Titre : Paris-soir
Éditeur : s.n. (Paris)
Date d'édition : 1924-07-07
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34519208g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 juillet 1924 07 juillet 1924
Description : 1924/07/07 (A2,N276,ED2). 1924/07/07 (A2,N276,ED2).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG31 Collection numérique : BIPFPIG31
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Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7637063c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-235
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/01/2015
s
7Âms<5ôrR
dant la H évolution les presses du fameux jour- ]
nal d'Hébert : Le Pcre Duchesne, qui voisinait
aiors avec un atelier d'armes et avec les bu-,
reaux de la section « Bonne Nouvelle ». Cette
maison avait elle-même remplacé la Halle aux
Poissons qu'on avait édifiée sous Louis XVI
et qui avait pris la place de la célèbre « Cour
des Miracles » qui se trouvait à ce même point
précis.
Commencé Je 2 août 1922, sur les plans de
M. Pierre Sardou, architecte 'D. P. L. G. et
fils du célèbre écrivain, la construction du nou-
vel immeuble a été terminée le 15 juin dernier.
L'édifice a été décoré par le sculpteur
Navarre, qui a composé pour la façade deux
rontispice dans lesquels il a évoqué les diffé-
rentes silhouettes des. collaborateurs d'un
:ournai Nous reproduisons la photographie de
l'un de ces frontispices où l'on peut recon-
naître le linotypiste, le metteur en page et le j
rotativiste.
Le' peintre J.-M. Sert, le ferronnier Brafldt j
et le décorateur Jansen ont également coopéré
à l'ornementation du bâtiment.
Dans la nouvelle construction, le directeur
de l'intransigeant s'est naturellement appliqué
à. réunir l'agencement le plus pratique et' le plus
nenf en vue de faciliter tous les travaux
technique-.
A cet jgard, notre confrère mérite d'être
félicité, pour les multiples initiatives qu'il a
prises et dont la mise en pratique constituera
une curieuse et intéressante expérience pour
les professionnels du journalisme.
Il nous en coûte d'autant moins de rendre
à notre confrère cet hommage mérité, qu'il est
de nature à ranimer les plus grands espoirs
chez tous les amis de Paris-Soir.
Cc~ derniers: qui n'ignorent pas les diffi-
cultés., ail milieu desquelles nous avons eu et
nous avons encore à nous débattre, considé-
rera t sveç nous que tes résultats atteints jus-
qu'ici par Paris-Soir, après neuf mois de vie
seulement, sont extrêmement encourageants si
on veut bien les rapprocher de ceux, très bril-
lants. dont peut s'honorer l'intransigeant-.
Celui-ci nous permettra bien de rappeler, en
effet, qu'au cours de ses quarante-quatre années
d'existence, il lui est arrivé - comme à maints
autres journaux d'ailleurs - de connaître des
crises redoutables. Il en 'est sorti à son hon-
neur. Il V.$,trouvera pas mauvais qu'au moment
où il peut légitimement manifester une bien
naturelle allégresse, Paris-Soir juge opportun
d'invoquer son histoire et son exemple. ,
Demain :
1 - Le. soleil se lèvera à 4 h. 57 et
sa couchera à 20 h. 53.
— 11 h. 45 : Boulevard Lannes
(Porte de la Muette) : Inauguration
par Je Prince de Galles de la « Mai.
son de la Légion Britannique n.
- 15 heures : Salle de l'Epicerie
Fr£Mçaise, 12, rue du Renard. Confé-
rence sur la propriété commerciale
par M. Arthur Levasseur, député de
Paris.
- 19 h. 30 : Hôtel des Sociétés Sa-
vantes, dîner de « La Controverse »,
sous la présidence de M. Violette,
dttpu^s.
---- A Versailles., - là heures : Ga-
lerie des Glaces, réunion des « Amis
de Versailles » et conférence de M.
Louis Bertrand sur « La psychologie
amoureuse de Louis XIV ».
- - fêtes, à* souhaiter :•' Saint Cy-
rille-et Saint Elie.
Société pour l'instruction
élémentaire
• :et î.jrès-midi, à 14 heures, dans le Grand
•.'Àuq>hii!»fîâtre de la Soofaonne, la Société pour
f'lh4 ; U, ; j rt de ses récompenses, sous la présir.
ii '-é M. paul Painlev.ô, Président de la
{>;"; ,.)re des députés, président delà So-
assisté de M. Paul FIeurot, conseiller.
- ri!..,: ril de. Parte, et' Lemarighier, seeré-
tiiié général. La. Société, pour l'Instruction
; meinairë. qui est-la doyenne des associa-
"{L!;' d'enseignement populaire, fêtait en me-
iue icinps. s'a 1 ogé,* assemblée générale;
grande société d'enseignement laïque,
fond n Dar Lazare Carnot en 1815, à- fait.
r < "rte année des examens u plue de
i. r;itre aille enfants des deux sexes des
^oule^ cummtinales -et des' écoles libres laï-
cités de la Seine et de Seiïie-efr-Qise. Plus de
quatre cents élèves ont euivi ses cours nor-
maux pi ofessionneîs et cornmerciaùx gra-
'uit.- ]u nr les. daines et. les. jeànes flHes,
dans -on -loeal, 6., rue "du Fouarre. Âpres*
un rc i'i'quable discours de M. Painlevé,
M. Lr: ..rignïer, secrétaire général,-dans un'
: ^.ppoi ■ extrêmement documenté: a retracé a
\iud* ;iaits la vie - de (:('U.;' -
Courrier régionalise
- '-"iv-'1
de la Marionnette. — Cette société,
formée le Lyonnais, fervents du. ThêâJ!tt.'e de
Gniomol. nous.tait savoir * le galle Va-
lérie,i ient de planter son castelet à la
kej;me;>se îrarico-améncame de la Tour Eil-
Mil, Les Lyonnais de - Paris se réjouiront à
coup sur, d'apprendre cette nouvelle..
Les Enfants de l'Hérault. — La sortie cham.
pêtre dVujourdTiui fut un véritable' succès.
Nombreux 'étaient lEi) enfants de l'Hérault,
f' ~t.!' il neuf heures, au départ de la
gare des Invalides. Durant l'après-midi, l'ex-
etr .inn dans les bois de Chavi-lle-Vélizy fut
t1-:'- ID,*,7s - oyeuses. On' s'est donné rendez-vous
Pj.iM- là prochain® "soruo dont la date sera
?ix<.:e ultérieurement.
LES PROFESSEURS S'EN VONT.
M. Jules Truffier
comme M. Isnardon
quitte le Conservatoire
One se passe-t-il donc, rue de Madrid ?
Au moment même où Les concours de
déclamation clôturent l'année théâtrale,
plusieurs professeurs du Conservatoire
envoient leur démission à M. Henri Ra-
baud. Il y a quelques jours, nous signa-
lions, avec regret, le départ de M. Jacques
Isnardon. Aujourd'hui, nous devons rela-
ter celui' de M. Jules Truffier.
M. Isnardon nous a déclare qu'il ne
songeait nullement à la retraite. M. Jules
Truffier n'y doit pas songer, lui non plus.
Lorsqu'il acceptera de l'aire connaître les
motifs de sa démission, il déclarera sans
doute, comme l'usage et la discrétion
semblent l'exiger : « Je quitte le Conser-
vatoire pour des raisons de convenance
personnelle. ».
Bien que M. Truffier enseignât aux fu-
turs pensionnaires des subventionnés les
préceptes de la déclamation, alors que M.
Isnardon leur apprenait à chanter, les
deux professeurs do va ion t envisager sous
un même angle l'organisation actuelle du
Conservatoire.
C'est vraisemblablement pour des rai-
sons identiques qu'ils ont quitté la rue
de Madrid
On peut d'ailleurs .supposer que ces mo-
tifs ne diffèrent nullement de ceux qui
déterminèrent, l'an dernier, le départ d'e
M. Denis d'lnfts.
Nous sommes en présence d'un mystère
que, par courtoisie, les démissionnaires
ne nous permetLent pas d'éclaireir. Mais
nous sommes aussi! en présence d'un dan-1
ger. C'est pourquoi nous sommes en droit
de savoir quel mécontentement ronge les
professeurs du Conservatoire.
Désertent-ils la rue de Madrid à la sui-
te d'un conflit moral, ou pour des misons
matérielles ?
Deux professeurs sont à remplacer ; et
leurs successeurs ne se découvriront pas
facilement. Il est, en effet, encore plus dif-
ficile d'enseigner le métier théâtral que
de jouer soi-même la comédie. Le métier
de professeur au Conservatoire est, d'ail-
leurs, plus honorifique que lucratif et
beaucoup de comédiens ne sauraient se
résoudre à accepter une semblable charge.
Et, pourtanl, -ce n'est peut-être pas finit
Il &e pourrait fort bien que l'infortuné
M. Rabaud reçût. de nouvelles lettres de
démission.
Sil cela continue, les acteurs compétents
Iront tour à tour passer une saison au
Conservatoire. Pui's ils feront trois petits
tours, et s'en iront.
L'assainissement
de l'atmosphère de Paris
En différents points de la Capitale, il
monte vers le soir d'étranges parfums. Que
le vent vienne du N.-O. ou du S., il ap-
porte dans son souffle des pestilences naur
séabondoo, Elles n'ont pas la même sen-
teur,. voilà -tout. Elles répugnent égale-
ment à l'odorat.
Dans les deux directions,-il y a à l'ori-
ginë de l'empoisonnement aunosphérique
les dégagements pu triâtes, dos usines et des,
collecteurs d'aoûts. Cela constitue une
des prérogatives de l'assainisseiiient in-
dustriel des grands centres urbains.
Il y a peut-être des remèdes à 'y' appor-
ter ?
Aux époques qui précédèrent 1914, un
enseRible de dispositions, particulières'et
générales, avait été mis en œuvre pour ar-
river à un assainissement relatirde notre
air respirable. et respiré ! Puis, on a
passé a d'autres sujets.
Peut-être pourrait-on reprendre l'étude
de cette partie de notre hygiène publique?
