : « Nous avons des hétaïres pour la
volupté de l'âme, des pallaques pour la vo-
lupté des sens, des femmes légitimes pour
nous donner des enfants et garder nos mai-
sons ! » Et l'héroïne de La Femme Nue,
prostrée de douleur mais logique avec elle-
même, préfère-une rupture définitive, et
chasse loin d'elle celui qui ne saurait être
désormais qu'un ami affectueux.
On voit la valeur de l'exemple. Il est
basé sur l'infidélité physique de l'homme
2t suir le refus d'une femme qui aime en-
.>Olne, à l'accepter. On sait la vérité criante
Dar laquelle M. Henry Bataille l'a exposé.
Il a aujourd'hui renversé les données du
problème. Ce n'est plus l'homme qui aime
seulement d'affection, et dont les' sens exi-
gent des satisfactions hors du ménage; c'est
!a femme. Et il faut reconnaître que là M
rrersiTTgarairre a QU, comme souvent d'ail-
leurs, lie rare courage d'innover. Jamais, je
^ro;s bien, la défense de l'adultère féminin
îfue ne légitime aucun1 désir de vengeance
)u auicun espoir de libération, n'avait avant
La Tendresse été portée sur la scène fran-
çaise. On nous avait montré souvent — de
puis Amoureuse — des femmes ayant des
s»sns, mais les mettant en accord avec un
amour heureux ou malheureux. Pour la pre-
mière fois, on nous a dévoilé sur le théâtre
que l'amour et le plaisir peuvent chez la
femme se dédoubler en leur objet.
Devant cette mise à mu, brutale et fran-
che, comme un cri de bête blessée au fond
d'un! fourré, nous avons tous senti qu'un
peu die vérité,' encore dissimulée sous le
masque des conventions, venait d'être arra-
chée à l'âme humaine'd'aujpurd'huL
D'aujourd'hui, et pas d'hier. Il est indis-
cutable que pareille véhémence n'eut pu
agiter une héroïne dramatique d'il y a cin-
quante ans. La femme a subi' en son carac-
tère ces dernières années une évolution in-
cessante. Tout en elle s'est précisé et af-
fermi, son être social comme S'on être phy-
sique. D'affranchissements 'ep affranchisse-
ments, et d 'acquisitions en acquisitions, elle
a pris chaque jour plus complète conscience
de son cœur et 'de son corps. De même
qu'elle a obtenu de remplacer l'homme
dams certaines places de la société, de
même elle a entendu profiter comme'lui
d'u'ne morale .plus large et plus saine. On
l'avait trop souvent obligé à croire qu'elle
aimait sans plaisir, pour qu'elle ne s'aper-
çût enfin qu'elle pouvait avoir le plaisir sans
l'amour. Jusqu'alors elle était séparée d'une
moitié de la joie de l'a vie par un voile de
préjugés et de maximes tissé uniquement
par la main masculine. Elle a déchiré vic-
torieusement ce voile et, du même coup,
est apparue nue, exigeante, transformée.
Et maintenant, devant cette créature évo-
luée, quelle va être l'attitude de l'homme?
M. Henry -Bataille nous a apporté dans
La Tendresse sa solution, ou plutôt il nous
à apporté deux solutions successives. D'a-
bord sous le coup de la révélation, Barnac
furieux, blessé dans son amour et dans son
orgueil de mâlé dont l'impuissance S sa-
tisfaire pleinement sa maîtresse le révolte,
agit comme agissait La Femme Nue: il
chasse l'infidèle avec fracas, malgré les plro-
testations d'affection de celle-ci.
Et puis, au bout de deux ans, alors que
la vieillesse a accompli son action apaisan-
te, Barnac rappelle Marthe auprès de lui ;
et accepte et promet de ne plus Lui deman-
der qu'une atmosphère de tendresse et de
repos sentimental.
Et bien, je crois que là M. Henry Ba-
taille s'est arrêté à mi-chemin de la vérité
en une halte inutile. Dès la scène avec
Marthe, Barnac eût du admettre, dès la
fin du second acte, ce qu'il admet au troi-
sième..11 ne peut pas ignorer — nous le
savons — l'amour très pur, très sincère, in-
fini, que Marthe a pour lui. Il connaît que
ses déportements sont au fond sans con-
séquences, et-qu'elle s'offre un joli garçon
comme en un jour- -d'été elle lampera un
verre d'eau fraîche. Il sursautera en l'appre-
nant; il t'injuriera; M la battra même. Mais
ii ne la chassera pas; il la conservera au-
près de lui, essayant de la reprendre, ou
fe:rmant les yeux s'il ne le peut plus. Car
l'homme est moins exclusif en amour que
la femme. Il a su déjà, depuis bien! long-
temps, faîne la discrimination entre ce que
commande lia chair et ce que demande l'es-
pi it. Elle commence à p~'ne~a's'en aper-
cevoir.
En tout cas, ils font appel à des preuves
d'amour bien différentes l'un et l'autre; et
n'est-ce pas Stendhal — à qui il faut tou-
jours revenir en pareille matière — qui- a
écrit: «, Il y a ce malheur dans la vie que
ce qui fait la sécurité et le bonheur de l'un
des amants fait le danger et presque l'hu-
miliation de l'autre. »
Paul ABRAM.
LE CONCOURS DE COMCEDIA ET DE PARIS QUI CHANTE
La Chanson
au Théâtre des Variétés
Nous avons dit hier que la direction du Théâ-
ihmrf la Chanson avait bien voulu se charger de
pmpose.r 1 'intéress3Jnte partie de concert qui
Tcteaera 1 audition des œuvres primées.
(Poboto Heju-j Manuel)
Mme Rosalia LAMBRECHT
Mlle Sybil FLORIAN *
teààuto Belvoet Mme BEYLC
Mlle Claire NEL TY
Georges Millandy se devait de joindre set
efforts aux nôtres pour faire connaître au publie
les chansonniers nouveaux.
Le programme du Théâtre de la Chanson con-
sacré aux Chansons, d'hier et d'aujourd'hui, sera
des plus variés.
Mlle Nivette, de l'Odéon, dira, en manière
Préface, deux chansons du vieux répertoire
du Concert Parisien.
Al • Afny-Baral, qui personnifia si ej~c~eme-ae
le grand chansonnier populaire sur le Char de
la Chanson, chantera deux refrains célèbres de
Bé ranger.
Puis on applaudira tour à tour : Mme Yhane
Gilbert, des Ambassadeurs, dans les chansons de
Thénésa; M. Georgius, le spirituel comique, dans
les chansons de Paul-us; Mile Lucile Joël, la
nouvelle et déjà brillante petite étoile, dans les
chansons de Marinier, et les Arna, les élégants
duettistes, dans leur répertoire.