Ainsi, les parfums du sud viennent à
n'en pas douter de la partie de la Bièvre,
qui, venant de Gentilly, s'engage à Paris
dans son égout, pour être déversée dans
le collecteur. Dans la partie de son cours,
eptre Arcueil et la poterne des Peupliers,
il fonctionne encore des mégissiers. jCe
sont las détritus organiques abandonnés
au cours de l'eau qui la corrompent t:t
créent ces relents' effroyables.
Si bien drainés que soient 'les conduits
des égouts, où l'eau'de rivière coule-en
abondante même en cette période de -l'an-
née, les principes gras des résidus ani-
maux se résolvent en sortes d'essences
s'attachait aux parois, et sous les con-
rants et les mouvements des réservoirs de
chasse, s'y glissant à l'extérieur par 1 outes
les ouvertures. -
Cette altération de l'atmosphère pari-
sienne peut' >être évitée. Il süffit" que les
eaux résiduajres dp.;; industries locales ne
soient'pas déversées, telles qu'elles ont été
employées, dans le cours de la rivière. Il
est indispensable qu'elles soient stérilisées
et. surtout, désodorisées.
L'opération est connue. Elle ne grève-
rait guère les frais généraux des établisse-
ments, à classer, bordant la Bièvre en
amont de Paris.
Elle aurait cet avantage inappréciable
de purifier notre ai1' d'été.
; TOUS LES JOURS, 6 PAGES-
A TOUS ECHOS
DU POINT DE VUE DE.
Bienfaisance
Un avocat s'est dressé, 1 autre jour, au
procès Castagna, et il s'est écrié, au grand
ahurissement du public, du tribunal, de la
presse, des gardes municipaux et même des
jurés :
— On a calomnié le Fascio. Les fascis-
tes ne sont point ce qu'un vain peuple pense.
Le Fascio n'est autre chose qu'une société
de bienfaisance.
Là-dessus, l'avocat s'est assis, après un
large mouvement de ses manches, sembla-
bles. à de grands volatiles noirs. Il était
très fier de sa trouvaille, l'avocat. Il ne
l'aurait pas cédée pour une fortune.
Eh bien ! cet avocat avait raison.
Parfaitement ! les fascistes sont, dans
leur genre, des philanthropes et des bien-
faiteurs de l'humanité.
Lorsque les fascistes lont entrés en scè-
ne, ils avaient devant eux un pays épuisé,
anémié, exangue, par suite des grandes vic-
toires remportées sur les terribles soldats
d'Autriche. La famine sévissait. La lire
baissait. Partout le désordre, la guerre ci-
vile, le chômage.- Ça sentait le commence-
ment de la fin.
Alors les fascistes se sont dit que ça ne
pouvait pas durer. Ils se sont jurés de re-
dresser leur pays, de sauve:- leurs compa-
triotes, de faire le bonheur de l'Italie, en
particulier, en attendant de faire le
bonheur du monde.
Et, toùt de suite, ils ont employé les
grands moyens. En avant, l'huile de ricin,
les attaques à main armée, le saccage des
maisons ouvrières, le meurtre, l'incendie !
Avanti ! l'assassinat, les tortures, le viol,
le cambriolage. Par le poignard ! Par le
poison ! Par le feu !
Aujourd'hui le peuple italien savoure les
douceurs du régime que lui impose le bien-
faiteur Mussolini. Les bourgeois sont heu-
reux et les travailleurs itou. Le Roi est
content, bien content. Le Pape est satis-
fait. L'Italie nage dans la félicité.
Il n'y a guère que Matteotti et ses com-
pagnons d'infortune qui peuvent songer à
se plaindre. Mais il y a pas de danger qu'ils
osent dire un mot.
Et ce qui est vrai, pour le Fascio, l'est
également pour d'autres sympathiques phi-
lanthropes qui opèrent ailleurs.
Voyez plutôt, la Russie bolchevique.
En Russie, comme en Italie, ça ne mar-
chait pas. Le peuple était en proie au dé-
sespoir. Surgit alors un groupe d'apôtres
décidés à faire le bonheur du moujik. Une
société de bienfaisance est fondée avec ga-
rantie du gouvernement. Et, aussitôt, les
fusillades et les mitraillades crépitent dans
les rues ; les prisons et les bagnes sont
surpeuplés. La Terreur s'installe inexora-
blement. Tous sont courbés dans l'épou-
vante et la misère .atteint de telles propor-
tions que les hommes, tels des loups, se
mettent à se dévorer entre eux. -
Le peupfe russe est heureux. Il sert de
cobaye à une troupe de chirurgiens et de
médicastres. Tantôt, on promène, dans ses
chairs pantelantes, le bistouri terroriste,
tantôt on lui inocule la sérum de la Nep.
Thérapeutique et vivisection mêlées ont
produit les plus merveilleux effets.
Le système d'ailleurs, est vieux comme
les sociétés humaines. A toute:- les épo-
ques, sous toutes les latitudes, il y a -eu
des entreprises de bienfaisance dont les
peuples ont fait les frais.
Aux jours radieux de l'inquisition,
moyennant qu'on leur crevât les yeux,
qu'on leur arrachri les ongles, qu'où leur
sortît les tripes et qu'on les fît griller
lentement, les mécrfznts connaissaient le
parfait bonheur et gagnaient joyeusement
le paradis.
, Les procédés ne varient point. Les mé"
thodes du bonheur universel appliqué, en
gros ou en détail, relèvent du masochisme
intégral.
-Les amateurs de bienfaisance sont insa-
tiables.
Rien d'exécrable comme la race des apô-
tres, deS philanthropes, des bienfaiteurs.
C'est un nommé Ernest Renan qui affir-
mait ces chos^^-là, il y a un peu plus d'un
demi-siècle.
SIRIUS.
- Le tunnel sous la Manche ne se fera,
pas' ! Les Anglais n'y consentent pas plus
en 192H qu'en 1912 et en 1874 ! C'est Pa-
ris-Soir qui avait- raison ; il y a une se-
maine, en effet, dans un « tête d'échos »,
un de ses collaborateurs, qui connaît bien
la mentalité anglo-saxonne, avait prédit
« l'enterrement du tunnel » si nous osons
nous exprimer ainsi.
Jamais la prude Albion ne permettra que
ses chastes et sobres enfants aient toutes
facilites de venir passer le « week-énd -a
loin .des• temples et des bibles, sur' le.$'
Grands Boulevards de la Babylone mo-,
derne !
-Le Conseil municipal doit prochai-
nement consacrer une séance à l'agrandis-
sement du Tribunal de commerce.
Nos édiles vont se prononcer sur un
projet qui comporte les dispositions sui-
vantes : -
1. Le grand vestibule des Lions, sur le
boulevard du Palais, dont les dimensions
Considérables ne répondent à aucun besoin
réel, serait utilisé, dans sa partie nord,
pour l'installation définitive des services
du Registre du Commerce, et, dans sa par-
tie sud, pour l'agrandissement des bureaux
du Conseil de préfecture. Une entrée suf-
fisante serait conservée sur le boulevard du
Palais ;
2. Au premier étage, pour répondre à
une demande très ancienne de la juridic-
tion commerciale, une deuxième salle des
faillites serait créée, par modification des
salles contiguës et de la bibliothèque.
Cette nouvelle salle servirait également
aux référés commerciaux ;
3. Au premier étage également, deux ca-
binets de juges seraient installés dans le
grand vestibule sur le boulevard du Pa-
lais.
La dépense envisagée, pour la réalisa-
tion de ces transformations, s'élève à
400.000 francs.
- M. Angoulvant, le nouveau député de
l'Inde Française, est de plus en plus in-
quiet. Il voit s'approcher l'heure où son-
nera son invalidation.
La commission chargée d'examiner son
cas est, affirme-t-on, favorable à cette in-
validation. Et il est peu' de cas où la Cham-
bre n'ait point suivi la commission.
En attendant, nous recevons une lettre
du chef de cabinet du gouverneur général
que nous publions intégralement. La voi-
ci :
Vous avez publié dans le numéro de
Paris-Soir du dimanche 29 juin, numéro 268,
un écho concernant M. le Gouverneur gé-
néral Angoulvant, député de l'Inde, et qui
contient un certain nombre d'exactitudes.
M. Angoulvant, actuellement en mission
dans les Indes Néerlandaises, répondra
lui-même à votre article lors de son retour,
mais je tiens dès maintenant à vous signa-
ler que c'est par suite d'une erreur maté-
rielle que M. Angoulvant a été porté comme
ayant pris part aux' scrutins numéros 4, 6,
7 et 9 ; il n'a donc pas pu, comme vous
l'indiquez, voter contre le gouvernement.
Je vous prie de vouloir bien vous référer
à ce sûjet au Journal Officiel de la Répu-
blique française du mardi 24 juin, page
5.627, colonne numéro 1 et vous y verrez
la note suivante : « Rectification de vote ».
« Par suite d'une erreur matérielle, M.
Angoulvant a été porté comme ayant pris
part aux scrutins numéros 4, 6, 7 et 9, en
réalité, l'honorable membre n'avait pas
pris part au vote. »
Je vous prie de vouloir bien insérer cette
rectification dans le plus bref délai pos-
sible et aux lieu et place où a paru l'arti.
cle en question et, avec mes remerciements,
je vous prie d'agréer.
Remarquons, tout d'abord, que le terme
« exactitudes » souligné par nous-mêmes
doit être le fait d'un lapsus qu'on peut
qualifier de « calamiteux ».
Remarquons ensuite que s'il est exact
que M. Angoulvant, absent — il était à
Batavia — n'a pas voté lui-même, ce sont
les amis de son groupe qui, en toute con-
fiance, l'ont fait voter contre le gouverne-
ment. Ces choses-là sont fréquentes à la
Chambre.
Remarquons, enfin, qu'on ne nous fournit
aucun démenti au "sujet des démarches
faites auprès du parti radical et de l'ins-
cription de M. Angoulvant à un groupe
antigouvernemental.
Comme on le voit, notre écho contenait
bien, en effet, un certain nombre d' « exac-
titudes ».
- Le Tribunal de commerce a été cons-
truit par Bailly de 1860 à 1865.
Sur son emplacement s'élevait jadis la
vieille église Saint-Barthélemy et Saint-
Magloire qui datait du VIIP siècle.