Les Chansons d'aujourd'hui # seront briHwn.
ment représentées par le délicieux compositeur
G. Gabaroche, dans ses œuvres; Mmes Javotte
Kynlis dans sas chscsû.is grivoises; Yvonne Ga-
baroche dans ses chansons Légères; par M. Geor..
gel, le chanteur populaire; Mme Nine Pinson
dans les chansons les plus écrites de son réper-
toire; Mlle Lizzie Samy dans ses chansons dan-
sées.
Un sketch, joué par Mmes Demoussy et
Yette, MM. Georgius et Marcel Lerey, terminera
lé spectacle. -
Rappelons que le nombre des fauteurs est
limité, et qu'il est prudent de retenir ses places
dans nos bureaux, où les coupons seront déli-
vrés gratuitement à nos abonnés.
- "ta YITERBQ.
Lettre d'Elvire à DoD. Juan
Don Juan, si je t'adresse aujourd'hui cette épitre.
C'est pour décharger mon courroux
Sur les historiens qui te traitent de pitre
Sans voir qu'ils ne sont qu'e jaloux;
Tous les maris trompés, tous les amants qu'on lâche,
Les impuissants, les maladroits ,
Jusqu'à la fin des temps terniront sans relâche
La gloire de tes mille et trois;
Les mille et trois que tu leur soufflais par un gestë,
Par le frôlement de ta main;.
Les mille et trois le soir qui disaient tout bas: « Reste.. a.
Sans l'ajourner au lendemain,
Et qui, se promettant une nuit légendaire,
Où ton regard pervers luisait,
Tendaient la lèvre pourpre au baiser lapidaire
Dont ta bouche était koreuset;
Or, étant le rival éternel et complexe,
Victorieux jusqu'au tombeau,
Tu t'es fait détester par tous ceux de ton sexèl
Furibonds qu'on te trouvât, beau.
C'est bien pourquoi tout seuls, les hommes par l'insulte.
Sont acharnés à te flétrir,-
Et vont jusqu'à nier l'ardeur 4e notre culte
Pour ton adoré souvenir;
Ils mentent!. nulle. femme au cours de sa prierë
Pour toi n'ar réclamé l'Enfer;
Tu nous as tait connaître un palais de lumière,
Tant mieux si nous avons sOflftert!
La blessure est restée au cœur comme un stigmafë*
L'insigne des bons combattants;
Tu nous as fait goûter, merveilleux, diplomate,
De courts mais sublimes instants;
La femme pour un jour. que dis-je?. une seconde.
De vertige et de pâmoison,
Subira tous les maux, tous les chagrins du inonde
Sans implorer de guérism;
Laisse donc t'outrager les hommes. Ton Elvire,,;
Fière, orgueilleuse de ses pleurs,
Y mêlera pour toi son plus-tendre sourire
En couvrant ta tombe de fleurs.
•V > ELVIRE,
Pour copie conforme,
JACQUES REDELSPERGER.
Échos
5 Avril 1914. — Dernière conférence de Maurica
Donnay sur Musset.
M
ots de la ifn.
i A la générale d'une pièce exotique,
une véritable ovation — personnelle et me4
ritée — fut faite à la belle artiste Magd.
Damiroff :
« C'est Vénus tout entière à sa Proie at-
tachée » fit quelqu'un en sortant.
— « Il est déjà question de tirer de ce
drame une opérette, assurait,, d'autre part,
Robert de Beauplaln; le titre est déjà trou-
vé: « Le truc de La Brésilienne. »
L
e repos d'un critique.
Ainsi que nous l'avons annoncé d'au-
tre part, notre éminent collaborateur J. - t.
Blanche suspend pour quelques semaines,
sa collaboration comme critique. Mais qu 'OTV.
n'aille pas croire quie ce soit pour se re-
poser. La Société Nationale des Beaux-
Arts a, en effet, demandé à J-.E. Blanche
d'exposer un ensemble de tableaux, et au
moment où il réapparaissait comme peintre,
après une retraite de près de dix ans, il lui
a paru' décent, — c'est son mot — de ne
pas écrire. Déplorons-le, mais ¡réjouisso,ns(
nous d epenser que nous pourrons admirer
au prochain Salon de beaux portraits.
D
e désespoir.
On avait annoncé que Sarah Bernf
hardt partirait pour Londres en avion et un
certain nombre de photographes et de cinéj
matographistes s'étaient en conséquence,
rendus au Bourget pour enregistrer cet évé-
nement sportif et artistiquiié. Mais Mmét Ly-
siahe Verneuirs'opposa de toutes ses forcer
à ce voyage aérien si bieln que les photo-
graphes qui attendirent en vain, pensant
décidément que ce lapin était un poisson
d'avril, se photographièrent eux-mêmes en
groupe.
R
elâche.
Avant la crise du papier, la colonne-
Picard était renouvelée quotidiennement, et
tout Paris, le jour des obsèques d'un so-
ciétaire de la Comédie-Française décédé en
activité, voyait avec émotion l'affiche, en-
tourée de noir, annonçant: « Relâche, pour
les obsèques de. »
Maintenant, on annonce en urne fois un
certain nombre de représentations. Ce n'en
était que plus triste de voir partout, non
seulement l'indication des spectacles décom-
mandés du 2 avril, mais encore le nom de
George Grand, porté et comme maintenu,
sur l'affiche à Amoureuse du lundi 4 avril.'
u
> n pauvre homme. i
Un de nos plus spirituels comé-,
diens, tort cnainauie ausbi, avisait i autre
soir, en sortant du théâtre, un vieillard
d'allure misérable qui portait sur une redin-
gote élimée la rosette de lia Légion d'hon-
neur: s'approchant du pauvre homme, il
t'interroge. — Eh quoi ! Mon. ami, vous
avez la rosette de la Légion d'honneur?
— Oui, Monsieur, et elle est bien à
moi, répond simplement le vieillard.
Pressentant quoique grande infortuné, le
comédien ému prit le vieil homme sous IéT
bras et l'emmena dans un. café vÕiJSinw il
lui fit servir un bouillon bié,n chaud. Çt le
pauvre homme tout ragaillardi raconta^son
histoire :
— « II y a deux ans environ, j'ai trou-
vé dans la rue un paquet contenant diffé-
rents vêtements et une rosette d:e la Lé-*
gion d'honneur: j'ai porté le tout au poste
de police et le commissaire en me donnant
un reçu m'a dit que dans un an et un jour,
si ces objets n'étaient pas réclamés, ils se-
raient ma propriété: le délai est écou-Ié; :
maintenant, tout cela est bien à moi et c'est
un magistrat qui me l'a dit. »
Le comédien, quoique un peu déçu par
ce récit, n'eut pas le courage de détrom-
per le pauvre homme.