Derrière, où nous voyons aujourd'hui le
marché aux fleurs, était la petite église
Saint-Pierre-des-Arsis. Tout ce coin de
Paris fut autrefois très abimé, très peuplé.
qui le croirait aujourd'hui ? Le soir, c'est
le désert tout autour du Tribunal de com-
merce..
- La période la plus intéressante des
Jeux Olympiques va s'ouvrir et, pour sui-
vre comme il convient leurs diverses ma-
nifestations, nous ne saurions trop vous
conseiller la lecture du Guide Plumon
sur les Jeux Olympiques, qui donne de
chaque sport une monographie détaillée et
complète, en plus des palmarès et des re-
cords de toutes les épreuves athlétiques.
- Madame, avant de partir à la campa-
gne et pour qu'au retour le confort du
home soit un plaisir, songez à faire refaire
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Petit Mémorial
des Lettres
■f» Il y a aujourd'hui.
.cent cinquante ans, mourait à Bar-le-Duc
Pierre Parisot, en religion le père Norbert,
qui se signala par sa haine des jésuites.
.vingt-cinq ans, mourait le philosophe an-
glais Congrève.
+++ On sait que notre confrère Clarté,
pour lutter contre le mercantilisme des let-
tres, eut -iine initiative 1res intelligente qui
vient d'être mise en pratique. Le livre du
mois sera choisi par le groupe Clarté parmi
les meilleurs volumes parus dans le mois
écoule. Justement, le dernier numéro de la
revue consacre sa chronique littéraire à trois
des livres sur lesquels le Comité de Rédac-
tion avait eu à discuter. Après un débat qui
porta également sur Kyra-Kyralina, de M. Pa-
nait-Istraii ; La Mort du Loup, de M. Albert
Touchard, et Le LAbcrtinagc, de M. Louis
Aragon, ce furent les lettres de Jean de Saint-
Prix qu'on désignait : très bon choix d'ail-
leurs. et, M. Edouard Berth le motive dans un
bel article.
+++ D'Ennery avait promit un. rôle à une
jeune actrice. 1
« Est-ce un jeune homme de parole, demary-
da-t-elie, ou un farceur ?
« - Les deux ! » répondit Hdetein.
+>+ M. Marcel Coulon. l'auteur de le.
Problème de Rimbaurl et du Génie de l.-Il.
Fabre, prépare un volume d'études intitulé :
Au cœur de Verlaine et (le Rimbaud.
Ce volume contiendra un long poème, ab-
solument inédit, de cent quarante-huit vers,
dû à l'auteur du Bateau Ivre,
A ce propos, nous lisons dans le Mercure
de France, sous la signature de M. Marcel
Coulon, r.ette note relative à la propriété lit-
téraire.
Nous croyons utile et intéressant "de la re-
produire :
r( En matière de propriété littéraire et artis-
tique, le monopole de la publication des ou-
vrages posthumes, c'est-à-dire des ouvrages
publiés pour la première fois après la mort
de l'auteur, est garanti. — outre les princi-
pes généraux — par le décret du 1er Ger-
minal an XIII.
« Mais on peut être propriétaire du ma-
nuscrit d'un ouvrage, même st ele- manus-
crit est l'uni'que, sans avoir le droit de le
publier. Pour pouvoir publier un ouvrage,
il n'est pas. nécessaire d'en posséder le
■corps matériel (j'entends : de nécessité ju-
ridique, car, pour la nécessité pratique, c'est
évidemment filtre chose). Mais il est néces-
saire d'en posséder l'âme. En d'autres ter-
mes « la propriété d'un ouvrage est distinc-
te de celle du manuscrit qui le contient et
n'en forme pas un accessoire ». — déclare un
arrêt de Cassation eu date du 26 février 1919,
publié par un des derniers fascicules de
Dallez (1923-1, 215).
« Le lecteur d'un livre que j'achève et qui
complète mon Problème de Rimbaud y trou-
vera un 'long poème inédit de l'auteur de
Bateau Ivre, poème, d'une authenticité, vu'
les preuves que j'en fournis, indiscutable. Le
propriétaire du manuscrit, vraisemblable-
ment unique, de ce poème, M. Louis Baxthou,
si riche en documents TtmbaudieBs, et qui
s'est montré toujours libéral envers les his-
toriens du poète, a bien voulu m'accorder
d'en prendre copie, afin que je l'insère danq
roes- gl, Je lui en suis infiniment recon-
naissant. Mais si, en fait, la possibilité maté-
rielle déjà publication de ce poème n'appar-
tient qu'à-lui (ou n'appartenait qu'à lui avant
qu'il m'ait fait Ihonneur de me la permettre),
en droit strict il n'est pas plus fondé à publier
ce poème que moi, ni. Qu-e personne, et les
héritiers du Poète maudit, seuls, y seraient
fondés.
cc Mais 'oilà, le sont-ils ? Etant donné l'hor-
reur que Pimbaud a manifestée de son œu-
vre; la violence viril a mise à détruire toutes
•traces de son activité poétique, ses héritiers
(s'il y en a) ont-ils sur son œuvre un droit
de propriété littéraire, ce droit que la loi ac-1
corde atpc héritiers d'un auteur parce qu'ils
sont ses Représentants natuels, moraux, par-
ce fu'ils continuent sa personne ? ■— iHœres
verso/ïim defuncti sustinet, disaient les La-
tins). Voilà une jolie question à débattre.
+++ Mme de Sévigné n'avait pas moine
d'originalité dans sa conversation que dans
ses Lettres.
S'embarrassant dans le récit d'un procès
qu'elle avait, elle dit au président de Belliè-
vre :
« Je sais bien l'air, mais je ne sais pas les
paroles. H.
Parlant un jour d'une personne qui avait
les dents malpropres et gâtées, elle dit :
« Ses dents puent aux yeux avant que d'em-
poisonner le nez.
♦++ Voici un fort curieux sonnet de Mus-
set, 'paru naguère dans Le Voleur ; il est
intitulé : « Paysage matinal ')J. Musset le
composa au retour d'une exécution et ne
voulut jamais le laisser imprimer ; il ne
figure donc dans aucune édition des œuvres
du poète, ni même dans le volume des œtl-
vrez complémentaires d'Alfred de Musset, de
M. Maurice Alleux.
Voici l'homme, qu'un prêtre amène.
Crrrac ! il est déjà « basculé » :
La lunette, assez large à peine, -
S'abat sur son col étranglé.
Poum !. c'est fait. La justice humaine
A son dû. Le chef décollé
Tombe en la cuve à demi-pleine
De son, très peu renouvelé.
Pendant qu'en un long jet tiède
Jusque dans l'estomac îte l'aide
Le sang fumant jaillit du sol.
Puis 'la tête au pariieT se verse.-.
Satan, perche sur la traverse,
Guette l'âme et la happe au vol.
D'une effroyable exactitude, hélas !
4 + + Balzac fit deux tentatives pour entrer
à l'Académie. Quand le docte aréopage dut
délibérer, on donna pour prétexte du refus
« qu'il n'était pas dans un état, de fortune
convenabLe ». « Puisque l'Académie ne veut
écrivit à cette occasion Balzac à Charles No-
dier, il faudra bien que plus tard elle se passe
pas maintenant de mon honorable pauvreté,
de mes richesses.
+++- Un livre, de Mme Clara Viebig. vient
de paraître chez Perrin, Filles d'Hécube, qui
mériterait d'avoir chez nous le succès de
Verdun. L'auteur de la Garde au Rhin, de
Village de femmes que publia jadis la Grande
Revue, Mme Clara Viebig, écrivain natura-
liste, est, avec Bernard Kellermann, le seul
représentant peut-être de l' « Ecole de Zola »,
en Allemagne,
Son gros roman, Filles d'Hécube, est un
livre émouvant dont nous reparlerons. Il est,
pour la littérature de guerre en Allemagne,
ce que fut chez nous la Maison à l'abri de
Marcel Martinet, et à ce seul titre nous in-
téresse déjà.
Les Académisards y reviendront bientôt.,
Nouvelles diverses
— Les Editions Risacher présentent l'édition d'Ki~
de La Saison (un volume, 160 pages, 6 francs).
La Saison fournit les renseignements les plus
complète et les plus récents sur toutes les plage'
et ville d'eaux françaises (liste et tarifs d'hôtels,
villas, programmes de fêtes, courses, régates, cham-
pionnats de tennis, de golf, etc., etc.).
- Les « Olympiques » donnent. Voici qu'on nous
promet : Euthymos,' vainqueur olympique, pat' M.
Maurice Cencvoix,
— Le docteur de Clermont-Tonnerre prépare nn
ouvrage sur Robert de Montesquiou et Marcel
Proust..
— Des éditions Fasquelle nous parviennent les
Concessionnistes, mœurs d'aujourd'hui, par M.
Pierre Chanlaine.
— Vient rie paraître dans la collection « Chris-
tianisme- » : le Mystère de Jésus, par P.-L. Cou-
choud.
— Dans la collection « les Romans Modernes »,
on nous donne : En mulolte à travers l'Inde ca-,
tholique, par Mi Louis Audard (des Missions fran-
çaise?).
Les livres lus
+++ Léon Kazalgette : Ilenry Thoreaus
sauvage. (Rieder, édit.)
Le livre d'un poète sur un poète.
Voulez-vous pénétrer la vie et, mieux en- '4
core, lame et ie cœur du grand Américain
Henry Thoreau dont vous connaissez peut-
être Désobéir, l'un des chefs-d'œuvre de la
littérature mondiale actuelle ? Ouvrez cet
ouvTage de Bazalgette. Et vous y apprendrez
quelque chose de plus : ce qu'est un homme
véritablement digne de ce nom. Certes, nous
pourrions nous lancer dans un récit dépo^iiJé
(en vingt lignes ') de lu vie de Thoreau.'fîiaJs
Léon Bazalgette olace son héros dans son
cadre ; il le fait'baigner, si nous pouvons
dire, dans l'atmosphère de campagne propre
à son génie de sauvage « qui cherche en vain
parmi toute la misère de leurs jours, les
bons cuterreux, les braves boutiquiers, les
braves artisans ef, les honorables bourgeois
qui comptent moins que les bibelots hideux
qui encombrent leurs dessus de cheminées ».
Ce que Henry Thoreau — et Léon Bazalgette
— préfèrent à ces jolis museaux c'est ce
qu'un de ses frères, « cheveux blonds comme
lui, peau tannée par vent et soleil, jeune ou
vieux, on ne sait, mais beau et rugueux com-
me un arbre D, Comme un arbre, oui ; et
les a.rbres mêmes 1 « Ce -propre-à-rien ne
donne pas son lot : joie de la rivière, in-
timité nu sous-bois, rumeurs au créipuscule,
rayon de soleil sur le marais, chapelet de
surprises des saisons. » pour « tous leurs
biens, leurs privilèges et leurs satisfactions
de corrects citoyens ». Car fIenrv Thoreau fut
ce que Lucien Descaves reprochait dernière-
ment, fort justement, aux artistes de notre
génération, de ne plus savoir, de ne plus
oser être : une manière de réfractaire.
Connaissez son histoire, plus riche en pé-
ripéties qui un roman, coulée dans l'admira-
ble forme d'un poème.
LES ACADEMISARDS.
FEUILLETON- DE PÀRIS-IGIR "T JUILLET 1924. — N. 40.
Le Jeûne ama nt
li < * Par Paul REBOUX 1
• xxxi
Air,"'S" iil renonça aux soirées ofi'i'eielles,
ps'accorda même des vacances. Les Pe-
< .:Jt>racb.l'avaient iinvité à passer troi's se-
,h.\-;1 "■? •] eux, à Dinard ; Hélène s'ins-
tv'.ià d'à,s une station toute proche. Sou-
'i? /iJ, se rejoignirent, pour vifeiter
j t)ie les environs.
.}.>';¡utres villégiatures permirent d'at-
~Lr'~rr' l'automne, i:111e regagna la rue
ie. 1 an ot recommença la vie d'autre-
t'He dînait soûle, ou quelquefois
f ïviu sseTon. Ces jour-;-là. elle retrou-
.x.itt- non sans une placidité mélan-
icotîquerr.ent monotone,. la petite salle à
pnanger où les deux couverts "étai'eut mis
jfaM à face, avec les fioles et les boîtes de
jpilu* s- alignées à la place, de -Chasseron.
Mair nant, ses grandes crises dbulou-
jreus'> ;xfeaient trêve. Elle n'éprouvait
plus qn'une sorte de fadeur morale, un
,,,.-:. Ql:(' lui donnait par moment dés. ma-
lais- * < vertige. Elle ne se passionnait
- ', é \nr ri'en, ne s'intéressait môme
•i) i' - a 'ien.Lés choses lui semblaient
"t' entes, neutres et flétries, ainsi!
till-même. Parfois, elle s'humiliait de
.«e - nlir ainsi! diminuée jusque dans son
apf i -te a souffrir ; eJie se disait :
iit-il que je soi's pour que
,nt,!'! ce souvenir-la ne me remue qu'à
!pc, » Mafé une telle clairvoyance ne
dur lit juèrè, et faisait vite place à une
~teuxpathie. et fai~--ait vite place à u-ne
».
Les jours passaient sans qu'elle s'in-
quiétât de leur fuite. Elle n'espérait rien
des charmes de sa personne, et ne s'alar-
ma même pas lorsque blanchit toute une
mèche de ses beaux cheveux blonds. Elle
négligea les petits raffinements dont, elle
usait pour entretenir sa beauté.
De René, aucune nouvelle. C'était là
son principal sujet de tristesse. Ah ! sii
elle pouvait l'avoir auprès d'elle, la vie
redeviendrait peut-être harmonieuse I
Naguère, en quinze jours de tendresse,
elle avait presque découvert le chemin de
son cœur ! Et puis le destin avait bruta-
lement anéanti jusqu'à la possibilité de
retrouver jamais cette émouvante espé-
rance. Serait-il donc toujours pour elle
comme un fils mort ?
- Un jour, pourtant, elle reçut une lettre
de lui. Quelle commotion !
Il était encore au Transvaal, et proje-
tait de se marier là-bas. En termes cor-
rects et légaux, in demandait l'autorisa-
tion maternelle.
Longtemps, elle hésita au sujet du ton
que devait avoir sa réponse. Depuils la
lettre suppliante écrite à René au moment
de sa fuite, elle n'avait plus rien tenté,
de crai.nte qu'il ne la chagrinât plus en-
core par quelque phrase irrémédiable.
Mais, cette fois, ne. devait-elle pas pro-
fiter d'une occasion que lui-même four-
nissait ?
Incertaine, elle envoya son consente-
ment, sans parier de faiblesse ni de re-
mords, disant son activité reconquise, sa
vie sereine et solitaire, et les atteintes
du temps qu'elle commençait à subir.
Au moment de fermer l'enveloppe,
elle pensa : « Tiens. je vaffe peut-être
devenir grand'mère ». Et cette idée lui
causa une bizarre émotion, mêlée de tris-
tesse et de vague orgueil.
Trois mois plus tard une nouvelle let-
tre arriva du Transvaal.
Quatre pages ! Il avait écrit quatre pa-
ges ! En voyant ces feuilles couvertes
d'écriture, .Hélène fut inondée par une
grande vague bienfaisante d'espoir. Sans
rien savoir encore, elle eut l'instinct que
cette lettre allait changer sa vie. Et,-le
cœur bondissant, elle commença :
« Ma chère maman, je vais revenir en
Europe dès que mes .a'¡faiJ'cs seront ré-
glées. C'est sans regret que je quitterai
ce pay»-ei, pas bien gai, pour moi. Je
pre-ndrai le paquebot qui me mettra en
France quinze jours après que cette lettre
te sera parvenue. »
Il revenait !. Mon Dieu !. Il reve-
Il revenlit i~lon 1',ileii !. 1 l reve-
« Bien des choses se sont passées
depuis que je t'ai envoyé ma dernière let-
tre. A ce moment-là, j'avais confiance
clans l'avenir. Mais je viens d'être dure-
ment déçu. Mort mariage est brisé. »'
Oh ! le pauvre enfant.
« .Je voulais épouser là-bas nue femme
que j'aimais de toutes mes forces, en qui
j'avais une entière confiance. Et, à la der-
nière minute, j'ai découvert qu'elle aimait
un. 'autre homme et que, d'accord avec
lui. elle allait me prendra pour dupe.
J'ai, rompu nef. Mais je l'adorais, et' le
pis, c'est que je l'aime encore.. Ah- ! si
lu savais, maman, comm. j'ai du cha-
grin. » ,
Hélène, à ce cri de détresse, dont l'écho
résonnait jusqu'au fond d'elle-même, s'ar-
rêta de nouveau. Pauvre enfant ! Il avait
aime ! Enfin, son cœur s'était ouvert, et
avec la violence d'un cœur inexpérimenté.
Devait-il être meurtri! par cette première
désillusion !. Efforts inutiles, espoirs
piétinés. confiances trahies, elle connais-
sait tout cela ! Comme elle, il avait airrné !
Comme elle. i!l avait souffert ! Il avait ap-
porté dans l'amour la fougue des -premiè-
res passions, tandis qu'elle y dépensait
l'ardeur des passions -dernières. Et pour
tous deux, l'amour avait été cruel !.. Avec
quelle tendresse consolatrice elle allait
l'accueillir.
Mais, brutalement, une inquiétude la
déchira, H' avait, à cause d'elle, vécut des
heures abominables. Il avait le droit de
la condamner. Admettrait-il des effusions
avant qu'elle n'eût obtenu l'effacement
de l'affreux souvenir ? Et comment, au
prix de quel aveu mériter son absolu-
tion ? Ce doute fut une te He. toiture
pour elle que, biien vite, afin de ne pas
s'y attacher, elle se remit à lire.
« Aussi, ma chère maman, j'ai perdu
tout mon courage, et je viens vers toi
parce que, dans cette circonstance, tu es
le seul être au monde a qui je puisse dire
combien je suis malheureux. Cette femme
n'était pas irréprochable, on me l'avait ra-
conté. Mais elle n'avait jamais été guidée
par personne. ; je croyais qu'à force de
l'aimer, je pourrais l'arracher à sa misé-
rable vie. Enfin, je rêvais bien des choses 1
C'est terrible, quand- on aime, comme fon
peut se tromper ! Jamais je n'avais été
amoureux et je ne savais pus quelle folie
cela cause, et quelle douleur. Ma maman
chérie, ne me repousse pas, malgré le
chagrin que j'ai pu te faire moi-même
en partant comme je suis parti après ces
quelques semaines où j'avais été si heu-
reux près de toi, et en te laissant si long-
temps sans nouvelles. Permets-moi de re-
prendre ,ma place dans ton, cœw', Imssr-
moi pleurer dans tes bras comme un j'Il »
enfant bien mal heur en.?.
« RENÉ. »
A ces dernières phrases, Hélène sentil
descendre en elle une sorte de bonheur
amer et tumultueux, .d'allégresse qui fit
jailliir ses larmes. Son fils revenait vers
elle, même fautive, comme vers la meil-
leure consolatrice ! Il allf.it pleurer entre
ses bras ! Le guérir de cette douleur,
voilà une raison de vivre ! Eile était sau-
vée !
■ Il lui sembla que la première de ces
semaines d'attente ne finirait point. Elle
cherchait dans les journaux les nouvelles
maritimes, guettant les escales du paque-
bot qui, chaque heure, faisait René plus
proche.
Elle ne pensait plus qu'à cela, et y pen-
sait encore, lorsqu'un jour, au moment
du crépuscule, dans la rue, hrusquement,
elle rencontra Marcel ! La foule les avait
empêchés de s'apercevoir à temps pour se
fuir, et l'étroitesse du trottoir les mettait
face à face.
_,
- Hélène. - balbutia-t-il.
Elle crut qu'elle allait s'évanouir, tant
sa surprise était forte. Mais, recouvrant
un peu de sang-froid, elle prononça :
— Bonjour.
(La fin d. demain).
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dant la H évolution les presses du fameux jour- ]
nal d'Hébert : Le Pcre Duchesne, qui voisinait
aiors avec un atelier d'armes et avec les bu-,
reaux de la section « Bonne Nouvelle ». Cette
maison avait elle-même remplacé la Halle aux
Poissons qu'on avait édifiée sous Louis XVI
et qui avait pris la place de la célèbre « Cour
des Miracles » qui se trouvait à ce même point
précis.