FANTAISIE
La crise des transports
Il y a quelques mois, de spirituels revuistes
ont porté à la scène « la grande pitié » des
chauffeurs de taxi-autos : quelques jaits-divers
avaient, en effet, démontré, à cette époque, que
sous des apparences bénignes, certains clients
sont fort redoutables qui, obligeant le chauffeur
sous la menace• du revolver, à mettre « haut les
mains 1), s'occupent cependant de faire main
basse sur la voiture.
Grâce au ciel, ces émotions paraissent au-
jourd'hui calmées : les chauffeurs, rassurés, ont
repris du poil de la bête : autrement dit, ils
écorcheat à nouveau le « cochon de payant ».
Mais qu'ils prennent garde! un autre danger les
menace, sinon dans leur vie, du moins dans leur
bourse : dès maintenant, un chauffeur prudent
devra examiner de fort près ses clients et plus
encore ses clientes ; s'enquérir surtout de leur
profession. Disons-le tout net ; cette enquête —
pour enquête qu'elle soit — menace directement
nos actrices les plus charmantes : j'entends cel-
les-qui n'ont pas encore leur voiture.
Mais je sens que cette phrase peut prêter à
de fâcheuses interprétations : il n'est nullement
dans ma, pensée — je me hâte de le dire — de
prétendre que ce sont nos actrices les plus char-
mantes qui n'ont pas de voiture : j'ai simple-
ment voulu indiquer que celles qui possèdent une
auto sont à l'abri de ce risque nouveau. Mais
— comme le veut le règlement — éclairons
notre lanterne. Voici : Il y a quelques mois,
une actrice de l'Opéra prit un taxi-auto : un ac-
cident survint dans lequel la cantatrice fut bles-
sée légèrement au visage par des éclats de verre.
Or, le procès vient tout récemment de se plai-
der : le Tribunal a condamné le chauffeur -'- ou
sa compagnie - à de très sérieux dommages et
intérêts.
Les considérants indiquent, en effet, que si
les coupures ne sont pas très graves, des traces,
qui seraient insignifiantes pouf le visage de telle
ou telle bonne bourgeoise, prennent, en raison
de la profession de la plaignante, une importance
particulière ; que, la figure d'une actrice fait par-
tie @ intégrante de son patrimoine artistique et
qu'en conséquence le dommage qui fut est ainsi
causé demande juste compensation.
On voit tout de suite les conséquences que ce
jugement peut entraîner. Pour éviter, en cas
d'accident, d'avoir à payer d'importantes indem-
nités, les chauffeurs avisés vont se refuser dé-
sormais à « charger » des clientes' dont l'aspect
physique leur paraîtra trop séduisant. S'il ne
s'agissait encore que, de la figure, il serait rela-
.tivemènt facile aux chauffeurs d"éviter — à
première vue — le risque. à courir, mais avec
les tenues généralement adoptées dans les revues
de music-hall, on conviendra que nombre d'au-
tres parties du corps, qui ne se dévoilaient na-
guère que dans la plus stricte intimité, ont droit
désormais aux mêmes égards que la figure : la
justice se doit donc de protéger ces « instru-
ments de travail » et je trouve, quant à moi,
içut naturel que Mlle X. tienne au galbe de ses
seins comme « à la prunelle de ses yeux ».
Pour peu, enfin, que les chauffeurs, désireux
d'éviter de lourdes responsabilités, se refusent-
à accepter dorénavant toute cliente dont le cou
s'ornera d'un collier de perles ou les oreilles.
'de boucles, il deviendra matériellement impossi-
ble à une dame jolie et élégante de trouver un
taxi.
Fort heureusement, il nous restera la joie de
prendre nos transports. en commun et ces
moyens justifient. cette fin!
MONTBORON.
L
e torchon brûle.
M. Léonide Massine assistait l'autre
soir à la représentation de Castor et Pollux
à l'Opéra, en compagnie d'une jolie femme
qui ressemblait étrangement à l'unie d'es pltus
jeunes étoiles de la troupe des ballets rus-
ses.
M. de Diaghilev est donc à Paris?
Point ! Il parait que le premier danseui
et le « producer » se sont brouillés, des
dissentiments d'ordre esthétique s'étant éle-
vés entre eux.
Qui remplacera le successeur de Nijins-
ky lorsque les ballets russes nous revien-
dront? Et que va faire à Paris M. Léonide
Massine? -
F
âcheuse homonymie.
Une dame et son jeune fils s'étaient
arrêtes devant l affiche d'un théâtre de la
rive gauche, et le bambiim épelait grave-
ment:
— Os-car, tu le se-ras!
Puis, d'une voix claironnante, il ajouta:
- Maman, dis ! Oscar. Mais c'est pa-
pa ! »
La marnas voulut rentnatner, mais le
gosse résistait, tout fier de sa belle trou-
vaille, et répétait glorieusement sa phrase,
a lia grande joie des passaints.
Méfiez-vous, M. Oscar, la vérité sort de
la bouche des enfants, dit le proverbe.
Le Masque de Verre.
Nous publierons demain un article de
JÔACHIM jGASÇ^UEX
Le Théâtre
au Salon des Humoristes
Une Affiche de WEILUC
Pour me reposer un peu des soirées pari-
siennes, j'ai décidé que ma matinée d'au-
jourd'hui serait consacrée aux peintres, et
je suis venu faire un tour au Salon des Hu-
moristes.
Rencontré rue La Boétiie MM. Mais
non. la foule est extrêmement élégante,
quelques artistes peintres s'y mêlent, quel-
ques statuettistes aussi. Mais ce ne sont
pas les habitués des grandes premières. Ce
sont des amateurs d'esprit et de fins des-
sins; ils sont incognito, iils sont un public
ano'nyme. Grâce leur soit rendue !
Soudain, je m'aperçois quie le théâtre est
encore ici. Sur les murs il se montre, se
rappelle à notre souvenir, directement ou
indirectement.
Le théâtre, reflet de nos moeurs et les in-
fluençant pair juste retour, inspire presque
tous ces dessinateurs de fantaisie.
Gaston BROQUET. — L'Auteur ! L'Auteur!
D ailleurs, entre l'outrance qui fait la ca-
ricature et le grossissement, exigé par ce
que j'appellerai l'optique théâtrafe, la pa-
renté est immédiate.
Arlequin, qui vénitianise à FApollo, trou-
ve son écho dans,p¡lusje:u:rs aquarelles de
ces petits maîtres d'aujourd'hui. Et la comé-
die italienne dicta à mon ami le florentin
Bruinelleschi ses plus heureuses imageries.