Commencé Je 2 août 1922, sur les plans de
M. Pierre Sardou, architecte 'D. P. L. G. et
fils du célèbre écrivain, la construction du nou-
vel immeuble a été terminée le 15 juin dernier.
L'édifice a été décoré par le sculpteur
Navarre, qui a composé pour la façade deux
rontispice dans lesquels il a évoqué les diffé-
rentes silhouettes des. collaborateurs d'un
:ournai Nous reproduisons la photographie de
l'un de ces frontispices où l'on peut recon-
naître le linotypiste, le metteur en page et le j
rotativiste.
Le' peintre J.-M. Sert, le ferronnier Brafldt j
et le décorateur Jansen ont également coopéré
à l'ornementation du bâtiment.
Dans la nouvelle construction, le directeur
de l'intransigeant s'est naturellement appliqué
à. réunir l'agencement le plus pratique et' le plus
nenf en vue de faciliter tous les travaux
technique-.
A cet jgard, notre confrère mérite d'être
félicité, pour les multiples initiatives qu'il a
prises et dont la mise en pratique constituera
une curieuse et intéressante expérience pour
les professionnels du journalisme.
Il nous en coûte d'autant moins de rendre
à notre confrère cet hommage mérité, qu'il est
de nature à ranimer les plus grands espoirs
chez tous les amis de Paris-Soir.
Cc~ derniers: qui n'ignorent pas les diffi-
cultés., ail milieu desquelles nous avons eu et
nous avons encore à nous débattre, considé-
rera t sveç nous que tes résultats atteints jus-
qu'ici par Paris-Soir, après neuf mois de vie
seulement, sont extrêmement encourageants si
on veut bien les rapprocher de ceux, très bril-
lants. dont peut s'honorer l'intransigeant-.
Celui-ci nous permettra bien de rappeler, en
effet, qu'au cours de ses quarante-quatre années
d'existence, il lui est arrivé - comme à maints
autres journaux d'ailleurs - de connaître des
crises redoutables. Il en 'est sorti à son hon-
neur. Il V.$,trouvera pas mauvais qu'au moment
où il peut légitimement manifester une bien
naturelle allégresse, Paris-Soir juge opportun
d'invoquer son histoire et son exemple. ,
Demain :
1 - Le. soleil se lèvera à 4 h. 57 et
sa couchera à 20 h. 53.
— 11 h. 45 : Boulevard Lannes
(Porte de la Muette) : Inauguration
par Je Prince de Galles de la « Mai.
son de la Légion Britannique n.
- 15 heures : Salle de l'Epicerie
Fr£Mçaise, 12, rue du Renard. Confé-
rence sur la propriété commerciale
par M. Arthur Levasseur, député de
Paris.
- 19 h. 30 : Hôtel des Sociétés Sa-
vantes, dîner de « La Controverse »,
sous la présidence de M. Violette,
dttpu^s.
---- A Versailles., - là heures : Ga-
lerie des Glaces, réunion des « Amis
de Versailles » et conférence de M.
Louis Bertrand sur « La psychologie
amoureuse de Louis XIV ».
- - fêtes, à* souhaiter :•' Saint Cy-
rille-et Saint Elie.
Société pour l'instruction
élémentaire
• :et î.jrès-midi, à 14 heures, dans le Grand
•.'Àuq>hii!»fîâtre de la Soofaonne, la Société pour
f'lh4
ii '-é M. paul Painlev.ô, Président de la
{>;"; ,.)re des députés, président delà So-
assisté de M. Paul FIeurot, conseiller.
- ri!..,: ril de. Parte, et' Lemarighier, seeré-
tiiié général. La. Société, pour l'Instruction
; meinairë. qui est-la doyenne des associa-
"{L!;' d'enseignement populaire, fêtait en me-
iue icinps. s'a 1 ogé,* assemblée générale;
grande société d'enseignement laïque,
fond n Dar Lazare Carnot en 1815, à- fait.
r < "rte année des examens u plue de
i. r;itre aille enfants des deux sexes des
^oule^ cummtinales -et des' écoles libres laï-
cités de la Seine et de Seiïie-efr-Qise. Plus de
quatre cents élèves ont euivi ses cours nor-
maux pi ofessionneîs et cornmerciaùx gra-
'uit.- ]u nr les. daines et. les. jeànes flHes,
dans -on -loeal, 6., rue "du Fouarre. Âpres*
un rc i'i'quable discours de M. Painlevé,
M. Lr: ..rignïer, secrétaire général,-dans un'
: ^.ppoi ■ extrêmement documenté: a retracé a
\iud* ;iaits la vie - de (:('U.;' -
Courrier régionalise
- '-"iv-'1
de la Marionnette. — Cette société,
formée le Lyonnais, fervents du. ThêâJ!tt.'e de
Gniomol. nous.tait savoir * le galle Va-
lérie,i ient de planter son castelet à la
kej;me;>se îrarico-améncame de la Tour Eil-
Mil, Les Lyonnais de - Paris se réjouiront à
coup sur, d'apprendre cette nouvelle..
Les Enfants de l'Hérault. — La sortie cham.
pêtre dVujourdTiui fut un véritable' succès.
Nombreux 'étaient lEi) enfants de l'Hérault,
f' ~t.!' il neuf heures, au départ de la
gare des Invalides. Durant l'après-midi, l'ex-
etr .inn dans les bois de Chavi-lle-Vélizy fut
t1-:'- ID,*,7s - oyeuses. On' s'est donné rendez-vous
Pj.iM- là prochain® "soruo dont la date sera
?ix<.:e ultérieurement.
LES PROFESSEURS S'EN VONT.
M. Jules Truffier
comme M. Isnardon
quitte le Conservatoire
One se passe-t-il donc, rue de Madrid ?
Au moment même où Les concours de
déclamation clôturent l'année théâtrale,
plusieurs professeurs du Conservatoire
envoient leur démission à M. Henri Ra-
baud. Il y a quelques jours, nous signa-
lions, avec regret, le départ de M. Jacques
Isnardon. Aujourd'hui, nous devons rela-
ter celui' de M. Jules Truffier.
M. Isnardon nous a déclare qu'il ne
songeait nullement à la retraite. M. Jules
Truffier n'y doit pas songer, lui non plus.
Lorsqu'il acceptera de l'aire connaître les
motifs de sa démission, il déclarera sans
doute, comme l'usage et la discrétion
semblent l'exiger : « Je quitte le Conser-
vatoire pour des raisons de convenance
personnelle. ».
Bien que M. Truffier enseignât aux fu-
turs pensionnaires des subventionnés les
préceptes de la déclamation, alors que M.
Isnardon leur apprenait à chanter, les
deux professeurs do va ion t envisager sous
un même angle l'organisation actuelle du
Conservatoire.
C'est vraisemblablement pour des rai-
sons identiques qu'ils ont quitté la rue
de Madrid
On peut d'ailleurs .supposer que ces mo-
tifs ne diffèrent nullement de ceux qui
déterminèrent, l'an dernier, le départ d'e
M. Denis d'lnfts.
Nous sommes en présence d'un mystère
que, par courtoisie, les démissionnaires
ne nous permetLent pas d'éclaireir. Mais
nous sommes aussi! en présence d'un dan-1
ger. C'est pourquoi nous sommes en droit
de savoir quel mécontentement ronge les
professeurs du Conservatoire.
Désertent-ils la rue de Madrid à la sui-
te d'un conflit moral, ou pour des misons
matérielles ?
Deux professeurs sont à remplacer ; et
leurs successeurs ne se découvriront pas
facilement. Il est, en effet, encore plus dif-
ficile d'enseigner le métier théâtral que
de jouer soi-même la comédie. Le métier
de professeur au Conservatoire est, d'ail-
leurs, plus honorifique que lucratif et
beaucoup de comédiens ne sauraient se
résoudre à accepter une semblable charge.
Et, pourtanl, -ce n'est peut-être pas finit
Il &e pourrait fort bien que l'infortuné
M. Rabaud reçût. de nouvelles lettres de
démission.
Sil cela continue, les acteurs compétents
Iront tour à tour passer une saison au
Conservatoire. Pui's ils feront trois petits
tours, et s'en iront.
L'assainissement
de l'atmosphère de Paris
En différents points de la Capitale, il
monte vers le soir d'étranges parfums. Que
le vent vienne du N.-O. ou du S., il ap-
porte dans son souffle des pestilences naur
séabondoo, Elles n'ont pas la même sen-
teur,. voilà -tout. Elles répugnent égale-
ment à l'odorat.
Dans les deux directions,-il y a à l'ori-
ginë de l'empoisonnement aunosphérique
les dégagements pu triâtes, dos usines et des,
collecteurs d'aoûts. Cela constitue une
des prérogatives de l'assainisseiiient in-
dustriel des grands centres urbains.
Il y a peut-être des remèdes à 'y' appor-
ter ?
Aux époques qui précédèrent 1914, un
enseRible de dispositions, particulières'et
générales, avait été mis en œuvre pour ar-
river à un assainissement relatirde notre
air respirable. et respiré ! Puis, on a
passé a d'autres sujets.
Peut-être pourrait-on reprendre l'étude
de cette partie de notre hygiène publique?
Ainsi, les parfums du sud viennent à
n'en pas douter de la partie de la Bièvre,
qui, venant de Gentilly, s'engage à Paris
dans son égout, pour être déversée dans
le collecteur. Dans la partie de son cours,
eptre Arcueil et la poterne des Peupliers,
il fonctionne encore des mégissiers. jCe
sont las détritus organiques abandonnés
au cours de l'eau qui la corrompent t:t
créent ces relents' effroyables.
Si bien drainés que soient 'les conduits
des égouts, où l'eau'de rivière coule-en
abondante même en cette période de -l'an-
née, les principes gras des résidus ani-
maux se résolvent en sortes d'essences
s'attachait aux parois, et sous les con-
rants et les mouvements des réservoirs de
chasse, s'y glissant à l'extérieur par 1 outes
les ouvertures. -
Cette altération de l'atmosphère pari-
sienne peut' >être évitée. Il süffit" que les
eaux résiduajres dp.;; industries locales ne
soient'pas déversées, telles qu'elles ont été
employées, dans le cours de la rivière. Il
est indispensable qu'elles soient stérilisées
et. surtout, désodorisées.
L'opération est connue. Elle ne grève-
rait guère les frais généraux des établisse-
ments, à classer, bordant la Bièvre en
amont de Paris.
Elle aurait cet avantage inappréciable
de purifier notre ai1' d'été.
; TOUS LES JOURS, 6 PAGES-
A TOUS ECHOS
DU POINT DE VUE DE.
Bienfaisance
Un avocat s'est dressé, 1 autre jour, au
procès Castagna, et il s'est écrié, au grand
ahurissement du public, du tribunal, de la
presse, des gardes municipaux et même des
jurés :
— On a calomnié le Fascio. Les fascis-
tes ne sont point ce qu'un vain peuple pense.
Le Fascio n'est autre chose qu'une société
de bienfaisance.
Là-dessus, l'avocat s'est assis, après un
large mouvement de ses manches, sembla-
bles. à de grands volatiles noirs. Il était
très fier de sa trouvaille, l'avocat. Il ne
l'aurait pas cédée pour une fortune.
Eh bien ! cet avocat avait raison.
Parfaitement ! les fascistes sont, dans
leur genre, des philanthropes et des bien-
faiteurs de l'humanité.
Lorsque les fascistes lont entrés en scè-
ne, ils avaient devant eux un pays épuisé,
anémié, exangue, par suite des grandes vic-
toires remportées sur les terribles soldats
d'Autriche. La famine sévissait. La lire
baissait. Partout le désordre, la guerre ci-
vile, le chômage.- Ça sentait le commence-
ment de la fin.
Alors les fascistes se sont dit que ça ne
pouvait pas durer. Ils se sont jurés de re-
dresser leur pays, de sauve:- leurs compa-
triotes, de faire le bonheur de l'Italie, en
particulier, en attendant de faire le
bonheur du monde.
Et, toùt de suite, ils ont employé les
grands moyens. En avant, l'huile de ricin,
les attaques à main armée, le saccage des
maisons ouvrières, le meurtre, l'incendie !
Avanti ! l'assassinat, les tortures, le viol,
le cambriolage. Par le poignard ! Par le
poison ! Par le feu !
Aujourd'hui le peuple italien savoure les
douceurs du régime que lui impose le bien-
faiteur Mussolini. Les bourgeois sont heu-
reux et les travailleurs itou. Le Roi est
content, bien content. Le Pape est satis-
fait. L'Italie nage dans la félicité.
Il n'y a guère que Matteotti et ses com-
pagnons d'infortune qui peuvent songer à
se plaindre. Mais il y a pas de danger qu'ils
osent dire un mot.
Et ce qui est vrai, pour le Fascio, l'est
également pour d'autres sympathiques phi-
lanthropes qui opèrent ailleurs.
Voyez plutôt, la Russie bolchevique.
En Russie, comme en Italie, ça ne mar-
chait pas. Le peuple était en proie au dé-
sespoir. Surgit alors un groupe d'apôtres
décidés à faire le bonheur du moujik. Une
société de bienfaisance est fondée avec ga-
rantie du gouvernement. Et, aussitôt, les
fusillades et les mitraillades crépitent dans
les rues ; les prisons et les bagnes sont
surpeuplés. La Terreur s'installe inexora-
blement. Tous sont courbés dans l'épou-
vante et la misère .atteint de telles propor-
tions que les hommes, tels des loups, se
mettent à se dévorer entre eux. -
Le peupfe russe est heureux. Il sert de
cobaye à une troupe de chirurgiens et de
médicastres. Tantôt, on promène, dans ses
chairs pantelantes, le bistouri terroriste,
tantôt on lui inocule la sérum de la Nep.
Thérapeutique et vivisection mêlées ont
produit les plus merveilleux effets.
Le système d'ailleurs, est vieux comme
les sociétés humaines. A toute:- les épo-
ques, sous toutes les latitudes, il y a -eu
des entreprises de bienfaisance dont les
peuples ont fait les frais.
Aux jours radieux de l'inquisition,
moyennant qu'on leur crevât les yeux,
qu'on leur arrachri les ongles, qu'où leur
sortît les tripes et qu'on les fît griller
lentement, les mécrfznts connaissaient le
parfait bonheur et gagnaient joyeusement
le paradis.
, Les procédés ne varient point. Les mé"
thodes du bonheur universel appliqué, en
gros ou en détail, relèvent du masochisme
intégral.
-Les amateurs de bienfaisance sont insa-
tiables.
Rien d'exécrable comme la race des apô-
tres, deS philanthropes, des bienfaiteurs.
C'est un nommé Ernest Renan qui affir-
mait ces chos^^-là, il y a un peu plus d'un
demi-siècle.
SIRIUS.
- Le tunnel sous la Manche ne se fera,
pas' ! Les Anglais n'y consentent pas plus
en 192H qu'en 1912 et en 1874 ! C'est Pa-
ris-Soir qui avait- raison ; il y a une se-
maine, en effet, dans un « tête d'échos »,
un de ses collaborateurs, qui connaît bien
la mentalité anglo-saxonne, avait prédit
« l'enterrement du tunnel » si nous osons
nous exprimer ainsi.
Jamais la prude Albion ne permettra que
ses chastes et sobres enfants aient toutes
facilites de venir passer le « week-énd -a
loin .des• temples et des bibles, sur' le.$'
Grands Boulevards de la Babylone mo-,
derne !
-Le Conseil municipal doit prochai-
nement consacrer une séance à l'agrandis-
sement du Tribunal de commerce.
Nos édiles vont se prononcer sur un
projet qui comporte les dispositions sui-
vantes : -
1. Le grand vestibule des Lions, sur le
boulevard du Palais, dont les dimensions
Considérables ne répondent à aucun besoin
réel, serait utilisé, dans sa partie nord,
pour l'installation définitive des services
du Registre du Commerce, et, dans sa par-
tie sud, pour l'agrandissement des bureaux
du Conseil de préfecture. Une entrée suf-
fisante serait conservée sur le boulevard du
Palais ;
2. Au premier étage, pour répondre à
une demande très ancienne de la juridic-
tion commerciale, une deuxième salle des
faillites serait créée, par modification des
salles contiguës et de la bibliothèque.
Cette nouvelle salle servirait également
aux référés commerciaux ;
3. Au premier étage également, deux ca-
binets de juges seraient installés dans le
grand vestibule sur le boulevard du Pa-
lais.
La dépense envisagée, pour la réalisa-
tion de ces transformations, s'élève à
400.000 francs.
- M. Angoulvant, le nouveau député de
l'Inde Française, est de plus en plus in-
quiet. Il voit s'approcher l'heure où son-
nera son invalidation.
La commission chargée d'examiner son
cas est, affirme-t-on, favorable à cette in-
validation. Et il est peu' de cas où la Cham-
bre n'ait point suivi la commission.
En attendant, nous recevons une lettre
du chef de cabinet du gouverneur général
que nous publions intégralement. La voi-
ci :
Vous avez publié dans le numéro de
Paris-Soir du dimanche 29 juin, numéro 268,
un écho concernant M. le Gouverneur gé-
néral Angoulvant, député de l'Inde, et qui
contient un certain nombre d'exactitudes.
M. Angoulvant, actuellement en mission
dans les Indes Néerlandaises, répondra
lui-même à votre article lors de son retour,
mais je tiens dès maintenant à vous signa-
ler que c'est par suite d'une erreur maté-
rielle que M. Angoulvant a été porté comme
ayant pris part aux' scrutins numéros 4, 6,
7 et 9 ; il n'a donc pas pu, comme vous
l'indiquez, voter contre le gouvernement.
Je vous prie de vouloir bien vous référer
à ce sûjet au Journal Officiel de la Répu-
blique française du mardi 24 juin, page
5.627, colonne numéro 1 et vous y verrez
la note suivante : « Rectification de vote ».
« Par suite d'une erreur matérielle, M.
Angoulvant a été porté comme ayant pris
part aux scrutins numéros 4, 6, 7 et 9, en
réalité, l'honorable membre n'avait pas
pris part au vote. »
Je vous prie de vouloir bien insérer cette
rectification dans le plus bref délai pos-
sible et aux lieu et place où a paru l'arti.
cle en question et, avec mes remerciements,
je vous prie d'agréer.
Remarquons, tout d'abord, que le terme
« exactitudes » souligné par nous-mêmes
doit être le fait d'un lapsus qu'on peut
qualifier de « calamiteux ».
Remarquons ensuite que s'il est exact
que M. Angoulvant, absent — il était à
Batavia — n'a pas voté lui-même, ce sont
les amis de son groupe qui, en toute con-
fiance, l'ont fait voter contre le gouverne-
ment. Ces choses-là sont fréquentes à la
Chambre.
Remarquons, enfin, qu'on ne nous fournit
aucun démenti au "sujet des démarches
faites auprès du parti radical et de l'ins-
cription de M. Angoulvant à un groupe
antigouvernemental.
Comme on le voit, notre écho contenait
bien, en effet, un certain nombre d' « exac-
titudes ».
- Le Tribunal de commerce a été cons-
truit par Bailly de 1860 à 1865.
Sur son emplacement s'élevait jadis la
vieille église Saint-Barthélemy et Saint-
Magloire qui datait du VIIP siècle.
Derrière, où nous voyons aujourd'hui le
marché aux fleurs, était la petite église
Saint-Pierre-des-Arsis. Tout ce coin de
Paris fut autrefois très abimé, très peuplé.
qui le croirait aujourd'hui ? Le soir, c'est
le désert tout autour du Tribunal de com-
merce..
- La période la plus intéressante des
Jeux Olympiques va s'ouvrir et, pour sui-
vre comme il convient leurs diverses ma-
nifestations, nous ne saurions trop vous
conseiller la lecture du Guide Plumon
sur les Jeux Olympiques, qui donne de
chaque sport une monographie détaillée et
complète, en plus des palmarès et des re-
cords de toutes les épreuves athlétiques.
- Madame, avant de partir à la campa-
gne et pour qu'au retour le confort du
home soit un plaisir, songez à faire refaire
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ou transformation on rapportera aux jour
et heure fixés sans frais de garde.