Je me plais également à croire que les
« Ours » de M. Vain Rozen qu'on admire
pour leurs attitudes et la, finesse de leur
modelé ont là une signification symboli-
que. ,
- Plus heureux que bien des dramaturges,
M. Van Rozen est parvenu à caser ses
ours.' "", r
N'est-ce pas aussi du théâtre que cette
page équestre de Sem nous montrant les
emJiyèlfes. familières du Bois qui « font pa-
rade » chaque matin?
.; Et toutes ces orientales plus ou moins
LAVINAY. ;— Têtes Marrons Sculptés
Danseuses
Œdipe.RQi
nues, toutes ces dames, dont le nombril bril-
le ont quelque sorte à travers des voiles
aussi percés que persans, n'est-ce pas- ce
Que, il y a trois ans, on eut appelé le théâ-
tre aux Aimées?
Dès l'entrée, d'ailleurs, les humoristes
nous parlent, si j'ose dire, de théâtre.
M. VHa nous montre une jeune dame li-
sant Çomœdia et disante Il parait qu'on
manque de comique, tandis que le messie ai
à côté d'elle répand généreusement le con-
tenu d'une carafe aux alentours de s vt ver-
re en un geste innocent à la Bages-er
Voici l'excellent Bib qu.i nous montre ut
Sâlvain dans Tartuffe en stylisant la res-
semblance, une Cécile Sorel sans clàmeT;
ce et un de Max « tragédiarote » à donner !f
frisson. M. Le Monnier expose des tèteî
d'expression peur illustrer l'œ.uv.re de ;'\h,1I"
Hère, quelques-unes fort typiques.
Un mousquetaire, plus loin, p ! a n >
flaimberge vers une porte ou est in.-.'rie
Théâtre de demain.
N'est-ce pas du « théâtre espag^wl *
que toutes ces esquisses de danseuses dtr
flamenca que nous montre M. R.Leqi'i-,ne ?
Nous retrouverons plus loin de Le-non*
nier, sous cette appellation, purement vo-
cale, croyez le bien:- « Les Acidulée-
un portrait miniature de Mlle Spine'lv fr:,1
ressemblant, vu de profil et de dos nL l' ¡;/
dos qui, dirait un musicien; se post .U f\
peu là, et une évocation non moins réussi
de la blonde Parisys. !
De M. Charles Granval, comédien corn-
me nul n'en ignore, nous admirons en ro-
buste carrure —1 j'ai ici envie d'écrire q,Lla:-
drature, M. Lucien Guitry, et un proM f;:;'{
pccaresque de M. de Féraudy dans L ! ti-
re, peintures plaisantes et vigoureuse.-.. Vi,
Granval réussit aussi bien sur la toiie quoi
sur les Dlanches.
M. Henri Etlin, de quelques traits, non9
fait entrevoir sous des aspects un peu '="Jhi'1
ques encore M. Lucien Guitry et Mme Sa-
rah Bernhilrdt, Mme Lîtvin-ne., M. Andréa
Brûlé et Mme Véra Sergine dans L'Enuink
de l'Amour, Mme Isadora Diua^an, Mlle Id"
Rubinstein et Mlle Polaire. j'ai comme"
l'Idée que ces illustrations n'ont point
pose — du, moins sciemment — pour ces
croquis-carîcatures sans générosité et pour-
tant ressemblantes.
Ne t'en déplaise, ô Fursy, il y a aussi le
dessin, rosse.
Mme Isadora Duncan prend dans ce se-
Ion quelque chose pour son esthétiqui L'a~
niable apôtre et prêtresse à la fois de-z no-
bles lignes et du lyrisme synthétisé, inspir#'
m ouïtes fantaisies burlesques.
M. Jean Le Seyeux, en de petits chror
mos fort amusants nous transpone aux;
Champs-Elysées où une grosse danseuse*:
nécessairement nue prend .les attitua-j- si'
nobles que sa chair, inspirée, s'enfle otas-
sûrement, honore le lard plus que 1 a * cts
prenant l'envolée vers le char de phuebi;^
évoquée surtout en fait de char « la charcu!'
terie ». Cette même danseuse dan> n
« Chevauchée "d'es Walkyries » qu'elle iiii"
me avec la « furor teutoiniicus » qui tuiH
vient, laisse un de ses « petits paiens >
devenus ses « gros pendards » s'envoler ,
de sa gorge comme une outre surgonfîée f
Es-tu content Wagner, et ton germainr'
sou:rj.fIe,..
Le même dessinateur nous montre !ei'
spectateurs diu, théâtre Dada dans des bai.;.'
gnoires où iil, ne manque que. de l'eau, ceu*
de Bellevifle où un quidam, égare en cd
lieu, connaît la terreur grâce à celles J~
Baginolet et de Saint-Farjeau qui se iroiw;
vent à ses côtés, ceux des Folies-Ber^rei
avec les muses du: promenoir et ceux d'ur)
théâtre que je me garderais de nommer
en lia salle duquel il neige: titre: On gèle |
Critique dramatique, M. André Wavnodj
demeuré fidèle à la peinture, ne l'est pasr
moins à Montmartre et aux idylles mor,u|
martroises qu'il nous peint d'un pinceau vi"
goureux et solide. Ses petits croqua a ?
plume ne manquent point de saveur. '4
Nous avons déjà diit le mérite des en void
de Gir, peintre de la danse et dies dianseu^
ses. De lui je remarque aussi une « Pettta
Mariée » à laquelle il ne manque que la
musique de Charges Lecocq. 1
M. Fernel s'est contenté du théâtre cT«
la foire. De lui, je note une parade foraine
Ise ANNEE - N- 3032 — Quotidien
S 0 fr. 20
)" , Paris. 0 ff 20
Le h umero : (Hors Paris.. 0 fr. 25
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LA CHAIR ET L'ESPRIT
Il y a 1 amour. Il y a la volupté. Si le
premier a besoin de l'autre, ou de son es-
pérance, pour naître, lui est-ellte: indispen-
sable pour soin établissement? C'est la
question que vient de poser M. Henry Ba-
taille après quelques autres, après lui-
même.
Pour la deuxième fois, en effet, fauteur
de La Tendresse s'est complu à examiner
ze délicat problème de psychologie amou-
reuse, et il est curieux de voir comment,
avec deux exemptes inverses, il est arrivé
à des conclusions opposées.
Le premier date de la Femme Nue. Il
tient tout entier dans son admirable der-
nier acte, dans cette entrevue si cruelle-
ment vraie et déchirante où l'amant qui
n'aime plus au sens physique du mot cru-
cifie de ses protestations d'affection celle
dont il essaie inutilement d'apaiser le tour-
ment. On se souvient du sujet. Un homme
s'est éloigné peu à peu de sa femme qui
souffre horriblement de' cet abandon sen-
timental. Dans-sa détresse, elle se laisse
aller à une tentative de suicide. Mais elle
se manque. Et, dans la chambre de clini-
que où elle revient à la vie, le mari itnfi-
dèle, éclairé et maladroit, plaide sa cause.