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teurs de Paris-Soir, possesseurs de bijoux,
une expertise gratuite, nous n'aurions ja-
mais pu prévoir telle affluence ; plus de
mille personnes ont été satisfaites, beau-
coup nous ont honores. de leur confiance.
Par contre, notre publication du cours
officiel des métaux précieux, rubrique
Bourse des Valeurs, n'a vraiment été goû-
tée que par les particuliers. Qu'importe,
nous continuons comme par le passé.
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Martin. — Tél. : Archives 01-69.
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France, 13, place du Havre, ouverte jus-
qu'à minuit, exécute immédiatement les
ordonnances. On y trouve : thermomètres
médicaux, ventouses, ballons d'oxygène, cer-
ceaux, draps d'hôpital, vessies à glace et
tous les accessoires d'urgenc Gnt. '29-34.
Petit Mémorial
des Lettres
■f» Il y a aujourd'hui.
.cent cinquante ans, mourait à Bar-le-Duc
Pierre Parisot, en religion le père Norbert,
qui se signala par sa haine des jésuites.
.vingt-cinq ans, mourait le philosophe an-
glais Congrève.
+++ On sait que notre confrère Clarté,
pour lutter contre le mercantilisme des let-
tres, eut -iine initiative 1res intelligente qui
vient d'être mise en pratique. Le livre du
mois sera choisi par le groupe Clarté parmi
les meilleurs volumes parus dans le mois
écoule. Justement, le dernier numéro de la
revue consacre sa chronique littéraire à trois
des livres sur lesquels le Comité de Rédac-
tion avait eu à discuter. Après un débat qui
porta également sur Kyra-Kyralina, de M. Pa-
nait-Istraii ; La Mort du Loup, de M. Albert
Touchard, et Le LAbcrtinagc, de M. Louis
Aragon, ce furent les lettres de Jean de Saint-
Prix qu'on désignait : très bon choix d'ail-
leurs. et, M. Edouard Berth le motive dans un
bel article.
+++ D'Ennery avait promit un. rôle à une
jeune actrice. 1
« Est-ce un jeune homme de parole, demary-
da-t-elie, ou un farceur ?
« - Les deux ! » répondit Hdetein.
+>+ M. Marcel Coulon. l'auteur de le.
Problème de Rimbaurl et du Génie de l.-Il.
Fabre, prépare un volume d'études intitulé :
Au cœur de Verlaine et (le Rimbaud.
Ce volume contiendra un long poème, ab-
solument inédit, de cent quarante-huit vers,
dû à l'auteur du Bateau Ivre,
A ce propos, nous lisons dans le Mercure
de France, sous la signature de M. Marcel
Coulon, r.ette note relative à la propriété lit-
téraire.
Nous croyons utile et intéressant "de la re-
produire :
r( En matière de propriété littéraire et artis-
tique, le monopole de la publication des ou-
vrages posthumes, c'est-à-dire des ouvrages
publiés pour la première fois après la mort
de l'auteur, est garanti. — outre les princi-
pes généraux — par le décret du 1er Ger-
minal an XIII.
« Mais on peut être propriétaire du ma-
nuscrit d'un ouvrage, même st ele- manus-
crit est l'uni'que, sans avoir le droit de le
publier. Pour pouvoir publier un ouvrage,
il n'est pas. nécessaire d'en posséder le
■corps matériel (j'entends : de nécessité ju-
ridique, car, pour la nécessité pratique, c'est
évidemment filtre chose). Mais il est néces-
saire d'en posséder l'âme. En d'autres ter-
mes « la propriété d'un ouvrage est distinc-
te de celle du manuscrit qui le contient et
n'en forme pas un accessoire ». — déclare un
arrêt de Cassation eu date du 26 février 1919,
publié par un des derniers fascicules de
Dallez (1923-1, 215).
« Le lecteur d'un livre que j'achève et qui
complète mon Problème de Rimbaud y trou-
vera un 'long poème inédit de l'auteur de
Bateau Ivre, poème, d'une authenticité, vu'
les preuves que j'en fournis, indiscutable. Le
propriétaire du manuscrit, vraisemblable-
ment unique, de ce poème, M. Louis Baxthou,
si riche en documents TtmbaudieBs, et qui
s'est montré toujours libéral envers les his-
toriens du poète, a bien voulu m'accorder
d'en prendre copie, afin que je l'insère danq
roes- gl, Je lui en suis infiniment recon-
naissant. Mais si, en fait, la possibilité maté-
rielle déjà publication de ce poème n'appar-
tient qu'à-lui (ou n'appartenait qu'à lui avant
qu'il m'ait fait Ihonneur de me la permettre),
en droit strict il n'est pas plus fondé à publier
ce poème que moi, ni. Qu-e personne, et les
héritiers du Poète maudit, seuls, y seraient
fondés.
cc Mais 'oilà, le sont-ils ? Etant donné l'hor-
reur que Pimbaud a manifestée de son œu-
vre; la violence viril a mise à détruire toutes
•traces de son activité poétique, ses héritiers
(s'il y en a) ont-ils sur son œuvre un droit
de propriété littéraire, ce droit que la loi ac-1
corde atpc héritiers d'un auteur parce qu'ils
sont ses Représentants natuels, moraux, par-
ce fu'ils continuent sa personne ? ■— iHœres
verso/ïim defuncti sustinet, disaient les La-
tins). Voilà une jolie question à débattre.
+++ Mme de Sévigné n'avait pas moine
d'originalité dans sa conversation que dans
ses Lettres.
S'embarrassant dans le récit d'un procès
qu'elle avait, elle dit au président de Belliè-
vre :
« Je sais bien l'air, mais je ne sais pas les
paroles. H.
Parlant un jour d'une personne qui avait
les dents malpropres et gâtées, elle dit :
« Ses dents puent aux yeux avant que d'em-
poisonner le nez.
♦++ Voici un fort curieux sonnet de Mus-
set, 'paru naguère dans Le Voleur ; il est
intitulé : « Paysage matinal ')J. Musset le
composa au retour d'une exécution et ne
voulut jamais le laisser imprimer ; il ne
figure donc dans aucune édition des œuvres
du poète, ni même dans le volume des œtl-
vrez complémentaires d'Alfred de Musset, de
M. Maurice Alleux.
Voici l'homme, qu'un prêtre amène.
Crrrac ! il est déjà « basculé » :
La lunette, assez large à peine, -
S'abat sur son col étranglé.
Poum !. c'est fait. La justice humaine
A son dû. Le chef décollé
Tombe en la cuve à demi-pleine
De son, très peu renouvelé.
Pendant qu'en un long jet tiède
Jusque dans l'estomac îte l'aide
Le sang fumant jaillit du sol.
Puis 'la tête au pariieT se verse.-.
Satan, perche sur la traverse,
Guette l'âme et la happe au vol.
D'une effroyable exactitude, hélas !
4 + + Balzac fit deux tentatives pour entrer
à l'Académie. Quand le docte aréopage dut
délibérer, on donna pour prétexte du refus
« qu'il n'était pas dans un état, de fortune
convenabLe ». « Puisque l'Académie ne veut
écrivit à cette occasion Balzac à Charles No-
dier, il faudra bien que plus tard elle se passe
pas maintenant de mon honorable pauvreté,
de mes richesses.
+++- Un livre, de Mme Clara Viebig. vient
de paraître chez Perrin, Filles d'Hécube, qui
mériterait d'avoir chez nous le succès de
Verdun. L'auteur de la Garde au Rhin, de
Village de femmes que publia jadis la Grande
Revue, Mme Clara Viebig, écrivain natura-
liste, est, avec Bernard Kellermann, le seul
représentant peut-être de l' « Ecole de Zola »,
en Allemagne,
Son gros roman, Filles d'Hécube, est un
livre émouvant dont nous reparlerons. Il est,
pour la littérature de guerre en Allemagne,
ce que fut chez nous la Maison à l'abri de
Marcel Martinet, et à ce seul titre nous in-
téresse déjà.
Les Académisards y reviendront bientôt.,
Nouvelles diverses
— Les Editions Risacher présentent l'édition d'Ki~
de La Saison (un volume, 160 pages, 6 francs).
La Saison fournit les renseignements les plus
complète et les plus récents sur toutes les plage'
et ville d'eaux françaises (liste et tarifs d'hôtels,
villas, programmes de fêtes, courses, régates, cham-
pionnats de tennis, de golf, etc., etc.).
- Les « Olympiques » donnent. Voici qu'on nous
promet : Euthymos,' vainqueur olympique, pat' M.
Maurice Cencvoix,
— Le docteur de Clermont-Tonnerre prépare nn
ouvrage sur Robert de Montesquiou et Marcel
Proust..
— Des éditions Fasquelle nous parviennent les
Concessionnistes, mœurs d'aujourd'hui, par M.
Pierre Chanlaine.
— Vient rie paraître dans la collection « Chris-
tianisme- » : le Mystère de Jésus, par P.-L. Cou-
choud.
— Dans la collection « les Romans Modernes »,
on nous donne : En mulolte à travers l'Inde ca-,
tholique, par Mi Louis Audard (des Missions fran-
çaise?).
Les livres lus
+++ Léon Kazalgette : Ilenry Thoreaus
sauvage. (Rieder, édit.)
Le livre d'un poète sur un poète.
Voulez-vous pénétrer la vie et, mieux en- '4
core, lame et ie cœur du grand Américain
Henry Thoreau dont vous connaissez peut-
être Désobéir, l'un des chefs-d'œuvre de la
littérature mondiale actuelle ? Ouvrez cet
ouvTage de Bazalgette. Et vous y apprendrez
quelque chose de plus : ce qu'est un homme
véritablement digne de ce nom. Certes, nous
pourrions nous lancer dans un récit dépo^iiJé
(en vingt lignes ') de lu vie de Thoreau.'fîiaJs
Léon Bazalgette olace son héros dans son
cadre ; il le fait'baigner, si nous pouvons
dire, dans l'atmosphère de campagne propre
à son génie de sauvage « qui cherche en vain
parmi toute la misère de leurs jours, les
bons cuterreux, les braves boutiquiers, les
braves artisans ef, les honorables bourgeois
qui comptent moins que les bibelots hideux
qui encombrent leurs dessus de cheminées ».