Il est ce faisant pleinement sincère. Le ma-
lentendu éternel des sexes paraît être le
seul coupable à ne pas rendre ses argu-
ments mieux convaincants. Il dit: « J'ai
pour toi une tendresse infinie; une amitié
profonde. Si tu pouvais appeler cela de l'a-
mou.r! » Elle ne t'entend pas, déchirée par
Des phrases qui aggravent son calvaire, et
auxquelles elle ne veut prêter aucune si-
gnification. La malheureuse ne saurait ac-
cepter cet Grammage tendre et attiédi. Ce
qu'elle réclamé c'est, comme autrefois, l'a-
veu commet des sens et du, cœur, le do:n
total de l'être et de sa pensée. Son amour
d'amante et son amour-propre de femme
l'empêchent d'admettre toute situation af-
fective diminuée. Elle veut tout, ou, rien.
Elle ne comprend pas que l'esprit et la
chair de l'homme ne se trouvent plus por-
tés vers elle du même-et unique élan. EUe
ne saurait se soumettre à la distinction sou-
lignée par Demosthène dans la remarque
célèbre : « Nous avons des hétaïres pour la
volupté de l'âme, des pallaques pour la vo-
lupté des sens, des femmes légitimes pour
nous donner des enfants et garder nos mai-
sons ! » Et l'héroïne de La Femme Nue,
prostrée de douleur mais logique avec elle-
même, préfère-une rupture définitive, et
chasse loin d'elle celui qui ne saurait être
désormais qu'un ami affectueux.
On voit la valeur de l'exemple. Il est
basé sur l'infidélité physique de l'homme
2t suir le refus d'une femme qui aime en-
.>Olne, à l'accepter. On sait la vérité criante
Dar laquelle M. Henry Bataille l'a exposé.
Il a aujourd'hui renversé les données du
problème. Ce n'est plus l'homme qui aime
seulement d'affection, et dont les' sens exi-
gent des satisfactions hors du ménage; c'est
!a femme. Et il faut reconnaître que là M
rrersiTTgarairre a QU, comme souvent d'ail-
leurs, lie rare courage d'innover. Jamais, je
^ro;s bien, la défense de l'adultère féminin
îfue ne légitime aucun1 désir de vengeance
)u auicun espoir de libération, n'avait avant
La Tendresse été portée sur la scène fran-
çaise. On nous avait montré souvent — de
puis Amoureuse — des femmes ayant des
s»sns, mais les mettant en accord avec un
amour heureux ou malheureux. Pour la pre-
mière fois, on nous a dévoilé sur le théâtre
que l'amour et le plaisir peuvent chez la
femme se dédoubler en leur objet.
Devant cette mise à mu, brutale et fran-
che, comme un cri de bête blessée au fond
d'un! fourré, nous avons tous senti qu'un
peu die vérité,' encore dissimulée sous le
masque des conventions, venait d'être arra-
chée à l'âme humaine'd'aujpurd'huL
D'aujourd'hui, et pas d'hier. Il est indis-
cutable que pareille véhémence n'eut pu
agiter une héroïne dramatique d'il y a cin-
quante ans. La femme a subi' en son carac-
tère ces dernières années une évolution in-
cessante. Tout en elle s'est précisé et af-
fermi, son être social comme S'on être phy-
sique. D'affranchissements 'ep affranchisse-
ments, et d 'acquisitions en acquisitions, elle
a pris chaque jour plus complète conscience
de son cœur et 'de son corps. De même
qu'elle a obtenu de remplacer l'homme
dams certaines places de la société, de
même elle a entendu profiter comme'lui
d'u'ne morale .plus large et plus saine. On
l'avait trop souvent obligé à croire qu'elle
aimait sans plaisir, pour qu'elle ne s'aper-
çût enfin qu'elle pouvait avoir le plaisir sans
l'amour. Jusqu'alors elle était séparée d'une
moitié de la joie de l'a vie par un voile de
préjugés et de maximes tissé uniquement
par la main masculine. Elle a déchiré vic-
torieusement ce voile et, du même coup,
est apparue nue, exigeante, transformée.
Et maintenant, devant cette créature évo-
luée, quelle va être l'attitude de l'homme?
M. Henry -Bataille nous a apporté dans
La Tendresse sa solution, ou plutôt il nous
à apporté deux solutions successives. D'a-
bord sous le coup de la révélation, Barnac
furieux, blessé dans son amour et dans son
orgueil de mâlé dont l'impuissance S sa-
tisfaire pleinement sa maîtresse le révolte,
agit comme agissait La Femme Nue: il
chasse l'infidèle avec fracas, malgré les plro-
testations d'affection de celle-ci.
Et puis, au bout de deux ans, alors que
la vieillesse a accompli son action apaisan-
te, Barnac rappelle Marthe auprès de lui ;
et accepte et promet de ne plus Lui deman-
der qu'une atmosphère de tendresse et de
repos sentimental.
Et bien, je crois que là M. Henry Ba-
taille s'est arrêté à mi-chemin de la vérité
en une halte inutile. Dès la scène avec
Marthe, Barnac eût du admettre, dès la
fin du second acte, ce qu'il admet au troi-
sième..11 ne peut pas ignorer — nous le
savons — l'amour très pur, très sincère, in-
fini, que Marthe a pour lui. Il connaît que
ses déportements sont au fond sans con-
séquences, et-qu'elle s'offre un joli garçon
comme en un jour- -d'été elle lampera un
verre d'eau fraîche. Il sursautera en l'appre-
nant; il t'injuriera; M la battra même. Mais
ii ne la chassera pas; il la conservera au-
près de lui, essayant de la reprendre, ou
fe:rmant les yeux s'il ne le peut plus. Car
l'homme est moins exclusif en amour que
la femme. Il a su déjà, depuis bien! long-
temps, faîne la discrimination entre ce que
commande lia chair et ce que demande l'es-
pi it. Elle commence à p~'ne~a's'en aper-
cevoir.
En tout cas, ils font appel à des preuves
d'amour bien différentes l'un et l'autre; et
n'est-ce pas Stendhal — à qui il faut tou-
jours revenir en pareille matière — qui- a
écrit: «, Il y a ce malheur dans la vie que
ce qui fait la sécurité et le bonheur de l'un
des amants fait le danger et presque l'hu-
miliation de l'autre. »
Paul ABRAM.
LE CONCOURS DE COMCEDIA ET DE PARIS QUI CHANTE
La Chanson
au Théâtre des Variétés
Nous avons dit hier que la direction du Théâ-
ihmrf la Chanson avait bien voulu se charger de
pmpose.r 1 'intéress3Jnte partie de concert qui
Tcteaera 1 audition des œuvres primées.
(Poboto Heju-j Manuel)
Mme Rosalia LAMBRECHT
Mlle Sybil FLORIAN *
teààuto Belvoet Mme BEYLC
Mlle Claire NEL TY
Georges Millandy se devait de joindre set
efforts aux nôtres pour faire connaître au publie
les chansonniers nouveaux.
Le programme du Théâtre de la Chanson con-
sacré aux Chansons, d'hier et d'aujourd'hui, sera
des plus variés.
Mlle Nivette, de l'Odéon, dira, en manière
Préface, deux chansons du vieux répertoire
du Concert Parisien.
Al • Afny-Baral, qui personnifia si ej~c~eme-ae
le grand chansonnier populaire sur le Char de
la Chanson, chantera deux refrains célèbres de
Bé ranger.
Puis on applaudira tour à tour : Mme Yhane
Gilbert, des Ambassadeurs, dans les chansons de
Thénésa; M. Georgius, le spirituel comique, dans
les chansons de Paul-us; Mile Lucile Joël, la
nouvelle et déjà brillante petite étoile, dans les
chansons de Marinier, et les Arna, les élégants
duettistes, dans leur répertoire.
Les Chansons d'aujourd'hui # seront briHwn.
ment représentées par le délicieux compositeur
G. Gabaroche, dans ses œuvres; Mmes Javotte
Kynlis dans sas chscsû.is grivoises; Yvonne Ga-
baroche dans ses chansons Légères; par M. Geor..
gel, le chanteur populaire; Mme Nine Pinson
dans les chansons les plus écrites de son réper-
toire; Mlle Lizzie Samy dans ses chansons dan-
sées.
Un sketch, joué par Mmes Demoussy et
Yette, MM. Georgius et Marcel Lerey, terminera
lé spectacle. -
Rappelons que le nombre des fauteurs est
limité, et qu'il est prudent de retenir ses places
dans nos bureaux, où les coupons seront déli-
vrés gratuitement à nos abonnés.
- "ta YITERBQ.
Lettre d'Elvire à DoD. Juan
Don Juan, si je t'adresse aujourd'hui cette épitre.
C'est pour décharger mon courroux
Sur les historiens qui te traitent de pitre
Sans voir qu'ils ne sont qu'e jaloux;
Tous les maris trompés, tous les amants qu'on lâche,
Les impuissants, les maladroits ,
Jusqu'à la fin des temps terniront sans relâche
La gloire de tes mille et trois;
Les mille et trois que tu leur soufflais par un gestë,
Par le frôlement de ta main;.
Les mille et trois le soir qui disaient tout bas: « Reste.. a.
Sans l'ajourner au lendemain,
Et qui, se promettant une nuit légendaire,
Où ton regard pervers luisait,
Tendaient la lèvre pourpre au baiser lapidaire
Dont ta bouche était koreuset;
Or, étant le rival éternel et complexe,
Victorieux jusqu'au tombeau,
Tu t'es fait détester par tous ceux de ton sexèl
Furibonds qu'on te trouvât, beau.
C'est bien pourquoi tout seuls, les hommes par l'insulte.
Sont acharnés à te flétrir,-
Et vont jusqu'à nier l'ardeur 4e notre culte
Pour ton adoré souvenir;
Ils mentent!. nulle. femme au cours de sa prierë
Pour toi n'ar réclamé l'Enfer;
Tu nous as tait connaître un palais de lumière,
Tant mieux si nous avons sOflftert!
La blessure est restée au cœur comme un stigmafë*
L'insigne des bons combattants;
Tu nous as fait goûter, merveilleux, diplomate,
De courts mais sublimes instants;
La femme pour un jour. que dis-je?. une seconde.
De vertige et de pâmoison,
Subira tous les maux, tous les chagrins du inonde
Sans implorer de guérism;
Laisse donc t'outrager les hommes. Ton Elvire,,;
Fière, orgueilleuse de ses pleurs,
Y mêlera pour toi son plus-tendre sourire
En couvrant ta tombe de fleurs.
•V > ELVIRE,
Pour copie conforme,
JACQUES REDELSPERGER.
Échos
5 Avril 1914. — Dernière conférence de Maurica
Donnay sur Musset.
M
ots de la ifn.
i A la générale d'une pièce exotique,
une véritable ovation — personnelle et me4
ritée — fut faite à la belle artiste Magd.
Damiroff :
« C'est Vénus tout entière à sa Proie at-
tachée » fit quelqu'un en sortant.
— « Il est déjà question de tirer de ce
drame une opérette, assurait,, d'autre part,
Robert de Beauplaln; le titre est déjà trou-
vé: « Le truc de La Brésilienne. »
L
e repos d'un critique.
Ainsi que nous l'avons annoncé d'au-
tre part, notre éminent collaborateur J. - t.
Blanche suspend pour quelques semaines,
sa collaboration comme critique. Mais qu 'OTV.
n'aille pas croire quie ce soit pour se re-
poser. La Société Nationale des Beaux-
Arts a, en effet, demandé à J-.E. Blanche
d'exposer un ensemble de tableaux, et au
moment où il réapparaissait comme peintre,
après une retraite de près de dix ans, il lui
a paru' décent, — c'est son mot — de ne
pas écrire. Déplorons-le, mais ¡réjouisso,ns(
nous d epenser que nous pourrons admirer
au prochain Salon de beaux portraits.
D
e désespoir.
On avait annoncé que Sarah Bernf
hardt partirait pour Londres en avion et un
certain nombre de photographes et de cinéj
matographistes s'étaient en conséquence,
rendus au Bourget pour enregistrer cet évé-
nement sportif et artistiquiié. Mais Mmét Ly-
siahe Verneuirs'opposa de toutes ses forcer
à ce voyage aérien si bieln que les photo-
graphes qui attendirent en vain, pensant
décidément que ce lapin était un poisson
d'avril, se photographièrent eux-mêmes en
groupe.
R
elâche.
Avant la crise du papier, la colonne-
Picard était renouvelée quotidiennement, et
tout Paris, le jour des obsèques d'un so-
ciétaire de la Comédie-Française décédé en
activité, voyait avec émotion l'affiche, en-
tourée de noir, annonçant: « Relâche, pour
les obsèques de. »
Maintenant, on annonce en urne fois un
certain nombre de représentations. Ce n'en
était que plus triste de voir partout, non
seulement l'indication des spectacles décom-
mandés du 2 avril, mais encore le nom de
George Grand, porté et comme maintenu,
sur l'affiche à Amoureuse du lundi 4 avril.'
u
> n pauvre homme. i
Un de nos plus spirituels comé-,
diens, tort cnainauie ausbi, avisait i autre
soir, en sortant du théâtre, un vieillard
d'allure misérable qui portait sur une redin-
gote élimée la rosette de lia Légion d'hon-
neur: s'approchant du pauvre homme, il
t'interroge. — Eh quoi ! Mon. ami, vous
avez la rosette de la Légion d'honneur?