Ce que Henry Thoreau — et Léon Bazalgette
— préfèrent à ces jolis museaux c'est ce
qu'un de ses frères, « cheveux blonds comme
lui, peau tannée par vent et soleil, jeune ou
vieux, on ne sait, mais beau et rugueux com-
me un arbre D, Comme un arbre, oui ; et
les a.rbres mêmes 1 « Ce -propre-à-rien ne
donne pas son lot : joie de la rivière, in-
timité nu sous-bois, rumeurs au créipuscule,
rayon de soleil sur le marais, chapelet de
surprises des saisons. » pour « tous leurs
biens, leurs privilèges et leurs satisfactions
de corrects citoyens ». Car fIenrv Thoreau fut
ce que Lucien Descaves reprochait dernière-
ment, fort justement, aux artistes de notre
génération, de ne plus savoir, de ne plus
oser être : une manière de réfractaire.
Connaissez son histoire, plus riche en pé-
ripéties qui un roman, coulée dans l'admira-
ble forme d'un poème.
LES ACADEMISARDS.
FEUILLETON- DE PÀRIS-IGIR "T JUILLET 1924. — N. 40.
Le Jeûne ama nt
li < * Par Paul REBOUX 1
• xxxi
Air,"'S" iil renonça aux soirées ofi'i'eielles,
ps'accorda même des vacances. Les Pe-
< .:Jt>racb.l'avaient iinvité à passer troi's se-
,h.\-;1 "■? •] eux, à Dinard ; Hélène s'ins-
tv'.ià d'à,s une station toute proche. Sou-
'i? /iJ, se rejoignirent, pour vifeiter
j t)ie les environs.
.}.>';¡utres villégiatures permirent d'at-
~Lr'~rr' l'automne, i:111e regagna la rue
ie. 1 an ot recommença la vie d'autre-
t'He dînait soûle, ou quelquefois
f ïviu sseTon. Ces jour-;-là. elle retrou-
.x.itt- non sans une placidité mélan-
icotîquerr.ent monotone,. la petite salle à
pnanger où les deux couverts "étai'eut mis
jfaM à face, avec les fioles et les boîtes de
jpilu* s- alignées à la place, de -Chasseron.
Mair nant, ses grandes crises dbulou-
jreus'> ;xfeaient trêve. Elle n'éprouvait
plus qn'une sorte de fadeur morale, un
,,,.-:. Ql:(' lui donnait par moment dés. ma-
lais- * < vertige. Elle ne se passionnait
- ', é \nr ri'en, ne s'intéressait môme
•i) i' - a 'ien.Lés choses lui semblaient
"t' entes, neutres et flétries, ainsi!
till-même. Parfois, elle s'humiliait de
.«e - nlir ainsi! diminuée jusque dans son
apf i -te a souffrir ; eJie se disait :
iit-il que je soi's pour que
,nt,!'! ce souvenir-la ne me remue qu'à
!pc, » Mafé une telle clairvoyance ne
dur lit juèrè, et faisait vite place à une
~teuxpathie. et fai~--ait vite place à u-ne
».
Les jours passaient sans qu'elle s'in-
quiétât de leur fuite. Elle n'espérait rien
des charmes de sa personne, et ne s'alar-
ma même pas lorsque blanchit toute une
mèche de ses beaux cheveux blonds. Elle
négligea les petits raffinements dont, elle
usait pour entretenir sa beauté.
De René, aucune nouvelle. C'était là
son principal sujet de tristesse. Ah ! sii
elle pouvait l'avoir auprès d'elle, la vie
redeviendrait peut-être harmonieuse I
Naguère, en quinze jours de tendresse,
elle avait presque découvert le chemin de
son cœur ! Et puis le destin avait bruta-
lement anéanti jusqu'à la possibilité de
retrouver jamais cette émouvante espé-
rance. Serait-il donc toujours pour elle
comme un fils mort ?
- Un jour, pourtant, elle reçut une lettre
de lui. Quelle commotion !
Il était encore au Transvaal, et proje-
tait de se marier là-bas. En termes cor-
rects et légaux, in demandait l'autorisa-
tion maternelle.
Longtemps, elle hésita au sujet du ton
que devait avoir sa réponse. Depuils la
lettre suppliante écrite à René au moment
de sa fuite, elle n'avait plus rien tenté,
de crai.nte qu'il ne la chagrinât plus en-
core par quelque phrase irrémédiable.
Mais, cette fois, ne. devait-elle pas pro-
fiter d'une occasion que lui-même four-
nissait ?
Incertaine, elle envoya son consente-
ment, sans parier de faiblesse ni de re-
mords, disant son activité reconquise, sa
vie sereine et solitaire, et les atteintes
du temps qu'elle commençait à subir.
Au moment de fermer l'enveloppe,
elle pensa : « Tiens. je vaffe peut-être
devenir grand'mère ». Et cette idée lui
causa une bizarre émotion, mêlée de tris-
tesse et de vague orgueil.
Trois mois plus tard une nouvelle let-
tre arriva du Transvaal.
Quatre pages ! Il avait écrit quatre pa-
ges ! En voyant ces feuilles couvertes
d'écriture, .Hélène fut inondée par une
grande vague bienfaisante d'espoir. Sans
rien savoir encore, elle eut l'instinct que
cette lettre allait changer sa vie. Et,-le
cœur bondissant, elle commença :
« Ma chère maman, je vais revenir en
Europe dès que mes .a'¡faiJ'cs seront ré-
glées. C'est sans regret que je quitterai
ce pay»-ei, pas bien gai, pour moi. Je
pre-ndrai le paquebot qui me mettra en
France quinze jours après que cette lettre
te sera parvenue. »
Il revenait !. Mon Dieu !. Il reve-
Il revenlit i~lon 1',ileii !. 1 l reve-
« Bien des choses se sont passées
depuis que je t'ai envoyé ma dernière let-
tre. A ce moment-là, j'avais confiance
clans l'avenir. Mais je viens d'être dure-
ment déçu. Mort mariage est brisé. »'
Oh ! le pauvre enfant.
« .Je voulais épouser là-bas nue femme
que j'aimais de toutes mes forces, en qui
j'avais une entière confiance. Et, à la der-
nière minute, j'ai découvert qu'elle aimait
un. 'autre homme et que, d'accord avec
lui. elle allait me prendra pour dupe.
J'ai, rompu nef. Mais je l'adorais, et' le
pis, c'est que je l'aime encore.. Ah- ! si
lu savais, maman, comm. j'ai du cha-
grin. » ,
Hélène, à ce cri de détresse, dont l'écho
résonnait jusqu'au fond d'elle-même, s'ar-
rêta de nouveau. Pauvre enfant ! Il avait
aime ! Enfin, son cœur s'était ouvert, et
avec la violence d'un cœur inexpérimenté.
Devait-il être meurtri! par cette première
désillusion !. Efforts inutiles, espoirs
piétinés. confiances trahies, elle connais-
sait tout cela ! Comme elle, il avait airrné !
Comme elle. i!l avait souffert ! Il avait ap-
porté dans l'amour la fougue des -premiè-
res passions, tandis qu'elle y dépensait
l'ardeur des passions -dernières. Et pour
tous deux, l'amour avait été cruel !.. Avec
quelle tendresse consolatrice elle allait
l'accueillir.
Mais, brutalement, une inquiétude la
déchira, H' avait, à cause d'elle, vécut des
heures abominables. Il avait le droit de
la condamner. Admettrait-il des effusions
avant qu'elle n'eût obtenu l'effacement
de l'affreux souvenir ? Et comment, au
prix de quel aveu mériter son absolu-
tion ? Ce doute fut une te He. toiture
pour elle que, biien vite, afin de ne pas
s'y attacher, elle se remit à lire.
« Aussi, ma chère maman, j'ai perdu
tout mon courage, et je viens vers toi
parce que, dans cette circonstance, tu es
le seul être au monde a qui je puisse dire
combien je suis malheureux. Cette femme
n'était pas irréprochable, on me l'avait ra-
conté. Mais elle n'avait jamais été guidée
par personne. ; je croyais qu'à force de
l'aimer, je pourrais l'arracher à sa misé-
rable vie. Enfin, je rêvais bien des choses 1
C'est terrible, quand- on aime, comme fon
peut se tromper ! Jamais je n'avais été
amoureux et je ne savais pus quelle folie
cela cause, et quelle douleur. Ma maman
chérie, ne me repousse pas, malgré le
chagrin que j'ai pu te faire moi-même
en partant comme je suis parti après ces
quelques semaines où j'avais été si heu-
reux près de toi, et en te laissant si long-
temps sans nouvelles. Permets-moi de re-
prendre ,ma place dans ton, cœw', Imssr-
moi pleurer dans tes bras comme un j'Il »
enfant bien mal heur en.?.
« RENÉ. »
A ces dernières phrases, Hélène sentil
descendre en elle une sorte de bonheur
amer et tumultueux, .d'allégresse qui fit
jailliir ses larmes. Son fils revenait vers
elle, même fautive, comme vers la meil-
leure consolatrice ! Il allf.it pleurer entre
ses bras ! Le guérir de cette douleur,
voilà une raison de vivre ! Eile était sau-
vée !
■ Il lui sembla que la première de ces
semaines d'attente ne finirait point. Elle
cherchait dans les journaux les nouvelles
maritimes, guettant les escales du paque-
bot qui, chaque heure, faisait René plus
proche.
Elle ne pensait plus qu'à cela, et y pen-
sait encore, lorsqu'un jour, au moment
du crépuscule, dans la rue, hrusquement,
elle rencontra Marcel ! La foule les avait
empêchés de s'apercevoir à temps pour se
fuir, et l'étroitesse du trottoir les mettait
face à face.
_,
- Hélène. - balbutia-t-il.
Elle crut qu'elle allait s'évanouir, tant
sa surprise était forte. Mais, recouvrant
un peu de sang-froid, elle prononça :
— Bonjour.
(La fin d. demain).
.0
•I ALLEZ VOIR.
Place du Théâtre-Français.
CI à côté de (c la Civette"
! l'Exposition •
ruis EN 1860
w organisée à la. m
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