— Oui, Monsieur, et elle est bien à
moi, répond simplement le vieillard.
Pressentant quoique grande infortuné, le
comédien ému prit le vieil homme sous IéT
bras et l'emmena dans un. café vÕiJSinw il
lui fit servir un bouillon bié,n chaud. Çt le
pauvre homme tout ragaillardi raconta^son
histoire :
— « II y a deux ans environ, j'ai trou-
vé dans la rue un paquet contenant diffé-
rents vêtements et une rosette d:e la Lé-*
gion d'honneur: j'ai porté le tout au poste
de police et le commissaire en me donnant
un reçu m'a dit que dans un an et un jour,
si ces objets n'étaient pas réclamés, ils se-
raient ma propriété: le délai est écou-Ié; :
maintenant, tout cela est bien à moi et c'est
un magistrat qui me l'a dit. »
Le comédien, quoique un peu déçu par
ce récit, n'eut pas le courage de détrom-
per le pauvre homme.
FANTAISIE
La crise des transports
Il y a quelques mois, de spirituels revuistes
ont porté à la scène « la grande pitié » des
chauffeurs de taxi-autos : quelques jaits-divers
avaient, en effet, démontré, à cette époque, que
sous des apparences bénignes, certains clients
sont fort redoutables qui, obligeant le chauffeur
sous la menace• du revolver, à mettre « haut les
mains 1), s'occupent cependant de faire main
basse sur la voiture.
Grâce au ciel, ces émotions paraissent au-
jourd'hui calmées : les chauffeurs, rassurés, ont
repris du poil de la bête : autrement dit, ils
écorcheat à nouveau le « cochon de payant ».
Mais qu'ils prennent garde! un autre danger les
menace, sinon dans leur vie, du moins dans leur
bourse : dès maintenant, un chauffeur prudent
devra examiner de fort près ses clients et plus
encore ses clientes ; s'enquérir surtout de leur
profession. Disons-le tout net ; cette enquête —
pour enquête qu'elle soit — menace directement
nos actrices les plus charmantes : j'entends cel-
les-qui n'ont pas encore leur voiture.
Mais je sens que cette phrase peut prêter à
de fâcheuses interprétations : il n'est nullement
dans ma, pensée — je me hâte de le dire — de
prétendre que ce sont nos actrices les plus char-
mantes qui n'ont pas de voiture : j'ai simple-
ment voulu indiquer que celles qui possèdent une
auto sont à l'abri de ce risque nouveau. Mais
— comme le veut le règlement — éclairons
notre lanterne. Voici : Il y a quelques mois,
une actrice de l'Opéra prit un taxi-auto : un ac-
cident survint dans lequel la cantatrice fut bles-
sée légèrement au visage par des éclats de verre.
Or, le procès vient tout récemment de se plai-
der : le Tribunal a condamné le chauffeur -'- ou
sa compagnie - à de très sérieux dommages et
intérêts.
Les considérants indiquent, en effet, que si
les coupures ne sont pas très graves, des traces,
qui seraient insignifiantes pouf le visage de telle
ou telle bonne bourgeoise, prennent, en raison
de la profession de la plaignante, une importance
particulière ; que, la figure d'une actrice fait par-
tie @ intégrante de son patrimoine artistique et
qu'en conséquence le dommage qui fut est ainsi
causé demande juste compensation.
On voit tout de suite les conséquences que ce
jugement peut entraîner. Pour éviter, en cas
d'accident, d'avoir à payer d'importantes indem-
nités, les chauffeurs avisés vont se refuser dé-
sormais à « charger » des clientes' dont l'aspect
physique leur paraîtra trop séduisant. S'il ne
s'agissait encore que, de la figure, il serait rela-
.tivemènt facile aux chauffeurs d"éviter — à
première vue — le risque. à courir, mais avec
les tenues généralement adoptées dans les revues
de music-hall, on conviendra que nombre d'au-
tres parties du corps, qui ne se dévoilaient na-
guère que dans la plus stricte intimité, ont droit
désormais aux mêmes égards que la figure : la
justice se doit donc de protéger ces « instru-
ments de travail » et je trouve, quant à moi,
içut naturel que Mlle X. tienne au galbe de ses
seins comme « à la prunelle de ses yeux ».
Pour peu, enfin, que les chauffeurs, désireux
d'éviter de lourdes responsabilités, se refusent-
à accepter dorénavant toute cliente dont le cou
s'ornera d'un collier de perles ou les oreilles.
'de boucles, il deviendra matériellement impossi-
ble à une dame jolie et élégante de trouver un
taxi.
Fort heureusement, il nous restera la joie de
prendre nos transports. en commun et ces
moyens justifient. cette fin!
MONTBORON.
L
e torchon brûle.
M. Léonide Massine assistait l'autre
soir à la représentation de Castor et Pollux
à l'Opéra, en compagnie d'une jolie femme
qui ressemblait étrangement à l'unie d'es pltus
jeunes étoiles de la troupe des ballets rus-
ses.
M. de Diaghilev est donc à Paris?
Point ! Il parait que le premier danseui
et le « producer » se sont brouillés, des
dissentiments d'ordre esthétique s'étant éle-
vés entre eux.
Qui remplacera le successeur de Nijins-
ky lorsque les ballets russes nous revien-
dront? Et que va faire à Paris M. Léonide
Massine? -
F
âcheuse homonymie.
Une dame et son jeune fils s'étaient
arrêtes devant l affiche d'un théâtre de la
rive gauche, et le bambiim épelait grave-
ment:
— Os-car, tu le se-ras!
Puis, d'une voix claironnante, il ajouta:
- Maman, dis ! Oscar. Mais c'est pa-
pa ! »
La marnas voulut rentnatner, mais le
gosse résistait, tout fier de sa belle trou-
vaille, et répétait glorieusement sa phrase,
a lia grande joie des passaints.
Méfiez-vous, M. Oscar, la vérité sort de
la bouche des enfants, dit le proverbe.
Le Masque de Verre.
Nous publierons demain un article de
JÔACHIM jGASÇ^UEX
Le Théâtre
au Salon des Humoristes
Une Affiche de WEILUC
Pour me reposer un peu des soirées pari-
siennes, j'ai décidé que ma matinée d'au-
jourd'hui serait consacrée aux peintres, et
je suis venu faire un tour au Salon des Hu-
moristes.
Rencontré rue La Boétiie MM. Mais
non. la foule est extrêmement élégante,
quelques artistes peintres s'y mêlent, quel-
ques statuettistes aussi. Mais ce ne sont
pas les habitués des grandes premières. Ce
sont des amateurs d'esprit et de fins des-
sins; ils sont incognito, iils sont un public
ano'nyme. Grâce leur soit rendue !
Soudain, je m'aperçois quie le théâtre est
encore ici. Sur les murs il se montre, se
rappelle à notre souvenir, directement ou
indirectement.
Le théâtre, reflet de nos moeurs et les in-
fluençant pair juste retour, inspire presque
tous ces dessinateurs de fantaisie.
Gaston BROQUET. — L'Auteur ! L'Auteur!
D ailleurs, entre l'outrance qui fait la ca-
ricature et le grossissement, exigé par ce
que j'appellerai l'optique théâtrafe, la pa-
renté est immédiate.
Arlequin, qui vénitianise à FApollo, trou-
ve son écho dans,p¡lusje:u:rs aquarelles de
ces petits maîtres d'aujourd'hui. Et la comé-
die italienne dicta à mon ami le florentin
Bruinelleschi ses plus heureuses imageries.
Je me plais également à croire que les
« Ours » de M. Vain Rozen qu'on admire
pour leurs attitudes et la, finesse de leur
modelé ont là une signification symboli-
que. ,
- Plus heureux que bien des dramaturges,
M. Van Rozen est parvenu à caser ses
ours.' "", r
N'est-ce pas aussi du théâtre que cette
page équestre de Sem nous montrant les
emJiyèlfes. familières du Bois qui « font pa-
rade » chaque matin?
.; Et toutes ces orientales plus ou moins
LAVINAY. ;— Têtes Marrons Sculptés
Danseuses
Œdipe.RQi
nues, toutes ces dames, dont le nombril bril-
le ont quelque sorte à travers des voiles
aussi percés que persans, n'est-ce pas- ce
Que, il y a trois ans, on eut appelé le théâ-
tre aux Aimées?
Dès l'entrée, d'ailleurs, les humoristes
nous parlent, si j'ose dire, de théâtre.
M. VHa nous montre une jeune dame li-
sant Çomœdia et disante Il parait qu'on
manque de comique, tandis que le messie ai
à côté d'elle répand généreusement le con-
tenu d'une carafe aux alentours de s vt ver-
re en un geste innocent à la Bages-er
Voici l'excellent Bib qu.i nous montre ut
Sâlvain dans Tartuffe en stylisant la res-
semblance, une Cécile Sorel sans clàmeT;
ce et un de Max « tragédiarote » à donner !f
frisson. M. Le Monnier expose des tèteî
d'expression peur illustrer l'œ.uv.re de ;'\h,1I"
Hère, quelques-unes fort typiques.
Un mousquetaire, plus loin, p ! a n >
flaimberge vers une porte ou est in.-.'rie
Théâtre de demain.
N'est-ce pas du « théâtre espag^wl *
que toutes ces esquisses de danseuses dtr
flamenca que nous montre M. R.Leqi'i-,ne ?
Nous retrouverons plus loin de Le-non*
nier, sous cette appellation, purement vo-
cale, croyez le bien:- « Les Acidulée-
un portrait miniature de Mlle Spine'lv fr:,1
ressemblant, vu de profil et de dos nL l' ¡;/
dos qui, dirait un musicien; se post .U f\
peu là, et une évocation non moins réussi
de la blonde Parisys. !
De M. Charles Granval, comédien corn-
me nul n'en ignore, nous admirons en ro-
buste carrure —1 j'ai ici envie d'écrire q,Lla:-
drature, M. Lucien Guitry, et un proM f;:;'{
pccaresque de M. de Féraudy dans L ! ti-
re, peintures plaisantes et vigoureuse.-.. Vi,
Granval réussit aussi bien sur la toiie quoi
sur les Dlanches.
M. Henri Etlin, de quelques traits, non9
fait entrevoir sous des aspects un peu '="Jhi'1
ques encore M. Lucien Guitry et Mme Sa-
rah Bernhilrdt, Mme Lîtvin-ne., M. Andréa
Brûlé et Mme Véra Sergine dans L'Enuink
de l'Amour, Mme Isadora Diua^an, Mlle Id"
Rubinstein et Mlle Polaire. j'ai comme"
l'Idée que ces illustrations n'ont point
pose — du, moins sciemment — pour ces
croquis-carîcatures sans générosité et pour-
tant ressemblantes.
Ne t'en déplaise, ô Fursy, il y a aussi le
dessin, rosse.
Mme Isadora Duncan prend dans ce se-
Ion quelque chose pour son esthétiqui L'a~
niable apôtre et prêtresse à la fois de-z no-
bles lignes et du lyrisme synthétisé, inspir#'
m ouïtes fantaisies burlesques.
M. Jean Le Seyeux, en de petits chror
mos fort amusants nous transpone aux;
Champs-Elysées où une grosse danseuse*:
nécessairement nue prend .les attitua-j- si'
nobles que sa chair, inspirée, s'enfle otas-
sûrement, honore le lard plus que 1 a * cts
prenant l'envolée vers le char de phuebi;^
évoquée surtout en fait de char « la charcu!'
terie ». Cette même danseuse dan> n
« Chevauchée "d'es Walkyries » qu'elle iiii"
me avec la « furor teutoiniicus » qui tuiH
vient, laisse un de ses « petits paiens >
devenus ses « gros pendards » s'envoler ,
de sa gorge comme une outre surgonfîée f
Es-tu content Wagner, et ton germainr'
sou:rj.fIe,..
Le même dessinateur nous montre !ei'
spectateurs diu, théâtre Dada dans des bai.;.'
gnoires où iil, ne manque que. de l'eau, ceu*
de Bellevifle où un quidam, égare en cd
lieu, connaît la terreur grâce à celles J~
Baginolet et de Saint-Farjeau qui se iroiw;
vent à ses côtés, ceux des Folies-Ber^rei
avec les muses du: promenoir et ceux d'ur)
théâtre que je me garderais de nommer
en lia salle duquel il neige: titre: On gèle |
Critique dramatique, M. André Wavnodj
demeuré fidèle à la peinture, ne l'est pasr
moins à Montmartre et aux idylles mor,u|
martroises qu'il nous peint d'un pinceau vi"
goureux et solide. Ses petits croqua a ?
plume ne manquent point de saveur. '4
Nous avons déjà diit le mérite des en void
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la foire. De lui, je note une parade foraine
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